Le devoir, 28 mai 1992, Cahier B
SOCIETE CAHIER Le Devoir, jeudi 28 mai 1992 -¦—vt":", y ; , 1 RBO à la radio Le groupe Rock et Belles Oreilles revient à ses premières amours.Délaissant la télé parce qu’ils ne parvenaient pas à s’entendre avec le réseau TVA, les cinq rigolos ont effectué un virage à 180 en décidant de signer un contrat exclusif avec CK MF.C’est bien sûr dans un Dunkin Donuts qu’ils ont annoncé la nouvelle.Page B-3 L’anglais balaie tout sur son passage Selon Régis Debray et deux autres signataires, l’anglais, en France même, est en train d’expédier la langue de Molière au musée.Dans un article qui donne une série d’exemples de la déban dade tous azimuts de la langue française, ces trois auteurs concluent à l’inutilité pathétique du Secrétariat à la Francophonie.Page B-8 Récit de voyages et de l’humanité Les plus brillants auteurs de récits de voyages furent et sont sans nul doute des Anglo-Saxons.Peut-être est-ce dû à cette immense folie capable de s’emparer du placide tempérament britannique et de mener une personne sensée à s’engager dans un voyage où l’absurde côtoie d’incroyables misères et difficultés.Page B-5 C1MM l’ultime compétition Les neuf finalistes du Concours international de musique de Montréal aborderont l’épreuve finale de piano, demain vendredi.Quatre Canadiens font partie du groupe dont Richard Raymond (ci-contre).Le tout se terminera par la remise des prix et un concert le 2 juin.Page B-3 Louis-Gilles Francoeur DJ ARTISANALE qu’elle était au début des années 70, l’énergie éolienne a vécu depuis vingt ans une révolution technologique qui est en train de se trans-¦ former en véritable percée économique.À l’heure de Rio, alors qu’on cherche des énergies non seulement propre mais qui épargent les écosystèmes, la percée de l’éolien n’est plus l’alternative marginale des années 70 mais une technologie de pointe en train d’atteindre sa maturité.Dans un an ou deux, au plus lard en 1995, les coûts de revient de l’électricité produite par des éoliennes de grande puissance vont concurrencer ceux de l’électricité produite par l’hydraulique, ce qui est déjà un fait accompli depuis quelques années pour le pétrole et le nucléaire en Europe et dans certaines régions des Etats-Unis.Et cela, sans tenir compte des coûts sociaux.Le Centre d'études internationales sur les éoliennes de Rislo, au Danemark, établit que le coût moyen du kilowatt éolien se situe actuellement entre 4,7 et 7 cents (US), selon la disponibilité et la force des vents de chaque site.Les filières concurrentes comme le nucléaire offrent actuellement le kilowatt entre 5 et 9 cents alors que le charbon produit de l’électricité entre 4,5 et 7 cents du kWh.Les coûts au Canada ont suivi la même courbe, selon l’Association canadienne de l’énergie éolienne (ACEE).Ils sont passés de 20-25 cents le kWh en 1980 à 5,6 à 7 cents, soit de plus en plus près des 4,4 cents qu’Ilydro-Québec prévoit dépenser pour Grande-Baleine, un coût qui pourrait bien grimper d’ici la fin du projet dans 13 ans.L’hydro électricité coûte actuellement environ 1025 $ par « kilowatt installé » au Québec, comparativement à 1125$ pour l’éolien, selon les chiffres dévoilés l’automne dernier au congrès canadien des industriels de ce secteur.QUI RÉCOLTE LE VENT.-2- L’énergie éolienne a dépassé le stade artisanal pour devenir une véritable révolution technique et économique Le point tournant, historique à plusieurs points de vue, c’est qu’on verra d’ici deux ou trois ans les coûts de l’énergie éolienne, à la baisse depuis 1975, défoncer par le bas ceux de l’hydro électricité, qui sont en hausse constante depuis la même période.Cette croisée des deux courbes (voir graphique) explique la part croissante que pays et producteus font à l’éolienne dans leurs plans de développement de la prochaine décennie.Sauf au Québec.US Windpower, le géant américain ui conçoit, construit et utilise des oliennes, prévoit mettre en marché d’ici deux ans des machines dont le coût de revient se situera entre 750 $ et 850 $ par kilowatt installé, ce qui reléguera l’hydro électricité dans le peloton des énergies coûteuses, con- firme un rapport inédit d’Énergie, Mines et Ressources (EMR) sur l’avenir de l’éolien au Canada.Selon un des chercheurs responsables de cette étude, R.S.Rangi, on peut envisager pour 1995 des coûts de Voir page B-2 : Révolution Les éoliennes au Québec: rendez-vous manques Louis-Gilles Francoeur Lj HISTOIRE des éoliennes au Québec témoigne du goût des dirigeants québécois pour les méga-projets et de la fréquence de leurs rendez-vous manqués avec l’histoire.Le Québec compte deux éoliennes actives, la méga-eolienne à axe vertical de Cap-Chat, en Gaspésie (ci-contre), d’une hauteur de 100 mètres, et une autre, une danoise de marque Bonus, aussi conventionnelle que fiable, d’une puissance de 65 kw à Kuuj-juak, en pays inuit.Celle de Cap-Chat n’en aurait plus pour longtemps mais tout n’est pas perdu, même s’il s’agit d’un prototype coûteux, car un promoteur, Ottawa et Hydro pourrait empêcher qu’elle ne finisse prochainement à la ferraille.On en trouve une troisième à Va-rennes, à côté de l’Institut de recherche appliquée en électricité (IREQ).Mais elle ne sert plus qu’à des expériences de couplage diesel-éolien, ce qui lui permet de profiter des arrêts fréquents de vent à cet endroit.En 1966, deux chercheurs canadiens, Ray Rangi et Peter Sough réinventent l’éolienne à axe vertical, qui a la forme d’un immense batteur à oeufs.Ce fut un échec au Bureau des brevets : un dénommé Darrieus, de France, avait breveté l’idée en 1933 mais ne l’avait jamais exploitée.Voir page B-2 : Québec 20 15 £ 10 ÉVOLUTIC énergie éolienne • )N DU COÛT D iE L’ÉNERGIE ÉOLIENNE Sources: éolien: Windstats, éu hydraulique, thermiqu hydro-presse, fin nov 1989 e, nucléaire: embre 1990, payé aux produc indépendants: 4, \ 1 leurs A 4 e/kWh \ 1 thermique 8.5 i nucléaire 6,2 / « coûts sociaux énergie hydraulique < - 7.0 80 90 100 110 Années (1900+) Ce diagramme, produit par l'Association canadienne de l’énergie éolienne, montre que les coûts de production de cette filière énergétique ont diminué de façon draconienne, passant de 19 à 5 cents du kWh, pendant que ceux de i'hydro-électricité continuent de grimper avec constance.La rencontre des deux courbes quelque part au cours des prochaines années donne à penser que des changements importants vont s'imposer au niveau des stratégies énergétiques.LE DEVOIR a ajouté, comme indice, les coût indirects ou « sociaux » (ligne pointillée) de I’hydro-électricité, tels qu’évalués dans un sondage effectué en 1990 par Bonneville Power Administration auprès de ses consommateurs de quatre États.Si on ajoute au coût de I'hydro-électricité un coût social de 0,8 cent (l’an) du kWh, comme le font plusieurs États américains actuellement, on voit que les deux filières énergétiques ont un coût comparable depuis depuis 1990 et que la tendance générale favorise l'éolien.i .jflB L’éolienne verticale de Cap-Chat.PHOTO JACQUES GRENIER Denise Rodrigue fait partie du contingent d’infirmières qui assurent actuellement le service d'Info-santé à Urgences-santé.Mil rifex La difficile gestation du service d’Info-Santé à Montréal Jean Francoeur COMME le Monsieur Jourdain de Molière, beaucoup de Montréalais et de Lavallois font de l’Info-santé sans le savoir, et cela depuis une bonne dizaine d'années.Le problème, c’est qu’ils sont sur le point de l’apprendre.Alors là, les planificateurs du conseil régional, les décideurs du ministère et les argentiers du gouvernement en sont pris de vertige.Info-santé est un service téléphonique accessible 24 jours par jour et sept jours par semaine.Il suffit d’en composer le numéro pour avoir au bout du fil une infirmière spécialement formée, capable de fournir une information, un conseil, une référence et même au besoin de dépêcher sur les lieux une aide immédiate.À ne pas confondre avec Urgences-santé que l’on peut atteindre dans les cas d’accidents graves et d’urgence vitale.Le dilemme est le suivant : si un service d’information sur la santé, dont l'existence est plutôt mal con- nue par une majorité de la population de l’archipel, n’en génère pas moins 500 appels quotidiennement, qu’en sera-t-il au jour, pas si lointain — peut-être même dans deux mois —, où une campagne de publicité massive fera connaître un ou plusieurs numéros de sept chiffres donnant accès à un service de cette nature ?Ne verra-t-on pas le nombre des appels doubler rapidement, tripler ou même quadrupler ?En extrapolant les résultats de l’expérience de la région de Québec où l’Info-santé existe depuis 1984 (et dont les lignes téléphoniques sont chroniquement engorgées aux heures de pointe), on évalue que la vitesse de croisière d’un service Info-Santé à Montréal pourrait s’établir à la hauteur de 2000 appels par jour.Cela suppose qu’on y consacre des ressources humaines et financières supérieures au moins du double à celles qui sont actuellement disponibles.Mais procédons par ordre.D’abord, la création d’un service d’Info-santé 24/7 dans chacune des 1 )j ti régions socio-sanitaires du Québec est une des pièces maîtresses de (a réforme décrite dans le livre blanc de décembre 1990 portant le sceau du ministre de la Santé et des Services sociaux, M.Marc-Yvan Côté.La mise en place d’un tel service s’inscrit dans l’objectif de consolidation du réseau de première ligne.Le service existe déjà dans la région de Québec où il a été mis sur pied par le conseil régional en 1984 pour répondre aux besoins des touristes qui allaient affluer à l’occasion de la célébration du 450e anniversaire du premier voyage de Jacques Cartier.Il a été maintenu par la suite devant l’engouement dont il a été l’objet de la part de la population locale.Il y avait là, manifestement, réponse à un besoin réel.La région de l'Outaouais a aussi son Info-santé, mais organisé sur des bases complètement différentes.Pour y recourir, les citoyens n’ont qu’à composer le numéro de téléphone de leur CLSC local.Pendant les heures de fermeture — le soir, la nuit, les fins de semaine et les jours Voir page B-2 : Info-santé LA MER INTÉRIEURE Les célébrations du 350e anniversaire de la fondation de Montréal ont inspiré un texte provocateur, La Mer intérieure, à Richard Desjardins.Ce poème inédit est un long réquisitoire, parfois dur et violent, où les mots justice et fierté se conjuguent à un tout autre rythme que celui des fanfares et des parades .LE DEVOIR vous l’offrira en exclusivité dans son cahier du samedi 30 mai. B-2 ¦ Le Devoir, jeudi 28 mai 1992 4 Info-santé fériés — tous les appels d’où qu’ils proviennent sont automatiquement dirigés vers un seul centre, celui de Hull, où des infirmières, disposant d’une panoplie d’outils de travail (protocoles de soins, bottins de référence .), restent disponibles en permanence.C’est le modèle de l’Outaouais qui a été retenu par les CLSC.Ils en font maintenant la promotion comme moyen d’élargir l’accessibilité horaire de leurs services.Info-santé fonctionne aussi dans la partie nord de la région de Trois-Rivières.Enfin les CLSC de quelques autres régions — dont Montréal — ont mis sur pied des centres 24/7 mais dont l’accès est réservé aux personnes desservies par le réseau de soins à domicile, notamment des personnes âgées en attente d’hébergement.; • Montréal est un cas spécifique, à nul autre pareil.Officiellement il n’y a‘pas d’Info-santé.Mais, comme on Tà vu, beaucoup ces Montréalais — des petits débrouillards — n’ont pas tardé à découvrir qu’ils pouvaient obtenir réponse à leurs questions en composant le 9-1-1.Tant et si bien qu'aujourd’hui, une bonne moitié des appels reçus et traités par Urgences-santé n’ont en fait aucun caractère d’urgence.Mais il ne s’agit pas d’appels futiles, est-il nécessaire de le préciser.Plutôt que de se rendre à l’hôpital ou au CLSC le plus proche, beaucoup de Montréalais et de La-vallois ont acquis le réflexe d’acheminer leurs demandes par le truchement du 9-1-1 lorsqu’ils sont aux prises avec des situations angoissantes, perçues comme pressantes, mais sans appartenir à la catégorie des urgences proprement dites ?Or, il arrive que les minutes précieuses que le personnel d’Urgences-santé consacre à ces appels allonge le temps de réponse pour les cas où des vies humaines sont en jeu.Tel était un des éléments du diagnostic qui s’est dégagé des révisions déchirantes faites à la suite de la tragédie de l’École polytechnique.La solution est simple, du moins sur le papier.Elle est inscrite dans un décret ministériel daté du 19 juin 1991 portant sur les objectifs et l’orientation de la Corporation d’urgences-santé de la région de Montréal métropolitain : transférer la fonction Info-santé vers d’autres structures externes au 9-1-1.Plus facile à dire qu’à faire.L’échéancier qui accompagnait ces directives précisait que le transfert devra avoir été complété avant janvier 1992 — il y a six mois.On pouvait comprendre que la dissociation entre l’urgent et le moins urgent s’effectuerait à l’intérieur même d’Urgences-santé, du moins dans une phase transitoire.Par la suite, c’est-à-dire d’ici juin 1992, la responsabilité d’Info-santé pourrait être confiée à « d’autres instances si jugé opportun» par le ministère.C’est pour juger de cette « opportunité» que M.Côté, en mars dernier, confiait au directeur général du Conseil de la santé et des services sociaux de Montréal métropolitain, M.Gérard Marcoux, le mandat de former et de présider un comité chargé de définir la mission et les conditions d’opération d’un Info-santé « intégré au réseau des CLSC ».Le comité regroupait des représentants d’Urgences-santé, des CLSC de Montréal et de Laval, du ministère, de la Fédération des médecins omnipraticiens ainsi que des infirmières d’Urgences-santé.Autant de groupes dont les intérêts et les points de vue, dans cette affaire, divergent profondément.?Le groupe de travail a tenu quatre longues séances.Réunis pour une dernière fois vendredi dernier, ses membres faisaient un constat de npn-consensus.Il appartiendra au conseil régional de formuler ses propres recommandations, s’il le juge opportun, et au ministre de trancher le noeud gordien.Selon les quelques données disponibles, la dissociation des appels non-urgents pourrait libérer un budget total d’environ 3,4 millions de dollars et 68 postes de travail en équivalent temps complet : 49 infirmières, 13 cadres, trois travailleurs sociaux et trois secrétaires.C’est peu, compte tenu de la croissance de la demande que pourrait générer l’annonce de la « création » de ce « nouveau » service, demande qui serait d’autant plus forte, craint-on, que le ou les numéros de téléphone de sept chiffres qui lui seraient assignés devraient faire l’objet d’un intense campagne de publicité pour dissuader les gens d’utiliser le 9-1-1.Il faut se rappeler qu’à partir d’une certaine date — qu’il reste à préciser — les préposés aux appels d’Urgence-santé ne seront plus en mesure de répondre aux appels dits non-urgents dont le nombre justifie la mise sur pied d’un service distinct.De son côté, la Fédération des CLSC est d’avis qu’un Info-santé digne de ce nom, desservant une population de 300 000 habitants, devrait disposer d’un budget de 750 000 dollars et chacun des CLSC d’une rallonge de 65 000 dollars.Ce qui amène les planificateurs du conseil régional a conclure que « dans le contexte budgétaire limité imposé aux régions de Montréal et de Laval, on ne peut parler dans l’immédiat et à court terme de la mise en place en terme d’accessibilité d’un service Info-santé comparable aux régions de Québec et de l’Ou-jaouais ».¦ Au mieux, on ne pourrait parler que d’une « implantation progressive ».La balle sera bientôt envoyée dans la cour de M.Côté.Aide à l'enfance - ( anada Save lhe ( hildren f anada Mitsubishi fabrique actuellement les turbines éoliennes les plus perfection nées.IPt&v 4 Québec La Darrieus s’adapte bien aux changements de direction du vent, auxquels elle est littéralement insensible.D’autre part, tout l’équipement de production peut être enfoui dans le sol, ce qui augmente les coûts de construction mais réduit l’entretien et peut augmenter le rendement parce qu’on n’est pas limité par le poids pour les axes de transmission.Le premier essai d’une éolienne a axe vertical a été tenté aux îles-de-la-Madeleine en 1977 par DAF Indall, une compagnie .ontarienne, de Mississauga.D’une puissance de 230 kWh (un quart de mégawatt), ce prototype devait fonctionner 200 heures à pleine capacité avant de s’effondrer en 1978, laissant à plusieurs l’idée que ce type d’engin n’était pas très fiable alors qu’on en était bêtement aux balbutiements d’une technologie.Le Conseil national des recherches devait justifier une récidive en plus grand en prédisant dans une étude, en 1979, que les axes verticaux étaient potentiellement plus rentables que les axes horizontaux, qui n’arrivaient pas à se défaire de l’image des vieux moulins à vent.Flst-ce que la commande pour construire une éolienne de 4 mégawatts à Cap-Chat était présomptueuse?Equivalait-elle à demander aux frères Wright de construire un Boeing 747 à une époque où la technologie commerciale ne dépassait pas le dixième de mégawatt?Était-ce une stratégie pour clouer cette nouvelle filière au plancher sous le poids d’un projet irréaliste?On pourrait peut-être soutenir cela avec 15 ans de recul, convient le principal spécialiste de l'IREQ dans ce domaine et président de l’Association canadienne de l’énergie éolienne, M.Réal Reid.« Mais, ajoute-t-il, on a fait en réalité les mêmes erreurs que les autres.La NASA lançait à la même époque un projet de 2,5 mégawatt alors qu’aucun appareil commercial disponible aux États-Unis ne dépassait 200 kWh.L'éolienne de la NASA était d’ailleurs plus grosse que la Darrieus du projet Éole, finalement construit à Cap-Chat, car son aire de captage du vent était de 4000 mètres carrés.Vue ainsi, l’éolienne de Cap-Chat était en réalité une 2,5 MW, ce qui correspond d’ailleurs à sa production réelle.» M.Reid et plusieurs d’autres chercheurs du même secteur savent que le projet de Cap-Chat a laissé au public l’impression d’un grand jouet inutilement coûteux, dont les chambres de commerce locales réclament aujourd’hui la survie au nom des retombées touristiques.Retombées dont il ne faut pas se moquer car elles sont généralement importantes partout où dans le monde on trouve un parc d’éoliennes.Le contrat d’Hydro-Québec avec la filiale de Lavalin, propriétaire de l’éolienne de Cap-Chat, prévoit l’achat de sa production à 25 cents du kWh, soit 10 fois le coût moyen de l’électricité au Québec et un peu plus de cinq fois celui d’un projet comme Grande-Baleine.Plusieurs y trouvent un pseudo-argument pour démontrer la non-rentabilité de l’éolien.« C’est une erreur grossière de comparer une éolienne expériemen-tale, un véritable prototype, précise M.Reid, avec des turbines commerciales, hydrauliques ou autres.Entre les deux, il y a généralement deux ou trois modèles intermédiaires, une nuance que le public ne fait pas.Les éoliennes les plus rentables actuellement en Californie et au Danemark affichent des coûts de production entre 4 et 5 cents du kWh, soit l’équivalent du kilowatt-heure d’un projet comme Grande-Baleine.La Bonus danoise de Kuujjuak, qui est un modèle commercial, affiche des rendements comparables avec les meilleurs appareils nord-américains.Elle a produit pendant 97 % du temps en 1990 dans un climat particulièrement difficile, permettant à Hydro-Québec d’épargner une quantité considérable de diesel.Elle a même affiché une sur-performance, travaillant à 95 kwh souvent alors qu’elle est calibrée pour 65.La machine a produit pas moins de 260 000 kWh en 14 500 heures d’opération depuis sa mise en marche en 1986.Il a fallu changer ses pales une fois en raison d’une fissure.4 Révolution 1100$ (Cdn) par kilowatt installé et plusieurs devis, examinés par les chercheurs gouvernementaux, laissent entrevoir ici aussi des diminutions de coûts de l’ordre de 30%.L’Ontario, qui boudait comme le Québec cette filière énergétique, a commandé récemment une étude de potentiel qui devrait déboucher sur quelques études de faisabilité sur des sites riverains des Grands Lacs.L’auteur de cette étude, M.Jim Salmon, est confiant de voir naître plusieurs projets éoliens d’ici 2015 ans même si le potentiel de cette province est de cinq à dix fois moindre que celui du Québec.Les éoliennes produisaient environ 34 MW dans le monde au début des années 80.Aujourd'hui, elles produisent près de 2000 MW avec des machines de plus en plus performantes, fiables et racées.La Californie, dont le parc abrite 17 000 éoliennes, compte pour 80% de la production mondiale avec une capacité de 1600 MW.Les 2,7 TWh extraits du vent par son parc d’éoliennes équivalent à la consommation totale de San Francisco et, au tiers environ, de ce qu’on tirera annuellement de Grande-Baleine.On construit environ 200 MW par an dans cet État qui prévoit tirer du vent plus de 3500 MW d’ici 10 ans.La Californie bénéficie d’un potentiel de 5000 MW à des prix actuels inférieurs à 12 cents du kwh, soit moins de la moitié du potentiel que le Québec pourrait exploiter à un prix inférieur à 7 cents du kWh.Pacific Gas & Electric, l’équivalent privé d’Hydro-Québec en Californie, prévoit dans son plan de développement satisfaire 20 % de ses besoins en électricité avec des éoliennes d’ici 20 ans.Le Département de l’énergie des Etats-Unis qualifie de « réaliste » un tel objectif pour l’ensemble de ce pays en raison notamment de l’énorme potentiel des Prairies américaines, qui est nettement inférieur à celui du Québec .Le « boom » de ces appareils ronronnants se prépare aussi en Europe où tous les budgets de recherche sont à la hausse.Alors qu’Hydro-Québec réduit à presque rien ses budgets dans ce domaine, on consacre 150 millions $ par année à l’éo-lien en Europe, 21 millions $ aux Etats-Unis, et 8 millions $ en Suède.On comprend pourquoi car, au moment où le prix de revient du kWh éolien enfonce celui des autres filières, les gouvernements réalisent que le « gisement » éolien de l’Europe affiche un potentiel technique de 2290 GW (gigawatt), soit 2290 projets de 1000 mégawatts! Le potentiel des États-Unis est encore plus élevé, soit de 2360 GW.Ces deux continents bénéficient ensemble de la moitié du potentiel mondial, évalué à 10 000 GW.Ces différents pays songent aussi aux retombées économiques des projets éoliens, qui se concentrent souvent dans les régions périphériques et pauvres.Selon le Worldwnteh Paper (Déc.1990), la production éolienne génère Les éoliennes sont devenues des machines très perfectionnées que 50 compagnies intéressées par l’impressionnant seuil technologique et économique qui sera alors franchi participent au comité aviseur du projet.; Pendant que les Danois tentent de battre les records de fiabilité de leurs éoliennes Bonus — une Bonus alimente incidemment le village inuit de Kuujjuak — les Japonais font leur entrée dans cette course avec les impressionnantes Mitsu: bishi, qui équipent notamment le parc éolien de la Tehachapi Pass, eh Californie.Les Japonais sont fas?cinés par la possibilité de harnacher les vents de leurs mer, puissants et constants autour de leur pays.Ils se sont lancés dans cette course avec la fulgurance dont ils ont fait preuvè dans l’industrie automobile.Les grands projets danois, américains et japonais sur les éoliennes dites de troisième génération (pas et vitesses variables) affichent, sur papier du moins, des coûts de revient entre 600 $ et 750 $ du kilowatt installé pour le milieu de l’actuelle décennie.Au Québec, qui recèle le plus important potentiel éolien d’Amérique du Nord pour une seule entité géopolitique, on en sera à la même époque au lancement des travaux du projet Grande-Baleine à un prix supérieur à 1000 $ du kilowatt installé s’il n’augmente pas d’ici 13 ans, date de la mise en service.Une histoire qui n’est pas sans rappeler celle de l’industrie automobile nord-américaine des 15 dernières années, qui a résisté à ses dépens à l’arrivée de la petite voiture.La gestion des parcs d’éoliennes a aussi fait des progrès de géants durant la même période et l’informatique en promet davantage pour la prochaine décennie.Les centres de contrôle informatisés de la Californie peuvent maintenant superviser le rendement de chaque éolienne à des dizaines de kilomètres, stabiliser leur énergie globale, appliquer les freins d’urgence selon la vitesse et la pression des vents, qu’on lit en continu d’un bout à l’autre du réseau.Ces centres de contrôle jouent au chef d’orchestre et, comme les chutes et la levée des vents peut se prédire à deux heures Srès, on lance au besoin les turbines gaz, hydrauliques ou à pétrole pour prendre la relève sans variation de puissance dans le réseau.Louis-Gilles Francoeur LORSQUE les Américains se sont lancés dans la construction d’éoliennes à la faveur de la crise du pétrole de 1973, la technologie était alors rudimentaire et inspirée des pompes éoliennes qui symbolisaient depuis les années 30 le monde rural américain.La production électrique dans des vents puissants, relativement constants s’est avérée une autre affaire dans les années 75-85.Pendant que les producteurs apprenaient à prospecter les sites et découvraient que la production pouvait augmenter de 15 a 25 % en faisant bouger une machine de quelques mètres (siting prospection), les ingénieurs rendaient les pales plus performantes, les alternateurs plus fiables et les tours plus résistantes.Les premiers modèles étaient, en réalité, la terreur des gestionnaires de réseau car non seulement les éoliennes leur envoyaient une production en dents de scie mais, souvent, elles nuisaient à la stabilité de la fréquence (60 hz) des réseaux.Peu à peu, la fiabilité est venue et, au milieu des années 85, les parcs géants de la Californie produisaient de façon fiable avec des engins de 100 à 150 kWh.Il faut 10 éoliennes de cette puissance pour produire un mégawatt (MW).La course à la puissance est vite devenue une priorité.La barrière des 200 à 250 kWh a été franchie, il y a trois ou quatre ans, pour des indices de fiabilité équivalents aux anciennes éoliennes.On trouve depuis un an ou deux des machines aussi fiables d’une puissance de 400 à 500 kWh.Mais tous les grands travaillent sur des machines de 750 kWh à 1 MW, dont la mise en marché est prévue à compter de 1995, ce qui pourrait pulvériser le championnat de la rentabilité détenu jusqu’ici par l’hydroélectricité en raison notamment du fait que personne n’a jamais calculé les coûts sociaux de cette filière énergétique.Pendant que Danois et Américains développaient les éoliennes à axe horizontal, semblables à des moteurs d’avion à hélices, des Canadiens ressuscitaient l’éolienne Darrieus (axe vertical), inventée par un Français dans les années 30.Aucun modèle commercial de ces appareils en Le Québec a failli assister l’an dernier à la naissance sur son territoire du premier parc d’éoliennes, qui fut officiellement enterré par le premier ministre, M.Robert Bourassa, lorsqu’il a inauguré la nouvelle centrale au diesel des îles-de-la-Madeleine sans que le permis prévu par la loi de l’Environnement n’ait été émis! Les chercheurs de l’Ireq pensaient bien faire leur première percée aux îles avec un mini-parc d’éoliennes, qui devait fournir 5 des 22 MW requis en période de pointe à cet endroit.On avait choisi 11 éoliennes de 450 kWh pour extraire des vents de l’île, parmi les plus puissants et les plus constants du Québec, quelque 22,2 GWh par année.Il en aurait coûté 7 cents du kWh pour remplacer dans plus de 90 % du temps du diesel qui revient à 9 cents du kWh.Même si les travaux de l’IREQ placent cet institut en tête de liste dans la gestion des équilibres diesel-éolien, la haute direction d’Hydro-Québec, cédant une fois de plus au syndrome du castor, a misé sur les caractéristiques de l’hydraulique : constance d’abord.Plusieurs auraient souhaité que les Iles deviennent le premier site expérimental québécois dans l’éolien.Certains rêvaient même que ce parc de 5 MW soit le premier module d’un parc de 100 MW, qui dort dans les cartables des « castors » depuis 1986 et qui devait exporter l’électri- cinq fois plus d’emplois permanents, en moyenne, que ses filières concurrentes.Pour 100GWh, le nucléaire génère, en effet, 100 emplois; le géothermique, 112; les centrales thermiques, 116; le solaire, 248; et l’éolien 542.En somme, au lieu de filer dans les poches des banquiers sous forme de remboursement de capital, les revenus de cette énergie demeurent sur place sous forme de salaires pour l’entretien, les pièces usinées dans des PME et dans les emplois de gestion.Au Danemark, où les 2000 éoliennes comblent jusqu’à 2,5 % de la demande en électricité, on prévoit hausser ce pourcentage à 10% d’ici huit ans.Le taux de fiabilité « mesuré» des machines y a atteint 99.2 % l’an dernier, selon M.Per Lundsager, le directeur du Centre de recherche internationale sur l’énergie éolienne de Rislo.Les coûts de revient ont chuté dans ce pays de 20 à 5,3 cents du kWh entre 1970 et 1990, résultat d’une expertise désormais lorgnée avec intérêt même par les Japonais de Mitsubishi qui testent maintenant leurs prototypes à Rislo.Le Danemark réussissait à construite en juillet dernier un parc de 5 MW (11 éoliennes de 450 kWh) en 10 jours sans une seule ratée! La Hollande (150 MW en 1992 et 1000 pour l’an 2000), l’Allemagne, l’Espagne et la Grèce sont parmi les nombreux autres pays d’Europe qui veulent se tailler une place dans le vent.La Suède, qui fermera ses centrales nucléaires à partir de 1995, à prévu de les remplacer par 15 000 éo- forme de batteur à oeuf géant n’est encore disponible sur le marché.La plupart des grands appareils dans les gammes de puissance de 1 à 2,5 MW misent plutôt, pour l’instant du moins, sur l’éolienne à axe horizontal.Endall Technologies, d’Ontario, qui tentait de développer au Canada un modèle commercial à axe vertical, est pratiquement hors du circuit commercial maintenant.Le succès des axes horizontaux vient en grande partie du fait que la tête du rotor se situe en hauteur, là oû le vent est à son plus fort.Elles s’adaptent donc mieux aux différents reliefs quoique cette caractéristique perdrait de son importance sur les engins de forte taille, comme sur l’éolienne expérimentale de Cap-Chat, qui atteint 100 mètres de hauteur.Parmi les innovations majeures des dernières années, on note l’arrivée des pales à pas variables, qui réduisent les risques d’emballement face aux vents forts et qui arrivent à exploiter davantage les faibles vents.L’angle d’attaque du vent est instantanément réduit en cas de vent fort et augmenté en situation inverse.La technologie des « vitesses variables » est une autre priorité de tous les grands projets de recherche.Cette technologie évite d’avoir à ralentir les éoliennes par grands vents, ce qui affaiblit leurs structures de soutien.On laisse l’engin filer à des vitesses plus élevées, tout en la maintenant à une vitesse sécuritaire par le contrôle du pas d’hélice.Des contrôles électroniques internes, qui agissent comme les « vitesses variables » d’une transmission mécanique, transforment maintenant en puissance additionnelle stable les anciennes fréquences erratiques produites par les grandes vitesses.Et cela, sans forcer les tours de soutien des alternateurs.L’ensemble des équipements électroniques de stabilisation d’un parc d’éoliennes put même servir à stabiliser un réseau alimenté par d’autres sources d’énergies lorsque le vent est tombé! La compagnie californienne Pacific Gaz & Electricity s’est associée l’an dernier à Energy Wind Power, Niagara Mohawk et à l’Electric Power Research Institute (EPRI) dans un projet de 20 millions $ pour la mise au point d’ici 1994 d’une éolienne de 400 kWh à pas et à vitesse variables d’une fiabilité totale.Quel- cité des îles vers Gaspé par câble sous-marin.Mais le pire rendez-vous manqué dans ce domaine, c’est probablement le projet de barrage du lac Robertson qui doit alimenter une dizaine de communautés isolées de la Basse-Côte-Nord, actuellement alimentées par quatre mini-réseaux isolés alimentés au diesel.Le futur barrage doit fournir 21 MW aux 2000 familles de la région.Ce projet coûtera 261 millions?, dont 117 millions! iront à la construction du barrage.Coût de revient du barrage : 5571 $ du kilowatt installé, comparativement à moins de la moitié pour le projet des Iles-de-la-Madeleine, évalué à peu près au même moment par les services d’Hydro-Québec.Certes la comparaison est boiteuse mais l’ordre de grandeur porte à réfléchir.Aussi incroyable que la chose puisse paraître, l’étude d’impacts sur le projet Robertson n’a même pas retenu l’éolien comme une des « alternatives » requises par la réglementation.Or cette région est une des trois seules du Québec qui affiche de façon quasi permanente des vents moyens d’une vitesse supérieure à 25 km/h, soit la gamme la plus convoitée au monde par les producteurs.Interrogé là-dessus, M.Reid a confirmé que ses services n’avaient jamais été appelés à réfléchir sur ce bennes dont elle extraiera 6 TWh par année, soit environ le tiers de Grande-Baleine (16 TWh).La révolution éolienne gagne timidement le Canada, qui compte environ 800 éoliennes de pompage installées principalement dans les Prairies, où le potentiel des vents est fort inférieur a celui du Québec.Plusieurs fermiers de l’Ouest se sont ligués pour forcer, politiquement et par les tribunaux, la société Alberta Hydro à leur acheter à un coût raisonnable la production de leurs éoliennes.Un parc de 9 MW a été construit l’an dernier par une coopérative et d’autres sont en préparation dans cette province.Le vent se lève aussi sur des projets similaires en Saskatchewan où les fermiers ont aussi décidé de profiter du vent lorsqu’il ruine leurs récoltes.Une véritable révolution technologique est à la base de la percée en cours de l’éolien, « qui n’est plus une énergie pour demain mais pour maintenant », affirme Emily Cave-rhill, de Insight Ressource, une firme de consultant à la fine pointe de la gestion de cette énergie aux États-Unis.Demain Louis-Gilles Francoeur terminera cette série d’articles en traitant de la question de l’énergie éolienne en rapport avec l’environnement.dossier, dont il ignorait jusqu’aux caractéristiques techniques.Lors de la consultation du Bureau d’audiences pubbques sur l’environnement de 1984 sur ce projet, un chercheur d’Environnement Canada était venu dire aux commissaires que des anémonètres avaient mesuré des vents de plus de 25 km/l) pendant 30 ans dans la région.Une vérification plus récente des vitesse?enregistrées à Harrigton Harbour, lq fameux sites, confirme la présence de vents non pas de 25 mais dé 30 km/h dans une proportion de 98 % du temps, soit l’équivalent de Kuuü juak ou des Îles-de-la-Madeleine.A ces vitesses, une éobenne équivaut à un diesel branché sur un puits de pétrole! Le projet Robertson, que Québec a approuvé au cours des derniers mois en rompant avec certaines règles d’évaluation environnementale est d’autant plus surprenant qu’Hydro) Québec prévoit consolider sa produc1 tion hydro-électrique par rien dé moins qu’une centrale thermique â Blanc-Sablon.Sa puissance initiale sera de 5 MW le temps des travaux'.Mais dès 2004, elle pourra prendre là relève du réseau, sauf en pointe, avec une puissance de 15 MW (5 de plus que ne le permet la Loi de l’en) vironnement sans étude d’im) pacts.) La construction d’un telle béquille énergétique est en général ce qui rend les projets éoliens si coûteux! Un parc éoben dans cette région aurait pu s’appuyer sur la même stra) tégie de diesel tout en misant, term porairement, sur une rénovation par: tielle dts diesels en place dans les villages puisqu’ils n’auraient eu, en principe, à fonctionner qu’une partié de l’année.Les 21 MW du lac Robertson, qui coûteront 177 millions $ aux clients d’Hydro-Québec, auraient coûté, si on se fie aux ordres de grandeur d’une étude récente de M.Jim Salmon, un consultant ontarien, environ 45 milbons $ en version éobenne.M.Reid, qui a préparé le projet mort-né des Îles-de-la-Madeleine, confirme qu’il s’agit d’un ordre de grandeur réabste au Québec malgré les coûts de construction en région aussi éloignée.Les concepteurs de Robertson avaient prévu, comme alternative, de reber cette région au réseau principal de la province par une bgne à 161 kV.EUe aurait coûté 8 % de plus que l’amalgame hydraulique-diesel, selon le document de mise à jour du projet soumis à l’Environnement en août dernier.L’étude d’impact ne donne aucun renseignement sur la rentabilité à long terme d’une telle bgne si, après avoir alimenté la région quelques années, quelque castor porté sur l’observation des goélands avait pensé à à la faire fonctionner dans l’autre sens pour faire profiter aux Québécois des bienfaits de deux ou trois parcs de 200 à 300 MW, et à cette région aux prises avec un chômage de 80 %, des retombées économiques permanentes d’une production énergétique sans séquelle environnementale importante. Le Devoir, jeudi 28 mai 1992 ¦ B-3 CULTURE ET SOCIETE ARTS VISUELS Galerie Dominion: 50 ans déjà RADIO-TËLÉ ¦ __________ ! fl RBO retourne à la radio PHOTO JACQUES CREN) EH Ml M Les membres de Rock et Belles Oreilles avaient convoqué la presse hier pour parler de leurs projets.Et quoi de mieux qu’un bon Dunkin Donuts pour souligner l’événement ?I)e gauche à droite, André Ducharme, Guy Lepage, Yves Pelletier, Chantal Francke et Bruno Landrv.Jean Dumont QUAND le Dr Max Stern s’est joint, gn 1942, à la petite galerie fondée l’année précédente par Rose Millman rue Sherbrooke, les artistes de l'heure se nommaient, parmi d’autres, Goodridge Roberts, Jacques de Tonnancour, Paul-Émile Borduas, Charles Daudelin, Pierre Gauvreau, Fernand Leduc, Jeanne Rhéaume, Françoise Sullivan, Alfred Pellan.Ils étaient alors ceux qui empêchaient l’art de dormir tranquille.1 La Société d’art contemporain venait d’être créée, trois ans auparavant, par John Lyman, et l’affrontement en son sein d’éléments dynamiques aux (perspectives contradictoires allait donner naissance à ces deux groupes bâtisseurs de la modernité du Québec que furent celui des Automatistes et celui de Prisme d’Yeux.Au coeur de ce bouillonnement d’idées et de styles, fc[ue l’on appelait à l’époque « l’art vivant », par opposition à l’art satisfait des académismes, la jeune Galerie Dominion joua un rôle de premier plan, exposant régulièrement les oeuvres des représentants de l’une ou l’autre lendance, instaurant un dialogue lentre l’art montréalais et les grands mouvements européens, créant ici un véritable marché de l’art moderne et permettant aux .collectionneurs, aux intellectuels et aux artistes de se rencontrer et de s’apprécier.i La Galerie Dominion souligne son anniversaire avec une exposition intitulée « Montréal et l’art vivant », premier volet d’une série de trois manifestations s’échelonnant tout au Jong de cet été du 350e.Elle comprend, en plus d’une sélection des artistes représentant « l’art vivant » proprement dit, des oeuvres de quelques précurseurs de ce regroupement, tels Lawren Harris, A.Y.Jackson, James W.Morrice, Maurice Cullen, ainsi que les travaux singuliers des Emily Carr, Jean Dallaire, Jean-Paul Lemieux et autres.Ce premier volet est visible jusqu’au 12 juin prochain, au 1438, rue Sherbrooke ouest.Tél: (514 ) 845-7833.L’art et la technologie Le projet « Transatlantic Interconnections », présenté par le Complexe de réalisations indépendant transculturel et interartiel du Québec, dirigé par Monique Brunet-Weinmann, vient d’être accepté comme participant à « Montage 93 », un festival qui de juillet à août 1993, à Rochester (N.Y.), célébrera l’extraordinaire fusion entre l’art et la technologie dans l’actuelle fabrication des images.L’événement est encore lointain, mais je le signale aujourd’hui parce que le fait que ce projet de 50 000$ soit l’une des deux expositions acceptées et financées par le festival, sur les quelque 179 propositions présentées dans la même catégorie, jette certainement une lueur d’optimisme sur la perception et la réputation de nos artistes à l’étranger.Le projet québécois coordonne les participations du Centre Copie-Art, de Montréal, du Museo Internacional de Electrographia, de Cuenca en Espagne, de Transatlantic Press, à Stuttgart, et de Média Nova, à Dijon.Il met en vedette une vingtaine d’artistes internationaux dont Philippe Boissonnet, Jacques Charbonneau, Ginette Daigneault, Evergon, Marvin Gasoi et Sylvie Readman du Québec, ainsi entre autres, que Jesus Pastor et Alcalacanales d’Espagne Georg Mleck, d’Allemagne, et Daniel Cabanis, de France.Renseignements: (514) 437-0114.L’art et l'eau La Société éducative pour la diffusion de l’information sur l’eau (S.E.D.I.E.) organise, à l’occasion de la Semaine canadienne de l’environnement, de nombreux événements de sensibilisation à cette richesse trop souvent négligée.En collaboration avec cet organisme, la Galerie Simon Blais a réuni autour du thème de l’eau, douze artistes montréalais qui vont chacun créer une toile inspirée par un des douze sous-thèmes choisis, de « L’eau, source de recherches scientifiques » à « L’eau, facteur économique », en passant par « L’eau, source de plaisir », « L’eau, comme boisson », et bien d’autres.Les toiles de 4 pi x 6 pi seront naturellement réalisées avec de la peinture acrylique à base d’eau! Les oeuvres seront exposées, du 1er au 6 juin, au Complexe Desjardins, dans le cadre de l’événement « L’eau, une nature propre », et les artistes seront présents toute la semaine pour échanger leurs points de vue et expliquer leur démarche artistique.Renseignements: Simon Blais (514) 849-1165.SIDARTS Vous pouvez, tout en participant à la levée de fonds de la Fondation SIDARTS, au bénéfice de la recherche clinique sur le Sida, avoir la chance de gagner un magnifique dessin inédit de Betty Goodwin inscrit dans une nouvelle série de travaux intitulés « La mémoire du corps ».Mille billets, vendus 100,00$ l’unité seront disponibles à partir de la fin juin à la Galerie René Blouin (où on peut actuellement prendre connaissance de l’oeuvre), à la Galerie Samuel Lallouz et dans les bureaux de la revue Parachute.Le tirage aura lieu le 21 septembre à l’occasion d’un événement public.La commission revenant à la Galerie René Blouin sera versée en totalité à la Fondation.Renseignements: (514) 393-9969.L’artiste et le modèle Le duo Simard/Wallot poursuit son exploration des interactions entre la danse et la sculpture.Avec le thème des itinérants, dans « Mort subite », en 1990, s’ajoutait à cette recherche l’inquiétude du drame social.Aujourd’hui, dans « L’Appât », présenté les 3,4,5 et 6 juin prochains à L’Agora de la danse, ce sont les relations étranges qui lient le sculpteur et son modèle qui deviennent le prétexte, ou le sujet de cette recherche.Qu’en est-il de la distance entre le sculpteur, la sculpture et le modèle ?Le tourbillon de ces questions se déploira dans un monde de sculptures suspendues.Celles qui seront réalisées sur scène seront mises en vente à la fin de ce spectacle qui constitue, notons-le, le volet québécois d’un projet conjoint Québec-Belgique.L’Agora de la danse est au 840, rue Cherrier.Réservations: (514) 284-6212.Paule des Rivières FINIE la télé, bonjour la radio ! Rock el Belles Oreilles revient à ses premières amours, en présentant à compter du 17 août une émission quotidienne d’humour d'une heure, en direct.Radiomutuel a en effet profité de l’impasse des négociations entre Télé-Métropole et RBO pour s’immiscer entre les deux et sortir gagnant : pour l’année qui vient, les cinq rigolos ne feront ni spectacle ni émission de télévision.C’est qu’ils auront les mains pleines, avec pas moins de 2000 sketches à inventer, présentés à petites doses, du lundi au vendredi.« Nous toucherons ù l’actualité, et sommes bien peinés que l’affaire Claude Morin n’ait été dévoilée à la fin de l’été», déclarait hier Guy A.Lepage, lors d’une conférence de presse dans un établissement Dunkin Donuts de l’Est de la ville.RBO n’avait aucun commentaire à faire sur les dernières hausses de salaire des policiers et a dit avoir choisi ce restaurant «parce que Tim Horton demande trop cher».Les cinq membres du groupe — Chantal Francke, Guy Lepage, Yves Pelletier, André Ducharme et Bruno Landry — étaient de très bonne humeur et ils avaient probablement plusieurs raisons de l’être, même si ni eux ni leur gérant, Jacques Pri-meau, ni Roch Denis de CKMF FM n’a voulu dévoiler le montant du contrat.Jacques Primeau s’est contenté de nier la rumeur voulant qu’il s’agisse d’un contrat de $1 million.« Nous sommes au Québec, nous sommes à la radio.Alors $1 million, c’est de la science-fiction ».Mais il n’y a pas de doute.Il s’agira d’une « grosse production ».D’ailleurs, RBO présentera à l’occasion des chansons de son cru, possiblement la seule partie de l’émission qui ne sera pas en direct.« Il s’agira d'une formule tout à fait révolutionnaire de télévision interactive où RBO fournira le son et où chaque auditeur, à la grandeur du Québec, pourra mettre l'image qu’il veut dans sa tête, en appuyant sur la pitoune croche», expliquait Guy Lepage hier, pour le plus grand bonheur des clients et des serveuses du Dunkin Donuts.À Télé-Métropole, RBO allait régulièrement chercher 1 million de téléspectateurs, en majorité des jeunes.À Radiomutuel, l’on affirme pouvoir rejoindre 96 % de la population québécoise.Le réseau FM compterait environ 1.6 millions d’auditeurs.L’émission sera diffusée sur l’heure du midi.Le télédiffuseur privé s’est montré surpris hier de perdre RBO, surtout que l’on n’avait pas compris que l’entente avec Radiomutuel excluait toute participation du groupe ailleurs.RBO a commencé sa carrière à la télévision à Quatre Saisons.Il est en- suite passé à Télé-Métropole où il a présenté en 1989 une émission hebdomadaire, le vendredi soir.En 1990, le réseau TVA avait passé la veille du Jour de l’an avec RBO et sa Grande liquidation des Fêtes qui avait ébranlé le traditionnel Bye Bye de Radio-Canada.L’année dernière, Télé-Métropole a diffusé le spectacle Bêtes de scène du groupe ainsi qu’une émission spéciale sur les 10 ans de RBO.1 La mésentente portait sur les commanditaires que Télé-Métropole demandait à RBO d'aller chercher.De plus en plus, pour des émissions importantes, les télédiffuseurs de-mandent aux producteurs privés dé se pointer avec talents et.commanditaires.Ces exigences ont entraîné des problèmes insurmontables, semble-t-il.RBO avait déjà plusieurs sketches en chantier et le tournage devait débuter bientôt.Mais une au* tre aventure débute, sans costume, sans décor.Il n’y aura même pas de rires en boîte.Mais les membres ne sont pas inquiets car, ont-ils expliqué hier, ils se font rire eux-mêmes et peuvent à la rigueur rire d’eux-mêmes.i i Les cinq ont commencé leur car» rière en mai 1981, à la radio com: munautaire CIBL.Diront-ils tout ce qui leur passe par la tête comme en 1981, sans craindre de mécontenter leur patron ?« Si lu fais de la pression, on va arrêter », promettait hier Guy Lepage à Roch Denis.Avec un grand éclat de rire.: Merveilleuse Midori! 4P 4» * «V 1 r r 7 * Les concerts gala de l’Orchestre Symphonique de Montréal Dir.Charles Dutoit: Prévost, Ouverture (1975); Sibelius, Concerto pour violon bp.47, Midori (violon); Berlioz, Te Deum op.22, Richard Margison (ténor), Pierre Grandmaison (orgue), Choeur de l'OSM (dir.Iwan Edwards).Mardi 26 mai, salle Wilfrid-Pelletier 1 , Carol Bergeron r ijU’ON NE s’y méprenne pas! Inscrit aux derniers « concerts gala » de )a saison, après avoir été donné, la semaine dernière, en la basilique No-fre-Dame, le Te Deum de Berlioz n’était pas négligemment donné en reprise.Jouée in extenso, c’est-à-dire avec son prélude orchestral placé pntre les deuxième et troisième choeurs (77b/ Omnesel Dignare) et la Marche pour la présentation des drapeaux, l’oeuvre fut d’abord présentée dans son opulente version d'« apparat » — bien que l’effectif vocal se réduisait à un choeur mixte de 200 voix, alors que le compositeur avait souhaité une phalange supplémentaire de 600 chérubins, à l’image des chorales anglaises d’enfants.Cette fois-ci, Dutoit la reprenait dans Sa version chorale moins séculière, (dus près de son modèle liturgique.De toute manière, ce Berlioz valait la peine qu’on l’entende plus ' Sylvain Cormier SUR LA rue Rachel, au peu à l'est de Saint-Laurent, deux vénérables édifices se font face.Au sud, l’ancien pensionnai Marie-Rose de la Communauté des Soeurs des Saints Noms de Jésus et de Marie, qui abrite depuis deux ans le collège Rachel.Au nord, l’église Saint-Jean-Baptiste,qui s’avère être une véritable cathédrale.Mardi soir, l’église était au trois-(juart remplie de gens qui veulent du bien au collège d’en face.L’heure était au spectacle-bénéfice, et une foule de tous âges, animée et multiethnique, à l’image de l’établisse-(nent privé fréquenté par des jeunes filles issues de 25 communautés ethniques différentes, n’a pas ménagé ses applaudissements pour les Jean-pierre Ferland, Kate & Anna Mc-Garrlgle, Danielle Oddera et une bonne vingtaine d'artistes, musiciens et choristes dévoués à la cause.La cause, c’est la survie du collège.On se souviendra qu'à partir de 1989, une équipe d’enseignants avait d’une fois — les exécutions en concert n’étant pas si nombreuses.De 12 ans postérieur au célèbre Requiem (1837), le Te Deum témoigne de la maturité du grand romantique français.Pourtant, tout n’y est pas génial au même degré.On pourrait même dire qu’il y a là à boire et à manger: voisinant des passages contrapunti-ques savamment échafaudés, des textures orchestrales audacieuses et très imaginatives, se remarquent ici et là des passages d’une écriture harmonique plutôt rudimentaire, pour ne pas dire indigente — il n’est qu’à suivre les interventions de l’orgue, par exemple.De là l’importance primordiale d’accorder une oreille très attentive à la reconstitution des couleurs sonores; ce à quoi Dutoit aurait pu s’employer avec encore plus d’imagination notamment dans manière d’utiliser les vents — et ne parlons pas de cet orgue frelaté, ce bidule électronique qui selon le désir même du compositeur doit dialoguer avec l’orchestre.Oubliant ce fâcheux détail, il convient de dire que la qualité indiscutable des autres éléments (choeur soigneusement préparé, un magnifique soliste, le ténor canadien Richard Margison, un orchestre fort de ses moyens) aurait pu conduire à une remarquable lecture, si seulement la direction avail été plus audacieuse, plus virtuose.Ailleurs, dans le Concerto de Sibelius.Dutoit pêcha sans doute par ex- livré un combat de tranchées aux Soeurs qui refusaient de leur vendre le bâtiment, i,’affaire s’était terminée devant les tribunaux en février 1990, alors que les enseignants s’élaient vus octroyer un droit de préférence, dont ils se sont prévalus, héritant pour 1,85 million $ d’une école totalement vide — la communauté religieuse avait fait place nette, enlevant jusqu'aux lustres.Depuis, ils surnagent en multipliant les appels à l'aide et les levées de fond.Précisons que le collège Rachel offre un programme d’Arts et Communications en trois options: musique, théâtre et journalisme.L’argent recueilli lors de la présente campagne de financement servira selon le programme distribué à l’entrée de l'église, à l’acquisition de « systèmes de traitement de texte pour les cours de journalisme, de costumes pour la troupe de théâtre, de matériaux et d’un système de dessin assisté par ordinateur pour les arts plastiques ainsi que d’instruments supplémentaires pour le cours de musique », histoire d'accéder au XXIe siècle en même temps que tout le monde.cès de zèle.Ne voulant pas que son orchestre n'engloutisse la soliste, il le fit taire au point de gommer tout le relief de l’accompagnement.La structure rythmique en devint carrément inopérante.Or, l’intérêt de cette pièce ne repose pas uniquement sur la trame du violon, même s’il elle est défendue par nulle autre que la merveilleuse Midori.Tout reposa donc sur cette phénoménale interprète qui, jusqu’à un certain point, fit oublier la discrétion excessive d’un chef qui voulait trop bien la servir.Depuis près de 10 ans, elle en a aujourd’hui 20, qu’elle suscite l’admiration des mélomanes du monde entier, on a probablement déjà tout dit sur son talent exceptionnel.Le temps passe cependant et rien ne semble chez-elle se tarir: la technique demeure toujours aussi prodigieuse et la musicalité de plus en plus riche.Il faudrait détailler chacun des mouvements du Sibelius Une cause louable défendue dans un lieu aussi majestueux aurait mérité beaucoup plus qu’un spectacle fourre-tout aux relents de téléthon, qui avait bien peu à voir avec la raison d’être de la soirée.Lancé sur le ton voulu par un petit laïus bien senti du curé André Lamoureux, le show s’est enlisé dès les premières interventions du jeune Guillaume Lemay-Thivierge, aussi piètre animateur que médiocre chanteur.Si l'on était séduit par la performance très honnête et sympatique des Petits Violons dirigés par Jean Cousineau, on préférait admirer les vitraux pendant que le petit Jonathan, nouveau bambin chantant, croisement du p’tit Simard première époque et du p’tit St-Jean-Baptiste, s’époumonait en pure perte, si Lucie Lachapelle a lait vibrer les magnifiques boiseries de l’église avec une lecture extrêmement vigoureuse d’Amazing Grace qui a confirmé la jeune chanteuse dans son statut de Ginette Reno junior, il aura fallu souffrir les deux Martine, Chevrier et St-Clair, dont les jolies voix n’ont servi, une fois de plus, qu’un matériel innommable.pour montrer avec quelle invention elle sert un texte que l’on pourrait croire usé par de trop nombreuses lectures.Elle le réanime avec un naturel confondant.Elle subjugue l’auditoire dès qu’elle pose l’archet sur son violon.C’est par une page enlevée du compositeur montréalais André Prévost, une brève Ouverture presque fourmillante d’impatience que l’OSM prépara la venue de la jeune violoniste japonaise.Mieux vaut tard que jamais.le concert de mardi était donné à la mémoire de Marcel Laurencelle, décédé le 16 août 1991, qui consacra sa carrière à la direction chorale.Il fut chef de choeur notamment pour les Festivals de Montréal (1944-65) et l'Opera Guild (1945-69); dès 1950, la Société Radio-Canada et l’OSM firent appel à ses services.Certains se souviennent peut-être qu’il fonda, en 1945, le Choeur Berlioz.• • Danielle Oderra, avec son incontournable pot-pourri de Brel, et Ma- j rie Denise Pelletier, avec le Pour- \ quoi chanter de Louise Forestier et le .l’ai dome ans de Diane Dufresne, auront au moins eu le mérite de se frotter à des corpus exigeants.Jean-Pierre Ferland, lui, disposait de mille chansons remarquables qui auraient toutes mieux convenues à l’endroit et aux circonstances que l'égrillarde Swingez vol ’ compagnie et l’op-portuniste Montréal est une femme.Un choix malheureux dont J.-P.ne s’est racheté qu'à moitié en interprétant, plutôt mécaniquement, Le petit roi.De fait, seule la présence des soeurs McGarrigle était justifiée par l'événement.Probablement parce que Martha, la fille de l'une des soeurs (on n’a jamais pu'savoir laquelle), étudie au Collège et qu’elle a chanté la superbe Complainte pour Ste-Calherine avec sa mère et sa tante, on sentait un lien étroit avec l’option musique de l’école.Un concert complet d'Anna et Kate aurait certainement mieux reflété les cri- j tères d'excellence et de multi-cultu-ralité chers au Collège Rachel.La cause était louable .Les quatre Canadiens : finalistes au CIMM ; Marie Laurier LES QUATRE jeunes pianistes canadiens seront parmi les neuf finalistes — quatre femmes et cinq hommes — à l’épreuve décisive du 23e Concours international de musique de Montréal (CIMM).Jamie Parker, qui aura 29 ans ans le 31 mai et qui est originaire de la Colombie-Britannique, Richard Raymond, 26 ans, du Nouveau-Brunswick.Naida Cole, 17 ans, de l’Ontario et Yoonhi Chung, 19 ans, se sont qualifiés pour l’épreuve finale qui aura lieu vendredi, samedi et dimanche.Les six autres finalistes sont Hi-déki Nagano, 23 ans, du .lapon, Sergey Mikulik, 26 ans, de Bélarus, Me-gumi Fujita, 27 ans, du Japon, Sun Ci-Ying, 23 ans, de la République populaire de Chine et l’Italien Roberto Corliano, 25 ans.En finale, chaque concurrent exécute un concerto choisi parmi les oeuvres de compositeurs imposées et une oeuvre canadienne inédite écrite expressément pour la compétition, soit une pièce pour piano solo de l’Ontarien Brian Cherney intitulée Quelque fois à l’ombre de la nuit.au lointain.Cherney est membre de la Ligue canadienne de compositeurs et il a déjà rempli des commandes du Festival de Stratford et plusieurs pour Radio-Canada, de plusieurs autres organismes, notamment Radio-Canada.En 1979, une de ses compositions, le String Trio est arrivé ex aequo en première place des oeuvres « recommandées » à la Tribune internationale des compositeurs à Paris.En 1985, River of Fire a remporté le Prix Jules-Léger pour la nouvelle musique de chambre.Les finalistes se produiront au Théâtre Maisoneuve de la Place des Arts les 29,30 et 31 mai à compter de de 20 h et ils joueront au choix sur un Le pianiste canadien Jamie Parker, le doyen des finalistes du CI MM.PHOTO ARCHIVÉS -.r * Yamaha ou un Steinway, accompa-' gnés par l’orchestre du CIMM sous la direction de Olto-Wermer Muellèr.À noter que cette partie importante du concours est diffusée en direçt, par le réseau FM Stéréo de Radio-, Canada.Françoise Davoine et Mj-chel Keable animeront ces émissions.Du côté de la CBC, l’émissjpjn Arts National présentera un spécial sur le 23e concours coanimé par Am gusla LaPaix et Jim Coward de lflh1 à 23 h le lundi 1er juin.Enfin, il y aura un concert gala, le mardi 2 juin à 20 h mettant en vedette les lauréats qui se produiront sous la direction du maestro Mueller et la cérémonie de remise des prix clôturera le concours.Les billets pour ces événements sont en vente aux guichets de la PdA.Ce 23e Concours international de musique de Montréal fait partie de la programmation officielle des célébrations du 350e anniversaire de Montréal et c’est la corporation qui décernera le premier prix d’une valeur de 15 000 $.Les gagnants des 2e et 3e prix recevront 10 000 $ et 5 0QO $.C’est aussi le soir du 2 juin que l’on connaîtra le meilleure interprétation de l’oeuvre de Cherney.NOS CHOIX TÉLÉ Marilyn La femme de ménage la plus occupée en ville.Dernière émission cette année d’une série dont il fallait être bien assidu pour pouvoir s’y retrouver.Radio-Canada 19 h ?La Soirée du hockey Toute une saison à endurer bien des batailles, bien des passes manquées et bien des gros tas qui se traînent les patins pour arriver enfin à du vrai bon hockey (on le souhaite !).Deuxième match Penguins/Black Hawks en grande finale, avantage Penguins.Radio-Canada 19 h 30 ?Knnemondc Fait partie d’une série de téléfilms! qui ont été tournés en France à par-j tir de nouvelles de Giono.Non seu-' lement l’idée est belle, mais en plus' celui de ce soir nous offre comme; vedette principale Jeanne Moreau.! TV5 21 h — Paul Cauchon1 r B-4 ¦ Le Devoir, jeudi 28 mai 1992 CULTURE ET SOCIETE CINEMA ASTRE I: (849-3456) — Far and Away 7 h, 9 h 40 II: Baalc Instinct 7 h.9 h 30 III: Lethal Weapon 7 h, 9 h 20IV: City ot Joy 7 h 10.9 h 45 BERRI I: (849-3456) — L arme fatale 31 h 45.4 h 30, 7 h 10,9 h 25 II: Les hommes blancs ne savent sauter 1 h 55,4 h 20,7 h, 9 h 15 III: Basic Instinct1 h 30.4 h 15.7 h, 9 h 301V: Les somnambules 1 h 30.3 h 30,5 h 30, 7 h 30.9 h 30 V: Beethoven] h 30, 3 h 15,5 h— La postière! h 15.9h 30 BONAVENTURE I: (849-3456) - Thunderheart 7 h, 9 h 10 II: Cousin Vlnny 7 h 10,9 h 20 BROSSARD I: (849-3456) - Les hommes blancs ne savent sauter! h 05.9 h 25 II: Les somnambules 7 h 15,9 h The Mu»e* Co lo compagnie de» mu*e* Two Solitudes Hugh MocLennan, Macmillan of Canada Zone, Marcel Dubé, leméac Éditeur LITTÉRATURE JEUNESSE Ahl belle citél/A beautiful city Stéphane Poulin, le* livre» Toundra Alfred dans le métro Cécile Gagnon, le» Édition» Héritage Les catastrophes de Rosalie Ginette Anfousse, le» édition* de la courte échelle Un serrurier en Nouvelle-France Danielle Pigeon et Hélène Charleboit-Dumais, Édition* du Méridien Le visiteur du soir Robert Soulièret, Édition* Pierre Tiiieyre ESSAI, OUVRAGE HISTORIQUE ET ALBUM D'ART ET DE PHOTOS L'architecture de Montréal Sou» la direction de Raymonde Gauthier Édition» libre Expression Ordre de* architecte» du Québec Guide des styles et des bâtiments: l’architecture de Montréal François Robillard et Brian Merrett, Édition» du Méridien Marie Gérin-Lajoie, de mère en fille, la cause des femmes Hélène Pelletler-Baillargeon, Édition* du Boréal Montréal Mkhoel Drummond et Michel Tremblay, Édition» Hur1ubi»« HMH Montréal en prose Anthologie présentée par Nathalie Fredette, Édition» de I Hexagone Montréal, esquisse de géographie urbaine Rooul Blanchard, VIB Éditeur Montréal, son histoire, son architecture (tome 1) Guy Pinard, Édition» la Presse Promenades littéraires dans Montréal Monique LaRue et Jean-François Chassay, Édition* Québec/Amérique L’ouvrage que je préfère parmi les 30 titres de la La petite est le suivant: Titre: bibliothèque Auteur: Editeur: Voici mes coordonnées: Nom: Adresse: Ville: Code postal: Téléphone: Vous pouvez déposer votre coupon de participation dons l'une des bibliothèques ou librairies ci-dossous ou le poster directement à l'Union des écrivainos et écrivains québécois, C.P.96, Succursale C, Montréal, (Québec) H2L 4J7.libioirie C.G.C., bibliothèque Centrale, Bibliothèque Frontenoc, Bibliothèque Georges-Vonier, Bibliothèque Maisonneuve, Bibliothèque Morie-Uguoy, Bibliothèque Mercier, Bibliothèque Nationale du Québec, Bibliothèque Ptateou Mont-Royal, Librairie Agence du livre, Librairie Chompigny, Librairie Demorc, Librairies Demort, Librairie du Square, Librairie Flammarion St-Denis, Librairie Flommorion-Scorpion Angrignon, Librairie Gallimard, Librairie Harmèt, Librairie Raffin, Librairie Renoud-Bray, Librairie Zone Libre.UNION des ecrivainr» cl écrivains qucltecois MON I RÉAl #/f i f LE DEVOIR JFK1 h, 4 h 30,8 h FAMOUS PLAYERS POINTE-CLAIRE 1:-Whlte Sands 7 h 05.9 h 25 2: Lethal Weapon 3 6 h 50.9 h 30 3: Lethal Weapon 3 6 h 50.9 h 30 4: Lethal Weapon 36 h 30,9 h 10— 5: Lethal Weapon 3 6 h 30.9 h 10— 6: Cutting Edge 7 h 10,9 h 30 7: Endno Man 7 h, 9 h 20 8: Endno Man 7 h, 9 h 20 FAUBOURG STE-CATHERINE 1 : (849-3456)— Aliéna 31 h 30, 4 h.7 h, 9 h 20 2: Allen 32 h, 4 h 30.7 h 20,9 h 40 3: Howards End 2 h.5 h 8 h 4: Tha Player2 h 15,4 h 40, 7 h, 9 h 15 GOETHE-INSTITUT MONTRÉAL: (499-0159)— Festival International du cinéma chinois de Montréal (22 au 31 mai) GREENFIELD I: (671-6129) - Lethal Weapon 36 h 20.9 h 2: Lethal Weapon 37 h 30,10 h 10 3: Endno Man 7 h, 9 h 05 IMAX: Vieux Port de Montréal (496-4629)— Programme tamilial: Montagnes de leu el L'Oeul magique mar au dim 10 h, 13 h, 14 h 30.16 h, 19 h.(relâche sam ) version anglaise 11 h30.17 h 30 Événement spécial: Les Rolling Slones 20 h 30 (v o ) 22 h 30 (v o.) (ven sam seul ).lun.relâche IMPÉRIAL: (288-7102) - While Sands 12 h 50 3 h.4 h 50.7 h 20,9 h 30 LAVAL : (688-7776) - 1: White Sands 7 h 10,9 h 30 2: Lethal Weapon 36 h 40.9 h 20 3: Le cobaye 7 h, 9 h 10 4: Lethal Weapon 3 7 h, 9 h 40 5: Lethal Weapon 3 7 h, 9 h 40 6: Flamme sur glace 7 h 10,9 h 20 7: Endno Man! h 10, 9 h 20 8: Endno Man 7 h 10,9 h 20 9: Endno Man7 h 10, 9 h 20 10: Capitaine Crochelbb 30, 9 h 1011: Cutting Edge! h 05.9 h 20 12: La vieille qui marchait dans la mer! b— While Sands 9 b 10 LAVAL 2000 1: (849-3456)— L'arme fatale ! h 20.9 h 35 2: Baalc Instinct 7 h, 9 h 25 LOEWS l:(861 -7437) - Casablanca 12 h 20, 2 h 35.4 h 50, 7 h 05.9 h 20 II: Where the Angels Fear to Tread 1 h 30,4 h, 6 h 30,9 h.Ill: Passed Away 12 h 45,3 h, 5 h 05.7 h 15,9 h 25, mer 12 h 45,3 h, 5 h 05, 9 h 25IV: Cutting Edge 12 h 30, 2 h 50.5 h 10, 7 h 20,9 h 30 V: Kafka 12 h 15, 2 h 30,4 h 45, 7 h, 9 h 15 OUIMETOSCOPE:(525-8600) - Salle ! Dr.Je-kyll et le* femmes 19 h— Andre! Rublev 20 h 45- Salle 2: Rush 19 h 15- Arabian Nights 21 h 30.OUTREMONT: (278-FILM)— PALACE 1: — Lethal Weapon 312 h 15.3 h 15, 6 h 15, 9 h II: Endno Man 12 h 30, 2 h 45.5 h, 7 h 25, 9 h 35 III: Mississippi Maaala 1 h 30.4 h, 6 h 30,9 h 10IV: Expoaure 12 h 20, 2 h 35.4 h 50, 7 h 05,9 h 25 V: Medllerraneo 1 h 35,4 h 05,6 h 35.9 h 15 VI: Wayne's World 12 h 40,2 h 50.5 h, 7 h 25,9 h 30 PARADIS I: (354-3110)— Le prince des marées 7 h— Analyse fatale ! h 05— Le secret est dans la sauce 7 h 10— Arrête ou ma mère va tirer 9 h 30— L'ange du rlngc620 9 h 35— Mon coualn Vlnny 9 h 40 PARISIEN I: (866-3856)- Van Gogh 1 h 15,4 h 45, 8 h 15 II: Mississippi Maaala 1 h 30.4 h, 6 h 40.9 h 10 III: La vieille qui marchait dans la mer 12 h 50.3 h, 5 h 10, 7 h 20, 9 h 30 IV: Sale comme un ange 12 h 30.2 h 40.4 h 50.7 h, 9 h 20 V: Le steak 1 h 15,3 h 15.5 h 15.7 h 15, 9 h 15 VI: Les amants du Pontneul 1 h, 3 h 45,6 h 30.9 h 10 7: Cheb 1 h 25,3 h 25,5 h 25, 7 h 25,9 h 25 PLACE ALEXIS NIHON 1.(849-3456) - Far and Away 1 h 30, 4 h 15.7 h, 9 h 40 II: While Men Can't Jump1 h 30, 4 h, 7 h, 9 h 15 III: Basic Instlnd 1 h 30.4 h 15.7 h.9 h 30 PLACE LONGUEUIL 1: (849-3456) - L'arme lalale 3 7 h, 9 h 30 2: Baalc Instinct 7 h 05.9 h 35 PLAZA CÔTE DES NEIGES: (849-3456)- 1: The Player 7 h, 9 h 25 2: Ferngully White Men Can't Jump 7 h, 9 h 10 3: Howards End 8 h 4: Basic Instinct 7 h 05.9 h 30 5: Far and Away 7 h, 9 h 40 6: Allen 37 h 15.9 h 35 7: City olJoylb 10,9 h 35 QUARTIER LATIN: Mtl— LE RIALTO: 5723 ave du Parc, Mil (274-3550) - The Fourth Animation Celebration: The Movie 7 h 15— Life la Sweet 9 h 30 VERSAIL- LES BEAUX ESPRITS: 2073 St-Denis.Montréal (844-0882)— Buonassissi-Deslauriers-Deschénes 8 Gagné, le 28 mai à 22h 30 — Jo-Jo, le 4 juin à 22h 30 BIDDLE'S JAZZ AND RIBS: 2060 rue Aylmer.Montréal (842-8656)— Le Quatuor de Johnny Scott el Geollrey Lapp, en permanence, lun.mar 19h à 24h .mer au ven 17h.30 à 22h — Le Trio de Charlie Biddle, en permanence du mer au ven à compter de 22h .sam à compter de 21 h.30 — Billy Georgette, pianiste/chanleur, lun.mar.de 17h.à 19h.— Trio Billy Georgette, sam.de 18h a 21 h.30— Le trio de Bernard Primeau, les dim.de 18h 30 à 24h BOITE A CHANSONS LE PIERROT: 114 est Sl-Paul, Vieux-Montréal— Les deux Pierrots: Groupe l'Une et Gilbert Lauzon, le 28 mai à 20h CHAPELLE HISTORIQUE DU BON-PASTEUR: 100 est rue Sherbrooke (872-5338)- Récital conjoint avec Jody Karin Applebaum, soprano, Marc-André Hamelin, pianiste, oeuvres de Ives.Medlner, Messiaen, Poulenc, Ravel et Rossini, le 28 mai à 20h.ESPACE LIBRE: 1945 rue Fullum, Montréal (521-4191)— Le Nouveau Théâtre Expérimental présente du théâtre au printemps: * Précis d'histoire générale du théâtre en 114 minutes > du 5 mai au 20 juin, mer.au sam.à 20h — Le Théâtre de l’Heure anime des ateliers de création avec les artistes de toutes disciplines, du 11 mai au 17 juin, lun.au mer.de 10h.à 17h 30— Cabaret-Théâtre, du 15 mai au 20 juin, les ven.sam.â 24h.IMAGES DU FUTUR: rue de la Commune, Montréal (849-1612)— Ouvert tous les lours, du 15 mai au LES l:(353-7880) - Lethal Weapon 3 6 h 45, 9 h 2011: Endno Man 7 h 15.9 h 30 III: Lethal Weapon 36h45,9h20IV: Capitaine Crochet 6 b 15.8 h 50 V: Le cobaye 7 h 20,9 h 30 VI: La main qui berce l'entant 7 h.9 h 30 CINÉMA QUÉBEC CANARDIÊRE: (661-8575)— Arrête ou ma mère va tirer 19 h— White Sends 21 h CINÉMA LIDO: -L 'arme fatale 319 h, 21 h 15, lun 13 h.19 h.21 h 15— Les somnambules-/L'ange du ring 18 h 45, lun.13 h, 18 h 45— White Sanda 19 h, 21 h.lun.13 h, 19 h.21 h— Les hommes blancs ne savent pas sauter 18 h 50, 21 h 05, 13 h.18 h 50, 21 h 05— Basic Instlnd\S b *b, 21 h 05, lun.13 h, 18 h 45,21 h 05 LE CLAP: (650-CLAP)- Ombres el brouillard 18 h 20 sept.92, de 10h.à 23h., dim.21 h.(excepté les lun.et mar de mai et sept.ouvert le 6 sept ) LE CIRQUE: 2112 St-Denis.Montréal (987-7658)-Snack'n Jazz tous les lun et mar à 21 h avec C Pa-pasotf et L.Soulier LE CLUB: 4171 St-Denis.Montréal (844-4481)— Gaki (jazz métissé), le 28 mai à 22 h.AU LION D'OR: 1676 est Ontario, Montréal (527-5552)— Julie le Bon, le 28 mai â 2011.30.NOUVELLE COMPAGNIE THÉÂTRALE: 4353 est Ste-Catherine, Montréal (253-8974)— Salle Fred Barry:.Frankenstein .texte et m en s.de Richard Gohier et Marc Labrèche.à compter du 29 avril à 20h.30 SALLE CLAUDE-CHAMPAGNE: 200 ave Vincent d'Indy (343-6479)— Récital de llute, Nathalie Lacaille au piano.Claire Ouellel, oeuvres de Bach, Berio, Nielsen et Schubert, le 28 mai à 17 h — Concert de saxophone et percussion, Jean-François Guay, saxophone el Julie Béchard, percussion, oeuvres de Beaulieu, Béchard.Lemay, Perron, le 28 mai â 20h — Salle B-421, récital de piano, Thi The Van Ho, oeuvres de Mozart, Schubert et Schumann, le 28 mai à 20h.SALLE ÉMILE-LEGAULT: 613 bout.Ste-Croix, St-Laurent (522-1245)— L'Opéra Comique du Québec présente La Mascotte d’Edmond Audran, les 28-30 mai â 20h SALLE REDPATH: porte McTavish, campus de McGill, Montréal— Jean-Pierre Noiseux, flûte â bec, Ra-chelle Taylor, clavecin, oeuvres de Gibbons, van Eyck, Sweelinck, Purcell el Byrd, le 28 mai à 20h GALERIES CAPITALE 1: (628-2455)- Capl-talne Crochet 6 h 15— L» docteur 9 h— L'annonce telle è Marie 7 h 10.9 h 23.mer.jeu 1 h 10, 3 h 10, 5 h 10— La vlelllequl marchait dans la mer ! h 05.9 h 25— Les amants du Pontneulb h 40,9 h 10— Le cobaye 6 h 45, 9 h 10— Flamme sur glace 7 h 15, 9 h 30 PLACE CHAREST: (529-9745)- L arme lalale 312 h 40,15 h 30,19 h, 21 h 30— Urga16h30,21 h 40— Babe le bambino 13 h 30, 19 h 20— Coeur de tonnerre 13 h 40.16 h 25,19 h 15, 21 h 40— Les somnambules 13 h.15 h, 17 h 15,19 h 20.21 h 20— Les hommes blancs ne savent pas sauter 13 h 40.16 h 30.19 h 30,21 h 50— Far and A way 13 h, 16 h 15,19 h, 21 h 40— Basic Instinct 13 h 10,1 6h, 19 h 15,21 h 45-Allen 313 h 30,16 h 30.19 h 30,21 h 50 LE PARIS: (694-0891 )- PLACE QUÉBEC 1 : (525-4524)- Mon père ce héros ven au mar 7 h 05.9 h 20— White Sands ven au mar.7 h, 9 h 05 STE-FOY 1: (656-0592)- Lethal Weapon 3 7 h 10, 9 h 45 2: Endno Man 7 h 20.9 h 20 3: Le cobaye 7 h, 9 h 15 boul Baron Louis-Empain, Ste-Marguerite (514-228-2513)— • Les amuse-gueules > du 23 juin au 6 sept., mar au |eu et sam à 20h , ven 21 h 30, dim à 19h 30 MANOIR LA LORRAINE: 450 Béthanie, Lachute (514-562-5256, Mtl 476-1302)— .Les délires de Madame Foucart ¦ du 23 juin au 29 août.mar.au sam à 20h 30 ROUSSILLON MIRABEL: 1136 boul Labelle Blamville (514-430-8950)— « Chômage », le 29 mai.STUDIO-THÉÂTRE DA SILVA: 1155 Morel.Ste-Sophie (514-431-2373)— « Les grands chemins .adaptation de Denis Chouinard du roman de Jean Giono, du 27 juin au 29 août, jeu.au sam à 20h 30— Spectacle de marionnettes pour entants ¦ Il était une fois » du 28 juin au 30 août, les dim à 16h.THÉÂTRE DE LA BUTTE: 2554 Monty, Val-David (819-322-3474)— .La Virée des Pirates », du 26 juin au 5 sept — < Boutte et frisson », du 26 juin au 5 sept THÉÂTRE DES CASCADES: Autoroute 40 ouest lusqu'à Vaudreuil, roule 540 direction Toronto, sortie Dorion.route 338 direction Pointe-des-Cascades (514-455-8855)— * Corn Flakes » de Jack Sharkee, m.en s Denise Filiatrault, du 5 juin au 29 août, mar au ven à 20h 30.sam à 19h et 22h.THÉÂTRE LE CHANTECLER: Hôtel Le Chante-cler, sortie 67 de l'autoroute des Laurentides, Ste-Adéle (avant le 1 er juin 489-6519, après le 1 er juin 514-229-3591)— • Cherchez l'homme • de Jean-Raymond Marcoux, m en s Louis Lalande, du 18 juin au 23 août, mar.au dim.à 20h 30 THÉÂTRE CHEZ BRAZEAU: Rang St-Charles, Papineauville— « Un cadavre à l'entracte » de Pierre-Yves Lemieux, m en s Serge Paquette, du 25 juin au 8 août, jeu.au sam à 20h SUR SCENE CERTIFICATS CADEAUX EN VENTE DANS TOUS NOS CINEMAS INFO-FILM 866 0111 llhCO a 22hOC FAMOUS PLAYERS MATINEES ÀQC lundi au vendredi ** 4* INDOCHINE à Catherine Deneuve • Vincent Perez Un film de Kt'jjiv Wargnier ,|r Sij la^aip «ac/fp CKAC73AM .CENTRE LAVAL6®*-77.76 1600 le Corbusier wf (S nr «E m inniDCH-BY STEREOl MUSIQUE CLASSIQUE I CE SOIR.JEUDI 28 MAI LA PETITE MUSIQUE DE NUIT DE CIEL MF PRÉSENTE A 22:00 sonates en trios op.2 nos 3 et 6 (Haendel) concerto pour violon op.35 en ré majeur (Tchaikovsky) DEMAIN SOIR, 22:(X) quatuor no 3 (Arriaga) quintette avec guitare no 9 (Boccherini) RENSEIGNEMENTS: 527-8321 SALLE WILFRID-PELLETIER: Place des arts.Montréal (842-2112)— Opérette « La Belle Hélène • d'OIfenbach, les 29,30 el 31 mai, les 1er, 3 et 4 juin è 20 h — Nana Mouskouri, les 5 et 6 juin à 20h.et le 7 juin â 16h — La SOGAM présente le célèbre Ballet Kirbv du Théâtre Maryinski, du 10 au 13 juin â 20h.THÉÂTRE BISCUIT: 221 ouest St-Paul.Vieux Montréal (845-7306)— • Opéra lou • spectacle de marionnettes, conception et m.en s.Vladimir Ageev, à compter du 7 mars, sam.à 15h , dim.à 13h.et 15h.THÉÂTRE CENTAUR: 453 St-François-Xavier, Montréal (288-3161)— .Blokes • comédie musicale de Bowser and Blue, du 9 avril au 7juin — • Une pu-celle pour un gorille > de Fernando Arrabal, adaptation el m en s de Maurice Podbrey (version anglaise), du 16 mai au 7 juin THÉÂTRE MAISONNEUVE: Place des arts.Montréal (842-2112)— La nouvelle création de Carbone 14.Le café des aveugles » conçue et m en s Gilles Maheu, du 18 au 22 août à 20h 30 CENTRE CULTUREL DE BELOEIL: 600 Richelieu, Beloeil (467-4504)— • Théo .de Joël da Silva, les 29-30-31 mai.CENTRE CULTUREL DU LAC MASSON: 414 THÉÂTRE DES ÉRABLES: 870 Montée Laurin.St-Euslache (473-3357)— .J'rève d'étre vedette » di 19 juin au 30 août, mer jeu.20h.30, ven sam à 21 h.THÉÂTRE MONT-AVILA: Chemin Avila, Piedmont (avant le 15 juin 227-1599, après le 15 juin 349-4426)— « Chômage » du 19 juin au 8 sept., mar.au dim THÉÂTRE LE PATRIOTE: 21 est Préfontaine.Ste-Agathe (819-326-3655, Mtl 861-2244)- .Décroche-moi la lune » du 18 juin au 6 sept.mar.au ven à 20h 30, sam à 19h.et 22h THÉÂTRE PIGGERY THEATRE INC.: North Hatley (819-842-2431)— .Bedside Manners .de Derek Bentield, m en s.Perry Schneiderman, du 24 juin au 25 juillet— • Perfect Crime » de Warren Manzi, m.en s Brian Dooley, du 30 juif au 29 août.THÉÂTRE DE STE-ADÉLE: 1069 bout Ste-Adèle, Ste-Adèle (514-229-7611, Mil 393-9070)- .Les dix petits nègres > du 13 juin au 22 août, mar au ven.â 20h 30, sam.19h et 22h.30 THÉÂTRE DE ST-SAUVEUR: 22 rue Claude, St-Sauveur (514-227-8466, Mil 430-1812)— .Ce soir on danse • à compler du 12 juin, mar au ven.à 20h 30.sam 19h et 22h 30 A SURVEILLER Aujourd'hui, collectes de sang de la Croix-Rouge à Montréal au Centre des donneurs de sang, 2991 rue Sherbrooke est, de 9h à 20h; au CISC à St-llenri, salle 014, 383 rue Notre-Dame est, de 14 h 30 à 20 h 30, et à Verdun, Caserne des pompiers, 4398, boul.Lasalle, de 14 h 30 à 20 h 30.Rens.: 937-1941.¦ Aujourd’hui à 13 h 30, la Fondation culturelle Jean de Brébeuf vous invite à une conférence de Suzanne Roby intitulée : « Knfln la fusion nucléaire contrôlée », au Pavillon Lalemant, 5625 rue Decelles à Montréal.Rens.: 739-4637.¦ 1, 'Association des familles Demers inc.invite les Demers ou descendants de Deniers à participer à un rassemblement qui se tiendra le 27 juin à 14 h, à l’Érablière du Cap, sise au 1925, chemin Lambert, Bernières (Québec).Rens.: (418) 653-7417.¦ Pour ceux et celles qui désirent enseigner l'escalade l’été prochain, la Fédération québécoise de la montagne tiendra un stage de formation de niveau animateur du 30 mai au 7 juin prochain.Rens.: 252-3004.¦ « La Pensée nationale» du Père Richard Arès, s.j.un enseignement pour notre temps.Conférence donnée par M.Pierre Trépanier, historien, le jeudi 4 juin à 19 h 30, au Collège Marie-Victorin, 7000 rue Marie-Victorin, salle Désilets, Montréal.Kntrée gratuite.Rens.: 669-6568.¦ Du 28 mai au 1er juin se tiendra au Centre d’institut d’études holistiques, situé au 630 rue Sherbrooke ouest, un colloque sur les techniques de visualisation.Rens.: 849-9011.¦ Les femmes et la politique.Conférencière: Mme Pauline Marois, invitée de l’Association des femmes diplômées des universités (Montréal), ce soir à 20h30, au Salon Vivaldi, Hôtel Delta, 475 ave du Président Kennedy.Confir.: L.Péloquin-au 495-9450.d L’Université du Québec à Montréal or-) ganise un congrès de la Société Jean-Pia-J get, du 28 au 31 mai, au Pavillon Judith-] Jasmin, salle Marie-Gérin-Lajoie (J ' M400).Rons.: Henri Markovils au 987-4842.; ¦ Randonnées plein air organise, le di-j manche 31 mai, une randonnée pédestrei au mont Big Slide dans l’État de New York.Aussi le week-end du 30 et 31 mai, Randonnées plein air vous invite à marcher une partie du sentier « La Long Trail » au Vermont.Rens.: 843 3262 ¦ Détour Nature offre des excursions en cyclotourisme guidées par des moniteurs expérimentés à chaque week-end.Prochaine destination en vélo, le 6 juin au Lac Placid et Saranac Lake, NY.— Prochaine destination en randonnée pédestre, le 7 juin au Camel’s Hump au Vermont.Rens.: 271 6046.¦ Créations etc, une compagnie d’arts d’interprétation pour la jeune relève recherche des jeunes comédiens-nes el dan-seurs-ses âges entre 13 et 25 ans pour participer au 7e festival des arts de la scène « Réalité Jeunesse 92».Ceux qui seront choisis doivent être disponibles du 2 juillet au 4 août pour les répétitions et du 5 au 15 août pour les représentations.Rens.: 278-3941.¦ À l’occasion du 350e anniversaire de la fondation de Montréal, la Société historique de Montréal invite le public à un colloque intitulé « Les origines de Montréal 1642 1701 », les 28, 29 et 30 mai à la salle Saint Sulpice de la Bibliothèque nationale du Québec, 1700 rue St-Denis à Montréal.Rens : 844 0309.La félèviNion «lu jeuffli soir on un clin d’oeil 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 OOhOO O CBFTfR.C.) ¦Si Montréal 17h30 / Ce soir Marilyn g À communiquer Le téléjournal g Le Point/météo/sport Cinéma rô-i WCAX (CBS) -—-J Burlington News News g The Golden Girls Top Copsg Street Stories g The Human Factor g News Silk Stalkings rë~ï WPTZ(NBC) ^-9-/ Plattsburgh News News g Jeopardy ! Wheel of Fortune g The Cosby Show g Cheers g Wings g LÀ.Law Ç News The Tonight Show wt* CBMT(CBC) ¦î» Montréal Newswatch CBC Newsmagazine À communiquer The National g The Journal S il 3 le TVA ?éd.18hres Jeopardy ! Cinéma : Lilas de rêve—Can.87 Avec Dack Rambo et Susan Almgren La vie en couleur Claire Lamarche Ad Llb Le TVA g réseau TVA g sports Des mots pour le dire œ as,"' Puise g Entertainment Tonight Cheers g The Cosby Show g Different World g Beverly Hills g Nighl Court g News g The Arsenlo Hall Show CT* TV5 (Télé Francophones Découverte Des chiffres et des lettres Journal de TF1 Vision 5 Téléobjectif Cinéma : Ennemonde Fr.88-Avec Jeanne Moreau Espace francophone Grand écran 23h15 / télétourisme Journal de FR3 frf) CIVM fR.-O.) kLL) Montréal Passe- Partout Lassie Disney Québec nature Voyage grandeur.Points de vue g Cinéma : L’appat— Am.52 Avec James Stewart et Robert Ryan Les groupes parlementaires SERS*" Musique vidéo Fax: L'Infoplus Solldrok : / VJ : Paul Sarrasin Musique vidéo Rock en bulle 21h15 / Musique vidéo (55) WVNY (ABC) Burlington News News g Star Trek g The Young Riders g MacGyver g The Koppel Report g News Nightllne Commercial Programs m sa 19h / Muchwest Fax Rapclty Mike and Mike's.Monkees Spotlight / David Bowie Power 30 rss\ VERMONT GW) ETV(PBS) The MacNeil/lehrer Newshour g The Nightly Business World ol Collector Cars This Old g House Hometlme Mystery ! (2e/6) g Rebecca Cinéma : The Browning Version— GB.51 Avec Michael Redgrave el Nigel Patrick ® Montréal La roue chanceuse Coup de foudre Recherche Cinéma : Le chat qui vient de l’espace -Am.78 Avec Ken Berry et Sandy Duncan Le Grand Journal Sports plus Sports plus extra Automobile 92 Cinéma (H) «CFE (PBS) 17h/Chlklren Programs The Nightly Business.The MacNeil/Lehrer Newshour g New York Slate ol Education with Commissioner Sobol Millennium : Tribal Wisdom and the Modem World g Emmerdale Farm Escape from Iran : The Inside Story Le Devoir, jeudi 28 mai 1992 M B-5i TOURISME/chronique Courrier des Andes : récit de voyages et de l’humanité'» Normand Cazelais LE RÉCIT de voyages est un genre littéraire classique, qui puise aux origines de la mémoire humaine.La Bible, l’Odyssée, les antiques papyrus égyptiens, les écrits de la Chine millénaire tout comme les héritages de la tradition orale des peuples de tous les continents en témoignent.La civilisation occidentale se rappelle encore des écrits de Xénophon, Hérodote, César.Plus tard, Magellan, Bougainville, Cartier, Champlain et bien d'autres découvreurs ont tourné, pour le plus grand bénéfice des gens d’alors et de toujours, des pages ouvertes sur l'inconnu et le merveilleux.Plus près de nous, tout ce qui a compté comme écrivain dans le monde francophone s’y est essayé, depuis Flaubert, Chateaubriand et Victor Hugo jusqu’à Loti, Cendrars, Mac-Orlan et Le Clézio.Au Québec, le genre a tenté le juge Basile Routhier, ineffable parolier du Ô Canada et grand passionné de voyages, Arthur Buies, pamphlétaire, libertaire un temps secrétaire du curé Labelle et aussi invétéré chroniqueur de voyages, ainsi que des générations entières de descendants plus ou moins lointains des mythiques coureurs de bois.Le genre s’est même perpétué jusque dans la parole des chansonniers : « Moi, mes souliers ont beaucoup voyagé.» Les plus brillants auteurs de récits de voyages furent et sont sans nul doute des anglo-saxons.Peut-être est-ce dû à cette immense folie capable de s’emparer du placide tempérament britannique et de mener une personne apparemment sensée à s’engager dans un voyage où l’absurde côtoie allègrement d’incroyables misères et difficultés.La grandeur, géographique et politique, du British Empire est tout autant redevable, we should remember it, des insatiables curiosité et volonté de dépassement de ce peuple que du savoir-faire de ses marchands et soldats.Qui plus est, quand ils se mettent à relater leurs périgrinations, ces gens-là le font avec un art de la distanciation à faire rougir Bertold Brecht lui-même, avec un humour, une désinvolture et une culture qui frisent l’indécence.J’ai parlé, en cette chronique voici quelques mois, du très particulier ouvrage d’Eric Newby, A Short Walk in the llundu Kuch, paru dans sa version française chez Arthaud en 1989 sous le titre A'Un petit tour dans l'Ilindou Kouch, région absolument sauvage, montagneuse et perdue de l'Afghanistan.Très tongue-in-the-eheek.Tout à fait extraordinaire, courageux, délirant.Et humain.Je veux vous parler, cette fois-ci, de Patrick Leigh Fermor, plus excentrique encore.car cela est possible.Voyez : né en 1915, il a traversé le Bosphore à la nage à plus de 70 ans, quitté père, mère et terre natale à 18 ans pour parcourir l’Europe à pied en tous sens, trouvé une seconde patrie en Grèce où il est devenu berger, ardent résistant contre l’envahisseur allemand et gloire nationale, parti en errance à nouveau, écrit des livres et appris des tas de langues comme tout un chacun apprend à faire son marché.C’est aussi un homme patient.Courrier des Andes, sous-titré Chronique nostalgique du pays inca, qui vient de paraître chez Phébus est la traduction de Three letters from the Andes, récit publié à Londres en 1991 qui rappelle un voyage fait exactement 20 ans plus tôt, en 1971.Sur la jaquette, l’éditeur a cité un extrait du limes : « Leigh Fermor révèle ici, à la moindre rencontre, un don d’étonnement, une prédisposition au bonheur miraculeusement intacts.», en rajoutant : « Rarement un écrivain aura élevé à ce degré les vertus mêlées de l'enthousiasme et de la culture, avec cette légèreté, cette netteté de trait, ce sens inné des fuyants plaisirs de l’instant — si délicieusement contagieux ».Je vous en livre quelques phrases narrant l’arrivée à Cuzco : « Partout y resplendit la dorure, c’est bourré d’instruments de mortification et de reliques de martyrs, peuplé de Vierges vêtues de robes noires brodées au fil d’or et constellées à la Marie Stuart.Partout des épées transpercent des coeurs ensanglantés.Des Indiennes ôtent leur chapeau melon pour s’agenouiller, quasiment en extase, dans la scintillante pénombre.Partout ce n’est que sangrey oro.Au retour, nous nous affalons sur nos lits, frappés de Léthargie ».Ne croyez pas les mauvaises langues qui soutiennent que le récit de voyages est un genre facile.Ni que le métier de voyageur est de tout repos.À vrai dire, il faut dans les deux cas — car le premier ne va pas sans le second — de la témérité et de la prudence, de la volonté et de l’abandon.Il faut de l’endurance, un«,.très bonne capacité de récupérer, une forte constitution.Une bonne santé, quoi.Il faut surtout, comme,l{?soulignait avec justesse le Times, celte rare faculté qui est celle de l’émerveillement.Rare car elle ,„.j exige l’humilité.Ne croyez pas ceux et celles qui se" disent blasés — ils en ont vu ' tellement !.— et qui racontent > leurs voyages : ils vous content : .•> plutôt des histoires.Ne croyez pas* * ceux et celles qui se disent difficiles, toujours prêts à critiquer (dans le sens de rabaisser) tout et n’importe quoi : le plus beau voyage est toujours celui qui vient.À voyager, on apprend très vite qu’ailleurs les ; gens vivent différemment de soi, ! aussi bien sinon mieux.T | En fait, le récit de voyages n’obéit qu’à un seul impératif, celui de !/!3 l'enthousiasme.< * : -r>- it 13 TOURISME/excursion C’est dans le mois de mai.Normand Cazelais LE MOIS de mai au Québec est éblouissant.Mais il passe trop vite : voyez, déjà, il achève.Il est éblouissant.De couleurs et de vie.À lui seul, il porte le printemps — notre printemps — en accéléré.Voici à peine quelques semaines, c’était encore l’hiver qui traînait : dans les montagnes, les lacs n’avaient pas « calé » ; dans les bois et les versants exposés au nord, des plaques de neige persistaient.Pour tout dire, le fond de l’air restait frais : il ne fallait surtout pas s’y fier.Mai est arrivé.Et les couleurs sont revenues.Fini, le gris sale d’avril.Avec les bourgeons et les feuilles en éclosion, ce fut une marée de vert tendre et clair.D’un vert neuf, qui ne passe qu’une fois par année.D’un vert éblouissant.Qui nous fait croire à l’été.Et il y a eu les fleurs, perce-neige et scilles, à la fois fortes et éphémères, aux couleurs si fraîches.Il y eu les jacinthes au parfum capiteux, les iris d’argentine et les iris versieolo-res.Et, bien sûr, toutes les tulipes, merveilleuses tulipes.Dans la région de Montréal, achève déjà cette saison des blancs de toute texture, des roses poudreux ou cendrés, des mauves vifs ou sombres, cette saison des pommiers, pruniers, poiriers, pommetiers japonais et arbres fruitiers qui font la fête.WS La jacinthe : un plaisir pour l’oeil et le nez.Achève aussi le temps des lilas.Des lilas qu’on regarde exploser, qu’on admire, qu’on sent, qu’on coupe et transforme en bouquets de senteurs et de couleurs.Éblouissant mois de mai.Ailleurs au Québec, à mesure qu’on gagne vers les montagnes, vers Québec et l’aval du grand fleuve, mai se poursuivra encore pendant quelques semaines.Juin viendra mais l’esprit et le climat de mai resteront : avec plusieurs jours de décalage, les pommiers, les lilas et les arbres fleuriront.Moi qui suis Montréalais de toujours, j’aime alors prendre la route vers tous ces lieux du Québec pour recommencer un autre printemps, revivre ce frisson, prolonger mai et ses éblouissements.Les plus grands et les plus beaux voyages sont souvent au pas de notre porte.Partout dans le monde, le printemps est une saison fascinante, parce que reprise de la vie.Ici au Québec, dans les multiples Québec climatiques qui composent ce Québec géographique, le printemps de mai est si instantané et puissant qu’il se vit, oui, je le dis, dans un éblouissement.Un éblouissement qu’on voudrait voir durer, durer, durer.C’est une saison généreuse; elle lè- gue des trésors qui prennent la forme et l’apparence de petits riens et de choses anodines.De fragilités quotidiennes qui construisent la continuité du temps.Comme les fleurs.Au Québec, en mai et quand celui-ci se poursuit en juin, il y a autant de guides de voyages que d’humeurs de voyageurs.Quant à moi, je garde à portée de la main Les plantes sauvages printanières, livre excellent et précieux que le groupe Fleurbec publia voici une quinzaine d’annees chez l’Éditeur officiel du Québec.À ce jour, je n’ai pas encore trouvé mieux pour guider mes randonnées de printemps.Et bientôt, viendront à floraison la benoîte des ruisseaux, la smilacine étoilée, la salsepareille, le hart rouge, le sceau-de-salomon, le thé du labrador.Ah ! douceur d’être en vie.Lisez, pour conclure, cet extrait sur la tiarelle qui pousse dans les endroits frais des érablières et des forêts mixtes ; « Diminutif de tiara, tiare, faisant allusion à la forme du pistil et du fruit, à feuille en forme de coeur; plante vivace (jusqu’à 30 cm de hauteur) dont les feuilles sont semblables à celles de l’érable mais à lobes moins profonds, rassemblées à la base de la plante et garnies de longs poils dispersés; les Heurs, blanches (de 6 mm de diamètre), forment une grappe au sommet d’une longue tige poilue ».Il ne reste plus qu’à partir à la chasse aux papillons.EN BREF.“T iii = • i) 1 V I * » Réserver à Washington CAPITOL Reservations permet de réserver des chambres dans quelque 70 établissements du centre-ville de la capitale américaine et dans les banlieues du Maryland et de la Virginie.On peut obtenir, en tout temps, des rabais de 20,J à 40 $ US en des hôtels à proximité du Smithsonian Institute et de la Maison- ; ! Blanche.Brochure disponible.Renseignements : Capitol Reservations, 1730, Rhode Island Ave NW, Washington, DC 20038,1-80-VISIT-DC.Guide de l’Allemagne L’OFFICIEL national allemand du tourisme vient de publier l’édition 1992 de L’Allemagne — Comme elle vous plaira, brochure sur les 16 provinces fédérales allemandes.Illustrée de 135 photos en couleurs et d’une carte du pays, elle comporte un résumé historique et une section d’informations pratiques sur les voyages en train, en autocar ou en voiture, la façon de réserver des chambres, les heures d’ouverture des magasins, les séjours offerts, etc.Renseignements : Office du tourisme allemand, 175, Bloor St.East, Bureau 604, Toronto, M4W 3R8, (416) 968-1570.Classification des campings au Québec i LE MINISTÈRE du Tourisme du Québec et l’Association des terrains de camping du Québec ont récemment signé un protocole de collaboration pour ; classifier les campings du camping.Cette classification paraîtra dans le guide; Camping-Caravaning publié par Camping Québec et dans la plupart des guides touristiques des Associations touristiques régionales.Renseignements : Tourisme Québec, case postale 20 000, Québec, G1K 7X2, ; 1-800-363-7777 ou 973-2015 (à Montréal)., | Gites du Passant LES GlTES du Passant constituent le plus important réseau de Bed and Breakfast autorisé au Québec.Le nouveau guide Gites du Passant au Québec ! recense tous les établissements (gîtes urbains, gîtes à la ferme et maisons àe ! campagne) qui respectent les standards de qualité exigés par la Fédération | des Agricotours du Québec et le ministère du Tourisme du Québec.Gites du ! Passant au Québec, édité et distribué par la maison Ulysse, se vent 7,95 $.À LA DÉCOUVERTE DU QUEBEC Relais du Silence MONTEREGIE AUBERGE DES GALLANT (fligaud): tuaire d'oiseaux et de cheveuils, profilez de notre forfait Romantique: Chambre luxueuse avec foyer, balcon, souper dégustation et petit déjeuner 92$ par jour/par pers./occ.double.Salle d'exercice, sauna, ski de fond sur les lieux et ski alpin à 5 KM.Brunch du dimanche 15,95$, certificats cadeaux disponibles.Situé à 45 minutes de Mtl et 1 h d'Ottawa.Rés : 451-4961 (Mtl) (514) 459-4241 CHARLEVOIX AIIDCDPC nce OADI nue Située au coeur de la région, "l'une des plus coquet-nUDCnUC Uto OnDLlHIO tes auberges de Charlevoix" (François Trépamer.Auberges et Relais de Campagne) Auberge calme et discrète, ses 14 chambres vous offrent un contort douillet et vous y dégusterez une cuisine délectable Toutes les activités de Charlevoix sont à votre portée Jusqu'au 10 juillet, tarif basse saison Nombreux forfaits A partir de 67,50$/|r/pers occ dble (PAM) — CERTIFICAT CADEAU pour toutes occasions RÉSERVATIONS: (418) 452-3594.CHARLEVOIX AUBERGE PETITE MADELEINE détour pour retrouver le temps qui prend son temps Mais c'est aussi s'arrêter en soi-même.Retourner à soi.C’est s'offrir ce lieu où pour un instant, tout recommence L'auberge Petite-Madeleine domine tout Port-au-Persil et vous invite à venir en contempler les beautés 47,95 S/pers., occ dble comprenant souper, dodo, petit déjeuner 400 Rte le Port-au-Persil, St-Siméon GOT 1X0 418 638 2460' üuberqe i_, la FORFAITS: Prix exceptionnel en semaine et fin de semaine â partir de 65 $ p.p.(PAM) par jour, occ dbl 30 chambres toutes catégories Salles à manger réputée, 4 fleurs de lys et 4 fourchettes Piscine intérieure, saunas, bain tourbillons Boite à chanson Centre de santé-beauté Boutique d'art Au coeur du Baie St-Paul artistique, 23, rue Saint-Jean-Baptiste, Baie Saint-Paul, (418) 435-2255.$ p- Une des auberges les plus prestigieuses de Charlevoix, à l'enseigne du romantisme et de la détente Vue spectaculaire sur le fleuve Lauréat national du prix québécois de la gastronomie Grand prix du tourisme 1991 Chambres coquettes et confortables, la majorité munies de bain tourbillon, salon, foyer, balcon privé.Forfait PAM à compter de 93,00 $ par pers , occ.double.Informez-vous sur nos forfaits golf, noces, excursions aux baleines.Hautes Gorges, Fjord du Saguenay 1-418-665-3731 AUBERGE LES SOURCES +++ TUT Vous travaillez dans un milieu qui demande constamment de performer.Fatigue, stress, anxiété et un désir intense de faire le vide à l'intérieur de soi Un séjour à l’auberge est une solution peu dispendieuse! 8 rue des Pins, C.P.458, Polnle-au-Plc - (418) 665-6952 Forfait de mal A juin 72,50$/ pers/occ double Induant déjeuners, soupers, taxes 1 sendees ILE D’ORLEANS Auberge Cljamnonot JUr ûOrlr.intf Au bord du majestueux fleuve.Une magnifique Auberge « 4 Fleurs de lys » où vous trouverez des chambres et une salle à manger «Cuisine régionale, grillade et fruit de mer».Forfaits disponibles.Un site unique situé à St-François de l'Ilc d'Orléans.Pour information ou réservation (418) 829-2735 OFFREZ-VOUS UN SÉJOUR CHEZ LA FAMILLE DUFOUR MONT SAINTE-ANNE IlÔTri 1/41 (ICO ilCIPCCi Centre de villégiature et de congrès situé au nul lL VHL-UlüMiUULO.pied du Mont Sainte-Anne.1 10 chambres de luxe, cuisine réputée, piscine intérieure panoramique, sauna, bain tourbillon, salle d’exercices, salles de réunion (12).Demandez nos avontogeux forfaits: «Évasion à la montagne», «Coeur à coeur», «Golf», «Douces vacances», «Réunion d’affaires», etc.Tarifs et forfaits spéciaux pour groupes.Tél.: (41 8) 827-5711.Fax (418) 827-5997.Sans frais: 1-800-463-5250.Hôte: 1-800-361-6162.BAIE SAINT-PAUL AIIDCDPC I A Dinunonunc.Auberge à flonc de montagne avec une vue mJDLntlL LM llUllUnUllUCi magnifique sur le Saint-Laurent.À 10 min.du Massif de la petite rivière St-François.27 chambres tout confort, fine cuisine, salle de réunions ef de jeux, piscine inférieure panoramique, bar-détente, ambiance chaleureuse.Demandez nos forfaits: «Évasion vers l'Art», «Coeur à coeur», «Douces vacances», «Réunion d'affaires», efc.Tarifs ef forfaits spéciaux pour groupes.Tél.: (418) 435-5505.Fax (418) 435-2779.Sans frais 1 -800-463-5250.Hôte: 1 -800-361 -6162.ÎLE-AUX-COUDRES HOTEL CAP-AUX-PIERRES: Dans une ambiance familiale, 46 chambres intérieure, billard, ping-pong, tournois sportifs, soirées animées, ambiance familiale.Demandez nos forfaits: «Randonnée en traîneau à chiens», «Évasion dans 111e», «Coeur à coeur», «Val-des-Neiges/Cap-Aux-Pierres», «Douces Vacances», etc.Tél.: (418) 438-2711.Fax (418) 438-2127.Sans frais 1-800-463-5250.Hôte: 1-800-361-6162.TADOUSSAC HÔTELTADOUSSAC: Grand manoir traditionnel entièrement rénové avec sa vue imprenable sur la baie de Tadoussac, le St-Laurent et le Saguenay, 149 chambres tout contort, cuisine réputée, piscine, tennis, marelle, golf, mini putt, croisières à bord du luxueux Famille Dufour et de la fameuse goélette Marie Clarisse, etc Demandez nos forfaits: «50 ans, ça s'fête», «Coeur à Coeur», «Golf», «Découverte du Fjord du Saguenay», «Safari Visuel aux baleines», «Évasion au coeur des Rives», «Douces Vacances», «Réunions d'Aftaires», etc.Tarifs et tortaits spéciaux pour groupes Tel : (418) 235-4421 ou sans trais 1-800-463-5250 Fax: (418) 235-4607 Ouverture en mai QUEBEC LE MANOIR DU LAC DELAGE: Situé à 20 minutes au nord de Québec, au pied des Laurentides.Chambres spacieuses et suites Piscine intérieure, sauna, bains tourbillons, minigolf.LES SAMEDIS HOMARDS à compter du 2 mai Incluant chambre, homard à volonté le samedi soir et accès aux activités sportives: 58,95$ p p occ.double FORFAIT ÉTÉ incluant chambre, repas du soir, petit déjeuner et accès aux activités sportives à partir de 79$ p p.occ double Aussi disponible: FORFAIT GOLF — FORFAIT THÉÂTRE.Réservation 1 -800-463-2841 ou (418) 848-2551.RELAIS & CHATEAUX LA FINE FLEUR DES MAITRES HÔTELIERS CHARLEVOIX / CAP À L'AIGLE I A DlUCnUIJlCDC Sous un même toit Un relais de campagne au con-LM rIlluUnIlICnC.fort incomparable, un grand restaurant et une cave exceptionnelle 27 chambres joliment décorées dont certaines avec grande baignoire à remous, loyer ou lit à baldaquin.Piscine intérieure, sauna, tennis, plage sauvage et centre équestre classique Deux magnifiques parcours de golf à proximité.Forfaits.La Pinsonnière, un nid douillet entre les montagnes et le Saint-Laurent.(418) 665-4431 Télécopieur (418) 665-7156.LAURENTIDES HÔTEL-RESTAURANT L’EAU À LA BOUCHE:s,e Adèle 11 Une expérience gastronomique à découvrir.Hôtel 5 fleurs de lys, 4 diamants CAA.Fortait Théâtre: Les dix Petits Nègres d’Agatha Christie: 1 nuit chambre-salon, petits déjeuners, billets pour le théâtre, 75$ plus taxes par personne, occ.double.Aussi disponibles: Fortait Gastronomique, Forfait Parasol, Forfait Voyages de noces et Forfait Anniversaire de mariage Tél sans trais Mtl 514-227-1416 ou 514-229-2991.MONTÉRÉGIE / SAINT-MARC-SUR-RICHELIEU HÔTELLERIE LES TROIS TILLEULS: Une hôstellerie paisible et confortable, dans une demeure d'un autre âge, sur le bord de la rivière Richelieu et ou le personnel n'a qu'un seul désir: satisfaire Lauréat national «Mérite de la Restauration» Nous avons différents forfaits à vous proposer.584-2231.’ ' ESTRIE / NORTH HATLEY AUBERGE HATLEY: Plein air et gastronomie dans le contort et le» ‘ caractère d'une grande demeure ancienne.Un relais pour les gourmets-gourmands, classé 4 fourchettes et «commandeur du Mérite de la Restauration du Québec.» Visitez notre prestigieuse cave à vin.25 chambres tout confort, meublées et décorées à l'ancienne, certaines avec foyer, bain tourbillon, balcon, vue sur le superbe lac Massawippi.Randonnée à cheval Forlaits-weekend à partir de 100$ p.p.occ.dble/)our, incl.souper, petit dé], et service.Autres forfaits disponibles: 5 jours PLEIN AIR & DÉCOUVERTES: 105$ p.p.occ.dble, ÉQUITATION A GASTRONOMIE et GOLF A GASTRONOMIE.Pour une expérience mémorable, venez vous taire gâter à l'AUBERGE HATLEY.Tél.: (819) 842-2451.Fax: (819) 842-2907.MONT SAINTE-AN NE Auberge La C-amarine s; À 3 km du Mont-Ste-Anne une sympathique auberge 4 fleurs de lys reconnue pour la qualité de soit service, 31 chambres grand contort.Accueil chaleureux et attentionné.Table 4 diamants CAA, gagnant régional Grand Prix Québécois de la Gastronomie, cave à vin exceptionnelle.Forfait Romance à partir de 89,50$ par pers , occ double incluant: le souper, la nuit, le grand déjeuner, les pourboires Aussi disponibles forfait golf, affaires.Réservation (418) 827-5703.Frais virés.Pour informations publicitaires contactez: NATHALIE THABET 1-800-363-0305 — (514) 842-9645 B-6 ¦ Le Devoir, jeudi 28 mai 1992 ARTS VISUELS Les graffiti de Zïlon ou l’art de la bombe r yé Zïlon Chez Yves Leroux Art Contemporain 5505, boulevard Saint-Laurent, Suite 4120 Jusqu'au 30 mai 1992 Reproduction interdite Centre Copie-Art 813, rue Ontario est Jusqu'au 6 juin 1992 Marie-Michèle Cron J’AVOUE y être allée à reculons.L’ârt du graffiti épuise son discours sur les façades de la ville, métaphore urbaine qui se délabre et se détruit à la vitesse de l’éclair comme ces édifices désaffectés qu’elle travestit rageusement.Et pourtant, le graffiti qui tient compte de l’illustration, du graphisme, de la bande dessinée, de la culture populaire bruyante et vivante, circulant dans les tendances figuratives et expressionnistes du bassin citadin d’ou il a émergé, est rentré au musée sous la houlette d’un Kqith Haring fébrile et aventureux, d’un Jean-Michel Basquiat métissé et autodidacte qui tel les taggers ne-wyorkais, bombardait ses toiles comme les rames d’un métro fugitif, d’un geste rapide et nocturne.Le grand Gordon Matta-Clark ne fût-il pas le premier à reconnaître ces bas-reliefs colorés comme une tradition orale prête à se transmet- tre de traces incisives en messages politiques, un réseau parallèle et « underground » exclu du système du marché de l’art ?Paris a Speedy Graffito.Montréal à Zïlon dont la production est marquée du sceau de ses visages aux yeux de chat, sortes de mutants à cheval entre deux siècles.On aime ou on aime pas ces peaux veloutés au sourire factice et démoniaque éclairées par les flux chromatiques de la bombe aérosol.On aime ou on aime pas cet art mineur illusoire et éphémère qui dénonce la société de consommation dans lequel il s’insère.Et pourtant, en jumelant peinture fluo et acrylique, silhouettes fantomatiques et symboles allusifs dans des toiles accrochées aux cimaises de la galerie itinérante Yves Leroux Art Contemporain, Zï-lon surprend le spectateur par la tendresse et la vulnérabilité qui se dégagent de fonds saturés par des couleurs blêmes et vives ou les signes s’opposent, s’effacent, s’abîment et agonisent dans une marée rouge sang où flottent un crâne et un pénis, le SIDA terrassant cette figure allongée, brisée par une aile disposée comme une vignette hyper-réaliste qui rappelle le collage, veillée par un chérubin courroucé.Les amitiés particulières oue l’artiste met en scène dans une série de petits tableaux, accumulent des images névrotiques et récurrentes qui racontent les rela- tions d’un soir, à la tombée de la nuit, lorsque les hommes partent à la chasse de l’autre dans les night-clubs bondés d’âmes esseulées.Des mots s’entrechoquent provoquant l’ur- gence du désir dans des poses érotiques et sexuelles.Un couple s’enlace dans la sinuosité d'une ligne qui frissonne sur un vide et un bouquet de rose peint comme un dossard épinglé sur la peau imprègne l’atmosphère lourde de silence, de cette étreinte passionnelle qui refuse de mourir d’amour.En alliant le graffiti et la peinture, Zïlon a découvert un nouveau filon qui devrait le conduire à une démarche plus rigoureuse et plus poétique.Je l’y encourage fortement.Interventions dans l’institution Artistes nomades, Alain Mongeau et Claude Robert le sont.Ils sont aussi les premiers à avoir exposé sur le nouveau site du Musée d’art contemporain de Montréal alors en chantier où l’on a photographié l’autre, devenant alors par le fait même, le support visuel d’un projet amorcé le 6 mai 1990.Un projet qui jette un regard critique et humoristique sur la politique établie par le système institutionnel, par exemple difficulté de photographier les musées comme objets.En intervenant dans ces hauts lieux de la culture, le MOMA à New York et les musées de Baltimore, Washington, Ottawa et Boston, les deux comparses se sont (représentés devant des oeuvres qui les ont marquées au cours de leurs déambulations iconoclastes.Le document et les oeuvres qui relèvent entre autres de la peinture, du collage et du photomontage exposés au centre Copie-art sont les « témoins » insolites AVIS PUBLICS iiîj illi il de cette performance qui vient tes-o !j ter la réaction des gardiens et des^ I; visiteurs, tout en désamorçant les in-,J jj terdits de la reproduction.Cette technique marginale qui at-j ;j taque l’aura de l’oeuvre d'art renvoiç ; ; ; aux textes de Walter Benjamin, plusç ;; particulièrement à celui concernant « l’oeuvre d'art à l’ère de sa reproductibilité technique» sur lequel.Alain Mongeau qui complète une-maîtrise en arts visuels, s’est penché.Si les objets exposés ici ne sont pasç bien mis en valeur dans leur espacqj de présentation et souffrent d’un problème d’accrochage — les photos au» ' raient gagné à être plus monumen- ^ laies, les tableaux alors isolés sur un ; mur blanc auraient créé plus d’imf pact — il faut reconnaître la démarj -che modeste et pertinente de cetr deux artistes multidisciplinaires quj ; questionnent la mise en scène dij: vrai et du faux dans un processus mécanique à la fois riche et com-, plexe.;; DONNEZ DÈS AUJOURD'HUI! 3?AUGMENTEZ VOS CHANCES DE LUTTER CONTRE L'ENNEMI NUMÉR01
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