Le devoir, 14 mars 1992, Cahier D
• le plaisir des ivres Pign> n Venez rencontrer Agnès Grossman, Guy Corneau et Pierre Dansereau COMME UN CRI DU COEUR dim., 15 mars, de 14h à 15h 4380 St-Denis, Mtl H2J 2L1 844-2587 Le Devoir, samedi 14 mars 1992 ! WILLIAM GOLDING L’écrivain du large LA CUIRASSE DE FEU William (lolding Gallimard, 302 pages.Serge Truffaut DE LA MER, les Britanniques auront fait un genre littéraire.Un genre à part; une esthé-lique singulière.Les caravelles et les frégates, le mât de misaine et le mât d’artimon, le sextant, le carré d'officier et la coursive des passagers, le Cap Horn et le détroit de Cook, les docks de Liverpool, la course du thé entre Singapour et Londres, auront été les matériaux, les points de chute comme les points limites de la littérature anglaise.Aies écrivains, parmi les plus grands dans l’histoire de l’humanité, auront été davantage durs capitaines et ^pauvres matelots que notaires vi-celards ou vicomtes transis.Au moment où Stendhal fait dire à Julien Sorel < « je suis petit, madame, mais je ne suis pas bas», Samuel Coleridge, Samuel Taylor Coleridge remarque : « Je regardai la mer en pourriture, et j’en détournai les yeux ; je regardai le pont en pourri-i ure, et dessus gisaient les morts ».Voilà.Le mot est lâché.La mer est le royaume de la mort littéraire bien plus que les petites morts freudiennes qui font rêver la duchesse de Langeais et madame Bovary.Et puisque la réalité, dit-on, n’est qu'une fiction aux contours funestes, parlons de la mer, parlons de la mort, parlons de ses écrivains et, surtout, de.l'un d’entre eux.Il y, eut Fielding, puis ce fût Falk-noret son Moon fleet, Scott et son Lord des Iles, Stevenson et Dans les mers du sud, Sir John Barrow, le signataire de la meilleure transcrip-I ion écrite de la célèbre histoire concernant le Bounty, Masefield et La course du thé.Puis il y eut le plus perspicace, le plus profond d’entre eux.Il y eut ce polonais qui détestait la mer et qui écrivit en anglais les chiéls-d’oeuvre du genre, c’est dire si la'mer est anglaise.Il s’agit de Joseph'Conrad, l’orfèvre du Typhon, le philosophe de lui ligne d'ombre.'Api’ès Conrad, il y eut un para-d(We’.’Un paradoxe que l’on connaît plÜS’ou moins.Autrement dit, que l’on connaît mal.Un paradoxe qui a obtenu le prix Nobel en 1983, soit avant d’avoir écrit son chef-d’oeuvre.Lé’paradoxe en question est un paradoxe parce qu’il compose des ro-mà’ns'« maritimes » ayant le premier qdïirl du XIXe siècle comme unité de temps, sans sombrer dans l’inénarrable roman historique.Faut le faire.Il s’appelle William Golding.Il a plus que du talent, Golding, il a de la manière.À preuve, cette Cuirasse de feu, dernière station d’une trilogie maritime parue récemment chez Gallimard.Sa physionomie est toute aussi paradoxale que son trajet littéraire.Lui qui observe le fond de mer et la mince ligne d’horizon ressemble comme deux gouttes d’eau à Hubert Reeves, l’amateur des étoiles donc des hauteurs.Il est né le 19 septembre 1911 dans un petit village des Cornouailles du nom de St Columb Minor.Ses études supérieures, il les fera au Brasenose College, à Oxford.En 1935, il entame une carrière de professeur à la Bishop Wordsworth' School de Salisbury.En 1940, la guerre le force à s’enrôler.Il choisira la Royal Navy.En 1944, il participe au débarquement de Normandie.À l’âge où les autres écrivains ont généralement accompli le « gros » de leur oeuvre, Golding, le « prof » d’anglais, se lance dans la prose.Il plonge dans le roman.Ce sera une histoire où les acteurs, tous des enfants, sont les acteurs de la violence.Il s’agit bien évidemment de Sa majesté des mouches dont l’adaptation cinématographique de Peter Brook aidera énormément au succès.Heureusement ou malheureusement, c’est selon, Golding a horreur du succès.Le grand monde, comme on dit, il déteste ça.Le rapprochement paraîtra bizarre, mais Golding partage plus d’un point commun avec.Julien Gracq.Tous les deux sont « profs ».Tous les deux écrivent peu.Tous les deux sont des ermites.Ils ne sont pas nécessairement misanthropes, ils sont plutôt pessimistes.De Golding, il faut souligner, il faut remarquer, il faut rappeler qu’il a toujours été étranger, voire indifférent, aux tragédies « géo-socialo-politiques » des 40 dernières années.En ce sens, il est le contraire d’un de ses grands contemporains « british ».On pense évidemment à Graham Greene.Chez lui, Golding, il n’y a pas de rédemp-Uion.Jamais, à ce que l’on sache, il n’aura combattu pour ou contre Cuba, la « miouf », le gaullisme, la pilule ou la messe en latin.Il n’est pas « moral ».Ce qui ne veut pas dire qu’il ait été amoral.Golding est peut-être à l’image de Edmund Talbot, le personnage principal de sa trilogie / 'ZèZS.) y ; \ ï M maritime, soit un éternel étonné qui est ainsi parce qu’il déplore la pénurie d’imagination de notre monde, donc des hommes comme des femmes qui l’habitent.A ce propos, on se souviendra, grâce à Michel Le Bris, de cette magnifique observation de Jacques Darras pour tout ce qui a trait aux liens entre la mer et la littérature.La voici : « déserter la mer ce n’est pas seulement manquer d’imagination : c’est manquer l’imagination ».Le premier bouquin de cette trilogie s’intitule Rites de passage.Le deuxième ?Coup de semonce.Au journaliste du quotidien Le Monde, qui tout récemment l’a interrogé afin de savoir si dès le départ Golding savait qu’il composerait une trilogie, ce dernier fit remarquer ; « Quand je l’ai terminé et publié ( Rites de passage), je me suis soudain aperçu que j’avais laissé le bateau et l’équipage au milieu de la mer, que je ne pouvais les abandonner, qu’il fallait qu’ils touchent terre ».Ça y est, c’est fait.Quoi donc ?Ben, toucher terre.Où cela ?À Syd-Voir page D-4 : Golding Lire ou ne pas lire Lisette ÆORIN A Le feuilleton COMME UN ROMAN Daniel l’ennac Gallimard, 1992, 175 p.LÂjDÉDICACE du dernier livre de Daniel l’ennac — il ne fait jamais rien coin inc les autres — s’inscrit aqx;2 jours par ann^'c' -H 1120.ave.laurier ouest outremont, montréal tél.: 274-3669 Sauvegarder le meilleur .(Lettre adressée à Odile Tremblay au sujet de son article sur Alain Grandbois, paru samedi dernier.) Le 9 mars 1992 Dans LE DEVOIR du samedi, 7 mars dernier, à la première page du cahier Le plaisir des livres, j’ai parcouru votre article sur Alain Grand-bois.Permettez-moi d’en commenter brièvement un certain passage qui m’a grandement déplu.Après avoir évoqué la noirceur-profonde de son temps, qui est, bien sûr, celui où l’Église du Québec exerçait encore une influence — il fallait bien le redire, l’expression est à la mode —, vous laissez échapper une phrase qui manifeste une grande désinvolture ou simplement la connaissance superficielle que vous avez de l’histoire : « Ce fils de famille né avec le siècle, à Saint-Casimir-de-Portneuf, eut la chance, dans un Québec écrasé sous la botte du clergé, de recevoir une éducation libérale.» Comment, en toute objectivité et COURRIER sans préjugé, écrire une chose pareille avec tout ce qu’évoque de haine et d’oppression une telle expression : « un Québec écrasé sous la botte du clergé.» Avez-vous bien pesé vos mots ?Vous rendez-vous compte de ce qu’ils peuvent signifier ?Interrogez ceux qui se sont échappés des camps de concentration nazis, ceux qui ont fait la dure expérience de régimes totalitaires dans certains pays de l’Est.Allez les rencontrer et leur demander ce que signifie une telle expression.Eux, ils ont connu l’oppression et le manque de liberté.Peut-être alors serez-vous capable de faire quelques nuances en parlant du clergé du Québec et de situer dans l’histoire la part que l’Église a prise à un moment déterminant où elle était le seule à ouvrir quelques lieux d’enseignement et de culture, dans un univers anglophone et protestant qui était prêt à assimiler tout un peuple.Heureusement qu’elle fut présente pour offrir à Alain Grandbois et à tous ceux qui, comme lui, avaient la chance de sortir de leur village pour entrer au collège ou à l’université, des institutions fondées par des prê- tres ou des communautés religieuses, remises dans les mains dçs laïcs en temps opportun.Quand donc comprendrons-nous, avec un peu de.recul, que l’Église a fait ce qu’elle ppu-vait faire à l’époque.Elle aussi, elle était de son temps et, avec ses.grandeurs et ses pauvretés, elle a exercé une influence et une autorité'dü’çlle croyait positives, en cherchant a sauvegarder ce (iue nous avions dé meilleur.Faut-il alors lui reprocher de s’être incarnée avec tout ce que suppose un tel engagement ?Je vous dirai aussi que l’Égjise, par son clergé, a aidé et soutenu un journal comme le DEVOIR qui,qvec ses difficultés financières përiÂli ques, a risqué plus d’une fois ‘de disparaître.Une Église totalitaire fct « plongée dans les ténèbres » aurait-elle promu un journal d’informatiohs et d’opinions qui mérite encore notre respect, en dépit d’affirmations aussi désinvoltes, dépourvues de toùt sens critique, qu’on y relève encore malheureusement.Puissiez-vous coo pérer par votre plume, chère madame, à les bannir à jamais.; Jude Saint Antoine, .évêque auxiliaire à Montréal A*ns 1 a La vie u* * û NOUVEAUTÉS VLB Yves Navarre LA VIE DANS L’ÂME Voici réunis les 52 «Carnets» qu’Yves Navarre a livrés, semaine après semaine, dans Le Devoir du samedi.On y découvre un Yves Navarre férocement épris de justice, un écrivain passionné qui s’est rapidement acclimaté au Québec culturel et politique.284 pages — 18,95$ MjrsuUj, Claude-V.Marsolais LE RÉFÉRENDUM CONFISQUÉ Cette histoire du référendum du 20 mai 1980 se veut un ouvrage provocant.L’auteur met ici en évidence les bons et les mauvais coups des principaux acteurs en présence qui s’affrontaient cette année-là.À lire pour la mémoire, mais aussi pour y faire des découvertes étonnantes.268 pages — 18,95$ skH Vlb éditeur DELA grande littérature '•I IM0 Le Devoir, samedi 14 mars 1992 ¦ D-3 • leplaisirdes ivres \ PHOTO JACQUES GRENIER Hélène Rioux HÉLÈNE RIOUX le secret d’Éléonore 11 Dans 4 Odile Tremblay -*- ()N LUI connaissait une écriture sensuelle, très pure aussi, presque ficponaise, en quête d’esthétisme, belle des Miroirs d'Êléonore, son précèdent roman qui explorait les facéties et les mystères d'une même femme fuyante, errante et blessée.Mais sa prose comme sa poésie montraient depuis toujours des couleurs sombres et désespérées.Hélène Rioux nous étonne aujourd’hui en retirant le masque noir qui lui collait au visage.Le roman publié chez Québec/Amérique, Chambre avec baignoire, interroge une fois encore la mort, l’amour, mais sur le mode gai, et parfois carrément hilarant.Kilo est une fan de Proust, de Cocteau et de .lim Morrison.Leurs pho-tpsld’ailleurs trônent sur son miroir.( )u découvre beaucoup de quelqu’un .en pénétrant son décor.Rue Cham-pagneur, Hélène Rioux vit entourée c(e ses livres, à travers une bibliothè-,que immense, multiforme et disparate où Bazin côtoie Durrel et Alexandre Dumas, une vie de la Callas (elle adore l’opéra), un roman de Julie Stanton.Dans un coin : une vieille (Inderwood, au milieu du salon le iano.Passant parmi les livres, omme le rêve d’Apollinaire, une chatte nommée Tortue qui inspira la féline de son dernier livre.J A l’origine de Chambre avec baignoire, il y a des problèmes de plomberie triviaux et irritants : la sauce ;tomate aux poivrons de la voisine du tjossus qui remonte dans la tuyauterie pour venir rougir avec bulles et , hoquets l’eau de sa baignoire.Hélène ' 'Rioux a vécu ce traumatisme dans soit propre appariement.Le roman S'ouvre donc sur celte scène ineffable qui l’a à jamais marquée.On verra Êléonore quitter son bel amant trop propre et trop rangé pour se jeter dans l’inconnu d’une chambre sordide où luit la liberté.On verra aussi s’ouvrir la faille secrète qui brûle sa vie, une histoire de maternité avortée, non vécue, non évacuée.« J’ai deux enfants, déclare Hélène Rioux.Pour moi, la pire douleur imaginable serait d’en perdre un.Alors j’ai mis ici en scène cette horreur.A travers tous mes livres, l’héroïne est blessée, mais survit à sa blessure.Cette fois, l’humour sera sa planche de salut ».« Mon sujet m’a tellement prise que je n’ai pas pu m’arrêter.Ce qui devait être une nouvelle s’est développé.Tout s’est bousculé pour moi qui écris habituellement avec grande lenteur au rythme d’un paragraphe par jour.Tout à coup, je pouvais composer jusqu’à 20 pages quotidiennement.L’histoire me devançait.Je l’ai écrite dans un état second, passant du rire aux larmes ».Chambre avec baignoire puise à ce traitement un rythme vertigineux, des dialogues vivants, des éclats, des audaces, un style moins impressionniste, plus concentré que dans ses oeuvres précédentes, moins parfait aussi.Flottant à travers l’univers littéraire d’Hélène Rioux, ce personnage d'Êléonore, femme éternellement blessée, secrète, fermée.L’héroïne est un reflet de l’auteur, « mais aussi une créature dans une éternelle trentaine, toujours à un carrefour, avec un côté romantique qu’elle refuse et une dérision qu’elle brandit comme une arme, essentiellement lucide, un personnage en quête d’elle-même et de l’amour».Les femmes se reconnaissent beaucoup dans l’oeuvre d'Hélène Rioux.Klles lui écrivent, lui répondent.« Je ne me souviens pas d'avoir entretenu d’autres désirs dans la vie que celui d’être écrivain, dit-elle.À 43 ans, je suis de la génération des collèges de filles, avec des religieuses qui nous interdisaient de parler.L’écriture fut longtemps mon seul exutoire.À huit ans j’écrivais des poèmes, à 14 mon premier roman (jamais publié), puis, encore des poèmes, des nouvelles.La nouvelle est pour moi une façon de composer de la poésie en prose ».Kn 1986, son recueil L'Homme de Hong Kong la fit découvrir du milieu littéraire.L’an dernier, son roman Les Miroirs d’Êléonore fut finaliste au prix du Gouverneur général.Hélène Rioux a étudié le russe à l’Université de Montréal, puis après avoir tâté de trente-six petits métiers, elle s’est lançé dans la traduction.Depuis plusieurs années, c’est elle qui traduit la série Anne et ses pignons verts de Lucy Maud Montgomery, plongeant dans un univers où les bons sentiments côtoient la cocasserie.Hélène goûte l'humour de la romancière canadienne anglaise.Dans son monde si différent du sien, elle a découvert, dit-elle, les arcanes de récriture comique, appris à maîtriser cette technique.C’est pourquoi aujourd’hui, Chambre avec baignoire nous fait rigoler.« Mes amis me disaient : t’es drôle dans la vie, comment ça se fait que tes livres sont si noirs ?On dirait que la littérature venait chercher jusqu’ici une partie de moi qui ne savait pas rire ».Cela dit, ses prochains récits feront un retour vers le mode sombre.Hélène est en train de terminer un recueil de nouvelles (dans lequel le personnage d’Éléonore refera une apparition).« Car j’ai de la suite dans les idées», précise Hélène.Ça s’appellera Silhouettes et rendez-vous et à travers 12 portraits et en autant d’âges de la vie, ces récits aborderont le thème des femmes face à la mort.Son roman en cours, Traductrice de sentiments, jonglera avec les mêmes obsessions.« L’amour, la mort, la solitude, comment écrire sur d’autres sujets ?», se demande Hélène Rioux.¦ TRIPTYQUE ¦ CP.5670, SUCC.C MONTRÉAL (QUÉBKC) II2X 3N4 TÉL: (514) 524-5900 ou 525-5957 fartai! Antoine Sirois AJ| es POÈMES ET rimicnwc' Mythes et symboles DANS LA LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE 7) Phi m: .r-‘* LHANüUNü a jfft iPtï LE SUSPENSE nf TltptV*|Ur Marie Savard Antoine Sirois Poèmes et chansons de 1958 à 1981 98 p„ 14,95$ Le chant, pour moi, est le son de l’air sur la corde chaude du souffle.Le souffle est la seule » chose que je puisse contrôler, ' quand je chante.Encore là, ça • demeure toujours le souffle du poème.Mythes et symboles dans la littérature québécoise 156 p., 17,95$ Dans ce recueil de textes, André Sirois s’est plus à retracer les grands mythes et symboles gréco-romains et bibliques qui ont marqué notre civilisation occidentale.L’auteur montre comment Ringuet, Gabrielle Roy, Anne Hébert, Jacques Perron et d’autres romanciers ont transposé, adapté les récits anciens dans leurs propres récits et soulevé les questions qui, de tout temps, ont hanté l’humanité en quête de sens.Le suspense 200 p., 9,00$ Des textes de: Judith Messier, Hélène Rioux, Marc-André Paré, Josée Yvon, Danielle Roger Quand le bain est vide CHAMBRE AVEC BAIGNOIRE Hélène Rioux Québec/Amérique 1992, 288 pages Louis Cornellier PLACÉ devant le livre, le critique cherche toujours une phrase, un extrait du texte qui permettrait d’illustrer le projet de l’auteur sans le trahir.Dans Chambre avec baignoire, Hélène Rioux le formule, probable ment malgré elle, à la page 16 : « J’ai enlevé le bouchon, mais il ne s’est rien passé, ou presque, c'est-à-dire que le bain se vidait au millimètre cube ».Comme son livre.Kn effet, la lecture de Chambre avec baignoire consterne.Pendant presque 300 pages, la romancière, en panne d’inspiration, cabotine dans un style incertain (qui se raffermit parfois, le temps de certaines envolées mieux contrôlées que le reste) autour d’un thème d’une minceur déconcertante.Hélène Rioux ne stylise pas, elle caricature.Une paumée quitte l’homme avec qui elle partage sa vie depuis deux ans.La sécurité tranquille lui donne la nausée et son Philippe ne lui donne pas d’orgasme.Aussi, la solution s’impose : exit ! Peut-on faire un roman à partir d’un tel néant ?Chambre avec baignoire prouve que oui, mais démontre, du même coup, le laxisme éditorial qui gangrène le milieu littéraire québécois (puisque c’est de lui que l’on parle).À la rigueur, l'ineptie thématique peut parfois - mais au prix de quelles contorsions ?— être considérée comme secondaire.Là où le style bascule, ce qu’il colore devient souvent sans importance.Toutefois, chez Rioux, l’incessant recours à la figure magistrale de Marcel Proust pose, d’une certaine façon, problème.Sur ce point, la quatrième de couver- Chambre avec baignoire HÉLÈNE RIOUX r bi- ture se fait pontifiante : « Hélène Rioux passe superbement de l’imaginaire au réel, joue de toute la gamme du langage, construit des phrases vertigineuses émaillées d’éclats humoristiques, a des audaces qui surprennent, des pudeurs qui dérangent.» Il ne faut pas s’y laisser prendre.Les phrases n’ont de vertigineux que leurs longueurs et d’humoristique ((lie leurs jeux de mots ratés.On est loin de Marcel Proust (même détourné) quand la redondance et les calembours faciles tiennent lieu d'esthétique romanesque.Kn outre, l’utilisation excessive du « flashback » ne suffit pas, à elle seule, pour se rapprocher du célèbre auteur A'À la recherche du temps perdu.Cela dit, le ratage a d’autres causes.L’absence totale d'effet de surprise en est une.Les rebondissements annoncés tombent à plat.Le long voyage intérieur de l’héroïne la force à lever le voile sur des évé- m PAUL-, ; LIM LAI La première synthèse moderne de l’histoire de Montréal depuis 1867 Histoire de Montréal depuis la Confédération Paul-André Linteau 616 pages, illustré 29,95 $ Dans un style vif, s’appuyant sur une iconographie abondante et originale, Paul-André Linteau réussit à rendre compte de toutes les dimensions de l’évolution de la ville.Un hommage à la fois érudit et passionné d’un Montréalais à sa ville.Boréal Moments passés voulus chocs.Ils sont d’une insignifiance indescriptible.On sursaute de dépit.Knfin, mais peut-être est-ce là le principal défaut de ce livre, Chambre avec baignoire sonne très baby-boomer-revonu-de-ses-illusions.On y sent une nostalgie de l’époque désormais révolue où la bohème était considérée comme seule posture acceptable dans un monde à jamais déboussolé.Réductrice et surannée, cette vision des choses file aujourd’hui vers la désuétude.Tant mieux.LSION 6 • VERSION 6 • VERS RSION 6 • VERSION 6 • VERS HUGO C’EST LE MEC DE MON MAC RSION 6 • VERSION 6 • VERS HUGO PLUS le d ici ion nuire e( lu grammaire ~ LOG I DI SOU B sont! jt-o Pour Macintosh Plus, SE, II Compatible Word 4 et MacWrite II 84,95$ Aussi disponible pour DOS et Windows «HUGO PLUS est le premier logiciel à faire une véritable correction orthographique du texte en tenant compte de la grammaire.HUGO PLUS est le meilleur des correcteurs orthographiques.» Science & Vie Micro «HUGO se distingue par une meilleure interface utilisateur, avec la possibilité d’apporter directement des modifications dans le texte.» Décision Micro «Molière lui-même en serait étonné!» Informatique & Bureautique 1 OG1DISQI K C.P.10, suce.I) Montreal (JC ILîK 5B9 Tel.: (511) 08.'1-2225 FAX: (514) 9.1:1-2182 7 D-4 ¦ Le Devoir, samedi 14 mars 1992 c-„i n ¦L Premières révolutions NE LE DITES PAS AUX GRANDS Alison Lurie Rivages, 1991, 253 pages.Dominique Demers TOUT LE MONDE sait qu’il ne faut pas tout dire aux enfants : les tout-petits doivent ignorer certaines vérités.La littérature de jeunesse étant née de ce postulat, il n’est pas étonnant que la majorité des livres pour enfants soient insipides comme l’affirmait d’ailleurs Bruno Bettel-heim.Mais, il y a des livres que les enfants célèbrent au lieu de tolérer.Des livres spontanément adoptés par les enfants du monde.Des livres dont le succès se passe des critiques et autres prescripteurs.Ce sont les textes sacrés de l’enfance, des oeuvres profondément subversives qui encouragent les tout-petits à rêver, fuguer, répliquer, désobéir.Ce propos n’est pas nouveau.Mais Alison Lurie l’illustre généreusement en nous proposanl une passionnante relecture des grandes oeuvres qui ont marqué l’histoire de la littérature jeunesse en Angleterre.Ale le dites pas aux grands réunit des conférences données par l’auteur de Liaisons étrangères (prix Pulitzer 1985) et La Vérité sur Lorin Jones (prix Eemina étranger en 1989) qui est aussi professeur de littérature jeunesse à l’Université Cornell.De Peter Pan à Winnie l’Ourson en passant par Alice et Pierre Lapin, tous les grands héros destinés à l’enfance, cette « tribu étrange, à demi sauvage », se défendent bien d’être tristement édifiants.Lewis Carroll, James Barrie, Alan Alexander Milne et même la tendre Beatrix Potter ont cherché à bouleverser les vapeurs représentatives de leur époque.Alice au pays des merveilles n’est pas un simple nonsense story mais bien une charge virulente contre le système éducatif britannique et la monarchie.Et, derrière les aventures apparemment innocentes do ses gentils lapins, Beatrix Potter propose une délicieuse satire du réel.« Les opinions et les attitudes qui ne sont pas couramment admises dans le monde adulte trouvent souvent place dans les ouvrages pour enfants de l’époque», écrit Alison Lurie.Les livres pour enfants seraient les derniers retranchements des pires vérités.Cette croyance est à l’origine d’un vaste mouvement de réhabilitation de la littérature jeunesse dans les médias comme dans les universités.Non seulement la valeur littéraire des grandes oeuvres pour la jeunesse est-elle généralement admise mais on commence enfin à s’intéresser au caractère unique de ces livres qui ne constituent pas un genre mais bien un vaste Champ littéraire.La spécificité de la littérature de jeunesse lient surtout à une volonté de communication entre un auteur adulte et un enfant, le plus souvent par l’intermédiaire d’un jeune héros.Dans Un monde autre : l'enfant, de Ses représentations à son mythe, Ma-fie-José Chombart de Lauvve explique que, pour créer ce jeune person-page, l’auteur adulte effectue un Voyage plus ou moins nostalgique dans sa propre enfance, puis dans les modèles d’enfants réels autour de lui et se nourrit du discours social sur l’enfance de son époque.Alison Lurie S'intéresse à ce troisième volet.Les • j Alison Lurie thvqhe.> » .-J, Ne le dites pas ^ aux grands mjwiltmm auteurs des textes sacrés de l’enfance sont ceux qui refusent de jouer à l’éponge.Ils ne sont pas complètement imbibés du consensus social légiférant les relations adultes-enfants.Au contraire, ils tentent d’ébranler les assises de l’ordre social, voire lancer un appel à la révolution.Dans leurs livres, les adultes peuvent avoir tort et les enfants raisons, le travail n’est pas toujours salutaire: l’obéissance peut être un piège et l’éloge de l’imaginaire passe par la critique du réel.Les propos d’Alison Lurie nous rappellent que, si l’on prend le temps de l’interroger soigneusement, la littérature destinée aux enfants nous livre des secrets que peu d’autres documents nous révèlent.Il y a deux façons de cacher des choses; on peut les enfermer dans un coffret cadenassé ou les laisser traîner aux yeux de tous dans un lieu apparemment innocent : une boite de biscuits ou un livre pour enfants.Alison Lurie illustre plus qu’elle n’explique mais son essai sur la littérature enfantine se lit comme un roman.Elle jette un regard intelligent, original et passionné sur de nombreux récits qu’elle prend le temps de raconter.Tous les chapi-tres du livre sont bien documentés et, si certains sont surtout amusants, d’autres sont brillants.Ceux qui croient que les auteurs des deux dernières décennies ont réinventé la littérature jeunesse avec un discours profondément complice de l’enfance liront avec stupéfaction des extraits de La chasse aux trésors de Edith Nesbitt paru en 1898.Et les amateurs de Tolkien seront étonnés de découvrir l’étrange filiation entre Robert Louis Stevenson, Rudyard Kipling et l’auteur du Seigneur des anneaux.Ne le dites pas aux grands attise des curiosités, provoque des questionnements.À l’heure où la littérature de jeunesse québécoise connaît — côté roman du moins — un nouvel âge d’or, on peut se demander combien d’auteurs secouent l’ordre établi.Mais, attention ! Les récits véritablement subversifs ne se contentent pas d’aborder ces nouvelles préoccupations qu’à chaque époque les adultes tentent d’inculquer aux enfants.La littérature subversive n’est pas celle qui parle de sexe, de drogue, d’écologie ou de MTS mais celle qui propose une vision autre.Rebelle, révolutionnaire, séditieuse : profondément enfantine.+ Golding /\ey Cove, loin, très très loin des bru-rpes anglaises.Dans cette Cuirasse de feu qui narre les derniers chapitres de la vie à bord, Edmund Talbot devient aspirant et tombe une fois de plus amoureux.Le Capitaine Anderson demeure aussi distant voire hostile.Mr Preltiman vitupère toujours contre l’ordre établi et se marie.Le lieutenant Benêt demeure tout aussi suffisant, mais marin habile, qu’il l’était.L’autre lieutenant, soit Charles Summers est tout aussi aimable à l’égard de Edmund.Il y a de la maladie, de la faim, de la soif, du vent, du froid, des accidents.Bref, nous sommes les témoins, aussi étonnés que peut l’être Golding, de la vie à bord de ce trois-mâts qui vogue vers les mers du sud.Qui plus est, on apprend.Davantage que dans bien des romans ayant la mer pour sujet, on apprend en effet beaucoup sur la mer, sur la langue qui lui est propre.Les descriptions de Golding sont, parfois, d’une précision diabolique.Un exemple?Page 50 de La Cuirasse de feu : « Pourtant le mât bouge, malgré tous les baux et les câbles enroulés, les poulies et les palans, les accores et les tringles».On apprend la mer, mais on apprend surtout à quelle enseigne.littéraire loge Sir William Golding.A la page 274, après avoir suivi les petites péripéties qui font le sel de la vie à bord, Golding commence ainsi un nouveau chapitre : « La vérité, qui Librairie SOLDE ANNUEL du 14 au 29 mars 20% DE RABAIS sur tous les livres et catalogues en librairie! Rabais supplémentaire de 10% aux Amis du Musée! À vous d’en profiter! (MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL Ubralrto du Musée 1368, ru» Sherbrooke ouest Tél.: (514) 285-1800 Heures d'ouverture : mardi et mercredi, de 10 h à 18 h; Jeudi et vendredi, de 10 h à 21 h; samedi et dimanche, de 10 h à 18 h Traitement rose et sujets noirs LITTERATURE JEUNESSE COMME UN LIÈVRE PRIS AU PIÈGE Donald Alarie Editions Pierre Tisseyre, 1992 PAR ICI LA SORTIE ! Paule Brière Boréal, 1991 QUELLE HEURE EST-IL, CHARLES ?Jacques Greene Boréal, 1991 LES DEUX MAISONS DE DOMINIQUE Jean Gervais Illustrations Claudette Castilloux Boréal Jeunesse, 1991 COUPS DURS POUR UNE SORCIÈRE Linda Bousseau Illustrations Claire Maigné Collection Coccinelle Éditions Pierre Tisseyre 1991 Yolande Lavigueur « MAMAN a quitté la maison presque tout de suite après mon séjour à l'hôpital.(.) Elle avait sans doute préparé son départ depuis longtemps.Elle devait prendre l’avion le lendemain de mon accident.Elle a changé d’idée, parce que ça ne se fait pas de partir alors que son fils est à l’hôpital entre la vie et la mort.» Jérôme, qui aimait par-dessus tout faire de la course ou patiner avec ses amis se retrouve tout à coup paralysé pour la vie.Frappé par une voilure, alors qu’il roulait à bicyclette, il a perdu l’usage de ses jambes en même temps que basculait sa vie d’enfant, c’est-à-dire la famille inventée par ses deux parents.Chose étonnante, c’est lui qui doit supporter son entourage adulte au complet; sa mère qui est en phase II d'affirmation en dehors du couple et qui lui envoie des cartes postales au bien faible contenu, de Paris.Son père qui essaye de lui imposer sa nouvelle blonde sans subtilité ni ménagement et son ami qui lui aussi a bien hâte de savoir ce que Jérôme pense de sa Manon.Sa petite soeur, parce qu’il en a une, est plutôt sympathique, mais comment penser qu’elle puisse être à l’aise avec ce nouveau grand frère sans jambes alors que son univers éclate et s’écroule ?Elle semble se réfugier dans l’imaginaire, à la limite de la schizophrénie, mais j'exagère.Sauf sur un point : Jérôme n'écrit pas comme un enfant; il écrit, dans son journal qui devient sa nouvelle bouée de sauvetage, que depuis quatre mois, il a sûrement vieilli de 60 ans.C’est trop, en trop peu de pages et de temps.Ce Lièvre pris au piège donne un récit lisse comme une plaque de glace dans laquelle on a envie de donner un coup de talon pour y tracer abruptement un réseau de lignes à travers lesquelles pourrait déborder un peu d'eau vivante! Si Jérôme est tombé dans le vide lorsque ses parents ont divorcé, et pas sur ses deux pieds puisqu'ils étaient paralysés, ce n’est pas le cas d’Annie, l’héroïne de Par ici la sortie ! « Maryse et Julien, c’esl mes exparents.Enfin je veux dire, ils sont toujours mes parents mais ils sont des ex, des parents séparés depuis trois ans et demi.» Planche tirée de Coups durs pour une sorcière.Vous saviez que cette race existait ?Selon les statistiques, c’est le lot d’un enfant sur deux.Pourquoi dramatiser n’est-ce pas ?De toutes façons, pour Annie, ils ne sont que des caricatures.Sa maman féministe, un peu, pas mal ridicule.Et son père qui est froid, plate et a toujours une idée sur tout, idée toute faite par les autres, oui.Annie n’a pas besoin de fauteuil roulant pour traverser sa gêne et autres émotions ou crise d’adolescence; elle voyage en esprit à travers l’espace et le temps.C’est parfois drôle, surtout lorsque, dans un bar, elle entend ce que disent les adultes dans leur tête alors qu’ils flirtent de façon très civilisée, en paroles.Mais, comme l’héroïne, l’histoire arrive difficilement à décoller.Trop d’idées, mêmes bonnes ne peuvent pas compenser pour une seule idée bien traitée.Annie se fait presque violer dans la « minoune » du super prof de danse dont elle est follement amoureuse.Il est tout à coup transformé en vulgaire obsédé sexuel.Un peu comme le cocher de Cendrillon redevenu rat dans sa citrouille .Sauf que le lecteur y croit encore moins.D’ailleurs elle s’en sort par un simple coup de pied et elle en revient psychologiquement bien vite.Elle rencontre le prince discret et charmant qui l’aimait dans l’ombre depuis tout le temps.Et c’est la fin, sans le mariage et les enfants.Difficile aussi de croire aux héros de Jacques Greene dans Quelle heure est-il, Charles ?Un héros délinquant se fait prendre à voler.Il croit s’en sortir sans trop d’effort en acceptant la proposition de la travailleuse sociale c’est à dire participer aux mesures de rechange, en aidant une personne âgée, Charles, qui a été témoin de sa fuite et qui ne l'a pas dénoncé.Patrice qui ne voulait rien savoir de personne, clôturé entre les deux écouteurs de son baladeur et Charles qui a un appareil pour l’aider à entendre, deviendront un peu trop subitement les plus grands complices que la terre ait portés, les meilleurs amis du monde.C’est un miracle parce que l’expé-riertee de chacun l’encourageait à ne rien vouloir savoir de l’autre.Ils s’aiment beaucoup, c’est un roman après tout.J’aurais aimé y croire davantage, mais je n’ai pas pu.Alors imaginez, mon bonheur lorsque j’ai rencontré Dominique sur le balcon du nouveau logement de sa mère.C’était dans Les deux maisons de Dominique.Il est complètement effondré parce que ses deux parents préférés, les seuls qu’il ait eu, viennent de se séparer.Pour la première fois depuis le divorce, il doit passer une journée chez sa mère.Elles est absente et son père le dépose sur le balcon en lui disant de l’attendre là « parce qu’il ne veut surtout pas la rencontrer».À chaque voiture qui approche, Dominique se dit: «ça y est, c’est elle ! » Mais une heure plus lard sa mère n’est toujours pas arrivée.Il ne connaît pas le quartier et il a peur.Il se sent très seul et s’ennuie de sa petite soeur.Surtout, il est triste; il pense qu’il n’a plus de père ni de mère.Le lecteur saisit, grâce à l’illustratrice et à la talentueuse économie de mots de l’auteur, la profondeur de son désarroi.Dominique en viendra-t-il un jour à parler de ses parents comme de ses « EX », à la façon de la narratrice de Par ici la sortie ?Le contraste entre le langage des narrateurs fait ressortir chez les uns une insoutenable légèreté dans la façon de dire la troublante réalité, comme si les enfants avaient besoin d’être protégés d’une prise de conscience ou d’une acceptation sans édulcorant des problèmes de l’humanité adulte.Eux qui sont pourtant plongés au coeur meme de ces problèmes.À l’envers de tout, cela : Coups durs pour une sorcière-, une justesse de ton admirable.Un drame exposé, développé de façon subtile, habile et intériorisée.Une fillette se comporte comme une petite peste dans un centre d’accueil.Elle adopte le style « sorcière ».Rôle que lui a imposé sa mère.Une mère dont elle s’ennuié malgré les 77 filles du centre d’accueil.Mère dont elle a été séparée parce qu’à un moment de trop grande souffrance elle a avoué qu’elle donnait des coups.Parce qu’elle avait trop mal au ventre elle l’a dénoncée, elle et son père qui prend un coup.C’est après bien des images et métaphores que le lecteur saisit le coeur du problème.Le chat Ténèbre est ratoureux, il prend du temps: à sortir du sac.Elle en connaît des détours la sorcière Nathalie, alias Ma-léfie.Un vrai beau conte ayant comme point fort une visite au parloir; plus que tout, désirée et redoutée.L’imaginaire qui passe pour vrai et l’abrupte réalité qui se déguise en histoire .Un tour de force ! Un album illustré autour d’une seule sobrè, sombre et décapante idée : une pb-fanl battue.Récit amené par le dedans et servi par la complicité intelligente et farcie d’expérience d’un éditeur habile, d’un auteur qui a vraiment quelque chose à crier et une illustratrice subtile, qui a su adapter ses couleurs au message.Oui, du gris éloquent comme on n’en n’avait jamais vu.Couleurs sombres et discrétion sans risque puisque cette fois l’héroïne et les personnages qui l’entourent sont vraiment à la hauteur.Ni blague, ni remplissage ni bavuhe ne viennent trahir l’intensité dramà-lique de la situation.C’est parce que rien n’est allégé ou escamoté que les enfants comprennent, que les enfants aiment.Lire cet album est un événement heureux et dérangeant; comme dit Maléfie: « Les bons moments font étrangement mal parfois ».est plus bizarre que la fiction, est naturellement (NDRL : naturellement et non évidemment ! ) moins crédible.Un biographe honnête, si tant est qu’il en existe, atteindra toujours le point où il serait plus satisfait s’il pouvait atténuer les couleurs brutales de la vraie vie pour lui donner les teintes délicates du roman et de la légende !.«.J’ai toujours été déconcerté par certains auteurs comme Fielding et Smollett, pour ne rien dire des modernes.Miss Austen par exemple; ils estiment que, malgré les preuves que leur apporte la vie quotidienne, une histoire, pour être véridique, doit avoir une fin heureuse ».Éviter La cuirasse de feu, c’est déserter Golding.C’est manquer une part de la vérité de la mer, donc du monde.+ Femmes un peu trop rapidement que le combat est terminé puisque désormais, à la faveur de celui mené par les générations précédentes, on croit que toutes les aspirations peuvent être comblées, tous les rêves réalisables.Le réveil est brutal.Il est faux de prétendre que cette conquête d'égalité est chose acquise, est-il tristement démontré.La disparité au travail entre hommes et femmes reste évidente dans une foule de domaines, l’éclatement des familles désavantage surtout les épouses est les mè- res, le sexisme recule à la vitesse de l’escargot, la libération sexuelle n’apporte plus l’épanouissement escompté, et l’on parle ad nauseam des femmes battues, de violence conjugale, de pornographie, de femmes économiquement désavantagées à tous les âges, surtout à celui que l’on appelle erronnément d’or.On ne parle plus de discrimination des sexes mais elle demeure omniprésente et sournoise, comme l’a démontré Colette Beauchamp dans un livre-choc intitulé Le silence des médias (1987).Aussi les travailleuses et les fé-mininistes se donneront leur propre organe d’information et de militantisme : les magazines La Vie en rose, La Gazette des femmes, Les Têtes de pioche, Québécoises deboutte, La parole métèque, servent de tribunes aux analystes des diverses communautés culturelles dont l’élément féminin forme un segment de premier intérêt.Les femmes font aussi porter leur recherche dans les arts et l’on retrouve leurs signatures au théâtre, dans la littérature, les arts visuels.Tous les moyens sont bons pour faire porter le message de libération.Tout n'est donc pas négatif dans ce bilan des 10 dernières années, peu s’en faut, et ces historiennes savent faire ressortir aussi l’aspect positif du cheminement le plus récent des Québécoises de souche, comme les ULYSSE LA LIBRAIRIE DU VOYAGE JOURNÉE DE LA HOLLANDE DIMANCHE 15 MARS Sur des airs et saveurs hollandais, découvrez l'Europe 92 d'Ulysse et de Voyages Viau Marlin: Une exp&lgnce bord de Concorde À gagner : Un voyage à En collaboration avec Voyages Viau Marlin Guides Bleus Hachette Jet Tours Air France De 11 h d 16 h au 4176 St-Denis, Montréal, 843-9447 immigrantes qui témoignent d’un vif désir d’intégration à tous égards.Cependant qu’elles observent fort justement que les enjeux ont changé et qu’ils reposeront désormais sur d’autres référents socio-économiques, compte tenu de tous les bouleversements qui ont surgi depuis la Révolution tranquille, et surtout cette dernière décennie.Parmi ces enjeux, la recherche de vivre au mieux ses différences dans la pluralité des goûts et de « la fragmentation de l’existence féminine » apparaît le défi de cette fin de siècle.Le collectif Clio ne se fait pas Cas-sandre, si bien qu’il ne propose pas de réponse ni de solution à cette angoissante.question qui est, en somme, celle aussi des « nouveaux hommes», et par conséquent de toute la société québécoise.Les historiennes ont fait leur devoir d’historiennes, et fort bien, car cet ouvrage est passionnant à lire.J’insiste : cet ouvrage est essentiel.4 Pennac est de nous abstraire du monde pour lui trouver un sens».Du bébé qu’on endort en lui offrant le merveilleux outil de rêve qu’est un livre lu à haute voix, on passe à l’adolescent, à l’écolier requis de remplir une fiche de lecture.À réduire la matière de 300 à 400 pages en une sèche petite feuille qui abolit toute idée de délice, de plaisante occupation.Pas étonnant, dans ces conditions, que le garçon regarde le livre comme « un objet contondant (.) un bloc d’éternité.C’est la matérialisation de l’ennui ».Comment réagir contre cette pesante obligation ?En récusant les recettes, les trucs pédagogiques, bref en s’éloignant le plus possible « du programme », quitte a y revenir — Pennac est, ne vous en déplaise, un prof tout ce qu’il y a de plus ' sérieux —, quand l’élève boudeur, renfermé dans sa tour d’incompréhension, deviendra un lecteur enthousiaste.Dans une grande page blanche, pour mieux nous l’assener, l’auteur de Comme un roman, s’exclame : « Quels pédagogues nous étions, quand nous1 n’avions pas le souci de la pédagogie !» (Ce qui rejoint l’opinion d’un critique d’art de mes amis, persuadé que l’architecture du Québec se portait beaucoup mieux quand il n’y avait pas d’architectes, seulement des bâtisseurs inspirés).Le professeur donc se fera lecteur.Des pages extrêmement drôles sont, consacrées aux plaisirs défendus, réprouvés par les parents, aux séances de lecture dans les endroits les moins nobles (les chiottes, entre-autres, pendant le service militaire,' la salle des « trônes » devenant le liqu béni pour dévorer, dans la Pléiadei i s’il vous plaît, l’oeuvre de Gogol).} Mais offrir aux enfants, ébahis, les -premières pages du Parfum de Süskind, ou de Cent ans de solitude de Marquez, c’est les faire pénétrer dans un univers enchanté, leur inculquer le virus incurable de la plus insidieuse des maladies : la lecture.Je répugne à «dessécher», en le résumant, ce merveilleux petit livre.Un Pennac se déguste sans le rompre, comme le dit si bien, sur papier d’argent, la gaufrette qui accompagne le café liégeois à l’incontournable Café de la paix, à Paris : « nous briser, c’est nous sacrifier ».,.On recommandera donc, sans plus; de paroles inutiles, Comme un I roman, de Daniel Pennac, en le rapprochant d’un autre petit livre « antipédagogique » : Je suis comme une truie qui doute, de Claude Duneton.Une paire de vrais lecteurs, et — circonstance aggravante ! — deux vrais maîtres d’école non contaminés par l’école.Robert Saletti LA CHRONIQUE de Robert SalettJ sur les essais québécois, exception-; nellement, ne paraît pas cette sej-maine.On la retrouvera dans nos pa* ges dès samedi prochain. Le Devoir, samedi 14 mars 1992 ¦ D-5 AKIYUKINOSAKA Fin de Le rêve japonais hara-kiri LES PORNOGRAPHES 'Akiyuki Nosaka Philippe Picquier, 1991, 222 p.LA TOMBE DES LUCIOLES Akiyuki Nosaka Philippe Picquier, 1988, 139 p.Francine Bordeleau APRES la guerre, les Japonais se \sont attelés à la reconstruction du pays avec une vigueur et une discipline peu communes.Et avec le succès que l’on sait : cette insaisissable nation de 125 millions d’habitants est devenue le leader de l’économie de marché.Cité en modèle par nos spécialistes des relations industrielles, le caractère besogneux que l’Occident attribue aux Japonais (Édith Cresson a parlé des« fourmis».) était pourtant mis à mal par Akiyuki No-saka dès les années 60.Nosaka, écrivain dandy né en 1930 en qui l’on peut voir une sorte de C.ainsbourg oriental, aura exercé les métiers les plus extravagants avant de devenir chez lui un personnage de légende, un auteur majeur que, grâce aux éditions Philippe Picquier, nous pouvons aujourd’hui lire en français.Heureusement, car avec Les pornographes et La tombe des lucioles, ses deux seuls livres traduits à ce jour, Nosaka montre qu’il est de la trempe de Mishima.Paru au Japon en 1966, Les pornographes est un roman picaresque (bms ce que le genre a de plus ré-loûissant.Subuyan et Banteki, les ilbU’x héros du récit, commencent leur'carrière de pornographes avisés ,èn' vendant des cassettes reproduisant les ébats — sonores : les comparses n’ont pas encore les moyens de .je lancer dans la vidéo — de couples qui hantent les chambres d'hô-j’el; Us diversifieront bientôt leurs activités en vendant des cartes et des •»r, magazines pornos puis, avec l’aide d’une jolie fille, se lanceront dans la réalisation de films cochons.Comme il est de mise dans la tradition picaresque, notre trio, parti de rien, connaîtra une vertigineuse ascension sociale.La langue de Nosaka est tout à la fois crue et d’une irrésistible drôlerie.« Une femme qui n’a jamais connu d’homme, (.), c’est vicieux à pas croire, ça ne pense qu’à ça, parole.Même une call-girl, qui couche pourtant toutes les nuits avec un homme différent, c’est un prix de vertu à côté », philosophe par exemple Subuyan.Et les situations sont drôles, comme les inénarrables mises en scène entourant la vente de fausses vierges, ou scabreuses à souhait, comme celle de ce couple qui baise sur scène.Signe particulier : il s’agit du père et de la fille ! Nosaka, ici, ne se soucie guère de « bien écrire ».Son style est éclaté, indiscipliné, mordant, et l’écrivain ne craint pas de plonger dans la vulgarité et la démesure.Mais à travers ces personnages qui vivent du commerce du sexe et prétendent candidement travailler « pour l'art et le bien de l’humanité », rien de moins, nous avons une radioscopie de l’âme japonaise.Nosaka, tout au long de ces pages truculentes, fait la satire, avec une implacable insolence, du japanese way of life de l’après-guerre, alors pieux mélange de travail acharné et d’enrichissement rapide grâce aux trafics louches.Toutefois Les pornographes est aussi une très jouis-sive fable érotique, et cela suffit à en faire un récit intemporel.Mishima l’a décrit comme un « roman scélérat enjoué comme un ciel de midi au-dessus d’un dépotoir ».On ne saurait mieux dire.Avec La tombe des lucioles, Nosaka nous donne à lire de lui une tout autre facette.Il s’agit là d’un livre au ton grave composé de deux longues nouvelles, La tombe des lucioles et Les algues d'Amérique, qui nous renvoie à la guerre.Le premier texte est absolument remarquable d'intensité et d’intériorité.Et, à bien des égards, autobiographique.Orphelin, Nosaka a vécu la guerre dans sa famille d’adoption ; longtemps il se sentira coupable d’avoir abandonné sa mère adoptive sous les bombes et laissé sa petite soeur mourir de faim au lendemain de la défaite.C’est lui-même qu'il met en scène dans La tombe des lucioles, un bouleversant récit d’expiation.En 1945, lorsque les bombes tombent sur le Japon, Seita fuit en traînant sa jeune soeur Setsuko sur ses épaules.Voyage au bout de l’abomination : les villages sont dévastés, c’est le triomphe du chacun-pour-soi pour s’abriter et trouver un peu d’argent ou de nourriture.Setsuko n’en reviendra pas ; Seita lui survivra de si peu.La tombe des lucioles est d’un pessimisme à fendre l’âme où Nosaka, qui mélange à loisir tous les niveaux de langage, qui joue en même temps avec l'argot et une langue très classique, réussit à faire preuve d’invention.Dans Les algues d’Amérique, Nosaka relate sur un mode drolatique la difficile cohabitation des Japonais et des Américains durant l’immédiate après-guerre.C’est le Japon du marche noir et de la survie, alors que ses habitants apprennent ce qu’il faut faire pour ressembler en apparence aux vainqueurs, enviés et délestés.Outre Les pornographes et La tombe des lucioles, Nosaka le prolifique est l’auteur d’une quinzaine de romans ainsi que de plusieurs recueils de nouvelles et d’essais.Il est à souhaiter que nous puissions rapidement lire l’ensemble de cette oeuvre en français.Nous avons là un écrivain audacieux et iconoclaste comme il ne s’en fait plus beaucoup.LE MYTHE ET L’EMPIRE DANS LA LITTÉRATURE AUTRICHIENNE MODERNE Claudio Magris L’Arpenteur, 1991, 420 pages Alain Charbonneau L'ÉCRIVAIN triestin Claude Magris signait en 1988 avec Danube (prix du meilleur livre étranger) le journal d’une patiente pérégrination le long des berges du fleuve à la peau bleue, de sa source allemande au delta roumain.Un livre foisonnant et prime-sautier comme un cours d’eau, dans lequel Magris, touriste éclairé à la manière de Stendhal, savait marier avec un rare bonheur méditation libre sur le temps qui fuit et sur l’eau qui n'est jamais la même d’une baignade à l’autre, considérations personnelles sur l’histoire des peuples de la Mitteleuropa, citations et évocations d’auteurs chéris, petites leçons de géographie et métaphore lyrique qui du voyage à la creation, et de la marche à la démarche, établit les ponts qui s’imposent.Écrit 25 ans plus tôt, en 1963, par un jeune théseux féru de littérature autrichienne moderne, Le Mythe et 1'Umpire, traduit et publié aujourd’hui aux éditions de l’Arpenteur, n’offre pas le même itinéraire sinueux et la même plume désinvolte et vagabonde.Cette imposante étude, méthodique et démonstrative, redessine pour nous le paradis perdu dans l’ombre duquel les écrivains d’expression allemande, de Franz Grillparzer à Musil, en passant par Adalbert Stifter, Joseph Roth, Arthur Schnitzler, Karl Krauss et bien d’autres, ont écrit leurs oeuvres sous l'Empire d’Autriche d’abord, puis sous la monarchie austro-hongroise, et jusqu’à son démantèlement au lendemain de la première guerre, nous léguant l’une des littératures européennes les plus fascinantes et les plus riches des deux derniers siècles.Ce paradis perdu, Magris l’assimile à l’idée d’un état central fort, : Eurêka ! Al .Jean-Pierre ISSENHUTH 'A Poésies Jl* * LOIN DE NOS BÊTES fe'rtoîl Chaput jl'tiie de Cravan, 1992 ALPHABET EN FLAMMES OsTt'n Sjôstrand (BèlTond, 1992 ATTENDAIS un petit livre de .poésie qui se défende par des pages jion coupées, un petit livre sans ostçnlation ni facilité, qui n’en répète pas.cent autres, un petit livre sans •flhoto racoleuse, sans illustrations à îa peinture noire dégoulinante, sans médiocrité lape-à-l’oeil, sans .commentaire ridicule de l’éditeur.Il uÇaTrivail de trouver l’une ou l’autre i,lé ces qualités, quelquefois plusieurs.,.j ('elle fois, je les ai toutes.Dans JfOi/i de nos bêtes, de Benoît Chaput, premier ouvrage publié par les mitions « L’Oie de Cravan » (4064 Clark, Montréal II2W 1W9), presque liiiit concourt à m’intéresser.Le recueil, tiré à 200 exemplaires sur •Vergé ivoire, présente 19 poèmes et neuf illustrations dont une « table des imagiers » énumère les auteurs : Louise Gagnon, Alain Néron, Richard Deschênes, Anick St-Louis, el Maîcke Castegnier.Cinq illustrations sur huit me ravissent.Je crois remonter à La sagesse est assise ;) l'orée de Jean-Marc Fréchette (Triptyque, 1988) pour llôüver des illustrations Cil iti para blés.•Tout ce que je sais de Benoît Chaput me vient du communiqué de l’éditeur : deux courtes nouvelles publiées dans la revue Ciel variable, une présentation de l’oeuvre de Louis Scutenaire dans le numéro de décembre de Nuit blanche.En haut du communiqué, une citation du boxeur-poète Arthur Cravan.Je suppose qu’elle exprime un conseil de l’éditeur : « Allez courir dans les champs, traversez les plaines à fond de train comme un cheval, sautez à la corde et, quand vous aurez six ans, vous ne saurez plus rien et vous verrez des choses insensées».J’aborde au moins 15 des 19 poèmes sans réserve.Une renaissance s’annonce dès le premier, Le petit sentier : J'ai rêvé couché / brusque réveil / les sables qui mènent au soleil / éteignant tout / le vent, la campagne / par la fenêtre qui claque.Cette netteté qui s’installe est le signal d’une lucidité élémentaire qui me fera lire plus loin, dans Les animaux et leurs animaux : Nous avons des animaux pleins / de ce que nous sommes / de ce que nous pensons être / de ce que nous serons / seuls au milieu / d’arbres inconnus comme des montagnes / c’est la masse étourdie de ce mystère / qui nous force à mentir / loin de nos bêtes.S’il fallait trouver au recueil une ascendance, je dirais : les débuts d’Éluard, Éloi de Grandmonl, et peut-être, à certains moments, celui dont il a élevé le tombeau.Disant cela, je ne décrirais pourtant pas suffisamment cet éclair profond : construire en rêve/avec toi et toi / quelque chose de solitaire / d'assez solitaire / pour nous tous.Je ne laisserais pas non plus soupçonner cette fin du poème Adieux : Je me liens tremblant / pour ce qui disparait /je hurle sur mes petites pattes /je hurle dans la nuit / pour le Histoire de Montréal depuis la Confédération UH Paul-André Linteau /»¦ PRIX + qu alité+ SERVICE = Prix rég.29,95$ Notre prix 23,95$ le Parchemin CENTRE D’ESCOMPTE DU LIVRE MEZZANINE, STATION DE MÉTRO BERRI-UQAM Tél.: 845-5243 sentiment de faiblesse / qui seul peut encore se tenir fier.Ce que j’avais lu jusqu’ici sous le nom de « relève » ne m’avait pas paru relevé du tout.Mais voilà un petit livre éloigné sans distance, qui oblige à marcher un peu pour l’atteindre, qui sait inspirer confiance dans le trajet et, à l’arrivée, ne déçoit pas.On n’en sort pas l’esprit et le coeur vides.On y trouve du dépouillement, mais une fantaisie qui le compense ; de la rigueur, mais du naturel qui la sauve des arrêts de rigueur ; de la subtilité, mais un air dégingandé qui l’équilibre ; de l’assurance, mais de l’à-peu-près qui l’éloigne de la présomption.De ridicules, je ne vois qu’un « réel », un geste qui « retourne sa peau », quelques maladresses, quelques coquilles — un taux de ridicule vraiment bas.Loin de l’unilatéralisme conventionnel, est-ce le début d’un art véritable, étranger aux séquelles et aux sous-produits du médiocre ?Devant ce que je perçois comme une promesse à tenir, je ne trouve à dire qu’Eurêka.El je le répète en lisant Alphabet en flammes d’üsten Sjôstrand : une trentaine de poèmes écrits entre 1949 et 1984.traduits par Malou Ilôjer, Alain Bosquet et Marc de Gouvenain.Les éditions Belfond avaient publié en 1984 un premier florilège de Sjôstrand : Sous le signe du Verseau.« Un des plus grands poètes européens de notre temps », dit-on de ce Suédois né en 1921.J’ai trop peu lu pour acquiescer ou mettre en doute.Je peux du moins rapprocher Sjôstrand du grand Anglais Geoffrey Hill (Le château de Pentecôte, Obsidiane, 1988) pour l’intensité et l’exigence, ou de Celan pour l’ouverture des abîmes, et apprécier, parmi beaucoup d’autres poèmes : Le langage me contraint / Les mots me lient / Le silence m'oblige à parler / en mots qui n'existent pas /ou à moitié./ Les syllabes : / une grille / pour les exclus à jamais, / les rejetés — / ô cette mer humaine qui murmure ! — / « Je suis », « tues»./ Mais la confirmation, l’affirmation /devrait se lire de tout droit : / « Je ne suis pas ».Ce regard assez passionné pour être déçu, assez réservé pour contempler, assez distant pour choisir les meilleures cibles, assez lucide pour se déconsidérer, assez désintéressé pour chercher ce qui lui est supérieur, ne devrait pas passer inaperçu.Le roman d'amour fougue ! 26,95 $ siècle, fin de cycle mtut *Twgn LE MYTHE ET L’EMPIRE DANS LA IITTCKATURE AUTRICHIKNNr.MODERNK capable de rassembler sous une même égide les différents peuples de l’Empire (italiens, tchèques, hongrois, serbes, croates, allemands) et de leur inspirer un sentiment d’unité supranationale qui annihilerait les forces nationalistes centrifuges, menaçantes pour l’unité impériale de l'aigle à deux têtes.Dramatique et insoluble condition de l'empire d’Autriche qui inspire à l’écrivain autrichien d’alors cette foi sans enthousiasme dans l'ordre des choses qui ne change jamais et qu’il faut absolument conserver.Devant la perspective imminente du morcellement de l’empire, les écrivains se tournent d’instinct vers le passé, nous dit Magris, cédant chacun à sa façon à la nostalgie de la belle époque et se faisant tous, parfois à leur insu, les chantres d’une grandeur passée, révolue, mythique, où François-Joseph incarnait à la fois le dieu des catho- liques sur terre et le premier fonctionnaire de l’État.D’où une littérature dans l’ensemble conservatrice, réactionnaire même dans ses manifestations le plus critiques et ironiques (Krauss), évoluant sans cesse sous la rassurante protection de la tradition êt évoquant des lieux (souvent abstraits) et un temps (souvent suspendu) où le chaos n’a aucune prise, et où régnent un peu platement la mesure, l’ordre et le calme.Une littérature vivant des rentes de la Coin tre-réforme et du baroque châtré qu’elle a popularisé, puisant aux mêmes sources hédonistes et bourgeoises que les valses de Strauss, et doht le personnage emblématique pourrait bien être ce héros de la medio-critas habsbourgeoise qu’est le fonctionnaire consciencieux, célibataire raffiné ou bon père de famille.Bref une littérature crépusculaire, marquée du double sceau d'une fin de siècle et d’une fin de cycle, qui a poussé sur les décombres fumantes du « monde d’hier », comme l’appiv lait si justement Zweig.De cet empire sur le déclin, l’oeuvre puissantè et décapitante de Musil nous dom nera « une satire », écrit Magris danà les pages (les meilleurs) qu’il consacre à l’auteur de L'Homme sans qualités, « cpii renverse tous les lieux communs de la civilisation austro-hongroise et de son mythe : les idéaux supranationaux, l’immobilisme grandiose et impuissant, la fai tuité souriante, la méticulosité bureaucratique, le noble et insipide langage officiel et la joie de vivre», i À l’heure où l’on assiste à une grave crise des nationalismes en Eur rope centrale, Le Mythe et l’Empire nous rappelle que toute une générai lion d’auteurs, et non des moindres; est née d'un idéal d’unité entre le.4 peuples, el que leur désenchantement fut peut-être le pressentiment obscur des troubles qui affligent aujourd’hui les pays des Balkans.' - Jenny Marx la femme du diable ROBERT LAFFONT OU la femme du diable Un portrait serré et complice de cette inconnue, madame Karl Marx 24,95 $ Collection «elle était une fois» Les nouveautés de l’Hexagone l’Hexaaone ictil de l'édition littéraire québécoise québécoise lieu distinctil de l'édition littéraire Paul Zunithor La traversée 283 pages — 24,95 S Prix Québec-Paris 1991 — Collection «Fictions» «La traversée peut se donner comme un modèle de roman historique: totalement vrai et totalement littéraire.» — Pierre I>epape, Le Monde «L’éminent médiéviste Paul Zumthor construit une oeuvre multiforme et de plus en plus remarquable.» — Michel Biron, Spirale Pierre de Bellefeuille L'ennemi intime Les Québécois contre eux-mêmes 194 pages — 19,95 S — Collection «Voies» Le franc-tireur à la verve intraitable analyse le destin d’un Québec «entre deux rêves».Fidèle à l’idée de l’indépendance, il s’en prend au Parti québécois comme à la SSJBM qui prennent des engagements «mous» ou «hésitants».Un livre polémique, militant, intelligent.' ’ ’Paul Zumthor La traversée y Roman • l'Hexagone D-6 ¦ Le Devoir, samedi 14 mars 1992 m • le plaisir des ivres Andrée MAILLET Achoses écrites Carnet 26 POUR LE SERVICE à la Maison Chapleau, mon père recrutait nos domestiques au bureau de l’Immigration parmi ceux qui espéraient aller aux États-Unis.C’est pourquoi en sept ans nous avons changé au moins sept fois de domestiques.Sur ce nombre, certains demeurèrent deux ans.Une année, mon père en mit à la porte à trois occasions.Dans le cas d’Inès, de Saint-Pierre et Miquelon — Cordon bleu, se disait-elle — et qui ne mettait même pas la table, et de sa soeur, femme de chambre, les renvoyer n’alla pas tout seul.Priée par ma mère de rendre son tablier pour mauvaise cuisine, mauvais service, mauvaise humeur, elle fit irruption dans la salle à manger à la façon d’un char d’assaut dont elle avait l’allure et la circonférence.Je la revois encore, grande et grosse, ses cheveux tirés sur le haut de la tête en un petit chignon noir serré, les yeux tels des lance-flammes, le verbe haut, criant qu’elle ne partirait pas avant ses huit jours, qu’elle se plaindrait à mon père, qu’après tout le patron, c’était lui.Ma mère et moi étions terrorisées lorsque parut le maître.« Vous avez » lui dit-il « vous et votre soeur, Anapeste ! et Litote ! trente minutes pour mettre vos bagages dans la rue ».— « Mais.Mais ».— « Sortez, Catachrèse ! Dehors, Philoxéra ! Et en vitesse, Métaphores que vous êtes ! ,1e ne veux plus d’ilyperboles chez moi ni de Psittacoses ! ».Et de les menacer du boyau d’arrosage — ma mère se détournant prise d’un fou rire.Ma prédilection envers les invectives cocasses est-elle née ce jour-là ?Je les revois, cette terreur sur deux pattes et sa soeur — pâle émule — assises sur leur malle, attendant le taxi, rue Saint-Charles.?C E QU E J E VOU DRAIS à jamais soustraire du royaume des ombres, c’est elle, non point seulement mon extrême jeunesse, mais la passion qui m’ensaisit toute entière dans le plus fort de ma grande adolescence.Vingt ans, pas encore, pas même, quand il appuya sa grande main, la senestre, sur la mienne, la dextre.Et je sus dès lors qu’elle était venue, ma dernière heure d’innocence.Une fois une seule fois, on aime de cette ardeur-là, prise entière, proie consentante et subjuguée jusqu’au délire mystique.Car ce n’est pas un homme qui est alors aimé d’amour absolu, violent et bref, mais plusieurs à la suite ou bien tout homme désirable en un seul, présent.obsédant.Ainsi, puis-je dire à la fois, à la suite, que de ma vie je n’ai que toi aimé par une insoutenable nécessité de tout mon être, et que, d’une même force, j’en aimai quelques-uns dans la plénitude d'une incertitude : jamais avant lui ; après lui, plus jamais.Toi et les autres, et d’un même amour possessif et jaloux, de cet amour qui empoigne et qui prend, et qui jamais n’est don de soi.( Extrait de : Les Princes de Sang 1) ?CHOSES ÉCRITES des Temps Passés.Mardi le 2 septembre 1086 — À quel moment de ma vie confronterai-je une impression très forte, un sentiment marquant, durable, sur quoi bâtir un conte précieux ou un poème ?Car ils ne viennent que par ces étroits torrents, mes textes les plus intimes : une suite, depuis ma première enfance, de toutes mes amours ; ou des vignettes empruntées à la vie de la Maison Chapleau — (le livre que j'ai promis à Frédoux) par exemple.?AFIN de ne pas être en reste, le gloxinia de Roger, plante réputée fragile, difficile et boudeuse, a fleuri glorieusement le Mercredi des Cendres (et tiré la langue au Cactus de l'Avent défleuré — et non défloré — et piteux).Deux beaux gobelets roses vifs qu’il arborait dans la fenêtre ! et une queue somptueuse aux larges et longues feuilles le panachant d’un seul côté.Un petit oiseau confondant mars avec mai dansait une gigue en hommage au gloxinia bi-floré — de l’autre côté de la vitre.Il battait des ailes comme un colibri quand Lyn le surprit au milieu de sa liesse et de ses entrechats.Il y a chez les oiseaux aussi des comédiens nés.« Celui-là m’a regardé en pleine face, en dansant sur place ! » m’a dit Lyn, ébaudi.S’il n’y avait d’êtres vivants que des humains sur terre, quel monde horrible ce serait ! La plus bête des bêtes est bien celle de notre espèce.?LA LITTÉRATURE - ni les artistes littéraires n’ont de prestige au Québec.Cette conclusion découle d’un colloque sur la place de la littérature dans l’éducation (Écrits du Canada Français numéro 73).On ne donne plus à notre littérature, à nos classiques d’abord : Villon, Ronsard, Rabelais, La Fontaine, la marquise de Sévigné, madame de Lafayette, Voltaire, Chateaubriand, la première place qui était la leur à l’époque du cours classique.Il s’en suit une déperdition d’âme, un désintérêt général, voire un dégoût, une absence de racines par quoi se relier à la patrie : à notre langue, à notre territoire.?Jean Basile, in mémoriam.À tous ceux que j’aime ainsi qu’à moi-même, je souhaite d’être aussi bien entouré in hora mortis que le fut Jean Basile.Ce solitaire n’était pas seul.Chaque jour, on se relaya à son chevet : le peintre Marc Carneau et sa femme, Danièle Bail de Fontenay, Roland Vallée, Christiane L’Heureux, Guy LaTulippe, le critique et professeur Christian Allègre (son exécuteur testamentaire pour son oeuvre) et ses exécuteurs Linda Gaboriau, très connue dans le milieu du théâtre, et son mari Hervé de Fontenay, professeur à McGill.J’y étais de coeur, et il appréciait mes émissaires.( Robert Lévesque — dont Jean Basile aimait le style au point de lui demander une préface pour Keepsake, son prochain ouvrage, était à Berlin.Et Daniel Roussel cherchait une scène où monter Retour à Viazma) Jean Éthier-Blais eut un grand geste de Père Noël qui alla droit au coeur de mon cher Y van Vassiliévitch.qui s’est éteint en quatre mois d'un cancer au poumon, d’une espèce très maligne et fulgurante, et qui avait déjà essaimé dans son cerveau et dans ses os lorsqu’on lui donna son premier diagnostic : le cancer avait atteint son stage terminal.Il m’apprit sa condamnation le matin même du verdict.Il espérait vivre au moins un an encore.Le tabac — et aussi les quelques cigarettes de marijuana qu’il avait fumées — sont à l’origine de ce mal qu’on se donne à soi-même.On ne le sait pas depuis très longtemps, trois ans peut-être : une seule cigarette de marijuana est aussi cancérigène qu’un paquet de cigarettes.Jean Basile venait d’avoir soixante ans.Il m’a laissé une lettre d’adieu.Entre autres propos, qui ne sont que pour moi, il écrit ceci : Je n'ai aucunement peur de la mort, qui est, après tout, un avatar de la vie.(.) La mort individuelle n’est rien au regard de la Vie universelle ! Ceux qui aimaient le lire ont le droit de savoir de quoi il est mort : je viens de le dire.Et comment il s’en est allé.Voici : sans une seule parole d’amertume, sereinement — mais non sans tristesse profonde et pudique — donc, sans une seule plainte.C’était un coeur fier, un coeur noble.Il est mort en Romain.Il est mort comme un homme.— A.M Pain, amour et fantaisie De quelques obsessions LES VERTUS DU PLAISIR Robert Ornstein et David Sobel Robert Laffont, 1992, 327 pages Francine Laurendeau APRÈS des années de vie saine, de régime sans sel, sans sucre et sans gras, d’activité physique intense, après des années d’eau minérale et de bière sans alcool, de tofu et de filets de sole, comment se portent l’homme et la femme contemporains ?Assez mal merci, si l’on en croit les médecins américains Robert Ornstein et David Sobel.Pour dire le vrai, nous nous sentons coupables de jouir.La Saint-Valentin et Pâques ont sûrement perdu leur goût d’antan depuis l’avènement de cet inhibant credo anti-chocolat : « une minute dans la bouche, une heure dans l’estomac, un an sur les hanches ».De quoi se lancer derechef dans la culture intensive du céleri ! Plus de tabac, d’alcool, encore moins de drogues et peu de sexe : ainsi va la vie chez l’homme contemporain devenu homo hypocondria-cus.L’obsession de la santé nous a apparemment rendus tellement stupides, ou, si l’on veut rester poli, tellement déconnectés de la vie, qu’avant que l’espèce ne s’éteigne pour cause de frustration généralisée, Ornstein et Sobel ont senti le besoin de remettre les pendules à l'heure.Rien ne sert de courir des kilomètres et des kilomètres si on le fait par obligation, ou d’ingérer religieusement son demi-pamplemousse tous les matins si on n’aime pas les agrumes.Au terrorisme diététique et médical, Ornstein et Sobel opposent les bienfaits du juste équilibre et mettent à mal certaines idées reçues en s’appuyant, disent-ils, sur les plus récentes découvertes scientifiques.Les deux auteurs s’étendent longuement, c’était inévitable, sur la bouffe et ses conséquences sur le poids.« Si au cours des quelques décennies les Américains n’ont cessé de grossir, l’espérance de vie quant à elle n’a cessé de croître.Si la graisse est aussi mortelle qu’on veut bien nous le faire croire, les taux de mortalité devraient augmenter d’une manière spectaculaire ».Du reste, «Un grand traité de F éthique contemporaine en matière de vie et de santé» Guy Rocher L'ÉTHIQUE ET LE DROIT FACE AUX NOUVELLES TECHNOLOGIES BIOMÉDICALES Guy Bourgeault Président du Conseil de presse Nomination pour le Prix du Gouverneur général L'ÉTHIQUE ET LE DROIT FACE AUX NOUVELLES TECHNOLOGIES BIOMÉDICALES GUV BOURGEAULT 254 D 05 cm / 23 cm) ISBN 2-7606-1519-7 Co4(J !i0n DE BOECK-y/E3î/1A[ I .BRUXELLES IPUMI LES PRESSES DE L'UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL Disponible» en librairie ou chez gactan morin éditeur •l.ffuwuf r«rlw*>r fa rrnw d * Il »hrr»tr iU • Y IWi KOI I HI MV II I » Ql » .» AN » IM UN EF> Regard sur la FINIE.LA GUERRE FROIDE?Gérard Bergeron Éditions du Septentrion 210 pages.Jocelyn Coulon LA CHUTE du Mur de Berlin en novembre 1989 marque le point final de l’antagonisme Est-Ouest et ouvre une période nouvelle dans les relations internationales.La « guerre froide » est terminée, clame-t-on à travers le monde et l’Occident a triomphé sur le totalitarisme et le communisme.C’est bien vrai, écrit Gérard Bergeron, mais ce n’est pas la fin de l’Histoire pour autant.Le point d’interrogation à la fin du titre est là pour marquer la prudence de l’auteur face à un monde qui change constamment sous nos yeux.Gérard Bergeron, professeur émérite à l’Université du Québec, est plus connu pour ses ouvrages savants sur l’État — son rôle, son fonctionnement et ses structures — et la politique canadienne que pour ses livres sur les relations Est-Ouest.Pourtant, il est le seul spécialiste québécois de la guerre froide et ce nouveau livre s’inscrit dans le prolongement de deux autres portant sur le même thème : La guerre froide inachevée (1971) et La guerre froide recommencée (1986).La trilogie est maintenant terminée.Du moins, pour l’instant, l’auteur se montrant très réservé sur les événements à venir.Dans les premiers chapitres de ce bouquin, Bergeron rappelle comment le monde a vécu la première guerre froide (1947-62), la paix froide ou plus ou moins chaude (1963-79), la panricipacnon, guerre froide FINIE.la Guerre froide?nouvelle guerre froide (1980-85), puis finalement le dégel complet el l’effondrement de la rivalité Est-Ouest (1986-91).Ce survol historique est fort intéressant pour comprendre la deuxième partie du livre qui porte sur les « explications, prolongements et conséquences» de la fin de la guerre froide.Selon Bergeron, la guerre froide, la vraie, la dure, s’est estompée après la crise de Cuba en 1962.À partir de ce moment, les deux Grands ont appris a mieux gérer leurs relations et les brusques montées de fièvre des années 70 et 80 n’ont jamais menacé l’existence de la planète.Mais une autre guerre froide, d’un type nouveau, peut apparaître si la decomposition du monde communiste tourne mal, si la prolifération des armes de destruction massive n'est pas contrôlée, si les problèmes du Proche-Orient ne trouvent pas de solutions, si le fanatisme religieux el le nationaliste étroit l’emporte sur la démocratie.Pour l’auteur, le XX le siècle, qui a commencé en 1989, se révèle déjà fascinant mais aussi dangereux.
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