Le devoir, 10 octobre 1987, Cahier D
LE LE LE LE LE 2AËE des plÆsk ¦vies Nos collaborateurs ont lu .?L'n certain goût pour la mort, de P.D.James/D-2 ?Mémo : nouvelles d'une page, de la revue X YZ/D-2 ?Éroshima, de Dany Laferrière/D-3 ?Les Hooligans, de Mircea Kliade/D-4 ?Le Dieu scorpion, de William Golding/D-4 ?Musikant, d’André Hodeir/D-5 ?Ethnologie de la chambre à coucher, de Pascal Dibie/D-5 ?Adieu .je pars pour Viazma de Jean Basile, et Le Printemps, monsieur Deslauriers, de René-Daniel Dubois/D-6 ?Spycatcher, de Peter Wright/D-7D L'Âme désarmée : essai sur le déclin de la culture générale, d’Allan Bloom/D-7 ?Jean Lallemand raconte Bertrand Vac/D-8 Sans oublier.?Les best-sellers, les ondes littéraires et la vie littéraire/D-2 ?Robert Lévesque rencontre Dany Laferrière/D-3 ?La vitrine du livre/DA ?La littérature jeunesse/D-6 Montréal, samedi 10 octobre 1987 Bibliothèques : la tarification en question L’Asted se penche sur une pratique qui risque de réduire m * P™ IL il V «C’est l’oeuvre de ma vie» Jeannine Bélanger a consacré un quart de siècle à la traduction poétique des psaumes de David ANGÈLE DAGENAIS AU QUÉBKC, on est bon dernier ou presque des provinces canadiennes quant au nombre de bibliothèques publiques par habitant, de collections, d’acquisitions et de financement des bibliothèques.De plus, on n’est pas particulièrement porté ici sur la lecture et sa promotion ; nos jeunes et — ce qui est pire — leurs professeurs ne savent plus écrire leur langue; les bibliothèques scolaires sont une honte publique et, pour couronner le tout, on fait payer les citoyens dans les bibliothèques pour touted sortes de services, y compris parfois des droits d’entrée — location de matériel (vidéos, rubans magnétiques, jouets, partitions musicales, etc.), prêts entre bibliothèques, services informatiques, photocopie .On « tarifie », pour employer le jargon des documentalistes, dans les bibliothèques en Amérique du Nord HUBERT PERRON, premier vice-président de l’Asted (à droite), et DENIS ROUSSEAU, auteur d un document de réflexion sur « la tarification des produits et services documentaires » qui orientera les assises du 14e congrès de l’Asted, du 15 au 18 octobre à Sherbrooke.Ci-dessus à gauche : la succursale de la bibliothèque municipale de Montréal à la station McGill où l’usager peut emprunter les derniers best-sellers, moyennant un déboursé supplémentaire.PHOTOS JACQUES GRENIER encore l'accès à et en Europe depuis une quinzaine d’années.Des douzaines d'enquêtes et de rapports ont été écrits sur le sujet, surtout chez nos voisins du sud.mais ici personne n’a jugé bon de lancer le débat sur la place publique.Les bibliothèques québécoises taraient de plus en plus, en sourdine, sans faire trop de vagues, pour arrondir leurs fins de mois.L’Association pour l'avancement des sciences et des techniques de documentation, mieux connue par son sigle Asted, a décidé d’en faire l’enjeu de son prochain congrès annuel qui se tiendra du 15 au 18 octobre à Sherbrooke.la lecture Le premier vice-président de l'As-ted (et prochain président, selon les statuts de l’organisme), Hubert Perron, directeur des bibliothèques de l'UQAM, veut en même temps lancer un débat public sur une question qui touche tout le monde : les usagers des bibliothèques au premier chef, les municipalités, les universités, les collèges, mais aussi le gouvernement du Québec qui subventionne « la lecture publique » et les maisons d’éducation.Charger des frais aux usagers des Suite à la page D-6 ;• •" SS m terrai ;iL T 'Ikh, f ¦ - ¦ ¦ ’ ' « LE NOUVEAU ROMAN DE L'AUTEUR D'ESCALIER C LES MANNEQUINS D'OSIER El vire Murait 252 pages/15,95 $ Deux hommes et une femme jouent à s'aimer et à se provoquer dans la Rome d'aujourd'hui.Un à un, ils vont se débarrasser de leurs fantômes, symbolisés par ces mannequins d'osier que les Romains jettent chaque année dans le Tibre pendant les ides de mai.Un ton très personnel, qui emprunte à la comédie son exubérance et sa gravité rieuse.En vente chez votre fournisseur ÉDITIONS ROBERT LAFFONT LES PSAUMES Jeannine Bélanger accompagnés d'une Vie du roi David par David Silverberg éditions du Silence, 218 pages MARIE LAURIER LE LIVRE d’art sur les psaumes de David signé Jeannine Bélanger et illustré par David Silverberg est déjà dans les plus grandes bibliothèques d’Europe, des États-Unis et du Canada.L’abbaye de Münster, en Allemagne, fut la première institution à le commander à la psalmiste qui, pour les besoins de la cause, a fondé la société Interdiffusion pour la vente et la distribution de son ouvrage publié à compte d’auteur.Mais Jeannine Bélanger a sans doute sous-estimé l’intérêt d’un certain public pour ses Psaumes, une des plus importantes librairies de Montréal ayant déjà manifesté son intention de l’offrir à sa clientèle.Car elle ne croyait guère à l’existence d’un marché conventionnel pour un livre biblique dans le milieu extrêmement restreint de la francophonie.En cela, elle s’est heureu- sement trompée, à en juger par les réactions positives que reçoit ce livre qui vient tout juste de sortir des presses par les soins des éditions du Silence.La modestie de Jeannine Bélanger, alimentée par l’extrême solitude dans laquelle elle se confine depuis un quart de siècle pour s’adonner à son oeuvre de poétesse et de traductrice, l’a, en effet, distraite de l’intérêt certain des adeptes de ce livre ancien qui se pressaient, ces jours derniers, au lancement de cet ouvrage unique en son genre.Ils étaient nombreux à louer sans restriction la qualité de cette oeuvre, son caractère inédit et sa valeur littéraire.Qu’a-t-il donc de si particulier, de si extraordinaire, ce cahier intitulé Les Psaumes, accompagné d’une Vie du roi David par David Silverberg ?Surtout que son auteur concède volontiers que la Bible est le livre le plus vendu au monde, le plus traduit, le plus lu, le plus médité interprété et commenté.La réponse est simple : il est bien fait, il est beau, il est universel et intemporel et il réunit harmonieusement le talent de deux artistes en pleine maturité.Mais encore ?Laissons Jeannine Bélanger nous en parler : « Les Psaumes sont le livre par excellence du coeur de l’homme, disait-elle au lancement de son ouvrage.Les interrogations d’il y a 3,000 ans que ce livre reflète pour nous,rejoignent les nôtres, sur le sens et les affres de l’existence : qui suis-je ?d’où viens-je ?où vais-je ?pourquoi la naissance et la vie ?pourquoi l’amour, la mort, le massacre des innocents, le triomphe du fourbe, la souffrance des enfants, le scandale du juste assassiné ?[.] Paradoxalement, on croit entendre un Jean-Paul Sartre, un Albert Camus, un Alexandre Soljénitsyne, un Hubert Reeves.» Il s’agit donc d’un livre universel conservant toute sa profondeur réflective et son mystère existentiel.Au-delà de ces considérations, il faut rendre à César ce qui appartient à César, car, pour Jeannine Bélanger, « la partie picturale de Silverberg ajoute un élément essentiel à mon livre» alors que le graveur pense exactement la même chose de la poétesse.On comprend mieux alors la symbiose des deux artistes qui se sont attendus mutuellement Suite à la page D-8 JEANNINE BÉLANGER : « Les Psaumes sont le livre par excellence du coeur de l’homme .» PHOTO JACQUES GRENIER Un pays insoupçonné Après cinq ans de silence, le journaliste Dominique Clift publie un essai important sur la « personnalité du Canadien ».Sous le titre de Un pays insoupçonné, l'auteur aborde de front un certain nombre de questions reliées à l'élaboration d’un patriotisme canadien et à la construction de la fédération canadienne.Les éditions Libre Expression lanceront cet ouvrage le 16 octobre.Avec leur aimable autorisation, LE DEVOIR publie des extraits de la conclusion de cet ouvrage qui prend le relais d'une réflexion amorcée dans Déclin du nationalisme québécois, publié aux mêmes éditions.DOMINIQUE CLIFT L} ASPECT le plus remarquable de cette image mentale du pays qui a longtemps hanté l’imagination canadienne est qu’elle ne s’applique vraiment qu’à ce que l’on pourrait appeler le côté institutionnel de la vie.Il s’agit d’une vision collective qui a peu à voir avec l’expérience personnelle.Elle a surgi dès les premiers jours du peuplement, à cause de l’isolement et des horizons limités qu’offrait la vie dans un pays désolé et pratiquement désert.La vision demeura tout aussi vivace même si les conditions physiques et sociales qui l’avaient fait naître n’étaient plus ressenties de façon aussi opprimante.Cette image mentale survécut comme l’équivalent affectif du choc ressenti plus tard lors de la période d’industrialisation et d’urbanisation.La représentation du Canada comme constituant une société fragile et conflictuelle assuma un caractère mythique qui finit par entraver la marche vers l’indépendance véritable.Cette vision persiste encore aujourd’hui sous la forme d’un souci obsessionnel d’unité et de sécurité.Cet état d’esprit collectif, indice d’un manque de confiance en soi, prend racine dans les doutes que l’on entretient sur la légitimité de la société canadienne et de ses institutions.Ces dernières sont les créatures d’agents extérieurs autant que des Canadiens eux-mêmes.Les forces de l’histoire agissant sur la population de la partie septentrionale de l’Amérique du Nord lui ont donné le sentiment qu’elle n’était pas maîtresse de sa destinée.L’insécurité qui en est résultée a encouragé le retrait dans des communautés strictement délimitées qui pratiquaient l’exclusion et la discrimination.Ce n’est que grâce aux compromis PHOTO CP Le « British North America Act » de 1867 : « Pendant longtemps, les symboles nationaux d'autorité se trouvaient à l’étranger sans que se manifeste la volonté collective de les rapatrier.» réalisés en politique que le pays put continuer à fonctionner.Pendant longtemps, les symboles nationaux d’autorité se trouvaient à l’étranger sans que se manifeste la volonté collective de les rapatrier.L’idée de légitimité est étroitement liée à celle de l’éthique, qui représente un des obstacles les plus épineux et les plus douloureux devant la conscience nationale.Comme Northrop Frye le fit remarquer, l’affrontement avec la nature fut traumatique.Les pre- Suite à la page D-7 t D-2 e?Le Devoir, samedi 10 octobre 1987 LE PLAISIR foc LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es T • livres Fiction et biographies 1 Un certain goût pour la mort P.D.James Mazazine (4)* 2 Les Filles de Caleb II Arlette Cousture Que./Amérique (2) 3 L’Amour au temps du choléra G.Garcia Marquez Grasset d) 4 La Popessa Murphy/Arlington Lieu commun (3) 5 Entre Moscou et Montréal V.Trétiak Éd.de l’Homme (7) 6 Les Amours blessées Jeanne Bourin Table ronde (4) 7 Il y aura toujours des printemps en Amérique Louis-Martin Tard Libre Expression (-) 8 L’Univers est dans la pomme Marc Favreau (Sol) Stanké (-) 9 Les Grands Désordres Marie Cardinal Grasset (-) 10 Un singulier amour Madeleine Ferron Boréal (-) Ouvrages généraux 1 Ces femmes qui aiment trop Robin Norwood Stanké (D 2 Mafalda s’en va Kino Glénat (2) 3 Notre quatrième monde Janine Fontaine Laffont (3) 4 Le Guide des oiseaux National d'Amérique du Nord Geographic Society Broquet (4) 5 Spirou et Fantasio à New York Dupuis (-) Compilation faite à partir des données fournies par les libraires suivants : Montréal : Renaud-Bray, Hermès, Champigny, Flammarion, Baffin, Demarc; Québec : Pantoute, Garneau, Laliberté; Chicoutimi : Les Bouquinistes; Trois-Rivières Clément Morin; Ottawa ; Trillium, Sherbrooke Les Biblairies G.-G.Caza; Joliette Villeneuve; Drummondville : Librairie française Ce chiffre indique la position de l'ouvrage la semaine précédente l n certain soûl pour la mort/ Un certain goût pour la mort P D.James, Paris, Mazarine, 1987, 490 pages.(Titre original : A Taste for Death, 1986.) L'auteur : Phyllis Dorothy James, écrivain anglais de 67 ans, habitant Londres.A écrit, depuis 25 ans, 10 romans policiers qui se vendent à des millions d’exemplaires.Surnommée par les critiques « la reine du crime ».Considérée comme l’héritière d’Agatha Christie, en mieux .L’oeuvre : roman policier traduit dans le monde entier.Double meurtre dans une sacristie.Un flic original et raffiné mène l’enquête.Un très fort suspense teinté de psychologie.LA VIE LITTERAIRE JEAN ROYER Le Festival national de poésie l.K TROISIÈME Festival national de poésie, organisé par la Fondation des Forges à Trois-Rivières, se poursuit jusqu’à lundi avec, comme invités, Eugène Guillevic et Franck Venaille, de France, ainsi qu’une cinquantaine de poètes québécois qui participeront ce soir à une nuit de la poésie.L’événement sera retransmis par divers médias de la Mauricie.Depuis dimanche dernier, dans des cafés, des théâtres et des galeries d’art, le festival multiplie les lieux de rencontres des poètes avec le public.Pour Franck Venaille, qui vient de publier L'Apprenti foudroyé aux Écrits des Forges, « l’écrivain est celui qui n’oublie rien, qui possède une mémoire sans âge et des mots, qui sont notre bien le plus précieux ».Demain, ce sera au tour de Guillevic, qui vient de publier son recueil intitulé Timbres aux Écrits des Forges, de rencontrer le public de Trois-Rivières.Le grand poète français ira aussi à Québec et Montréal au cours de son séjour chez nous.Un événement Michel Garneau LE POETE et dramaturge Michel Garneau a été invité à donner une lecture à Beaubourg, le 16 octobre prochain, nous apprend Claude Des Landes.Ce dernier prépare un livre de témoignages sur les activités littéraires de notre plus joyeux poète, sous le titre : Michel Garneau, écrivain public.L'ouvrage paraîtra chez Guérin littérature, qui proposera aussi, en coédition avec la maison suisse L’Âge d’homme, la somme des écrits du poète.Sous le titre Dans la jubilation du respir le cadeau, un fort livre de 800 pages réunira les « Poésies complètes 1957-1987 » de Garneau.De Boréal à l’Hexagone LES ÉDITIONS Boréal viennent de s’associer, comme on le sait, à une maison d’édition française, Le Seuil.Les éditions du Seuil et leur diffuseur au Québec, Dimédia, sont devenus des partenaires d’Antoine del Busso et Pascal Assathiany (qui est aussi pdgde Dimédia), en compagnie de trois autres artisans des éditions ; Jacques Godbout, François Ricard et Daniel Latouche.À l’Hexagone, on annonce quatre nouvelles collections : « Théâtre », MICHEL GARNEAU donnera une lecture à Paris, le 16 octobre.dirigée par André-G.Bourassa; « Essais littéraires », dirigée par André Beaudet; «Culture et société», dirigée par Marcel Fournier; « Itinéraires littéraires », où paraîtront récits, journaux ou chroniques de voyage à caractère essentiellement littéraire.Les deux maisons, qui nous promettent chacune de 25 à 30 titres pour l’automne, ont des vues éditoriales diamétralement opposées.Chez Boréal, on s’associe au Seuil, non seulement pour augmenter ses moyens de production mais aussi en visant le marché international francophone.À l’Hexagone, on rappelle que, pour être édité ailleurs, un écrivain doit d’abord remporter un succès certain au Québec.Mais, à un certain moment, ces deux esprits se rejoignent.Ainsi, un romancier comme Robert Lalonde, qui publiait au Seuil des livres qui étaient surtout promus au Québec, deviendra désormais un auteur de Boréal avant d’être diffusé en France par Le Seuil.Peut-être ainsi évitera-t-on des cas comme celui de I .ouis Caron dont un roman de la série Les Fils de la liberté s’était retrouvé en deux versions différentes, l’une chez Boréal à Montréal et l’autre au Seuil à Paris.Les best-sellers Meurtres dans la sacristie LITTERAIRES UN CERTAIN GOÛT POUR LA MORT P D.James Paris, Mazarine, 1987, 490 pages SYLVIE MOISAN P.D.JAMES a la réputation d’être un des plus grands auteurs de romans policiers de notre époque.Le très fort succès de son dernier roman, traduit dans le monde entier, vient encore une fois confirmer son talent.Tousles éléments du roman policier classique sont ici réunis.D’abord, comme le lecteur pouvait s’y attendre, les événements racontés se déroulent, en majeure partie, dans le très chic milieu de l’aristocratie anglaise, avec ses demeures ancestrales au luxe opulent, ses toiles de maîtres et son traditionnel thé de cinq heures.Ajoutez à cela quelques mystères du passé, suicide et accidents plus que suspects, un ou deux adultères avec, évidemment, un héritage ardemment escompté, et vous aurez là tous les ingrédients d’un bon thriller capable de vous tenir en haleine durant des heures, sans toutefois trop vous dépayser.Sir Paul Berowne, baronnet respectable engagé dans la vie politique, est retrouvé égorgé dans la sacristie d’une petite église de Londres.À son côté, le cadavre d’un clochard ayant subi le même sort.Le commandant Dalgliesh sera chargé de l’enquête, ce qui l’embête un peu, car il connaissait bien Sir Paul.En fouillant dans la vie privée de la victime, puis dans son passé, il découvrira maints secrets qui formeront un véritble réseau de pistes possibles.Autour de Sir Paul : plusieurs morts suspectes, une femme adultère et vénale, une fille marxiste brouillée avec lui, un beau-frère jaloux et rancunier, une secrète maîtresse.Quelques jours avant sa mort, Sir Paul, à la suite d’une conversion mystique, avait, par ailleurs, décidé de changer de vie.Malgré l’abondance de mystères et les nombreux suspects, le brillant commandant finira, après bien des péripéties, par trouver le (ou la) coupable.Bien que, par sa forme, ce roman policier soit, sous bien des aspects, plutôt traditionnel, il n’en comporte pas moins certaines particularités qui lui confèrent une indéniable originalité.Les policiers chargés de l’enquête, de même que la plupart des personnages du roman, manifestent une profondeur que n’ont généralement pas les personnages de romans policiers.L’auteur, en fine psychologue, n’hésite pas à nous dévoiler tant le passé que les motivations intimes de chacun d’eux.Le roman comporte également une part d’analyse sociale, ce qui est assez inhabituel dans la tradition britannique du genre.La clé de l’énigme, bien que totalement révélée seulement à la fin, se trouve être, en fait, suggérée tout au long du livre.Incorporée à la trame du récit, elle fait d’un élément TÉLÉVISION Au réseau de Télé-Métropole, dimanche entre midi et 14 h Heine Malo propose, à Bon Dimanche, la chronique des livres par Grenier06 ^harette et ,a chronique des magazines avec Serge Au réseau français de Radio-Canada, dimanche à 16 h, Nathalie Petrowski et Daniel Pinard animent La Grande Visite, une émission culturelle où l’on reçoit parfois un écrivain (reprise à 23 h 50) A TVFQ (câble 30), dimanche à 21 h 30, Bernard Pivot présente Apostrophes.Demain, « Les lectures de Raymond Barre ».Pour parler de ses goûts littéraires, l’ex-premier ministre a invité le comédien Jacques Toja ainsi que les écrivains Joseph Bergin José Cabanis et René-Victor Philhes.Au réseau Vidéotron, le lundi à 21 h 30, Christine Champagne et Marcel Rivard animent l’émission Écriture d’ici.(En reprise le mardi à 14 h 30, le vendredi à 4 h 30, le samedi à 16 h 30 et le dimanche à 10 h 30.) RADIO AM À la radio AM de Radio-Canada, tous les jours de la semaine à 13 h, Suzanne Giguère reçoit un écrivain aux Belles Heures.RADIO FM A Radio-Canada, lundi à 16 h : Fictions, magazine de littérature étrangère.Chroniqueurs : Stéphane Lépine, Louis Caron et Suzanne Robert.Animatrice : Réjane Bougé.A Radio-Canada, mardi à 21 h 30 : En toutes lettres, magazine consacré à la littérature québécoise, animé par Marie-Claire Girard.A Radio-Canada, mercredi à 16 h: Littératures parallèles (science-fiction, policier, bande dessinée).Animateur : André Carpentier.À Radio-Canada, mercredi à 22 h : Littératures.Figures de la littérature italienne.A Radio-Canada, jeudi à 16 h : Les idées à l’essai.A Radio-Canada, jeudi à 16 h 30 : Correspondances.Deux écrivains s’écrivent.À Radio-Canada, vendredi à 22 h : Trajets et recherches._j r de la psychologie humaine une des motivations inconscientes de ce qui pourrait bien s’appeler.un certain goût pour la mort.À toutes les joies de ce passionnant suspense, s’ajoute également une évidente qualité d’écriture.Le plaisir de lire en est donc ici décuplé.Littérature sur mesure: de la nouvelle à la page MÉMO nouvelles d’une page XYZ automne 1987, n°11, 94 pages LETTRES QUEBECOISES JEAN-ROCH BOIVIN .Y YZ ne recule devant rien.Avec un nom pareil ! Cette petite revue format livre s’est taillé, en une dizaine de publications, une réputation et un public de qualité.Les auteurs, en tout cas, s’y sentent bienvenus.Sans doute parce qu’ils sont gens d’audace et qu’ils semblent flairer qu’à XYZ, on n’aime les genres que pour en explorer les limites.X YZ a publié récemment une novella d’André Major (on la définit « longue nouvelle », ce qui est un peu embarrassant, car on ne sait trop à quel moment une nouvelle devient « longue »; je suggérerais « allongée », dans le sens de Y espresso allongé : même saveur, dans une grande tasse) fort bien accueillie par la critique.Voici maintenant qu XYZ publie un recueil de nouvelles de 90 auteurs, en autant de pages.C’est dire que ces novellitas viennent en une page ou quelques lignes.Poursuivant la métaphore du café, on dirait que nous sommes dans le « bien tassé ».Et, puisque lire est aussi un acte de consommation, j’abuserai de la métaphore en disant que, pour les intoxiqués de la lecture (ceux qui dorment seuls ou n’ont personne pour partager leur vice insomniaque), se mettre au lit avec le n" 11 de la revue X YZ serait aussi risqué que pour un diabétique amateur de video-clips de passer la nuit à regarder Musjque-Plus avec une boîte de Laura Secord à double fond.Pour tout dire (quelle ambition !), ce numéro, qui ne vous coûtera que $ 5, est à haute densité.N’absorber qu’à petite dose, selon le besoin de stimulation du moment.Corsé et délicat.Installez-vous bien et bouclez vos ceintures, car il y a là-dedans des choses innocentes et redoutables : 90 auteurs qui vous brassent les méninges en vous enfonçant l’histoire d’un coup, ça ébranle ! Pour tout dire ( à force de me répéter, je finirai bien par être direct ! ), les seules lectures que j’aime avec passion sont celles qui m’ébranlent.M’ébranlent particulièrement celles des auteurs québécois que je ne pratique pas exclusivement, le confort intellectuel étant le seul qui ne m’offre aucun attrait.On aura compris que je préambule interminablement devant cette leçon de concision qu’on s’est mis à 90 pour me faire.Qu’en est-il donc de ces nouvelles, de ce kaléidoscope (la métaphore, béquille du chroniqueur au bout de ses moyens ! ), où les figures esquissées d’un univers imaginaire saisies au bout d’un mot basculent avant même qu’on ne tourne la page ?Disons d’abord que, parmi ceux qui ont relevé le défi (les écrivains dont le nom commence par X, Y et Z n’ont rien soumis), on retrouve avec plaisir des pros, pas toujours pros du genre (faut dire qu’au Québec, pour écrire, il faut être du genre audacieux; savoir prouver à Maman Bell, à Papa Hydro-Q.qu’on exerce un métier respectable reconnu dans tous les pays; et le prouver à la parenté aussi, qui ne vous lit pas nécessairement).Des gros comme Gilles Archambault (8 3/4 lignes), Aude (6 lignes incomplètes), Marie-Josée Thériault, qui se permet de donner aux petites filles modèles de la chair à modeler.Et qui, mieux qu’elle, saurait se le permettre ?Que dire d’André Marquis qui, en une demi-page de quatre paragraphes, vous fait imaginer (j’ose à peine, ça me fait mal) une lame coupante insérée entre deux lèvres qui ira à la rencontre du plaisir pour le rendre définitif.Il y a du cyanure dans ce sac de bonbons mélangés.Anne Dandurand perpètre une rencontre amoureuse entre un femme écrivain paraplégique, névrosée et narcomane, et un chanteur étranger, alcoolique et suicidaire.Car, conclut-elle, « quand on ne peut pas mourir, on s’ennuie cruellement ».Sa jumelle de soeur et d’écriture, Claire Dé, dessine à la page suivante, dans le geste Taut peu* , le cioiïe' JEAN ROYER Écrivains contemporains Entretiens 4
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