Le devoir, 19 septembre 1987, Cahier D
3MWB8 i'C' igkyr; voir .ILS NE DEMANDAIENT QU’A BRULER ¦‘TtfmiTwMO ! r «Mi Géraïd Godin non Jean Royer, 1 Hexagone lieu distinctif d POEMES 1960-1986 collections RETROSPECT! VES édition littéraire québécoise GERALD GODIN LE PLAISI vres Nos collaborateurs ont lu .?Les Amours blessées, de Jeanne Bourin/D-2 ?Lettres d’Italie, de Denise Boucher/D-3 ?Le Choix de Jean Panneton dans l’oeuvre de Ringuet et L’Evangile au naturel, de Jean Panneton/D-3 ?Le tome VI (1821-1835) du Dictionnaire biographique du Canada, sous la direction de Frances G.Halpenny et Jean Hamelin/D-3 ?La Promenade, de Robert Walser/D-4 ?Le Pauvre Coeur des hommes, de Natsume Sôseki/D-t ?L'Ouilla, de Claude Duneton/D-5 ?La Gloire du paria, de Dominique Femandez/D-5 ?Comédie classique, de Marie NDiaye/D-5 ?Des revues québécoises et acadienne en philosophie, théâtre, critique, nouvelles, sciences humaines et poésie/D-6 ?Quatre ouvrages sur l’histoire du cinéma français/D-6 ?Un survol de la rentrée littéraire en sciences humaines/D-7 ?Une Eglise de baptisés, du père Rémi Parent/D-7 ?Les Montréalais une réédition de nouvelles d’Andrée Maillet/D-8 Notre liste des best-sellers, en page D-2 Claude Hagège: au-delà de Babel «L’unilinguisme est l’unique chance du français au Québec» HEINZ WEINMANN ON S’ÉTAIT donné rendez-vous dans un café de la rue Saint-Denis.Claude Hagège venait d’arriver du Sommet de Québec où il a dirigé le réseau « industrie de la langue » qui étudie les interactions possibles entre la langue et l’ordinateur.L’homme, je l’ai découvert comme la plupart des mortels non hyperspécialisés en linguistique, grace à une célèbre émission û'Apostrophes.Il y était apparu comme l’incarnation même de L’Homme de paroles, habité par un immense amour des langues.Ce qui rend cet homme encore plus fascinant, c’est qu’il n’a pas appris une centaine de langues pour les « parler », encore moins pour en tirer profit (traduction), mais dans le seul but désintéressé de les connaître, de percer à jour leur mode de fonctionnement.Claude Hagège fronce donc les sourcils au qualificatif de «polyglotte » que je lui colle par inadvertance.Non, il est linguiste.Il ne cesse de le souligner dans cette entrevue : tous les propos sur la francophonie, sur la situation linguistique au Québec, il les tient en tant que « linguiste professionnel ».Avant de l’interroger sur son dernier livre, Le Français et les siècles (Odile Jacob), je suis curieux de savoir comment lui est née cette passion peu française pour les langues.« Né à Tunis, mon oreille était quotidiennement soumise et ouverte à un nombre considérable de langues étrangères.» Raison certes nécessaire, mais non suffisante : tous les habitants de Tunis ou d’Alger ne deviennent pas forcément des « Hagège ».« À ce facteur favorable d’ordre extérieur s’est ajouté quelque chose qui est dû à ma nature : j’ai toujours adoré les langues et j’ai toujours adoré interroger les gens en leur demandant de traduire dans leur langue.Plus les gens parlaient une langue qui m’échappait et dont les sonorités me paraissaient exotiques, plus je me sentais attiré.» Loin de se désoler de la perte d’une première langue adamique, Claude Hagège, au contraire, se réjouit de la variété et de la multiplicité des langues de l’après-Babel.La « confusion des langues » cesse au moment où, non rebuté par les sonorités « barbares» de la langue de l’autre, on cherche à connaître leur sens.C’est ce que Hagège fait depuis sa prime enfance.« Très tôt, je suis devenu un linguiste professionnel, spécialisé, entre autres, dans les langues en voie d’extinction comme le palau, le comox, langue amérindienne de Colombie-Britannique.Ce sont des langues dont je suis le seul spécialiste au monde.Partout où j’allais, je rencontrais le spécialiste de la tribu voisine, lui aussi l’unique spécialiste au monde.» Situation cocasse ?Plutôt dramatique, tragique.Car la perte d’une langue, aussi marginale ou insignifiante soit-elle, est une perte pour l’humanité tout entière.« Une portion de l’humanité s’engouffrerait dans le néant de l’histoire si on ne les décrivait pas avant leur mort.De plus, ces langues sont des conservatoires de traditions et de tournures anciennes », miroir archaïque des nôtres avant leur évolution.On l’aura compris, Claude Hagège adore la variété des langues, de même que la variété dans la langue.Il se méfie de toutes les tentatives, depuis Leibniz jusqu’aux espérantis-tes, de construction d'une « langue universelle ».Nous abordons alors son dernier livre.Hagège y part du célèbre Discours sur l’universalité de la langue française (1783) de Rivarol.Ce dernier, obnubilé par le rayonnement du français dans les cours de l’Europe, « oublie » que, vingt ans plus tôt, l’universalité du français a subi une défaite dont elle ne s’est pas encore remise aujourd’hui : militaire, d’abord, sur les plaines d’Abraham; diplomatique, ensuite, avec le traité de Paris de 1763.Le Québec est le pays francophone qui, depuis 200 ans, s’épuise à colmater quotidiennement (c’est le sens du « chus tanné » de Gaston Miron) cette brèche de la langue ouverte en 1763.Le spectre de la « louisianisation » hante.Hagège exprime son étonnement, son admiration pour cet îlot de francophonie qui, malgré des conditions adverses, a su se maintenir en Amérique du Nord.« Deux cents ans de maintien d’un îlot de francophonie dans un océan anglophone, c’est extraordinaire.Il faut expliquer cette résistance linguistique.Sans diminuer le mérite des Québécois, pour lesquels j’ai la plus grande admiration : la francophonie, du mo- ment que l’Angleterre et puis le Canada anglais tenaient le haut du pavé, était l’unique façon d’affirmer leur identité.C’était un enjeu politique et non seulement linguistique.» Vu cette situation linguistique précaire au Québec, Claude Hagège a consacré un chapitre aux « pièges du bilinguisme officiel ».Car les conditions du bilinguisme au Québec sont différentes de celles de tous les autres pays bilingues au monde.En bon linguiste, Hagège distingue le bilinguisme individuel du bilinguisme officiel, étatique.« Le Québec est un cas tout à fait unique.Si une famille francophone élève ses enfants dans le bilinguisme, tout le monde ne peut que s’en réjouir.Être bilingue, c’est une richesse.Au niveau individuel, loin de moi l’idée de condamner le bilinguisme.« En revanche, si je pense qu’on a tort de rogner, de renier la loi 101, c’est parce que j’estime qu’au niveau de l’Etat, l’unilinguisme est Tunique chance du français au Québec.Si la loi 101 est abrogée et si, officiellement, on revient à l’état d’avant 1977, à savoir que le Québec redevient officiellement bilingue, alors il serait Voir page D-8 : Claude Hagège CLAUDE HAGÈGE: « Plus les gens parlaient une langue qui m'échappait et dont les sonorités me paraissaient exotiques, plus je me sentais attiré.» PHOTO LOUISE LEMIEUX Géraid _»L__ Ds ne demandaient qu’à brûler poèmes 1960-1986 Des auteurs méconnus Anne-Marie Connolly et Michel Therrien fignolent des petits bijoux de manuels JEAN CHAPDELAINE GAGNON ILS SONT quelques centaines, peut-être davantage, dont les livres sont vendus chaque année à des milliers d’exemplaires.On en dénombre pas moins de 400 au seul catalogue de Guérin éditeur.Nos enfants feuillettent quotidiennement leurs ouvrages.Ils sont les premiè- res victimes d’un nouveau piratage : la photocopie dans les maisons d’enseignement.Us ne sont pas membres de T U néq ( Union des écrivains québécois) pour des raisons encore confuses.Plusieurs d’entre eux — bien plus, d’ailleurs, que parmi les écrivains dits professionnels — pourraient vivre uniquement du produit de leurs oeuvres.On murmure même que certains retirent jusqu’à $ 100,000 en droits d’auteur, mais qu’en moyenne ils encaissent de $ 10,000 à $ 20,000 annuellement, alors que, chez les écrivains « littéraires », la moyenne annuelle de revenus en droits d’auteur s’établit à $ 2,000 seulement.Ces auteurs méconnus du grand public et des autres écrivains, ce sont les auteurs de manuels ou livres scolaires.Souvent professeurs et pédagogues, ils viennent à l’écriture à la suite d’une commande ou d’un concours de circonstances.C’est le cas, par exemple, d’Anne-Marie Connolly, devenue directrice de la collection « Clé », chez Guérin éditeur, et dont les premiers titres, Le Français langue seconde par objectifs (en six cahiers), continuent de s’enlever un peu partout au Canada et sont près d’atteindre les 100,000 exemplaires, sept ou huit ans après leur première édition.Anne-Marie Connolly enseigne encore le français langue seconde à l’Université de Montréal.Cette expérience Ta d’ailleurs incitée à rédiger des cahiers pour venir en aide à ses étudiants qui ne disposaient d’aucun outil de ce genre.Jamais elle n’aurait imaginé que ses notes de cours, colligées et adaptées à cette fin, serviraient à des dizaines de milliers d’étudiants, de l’Atlantique au Pacifique.Sur les conseils d’un ami l’informant qu’un éditeur était à la recherche d’auteurs en ce domaine, elle se présente chez Guérin qui lui offre, séance tenante, de signer un contrat.En fait, le monde de l’édition scolaire en est encore à ses débuts au Québec et, contrairement à ce qui se passe dans le milieu de l’édition littéraire, scolaires les éditeurs scolaires recherchent des auteurs.Ce travail de « dépistage » n’est pas des plus faciles.Anne-Marie Connolly en sait quelque chose, maintenant qu’il lui faut dénicher, pour sa collection, des professeurs et enseignants capables de transmettre leurs connaissances, de se plier à une discipline exigeante, de travailler les week-ends quand ils s’échinent déjà toute la semaine dans leurs classes.Sans compter que le ministère de l’Éducation ne leur facilite pas la tâche.Avant d’écrire un manuel, il faut, en effet, se taper une masse de documentation rédigée par les fonctionnaires pour connaître le contenu et les objectifs du programme.Il faut également tenir compte d’un tas de détails et d’exigences tatillonnes, s’assurer d’éliminer toute trace de stéréotype sexuel et veiller à ce que les minorités culturelles soient représentées dans les textes et vignettes retenus pour illustrer l’ouvrage.Au point, d’ailleurs, qu’il me semble y avoir là danger que l’État impose aux étudiants une conception pour ainsi dire aseptisée de la littérature.Un peu plus et ne demanderait-on pas aux écrivains de ne produire que des oeuvres « exemplaires » ?Enfin, chaque manuel doit subir un examen minutieux au ministère avant d’être approuvé, sans quoi il ne verra pas le jour ou n’aura que peu de chances de se retrouver dans les salles de cours.Quand on sait que l’important, c’est que le livre paraisse au moment propice, soit à la rentrée des classes, les longs délais imposés par Voir page D-6 : Auteurs méconnus ANNE-MARIE CONNOLLY (à droite) est directrice de la collection « Clé » chez Guérin éditeur.MICHEL THERRIEN (à gauche, avec sa fille Amélie ) a publié récemment, chez Vézina éditeur, un Aide-mémoire grammatical pour les élèves du secondaire.PHOTOS JACQUES GRENIER * i l’Hexagone #Rétrospectives D-2 ¦ Le Devoir, samedi 19 septembre 1987 LE PLAISIR ,/A-LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR esj • livres Fiction et biographies 1 L’Amour au temps du choléra Gabriel G.Marquez Grasset *d) 2 Les Filles de Caleb II Arlette Cousture Qué./Amérique (2) 3 Les amours blessées Jeanne Bourin Table ronde (3) 4 Un certain goût pour la mort P.D.James Mazarine (-) 5 Ouragan James Clavell Stock (4) 6 La Popessa Murphy Arlington Lieu commun (-) 7 De la part de la princesse morte Kenizi Mourad Laffont (5) 8 Texas James A.Michener Seuil (6) 9 Une ardente patience Antonio Skarmeta Seuil (9) 10 Monsieur Butterfly Howard Buten Seuil (8) Ouvrages généraux 1 Ces femmes qui aiment trop Robin Norwood Stanké (1) 2 Mafalda s’en va Kino Glénat (-) 3 Notre quatrième monde Janine Fontaine Laffont (2) 4 Le guide des oiseaux d'Amérique du Nord National Nat.Geog.Soc.Broquet (-) 5 Billet de Bill Roba Dupuis (-) Compilation faite à partir des données fournies par les libraires suivants : Montréal Renaud-Bray, Hermès, Champigny, Flammarion, Raffin, Demarc; Québec Pantoute, Garneau, Laliberté; Chicoutimi : Les Bouquinistes; Trois-Rivières Clément Morin; Ottawa: Trillium; Sherbrooke: Les Biblairies G.-G.Caza; Joliette ; Villeneuve; Drummondville : Librairie française.* Ce chiffre indique la position de l'ouvrage la semaine précédente LA VIE LITTERAIRE JEAN ROYER La mort du prix du CLF MONSIEUR Pierre Tisseyre nous annonçait la semaine dernière la mort du prix littéraire Esso.Le commanditaire se retire du prix.Mais alors faut-il comprendre que la défection d’Esso marque aussi la mort du Prix du Cercle du livre de France ?Car il semble bien que M._ Tisseyre abandonne le prix en même temps qu’Esso.La société pétrolière était venue à la rescousse de l’éditeur il y a 10 ans, pour prolonger la vie du prix du CLF, que M.Tisseyre avait fondé en 1949.L’ironie de l’affaire, c’est que M.Tisseyre annonce lui-même dans un communiqué la mort du prix Esso.Un hommage à Naïm Kattan LE NUMÉRO d’automne du magazine La Tribune juive rend hommage à l’écrivain Nairn Kattan, auteur de plusieurs livres d’essais et de fiction publiés chez IIurtubise/HMH.Dans Adieu, Babylone, un roman émouvant, l’écrivain juif arabe, né en Irak, raconte son voyage à travers les cultures.L’hommage lui est rendu dans La Tribune juive par Jean-Guy Pilon, de l’Académie canadienne-française, Gaston Miron, Jacques de Decker, André Vanasse et Heinz MARIE UGUAY : Angèle Coutu lira des textes de la poétesse disparue, le 23 septembre à la maison de la Culture qui honore sa mémoire.Weinmann.À ce petit dossier s’ajoute une entrevue avec M.Kattan par Ghila Benesty-Sroka et deux textes inédits de l’auteur.On peut cependant regretter l’absence d’une bibliographie de l’écrivain, qui aurait pu compléter ce dossier intéressant.La Rencontre internationale des écrivains LA SEIZIÈME Rencontre québécoise internationale des écrivains aura lieu à Montréal du 15 au 19 avril 1988.Le thème en sera la solitude.« Nécessité ou fatalité, la solitude ?Bonheur ou blessure ?Le voyageur est seul; le voyageur quitte une solitude qui ferme pour une solitude qui ouvre.» Ainsi, le comité directeur de la Rencontre, formé de Jean-Guy Pilon, Guy Cloutier, Pierre Morency et André Ricard, invite les écrivains à réfléchir sur ce thème qui concerne tant les sociétés que les individus.Chez Boréal, on ne connaît pas de recul NON, la rentrée de l’automne 1987 ne constitue pas un recul, chez Boréal.L’information sur la production de la maison était incomplète, dans notre article sur la rentrée littéraire (LE DEVOIR du 12 septembre).Dans le bulletin de son distributeur Dimédia, Boréal nous annonce 17 titres nouveaux et quelques rééditions, ce qui équivaut à la production de toute l’année dernière.Parmi les ouvrages prévus pour l’automne, notons deux essais importants : une Histoire générale du cinéma au Québec, d’Yves Lever, et une Histoire des sciences au Québec, de Chartrand, Duchesne et Gingras.Du côté littéraire, on prévoit un conte pour enfants de Louis Caron, un recueil de nouvelles de Madeleine Ferron, un premier roman de Paule Doyon ainsi qu’un essai de Margaret Atwood sur la littérature canadienne, traduit par Hélène Filion.D’autre part, c’est Boréal qu’a choisi Claude Charron pour l’édition de son premier roman, Probablement l'Espagne, dont le lancement aura lieu le 29 octobre.Notons que Pascal Assatsiany est de retour à Montréal depuis deux semaines.Partenaire d’Antoine del Busso, M.Assatsiany reprendr’à ses activités aux éditions Boréal.Il avait quitté Montréal il y a deux ans pour une direction administrative aux éditions du Seuil à Paris.Il retrouve Les best-sellers Ronsard et sa Cassandre LES AMOURS BLESSÉES Jeanne Bourin Paris, La Table ronde/Lacombe 1987, 307 pages PIERRETTE PIONNE JEANNE BOURIN, auteur bien connu de La Chambre des dames, roman historique qui fut plusieurs mois sur les listes de best-sellers tant en France qu’au Québec, vient de pu-blier (en avril dernier) Les Amours blessées.Ce dernier récit porte sur la_ relation amoureuse semée d’embûches du célèbre Pierre de Ronsard et de sa muse, Cassandre Salviati.Poète, gentilhomme, écuyer, étudiant, clerc, ardent, charnel, « fidèle infidèle», attaché à la cour de France, puis à celle d’Écosse, Pierre de Ronsard souffre de surdité.La carrière des armes lui est par conséquent interdite.Il devra donc suivre le chemin tracé par son père qui, sans tenir compte de son refus, lui impose la tonsure.Les bénéfices attachés à la condition de clerc assurent son existence matérielle.L’inspiratrice du poète, Cassandre Salviati, jeune fille de la noblesse française, cousine de Catherine de PHOTO CKAC CLAUDE CHARRON lancera son premier roman chez Boréal, le 29 octobre au Québec ses intérêts chez le distributeur Dimedia et chez Boréal.Hommage à Marie Uguay ON SOULIGNERA les cinq ans d’existence de la maison de la Culture Marie-Uguay par un récital des textes de la poétesse qui a donné son nom à ce centre culturel de Verdun.Le mercredi 23 septembre à 20 h, Angèle Coutu lira des poèmes de Marie Uguay, décédée il y a six ans.L’oeuvre de Marie Uguay comprend trois recueils réunis sous le titre Poèmes aux éditions du Noroît.Lectures Skol DES ROMANCIERS et nouvellistes seront invités à lire leurs oeuvres, le troisième dimanche du mois, à 13 h, à la galerie Skol (3981, boulevard Saint-Laurent, espace 222) à Montréal.Dimanche, les premiers écrivains invités seront Guy Cloutier, poète ( L'Heure exacte, 1984) et romancier La Gavée, l’Hexagone, 1987), ainsi qu’Esther Rochon, romancière et nouvelliste ( Coquillage, 1985, Le Traversiez La Pleine Lune, 1987).Le trois-millionième prêt LUNDI DERNIER, on fêtait, à la bibliothèque municipale de Brossard, le trois- millionième prêt de livre, en présence de Mme Georgette Lepage, maire de la ville.JEANNE BOURIN.Il ’ -y.¦ ¦¦¦¦¦ *•>.PHOTO JACQUES GRENIER l«Pi Médicis, s’adonne avec passion à la musique et à la poésie, À 15 ans, après une enfance et une adolescence consacrées à l’étude et à une éducation stricte, elle fait son entrée à la cour de François 1er.Fêtes grandioses, banquets, divertissements, l’époque se prête aux réjouissances.La rencontre de Pierre de Ronsard, à son bal de débutante, orientera cependant toute sa vie.Les deux jeunes amoureux se persuaderont que tout est possible malgré la statut de l’un et le mariage contraint de l’autre avec un jeune seigneur jaloux.Dans Les Amours blessées, sur le ton de la confidence, Cassandre, sur le déclin de l’âge, dévoile l’étrange lien qui les unissait.En dépit d’obstacles insurmontables, de séparations forcées, de douleurs cruelles, d’ardeurs inavouées, de ruptures dramatiques, d’absences prolongées, personne n’est parvenu à les éloigner à tout jamâis.Pendant 40 ans, Cassandre aura occupé les pensées et le coeur du célèbre poète.Ils se sont pourtant rarement vus, mais leur amitié survivra jusqu’à la mort de Pierre en son prieuré de Saint-Cosme.Fidèle au genre qu’elle a pour ainsi dire relancé, l’auteur donne à nouveau une perspective historique à son roman.À l’époque de la Renaissance (XVe, XVIe siècles), la France tient une place glorieuse dans le monde des arts.François 1er fonde le Collège de France, Rabelais publie Gargantua et Pantagruel, Ronsard, du Bellay et la Pléiade s’efforcent d’enrichir la langue française.Jeanne Bourin peut ainsi nous présenter un aperçu du monde des lettres, des activités et intrigues de la cour et de la société de l’époque, et aussi une foule d’observations sur la vie quotidienne, les vêtements féminins et masculins, les accessoires de toilette, le mobilier, les soins prodigués aux malades, les déplacements en litière, etc.Et, pour ajouter au plaisir de la lecture, des vers (en début de chapitre) et des poèmes entiers que l’on pourra savourer dans le récit de ces amours blessées.Fumer, c’est gaspiller Argent et santé Les Belles Rencontres de la librairie HERMES Aujourd’hui 19 septembre de 14h à 16h ANTHONY PHELFS Ah! les Beaucerons! Orchidée Nègre aux éditions Triptyque Vendredi 25 septembre BENOÎT LACROIX SI JAMAIS quelqu’un veut savoir comment « le peuple fait la loi », comment les Beaucerons ont pu autrefois pratiquer, contourner et, en même temps, respecter les sermons de leurs curés, il n’aura qu’à consulter Dalila, la tireuse de cartes.Elle sait tout et, sans avoir lu Freud et surtout pas Lacan, elle observe, interprète, ne manque aucun détail, n’hésite pas à juger, mais dans la joie et la bonne humeur, les conduites dualistes de ces gens de la Haute-Beauce.Ils savent que, pour bien se confesser, il faut d’abord avoir bien péché, distinguer les « péchés permis » en mariage et les « péchés non permis» hors mariage.Un livre savoureux qui met en cause la vérité même d’une religion matériellement vécue mais pas nécessairement comprise.Car, pour ces Beaucerons, la Sagouine se demanderait sûrement si « c’est-i’là des chrétchens » ?Oui, ils le sont, avec cette précision qu’ils ont leur sens d'adaptation, leur sens du devoir et aussi, à l’occasion, le goût du procès.Rappelons que la meilleure interprète a date de notre tireuse de cartes est une Beauceronne aussi, diplômée de deux universités.C’est elle qui signe Les Grandes Corvées beauceronnes (éd.Guérin, 1987, 312 pages).Elle s’appelle Jeanne Pomer-leau.de 17h à 19h Lancement du n° 11 de La Revue XYZ «91 nouvelles d’une page» K Samedi 26 septembre de I4h à 16h GERALD GODIN Ils ne demandaient qu ’à brûler • l’Hexagone 1120, av.laurier ouest outremont, montréal tel.: 274-3669 9,9 jours parjmnée_J 362 jours Smm St eu mu m un DU 19 AU 24 UCTOBRE 1987 LITTERAIRES TÉLÉVISION Au réseau de Télé-Métropole, dimanche entre midi et 14 h, Reine Malo propose, à Bon Dimanche, la chronique des livres par Christiane Charette et la chronique des magazines par Serge Grenier.Au réseau français de Radio-Canada, dimanche à 16 h, Nathalie Petrowski et Daniel Pinard animent La Grande Visite, une émission où l’on reçoit parfois des écrivains.A TVFQ (câble 30), dimanche à 21 h 30, Apostrophes fait relâche pour quelques semaines.RADIO AM À la radio AM de Radio-Canada, tous les jours de la semaine à 13 h, Suzanne Giguère et Louise Saint-Pierre parlent littérature et théâtre aux Belles Heures.RADIO FM À Radio-Canada, dimanche à 22 h : Naissance de l'écrivain, par Roger Chartier.Invités : Alain Viala et Pierre Bourdieu.A Radio-Canada, lundi à 16 h : Fictions, magazine de littérature étrangère.Chroniqueurs : Stéphane Lépine, Louis Caron et Suzanne Robert.Animatrice : Réjane Bougé.A Radio-Canada, mardi à 16 h : Le surréalisme aujourd'hui.Entre autres invités : Bona de Mandiargues.A Radio-Canada, mardi à 21 h 30 : En toutes lettres, magazine consacré à la littérature québécoise, animé par Marie-Claire Girard.À Radio-Canada, mercredi à 16h: Littératures parallèles (science-fiction, policier, bande dessinée).Animateur : André Carpentier.À Radio-Canada, mercredi à 22 h : Littératures : figures de la littérature italienne.À Radio-Canada, jeudi à 16 h : Les Idées à l'essai.François Ricard s'entretient avec Edmond Orban.À Radio-Canada, jeudi à 16 h 30 : Correspondances.Deux écrivains s’écrivent.Aujourd'hui : Nicole Brossard et Michèle Causse.A Radio-Canada, vendredi à 22 h : Souvenirs d'enfance et de jeunesse.« Op den Berg », d'Alexis Lefrançois, lu par Jean-Louis Millette.__j R La bédé sera «timbrée» ANGOULÊME (AP) — À l’occasion du quinzième salon de la bande dessinée d’Angoulême, les 29,30 et 31 janvier prochains, son directeur, Pierre Pascal, a décidé de faire imprimer, en accord avec le ministère français des PTT, douze timbres à 2.20 FF (environ 45 cents), a indiqué mardi un communiqué.Ils reproduiront un dessin fait par onze créateurs couronnés du Grand Prix de la ville d’Angoulême pour l’ensemble de leur oeuvre.Il s’agit de Pellos, Marijac, Fred, Moebius, Gil-lon, Mézières, Lob, Bilal, Forest,, Tardi et Reiser (pour ce dessinateur déjà décédé, un dessin sera repris).Claire Brétecher réalisera le douzième timbre.Ils seront imprimés pour le quinzième salon, dont le thème sera «la BD et le cinéma».VIENT DE PARAÎTRE Med'ï, mm PIERRE MATHIEU Marie de ^eu iNEUR w.» nuua AIME TANT! •> • K.|j.ui/'iv m tA#«m La Mère de mon Seigneur Découvrir et suivre Marie sur son chemin de foi Georges Madore * 144 pages * 7,50$ Un tour d’horizon à la fois biblique, doctrinal et spirituel sur le rôle de la Vierge Marie dans le mystère du salut et dans la vie chrétienne.Ouvrage rehaussé de trois miniatures médiévales et de nombreuses illustrations en couleurs et en noir et blanc.Méditer et prier avec Marie Jean-Guy Paradis * 143 pages * 8$ Méditer et prier avec Marie se veut un outil pour mieux vivre les grandes fêtes mariales.Il veut soutenir la méditation des grands mystères de la vie de Jésus-Sauveur auxquels Marie est associée.Parmi les douze fêtes choisies, cinq sont développées d’une façon spéciale sous forme de soirées de prière.Marie de Dieu Pierre Mathieu * 72 pages * 9,95$ «J’aime ces poèmes qui, tout en respectant leur racine biblique, s’imposent par leur discrétion, leur mystère et leur goût pour l’énigme.De la vraie poésie religieuse.En même temps un goût d’incarnation et d’humanité» Benoit Lacroix.Le Seigneur nous aime tant Jules Beaulac * 48 pages * 0,75$ t CON * Jeanne Savant Bonin UNE STIGMATISÉE Marie-Rose Férron .Idsksi Réflexions et prières pour le temps de l’Avent.Ces méditations essaient de faire le lien entre l’évangile proclamé dans la liturgie du jour et la vie quotidienne des gens.Grandir sans contrainte Rita Dargy * 200 pages * 13,95$ Grandir sans contrainte offre au lecteur l’éclairage médical nécessaire pour la compréhension des mécanismes de la déficience; il indique en outre les actions à entreprendre en cas de crise et les limites à respecter dans la relation avec l'enfant biologiquement handicapé.Une stigmatisée Marie-Rose ferron Jeanne Savard Bonin * 248 pages * 12,95$ Le récit vivant et émouvant de la vie et des grâces mystiques de Marie-Rose Ferron.Un appel à retrouver le sens chrétien de la souffrance.En vente chez votre libraire ep ÉDITIONS PAULINES 3965, boul.Henri-Bourassa est Montréal, QCH1H 1LI Tél.: (514) 322-7341 Le Devoir, samedi 19 septembre 1987 D-3 LE PLAISIR Jpc LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es J • livres De l’Italie, de l’art et de la civilisation LETTRES D’ITALIE Denise Boucher L’Hexagone, 1987, 108 pages LETTRES QUEBECOISES JEAN-ROCH BOIVIN L HEXAGONE ouvre la saison en lançant une nouvelle collection baptisée « Itinéraires littéraires ».Si l’on en juge par ce premier titre, un recueil de deux douzaines de lettres écrites par Denise Boucher lors d’un voyage en Italie, c’est un riche filon qui s’ouvre avec cette collection.L’Hexagone, dont le catalogue comporte les plus grands noms parmi nos poètes, essayistes et romanciers, ne recule pas devant le beau risque d’élargir encore notre horizon littéraire.Ah, des lettres ! En recevez-vous encore ?Comme moi, en écrivez-vous que vous ne postez jamais parce que, bon, le téléphone est là pour dire en trois minutes l’essentiel et le superflu.Et même pour le confier à un répondeur.Plus de communication que de communion.Seule la lettre, pourtant, permet l’effusion, la réflexion méditative, l’introspection, dans un temps partagé en différé.Ce genre littéraire, peut-être le plus vieux de tous, se perd.Que nous arrive-t-il donc ?Le récit de voyage, autre grande tradition littéraire, a cédé la place au grand reportage, maintenant qu’on peut s’offrir un aller-retour pour n’importe où, même pour l’Aventure.Dans l’Italie de tous les temps, antique ou design, Denise Boucher poursuit les poètes et la poésie, flairant l’air du temps, attentive aux échos du passé.Palerme, Rome, Bologne, Florence, Milan et Venise, où l’on ne va pas mourir, bien sûr, mais Assise aussi et Ravenne et les trains toujours.« Descendre du train et troubler chaque fois, comme au début d’une histoire d’amour.« Le regard tatoué de paysages, la voyageuse voit le monde recommencer à chaque fois.» C’est à Gerry Boulet qu’elle écrit cela.Elle écrit aussi à Gaston Miron, à Gérald Godin, à Pauline Julien, à Janou Saint-Denis, à d’autres.Des poètes et des artistes.Mais aussi à sa mère, à sa soeur.Ainsi, entre les lieux qu’elle hante et le ou la destinataire, s’établit la correspondance.À Michelle Rossignol, elle parle de Rome : « .une belle vieille putain qui complote avec ses prêtres et ses marchands pour vous faire rendre l’âme.« Aucune résistance possible.« En peu de temps, tu veux avoir avec toi, sur toi, une part de cette richesse, de cette élégance, pour pouvoir être avec elle dans le charme de quelque puissance et de la beauté elle-même.[(.] « Me voilà en train de vouloir ma part d’éternité.« C’est la tentation de la fille.Et la tentation de l’esprit.» Le tapage qui a entouré Les Fées ont soif risque d’avoir occulté l’oeuvre poétique de Denise Boucher.Sait-on aussi qu’elle a écrit des chansons pour Pauline Julien et Louise Forestier ?C’est sans doute au poète et au parolier que l’on doit dans ses lettres cette prose elliptique, aux formules percutantes et puissamment évocatrices.Sans doute aussi au fait que, destinées à être lues à la radio, l’auteur de théâtre les a façonnées comme des bijoux sonores.Parce que l’écrivain sait lire les traces de l’art et de l’histoire, le passé et le présent se rejoignent dans l’espace et le temps absolus du voyage.Alors la nature se met à imiter l’art.« La terre italienne me parle d’Os-car Wilde.Pour prouver mon sentiment, il faisait remarquer que, depuis les peintres impressionnistes, le ciel français s’est mis à prendre des nuances de mauve et à montrer quelques taches violettes que personne n’aurait pu y percevoir auparavant.» Alors elle voyage avec Dante et Michel-Ange, Galilée, Pirandello et Stendhal dans ce pays où, dit-elle, les policiers roulent en Alfa-Romeo et les femmes en BMW, où elle refuse de boire le café de McDonald et de s’acheter une bénédiction du pape.Elle raconte les hôtels sans chauffage et l’arrivée d’un printemps italien.Tout lui parle de nous puisqu’elle correspond et ne se départit jamais de cet humour de gros bon sens qui serait peut-être une caractéristique « made in Québec ».« Di sons que les trois grandes religions de l’Italie sont le catholicisme, le communisme et l’automobilisme, qui est d’ailleurs en train de faire sauter les deux premières.À chaque époque ses dieux ! » Ce qui m’amène à croire qu'ici, nous serions passés de la première à la troisième en faisant l’économie de la seconde.Denise Boucher, quant à elle, tire de son voyage à l’italienne un constat très positif : « Je suis née sur le bon continent et à sa meilleure époque.Nous sommes en train de créer no tre propre civilisation.» Qu’on ne se refuse pas cette invi tation au voyage.DENISE BOUCHER : Le tapage qui a entouré Les Fées ont soif risque d'avoir occulté son oeuvre poétique.Si Ringuet n’avait pas regardé l’atlas PHOTO HARVEY RIVARD JEAN PANNETON.LE CHOIX DE JEAN PANNETON DANS L’OEUVRE DE RINGUET Les Presses laurentiennes Québec, 1987, 79 pages.L’ÉVANGILE AU NATUREL Jean Panneton éditions Paulines Montréal, 1986, 134 pages MADELEINE OUELLETTE-MICHALSKA IL FUT un écrivain renommé.Il fut l’un des intellectuels les plus prestigieux de son temps.Honoré par des prix — le David, le prix du Gouverneur général, le prix de l’Académie française —, il paraît sombrer dans l’oubli au fur et à mesure que le temps passe et que notre système d’enseignement rend la littérature anachronique.Qui lit aujourd’hui Philippe Panneton, médecin de profession, qui signait du nom de sa mère, Ringuet, et dont le célèbre Trente arpents, traduit dans plusieurs langues, qui figure dans la collection « J’ai lu » de Flammarion depuis le début de cette décennie, appartient au répertoire de la littérature mondiale ?Cette remise en orbite est due à son neveu, Jean Panneton, qui avait déjà signé un ouvrage sur Ringuet dans la collection « Ecrivains canadiens d’aujourd’hui » chez Fides en 1970.Montréal ne détient plus le monopole de l’édition.Cette fois-ci, Le Choix de Jean Panneton dans l'oeuvre de Ringuet est offert par les Presses laurentiennes de Québec où, assez récemment, Saint-Denys Gar-neau, Marcel Dubé, Yves Thériault et d’autres ont été ajoutés à la liste déjà longue d’anthologies publiées par cette maison.Nous connaissons surtout le Ringuet romancier qui parut nous décrire tels que nous étions ou tels que nous devions être ( Trente arpents, Le Poids du jour, Fausse Monnaie).Le David honora son recueil de pastiches, À la manière de.écrit en collaboration avec Louis Francoeur, qui n’est portant pas son meileur livre.Mais la tradition eut quelques bonnes raisons de se méfier de l’essayiste.Untel, décédé entre 1821 et 1835 DICTIONNAIRE BIOGRAPHIQUE DU CANADA volume VI (1821-1835) sous la direction de Frances G.Halpenny et Jean Hamelin Québec, Presses de l'Université Laval, 1987, XXX, 1,047 pages YVAN LAMONDE UN « HARLEQUIN » historique que ce nouveau tome du Dictionnaire biographique du Canada (DBC) qui comprend des personnages décédés entre 1821 et 1835 ?Pourquoi pas, en partie, avec ces histoires d’amour — est-ce la nouvelle histoire de la « vie — Evitez la fumée Pour mieux respirer V__________ privée »?— de madame Saint-Laurent ou d’Anne Powell ?Le DBC grouille de toute la vie sociale du 19e siècle : la concubine Marie-Catherine Delezenne est là, inconnue du forgeron Burley pendu haut et court, des meurtriers French, Kain, McCarthy, Mary Thompson, des pêcheurs, trappeurs, bûcherons, Cull, Lundrigan, Peyton de Terre-Neuve, de l’esclave noir Black Harry de Brockville, du guide micmac Sylvester Joe, de Mgr Plessis, du patriote Bourdages, du seigneur loyaliste de Saint-Ours, de l’artiste Baillargé, du commerçant de campagne Bouc.Le DBC est un peu comme une histoire à panneaux : le panneau d’une J période de décès ouvre les panneaux des périodes de la naissance, de l’apogée et du déclin des personnages.Le présent volume de personnages décédés entre 1821 et 1835, par exemple, fait reculer le lecteur jusqu’à la Révolution américaine, à 1789, à la guerre canado-américaine de 1812, et ce, à travers la biographie de gouverneurs mais aussi de loyalistes établis en Nouvelle-Écosse, au Nouveau-Brunswick ou dans les Cantons de l’Est.Frobisher et McGilli-vray de Montréal nous font remonter à la traite des fourrures dans l’Ouest, à la guerre sans merci de la Hudson’s Bay et de la North-West Company, à la confrontation avec les Amérindiens.Et, bonne nouvelle, la DBC explore actuellement les difficultés et possibilités d’entrer dans le 20e siècle.Car deux tomes seulement sont à paraître : le VII (1836-1850) et le XII (1891-1900).Imaginez le tome « x » incluant les personnages décédés entre 1945 et 1960.Nouveautés vlb vlb éditeur la petite maison de la grande littérature Arturo PonAn Javier Garcia Ménde* Petite histoire du bandonéon et du tango Petite histoire du bandonéon et du tango o> de Arturo Pénon et Javier Garcia Mendez Un ouvrage merveilleux qui retrace les origines du bandonéon et du tango ét tente d’expliquer l’engouement et l’extTaordinaire diffusion, hors des frontières du pays qui l’a vu naître — l'Argentine —, de ce genre populaire aux allures gouapes.72 pages — 9.95 J LAPENSEE POLITIQUE DE La pensée politique de Gramsçi de Jean-Marc Piotte Voici la réédition de ce petit classique Ipîaru en 1970 au Québec et en France.Jean-Marc Piotte nous fait découvrir la pensée riche et nuancée de ce théoricien marxiste italien qui a grandement influencé plusieurs générations de militants et de chercheurs.304 pages — 8T95 $ Le regard critique jeté sur Christophe Colomb dans L’Amiral et le facteur ou Comment l’Amérique ne fut pas découverte (1954) — quel beau titre ! — déplaçait un certain nombre de lieux communs.Et Un monde était leur empire ( 1943), malgré ses tendances annexionnistes, réhabilitait trop les Amérindiens pour gagner la faveur populaire ou mériter la consécration de l’institution littéraire.Si Ringuet n’avait pas regardé l’atlas au-delà des trente arpents de neige, toute son oeuvre figurerait dans nos classiques.?De son neveu, prêtre-professeur qui enseigna longtemps la littérature ici et à l’Université d’Alger, j’ai également lu, pendant les vacances, L’Évangile au naturel.Rien de pédant et d’éclectique, mais des réflexions toutes simples sur la vie, l’amour, la mort, l’avenir de notre civilisation.La religion, quelques têtes d’affiche — le pape, mère Teresa, Khomeini — font partie de l’ensemble.Je laisse le mot de la fin à l’auteur qui commence un de ses textes par « un miracle, de temps en temps, ça facilite les choses ».« Si les hommes s’aimaient, les dépenses militaires seraient remplacées par les dépenses alimentaires et les avions, à tire-d’aile, iraient ré- pandre des vivres, pour nourrir les affamés, plutôt que de lâcher des engins destructeurs.Belle utopie dont il faudra prendre au sérieux la réalisation À moins que, préférant la haine à l’amour, au lieu de nous aimer les uns les autres, nous choisissons de nous éliminer les uns les autres.» Les hommes.Quel dommage qu’on ait encore oublié les femmes ! Après ce deuxième sommet de la francophonie, la proposition me semblait des plus appropriées.Pourquoi les utopies paraissent-elles s’affranchir plus aisément des bornes de l’atlas que des règles de grammaire ?Championy Toute une cueillette! Collection des grands dictionnaires P.U.F.VOCABULAIRE m l,x PSYCHANALYSÉ P 20% de rabais Collection Que sais-je?P.U.F.U UTIBVflM tatKfXt / '.v.Petit Larousse illustré 1988 T I petit mx m* rég.44,95 35,95 Larousse maxi-débutants Lamusse T"ir~i Qv i HidAl débinants Dictionnaire Bordas des synonymes, analogies, antonymes Bousslnot, Bordas 1 Dictionnaire français-anglais, anglais-français Québec/Amérique Dictionnaire thématique visuel Ouébec/Amérique Diction nui t e Visuel Guide du savoir-écrire Éd.de l'Homme du savoir-1 écrire fl fl Le bon usage Grevlsse, Erpi le rég.69,95 55,95 Wordperfect par la pratique Sybex I- - WORDPERFECT PAU LA MATIOUt Collection Les usuels du Robert •j *n Dictionnaire des E£K Robert et Collins ROBERT A COLLINS DICTIONNAIRE rég.24,95 19,95 ¦ rég.34,95 27,95 Champisny Librairie Champigny inc.Ouvert 7 jours 4474, rue Saint-Denis De 9H à 21 H Montréal 844-2587 V D-4 ¦ Le Devoir, samedi 19 septembre 1987 LE PLAISIR dpc LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es J • livres Robert Walser: une promenade vaut mille mots LA PROMENADE Robert Walser récit traduit de l'allemand par Bernard Lortholary Gallimard, 1987, 117 pages LETTRES ALLEMANDES DIANE-MONIQUE DAVIAU LE JOUR de Noël 1956, Robert Walser, cet infatigable promeneur qui reconnaissait aimer peut-être encore davantage se promener qu’écrire, fut retrouvé mort dans la neige.Walser s’est éteint comme il avait aimé vivre : en se promenant longuement dans la campagne, la forêt, la montagne.Tous les livres de Walser sont remplis de cette activité qu’il affectionnait tout particulièrement, la promenade.Plusieurs textes portent même un titre qui y fait directement référence.C’est le cas du récit La Promenade (paru en 1917) qui raconte une journée de flânerie entre ville et campagne.Le narrateur, personnage principal et héros de ce récit, est de son métier un « écrivain boudé par le succès » mais, d’une manière plus profonde encore et plus essentielle, c’est un être qui aime se promener, quelqu’un pour qui la vie est d’abord et avant tout et très simplement une longue promenade.Ce narrateur, comme, d’ailleurs, tous les héros de Walser, possède ce qu’il est convenu d’appeler le don de l'émerveillement.Cette capacité de s’émerveiller est sa vertu principale.Allant de pair avec ce talent, deux autres qualités le caractérisent fortement : la gaieté et la curiosité.Les personnages principaux, chez Walser, sont toujours des flâneurs, des rêveurs, des solitaires qui tiennent à leur solitude, des marginaux qui ne renonceraient pour rien au monde, et surtout pas pour acquérir des avantages matériels ou profiter des « bienfaits de la civilisation », aux privilèges de leur marginalité.Ce sont des clowns pour qui faire des cabrioles en toute liberté est mille fois plus important que d’être reconnus et acceptés par leurs concitoyens et plaire à la bonne conscience bourgeoise.La littérature germanique (au sens large) a, depuis toujours et à travers toutes les époques, abrité ce genre de héros que l’on retrouve chez Walser : Knut Hamsun et Hebei, pour n’en nommer que deux, ont contribué à enrichir la longue tradition littéraire du promeneur solitaire que ses concitoyens considèrent comme un paresseux, un bon à rien.Les romantiques allemands ont créé LA VITRINE DU LIVRE GUY FERLAND ESSAIS Amazing Space.Writing Canadian Women Writing, collectif sous la direction de Shirley Neu-man et Smaro Kamboureli, Longspoon/Newest, 427 pages.CE RECUEIL regroupe 38 textes d’essayistes canadiennes.En écrivant sur différents aspects de la pratique de l’écriture, elles proposent une relecture de l’histoire littéraire canadienne.Des analyses de textes (« La séduction du père dans Angéline de Montbrun de Laure Conan », par E.D.Blogett; « La Vie en prose de Yolande Villemaire », par Janet M.Paterson, etc.), des études d’auteurs (en particulier, l’oeuvre de Nicole Brossard et celle de Louky Bersianik), des essais critiques sur l’écriture féminine et ses avenues, etc., témoignent de la vitalité, du décen-trement et du décloisonnement de la littérature canadienne au féminin.ROSETTE Philippe Guilhaume, Champol lion.L’obstination d’un surdoué romantique, les éditions Radio-Monte-Carlo, coll.« Les Grandes Figures du midi », 259 pages.QUI ÉTAIT Champollion ?Quelles passions l’animaient ?Comment s’est-il intéressé aux hiéroglyphes ?C’est à ces questions que tente de répondre l’auteur.ROMAN Jean d’Ormesson, Le Bonheur à San Miniato, JC Lattès, 380 pages.LA VASTE trilogie entreprise par Le Vent du soir et continuée par Tous les hommes en sont fous s’achève avec ce dernier volet qui relate l’existence des quatre soeurs O’Shaughnessy et des quatre frères Romero, de la veille de la Deuxième Guerre jov i: r 1 U MARC II K SS A U LT Des cailloux blancs pour les forêts obscures roman / Æifîl flit Vfcÿ I mÆÆM llMïM \ mondiale aux années 60.Winston Churchill, Scott Fitzgerald et Rudolf Hess, entre autres grandes personnalités, sont mêlés à l’histoire de ces familles.Des rebondissements en perspective ! Jovette Marchessault, Des cailloux blancs pour les forêts obscures, Leméac, 165 pages.CE DERNIER volet complète la trilogie amorcée par Comme une enfant de la terre.On y trouve une avare.Noria, qui se promène à travers l’Amérique du Nord pour livrer un message de salut et d’espoir, et un écrivain, Jeanne, aux prises avec la réalité.ROLAND AUSSET LE ROMAN D’ABOUKIR mm Roland Ausset, Le Roman d'Aboukir, Actes sud, 251 pages.AU DÉPART, un article du Figaro.On aurait retrouvé, dans l’épave d’un navire, un document attestant que, lors de la bataille d’Aboukir, l’amiral de Brueys, qui se serait fait arracher la tête par un boulet anglais, était en compagnie très douteuse dans une posture pour le moins suggestive .Un notable, saisissant au passage ce fait divers.divertissant, propose à ses amis d’écrire chacun leur version des faits.Ce qui nous engage dans de véritables jeux langagiers et d’érudition à couper le souffle.POÉSIE « Humour», Vagabondages, revue de poésie, n° 67, 119 pages.CE NUMÉRO, entièrement consacré à l’humour dans la poésie, est un délice.Du jeu de mot à l’incongru, en passant par l’absurde, la poésie a toujours su donner du relief à la drôlerie.D’Audiberti à Villon, en passant (encore ! ) par Philippe Soupault, Jacques Prévert et Boris Vian, la prosodie française a toujours été tentée par le rire.Un texte éditorial de Raymond Devos, dans lequel il raconte comment ça peut se dire mais ça ne peut pas se faire de ne rien faire, donne le ton à ce recueil hilarant.PSYCHANALYSE Patrick Lacoste, La Sorcière et le transfert, Ramsay, coll.« Psychanalyse», 263 pages.À PARTIR du texte de Freud récemment retrouvé — Vue d’ensemble des névroses de transfert, que l’auteur a traduit et commenté —, Patrick Lacoste s’attaque à rien de moins qu’une réévaluation du rôle de la dimension maternelle dans la théorisation du transfert.de nombreuses versions de ce flâneur pour qui tout est poésie.Le meilleur exemple est sans doute le héros de La Vie d’un propre à rien, d’Eichendorff.Le personnage-narrateur de La Promenade est un descendant de ce propre à rien : un être qui prend son temps et se promène comme on s’adonne à un travail que l’on aime et que l’on respecte, avec sérieux, circonspection, avec enthousiasme et un brin de zèle, en y mettant beaucoup de bonne volonté et tous les efforts nécessaires au succès de l’entreprise.Au cours de sa promenade, le narrateur rencontrera bien des gens et bien des choses et fera sur chaque être et chaque objet qui se sera trouvé sur son chemin de longs commentaires parfois négatifs, parfois bienveillants, mais toujours en ac- cord avec sa vision du monde.Qu’il s’agisse d’une boulangerie à l’enseigne tapageuse, d’autos dégageant des odeurs nauséabondes, d’une fonderie métallurgique produisant un vacarme remarquable, du géant Tomzack dont on a peur, d’un très bel arbre qu’un paysan abat uniquement pour faire de l’argent, d’un dialogue muet entre un enfant confiant et un chien affectueux, ou du chant d’une jeune fille qui ravit l’ouïe du narrateur, tout se prête à la réflexion et tout peut donner ou bien l’envie de s’attarder quelques instants ou, au contraire, de poursuivre au plus vite son chemin dans l’espoir de trouver un peu plus loin, dans quelques minutes, un nouveau havre de paix qui provoquera à nouveau l’émerveillement, la conscience d’un bonheur de vivre et quelques considérations Le silence héroïque Une douloureuse interrogation sur le sens de Vamitié, de la paternité et de la loyauté LE PAUVRE COEUR DES HOMMES Natsume Sôseki traduit du japonais par Horiguchi Daigaku et Georges Bonneau Gallimard LETTRES ETRANGERES NAÏM KATTAN LE PAUVRE coeur des hommes, de Natsume Sôseki, fut publié en 1914.Son auteur, né en 1867, est mort deux ans plus tard.Cette oeuvre, par ses personnages et les moeurs qu’il décrit, appartient à une époque.Il peut être lu comme un document.J’étais très sensible, quant à moi, à la pérennité, et je dirais même à l’actualité des rapports humains que le romancier met en lumière.À première vue, le roman paraît hybride.Un jeune homme quitte sa famille pour s’installer à Tokyo.Il fait la connaissance d’un homme qui n’a pas d’occupation précise, qui n’exerce ni métier, ni profession.Il le considère comme son Maître.Il lui rend fréquemment visite, prend des repas avec lui et avec sa femme.Leurs échanges sont très restreints, leurs conversations sont très limitées et, pourtant, on les sent présents l’un à l’autre; plus, chacun d’eux a besoin de la présence de l’autre.Et c’est la qualité de leurs silences qui donne à leur lien son poids et sa dimension.Leurs histoires parallèles se déploient lentement.Le jeune homme est rappelé à son village natal où son père est malade, mais il se rétablit et l’étudiant retourne à Tokyo et à son Maître.Celui-ci laisse entendre que sa vie recouvre un secret, un passé tragique dont il ne laisse rien filter.À nouveau, le jeune homme doit rentrer chez lui, son père est mourant.Il reçoit un câble de son Maître lui demandant de venir le voir mais l’étudiant ne veut pas quitter le chevet de son père.Quelques jours plus tard, il reçoit une longue lettre.Il quitte précipitamment son père agonisant, il arrive à Tokyo mais le Maître est déjà mort.Il s'était suicidé.La lettre, c’est le récit de la vie du M aître ; elle constitue la partie centrale du roman.Le Maître était lui-même étudiant et avait loué une chambre dans la maison d’une veuve qui vivait avec sa fille adolescente.Il décide de faire partager sa chambre par un de ses camarades, pauvre, isolé, adepte d’une spiritualité puritaine.Un jour, ce camarade avoue à son compagnon son amour pour la jeune fille de la maison.Or l’étudiant en était lui-même passionnément épris.Tout le monde garde le silence, personne ne révèle ses sentiments, mais le futur Maître fait prévaloir à son camarade sa rigide spiritualité qui contredit sa passion amoureuse.Et puis, sans rien lui dire de ses propres sentiments, il demande la main de la jeune fille.La mère en informe le camarade, qui se suicide.Pour ne pas la choquer, ni s’abaisser à ses yeux, le jeune homme ne révèle pas les faits à sa future femme.Mais le secret pèsera toujours sur sa vie et il finira lui-même par se suicider.Plusieurs éléments sont impliqués dans ce roman.D’abord, le silence.Quant il n’est que mutisme, il est retrait devant la vie et lâcheté.Il n’y a qu'un moyen de surmonter ces discrétions étouffantes : aller au-delà de la mort, la provoquer.Pour le shintoïste, il s’agit d’un acte d’héroïsme.Le camarade de l’étudiant fréquentait le temple du général No-gui qui s’était suicidé le jour de la mort de l’empereur, acte d’héroïsme exemplaire.Disons, entre parenthèses, que l’écrivain contemporain Mishima, qui s’était lui aussi suicidé, fréquentait ce même temple.Le silence, vertu suprême, aboutit à la lâcheté et rend la mort, cet extrême silence, inéluctable.Un autre élément de ce roman est le rapport entre l’étudiant et le Maître.Le rapport familial est exigeant et primordial.Le fils doit fidélité et obéissance à son père.Or l’étudiant, sans recourir à un acte de révolte, choisit un père spirituel, le Maître, un père de remplacement.C’est sa manière d’affirmer sa liberté et de manifester son individualisme.Ce choix est encore plus évident quand le jeune homme quitte son père agonisant pour aller retrouver son Maître, déjà mort.Finalement, le silence, cette manière d’atteindre l’héroïsme, est aussi un étouffement volontaire du sentiment.C’est justement parce qu’il épouse cette discrétion, dans son récit, que le romancier fait éclater le sentiment, fait vivre la passion.On lit ce roman avec une émotion soutenue, longue interrogation douloureuse et toute en subtilité sur le sens de l’amitié, de l’amour, de la paternité et de la loyauté.Un voyage loufoque VACANCES ITALIENNES Roman de Walter Prévost, Presses de la Renaissance, 1987, 310 pages LETTRES^ ETRANGERES FRANÇOISE LAFLEUR SI Monsieur Félicien n’avait pas senti pointer la mort à l’horizon, serait-il parti en vacances ?Voilà qu’un beau matin, Monsieur Félicien uitte la maison de retraite où il a té placé à la suite d’un accident cardiaque.Sans prévenir personne, il part en voyage.Son fils Jean-Pierre, ahuri par la découverte de ce départ à l’impro-viste, se transforme d’une manière tout aussi subite en détective amateur.Après avoir pris connaissance d’une carte postale envoyée par son père à ses compagnons de la maison de retraite, Jean-Pierre part à son tour en voyage, accompagné de sa femme Hélène et de sa fille Corinne.Allant tous trois de surprise en surprise, de Nice à Gênes, de Rome à Milan et Venise, réussiront-ils à rattraper Monsieur Félicien ?Et qu’adviendra-t-il au terme de ces « vacances italiennes » ?Au cours du voyage, les rassurantes illusions du quotidien de chacun tombent une à une.Dessous une aventure des plus fantaisistes, se ca- chent des propos plus graves : la vieillesse, la maladie, la solitude, la mort.Mais l’auteur veut divertir le lecteur avant tout.Walter Prévost, qui exerce la profession de conducteur de trains lorsqu’il n’écrit pas de romans, s’amuse à jeter les personnages sur la route secrète de leur vérité individuelle.Il le fait avec humour et brio, car le lecteur ne pourra que rire ou du moins sourire en suivant les tribulations des quatre héros de cette comédie.Vacances italiennes est le cinquième roman de Walter Prévost qui a 31 ans.Jacques Brenner, historien de la littérature contemporaine, le range parmi « les talents singuliers de la nouvelle génération».laTcôoT 1 AU VOLANT n QUONSELEDISE sur ce qui fait justement de la vie une aventure toujours renouvelée.Il faut certainement s’apprivoiser au charme fragile des textes de Walser.C’est à la relecture qu’on découvre que derrière l’apparent laisser-aller se cachent une intention et un but.Walser affectionne le ton frivole et badin.Mais, même dans La Promenade, son texte le plus désinvolte et sûrement le plus enjoué, on peut voir que les changements de perspective, le mélange des styles et l’alternance de fraîcheur naïve et de naïveté feinte sont dictés par un art poétique certes étrange mais certain.Ethique et esthétique sont chez Walser inséparables et cette fusion donne un style d’une simplicité raffinée.Les expressions les plus galvau- dées, les compliments les plus usés redeviennent sous la plume de Walser des nouveautés et, en redécouvrant le sens des mots, on a même souvent l’impression de découvrir en même temps, comme si on les voyait pour la première fois, les objets auxquels ces mots se rapportent.Dans chaque mot, on sent l’engagement de l’auteur, la joie que lui procure l’écriture, et lçon finit par se réjouir avec lui de la ravissante beauté de l’univers qu’il crée sur papier.Les livres de Walser, justement à cause de leur style simple et raffiné à la fois, de la gestuelle très élaborée de la phrase, du ton et du rythme sur lesquels Walser joue constamment, sont très difficiles à traduire.Le travail magnifique du traducteur de La Promenade mérite d’être souligné.ÿm> UHlVlti] % /* ¦! m La pagode d’Ueno, à Tokyo : pour le shintoïste, c’est un acte d’héroïsme que d'aller au-delà de la w A " GRILLE DE " PARUTION 1987 MAGAZINES LE DEVOIR ÉCONOMIQUE: 16 OCTOBRE LES ASSURANCES LE DEVOIR ÉCONOMIQUE: 13 NOVEMBRE COMMUNICATIONS & TÉLÉCOMMUNICATIONS / LE DEVOIR ÉCONOMIQUE: 11 DÉCEMBRE PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES 88 Pour information ou réservations publicitaires (514) 842-9645 Pour réserver vos exemplaires supplémentaires: (514) 844-3361 LE PLAISIR LE PLAISLR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR Le Devoir, samedi 19 septembre 1987 ¦ D-5 Le voici, l’Agneau si doux.L’OUILLA Claude Duneton Le Seuil, 187 pages LE FEUILLETON LISETTE MORIN C?EST une fable.Mais La Fontaine, qui s’y connaissait, dont le bestiaire est nombreux et souvent cruel, n’eût jamais imaginé pareille entrée en matière.L’agneau — c’est « 1 ouilla » dans le patois qu’affectionne l’auteur — assiste horrifié à un festin de cannibales, le « rôti » étant le garçon, le serveur d’un restaurant appelé le Merry, et les convives une bande de noceurs qui ont épargné la tête de leur victime.Une tête bien bavarde, qui entame une conversation avec l’agneau, lui racontant sa pauvre vie de serveur : « Que voulez-vous ! La vie, c’est un tiroir-caisse, on y trouve ce que l’on y met.Le soir on compte la caisse, et on va se coucher.— C’est bien vrai », approuve L’Ouilla, qui a, lui aussi, la langue bien pendue, et qu’on entendra soliloquer tout au long de ce roman qui doit autant à Rabelais qu’à Lewis Carroll.Si le romancier, bien de son temps, a choisi une citation de Jean Rhys, la romancière anglaise, pour l’épigraphe de son livre, on pourrait tout aussi bien lui accoler cette réflexion interrogative d’Alice au pays des merveilles : « Et, pensait Alice, à quoi peut bien servir un livre sans images ni dialogues ?» Claude Duneton, dont le Petit Louis, dit XIV ne m’avait guère séduite, il y a deux ans, montre ici ce qu’il est : un maître des langues, la sienne, évidemment, mais également celle des vieux poètes de la Renaissance, le patois de sa Car-rèze natale (c’est à Brive que broute, rumine et s’ébroue L’Ouilla), l’anglais et même l’américain, pour quelques-uns de ses personnages.De ceux que le mouton rencontrera en Enfer.L’enfer où nous entraîne le romancier est un bien beau domaine : Lucifer, Lulu pour ses amis, est un prince débonnaire, sa fille Lise, belle et douce sous sa chevelure verte, la couleur préférée, comme de bien entendu, de la bête « brouteuse » qui est l’héroïne de L’Ouilla, et la grand-mère Dam, dans ses atours d’antan qui porte « sa poitrine au balcon » et qui parle comme parlait François Villon .Dans ses pérégrinations, entre la terre et le royaume du Diable sous terre, l’agneau de Duneton rencontre des personnages tout à fait ordinaires : un couple de jeunes Américains, chantant un negro spiritual : « Little David play on our harp, Hallelujah ! », un cycliste sur un vélo noir dont « la chaîne lançait un cri aigu à chaque tour de pédale », un maréchal de l’Empire, qui descend de son socle pour converser avec L’Ouilla .Ordinaires, ces personnages ?À la condition de croire cet étonnant fabuliste qui les présente comme tels, l’extraordinaire étant dans le traitement, la langue .fabuleuse, au sens pour une fois strictement étymologique du terme, de l’auteur de ce roman qui ne ressemble à aucun autre.Un chapitre est, d’ores et déjà, pour les historiens de la littérature contemporaine, un morceau d'anthologie.Il s’agit de l’élection du Suppôt principal de Lucifer, dans la salle de bal de son Royaume souterrain.Les « bulletins » de vote sont les poux extirpés de la barbe et des favoris des candidats.Extraordinaire de virtuosité pour un ro- mancier à l’imagination débridée, sans doute, mais jamais délirante ! Les poètes amis de l’auteur, de Paul-Jean Toulet à Jean Cocteau (désopilante, la rencontre de L’Ouilla avec un vieil Américain qui se demande si, pour Cocteau, enterré à Milly-la-Forest, le fait de manger des simples par la racine a une influence notable sur la pensée du poète : « What influence, if any at all, this feeding on herb root might bear upon Cocteau's own hne of thinking ’! »), les poètes d’hier comme ceux d’aujourd’hui accompagnent le lecteur dans les errances de cet agneau .lettré ! Si les lecteurs « professionnels » des jurys parisiens, recrus de fatigue, ouvrent L’Ouilla, en tirant les dernières nuits de leur pensum annuel, ils seront, n’en doutons pas, remplis d’indulgence envers un auteur si bien disposé à les réjouir, à les distraire de ces romans dont le linguiste Claude Hagège (Le Français et les siècles) juge qu’ils sont indigents « par excès d’intimisme » .Heureuse surprise dans la production courante, belle incursion dans les langues, la nôtre et — pour nous lecteurs québécois, celle de nos ancêtres et celle de nos voisins du Sud — le roman-fable de Claude Duneton : L’Ouilla.Photo Sophie Samama/1 Seuil CLAUDE DUNETON : Rabelais chez Lucifer, dit Lulu .Un paria sans éclat On attend toujours un vrai roman en français sur le sida LA GLOIRE DU PARIA Dominique Fernandez Grasset, 250 pages LETTRES FRANÇAISES ANDRÉ ROY LE DERNIER roman de Dominique Fernandez est, fort probablement, le premier paru en France ayant pour sujet ce virus qui sème la terreur, le sida.Semblablement écrite en état d’urgence, cette courte fiction a été rédigée en deux mois, d’où, pour une fois, l’absence de baroque ornemental recherché si caractéristique aux livres de cet auteur, le temps lui manquant certainement pour fignoler ici son « beau style ».Sommairement nous sont présentés deux « gais», Bernard (romancier de 45 ans) et Marc (étudiant en droit de 25 ans), dont la calme vie de couple sera troublée par le fléau infamant.Le sida révélera leur asso-ciabilité fondamentale.Associabilité parce que rien à partager chez eux, sauf leur désir.Jamais de repos, de certitude, de possession : une splendeur dans l’inutilité qui les rend libres mais les mène aussi sur les voies de la tragédie.De cette tragédie qui était disparue chez les homosexuels depuis leur (apparente) acceptation par la société et que regrette tant Bernard.Contrairement à Marc, le personnage-romancier ne se résigne pas à cette reconnaissance officielle : l’homosexuel en traqué, en persécuté, en paria, c’est vers ce prestige perdu qu’il en ap- pelle.Marc le comprendra quand son ami écrivain sera à l’agonie.Pourtant, Bernard n’a pas été contaminé à cause de son passé sexuel «risqué» (nombreux partenaires) mais par une transfusion de sang; victime d’un stupide accident, d’un hasard dans la distribution de flacons lorsqu’il avait été blessé à une jambe et hospitalisé.C’est une amie, Nicole, qui l’apprend à Marc, mais celui-ci devine qu’il est trop tard pour dévoiler cette vérité qui sauverait son ami d’une réputation de pestiféré — réputation tellement souhaitée.Le sida est quelque chose de providentiel : « Après s’être éparpillé à la poursuite du bonheur, de la réussite, il (Bernard) a retrouvé son unité, sa vérité profonde dans la maladie, l’exclusion, la solitude, le secret.» La mort violente était recherchée comme une rédemption chez Pier Paolo Pasolini, dans le roman Dans la main de l’ange du même auteur; ici, le sida devrait auréoler le paria que se veut encore Bernard.Pasolini fut exclu de la société dans un rituel expiatoire ; Bernard et Marc s’excluront eux-mêmes grâce à une seringue pleine d’un liquide rose : « La dose était suffisante pour les guérir tous les deux », conclut Dominique Fernandez.Le romancier nous donnera toutes les pistes pour comprendre l’attitude de Bernard et la modification de celle de son ami.Son roman est surtout placé sous la figure emblématique de Genet dont « le génie a consisté à faire flamboyer une dernière fois les magiques associations du sexe et du sang, de l’amour et de la mort, de la beauté et de la malédiction ».Le lyrisme flamboyant du cé- Genet mort, la transgression est devenue chose banale.DOMINIQUE FERNANDEZ lèbre auteur de Notre-Dame des Fleurs donnait de l’éclat à la souillure.Mais Genet est mort et la transgression est devenue chose banale, à portée de tous, acceptée, presque clean-, Marc le constatera : il est maintenant difficile d’aller loin et profondément dans l’opprobre, le scandale, l’abjection.La Gloire du paria, à l’image d’une transgression aseptisée, n’effraiera pas non plus : le roman est vide de douleur et de soufre.Ce livre est trop court, ficelé trop grossièrement et platement pour donner une réelle et poignante dimension mythique à cette histoire d’amour et de mort; il fait de Bernard moins un proscrit qu’un maso.On regrettera que cette fiction de Dominique Fernandez n’ait pas été à la hauteur du sujet.On attendra encore pour lire un vrai roman en langue française sur le sida (nous vien-dra-t-il du Québec ?).Patrice Chamoiseau remporte le prix international Loys-Masson PORT-LOUIS (AFP) - Le prix international francophone Loys-Mas-son a été remporté par le Martiniquais Patrice Chamoiseau pour son ouvrage intitulé Chronique des sept misères.[NDLR : notre collaborateur Émile Ollivier en faisait la recension dans LE PLAISIR DES LIVRES du 5 septembre.] Le résultat a été annoncé mercredi par le président du jury inter-national, le poète mauricien Édouard Maunick.Cinq ouvrages avaient été sélectionnés pour ce prix littéraire qui a été créé à l’occasion du Festival international de la mer qui a lieu actuellement dans l’île Maurice.Il s’agit de No man’s land, de Roland Brival, Chronique des sept misères, de Patrice Chamoiseau, Ca- Donald Duck chez les Lapons OSLO (Reuter) — Pour la première fois, les aventures de Donald, le populaire héros de Walt Disney, seront publiées, la semaine prochaine, dans la langue des Lapons.Quelque 150,000 Lapons vivent dans les régions arctiques de la Norvège et leurs enfants pourront enfin lire les aventures de l’irascible canard dans leur gutturale langue proche du finnois.hiers de la mort-colibri, de Patrick Édouard-Saîd, Les Possédés de la pleine lune, de Jean-Claude Fignolé, et Faims d’enfance, d’Axel.Créé par l’Association internationale francophone de l’océan Indien, dont le siège est à Paris, ce concours, organisé avec la collaboration du ministère français de la Culture et d’Air France, est doté d’un prix de 25,000 francs ($ 5,000) offert par le journal français L’Événement du jeudi et d’un séjour à l’île Maurice.Le jury international était com- posé, outre Édouard Maunick, des écrivains Antonine Mallet (Canada), Jean-Pierre Chabrol (France), Assia Djbar (Algérie), Paul Dakeyo (Cameroun), Patrice Delbourg (France), René Delpestre (Haïti), René-Werner Lambersy (Belgique) et de trois autres écrivains mauriciens : Marie-Thérèse Humbert, Madeleine Mamet et Jean Fanchette.Le ministre français de la Coopération, Michel Aurillac, présent à la cérémonie, a quitté Maurice mercredi soir pour Paris.DICTIONNAIRE GÉNÉRAL DE LA FRANCOPHONIE Tous les aspects de la Francophonie en un millier d’articles denses, apportant une solide documentation Prix de souscription de 89,95$ en vigueur jusqu’au 30 septembre.CMD CLA DDE M.DIFFUSION L TÉE SERVICES COMMERCIAUX 1544 rue Villeray, Montréal, H2E 1H1 Tél.: (514) 376-9723 Le cousin Georges n’a pas tué Maman Des phrases qui n’en finissent pas COMÉDIE CLASSIQUE Marie NDiaye P.O.L., 1987, 104 pages ALICE PARIZEAU LE DEUXIÈME roman, un jeune auteur et on a envie de découvrir un bon livre.Hélas ! 105 pages à lire plutôt longues ! La ponctuation en langue française est logique.Les phrases commencv.nt quelque part et se terminent.Il y a des points ! Marie NDiaye se plaît à ignorer cette règle, stupide il va sans dire et trop élé mentaire pour mériter d’être respectée.Par conséquent, on commence le roman qui porte, assez ironiquement d’ailleurs, le titre de Comédie classique et, d’une page à l’autre, on cherche en vain un point qui ne figure qu’à la fin.Un tour de force, on est bien d’accord, mais la trame, le style et l’histoire ne méritent pas qu’on s’y attarde.Côté personnages, il y a l’héroïne, Sophie, sa soeur Judith, le cousin Georges et Maman, les images de New York et de Paris.L’ennui plane au-dessus des mots qui se suivent.On remarque en passant une bonne description de la place de la République et l’on ne croit pas un seul instant que le cousin Georges, venu d’Amérique, va tuer Maman, comme il doit le faire en principe.Finalement le cousin Georges meurt brûlé, le feu ayant pris dans sa cravatte.L’héroïne, pour sa part, cesse d’arracher les sacs à main des vieilles dames et de voler du bois dans la forêt de Vincennes.Tout cela est raconté à la première personne, avec quelques phrases en anglais parsemées par-ci par-là, pour rendre sans doute l’évocation de l’Amérique plus crédible.La photo sur la couverture est fort jolie, le travail de l’éditeur (P.O.L.) fort soigné, mais on comprend mal pourquoi on doit lire ce roman et, à plus forte raison, l’acheter.La première réaction qu’on éprouve en refermant le livre en est une de surprise ! À force d’entendre des éloges à l’endroit des romanciers français de la nouvelle vague, de la rigueur avec laquelle les manuscrits sont sélectionnés et étudiés en France, on se plaît à y croire, mais la Comédie classique prouve, au-delà de tout doute, que cela est faux.Plus encore, on se demande pourquoi son auteur, qui avait publié son premier ouvrage, Quant au riche avenir, aux éditions de Minuit, n’a pas pu trouver quelqu’un qui l’aiderait à travailler son style, son français et à découvrir une certaine logique.Difficile de choisir une citation dans un texte dont les phrases ne finissent pas, mais voici un exemple.«.Paris ne lui apparût pas dès l’entrée dans l’extravagance, la magnificence vaguement imaginées, qu’il tombât même, abîmant son chapeau, gênant sa vue (mais il resta ob-tinément (il s'agit probablement d’obstinément) à la fenêtre), sur l’encombrement de rails, de wagons isolés, sur, de plus en plus proche, la verrière de la gare, les poutrelles métalliques, et encore de chaque côté, les sinistres bâtisses défilant identiques, souillées de suie .» (P-70).Est-il nécessaire de souligner qu’on ne peut pas tomber et en même temps rester debout à la fenêtre sans se relever entre les deux opérations ?Doit-on mentionner qu’à l’entrée de la gare d’une grande ville, telle que Paris, les wagons isolés ne peuvent encombrer les rails sous peine de provoquer un accident grave ?« Licencia poetica », d’accord, mais quand les images ne sont ni belles, ni convaincantes, il vaut mieux ne pas les décortiquer pour ne pas faire trop de peine à un auteur qui n’a pas eu la chance de rencontrer un lecteur capable, ou désireux, de l’aider. c U Le Devoir, samedi 19 septembre 1987 LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LA REVUE DES REVUES GUY FERLAND PHILOSOPHIE Philosophiques, revue de la Société de philosophie du Québec, vol.XIV, n° 1, Bellarmin, 221 pages, $1«.DANS CE NUMÉRO, on trouve un dossier sur la pensée de Michel Foucault.Un premier texte de Georges Leroux, « Le sujet du souci », traite du destin de sujet dans une histoire de la sexualité.Un deuxième article, de Michaël La Chance, « Déploiement et résistances chez Foucault », analyse l’expérience comme structure tripartite qui met en relation savoir, pouvoir et subjectivité.Dans le même numéro, on remarque un essai important d’André Paradis sur le « Pouvoir de la culture et culture du pouvoir » de même qu’un texte de Guy Bouchard sur « La métaphore heuristique de l’esclavage dans les textes féministes ».Une entrevue très intéressante avec Michel Serres, une intervention de Claude Panaccio lors des États généraux de la philosophie tenus en 1984 et des études critiques complètent ce volume.THÉÂTRE Cahier de théâtre JEV, « Alle-magnes», n° 43, 192 pages, $ 10.UN DOSSIER important sur le théâtre allemand d’aujourd’hui sert de plat de résistance à la belle revue de théâtre JEU.- mm Dans un entretien, le dramaturge et metteur en scène Wolf-gan Kolneder fait le point sur la situation du théâtre en Allemagne de l’Ouest.Maureen Martineau, quant à elle, nous parle du théâtre en République démocratique allemande ou elle a séjourné.Solange Lévesque indique quelques points de repère sur un théâtre de l’errance, en Allemagne et ailleurs.Une cartographie, abondamment illustrée, des pièces allemandes ou d’inspiration allemande jouées au Québec complète ce vaste tour d’horizon.Sans oublier un survol du colloque et du festival international tenus à Toronto : « Brecht, 30 ans après ».Dans la même lignée, Gilbert David rappelle la présence de Brecht au Québec.Un autre dossier polémique sur La Médée d'Euripide, de Marie Cardinal, montée au TNM par Jean-Pierre Ronfard, et une analyse de Human Sex par Aline Gélinas combleront sûrement les appétits les plus insatiables.CRITIQUE Liberté, « L’Autre Grèce », n° 172, 130 pages.POUR SA LIVRAISON d’août, la revue « littéraire la plus lue au Québec quoi qu’en disent ceux qui disent ne pas la lire » nous propose des poèmes de huit auteurs grecs contemporains.Le romancier Claude Bouchard nous offre sa version des faits depuis le début de l’Univers (rien de moins), dans Le Kalpa de Sandou Manquai ou la raison de l’univers.Un essai de Nancy Huston sur deux couples exemplaires (Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir, Sylvia Plath et Ted Hugues) et les chroniques habituelles complètent ce numéro.Le Beffroi, revue philosophique et littéraire, III, septembre 87, 177 pages, $ 15.À LA SUITE d’une soirée littéraire « autour de Clément Marchand », Le Beffroi nous présente un texte dialogué de Clément Marchand sur la possibilité d’une littérature québécoise autonome et un texte de présentation, c’est le cas de le dire, de Gaétan Brûlotte.Des nouvelles : « Retable », de Jean-Pierre Is-senhuth, « Petite déclaration d’amour à l’ancien IBA », de Wilhelm Schwarz traduit par Renée et Georges Blanchard, « Le Bout du monde », de Gabriel Chrétien, des poèmes de Marcel Olscamp, une réhabilitation de l’oeuvre de Jean-Marc Fréchette par Jean Basile et une entrevue avec Philippe de Saint-Robert constituent les grosses pièces de ce numéro.Ç"Estuaire LE PLI S MAUVAIS POÈME AU MONDE été mi NU Mf RO 45 NOUVELLES Stop, nouvelles, récits et contes, n° 4, 61 pages, 3 3.SI VOUS aimez les courtes nouvelles bien fignolées de jeunes auteurs encore inconnus, Stop est la revue qu’il vous faut.Jugez de la diversité des sujets : une conversation cauchemardesque dans un cimetière laisse un souvenir lancinant; un chien pas bête remplace son maître auprès de sa femme; des étreintes feintes ne conduisent à rien; une tante affreuse hante le souvenir, etc.Tout cela est écrit dans différents tons et styles.Passages, n° 12, revue éditée et distribuée par l’Association des auteurs des Cantons de l’Est, 65 pages, $4.APRÈS QUATRE années, la revue Passages continue à faire ses preuves.Dans ce numéro, des écrivains aussi connus que Claude Beausoleil, Jean-Paul Daoust, Hugues Corriveau et Yolande Villemaire, entre autres, signent des textes de poésie et des nouvelles.POÉSIE Estuaire, « Le plus mauvais poème au monde », n° 45,64 pages, 36.QUEL DÉFI ! Demander à des auteurs, tout de même respectables pour la plupart, d’écrire (ou de décrire) le plus mauvais poème au monde .Provocation ?Pourtant, le défi fut relevé par près d’une quinzaine d’écrivains.Signalons, parmi les meilleurs, les textes a’Yves Boivert (« De nos jours je prends la résolution de penser à quelque chose»), d’Antonio d’Alfonso (« Désamour »), Suzanne Jacob LE J^EFFROI REVUE PHILOSOPHIQUE ET LITTÉRAIRE III i» SEPTEMBRE IMP et Gaétan Brûlotte (« Le poète des rues »).Il ressort de ces textes que le plus mauvais poème au monde est celui qui ne rime à rien.et la vie quotidienne sans poésie.Le Nouvel Êiofzes, « Spécial femmes », analyses, commentaires, critiques, entretiens, prose, poésie, photos, extraits, contes, nouvelles.Revue de l’Association des écrivains acadiens, 118 pages, 36.DANS CETTE REVUE, des textes de création et des poèmes côtoient des analyses et des entretiens.Dans ce numéro spécial, Pierre Gérin rappelle à la mémoire un personnage haut en couleur, La Marichette (Émilie LeBlancL qui écrivit dans L 'Evangeline entre 1895 et 1898.Denis Bourque et Monique Ge-nuist analysent différents aspects de l’oeuvre d’Antonine Maillet qui, incidemment, livre un texte inédit aux lecteurs.Des entretiens avec Dyane Léger, Rose Després et Édith Comeau-Tufts nous font découvrir de nouveaux visages de la littérature acadienne.Enfin, plusieurs textes de création complètent la livraison.SOCIÉTÉ Contretemps, écologie, science, société, n“ 16, 3 3.LE NOUVEAU numéro de la revue Contretemps s’attaque à la cuisine au cobalt.Un dossier important de Ronald McKenzie fait le tour du problème de l’irradiation des aliments.Plusieurs autres articles traitant, par exemple, du chauffage et de l’acu- Suncture, complètent cette édi-on.Quatre étapes d’un tour de France Jean Gruault, scénariste, entre autres, de Mon oncle d'Amérique (ci dessus), de Resnais, a été oublié dans le Dictionnaire du cinéma J* te.M DICTIONNAIRE DU CINÉMA FRANÇAIS dirigé par Jean-Loup Passek collection « Références » Larousse, 436 pages LE CINÉMA FRANÇAIS DES ANNÉES 60 Freddy Buache 5 Continents/Hatier, 191 pages ATMOSPHÈRES, sourires, soupirs et délires du cinéma français des années 30 Raymond Chirat 5 Continents/Hatier, 238 pages LE DOCUMENTAIRE FRANÇAIS CinémAction n" 41 dossier réuni par René Prédal Cerf, 208 pages MARCEL JEAN QUATRE OUVRAGES publiés récemment s’attaquent à des pans plus ou moins larges de la cinématographie française.De ceux-là, la palme de l’ambition va au Dictionnaire du cinéma français, édité par Larousse dans la lignée du Dictionnaire du cinéma mondial paru en 1986.C’est, d’ailleurs, de ce dernier ouvrage que proviennent la plupart des articles composant le Dictionnaire du cinéma français, les autres étant des ajouts concernant principalement les jeunes auteurs (Beineix, Besson, Carax).Lors de la publication du premier dictionnaire, je n’avais pas insisté sur les omissions commises par les rédacteurs.Or je me serais tout de même attendu à ce qu’elles soient corrigées dans une édition subséquente.Mais voilà, si l’on a fait une place aux jeunes, on n’a pas semblé reconsidérer la candidature de certains artisans importants du cinéma français, ce qui est plutôt gênant.Pour des raisons relatives à l’espace, je n’en soulignerai que deux.D’abord, Jean Gruault, scénariste de première importance puisque sa filmographie compte trois Resnais (Mon oncle d’Amérique, La Vie est un roman et L’Amour à mort), quatre Truffaut (dont Jules et Jim), deux Rosselini, deux Rivette, un Godard et un Akerman.Ensuite, René Vautier, cinéaste militant dont on ne parle pratiquement plus aujourd’hui mais qui a été l’un des premiers à avoir le courage d’exposer la situation en Algérie (Algérie en flammes, 1958), en plus de réaliser plusieurs films dont, en 1971, un classique du cinéma politique : Avoir vingt ans dans les Aurès.Il faudrait aussi questionner l’arbitraire qui a commandé l’exclusion de Carole Laure, une non-française qui a pourtant tourné avec Blier, Ta-chella, Mocky, Corneau, Vianney et Dugowson, tandis que d’autres étrangers, comme les Argentins Edgardo Cozarinsky et Hugo Santiago, par ailleurs excellents cinéastes, sont présents.De même, la mise à jour semble avoir été effectuée à la va-vite, les auteurs se contentant le plus souvent d’ajuster les filmographies sans même retoucher les articles.Enfin, qu’on ait éliminé les signatures des collaborateurs à la fin des articles me semble un choix malheureux par rapport au Dictionnaire du cinéma mondial.Si j’étais Freddy Buache, Barthélémy Amengual ou Dominique Noguez, je n’aimerais pas qu’on puisse croire que j’ai écrit l’un des articles commis par le triste Claude Beylie.?Parlant de Freddy Buache, qui est aussi directeur et fondateur de la Cinémathèque suisse à Lausanne, signalons qu’il est l’auteur d’un ouvrage intitulé Le Cinéma français des années 60.À ce jour, le meilleur ouvrage portant sur cette période, qui est celle de la Nouvelle Vague et de ce qui lui a succédé, demeure celui de Claire Clouzot, paru chez Nathan en 1972 : Le Cinéma français depuis la Nouvelle Vague.Il est heureux de constater que le livre de Buache, en prenant comme point de départ la guerre d’Algérie et l’impact qu’elle a eu sur la société française, ne fait aucunement double emploi, n fallait un certain recul pour évaluer l’importance de la toile de fond algérienne dans l’évolution du cinéma français et il faut dire que Buache s’en tire intelligemment.D’une structure plutôt coulante, son livre va d’un auteur à l’autre, par simple jeu d’association, sans tenir compte des classifications, toujours arbitraires, qui se sont imposées avec le temps.Pas question, ici, d’associer un auteur à la « branche Nouvelle Vague » et un autre à la « branche Rive gauche ».Pour Buache, les années 60 du cinéma français commencent en 1957, avec les premiers soubresauts de la Nouvelle Vague, pour se terminer à Cannes, en mai français publié chez Larousse.1968.Voilà une idée tout à fait défendable à laquelle je me rallie joyeusement.Cependant, je comprends mal les motivations qui font dire à l’auteur que L’Année dernière à Ma-rienbad fut le film de l’époque.Chef-d’oeuvre incontestable, je ne vois pas en quoi le film de Resnais et Robbe-Grillet est représentatif de cette décennie, puisqu’il ne s’inscrit dans aucun courant, n’a ni antécédent, ni prolongement direct et ne reflète aucunement le contexte social et politique dont il est issu.Ici, Buache aurait gagné à mieux expliquer son choix.?Dans un autre ordre d’idées, Raymond Chirat continue de s’intéresser aux années d’avant-guerre et signe Atmosphères, sourires, soupirs et délires du cinéma français des années 30.Nostalgique à outrance, l’ouvrage est composé d’un grand nombre de magnifiques photos illustrant cette décennie, le tout complété par des légendes et par de courts textes au style vieillot.C’est beau.Très beau, même.Et luxueux, donc tout à fait inutile.Une remarque, cependant : dans les légendes des photos, on a décidé de ne pas indiquer le nom du réalisateur à coté du titre du film, ce qui est un choix douteux.?Enfin, il vaut la peine de parler du numéro de CinémAction consacré au documentaire français, parce qu’il couvre une véritable zone sombre de l’édition cinématographique.C’est René Prédal qui dirige ce numéro où l’on retrace l’évolution du documentaire français, où Ton s’attarde aux tendances, genres et esthétiques qui le traversent aujourd’hui et ou Ton se questionne sur son rôle.Des articles sur les grands auteurs — Chris Marker, Raymond Depardon et Agnès Varda — complètent l’ensemble.Parmi les études particulièrement intéressantes, nommons celle de Gérard Leblanc intitulée « La Réalité en question », celle de Sylvie Bordes et Daniel Serceau portant sur un film industriel d’Éric Rohmer, et celle de Jacques Kermabon s’attardant au monumental Cinématon de Gérard Courant.?Auteurs méconnus le ministère pour cette étape d’approbation donnent des maux de tête et des sueurs froides aux éditeurs et aux auteurs.Michel Therrien ne l’ignore pas et s’en plaint, tout comme il déplore que l’auteur de manuels n’ait pas droit à la moindre reconnaissance dans le monde de l’écriture.Michel Therrien publie chez Vé-zina éditeur.Son plus récent ouvrage, Aide-mémoire grammatical, qui s’adresse aux élèves du secondaire, s’est enlevé à 10,000 exemplaires depuis mai 1987.Vous avez bien lu : en quatre mois seulement ! Et, en trois ans, il a vendu 75,000 exemplaires de son Code grammatical en tableaux destiné aux élèves du primaire.Autodidacte, Michel Therrien a assumé pendant dix ans des tâches éditoriales, principalement aux Éditions du renouveau pédagogique.Ën relevant systématiquement les erreurs les plus fréquentes dans les manuscrits qu’il révisait et corrigeait, il a eu l’idée d’une première grammaire, publiée chez Brault et Bouthillier.Puis il a quitté son emploi pour se consacrer exclusivement à la rédaction de livres scolaires; aujourd’hui, il en vit.Mais il juge regrettable que ces auteurs soient laissés dans l’ombre.Pour remédier à cette déplorable situation, il espère qu’on créera bientôt des prix qui récompenseraient les mei-leures publications dans chaque matière, comme on le fait depuis longtemps en littérature pour chaque genre.De la même manière que sa consoeur, Anne-Marie Connolly, qui continue d’écrire en collaboration avec « ses » auteurs, qui les conseille et revoit leurs manuscrits, Michel Therrien assume l’entière préparation de ses livres, depuis la recherche, la conception et la rédaction du manuscrit jusqu’à la mise en pages, la sélection des illustrations et des couleurs, la correction des épreuves et des prêts-à-photographier.Il faut voir le résultat : des livres attrayants, colorés, qui attirent l’oeil et captivent l’attention.Dans la mesure où les auteurs de manuels scolaires, dans le domaine du français à tout le moins, suggèrent aux élèves des extraits d’oeuvres littéraires, les écrivains feraient bien de se mettre à leur écoute et d’accueillir dans les rangs de l’Unéq ces confrères et consoeurs du monde de l’enseignement qui jouent un rôle essentiel pour l’avenir même de la littérature.En ce sens, il est malheureux qu’à ce jour les auteurs de manuels n’aient pu revendiquer, au même titre que les autres écrivains, des droits d’auteur à la Commission du droit de prêt public créée par le gouvernement fédéral.Et que ne leur ait pas encore été reconnu le droit, aux dires d’Anne-Marie Connolly, de retirer les sommes qui leur sont dues — dont on devinera qu’elles sont énormes — dans le cadre de l’entente intervenue entre l’Union des écrivains québécois et le gouvernement du Québec en ce qui a trait à la reprographie dans les maisons d’enseignement.l j % L .•*.P d {S, a r 9 m w ^ J •u1 fl K rsi m Q& t Y S 1 t/ C 1 9- JT) L d [e < Co •°**: m/ w « S Ve — t l\1 e1 », » ! Pour de plus amples informations sur les tarifs publicitaires et pour les réservations, contactez Jacqueline Avril 842-9646 PHOTOS JACQUES GRENIER MICHEL THERRIEN (à gauche) et ANNE-MARIE CONNOLLY, auteurs de livres scolaires.•fhlUppe Gfngras «LE DEVOIR» de Pierre-Philippe Gingras Un livre de 295 pages qui retrace l’histoire du DEVOIR depuis sa fondation en 1910 jusqu’à son 75ième anniversaire en 1985.Commande postale seulement.Allouez de 6 à 8 semaines pour la livraison.Découpez et retournez à: Le Devoir, 75 ans.211, St-Sacrement, Montréal, Québec H2Y 1X1 Je désire recevoir.exemplaire(s) du livre “LE DEVOIR” J’inclus 19,95$ par exemplaire; (3 $ de (rais de port et de manutention inclus dans ce prix).NOM:.ADRESSE:.PROVINCE:.CODE POSTAL.MODE DE PAIEMENT: ?Chèque ?American Express ?Master Card ?Visa No.de carte de crédit.Expiration:.* Le Devoir, samedi 19 septembre 1987 ¦ D-7 LE PLAISIR foc LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es j • livres La rentrée en sciences sociales Famille, modernité, défi démographique, jeunesse et vieillissement, environnement et santé: l’édition québécoise reflète les préoccupations de la vie réelle YVAN LAMONDE L’ÉDITION dans les sciences sociales atteste clairement d’une réalité gommée ces années-ci : les sciences sociales sont branchées sur le réel, en prise directe sur la vie immmé-diate.La mutation de la famille, de la modernité et de la paternité, le défi démographique et psycho-social du vieillissement et de la jeunesse, les tendances de l’environnement urbain, ethnique et linguistique, l’évolution des paramètres de la santé et du travail constituent autant de domaines sur lesquels l’édition québécoise en sciences sociales jettera quelque lumière cette année.Le programme d’édition de l’Institut québécois de recherche sur la culture (IQRC) est, à ce titre, révélateur des tendances.L’IQRC publiera deux ouvrages sur la famille : Des mères sans alliance, de Renée Dandurand, sur la famille monoparentale, qui a aussi dirigé la parution du numéro 13 de Questions de culture sur les « Nouvelles tendances de la vie familiale ».Les éditions Saint-Martin scrutent « la famille en question » avec trois titres : un collectif d’auteurs intitulé Un amour de père sur la nouvelle paternité; une étude d’Andrée Fortin sur l’évolution de la famille québécoise, Histoires de familles et réseaux, et Accoucher autrement, sous la responsabilité de Michel O’Neill et Francine Saillant.Les PUM annoncent, d’Anna-Beth Doyle, L’Enfant et le stress familial et Leméac réédite en poche l’essai-pionnier de Maurice Champagne-Gilbert, La Famille et l’homme à délivrer du pouvoir.Ironiquement, Québec/Amérique annonce les deux titres suivants : Femmes de pouvoir en Europe, des interviews par Gilbert Tarrab, et Femmes et pouvoir au Québec sous la responsabilité d’Andréanne Lafond.L’homme, la femme, l’enfant, la famille, le temps et la mort.Un retour de valeurs universelles.L’IQRC annonce un « diagnostic » de Yves Martin et de Jacques Henripin sur Le Vieillissement de la population et une monographie de Marie-Marthe Brault, Du loisir à l’innovation, sur les associations volontaires de personnes retraitées.Les PUL couplent l’universel et le particulier avec Vieillir à travers le monde, de Georges Létoumeau et Renaud Santerre, et une étude de Serge Gagnon, Mourir hier et aujourd’hui au Québec.Les PUM, fort actives, offrent une vue panoramique qui va de la Naissance d’une population en Nouvelle-France, du démographe Hubert Charbonneau, aux Soins palliatifs pour personnes en phase terminale, d’Anne Mouren-Mathieu.Quelle vieillesse, mais aussi quelle jeunesse ?Yves Lamontagne a dirigé un collectif sur La Jeunesse québécoise et le phénomène des sans-abri (PUQ) et Shirley Roy publie, chez Saint-Martin, Hommes clochards et femmes itinérantes; Michel Dorais cherche le sens des Enfants de la prostitution (VLB) et Jean-Guy Nadeau publie, chez Fides, La Prostitution : une affaire de sens.Le temps, la vieillesse, la jeunesse.L’espace aussi.L’espace urbain scruté par Richard Morin dans la Réanimation urbaine (PUQ), sous un titre qui promet : Montréal graffiti out (VLB), de Jeanne Demers et Line McMurray qui regardent l’autre Montréal, et dans Le Tourment des formes, d’Alain Médam (HMH), qui est le tourment du cosmopolitisme montréalais.L’espace ethnique : Les Chinois de Montréal, de Denise Helly (IQRC), puis Trajectoires d’émigrés juifs marocains à Montréal (VLB), de M.Berdugo, Y.Cohen et J.Lévry.L’espace linguistique avec le diagnostic attendu d’une décennie, La Politique linguistique du Québec, 1977-1987, de Michel Plourde (IQRC), et Le Débat linguistique au Québec : la communautéitalienne et la langue d’enseignement, de MM.Taddeo et Taras (PUM).L’espace social, enfin, celui de L’Évolution des politiques sociales au Québec, 1940-1960 (PUM), de Yves Vaillancourt; l’espace de la santé : Pour une approche critique du droit de la santé (PUM), sous la responsabilité d’Andrée Lajoie et de Patrick Molinari; et l’espace du travail : Travailler comme des robots.Quelques auteurs de la rentrée littéraire en sciences humaines : de gauche à droite, DENIS MONIÈRE, MARCEL GILBERT, FERNAND DUMONT; en haut à droite : LÉON DION et DOMINIQUE CLIFT.^¦4 TRUDEL, MAURICE CHAMPAGNE- Les laïcs seraient l’avenir de l’Église Un petit livre dérangeant en guise de préparation au synode de Rome MARIE LAURIER « LES LAÏCS sont l’avenir de l’Église », ne craint pas d’affirmer et de démontrer le théologien Rémi Parent qui vient de publier un petit livre assez dérangeant sur toute la situation du laïcat dans l’Église, sous le titre Une Église de baptisés (éditions Paulines/Cerf).Un sujet fort d’actualité qui fera l’objet d’un long synode à Rome, le mois prochain.« Les laïcs devraient pouvoir aspirer à une meilleure intégration et participation dans l’Église », souligne le père Parent, rédemptoriste qui n’en finit plus de réfléchir, de façon trop idéaliste, admet-il, sur le clivage qui existe toujours entre le « ministère ordonné » et la communauté chrétienne formée de simples.laïcs : « Depuis quelques décennies, l’urgence de définir le rôle et la place des laïcs dans l’Église n’a fait que croître.Mais les réponses tardent à venir, tant dans l’ÉgUse que dans la réflexion ecclésiologique.C’est à se demander si la question est mal posée.» Le père Parent tente de répondre à ces interrogations, au cours d’une série de conférences qui le conduit, du 11 septembre au 3 octobre, aux quatre coins du Québec.« Je crois que le momentum est bien choisi, nous dit-il, compte tenu, d’abord, d’un regain d’intérêt à l’endroit de la religion, de la recherche d’une vie intérieure et de nourriture spirituelle; ensuite, en raison du synode qui devrait certainement répondre à une certaine inquiétude des chrétiens face à leur place dans l’Église.» Sous le thème de « Dignité, fierté et responsabilité chrétienne », le théologien se permettra de disserter sur l’avenir du laïc en fonction de son seul titre de baptisé à part entière et non pas de fidèle sage et soumis au pouvoir du clergé.« Je me suis toujours senti mal à l’aise devant cette opposition clers-laïcs, fortement encouragée dans les discours et les textes des autorités ecclésiales.Je ne vois pas comment un prêtre est supérieur au laïc, son ministère ne lui Lo uRA fc.Cl o uuCS Ojx u i i t r i ^ ^ membre de 0 Alcool pour Non-Buveur Alcool pour Non-Buveur André Moreau Qu'est-ce qui motive le plaisir de ne plus boire quand on a bu.pour vrai?Chaque fois que je me suis contrôlé, j'ai oublié la passion.Lutter contre son alcoolisme est dérisoire; c’est le cosmos intérieur qu'il faut libérer.La maladie est une conviction; la santé aussi.On me suggère d’accepter ce qui m'arrive dans la vie; je n’accepte rien.L’alcoolique est un grand volontaire impuissant.Si vous n’apprenez pas à apprécier positivement l’alcool et à l’aimer, vous n’irez nulle part.La société reproche à l’alcoolique de la déranger, mais elle fait le même reproche aux créateurs.Une soif frustrée ne peut être la source d’une satisfaction profonde: s’il faut cesser de boire, alors que ce soit par plaisir! A insi parle MORE A U 182 pages - 14,95$ Distribution: Québec-Livres donnant que le privilège de témoigner, d’enseigner et d’incarner au mieux sa fierté, sa dignité et sa compréhension des êtres humains.» Le père Parent voudrait renverser cette tendance de catégoriser les individus dans l’Église et il trouve encourageant l’emploi de plus en plus courant de l’expression biblique et imagée de « peuple de Dieu », encore qu’il faille bien expliquer et comprendre qu’elle englobe « tous » les baptisés, quel que soit leur statut social, professionnel ou autre.Dans son ouvrage, qu’il admet être « dérangeant » pour certains clercs peu enclins à remettre en cause, justement, la suprématie de leur rang dans la hiérarchie de l’Église, l’auteur de Une Église de baptisés démontre que le laïcat n’est pas en lui-même une réalité indépendante et qu’il n’existe que dans ses relations avec le clergé.« Jusqu’à preuve du contraire, ce sont les clercs qui font exister les laïcs comme laïcs, en s’assurant aussi le contrôle de l’Église, si bien que les rapports entre ces factions révèlent et façonnent la mentalité religieuse des chrétiens d’aujourd’hui, commente le père Parent.« En effet, la gestion des rapports avec Dieu, le Christ, les prêtres, la messe, l’Église et le monde reflète et conforte le pouvoir des clercs, en même temps qu’elle condamne les laïcs à une passivité ecclésiale.C’est cette mentalité qu’il faut changer et même si cela prend du temps, il faut entreprendre tout de suite ce travail si l’on ne veut pas perpétuer ce caractère ambigu et irréaliste des relations entre les baptisés.» Car le théologien croit fermement en une symbiose entre les clercs et les laïcs, en autant que les uns et les autres cessent de se définir comme tels en feignant d’ignorer qu’ils sont d’abord sur un même pied d’égalité comme baptisés.En somme, pour le père Parent, il faut que les clercs cessent d’être des clercs et que les laïcs cessent d’être des laïcs.« Le jour où Voir page D-8 : Laïcs ANTHROPOLOGIE ET SOCIÉTÉS VIENT DE PARAÎTRE À PARAÎTRE 1987 Volume 11 numéro 1 — 9 S ENJEUX ET CONTRAINTES: DISCOURS ET PRATIQUES DES FEMMES Deirdre Meintel, Dix ans plus tard les études féministes en anthropologie Marilyn Strathern, L'étude des rapports sociaux de sexe: évolution personnelle et évolution des théories anthropologiques Huguette Dagenais, Méthodologie féministe et anthropologie: une alliance possible Françoise Braun, Matriarcat, maternité et pouvoir des femmes Andrée Roberge, Les rapports femmes-hommes: une expression particulière d'une économie sexuée Mona Etienne, Rapports de sexe et de classe et mobilité socio-économique chez les Baoulé (Côte-d'Ivoire) et d'autres articles UNIVERSITÉ LAVAL Faculté des sciences sociales 1987 Volume 11 numéro 2 AMÉRIQUES LATINES Eckart Boege.La contradiction ethnie-nation au Nicaragua: le cas des Miskitos Pierre Beaucage.Démographie culture.politique: la condition indienne au Mexique Suzy Bermudez, L'anthropologie colombienne et les femmes Marie France Labrecque.Les femmes et le mouvement féministe mexicain et d’autres articles ABONNEMENT 3 numéros/an 18 S 12 S étudiantfe) 30 S organisme Envoyez nom el adresse, mandat ou chèque à Université Laval a/s Anthropologie et Sociétés Département d'anthropologie Cité universitaire Ouébec Canada GlK 7P4 EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE Distribution: Diffusion Parallèle d’André Blette, et Psychologie et nouveaux milieux de travail, sous la direction d’André Larocque (PUQ); Pour un travail à sa mesure, un collectif sur la réinsertion professionnelle (Fides), et Les Grèves au Ca nada : causes et conséquences (PUM), de Robert Lacroix, dont le titre crée toute une attente.Puis, chez Bellarmin, une réflexion théologique d’André Beauchamp et de Julien Harvey : Repères pour demain.Avenir et environnement au Québec.On lira aussi des oeuvres de maturité d’hommes d’une génération déjà à l’oeuvre avant le Grand Jour de 1960 : le premier de quatre volumes de Léon Dion sur le Québec de 1945 à 2000, À la recherche du Québec (PUL); une étude du toujours perspicace Dominique Clift sur la « per sonnalité canadienne », Le Pays insoupçonné (Libre Expression); un Fernand Dumont sur Le Sort de la culture, et un Marcel Rioux, Chroniques d’une saison à la Renardière (Hexagone).L’ex-député libéral d’Ahuntsic, Jean-Paul Lefebvre, nous situera Entre deux fêtes à propos de la politique québécoise de 1966 à 1976 (Stanké).Marc-Henri Soulet fera une radioscopie « française » des intellectuels québécois dans Le Silence des intellectuels (Saint-Martin).Le silence sera peut-être rompu ! Les Mémoires de l’historien Marcel Tru-del, l’auteur d’un Chiniquyet de L’Influence de Voltaire au Canada au début des années 50, évoqueront peut-être un autre silence (Boréal).Puis, enfin, un Fernand Séguin, La Bombe et l’orchidée chez Libre Expression.On annonce encore quelques « sommes ».De grands instruments de recherche : le dernier volume du Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec (1970-1979) chez Fides; le monumental Atlas historique du Canada, tome I, des origines à 1800, aux PUM ; un volume des Archives des lettres canadiennes (Fides) sur Le Nigogde 1918; la précieuse Bibliographie de l'histoire du Québec et du Canada (1946-1965), de P.Aubin et L.-M.Côté, à l’IQRC ; deux volumes de Correspondance de Paul-Émile Bor-duas et un Joseph Lenoir dans la « Bibliothèque du Nouveau Monde » des PUM.Deux sommes théoriques aux PUQ : Contributions à la critique de la raison politique, de Simon Laflamme, et Face aux Colbert.Les Letellier, Vauban, Turgot et l’avènement du libéralisme, de Luc-Normand Tellier.Deux sommes méthodologiques : Méthodologie des sciences sociales, d’Omar Aktouf (PUQ), et Introduction aux méthodes hislo-rico-critiques, de Mireille Brisebois (Fides).L’édition en histoire délaisse, cette année, le 19e siècle québécois, à l’exception d’un collectif, Contributions à l’étude du régime seigneurial ca- nadien (HMH), d une Introduction à l'histoire des sports au Québec (VLB), de Donald Guay, et d’un aperçu sur Sciences et médecine au Québec perspectives socio-historiques (IQRC), de Y.Gingras, M.Fournier et O.Keel.Trois titres sur la Nouvelle-France : André La-chance, La Vie urbaine en Nouvelle-France (Boréal), Marie-Aimée Cliche, La Dévotion en Nouvelle-France (PUL), et un volume d’iconographie de Denis Martin, Portraits des héros de la Nouvelle-France (HMH).L’image est aussi le souci de Pierre Desruisseaux qui a traduit et présente Le Québec en images (HMH), de G.M.Grant, qui voyage au Québec en 1860, et de C.Paulette, P.Lahoude et M.Tremblay, qui ont préparé un Québec à ciel ouvert ( Libre Expression), en photographies aériennes, comme Pierre Salinger l’a fait pour Paris.Jacques Rouillard, le meilleur spécialiste du domaine, publiera unè Histoire du syndicalisme au Québec (Boréal).VLB annonce la publication posthume du grand cours d’histoire ( Les Normes) de Maurice Séguin, inspirateur du mouvement indépendantiste contemporain, et la traduction de l’étude de Merrily Weisbord, Le Rêve d'une génération.Les communistes canadiens, les procès d’espionnage et la guerre froide.Trois titres, enfin, sur l’histoire internationale : L’Industrie américaine fin-de-siècle, de Bertrand Bellon et Jorge Niosi (Boréal); Capitalisme, société et culture au Japon : la première industrialisation, des origines à 1919, de Bernard Bernier (PUM), et Les Tisserands de l'histoire, une histoire du Commonwealth au moment où son auteur, Arnold Smith, y remplissait des fonctions de responsabilité (Trécarré).On annonce quatre biographies : un Nelligande Paul Wyczynski (Fides), un Ludger Duvernay de Denis Monière (Québec/Amérique), une Biographie de Justine Lacoste-Beaubien, de Madeleine Desrivières, et un Jacques Marquette découvre le Mis-sissipi, de Lucien Campeau (Bellarmin).Trois autres convergences, enfin : le politique, le technique et l’organisation.L’Hexagone annonce Autorité politique et libertés, de Yves Roy; Pouvoir, justice et non-mépris, de Gilles Lane.Denis Monière, prolifique, publiera une Introduction aux théories politiques (Québec/Amérique) et Edmond Orban, une étude attendue en français sur Le Système politique des États-Unis.Dans la collection « Positions philosophiques », l’Hexagone publie La Science comme mythe, de Yvon Johannisse, et Pour en finir avec Darwin et les théories de l'évolution, de Gilles Lane, tandis que Boréal annonce, de Christian Miquel et Guy Ménard, Les Ruses de la technique, perçue dans sa symbolique.Deux ouvrages enfin sur les organisations : de Jean Mercier, Les Québécois et les organisations (Hexagone), et une étude d’Adrien Payette sur l’efficacité des cadres et des organisations (PUQ).Beaucoup de signes à lire ! ReV!f^un'ty e^°^oe^e° c,se"e jac^A et De°'S v, oaf J ,picr'ee èaiisé,: V»c»orP .(je 9eS „ f a!'""eavix 'fl®6 i J9®9 ''6.noU
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