Le devoir, 4 juillet 1987, Cahier C
LE LE C A HîE£ LE Art Pepper: « Chaque morceau que je joue est comme un champ de bataille », déclare le grand jazzman.Serge Truffaut raconte, en Page C-2.Humeurs: De New York, Nathalie Petrowski nous dit pourquoi, dans la • grosse pomme ».le jazz ne constitue pas un événement.A moins d'écouter un guitariste paumé dans le métro .En Page C-3.Louis Lortie: Le pianiste n’est pas parv enu à « réinventer » l’oeuvre de Liszt.La chronique de Carol Bergeron, en Page C-3.Les Plaisirs de la mélancolie.Gilles Archambault nous fait l’éloge d’une bête curieuse: le conférencier.Kn Page C-3.Francine Laurendeau consacre sa chronique cinématographique à un pénible voyage: « Innerspace », et à un fort joli toutou, « Benji ».Et parlant de cinéma, on tourne « Les Portes tournantes » à Almonte, tout près d'Ottawa Lire en Page CA Les horaires, tous nos horaires.Pages C-8 et C-9 Arts visuels: Claire Gravel nous invite à visiter quarante ans de photographies britanniques.Kn Page C-10.Montréal, samedi 4 juillet 1987 Les concours de musique du Canada : une pépinière de jeunes talents FRANCE LAFUSTE LES CONCOU RS de musique du Canada, éclipsés par le Concours international de Montréal, revendiquent leur place dans le champ musical canadien.Le succès remporté depuis 29 ans par leurs lauréats leur donne raison : Louis Lortie, Marc-André Hamelin et Boris Brott ne sont-ils pas des exemples patents de la réussite de ces concours qui, en portant sur la scène de jeunes virtuoses tout frais émoulus des écoles, les propulsent au rang de vedettes internationales ?La finale nationale des Concours a lieu cette année dans le cadre du Festival d’été de Lanaudière.Lundi 6 juillet, à 19h 30, le Concert de gala de l’Orchestre Métropolitain, dirigé par Boris Brott, présentera les grands gagnants.Claude Deschamps, le directeur général et fondateur des Concours, tient bon la barre depuis toutes ces années.Convaincu du bien-fondé d’une entreprise énorme qui monopolise toutes les bonnes volontés du pays, musiciens et enseignants, il affiche une personnalité tranquille que rien ne semble émouvoir.Et pourtant ! Il lui faut cette année se débrouiller avec $ 75,000 de subventions fédérales au lieu de $ 175,000 comme l’an dernier : « L’année prochaine, il est fort possible que nous n’ayons aucune subvention.» Seul compte le succès de l’organisation pour cet homme batailleur qui aurait aimé être producteur de théâtre, de films ou de musique : « Le défi, voilà ce que j’aime.J’ai été animateur, scrip-teur, j’ai même présenté la première comédie musicale montréalaise avec Clémence Desrochers.Je me suis aussi lancé dans le théâtre non subventionné et dans le music-hall ».Existe-t-il un Claude Deschamps musicien dans tout ça ?Curieusement non, l’homme se définit avant tout comme un organisateur soucieux, au premier chef, de découvrir des talents canadiens, d’assurer la relève et d’élever le niveau de l’éducation musicale.C’est en 1958 que commence l’aventure des Concours de musique du Canada.M.Deschamps est alors président de la Société artistique des étudiants de l’Université de Montréal.Il s’occupe de 14 comités dont celui des grands concerts, de théâtre, de films et d’expositions : « J’avais créé un petit comité, Les Concerts de musique de chambre.Je faisais payer $ 0.50 à la porte.Le premier concert fut du clavecin et de la harpe avec une mezzo-soprano qui chantait des cantates du 17e et du 18e siècles.La salle était pleine à craquer.Ce dimanche après-midi-là, 22 concerts se sont succédés.» Parmi les directeurs d’écoles de musique invités, se trouvait Wilfrid Pelletier, alors directeur du Conservatoire de musique de Montréal.Lorsque M.Deschamps lui apprend qu’il veut organiser un « petit concours » avec, comme prix, une participation au concert de musique de chambre, il ne lui cache pas que le projet manque d’ambition : « Tant qu’à faire quelque chose, faites quelque chose de sérieux, faites un vrai concours.» Le Festival national de musique, ancêtre des Concours de musique du Canada, était né.L’année suivante, des comités régionaux sont formés à travers le Québec et, en 1982, les ambitions sont pleinement réalisées : les Concours réunissent les dix provinces et des Comités de l’Atlantique au Pacifique.Us sont aujourd’hui les seuls concours professionnels de musique qui fassent appel à tous les talents du pays.Les concurrents sont groupés par classes d’âge.Les plus petits ont sept ans, les plus vieux 28 ans.Ils excellent dans au moins une des sept disciplines suivantes : piano, instruments à cordes et à vent, chant, guitare classique, orgue et musique de chambre.Leurs professeurs les ont inscrits pour les préparer aux exigences ae la scène.En effet, jouer devant un jury composé de sommités internationales est particulièrement intimidant.Les petits, émerveillés par les prouesses de leurs aînés, n’ont de cesse qu’un jour ils ne leur ressemblent.« C’est là une motivation que les parents et les professeurs jugent bénéfiques.Ne se re-flète-t-elle pas dans toutes leurs ex- périences d’adultes ?souligne M.Deschamps.Des 40 candidats inscrits au départ, seuls huit musiciens ont l’insigne honneur de participer au Tremplin international qui, comme son nom l’indique, prépare les jeunes musiciens aux difficultés des concerts internationaux.Le prix consacre la perfection technique, la formation musicale et témoigne d’une personnalité artistique exceptionnelle.Avec ce passeport en main, le lauréat peut, s’il le désire, se présenter l’année suivante aux concours internationaux et rafler des prix.En 1978, André Laplante obtenait le deu-xième prix au Concours Tchaikovsky, jusque-là presque exclusivement réservé aux Russes.En 1982, Douglas Finch est lauréat du Concours international Reine Elizabeth en Belgique, en 1984, Louis Lortie remporte le Busoni d’Italie.En 1985, c’est au tour de Marc-André Hamelin de finir premier au Carnegie Hall.Mais le succès ne tombe pas du ciel, les candidats doivent interpréter 13 oeuvres musicales de mémoire devant 12 juges de renommée nationale et internationale.De 1981 à 1984, 60 % des Grands Gagnants du Tremplin international ont remporté un S render prix, lors des concours de funich, Busoni et Tchaikovsky.Plus de 80 % d’entre eux poursuivent aujourd’hui une carrière de soliste à travers le monde.« Pour faire une carrière de soliste, assure le directeur des Concours, il faut impérativement passer par les concours internationaux.» Que font alors tous ceux qui ne se classent pas premiers aux Concours du Canada ?« Ils enseignent ou jouent dans un orchestre.Bien sûr, ils ne sont pas sous les feux de la rampe, mais ils gagnent bien leur vie en faisant ce qu’ils aiment.» On est loin des années soixante où nos musiciens ne parvenaient pas à se classer, poursuit Claude Deschamps.Le Québec avait une attitude provinciale qui lui faisait oublier qu’ailleurs il y avait d’excellents musiciens, meilleurs que les siens.Y a-t-il donc lieu de se réjouir du niveau de l’enseignement musical au Canada et au Québec ?« Oui, incontestablement, m’assure-t-il.Les professeurs ont aujourd’hui des pédagogies qui mettent à la portée de l'enfant la str ucture d’une pièce.Certaines méthodes facilitent même un apprentissage précoce comme la Suzuki qui permet l’approche du violon dès l’âge de trois ans.» Le vide, laissé par les religieuses qui pendant des années ont eu l’exclusivité de l’enseignement musical au Québec, devait être comblé.Les professeurs sont sensibilisés à la nécessité des concours, ils préparent les élèves en ce sens.Quant a la création d’une École nationale de musique, M.Deschamps la considère comme un voeu pieux : « Évidemment, une école subventionnée amènerait les meilleurs professeurs.Ce sera particulièrement bon pour le chant, parent pauvre de l’activité musicale.Mais, ajoute-t-il, il n’y a rien à attendre de la politique rétrograde des gouvernements actuels.» C’est dans les concours pépinière de jeunes talents que les représentants de prestigieuses écoles étrangères viennent puiser leurs meilleurs éléments.Ainsi, Julie Rang interprétait à 11 ans aux CMC les Concerti de Paganini réservés aux virtuoses du violon.Elle est actuellement boursière au Curtis Institute américain.Patricia Shih, repérée aux Concours, interprétait des pièces si complexes que sa soeur Anne devait l’accompagner au cas où l’orchestre n’aurait pas cette partition dans son répertoire.EUe avait à peine 14 ans quand Gingold, le grand maître américain, décidait de l’accueillir gratuitement dans sa classe.Les Concours de musique du Canada sont, pour leur fondateur, un exemple que certains pays veulent imiter.En mars dernier, Claude Deschamps était invité à Lisbonne pour structurer les concours portugais.Une demande similaire a été faite par l’Espagne.Dans les prochaines années, il pourrait émerger une Société internationale de concours de musique nationaux, « à l’intérieur de laquelle, il y aurait des échanges de juges, de professeurs et, pour les ga- Photo Louis* Lemieux Dans l’ordre habituel, Catherine Morin, directrice musicale, Hélène M.Stevens, coordonnatrice de la finale nationale, et Claude Deschamps, directeur général.gnants, une série de récitals à travers plusieurs pays.» Décidément, il y a au Canada et au Québec des talents à revendre.Et la fonction première des concours, n’est-elle pas de les révéler ?Le chef d’orchestre, Wilfrid Pelletier, président des concours de 1960 à 1961, quand il entendit le petit Jean Gau-dreault, à peine âgé de neuf ans, jouer divinement du cor français, le comprit.Jean Gaudreault, le petit bonhomme de Chicoutimi, a fait du chemin depuis 1976, il est aujourd'hui deuxième cor de l’Orchestre symphonique de Montréal.« Stations », une exposition à la Place du Parc CENT ANGÈLE DAGENAIS APRÈS Aurora Borealis (1985) et Lumières (1986), le directeur du Centre international d’art contemporain (CIAC), Claude Gosselin, présente cette année — du 1er août au 1er novembre prochain — trois expositions en une à la Place du Parc, sous un thème relié non pas seulement aux oeuvres mais au fieu et au spectateur, Stations.Comme l’expliquent Claude Gosselin et le conservateur invité de cette année, Roger Bellemare, le mot « station » a plusieurs sens, tous reliés à la notion de halte, de lieu d’arrêt, de posture; de plus, il est compris dans plusieurs langues occidentales grâce à des consonnances très voisines.Cette année, on cherche donc à provoquer un « arrêt complet » du spectateur devant chacune des oeuvres comme s’il s’agissait d’un chemin de croix — l’un des sous-thèmes de l’exposition, du reste.On cherche à provoquer une réflexion sur la communication véritable qui devrait jaillir de la contemplation intense d’une oeuvre, avec celui qui l’a créée.Contrairement aux expositions de plus en plus à la mode dans les musées, appelées blocbusters, qui peuvent inciter le spectateur a « consommer » des oeuvres d’art comme on consomme de la télé, de la radio ou même de la musique, sans trop s’en imprégner, convaincu par un savant matraquage publicitaire que c’est « la » chose à faire en ville, Stations cherche plutôt à favoriser un retour sur la singularité de chaque oeuvre, isolée dans un « luxe » d’es- JOURS D’ART CONTEMPORAIN pace comme ne peuvent jamais se payer musées ou galeries.« Le blockbuster propose souvent un accrochage très serré des toiles ou un regroupement des oeuvres en trois dimensions en un nombre limité de pièces, pour permettre une circulation rapide des « milliers » de personnes qui sont attendues, explique Gosselin.Le visiteur moyen passe en général quatre secondes devant chaque oeuvre.Nous, on serait content s’il passait une grosse minute de contemplation devant chacune des oeuvres que nous lui proposerons.« Pour les blocbusters, en outre, on distrait le visiteur avec des audioguides et toutes sortes de bébelles qui ont pour fonction de l’informer, de l’éduquer mais non de favoriser sa concentration et sa prise de contact émotive et esthétique avec chacune des oeuvres», ajoute-t-il.« Nous, on lui propose de se débrancher, de prendre tout son temps, de se laisser aller à inventer des interprétations (les siennes), de se laisser séduire et imprégner par tout ce qu’il verra, d’emprunter les stations qu’un autre lui proposé.Il faut parfois prendre des chemins inconnus pour saisir des choses inconnues.» « Nous possédons ici dans les espaces du centre commercial du Parc, avec nos 40,000 pieds carrés, le plus grand musée d’art contemporain du Canada », précise encore Claude Gosselin.Cet espace abritera, croyez-le ou non, une quarantaine d’oeuvres ! Pas de surcharge de l’oeil, pas de vision latérale dérangeante, chaque oeuvre sera isolée, distanciée des autres par un espace physique important qui n’existe nulle Suite à la page C-10 ; Claude Gosselin, à g., directeur du Centre international d'art contemporain, et Roger Bellemare, conservateur invité.Photo Louise Lemieux MATSj EUR *econo C-2 M Le Devoir, samedi 4 juillet 1987 LE CAHIER DU SAMEDI ART PEPPER ¦ « Chaque morceau que je joue est comme un champ de bataille » SERGE TRUFFAUT EN 1950, alors qu’il était en tournée avec l’orchestre de Stan Kenton, une entaille s’est faite dans la vie d’Art Pepper.Ce déclic s’est produit dans la grisaille d’une chambre du Croyden Hotel, à Chicago.Dans son autobiographie intitulée « Straight Life », aux Éditions Parenthèses, ce personnage de roman noir s’en est souvenu.« Je savais.que j’irais en prison, et que je ne céderais pas, que je refuserais d’être un informateur comme tous ces escrocs, ces bons à rien, ces moins que rien qui traînaient, cette vermine oui sortait de partout, tous ceux qui détruisaient ce pays et la terre entière, les pourris, les pouilleux, les ordures qui étaient prêts à tout pour arriver à leurs fins minables; tous ces pourris qui n’avaient rien à offrir, qui n’étaient rien, ne seraient jamais rien car ils n’a- Widor et Vierne Un orgue romantique CAROL BERGERON Raymond Daveluy aux grandes orgues Beckerath de l'Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal: Charles-Marie Widor (1844-1937), Symphonie no.2, op.13; Louis Vierne (1870-1937): Cathédrales et Les Cloches de Hinckley, extraits des Pièces de fantaisie op.55; Légende, Marche funèbre, Pastorale, Prélude, extraits des 24 pièces en style libre.1er juillet, à 20 heures.ENCORE heureux que le Frère André n’ait pas été compositeur car il aurait pu, comme Charles-Marie Widor (on prononce Vidor), écrire dix symphonies pour orgue.Et puisque ces derniers sont morts en 1937, la même année que Louis Vierne, qui en a commises six, nous aurions eu droit, 50 ans plus tard, à une triple intégrale totalisant 26 symphonies.Heureusement pour nous, le saint homme s’est occupé à d’autres tâches, laissant aux deux compositeurs français le soin de léguer 16 partitions à la curiosité des organistes et des amateurs d’orgue.Si ce n’est pas trop, cela suffit.Faire découvrir des oeuvres oubliées, c’est sans doute là le principal intérêt de cette 16e édition des Concerts spirituels de l’Oratoire Saint-Joseph.Cela fait également sortir le récital d’orgue de la formule habituelle dans laquelle la place l’orgue symphonique n’occupe généralement que peu d’espace.Le répertoire romantique se résume la plupart du temps à l’oeuvre de César Franck.Toutes composées pendant le dernier quart du XIXe siècle, les Sym- phonies de Widor « rénovent totalement la technique et l’esthétique de l’orgue français », peut-on lire dans le Larousse de la Musique.Même interprétée avec beaucoup d’aisance et de naturel, sous les doigts de Raymond Daveluy, la deuxième Symphonie reste plutôt sage et un peu longue dans le déroulement de ses six mouvements.Bien harmonisée, son écriture n’en sent pas moins l’académisme poussiéreux.Que l’on aime ou pas Widor ou Vierne, il est injuste de réduire leur production à une ou deux oeuvres.On ne peut honnêtement pas juger le premier par la Toccata de la cinquième Symphonie et le second par le Carillon de Westminster op.54.Cet opus, par exemple, contient 24 pièces.Raymond Daveluy en avait inscrites quatre à son programme.Trahissant une certaine parentée avec le thème des Variations op.73 de Gabriel Fauré, la Marche funèbre se distingue des trois autres pièces par son ampleur et par la force émotive de son caractère sombre.Elève de Widor, Louis Vierne dépasse son maître sur le terrain de l’écriture harmonique.Sans être novatrice (nous sommes très loin de Bartok, Schonberg ou Stravinski) cette écriture se distingue par une recherche constante de couleur.Chez Widor, comme chez Vierne d’ailleurs, il importe à l’interprète de savoir respirer et de posséder un jeu des plus expressifs.Sûr de lui dans un répertoire qui semble si bien lui convenir, Raymond Daveluy nous a fait la démonstration que l’instrument Beckerath, dont il est le titulaire, pouvait sans problème se métamorphoser en orgue romantique.Art Pepper, à g., et Frank Butler, lors de l'enregistrement d'Among Friends en 1978.Art Pepper est la vedette d'un film merveilleux que vous pourrez savourer ce soir à la Cinémathèque québécoise à 18 h, 20 h ou 22 h.vaient pas été conçus pour être quelque chose».Jugement excessif ou observation d’un mysanthrope ?Ni l’un, ni l’autre.Musicalement il a trop donné pour qu’on lui fasse un tel procès d’intention.Il s’agit plutôt de la réflexion d’un écorche vif.D’un être hypersensible qui, dans sa chambre de Chicago, « avait retrouvé la paix de l’esprit.une paix synthétique, certes, mais après ce que j’avais enduré et fait pour transformer ma souffrance en bonheur, ça y était, vous comprenez, ça y était.Je compris qu’à dater de ce jour je serais, si vous tenez à utiliser ce mot, un junkie.C’est ce que je devins alors, c’est comme ça que j’ai vécu.Junkie je suis encore, et junkie je mourrai ».C’est ce soir, à la Cinémathèque québécoise, que vous pourrez apprécier l’excellent documentaire qu’a réalisé Don McGlynn sur ce musicien « jusqu’au boutiste ».« En public, a-t-il rappelé au magazine « Jazz Hot » en 1980, chaque morceau que je joue maintenant, ça doit être comme un champ de bataille.Il faut que je gagne.Si je perds une seule fois, c’est grave, très grave.il faut que je joue mes meilleurs trucs, que j’impressionne.quand je joue mal, j’ai envie de disparaître, je n’ose plus regarder les gens, j’ai envie d’aller me cacher».Arthur Edward Pepper naquit le le septembre 1925 à Gardena en Californie.Comme la plupart, des très grands musiciens de jazz, il commença son apprentissage musical sur la clarinette avant de choisir le saxophone au début de l’adolescence.À ce moment-là, avant la révoltion du be-bop, ses préférences vont vers Count Basie, Duke Ellington, Artie Shaw, Benny Goodman et Charlie Barnet.Il fréquente assidûment la Central Avenue de Los Angeles qui était « devenu ce qu’était Harlem autrefois ».Le Club Alabam en était le haut-lieu.C’est dans cette boîte que Teddy Edwards, Charles Mingus, Wardell Gray, Dexter Gordon faisaient des « jams » sans fin.« Dexter était l’idole de Central Avenue.Il était grand, mais son chapeau à larges bords le faisait paraître encore plus grand.Toujours habillé en zazou, il allait, voûté, son ténor sous le bras.Il avait toujours les paupières lourdes, comme s’il était continuellement défoncé et un vague sourire accroché aux lèvres ».C’est « Long Tall Dexter » qui va signaler à Pepper que le batteur Lee Young, le frère de Lester, est à la recherche d’un saxophoniste.Art Pepper, 17 ans, est engagé.Lee Young, quarante ans plus tard: « Art n’était sûrement pas meilleur à 27 ans qu’à 17, il ne connaissait pas forcément mieux son instrument, mais il savait quoi en faire.Comment ne pas trop en faire.On apprend à se contrôler.Art devait être prédestiné: à l’époque personne n’engageait un gamin de 17 ans.Le seul cas un peu semblable que je connaisse, c’est celui de Corky Corcoran, chez Harry James.Mais il n’a jamais eu les capacités d’Art.En l’écoutant, on voyait que ce n’était pas l’intrumentiste, le technicien qu’était Art.Stan Getz aussi a commencé jeune ; mais il copiait beau- coup.Il copiait Prez — Lester Young —.Ça, je ne l’ai jamais vu chez Art ».On ne le dira jamais assez, mais Art Pepper fut l’un des très rares artistes qui très tôt avait pris le parti de ne pas imiter un Lester Young ou un Charlie Parker.Il était trop individualiste et sensible pour se complaire dans un st-'le qiril n’avait pas forgé.Bien avant qu’il réalise ses premiers enregistrements pour Contemporary, ses disques sur étiquettes Savoy et Capitol témoignent de ce qui fit la différence d’Art Pepper.Il lui a fallu des années pour s’en rendre compte, des années pour en être conscient.Un soir, au Blackhaw à San Fransisco, Sonny Stitt et Art Pepper improvisent sur Cherokee.« Stitt prit le premier solo.Il a dû faire.je ne sais pas, peut-être quarante chorus.Il a dû jouer pendant près d’une heure, en faisant tout ce qu’on peut faire sur un saxophone.Tout.Puis il s’est arrêté et m’a regardé avec l’air de me dire « allez imbécile à toi ».Il me fallait y aller, ou la fermer et me lever, ou laisser tomber, abandonner, ou me tuer.J’ai tout chassé de ma tête, et c’est sorti.J’ai joué de manière éblouissante.c’est moi-même que je mettais en musique.j’ai joué, joué.À la fin je tremblais.Mon coeur battait à tout rompre.J’étais en nage, les gens hurlaient, applaudisaient.J’ai regardé Sonny et j’ai juste fait un signe de tête.Il m’a fait: « Tu y es ».Et ça y était.C’est bien de cela qu’il s’agissait».Radio-Musique il Radio-Culture 24 heures sur 24 au réseau FM Stéréo de Radio Radio-Canada Canada SAMEDI 4 JUILLET 1987 12h00 LES JEUNES ARTISTES Danièle Maheux, htb , Madeleine Bermer-Ma-gnan, p Sonate en do min.(Vivaldi); Sonatine (Milhaud); «Three Dialogues» (Fleming).-Anne-Sylvie Desgagnés, p Chansons (Gershwin) 13hOO DES MUSIQUES EN MÉMOIRE Le Folk Festival de Bonn (dern de 3) Amm Elizabeth Gagnon 14h00 L’OPÉRA DU SAMEDI «La Vie parisienne» (Offenbach) Guylaine Raphanel, Eva Saurova, Elena Vassilieva, Agnès Host.Gabriel Bacquier, Malcolm Walker, André Battedou, Armand Arapian, Choeur du Théâtre municipal de Lausanne, Orch.de ch de Lausanne, dir Jean-François Monot Prod Radio suisse romande Amm Jean Deschamps 18h00 MÉLODIES Kerry Ann Kutz.mezzo, E Greenberg, p 18h30 MUSIQUE DE TABLE «Valse oubliée» no 1 (Liszt), Symphonie no 36, K 425 «Lmz» (Mozart); Suite pour violoncelle et orchestre, op 16 (Saint-Saëns), extr «Années de pèlerinage Italie» (Liszt), Danses slaves nos 15 et 16, op 72 (Dvorak) Amm Jean-Paul Nolet 20h00 ORCHESTRES AMÉRICAINS Orchestre symphonique de Chicago, dir James Levme, Shlomo Mintz, vl Ouverture «Carnaval».Concerto en la min , op 53 (Dvorak), «En saga», Concerto en ré min , op 47 (Sibelius) James Levme 22h00 LES MUSICIENS PAR EUX-MÊMES Inv Bruno Rigutto, pianiste Int Georges Nicholson 23h00 JAZZ SUR LE VIF Concert enregistré lors du Festival International de Jazz de Montréal I986 En vedette Jaki Byard Amm Michel Benoit DIMANCHE 5 JUILLET 1987 OhOO MUSIQUES DE NUIT La nuit, des musiques de toutes les époques et de tous les pays vous accompagnent jusqu’à l’aube Amm Monique Leblanc 5h55 MÉDITATION «Faire la vérité» (Bernard Ronze).6h00 LA GRANDE FUGUE 1re h.: «Suite bretonne» pour orgue, op 6I (Dupré); Suite en si min pour flûte (Handel); Sonate pour piano, op 2 no 3 (Beethoven) -2e h.: Sonate en trio, BWV 1037 (J S Bach); Concerto en do min pour flûte et cordes, R 441 (Vivaldi); «Consort Lessons» (Morley); Concerto en ré pour trompette, deux hautbois, basson et b.c.(Telemann) - 3e h.Études pour piano, op 10 nos 1 à 5 (Chopin), Concerto pour clarinette, K 622 (Mozart).«Jour de noces à Troldhaugen* (Grieg).Anim Gilles Dupuis 9h00 MUSIQUE SACRÉE Concert enregistré en l’église du Collège St-Michel dans le cadre du Festival de musique sacrée de Fribourg Oeuvres polyphoniques des XVIe et XVIIe siècles: Ens.vocal de la Chapelle royale, dir Philippe Herreweghe Amm.Gilles Dupuis.10h00 RÉCITAL Paul Marcotte, cor; Michel Fournier, p Sonate, op 28 (Danzi); Notturno (Seiber) 10h30 LES GOÛTS RÉUNIS «L’Itinéraire musical du chevalier de Ergefun-den» (4e de 12) Anim.Michel Keable 11h30 CONCERT INTIME Francine Voyer, Michèle Gariépy, fl.; Michèle Patry, p Trio, op 119 (Kuhlau); «Valse di bra-vora», op 33 (F et K Doppler).12h00 POUR LE CLAVIER Samson François (4e de 6): Concerto no 2, Études, op 10 no 10 et op 25 no 5, Ballade no 4 (Chopin) Inv Pierre Brunei.Int.Pierre Rainville 13h00 TRÉSORS D’ARCHIVES 2e de 11.Entretiens avec les chefs d’orchestre Igor Markevitch (1912-1983) et Hans Ros-baud (1895-1962).Int Maryvonne Kendergi.14h30 CONCERT DIMANCHE Orchestre symphonique du Sud-Ouest de l’AI- ' lemagne, dir Michael Gielen; Steven Bishop, p Rhapsodie pour orchestre «Taras Bulba» (Janacek); Concerto no 25, K 503 (Mozart); Symphonie no 6 «Pastorale» (Beethoven).Amm Jean Deschamps 16h30 LES GRANDES RELIGIONS «L’Évangile et les cultures» (44e) «Le droit, les institutions et les moeurs, du Xle au Xllle siècles» Inv Raymond Lemieux Consultant Gilles Langevin, s j , de l’Université Laval Amm Diane Giguère 17h00 TRIBUNE DE L’ORGUE 25e anniversaire de l’inauguration de l’orgue Beckerath de l’église Immaculée-Conception de Montréal Concert de Réal Gauthier Amm Michel Keable 18h00 QUE LES PEUPLES CHANTENT De Radio-Cologne Anim Jean Deschamps 18h30 MUSIQUE DE TABLE Nocturne pour harpe (Glmka); Symphonie no 8 «Inachevée» (Schubert), extr Concerto en ré pour flûte (Frédéric II); «Images» (Debussy); Octuor, op 20 (Mendelssohn) Amm Jean-Paul Nolet 20h00 MUSIQUE ACTUELLE «Musica 86» Concerto pour hautbois (Maderna), «Stimmung» (Stockhausen).Chroniqueur Robert Léonard Amm.Catherine Perrin 22h00 COMMUNAUTÉ DES RADIOS PUBLIQUES DE LANGUE FRANÇAISE • «Scenes littéraires, scènes de ménages» (2e de 10) «Romantisme Lucmde et l’Éve future» Texte et anim Raymond Bellour et Nancy Huston Prod Radio France 23h00 JAZZ SUR LE VIF En vedette Art Ensemble of Chicago Anim Michel Benoit LUNDI 6 JUILLET 1987 0h00 CAP SUR LA NUIT Amm Thérèse Floréa 5h55 MÉDITATION «Comportement et foi chrétienne» (Bernard Ronze) 6h00 LES NOTES INÉGALES Amm Francine Moreau 9h00 UN ÉTÉ EN MUSIQUE Pour le plaisir de rencontrer Émile Dalcroze.Vladimir Ashkenazy, George Sand, John Dow-land et Allesandro Stradella Amm Catherine Perrin 11h30 LES JEUNES ARTISTES Claude Webster, p «Après une lecture du Dante» (Liszt), Mazurka (Bermer); Nocturne (Moisse) 12h00 PRÉSENT-MUSIQUE Magazine d’actualité musicale sous forme de reportages, de chroniques et d’entrevues en provenance du pays et des principales capitales de la musique.Anim Georges Nicholson et Françoise Davome 13h00 AU GRÉ DE LA FANTAISIE Concours-énigme Anim.Colette Mersy 16h00 AU COEUR DE L’ÉTÉ • Magazine d’actualité culturelle.Chroniqueurs Réjane Bougé, Marie-Andrée Bizier, Claire Leroux, Jacques Lacoursière.Journaliste: Marie-Claude Trépanier Animation: Ginette Bellavance Reportage en provenance de Vancouver 17h00 LATITUDES* «Tours de Bretagne» (1re de 9).Veuillez prendre note qu’en raison de la diffusion d’un Concert en direct à 19h30, rémission L’Air du soir est retirée de l’horaire aujourd’hui.17h30 MUSIQUE DE CHAMBRE Amm Aline Ouellet.19h30 CONCERT EN DIRECT De la salle Rolland-Brunelle du Cégep de Jo-liette dans le cadre du Festival d’été de La-naudière, concert gala de la 29e Finale nationale des Concours de musique du Canada L’Orchestre Métropolitain, dirigé par Boris Brott accompagnera les principaux gagnants de la section «Tremplin international».Cette année, les oeuvres inédites ont été commandées au compositeur André Lamarche.Anim.Michel Keable.21h30 LES TRÉSORS DU THÉÂTRE • «Montréal à la belle époque» (dern.de 2).Inv.Renée Noiseux-Gurik.Int et anim.Michel Vais et Pierre Lavoie 22h00 LA COMÉDIE MUSICALE AU CINÉMA • 2e de 8 Des années 30 à aujourd'hui, les grands moments de la comédie musicale française et américaine Anim Richard Gay et Jean-Marie Poupart.23h00 JAZZ-SOLILOQUE «Three O’Clock in The Morning»: Dexter Gordon.«Billie's Bounce» Stan Getz/J.J.Johnson; «Swing to Bop» Charlie Christian, «502 Blues» Wayne Shorter, «Explain»: Paul Bley; «Darn That Dream» Clifford Jordan; «I Mean You» Eric Le Lann.Anim.Gilles Archambault.MARDI 7 JUILLET 1987 0h00 CAP SUR LA NUIT Anim Thérèse Floréa 5h55 MÉDITATION «L'Évangile est sous le signe du comportement.(Bernard Ronze).6h00 LES NOTES INÉGALES Anim Francine Moreau 9h00 UN ÉTÉ EN MUSIQUE Le temps d'un été chez Gustav Mahler Anim Catherine Perrin 11h30 CONCERT INTIME Eric Wilner, Il .et Stella Amar.htb.: Suite (Kay), Duo (Nelhybel); Sonate (Ginastera).12h00 PRÉSENT-MUSIQUE Anim Georges Nicholson et Françoise Davome 13h00 AU GRÉ DE LA FANTAISIE Anim Colette Mersy 16h00 AU COEUR DE L’ÉTÉ • Reportage en provenance d'Ottawa Anim Ginette Bellavance.17h00 PRÉSENCE DE L'ART • Actualités artistiques et entrevues de tond avec des personnalités du monde artistique Amm Christiane Charette.Gilles Daigneault et Rober Racine 17h30 L'AIR DU SOIR Un bouquet des plus belles pages du répertoire lyrique et symphonique conçu spécialement pour agrémenter l'heure du souper Amm.Danielle Charbonneau 19h00 MUSIQUE DE CHAMBRE et CONCERTS EUROPÉENS De la Radio du Sud-Ouest de l'Allemagne Quatuor LaSalle.Groupe vocal de France Quatuor «Un vieux souvenir.(Gielen): «Sauh III.(Scelsi), «Un soir de neige.(Poulenc).«Nuits.(Xenakis); «Cinq rechants.(Messiaen); «Trois chansons de Charles d'Orléans.(Debussy) Anim Michel Keable 21h30 LA LITTÉRATURE ET L’EXIL • 2e de 8 «Marco Micone, venu d'Italie au Canada.Texte et int.Alain Pontaut.Lect.Vincent Davy, Linda Sorgini et Ronald France Prod Société Radio-Canada 22h30 CONCOURS DE NOUVELLES • «Auto-psy d'un nouveau-né.de Normand Giles Lect Daniel Gadouas Normand Giles, gagnant du 2e prix du Concours de nouvelles de Radio-Canada 1986-87 23h00 JAZZ-SOLILOQUE «D|ango.: André Jaume/Raymond Boni; «Wil-lisee» Dewey Redman/Ed Blackwell; «The Owl ol Cranston.Paul Motian; «A Little Booker.Max Roach Anim Gilles Archambault MERCREDI 8 JUILLET 1987 0h00 CAP SUR LA NUIT Amm Thérèse Floréa 5h55 MÉDITATION «On est de Dieu si on fait le bien» (Bernard Ronze) 6h00 LES NOTES INÉGALES Amm.Francine Moreau 9h00 UN ÉTÉ EN MUSIQUE Anniversaire de l’écrivain et poète français Jean de Lafontaine (1621-1695) Amm Catherine Perrin 11h30 RÉCITAL D’ORGUE Massimo Rossi, orgue Casavant, Chapelle de la maison mère des Soeurs Antoniennes-de-Marie, Chicoutimi Toccata prima du Second Livre.Capriccio sopra la.sol.fa, mi, ré, ut et Toccata no 9 per l’organo col contrabasso overo pédalé (Frescobaldi); Toccata prima del primo tono, Canzone francese terza del primo tono (Salvatore).Pastorale (Pasquini) Anim Michel Keable 12h00 PRÉSENT-MUSIQUE Amm Georges Nicholson et Françoise Davome 13h00 AU GRÉ DE LA FANTAISIE Amm Colette Mersy 16h00 AU COEUR DE L’ÉTÉ • Reportage en provenance de Toronto Anim Ginette Bellavance 17h00 PROGRÈS ET PERSPECTIVES • «Nutrition et maladies» (4e de 8) Anim Félix Ruffié Prod Radio France 17h30 L’AIR DU SOIR Amm Danielle Charbonneau.19h00 MUSIQUE DE CHAMBRE et CONCERTS EUROPÉENS Orch symph de la Radio du Sud-Ouest de l'Allemagne, dir Jan Latham-Koenig; Julia Conwell.sop Nocturnes et airs sur des poèmes d Ingeborg Bachmann et Symphonie no 7 (Henze) - Festival de Berlin Quatuor Kreuz-berger Quatuor no 5 (Henze) Anim.Michel Keable 21h30 LES BATISSEURS DE DICTIONNAIRES • Ire de 9 «Antoine Furetière, imagier de la cul- ture classique’».Conception et anim.Rober Racine Lect.Jacques Houde 22h00 LITTÉRATURES • «Inventer une littérature» (10e de 13).Chroniques humeurs caprices.Arthur Buies Inv Francis Parmentier, professeur de lettres à l'Université du Québec à Trois-Rivières.Anim.Robert Melançon.22h30 MÉMOIRES • 2e de 10.Inv.Jacques de Tonnancourt (dern.de 2).Int.Claudette Lambert.23h00 JAZZ-SOLILOQUE «Theme for Ernie»: Frank Foster; «These Foolish Things», «I’ll Wind»: Ella Fitzgerald; «The Hill» David Murray; «Misunderstood Blues»: Frank Foster/Count Basie Orchestra; «Society Red», «Round Midnight»: Dexter Gordon Anim.Gilles Archambault JEUDI 9 JUILLET 1987 0h00 CAP SUR LA NUIT Amm Thérèse Floréa.5h55 MÉDITATION «La nécessité de croire» (Bernard Ronze).6h00 LES NOTES INÉGALES Amm Francine Moreau.9h00 UN ÉTÉ EN MUSIQUE Anniversaire du compositeur polonais Henrik Wiemawski (I835-I880) Amm.Catherine Perrin 11h30 RÉCITAL Mariette Gendron-Bouchard.vc , Geneviève Paradis, p extr Suite pour violoncelle seul no 3, BWV 1009 (J.S Bach), Sonate en mi (Francoeur); «Prayer» et «Méditation hébrai-que» (Bloch).12h00 PRÉSENT-MUSIQUE Anim Georges Nicholson et Françoise Davome.13h00 AU GRÉ DE LA FANTAISIE Amm Colette Mersy 16h00 AU COEUR DE L’ÉTÉ • Reportage en provenance de Québec Anim Ginette Bellavance 17h00 DESTINS INSOLITES • 2e de 10 «Coco Chanel» Inv Edmonde Charles-Roux, de l’Académie Goncourt Texte et amm Dominique Blondeau et Charles Temer-son 17h30 L’AIR DU SOIR Amm Danielle Charbonneau 19h00 MUSIQUE DE CHAMBRE Amm Aline Ouellet 20H00 ORCHESTRES CANADIENS Orchestre symphonique de Vancouver, dir Tadaaki Otaka, Alicia de Larrocha, p Ouverture «Carnaval» (Dvorak), Concerto no 2 (Rachmaninov); Symphonie no 4 (Tchaikovsky) 22H00 LIBRE ÉCHANGE • Pierre Olivier s'entretient avec André-G Lapalme, pdg de Pétromont 22h30 LE CANADA FRANÇAIS.HORS QUÉBEC • 19e de 24 «Ontario» (3e de 4) Inv Fernand Carrière, rédacteur en chef de la revue Liaison Yolande Grisée, directrice du Centre des Études en civilisation canadienne-française de l'Université d'Ottawa Rech .texte et anim.Jacques Rivart 23h00 JAZZ-SOLILOQUE «C M J » Milt Jackson/Ray Brown, «Orange Was The Color of Her Dress Then Blue Silk» Charles Mingus.«Body and Soul» John Col-trane, «My Funny Valentine» Morgan King «Cleanhead Is Back in Town.Eddie «Clean-head» Vinson Anim Gilles Archambault VENDREDI 10 JUILLET I987 0h00 CAP SUR LA NUIT Amm Thérèse Floréa 5h55 MÉDITATION «Nous sommes jugés et pardonnés» (Bernard Ronze) 6h00 LES NOTES INÉGALES Amm Francine Moreau ¦iîêî» CBJ-FM 100,9 CBAF-FM 98,3 CBOF-FM 102,5 CB F-FM 100,7 CBV-FM 95,3 CJBR-FM 101,5 Chicoutimi Moncton Ottawa-Hull Montréal Québec Rimouski 9h00 UN ÉTÉ EN MUSIQUE Anniversaire de l’écrivain français Marcel Proust (1871-1922).Anim.Catherine Perrin 11h30 LA SINFONIETTA DE RADIO-CANADA Dir Gilles Auger; Concerto brandebourgeois no 3, BWV 1048 (J.S.Bach); Concerto grosso, op 6 no 4 (Corelli).12H00 PRÉSENT-MUSIQUE Anim Georges Nicholson et Françoise Da-vome 13h00 AU GRÉ DE LA FANTAISIE Anim.Colette Mersy.16h00 AU COEUR DE L’ÉTÉ • Reportage en provenance de Moncton.Anim Ginette Bellavance.17h00 VU DE SAN FRANCISCO • Dern de 10.«La planète californienne» C’est le sujet principal de préoccupation et de réflexion des Californiens Ils s’auscultent, se tâtent et s'expliquent sans cesse.D'autant plus que ce pays, qui n’a pas cent ans, possède la meilleure agence de publicité «in the world» Mais quand on y habite, perçoit-on les mêmes images?Anim Jacques Godbout et Daniel Latouche 17h30 L'AIR DU SOIR Amm Danielle Charbonneau.19h00 MUSIQUE DE CHAMBRE Amm Aline Ouellet 20h00 LES GRANDS CONCERTS Concert George Gershwin.Gail Desmarais, sop , Claudel Callender, bar , Louis-Philippe Pelletier, p ; Orchestre Métropolitain, dir.Michel Perrault «Cuban Overture», extr «Porgy and Bess», «Lullaby» pour orchestre â cordes et Concerto en fa Anim Michel Keable 22h00 SOUVENIRS D'ENFANCE ET DE JEUNESSE • «Le Voyage à Victoria» de Suzanne Jacob Lect Madeleine Arsenault 22h30 LA PEINTURE QUI S’ÉCRIT • 12e de 24 «Paul Gauguin: écrits d’un sauvage» Lect Jean Brousseau et Yves Massi-cotte Textes et rech René Viau 23h00 JAZZ-SOLILOQUE «Occurence» Phil Woods, «Blues on The Bottom» Chico Freeman, «California Blues» Howling Wolf, «Manhattan» Mel Tormé, «Giant Steps» Kenny Barron; «A Day in Vienna» Dexter Gordon; «These Foolish Things» Art Pepper, «Un poco loco» Bud Powell Anim Gilles Archambault SAMEDI 11 JUILLET I987 0h00 MUSIQUES DE NUIT Amm Monique Leblanc 5h55 MÉDITATION «C'est à moi que vous le faites» (Bernard Ronze) 6h00 LA GRANDE FUGUE 1re h.Toccata pour clavecin, BWV 913 (J S Bach); Ouverture en ré pour hautbois, trompette et cordes (Telemann), «Washa Mesa» (Neusidler), Pavanes, Bransles et Gaillardes (Le Roy) - 2e h.Concerto en ré pour viole d'amour (Vivaldi); «Les Niais de Sologne» et Deux doubles (Rameau), extr «Le Barbier de Séville» pour instruments à vent (Rossini); «Siesta» (Walton) - 3e h.: Concerto en ré pour flûte (Hoffmeister); Rondo en sol (Mozart); extr «Shéhérazade» (Rimsky-Kor-sakov); extr «Album pour les jeunes» (Tchaikovsky) - 4e h.Sicilienne (Fauré), Trio no 13, H XV/38 (Haydn); extr Symphonie concertante, K 364 (Mozart); extr «Petite suite» (Debussy); «Conversation d’une fleur et du soleil» (Ishii), «Pastorale d'été» (Honegger) Amm Gilles Dupuis.10h00 CHRONIQUE DU DISQUE Inv Davis Joachim, guitariste, Edgar Fruitier, comédien et discophile Anim Danielle Charbonneau • Émission culturelle RADIO JOURNAUX Du lundi au vendredi OhOO, 6h00, 7h00, 8h00, 9h00.12h00 et 20h00 Samedi et dimanche OhOO, 6h00, 7h00, 8h00, 12h00 et 20h00 CBF-FM 104,3 Trois-Rivières «sfr t c LE CAHIER DU SAMEDI Le Devoir, samedi 4 juillet 1987 ¦ C-3 Nathalie FETROWSKI A Humeurs Vous avez dit festival de jazz ?NEW YORK - On dit de New York que c’est la capitale du jazz.On le dit.Et c’est vrai.New York ne s’appelle pas la « grosse pomme » par hasard.Ce sont les jazzmen qui l’ont surnommée ainsi.Dans le temps, ils montaient de la Nouvelle-Orléans, de Chicago ou de Philadelphie.Ils ne venaient jamais du même endroit mais ils allaient tous dans la même direction : New York, terminus tout le monde descend.Ils arrivaient en camion ou en autobus, fourbus et fatigués, avec des milliers de kilomètres dans le corps.Et malgré la distance parcourue, malgré la sueur, malgré toutes les notes qu’ils avaient soutirées à leurs instruments, malgré tout ce qu’ils avaient pu voir, New York avait à leurs yeux valeur de symbole : le symbole de la consécration suprême mais aussi le symbole de la peur, du trac, de la « grosse pomme » qui leur nouait la gorge avant d’entrer sur scène.Aujourd’hui encore, tous les jaïzmmen montent à New York.Ils y montent, ils y jouent, ils y vivent, parfois ils y meurent.Chaque semaine dans le Village Voice, on en finit plus de compter les clubs, les boîtes, les bouges et les trous où ils sont en vedette de semaine en semaine, de mois en mois.Parfois ils ne quittent même plus la ville, à moins que ça soit elle qui ne les quitte plus.Parfois aussi lorsqu’ils ne sont pas connus, lorsqu’ils n’ont aucun endroit où jouer, ils adoptent la rue.Chaque jour, les coins de Broadway regorgent de saxophonistes solitaires qui jouent pour gagner leur vie ou pour gagner leur ciel.Sur les quais du métro aux heures de pointe, un guitariste et un batteur installés parmi les papiers gras, les canettes vides et la dernière édition du New York Times, les yeux fermés, le front plissé, jouent pour conjurer le grondement infernal du fer sur fer.Et ces musiciens paumés et mal rasés, qui mendient un peu de temps et quelques pièces de monnaie, s'entêtent envers et contre tous.Ils jouent la seule musique qu’ils connaissent, la musique que cette foutue ville leur a inculquée.Ce sont peut-être des fils de personne, des sans-abri, des sans-avenir.Mais ce sont aussi des jazzmen, des vrais de vrais.À cause d’eux et des autres, New York jazze 365 jours par année.New York ne fait pas que jazzer.New York est jazz, comme Paris est romantique.Le jazz fait partie du paysage comme la statue de la liberté.Le jazz est à ce point imbriqué dans le système nerveux de la ville, qu’un festival de jazz serait presque inutile.Il ne ferait que confirmer ce que tout le monde sait déjà.Et pourtant, une fois par année, au début de l'été, New York se paie le luxe d’un festival de jazz comme Montreux, Montréal ou Calgary.C’était la semaine dernière.J’avais découpé le programme dans les journaux.J'étais impressionnée : Miles Davis, Ella Fitzgerald, le Charlie Watts Orchestra, Omette Coleman, Dizzie Gilespie, Stanley Jordan, Ray Charles, le Modem Jazz Quartet, Stan Getz, George Schearing et Hank Jones, ils étaient tous au rendez-vous.Les jeunes, les vieux, les puristes, les avant-gardistes, les éclectiques, les princes du be-bop comme les valets de la fusion, une brochette complète réunie sous la bannière du JVC Jazz Festival.Je croyais les trouver tous au même endroit.Mais non.On les a parqués aux quatre coins de la ville, dans des salles de concert, des auditoriums et des théâtres.Jazz is back, écrivait un journa- liste.Le jazz est de retour ?Je ne savais même pas qu’il était parti.Je croyais que tous les festivals de jazz se ressemblaient.Qu’il suffisait de monter la musique pour déclencher la fête.Mais je n’avais rien compris aux subtilités des grandes villes.À leur indifférence aussi.J’ai donc acheté mes billets à prix fort Les prix réduits n’existent pas ici Et j’ai attendu qu’U se passe quelque chose.En vain.J’ai cherché les rues bloquées, les foules immenses, les concerts sur trottoirs, la bière qui coule à flot les gens qui flottent, les grands titres dans les journaux comme à Montréal, quand tout le monde ne parle que de ça et que l’événement mobilise tout ce qu’il reste de ferveur collective avant les grandes vacances ; bref je cherchais un peu d’atmosphère et de vie.De fois en fois, je me butais à un cocktail party.Perchée sur le dernier balcon, le cou tordu, les oreilles en mal d’ampli, j’ai vu des salles de concert propres et sages comme des images.J’ai vu des gens tirés à quatre jingles, de belles grandes noires assorties avec leurs maris en costumes cravate.J’ai vu une poignée de yuppies studieusement assis dans leurs sièges ou encore des gens sans âge, sans odeur et sans couleur, venus au festival parce qu’ils n’avaient probablement rien de mieux à faire ce soir-là.J’ai entendu des gens applaudir à tout rompre une jeune sensation du nom de Kenny G, un clarinettiste flamboyant mais qui n’a certes pas inventé la clarinette, et dans la même foulée, j’ai vu des gens quitter la salle au beau milieu d’un solo de Miles Davis, probablement parce que Miles était fidèle à lui-même, c’est -à-dire un peu bizarre et sa musique trop menaçante pour leurs molles oreilles.J’en ai vu d’autres bâiller pendant les roulements furieux du pianiste McCoy Tyner, et sortir sur la pointe des pieds tandis que Stan Getz allait puiser des mines de velours au fond de son sax langoureux.Pendant ce temps dans les journaux, les spécialistes n’en finissaient plus d’émettre des bulletins de santé.Le jazz se portait bien, le jazz se portait mieux que jamais.Le festival avait atteint sa pleine maturité.On avait ajouté des salles et multiplié les concerts.L'événement était un succès.Mais quelque chose ne concordait j>as entre les articles dans les journaux et ce qui se passait à l’intérieur des salles climatisées.Le festival de New York n’était pas un événement.C’é- tait une série de concerts.Point Évidemment, je n’ai pas tout vu, ni tout entendu.Je sais que deux dimanches de suite, il y avait une foule enthousiaste à Central Park et que les jazzmen fondaient sous le soleil.Je sais que samedi soir dernier à Carnegie Hall, Ruben Blades a triomphé de la froideur des murs et que les latinos, en force ce soir-là, n’ont pas laissé leur idole nationale partir sans danser une dernière salsa et couvrir de leurs cris le bourdonnement des climatiseurs.J’ai lu aussi dans les journaux que le concert d’Ornette était mémorable et celui de Hank J ones, à la fin du festival, parfaitement génial.J’avoue qu’en cours de route, j’en ai eu assez.J’ai préféré quitter le confort des salles pour aller me perdre dans le trafic ou le concert des klaxons et des pneus qui crissent m’est apparu infiniment plus intéressant.Pai terminé en beauté sur le quai d’un métro, devant le guitariste, son batteur et leur chapeau.Mon siège ne m’a rien coûté.J’étais aux premières loges.J’avais une vue imprenable sur les musiciens.Il faisait chaud.Le métro dégageait des odeurs insoutenables et pourtant, à bien y penser, ce fut mon plus beau concert du festival.Sonate en si mineur Lortie ne parvient pas à « réinventer » l’oeuvre de Liszt CAROL BERGERON Franz Liszt (1811-1886): Sonate en si mineur S.178; Trois études de concert S.144, Il Lamento, La Leggierezza et Un Sospiro; Louis Lortie (piano).Chandos CHAN 8548, disque audionumérique, texte de présentation en anglais.DANS l’avant-propos de son édition de la Sonate en si mineur (éditions Salabert no.5433), Alfred Cortot affirme sans détour qu’« entre toutes les oeuvres — elles sont près de quatre cents dont l’infatigable génie de Liszt a doté le répertoire des pianistes — il n’en est pas qui témoigne d’un plus éloquent postulat musical.» Cela ne signifie pas pour autant que ce chef-d’oeuvre ait été conçu dans un moule déjà éprouvé de la forme sonate.D’un seul tenant et d’une durée aproxi-mative de 30 minutes, ce morceau, autant par son contenant que par son contenu, s’éloigne clairement des sentiers battus par Mozart, Haydn et Beethoven.Loin du formalisme conventionnel, ce n’est pas pour autant un poème symphonique pour piano.Il n’y a pas d’histoire.C’est en vain que l’on y cherchera la trace d’un programme.Toutefois et sans que son auteur l’ait indiqué explicitement, la Sonate en si mineur nous entraîne dans le tumulte des passions, des enthousiasmes et des découragments dont Cortot dit « qu’ils s’y joignent d’une semblable ardeur et d’un pareil excès ».Précisons que ce dernier se croit autorisé à suggérer aux interprètes « l’adoption dYun argument poétique susceptible de se modeler avec une certaine vraisemblance à l’enchaînement organique des sonorités ».À jartir d’une certaine analyse de ’oeuvre, on peut se prêter à un tel exercice.Il suffit d’examiner le caractère des idées musicales principales (des trois thèmes générateurs) et de suivre leur évolution à travers l’oeuvre.Cela dit, la partition n’a pas été prévue pour les doigts inexpérimentés des pianistes amateurs.Les difficultés s’y multiplient avec une telle allégresse que seuls les professionnels les plus doués n’y laissent pas une partie de leur gloire.Ici, la témérité coûte cher a qui ne possède pas une technique instrumentale accomplie.F; La Sonate en si mineur exige de son interprète des talents comparables à ceux de son auteur.Comme pour tant de chef-d’oeuvres, elle n’est pas de ceux que l’on travaille mais de ceux que l’on réinvente.Il y a là de quoi rendre modeste tous ceux qui croient avoir tout fait, tout compris, dès lors qu’ils ont joué toutes les notes (même si cela n’est pas simple tâche).« Réinventer », voilà le mot-clef, voilà les limites où s’exerce le génie de l’interprète.Ceux qui s’en montrent capables ne sont pas plus nombreux, il faut le dire, que ceux qui créent (les compositeurs).C’est bien connu, les interprètes ne sont pas tous grands.Il y a ceux qui le sont, ceux qui ne le sont pas encore, ceux qui ne le seront jamais et ceux qui l’auront été dans certaines circonstances, le temps d’une oeuvre, de quelques concerts ou de quelques disques.Que Louis Lortie joue fort bien toutes les notes de la monumentale partition de Liszt, tous c.eux qui ont écouté son dernier disque ne peuvent en douter.Mais au-delà des notes et d’une certaine poésie qui se dégage de la maîtrise exceptionnelle de son instrument, qu’y trouve-t-on ?Fort peu, trop peu de choses.La beauté plastique du jeu pianistique ne cache hélas pas son impuissance à s’approprier l'oeuvre jusqu’à la réinventer.De loin, la reconstitution semble réussie, mais Lortie la réalise surtout en fonction de l’extérieur.Il aurait fallu aller plus loin en profondeur.Il ne suffit pas que son oreille soit toujours active — bien qu’en soi, cette qualité le distingue de nombreux pianistes.On sent que tout doit bien sonner: les octaves, les accords, les fusées de notes, les nuances etc.Il utilise merveilleusement et l’instrument et l’acoustique un peu trop réverbérante du studio d’enregistrement.À la limite, on ne lui reprocherait que le manque de contraste dans l’organisation des différents tempi de la dernière partie de l’oeuvre (à partir de la fuguette).On peut comparer l’enregistrenent de Lortie à celui du François-René Duchable (Erato num 75177).Même souci de s’attarder à l’apparence extérieure.Sur ce terrain cependant, le pianiste français se montre plus scrupuleux que son collègue québécois.Pas question de remplir cer- tains octaves de la main droite (entre les mesures 367 et 391), pas question de se soustraire aux indications de tempi, même au risque de manquer de souffle dans le prestissimo final.Petit détail intéressant, les ajouts de notes, plutôt fréquents chez les pianistes d’autrefois, se faisaient, règle générale, de manière à étoffer la basse afin de mieux colorer ou soutenir le centre et l’aigu du piano.Pour trouver une version de référence, il faut remonter assez loin dans le temps, à Horowitz, en 1932 (Angel COLH 72).À noter que ce dernier a regravé l’oeuvre en 1977 pour l’éditeur RCA.Par delà les carences évidentes de l’enregistrement, le génie de l’interprète complète, ou mieux encore, rejoint idéa- lement celui de Liszt.Chez Horowitz, le musicien, le pianiste et le virtuose se trouvent à la fois réunis dans un état d’équilibre presque parfait (on oublie facilement les quelques fausses notes, notamment dans les premières pages).Les plaisirs de la mélancolie Éloge du conférencier GILLES ARCHAMBAULT TOUT CHANGE dans la vie.Les auditoires par exemple.Mon expérience en ce domaine est bien mince, remarquez.Je n’ai pas très souvent affronté des foules dans ma longue et fructueuse vie.Mais il n’empêche que les contestataires qui vous brandissaient Mao dès qu’une mouche volait ont cédé la place à de braves jeunes gens qui veulent savoir comment s’y prendre pour devenir riche et heureux.Une chose est immuable cepen dant.Si vous êtes écrivain, ama teur d’art ou passionné de musi que, on s’attend à ce que votre per formance, que l’on souhaite brillante, soit peu ou pas rétribuée.Un romancier ami me racontait l’autre jour que, s’étant rendu dans un cégep pour parler d’écriture et de carrière, il apprit que s’il ne recevait rien pour ses services, l’a- vocat qui le suivait sur le podium récoltait deux cents dollars.À l’abri des soucis d’argent grâce à une fortune familiale et à un sens cultivé de l’économie, je ne devrais pas me soucier de ces vétilles.L’honneur toutefois me commande de dénoncer cet état de fait.Car enfin ces gens qui ne peuvent passer une soirée seuls et qui vous réclament à grands cris ont bien quelque fortune.Avec quoi paieraient-ils les.amuse-gueules et leur piquette ?Je ne soupçonne pas de ladrerie ces organisateurs de soupers culturels.Ils ne savent pas les pauvres que nos livres se vendent à mille exemplaires, et encore.Ce ne sont certes pas les discours lénifiants sur l’état de la littérature québécoise qui peuvent les éclairer.On leur apprend, par exemple, que nos livres sont étudiés en Italie.Tout de suite ils s’imaginent que les librairies de Rome et de Florence sont envahies par nos sagas laurentiennes.Et pour ne pas nous humilier, nous qui travaillons pour l’amour de l’art, ils nous glissent un cachet symbolique.C’est ce qu’ils disent, au reste, en nous tendant l’enveloppe maudite.Hélas ! rien n’est plus tellement symbolique dans ce bas monde.Vous le saurez si le lendemain vous payez (l’heureuse expression) une visite a votre dentiste.En deux tours de fraiseuse, l’homme en blanc vous bouffera le fruit de cinq conférences.J’ai déjà songé à attaquer le problème par l’humour.La tâche n’est pas mince.D’abord parce que mon coeur et ma conscience sont ulcérés.Comment puis-je me moquer de ce qui m’humilie ?J’ai tenté de le faire sans grand succès.Il y a aussi que ces gens qui veulent tout savoir sur tout, et qui se réunissent pour apprendre, ne brillent pas par leur subtilité.Ils n’apprécient guère le non sense, les mots à dou- ble entendement.Ils ne lisent pas entre les lignes, ils prennent tout pour du comptant — même les cachets ridicules qu’ils versent.À vrai dire, je ne sais quelle attitude adopter.Rester cnez moi.Probablement.J’y suis très bien, entouré de mon chat et de mes tableaux.Mais l’humanité, me dis-je, a peut-être besoin de toi.Si tu ne consens pas à soulager sa soif de culture, qui le fera ?Tu ne vas quand même pas livrer ces braves gens au poète ridicule et au penseur à cinq sous qui prendraient le relais si tu te désistes ?Ainsi donc consentirai-je pour aue temps encore à me faire ter par les associations sportives et culturelles, musicales et sociales.C’est le missionnaire en moi qui en a décidé.Un missionnaire qui, certains jours, songe à s’adjoindre un agent négociateur efficace et point trop exigeant sur les pourcentages.fil Û x' liA.SII.IQl E NOTRE-DAME ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTREAL CHARLES DUTOIÏ A t La rfllla ùwc la aartc/aaLta a/actà'ca RICHARD NIQU€TT€ Une comédie de G€RNRRD SIRD€ LES CONCERTS DEBITENT À IQHAO SIÈGES RÉSERVÉS Billets individuels 16$, 11$ et 8$ en venu aux comptoirs Ticketron ( +1,40 $ ) • aux guichets de la Place des Arts ( + 1,00$) • à la Basili(|ue Notre-Dann le jour du concerl 7 JUILLET CHARLES DUTOIT JOHN ZIRBEL, cor MOZART : Symphonie no.33, K.319 MOZART : Concerto pour cor no.3, K 447 MOUSSORGSKY-RAVEL: Les tableaux d’une exposition CE FESTIVAL EST RENDE POSSIBLE GRÂCE À U GÉNÉROSITÉ DE POWER CORPORATION OU CANADA JULIE VINCENT :NT JEAN-PIERRE MHTTE CATHERINE DOMINIC LUC GINGRRS LÉNIE SCOFFIÉ DU 19 JUIN AU 15 AOÛT Ven Si Sam de juin à 20h30 Mer au Sam juillet /août a 20h30 ncscnvmiONs ÉTÉ S' lîASII.IQl I: NOT RE-DAME ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL CHAR li S IXJTOIT (514) 464-4772 CENTRE CULTUREL DE BELOEIL C P 245.Beloeil.J3G 4T1, 600 Richelieu.Beloeil, Sortie 109 ou 112 Transcanadienne a 30 minutes de Montreal (suivez les masques) < , j h , le boulevard de l^uto St-Hyacinthe 774-2000 861-5028 (Montréal) LES CONCERTS DÉBITENT À I9IB0 SIEGES RÉSERVÉS Billets individuels 16$, 1.1$ et 8$ en vente aux comptoirs Ticketron ( -4-1 .-»(($ ) • aux guichets de la Place des Arts ( + 1, $) a la Basilique Notre IJamt le jour du concert JUILLET CHARLES DITOIT BARRY DOUGLAS, piano MOZART : Symphonie no.25, K.183 BRAHMS: Concerto pour piano no.1 CE FESTIVAL ESI RENDE POSSIBLE GRÂCE À LA GÉNÉROSITÉ DE POWER CORPORATION DU CANADA C-4 B Le Devoir, samedi 4 juillet 1987 LE CAHIER DU SAMEDI « Innerspace », un pénible voyage, « Benji », un sympathique petit toutou FRANCINE LAURENDEAU Innerspace.de Joe Dante, avec Dennis Quaid, Martin Short, Meg Ryan.Scénario: Jeffrey Boam et Chip Proser.Images: Andrew Laszlo.Musique: Jerry Goldsmith.Un des trois producteurs exécutifs: Steven Spielberg.(U S A.1987) 120 minutes.Au Loews.Benji the Hunted, de Joe Camp, avec le chien Benji.Scénario: Joe Camp.Dresseurs de Benji: Bryan L.Renfro, Frank et Juanita Inn.Images: Don Reddy (U S A.1987) 88 minutes Au Loews.VOUS souvenez-vous de ce film tout à fait passionnant qui se déroulait à l’intérieur du corps humain ?Blessé au cerveau, un illustre savant était inopérable par les voies habituelles.On allait donc réduire à une taille microscopique d’autres illustres savants et les injecter à l’aide d’une seringue hypodermique dans la carotide du patient.L’équipe salvatrice traversait d’éton-nants paysages et, après de multiples aventures, arrivait à détruire le caillot fatal.C’était Fantastic Voyage (1966), de Richard Fleischer, la production la plus coûteuse jusqu’alors dans le domaine de la science-fiction.Et le directeur de la photographie, Ernest Laszlo, déclarait dans VAmerican Cinamatogra-pher), qu’il s’agissait de son expérience professionnelle la plus complexe, la plus fascinante et la plus créatrice.Même si Innerspace ne se présente pas comme un remake de Fantastic Voyage, il n’en utilise pas moins le même thème du personnage miniaturisé qui effectue un périple semé d’embuches à l’intérieur d’un corps humain (et ici aussi le directeur de la photographie est d’origine hongroise, il s’appelle Laszlo).Le chien Benji s est donné pour mission de trouver une mère adoptive à ces petits cougars.Le lieutenant Tuck Pëndelton (Dennis Quaid) est miniaturisé, de même que son sous-marin, afin d’être injecté à l’intérieur d’un lapin.Une expérience scientifique, cela va sans dire.Mais au moment précis où l’opération va être tentée, le laboratoire est envahi par un groupe d’espions industriels.À la suite de circonstances abracabrantes, le malheureux Tuck est injecté dans la fesse de Jack (Martin Short), qui travaille dans un supermarché et qui n’a absolument rien à voir avec le drame.Poursuivi par les méchants qui l’ont rapidement dépisté, l’innocent Jack va finir par comprendre ce qui lui arrive.Avec l’aide de Lydia (Meg Ryan) et des directives que, du fond de son oreille, lui souffle son hôte inopiné, il réussira enfin à trancher ce véritable noeud gordien.Joe Dante a fait ses classes avec Roger Corman et semble particulièrement doué dans le genre fantastique : Piranha, The Howling, une participation à Twilight Zone - The Movie, Gremlins .Ici patronné par Spielberg, il a visiblement bénéficié d’un large budget.Les gadgets du laboratoire, les cascades en voitures, les effets spéciaux, les décors impressionnants pleuvent.Le scénario fourmille de bonnes idées.Mais pourquoi avoir à ce point voulu jouer la carte comique ?Tous les gags y sont gros, tous les gags y sont simplets.Dante n’est ni Mel Brook, ni Monty Python, ni Polanski, pour pouvoir se permettre de pasticher avec succès le genre où il excelle.Pourquoi ne pas s’être contenté de nous faire inquiéter tout en nous émerveillant ?L’élément suspense est constamment désamorcé par l’élément comique, on se sent juste un peu claustrophobe avec le pauvre Tuck.Quant à l’élément fantastique que représente le voyage à l’intérieur d’un corps humain, cela manque d’inspiration et de beauté, c’est même par moments un petit peu dégoûtant.Et pendant ces deux heures qui m’ont semblé bien longues, à l’instar de Magalie Noël dans la célèbre chanson de Boris Vian, je me suis répété, mais en vain : « Fais-moi peur, Joe !,.» ?La paisible municipalité d’Almonte est transformée par Les Portes tournantes ALMONTE (PC) — La vie paisible d’Almonte, petite municipalité de 4,000 habitants, à 50 km au sud-ouest d’Ottawa, est troublée cette semaine par d’autres vibrations que celles des deux trains de voyageurs VIA et des quelques convois de marchandises de CP Rail qui la coupent en son milieu plusieurs fois par jour.Le plateau de tournage du film Les Portes tournantes, d’après le ro-man de Jacques Savoie (prix France-Acadie 1982), qui en co-signe le scénario avec le réalisateur Francis Mankiewicz ( Les Bons débarras), dresse depuis dimanche dernier ses façades d’époque sur la rue principale du village, auquel on a redonné des allures de fin des années vingt, à la plus grande joie des habitants qui ne cachent pas leur enthousiasme.Déjà les touristes affluent des alentours, comme William Bolger, un monsieur de 78 ans, digne et pimpant, venu de Clayton, une campagne située à 15 km de Almonte.Le beau vieillard ne retenait ni son émotion ni son émerveillement devant ces transformations qui le replongeaient soudainement dans sa lointaine jeunesse, quand deux douzaines d’oeufs coûtaient $0.25 et une miche de pain $0.06.« Lovely, simply lovely .» ne cessait-il de répéter, remué, l’oeil humide.Pour éviter les comparaisons boiteuses avec Campbeüton, au Nouveau-Brunswick, où a lieu une bonne partie de l’histoire telle que racontée par Céleste, unejnaniste de cinéma muet gavée de reves hollywoodiens, égrenant ses « ragtimes » comme autant de chapelets sous ses doigts magiques, les scénaristes et les producteurs ont rebaptisé « Campbelltown » la petite ville-dortoir.Almonte s’avère un site majeur du film.Après la rue principale, l’équipe envahira le domaine de M.John Cameron, dont la fastueuse maison deviendra la résidence Blaudelle, belle-famille de l’héroine Céleste.Les habitants d’Almonte semblent particulièrement contents d’être extirpés de leur tranquillité habituelle.Ce réveil aussi fascinant qu’excitant pour les fonctionnaires municipaux, les marchands, les passants et la FautLEDEVQIR pour le croire.Pour 9,00$.vous pourrez voir 5 films au cinéma du milieu! SAM.19h30 A COMPOSER’S l-fi-l 4 NOTES: PHILIP GLASS AND THE MAKING OF AN OPERA 21h30 LA MISSION centaine de figurants choisis dans la population de la ville et des alentours, ne soulève que commentaires élogieux, malgré le mauvais temps qui a suscité dès les premières heures du tournage de fâcheux retards.En fait, le tout-Almonte a consenti sans réticence, à troquer pour trois semaines son identité anglo-saxonne protestante à 99.9% contre l’ambiance francophone catholique de la population de Campbelltown.Dotée d’un imposant budget de $3.7 millions, la coproduction franco-canadienne des Portes tournantes, dirigée par le Groupe Malofilm, l’Union générale cinématogaphique (UGC), Canal Plus et l’ACPAV, déménagera ensuite ses pénates à Montréal et à Rock Island, dans les Cantons de l’Est, à la frontière des Etats-Unis.Francyne Morin et René Malo en sont les producteurs (Corporation Image); Lyse Lafontaine et Jacques Strauss les producteurs délégués; Marc Daigle et Jacques Latour, les producteurs associés.Participent également au financement du film, Téléfilm, la SGC, l’ONF, Radio-Canada et Super Ecran.Le film met en vedette Monique Spaziani (Les Beaux souvenirs, Le Matou) dans le rôle de Céleste; Jacques Penot (Au Nom de tous les miens, Matelot 512, Strictemnent personnel) dans le rôle de Blaudelle, son mari, fils de riche famille ; Gabriel Arcand (Le Crime d’Ovide Plouffe, Le Déclin) dans le rôle de Blaudelle, son fils et François Mé-thée, dans celui de son petit-fils Antoine, qui la redécouvrent 40 ans plus tard; Miou-Miou dans celui de Lauda, maman d’Antoine; Rémi Girard (Le Déclin, Kalamazoo) dans le rôle de Litwin, propriétaire du Cinéma Royal.Font aussi partie de la distribution, Françoise Faucher, Jean-Louis Roux, Rita Lafontaine et Hubert Loiselle.Les portes tournantes joue sur.deux tableaux temporels: les années 20 et les années 80.Thomas Vamos assure la direction de la photographie et Anne Pritchard, la direction artistique.François Barbeau signe la conception des costumes, et François Dompierre composera la musique originale.La fin du tournage LES 2 CHEFS-D'OEUVRE RÉUNIS DANS UN SEUL PROGRAMME.jean Zaïoum présenté est prévue pour le 15 août et la post-iroduction (montage-mixage) s’ef-ëctuera l’automne prochain.La sor- s tie officielle du film est fixée à mars 88, à temps pour la sélection du 41e Festival de Cannes.Philippe Caubère ne pouvant pas venir à Montréal, nous vous présentons avec fierté son film.m VERSION INTÉGRALE OETlTwH & BERR 120 COMÉDIENS 6000 PARTICIPANTS 1300 COSTUMES 220 DECORS 2 ANNÉES DE TRAVAIL écrit et mis en scène par ARIANE MNOUCHKINE produit par *- CLAUDE LELOUCH ST DENIS STE CATHERINE Z88 ZI 15 TOUS LES JOURS: 1:15 et 7:15 ‘UN ZOO, LA NUIT” ACCUEILLI FAR UNE OVATION! FRANCO NU0V0.LE JOURNAL DE MONTRÉAL Moi, j'ai vu “UN Z00, LA NUIT" deux fois et je le reverrai.J'en reste tout ému et surexcité deux jours après.- BRUNO DOSTIE.LA PRESSE ?*A VOIR ABSOLUMENT! RICHARD GUAY.BON DIMANCHE Un poème urbain, candide, provocant et pur comme la première oeuvre d'un jeune cinéaste.w asm m?\ SÉLECTION OFFICIELLE " QUINZAINE .DES RÉALISATEURS A MINOU PETR0WSKI.LES BELLES HEURES.R C."UN Z00, LA NUIT" de Jean-Claude Lauzon a touché et même bouleversé les festivaliers et l'accueil des festivaliers a bouleversé Lauzon.FRANCINE GRIMALDI.LA PRESSE DIM.11h00 Alain Montblanch: 5 RÉCITAL DE GUITARE ESPAGNOLE ET BRÉSILIENNE 19h00 LA MISSION 21h30 PÉKIN CENTRAL ^^LIEU 5380, boul.Saint-Laurent {ou nord de la rue Laurier) 277-5711 MONTAND DEPARDIEU AUTEU1L BEART 4 heures de JEANdeFLORETTE MANON des SOURCES a* Claude BERRi d apres i oeuvre de MARCEL PACNOl JEAN DE FLORETTE CAPITOL 2:40-7:10 Aussi au PROMENADES a Gatineau MANON DES SOURCES CAPITOL 12:30-5:00-9:30 Aussi au PROMENADES a Gatineau Jean-Claude Lauzon est devenu en l'espace d'une fin de semaine la découverte de l'événement ciné matographique le plus couru au monde JAV SCOTT The Cote and Mar C’est de loin le film dont on parie le plus Tout le film, est traversé d'un mélange de tendresse et de violence exacerbe?Une oeuvre forte, polémique par excellence tPCF MATIN Un ZOO.LA NUIT est un premier film d'une maturité étonnante ,CKAc2t3 "UN Z00, LA NUIT" révèle un grand comédien : Roger LeBel.francine laurendeau.le devoir ROGER LE BEL GILLES ZOO LA NUIT i \ uni III JlA\
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.