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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1986-08-23, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR CULTUREL _C .Montréal, samedi 23 août 1986 * À Baie-Saint-Paul, le symposium de la jeune peinture Photo François Rlvard Le thème du symposium de 1985 était « l’osmose ».L'oeuvre qui y répond si bien est celle de Thomas Corriveau, exposée, comme toutes celles de l'année dernière, dans un local voisin.Ci-contre : l'aréna de Baie-Saint-Paul se transforme en atelier multiple; Yves Paré monte une partie des structures qui soutiendront ses expériences sur la couleur.une leçon de création C’est, d'ailleurs, ce que le jury a compris, en cette atinée presque trop vertueuse, puisqu’il s’est surpassé dans la diversité et le risque.Chez les douze de 1986, il y a encore moins de communauté, moins de liens d’école que chez ceux de 1985.Au fond de l’aréna, trônant sur son échafaudage, l’Ontarien Michael Butz avait déjà peint, déchiré et noué, dimanche dernier, une gigantesque toile en improvisation dont il ne savait d’où elle partait ni où elle allait; son esquisse tenait sur quelques lignes au milieu d’un papier froissé, et sa démarche dépendait de la lumière du jour, qu’il n’aime pas pour peindre, qui entrait sur la droite et le poussait donc vers la gauche, à se promener dans « l’ambiguïté », dit-il comme d'une certitude.En diagonale, à l’autre bout, Pierre Arpin, d’Ottawa, reprenait et précisait chaque trait de la maquette de son triptyque, celui-ci bien lié à la guerre et à la paix, en représentation pure : il s’agit ici de rendre à la couleur des photos de famille et de paix prises en temps de guerre (1917,1945 et 1970 pour le Vietnam) avec des vignettes où apparaissent, concomitants mais si lointains, les tueries et les charniers.Ce fils de photographe se veut «portraitiste» et ne s’en excuse pas.Entre les deux, avec un tel parti pris d’éclectisme, tout était donc possible.Y compris l’installation multidimensionnelle de Diane Robertson, qui a planté trois tentes montagnaises dans l’aréna, une « symbolique de la communauté », dit-elle, pour y faire re-viyre un mode de vie en sons, odeurs et couleurs, avec sable et peaux de bête aussi : elle a l’intention de peindre ses intérieurs en transparence.Y compris les oeuvres d’un muraliste professionnel, Hubert Simard, qui se libère de ses contraintes habit uelles sans les renier, dans un triptyque réinterprété de ses propres photomontages sur des thèmes assez violents, incendie et tanks dans la ville : il ne s’excuse pas, lui non plus, de « la transparence de la signification».Les autres aventures picturales qui se poursuivent dans cette enceinte irréelle se partagent également entre une figuration très libre et un début de retour à l’abstraction, mais les catégories n’ont ici aucun sens.Ces jeunes se rencontrent en pièces détachées en quelque sorte, et avouent côtoyer les oeuvres de leurs collègues « dans le respect » plutôt que dans le débat et la confrontation.11 y a pourtant là quelques ruptures étonnantes, une braise qui couve.Comme chez Nycol Beaulieu, le peintre montréalais de là violence des villes, qui transpose aujourd'hui la brutale vivacité de son trait à une oeuvre de nature, littérale.Feuille après feuille qu’elle étale ou épingle ici et là, elle esquisse l’orignal qui boira au pied d’une chute, paysage ultime qu’elle osera rendre sur une'très grande toile (12 pieds sur six), et dont le défi de modernité est presque démesuré.La lecture du public Suite à la page C-6 Un devoir de paix .de partout au Québec et même de l’extérieur, et les élus qui ont surnagé parmi 80 dossiers ont tous fait des merveilles pour expliquer comment « la paix » les inspirerait.C’est écrit sur le petit carton qui voisine leurs esquisses préliminaires, et le son de la vidéo perpétuelle vous le répète.Si vous passez par là, toutefois, ne la cherchez pas indûment, la paix.L’art est une licence pour toutes les digressions, et les implosions et explosions de l’art actuel ne sauraient être très paisibles sans démériter de leur époque.LISE BISSONNETTE ELLE EN voit de toutes les couleurs, la paix de la fameuse année internationale, que le symposium de la jeune peint ure de Baie-Saint-Paul a proposée comme devoir à ses douze artistes invités de 1986.La manifestation, qui accueillera quelques milliers de touristes et visiteurs régionaux à l’aréna de Baie-Saint-Paul, jusqu’à la fin août, attire désormais des candidatures DANS LES POCHES Absence GUY FERLAND ?France Huser, Aurélia, Points v R241, 110 pages.?Sylvie Caster, Nel est mort, / Le Livre de poche, n ° 6185, ; 121 pages.?Nina Berberova, L’Accompagnatrice.Actes sud, 120 pages -w- « ABSENCE peut prendre 'plusieurs figures.Il y a i -¦—• l’absence de l’autre, provisoire ou définitive, comme dans i Aurélia, de France Huser, et Nel I est mort, de Sylvie Caster; et il y | a l’absence à soi, l’absence de dé-ij sir, d’ambition, de volonté, d’unité, i comme dans L'Accompagnatrice, 1 de Nina Berberova.Roland Barthes disait avec jus-I tesse, dans Fragments d’un dis- < 1 France Huser Aurélia —(D Nina Befbciwa r Accompagnatrice AL TES cours amoureux, qu'historiquement « c’est la Femme qui donne forme à l'absence, en élabore la fiction, car elle en a le temps; elle tisse et elle chante (.]» Dans les trois livres que le hasard de la parution nous met entre les mains, ce sont encore trois femmes qui parlent de l'absence, mais pour chanter, cette fois, les désirs et les détresses d'aujourd'hui.La narratrice A'Aurélia adopte une petite Indienne.Dans Patiente.tout son être est porté vers l'enfant.Ses propos sont des incantations destinées à remplacer l’absente et à conjurer la distance.Et il arrive, en effet, que l’écriture devienne prière et que Suif à la page C-6 CLEMENT TRUDEL COMME les cinq Décabristes de l'ancienne Russie, pendus après avoir tenté de mettre fin à l’absolutisme du tsar (1825), nos douze patriotes pendus au Pied-du-Courant en 1839 et 1840, après le soulèvement de 1837-38, n’en finissent pas de susciter recherches, récits ou poèmes.Un Jacques Godbopt quelque peu railleur s’est déjà payé Les Têtes à Papineau : une parabole grinçante sur l’après-référendum, sur les tenants d'un Canada uni face aux souverainistes, mais on peut, en filigrane, y lire les réflexions d’un Louis-Joseph Papineaii déçu qu'aucune réforme promise par Lord Bathurst n'ait été réalisée au Bas-Canada, dans le premier tiers du 19e siècle.Louis Fréchette, lui, s’était fait hagiographe dans sa pièce Papineau.Jules Verne y était déjà allé d'une épopée ( Famille sans nom) sur le soulèvement avorté : un long roman « vernien » sur la soif de liberté, pas du tout amène pour l'Angleterre de la jeune Victoria.Famille sans nom a été préfacé par Jean Chesneaux (sinologue ! ) dans la foulée des événements d’octobre 1970 ( Réédition-Québec, janvier 1971).Dernier en lice des récits inspirés des « troubles » du siècle dernier : La Fin de l'histoire (L'Hexagone),de Pierre Gravel.11 s’agit, avant tout, d'un exercice d'écriture dont le titre, sur la copie de travail, était Confusions.Tout rapprochement avec des événements récents ne sert, selon l’auteur, qu'à prouver aux lecteurs et critiques qu'ils sont libres d'extrapoler selon leur gré.Vraiment ?« Quoi de plus irréel qu'un pays qu'on avait rêvé de construire ?» (p.89).Les Indiens sollicités de fournir de l’aide au groupe des Patriotes, dans La Fin de l'histoire, font savoir, par interprète, que, « dans leur langue, il n’y avait pas de mot pour désigner un pays » et que l’important, c’est de « pouvoir circuler librement pour suivre les troupeaux et obéir aux changements des vents » (p.60).On croirait entendre la riposte des autochtones à René Lévesque lors d'un sommet que le Québec voulait plein de retombées bénéfiques, pourvu qu'Inuit et Indiens du Québec ne s'aventurent pas à réclamer la souveraineté-association ! Quelques chiffres bruts, tirés d’une compilation faite par John Hare, de l’Université Laval, peuvent être utiles ; il y eut 500 arrestations de Patriotes en 1837 et 800'en 1838; une centaine de Patriotes sont morts au combat; huit furent exilés aux Bermudes, 58 en Australie, dont Louis-Léandre Ducharme, qui publia, en 1845, son Journal d'un exilé politique aux terres australes.Douze Patriotes furent pendus : cinq cultivateurs; trois notaires, soit de Lorimier, Decotgne et Joseph-Narcisse Cardinal, dont la femme, Eugénie Saint-Germain, s'humiliera en vain devant PIERRE GRAVEL ?Retour à Saint-Eustache Lady Colborne, femme du brûlot de Saint-Eustache; un instituteur, un huissier, un étudiant et un militaire français nommé Hindenlang.Gravel nous reporte en 1844, six ans apres la fin du soulèvement.Il trame son sobre récit, d’abord esquissé il y a 15 ans, dit-il, à l’aide de trois fils convergents : poésie du témoignage de Ducharme, sorte de reporter qui, sans amertume excessive, reconstitue le châtiment et se montre heureux de rentrer chez lui ; va-et-vient d'un « ermite » de la région de Lachute (Albert D.est-il un traître, a-t-il été libéré sans procès après avoir « livré » des camarades patriotes, serait-il un Félix Poutré ?C’est là le suspense); pensées et gestes de Delors, rendu à la vie civile lors de l’amnistie de 1844.Delors songe à supprimer le présumé délateur, pour provoquer l’oubli; il revoit son père forgeron, qui a laissé intouchée sa chambre où s’empilent les exemplaires du Fantasque, journal d'Aubin, et le récit se termine sur un face-a-face dans la neige aveuglante, québécitude oblige ! Professeur de philosophie à l’Université de Montréal, l'auteur entre en sabbatique.Il savoure encore son exploit d'« expliquer Antigone aux Athéniens ! » lors d'un congres de l’Association des sociétés de philosophie de langue française, fin juillet.(Hier avait heu le lancement d'une traduction à tirage réduit de cette pièce de Sophocle avec illustrations de Pierre Granche, texte de Pierre Gravel et participation de Serge Ouak-nine, qui songe toujours à monter Antigone.) Comment ne pas laisser l'helléniste Gravel, sollicité par maints forums académiques, se répandre en détails sur le mythe d'Oedipe (confronté à la Sphynx) et sur 10 ou 12 autres sentiers ?L'importance des rencontres fortuites; la futilité du tourisme; la joie d’écrire tout en laissant les enfants se plaire dans une nature régénératrice ?Mais il y a aussi dans ces propos, débités d'une voix éraillée et sourire en coin, le balancier d'une Histoire pas toujours cohérente : Louis Riel a été pendu pour rébellion en 1885 et fait, à titre posthume, « père de la Confédération » (?) ; le peuple canadien-français est peut-être le « seul peuple occidental qui n’a jamais connu d’Ëtal.» Après le traité de Paris (1763), 60,000 personnes décidèrent de ne pas couper les racines, de ne pas être « rapatriéesce fut pour constituer une so Suif * la paga C-6 Pierre Gravel : « Quoi de plus irréel qu'un pays qu'on avait rêvé de construire ?» J3 « J" JEUNESSES: DES ILLUSIONS TRANQUILLES • Un livre sur les jeunes écrit par des jeunes.• Des points de vue différents sur l’école et le mouvement étudiant, le travail et le chômage, l’amour et l’amiti;', etc.• Un bilan des jeunesses des années 80.• À la lecture de ces textes, on se prend soudainement à rêver que peut-être quelque part, sous les pavés, il y a la plage.En vente dans les bonnes librairies.pages — 12$ vit) éditeur 4665, rue Berri, Montréal, Qc (H2J 2R6) — Tél.: 524-2019 « C-2 ¦ Le Devoir, samedi 23 août 1986 LE DEVOIR CULTUREL À propos de quel déclin ?COURRIER LE TITRE et le prétexte « historico-social» du film de Denys Arcand fournissent à une histoire — s’il en est une — d’une banalité écrasante, un support quelque peu emphatique .Cette enflure d'un thème sans doute difficile à traiter à l’état pur — les rapports hommes/femmes — permet d’accéder à l’ampleur cinématographique nécessaire pour créer l’illusion d’un vrai drame.C’est un choix de croyant.Le réalisateur aurait pu traiter son thème en toute sobriété; il a choisi de magnifier sa mise en scène.La magie, alors, est celle de l’image et non du propos.Si les premières scènes sont fascinantes, qui serait dupe d’un prétexte aussi dérisoire : un professeur interviewe un autre professeur pour une émission intitulée Littératures à propos d’un ouvrage destiné à un cercle de lecteurs à peine aussi élevé que l’auditoire radiophonique.Il faut prêter au public québécois peu de subtilité pour croire qu’il prenne au premier degré tout ce qui lui est montré dans ce film, comme semble le penser Louky Bersianik.Si ce public rit, c’est peut-être qu’il a acquis une certain^ capacité de rire de lui-même, distance qui n’est pas toujours étrangère au sens critique.Cette maturité nous change un peu de la susceptibilité québécoise des dernières décennies et n’empêche pas, s’il s’en faut, de voir ou de décrier la misère ainsi dépeinte de ce qui participerait d’un « empire.» ! La lecture féministe de Louky Bersianik fait peu confiance au public.Elle abstrait de ce film l’idéologie qui, selon elle, l’imprègne.Sans doute au niveau théorique, où elle se situe, a-t-elle raison.Le film dépeint bien des fantasmes masculins choquants et, en cela, nous rappelle un univers bien détestable.Cependant, si l’on ne fait que se placer au niveau où une analyse sévère se substitue à un réel détestable, on n’est guère plus avancé.C’est, en effet, une induction un peu simpliste qui voudrait que les représentations symboliques ou fantasmatiques des rapports hommes/femmes, qui traversent ce film, s'impriment directement sur la conscience des spectateurs, comme si celle-ci était une plaque réfléchissante.Les spectateurs ont une vie, vivent des conflits et sont interpellés par de multiples discours.Les processus concrets, qui agitent les expériences, sont le terreau des représentations.L'oublier, c’est faire du spectacle une pièce figée, analysable en elle-même et pour elle-même.Déduire le succès du film du nombre de spectateurs qui l’ont vu, en le réduisant au monde qui y est mis en scène, c’est le vider de beaucoup de son sens.Car que se passe-t-il vraiment du côté du pubüc hilarant, silencieux ou ouvert devant ce film ?Cela, personne ne peut prétendre le savoir.Un commentaire prudent ne peut que se contenter d'hypothèses.Elles sont multiples.Louky Bersianik a exposé la sélection pessimiste pour laquelle elle optait : le spectateur regorgerait d’auto-satisfaction devant la reproduction du sexisme le plus criant et devant l’absence de conscience féministe.Ses protagonistes à elle sont bien cernés ; le sexisme masculin et l’aliénation féminine d’un côté, opposés à un féminisme novateur de l’autre.Celui-ci, et pour cause, serait ce qu’il aurait fallu voir pour que ce film garantisse de ne pas entretenir les vils instincts dominateurs de la gent masculine.Quant aux femmes qui voient ce film, deux lectures seulement leur seraient possibles : ou bien celle que nous propose Louky Bersianik, ou bien l’aveuglement total.Cette vision manichéenne, si elle a pour vertu d'être simple, n’est pas éclairante.Plusieurs aspects des relations entre les personnages sont laissés pour compte et l’on peut apprécier la part féconde qu'ils laissent au spectateur pour imaginer le meilleur ou le pire.Aussi, au seçond plan, par rapport LE DEVOIR CULTUREL publiait, dans sa livraison du 9 août dernier, un article de Louky Bersianik sur le film de Denys Arcand, « Le Déclin de l’empire américain ».Les propos de Mme Bersianik, qui analysait le film d’un point de vue féministe, sous le titre « L'empire du statu quo », ont provoqué un abondant courrier.Nous publions quelques-unes des opinions reçues.— R.L.à des propos sexistes, il n’est pas inutile de constater le sort qui est fait dans ce film à la crédibilité des intellectuels.Le film utilise comme prétexte la publication d’un ouvrage qui ne peut en aucune manière être pris au sérieux puisqu’il étaye une série de thèses dont il est difficile de saisir le lien, la vraisemblance et la véri-dicité historique.Le déclin de l’empire américain et les indices qui visent à l’illustrer sont d’une ambiguïté surprenante.La dégénérescence des élites, l’accession des femmes au pouvoir et la recherche éperdue d’une certaine idée du bonheur ne sont des critères ni évidents, ni universels, ni temporels, ni convergents, ni structurels, ni latents, etc.Ce que nous montre le film à propos de ces élites est plutôt la permanence de leur bêtise que son apparition; quant au pouvoir des femmes, s’il devait égaler celui qui est évoqué, on peut.se demander en quoi il serait porteur d’un déclin ; quant au bonheur qu’on y attend de la vie « privée », on peut se demander aussi comment cette recherche pourrait être liée au déclin d’un empire dont la base même est justement la croyance en la séparation entre ce que l’on dit public et ce que l’on dit privé.L’idée du bonheur évoqué n’est rien d’autre que l’expression de l’aveuglement des liens qui se tissent entre leur désespoir individuel et la démission; sinon, pourquoi s’agirait-il là du déclin d’un empire collectif ?Comment ne pas voir que ce film nous parle d’un tout récent désen chantement politique avant toute chose.Le Confort et l’indifférence n’est pas loin.Le confort produit-il l’indifférence, voilà une des questions qu’il soulève.À Louky Bersianik, je demanderais : si le féminisme se veut porteur de changement, comment escompter qu’il se réalise dans une pareille indifférence ?Moins moralisateur mais plus vrai, le déclin se pose d’abord comme une question.Qu’elle soit mal formulée ou naïvement étayée par une protagoniste féminine correspond aussi à quelque chose.La fragilité des indices du déclin de cet empire, que l’on connaît, montre le peu d’autorité qu’on prête ici au savoir.Il peut plaire que ce soit une femme qui se risque sur le terrain d’hypothèses audacieuses comme il peut choquer que ses collègues masculins soient si peu capables de relever le débat qu’elle a témérairement lancé.Leur condescendance n'est pas seulement l’expression d’un sexisme, elle procède aussi de leur inaptitude à communiquer et à réfléchir.La légèreté des personnages masculins qui s’emparent de cette thèse ne fait qu’accrediter l'extravagance de la démarche qui permet d’avancer.Que reste-t-il donc au spectateur à penser ?Une porte vient d’être ouverte : la possibilité du déclin de l’empire américain a été suggérée, ce qui n’est déjà pas une mince histoire.De voir si la question elle-même est récupérée par le film est une autre affaire.Tout dépend du Pouvoir que l’on attribue au cinéma, ’our ma part, je dirais que sera récupéré ce qui ne se rattache en aucune manière à des processus vécus ou présentés par le spectateur.Dire que le public québécois du déclin n'est pas en situation de s’interroger sur « l'empire américain », sur le sexisme ordinaire et sur les difficultés de communication dans les rapports hommes/femmes serait, à mes yeux, lui faire injure.Le film d'Areand extrait donc la question de ce déclin de la conscience dormeuse des spectateurs.Il fournit une légitimité et il la fait par 1er, à savoir si ce déclin se rattache à une perspective claire et porteuse de temps meilleurs.Sur ce, le film est silencieux, si ce n’est par l’inversion possible de son projet : le monde qui nous est montré et qui précède ce déclin n’a rien d’enviable.Même les hommes, pourrait-on dire, y sont malheureux.Car qui pourrait se laisser prendre à leurs jubilations ?Qui pourrait leur envier le désert d’ironie, la pauvreté sexuelle et amoureuse dont ils s’entament ?Serait bien aveugle qui ne verrait pas la tragédie dans laquelle ils sont enfoncés.Triste empire dont on pourrait souhaiter le déclin ?Y a-t-il donc un lien entre cet empire et la bêtise des hommes qui l’habitent ?Ces hommes et ces femmes en sont-ils plutôt des victimes ou des soutiens passifs ?Ce déclin leur est-il indifférent ou, au contraire, les inquiète-t-il ?Si l’histoire est le prétexte du film, toute conscience historique active en est absente.Si ces intellectuels savent quelque chose, ce savoir est en totale rupture avec eux-mêmes.Sur ce point, Arcand ne nous berce d’aucune illusion.Cependant, on peut penser que la charge entre les intellectuels y est suffisamment au second plan (grâce au sexisme ! ) pour permettre au public de reprendre à son compte les interrogations par rapport auxquelles ceux-ci font si piètre figure.Après tout, le spectateur peut se dire que, de toute évidence, les intellectuels n’ont pas le privilège de l’intelligence.Ainsi, la poésie reste dans la rue.Par ailleurs, pour qui se sent concerné de plus près par ces incohérences, un portrait aussi désastreux devrait aussi susciter un peu de réflexion.À regret, je serais tentée de répéter ce qui est bien connu : ni le féminisme, ni le cinéma, ni les intellectuels à eux seuls ne changeront le monde.Et il est sans doute sain que le public québécois cherche quelque profit à aller voir ce tableau dont la « québécitude » est sans complaisance.Si ce film a quelque résonance ici, c’est peut-être justement que le silence qu’il affiche à propos de politique est tout à fait provisoire.— ANNE LÉGARÉ professeur au département de science politique de l’Université du Québec à Montréal.¦ À quand la belle histoire.d’humour ?J E VOUS remercie d’éclairer de façon aussi brillante les incroyables traquenards que recèlent l’humour et le talent de Denys Arcand.Car, par cette vertu presque magique du rire, il réussit à nous faire gober quatre caricatures de femmes, toutes des victimes à un niveau ou à un autre, résignées et ne cherchant pas le moins du monde à se dévictimiser, des femmes-fantasmes et non des femmes-symboles, pour reprendre votre distinction; et ces femmes acquièrent un semblant de réalité seulement à la toute fin du film lorsqu’elles reprennent des rôles séculaires : consoler, donner; l’étudiante invite l'épouse bafouée à jouer du piano, donc à reprendre le jeu de la vie et de l’hypocrisie; dans un élan d'empathie, la chargée de cours prend dans ses bras l’homosexuel angoissé; et la docte profes-seure (sic) s’offre sans lésiner à l’avidité de son nouveau jeune amant.Et pourquoi est-ce si drôle ?Parce que c’est une synthèse fine et mordante du statu quo ?Pourquoi ce qui Boycottons Classic, W.H.Smith et Célébration! Avec l’autorisation du gouvernement fédéral, le groupe d'affaires britannique W H Smith a acheté les librairies Classic le 18 novembre 1985 Le syndicat des employé-e-s des librairies Classic (CSN) a la certitude que W H.Smith veut les fermer et accroître son emprise sur le marché canadien du livre.En plus de menacer, à court terme, 35 emplois à Montréal, cette transaction, à moins que le gouvernement n’intervienne, met en péril l'identité culturelle canadienne et tout particulièrement les maisons d’édition canadiennes En effet.W H Smith est reconnu pour vendre des "best-sellers" ainsi que des bibelots qui remplacent les livres sur ses étagères.W.H.Smith ne doit pae fermer les librairies Classic de Montréal et il doit reprendre à son service des “professlonneMe-s" du livre.Cette publicité a été retenue et payée par le Syndicat de Classic Bookshops (CSN) Geneviève Rioux, Louise Portai, Dorothée Berryman et Dominique Michel dans Le Déclin de l'empire améri- cain.rassure les hommes fait-il aussi rire les femmes ?Comment un cinéaste aussi intelligent peut-il être aussi borné et bloqué dans sa représentation de la réalité féminine ?Sans doute parce qu’une grande majorité de femmes n’a pas encore décidé de façonner sa propre destinée et d’extirper les ficelles qui la contrôlent et la font agir en caricature d’elle-même.Ce que le cinéaste dépeint est, hélas ! basé sur le réel.Son humour, c’est « du mécanique plaqué sur du bien vivant », pour paraphraser la définition que Bergson faisait du rire.On est encore loin de l’idéaliste « Let it be» où un homme et une femme se rencontreraient sans abus de pouvoir ni d’un côté ni de l’autre, où le vrai pouvoir ne serait pas restriction et manipulation du partenaire, mais tout simplement créativité.Cependant, je souhaite que votre lecture de ce film, qui a tant de succès (tout à fait mérité, par ailleurs), stimule le questionnement.Celui des hommes et celui des femmes.Car, en sortant du Déclin., même si l’on éprouve un certain malaise, l’euphorie que le rire a laissée en nous enveloppe d’une sorte de brouillard la cruauté qui se manifeste pourtant ouvertement tout au long du film, cruauté qui s’affiche avec tellement d’assurance qu’on finit par la prendre pour acquise.Je vous remercie d’avoir replacé les choses dans une plus juste perspective et d’avoir remis en question ce mépris et cette cruauté.Pour terminer, je souhaite à Denys Arcand de rencontrer, non pas une Susan Sontag, qui est le mythe de l’intellectuelle, mais une vraie femme libre.Son prochain film serait peut-être alors une belle histoire .d’amour et d’humour ! — ANDRÉANNE FOUCAULT Montréal, le 11 août.¦ La vitrine du pouvoir J’AI lu avec beaucoup d’intérêt et de plaisir la remarquable psychanalyse du Déclin de l’empire américain à laquelle s’est livrée Louky Bersianik, qui, dépassant la simple appréciation formelle de l’oeuvre, en profite pour mettre en lumière certains vices comportementaux et idéologiques cachés de nos charmants machos québécois, si adroits dans le maniement du torchon à vaisselle lorsque vient le temps de prouver à leurs copines le sérieux et l’ardeur de leurs convictions féministes.Les femmes comprendront peut-être enfin que, malgré les apparences (souvent trompeuses, ne l’oublions pas), elles n’obtiendront des hommes, dans leur recherche d’une véritable égalité, que des encouragements verbaux sans conséquence, des promesses sans lendemain, des concessions sans importance.Depuis vingt ans, les femmes, en dépit de tous leurs efforts et des innombrables compromis acceptés, n’ont obtenu que des miettes, des rôles de mannequin dans la vitrine du pouvoir, à des fins de rentabilité électorale ou commerciale.Et ce, au prix exorbitant de leur féminité et de leur maternité, car les hommes ne partagent leur pouvoir avec les femmes que dans la mesure où celles-ci consentent à aliéner leur identité propre en adoptant les schèmes de pensée et les règles du jeu édictées par le sexe masculin.Comment, dans de telles conditions, peut-on parler de libération ?Il est grand temps que les femmes cessent de prostituer leur féminité pour quelques dollars de plus et commencent à se démaquiller.Ce n’est pas en participant au pouvoir mâle qu’elles se libéreront, c’est en le détruisant.— CLAUDE DROUIN Saint-Urbain, le 14 août.¦ Les différents sens d’un déclin IL N’EST pas question de vouloir mettre en doute la bonne foi de Louky Bersianik dans son article « L’empire du statu quo », mais d’en examiner les limites et de se demander si les lunettes féministes qu’elle a posées sur le nez ne lui ont pas faussé la vision du film, en grossissant certains traits des personnages (ceux qui, évidemment, l’arrangeaient) tout en omettant certaines scènes (ce qui est plus gênant).Il est beaucoup question des notions de pouvoir et de victime dans son article et l’auteur doute fortement que le personnage de la directrice du département d'histoire, joué’ par Dominique Michel, finisse par accéder à un pouvoir quelconque.L'un des enjeux du film est la reconquête de la liberté de l'homme et de la femme, mais c’est la femme qui est la seule à constater l’échec de sa génération, cet échec soixante-hui-tard des douces illusions quant à un Suite à la page C-4 ï! LIVRES \ Ê, RÉCENT ET ANCIENS 1 I Achat et vente I la plus grande librairie 1 I-.________^ - J L2g1 Ste Catherine E.^ ¦¦¦MM Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Vendredi 29 août de 19h à 21h NICOLE LISE BERNHEIM auteure de «Chambres d’ailleurs» Editions AREA Samedi 13 septembre TRIBUNE JUIVE «Numéro sur Borgès»_____ Samedi 4 octobre JEAN RENAUD samedi 18 octobre EMILE OLLIVIER 1120, av.laurier ouest outremont, montréal tél.:274-3669 mirô à montréal: un des plaisirs de l’été! Mirô à la carte visites commentées La magie des anecdotes.Audioguide Des commentaires éclairants.Films Mirô nous parle et nous séduit.Conférences Des sujets passionnants.Le Musée: menu fixe La Boutique du Musée Des trouvailles.La Galerie d art - vente et location Des tableaux à louer ou à acheter.Le café du Musée La pause qui rafraîchit.mirô marrant à montréal 20 juin au 5 octobre 1986 Musée des beaux-arts de Montréal 1J79, rue Sherbrooke ouest Renseignements: 285-1600 Billets en vente au Musée.par Teietron et aux comptoirs Ttcketron Le Musée est fermé lé lundi a LE DEVOIR CULTUREL Le Devoir, samedi 23 août 1986 ¦ C-3 fÔBBKT m\ 1* OCTWNN*** «PBEl® P»'XO*D.\ 69,95$ \ £2£tep*,, ««VERSEi.**5 moms ’’"«’«ES coh&à P*'X 0R0 6.95* nSlSi^ft/A \IRV W sYSONVN\':-s 1SVNM* Oo«JoS PHOTOC 01*11 s i j Dictionnaire des Sciences Historiques Ouvrage public sous lu direction d’André Burguièrc C',c qui cm assigne à l'histoire n'esi plus une tâche de résurrection, c’est un,travail de compréhension.Aussi, ce dictionnaire s'attache à taire l’inventaire des méthodes, des concepts, des obtets, des domaines de l’histoire et de tout l'acquis historiographique I o/urn, relu plane unie soui lapuetie en couleurs 1 )1 11 Collectum "Grands Dictionnaires " 704 papes BEEB * LES LIVRES DES PUF QUESTION\ENT LE MC\DE Distributeur exclusif les éditions françaises me Mil.rue Ampère, Boucherville.(Québec) J4B 6C5 loi (514) 641-0514, 87LO111, 1-800-361-9635 LE FEUILLETON La psychanalyse : une profession par excellence pour les femmes LISETTE MORIN ?Hélène Deutsch, Autobiographie, Mercure de France, 264 pages.LA PSYCHANALYSE, profession pour les femmes ?Celle qui l’affirme, et dont on ne saurait mettre en doute la crédibilité, fut l’une des premières et des plus fidèles « assistantes » de Sigmund Freud, à Vienne, aux années vingt.Elle était juive, polonaise d’origine, née à Przemysl, le 9 octobre 1884.Elle devait cependant mourir aux États-Unis, en 1982, donc presque centenaire, ayant émigré en 1934.Et toute cette longue vie, consacrée à l’étude et à la pratique de la psychanalyse, lui permit, octogénaire, au moment de rédiger son autobiographie, d’écrire : « Je suis parfois stupéfaite de constater que, de nos jours, il y ait si peu de femmes à suivre une formation analytique car je crois que la psychanalyse est par excellence (en français dans le texte original) une'profession pour les femmes.» Mais Hélène Deutsch s’empressait d’ajouter : « Une chose que je n’apprécie pas chez les femmes qui veulent devenir analystes, c’est que, selon l’information que j’en ai, beaucoup d’entre elles planifient leur grossesse pour l’adapter aux besoins de leur formation analytique.Je préférerais, conclut-elle, une approche de la maternité plus spontanée.» Il ne faudrait cependant pas déduire de ce qui précède que l'Autobiographie d’Hélène Deutsch est un autre des innombrables récits inspirés par l’illustre « Doktor«.« On aura écrit bien plus sur Freud en quarante ans que sur saint Thomas d’Aquin en six siècles », se plaignait, l’autre jour, Angelo Rinaldi, dans L’Express, avant de rendre compte de La Vie quotidienne de Freud et de ses patients, une biographie de Lidya Flem, chez Hachette.Personnalité attachante, sans doute fort connue et respectée des psychanalystes américains, Hélène Deutsch ne s’est résolue à rédiger cette courte autobiographie que très âgée, alors, constatait-elle, avec la lucidité d’une clinicienne, « que la fin biologique de mon existence est proche, que j’ai atteint un point suffisamment haut, pour passer en revue les réalisations et les déboires de ma vie ».Elle ajoutait qu’elle tenait le projet pour « une gageure » et qu’elle espérait réussir « alors que mon identité est toujours intacte à retracer l’histoire de ma vie ».Mais c’est la femme de science qui prenait soin d'avertir ses lecteurs qu’elle tiendrait en laisse son imagination créatrice, ne voulant pas que « le poète qui sommeille en moi fasse de ma réalité personnelle un “conte littéraire" ».Or ce qui fascinera sans aucun doute la plupart de ceux et de celles qui liront Autobiographie, d’Hélène Deutsch, c’est précisément la personnalité, la culture littéraire et - musicale, la sensibilité d'artiste de l’auteur bien davantage que la réputation de la psychanalyste et de la disciple de Freud.On suit cette femme remarquable depuis son adolescence, dans la ville de Ga-licie où elle grandit, fille d’un père avocat, juriste éminent et spécialiste en droit international, dans une famille collet monté, entourée de trois soeurs plus âgées, et très tenue et même.retenue par une mère fort stricte que, se racontant Srès de quatre-vingts ans plus tard, lélène Deutsch « analyse » en professionnelle, reprenant le débat, devenu classique, du complexe d’Oedipe.Mais la vie quotidienne à Przemysl, baignée par la rivière San, est racontée avec infiniment de charme et de drôlerie par quelqu’un qui, au demeurant, n’y vécut as très longtemps.La vie à ienne, du temps où elle y fut étudiante et où elle pratiqua sa profession de psychiatre avant de seconder Freud à la Société psychanalytique, occupe un chapitre important et révélateur de l’autobiographie.Tout compte fait, et c’est sans doute une opinion de lectrice plus que d’admiratrice de l’école freu-ienne, c’est le destin de l’Européenne intelligente, cultivée, ayant trouvé en Félix Deutsch un compagnon exceptionnel, qui retient dans ce récit que Julia Kristova, dans sa préface, a bien raison de considérer comme un modèle, « qui échappe aux deux impératifs dramatiques souvent implicites à ce genre : le cri de détresse et l’appel à la gloire ».$ ï Hélène Deutsch, qui souffrit de l’antisémitisme légendaire des Polonais, fut socialiste avant bien d’autres, mais son adaptation à l’existence des universitaires capitalistes américains qui l’entourèrent, au Massachusetts où elle vécut près de cinquante ans avec son mari et leur fils Martin (scientifique de grande réputation, au domaine de la physique nucléaire), est étonnante de réalisme.Cette famille sut s’intégrer avec grâce et beaucoup de compréhension à l’American way of life, ce qui ne l’empêcha pas de pratiquer des vertus bien ancestrales de retour à la terre, dans une fermette de la Nouvelle-Angleterre, où, écologiste avant la lettre, Hélène Deutsch se fit des amis et des complices de ses voisins et de ses amis bostoniens.L’auteur de cette exemplaire Autobiographie consacre des pages merveilleusement toniques, sans nostalgie débilitante, aux derniers voyages qu’elle accomplit, après la mort de son mari, dans les grandes villes européennes et, pour finir, évite de se complaire dans la tristesse de sa solitude.Elle écrit cependant, toujours admirablement lucide : « Dans l’immense solitude qui menace toujours le grand âge, les relations amicales constituent des îlots de refuge.Quand de jeunes amis réussissent dans leurs travaux, les coups portés à notre narcissisme se font moins traumatisants grâce à la possibilité que l’on a de s’identifier a eux.[.] Je suis toujours en possession de ce bienfait que représente ma capacité d’aimer et de m’intéresser aux autres.» Comment mieux conclure qu’en reprenant ce qu’écrit, admi-rative, Julia Kristeva : « La vieille dame se découvre, en fin de parcours, une éternelle adolescente.“Mais je sens que ma période de Sturm und Drang, qui déborde largement sur mes années de maturité, est encore vivante en moi et refuse de s’éteindre." [.] « L’autobiographie d’Hélène Deutsch permet de découvrir comment une femme a pu élaborer, conserver et entretenir cette “structure ouverte”, en lui trouvant le discours adéquat au sein des péripéties dramatiques de l’histoire de notre siècle et à travers les aléas éprouvants de sa vie de nomade sereine.» Robert Baillie Les Voyants Roman * l’Hexagone LES LIVRES DE VOTRE RENTRÉE SONT ARRIVÉS! ET ILS VOUS ATTENDENT TOUS À LA LIBRAIRIE CHAMPIGNY.Le regard de Méduse LETTRES QUEBECOISES STÉPHANE LÉPINE ?Robert Baillie, Les Voyants, L’Hexagone, collection «Fictions», 1986, 21J pages.DANS UNE des célèbres lettres dites du « voyant », Rimbaud dit « qu’il faut être voyant, se faire voyant.Le Poète, écrit-il à Paul Demeny, se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens.Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel, le grand maudit — et le suprême savant ! — Car il arrive à l’inconnu ! » Ce texte de Rimbaud nous revient très vite en mémoire lorsqu’on lit le plus récent roman de Robert Baillie.Car, si Les Voyants décrit, au premier abord, la périphérie du monde des aveugles, on se rend compte qu’il suit essentiellement le cheminement d’un homme qui doit passer par l’ineffable torture que représente pour lui le « dérèglement de tous les sens » pour accéder à l’état de voyance, cet effroyable inconnu.Gino Bartali a grandi dans un monde de non-voyants.C’est donc chez eux, rebaptisés « aveugles » avec l’aplomb de qui a dépassé la pitié — cet alibi de la peur — que Robert Baillie nous entraîne, dans la première partie de son livre.À travers les yeux de Gino, qui se présente comme « l’explorateur d’un monde vierge » et inconnu dont il peut, dans ce contexte, devenir le maître, nous faisons connaissance avec sa mère adoptive, la cousine Diana, et son amie de toujours, Denise O’Hara.Nous les accompagnons dans leur pèlerinage à Rigaud, dans un voyage à New York où, d’ailleurs, Denise renoncera à un avortement pour donner naissance à une fille, Jeanne.« Témoin décontenancé de scènes troublantes et de souffrances » qu’il ne comprend d'abord pas, Gino est ici un guide.Nous, lecteurs, cousine Diana et Denise O’Hara, nous appuyons sur son regard.De l’intérieur, tel un aveugle d’honneur, il revendique pour les mal voyants le droit au fantasme et à l’horrible, droit que l’opinion générale leur refuse par besoin que la cécité s’accompagne d’innocence, sinon de sainteté.« Le.monde des aveugles, dit-il, ce n’était pas un monde à part.» Gino rend donc palpables les frontières, pour nous indiscernables, entre les objets extérieurs et les envies intérieures, habituellement nées de nos visions.J usque là, nous croyions donc parcourir une sorte de roman documentaire sur les aveugles mais une scène traumatique va orienter le récit vers une seconde voie.Alors que Gino avait développé l’habitude de ne pas être vu et qu’il se croyait à l’abri du regard d’autrui, voilà qu'adolescent, il est surpris « en flagrant délit de sensualité ».Cet épisode apparemment anodin va prendre dans la vie de Gino une importance considérable.« Plus qu’un désenchantement, c’était comme si le bon Dieu lui-même avait fondu du ciel pour anéantir l’enfant.L’homme Gino porterait en lui cette faute, cette humiliation comme un empêchement radical.La joie et le plaisir était sortis de sa vie avec la violence d’une castration qu’il somatiserait toute sa vie.» Cet événement, qui nous est relaté vers la fin du livre, va donc marquer la destinée de Gino.Pétrifié par le regard de Méduse qui, comme l’écrivait Apollodore, « enlève à l’homme le souffle de vie », il entraînera avec lui un sentiment de honte et de culpabilité.Dorénavant, la jouissance lui semble interdite.Terrorisé dans sa chair, il a sans cesse « l’impression d’être surveillé, d’être observé par quelques voyeur imaginaire qui le gênait, qui l’humiliait ».Toujours incapable de connaître le plaisir, il est symptomatiquement affecté de strabisme et se croit, à cause de ce mal dans ses yeux, dépourvu de toute séduction.Cela, d’une certaine façon, le soulage.Uni à Jeanne O’Hara, sur qui pèse apparemment la même interdiction (mais le personnage est beaucoup moins développé), il effectuera une sorte de voyage initiatique, du nord du Québec a la jungle amazonienne en passant par le Brésil, au cours duquel il fera la rencontre de Bill Bellow, qui l’éveillera à la sensualité, lui permettra de vaincre sa honte et de mettre à mort la Gorgone qui le hante encore.« Car cet aveugle-là jouissait sans souffrir et sans mourir, devenait même un voyant dans leur nuit.Il ne fallait plus avoir peur.Il fallait être voyant, se faire voyant à la mesure de ses rêves les plus secrets.» La cécité dont on parle dans ce roman est donc moins celle des yeux que celle du corps et de l’esprit.C’est là l’aspect « rimbaldien » de ce livre.Au terme de son périple psychologique, Gino aura donc appris à vaincre les interdits rationnels et puritains, à vivre la déroute, un dérèglement de tous les sens, à détacher la mort de la jouissance.Il connaîtra un bonheur sans limite.Il sera devenu voyant et poète.Le dernier roman de Robert Bail-lie‘ ne se donne pas facilement.En fait, en voulant approcher l’univers des avèugles, en voulant raconter l’histoire et les combats d’un couple de voyants « complètement aveugles dans leurs sens », Robert Baillie a signé un livre sur le regard, sur le voir et le savoir, sur le désir de mieux observer et la peur d’être vu.Mais son livre, riche de questions et d’enjeux, se dérobe au regard et offre peu de prise.N’ayant pu capter vraiment le paysage mental des aveugles (qui le peut ?) ni percer le secret de ce personnage médusé, on sent l’auteur ému, dépité, déçu, comme rejeté de l’histoire.Car l’histoire de ce livre est celle d’un côtoiement, non d’une possession.Robert Baillie aura donc apprivoisé l’univers de la voyance et de la clairvoyance du mieux qu’il le pouvait.Pour parler de l’aveuglement, qu’il soit réel ou symbolique, il faut éviter métaphores et joliesses, affirmer un regard personnel singulier et éclairant.Cela, il l’aura compris.Aussi finement qu’il évoque le désarroi d’un homme sur qui pèse un regard culpabilisant, Baillie peut suggérer un univers de nuit, l’encre présumée où s’ébattent aveugles et personnes aveuglées.Le réel et ses zones ombrageuses, comment en parler mieux que du fond d’obsessions indélogeables, des peurs et des angoisses insaisissables, d’un enclos de fortes chimères et de pulsions refoulées ?indispensable pour ne pas perdre de temps % tàt en recherches longues et fastidieuses /âjy .iTOfe* 1 ta l~ • * le Parchemin lÉte ORD .95$ NOTHEPfiiî, ,95$) PRIX 0R° 39,95$ isinTRE PÆÏ ptw f & 1^35$ "SS?Achat comptant seulement î^orVoK/^mïn Mezzanine, station métro Berri-de-Montigny, P \ Cil P l IP 11 111 1 Librairie 845-5243 Montreal, Quebec H2L 2C9 MMIMI C-4 ¦ Le Devoir, samedi 23 août 1986 LE DEVOIR CULTUREL LA NOTE BLEUE GILLES ARCHAMBAULT Impulse renaît L« UNE des étiquettes qui a le plus marqué le jazz est certes Im-'puise.Ce label, qui, dès le début des années soixante, nous a proposé en masse la production de John Coltrane, apportait au jazz un vent d’innovation dont il avait besoin.Le producteur Bob Thiele don nait carte blanche à Coltrane, lui procurant une stabilité financière qu’il n’avait jamais connue.Tout autour, Archie Shepp, Pharoah Sanders, Marion Brown.L’image de marque d'Impulse avait à voir essentiellement avec la jeune musique noire issue du free, que patronnait avant elle ESP.L’avantage d’Impulse sur ESP était évident, les musiciens étaient mieux payés, la distribution assurée, etc.Il faut aussi noter que des noms comme ceux de Duke Ellington, Ben Webster, Coleman Hawkins, Milt Jackson, Ray Brown s’ajoutaient au catalogue.La production, très ralentie dans les années soixante-dix, devait s’arrêter sans que personne songe à s’en plaindre.En effet, Impulse n’était plus depuis longtemps qu’une entreprise à sous sans grand intérêt.Il était fini, le temps de Bob Thiele et des audaces coltraniennes.La multinationale MCA a décidé de redonner vie au catalogue Impulse en reprenant certains titres sous forme de microsillons et de disques compacts.Mieux, on enregistre de nouveau.À ce jour, cependant, les rééditions l’emportent de loin en intérêt.Les disques dont je parlerai ici sont donc tous des transcriptions numériques de séances enregistrées dans les années soixante.?John Coltrane/Johnny Hartman — John Coltrane & Johnny Hartman.MCA/Impulse MCA 5661.C’est en mars 63 que le saxophoniste a enregistré cette session avec un chanteur qui n’est pas dénué de talent.Rien ne blesse dans l’entreprise, ni le choix des chansons (excellent) ni l’accompagnement (exemplaire).À moins d’être réfractaire au genre, on aimera.Sonny Rollins — On Impulse.MCA/Impulse MCAD 5665 JVC 458.En 65, Rollins traversait une autre de ses périodes de doute.Moins accentuée que deux ou trois ans auparavant, son ironie ravageuse n’est pas moins en action.La ballade, les standards, le blues, le calypso sont « revus » par Rollins avec une fougue qui n’a pas vieilli.Ray Bryant au piano est effacé, mais convaincant.Duke Ellington/Coleman Hawkins.Duke Ellington meets Coleman Hawkins.MCA/Impulse MCAD 5660 JVC 461.Pas un jalon essentiel dans la carrière de ces deux géants, mais quelques bons moments.Intéressant sans plus.Benny Carter.Further Definitions.MCA/Impulse MCAD 5651 JVC 460.Des arrangements d’une belle précision, des solistes épatants : Carter, Phil Woods, Coleman Hawkins, Charlie Rouse^ tout cela fait de ce disque une splendeur de finesse et de sérénité.A ne pas rater.Charlie Mingus.The Black Saint and the Sinner Lady.MCA/ImpuLse MCAD 5649 JVC 462.La force du jeu du contrebassiste, la magnificence toute ellingtonienne de son écriture, la passion omniprésente, voilà qui est tout aussi convaincant en 86 qu’en 63.À ne laisser passer sous aucun prétexte.Art Blakey.A Jazz Message.MCA/Impulse MCAD 5648 JVC 463.La présence de Sonny Stitt à l’alto dans ce quatuor indique bien la tangente de l’affaire.Un peu de blues, beaucoup de bop, une belle chaleur, un swing toujours présent.J’aime bien.Gil Evans.Out of the Cool.MCA/Impulse MCA 5653.Cet arrangeur d’origine canadienne a rarement mieux fait que lors de cette journée de janvier 61.La machine est en place, les masses sonores deviennent parfois des bulles, les solistes sont à la hauteur.Admirable en tous points.N’étant pas un spécialiste en la matière, je n’affirmerai pas que le travail de transcription numérique est impeccable.Je sais, en tout cas, que, compact ou non, la lecture de ces disques est nettement plus claire que les versions originales que je possédais.Le retour de l’étiquette Impulse est, en somme, une bonne nouvelle dans le monde gris du disque de jazz.MÉTHODES Voulez-vous jouer avec môa ?CAROL BERGERON ?Gilberte Lyon, Apprendre seul à jouer du piano, Olivier Orban, 121 pages.?Bernard Job et John Patrick Millow, Le Piano à portée de mains (méthode de piano pour adultes), Van de Velde, 80 pages ($ 23.25).?Étiennette Perron-Bellemare, La Musique à ma portée (base des connaissances musicales utile aux autodidactes), Musantiqua (100, 9e avenue, Richelieu, J3L 3N7), 177 pages.?Pierre Monichon, L’Accordéon, Van de Velde/Payot, Lausanne, 144 pages ($39.25).«M À propos de quel déclin ?Suite de la page C-2 monde meilleur.Mais subir un échec, c’est accéder à un pouvoir : celui de la prise de conscience, de la connaissance et, dans le cas présent, de cette lucidité fugace que les désespérés entrevoient et laissent filtrer dans ces phrases non achevées.[.] Car c’est elle qui se sert des hommes pour les ridiculiser et mettre au grand jour leurs minables exploits nocturnes.Le pouvoir que cette femme acquiert alors a une dimension toute neuve et riche de promesses.Quant à l'intellectuelle maso, Louky Bersianik relie un peu trop vite (mais c’est tellement plus efficace) la thèsé de la victime volontaire qui a du pouvoir à celle de la Eornographie.C'est un peu vite ou-lier que Vintello maso est seule à décider de son expérience, sans intermédiaire ni proxénète.Petite vengeance qui, certes, ne fait pas avancer la cause mais qui permet à cette femme de connaître les délices de l'amour noir (les hommes seraient-ils les seuls à pouvoir pénétrer ce domaine interdit ?).Portier de nuit, de Liliane Cavanni, fut à ce titre exemplaire.(.) Quant aux plaisanteries sexuelles des hommes sur les femmes, c'est justement, me semble-t-il, parce que celles-ci sont absentes que l'effet est d'autant plus dévastateur.Leurs plaisanteries sont alors grossières, provoquent un rire vite étouffé et laissent place à d'ultimes gros plans d'hommes seuls, ridicules, voire obscènes.LE DEVOIR CULTUREL est dirigé par Robert Lévesque C’est vrai, comme le dit l’auteur de l’article, qu’il n’y a peut-être rien de changé, mais il est de ces films constats tout à fait essentiels à nos années 80.Le sujet du film est l’absence d'amour, un constat plutôt pessimiste, amer et cruel, le tout enrobé d’une certaine drôlerie, il est vrai, mais aussi avec un zeste de ce rire jaune qui finit par nous étreindre et qui, loin de mettre en veilleuse notre esprit critique, au contraire, l'aiguise et nous renvoie à nous-mêmes, sans complaisance et avec ce désir insatiable de réinventer l’amour.— BERNARD AUTET Montréal le 10 août.VANT d’apprendre à jouer de quelque instrument qtie Lce soit, l’enfant, l’adolescent ou l’adulte doit déjà posséder intérieurement une sorte de musique.Il doit la garder en mémoire, la porter dans son coeur, en avoir les sonorités dans l’oreille.» Et le célèbre pédagogue russe Henrich Neuhaus ajoute encore dans la préface de son Art du piano (édité chez Van de Velde) : « Tout le secret du talent et du génie consiste à faire vivre pleinement la musique dans le cerveau avant que le doigt ne se pose sur la touche ou que l’archet n’effleure la corde.» Aussi pertinente soit-elle, cette affirmation semble plutôt confirmer l’impression répandue que l’apprentissage d’un instrument de musique n’est, somme toute, réservé qu’à une élite.Une élite d’individus particulièrement doués et plutôt fortunés.Pourtant, l’étude du piano ou du violon ne s’adresse pas uniquement aux Rubinstein, aux Menuhin ou aux riches héritiers.Dès lors que l’on peut s’offrir un instrument, le problème de l’apprendre ne se pose pas vraiment.Et puis, il n’est absolument pas nécessaire d’envisager une carrière professionnelle pour travailler sériéusement le piano, par exemple, et pour en retirer de grandes satisfactions.Un jour, devant une assemblée de professeurs, Glenn Gould, mi-sérieux, mi-blagueur, déclarait qu’il ne lui suffirait que d’une demi-heure pour enseigner à n’importe quel étudiant réceptif tout ce qu’il y avait à savoir du piano.Plus tard, il confia qu’il aurait sans doute été plus réaliste de dire 45 minutes.Nous sommes loin, très loin des huits heures par jour de gammes et d’exercices et de ces années de « torture » auxquelles on a soumis tous ces pianistes en herbe, de Kalkbren-ner (1785-1849) à Cortot (1877-1962) en passant par leurs épigones.Jouer du piano ! Il n’y a rien là qu’un être normalement constitué ne puisse faire.Il suffit de bien comprendre ce qu’on a lu (déchiffré) et d’utiliser juste ce qu’il faut d’énergie motrice pour faire vibrer l’instrument.La meilleure démarche pédagogique sera, par conséquent, celle qui ne perdra jamais de vue le résultat musical, tout en harmonisant soigneusement les rapports entre « voir, comprendre, faire et entendre ».Meme si tout cela ne se fait pas sans problèmes, il ne faut pas perdre patience et conclure hâtivement au manque de talent.« Toutes les fois âu'un échec survient dans les études 'un laborieux, celui-ci commet une erreur d’utilisation de son esprit et de sa main, mais cet échec ne pro- En collaboration avec le LE DEVOIR Université de Montréal Faculté des arts et des sciences PARTITIONS (I.ASMQtIES M¦1 j IMZüfiW' 1 cfb Salle Wilfrid-Pelletier Place des Arts 842 2112 LE DEVOIR CULTUREL Le Devoir, samedi 23 août 1986 ¦ C-5 .«(O -I © Service d'enimation et d'éducation Visiles et activités de groupes Space Invaders Les envahisseurs de l'espace Exposition organisée et mise en circulation par la Mackenzie Art Gallery, Régina Jusqu’au 31 août La magie de l'image Photographies tirées de la Collection permanente Jusqu'au 31 août Entrée libre Autobus 167 Metro McGill Cite du Havre 873 2878 LES CONCERTS GALA commandité* pat: American Exptev Canada Inc., Banque Canadienne Impériale de Commerce, Banque Nationale, Hernie^ BWIull Maritime Êotwanlm« Liée, Oaî Métropolitain, Hydro-Quehcc, IBM Canada Liée, Lee Coopérants, société mutuelle d’assurance vie» Le Groupe Westclift/ La Qwpotatioti Premiere, Québec, Merrill Lynch Canada Inc., Seagram Québec, Shell Canada Limitée, Texaco Canada Inc.LES GRANDS CONCERTS commandités par Banque Continentale du Canada, Bell Canada, Canadien Pacifique, Compagnie d'assurance 'Mandant Life, Gonsitlidawd Ratluiru Inc., Corporaln 19 R STRAUSS l irdcr penir ténor R.STRAUSS Don Juan 19*20 mai HINDEMITH Concerto pour CHARLES DUTOIT,,bel instrument» a vent et orchestre I0RGE BOLET, piano RACHMANINOV Concerto pour SOLISTES DE COSM piam» no 1 BARTOK Musique pour cordes percussion et céiexta RAVEL U yak IM' septembre CHARLES DITOIT.ehtl FLORENCE QUIVAHmeuo soprano CHOEURS DE L’OSMfk.n Edward», chef) MAHl ER Symphonie no \ W septembre - 1er octobre CHARLES DUTOIT.chef BARTOK Dm portrait» BRAHMS Symphonie no 1 BARTOK Musique pour eordr*.prrcuMwn et celesta 2C2b novrfflbrt GROG0RZ NOWAK, ctrf ALEXANDER TORADZb, pan» LUTOSIAWSKI Concerto pour orchestre LISZT Comme pour puno no 1 DVORAK Ssmpbonir no b H frsnrr IV’O fOGORLUCH.run.- Ridai û laV L.M SEMYON BYCHKOV, cbti ANDRA» SCHIFf, paiv DVORAK Concerto pour puno TCHAIKOVSKY >s«phon* no 6 21 (rsnrt ZOLÎAjS KÜCSIS, pMRo Ridai 10-11 man CHARLES DUTOIT vbH YO-YO MA, wfamlr EU» AR Concerto pour 'mUndlr CH0STAK0VITCH Srapbawr no R 24-2Y mai, • GUNTH9HEUK, un leu secret je me sens consumer» (lamberi ).chant ancien» pour flûte et piano (Foss).svmnhnme no I (Leduc) Anim Fran cine Moreau Oh oo un été an musique Anniversaire de Goethe Katr »Wer Kiel* (Massenet).»i.Apprenti snrxier» (Dukas), estr «Scènes de Faust* (Schumann).«Prométhée.(Scria bine), octuor, op 103 (Beethoven), l.ieder sur des poèmes de Goethe (Wnlf).Ballet de .Fault.(Gounod) Anim Françoise Davotne 11h30 Récital d'orgu* Nicole Lemieux, orgue Aurèle-Lara-niée.Maison provinciale des Frères Maristes d'Iberville.Extr.Sonate no 1 (Mendelssohn); Choral no 1 (Franck).Anim.Jean Perreault 12h00 L'Art vocal Reprise de l'émission Mélodies du 17 août Elise Bédard.sop Amm.Guy Bélanger.13h00 Au gré d* la tantalala ¦ Les Sons de limage.(3e de 4).Un aperçu de la production musicale du cinéma canadien.Amm Sylvia L'Ecuyer IMlOO Au coaur d* l'été * Amm.Ginette Bellavance.17h00 OuMtlona d* rvotra tampa • • L'Université Laval» (dern de 7).Le devenir de l'Université.Inv Jean-Guy Paquet, recteur; Fernand Dumont, sociologue ; Louis O'Neill, philosophe ; JeanTlamelin.historien Anim.Louis ThiboutAt 17h30 Préaant-mualqua Anim André Vigeanl.16h30 Progréa at parapactlvM * • Le psychanalyste entre l’art et la mort, (item de 4) Prod.Radio France 19h00 Suivez I* caator * Dern.Parc national de l'Archipel de Mingan Rech .texte et anim Guy Ro-chelte.I9h30 Concoure d* nouvatlM * Dern -Escale au Shaddock Club» de Marc-André Paré 2Oh00 Concerta européen* Festival de Rerlin quatuor Jean-Slbe-bus d’Helsinki.Tabea Zimmermann, alto quatuor no I (Schoenberg); quintette.K 516 (Mozart) - Journées de la nouvelle musique de chambre de Witten Ens Moderne.dir IngoMetzma-cher .Mouvement» (Ijichenmann).22hOO Jaza-aollloqua • Lush Life» John Coltrane/Johnny Hartman.Garvey's Ghost» Max Roach.lef* Cool One.: Clark Terry.•Portrait of Cousin Mickey» Sadlk Hakim.-Senor Blues.Clifford Jordan.• I ll Get Ry» Coleman Hawkins.•Johnnv Come Lately» ; Cecil Taylor.•Cariai Paul Bley Anim Glllea Archambault 231)00 Musique d* chambra Sonate pour clarinette el piano (Howells) 23h30 L* Voyagé IMértour •snowflakes Are Dancing» (Debussy/ Tortilla) Amm Yvon Leblanc • Icticli 28 miùt IH8G Oh OO MusIquM d* nuit Amm PierreOlivier Désltets ShSS Méditation .Pour taire tare aux tristes nécessités» (Vrillentdr Liste Adam) imi p il no 2 i Ire k.quatuor, op 41 no 2 (Schumann).«Cantique des trots enfants» 1 Mendelssohn), «lai quinte F.slampie réale.(anon ).Concertino à 12 instr et clavier obligé (Weimar) lek.Suite dr chanlsetdanaea.2e livre (Hume); .ouf 1rs peins pois» et .Petit caprice» pour piano ( Rossini ).Concertino pour harpe (Tailleferre).Sonate pour 1 vio Ions.R *9(Vivaldi) 3e k.-Autemps d auosl.( Happer ).Concerto en ré pour trompette et corde* (Telemann).•Complainte indienne» pour violoncelle el piano (Dvorak), extr .Pulclnella» (Stravinsky).Fantaisie pour domra el orrh (Petrenko) Anim Francine Moreau thQO Un été an muatqua • serenade to Music» (Vaughan Wll-llama).Sonate pour hautbois et piano, op 100(Rubbra).«Concert champêtre» ( Poulenc) - Frant l.latl Télé du centenaire (dern de 11) I.esévénement» de I année l.tarl l.ieder.«Tolentanz».• Polonaise brillante» d'après Weber et estr «Via cruels» Amm Françetae Dr votne 11h30 Récital Lise Daousl, fl., et Rita Gauthier, p.; Sonates.K.13 et K.14 (Mozart); .So-piana» (Mâche).12h00 L’Art vocal Reprise de l'émission Mélodies du 24 août : Johanne l.arivière.mezzo.Anim.Guy Rélanger.1 ShOO Au gré da la tantalala .Les Sons de limage» (dern de 4).Un •pot-pourri» cinématographique des séquences musicales et des musiques actuelles Extr.des trames sonores de ¦ Maria s levers», «Police».«Mlshima».• Un amour de Swann».»Kaos» el .Le Choix des armes» Anim.Sylvia L'E-cuver.16h00 Au coaur d* t élé * Anim.Ginette Bellavance 17h00 Lh Tréaor* du théêtra • Dern Inv Jean-Louis Roux.directeur de l'Ecole national) de théâtre du l'a nada Rech .texte et amm.Michel Vais.17h30 Préaant-mualqua Amm André Vlgeant 1Sb30 Du monda anttar au coaur du monda * Dern.«L'Autriche» Inv Françoise G re-nier.musicienne el professeur Rech.Int et amm Claudette I-ambert 10h00 SéquancM du 7a art * Dern de 13 Le nouveau cinéma allemand Amm Richard Gay et Jean-Marie Poupart 10h30 ÉnlQmM *1 Action * Dern de 12 .Ne vous retournez pas» de Fredrlc Rrown Adaptation radiophonique Bertrand Bergeron l.ect Jean-Louis Mltletle 20h00 OrchMtiM Canadian* 22h00 Jaza-aollloqua • Honeysuckle Rose» Benny Carter; • Ralph’s New Rlues.Modem Jazz quartet.Walkln.Mlles Davis.The Black Saint and the Stnner Lady»; Charlie Mingus.«Come Rain or Come Shine.Wes Montgomery Amm GlUes Archambault 23h00 Muatqua da chambra Trots romances pour hautbois et piano, op 94 (Schumann) 231)30 La Voyage Intérieur Dern .Musique pour un temple inconnu» (Alain Kremskt).Glide» (Pc ter Davison) Amm Yvon leblanc Vendredi 29 until IHHG 01)00 MuatquM da null Anim Pierre Olivier Déstlets S4iS5 Méditation • La céleste aventure» (VtUlersde liste Adam) mm Lm NotM tnégalM Ire h.Concert champêtre» (Poulenc).sonate pour violoncelle et harpe, op 11.5 (Spohr).Trots Fantaisies pour (lûte(Hrilon) tek.Symphonie no 23 ( M Haydn).Trois romances pour violon el piano (C Wieck Schumann), Danses anciennes de Hongrie (anon ).•Sonate â la française» no 3 (Muflat ) 3e k.extr Suite .Aladdin» (Nielsen), svmphonte.op 16 no I (J C Rarh).Ro rrianre et finale pour pianoforte (llagg).Dm! Dominus» (Handel) Anim Francine Moreau OhOO Un été an muatqua Anniversaire du peintre et graveur Jean Auguste Dominique Ingres Con rerto pour violon no 1 (Paganini).Pe tlte svmphome pour vents (Gounod), quatuor, op 76 no 3 .Empereur» (Haydn).Transcription de la Svmpho nie no 6 de Beethoven (Liszt), estr •orphéeet Kurydire» (Gluck) Anim Françoise Davotne 111)30 La BtntontaSla d* Dern Dlr*GHtesAu2r*Dlwtfm?nto pour orchestre â cordes (Bartok) tltiM L'Art vocal Anim Guv Bélanger IMvOQAuarédala tantatata Au cours de l'été.1rs émissions du ven dredi sont consacrées aux demandes des audltears Au gré de la fantaisie.14e étage.Maison de Radio- Canada.1400 est.boul.Dorchester.Montréal.1121.2M2.Amm.Gilles Dupuis.16h00 Au coaur do l'été • Dern.Amm.Ginette Bellavance 17h00 Recherchas sclontl-fiquM au Canada • 13ede20 «Lestransports.Inv.John-Coleman.directeur du Bureau de liaison industrielle.CNRC.et JeanPierre Immarigeon.spécialiste en aéronautique.l'NRl Rech et int Michel Icarl Anim.Gustave Iléon.17h30 Préaant-mualqua Anim.André Vlgeant.18h30 Communauté dM radio* publIquM da langu* français* • .I .a Science et les hommes ; naissance, vie et mort des étoiles*.Entretien de Michel Cazenave avec Michel Cassé, astro-phvslcien.Prod Radio France 20n00 Lm Grand* Concorts Ronald Tunni.p ; 4 Sonates (Scarlatti); Sonate, op.10 no 3 (Beethoven); • Fantasy.Elegy and Toccata* (Mora-wetz).Sonate no 3.op 58 (Chopin) En raison de La Nuit du jazz les émissions Jazz soliloque.Musique de chambre et l.e Voyage intérieur ne seront pas pré sentées aujourd'hui ainsi que Musiques de nuit 22h00 Nuit d* |aaa • Hommage â Norman Granz.Imprésario et producteur de disques qui.depuis plus de 40 ans, a pris liniuillve d'enregistrer la plupart des musiciens importants de jazz Art Tatum.Charlie Parker.Rud Powell.Mary Lou Williams.Man Getz.Zool Sims.Count Basle.Fila Fitzgerald ne sont que quel-ques uns des noms prestigieux qu'il nous a proposés au cours de ces années A cette occasion, l'animateur Gilles Archambault.nous fera entendre les disques essentiels enregistrés de 1940 k nos jours Ssimvui 50 août 1080 5hJ5 Méditation • Le coq solitaire du Temple» ( VHIlers de lisle Adam) 6b00 La Grand* Fugua Anim Colette Mersy 104>00 Chronique du dlaqua Inv Yves Courvrile, musicien.Marc Samson, critique au tournai .Le Soleil» de Québec Anim Normand Séguin •Êmlaaion eu Hunt la RADIOJOURNAUX Du lumli iu vendredl OhOO.7h00 8h( 9h00,12h00, TOhOO el 23000 Samedi et dimanche 6h00.7h00.6h( I2WKI.TOhOO et 23h00 (HI IM 100.0 CMAIIMWO ( MOI »*M 102.5 ( H K-KM 100.7 CHVI'M'is i .(MUR IM 101.5 ('Ml I M I KM * Moniii ,il J Le Devoir, samedi 23 août 1986 ¦ C-7 ¦ LE DEVOIR CULTUREL Un entretien avec Louis Dussault Cinémas d’Amérique latine au FFM MICHEL EUVRARD Cm EST la troisième année que Louis Dussault, des Films du crépuscule, participe au choix des films latino-américains au FFM.La sélection, explique-t-il, se fait en trois temps : « Je reçois des cassettes, je les regarde et je fais mes premières suggestions; ensuite, au debut du printemps je me rends en Amérique du Sud, Chili excepté (je ne vais pas non plus au Brésil ni à Cuba), je vois des films, je rencontre cinéastes, producteurs, responsables d’instituts de cinéma; au terme de ce voyage, la sélection est à peu près établie.Finalement, je vais a Cannes pour les additions de dernière minute.« Aux premiers films latino-américains annoncés, j’espère que vont s’ajouter des films péruviens comme Socio de Dios, de Federico Garcia, Malabrigo (“Mal habillé”), qui a “fait” deux ou trois cent mille entrées à Lima, et Yawar fiesta, d’après un roman sur l’imaginaire quechua, tourné en quechua à Cuzco, ou vénézuéliens comme La Hora Texaco sur les ouvriers du pétrole et Una noche oriental qui se passe tout entier dans un bar, la nuit de la chute de la dictature en 1958.Toute la question est de savoir s’ils seront sous-titrés à temps ; pour des productions fauchées comme le sont souvent les productions latino-américaines, le sous-titrage représente un coût supplémentaire parfois prohibitif, surtout quand on sait qu'il ne sera jamais amorti dès lors que les télévisions étrangères ne présentent plus de films sous-titrés.« Parmi les films déjà annoncés, j’aime particulièrement Fequena Revancha, d’Olegario Barrera (Venezuela), un film joué par des enfants qui se passe dans une dictature imaginaire qui pourrait être le Chili, où les écoliers se voient proposer des sujets de rédaction sur l’emploi du temps et les occupations de leurs parents qui les transforment en délateurs involontaires; les indicateurs de police sont partout, c’est sur l’un d’eux que les enfants exercent la “vengeance” du titre.» La sélection.* Ajoutons que des 12 films annoncés, quatre, à ma connaissance, sont de cinéastes qui n’en sont pas à leur premier long métrage : Jorge Bo-dansky (L’Église des opprimés, Brésil) est le réalisateur, avec Orlando Senna, d'Iracema (1974) sur les déplacements de population qui ont accompagné la construction de la route trans-amazonienne, et de Gilirana (1975), et avec Wolf Gauer de Os mucker ( 1978) et de Jari (1980), passés plus inaperçus.Arnaldo Jabor (Parle-moi d’amour, Brésil) est un des protagonistes du « cinema novo » avec O circo (1965) et Opiniâo publies (1967), puis s’est orienté vers un cinéma plus commercial mais toujours baroque, paroxystique avec Pindorama (1971), Toute nudité sera châtiée (1973), O casamenlo (« Le Mariage », 1975) et Tudo bem (« Tout va bien », 1977).Le vétéran Raul de la Torre ( Pobre Mariposa - « Pauvre Papillon ») est le peintre des problèmes sentimentaux de la bourgeoisie argentine.Le Colombien Pepe Sanchez (San Anlonito) a tourné, en 1978, une oeuvre populiste avec des acteurs de télévision connus, El Patas.Enfin, Opera do malandro, de Ruy Guerra, une comédie musicale franco-brésilienne présentée dans la section « hors concours » et, dans « cinéma d’aujourd’hui et de demain », De l’Argentine, film français de Werner Schroeter, Sera posible el Sur, une co-production Allemagne de l’Ouest - Argentine de Stefan Paul sur la grande chanteuse de folklore Mercedes Sosa, complètent « Regards extérieurs sur l'Amérique latine », ce panorama que l’on espère représentatif de la production actuelle.?Vers la co-production.« Si mon travail, affirme Louis Dussault, devait se borner à sélectionner des films, il ne m’intéresserait pas longtemps; ma collaboration avec le FFM vise à développer un acquis ; c’est le seul festival qui, depqis dix ans, prospecte les cinémas latino-américains et programme leurs films, regroupés dans une section; cela représente un capital de continuité qui doit ouvrir des voies non seulement à la distribution — Montréal est la seule ville hors d’Amérique latine où La Ville et les chiens, le film péruvien de Lombardi, est sorti en salle — mais aussi, je l’espère, à la co-production.« Les cinémas d’Amérique latine ont entrepris, non sans succès parfois, la reconquête de leur public; c’est ainsi qu’en 1985 au Pérou, trois films nationaux, Gregorio, Tupac Amaru et La Ville et les chiens ont attiré plus de spectateurs que tous les films américains programmés LE FILM D’ANIMATION Giannalberto Bendazzi et le « septième bis » FRANCINE LAURENDEAU * Giannalberto Bendazzi, Le Film d'animation, volumes 1 et 2, éditions La Pensée sauvage/Jica, Grenoble, 1985.'¦“"1 N ITALIE, je suis une /( H mouche blanche », se plaît V -*—4 dire Giannalberto Bendazzi, écrivain et critique de cinéma, quand il évoque sa passion pour le cinéma d’animation.Vous avez déjà vu une mouche blanche ?C’est encore plus rare qu’un oiseau rare.Trop souvent destiné à un public enfantin peu exigeant, ne s’exprimant guère que par le court métrage, à peu près jamais projeté dans les salles commerciales, le cinéma d'animation, pour Bendazzi, vit une existence souterraine et ceux qui désirent voir les films doivent fréquenter les festivals spécialisés (auxquels s'ajoutent, pour les Montréalais, les mercredis de la Cinémathèque programmés par Louise Beaudet).« Le dernier pas de cette escalade vers l’isolement est l’emprisonnement forcé dans uné sorte de ghetto culturel des hommes qui travaillent dans ce secteur (auteurs, critiques, historiens).Ceux qui sont dans les murs du ghetto visionnent les films de leurs semblables, montrant les leurs et mêlant à leurs propos, dans les' discussions, des arguments connus d’eux seuls.Qui est hors des murs reste ignorant de tout.» Auteur de nombreux essais, entre autres sur Bruno Bozzetto et Alexandre Alexeîeff, Giannalberto Bendazzi a entrepris de sortir ce cinéma — parfois ironiquement surnommé le « septième bis » — de son isolement.Il ne nous offre donc pas une histoire exhaustive du cinéma d’animation mais plutôt un tour d’horizon général en deux volumes dont le premier, traduit en français Rar Geneviève Vidal, va de la pré-Lsloire du cinéma d’animation (les jouets optiques du 19e siècle) à la Deuxième Guerre mondiale et ses lendemains.Rendazzi travaille actuellement à la rédaction du second volume, qui portera sur l’époque ae-tuelle et s'intéressera à des cinématographies jusqu'alors inexplorées.K ^ K K b B Alley.The Gazette • Le plan comma morceau de bravoure esthétique, avec un vrai don de cinéaste.Il y a des moments à couper le souffle!* Cahiers du cinéma •Lars von Trier, premier vrai cinéaste punk (skin header, pour être plus précis) a réalisé lé quelque chose qui pourrait devenir un film-culte.» Marcel Jean, Le Devoir Comment ne pas être touché par l’histoire pathétique d’Émile Rey-naud, inventeur du « praxinoscope », puis du « théâtre optique » dont il fut lui-même le projectionniste pendant huit ans au musée Grévin, jusqu’à ce que ses pantomimes lumineuses soient remplacées par des marionnettes anglaises et un orchestre tzigane.C’était en 1900.L'inventeur sombra alors dans une profonde misanthropie, détruisit ses trois théâtres optiques et jeta dans la Seine ses longs rubans aux miniatures si patiemment dessinées.La dernière partie est consacrée à l’avant-garde outre-atlantique (alors que le cinéma européen assimilait la leçon de Walt Disney et cherchait à trouver le succès auprès du public, à l’inverse, l’animation « expérimentale » de type européen débarquait aux États-Unis), à Alexandre Alexeîeff, à Norman McLaren et à Oskar Fis-chinger, trois grands artistes, trois grands novateurs.Il est intéressant de noter que la définition de Bendazzi du cinéma d'animation reste très ouverte, ce qui lui permet d’intégrer des oeuvres comme Pas de deux, de McLaren, « probablement son chef-d'oeuvre et certainement un des meilleurs films d'animation existants ».Solidement documentée, cette étude n’en est pas moins d’une agréable clarté, rédigée d’une plume alerte et abondamment illustrée.La préface d’Alexandre Alexeîeff à l'édition originale, préface intitulé « Éloge du film d'animation », est un véritable petit manifeste.Pour le maître, si le cinématographe des frères Lumière éclipsa si facilement l'animation d’Émile Reynaud; si, en d’autres termes, le produit industriel l’em- porta si facilement sur l’oeuvre de l'esprit, c’est uniquement parce qu’il se révéla meilleur marché.11 faut voir comment le réalisateur d’Une nuit sur le mont Chauve écrase de sa superbe ce cinéma qu’il qualifie dédaigneusement de « photographique », un cinéma qui n’a plus rien à offrir et qui doit se rabattre sur la violence et la porno graphie pour racoler son public.Mais le jour n’est pas loin où l’on se lassera des mitraillettes et des nu dités.« Pour être bref, conclut-il, le répertoire du cinéma photographique est limité et proche d’etre épuisé.Après tout, les portières qui claquent, les autos qui démarrent, (.) les uppercuts de Belmondo, l'anatomie des hommes et des femmes n’offrent que peu de variété »v L’avenir est à l’animation, « oeuvre pure de l’esprit ».* Giannalberto Bendazzi, Woody Allen, éditions Liana Lévi, Paris, 1985 Si le génial inventeur de l’écran d'épingles pouvait se permettre des déclarations aussi péremptoires, Bendazzi.heureusement, ne limite pas ses enthousiasmes au seul cinéma d’animation.Après Mel Brooks (Glénat ), voici Woody Allen, traduit en français par Mariè-Chris-tine Gamberini.À 16 ans et demi, uncertain Alan Stewart Konigsberg s'engage à rédiger 50 histoires drôles par se- un film de Lars von Trier \m THE ELEMENT fort et Ç" réalisé pai WOODY \ALLEN sem.ji HANNAH ET SES SOEURS 12.30 - 2.40 - 4.50 - 7.00 • 0.10 mi desjardins MSILAIAI I ?»« 3141 Pdn* marne pour une agence de relations publiques qui compte parmi ses clients des célébrités comme Bob Hope, Guy Lombardo et Sammy Kaye.Il se croit déjà « au coeur du show-business « .mais son ap prentissage sera long et éprouvant.À travers un premier chapitre biographique, on voit se dessiner peu à peu la personnalité de Woody Allen, difficile à dissocier de la légende qu’il a lui-même créée.Non, son enfance n’est ni pauvre ni malheureuse.Fit, bien que petit, rouquin et binoclard, il découvre rapidement son pouvoir sur les autres, le pou voir de faire rire.D’une scolarité médiocre, il compense en devenant un lecteur insat iable et un cinéphile enragé.L’analyse qui suit sur l’humour d’AUen et sur son personnage d’antihéros est particulièrement éclairante pour le lecteur non américain parce qu’elle repart à zéro et ne suppose pas qu'il soit spécialisé dans l’humour juif (le schlemiel, dit un proverbe juif, tombe sur le dos et se casse le nez), ni qu'il navigue à son aise parmi les termes descriptifs du comique américain : le deadpan, le pratfall, le throwaway ou le one-li-ner.Mais ne croyez pas que Bendazzi réduise le talent du cinéaste à des explications mécaniques.Au contraire, écrit-il, l'apport le plus original et le plus durable de Woody Allen au genre comique, en littérature comme au cinéma, « réside dans la création de moments abstraits, limpides dans l'éclat de leur absurdité ».L’essentiel de cet ouvrage de 200 pages est, bien sûr, une filmographie détaillée qui me paraît essentielle à quiconque veut se documenter en français sur le réalisateur de The Purple Rose of Cairo.Il ne s'agit cependant pas d'un panégyrique : l’admiration de Bendazzi pour son sujet n’est pas exempte de nuances, voire de réserves.Les photographies en noir et blanc occupent une place importante dans la mise en pages.Si vous ne trouvez pas ces volumes de Bendazzi chez votre libraire, ils sont disponibles à la Cinémathèque québécoise.$ OSCAR MEILLEUR FILM ÉTRANGER 1985 » W® - - ¦ T VlB v Tous les cent ans, la Franco donne à l’Amérique un précieux cadeau.cT* » HOMMES «•F* g un c/Hu tin LvJ ST omis SU CAINIAINI Mllll Tou» Im lours: I 1 00 305 5 ml 7.1»-1:20 j OF CRIM ivtcMicNàftEiphick Mo Mêlai.Esmond Ki v o anal.s -I tu 19 h 30.21 h 30 tl iMkai » LE MEILLI UR i il M ni i anm i \ \\ Association nationale dp la critiqtir '/ l.os Anqplps.1986 I * Sf* “ WL« numéro 1 dp votre liste è voir, et le meilleur film que j'ei vu celte année LÉONARD MARTIN .tntt*M«inmtnl TomqM -““Brillant Eblouissant Spielberg a créé un chef-d'œuvre A ne pas manquer .” GEORGES ANTMONV Toronto Sun “ “Remarquable, un film puissant ” ROGER EBERT, ChiraqoTime*' “Ce film sublime siqné Steven Spielberg, à voir à tout pris ” LUC PERRE AU1T.La Presse ÊNÊXCLUSiviTÉ-ÂüRE UN III M la STTVt U SHI I RI Hi Une victoire del homme.une élévation de l'àmr KN riiftNçAlqr st-denis 2 Thales Pan Chacon et Fernanda Torres dans Eu sei que vou te amar (« Parlez-moi d'amour »), du réalisateur brésilien Arnaldo Jabor.dans le pays.« Ils connaissent, cependant , de graves difficultés de financement (le taux d’intérêt exigé par les banques locales peut atteindre 60 % ! ) mais aussi techniques, de qualité de son, de post-production, de diffusion.La post-production de certains films se fait pour cette raison à Cuba; elle pourrait se faire au Québec.« Mais le Québec, qui a des accords de coproduction avec plusieurs pays développés — l’Allemagne de l’Ouest, la Grande-Bretagne et la F'rance — n'en a avec aucun pays d’Amérique latine, ce qui signifie, par exemple, que tout investissement canadien dans un film latino-américain se verra frappé d’une taxe à l’exportation de 35 %, alors qu’elle ne serait que de 10 %, en vertu des accords, s’il s’agissait d’un film français, allemand ou britannique ! « C’est cette situation que j’espère contribuer à changer, en obtenant des dérogations pour des projets spécifiques; ainsi, l’ONF a donné son accord de principe pour assurer la post-production du film colombien La Rut a del silencio et du prochain film de Lombardi (dans lesquels il y aura respectivement un et six rôles pour des acteurs québécois).lin colloque « C’est aussi dans cette perspective que j’organise, dans le cadre du FFM, un colloque auquel sont invités les principaux responsables des instituts de cinéma d’Argentine, de Colombie, du Mexique et du Venezuela, d’Embrafilme (Brésil) et de l’ICAIC cubain; ils pourront y discuter entre eux de leurs problèmes de production et de diffusion, et, je l’espère, s’entendre sur ce qu’ils attendent de nous au Québec.» GRAND PRIX DU 35e ANNIVERSAIRE FESTIVAL DE CANNES IDENTIFICATION D’UNE FEMME N N I N I TOMAS MILIAN, DANIELA SILVERIO, CHRISTINE BOISSON.MARCEL BOZZUFFI ANTONIONI .GÉRARD BRACH .;.T.îTONINOGUERRA «MICHELANGELO ANTONIONI JUSQU'A LUNDI -’-MICHELANGELO ANTONIONI - à 19h00et 21h30 i VON NORMANN PAR LE RÉALISATEUR DE "BLOW UP” OUTREMONT 1248 Bernard 0„ 277-4145, 277-2001 Vf V* * 4$* IVK / / MICHEL LESUE ALEXANDRE P1CCOU CARON ARXATT •t UVULUNAMNl Lundi au samedi 51)00 • 7MS - Mi30 Dlmenche 121)10 - 21)45 - 51)00 7MS - M)30 5117, avenue du Fore e 495-4231 Dans le cadre du 10e Festival des films du monde TÉLÉFILM CANADA et LE DEVOIR lancent le concours: CONNAISSONS PRODUCTIONS Répondez correctement aux questions suivantes el courez la chance de gagner un laissez-passer, pour deux personnes, vous invitant à assister à la soirée de clôture du Festival des films du monde.J81L .L1J1UBS Hijat RDfll 12.10 -15.10-19.10 -22.10 1 2 3 4 5 COUPON DE PARTICIPATION Qui est le réalisateur de Pouvoir Intime?_____________________________ Quel film de Paul Tana se déroule au cœur de la petite Italie montréalaise ?_______ Quel film de Hugues Mlgnault se penche sur le référendum ?_________________ Quel personnage est fasciné par le mythe d'ElvIs Presley dans le film du même npm ?_____ Quel film raconte l'histoire de dix amis d'enfance gui se retrouvent trente ans plus tard ?___________________ Le concours se termine le 27 août et le tirage aura lieu le 28 août 1986 Vous pouvez vous procurer les règlements du concours au Devoir.NOM ADRESSE TÉL Remplir le coupon et le poster à : CONCOURS "CONNAISSONS NOS PRODUCTIONS’ • LE DEVOIR 211, rue St-Sacrement, Montréal, Québec H2V 1X1 Q Telefilm Canada LE DEVOIR ¦MH C-8 ¦ Le Devoir, samedi 23 août 1986 LE DEVOIR CULTUREL Jeux d’espace et coups d’éclat EXPOSITIONS GILLES PAIGNEAULT MIEUX VAUT tard que jamais.Il reste encore une semaine pour visiter, dans le Vieux-Port (hangar n° 16), « Jeux d’espace », l’exposition annuelle du Conseil de la sculpture du Québec qui fête, en 1986, son 25e anniversaire.Et, pour l’occasion, l’organisme retrouve un air de jeunesse aussi réconfortant qu’inattendu.En effet, on semble avoir compris que la formule des « confrontations » était lassante et répétitive, qu’elle desservait finalement tout le monde.« Jeux d’espace » — un thème peu contraignant puisqu’il serait une fête.Pour renseignements : 270-7209.(Jusqu’au 1er septembre.) ?Par contre, à la Galerie de l’UQAM (1400, rue Berri, salle J-R120), la sélection de la quatrième Biennale de tapisserie contemporaine de Montréal est navrante.À force de craindre « la nouveauté à tout prix » ou « les concessions à la mode », le jury n’a retenu que neuf artistes parmi la soixantaine de dossiers soumis, et vraisemblablement pas les plus dynamiques si l’on se réfère aux éditions précédentes de la Biennale.À moins qu’il ne s’agisse d’un problème de formats exigés, comme cela s’était produit il y a quatre ans.Quoi qu’il en soit, ceux qui avaient apprécié l’ouverture d’esprit de l’exposition de 1984 resteront ici sur git d’un ensemble d’une dizaine de constructions assez disparates formellement mais qu’un enduit de goudron rend uniformes, un peu comme le deviennent les images qui finissent par se patiner dans la mémoire.Les sculptures, qui sont des reconstructions expressives d’objets trouvés, servent de supports à des photographies extraites de vieux films, avec lesquelles elles échangent des significations qui transforment autant les images que leur encadrement.Et cet amalgame de solide et d’imaginaire, de fixité et de mouvement, donne lieu à un langage d’une efficacité surprenante.pour peu que le spectateur n’ait pas peur de la bête.(Jusqu’au 30 août) ?Chez Yahouda Meir (3575, avenue reurs les plus sympathiques de la rentrée.Bien sûr, cela donne lieu à des accrochages hétéroclites mais, par là même, souvent énergiques et stimulants.Cette fois-ci — qu’il s’agisse de sculpture, de peinture ou même de photographie —, il est beaucoup question de récupération et de bricolage chez Loly Darcel, Marie-Josée Lafortune, Marc Leduc et Lucie Lefebvre.À première vue, les paysages de Louise Masson sont plus déconcertants; il faut attendre la suite.(Jusqu’au 31 août.) ?Du côté de la galerie Noctuelle (307, rue Sainte-Catherine ouest), les « Coups d’éclat » s’appelleront dorénavant « Ouverture » et manifesteront la volonté de la maison d’élargir ses horizons à d’autres villes : Bos- sorte de définition de la sculpture elle-même — comprend seulement 11 oeuvres de grand format : 10 choisies par un jury solide parmi les membres en règle du Conseil, et une invitée, L'Eau relief, de Jill Slosburg, de Boston.De là, une exposition très agréable à parcourir, d’autant que les artistes ne jouent pas les mêmes jeux et que leur juxtaposition sous un même chapiteau esquisse un panorama commode et accessible de la pratique sculpturale au Québec.Dans l’ensemble, la qualité des idées pèse ici plus lourd que le beau métier ou les matériaux noblesses anciennes « confrontations », et on ne va pas s'en plaindre.Ajoutons que les oeuvres profitent d’un éclairage théâtral, presque trop beau, qu’elles baignent dans un environnement sonore d’une discrétion et d’une justesse remarquables, et que le catalogue lui-même prend des airs de leur faim et regretteront, entre autres, l’absence de recherches faites avec le papier-matière.Certes, le métier des participants de cette année est irréprochable mais, par définition, les biennales sont davantage des lieux d’expérimentation que de démonstration de « l’excellence de la tradition classique ».Heureusement, la galerie — trop vaste pour le peu d’élus du jury officiel — présente aussi une sélection d’oeuvres de professeurs de l’institution qui ont partie liée avec la fibre.L’accrochage maison est plus soigné que celui de la Biennale par rapport à laquelle il exerce une saine fonction critique.(Jusqu’au 7 septembre.) ?Avec la présentation de La bête noire de Celine Baril, la galerie Optica (3981, bd Saint-Laurent) réussit un très beau coup avant même l’ouverture de sa saison régulière.Il s’a- du Parc), le conservateur invité Keith Wallace présente, sous le titre de « Beyond the Line», trois dessi-nateurs de Vancouver — Clint Atkinson, Charles Rea et Neil Wedman — qui s’ingénient à dévoyer des techniques et des imageries* plus ou moins traditionnelles, coup sûr, les trois artistes posséderaient en commun une habileté assez époustouflante, mais on sera surtout sensible aux visions troubles, comme liquéfiées, de Rea.Dans la première salle, outre deux oeuvres importantes d’Hana Isehavek, on découvrira avec plaisir deux toiles de Monique Mongeau qui nous font attendre beaucoup de cette nouvelle recrue de la galerie.(Jusqu’au 24 août.) ?Depuis quatre ans, les « Coups d’éclat » de la galerie Michel Té-treault (4260, rue Saint-Denis) comptent parmi les signes avant-cou- JEAN LAREAU Vernissage mercredi le 27 août à 19h jusqu’au 9 septembre ÇÇNTRE D'ART " DIFFUSION III Place du Parc 3575 avenue dy Parc MontTéal H2X 3P9 284-1118 du mardi au dimanche de 11h à 17h 4 Blanche Célanuy, Vescica Lanterna, 1986, exposée dans le Vieux-Port.Ci-contre : Barbara Cohen, Between the Unes, 1986, à la Galerie de l’UQAM.ton, l’an prochain, puis Londres, Paris et Berlin.En attendant, Michel Groleau a réuni cette année quatre artistes torontois — Carmelo Arnol-din.Donna Mehalko, Edward Pien et Johannes Zits — qui proposent diverses perceptions du corps humain.et qui rappellent que les peintres de là-bas ne subissent pas les mêmes influences que ceux d’ici.À voir sur- PASCALINE RONCIN «Les Lieux» dernière fin de semaine EXPOSITION DES ARTISTES DE LA GALERIE GALeRIE | g g cumrï ART CONTEMPORAIN MO nu Roy Ml Montréal H2W 1M9 Téléphona (514) M3-3SM do 12h à 17h tout pour les toiles flamboyantes de Pien et pour les curieux chassés-croisés entre les peintures et les sculptures d’Arnoldin.(Jusqu’au 30 août.) MICHELLE RÉMILLARD-DES JARDINS HUILES SUR TOILE ET AQUARELLES 21 AOÛT - 12 SEPTEMBRE 1986 \/l *m^ktfuincc 680, rue Sherbrooke ouest Montréal (Québec) H3A 2S6 Tél.(514) 284-3768 Lundi au vendredi de 11 à 17 heures.L’EXPO ZEROZOISTE UN SHO BOUILLANT DE TABLO par ZÉRO ZOO 1850, Shèrbrouc o.[*3 Gui, 931-3149 jusqu’au 1er novembre Jeu.Ven.: 12h à 22h Mer.Sam.Dim.: 12h à I9h ACHETONS PEINTURES ET SCULPTURES DE QUALITÉ iT'NIM Ali VENDREDI DE 9h A I7MO - EERME SAMEDI ET DIMANC HE GALERIE DOMINION I» plus grand rlioiv de priMarrs a sculptures au Canada dans la plus grande galerie marchand d'art au Canada 1438 ouest, rue Sherbrooke 845-7471 et 845-7833 CtflÉRKttimiALOUZ vous invites à l’exposition de LESTER JOHNSON Vin d’honneur sera servi Samedi le 23 août entre 14h et 16h 1620 Sherbrooke ouest Mardi-samedi.10-13h L Montréal H3H 1C9____________________________________(5U) 935-5455  Notre nouvelle • gravures galerie est originales maintenant • encadrements ouverte • affiches • reproductions d’art au 5190 Boul, St-Laurent ^ 0 (coin Fatrmount) 276-2872 miCHEl T E T R £ R U L T R R T CORTEmPORRin L-A PLUS GRANDE /LA GALERIES D'ART \j\J ASSOCIATIONS ASSOCIATIONS ET INSTITUTIONS Galette la Rutila (l spogne Galette Jotcft Boa©! Michel TétreauM Oft COOt©r At©ii©r gaten# Nouvel Age Cot\$©tt d©$ arts !©*iit©ç du Goietie Pin* Mutée du Quebec le cetcie a ort Alfred Doua Hugue« de la fi Galette a du 11 ^OSiïDN GENRE _ CANADA VIEUX PORT DE MONTREAL
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