Le devoir, 24 mars 1986, lundi 24 mars 1986
y Ensoleillé avec passages nuageux.Max.: -5 (détail page 12) Montréal, lundi 24 mars 1986 Vol.LXXVII — No 69 ?394.Laurier ouest Montreal 273-2484 extérieur de Montreal métropolitain 50 cents Côte Nord Gaspesie.Toronto Nouveau-Brunswick 60 cents 50 CENTS Les É.-U.n’interviendront pas militairement en Amérique latine, assure Ronald Reagan NEW-YORK (AFP) - Espérant faire taire les critiques de sa politique au Nicaragua, le président américain, M.Ronald Reagan, a réaffirmé qu’il « était la dernière personne au monde à envisager l’envoi de troupes américaines en Amérique Latine où une telle action ferait perdre aux États-Unis tous leurs amis dans la région».Dans une entrevue publiée hier dans le New York Time, et qui fait partie de sa campagne pour obtenir la permission d’envoyer de l’argent aux contre-révolutionnaire du Nicaragua, le président américain a déplore les « attaques personnelles haineuses » lancées contre lui et son programme d’aide aux contras nicaraguayens.Il a aussi proposé un compromis pour faire plier le Sénat qui se penchera sur cette question jeudi.Il propose ainsi l’octroi d’une aide immediate de US $ 25 millions de dollars, suivie dans un délai de 90 jours des $ 75 millions restants.Cette première tranche serait consacrée à une assistance alimentaire, médicale ainsi qu’à des armements anti-aériens.« Des adversaires de notre programme (d’aide aux contras) ont lancé les attaques personnelles les plus haineuses contre moi et ont malhonnêtement tronqué la vérité », a déclaré le président.Cette interview a été réalisée vendredi, soit au lendemain du vote de la Chambre des représentants, par une faible majorité de 12 voix, contre l’octroi d’une aide aux forces anti-sandinistes de $ 100 millions, dont $ 70 millions d’assistance militaire.Pour sa part, le président nicaraguayen, M.Daniel Ortega, a lancé samedi un appel pour l’ouverture de négociations de paix avec le président américain, dont il a dit qu’il préparait une « vietnamisation » du conflit en Amérique centrale.« Nous sommes disposés à parler n’importe quand avec lui (.) à Managua ou à Washington », a déclaré M.Ortega lors d’une réunion des responsables des comités de défense sandinistes.M.Ortega a ajouté qu’il pensait que M.Reagan voulait intensifier la guerre contre le Nicaragua sandiniste en apportant un soutien accru aux contras, les rebelles anti-san-dinistes qui ont établi leurs bases au Honduras ou au Costa Rica.« nous voulons une solution pacifique ; nous voulons établir le dialogue avec le chef des contras, a déclaré le président nicaraguayen.(M.Ortega veut négocier avec le gouvernement américain qui insiste, lui, pour que Managua négocie avec, la contra).Voir page 8: Reagan «CS*» PHILIPPINES : LES LENDEMAINS DE LA RÉVOLUTION I.De tortionnaires LE DEVOIR publie aujourd’hui le premier d’une série de six articles de la journaliste Carole Beaulieu de retour d'un séjour aux Philippines.CAROLE BEAULIEU MANILLE — Des entreprises se disputent les droits d’imprimer des t-shirts à l’effigie du Lt-Colonel Grégorio Honassan.Il a même, dit-il, reçu des offres cinématographiques.Les quotidiens de la capitale publient des photos du Général Fidel Ramos joggant, en short, à la tête de ses troupes.Les clubs sociaux se bousculent pour accueillir les officiers rebelles, invités à raconter « les 78 heures » de la rébellion militaire qui a accéléré la chute de M.Ferdinand Marcos et l’accession au pouvoir de Mme Corazon Aquino, la première femme présidente des Philippines.Hier « ennemis du peuple », « pilleurs et tortionnaires », les soldats des Forces armées des Philippines ( AFP ) sont aujourd’hui la coqueluche des résidents de la capitale.Mais les mitraillettes crépitent toujours sur l’île de Mindanao, des insurgés font encore sauter des mines à Cagayan de Oro, et la trêve unilatérale décrétée par les forces armées de l’île de Négros n’a pas été reçue favorablement par les insurgés, dont les forces sont estimées, par les services de renseignements américains, à 16,000 hommes et autant d’auxiliaires.« Si mes paroissiens n’ont pas justice, je ne peux pas les forcer à croire aujourd’hui à votre bonne foi », répondait récemment le père Wil-fredo Dejilla à des soldats venus lui demander d’intervenir en faveur de la trêve.« Il faudra cinq ans, quinze peut-être, » convient amèrement Rex Robles, le principal porte-parole du mouvement de réforme des forces armées ( RAM-AFP ), « pour mettre fin à la violence dans les provinces.Certains commandants régionaux empochaient plus des deux tiers de l’argent.Les soldats devaient vivre de la terre.Alors ils pillaient, refusaient d’aller en patrouille, vendaient des armes à la guérilla.Je comprends que le peuple ne leur fasse pas confiance.» La réorganisation de l’armée et la loyauté de ses 230,000 hommes au nouveau gouvernement de Corazon Aquino, comptent parmi les principaux sujets de conversation de la capitale.M.Juan Ponce Enrile, le ministre de la Défense qui a osé ouvertement défié Ferdinand Marcos, n'a pas la confiance du phillipin moyen qui craint qu’il ne tente un jour de s’arroger le pouvoir.Personne n’oublie que l’homme a été l’administrateur de la Loi martiale et le geôlier de M.Benigno Aquino, le mari défunt de la nouvelle présidente des Philippines.« Les gens n’ont pas le droit de me juger », répond le ministre Enrile dans une entrevue exclusive accordée au DEVOIR.« J’ai fait mon acte de contrition.Si j’avais voulu le pouvoir j’aurais pu le prendre.» M.Enrile soutient qu’il n’a plus d’ambitions politiques et ne souhaite que « vivre en paix » une fois qu’il aura mené à bien la réorganisation de l’armée et la « stabiüsation du pays ».Cette réorganisation s’avère plus difficile que les jours du siège ont soutenu récemment quelques jeunes officiers du RAM dans de brèves entrevues accordées au DEVOIR.« Au cours du siège le bien et le mal étaient plus évidents, » déclare le capitaine Robles.Ingénieur diplômé d’une université californienne, Robles est le pro-Voir page 8: Philippines à héros.la saga des officiers Une nouvelle promotion de jeunes officiers a quitté, samedi dernier, l’Académie militaire des Philippines, sous l'oeil protecteur de la présidente du pays, Mme Corazon Aquino et du commandant en chef des forces armées, le Général Fidel Ramos.AU SOMMAIRE LE NOUVEAU PARTI CIVIQUE Le maire de Montréal, M.Jean Drapeau, indiquait dernièrement à ses proches collaborateurs son intention de ne pas se porter candidat lors des prochaines élections municipales.M.Drapeau proposera d'ailleurs aux membres du Parti civique de Montréal ( PCM ) une candidature qu’il a déjà pressentie.Le PCM pourra donc se présenter devant les électeurs en adoptant le discours du renouvellement, puisque sa liste de candidats regrouperait majoritairement de nouveaux visages ( dans 33 des 58 sièges à pourvoir ) Page 3 ECONOMIE LA BONNE ACTION L'approche systématique, lors de la constitution d’un portefeuille de placement, représente la clé du succès dans le domaine de l'investissement.Premièrement, tenir compte de l’imposition, puis répartir en actions et en obligations, selon la conjoncture économique du moment.Page 9 POPULAIRE EXPRESS TENTE UNE PERCÉE Une compagnie de transport par autocar, Populaire Express, projette de desservir les principaux centres du Québec à des prix ultra-économiques.La nouvelle venue a déjà adressé une demande de permis à la Commission des transports du Québec.Page 11 SPORT JOSÉE LAÇASSE SE SURPASSE À BROMONT Josée Laçasse, de Brossard, a réussi la meilleure performance canadienne à vie en Coupe du monde de ski alpin, samedi à Bromont, quand elle a terminé au 5e rang de l’épreuve du slalom féminin remporté par la Yougoslave Mateja Svet.La jeune Québécoise vient par le fait même de donner des couleurs à une équipe canadienne de slalom jusqu’alors bien pâle.Page 14 silencieux LA guerre a du front tout le tour de la Terre.¦ Le silence religieux est-il plus profond que le silence laïque ?La babel contemporaine, c’est la confusion des spécialités.-ALBERT BRIE CONGRÈS DU PLC-0 Les libéraux resserrent les rangs derrière John Turner HAMILTON (PC) — Les libéraux ontariens ont resserré les rangs derrière le leader John Turner au cours du week-end, malgré quelques gestes de contestation posés par une minorité de mécontents, petite mais fort active.Les délégués à ces assises — le plus grand congrès jamais tenu par l’aile libérale ontarienne, selon les responsables — ont longuement ovationné M.Turner samedi, après qu’il se fut livré à une cinglante attaque contre le premier ministre Brian Mulroney.Le vainqueur d’une course serrée à la présidence de l'aile ontarienne s'est d’ailleurs empressé de rejeter les critiques ouvertes contre le leadership de M.Turner, formulées par au moins deux délégués.M.Seymour Iseman, qui est devenu le prévoir page 8: Turner LA DERNIÈRE ENTREVUE DE KARL LÉVÊQUE La fierté d’un peuple qui s’est repris en main De retour au Québec pour subir une opération au cerveau qui ne l'inquiétait pas outre mesure, le père Karl Lévêque a raconté à notre collaborateur Luc Allaire ses premières constatation sur la situationb qui sévit en Haïti depuis la chute de Duvalier.Quatre jours après cette rencontre, Karl Lévêque mourait subitement à l’Institut neurologique de Montréal.jouter Karl Lévêque, c’est de découvrir LUC ALLAIRE Collaboration spéciale J’AI été le premier Haïtien de Montréal à retourner en Haïti après le départ de Duvalier, m’a-t-il lancé fièrement.L’agence de voyages m’a annoncé qu’il y avait des places disponibles sur le vol New York-Port-au-Prince.Tout de suite, je suis allé chercher mon visa au consulat haïtien .Haïti est le seul pays au monde à exiger un visa à ses ressortissants.Et quelques heures plus tard, j’arrivais à Port-au-Prince.Les policiers m’ont accueilli avec un clin d’oeil.« Tu vois, on n’est pas méchant, m’ont-ils dit.On te laisse entrer.» Déjà au poste de police, Karl Lévêque s’est rendu compte qu’Haïti avait changé.Les policiers photocopiaient des tracts racontant les déboires de Duvalier.« Ce qui m'a le plus impressionné, d’a- un peuple fier.Fier non seulement parce qu’il avait réussi à mettre à terre une dictature appuyée par les Américains, et ce sans leader ni organisation politique, mais surtout parce qu’il était conscient de contrôler la situation.« Cela peut sembler étrange lorsqu'on sait que le Conseil national de gouvernement a été approuvé par Washington et qu’il est formé de responsables de l’appareil macoute, de militaires et d’un seul représentant des droits de l’homme.Mais il faut avoir vu à quel point se manifeste la vigilance du peuple.« Cette vigilance du peuple est omniprésente, explique-t-il.Ainsi, la population continue d’exiger un nettoyage complet du gouvernement et le retrait des macoutes.« Et si le gouvernement ne le fait pas, on le fera nous-mêmes », ai-je entendu très souvent», poursuit Karl Lévêque.« Cette vigilance ne s’exprime pas par du pillage et des vols mais plutôt de façon que je qualifierais de symbolique.Ainsi, tout ce qui portait la trace de Duvalier a été saccage, à commencer par sa tombe, les écoles qui portaient son nom, etc.Et les gestes que l’on pourrait qualifier de sauvages de l’extérieur sont posés, dans le contexte haïtien, pour stopper au contraire la sauvagerie.Ainsi, à Carrefour dans la banlieue de Port-au-Prince, un macoute a été déchiqueté en petits morceaux au moment où il s’apprêtait à empoisonner la réserve d’eau potable du quartier.» Karl Lévêque ne tarissait pas d’éloges devant cette vigilance populaire pour stopper la fuite des macoutes.L’arrestation du chef de police, M.Luc Désir, avait d’ailleurs retenu son attention.Celui-ci entendait profiter de l’effervescence de la fête du drapeau pour s’enfuir en avion.Or, comme plusieurs personnes patrouillent constamment la région de l’aéroport, M.Désir fut repéré.Aussitôt, une foule immense s’est amenée sur la piste pour empêcher l’avion de décoller.« On ne permettra pas aux anciens bandits de partir », criait-on, exigeant un nettoyage au sein de l'appareil gouvernemental.Voir page 8: Lévêque Karl Léveque LA SOLUTION «LOGICIEL» INTELLIGENTE Diffuseur en librairie et en boutique informatique Piflilllfl (S™) 273-1653 5253, avenue du Parc, bureau 425 -» 1-800-361-9852 Montréal (Québec) H2V 4P2 J 1/ t V (î r 2 B Le Devoir, lundi 24 mars 1986 la création FEMININ PLURIEL Québec reporte encore de centres de maternité RENÉE ROWAN Même si, dans le jargon des fonctionnaires, le projet d’une maison de naissance à Montréal vient encore une fois d’être classé « B » ou « non urgent » par le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), le groupe Naissance-Renaissance n'abandonne pas pour autant la partie, convaincu de la pertinence de sa demande.Le regroupement provincial, né en 1980 du mouvement pour l’humanisation et la démédicalisation de la naissance, et le Comité Maisons de naissance de Montréal présentaient, ces jours derniers, un mémoire devant le commision Rochon.Ensemble, ils organisent à l’Université de Montréal, les 4 et 5 avril, un colloque sur Les centres de maternité: une alternative réaliste.« On tente de faire croire que nous sommes des marginales, que nos demandes ne viennent que d’un petit groupe de femmes; or nous sommes en mesure d’affirmer le contraire », soutient au cours d’une entrevue, Hélène Valentini, coordonnatrice du Comité.Après six ans d’existence, Naissance-Renaissance rassemble 18 groupes membres répartis dans toutes les régions du Québec et une clientèle qui se chiffre par milliers, à la recherche d’alternatives qu’elle ne trouve pas dans le système de santé actuel.Dans un document intitulé La politique pour une nouvelle orientation en périnatalité, et publié en octobre 1984, le ministère des Affaires sociales analysait le mouvement d’humanisation en reconnaissant les principaux points de revendication des usagères en périnatalité: la surmédicalisation, le fait que la grossesse et l’accouchement ne soient plus considérés comme un processus normal mais pathologique, le morcellement des soins, etc.Un an plus tôt, en octobre 1983, un rapport interministériel sur les sages-femmes, était parvenu aux mêmes constatations.« On ne peut donc dire que nous sommes marginales », constate Hélène Valentini.Une des recommandations de ce dernier rapport abonde dans le même sens que celle des femmes et du mouvement Naissance-Renaissance, soit une ap- proche globale de la naissance et une continuité au niveau des services.« La politique pour une nouvelle orientation en périnatalité tout comme le rapport interministériel sur les sages-femmes recommandent qu’il y ait des lieux de naissance hors du centre hospitalier; ce qui est exactement ce que l’on veut », poursuit Mme Valentini.Le Comité Maisons de naissance a reçu plus de 800 lettres de femmes qui demandent des centres de maternité autonomes.Après des demandes répétés à la fois de professionnels, de professionnelles et de femmes, le Centre de santé et de services sociaux de l’Outaouais a effectué une étude de faisabilité sur un centre de maternité.Dans le cadre de cette étude, un sondage a indiqué que 62.8 % des femmes de la région de l’Ou-taouais désiraient accoucher dans un centre de maternité avec sage-femme.Peut-on encore parler de marginalité?Avec un soutien financier du MAS, le Comité Maisons de naissance de Montréal déposait, à l’automne 1985, un volumineux rapport au MAS sollicitant tous les groupes et individus impliqués de près ou de loin dans l’humanisation de l’accouchement et de la naissance à manifester leur appui en demandant la mise en opération d’un premier centre de maternité, à Montréal, avant la fin de l’année 1986.En janvier dernier, des représentantes du mouvement et du comité ont rencontré des fonctionnaires du MSSS impliqués dans le dossier et de la direction générale de la santé.« Il semble que notre projet soit encore à l’étude, mais il ne constitue pas une priorité pour cette année », note Hélène Valentini.Face à la situation actuelle en périnataüté au Québec et pour répondre aux exigences croissantes des femmes en matière d’humanisation, le groupe Naissance-Renaissance et le Comité Maisons de naissance ont mis de l’avant, devant la commission Rochon, deux propositions: la légalisation de la profession de sage-femme et la création de centres autonomes.Ces propositions sont reüées puisque les centres de maternité sont des lieux de pratiques idéaux pour les sages-fem- autonomes mes et qu’ils ne peuvent réellement remplir leur mission sans elles, soutient le mémoire.Ces centres autonomes seront reliés à divers établissements du réseau de la santé et des services sociaux aptes à répondre dans les plus brefs délais aux besoins de consultation et de soins spécialisés de façon à assurer aux femmes un maximum de sécurité.Ils devront cependant en être indépendants physiquement et administrativement, indiquent les promotrices du projet.Le caractère propre de ces centres se situe au niveau du rôle-clé des femmes dans les soins et services, l’administration et les orientations du centre, et de la continuité, en terme de philosophie de pratique, de personnel et de lieux physiques, pendant toute la transition à la maternité, c’est-à-dire avant, pendant et après l’accouchement.Ils se cractérisent aussi par la démédicalisation des pratiques, incluant la présence de sages-femmes, les réseaux d’entraide, la disponibilité de « médecines douces » et le recours aux interventions médicale au besoin plutôt que de routine.Il est bien connu que les femmes des milieux défavorisés continuent d’être une population à risque.Donner de l’information en matière de nutrition à celles qui attendent un enfant ne sert à rien si on ne leur donne pas les moyens d’acheter les suppléments nutritionnels nécessaires à la grossesse, indique Hélène Valentini.« On a mis un moniteur foetal à environ la moitié des femmes au Québec à des coûts très élevés au lieu de leur donner les vrais moyens de vivre une grossesse saine.Cela fait partie des aberrations et des contradictions», constate-t-elle.Ce que les femmes veulent, conclut Hélène Valentini, c’est être responsables de leur santé et participer activement à la naissance de leurs enfants.Elles veulent coopérer avec les ressources professionnelles de la santé dans le cadre d’un soin attentif, sécuritaire et continu.Elles veulent un plus grand choix quant au lieu d’accouchement.Ce qu’elles demandent finalement, c’est une approche complètement différente, et plus globale.Nouvelle loi fédérale sur les médicaments génériques Dix ans d’exclusivité pour les laboratoires BERNARD DESCÔTEAUX OTTAWA — Le ministre de la Consommation et des Corporations, M.Michel Côté, déposera aux Communes, mercredi prochain, un projet de loi qui accordera aux laboratoires pharmaceutiques une exclusivité d’au moins dix ans sur les médicaments qu’ils auront mis au point.Ce projet de loi fera suite au rapport de la Commission Eastman qui avait eu pour mandat d’étudier la question des médicaments génériques.Ce faisant, il ignore la principale recommandation de la Commission qui voulait limiter à quatre ans la période d'exclusivité des compagnies pharmaceutiques.Des pressions ont été faites depuis longtemps pour que le gouvernement fédéral modifie sa loi sur les brevets.On retrouvait dans ce débat, d’un côté, les multinationales de l’industrie pharmaceutique, et de l’autre, les associations de consommateurs et les fabricants de médicaments génériques.Incapable de trancher, le gouvernement Trudeau avait créé une commission d’étude.Les multinationales, avec l’appui des milieux industriels et économiques de Montréal, réclamaient l’adoption de la mesure que le gouvernement conservateur s’apprête à faire adopter.On faisait valoir que faute de modification, on intensifierait le mouvement de fermeture de laboratoires déjà commencé dans la région de Montréal du fait qu’il n’était pas rentable de faire de la recherche pour de nouveaux produits au Canada.Ces compagnies ne touchent que 4 % de droits lorsque les médicaments qu’ils ont mis au point deviennent génériques et sont produit par qui le veut.Les consommateurs ont tout à gagner de la loi telle qu’elle est actuellement, faisaient valoir les associations de défense des droits des consommateurs.Les médicaments génériques se vendent en moyenne la moitié du prix des médicaments produits en exclusivité.En 1983, les consommateurs ont ainsi réalisé des économies de $ 211 millions.La commission Eastman qui avait remis son rapport, en mai 1985, avait tenté de trouver un juste milieu entre les deux points de vue.D’un côté, elle recommandait de porter de 4 % à 10 % les droits devant être payés par les fabricants de médicaments génériques, ceci en vue de donner aux laboratoires de recherches les fonds dont ils ont besoin pour toujours maintenir leur rythme d’investissement dans de nouvelles recherches.De l’autre, il essayait de satisfaire les consommateurs en réduisant à quatre années la période d’exclusivité qui est en moyenne de huit ans présentement.Dès la réception du rapport, le ministre Michel Côté avait indiqué qu’il était peu probable qu’il retienne ces recommandations.Le projet de loi retiendra néanmoins un peu l’esprit du rapport puisqu’il créera un comité qui sera charge de surveiller l’évolution des prix des médicaments.Il inscrira par ailleurs à la loi des mesures incitant les laboratoires de recherche à réinvestir les profits que leur procurera une plus longue période d’exclusivité de leurs produits.Gérard Pelletier visite le sénateur Hébert MARIE TISON OTTAWA (PC) — L’ancien ministre Gérard Pelletier a rendu visite, hier, au sénateur Jacques Hébert, un ami de longue date.Le sénateur Hébert en était à sa quatorzième journée de grève de la faim, refusant toujours de prendre toute nourriture tant que le gouvernement ne sera pas revenu sur sa décision d’abolir le programme Kati-mavik.M.Pelletier, qui a été ambassa- f M l Géog physique •et hur guenn T éditeur édite travaux pratiques auteur: Edmond Pauly ¦ ¦¦ Tiovqum pratique/ de géographie • phg/ique «t humaine Iteofl/epbte S22) Wr.\ _ .• -r.y t • % deur du Canada à Paris, de 1975 à V980, secrétaire d’État et ministre des Communications dans le cabinet Trudeau, n’a pas voulu répondre aux questions des journalistes.« C’est une visite que je rends à mon ami que je n’ai pas vu depuis quinze jours, a-t-il déclaré.J’ai dit par ailleurs à la radio, à la télévision, et j’ai écrit dans les journaux, tout ce que j’avais à dire là-dessus; j’ai vraiment couvert le sujet en ce qui me concerne.» Dans une lettre parue dans les médias mercredi dernier, M.Pelletier a apporté son soutien au sénateur, défendant son objectif et le moyen utilisé.Il s’est notamment employé à démontrer que le geste du sénateur n’était pas anti démocratique, contrairement à ce qu’avait soutenu le premier ministre Brian Mulroney.M.Pelletier avait comparé l’initiative de M.Hébert à un geste de la part d’un objecteur de conscience.Les deux hommes se sont retirés à l’écart des microhones, hier, pour discuter pendant un bon moment.guerinM.e„r limitée 4501 Drolet Montréal H2T 2G2 Tél.: (514) 842-3481 guérln Ce cahier comprend hui unités: cinq de géographie physique et trois de géographie humaine.Les cartes muettes, les croquis, les diagrammes.les statistiques, tableaux permettent l’utilisation de n’importe quelle documentation récente en géographie générale, en sciences de la nature et en sciences humaines.Sec V ¦ élève - ISBN-2-7601 -0466-4 (139 p.) 6,50$ ¦ maître ISBN-2-7601 -0611-X (57 p.) 6,90 S Informez-vous do notre nouvelle politique de rentlme.; En vente dans les librairies: j 4560 rue Station 168 est, rue 4440 rue • Saint-Denis Métro-Longueuil Sainte-Catherine Saint-Denis '• Montréal, Québec Longueuil, Québec Montréal, Québec Montréal, Québec .‘Tél: (514) 849-1112 Tél: (514) 677-6525 Tél: (514) 861-5647 Tél: (514) 843-6241 i M.Hébert, qui recevait également la visite de sa femme et de son petit-fis Maximiliano, a continué à recevoir des appuis de visiteurs, certains venus lui remettre des rameaux à la sortie de la messe dominicale, à une semaine de Pâques.La Chambre des communes siégera pour la dernière fois mercredi, pour ne reprendre que le 7 avriL Si aucun compromis n’intervient, M.Hébert en sera alors à sa 29ème journée de jeûne, ce qui inquiète son entourage.LE DEVOIR CAHIER SPÉCIAL Religion 150e ANNIVERSAIRE DU DIOCÈSE DE MONTRÉAL En plus des textes du cardinal Paul-Émile Léger, de Mgr Paul Grégoire, du père Benoit Lacroix, à lire ce 27 mars: ¦ Sommes-nous demeurés ultramontains?par Julien Harvey, S.J.¦ Les cafés chrétiens, dix ans déjà, par Ghislaine Landry.¦ La présence de l’Église dans les hôpitaux, par l’abbée Robert Dagenais.•t plusieurs autres articles de nos analystes et collaborateurs.Date de parution: 27 mars 1986 Commandez vos copies supplémentaires au (514) 844-3361 LE DEVOIR ESSENTIEL! Selon un sondage du Globe and Mail Le libre-échange perd en popularité TORONTO (PC) — La majorité des Canadiens croient que le Canada et les États-Unis devraient libéraliser leurs échanges commerciaux, mais l’appui au libre-échange continue de s’éroder alors que les gouvernements des deux pays s’apprêtent à entamer des négociation.C’est ce que permet de croire un sondage réalisé pour le compte du quotidien torontois The Globe and Mail par la société Environics Research Group Ltd.Ce sondage tend à démontrer que l’appui à la libéralisation du commerce se situe à 54 % alors qu’il atteignait 58 % en novembre, et 78 % en avril 1984.Au cours de la même période de 21 mois, souligne The Globe, l’opposition du public au libre-échange a doublé, passant de 17 % à 35 %.Le nombre des indécis s’est également accru considérablement, passant de 5% à 11%.Effectué entre le 19 février et le 5 mars, le relevé a été effectué auprès de 2,054 adultes canadiens.Des Canadiens interrogés, 46 % croient que la libéralisation du commerce avec les États- U nis et d’autres pays entraînerait le renforcement de l’économie canadienne, alors que 36 % ne croient pas à ce renforcement.Une proportion de 18 % de l’échantillon n’ont exprimé aucune opinion à ce sujet.Par ailleurs, 43 % des répondants estiment que le libre-échange pourrait entraîner une hausse du chômage, alors que seulement 38 % sont en désaccord.Parmi les personnes interrogées, 19 % se sont déclarées dans l’impossibilité de se prononcer sur les effets possibles du libre-échange sur la situation de l’emploi au Canada.Enfin, 38% des participants croient que la libéralisation du commerce canado-américain contribuerait à l’érosion de l’identité culturelle du Canada et 40 % pensent que l’indépendance politique canadienne serait menacée, souligne le sondage.Manifestation contre le traité sur les déchets nucléaires WINNIPEG (PC) - Une manifestation est venue interrompre, samedi, une conférence de presse au cours de laquelle le Canada divulguait une nouvelle entente avec les Etats-Unis portant sur la recherche consacrée aux déchets nucléaires.Révélé simultanément à Ottawa et Winnipeg, cet accord stipule qu’É-nergie atomique du Canada et le ministère de l’Énergie des États-Unis affecteront une somme de $ 81 millions à la recherche sur les déchets nucléaires.En vertu de cette entente, les États-Unis investiront quelque $22 millions au Canada, somme à laquelle s’ajoutera $ 10.2 millions consacrés uniquement à la recherche en territoire américain.Le Canada, dont les dépenses en cette matière s’élève à $ 30 millions annuellement, contribuera, pour sa part, une somme de $ 48.5 millions à la recherche.Bien qu’elle ait réjoui le ministre de la Santé, M.Jake Epp, porte-parole du gouvernement Mulroney à la conférence de presse, cette entente a soulevé l’ire, cependant, de quelque 20 manifestants manitobains anti-nucléaires.En réalité, le ministre a subi une telle mitraille de questions provenant des manifestants qu’il a dû terminer plus tôt que prévu la conférence de presse tenue à Winnipeg.Les manifestants craignent qu’un dépotoir de déchets nucléaires soit établi dans la province du Manitoba.À ce sujet, les manifestants demeurent sceptiques devant les paroles rassurantes émises par le gouvernement.D’autant plus qu’à leur avis, cet accord entre le Canada et les États-Unis va à l’encontre d’une promesse formulée par le gouvernement du Manitoba.Selon cette promesse, toute modification importante apportée au laboratoire de recherche sur la destruction des déchets nucléaires d’Ê-nergie atomique Canada, situé au Manitoba, serait précédée d’une consultation populaire.811A006 947A167 841A506 839B658 970C897 Résultats ! Tirage « du 21-03-86 5 lots bonis de 5 OOO $ chacun NUMÉROS LOTS 161056 50 000 $ 61056 5 000 $ 1056 250 $ 056 25 $ 56 5 $ 161051 1 000 $ 1610BBI 100 $ 161««B 10 $ numéros non-décomposables 200 lots bonis de 500 $ chacun 120A996 124A795 164A992 196A1d6 223A2L7 234A660 281AÜ77 292A294 336A507 379A138 392A910 4Û9A976 426A863 A30A841 45343 T J 433A245 483A440 503A152 527A774 538A275 543A558 54 9A 725 566AÛ22 6U9A101 646A2 70 661A034 664A879 673A288 687A569 714A941 736A333 742A735 745A956 799A086 825A209 834A792 892A285 971A85 1 986A533 998A810 999A783 140B981 162B106 1638423 16383/8 iyiaoi2 2043599 2250614 236B734 262B756 297B196 304B293 313BÛ07 331B094 33dtU3C 345B 385 3588084 396B439 441Û311 447B000 459B473 467B994 483B274 4913962 533B583 5593029 57dD291 6583303 7O2B0/1 711B460 742B512 3058843 8128614 B63B8U7 8768979 8818334 8886 046 9130004 929B569 9418054 9408353 9558959 102C585 115C879 U7C059 129C216 130C4Q6 149C691 15JC140 236C482 267L472 270C462 27 5C2 95 283C105 316L614 336L034 35ÛC102 350C233 374C65Û 377C606 409C774 435C772 43762^7 447C607 459L094 4 3lCBl9 379C3B5 585C872 603C662 677C749 731C416 798C554 811C409 882C551 897C898 9196366 920C429 953C617 972C929 9826210 982C305 984C644 1450902 154Ü062 1770059 2080269 2450732 2830892 2930699 298DO 77 3960789 4310657 4320172 4370146 4590236 5040958 5410215 5420845 5560021 5600252 5 9208 57 6 06 0 8 95 6150966 6740569 6950637 7060320 7090145 7290249 7350121 7350156 7770328 7880693 8190452 8700977 8 720580 9020807 9030894 9050681 9250292 9630684 9670233 9840192 9910763 14
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