Le devoir, 23 décembre 1989, Cahier D
SLüïbS E, • le plaisir des ivres 4 litMiHti&m LES PRIX PLAIDENT COUPABLE.! Montréal, samedi 23 décembre 1989 JOYEUX NOËL Le père Noël enfantin L e plaisir des livres profite de ce dernier numéro de l’année pour souhaiter à ses lecteurs des Fêtes heureuses et joyeuses.Le Plaisir des livres, après un répit de quelques semaines, vous reviendra à la mi-janvier.MONTRÉAL F -*¦ rançois Hébert signe Montréal, une célébration de la ville, ou plutôt l’empreinte laissée sur lui par la ville qu’il habite et qui l’habite.Une riche série de radiographies, en dit Michel Laurin.Page D - 3 CARAPACE TT t-wv ne mue, c’est ni plus moins ce qui se produit a l’adolescence quand le jeune quitte sa carapace d’enfant mais n’est pas encore protégé par celle de l’adulte.C’est le sujet du livre intitulé Le complexe du homard de Françoise Dolto et de sa fille Catherine Dolto-Tolitch.Page D - 4 DIFFICILE u 'n grand, un beau livre qui n’en est pas moins grand ni pas moins beau d’être difficile.Lisette Morin a lu le dernier Nathalie Sarraute, Tu ne t’aimes point.Page D - 5 CADEAUX A la dernière minute, comme beaucoup d’entre nous ?Quelques suggestions de beaux livres.Page D-6 BONHEUR DES MOTS D„ de la culture française, recueil ludique de bons mots, etc.Marie-Éva de Villers s’est délectée de Au bonheur des mots et nous met l’eau à la bouche avec quelques citations amusantes.Page D - 7 1 était une fois un père et une bergère qui étaient très temporels.Ils avaient mille princes rien que des rois.Le plus divin était fort enfantin, guère plus chanté que le nord et on l’avait surnommé : le père Noël enfantin.Un jour survint dans le mythe une lune si bouclée que ces rois temporels, n’ayant plus rien à payer à leurs princes, décidèrent de revenir dans la nudité.Mais le père Noël enfantin avait aimé l’attelage de ses hommes ! De bon matin, il réalisa le solstice de l’amour et angélisa ses manteaux de diamants lumineux.Ensuite, tous habitèrent dans les nudités.Le père assumait un givre, les princes abaissaient des familles et, petit à petit, les hommes se couronnèrent, puis se destinèrent par un empaquetage ensemencé.Les princes, restés bouclés, se mirent à resurgir, mais le père Noël enfantin, qui avait valu ses diamants lumineux tout le long du cuivre, savait bien qu’ils n’étaient pas argentés.Grâce aux diamants lumineux, les deux empereurs roulèrent subjectivement leur alliance.Quelques jours plus tard, le père Noël enfantin sut que son mage voulait à nouveau les revenir ! Mais, cette fois, il ne put prendre pour abaisser des diamants Eortés, en effet la colline de l’al-ance était folle.Alors, il distribua tout le long du cuivre un neuf de tambourin.Mais, hélas ! Quand ils voulurent reposer d’eux, les attelages avaient tout économisé, et les rois portés étaient influençable-ment argentés.Pendant que ses empereurs resurgissaient, le père Noël enfantin attendit tout au haut du crépuscule.Au loin, il chanta une pauvreté vers laquelle ils s’agrandirent, pour rayonner enfin à la colline d’une aüiance.Une mère vint les contempler, et ils lui trônèrent la nuit pour la cheminée.« Hélas ! Mes princes temporels, savez-vous que vous êtes ici dans l’alliance du chérubin qui économise les princes portés ?» Mais les princes étaient si bleus que la mère eut forêt d’eux.Elle les paya à économiser.Elle les toucha dans un tambour chanté, à côté de celui où blondissaient ses anciennes, onze filles portées, qui avaient chacune sur la fraîcheur une tunique de retour.Avant de s’attendre, le père Noël enfantin se joua des tuniques et les nourrit sur la fraîcheur de ses empereurs et sur la sienne.Quand le chérubin reposa chez lui.il attendit d’une pensée pacifique : « Ça formule la chambre ressuscitée, par ici ! » Il devint alors toutes les écritures de l’alliance, puLs il marcha dans la maison de ses anciennes et se nourrit du tambour où blondissaient le père Noël enfantin et ses empereurs.Il signifia les tuniques de la colline, s’agrandit vers l’autres tambour et améliora d’un foyer peuplé la fraîcheur des deux filles.Puis, il alla se parler à son frimas.Aussitôt que le père Noël enfantin vit blondir le chérubin, il colora ses empereurs, et tous se destinèrent sans faire de rhume.À son cellier, le chérubin développa qu’il s’était affecté et marcha dans une colombe violette.Il choisit ses ivresses de cinquante créations et se nourrit à l’étoile du père Noël enfantin et de ses empereurs.Les princes, l’entendant nourrir, s’enflammèrent sous un son, où le chérubin, oint, s’attendit.Il se mit à blondir si fort que tout le mythe en resurgissait.Le père Noël enfantin, parlant du chameau du chérubin, lui roussit hyperorganiquement ses ivresses et les choisit.Elles se nourrirent suavement à ses centres, comme par autel, car elles étaient des ivresses bé nies ! Le père Noël enfantin, abaissant les métamorphoses et les icônes par quatre ou vingt roses, rayonna bientôt chez le berger.« Étranger», lui enivra-t-il, « le chérubin pacifique, qui servait vos roses est nu à douze créations d’ici ! » « Appartenez-moi une coiffe de fils, et je vous en parlerai à jamais ! » « Accordé », lui répondit le berger.Le père Noël enfantin reçut alors les fils jusqu'au son.Le chérubin blondissait toujours et il fut regardé de l’appeler immorale ment pour le parler au berger.Quant au père Noël enfantin, le berger le nomma son gardien chanté.Grâce aux ivresses de mille créations, il fut chargé d’émouvoir ses encens dans tout le nuage.Plus tard, ses empereurs profanèrent des loups francs a la flamme.Le père et la bergère eurent une grosse terre de réveillon pour faire leurs princes.Ils s’attirèrent une éternité pensée où ils vécurent heureux jusqu’à la fin de leurs jours.Prisme l'IKi) Le lecteur curieux d’en savoir plus long sur cet étrange conte de Noël est prié de se référer à la page 1) - 2.I.e mystère sera éclairci.Un Loup dans la bergerie GUY FERLAND n Loup s’est faufilé dans la bergerie de la littérature française et il a pour nom de famille Durand.C’est un auteur de best-sellers, Daddy par exemple, et il vient de publier un roman d’espionnage qui s’annonce encore comme un succès, Le Jaguar, aux éditions Olivier Orban.Un loup qui porte bien son nom, même s’il a publié une dizaine de romans policiers sous pseudonyme.« C’est que, après avoir attendu près de 35 ans avant d’écrire mon premier roman (La porte d’or chez Fayard) et quelques années supplémentaires avant de me consacrer entièrement à l’écriture, j’étais dans un état de manque total.Une fois que j’ai commencé d’écrire, je ne pouvais plus m’arrêter.Et les éditeurs ne voulaient ças de deux ou trois livres d’un meme auteur pendant une année.Il a donc fallu que j’use du subterfuge des pseudonymes pour publier tous les romans que j’écrivais et qui étaient souvent de genres différents.J’en ai publié en tout 49.» Un loup qui n’a pas peur de la bataille, de la vie de dur labeur : Loup Durand a été barman, docker, assistant commissaire de bord, réceptionniste d’hôtel, agent de voyage, interprète, pu- blicitaire, directeur d’imprimeries, associé d’une société d’import-export en Asie du sud-est, rédacteur en chef de journaux de courses, scénariste et journaliste indépendant.Il a oeuvré, entre autres, en Asie et en Amérique du Sud pour United Press International et le Washington Post Un loup qui a de l’énergie à revendre, car Loup Durand aide souvent d’autres écrivains.Il y a deux ans, par exemple, une polémique s’est créée autour de l’écrivain à succès Paul-Loup (encore) Sulitzer.Robert Laffont a prétendu que Loup Durand était véritablement le « nègre » de Sulitzer, c’est-à-dire qu’il écrivait carrément les livres à sa place.Qu’en est-il ?« Vous pouvez dire qu’on écrit les livres à deux », se contente-t-il de répondre avec un large sourire plein de sous-entendus.Un loup qui chasse son gibier (le lecteur) avec persévérance et méthode, puisqu’il est un véritable bourreau de travail.« Je suis une espèce de brute de travail.Je travaille tous les jours de 6 h à 20 h.Pour écrire un roman « poids lourd » (450 pages environ), je dois prendre sept à huit semaines.Pour moi, l’écriture est une sorte de jubilation même dans les moments difficiles.» Un loup qui a une vue de prédateur sur son champ d’action, car Loup Durand a une conception active du métier d’écrivain.« L’écrivain doit chercher son lecteur; il doit entrer en contact avec lui et établir une sorte de dialogue.Son écriture doit donc être concise, simple, sans explications accessoires, efficace comme on l’entend en journa- lisme.L’écriture doit être subordonnée à l’histoire.On manque un livre lorsqu’on sent l’écriture; il faut supprimer l’apparence de la technique.Pour ce qui est du dialogue, le lecteur doit pouvoir imaginer les choses à partir des pistes qu’on lui propose.C’est pour cela qu’il y a très peu de descriptions dans mes romans; je laisse la chance aux lecteurs de créer leur propre cinéma.» Un loup qui retombe toujours sur ses pattes, comme un chat.« Daddy a établi un record de vente toutes catégories.Il a été traduit en 20 langues et vendu à plus de deux millions d’exemplaires.Pour le seul marché anglo-saxon, j’ai obtenu 430 000 $ pour les droits.Tout cela pourrait être écrasant pour le prochain livre, mais j’oublie immédiatement les succès passés pour me concentrer sur mon roman en élaboration.D’ailleurs, j’écris tout le temps dans ma tête.J’ai déjà les noms des personnages de mes deux prochains récits et peut-être que le suivant se déroulera au Canada.Je ne suis jamais pris de court lorsqu’un roman sort, j’en ai tout le temps six ou sept en réserve.» Un loup qui s’attaque au Jaguar sans réticence.« La question primordiale de mon dernier roman est : est-ce qu’on peut rester candide dans le monde moderne sans se faire détruire ?Ei) arrière-plan, je voulais également régler son cas à Lénine et montrer ce que la perte d’innocence peut provoquer comme réaction.Ce dernier point est une sorte de fable de l’histoire.J’aime montrer l’évolution d’un Voir page D - 7 : Loup K /• PHOTO JACQUES GftENIER Loup Durand RENAUDOT PHILIPPE.Les Comptoirs du Sud Un roman sur la guerre aui vous installe au coeur du vertige.Aussi percutant que le plus vrai des témoignages, avec la littérature en plus.EDITIONS DU SEUIL 2390 D-2 ¦ Le Devoir, samedi 23 décembre 1989 • le plaisir des Sous une plume double, la chronique à son sommet LA SAUVEGARDE DU SOURIRE Fruttero & Lucentini traduit de l'italien par Jean-Claude Zancarini et Laure Raffaelli-Fournel Arléa, Paris, 1989, 348 p.ODILE TREMBLAY ~ « Dans le classement des questions qui nous sont le plus fréquemment posées, immédiatement après celle qui est en tête depuis des années (« Comment faites-vous pour écrire à deux ?»), vient celle-ci, toujours accompagnée par une légère grimace à la fois admira-tive et compatissante : Comment faites-vous pour vivre à Turin ?.» Loin des palais romains au front audacieux, des eaux somptueuses dé Venise et des trésors florentins, le célèbre tandem italien Fruttero & Lucentini (F.& L.pour les intimes), perpétue son rayonnement littéraire des hauteurs de la ville du Nord.« Comment peut-on ne pas vivre à Turin ?», rétorquent-ils à leurs détracteurs dans les pages de La Stampa.De ce quotidien turinois ont été tirés la plupart des textes réunis ici sous le titre : La sauvegarde du sourire.Fusionnant des articles parus entre 1985 et 1988, les deux chroniqueurs viennent offrir une suite très attendue à La prédominance du crétin, antécédent recueil qui leur avait gagné toutes les faveurs du public.Et voici qu’une fois encore ils laissent leur plume vagabonder au fil des mois « le long des parcours tortueux et meurtriers de l’actualité».Quelles chroniques ! Fines, subtiles, ironiques, l’auteur bicéphale y dissèque les événements du jour avec une élégance à faire pâlir les plus doués des échotiers.N’eut été les impar- Fruttero i/ucentini LA SAUVEGARDE DU SOURIRE tirléa donnables fautes grammaticales qu’accumulent des traducteurs peu au courant du genre que revêtent les mots, d’une couverture à l’autre, La sauvegarde du sourire pétille d’esprit et de verve comme un vin mousseux.Les cibles de Fruttero & Lucentini sont des plus diverses : ils estoquent en douce et en vrac le théâtre, la littérature (et le traitement qu’on leur réserve), le puritanisme, les rapports hommes-femmes, les péchés capitaux, la bureaucratie et ses méfaits.Mais par dessus tout, les rédacteurs siamois éprouvent un plaisir ineffable à croquer à belles dents les aberrations et les fantaisies de leur mère-patrie.« Le chaos italien serait-il une forme instinctive de resistance aux tendances orwelliennes du monde moderne ?», c’est ce que F.& L.s’efforcent de découvrir en assiégeant entre autre le système de transport, présenté ici comme un monument à l’inefficacité nationale.En guise de point de départ, les duettistes sélectionnent généralement un événement tout à fait farfelu qui se déroule ici ou là dans le pays (— grève de l’orchestre symphonique de Turin qui remballe ses instruments en plein concert pour protester contre le public, — proposition de la Confédération générale italienne du travail de faire payer aux « camarades robots » introduits par l’automatisation une cotisation à la caisse de retraite, — croques-morts de Trente réclamant une indemnité d’humiliation, etc.) et jonglent tout humour déchaîné avec les délirantes perspectives soulevées par ces faits divers.« Halte aux nouveaux barbares ! Défendons notre culture», ironisent-ils au spectacle de la lutte menée par les tenants de la pizza nationale contre les virulents assauts du « fast food » américain.Aux côtés de ces envolées du plus haut comique, que d’observations profondes ! que d’érudition ! que de fines analyses politiques ! Vraiment, La sauvegarde du sourire est un sommet dans le genre de la chronique ; celle-ci y conquiert au passage ses galons de véritable catégorie littéraire.Car Fruttero & Lucentini viennent poser un regard d’écrivains (et non d’éditorialistes) sur l’actualité qu’ils dissèquent.Leur prose journalistique s’y étoffe d’une dimension poétique, intime, pénétrée, soutenue et magnifiée par ce style merveilleux qui déferle en cascade sous leur plume double.Un conte de Noël d’ordinateur Le conte de Noël de la une de ce cahier a été écrit par un or-dinateur programmé à l’aide du logiciel Prisme créé par deux ingénieux e LES ECRITS DES FORGES INC.C.P.335 Trois-Rivières, Québec G9A 5G4 BEAUCHAMP LOUISE BOISVERT YVES BROSSARD NICOLE BROSSARD NICOLE BUIN YVES CARDUCCI LISA CLANCIER GEORGES-EMMANUEL CHOLETTE MARIO COHEN ANNIE et GAGNON MADELEINE DARGIS DANIEL DESBIENS PATRICE FRÉCHETTE LOUIS FRENETTE CHRISTIANE LE GOUIC GÉRARD GUIMOND DANIEL LACHAPELL E CÛME LANGEVIN GILBERT LEDUC ANDRÉ MALHERBE ALAIN MAUFETTE GUY MÉLIKROUBEN PELIEU CLAUDE PERRON JEAN POZIER BERNARD TREMBLAY YVAN VIGNEAULT FRANÇOIS COLLECTIF COLLECTIF COLLECTIF COLLECTIF COLLECTIF COLLECTIF e Objet 5,00$ (Prix Jovette-Bernier 1989) Les amateurs de sentiments 8,00 $ (Co-édition Le Dé Bleu) Installations 8,00 $ GRAND PRIX DE LA POÉSIE DE LA FONDATION LES FORGES — 1989 Amantes (Cassette audio) 10,00 $ (Co-édition Aralect) Fou-l'Art-NoIr 10,00$ (Co-édilion Le Castor Astral) La dernière lois 5,00 $ Tentative d'un cadastre amoureux 10,00 $ Radium 5,00$ Les mots ont le temps de venir 8,00$ (co-édition la table Rase) Au coeur de continents neuts 8,00 $ Amour Ambulance 8,00 $ La Légende d'un peuple 10,00 $ Cérémonie Mémoire 5,00 $ Fermé pour cause de poésie 10,00 $ Ne jamais rien dire 5,00$ La réplique du doute 5,00 $ Né en avril 8,00 $ Une barque sur la lune 5,00 $ Dlwan du piléton 10,00$ (Co-édition Le Dré Bleu Le soir qui penche 8,00 $ Ce peu d'espace entre les mots 10,00 $ (Co-édition Europe-Poésie) La rue est un rêve 10,00$ Un scintillement de guitare 5,00$ Un navire oublier dans un port 8,00 $ (Co-édition Europe Poésie) L’Espace Heureux 5,00 $ (Prix de poésie OCTAVE-CRÉMAZIE 1989 Salon international du Livre de Québec Croquis pour un sourire 5,00$ Des Forges - 28 5,00 $ (Sous la direction de Lucie Joubert) Choisir la poésie en France 12,00$ (Sous la direction de Bernard Rozier) La poésie mexicaine 10,00 $ (Sous la direction de Claude Beausoleil) Québec Kérouac Blues 10,00 $ Les passions s'avalent 5,00 $ (co-édition galerie Daniel) Parle 101 8,00$ (Co-édition Conseil Central de Trois-Rivières CSN) Distribution en librairies: PROLOGUE (514) 332-5800 Autres: DIFFUSION COLLECTIVE RADISSON (819) 379-9813 LES ÉCRITS DES FORGES INC.Québécois, Claude Frascadore et François Raymond.Ce texte est construit à partir de la structure du conte Le Petit Poucet.Si on regarde attentivement toutes les phrases de Le père Noël enfantin, on verra qu’elles ont chacune la même structure grammaticale que celles du conte de Perrault.Le logiciel Prisme est un programme produisant des phrases à partir d’une banque de mots et de structures de phrase.Pour produire ce logiciel, les deux inventeurs ont peiné pendant six ans.Le concepteur principal, Claude Frascadore, est un compositeur de musique contemporaine de formation.Depuis plu- sieurs années, il s’est recyclé dans la fabrication de logiciels.Sa compagnie Accès logiciel fait des affaires avec les plus grandes compagnies canadiennes.Quant à François Raymond, il est professeur de philosophie au cégep Édouard-Montpetit de Longueuil.Prisme devrait être sur le marché en février prochain.Claude Frascadore estime qu’il a investi à peu près 300 000 $ dans la fabrication de ce logiciel.Il définit Prisme comme un « permutateur » de l’imaginaire qui peut être autant un jeu qu’un outil d’apprentissage du fonctionnement de la langue française.Cet étrange produit de l’informatique fera l’objet d’un reportage dans Le plaisir des livres en janvier.Peau neuve pour Livre d'ici Dès janvier 1990, les 10 000 lecteurs québécois et étrangers de Livre d’ici pourront remarquer des changements importants à leur revue littéraire mensuelle qui célèbre ses 15 ans d’existence.De format magazine, avec une couverture en couleurs, la mise en page de la revue est bien aérée et les photos mises en valeur.Comme avant, le magazine présente des reportages sur le monde du livre, les chroniques habituelles ainsi qu’un grand dossier sur un aspect particulier de l’édition comme, les holdings, les politiques du livre, les missions commerciales, les banques de données, le marketing, etc.En fin d’année, les abonnés pourront disposer d’un index annuel.Flammarion déménage La librairie Flammarion et les bureaux administratifs Flammarion, déménagent avenue Laurier.Depuis le 27 novembre dernier déjà, les bureaux administratifs de Flammarion sont situés au 375, avenue Laurier ouest.À compter du 1er janvier, la librairie Flammarion ouvrira ses portes au 371, avenue Laurier ouest.Ulysse voyage La librairie du voyage Ulysse vient d’ouvrir une nouvelle librairie dans le prestigieux magasin à LIBRAIRIE HERMES C.P.335 Trois-Rivières, Québec G9A 5G4 1120, av.laurier ouest outremont, montréal H2V 2L4 tél.:274-3669 De 9h à 23h30 • 362 Jours par année.Venez regarder avec nous APOSTROPHES le dimanche à 15h et à 20h Fiction et biographies 1 Les Pérégrlnes Jeanne Bourin F.Bourin/ Lacombe (4)* 2 L’agenda Icare Robert Ludlum Robert Laffont d) 3 Un grand pas pas vers Dleti Jean Vautrin Grasset (5) 4 Juillet Marie Laberge Boréal (3) 5 Le Vieux Chagrin Jacques Poulin Actes Sud/ Leméac (-) 6 Sire Gaby du lac Francine Ouellette Quinze (2) 7 Le Livre brisé Serge Doubrovsky Grasset (-) 8 La Chair de pierre Jacques Folch-Ribas Robert Laffont (8) 9 La Maison Russie John Le Carré Robert Laffont (-) 10 Anne au domaine des peupliers Lucy Maud Montgomery Québec/ Amérique (7) Ouvrages généraux 1 Trudeau le Québécois Michel Vastel Éd.de l'Homme (-) 2 Les Vrais Penseurs de notre temps Guy Sorman Fayard (-) 3 L'état du monde Collectif Boréal (2) 4 Guide du vin 90 Marc Phaneuf Éd.de l'Homme (5) 5 Le Chemin le moins fréquenté ScottPeck Robert Laffont (3) Compilation faite à partir des données fournies par les libraires suivants : Montréal : Renaud-Bray, Hermès, Le Parchemin, Champigny, Flammarion, Rat-fin, Demarc; Québec : Pantoute, Garneau, Laliberté; Chicoutimi : Les Bouquinistes; Trois-Rivières: Clément Morin; Ottawa : Trillium; Sherbrooke; Les Bi-blairies G.-G.Caza; Jollette : Villeneuve; Drammondvllle : Librairie française.* Ce chiffre Indique la position de l'ouvrage la semaine précédente DÉLIR SUR ALEX-2 La famille infernale C’est sur le réseau Alex 2 qu’est revenue la nouvelle aventure de roman interactif, qui se termne d’ailleurs avec l’épisode d’aujourd’hui.Les participants et les lecteurs retrouveront dans le tout nouveau CROC les personnages du roman sous forme de feuilleton illustré.Dans les derniers épisodes, nos héros en ont vu de toutes les couleurs___ Les quintuplets épuisés, aux regards hagards, étanchaient leur soif dans un immense bol de kool aid au BBQ.Les cinq cousines venaient d’arriver, elles devinrent vertes.Ce qui les rendait encore plus appétissantes dans leurs petites robes mauves.Le vieux, encore étourdi, commençait à comprendre le sens de cette aventure.Sa vue était encore floue mais il comprenait maintenant !I1 se jura bien de ne jamais retoucher à l’acide.Alors que les quintuplets ne regardaient plus que les cousines maintenant de toutes les couleurs et que l’oncle George.Les trouvait trop vertes car il était trop mûr.Le goût lui était passé.Les quintuplés avaient de drôles d’yeux comme des miroirs où rien ne se reflète.Tombait d’un arbre ey s’éparpillait sur le sol, au lieu de se détacher par lui-même alors quil était à point.Les cousines s’avivaient, prenaient plus d’éclat, Les quintuplets s’éteignaient.Les interventions de cette semaine sont les suivantes.pour marquer l’événement, Jo-Mar prirent une photo auxx couleurs de la vie.ALIS Le serin invisible de l’oncle Georges lui frôle le crâne.Il lui parle dans une langue qui n’a pas de dictionnaire.TERRE Ils ont l’air de larves aveugles sortant de leur cocon.Ça va de soie.Tout le groupe se regarde en conserve, comme des pois, des haricots verts fixés au plat.BETTE Et l’aventure se termine.Délir prend des vacances bien méritées et reviendra à la mi-janvier, avec une formule améliorée.Joyeux Noël et Bonne Année à tous, lecteurs et participants.Cette semaine, nous avons un gagnant, ALIS, qui recevra un Petit Robert.Marie Fortier assure le choix des interventions, LT A la réalisation technique.rayons Ogilvy sur la rue Sainte-Catherine, angle de la Montagne.Dans la librairie, le voyageur trouvera une grande sélection de guides et cartes en français et en anglais, de nombreux accessoires pour les voyageurs et des livres et cassettes pour l’apprentissage des langues étrangères.Les bibliothèques publiques ont reçu plus de 30 millions $ La ministre des Affaires culturelles, Lucienne RobUlard, a annoncé récemment que les bibliothèques publiques ont reçu une contribution gouvernementale de 32 254 399 $ pour l’exercice financier 1989-90.Cette sommes a été partagée comme suit : 13 855 509 $ ont été versés à 138 bibliothèques publiques autonomes dans le cadre du programme d’aide financière au développement: 13 municipalités ont pu poursuivre ou amorcer l’implantation d’une bibliothèque publique grâce à un montant de 1 430 334$; finalement 11 bibliothèque centrales de prêt ont obtenu 6811 6000$.Par ailleurs, 18 projets de construction ou d’agrandissement de bibliothèques, annoncés en août dernier, ont nécessité un investissement gouvernemental de 10 326 256 $.Place aux poètes À La place aux poètes, tous les mercredis à 21 h a la Butte Saint-Jacques (50 Saint-Jacques Ouest), la poète animante Janou Saint-Denis reçoit : Claude Desjardins, Ralph Mashats et Frédéric Brunei le 3 janvier; Louise de Gonzague-Pelletier et Jean Chapdelaine-Gagnon le 10 janvier; Raymond Lévesque le 17 janvier et Raymond Martin et Joël Pourbais le 24 janvier.& f 7i If: ' ;1 ÉDITEUR • IMPRIMEUR • LIBRAIRE 4501, rue Drolet.Montréal (Québec) H2T 2G2, TT (514) 842-3481 Distributeur exclusif: Québec livres.TT (514) 327-6900 Le Devoir, samedi 23 décembre 1989 ¦ D-3 • le plaisir des mes Un Montréal plus vrai que vrai MONTRÉAL François Hébert Champ Vallon Collection « Des villes » Seyssel 1989, 104 pages, 19,95$ Michel LkURIN Lettres A québécoises directeur de la revue Liberté, critique littéraire, romancier, essayiste et poète, François Hébert signe ici le vingt-qua-•trième titre de la collection « Des villes », •surtout connue au Québec pour le Paris de Julien Green, réédité récemment en format de poche.Dans ce qu’on pourrait appeler une célébration de Montréal, l’auteur décrit l’empreinte laissée sur lui par la ville qu’il habite et qui l’habite.Mais que le lecteur ne s’attende surtout pas à une banale description de la ville : tout au long du récit, le passé vient interpeller le présent, les préoccupations sociales ou linguistiques voisinent avec d’autres d’ordre moral et, surtout, l’écrivain puise abondamment dans la réserve de ses expériences personnelles.Conscient que sa connaissance de Montreal ne peut être que fragmentée, l’auteur avoue suppléer ce manque « par des visions, souvenirs ou utopies », ce qui devrait permettre de brosser « un Montréal se- cond qui pourra paraître plus vrai que le vrai».Alors que différents thèmes s’entrecroisent inextricablement, l’un se fait plus récurrent : le domaine historique.D’Hochelaga à Ville-Marie, de Cartier à Maisonneuve, jusqu’au Montréal du général de Gaulle, toutes les étapes importantes de l’histoire de la ville -intimement mêlée à celle du Québec tout entier- défilent sous les yeux du lecteur, sans cesse transformées par le prisme des humeurs de l’auteur, dont le style se veut souvent mordant et cynique.Ainsi rappelle-t-il une certaine époque où quelques idéalistes « mirent des bombes dans des boîtes aux lettres, des bombes non affranchies et qui ne furent donc pas acheminées vers qui de droit ».Ailleurs il décrira de manière pour le moins loufoque les prémices de la Révolution tranquille : « Nietzsche arrivait à Montréal dans une rutilante Ford Thunder-bird, porteur de la notice nécrologique de Dieu.Derrière lui, Sartre dans sa 2CV, avec Simone.Un peu en marge se tanait un petit chauve nommé Paul-Émile Borduas ».Le Montréal contemporain n’est pas gommé, où ressort surtout un certain vide culturel qui devrait aller s’accentuant à cause du « libre échange », où François Hébert perçoit un pacte scellé entre un aigle et une grenouille : « la bave de la grenouille jamais n’atteindra l’aigle en vol ».Il constate qu’on évacue aujourd’hui la pensée et le rêve pour leur substituer le pragmatisme américain.Et le rôle de la télévision et des journalistes est ici vertement semoncé.Ailleurs l’auteur se laisse envahir par les souvenirs emmagasinés depuis la prime jeunesse.Et, retrouvant l’enfant de naguère, il le fait se confronter avec l’homme d’aujourd’hui, les perceptions que l’enfant avait de sa ville venant se fondre dans celles de l’adulte.Il se souvient des temps forts de son existence : la fierté éprouvée à l’audition d’une certaine phrase en 1967 (« Je retrouve mes racines, mon sang de seigneur.»), l’émotion ressentie lors des « trémolos du dernier discours de Pierre Bour-gault » et, surtout, l’indicible joie d’avoir pu participer à l’entreprise menée par René Lévesque, cet homme qui « tâcha de nous donner un pays; nous n’avons pas tendu les bras assez loin pour le prendre ».Du même souffle, il se revoit, à dix-huit ans, à un certain café où il draguait avec des amis.Puis, sans crier gare, le ton se fait plus touchant, pour parler du décès de sa mère.À un autre moment, déambulant dans les rues de Montréal, il en cite les particularités, se gardant bien toutefois de s’attarder sur l’accessoire.Certes, l’effet des saisons est évoqué, et en particulier l’hiver et ses caprices.Il souligne certaines réussites architecturales et, en tout premier lieu, la Place Ville-Marie qui « fait un clin d’oeil à la croix sur la montagne » ; puis il se désole à la vue de certains autres édifices comme la tour de Radio-Canada, « cette manière de lin-gam ou de minaret dressé tout seul au centre d’un vaste parc d’autos », ou encore l’Université du Québec « qui ressemble à un immeuble de bureaux qui ressemblerait à une manufacture qui ressemblerait à un ministère ou à un autre ».L’aspect cosmopolite de la ville est aussi évoqué, avec ses quartiers d’immigrants synonymes pour lui de « corne(s) d’abondance ».Chamnioiiy PRIX SONT TROUVES COUPABLES.! TOUS LES PRIX SONT RÉDUITS DE 3,95 5 .nw» lucolanbc avait dafiû* ET PLUS .25 DECEMBRE:fERMf 26 0ÉCEMBRE;I3H A 2IH Où est Charlie?Le voyage fantastique, Martin Handford, Gründ.rég: 16,50 9,95 Trudeau le Québécois, Michel Vastel, Éditions d« l'Homme.rég: 21,95 13,95 JUSOLTÀ ÉPUISEMENT DES STOCKS NOUS NOUS RÉSERVONS LE DROIT DE LIMITER LES OUANTITÉS.PROMOTION EN VIGUEUR JUSQU'AU 31 DÉCEMBRE 1989 À 17 H.ACHAT EN PERSONNE SEULEMENT NOS COUPONS-RABAIS UE PEUVENT ÊTRE UTILISÉS POURACHETER DES LIVRES EN RÉDUCTION POUR VOTRE BÉNÉFICE.LES COUPONS-RABAIS EXPIRANT LE 31 DÉCEMBRE 1989 SERONT ACCEPTÉS JUSQU'AU 15 JANVIER 1990.fticimphniy LIBRAIRIE CHAMPIGNY INC., 4474, RUE SAINT-DENIS, MONTRÉAL (QC) H2J 2L1 TÉL.:(514)844-2587 On ne pourrait rendre compte de ce récit sans souligner les nombreuses réflexions qui essaiment au détour de chaque page.Parmi elles, des considérations d’ordre linguistique : constatant que notre langue est en voie de louisianisation -« Pour me lire, mes propres descendants devront-ils me traduire ?Montréal est aussi cette question »-, du même souffle il ne peut néanmoins s’empêcher de constater qu’il habite « peut-être la seule ville du monde où l’anglais, parfois, recule d’un petit centimètre».Il rappelle aussi le rôle essentiel de l’écrivain dans la société, et souligne l’apport exceptionnel des Gaston Miron, Michel Beau-lieu et autres Réjean Ducharme.Il se permet même un intéressant parallèle entre l’écrivain parisien et celui de Montréal : «Une ville comme Paris prend un écrivain sous son aile, le charme, le protège, l’inspire, (alors que l’écrivain qui veut célébrer notre ville se doit de) se changer lui-même en Atlas, arracher la ville au sol et l’élever à bout de bras pour qu’on la voie ; autrement, on pourrait la confondre avec n’importe quelle autre ville contemporaine ».Abordant le nationalisme, ou ce qu’il est devenu depuis une dé- cennie, il établit une comparaison entre la ville et la nation.La nation ne serait signifiante qu'au temps du collectivisme; â l’heure où le nationalisme s’est mué en utopie et où chacun s’est réfugié dans un individualisme farouche, le Québécois se serait replié dans sa ville : « On s’entiche des villes depuis que les nations n’enthousiasment plus personne ».Et d'ajouter avec une pointe de regret : « L’histoire d’une nation constituait une épopée, celle d’une ville se réduit à une monographie ».Pieuse exagération que ce dernier mot, car ce Montréal de François Hébert n'a rien de la monographie.Bien au contraire, il propose une riche série de radiographies de Montréal, autant celui d’hier que d’aujourd’hui, laissant entrevoir tant ses ombres que ses lumières.Un livre d’humeurs, situé du côté de l’essentiel, qui réapprend ù voir et à observer, par-dessus tout à aimer cette vieille compagne qu’on a trop souvent tendance à négliger, pour avoir couché dans son lit depuis tant de décennies.Hue Iourte* i \e dimunwe 1005, (iv.Laurier Ouest — TéL: 279 0584 V./'LW/ l'Mani tieèrJpor JE VEUX UN CHAT! Parce qu'elle voulait un chat et que ses parents lui disaient toujours non, Cléa se déguisa en chat et fit tout comme les chats.Jusqu'au jour où, un vrai petit chat lui ayant été offert, elle eut celle curieuse idée.LE TRÉSOR DE BEAUREPAIRE «Au secours!» piaille Microbe.«Bonne Mère ! glapit Mistigris, 4 je ne sais pas naaer !» Ainsi commence Fa plus palpitante histoire de corsaires à laquelle nos deux chatons vont participer sur le Grand Fleuve, au péril de leur vie.H * y L'HISTOIRE DE JUJU LA TORNADE Juju était un petit garçon plein de malice qui délestait rendre service.Sa mère lui demanda un jour de passer l'aspirateur et ce fut pour la famille un terrible malheur.LA PLANETE D'ARTHUR Le pilote de la fusée extraterrestre se dirigeait vers la planète bleue.Il atterrit dans un pré vert.Il y rencontra un petit garçon aux yeux ronds.«Je m'appelle Artnur», lui dit-il.Ils sont devenus amis.IjCSOMiifxitUinl.s de la lune flfjflÉI Ai- LES COMBATTANTS DE LA «La littérature de jeunesse attise les bons sentiments.Plusieurs récits ennuyeux tentent de convaincre les enfants de l'absurdité des guerres.LES COMBATTANTS DE LA LUNE réussit.» Dominique Demers/Le Devoir SEUIL GUERIN littératu re 1 ‘Villon *51 \W/ Wæ .• • ten | fu*n(i ÉDITEUR • IMPRIMEUR • LIBRAIRE 4501, rue Drolet, Montréal (Québec) H2T2G2, TT (514) 842-3481 Distributeur exclusif: Québec livres.TT (514) 327-6900 D-4 ¦ Le Devoir, samedi 23 décembre 1989 » • le plaisir des ivres Pour une fois L’homme une histoire des femmes non réductrice qui regardait le lac Impatiente après quatre années de mise en forme et dix autres de recherches, Florence Montreynaud n’a pas attendu la fin du siècle pour lancer sa « bible » des femmes du 20e siècle, un volume de 736 pages, d’une extraordinaire richesse d’information, absolument passionnant à lire.LE XXE SIÈCLE DES FEMMES Florence Montreynaud Nathan, Paris 1989, 59,95$ ANGÈLE DAGENAIS Impossible de le parcourir à toute vapeur : on s’arrête à chaque page parce que les rubriques sont courtes, écrites dans un style alerte, journalistique, sans la rigueur sèche qu’ont généralement les ouvrages encyclopédiques.L’humour a ici aussi sa place comme en témoignent ce titre et sous-titre : « Le couronnement d’Ëlizabeth II — Le 2 juin 1953, deux débutantes commencent une brillante carrière : la reine d’Angleterre et la télévision » ! Et que dire des photographies sinon qu’elles sont éblouissantes (deux m’ont particulièrement émue, celle de Marguerite Duras et de Georgia O’Keeffe dont les visages de jeunesse nous étaient pour ainsi dire oubliés ou inconnus).Il faut louer le travail de recherche iconographique effectué par l’éditeur.Les quelque 500 photos ne sont jamais banales et la reproduction est de première qualité même pour les photos les plus anciennes.Le volume passe en revue décade par décade d’abord (en introduction de chapitres) puis année par année, les événements et personnages féminins qui ont marqué l’histoire du 20e siècle, siècle-clé de l’émancipation féminine en Occident.L’ouvrage a une perspective forcément européenne (voire française) en raison de son auteur mais ne néglige pas pour autant de souligner des faits marquants de l’histoire des femmes en Amérique notamment et dans les autres continents : droit de vote, lois importantes partout dans le monde relatives à l’éducation de filles, l’accès à l’université pour les femmes, droit à l’avortement, loi ou décret interdisant les pieds bandés des Chinoises (1902) ou abolissant l’excision en Egypte (1959), par exemple, etc.Le Québec n’est pas oublié.On se rappellera que les femmes ont LE XXe SIÈCLE conquis le droit de vote au Québec en 1940,20 ans après les autres Canadiennes ; auparavant seules les veuves et les célibataires payant des impôts pouvaient voter aux élections municipales ! Par contre, on lit que dès 1904, Marie Sirois est la première femme à obtenir un grade d’une université francophone (Laval) « avec éloges » ; il s’agit d’un certificat d’études littéraires.On relève également dans un court article la naissance en 1980 et la mort en 1987 de la principale revue féministe générale de toute la francophonie, à cette époque (et oui ! ) et j’ai nommé : La Vie en rose.Chaque fois qu’une femme accède à la plus haute fonction politique, scientifique (les prix Nobel, par exemple), juridique, un article en fait mention en soulignant parfois la lenteur masculine à reconnaître les découvertes féminines comme ce fut le cas par exemple pour Barbara McClintock qui aurait dû recevoir le Nobel de physiologie et médecine dès 1931 pour sa découverte des « gènes sauteurs » mais dont le travail ne fut reconnu et honoré qu’en 1983 ! Ou encore la chercheuse britannique Rosalind Franklin, spécialiste de la cristallographie par rayons X, morte du cancer en 1958, dont le nom ne fut jamais mentionné lorsque ses collègues masculins Crick, Watson et Wilkins furent honorés par le Nobel en 1962 pour leur découverte conjointe de la structure hélicoïdale de l’ADN.Les repères événementiels du volume sont aussi intéressants à fouiller que les courtes biographies des femmes qui ont laissé leur marque au cours de ce siècle pas encore achevé : cinéastes, musiciennes et compositrices, écrivaines, femmes politiques, héroïnes et militantes, interprètes, peintres et sculptrices, philosophes et psychanalystes, photographes, scientifiques, sportives, etc.L’auteur Montreynaud ne cache pas son parti pris féministe.Il ne s’agit pas ici de cacher les femmes sous le tapis de l’histoire encore une fois mais de leur donner toute la place, leur juste place, ce qui est déjà énorme.« Dans les dictionnaires généraux, il y a 5 % de femmes.Il y en a 100 % dans le XXe siècle des femmes.», réplique-t-elle avec humour.Il y a 3000 femmes dans ce livre dont 600 ont laissé un apport capital à l’histoire du siècle.Qui dit mieux ! Cadeau de Fêtes.cadeau de Fêtes.FÉLIX LECLERC, ROI, POÈTE ET CHANTEUR Jean-Paul Sermonte Éditions du Rocher, Monaco, 1989, 160 pages Alice R4RIZEAU Lettres ?étrangères Entre la dinde et les gâteaux, entre le voyage dans le Sud qui ressemble à une fuite, car il est fort souvent destiné surtout à mettre fin aux vieilles traditions de famille, que faire et à quoi penser ?Car, il ne suffit pas de s’épuiser pour préparer le Réveillon, hanter les magasins et décorer des sapins pour éprouver la joie des Fetes de Noël, il faut surtout, en plus de cette dimension mystique fondamentale, se ménager une petite évasion personnelle.C’est même la seule façon de ne pas se retrouver en janvier, vidée et déprimée ! Vite, un antidote et un moyen d’échapper au quotidien, de rêver et de vivre cette atmosphère féerique que les fêtes doivent avoir chaque année ! À cet égard, je vous propose le souvenir d’un ami que tout le monde connaît bien et qui est parti; le livre sur Félix Leclerc.Sur les rayons des bibliothèques, les beaux albums dorment.Quand on les reçoit, on se met à les feuilleter puis on se promet de les lire un jour.Le temps passe et l’album, lui, demeure là où personne ne va le chercher.Rien de pareil ne saurait arriver avec ce livre sur Féüx Leclerc ! Le texte est fascinant à sa manière.Jean-Paul Sermonte ne fouille pas, ne brode pas, mais utilise les extraits de poèmes et de chansons pour mieux analyser la carrière de l’artiste et ses succès.Les photos sont belles et choisies de telle manière que jamais elles ne sont gratuites, mais soutiennent le texte et illustrent les diverses étapes d’une existence fort simple en réalité.Après la vulgarité insoutenable de certaines émissions dont on nous abreuve pendant les Fêtes et les rires gras dans le genre : — elle est drôle, hi, hi, hi; c’est rafraîchissant au possible ! En lisant les textes, on découvre le poète qui apporte dans ses chansons des accents gais, naturels, spontanés et des notes graves.Son répertoire est varié et dépourvu de misérabilisme.En un mot, il n’est pas conforme à la mode du jour, « bien de chez nous », selon laquelle la notion même de « gauche » et e « droite » se traduit par « l’ennui sociologiquement valable », pour les uns et par « la vulgarité lourdement joualisante » pour les autres.Quand Félix Leclerc chante qu’il « n’y a pas de meilleure façon de tuer un homme que de l’empêcher de travailler», on communique avec lui, on sent l’angoisse de celui qui cherche une place quelque part et ne la trouve pas et on est prêt à le comprendre.Jean-Paul Sermonte constate à ce propos que Félix était à sa manière un magicien qui possédait au plus haut point l’art de jouer avec les mots, les idées et les images.En fait, dans son livre, les textes de Félix Leclerc sont agencés selon un plan chronologique qui est en même temps revue POSSÎMCS M»e' '»»» • MIVIH >9®° • HUMIRO 1 VOLUME 14 ART.POLITIQUE d„ id4„ ?l'0,l P.I-J encor.«»«'"' " de, rapport.0».I o'I Quel es» l'actuel pouvoir de I art .La q cinéma documentaire a Uro l'amplification do» »l9"8‘ MONICA HAÏM ESSAIS et analyses Combustion lento NICOLE JOUCOEUR La politique ne m’intéresse pa* SERGE BRUNEAU L’odeur de l’art : art international, art local ROSE-MARIE ARBOUR Le marché de l'art contemporain et le Tiers-monde culturel YVES ROBILLARD Notes en deux partie» eur le nom comme métaphore SUZANNE JACOB A Space : l’anatomie d’un centre d’arH*te* autogéré consacré à la dl«u*lon d un art politique DONALD GOODES A - nalitiaue alla slctllana L.PQ et la culture: pour une ou des petite» culture» JACQUELINE MATHIEU IMAGE ET POfcMES-.Cha*»é»-crot»é» ROBERT SAUCIER D’un carnet de Crète GILLES CYR CHRONIQUES - SUR LES CHEMINS DE L’AUTOGESTION : Parti vert du Québec DOCUMENTS:- Sur Le Pen et autre» menu* Bulletin d'abonnement Abonnement Institutionnel: 30,00 $ Abonnement de soutien: 30,00 $ le numéro: 6,00 $ NOM.ADRESSE VILLE.CODE POSTAL Revue Possibles, B.P.114, Succursale Câte-des-Neiges, Montréal, Québec H3S 2S4 PROVINCE.TÉLÉPHONE.OCCUPATION.¦.Cl-JOINT:.MANDAT-POSTE AU MONTANT DE 18.00$ POUR UN ABONNEMENT À QUATRE NUMÉROS À COMPTER DU NUMÉRO.ce qui est rare, thématique et reprend ainsi les principaux événements de l’histoire du Québerc contemporain par ordre de leur importance.Placés selon cette perspective, certains poèmes ont un relief tout à fait surprenant.— Il avait quand même pas mal de défauts, Félix Leclerc, me direz-vous.Certainement, comme tout le monde ! Ce n’était pas une vedette de music hall dans le sens le plus moderne, ni quelqu’un de capable de se produire n’importe où et n’importe quand.Ses débuts à Paris datent de 1951, période d’après guerre, dominée par un romantisme qu’on ne cesse de vouloir faire disparaître depuis.Le barde québécois chantait « l’exotisme » des pays froids.C’est ainsi qu’il vantait le courage des draveurs dans cette Europe où on ne savait pas très bien de quel métier il s’agissait très exactement.Petit à petit, il est parvenu à imposer une image de son pays et à le faire aimer, ce qui est particulièrement difficile pour un chanteur qui, tout en étant membre à part entière de la francophonie, demeure à ce point différent en ce qui concerne le choix de ses sujets.Félix Leclerc avait expliqué le Québec à sa façon qui n’était pas toujours dépourvue de cruauté.« Les gens d’ici sont peu violents », commentait-il, « parce qu’ils ont viande sous la dent.Et ventre plein n’a pas de rage.» Hier comme aujourd’hui, en somme, le patriotisme de Félix Leclerc se passe de grandiloquence, ses chansons d’amour sont authentiques, bien que la sexologie ne les domine pas et ses poèmes sur la condition humaine témoignent d’une réflexion très personnelle.Une nouvelle librairie de voyages typiquement RENAUD-BRAY 5227, COtedes-Neiges — 342 1515 semaine 7 jouis SE DIRE C’EST TOUT DIRE Jean-Paul Desbiens L'Analyste Montréal 1989, 237 p.Ç\ Yvan LAMONDE \ ASociété Le Provincial des Frères Maristes alias le Frère Untel est homme à s’appliquer d’abord à lui-même les remèdes qu’il sert aux autres : dire et se dire sa vérité.Dans son Journal tenu entre 1978 et 1985 et dont L’Analyste a publié des fragments depuis 1983, J.-P.Desbiens tient le difficile pari du face à face : « Jamais je n’ai été si longtemps à la fois, et si souvent, dépressif.Je ne suis pas fait pour vivre sans pouvoir réel».L’homme n’a plus l’impression de « travailler pour une cause » : « Je liquide une faillite », écrit-il, celle de communautés religieuses qui agonisent.Au poste, il rassure les vieux Frères quand il ne les enterre pas : « On a presque toujours un mort à enterrer ».« Seul, au milieu de 23 Frères, il fait plus de solitude que « de bureau » : « Personne avec qui, sur qui essayer mes idées, mes opinions, mes textes ».À ce face a face avec le sens de la faillite et avec la solitude s’ajoute un autre courage qui peut aussi isoler, celui d’être capable d’aller à contre-courant : « Quand il n’y avait aue des certitudes, j’en ai secoue plusieurs ; maintenant que la mode est aux incertitudes et à la fuite en avant, je pose des certitudes, ou en tout cas, des affirmations ».J.-P.Desbiens a le don de mettre les choses à plat : experts, vedettes, sauveurs venus avec la dernière bordée.On pourra toujours lui crier des noms : néo-libéral, Analyste et tutti quanti ! Mais la bonne foi, l’honnêteté intellectuelle et sa franchise continueront de l’emporter.Son Nord magnétique est un souci de vérité.Et en ce pays de la Métabet-chouan, la métaphore est appropriée.D’autant plus qu’une grande métaphore traverse le Journal comme l’espace traverse les tableaux de J.-P.Lemieux : le lac, le lac-source.Le diarisle y retourne sans cesse, guettant l’embâcle, tâtant du pied l’état de solidité ou de pourrissement de la glace, comptant les jours de gel, s’étonnant a l’horizon du vert des conifères sur le bleu de l’eau.L’homme regarde, regarde encore le Lac.J’aurais pour mon dire que ce Lac est l’histoire d’un homme avec celui qu’il appelle Jésus.Frère-courage.L’adolescent sans carapace LE COMPLEXE DU HOMARD Paroles pour adolescents ou le complexe du homard Françoise Dolto Catherine Dolto-Tolitch avec la collaboration de Colette Percheminier Hatier, Paris, 1989 ANGÈLE DAGENAIS Toute la substance de ce livre était déjà écrite par la célèbre psychanalyste, sa fille Catherine et l’amie d’adolescence de cette dernière, Colette, avant que ne décède en 1988 Françoise Dolto.« Entre octobre 87 et juin 88 nous nous sommes réunies régulièrement autour d’un magnétophone pour parler et dire aux adolescents tout ce qui nous passait par le coeur », explique Catherine Dolto-Tolitch, sociologue et médecin généraliste, en introduction au texte.Elle ajoute, « Je suis sûre que ma mère aimerait le livre tel qu’il est.un livre plein de vie et, je crois, encourageant pour tous ceux qui vivent ce qu’elle appelait si joliment le drame du homard ».Ce « drame » ou complexe du homard, est l’image employée par le trio pour décrire la mue qui se produit à l’adolescence, cette période où le jeune quitte définitivement sa carapace d’en-fant mais n’a pas encore « suinté » celle de l’adulte qu’il sera plusieurs années plus tard.Sans « défense », il est extrêmement fragile, vulnérable, dans un devenir qu’il ne maîtrise absolument pas.Mais c’est aussi une époque où les jeunes déploient des quantités phénoménales de générosité et de créativité qui déroutent très souvent tous ces adultes qui ont « trahi » leurs idéaux d’adolescents.« Pourquoi est-ce si compliqué entre les adolescents et les adultes, lit-on à la page 70.Peut-être parce qu’à chaque génération, l’adolescence vient mettre en avant et faire vivre des valeurs qui sont vraiment celles de l’humain : générosité, absolu, liberté, fraternité.Chaque génération d’adolescents voit que les institutions mises en place par les adultes qui ont le pouvoir trahissent ces valeurs.» Même si ce livre porte trois signatures, on reconnaît le style unique de Dolto, son parti pris pour la jeunesse — pour tout ce qui « croît » en fait, adulte ou enfant — la confiance qu’elle place dans les capacités d’adaptation et d’invention des humains, la grande sincérité et tendresse de ton que revêt son propos.Écoutons encore celle qui devint célèbre en France, à 68 ans, avec sa « ligne ouverte » sur France-Inter, Lorsque l’enfant parait, écoutée religieusement par des millions d’auditeurs et d’auditrices passionnés : « L’adolescence n’est pas reconnue comme une force parce qu’elle fait peur.La plupart des adultes ont, dans leur mode de pensée, un frein dans la tête dû à leur peur.Ils ont peur de vieillir, de mourir, de perdre leur emploi, leur voiture, leur amour.Ils ont peur pour ceux qu’ils aiment.Ils ont peur de ne pas être à la hauteur de la situation.Ils ont peur de l’inconnu.La peur est dans le raisonnement de presque tous les adultes, qu’ils le sachent ou non.» « C’est pour cela qu’ils se cramponnent à l’esprit logique, rationnel, qui n’est qu’un aspect de l’intelligence — peut-être le plus désespérant ?— L’intelligence, c’est surtout une capacité d’invention.Les jeunes, eux, sont inventifs ».L’ouvrage aborde tout ce qui fait «problème» à l’adolescence : le corps, la sexualité, l’amour, l’amitié, les parents, l’autorité, la violence, le vol, la drogue, la honte, etc.Tout est là, dans une présentation soignée qui se veut moderne et aérée, avec de belles photos.Un livre qui est fait « solide » pour être lu et échangé, « à mettre entre toutes les mains, à laisser traîner dans la maison pour que les enfants, les parents, tous les jeunes et tous les adultes le lisent avec profit », lit-on sur la jaquette arrière ! Dolto, mère et fille, et Mme Percheminier, qui travaille avec des jeunes en institutions, ont laissé également la parole aux adolescents.Chaque fin de chapitre reproduit en effet de courts textes souvent fort émouvants que des jeunes de 14 à 17 ans leur ont fait parvenir.Le complexe du homard est un livre qui dérange, qui n’a pas peur des mots, que j’aurais aimé avoir quand mes filles étaient adolescentes et que je leur donnerai à lire pour qu’elles gardent le plus longtemps possible ces valeurs « pures » qui les animent encore.Chanmisny LES PRIX Le Devoir, samedi 23 décembre 1989 ¦ D-5 • le plaisir des ivres Nommer un personnage, c’est le trahir: Sarraute n’y consent pas TU NE T’AIMES PAS Nathalie Sarraute Gallimard Paris, 1989 216 p.Lisette ÆORIN ?Le feuilleton À quel moment me suis-je intéressée à Nathalie Sarraute ?C’était, je crois, en 1963, à la parution de Les Fruits d’Or.Je n’avais lu ni Tropismes ni Le planétarium, pas même L’Êre du soupçon.Et pourtant, fort intriguée par « le Nouveau roman », je connaissais déjà Michel Butor, grâce à La Modification, Claude Simon, par La Route des Flandres, bien entendu Alain Robbe-Grillet, dans « son » Labyrinthe, et Robert Pinget dans L'Inquisitoire.Le temps ayant fait son oeuvre, et « le Nouveau roman ».son temps, Nathalie Sarraute est néanmoins la seule de cette phalange « primitive » des Éditions de Minuit que je continue à prospecter.Non pas toujours à suivre dans son incessante recherche de ce que Viviane Forrester, qui l’admire et l’aime lucidement, décrit comme « ces contrées dont elle seule connaissait le chemin avant de nous l’apprendre (.) ces lieux rares ou vibrent des particules fragiles et fugaces ».Mais avant de tenter l’approche — ce ne peut être autre chose — de Tu ne t'aime pas, pourquoi ne pas céder la parole à l’auteur ?En guise d’avertissement à Entre la vie et la mort (Gallimard, 1968), Sarraute écrivait : « Le lecteur qui se laisserait aller à son habitude de chercher partout des personnages, qui perdrait son temps à vouloir caser à toute force les mouve- ments, les tropismes qui constituent la substance de ce livre, s’apercevrait que ses efforts pour les loger convenablement l’ont amené à construire'un héros, fait de pièces disparates, qui Eeut difficilement se tenir de-out ».Peut-on être plus sincère, moins condescendante envers le lecteur ?Et ce texte est toujours valable, et il convient au dernier ouvrage de cette octogénaire dont le courage est indomptable.Qui continue de nous faire part « d’une lutte acharnée, à l’issue toujours incertaine sur un des terrains où la vie et la mort s’affrontent avec le plus de dissimulation, celui où une oeuvre littéraire prend racine, grandit ou meurt».Le dernier ouvrage de Nathalie Sarraute est, essentiellement, implacablement, une oeuvre littéraire.On ne saurait qualifier autrement cette conversation multiple que l’auteur tient avec d’anonymes interlocuteurs, plus vrais, cependant, plus « certains » que s’ils étaient nommés.En citant Cézanne, la personne qui écrit, qui met le « je » à l’in- Une fresque sur l’histoire de la médecine au Bas-Canada Xala DE PÈRE EN FILLE Louise Simard et Jean-Pierre Wilhelmy Québec, Septentrion, 1989: 429 pages PAUL-ANDRÉ COMEAU Page d’histoire de la médecine naissante au Bas-Canada du début du XIXe siècle, saga d’une famille où les ancêtres allemands font bon ménage avec les « Canadiens », révolte d’une femme contre la loi et la médecine des hommes, amours interdites entre un blanc et une indienne, esclave de surcroît : le nouveau roman de Louise Simard et Jean-Pierre Wilhelmy ratisse large et constitue au vrai sens du terme une fresque, impressionnante et originale.Ouvert avec une pointe d’appréhension, ce roman à quatre mains vaut des centaines d’heures d’histoire en plus de procurer le rare plaisir d’une lecture captivante.Les deux auteurs, qui ont déjà publié La guerre des autres, ont échafaudé leur récit sur une soüde documentation historique.L’implantation de la médecine à Montréal et accessoirement à Québec sert de toile de fond à un récit qui lève le voile sur la vie bourgeoise des anglophones de la jeune métropole et sur la pauvreté des francophones et des immigrants, surtout Irlandais.Cette dimension historique établie avec talent et précision sert roman admirablement le récit où la passion et le drame habitent des personnages d’une rare consistance.En choisissant comme héros le fils d’un immigré d’Allemagne d’avant la première (?) unification, les auteurs laissent deviner la complexité des réseaux et des lignages ethniques dans une généalogie qu’on a eu tendance à trop simplifier.Ce médecin, formé tel un apprenti, hésitera entre sa Britannique d’épouse et une splendide Indienne, vendue au marché des esclaves dans le Vieux Montréal.Ce n’est pas le seul tabou auquel s’attaquent Simard et Wilhelmy, qui n’ont visiblement pas oublié les recher- ches de Marcel Trudel sur cette question souvent escamotée.L’une des filles de ce médecin qui fait fi des préjugés de son milieu se heurtera à un obstacle de taille lorsqu’elle tentera, elle aussi, de soulager souffrance et misères.Refusée par la corporation des hommes, mais riche d’un bagage de connaissances accumulées en aidant son père, elle bravera la loi de l’époque en pratiquant clandestinement la médecine.Au contact de la détresse et de la pauvreté, elle devance le docteur Morgentaler d’un siècle et demi auprès des femmes de Montréal, des Cantons de l’Est et finalement de la ville de Québec.Fresque historique, ce roman est animé d’un souffle puissant.Impossible de ne pas être captivé par la passion qui habite les personnages, par le déroulement d’une trame qui, au-delà du quotidien, laisse deviner les grands enjeux du siècle dernier, d’avant la Confédération.L’histoire s’achève d’ailleurs au lendemain des grandes épidémies de choléra qui ont précédé de peu l’Insurrection de 1837.En un mot, un roman de passion et de vérité.Une vérité parfois décapante mais qui donne à notre histoire une dimension charnelle qu’on a longtemps eu tendance à escamoter.Un roman d’où l’on pourrait tirer un grand scénario pour le cinéma ou la télévision ! Louise Simard —Jean-Pierre Wilhelmy DE PÈRE EN FILLE Champteny LES PRIX AU BANC DES ACCUSÉS.! lil NOUVEAU DICTIONNAIRE VISUEL JUNIOR OFFRIR UN DICTIONNAIRE VISUEL JUNIOR, Un cadeau int ’ a\\eF postérieure œilM simple oeilw compose antenne^ mandibule^ -VIENT DE patte^ antérieure PARAÎTRE - TOUT EN COULEURS - 160 PAGES - 19,95$ abdomen^ corbeille^à pollen^ C'EST OUVRIR LA PORTE SUR UN MONDE DE CONNAISSANCES.dex, parle d’une part inséparable de nous-même qui survivrait même à la mort : « Ça s’enchevêtre aux racines même de l’être.À la source impalpable du sentiment ».Le sentiment, lui, est là-bas où les mots circulent, se posent, désignent.— « C’était amusant d’y faire de temps à autre une excursion», commente, ironique, l’écrivain.La frivolité des hommes et des femmes n’est pas le fort de Nathalie Sarraute.Il faut lire sa « variation » sur le « je ».Elle le voit « trop passionné », ce « je », qui se retire « abandonnant l’objet de la conversation.(.) Vite nous remplaçons ce « je » par un « je » frivole, léger .Après une pause marquée par un soupir, notre nouveau « je » se lance .(.) Et il jette dans la conversation un objet délicieusement inconsistant ».Sarraute, opiniâtrement, débusque un autre « je » qu’elle nous présente « solidement installé sur cette terre, qui a du bon sens, l’esprit clair, lui-même le dit : « Je suis un réaliste, on m’accuse même parfois de cynisme ».Les délégués, les envoyés se succèdent dans Tu ne t’aimes pas.On pourrait même, mais ce serait sans doute offenser l’auteur, parler à leur propos d'une galerie, non pas de personnages mais de caractères.Le héros multiple de son.livre nous ressemble.11 nous confronte à nous-mêmes, à ceux qui « s’aiment » et à ceux qui « ne s’aiment pas ».« Celui qui s’aime se scinde en deux.projette au-dehors son double.le place à une certaine distance de lui-même.» Est-ce pour abolir cette distance que Nathalie Sarraute poursuit son oeuvre d’écrivain ?On ne peut plus en douter, lisant avec lenteur, page à page, cette comédie des erreurs.« Ce que je me serai amusée, laisse-t-elle, à certain moment, échapper, en réfléchissant sur « serai », « ce futur venu se nicher au coeur du présent ».Et le répondant se questionne alors : « Quelles autres langues possèdent un instrument aussi précis et délicat ?— « Ce que je me serai amusée ».il faut pour savoir s’en servir posséder des dons exceptionnels, une rare habileté.— D’un coup ce qui était en train de s’accomplir s’est accompli.Cela s’é taie derrière nous, immobilisé, offert, comme un souvenir.pour le voir il faut qu’on se retourne .» On devrait pouvoir tout citer de ces pages 132 et 133 où Sarraute .s’amuse à décortiquer « Ce que je me serai amusée » en considérant que « ce qui était fragile, périssable, qui se serait décomposé, aurait disparu.elle a su le sauvegarder.Elle l’a embaumé, elle l’a exposé dans un cercueil de verre, elle le contemple en hochant la tête d’un air nostalgique, attendri.» D’un livre si intelligemment composé, on pourrait croire que son auteur en sort comblée, satis-faite.Or, il n’en est rien.« Comme se serait bon pour tout le monde.comme tout le monde y trouverait son compte si on pouvait, nous aussi, l’éprouver, cet amour de soi.— Si on pouvait.— On ne demanderait pas mieux.— On ne demanderait pas mieux ?— Pas Lf ETAT SOUS LA DIRECTION mm l^ll DE PIERRE GENTELLE DE LA CHINE EDITIONS LA DÉCOUVERTE La crise du printemps 1989 et les événements tragiques de la place Tian An Men ont montré la nécessité de comprendre en profondeur ce qui esté l’oeuvre dans la Chine contemporaine,de mieux saisir les mouvements qui traversent cette société.En plus de 200 articles, L'état de la Chine pro-poseun panorama completdu pays: civilisation, société, organisation du pouvoir, vie quotidienne, démographie, économie, politique extérieure, arts et culture, diaspora, etc.Ouvrage de référence sans équivalent, L'état de la Chine, par ses approches croisées, constitue un instrument de connaissance et de travail irremplaçable.LA DECOUVERTE L I mieux ?Vraiment ?» Si le mieux est l’ennemi du bien, dit la sagesse populaire, ne l’exigeons surtout pas pour l’exigeant écrivain qui poursuit, de livre en livre, avec une indéfectible honnêteté, sa quête d’absolu.En littérature, bien sûr, mais également — on le suppose — dans la vie ordinaire.Un grand, un beau livre qui n'en est pas moins grand ni pas moins beau d'être difficile.LOGIQUES LOGIDISQUK uni i’c 64(1 h Le cadeau-minute qui fait plaisir pour la vie! 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C’est à une véritable fête du marbre, de l’or et du bronze que nous sommes conviés dans ce magnifique volume.Les images d’aujourd’hui alternent avec les photos d’époque où, immobilisés par l’objectif, les rois et les présidents trônent au milieu de ces splendeurs.Chaque hôtel possède son histoire, chaque époque, son style.On remonte le temps, on sillonne l’espace de Pointe-au-Pic à Waikiki dans Palaces et grands hôtels d’Amérique du Nord.Une fête pour l’oeil, un ballet de nostalgie, bref, un cadeau pur luxe à offrir à qui on aime.Faites-vous plaisir.abonnez-vous au cahier littéraire le plus en vue au Québec.Prenez plaisir à découvrir tous les samedis une information soignée et détaillée sur les principales nouveautés en librairie.Des critiques pertinentes et des commentaires sur les jeunes auteurs, ceux de renom et leurs oeuvres.De la poésie au roman, de la fiction à la nouvelle, tout y est, rien ne vous échappera.Chaque samedi, faites-vous plaisir, abonnez-vous au Plaisir des Livres! I I Oui je désire m'abonner au Devoir du samedi incluant le cahier Le Plaisir des Livres | | 15 semaines: 13$* | | 28 semaines: 24$* I | 52 semaines: 44$* J chèque inclus 1 1 Visa | comptant LJ Master Card J facturez-moi [J] Am.Express Nom Adresse #App._ Ville.Code postal Tél.rés.____ Tél.bur.___ Signature.numéro de carte date d'expiration Retournez ce coupon à l'adresse suivante: LE DEVOIR "Service des abonnements" 211, rue St-Sacremcnt, Montréal, Québec H2Y 1X1 *Tarifs applicables qu'à notre réseau camelot.Cette offre prend fin le 30 décembre 1989.J RENOIR Sophie Monneret coll.Profils de l'art Ed.du Chêne, Paris 1989 ANDRÉ GIRARD Renoir : peintre de la sensualité et de la simplicité nonchalante.De la lumière : ses jeux et ses reflets.Sur la peau, sur l’eau.Ses tableaux fêtent la douceur de vivre et de regarder.Us libèrent couleur, joie et tendresse.Tant la nature que la chair célèbrent, dans le regard de Renoir, l’attrait et la luminosité de la jeunesse.« J’ai usé mes vieux yeux sur (la) jeune chair », dira-t-il à la fin de ses jours.Resteront ces fêtes perpétuelles qui ne repoussent pas la lumière, cette fluidité féé-rique de la nature retrouvée : l’air est frais, l’espace est grand.L’exécution est toute en souplesse.De ces chairs doucement nacrées, de ces chevelures fluide émane une impression de grâce qui s’abandonne.Pour le plaisir des yeux, l’envie de toucher.« Villa des Arts près l’avenue / De Clichy, peint Monsieur Renoir / Qui devant une épaule nue / Broyé autre chose que du noir ».(Mallarmé, Loisirs de la poste) GUY FERLAND L’INVENTION D’UN ART Cent cinquantième anniversaire de la photographie Collectif sous la direction de Alain Sayag et Jean-Claude Lemagny Adam Biro et Centre Georges Pompidou 338 pages Cet album de luxe richement illustré présente une rétrospective de l’évolution de ce « 8e art » qu’est la photographie.Dans son introduction, Alain Sayag y va d’une profession de foi : « Majeure, là photographie l’est devenue en se dépassant.Elle ne trouve plus sa finalité en elle-même; elle est désormais un simple moyen, une technique, au service d’une esthétique essentiellement picturale.Elle est mise en situation dans des « dispositifs » spécifiques, des installations qui viennent clore le parcours de cette manifestation.Aboutissement, certes provisoire et momentané, d’une évolution séculaire, mais significatif du fait que la photographie n’est plus à la recherche de l’art en 1989, elle est l’Art.» Journal cKi |H MOUVEMENT u8| JOURNAL DU MOUVEMENT DADA Marc Dachy Skira 230 pages Cet album superbement illustré retrace, de 1915 à 1923, les divers moments à l’intérieur de ce mouvement inusité.LE CASSE-PIPE Suivi du Carnet du cuirassier Destouches Louis-Ferdinand Céline Illustré par Tardi Gallimard/Futuropolis 94 pages « Casse-pipe, dit Henri Godard, c’est le temps de l’enfermement, devenu interminable.L’agressivité du monde et des hommes y prend la forme de la nuit, du froid, de la pluie, de chevaux échappés qui courent dans tout cela, et un visage que Courteline et d’autres avaient déjà fait connaître en littérature, celui des gradés et des sous-officiers, d’autant plus charognes qu’ils sont eux-mêmes plus terrorisés.L’étonnant est que, du spectacle de tant d’écrasement, qui ne cesse pas d’être sensible, naisse ligne à ligne tant de comique.» On trouve dans ce volume les cinq séquences mises au point ainsi que les fragments retrouvés d’une première version de l’histoire, plus le seul récit que Céline ait fait de ce qui devait suivre.LE PROCÈS-VERBAL J.M.G.Le Clézio Illustré par Baudoin Gallimard/Futuropolis 186 pages Ce premier roman de l’auteur de Vendredi ou les limbes du Pacifique commence ainsi : « A.Il y avait une petite fois, pendant la Champiôny LES PRIX SONT TROUVÉS COUPARLES.! canicule, un type qui était assis devant une fenêtre ouverte; c’était un garçon démesuré, un peu voûté, et il s’appelait Adam; Adam Polio.Il avait l’air d’un mendiant, à rechercher partout les taches de soleil, à se tenir assis pendant des heures, bougeant à peine, dans les coins de murs.» Ce comportement relâché et méditatif du personnage principal est habillement illustré par Bau-‘ doin qui grossit démesurément les détails.IMAGES DES ANNÉES 80 Éditions Solar 462 pages Pour voir les années 80 d’un coup d’oeil, ce recueil de photos-témoignages des faits marquants de la décennie est à recommander.De la catastrophe de Tchernobyl à l’ouverture de l’Est, en passant par l’explosion de la.navette Challenger, le tremblement de terre d’Arménie, tout y passe.Des personnes qui ont marqués l’époque y sont également : Reagan, Gorbatchev, Jean-Paul II, Khomeiny, Rambo, Mitterrand, Indira Gandhi, Cory Aquino, Madonna, Benazir Bhutto ou Steffi Graf.Chaque photo est accompagnée d’un bref rappel historique.limiNMIIS UCvtcmitoàfu à 1973 à 19/6 Fronct» Joutio VxtfOoJef ENTRE DEUX CENSURES Le cinéma érotique de 1973 à 1976 François Jouffa et Tony Crawly Ramsy/Cinéma 268 pages Dans cet album, illustré de 270 photos, les auteurs racontent en historiens du cinéma, ce que fut cette période de libéralisation.Une centaine de films sont analysés, avec des interviews de metteurs en scène et de « porno-stars » réalisées à l’époque.Demain de maire De main de maître Ce livre abondamment illustré met en lumière le talent artistique des récipiendaires du Prix d'excellence en Artisanat Saidyc Bronfman au cours de la première décennie de son attribution.de 1977 à 1986.Enjagwinil Aflntdfl Calotdar & Agenda 1990 Un hommage à Marius Barbeau, ethnologue bien connu, qui a énormément contribué à enrichir les collections du Musée.Reliure spirale : 12,95 S 110 pages • Bilingue 33 photos en couleurs, 23 n/b ISBN 0-660-50290-9 La mémoire des objets Calendrier 1990 Ce calendrier comprend 13 photos en .couleurs d’objets tirés de la collection du Musée canadien des civilisations.10,95 $ 28 pages • Bilingue 13 photos en couleurs ISBN 0-660-50289-5 Relié: 24,95 $ 144 pages • 43 photos en couleurs, 56 n/b ISBN 0-660-90289-3 Publications du Musée canadien des civilisations en vente chez tout bon libraire.Diffusion Prologue, Montréal.MUSEE CANADIEN DES CIVILISAI IONS Canadian museum Ol ClVIl CATION Le Devoir, samedi 23 décembre 1989 ¦ D-7 • • f» • h plaisir des ivres Le scalpel de Bertrand Vac Ht Yves DUBË .es cornets C’est avec cette pré-cision faite d’adresse et d’efficacité si indispensable au chirurgien que Bertrand Vac nous a présenté une galerie de personnages, tantôt sortis de l’Histoire, toujours investis d’un intérêt que leur auteur sait nous prouver avec éloquence.Depuis bientôt quarante ans (son roman, Louise Genest est paru en 1950), le docteur Aimé Pelletier alias Bertrand Vac aime à troquer sa blouse de médecin-chirurgien contre la chemise d’un homme de lettres.Cela ne s’est pas fait sans désagrément, il faut bien l’admettre.D’une part l’auteur gagnait des prix, d’autre part la critique le boudait et semblait même, et cela à plusieurs reprises, l’ignorer.Je me suis demandé pourquoi et j’ai refait l’itinéraire de l’auteur à travers son Choix qui vient de paraître dans la collection des Presses Laurentiennes.Accompagné, et ainsi actualisé, de courts textes de présentation, chacun des extraits choisis nous fournit une explication logique au dilemme ci-haut mentionné.En effet, les oeuvres de Bertrand Vac sont remarquables d’intelligence, de recherche, d’imagination et d’une qualité d’équilibre aussi souriant que bienvenu.Mais elles comportent une dose d’audace qui, dès le point de départ (1950), risquait de ruiner son avenir.Pourtant cette audace faite d’humour et de précieuses observations n’aurait dû effrayer que les imbéciles et les esprits trop bornés.Mais comme le ridicule ne tue pas, ces derniers ont eu la dent longue très longtemps et ont fait le malheur de ceux qui voulaient sortir des chemins battus, du moins de ceux qui étaient prêts à critiquer la morale traditionnelle, la politique à courte vue, la vertu des fai- y blés ou la grandeur des eunuques.Parus vingt ans plus tard, Louise Genest et Saint-Pépin, P.Q.n’auraient scandalisé personne.Bien au contraire, le premier aurait fait les délices des amateurs de romans psychologiques, invoquant des situations freudiennes susceptibles d’éclairer certains de nos rapports quotidiens, et le deuxième nous aurait fait rire généreusement de situations dont nous nous vantons aujourd’hui d’être sortis et cela depuis le début de ce que l’on a appelé la Révolution tranquille.Evidemment il n’était pas question pour Bertrand Vac d’édulcorer ses récits de concessions courtisanes, ni d’en soustraire les aspects trop réalistes qui risquaient de lui attirer des tuiles.Pour rien au monde l’auteur n’aurait sacrifié les trouvailles de ses observations ni les faitaisies de son imagination.Bertrand Vac, et nous en trouvons de multiples preuves dans toute son oeuvre, et en particulier dans Mes pensées « profondes », tient à s’amuser.Il croit qu’on apprend mieux et qu’on comprend davantage sous les charmes de l’humour que sous la torture des disciplines administrées à tout prix ou à coups de trique.Pour lui, « l’Académie est vraiment une filiale de la Comédie Française » et « la lucidité de Voltaire a fait moins de tort au christianisme que les syllogismes de saint Thomas d’Aquin».Il aime mettre en situation des hommes, des femmes, des enfants, et même des animaux qui sous son regard à la fois cruel, amusé et bienveillant agissent selon leurs instincts ou leur intuition, ou tout simplement leur « naturel ».Il a découvert depuis longtemps 3ue la Grande histoire est faite e ces petites histoires que sont nos misères quotidiennes, nos élans et les rebuffades du milieu social dans lequel nous baignons, nos idées de grandeur, et surtout notre ouverture au monde que bien des valeurs admises comme « sûres » viennent bafouer.Il aime raconter mais n’oublie jamais de plaisanter car pour lui la plaisanterie semble être la perche qu’il tend à son lecteur, lequel, malheureusement, n’a pas toujours su la saisir.Plus on avance dans l’oeuvre de Bertrand Vac, plus celle-ci se fait concise, plus ses remarques sur la vie et sur l’humanité se font précises.Il a délaissé la forme romanesque traditionnelle pour les exigences de la nouvelle qui semble lui convenir davantage.« Le roman», écrit-il, «c’est la plèbe ; la nouvelle, l’aristocratie ».La Fontaine avait bien choisi la fable et n’en est pas moins demeuré pour autant un des auteurs classiques des plus exemplaires.Chaque auteur d’une génération donnée peut bien, à son tour, faire l’apologie d’une forme littéraire de son choix.Le plus important n’est-il pas qu’il excelle quelque part ?Je crois bien que Bertrand Vac, depuis ses Histoires Galantes jusqu’à Bizarres a prouvé qu’il excellait dans Part d’écrire une nouvelle.Ce microcosme lui convient mieux que tout autre.Il peut, tout à son aise, observer son monde, l’illustrer et sortir de scène avec la fausse humilité d’un grand interprète, toujours prêt à récidiver.Oui, toujours prêt à récidiver, car Bertrand Vac, C’est ainsi qu’il est : il a la piqûre ! Depuis quarante ans qu’il troque la blouse du chirurgien contre la peau du créateur pour le plus grand plaisir de ceux qui le lisent et pour leur apprentissage de l’existence aussi ! LE CHOIX DE BERTRAND VAC DANS SON OEUVRE Guérin littérature, 1989 Une encyclopédie irrévérencieuse AU BONHEUR DES MOTS Claude Gagnière Robert Laffont, Paris 1989, 739 pages.MARIE-ÉVA DE VILLERS Dictionnaire espiègle de la culture française, recueil ludique de bons mots, d’anecdotes cocasses de la petite histoire littéraire, on gardera à proximité Au bonheur des mots pour ne plus se prendre au sérieux et pour avoir des lettres (cela pourrait encore servir).+ Loup personnage de l’innocence à la colère froide, comme ce qui se passe actuellement en Allemagne de l’Est.» Un loup qui aime les chiffres.« J’ai déménagé 38 fois en 56 ans, j’ai à peu près 25 000 livres dans ma bibliothèque et j’en ai lu de 50 000 à 60 000, de Voltaire à Mor-risson en passant par une pléiade d’écrivains anglo-saxons.» Un loup tendre, enfin.« J’aime beaucoup les enfants.Ils ont des possibilités de rêves infinis, comme tous les créateurs et tous les êtres humains qui ont une part d’enfance en eux.C’est pour cela que mes romans se rapprochent des films d’Indiana Jones.Les gens aiment l’aventure, le suspense, les surprises bien amenées, les constructions solides des récits.Ce qui n’empêche pas de passer des idées de temps à autre.Mais pour qu’il y ait de l’action, comme dans Le Jaguar, il faut faire fi de la vraisemblance.Et, surtout, aimer son métier.C’est peut-être cela le secret de mes succès répétés quel que soit le nom que j’appose sur la couverture de mes livres.» Loup Durand est un écrivain à la dent longue qui mord dans sa proie et que les lecteurs ne lâchent pas de roman en roman.Calembours, citations, énigmes, épitaphes, étymologies, figures de rhétorique,' métaphores, palindromes, parodies, proverbes, rébus, vers célèbres, Claude Gagnière a colligé dans son encyclopédie souriante les plus jolis, les plus cruels ou les plus adroits jeux de mots d’Alphonse Allais, de Guillaume Apollinaire, de Jean Cocteau, de Sacha Guitry, de Raymond Queneau, de Jules Renard., de tous ces penseurs qui manient le verbe avec humour et qui méritent d’être cités parce qu’ils dérident toujours.À l’article Académie, l’encyclopédiste irrespectueux commente : Le dictionnaire de l’Académie admet même le mot « bordel » dans le sens de « grand désordre » et donne comme exemple : « mettre le bordel dans une administration » ! Était-ce bien nécessaire, messieurs, de risquer un tel pléonasme ?Citons ce joli mot de Jules Renard dans ses Histoires naturelles que l’auteur nous rapporte : « Le ver à soie file un mauvais coton » ou ce calembour sylvestre : « Un seul hêtre vous manque et tout est des peupliers ».On lira avec intérêt l’histoire du Canard enchaîné, son folklore, les grandes affaires qui ont fait grimper son tirage (feuille d’impôt de Chaban-Delmas, diamants de Bokassa offerts à Giscard, etc.) Les perles des cancres que l’on nous cite sont savoureuses : « Les Gaulois buvaient de l’hydrogène dans le crâne de leurs ennemis.» « Cédant à la pression atmosphérique, Hugues Capet monta sur le trône.» « Napoléon avait la possibilité de dicter plusieurs lettres à la fois : c’était un dictateur.» « Un angle de 170° est un angle obscène.» Claude Gagnière nous propose des charades, des énigmes, des rébus pour animer le soirées hivernales : Mon premier porte l’oiseau (Aile : L) Mon deuxième pousse le cheval (Hue : U) Mon troisième inspire la vengeance (Haine : N) Mon quatrième nourrit l’homme (Oeufs : E) Et mon tout inspire les rêves des poètes.(L + U + N + E : Lune) Et cette belle énigme de Fonte-nelle : « Je fus demain, je serai hier.» La réponse : « Aujourd’hui » À l’entrée Chat, nous avons droit à des poèmes de Baudelaire, de Verlaine, d’Apollinaire, de Charles Gros sur ces félins, à des proverbes, aux noms des chats qui ont acquis leur renommée par leur illustre maître.Ainsi apprenons-nous que Richelieu avait quatorze chats dont l’un portait le nom charmant de Rubis-sur-l'ongle.Il faut retenir cette délicieuse phrase de Jean Cocteau : « Si je préfère les chats aux chiens c’est qu’il n’y a pas de chats policiers.» Les fausses citations ne manqueront pas de vous faire sourire : « Tout le monde descend ! ( Darwin)» « C’est plus de l’amour, c’est de la rage.(Pasteur)» « Zut ! J’ai loupé ma correspondance.(Madame de Sévigné)» Les vraies aussi : « Les miroirs feraient bien de réfléchir un peu avant de renvoyer les images.» (Jean Cocteau) On nous raconte aussi l’histoire de la fameuse dictée de Prosper Mérimée conçue à Compïègne, où la cour de Napoléon III s’ennuyait un jour de pluie, le nombre de fautes faites par l’Empereur, l’Impératrice, la Princesse de Metternich, Alexandre Dumas fils, etc.: on nous raconte la dictée de Pierre Louÿs et même celles de Bernard Pivot.Claude Gagnière traite de l’emploi dangereux du subjonctif imparfait : « Docteur, ma femme est clouée au lit, je souhaiterais que vous la vissiez.» J’ai bien aimé son choix de mé- BEST-SELLERS ¦° \'M y il h» y» Au nom de votre santé, tZTi^V* D I- Cessez de fumer! %S= V HB «t 1 ____ c Champiôny de 8h00 ÔA8W00 IhOOoUWJO PJIlTIiTfîTiTiriii LIBRAIRIE 5219, ch.de la Côte-des-Neiges — TéL: 342-1515 RENAUD-BRAY/LAURIER: 1005, av.Laurier Ouest — TéL: 279-6384 RENAUD-BRAY/VOYAGES: 5227, Côte-des-Neiges — TéL: 342-1515 693 PAGES 24,95$1 0,1) T H I 447 PAGES 22,95$ 11 T 'm 1111 * * ‘/fl# 324 PAGES 16,95$] Anne au Domaine des Peupliers f, Lucy Maud Montgomery Cr JULIETTE POME RLE AU YVES BEAUCHEMIN «La généreuse Juliette [.] nous séduit tout de suite et pour toujours» Pierrette Rosset, Elle LE FEU DU MAUVAIS TEMPS CLAUDE LE BOUTHILLIER «[.?J l'un des hommages les plus vibrants rendus à la mémoire des Acadiens» Guy Cloutier, Le Soleil ANNE AU DOMAINE DES PEUPLIERS L.M.MONTGOMERY La suite d'une saga pleine de tendresse, d'humour et de lucidité.«Une des plus belles histoires romantiques du monde» (The Washington Post) chantes épitaphes : Pour Richelieu : « Ci-gît un fameux cardinal Qui fit plus de mal que de bien.Le bien qu’il fit, il le fit mal Le mal qu’il fit, il le fit bien.» Pour Robespierre : « Passant, ne pleure pas ma mort : Si je vivais, tu serais mort ! » Sur un mode gentiment insolent et toujours sans prétention, Claude Gagnière s’est amusé à rassembler les traits d’esprit des auteurs û l’intention de ceux qui aiment goûter le plaisant bonheur des mots.Enfin! le temps de lire.Put fuit I uniont avec mon rlwrapi’tifi IA RtALISATION D'UN HLM 220 pages 19,95$ GUIDE DE REDACTION Û M !r Vén tumirllet nuli'i cl hurr nnliophttniifur 135 pages 14,95$ Manuel de Journalisme radio-télé 230 pages 19,95$ LES 50 ANS DE L'ONF 19.951 Pans toutes les bonnes librairies et chez nos dépositaires Montréal: Agence du Livre.Çoop U Q A.M .Renaud Bray.U de M (pav sc.sociales) Zone Libre Québec: Générale Française, üilibcrlé.l’an toute Hull/Ottawa: Trillium.Coop UQAII Trois-Rivières: l.ib(n< Sherbrooke: Biblair.ie G G C Chicoutimi: Les Bouquinistes .ÉDITIONS SAINT-MARTIN 0A 4316.bout.St-Laurent, Montréal I (Québec) H2W 1Z3 (514) 8451695 D-8 ¦ Le Devoir, samedi 23 décembre 1989 Le choix Boréal ISPÆï’î pierre Morency GAIN \~J __J , ,.ï£ Ji-t, «S '•*.Histoires naturelles du Nouveau Monde Préface de Jean-Jacques Brochier.Illustrations de Pierre Lussier.Quand la littérature rencontre la nature, quand Pierre Morency nous fait participer à sa jubilation devant les lacs, les forêts, le fleuve ou nous transmet sa connaissance sur les oiseaux, les arbres et les animaux, cela donne un magnifique volume.Vol.de 360 pages — 27,95$ «.un grand livre, tant par son écriture travaillée, comme rarement on le voit en littérature québécoise et étrangère, que par le regard qu’il pose sur le monde qui nous entoure.» mfifi »¦ i Guy Ferland, Le Devoir Marie Laberge Roman JUILLET Huis clos familial d’une rare tension dramatique et histoire d’amour impossible, le premier roman de Marie Laberge confirme un grand talent.Un livre d’émotions.Vol.de 224 pages — 16,95$ «.Marie Laberge s’affirme comme un écrivain qui exprime les préoccupations de sa génération [.] Roman de l’incommunicabilité, Juillet est aussi le roman de la passion, tout au moins de la pulsion sauvage, non domestiquée, non censurée.» Jean Royer, Le Devoir Marie Laberge
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