Le devoir, 10 juin 1989, Cahier D
ÎLS le plaisir des tiampiôrô aï II oui .V.II Librairie Champigny 4474.ru* St-Dent» Montréal (Québec) 844-2587 «.'loi0,.AfA- Montréal, samedi 10 juin 1989 «•*«* t444««44' ft.'înît: tes.1 SW:::: -4*7titiïi /4/.V///4/ • * • ***¦ fis ias Jp *« ïSlfe :v .it;»»*» A® *î«î2i &V/4 > I.V, .« > i'v( V.*A» ¦*»A ».v; jW a'.V.VY'» - Avy >>Vi7îT4 >V ** Les mots de Claire Dé distillés comme de l’alcool GUY FERLAND UN DÉ a six faces.Claire n’en a qu’une mais remarquable.Elle ne passe pas inaperçue.Quand elle entre dans un restaurant, les têtes se tournent.Avec son chapeau à larges bords incliné vers l’arrière, sa robe à la mode des années vingt, ses gants en filet, ses ongles longs et d’un rouge vif, ses yeux ébènes, son petit nez légèrement retroussé et ses lèvres pulpeuses, elle ressemble davantage à une star qu’à un écrivain rangé et solitaire.« Je suis heureuse d’être au Québec, j’aurais voulu embrasser tout le monde dans le métro », lance-t-elle d’entrée de jeu.Claire Dé est fébrile et ses yeux pétillent d’intelligence.Elle est rentrée la veille de Paris où elle habite depuis six ans.« L’adaptation a été lente.J’avais tout quitté, ma famille, mes amis, mon logement, pour suivre un homme à Paris.J’avais de la difficulté à me détacher du Québec.Finalement, j’ai accepté l’idée d’habiter le restant de mes jours a Paris et j’ai commencé à vivre réellement des expériences que je pouvais transformer en nouvelles.» Ses premières nouvelles « françaises », Claire Dé les a écrites en 1988 et elle a remporté le prix Stendhal de la nouvelle 1989 sur manuscrit de son recueil intitulé Le désir comme catastrophe naturelle qui vient de paraître aux éditions L’étincelle.« J’ai écrit ces nouvelles pendant un an.Une nouvelle par mois.Lorsque le manuscrit a pris forme, lorsque toutes les histoires étaient composées, je suis allée voir sur le Minitel pour faire une pub.C’est en consultant le catalogue des prix littéraires pour les nouvelles que j’ai vu que les mises en candidature pour le prix Stendhal se terminaient le lendemain.Il me restait toutefois plusieurs mois de travail à faire pour corriger mes textes, ajuster la ponctuation, etc.Mais j’ai tout de même envoyé mon manuscrit comme ça sans grand espoir et en oubliant immédiatement le prix.Quelques mois plus tard, on m’appelait pour me dire que j’avais remporté le Prix Stendhal de la ville de Grenoble.Surprise totale.» Ce prix couronne une carrière d’écrivain en dents de scie.Nées à Saint-Henri, Claire Dé et sa soeur jumelle Anne Dandurand ont grandi dans le milieu anglophone de Notre-Dame-de-Grâce.Mais leurs parents (père traducteur et mère enseignante) ont toujours surveillé attentivement la qualité du français employé par les enfants.Claire et Anne ont suivi des cours au collège La Salle pendant onze ans.C’est ainsi qu’elles ont appris de la poésie française et québécoise bien avant les autres enfants de leur âge.En plus, leur père lisait des poèmes de Claudel pour les endormir .À l’adolescence, la route commune des deux soeurs a bifurqué.Bien qu’allant au même collège, les deux jumelles ont décidé de se démarquer.Crise d’identité aiguë qui a provoqué, un beau jour, le changement de nom de Claire Dandurand pour Claire Dé.« Dé, pour la minutie des couseuses et pour l’aspect ludique des dés à jouer.Je ne voulais pas me démarquer par rapport à ma soeur, mais m’affirmer contre les autres qui nous assimilaient trop.» Ce changement subit d’identité illustre bien l’humeur changeante de Claire Dé.Après sept ans de travail dans la production de costumes pour des pièces de théâtre, elle sent un malaise profond.Sa soeur lui propose alors d’écrire pour trouver un palliatif à son insatisfaction créatrice.Du jour au lendemain, elle laisse tout tomber pour devenir écrivain.Elle s’installe donc dans un petit appartement avec une machine à écrire et se « met » sur le Bien être Social.La première année, elle écrit six dramatiques pour la radio qu’elle veut proposer une par une pendant six semaines à un réalisa- teur.Elle n’a pas eu à aller jusqu'à la sixième semaine.Un réalisateur a choisi un de ses textes pour une émission littéraire.Ensuite, elle vit de contrats : des nouvelles, des pièces de théâtre pour enfant, des traductions, mais surtout des textes pour la radio.« Pour moi, la radio est le médium privilégié pour la voix.Ce qui s’approche le plus de la nudité de l’écriture.» Mais le caractère grouillant de Claire Dé la pousse toujours à écrire des nouvelles.« Je procède beaucoup par impulsions, par image.Une idée me vient et je compose une nouvelle ou une pièce de théâtre.La nouvelle, d’ailleurs, est plus difficile à parfaire qu’on le pense généralement.Ce n’est pas un genre mineur.Il ne faut pas qu’il y ait un mot de trop, un changement de ton non maîtrisé, un dérapage dans l’intrigue.Une nouvelle doit être précise, claire et nette.L’impression générale qui se dégage d’une nouvelle doit être immédiate.Par rapport au roman, qui est comme un repas élaboré se déroulant tranquillement, une nouvelle est un alcool fort.» Un alcool fort qui brûle lorsqu’on lit Le désir comme catastrophe naturelle.L’amour est au coeur de toutes les nouvelles du recueil.« L'amour est aussi une affection de la peau, explique Claire Dé en reprenant les paroles de Paul Morand.L’amour est un sujet vaste, incompréhensible qui m’attire irrésistiblement.Pour les femmes, l’amour, même et surtout après la libéralisation sexuelle, est au centre de leur vie.Pour les hommes, c’est un secteur de leurs activités.D’où le drame.Et aujourd’hui que les femmes sont libérées, elles sont plus exigeantes et ne se contentent plus d’un homme médiocre.C’est pour cela que je mets en scènes des êtres torturés par l’amour.Des être qui aiment à mort.« Et comme je veux parler du désir, pour- • suit-elle, je dois traiter de la sexualité.En France, les lecteurs semblent surpris qu’une femme ose nommer les choses par leur nom.Claire Dé Mais je n’ai pas écrit un livre érotique.Pour moi, la sexualité devrait être une sorte de religion, quelque chose de mystique.» Même si Claire Dé a plusieurs choses à dire, elle pèse ses mots et les emploie parcimonieusement.« Je peux passer une jour- née à trouver un mot.Pour moi, l'écriture est ardue, mais c’est un besoin naturel.Je ne peux pas passer deux jours sans écrire.Je ne vis pas si je n’écris pas.» Heureusement pour nous, lecteurs, Claire Dé vit — passionnément.Régine Deforges gagnera encore son pari FRANCE LAFUSTE RÉGINE DEFORGES n’aurait probablement jamais réveillé le passe de Anne de Kiev, princesse russe et reine de France de 1051 à 1075 si un de ses descen- dants, en l’occurence son mari, le prince Pierre Wiazemsky, caricaturiste de son état, n’avait pas laissé traîner des papiers de famille.Il faut dire que le destin de ce personnage sacrifié à la Couronne de France a de quoi émouvoir.Car, enfin, cette belle amazone aux longs cheveux roux flamboyants, fille du Grand Duc Laroslav, aussi belle que vertueuse, ne quitte-t-elle pas une cour sophistiquée qui a subi la profonde influence byzantine pour un tout petit pays gouverné par le roi Henri 1er plus amateur de jeunes pages que de vraies beautés.kl PHOTO JACQUES GRENIER Régine Deforges Régine Deforges, portée par sa passion pour la vieille Russie, veut écrire une biographie historique.Hélas, il n’y a pas de quoi faire plus de dix pages.Il lui reste le roman où l’imagination fera le reste.Auparavant, elle file en U nion Soviétique et découvre les cieux immenses de Novgorod, lieu de naissance de Anne.En même temps, elle renoue avec le Haut Moyen-Âge, « une vieille passion ».Car avant La Bicyclette Bleue, son célèbre Autant en emporte le vent de l’Occupation française, il y avait eu La Révolte des Nonnes tiré d’un fait réel, la fuite au 6e siècle de religieuses, quittant monastère et abbesse en quête de liberté.« J’aime le Moyen-Âge quand il est sauvage, brutal.Celui du changement, du commencement, pas celui des troubadours et des dames avec leur hennin.» Reste que dans Sous le ciel de Novgorod les instincts se mêlent aux aspirations divines et que tout y est délicieux mélange d’épique et de romanesque, de paillardise et de grandeur d’âme, de chevalerie et de brutalité.Mais ce ton ne surprend pas.Aussi rousse et solaire que Anne de Kiev, Régine Deforges, la Poitevine, est la séduction même, avec son visage mutin, son côté futé et son rire en cascade.On jurerait que cette femme a eu un parcours littéraire sans écueil.Erreur.Libraire en 1958, elle crée en plein chambardement soixante-huitard une maison d’édition, L’Or du Temps, et devient ainsi la première éditrice de livres érotiques de France.« Sans le savoir, dit-elle aujourd’hui.Je le faisais par jeu, et aussi pour voir si je savais en écrire.C’est un genre littéraire que j’aime bien.Et puis, j’ai un côté très rôdeur.Je voulais mettre des femmes en situation dans différents quartiers de Paris, ville érotique par excellence.» Mal lui en prit.Sitôt mis en vente, son premier bouquin Irène attribué au poète Aragon est saisi par une escouade de la Mondaine.Même traitement pour une centaine d’autres livres portant soit-disant outrage aux bonnes moeurs.« Ce fut scandaleux.Mais le scandale est venu du regard des autres.Si la presse n’avait pas tj-tré “La scandaleuse Régine”, si je n’avais pas été une femme, ça aurait fait beaucoup moins de bruit.» Le scénario se répétera en 1976 quand dans sa nouvelle maison d’édition elle publie des rééditions de romans des 18e et 19e siècles dont certains sont érotiques et d’autres des pamphlets.Qu’à cela ne tienne.Elle repartira en croisade pour la troisième fois, près de 10 ans plus tard.Entretemps, elle se laisse aller à la rage d’écrire : U n premier roman, Blanche et Marie en 76, suivi de plusieurs autres dont la désormais célèbre trilogie publiée chez Ramsay entre 82 et 85, La bicyclette Bleue, 101, Avenue Henri-Martinel Le Diable en rit encore-, plus de 6 millions d'**xemplaires, traduits en 21 langues.Elle croit à la fin des hostilités.Mais voilà que les héritiers de Margaret Mitchell, l’auteur de cette grande saga de la Guerre de sécession qu’est Autant en emporte le vent, lui cherchent noise.Jusqu’à la traduire en justice pour plagiat.« Je suis sûre de gagner le procès » dit la battante.J’ai déjà gagné la première manche aux États-Unis, sur leur territoire.» En attendant, elle a racheté les Éditions Ramsay menacées de liquidation.Les difficultés auraient pu altérer ce robuste appétit de vivre.Pas du tout.Elles ont nourri sa nature combative.Parce qu’au fond, elle « n’aime pas qu’on l’embête ».Et puis elle raconte : «  l’âge de 9 ans, j’ai vu des gens de chez moi, des Français, pousser devant eux des femmes tondues, les bousculer et les traiter de putains.Ce que j’ai vu m’a horrifiée et dégoûtée.El j’ai dit non, pas ça.Et puis, six ans plus tard, à l’institution religieuse de Montmorilion, il m’est arrivé quelque chose de grave.J’avais un carnet de notes secrètes.On me l’a volé et puis on m’a insultée et battue. partir de là, je me suis complètement rebellee contre l'injustice et la violence contre un être désarmé.J’ai toujours eu des réactions très viscérales face à ça.» Régine Deforges se refuse à profiter de l’écriture pour déballer ses états d’âme et ses expériences.S’il lui arrive de le faire, c’est de « façon plus hypocrite, plus détournée, plus chantournée » ajoute-t-elle comme si l’écriture romanesque était pussi un travail de dentellière qui aurait toujours l’histoire pour toile de fond.« Les livres d’histoire, c’est un de mes dadas.» Se désintéresserait-elle de l’époque contemporaine ?« Au contraire, ie la vis trop intensément et je n’arrive pas a prendre la distance nécessaire.» Mais la romancière n’a pas dit son dernier mot.Il lui faudrait un peu tricher comme elle dit.Passionnée de littérature enfantine (elle a déjà écrit Léa au Voir page D - 6 : Deforges A «Du grand Bourgault! Tel qu’on l’aime ou le déteste.» Pierre Gravel, La Presse «C’est par la grande porte de la littérature, et avec éclat, que Pierre Bourgault reprend le combat politique de sa vie, l’indépendance du Québec.» Daniel Brosseau, Le Journal de Montréal «Par son seul titre, le plus récent livre de Pierre Bourgault est une provocation.» Gilles Lesage, Le Devoir PIERRE BOURGAULT [oi,je m'en souviens EN VENTE PARTOUT - 280 pages - 15,95 $ Stankç les éditions internationales alain stanké Itée, 2127, rue guy, montréal h3h 2I9 (514)935-7452 2187 D-2 ¦ Le Devoir, samedi 10 juin 1989 Les femmes tiennent le haut du pavé L’HÉRITAGE D’EMMA HARTE Barbara Taylor Bradford traduit de l’américain par Micheline Lamarre Paris, Belfond, 1989, 342 pages ODILE TREMBLAY BARBARA TAYLOR BRADFORD est une marchande d’illusions.Elle compose des contes de fée modernes; de ceux qui font rêver les jeunes filles en mal de romance, de ceux qui impartissent, d’un coup de baguette magique, amour, argent et beauté à des héros choyés par les dieux.Après L'espace d'une vie, et Accroche-toi à ton rêve, elle vient sceller avec L’héritage d’Kmma Harte, le dernier volet de la grande saga des Harte.Hélas, tournant le dos à toute forme d’analyse psychologique quelque peu subtile, la romancière signe ici un ouvrage qui demeure confiné à l’intérieur des frontières étroites du genre « best seller ».Ce qui n’entame pas sa popularité d’un iota.Bien au contraire, puisque Barbara Taylor Bradford est aujourd’hui l’écrivain le plus vendu sur la planète.Ils sillonnent les cieux de Londres à Sidney, avant d’aller « magasiner » à Hong Kong.Ils sont riches, beaux, ambitieux et ils brassent des affaires d’or.Les héros de Barbara Taylor Bradford évoluent dans les sphères dorées du « jet set » et de la haute finance.Pour un peu, on croirait s’être fourvoyé dans un épisode de Dynastie, la célèbre télésérie américaine ou de Dallas.Mêmes jalousies féro- ces, mêmes intrigues de palais, même luxe outrancier et ostentatoire.Une différence, cependant : ici les femmes tiennent le haut du pavé.L’héritage d’Kmma Harte met en vedette Paula Harte.À 36 ans, celle-ci dirige d'une main de maître l’empire financier fondé par sa grand-mère Kmma, et coule des jours heureux auprès d’un mari aimant.Mais grisée par le succès, aveuglée par l’ambition, cette femme d’affaire habituellement avisée finit par commettre une imprudence professionnelle.Erreur qui pourrait lui être fatale : son cousin Jonathan, rongé par la jalousie, attend en coulisse la moindre gaffe de Paula pour lui succéder à la tête de l’entreprise familiale.Cet ouvrage se veut donc le récit du combat opposant les deux collatéraux.En contrepoint, il relate les amours des richissimes petits-enfants d’Emma Harte; tous flanqués de splendides conjoints avec qui ils partagent un bonheur sans mélange.Tant d’harmonie conjugale ne saurait pourtant les préserver des deuils et des épreuves qui viendront peu à peu assombrir le ciel serein du clan Harte.Un livre qui tourne les coins un peu carré, donc; L'héritage d’Kmma Harte relève plus du roman rose que de la haute littérature.Barbara Taylor Bradford y effleure ses intrigues sans les creuser, esquisse des portraits monolithiques, joue d’invraisemblance.Mais toujours, au fil des pages et à pleine brassée, elle demeure fidèle au but qu’elle s’est fixée : vendre du rêve.GUY FERLAND Les prix littéraires pleuvent au printemps ON A DÉVOILÉ cette semaine les noms des lauréats du 17e Concours d’oeuvres dramatiques radiophoniques de Radio-Canada.Dans la catégorie 60 minutes, Gérald Galar-neau, de Sainte-Julie, a remporté le premier prix de $ 2,500 pour L’été de -16et Michèle Péloquin, de Montréal, a reçu le second prix de $ 1,500 pour L'inachevé.Dans la catégorie 30 minutes, le premier prix est allé à Sylvain Fournel, de Montréal, pour SKRF06055806, tandis que le second Gérald Galarneau prix a été attribué à François et Richard Dupuy, de Saint-Lambert, pour Les associés.En plus des bourses, les lauréats recevront le cachet prévu à la convention des auteurs pour la diffusion de leur texte au réseau FM de Radio-Canada au cours de la prochaine saison.Le jury était présidé par Gilbert Forest et était compose de Lise Roy, Gérard Binet, Jacques-Henri Gagnon, Jean-Pierre Saulnier et Paul Lefebvre.tannique, Thora Howell, recevra le prix Roy-Britnell attribué au libraire de l’année, tandis que le prix Ruth-Sehwartz du livre pour enfants ira aux co-auteurs Janet Lunn et Kim LaFave, toutes deux Ontariennes, pour leur ouvrage Amos's Sweater.Les prix de l’industrie de l’édition seront officiellement décernés le 26 juin, à Vancouver.Michèle Péloquin PIERRE GOBEIL a remporté le prix de la Bibliothèque centrale de prêt 1988 pour son roman L'Été dans une cabane à bateau, publié chez Québec/Amérique.Ce prix est remis pour une 10e année à un auteur du Saguenay - Lac-Saint-Jean ou à un roman s’y déroulant et est accompagné d’une bourse de $ 500 ainsi que d’une promotion accrue dans la région.Signalons que Pierre Gobeil publiera à l’automne un deuxième roman aux éditions Triptyque, intitulé La Mort de Marion Brando.LE PRIX littéraire de Trois-Rivières 1989 a été décerné à Jocelyne Felx pour Les Paysages du désert (Le Noroît et La Table rase) et à Gaétan Brulotte pour Ce qui nous tient (Leméac).Une bourse de $ 2,000 ainsi qu'une sérigraphie originale leur ont été remises.UN CERTIFICAT de mérite de l’Association d’études canadiennes a été remis à l’équipe de recherche du Dictionnaire biographique du Canada de l’Université Laval et au directeur, le professeur Jean llamelin, pour souligner le travail accompli par le DBC depuis 1959.Un certificat semblable a été attribué à Frances Ilalpenny et à l’équipe du Dictionary of Canadian Biography de l’Université de Toronto.J usqu’à maintenant, 11 volumes ont été publiés du célèbre dictionnaire qui couvre une période s’étendant de l’an 1000 jusqu’en 1890.Un 12e volume paraîtra l’an prochain afin de clore le 19e siècle.Jocelyne Felx GASTON I) ESC H EN ES a reçu un certificat de mérite en histoire régionale de la Société historique du Canada pour son ouvrage intitulé L'Année des Anglais, publié aux éditions du Septentrion.Ce livre raconte la vie des habitants de la région qui s’étend entre Lauzon et Rivière-du-Loup pendant la guerre de la Conquête.Ça bouge dans l’Ouest L’ASSOCIATION des auteurs de l’Ontario (AAO) a tenu son premier congrès à Ottawa les 26 et 27 mai.U ne centaine de personnes y ont assisté.Le nouveau conseil d’administration est composé de Jacques Flamand à la présidence, Paul-François Sylvestre à la vice-présidence, Colette Buvat au secrétariat, Michel Blanc à la trésorerie et des conseillers et conseillères : Jacqueline Beaugé-Rosier, Ilédi Bouraroui, Bruno Munier, Ghislaine Pilon, Pascal Sabourin et Gilles-Éric Séralini.L’AAO compte 125 membres et reçoit des subventions publiques et privées d’un peu plus de $ 10,000.On a profité du congrès pour lancer le livre Écriture franco-ontarienne, publié aux éditions du Vermillon.Le recueil de 442 pages comprend des textes inédits ou publiés de 32 écrivains franco-ontariens.Il est illustré d’oeuvres de neuf artistes visuels franco-ontariens.Une nouvelle collection aux Archives nationales L’UNIVERSITÉ Laval a fait don de la collection Chênevert aux Archives nationales du Québec.Cette collection est évaluée par le Conseil national d’évaluation des archives comme une des plus riches collections architecturales au Canada.Cet ensemble documentaire est composé d’environ 50,000 plans et de 50 mètres de dossiers se rapportant à divers projets architecturaux réalisés majoritairement dans la région de Québec, entre 1910 et 1950.L’ASSOCIATION des libraires canadiens a nommé Margaret Atwood auteur de l’année, pour son roman Cat’s Kye.Le choix de l’association pour le prix de l'éditeur de l'année s’est porté sur Kids Can Press, une maison d’édition de livres pour enfants installée à Toronto.Une libraire de Nanaimo, en Colombie-Bri- /A\ D, LIBRAIRE: Désirons acheter livres «encore utiles» Tél.: 845-5698 LA GRANDE LIBRAIRIE À CONNAITRE t / _ Le Krokodil WASHINGTON (AP) - Grands amateurs d’humour noir, genre qu’ils affectionnent pour décrire les travers de leur société, les Soviétiques se régalent à la lecture de l’hebdomadaire satirique Krokodil dont, glasnost oblige, une version en langue anglaise vient d’être lancée pour le plus grand plaisir des Occidentaux.Principal instigateur de cette percée vers l’Ouest, le rédacteur en chef de Krokodil, Alexeï Pianov, souhaite que cette initiative contribue à « détruire le mythe dépeignant les Soviétiques comme des individus sombres, réservés et austères».Actuellement tiré à 5.3 millions Avec Carnaval, Alain Poissant poursuit sa vaste fresque du monde rural québécois.Mais la campagne que décrit Poissant n’a rien de pittoresque ni de folklorique.Dans cette campagne, on ne parle pas.Les mots ne viennent pas.On endure.On endure le détail i des jours, les | gestes répétés, m le froid et 134 pages, 14.95 $ [65 (ÉDITIONS DU ROSŒU 7870 Fleuricourt, St-Léonard, Qué.H1R 2L3 russe mordra en anglais d'exemplaires, Krokodil est une des publications les plus lues en U RSS.Le public américain découvrira prochainement ce qui fait tant rire les Soviétiques puisque 185 bandes dessinées tirées du magazine satirique seront commercialisées sous le titre évocateur d'Humour soviétique.Chaque numéro de Krokodil est consacré à un aspect social particulier: le mariage, le fossé des générations ou encore les questions d’environnement.Rien de très original, diront certains.La lecture des épisodes décrivant les problèmes endémiques que sont l’alcoolisme, la prostitution, les pénuries chroniques et la léthargie des bureaucrates pourrait les faire changer d’avis.Ces sujets, Krokodil les abordait bien avant d’être admis au sein de la presse dite « officielle », à un moment où sa seule existence était perçue comme une menace par la classe politique.Nombre de ses livraisons rappel- lent en effet ce qu’était la terreur durant l’ère de Staline.Une visite nocturne d’agents très spéciaux avait alors de fortes chances de se transformer en un billet aller pour la Sibérie.La peur de la répression, le dilettantisme au travail et la mauvaise qualité des produits de consommation courante sont des thèmes récurrents dans Krokodil.Dans un épisode, le chef d’un restaurant portant un plat à une serveuse demande à cette dernière de le « refiler à quelqu’un » parce qu’il ne tient pas à le goûter.Autre exemple du ton incisif de Krokodil: une histoire qui décrit le directeur d’un restaurant (un des lieux qu’aime à évoquer le journal) quittant son établissement chargé de toutes sortes de victuailles.Plus tard, le chef appelle la serveuse et lui lance: « Klava, le grand chef est parti pour la journée.Tu peux rayer la viande et le poisson du menu».mm Oourla fête -Les librairies- Flammarion Scorpion 4380 St-Denis 284-3688 Galeries d'Anjou 351-8763 Carrefour Angrignon 365-4432 Galeries de Terrebonne 492-5688 Centre Laval 688-5422 Mail Champlain 465-2242 Place Montréal Trust (Niveau I) 499-9675 - _ ~ ~ J— ~ — - - nr* ~ Lïdb MM '» " — « — - " - " • ï, s L." - — Fiction et biographies 1 Une prière pour Owen John Irving Seuil (2) 2 Juliette Pomerleau Yves Beauchemin Québec/ Amérique d)’ 3 Le Médianoche amoureux Michel Tournier Gallimard (7) 4 L'Héritage d’Emma Harte Barbara Taylor-Bradford Belfond (4) 5 L’ange de la solitude Marie-Claire Blais VLB éditeur (-) 6 La Nuit des Perséldes Jean-Alain Tremblay Quinze O) 7 2061 Odyssée III A.C.Clarke Albin-Michel (8) 8 Le Zèbre Alexandre Jardin Gallimard (3) 9 Esclaves de New York Tama Janowitz Gallimard (10) 10 C'est mol qui souligne Nina Berberova Actes Sud (-) Ouvrages généraux 1 Mol, je m’en souviens Pierre Bourgault Stanké (1) 2 Douces colères Gil Courtemanche VLB (2) 3 Père manquant, fils manqué Guy Corneau Éditions de l’Homme (3) 4 Jésus de Montréal Denys Arcand Boréal (-) 5 Le Mal de l'âme D.Bombardier et C.Saint-Laurent Robert Laffont (5) Compilation faite à partir des données fournies par les libraires suivants : Montréal : Renaud-Bray, Hermès, Le Parchemin, Champigny, Flammarion, Raf-fin, Demarc; Québec : Pantoute, Garneau, Laliberté; Chicoutimi : Les Bouquinistes; Trois-Rivières: Clément Morin; Ottawa: Trillium; Sherbrooke: Les Bi-blairies G.-G.Caza; Joliette : Villeneuve; Drummondvllle : Librairie française.* Ce chiffre Indique la position de l'ouvrage la semaine précédente Sur Alex : Delir Le roman interactif, grâce à la télématique, nous place au coeur de l’oeuvre en construction.Les choix qui paraissent ici chaque samedi portent la trace de toutes les propositions, dont chacune ouvre une voie au roman.Le roman s’allonge, mais l’espace demeure le même.Les premières interventions sont donc reléguées aux oubliettes.au bas de la fenêtre s’était garée une remorque remplie de matelas.Notre ami n’eut donc aucun mal et pu filer à l’anglaise.Mais ses problèmes étaient loin d’être terminés lOù allait-il aller.Chez Rowena, la soeur de la Salamandre.Je revois l’éclat céleste de ses yeux.Elle a toujours accueilli les membres du groupe .avec fanatisme.Malheureusement, le Doc a effacé tout souvenir de sa mémoire de Rowena lors de la dernière visite.Le reconnaîtra-t-elle ?Il marchait depuis deux heures.L’aube se levait dans les rues calmes de Saint-Germain .Il n’avait pas été suivi.La Salamandre devait l’attendre chez sa soeur.Quelle rencontre .matinale ! Un homme vêtu d ’un survêtement bleu courait devant lui, dans ses cheveux noirs un bandeau blanc avec le sigle du groupe.Arrivé à sa hauteur, il dit en russe: « Les chevaliers sont en lice ».SPIRCX1 Il avait reconnu La Devine à sa voix de baryton, unique.Les cheveux teints, il était en grande forme.Le Doc s'enfonça aussitôt dans le bois du Prince.Il attendrait au relais de chasse.TANIA La Devine allait donc prévenir La Salamandre de ma présence au relais.Cette odeur de terre mouillée.cette brume au ras des champs -.nous avons tant de chasses en commun .et ses chiens qui aboient.TRÈFLE Ce texte devient la propriété exclusive de Delir.C'est la Télématique d’affaires qui assure le bon déroulement de Délir.éditeur de poésie c.p.335 TROIS-RIVIÈRES g9a 5g4 POUR VOUS PARTIR EN VACANCES ¦ BUIN, YVES Fou-l’Art-Noir 10,00 $ co-édition Le Castor Astral H LE GOUIC, GÉRARD Fermé pour cause de poésie 10,00 $ ¦ TREMBLAY, YVAN L’espace heureux 5,00 $ Prix Octave-Crèmazie — 1989 Salon International du Livre de Québec ¦ POZ1ER, BERNARD Choisir la poésie en France 12,00$ (sous la direction de) ¦ JOUBERT LUCIE Des Forges # 27 5,00 $ (sous la direction de) Lauréat(e)s du Prix A Iphonse Piché Distribution en librairies: Prologue (514) 332-5860 Autres: Diffusion Collective Radisson (819) 379-9813 Le Devoir, samedi 10 juin 1989 • leplaisirdes ivres La recherche du Graal littéraire PAPIER MÂCHÉ Christian Mistral Montréal, 1989 PAJE éditeur, 157 pages Jean-Roch .1 BOI7IN v JS* A québécoises « Etre artiste c’est le meilleur truc que j’ai trouvé pour ne rien foutre, c’est une façon de se jouer du monde et de glisser sur les surfaces où les autres se prennent les pieds.O.K.Je suis un artiste, mettons.Est-ce qu’il faut quand même payer des impôts ?» Ce qui semblait morgue, arrogance, cynisme facile de jeune auteur et confinait à la pose s’avère chez l’écrivain Christian Mistral une exigente quête du Graal littéraire.Mistral ne se soumet à rien, qu’au mot absolument et ne cille pas devant la gloire que lui a apporté Vamp, son épais premier roman.Nos écrivains contemporains apprécient la gloire avec le même détachement — je le sais maintenant, après huit ans de chroniquage littéraire — que j’avais à l’université pour les nourritures terrestres.Ils y croient mais ils ne sont pas cons.Ils séparent les torchons et les serviettes et ne s’enfargent pas dans les accessoires : la presse, entre autres.Le speech de Madame Sauvé : de belles phrases sur la relève.Le Prix du Gouverneur-général décerné pour l'ensemble de la production littéraire de l’année.L’académicien Folch-Ribas a été récompensé, entre tous les romanciers de l’année, pour Le silence ou le parfait bonheur.Des châteaux en Espagne dans un roman publié au Seuil, avec comme héros une principesa, un grand pianiste.Délicieux émois d’une écriture patricienne.Pas de chiqué, du chic.La vibration inflammatoire du Catalan mâtiné de québécois.Quel destin ! Cela valait une médaille ! Mistral était en lice et j’ai vu son feutre parmi les derniers arrivés.Plus cool que moi, ça c’est sûr ! Vamp, son premier roman publié chez Québec/Amérique il y a à peine un an, avait toutes les impudences qu’on attend des jeunes et quelques prétentions d’un autre ordre, et fort bien soutenues.Il s’y mettait lui-même en scène dans cette errance contemporaine très beatnik, très démodée dans son propos et dans ses attitudes à la Miller et â la Kerouac, patrons obligés (je le dis sans une ombre de dérision parce que c'est gros comme le nez dans le visage) de notre jeune littérature.Beaucoup de nos premiers romans sont d’auteurs dans la jeune quarantaine, alors que lui.qui se comporte dans la vif comme une réincarnation de Sartre ! Il y avait dans Vamp une volonté de tout mettre qui aurait pu sentir le cabotinage.Papier mâché, une collection de * fragments » des textes trop courts pour se mériter un titre ou même un numéro d’ordre (moins encore, pour une page 157 vierge, une table des matières ! ) place le jeune écrivain au-dessus de tout soupçon.Il y use de tous les procédés que vous apprend la culture littéraire et se fait oulipien comme un surréaliste attardé.L’air de faire ses gammes, il s’en moque comme il se doit.Cela est assez remarquable.Dans ses textes très courts, l’écrivain se révèle comme artiste : le mot, la phrase, l’articulation particulière du discours, écrit ou parlé, les jeux de la ponctuation, le romancier se fait poète.Le romancier, capable de poésie, franchit avec élégance l’abîme qui le sépare du poète.Le propos, car il est éloquent sous Handicap La revue des revues DE L'ENVERS DU CORPS Susy Turcotte Montréal, l’Hexagone, 1989 • BENOIT PELLETIER SUSY TURCOTTE n’a plus l’usage de ses jambes.Il faut bien le mentionner puisque cela occupe, non pas tout, mais une bonne part du recueil; une bonne part de son champ d’expérience de l’existence.De nombreuses images en témoignent et certaines sont douloureuses.Elles s’articulent autour des fantasmes de la danse et de la verticalité; autour d’os brisés, de moelle qui s’échappe, de souliers abandonnés et de chaise qu’on habite et dont les roues sont une torture.En même temps qu’une aspiration à l’acceptation sereine de la fatalité, le texte exprime une révolte, d’autant plus violente qu’elle est désespérée.L’amour a échappé aux ravages de l’accident.Bien que charnel, son essence le préserve des contingences physiques.Au cours du recueil, la relation amoureuse s’améliore.Après s’être joués l’un de l’autre, la femme et l’homme coïncident enfin, presque parfaitement.L’amour est guérisseur : « Aucune trace de scalpel/ s’il me touche/ la plaie enfin se referme.» La plaie du corps ?du coeur ?Ici réside le défi du lecteur; ne pas se laisser obnubiler par l’élément biographique que l’on sait afin que les poèmes gardent toutes leurs possibilités de signification.Le livre est constitué de deux parties : la première et la plus longue est faite d’une suite de courts poèmes tandis que la deuxième comporte une suite de poèmes en prose.Les deux parties, au-delà de la forme, développent les mêmes thèmes.Les poèmes en prose sont plus déliés, directs.Les poèmes en vers sont plus serrés et parfois même recroquevillés : « Ce voile qui n’arrive plus/ à soustraire l’opacité des regards.» Un voile ayant tendance à rendre opaque, on comprend mal qu’il ait pu soustraire l’opacité.Malgré les quelques maladresses, la première partie reste quand même la plus forte, la plus intense.S’agit-il d’une femme paralysée qui écrit ou d’un écrivain diminué physiquement ?Aucune hésitation possible : Susy Turcotte est un écrivain.Le second recueil devrait l’établir clairement en reléguant à l’arrière-plan son handicap physique.YVES JUBINVILLE JEAN MARCEL des dieux 16.95$ ¦¦Ce roman superbe, magnifiquement écrit s affirme comme une inconstesfable réussite Guy Cloutier, ' LE SOLEIL POSSIBLES « Il y a un futur » vol.13, n° 1/2, hiver 1989 CE NUMÉRO arrive à point nommé.On en était venu à oublier que l’an 2000, c’est dans.11 ans.Une précision, cependant : il ne s’agit pas dans ce dernier numéro de Possibles de jouer les cartomanciens et d’imaginer le futur.Nos sociologues sont déjà trop occupés avec le présent.C’est plutôt l’heure des bilans, des constatations savantes sur l’état du monde actuel, perçu dans sa complexité, ses contradictions aussi.Très pertinent à cet égard, l’article de Diane Pacom (« La querelle des modernes et des postmodernes ») qui démontre, à l’appui de Scarpetta, qu’à l’endroit du futur, la conscience postmoderne n’a plus cette foi indéfectible qui habitait la modernité.« À la lumière du passé récent, écrit-elle, le futur ne peut avoir un sens positif certain» (p.66).Les poètes d’ici sur disque compact Le lancement du premier disque digital compact au laser composé de textes de poètes québécois comme Gaston Miron, Émile Nelligan, Éloi de Grandmont, Emmanuel II da Silva, Alain Grandbois, Sylvain Gar-neau, Gilles Vigneault, Alfred Desrochers, Gérald Godin, Michèle La-londe, Anne Hébert, Gilbert Lan-gevin et Gatien Lapointe.Tous les textes ont été interprétés par le comédien Jean-Marie da Silva.Chaque poème a son rythme propre, ses nuances, ses couleurs, ses silences, son émotion, son caractère et son identité.Jean-Marie da Silva a su, avec sobriété, laisser au poème son espace,, le rendant ainsi accessible et présent.Les musiques originales d’un musicien de talent, Philippe Noiraut, viennent, comme autant de paysages poétiques, souligner la plupart des textes.Le public intéressé à la poésie est invite sans formalité à assister au lancement de ce premier compact de la poésie le mardi 13 juin à la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal à 17 h.LA BONNE LITTÉRATURE CHEZ VLB Marie-Claire Blais L’ANGE DE LA SOLITUDE Le nouveau roman attendu de Marie-Claire Blais.De jeunes femmes artistes, réunies en commune, se débattent au milieu de contradictions de toute sorte.Un grand moment de littérature! 136 pages — 12,95 $ é cl i t e ii r Lise Daoust LES TALONS CUBAINS Voici le roman du début des années soixante et de la Révolution tranquille.Stella, vingt ans et dactylo, fait le difficile apprentissage de l’amour, entre ses rêves de jeune fille et ses lectures féministes.360 pages — 18,95 $ ¦ Ut L>éch.pP** " Denise Hébert et Pauline Julien NÉPAL: L’ÉCHAPPÉE BELLE Deux récits d’un même voyage, né d’un même rêve, celui de découvrir l’Asie, cette face cachée du monde, pour nous, Occidentaux.Deux femmes, l’une est peintre, l’autre est une chanteuse renommée, nous invitent au voyage.152 pages (avec photos) — 14,95 $ Guy Rocher ENTRE LES RÊVES ET L’HISTOIRE Entretiens avec Georges Khal Guy Rocher nous fait traverser, dans ces entretiens empreints d’une grande sagesse et d’une grande sérénité, trente ans d'histoire, tout en nous entretenant des rapports étroits entre les rêves et l’histoire.232 pages — 16,95 $ .IL Ljy A J.la petite maison vlb edloeur DE LA grande littérature ***** m Ht,*, —Pm MOEBIUS « La solitude » n° 39, hiver 1989 LA DERNIÈRE livraison de Moebius est consacrée à la « solitude ».Sujet large, inépuisable, qu’exploite chacun des collaborateurs à sa façon.La solitude traverse aussi l’entrevue qu’a accordée l’écrivain et critique de La Presse,, Jean Basile, à Raymond Martin.Basile y raconte les années d’ivresse qu’il a passées à la revue Mainmise, le porte-étendard de la contre-culture dans les années 70.Appelé à dresser le bilan de cette période tumultueuse, il répond : « Tout mouvement radical porte en lui sa propre défaite à l’instant qu’il devient public et je le devinai très bien dès le début.N’empêche que je vécus mon retrait comme un échec personnel.Quand le moment vint de me couper les cheveux, cela fut très rude et très triste.N’avais-je pas crié que je ne les couperais jamais ?» PHOTO CHANTAL KEYSER Christian Mistral ses airs faussement négligés, confronte toujours l'apparente banalité.Ce qui paraissait pose désarmante honnêteté.Pardon ! Plume bien armée.Plus baudelairien que rimbal-dien.Cela donne des poèmes et des proses travaillées, comme on dit des choses qui paraissent faites sans ef- FRANC NORD vol.6, n° 1.hiver 1989 DANS SON NUMÉRO d’hiver 89, la revue « pour la conservation et l’environnement» consacre, entre autres, un article fort intéressant aux conséquences du traité de libre-échange canado-américain sur l’environnement.Désastreuses, peut-on lire en substance.L’environnement, bien qu’il ait été un des sujets brûlants de la campagne électorale de l’automne 88, n’a jamais été considéré sous l’angle du libre-échange.Et pour cause, dit l’auteur Serge Beaucher.D’inclure les considérations environnementales dans le traité sur les échanges commerciaux aurait, certes, eu pour effet son annulation pure et simple.Car on sait qu’à ce chapitre, Américains et Canadiens ne voient pas les choses du même oeil.À preuve, la récente visite de Brian Mulroney à Washington qui confirmait, encore une fois, l’échec d’une entente sur les pluies acides.TRAMES vol.2, n° 1 printemps 1989 LE DEUXIÈME NUMÉRO de la « revue de l’aménagement » s’intitule « Paysages en devenir — le mont Royal».Dans leur éditorial, les responsables de Trames rappellent qu'une consultation publique est en cours à l’échelle municipale et qu’elle devrait aboutir avec la publication d’un rapport sur le sort réservé au mont Royal.À cette occasion, la revue publie ce dossier en prenant soin de le situer dans une perspective qui, à tout prendre, ne sera pas celle adoptée par les fonc- fort, quand on sait que cette dégaine est un artifice de l'art.Un avatar du style, toujours plus grand que l’homme.L’ombre de Kérouac rode et Miller est évoqué dans les accents pagnolesques d'une mauvaise traduction.Mistral est un provocateur, c'est connu.Sont convoqués secrètement les ancêtres surréalistes et Rabelais, et Vian et Bukowski et l)u-charme et Yves Thériault dans le dernier texte, une nouvelle de plein droit où l’auteur nous invente des mots.Voilà donc une nouvelle maison d'édition qui veut être celle des jeunes.Une idée casse-cou, qui comme telle est louangeable.Les textes de Mistral s’avèrent un digne baptême pour la maison et révèlent l’écrivain dans sa pleine dimension puisqu'il y prend le risque d'être poète, conteur, moraliste (ce qui lui permet d’être religieusement amoral), donc philo sophe à l'occasion, pour le plaisir de mettre les mots en place sans les enrégimenter.L'homme n’a pas de cause, qu’un destin à baliser de ses mots qu’il pique dans les dictionnaires où qu’il invente avec un instinct que nul Office, nulle académie ne saurait légitimer.Comme on s'en fout ! L'artiste s’excuserait de l'être ! Ne nous y trompons pas, il n’a de ducharmien que son goût de rebaptiser les mots et continue de se faire le sujet central de son inspiration.Il ramène même des personnages de son premier roman, à l'occasion, par pure commodité.Une tionnaires montréalais.Ainsi, la dimension mythique ou fantasmatique de la montagne est abordée dans l’article d’introduction du chercheur Jacques Fol.Il écrit : « Il (le parc) est alors un dedans qui est aussi un dehors : on ménage un espace spé cifique distinct de l'espace général où l’on serait à l’abri de la ville, soit, le plus souvent, proche de la nature, que la ville est censée exclure.» Selon l’auteur, le parc du mont Royal est, entre autres, le lieu d’une mémoire; mémoire de l’ailleurs idéalisé.CINÉBULLES avril-mai 1989 vol.8, n° 3 CINÉBULLES : une revue québécoise de cinéma qui porte une attention particulière à ce qui se fait ici, au Québec, et spécifiquement dans les marges, les milieux parallèles.Dans ce numéro, des articles sur le Festival international du nouveau cinéma et de la vidéo, un dossier sur le cinéma et la photographie et un entretien avec Jacques Leduc, auteur de Trois pommes à côté du sommeil.Esprit débridé, à l’outrage facile à propos de tout et de rien, Leduc livre ses réflexions sur le cinéma, les livres, la culture et cet homo québé-censis du baby boom, au centre de sa dernière oeuvre de fiction.Leduc est nostalgique et réaliste à la fois : « Je suis un lecteur, dit-il, et lire, c’est faire la gymnastique de l’écriture.On ne lit pas assez, il n’y a pas assez de monde qui écoute du jazz, qui vont aux expositions, qui connaissent la peinture de Poussin.Mais j’ai eu le vertige au salon du livre, j’étais physiquement étourdi.Des montagnes de livres.oeuvre se dessine, neuve dans de vieux atom's, quelquefois même dans • de vieux agrès littéraires quand il fait des poèmes et qu'on se dit qu'il pourra les reprendre et les peaufiner, car la poésie a plus longue vie que le roman quand elle nous met dans la bouche les mots pour dire l'air du temps.Je dis que Christian Mistral est un blender littéraire.Plate image.We me rappelle un premier sujet de dis-sertation en propédeutlque sur « cette littérature » qui ne pouvait pas nourrir son homme (la notion de nourriture ne fut pas mise en question dans ce petit groupe de travaux pratiques dont je faisais partie avec Yves Corbeil et Nicole Brossard : nous avions faim de connaissance, nous étions en Lettres pour ça).Je me souviens vaguement mais surtout de ma faim, que l'on commençait à « cultiver ».et j’étais prêt aux ultimes contorsions d’une identité prête à s'auto détruire ou à se travestir.Dans ces « fragments » de Mistral, j'y retrouve ce que j'aimais dans Vamp : le jeu sérieux du vrai joueur, çelui qui double la mise.C’est très excitant.D'autant plus excitant que cette publication signale l’arrivée d’une maison d’édition de jeunes (c'est moi qui souligne), dans un paysage empêtré de minauderies très françaises et de claques dans le dos très efficaces.Comme disait Kennedy de Washington : « le charme du Nord et l'efficacité du Sud ».Il y a quelque chose de vivifiant dans le désabusement « ébloui » de Christian Mistral, un air de santé qu’il n’affiche pas.Poursuivons la plate métaphore : la jeune génération semble bien nourrie, ces textes le prouvent.Longue vie à P AJ E éditeur, à la revue STOP et à l’écrivain Christian Mistral.Ces jeunes se manifestent avec panache sur notre place littéraire où débarquent avec une insolente candeur les plus quelconques écrivains français.Et les Américains qu'ils traduisent pour nous.Le dumping n’est pas une métaphore.Quand à * cette littérature » et à ses qualités nourrissantes, je m’en nourris bien, merci, et Christian Mistral a été nourri dans les bons petits pots.librairie HERMES 362 ^ 1120, av.laurier ouest outremont, montréal tél.: 274-3669 GUÉRIN LITTÉRATURE et Les presses Laurentiennes FÉLICITENT CHALEUREUSEMENT MICHEL GARNEACI récipiendaire du prix Victor-Morin 1989 ALPHONSE PICHÉ et récipiendaire du prix Duvemay 1989 de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal POESIES COMPLÈTES m5 l‘)H7 770 pages 30,00$ l.l I lt|\ I II II l( \M Kl /t M.I IHHiMMI 80 pages 8,95$ Une somme de poésie unique et incomparable dans l’histoire de la littérature au Québec.Co-édition avec L’Âge d’homme de Lausanne (Jne poésie ouverte sur le monde, üne poésie de visionnaire qui cherche à savoir et qui dit tout ce qu’il faut dire et même ce qu’il ne faut pas.Distribution exclusive: Québec Livres 9 D-4 ¦ Le Devoir, samedi 10 juin 1989 • le plaisir des ivres ÉDUCATION Les Français s’améliorent.Et nous ?JEAN-PIERRE PROULX AU MOM ENT où le doute s’est emparé des Québécois sur la qualité de leur système d’éducation, les Français viennent de se faire dire, par deux de leurs sociologues, que, chez eux, « le niveau monte » i-> x; 9 • le plaisir des mes Pour réservations publicitaires communiquez avec Jacqueline Avril au (514)842-9645 ou sans frais au 1-800-366-03(15 Pierre Trudeau les oppositions au sein même de la bourgeoisie, concernant le mode d’organisation des rapports de pou voir à travers l’État» (p.71).Avec Pierre Mackay et François Houle, on retrouve des problématiques moins complexes.Le premier, qui traite de la charte constitutionnelle des droits et libertés de 1982, estime qu’elle consacre au plan constitutionnel l’intégration du Canada dans l’orbite américaine.Le second montre que, de Pearson à Mulroney, il y a eu centralisation constante du pouvoir au sein de l’exécutif libéral, dans le but, entre autres, d’assurer un meilleur contrôle du politique sur la bureaucratie.Les auteurs dont les textes sont regroupés dans le bloc des questions économiques et dans celui des questions culturelles et sociales oscillent, eux aussi, entre les interprétations simples et assurées et les interprétations plus complexes ou plus incertaines.Par exemple, Michel Pelletier dit de la dynamique étatique dans le champ social qu’elle a produit des transformations substantielles dans une certaine continuité, ce qui est aussi la conclusion de Caroline Andrew à propos de la politique urbaine.Par contre, Carolle Simard, qui écrit sur les femmes dans l’État, de même que Jean-Guy Lacroix et Benoît Lévesque, qui traitent de la culture, arrivent à des conclusions plus interrogatives ou plus désabusées.On retrouve ici et là, à travers les textes réunis dans le volume, des fragments d’une critique radicale de l’État, que les auteurs et d’autres avec eux proclamaient avec plus d’assurance dans les années 1970 et encore au début des années 1980.Cette belle assurance n’existe plus.Elle a été remplacée par des interprétations plus prudentes et souvent moins originales.On ne sait pas trop si l’on doit s’en réjouir ou s’en attrister.On sait de façon plus certaine que les sciences sociales au Québec, au Canada et ailleurs sont en manque d’une ou de quelques théories pertinentes, qui permettraient de capter l’attention et d’aider à comprendre les évolutions nouvelles et ce qu’elles nient des préjugés anciens.La Révolution en livres de poche MICHEL GRENON HISTOIRE DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE Albert Soboul Gallimard, collection Tel Albert Soboul est mort en 1982.Son « précis », très prestigieux de son vivant, est toujours réédité et encore lu.Impressionnant par son aplomb, par l’apparente simplicité de l’interprétation ainsi que par l’immensité de l’érudition, ce livre demeure l’expression la plus claire de la vision jacobine-marxiste de l’histoire de France.La Révolution d’Albert Soboul est d’essence bourgeoise et capitaliste, fruit des contradictions des forces productives montantes et des rapports de produc-tion toujours dominés par la « féodalité ».RÉVOLUTION FRANÇAISE François Furet et Denis Richet Hachette, collection Pluriel Cette autre vaste synthèse, dont la première édition remonte à 1965, est, à bien des poinLs de vue, l’anti-Soboul.Furet et Richet abordent la Révolution française dans une perspective bien différente de celle de Soboul.Sans pour autant contester le postulat de la spécificité « bourgeoise » de la Révolution — mais ils en dilueront le contenu au fil des années et des éditions — Furet et Richet construisent un tout autre scénario.La Révolution française n’est plus un mouvement dont la mécanique serait inexorablement fixée par les exigences de l’économie : au contraire, la Terreur et son cortège représentent un « dérapage » par rapport à 89.La Révolution n’est plus déterminée, par ailleurs, par le déroulement de la lutte des classes : au contraire, des affrontements comme celui des Girondins et des Montagnards ne s’expliquent précisément pas, soutiennent-ils, par cette voie.LA RÉVOLUTION EN QUESTION Jacques Solé,Seuil collection Points : Histoire Bonne et récente mise au point par un disciple de l’« École des Annales ».Ce livre fait le point sur douze questions qu’il juge à propos de poser à la Révolution française.Sans esbroufe ni morgue, il examine non seulement les postulats économiques et sociaux, mais aussi les postulats idéologiques que les non-spécialistes associent volontiers à la France de cette période : l’influence des idées (la fameuse « philosophie des Lumières ») dans les dernières années de la monarchie, l’importance du courant réformiste à l’intérieur même de l’État, etc.À la question précise, « La Révolution sociale de 1789 fut-elle une opération bourgeoise ?» il répond, en substance, qu’il ne faut pas poser la question comme ça.LA FÊTE RÉVOLUTIONNAIRE 1789-1799 Mona Ozouf Folio, histoire Associée depuis longtemps à l’« École des Annales », cette historienne a défriché à peu près seule un champ qui n’était marginal qu’en apparence; elle a acquis, au fil des ans, un véritable fan club.Ce livre date un peu par rapport à ses intérêts actuels mais il est à la fois un jeune classique et une belle réussite littéraire.La « fête révolutionnaire » en question, c’est tout à la fois la volonté pédagogique des élites révolutionnaires et la fiesta utopique des petites gens des villes et des campagnes, les grandioses commémorations, savamment orchestrées (celle du 14 juillet nous est restée) et les plantations « sauvages » d’arbres de la liberté.C’est dire que toute la Révolution s’y trouve.LA RÉVOLUTION CONTRE L’ÉGLISE: de la Raison à l’Être suprême Michel Vovelle Éditions Complexe, collection La mémoire des siècles Successeur d’Albert Soboul à la Sorbonne et communiste lui aussi, Michel Vovelle possède en même temps de solides relations dans le circuit des Annales, où il est surtout connu et apprécié comme historien des mentalités (en particulier grâce à ses analyses des attitudes collectives devant la mort).Mais on peut dire que ces travaux ne sont qu’un prolongement de son intérêt pour la Révolution française.Vovelle s’attaque ici à un problème qui a été considérablement renouvelé, sinon chambardé, par la recherche contemporaine.BLANCS ET BLEUS DANS LA VENDÉE DÉCHIRÉE Jean-Clément Martin Gallimard collection Découvertes Autre question complètement renouvelée depuis quelques années, celle de la célèbre guerre de Vendée, qui ravagea l’Ouest de la France et fit des coupes sombres parmi les populations locales.À côté d’exercices purement politiques inspirés d’idéologies d’ex-trême-droite, il existe maintenant de bonnes études en profondeur de cette guerre de Vendée qui apparaît aujourd’hui à la fois comme un soulèvement paysan, tels que la France et l’Occident en connaissaient périodiquement depuis le Moyen Age, une guerre civile doublée d’une guerre totale avec son cortège, parfois hallucinant, d’atrocités.L’ÉCONOMIE DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE Florin Aftalion Hachette collection Pluriel-Inédit L’argumentation de cet ouvrage repose explicitement sur les postulats de l’école économique dite « néo-libérale ».Il fait largement appel aux techniques de l’éco-nométrie; il repose également sur une théorie des comportements sociaux d’inspiration américaine.Selon Aftalion, la plupart des révolutionnaires connaissaient mal les lois de l’économie et en particulier les mécanismes de l’inflation.Ainsi, leurs maladresses et leurs erreurs dans ce domaine ont mené inexorablement la France à la Terreur et à la dictature.Cette thèse est contestée par bon nombre d’historiens, surtout à cause de son parti-pris idéologique.LES FEMMES ET LA RÉVOLUTION, 1789-1794 Paule-Marie Duhet Julliard, collection Archives S’il est un domaine en radical renouvellement, c’est bien celui de l’histoire des femmes pendant la Révolution française.La redécouverte de femmes oubliées ou bafouées par l’historiographie, comme Olympe de Gouges, Thé-roigne de Méricourt, Manon Ph-lipon (Mme Roland), Sophie de Grouchy (Mme Condorcet), de nouvelles analyses de phénomènes sociaux mal connus, comme celui des célèbres Tricoteuses, l’examen de la perception masculine de la place et du rôle des femmes dans le processus révolutionnaire, constituent troif.champs aux riches moissons, et il s’en défriche d’autres.Pour vos vacances faites provision de POESIES Procurez-vous maintenant LF.TOUT NOUVEAU DISQUE LASER OU 1.A CASSETTE DE: 13 ESCALES AU PAYS INTERPRÉTÉES PAR JEAN-MARIE da SILVA 33 paysages poétiques (33 textes) tirés des oeuvres de Gaston Miron, Émile Nelligan, Alain Grandhois, Alfred Desrochers, Anne Hébert, Éloi de Grandmont, Gilles Vigneault, Sylvain Garneau, Emmanuel II da Silva, Gatien Lapointe, Michéle Lalonde, Gilbert Langevin, Gérald Godin.Remplissez le BON DE COMMANDE ci-contre et le poster à STUDIO-THÉÂTRE, 1155, rue Morel, Sainte-Sophie-de-Lacome (QC.) JOR ISO — Tél.: (514) 431-2373 Veuillez me faire parvenir par la poste la commande suivante, que je paierai sur livraison: ____—r^ytfc Titre: «13 ESCALES AU PAYS» int.par rOvl,^vvfcï Jean-Marie da Silva - disque(s) laser au prix de ,99$ chacun (Frais de poste en sus) cassette(s) au prix de 16$ chacune (Frais de poste en sus) NOM: BON DE COMMANDE—| I ADRESSE: 1 VILLE: PROV.: 1 SIGNATURE: TÉL.: ( Le Devoir, samedi 10 juin 1 089 ¦ D-5 • le plaisir des ivres Quand une vétérinaire «attrape» la rage.à quarante ans! LES RENDEZ-VOUS DE FAUSTA Jean-Noël Schifano Paris, Gallimard 1989, 276 pages Lisette ÆORIN ?Le feu et ORFÈVRE en la matière — il a traduit Umberto Eco, Italo Svevo, Leonardo Sciascia — Jean-Noël Schifano ne craint pas d’imposer un véritable supplice à celui qui, d’aventure, se risquerait à traduire, en italien ou en anglais, son dernier roman.Virtuose de l’adjectif, du néologisme savoureux et évocateur, ce romancier a peut-être lui-même imaginé comment il ferait passer, dans une autre langue, la phrase suivante, à propos de son héroïne : « Fausta, qui la fixait de ses yeux algués, lança à la blanchâtre face pelue édredonnée de graisse : Et capoé !.Ou encore, la façon de traduire « des rondeurs chairdepoulées », celles de son doc- teur Fausta.Une femme, libérée d'aujourd’hui, nous annonce la quatrième couverture.C’est un euphémisme.Ce Faust en jupons, une rousse éclatante, aux yeux verts, tout à fait la « lionne superbe et généreuse » comme l’aurait vue le père Hugo, soumettra aux pires outrages ( ! ) quatre hommes qui furent autrefois ses amants et qu’elle a résolu, dans un plan diabolique, de « soumettre » à ses volontés.Qui est cette F’austa Vanzi ?Médecin vétérinaire à Paris, cette quadragénaire bien vivante, courageuse, s’ennuie dans son cabinet à soigner les toutous et les minets.Elle accepte de remplacer une collègue, dans un village d’Alsace.Ce qui vaudra aux lecteurs et aux lectrices de Schifano, qui l'ont auparavant suivi à Naples, à toutes les époques, ville fétiche de ce romancier italophile, des tableaux réalistes de la pratique vétérinaire à la campagne.En particulier, un morceau fabuleux, d'un naturalisme à la Zola mâtiné de Vin-cenot, à propos du charbon, cette maladie mortelle qui frappe la porcherie de la famille Muller.Jean-Noël Schifano Mais la science vétérinaire, bien assimilée par cette praticienne, n’est qu’un volet, bientôt secondaire, du roman de Schifano.C’est d’une vengeance de femme qu'il est question, en forme de thriller et même de murder.En mars 1986, Fausta quitta sa campagne, le cabinet de sa con- Prague, ville fermée VENDS MAISON OÙ JE NE VEUX PLUS VIVRE Bohumil Hrabal traduit du tchèque par Claudia Ancelot Paris, Robert Laffont, 1989 Alice R4RIZEAU 1y r Lettres ¦a JJ A étrangères RARES SONT ceux en Amérique du Nord qui se souviennent qu’entre les deux guerres mondiales, Prague était une très belle ville et la Tchécoslovaquie, un des pays les plus industrialisés du monde.C’est là qu’on fabriquait les voitures Skoda, aussi célèbres alors que les Toyota et les Honda d’aujourd’hui, qu’on expérimentait dans les laboratoires des médicaments nouveaux et qu’on produisait des cristaux qui étaient très en demande.Depuis que la Tchéco Slovaquie fait partie du bloc de l’Est, Prague est une ville où devant les magasins vides les gens attendent patiemment pendant des heures.Gé- néralement, ils le font en silence, car il n’est pas bon, malgré la « transparence » toute neuve du géant soviétique, de discuter à Prague du « printemps », du « socialisme à visage humain », de Dubcek, de son équipe et des chars russes qui ont roulé dans ses rues, prêts à tirer sur n’importe qui et sur n’importe quoi.Bohumil Hrabal, un des plus importants écrivains tchèques de notre époque, parle de ce silence dans ses nouvelles en transposant les divers éléments du drame national.Il démontre ainsi l’absurdité « kafkaes-que » de l’existence imposée à ses compatriotes depuis la Deuxième G uerre mondiale sans jamais abandonner l’ironie qu’il utilise comme un bouclier et le fantastique qui l’aide à mieux rendre le réel.Il ne juge pas, ne cherche pas à faire vivre les personnages bons ou mauvais, mais les transforme en symboles et on les comprend car ils sont à la fois pitoyables et poignants, faibles et forts, mais surtout concrets à leur manière.Chaque mot, chaque phrase, comptent dans ce genre de texte et, ce qui est très rare, le style haletant de Hrabal ne laisse pas de répit aux lecteurs.Il semble posséder, en effet, le secret des descriptions on ne peut plus simples qui font réfléchir et qu'on retient parce qu’elles cachent des vérités politiques profondes et cette sorte de philosophie dont on se souvient longtemps.« Nous avions cette année-là un été très chaud, les garçons envoyaient le ballon contre les murs du cul-de-sac et faisaient des passes et des feintes en vrais artistes.» C’est ainsi que se termine la nouvelle intitulée « La trahison des miroirs » où l’artiste, M- Valerian, et M.Mit’anek, le bénévole de la Sécurité publique, font le procès de la société sans jamais référer à ce qu’elle est autrement qu’à travers une action très spécifique à laquelle ils prennent part.C’est à la fois fascinant et loufoque, réaliste et absurde.Beaucoup plus facile à lire et à décoder que certains livres de Franz Kafka, tel Le Château, par exemple, celui de Hrabal atteint parfois les mêmes dimensions de l’universel.Assez curieusement, on trouve dans l’oeuvre de Bohumil Hrabal-une constante recherche de Dieu, thème plutôt rare dans la production littéraire tchèque des dernières années.Les réflexions viennent des ouvriers qu’on rencontre avec l’auteur dans les usines qu’il décrit avec une minutie et une précision qui permettent de visualiser les hangars, les machines et les gens.Il s’applique aussi à faire vivre les rues, les places et les vieux ponts de sa ville et l’on sent Pierre PIERRE MORENCY mm Quand nous serons a Quand nous serons l%7-|*)78 § POÈMES 1967-1978 K 4k i COLLECTION RÉTROSPECTIVES V) I PRIX LITTÉRAIRE QUÉBEC-PARIS V i • K 1989 WW SOMMES PIERRE OUELLET SOMMES POÉSIE SOMMES est le livre de la disparition.Il appelle le lecteur à s’y enfoncer,comme dans un sommeil réparateur, où chaque mot l’éveillera au sens endormi de sa vie rêvée.w f Pierre TROTTIER En vallées closes poèmes 1951-1986 l’Hexagone » Rétrospectives PIERRE TROTTIER En vallées closes POÈMES 1951-1986 COLLECTION RÉTROSPECTIVES Par ses thèmes et ses préoccupations.En vallées closes rejoint l’oeuvre de Saint-Denys Garneau, d’Alain Grandbois et de Rina Lasnier.Elle confirme que Pierre Trottier est l’un des poètes les plus érudits et les plus étonnants de sa génération.lieu dlstinctil de l'édition littéraire québécoise l'Hexagone ictil de l'édition littéraire québécoise soeur, pour Strasbourg, Paris, Lyon, Rome, où elle a fixé des rendez-vous à quatre hommes.Les hommes de sa jeunesse, qui l’ont séduite un moment, abandonnée par la suite, axu-quels elle a résolu d’infliger une sévère, une ultime punition.La vengeance, dit le proverbe, est un plat qui se mange froid.Quelle erreur ! Pour la belle sorcière qu’est Fausta, qu'on pourrait également surnommer « la belle renarde », dont elle porte avec insolence la fourrure argentée, c'est dans le déchaînement érotique, la chaleur intense des rapports sexuels, traduits dans une langue précise qui s’offre tous les excès, que la vengeance s’exercera, sur la personne d’anciens condisciples, devenus de petits bourgeois mariés et satisfaits.On suivra, grâce au talent de l’auteur, cette diablesse, cette femme enragée, au sens bien vétérinaire du terme, dans ses allers-retours, par TV G, « son sac banane à l’épaule gauche, son sac Stendhal à la main droite », partout où elle veut bien nous mener pour exercer sa liberté de quadragénaire .qui a vu le loup qu'il aime Prague et qu’il estime qu’aucun sacrifice n’est trop grave pour pouvoir la protéger contre les destructions et la dégradation progressive de ses richesses historiques.Dans sa postface, Petr Kral écrit : « Faut-il souligner que Vends maison où je ne veux plus vivre, un des livres de Hrabal auxquels l’auteur lui-même tient le plus, est un chef-d'oeuvre ?» Puis, il le compare au> grands écrivains tchèques dont J a-roslav Hasek, auteur du Brave Soldat Chveik.C’est certainement une appréciation bien faite pour plaider l'incontestable droit de cet écrivain de s’imposer sur le plan international, mais il serait préférable, selon nous, de terminer la lecture de ce petit livre de 200 pages, tout à fait remarquable, il est vrai, par une brève biographie de Bohumil Hrabal dont c’est la quatrième oeuvre traduite en français et publiée aux éditions Robert Laffont.Comme il s’agit de parutions qui s’échelonnent de 1981 à 1989, il serait, en effet, parfaitement compréhensible que pour certains lecteurs d’ici et d’ailleurs cet écrivain demeure encore mal connu et qu’on signale au moins son précédent livre, Tendre Barbare, dont LE DE- très jeune, dans une pension religieuse, s’il-vous-plait, et qui règle désormais ses comptes avec frénésie, une furie quasi démentielle.Tout en « honorant » les rendez-vous qu’elle a fixés par télégrammes, Fausta se souvient : de son enfance, de son père, en particulier, des folies habituelles du monde des carabins, avec épisode bref mais obligé des événements de mai 68, toutes réminiscences qui sont étrangement dépourvues de nostalgie ou de tendresse.Cette femme magnifique, à la longue chevelure, au dos encore bien cambré, est une solitaire.Les rendez vous de Fausta, c'est le roman de la solitude féminine, pas toujours choisie, mais qui débouche quelquefois sur l’excès, l’exaspération d'une sensualité trop longtemps refoulée.La crudité du langage, la description sans frein des « rencontres » de Fausta avec ses partenaires, en choquera plus d'un et surtout plus d’une.Elle a scandalisé — c’est tout dire — Angelo Rinaldi de L'Express, qu’on ne peut taxer de pruderie, qui n’est pas bégueule .Mais qui préfère te VOIR a salué la parution en février dernier, sous la plume de Jean-François Chassey.Zofia Bobôwicz, qui dirige aux éditions Laffont la collection désignée sous le terme de « Domaine de l’Est », s'efforce de présenter au public francophone les meilleurs poètes, romanciers et essayistes de l’Europe* de l’Est avec un succès parfois mitigé d’ailleurs, faute de publicité suffisante dans les journaux, à la télévision et surtout dans les librairies.Compte tenu de la masse d’ouvrages qui sont publiés aujourd’hui, il est important, selon nous, de profiter de la perestroïka russe, car c’est à elle qu’on le doit pour une bonne part pour faire une place à chaque auteur de l’Est en incluant des courtes ré trospectives de sa production à la fin ou au début de ses livres.Les écrivains de l’Europe de l’Est ont été réduits pendant si longtemps au silence qu’il apparaît urgent de compenser, dans la mesure du possible, cette forme d’injustice dont certains ont été l’objet et de ne pas oublier qu’après tout, la survivance d'un bon livre est moins incertaine quand il est disponible en langue de Molière ! non-dit au trop explicite.Tout en regrettant la furia à Italienne du Schifano des Chroniques napolitaines (1984), mais surtout de ce magnifique et foisonnant roman que fut La danse des ardents, en 1986, j'ai quand même reconnu dans ce roman de l'outrance le styliste original et souvent inimitable qui n’a certes pas fini de nous éblouir.L’exercice érotique, pour ne pas dire licencieux, quasi porno, qu'est Les rendez vous de Fausta, n’est sans doute pas à recommander aux âmes faibles, mais il possède suffisamment de vertu littéraire (bien différente de la vertu qui inspire les bons sentiments) pour intéresser les autres, celles qui se croient des âmes fortes.JEAN ETHIER-BLAIS Entre toutes les femmes 19,95$ «Jean Ethier-Blals signe une oeuvre à la (ois dense et puissante, qui confirme, s'il en était besoin, sa vocation de romancier».Michel Gaulin, LE DEVOIR EMEAC «mwnx’.tLs vmia 1//V É.TE.STRATEGIES DIJ VERTIGE trois poètes : Nicole llrossurd Madeleine Gagnon t rance I hcorel 1.01 ISI 1)1 l’RI ISBN 2 HVII‘11 OKI 4 Plus qu'une lecture de trois poètes.Louise Dupré nous propose de suivre un trajet amorcé dans les années 70 et qui se poursuit encore aujourd’hui.Sans contredit.Brossard.Gagnon et Théoret auront eu une influence déterminante sur les écritures québécoises au féminin.« Nous avons affaire à trois écrivaines qui se donnent en performance de façon originale et qui demeurent uniques parce quelles arrivent à s'élaborer à partir de leurs différences (.) » Trois écrivaines qui «ne se basent plus sur des théories déterminées, mais (qui) tentent au contraire, à partir de leur pratique, d'élaborer leurs propres règles théoriques.» Bouleversant plusieurs notions traditionnelles sur la sexualité.SEXE.POUVOIR ET PLAISIR examine la vie sexuelle des femmes d'aujourd'hui.Partisane des changements provoqués par la «révolution sexuelle».Mariana Valvcrde rappelle les débats houleux que cette révolution suscite maintenant : la pornographie, la censure, l'érotisme et le pouvoir.Tant du point de vue théorique que de l'expérience vécue.Valvcrde aborde franchement l'hétérosexualité, le lesbianisme et la bisexualité.Avec humour et lucidité, elle analyse les changements marquants dans les comportements sexuels des femmes.lit Mn)i Mn.nl «I Dm* Mictn Eté 1946, Valleyllelil.Lucie I.aplanie.13 ans.doit quitter l'école pour aller travaillercn usine.Salaire minable, conditions de travail inhumaines, harcèlement sexuel, voilà ce qui l'attend à la Montreal Cottons.Mais bientôt une grève éclate ! Elle durera tout l'été 46 et bouleversera toute la population de Valley Held.Lucie découvrira pendant cet été inoubliable que justice n'est faite qu'à force de luttes, de volonté,d'action et de solidarité.UN I TE INOUBLIABLE., l'histoire d'une grève vue par une Illicite de 13 ans.Ce roman pour adolcscenl-e-s s'est vu décerner le prix du Meilleur livre pour enfants de l'Association canadienne des librairies en 19X2.LA NORME ET LES DÉVIANTES Des femmes au Québec pendant l’entre-deux-guerres ANDRÉE LÉVESQUE 19,15 V ISDN 2 X9II9I OKU (¦ L'exode rural, l’industrialisation, la modernisation puis la dépression économique ont bouleversé les structures sociales du Québec d'entre les deux guerres.Quelle place les femmes ont-elles eue dans cette société?L'Eglise et l'Etat se sont ligués pour montrer aux femmes québécoises leur vocation: mères avant tout et au sein du mariage seulement.Pourtant, plusieurs Québécoises, «déviantes», n'ont pas respecté la norme : grossesses hors mariage.avortements, contraception, infanticides, abandon d’enfants, prostitution, voilà autant de façons de refuser le modèle.Comment s'est vécue leur déviance, comment la société québécoise s'est-elle comportée envers ces femmes?les éditions du remue-ménage GUIDE DE PROMENADES À PIED DANS LE VIEUX LOUIS-MARTIN TARD INDISPENSABLE NE PARTEZ PAS SANS LUI NOUVEAUTÉ Si vous aimez marcher dans le vieux Québec, si vous désirez mieux connaître le passé de la plus belle ville d’Amérique et mieux comprendre d’où elle tire son charme unique, ce petit livre sera votre compagnon de route au long des rues.Il a été rédigé par Louis-Martin Tard, chroniqueur de tourisme et romancier.Il est de plus illustré par trente photos en couleurs d’Yves Tessier et préfacé par André Patry.Guérin Littérature Distribution exclusive Québec Livres LouiS-Marfi GUIDE DE PROMENADES A PIED DANS LE VIEUX QUÉBEC D-6 ¦ Le Devoir, samedi 10 juin 1989 if *** • h'plaisir des mes T- ^rï.’r’ : 'r î lï Ui \ i__________ _ !aiS« ., _ Jjjj i Lftljm uuü iHU i jj 2) Les mots du jardinage MARIE-ÉVA DE VILLERS La langue littéraire emprunte volontiers certains vocables aux évocations bucoliques.Citons notamment quatre jolis dérivés savants construits à l’aide du même suffixe : la fenaison est l’époque lù l’on fait les foins, la feuillaison ou son doublet, la frondaison désignent la période à laquelle apparaissent les feuilles et enfin la floraison qui est le moment où les fleurs s’épanouissent.Malherbe préférait nommer cette époque la fleuraison (qui aurait fait pendant à la feuillaison), mais l’usage n’a pas retenu ce nom.Les plantes — La plante annuelle naît et meurt dans l’année.L'impatience, la capucine, la pied-d’alouette sont des plantes annuelles.— La plante vivace persiste plusieurs années.Le muguet, le delphinium, la pivoine sont des plantes vivaces.— La plante bisannuelle a un cycle végétal qui s’accomplit sur deux ans.La monnaie du pape, la cinéraire, le myosotis sont des plantes bisannuelles — La plante pluriannuelle ne fleurit qu’après plusieurs années.Le lilas est un arbuste pluriannuel.Vous connaissez Y épouvantail, ce mannequin recouvert de haillons, chargé d’effrayer les oiseaux et de les éloigner d’un champ, mais comment se nomment les objets (bandes de papier métallique, fleurs rotatives, etc.) disposés dans le jardin au milieu des semis, des plants auur empêcher les oiseaux de manger les graines ou les fruits ?Ce sont des affolants.Des mots à ne pas confondre — Le noyau est la partie centrale ligneuse qui entoure la graine de certains fruits.La pêche, l'abricot, la nectarine ont un noyau.— Le pépin est la graine de certaines baies, de certains fruits.La pomme, la poire ont des pépins.Ainsi, les oranges ont des pépins (et non des noyaux).— Le gazon est une variété d’herbe qui est tondue ras ou une surface couverte de gazon.— La pelouse est un terrain couvert de gazon.— La plante hâtive devance l’époque à laquelle logiquement elle devrait fleurir ou donner des fruits alors que celle qui produit des fleurs ou donne des fruits à la suite des autres est dite remontante.On parle maintenant de révolution verte (amélioration des méthodes de culture) ; à l’instar de l’or noir, on a aussi des dollars, des francs verts.Les suffrages verts vont aux écologistes et les enfants aux classes vertes.Goûtons la belle saison : profitons-en pour nous mettre au vert ! Les réponses et le gagnant 1.La mycologie.2.L’exploitation d’une érablière.3.Lew dollars que cette voiture a coûté.Note — Ce participe passé reste invariable parce que « dollars » n’est pas un complément d’objet direct, mais un complément circonstanciel : combien cette voiture a coûté ?4.Nous cherchons des employés aux talents variés ou polyvalents et des vendeurs dynamiques, combatifs ou énergiques.5.Le nectar et l'ambroisie.6.Que vous vivifiiez.7.tornade : coup de vent localisé, très intense et tourbillonnant; ouragan : forte tempête caractérisée par des vents très violents; poudrerie : neige fraîche poussée par des rafales de vent; bourrasque : coup de vent violent et de courte durée; orage : perturbation atmosphérique accompagnée d’éclairs, de tonnerre, de pluie, de vent.8.abysse : masculin acoustique : féminin en-tête : masculin pore : masculin 9.Les petits du cheval sont le poulain et la pouliche.La laie est la femelle du sanglier et le mâle de l’oie est le jars.Le canard nasille.10.Des jupes bleu marine.Les adjectifs de couleur composés sont invariables.Des joues écarlates.Contrairement à la plunart des noms utilisés comme adjectif de couleur, « écarlate » prend la marque du pluriel.Des lainages indigo.Ce nom utilisé comme adjectif de couleur est invariable.11.1989: MCMLXXXIX 80 000 000$ quatre-vingts millions de dollars Note : Attention à l’adjectif numéral « vingt » qui prend la marque du pluriel s’il est multiplié par un nombre et s’il n’est pas suivi d’un autre adjectif de nombre.Les mots « million » et « milliard » ne sont pas des adjectifs numéraux, mais des noms : dans notre exemple, « vingt » s’écrit donc avec un s.De nombreux lecteurs ont participé à notre concours.Nous les en remercions.Le gagnant du Multidictionnaire est M.Robert Ascah, de Montréal.Il recevra son prix par la poste.Toutes nos félicitations.L’esthétique des super-héros new-yorkais ESCLAVES DE NEW YORK Tâma Janowitz nouvelles traduites par Janine Hérisson et Henri Robillot Paris, Gallimard, 1989, 356 pages.RÉJANE BOUGÉ « Tout comme Jay Mclnerney ou David Leavitt ».rappelle le communiqué de presse, citant ainsi deux références incontournables, tout comme une foule d’auteurs de sa génération, le « thirty something », Tama Janowitz a commencé à écrire à l’université dans des cours de « creative writing ».Comme bon nombre d’entre eux, elle enseigne maintenant dans une de ces nobles institutions.Ce que le communiqué ne rapporte cependant pas, c’est que, depuis deux ans environ, les éditeurs français publient avec enthousiasme de jeunes nouvellistes américaines : Mary Gaitskill, Lorie Moore, Plmily Prager.et que, parmi celles-là, Janowitz est de loin la moins intéressante et la moins originale.C’est pourtant la faune urbaine qu’elle décrit, après bien d’autres, que James Ivory a décidé de porter à l’écran, un film qui devrait nous arriver sous peu.Dans Esclaves de New York, l’heure n’est pas au vagabondage dans les méandres de l’imagination et le lecteur ne souffre d’aucun vertige.Avec Tama Janowitz, on tourne des rues bien nommées dont l’inévitable « Christopher Street », et on accompagne Fred qui va s’acheter « de l’ice-cream artichaut-chocolat chez di Roma à Soho ».(Avis aux intéressés ! ) On traîne dans les lofts, on côtoie la bohème, les pique-assiettes, les artistes.Alors que l’Amérique vit une seconde batmanie, pas étonnant de trouver dans cette avant-garde (le roman a été publié en 86) des gens qui s’inspirent de l’esthétique des super-héros.Tel est le cas de Stash, mi-polonais, mi-italien, propriétaire d’un dalmatien nommé Andrew dont la petite amie crée, entre les promenades qu’elle doit faire faire au chien, des bijoux bizarroïdes.L’époque a beau être postféministe, elle ne peut lâcher son mec.C’est elle qui raconte bon nombre des péripéties sur un ton qui se veut naïf et dans une sorte de mise à plat narrative pas toujours réussie.Vient ensuite Marley Mantello à la recherche d’un mécène pour sa grande oeuvre « construire la chapelle du Christ Femme, adjacente au Vatican ».Les autres nouvelles nous transportent dans l’univers « haut de gamme des lesbiennes », de petits couples sado-maso ou des prostituées, à preuve le début de la première nouvelle qui était plus que prometteur : « Une fois devenue prostituée, j’ai eu affaire à des pénis de formes et de di- Saveurs discrètes, différents registres LE MÉDIANOCHE AMOUREUX Michel Tournier Paris, Gallimard, 1989, 270 pages ANDRÉ GIRARD MICHEL TOURNIER : d’emblée, le nom s’éclaire de plusieurs feux : il y a le romancier, l’érudit fabuliste, mythologue aussi, observateur sarcastique des moeurs et usages de notre temps; une naïveté, comme on le dit d’un peintre — la richesse des couleurs, la simplicité du cadre — habile à enluminer la réalité et à restaurer le merveilleux ; et surtout le conteur, pour qui les mots n’ont pas de secrets et qui sait adroitement retenir l’attention.Onze ans après Le Coq de Bruyère (1979), il revient à la forme courte — contes et nouvelles — et nous livre un ensemble somptueux de saveurs discrètes : Le Média-noche amoureux.Nadège et Oudalle forment un couple que les années ont entouré d’un mauvais silence.Sur une plage de Normandie, où « la marée murmure en s’avançant à pas de mouette », ils se retrouvent désemparés face à l’ampleur du mutisme de leur quotidien.La richesse de la vie à deux, maintenant ternie, ne fait place qu’à une seule possibilité : la rupture.Voulant la faire avec éclat, ils déci- dent de réunir leurs amis pour un grand souper nocturne, un « média-noche » au terme duquel ils annonceront leur séparation.La nuit choisie est celle du solstice d’été, la nuit la plus courte de l’année; les derniers invités partiront au lever du soleil sur la baie.« Nous leur parlerons, ils nous parleront, ce sera la grande palabre sur le couple et l’amour.» Après que tous se furent régalés d’un festin de poissons et de crustacés, un groupe de convives s’étaient rassemblés sur la haute terrasse.Ni Nadège, Ni Oudalle, ces deux « amants taciturnes », n’aurait pu dire qui eut l’idée de raconter la première histoire.Bientôt suivie d’une deuxième, et d’une autre encore, au nombre de 19, « ces récits étaient tantôt des contes inaugurés par le magique et traditionnel “il était une fois”, tantôt des nouvelles racontées à la première personne, tranches de vie souvent saignantes et sordides.[.] Il leur semblait que les nouvelles, âprement réalistes, pessimistes, dissolvantes, contribuaient à les séparer et à ruiner leur couple, alors que les contes, savoureux, chaleureux, affables, travaillaient au contraire à les rapprocher».Ainsi s’annonce ce « médianoche amoureux ».Les contes et nouvelles de Michel Tournier se déploient sur différents registres.Des teintes graves aux accents policiers (« Théo-bald ou Le crime parfait »), des silences frémissants (« Lucie ou La femme sans ombre »), des clins d’oeil à Lewis Carroll (« Blandine ou La visite du père »), des rêveries sur un refrain bien connu (« Pierrot ou Les secrets de la nuit ») — le tout de ce recueil tend à redorer, par les couleurs du rêve et de l’imaginaire, le merveilleux enfoui sous trop de négligence journalière.« La nuit, la rivière chante plus haut et plus clair, et elle scintille de mille et mille écailles d’argent.Le feuillage, que les grands arbres secouent sur le ciel sombre, est tout pétillant d’étoiles.Les souffles de la nuit sentent plus profondément l’odeur de la mer, de la forêt et de la montagne que les exhalaisons du jour imprégnées par le travail des hommes.» Et, pour clore l’ensemble, quatre « légendes », très belles, comme autant de sourires malicieux à la peinture, la danse, les parfums et la musique; et surtout, « surtout le dernier conte, celui des deux banquets, qui sauvait, semblait-il, la vie conjugale quotidienne en élevant les gestes répétés chaque jour et chaque nuit à la hauteur d’une cérémonie fervente et intime».À lire pour célébrer l’amour, l’été, la nuit ! La pêche, l’art sublimé du mensonge L'UNIVERS DE LA PÊCHE collectif sous la direction de Goran Cederberg Bordas 1989, 286 pages LOUIS-GILLES FRANCOEUR Enfin, un livre européen sur la pêche qui est d’un réel intérêt pour un pêcheur québécois malgré sa nette dominance pour les préoccupations halieutiques d'Europe.D’habitude, les publications européennes parlent d’espèces, de mé thodes et d’équipements dont nous n’avons peu ou pas d’idées.Leur valeur est donc plutôt académique et appréciée des spécialistes.L'Univers de la pêche est différent.C’est véritablement un collectif international auquel ont contribué des journalistes nord-américains comme Erwin Bauer (Outdoor Life).Le reste a été confié à des journalistes anglais, des experts allemands et suédois.L’ouvrage débute par une fascinante histoire de la pêche, un chapitre qu’on ne trouve pas dans tous les livres du genre.Puis tout y passe car c’est justement l’objectif du livre: fournir une vue d’ensemble des espèces, des techniques de lancer au leurre artificiel comme à la mouche ou aux appâts naturels, sans oublier la pêche en bateau ou côtière qu’à peu près personne ne pratique ici sauf sur les quais de Gaspésie.Dommage et, pour tout dire, on se met à regretter de ne pas connaître ces cannes géantes avec des moulinets gros comme des coffres à pêche qui permettent de propulser à des distances dont on n’a pas idée dans le pays des lancers légers.Les techniques nord-américaines les plus classiques, comme l’utilisation de lest mécanique (down rigger) et de sonars, sont bien couvertes.En somme, un effort remarquable pour faire un livre vraiment international.Sa lecture donnera sûrement à n’importe quel pêcheur le sentiment de faire partie de la confrérie sans frontière du leurre, la forme sublimée du mensonge qui est devenue un des arts les plus anciens de l’humanité.Vient de paraître 4 Deforges Suite de la page D-1 pays des dragons et prépare Lé a au pays des fantômes), bibliophile patentée, collectionneuse d’ouvrages pour enfants du 19e siècle à nos jours, elle se dit que peut-être en retrouvant le regard interrogateur de l'enfance elle réussira à aborder le monde contemporain.« Ce que j’aimerais, c’est écrire des livres assez courts, un peu dans l’esprit du 19e siècle, avec une histoire et pourquoi pas une morale.Ce serait pour moi la seule façon de parler des grands problèmes de ce temps, le racisme, la guerre, les otages, la presse, la télévision, le sida, le suicide.Mais je n’écrirai pas différemment et je ne leur ferai pas de cadeaux.» Et comme chaque fois qu’il y a un défi à relever, Régine Deforges s’entend dire : « Je ne suis pas sûre de réussir.On verra bien.» Gageons que cette femme « obstinée avec nonchalance » gagnera son pari.N’a-t-elle pas fait dire un jour au commissaire de police Octavioli, ancien patron de la Mondaine repenti et depuis plusieurs années reconverti dans la littérature : « Dieu merci, Madame, je n’ai pas réussi à vous faire arrêter.» Rencontre; jrncuentro! A E Si Eh» 1 Un collectif bilingue Québec-Argentine réunissant des nouvellistes et des artistes de l'Amérique d'en I laut et de l'Amérique d'en Bas, présenté par Marie-Claire Blais, Oscar Hermes Villordo et Gilles Pellerin."IJn livre qu'on accueillera dans son meilleur fauteuil avec les égards dus à la contemplation, au bal des images et à la musique des mots." Jean-Roch Boivin Le Devoir Album grand format relié sous jaquette pellitulée et emboîtage pleine toile 272 pages illustrées en couleurs Édition numérotée de 1000 exemplaires 137,00$ Ixs Éditions Sans Nom i,u C.P.278.Suce.Westmount, Westmount Québec.Canada H3Z 2T2 Tél.: (514) 935-3637 Chez votre libraire SOCIETE CANADIENNE CJV DU CANCER vemex*Le < v w tr CANADIAN CANCER SOCIETY DONNEZ GENEREUSEMENT 4.3 19 14 19 8 9 JEWISH PUBLIC LIBRARY LA BIBLIO- THÈQUE PUBLIQUE JUIVE Vtü'T* 0(77HD pyoNri-i'a nnoon TVIIiVn rvnoyn La Bibliothèque publique juive annonce le lancement du livre de N AIM KATTAN: LA FORTUNE DU PASSAGER Jeudi 15 juin 1989 à 20h00 Lieu: Auditorium Joseph et Ida Berman de la Bibliothèque publique juive Édifice Cummings 5151 Côte Ste-Catherine Pour plus de détails, composer: 345-2627 Admission gratuite mensions d’une diversité inimaginable.Certains très grands, d’autres ratatinés avec des testicules pendants.Certains guillochés de veines bleuâtres et puant le Stilton, certains misérables.» Pour gagner leur vie, d’autres épluchent des épreuves entre deux lignes de coke.Bref, des images surexploitées que l'écriture ne réussit en rien à renouveler.Des 22 nouvelles du recueil, on aurait cependant pu en extraire sept à huit évitant ainsi au lecteur l’impression de sombrer sous l’anecdote, le gadget, les références BCBG.Ou alors, il aurait fallu sacrifier la dizaine de nouvelles qui ne tournent pas autour des trois principaux personnages pour en faire un roman.Le choix éditorial s’explique mal.La nouvelle serait-elle devenue à ce point populaire que l'on tranche en sa faveur ?C’est la nouvelliste elle-même qui ramène à la fin du livre le personnage de Holly du Petit déjeuner chez Tiffany, là où, souvenez-vous, on retrouvait du tapioca au tabac et autres fantaisies du genre.Là où il y avait aussi des chats, des bijoux.Ça m’a donné une envie folle de le relire.^0* GROMYKO MÉMOIRES 346 p, 25,95$ ANDREI GROMYKO Mémoires Des accords de Yalta à l'invasion de l’Afghanistan.de la guerre froide à la détente, ANDREI GROMYKO symbolise un demi-siècle de diplomatie soviétique.Churchill, Kennedy.Castro, tous les «grands« sont au rendez-vous de ce livre rédigé par celui qui lut ministre des affaires étrangères de l'URSS pendant trente ans.ftitrx'k Macncc CHAPEAU MELONS Mémoire 340 p.21,95$ CHAPEAU MELON Patrick Macnee Mémoires L'autobiographie du célèbre «John Steed., l’agent secret désinvolte de la série télévisée «CHAPEAU MELON et BOTTES DE CUIR» ou les tribulations d'un anglais issu d'une famille aristocratique qui choisit de devenir acteur malgré la désapprobation familiale.Un livre plein de sel et d'humour.ME1VYNWACC RICHARD BURTON Su tio snuimli mtwts 646 p.24,95$ RICHARD BURTON sa vie, ses carnets intimes Biographie Les carnets intimes de l'un des plus grands acteurs de ce siècle.Ce que personne ne savait de lui, son regard sur la vie, l'amour, l'amitié, le théâtre, le cinéma.RICHARD BURTON vu par lui-même.Plus qu'une biographie, une autobiographie.Vaffniir Velasquez 342 p.22,95$ L’AFFAIRE VELASQUEZ Thomas Hoving Roman La «Marquesa.de Velasquez, tableau d'une valeur inestimable est mis aux enchères de manière inattendue.Le monde de l'art réagit aussitôt, les enchères montent! 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