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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1988-09-24, Collections de BAnQ.

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O NS nCtronique HAUTE FIDÉLITÉ Là où le dialogue remplace le traditionnel monologue du vendeur.9343, Laieunesse Montréal.Québec.Canada H2M 1S5 (514)389-1377 Montréal, samedi 24 septembre 1988 PHOTO JACQUES GRENIER Louis Lortie et Charles Dutoit lors de l’enregistrement Gershwin dans l’église de Saint-Eustache, durant l’été.LOUIS LORTIE Juste dans la note FRANCE LAFUSTE LOUIS LORTIE avait à peine 13 ans quand il reçut le premier prix de l’Orchestre symphonique de Montréal.Le jury ne s’y était pas trompé.Le pianiste en culottes courtes avait déjà la sensibilité raffinée à l’extrême, le doigté habile et la précision délicate.Ce même pianiste qui m’accorde aujourd’hui une entrevue-éclair, entre deux rendez-vous et deux enregistrements, n'a visiblement pas changé.Sur le visage aux traits délicats, la marque de l’enfance y est indélébile, mais le ton s’est affermi, la voix y a les accents du savoir bien digéré, pour ne pas dire de la sagesse.Louis Lortie, enfant prodige mais aussi bûcheur jusqu’à la déraison, gagnant de prix internationaux dont le premier en 1984, au Conservatoire Monte- verdi de Bolzano en Italie, jeune homme simple, pas gommeux pour deux sous, parle de sa carrière avec une impressionnante lucidité.Louis Lortie est homme de défis el de renouvellement, le principe de la « flexibilité » lui est vital : « On vil dans un monde de commandes, avance-t-il.Il y a des événements spéciaux sans arrêt.Si on a toujours des programmes établis, cela peut devenir ennuyeux.Je veux sortir des sentiers battus.» Alors il joue l’intégrale des études de Chopin et en parle comme d’une ascèse, d’un exercice technique et mental.Quant aux oeuvres dites de maturité, comme les dernières sonates de Beethoven, il se les réserve pour plus tard, quand il aura 20 ou 30 ans de plus : « Il y a des choses qu'on ne peut plus jouer à 50 ans ou qu'on n’a plus envie de jouer, car c’est trop épuisant.Je veux être à l’écoute de ça, de cette énergie que l’on a quand on est jeune.Je ne veux pas me tromper, je veux pouvoir donner le meilleur de moi-même.» Question hasardeuse : A-t-il atteint une certaine maturité dans ses interprétations ?Le ternie fait mouche, je crois qu’il y est allergique : « Il n’y a que les critiques qui parlent de maturité parce qu’ils ne savent pas ce que c’est.Il ne faut tout simplement pas en parler, surtout ne pas la juger.J’ai entendu des jeunes de 14 ans jouer des concertos de Mozart avec beaucoup de maturité.Tout ça est tellement aléatoire.» 11 continue « Je voudrais garder une partie de moi extrêmement jeune toute ma vie et j’espère pouvoir faire des choses enfantines quand j’aurai 70 ans.» Il rit, amusé de sa propre espièglerie.« On étiquette tellement vite les artistes, on les enferme dans un style, une image, alors qu’il faut les laisser libres.» Particulièrement à l’aise quand il interprète les oeuvres de Franz Liszt, le pianiste connaît la difficulté de passer d’un style à l’autre dans un même programme, de Beethoven à Ravel par exemple.« Ce sont deux mondes trop différents, précise-t-il.Je tiens à préserver l’authenticité de l’oeuvre et le génie du compositeur : il est fascinant d’arriver à développer un style pour chaque compositeur tout en conservant la sonorité qui lui appartient.Je suis tou jours gêné quand je sens plus Voir page E-8 : Louis Lortie Pour Zamfir, la flûte de Pan est instrument des dieux PIERRE BEAUREGARD SELON LES plus récentes études scientifiques, la flûte de Pan existerait depuis 6 000 ans, ce qui, estime le musicien roumain Gheorghe Zamfir, en ferait le plus vieil instrument de musique de la Terre.Étrange instrument, étrange musicien.Zamfir, comme l’appelle tout simplement la légion de ses fans, veut bien saluer les efforts des archéologues et des musicologues dans leurs tentatives de datation de cette vieille flûte de berger qui a survécu jusqu’à l’ère atomique pour devenir sa raison de vivre.Mais il s’empresse d’attirer l’attention sur certains aspects de la légende que la science est impuissante à résoudre.« On peut hypothétiquement remonter jusqu’au premier berger qui entendit le chant du vent dans les roseaux pour expliquer la naissance de la flûte, lance-t il en caressant délicatement l’instrument de concert qu’il a construit de ses mains, comme d’ailleurs toutes les autres flûtes de son arsenal d'Knvoyé du dieu Pan.» Il possède six instruments et en utilise quatre par concert.« Mais tous ces académiciens ou ces scientifiques, poursuit-il, n’ont jamais pu expliquer de manière satisfaisante comment l’instrument est apparu à peu près simultanément en autant d’endroits aussi disparates de la Planète, soit en Grèce, en Chine, en Roumanie, et en Amérique du Sud.» Zamfir, l'historien, redevient Zamfir, le musicien.Il porte lentement à sa bouche, comme un verre de vieux vin précieux, le bizarre assemblage de bambou exotique dont il est l’un des rares interprètes de calibre et le seul prophète connu.Des sons d’une douceur envoûtante tuent la rumeur de la ville.Flûte pastorale, mais sonorités pleines d'allusions cosmiques.« C’est en réalité une flûte atlante », jette soudain Zamfir.« Oui, bien sûr, on mè voudra ésotérique, mais c’est la seule explication satisfaisante : en fuyant le Cataclysme, les Atlantes ont refait surface en plusieurs points de la Terre, on le sait.Cet instrument était le leur et ils le tenaient du Cosmos.» Zamfir le prosaïque — comme on l’est forcément après 60 disques d’or ou de platine —, explique que chacun des quelque vingt tubes peut couvrir une gamme entière.L’angle d’attaque du souffle, sa puissance, la position de l’instrument, voilà autant de variables dont U faut tenir compte pour obtenir une note juste.Pour compliquer la tâche du musicien, la flûte de Pan est l’un des rares instruments qu'on ne peut voir en jouant.Puis l’interprète globe-trotter, — mieux coté chez les admirateurs d’André Gagnon que les adorateurs de Franz Bruggen —, parle de son expérience éprouvante avec l’Orchestre de chambre anglais, direction James Dudd, lors de l’enregistrement de son étonnant disque compact de musique baroque pour la collection Digital ('lassies de Philips (420-932-2).« Dieu que j’ai sué ! s’exclame-t-il.Huit, dix heures par jour de préparation .L’enregistrement avec un accompagnement d’orchestre de chambre se fait de façon continue et suppose une discipline de fer de la part du soliste comme de l’ensemble.Il n’est tout simplement pas possible de recommencer à chaque mesure.Il faut la perfection au premier essai.» Mais ce disque était nécessaire : il fallait que justice soit faite à l’humble ancetre de tous les instruments, laissé pour compte par les grands compositeurs ! Six concertos puisés dans les trésors de Telemann, Corelli, Albinoni et Bach et rendus rigoureusement par un musicien chevronné.Difficle Voir page E-8 : Zamfir PHOTO CHANTAL KEYSER Zamfir avec sa flute de Pan *&£**#* T y» • E ELECTRONIQUI i v> LECTEUR LASER SONY CDPM35 t/ectrou/que e.h 8390ST-HUBERT ^^99Autoroute440ouest lup (au sud de Métropolitain) Il (à l'est de l'autoroute des Laurentides) 388-4777 / 388-1122 745-3322 RECEPTEUR SONY STRAV-25Q ¦ AM/FM STÉRÉO ¦ SYNTONISATEUR ÉLECTRONIQUE ¦ 10 MÉMOIRES ¦ AMPLI 35W » 2 I PROGRAMMABLE ¦ TRIPLE FAISCEAU I PAR LES INVENTEURS DU LECTEUR LASER ENCEINTES IMAGE (RÉFÉRENCE 0.5) ¦ FAITES AU CANADA ¦ SON CLAR & PRÉCIS I POUR LES AUDIOPHILES! image E-2 ¦ Le Devoir, samedi 24 septembre 1988 LE PLAISIR DES Toute une série de disques en chantier PHOTO CHANTAL KEYSER Nanette Workman en plein travail «ms PALMARÈS POP & ROCK 1 Tracy Chapman Tracy Chapman WEA CD 60774 2 Faith George Michael A&M CD 6402 3 Sting Nothing Like The Sun A&M CD 6402 4 Rick Astley Whenever you Need Somebody RCA 6822-2-R 5 Elton John Ice on Fire Geffen 924077-2 6 Johny Clegg Shadow Man Capitol — 7 Mory Kante Akwaba Beach Barclay CC0126 8 Sade Love Is Than Pride CBS EK44210 9 Steve Windwood Roll With It Virgin CDV 2532 10 Rod Stewart Out of Order WEA CD 25684 Surprise pour cette première édition (le notre palmarès : Tracy Chapman est en première position, Un tour de force (jui consacre la jeune américaine de 24 ans découverte de l'année.Au Stade olympique la semaine der mère, lors du concert pour Amnistie.60.000 personnes se taisaient en entendant sa voix émouvante et sa seule guitare folk.Stéphane DESJARDINS mPDans les studios PLUSIEURS disques québécois sont terminés ou sur le point de l’être.André Gagnon vient tout juste de terminer le mixage des « Dames de coeur ».Le célèbre pianiste se serait beaucoup servi du Syndavier dans cette production dirigée par l’ingénieur Richard Bélanger.L’enregistrement s’est fait cet été au célèbre Studio Morin-Heights, et à la nouvelle Mecque du son numérique, le Cinars.Le Studio Victor aurait été mis à profit pour le mixage.Les disques Star prévoient lancer l'oeuvre en octobre.Toujours au Studio Victor, Martine Chevrier parfait la production d’un microsillon dont le titre reste à déterminer.Gaétan Pilon et Andy Scott ont travaillé à la réalisation sonore.Michel Pagliaro serait sur le point de terminer sa dernière création, qui sera vraisemblablement lancée cet automne par les disques Alert.On dit beaucoup de bien de cette production, réalisée dans plusieurs studios montréalais, dont Montreal Sound.L’enregistrement du premier microsillon de l’ex-Offenbach, Pierre llarel, intitulé « Le Nord», a été complété en août.Roland Lefebvre, président du Studio Inter-Session, précise qu’il s’agit d’une production soft rock, assez commerciale.La sortie est prévue le 15 octobre, sur étiquette Mammouth.Deux ingénieurs ont collaboré à ce corne back solo : Michel Lachance et Gilles Collin.Toujours chez Inter-Session, Nanette Workman termine présentement la production de son propre album, réalisé avec Gilles Collin, Paul Pagé et Serge FiorL Gerry Boulet travaille actuellement à un microsillon dont la date de sortie et le titre sont inconnus.La production serait exécutée au studio Multison, avec l’ingénieur Jacques Bigras.M.Louis Pilon, du studio Victor, ne chôme pas.Outre le mixage du dernier Gagnon, il s’occupe actuellement de l’équipe de La Bottine souriante.Destiné au marché américain — où ce groupe folk marche très fort —, leur prochain microsillon est réalisé par Benj Kater, de Chicago.Le pianiste Steve Barraquet enregistre également chez Victor une oeuvre instrumentale, « sans style particulier », qui sera lancée sur étiquette PJM à une date indéterminée.Josée Bélanger, des disques Audiogram, confirme la sortie, à la mi-novembre, du prochain album de Paul Piché, dont la réalisation s’est déroulée tout l’été au Studio Morin Heights.La direction artistique est assurée par Glen Robinson et Michel Bélanger.Nous avions annoncé pour août et septembre l’enregistrement d’un microsillon solo de Marie Bernard; cette production est reportée en octobre, au studio La Majeure.Entre-temps, Mme Bernard remplace Gérard Cyr dans la tournée européenne de Louise Forestier, mais on chuchote que l’artiste est présentement en studio avec Michel Rivard.Mystère ! Par ailleurs, Jean Leloup a terminé, le 19 août, le mixage de son premier disque.Chez Audiogram, on définit volontiers le compositeur comme étant notre prochain poète maudit.Robert Matichak, du studio Ultrason, vient de terminer l’enregistrement du prochain disque de Nancy Martinez.Il travaille actuellement à un microsillon du groupe dance music Lime (ex-Le Pouls), intitulé « A Brand New Day », et au prochain vi-nyle du groupe de Pascal Langui-rand, Trans-Ex.Le titre temporaire de cette dernière production : « By My Self ».M.Matichak en est le producteur.« By My Self » sera distribué par les disques Eurodance en Grande-Bretagne et en France, où le groupe remporte un certain succès.Une production attendue pour l’automne risque de faire beaucoup parler d’elle : celle de Paolo Ramos.Il s’agirait de jazz brésilien moderne.Ramos, qui habite Montréal depuis quelques années, bénéficie de gros moyens et des services de l’ingénieur Roger Nicholls (qui a notamment collaboré avec Pink Floyd et Steely Dan) et du producteur délégué Tim J.Weston, de Los Angeles.L’équipe travaille au studio Victor.L’album sera lancé par une maison de disques japonaise, Tayo Records, peut-être à la fin de l’année.Toujours en jazz, mauvaise nouvelle du côté de Radio-Canada : l’enregistrement d’un disque du Bernard Primeau Sextet, prévu pour septembre, est annulé.On allègue des coupures budgétaires.Rolland Hi-lla Tremblay (alias le comique Michel Barrette) enregistrera bientôt « Le temps d’une dinde ».Le producteur Jean-Claude Lespérance précise qu’il s’agira d’un party de Noël où lli-IIa Tremblay s’exécutera en cinq ou six monologues, y allant également d’une chanson originale, le tout sur fond de musique du temps des fêtes.On prévoit pour cet enregistrement live, mixé au studio Karisma par Marcel Gouin, un lancement à la fin octobre .à temps pour le temps des fêtes, évidemment.En terminant, mentionnons que les studios Victor et Informusic viennent de compléter l'enregistrement et le mixage d’un 45 tours et d’un disque 12 pouces de la chanteuse montréalaise Geraldine Hunt, destinés au marché anglophone mondial.LES MÉDICAMENTS, FAUT PAS EN ABUSER! Santé et Services sociaux Québec vU CD Bang & Olufsen non -H t-CTROrilD NAD Bang & Olufsen RX2 Platine & Olufsen MMC5 Cellule NAD7020 Récepteur Mission 70 Haut-parleurs $999 5260, Sherbrooke ouest, Montréal 482-4420 1930, Bout.St-Martin, Laval 687-3627 /£] audio centre "Venez écouter le son que vous n’avez jamais entendu” PALMARÈS CLASSIQUE 1 PUCCINI Madame Butterfly Freni-Pavarotti- Karajan London 417-577-2 2 CHOPIN 4 ballades Zimmerman DGG 423-090-2 3 BEETHOVEN Symphonie no 3 Eroika Hanover Band Nimbus Nl 5122 4 Erato ECD 55039 BOIELDIEU Concerto pour harpe Lily Laskine 5 BIZET L’Arlésienne OSM Dutoit London 417839-2 6 P WAGNER Ouvertures: La mort d’lsolde Norman-Norman Karajan DGG (Deutsche) 423-613-2 7 PAGANINI Tchaikovski Concerto pour violon no 1 Sérénade mélancolique-Valse Scherzo Midori-Scattkin Phillips 8 A touch of Classics Collectif Phillips 420 192-2 9 RAVEL Bolero OSM-Dutoit London (410010-2 10 J.STRAUSS Fledermas Schwarzkopf-Streich- Gedda-Karajan EMI CHS-7-69351-2 Dans cet enregistrement réalisé en 1974, les prestations vocales sont somptueuses dans l’ensemble, en particulier celle de Mirella Freni ei de Luciano Pavarotti que l'on retrouve dans leur meilleure forme.Si cette gravure ne réussit pas à rallier d'emblée tous les suffrages, c’est à cause d'une disparité de style entre le chant italien et la conception quasi wagné-rienne de Karajan caractérisée par des tempi plutôt longs et un orchestre trop présent, bien que magnifique.G.P.iW PALMARÈS FRANCOPHONE 1 Merci Félix Johane Blouin Guy Cloutier PGCCD904 2 Sans titre Gypsy Kings Trans Canada TDC8805 3 Ne m’en veux pas Ginette Reno Melon Miel MMCD 509 4 La langue de chez-nous Yves Duteuil Audiogram ADCD 10012 5 Richard Séguin Journée d'Amérique Saison 6 Harmonium Harmonium Polygram 833 991-2 7 Felix Leclerc 21 titres Polygram 822 995-2 8 Mon fils Mon fils Amplitude CHCD 3004 9 Michel Rivard Un trou dans les nuages Audiogram ACDC 10009 10 Yves Duteuil La langue de chez nous Audiogram ACDC 10012 Cher Félix ! Ton interprète est toujours en première place 1 Par son immense talent, Johanne Blouin a su donner une autre dimension à quelques chansons de Félix Leclerc.Chansons-monuments qui font l'unanimité ! Voix et sensibilité de Johanne Blouin qui font aussi l’unanimité ! Un disque qui a déjà des parfums d'im mortalité.M.R.Quand on y .pense, ce n’est pas ce qu’on pense Ague, de répilepsie du québec LESCONTRIBU1 SERONT ACCEPTÉES AVEC RECONNAISSANCE Le Devoir, samedi 24 septembre 1988 ¦ E-3 LE PLAISIR nco ncc BRUCKNER, 1ère Symph en ut mineur, Orch, de la radio berlinoise, dir.Riccardo Chailly London 421 091-2 DDD **** Lecture intense de la partition viennoise retravaillée de l'oeuvre par un chef tout à fait sûr de lui.Impression de puissance soutenue Beaux cuivres.Voilà la façon idéale d'amorcer le cycle des symphonies-monuments.Du grand Bruckner.THE BAROQUE ALBUM Trans, de Bach, Telemann, Scarlatti et al John Williams, guitare, CBS « Mas-terworks » MK 44518 DDD **?* Puisqu'il est question de guitare, voici un beau retour de John Williams dans ses propres transcriptions des maîtres baroques.Les Scarlatti deviennent des joyaux scintillant au soleil.La Chaconne de Bach est à la hauteur des attentes et le soliste brille dans les oeuvres de Weiss.Un disque de détente ! fr/ Ht VIKTORIA MULLOVA Oeuvres pour violon seul (Partita de Bach, Sonate de Bartok et Intro -f variations « Net cor piu non mi sento » de Paganini) PHILIPS « Digital Classics » 420 948-2 DDD *+** La jeune virtuose en pleine ascension nous résume l'histoire du violon par le biais de trois maîtres de la cou leur.Un Bach académique et lucide, un Bartok délibéré mais sombre et, comme il se doit, un Paganini tantôt émouvant tantôt vertigineux.Une heure de finesse, de précision et beauté.BROUWER « Concerto Elegiaco » (Cto pour guitare no 3) + Rodrigo, Fantasia .Julian Bream, guitare, Orch.de ch.RCA Victor, dir Léo Brouwer RCA Victor « Red Seal » 7718-2-RC DDD *** Cocktail d'influences diverses, de l'Afro-Cubain au Baroque, ce petit concerto a été composé « sur mesure » par un guitariste pour un autre guitariste et crée en 1986.Kffet saisissant des percussions sur un fond de cordes Le Rodrigo par ailleurs est un peu mince à cause de l'effectif réduit .WEBER Ctos de clarinette no 1 et no 2, Concertino Op.26 Antony Pay, clarinette, Orchestra of the Age of Enlightenment, dir.Antony PayVIRGIN Classics VC 7 90720-2 DDD ?La toute jeune étiquette mondiale ne finira jamais d étonner ! Quelle qualité soutenue ! Ici, Virgin nous ramène cet orchestre magique de for-malion récente dans un concert d'une grande pureté.Weber restauré et comblé par un soliste-musicologue sensible, mais rigoureux.Sonorité comme il se doit ! LixhrMrü PHILIPS SANINI B non mærfr CLERAMBAULT, DU MAGE, 1er Livre d'orgue Michel Chapuis, à l'orgue François-Henri Clicquot de la cathédrale de Poitiers ASTRÉE-Au-vidis E 7730 AAD ***** Repiquage particulièrement soigné d'un enregistrement de 1970 de la remarquable collection des « Livres d'orgue » des petits et grands maîtres français.F.n explorant un répertoire peu connu, Astrée permet au mélo mande de se familiariser avec les plus beaux instruments de France.CHANTS GRÉGORIENS D'AUTRICHE De Noël à l'Épiphanie, Office de Saint-Rupert, Schola Hungarica, dir.Laszlo Dobszay et Janka Szen-drei HUNGAROTON HCD 12950 DDD * + * + Noël ou pas, voilà de la musique qui n'est jamais hors saison ! Ce nouveau jalon de la collection de l'Académie hongroise nous présente le chant grégorien dans son dialecte autrichien.Le document réalisé dans un temple calviniste construit au Mlle siècle fait partie de l'élude entreprise par l'Institut de musicologie de Budapest.Hjxwcnr* ******* Sl4» it I iin^anca MIM U Mil HI HV.II t\ SMI SI 70 MINUTES DES MEILLEURS BERNSTEIN Extraits de « On the Waterfront », « Candide » et « West Side Story » etc.t Divertimento, Orch.dir Bernstein DG 427 042-2 DDD * + + l’our célébrer économiquement le 70e anniversaire du maître américain, tout en se familiarisant avec les faits saillants de son oeuvre.Dans le sens habituel du mot, ce repiquage n'en est pas un, puisqu'il regroupe des extraits de prises numériques fort récentes.Sonorité de fête ! La sensibilité de Gérard Souzay ne tombe pas dans la sentimentalité Gilles POTVIN mP Des voix à ta ronde ARLEEN AUGER Chants d'Auvergne Arleen Auger, soprano English Chamber Orchestra/ dir.Yan Pascal Tortelier Virgin Classic VC 7 90714-2 CD Les arrangements pour chant et orchestre ou piano de Chants d’Auvergne du compositeur français Joseph Canteloube (1879-1957) jouissent d’une popularité qui ne se dément pas depuis les premiers enregistrements sur 78 tours qu’en fit la grande soprano Madeleine Grey dès 1931.Pour s’en convaincre, il suffit de donner la liste des chanteuses qui s’y sont intéressées.Kn 1948, Columbia rééditait les 11 chansons de Madeleine Grey et en fit un transfert sur microsillon en 1951.Depuis, nombre de cantatrices les ont abordées, toujours dans la langue d'oc que certaines étiquettes identifient comme « français auvergnat ».Parmi elles, citons Netania Davrath, Victoria de Los Angeles, Jill Gomez, Kiri te Kanawa, Anna Moffo et Frederica von Sta.Arlee Auger, soprano américain dont on dit qu’elle a de lointaines origines canadiennes, a pour sa part choisi 19 de ces chansons qu’elle interprète avec un style exemplaire et une voix séduisante, accompagnée de façon experte par Tortelier fils.Il est difficile de résister à l’attrait de ces pages et aux arrangements de Canteloube qui laissent aux mélodies leur plein épanouissement tout en créant l’atmosphère propre à chacune.FINZI Dies Natalis/Farewell to Arms x Concerto pour clarinette Martyn Hill, ténor Michael Collins, clarinette City of London Sinfonia/ dir.Richard Hickox Virgin Classics VC 7 90718-2 CD Gerald Finzi (1901-1956) est un compositeur anglais dont les oeuvres sont peu connues hors de son pays natal.Il étudia avec des professeurs londoniens et enseigna lui-même la composition à la Royal Academy of Music durant trois ans.Sa première oeuvre d'importance, une rhapsodie pour orchestre de chambre lui valut une certaine notoriété lors de sa création en 1924.On y voyait déjà l’influence du Vaughan Williams et celle d’Elgar, deux compositeurs qui ont profondément marqué son évolution créatrice.Dies Natalis, cantate pour voix élevée et orchestre à cordes, composée en 1939, ainsi que Farewell to Arms, introduction et aria pour ténor et cordes, sont deux oeuvres de caractère contemplatif, dont l’écriture habile n’arrive pas à masquer une inspiration souvent banale.Le concerto pour clarinette est d'un caractère plus enjoué et nous montre une facette différente et plus sympathique de ce musicien.L’exécution vocale et instrumentale est de bonne qualité, tout comme l’enregistrement.SCHUBERT Die schône Mullerin, D.795 xxxxx Gérard Souzay, baryton Dalton Baldwin, piano Philips 420 850-2 CD Le nom du baryton français Gérard Souzay passera à l’histoire comme l’un des rares chanteurs dont la renommée universelle a été acquise à peu près exclusivement au concert.Ses rares incursions au théâtre lyrique, notamment dans Pelléaset Mé-lisande(rô\e de Golaud), lui ont valu tout au plus un succès d’estime.Par contre, ses interprétations de la mélodie française et du lied allemand, dont un grand nombre survit grâce au disque, témoignent d’une haute intelligence et d'une sensibilité toujours présente qui ne tombe jamais dans la sentimentalité.Son style d’un extrême raffinement, sa maîtrise des langues et sa musicalité profonde ont fait de lui un artiste complet.\ RI.H I' N Al Ci K R mzi DIE S N AT A LIS CT A R I N t { C ON CER10 r a r t w 11 T A «MS Vzitgf i b1 kuv • Waturi ft**» rfcruvf iM) >niU Nrfcxu Richard Hickox '¦ -*->.> Le prix Maurice André PARIS (D'après AFP) — Quatre trompettistes — un Américain, un Japonais, un Belge et un Suisse — ont participé hier aux finales publiques du deuxième Concours international de trompette Maurice André, organisé par la Ville de Paris.Au moment aller sous presse, on ne connaissait pas encore l'identité du lauréat qui devrait se mériter une bouse de $ 10.000 US.Le Belge arrivé en finale, Hervé Noël, 27 ans, a fait ses études au Conservatoire national supérieur de musique de Paris où il a obtenu un premier prix en 1987.Le finaliste américain Stephen Burns, 29 ans, est un élève de la Juil-liard School de New York et s’est perfectionné avec le trompettiste et pédagogue français Pierre Thibaud.Les deux autres finalistes sont Toshio Shimada, 27 ans (Japon) et Gérard Métrailler, 27 ans (Suisse).cinqphonkz audio J’ADORE LA MUSIQUE ET VOUS?.CINQPHONIE AUDIO sait comment vous conseiller dans le choix des composantes Hautes Fidélité à la mesure de vos aspirations et de votre budget.Venez me rencontrer pour partager cet amour de la musique Équipement stéréo Hi-Fi de 1 000$ à 40 000$.Service de réparation et optimisation.6479, Beaubien E.Montréal, Québec H1M 1B1 Tél.: (514) 251-9487 Dans le lied allemand, il rivalise avec ses collègues les plus illustres et la sortie sur disque compact du cycle Die schône Mullerin de Schubert témoigne avec éloquence de cet art supérieur qui est le sien.Ses admirateurs montréalais n'ont sans doute pas oublié son tout premier récital ici, le 2 novembre 1950 au Ritz-Carlton alors qu’il interprétait justement la mélodie initiale du cycle, « Das Wandern ».La gravure Philips a été réalisée à Vevey, en Suisse en 1964 avec le concours du pianiste Dalton Baldwin, alors que le chanteur était au sommet de sa carrière.La prise de son est remarquable et permet d'apprécier l’art de Gérard Souzay dans toute sa plénitude et sa richesse.Parmi les enregistrements de ce chef-d’oeuvre schubertien, il n'y a vraiment que celui de Dietrich Fischer-Dieskau qui puisse lui être comparé.LU B O M PACT LASSIQUE UNE SELECTION DE MILLIERS DE DISQUES COMPACTS DE MUSIQUE CLASSIQUE, OPÉRA ET JAZZ Pour choisir judicieusement un disque ou seulement pour écouter chez soi avant d'acheter PRIX IMBATTABLES?Si vous trouvez moins cher ailleurs (prix membre), nous vous remboursons la différence*.DEVENEZ MEMBRE GRATUITEMENT pendant la période d’ouverture et bénéficiez de tous les avantages des membres.* aux conditions décrites au magasin collection NOMBREUX TITRES A r«i2 DONT: 49**(DDD) Debussy: La Mer Trois Nocturnes Ambrosian Singers Orch.Philhar-monia Thomas 12.49 Wagner: L'anneau des Nibelungen (extraits) r-x.Ravel: Boléro.La valse.Daphnis et Chloé suite n'2.Alborada del gra-cioso.9.99 Pachelbel: C anon et autres pièces baroques.Orch.de Chambre anglais.Leppard.12.49 Mozart: Concertos pour piano numéros 2I à 24 9.99 Rodrigo: Concierto de Aranjuez.Fantasia para un gentilhombre.9.99 12.49 ** Prix valables jusqu’à la fin octobre 5173 Côte des Neiges (2èim* étaye) @) Métro Côte des Neijjes 737-9483 L’ETONNANT DOSSIER DE LA PLACE DES ARTS, 1956-1967, de Laurent Duvai ‘[/Histoire de la Place des Arts est un sujet riche et inexploré, plein de faits inattendus et inédits: c'est un véritable microcosme de notre société.Et ce qui lui confère un intérêt particulier, c’est qu’elle est essentiellement l'un des dossiers les plus méconnus de la Révolution tranquille/’ A vont-propos • Annexes.“Il décrit par le biais d’une recension bénédictine, mais combien passionnante à lire, malgré la densité des faits et des chiffres.Photos une époque (.) où on eût dit que jamais l’art ne serait fréquentable à l’est du boulevard Saint-Laurent.” 430 pages.Jean- V.Dufresne, Préface 32,95 $ DISTRIBUTIONS COI R I I' U -MK.MM T I INC.272-1160 • 7364 Kl I S I-DIMS M I L.II2R2I 4 L'DONNANT DE LA PLACE DES ARTS 19561967 ¦m E-4 U Le Devoir, samedi 24 septembre 1988 LE PLAISIR DES Le rock ne répugne pas à s’alimenter à d’autres styles â Philippe ZELLER ?mPL'âge du rock LJ IMPACT social du rock, certes primordial, n’explique sans doute pas entièrement son succès répété, alors que plusieurs lui prédisaient un essoufflement précoce.La clé de la longévité de ces trois accords aura en fait été leur capacité à se renouveler en se nourrissant des autres styles musicaux — leurs parents, blues et country, en tête —, sans y laisser leur identité propre.La chronique de ce mois tâtera donc du terrain des influences.MARVIN GAYE A Musical Testament 1964-1984 Motown MOT2-6255 ?Du rock, Marvin Gaye ?Pas vraiment.Plutôt de la soul, cette bande sonore de l’effervescence de la communauté noire américaine au cours des deux décennies précédentes.Une musique qui aura exercé une influence déterminante sur la carrière de nombreux rockers, notamment David Rowie et Rod Stewart qui négocièrent tous les deux le virage de la soul en 1975, respectivement avec les albums Young Americans et Atlantic Crossing.Et de cette soul music, aujourd’hui noyée dans les pulsations de la dance music et du rap, Marvin Gaye aura été l’un des plus populaires représentants mais également, avec Stevie Wonder et Sly Stone, l’un des principaux architectes à l’aube des seventies.Plus encore, la voix de velours de l'« ange de la soul » fit de lui un véritable sex-symbol.Et nombreux furent les coeurs qui cessèrent momentanément de battre à la mort de l’ange, assassiné par son père en avril 1981.Motown, étiquette qui révéla au monde entier le talent de Marvin Gaye, lance donc cette rétrospective de morceaux parmi les plus connus (I Heard It Through The Grapevine, son plus grand hit), mais aussi plus obscurs.Quatre faces d’une soul le plus souvent feutrée, à l’occasion musclée, toujours émouvante et empreinte de passion, mais jamais aseptisée.PETER TOSH The Toughest EMI Manhattan E1 90201 ?Si la musique soul fut le courant musical noir le plus influent du début des années 80 à la mi-seventies, le reggae revendique sans contredit ce titre dès 1978.< ette année-là, Eric Clapton popularise cette synthèse de soul et de rythmes africains tout droit sortie des ghettos de .Jamaïque en enregis-trant le I Shot The Sheriff de Marley et ses Wailers, dont fait partie Peter Tosh.Ce dernier entreprend une carrière solo l'année suivante, carrière qui le place petit à petit dans le rôle de porte-parole de multiples causes : * droits de l'homme, problèmes de l’Afrique et, plus particulièrement, la légalisation de la marijuana.M.« Legalize It.en vient rapidement à s'autoproclamer « The Toughest ».De plus dur, il deviendra bientôt.avec Marley, l’un des plus connus lorsque les Stones le signent sur leur label en 1978.dagger chante Don’t Look Hack avec lui et Tosh devient une star mondiale.Statut qu’il maintiendra avec plus ou moins de succès jusqu’à son assassinat, en septembre 1987.Que sorte alors l’album-compila-tion posthume de rigueur.S’il y manque les principaux chevaux de bataille du « ministre de l’herbe », enregistrés antérieurement sur une autre marque, « The 'toughest » s’avère une anthologie adéquate des dernières années de la carrière de l’homme et un complément essentiel à ses réalisations d’avant sa consécration.THE ROBERT GRAY BAND Don’t Be Afraid Of The Dark Mercury-Hightone 834 923 1 ?1 / 2 Lorsqu’on parle de blues grand public, deux noms sautent immédiatement à l’esprit : Stevie Ray Vaughan et Robert Cray.Le premier, blanc et Texan, assène un blues-rock plus dur que le second, noir et du Missouri, qui affectionne un son plus pépère.Don't Be Afraid Of The Dark ne se démarque donc pas vraiment de son prédécesseur, Strong Persuader, dans ce sens où Gray y propose encore ce blues teinté de soul et de rythm and blues qui fait de lui l’une des valeurs sûres du rock actuel.La musique de Robert Cray semble produite sans effort apparent mais son efficacité n’a d’égale que la classe de son auteur.Une musique qui colle parfaitement à la voix toute en douceur de celui-ci, de même qu’à son jeu de guitare particulièrement «cool» et coulant.COLIN JAMES Colin James Virgin VL 3044 kick également dans une veine blues, Colin James, jeune guitariste canadien, s’impose avec un premier al- XttfAv.bum énergique et impressionnant de par son exécution.Contrairement à Robert Cray, qui préfère s’exprimer par un jeu caractérisé par'.l’économie de notes, James opte pour un style flamboyant axé sur la vitesse et se rapprochant légèrement de celui de Stevie Ray.Difficile de préférer l’un ou l'autre, tant les deux ont du bon.Colin James s’avère par ailleurs un honnête chanteur et un bon compositeur de rocks sans surprises, mais efficaces.Mise à part une pièce visiblement destinée à rivaliser avec Bryan Adams sur les ondes, ce premier essai est plus qu’intéressant.C’est à suivre.Quelques dames qui chantent \_ Stéphane MICHAUD mPEi tpop.STEPHANE MICHAUD EST-CE le beau temps qui a resurgi qui m’a pousse à des rencontres plus galantes ?Ou serait-ce plutôt qu'en cet été magnifi que, nous avons assisté à une invasion musicale sans précédent de chanteuses anglophones ?Toujours est-il qu’entre George Michael et UB 40, entre Johnny Clegg et Steve Win wood, se sont glissées ici et là quelques dames que je vous présente à l’instant.KYLIE MINOGUE Kylie Geffen Records Kylie (prononcez « guili ») Minogue , c’est cette jeune Australienne qui remporte actuellement un succès foudroyant aux États-Unis avec une version revue et corrigée — la 856e, sans doute — du vieux classique de G.Goffin, « Locomotion » (dont on a tiré par ailleurs un vidéo fort réjouissant).Envoyez-vous l’album au complet, et vous obtiendrez du matériel de même facture : un « dance » de bonne cuvée, un « beat » mordant, un style frais et enjoué pour clientèle fraîche et enjouée, le tout servi par une prise de son exceptionnelle.Comme de raison, le texte, farci d’artifices, n'a ici aucune importance.Prenez par exemple « Je ne sais pas pourquoi », morceau au titre pour le moins intrigant; n’y cherchez pas plus de notre bon français, car c’est tout ce que vous y trouverez.Qu'est-ce qu’on ne ferait pas pour avoir l'air « branché »! En dépit de son exotisme, nous avons probablement affaire là à une vedette « fabriquée », à la musique impersonnelle, débordante d’énergie, mais qui n’apporte rien de neuf.Dites-vous qu'à l'autre bout du monde, on bat la même mesure .GWEN GUTHRIE Lifeline Warner Records Plus proche de Diana Ross que de Whitney Houston, Gwen Guthrie s'avère une dame aux multiples talents : elle interprète, compose, produit et arrange la plupart de ses chansons.Voilà déjà plusieurs années qu’elle roule sa bosse dans le milieu et, quoiqu’elle semble bien connue chez elle, sa réputation tarde à franchir nos frontières.Son dernier microsillon pourrait servir à corriger cet état de choses.Avec « Lifeline », nous renouons connaissance, comme je le laissais supposer un peu plus haut, avec un son plus traditionnel style Motown, et ce, malgré un irréprochable fini « high tech » ; il n'y a qu'à prêter l’oreille aux sifflets qui ponctuent « Rockin’Chair » pour s’en convaincre.Un son « cool » aussi, mais croyez bien que ce que la dame n’offre pas en performance, elle l’offre en sensibilité.Meilleure plage ?("est un appel à la prudence « funky » et percutant en ces temps de SIDA, « Can’t Love You Tonight ».Pire morceau, car il y en a un : « Bye Bye Lover», dont le texte bête et méchant — qui n’est pas d’elle, incidemment - rappelle par trop l’aca-riâtre « It's My Turn » de (coïncidence) Diana Ross .Bref, ça ne casse rien, mais ça s’écoute sans trop de déplaisir.SHIRLEY MURDOCK A Woman's Point of View Elektra 96 07911 Attachez vos ceintures, car voici un album tout à fait extraordinaire, non pas tant en raison de la belle voix « gospel », chaude et polyvalente, de la chanteuse, que pour l’incroyable recherche de sonorités nouvelles qu'on y retrouve, et qui dans le genre se fait de plus en plus rare ; des arrangements inusités, de l’éleetro- A\K* acoustique, des jeux de rythmes inhabituels et fascinants, tout cela bonifié par un mixage des plus étonnants.Dès les premières secondes, un son très travaillé créant un équilibre parfait entre voix et musique et les mettant mutuellement en valeur.Chapeau au producteur Roger Troutman à qui revient sans doute le crédit de cette réussite.La première partie est tout simplement fabuleuse; l'intérêt baisse quelque peu à partir du conventionnel « I Still Love You », mais cela n’enlève rien à la haute facture générale de l’ensemble.Résumons-nous ; un disque « pop » déroutant de qualité, conçu avec intelligence.Qui dit mieux ?Puissions-nous avoir d'autres points de vue de femmes de ce genre ! SIEDAH GARRETT Kiss Of Life Qwest Vous ne vous trompez pas : c’est bien elle qui chantait la pomme à Michael Jackson dans» I Can't Stop Loving You » sur la « méchante » galette de ce dernier.Montant en grade, elle a droit à son premier album solo, « Kiss Of Life », fruit de plusieurs mois de travail (c’est elle qui le dit ).Un coup d’envoi qui démarre en force avec « K.I.S.S.I.N.G.» et son synthétiseur enragé : un vrai hit potentiel qui devrait avoir sur les planchers de danse tout le succès qu’il mérite.Hélas, trompeuse entrée en matière, car les choses se banalisent par la suite.Certes, la dame est sensuelle, a du coffre et beaucoup de personnalité mais, lancée par le dieu Jackson et parrainée par siecgih gèrret^ Quincy Jones, elle en a subi les influences.On devine les petits cris d’extase contenue typiques de son mentor, on sent les longs soupirs soutenus, sans parler de cette surenchère au niveau des arrangements.Un album qui plaira quand même à peu près à tout le monde, où alternent fougue et introspection.Prometteur, mais pas aussi brillant qu’il aurait dû l'être, à mi-chemin entre l’étreinte passionnée et le bec de soeur.Une partie d’échecs, ça vous tente ?La Boîte à sons, spécialiste de la chanson française PHOTO JACQUES JAILLET François La Roque devant sa boutique de la rue Saint-Denis.* #¦** - ~~ • - FRANÇOISE GENEST CE N’EST qu’une question d’années pour que disparaisse complètement le disque vinyle au profit du disque compact.C’est du moins ce que soutiennent les spécialistes.Mais l’agonie sera longue, et en attendant cette fin irrémédiable, le disque noir conserve quelques solides bastions, même chez les mélomanes.C’est le cas notamment pour la chanson française.Car si les Brassens, Ferré, Ferrât et Brel sont maintenant disponibles en version numérique, comme le sont d’ailleurs la plupart des artistes français, la facture chez, le discaire risque d’être fort élevée s’il s’agit d’un titre ancien ou moins populaire, qu’il faudra importer à la pièce.Une situation qui prolonge d’autant la popularité du microsillon A la Boite à son, une boutique de disques, située rue St-Denis, spécialisée dans la musique française et les titres rares, les tablettes sont r ern plies de disques d’importation et de collections complètes Tous les titres de Léo Ferré, par exemple, même les moins populaires, y sont disponibles, tout comme les albums les plus rares de Brassens.» Et nous en avons pour tous les goûts Le chant grégorien, tout comme les disques de France Gall.En fait, nous essayons d’offrir le choix le plus complet en matière de chanson française, ça va de la chansonnette des années 20 à Bibie, en passant par Édith Piaf et Henri Vès avec sa musique pour enfant », précise M.La Roque.C’est d'ailleurs cette spécialisation en chanson française, qui explique, en partie du moins, la lente progression du disque compact à la Boite à son.Comme le souligne le propriétaire, les titres français disponibles sont encore peu nombreux, par rapport à la production américaine par exemple, ou à la musique classique.La demande est moins forte et les prix d’importation très élevés.Il faut compter le double du prix pour la version numérique d’un microsillon.Ce qui fixe à environ 39.00 $ le prix de détail moyen pour chaque titre spécialement importé.« C’est la même-chose pour n’importe quel artiste européen, même aussi populaire que Paolo Conte Pour obtenir un enregistrement original ou distribué exclusivement en Europe, il faut comp ter également une quarantaine de dollars pour le compact.Nous essayons d'offrir le choix le plus varié, mais pour maintenir notre éventail dé titres, nous ne pouvons pas impor ter autant de compacts que de viny-les », explique M.La Roque.De tels prix ralentissent d'autant plus la croissance des ventes du compact.Selon le discaire, plusieurs mélomanes ont investi des sommes importantes dans des chaînes haute fidélité et possèdent déjà plusieurs centaines de microsillons qu’ils répugnent à mettre au rancart.« La plupart de nos clients sont prêts à attendre un mois et plus pour obtenir un titre non disponible au Québec.Ils investiront facilement 20 ou 25.00 $ pour un tel disque, mais ils rebutent encore à investir 40.00 $ pour la version compact.Et de tels prix continueront de prévaloir tant que la de- mande pour les.titres francophones n’augmentera pas.» C’est ainsi qu’à la Boite à son, malgré une au au cours (.„_____._ étalages de compacts se font encore discrets et le microsillon règne toujours sur les tablettes.« Evidemment à long terme le mouvement est irréversible et le compact finira par remplacer le microsillon, mais pour l’instant les disques au laser ne représentent que 5 % de mes ventes annuelles.Et cela inclut les titres à large distribution qui sont également disponibles chez la plupart des grands discaires », précise-t-il.Des chiffres légèrement inférieurs à la moyenne québécoise, que François La Roque impute eh partie, à ses propres efforts pour maintenir le disque noir, pour lequel, selon lui, il existe un marché fort intéressant.« D’ici cinq ans, de plus en plus de mes clients seront convertis au laser, et mon pourcentage de vente pour la musique numérique aura probablement atteint au moins 50 %, mais je n’ai pas l’intention de mettre l’accent sur le compact, du moins dans un proche avenir.Je crois qu’une bonne partie de ma clientèle continuera de venir pour les microsillons et ce pour quelques années encore.» Sans compter, comme le rappelle ce dernier, que si les mélomanes ont été les premiers à se convertir à la musique numérique, ils ne partagent cependant pas tous le même engouement pour le disque compact et certains d’entre eux, sont encore de fervents défenseurs du disque de vinyle, pour lequel ils conservent un attachement tout particulier, surtout les collectionneurs et les amateurs d’éditions rares.« Il y a des gens qui apprécient particulièrement la pochette du microsillon qui demeure plus attrayante que celle du disque compact, d’autres encore, ont des collections presque complètes pour certains artistes, qu’ils désirent continuer», explique M.La Roque.D’autant plus que la qualité sonore du compact ne fait pas encore l’unanimité des amateurs.« Certains en vantent la perfection, d’autres au contraire la disent « froide » et sans » âme et lui préfèrent la sonorité du disque noir », commente M.La Roque.Quoiqu'il en soit, pour les amateurs qui ont déjà pris le « virage nu mérique », la Boîte à son offre, outre les titres à grande distribution, quelques compacts d’importation limitée relativement intéressants.Pour peu que vous soyez prêts à investir quelques dizaines de dollars, vous pourrez donc vous procurer le dernier compact de Gipsy Kings ou de Boris Vian.À moins que vous ne préfériez, Le mystère des voix bulgares, La fête à Ferré ou les enregistrements d’Esther Lamandier.Pour les amateurs d’exotisme le compact « Kono », les tambours japonais et pour les nostalgiques, Aristide Bruan, se retrouvent également sur les tablettes.Et si la musique du Nouvel Âge vous séduit et que votre porte feuille vous le permette, vous pourrez toujours vous rabattre sur le dernier Vangelis : « Antartica», à 85.0(1$ dans sa version numérique.! a saison de la musique La radio MF de qualité •.^ Le Devoir, samedi 24 septembre 1988 E-5 LE PLAISIR francophonie SOUVENIRS TENDRES Ginette Reno Melon Miel — MMCD — 506*** Une première compilation très attendue ! Des chansons magnifiques, connues comme Barrabas ! ! ! Le très beau texte de Diane .luster, «Je ne suis qu’une chanson » enfin disponible sur compact ! Merci Madame Reno !.* A ë ï ô t s H T T~ msï*» * ¦i-s-«-;!.« « A CORPS PERDU Oswaldo Montes Polygram 837 391—2 *** Sur ce disque, on retrouve la musique composée par Oswaldo Montes pour- le plus récent film de Léa Pool « A corps perdu ».C'est très beau .ma plage préférée s’intitule «L’Amour II».On connaît l'exigence de Léa Pool pour ses musiques de film.ces compositions sont à la hauteur de nos attentes.DANCING Paolo Conte Audiogram ADCD 10 003**** La copie audionumérique du disque qui a lancé Conte chez nous, en 1987.Intemporel et irrésistible.Même si votre copie en vinyle est encore en bon état, achetez le compact quand même en prime, vous aurez droit aux versions en français des textes savoureux du chanteur le plus original depuis Leon Redbone.DOUCE FRANCE Succès de toujours (compact d'or) EMI — 1597542**** Pour le plaisir de se souvenir ! C’est la seule raison pour laquelle je lui donne 4 étoiles ! D’Edith Piaf à Gilbert Bécaud en passant par Lucienne Delvle, Cora Vaucaire, Jacques Pills ou les Compagnons de la chanson.Des chansons qu'on se surprend à fredonner ! MARIE LAFORÊT Marie Laforêt Accord 401332 **** TOUJOURS Angelo Branduardl Musiza 258 037 *** Je donnerais volontiers quatre étoi les à n’importe lequel de ses microsillons et, s’il n’y en a que trois ici, c’est parce que je n’aurais pas fait le même choix que celui qui a compilé ces titres.excellents par ailleurs.Au fond, c’est peut-être le vice inhérent à la notion même de compilation.Bran-duardi est à la chanson italienne ce que Cat Stevens est aux Anglo-Saxons ou Fiori à la musique d'ici : un trouvère qui s'est trompé de siècle, un troubadour qui se déguise sous des arrangements contemporains sans jamais sacrifier à ce qui fait l’essentiel de son art.De la grande chanson.Dommage que les textes ne soient pas inclus.D’abord, un aveu : je fais partie de ses fans inconditionnels.Mlle chanterait une page de la circulaire de Pro vigo, et je trouverais ça beau.Ça vous situe.Vingt-quatre titres qui vont déclencher la machine à souvenirs qui sommeille au fond de vous; les grand succès comme « Ivan, Boris et moi », «Que calor la vida» et « Mon amour mon ami », bien sûr, mais aussi des perles moins connues comme « La tendresse», «L'orange», «Je voudrais tant que tu comprennes » et « Le lit de Lola ».Une voix unique qui confère à tout ce qu’elle chante un charme indélébile.Mis à part « Marie douceur Marie colère», les arrangements vieillissent très bien.Kneore : MARIE LES VENDANGES , ^ DE L’AMOUR QUE CALOR LA VIDA MANCHESTER ET LIVERPOOL IVAN.BORJS ET MOI — François Paré La quête FRANÇOIS PARÉ PARMI les diverses façons d’appréhender l'univers de Bernard Lavilliers, une m’agace au plus haut point : celle des cyniques qui s’amusent à dresser une liste d’images récurrentes délimitant le domaine à l’intérieur duquel oeuvre son imaginaire, la nuit, le sang, le sexe, l'alcool, le cuir, l'argent, la drogue, la misère, le crime, autant de balises verbales frôlant le stéréotype.À mon avis, une telle démarche est erronée, elle s’attarde aux traces au point d’en oublier le motif de la démarche.Or, ce qui fait le charme sinon la fascination de Lavilliers, ce qui le rend si important pour la musique fran- Qui succédera à Vignault?LK RÉSKAU radiophonique Radio-mutuel décernera pour la première fois, dans le cadre de l’émission L 'Autobus du showbusinessà Radio-Canada, son « Grand Prix Radiomu-tuel de la Chanson Québécoise».Cette rare collaboration entre Ra-diomutuel et la société d’Êtat aura lieu dimanche soir le 2 octobre, à 19 h 30, dans le cadre d’une édition spéciale de L’autobus animée par Jean-Pierre Ferland.Radiomutuel avait créé l’année dernière un événement spécial destiné à soutenir la création québécoise, en décernant un prix à la plus belle chanson québécoise de tous les temps.À cette occasion, A ton pays de Gilles Vigneaull avait obtenu les faveurs du public.Radiomutuel transforme donc maintenant cet événement en concours annuel, afin de récompenser la chanson de l’année telle que choisie par le public parmi les chansons entendues entre juin 87 et mai 88.Trente chansons ont été choisies par un jury de cinq personnes provenant du réseau Radiomutuel et les cinq finalistes sont Le P’tit Bonheur par Johanne Blouin, Chat sauvage par Marjo, Incognito par Céline dion.Ma blonde et les poissons par Michel Rivard et La nuit se lève par Daniel Lavoie.L'émission du 2 octobre, où sera proclamée la chanson gagnante, permettra d’entendre un pot-pourri des chansons qui avaient été mises en nomination l’année dernière, dont Mon pays qui sera interprété par Monique Leyrac.Manset: la voix de la souffrance MICHELINE RICARD I.A PREMIÈRE fois que j’ai entendu Gérard Manset, c’était en automne, un après-midi.et j’ai eu un choc ! L’animateur à la radio avait fait jouer une de ses chansons 11 fois de suite ! Qui pouvait oser chanter avec une voix pareille ?On aurait dit la voix de la « souffrance » ! Qui pouvait parler ainsi de l’IIOMME et de son UNIVERS ?Qui pouvait bien se cacher derrière cette façon d’écrire et de dire ?Cet homme, je l’aimais déjà.Quelle lucidité, quelle intelligence et surtout, quelle sensibilité.Alors j’ai voulu tout savoir sur lui : Gérard Manset a débuté dans les années fit) et pendant près de 20 ans, d refusera de faire des émissions de variété, refusera aussi les interviews.Faut dire que certaines expérience furent si désastreuses qu'il va-lait mieux se taire, se cacher et même fuir ! Sa discrétion aura pour effet d’embêter les gens de l'industrie.Son travail de moine et son succès « relatif » (Manset a quand même son fan club) dérangent un peu ! Il prouve qu'il n’a pas besoin de quêter ou de se prostituer pour réussir ! Pendant que les autres le regardent aller, lui, il travaille et il VIT ! Gérard Manset est un artiste remarquable; il écrit des chansons superbes; son oeuvre est exceptionnelle (et je choisis mes mots).Une douzaine d’albums au total dont deux sont maintenant disponibles en compact.Deux disques indispensables qu’on écoute et réécoute avec un plaisir sans cesse renouvelé ! Ce qui m’a toujours frappée chez Gérard Manset, c’est son authenticité, son exigence face à son écri t ure, sa soif de savoir, son besoin d'apprendre, et aussi, sa modestie.Et le merveilleux c’est qu’il réussit à nous communiquer tout ça en même temps.Né à Saint-Cloud en 1945, Gérard Manset a toujours été un artiste « marginal » ; ce qui, pour moi, est une grande qualité.Il y a 2 ans, il brisait le silence et avouait à la revue Paroles et musique que désormais il ferait autre chose.professeur de dessin peut-être ?.Et me voilà triste ! Il me manque déjà ! D’où l’importance de plonger tête première dans l’oeuvre de Gérard Manset, une oeuvre qui fait déjà partie de l’histoire.Ma suggestion ; à écouter dans l’ordre, un jour ou un soir.Il voyage en solitaire, Qu ’il est loin le temps devant nous, et enfin, Lumières.Vous aurez tout compris !.Où sont passées les lumières ?Iccl I [QRENZ ET SONY PRÉSENTENT Ut SÉRIE ES SANS COMPROMIS TA-E77ESD Pré-ampli audio-vidéo stéréophonique Avec télécommande programmable TA-N77ES Ampli de puissance stéréophonique Puissance nominale continue de 2 fois 200 watts sous 8 ohms LORENZ w inassouvie de Lavilliers Bernard Lavilliers II cophone d'aujourd’hui, c’est son féroce appétit de vivre, son besoin exacerbé d’un ailleurs, cette quête inassouvie du possible qui rend son sens à l’existence.Pour se prouver à lui-même qu’il vit, qu’il jouit pleinement, pour empêcher l’évanouissement du frisson fondamental, Lavilliers voyage, un peu partout à travers le monde et les âges, à la recherche de témoignages de gens qui.comme lui, ont refusé de s’endormir, peu importe le moyen : la guerre (« La frontière », « Seigneur de guerre »), le crime (« Voleur»), la danse (« Tango »), la drogue (« Last Side Story »), la contestation des injustices (« Noir et blanc», tous ces titres sont sur « Voleur de feu »), valent d’être chantés dans la mesure où ils affûtent la conscience d’être en MP*7I nifXMHi vie (« Tes vivant » était le titre d'un de ses disques enregistré en spectacle), dans la mesure également où ils nous empêchent de devenir bourgeois et bien-pensants, engoncés dans des certitudes somnifères, morts qui s’ignorent.Pour véhiculer dans toute leur force ses images, Bernard Lavilliers possède la voix idéale : grave et intense, urgente et fatale.Il a également su s’entourer de musiciens et d’arrangeurs tout à fait exception nels, venant d’horizons musicaux aussi différents que la musique électronique ( François Bréant ), le rock populaire (Jannick Top), ou la salsa (Ray Barretto).Rarement ai-je entendu arrangements plus efficaces.Avec les années, la discographie de Bernard Lavilliers s’est allongée considérablement et les rééditions en compact se font de plus en plus nombreuses.Il existe même deux compilations : je n’ai pas envie de vous les recommander, parce que j’imagine que Lavilliers n'a pas été consulté lorsqu’on! été choisies les pièces qui les composent.Ce qui n’est pas le cas pour « Gentilshommes de fortune » : c’est Lavilliers lui-même qui a choisi les titres et il a ajouté quelques notes de voyage intéressantes, en plus de proposer quelques versions « remixees » de titres anciens (entre autres d’« F.ldo rado », l’une de ses plus belles réussites).Pour s’initier à l’univers de Lavilliers, c’est sans doute excellent.Mais je préfère vous recommander « Voleur de feu » .ce disque a été lancé sur le marché en 1986, et deux ans plus tard, on commence à peine à en constater l’infime richesse.Il faut du recul pourtnen voir la montagne.L’AVENTURE, LA VIE, LAVILLIERS « Gentilshommes de fortune, Rêves et Voyages Bernard Lavilliers Barclay 835 124-2 ?VOLEUR DE FEU Bernard Lavilliers Barclay 829 342-2 **** N.\ — URGAN WOKks ^ f?a B i (_l_ i! J.A/ de réduction sur tous nos disques compacts, I O /o CASSETTES ET MICROSILLONS JUSQU’AU 1er OCTOBRE.(Étiquettes rouges exceptées) DISQUES COMPACTS CLASSIQUES HUNGAROTON —-H LISZT: Oeuvres pour orgue.(WHITE LABEL).9" mil \V\| > Il K UIMs il U l)N \ vm VIIOVs WMI’IIOM Nu l VIVALDI: L'Estro armonico (extraits).Orch Chambre.F Liszt (WHITE LABEL).ü rw A IV t A i & ___ 99 BRAHMS: Variations sur un thème de Haydn.Or G.Lebel (WHITE LABEL).Q 99 PUCCINI: Madama Butterfly.Kincses/Patané (2 disques compacts) (HUNGAROTON) 40" LOT CHOISI DE DISQUES COMPACTS 1 q qq CLASSIQUES D.G.G., PHILIPS, « 1 ou cc99 LONDON J pour 30 RACHMANINOFF: Varialions sur un thème de Chopin, op.22 (LONDON) r-\ VL0T CHOISIDE DISQUES COMPACTS 15 99 CLASSIQUES ERATO "BONSAI" (cassettes) 6.99 C»v- a fST— -____ BEETHOVEN: Symphonie no 3 "Eroica".Orch.18th Century.F Brüggen.(PHILIPS) i Thin (fv/tn* «r BERLIOZ: Harold in Italy OS M — Dutoil Zukerman CHOPIN: 4 ballades K Zimer-rnan.(DEUTSCHE GRAMMOPHON).Üj f-LœncUL l'ttrh NA KL’I rtPtïïîâ HAENDEL: Musique pour leux d'artifices.Orch Chambre, JF Paillard BACH: 6 sonates en trio M C Alain C“ — MAi il II, | ANDRÉ £.5 HAENDEL/BOIELDIEU: Concertos pour harpe.L.Laskine — Orch Chambre J.F, Paillard TRUMPET VOLUNTARY.PURCELL, HAENDEL, BACH, etc.Maurice André.DISQUES COMPACTS CLASSIQUES SONATINA 7.99 — LES PLUS BEAUX AIRS D'OPÉRAS POUR SOPRANO.Opéra de Bulgarie OUVERTURES CÉLÉBRÉS: K.Redel.NICCOlll etl.-AMNr PAGANINI: Concertos pour violon et orchestre nos.1 et 2.Kan-torow/Thomas.CHOEURS D OPÉRAS RUSSES CÉLÉBRÉS: Sofia/Raychev.DISQUES COMPACTS CLASSIQUES C.B.S.J TCHAIKOVSKY: Concertos pour violon et piano.Gilels/Zukerman/Melha^ 049 WAGNER: Extrait du ’’Ring" New-York Phil, Z.Metha, H 049 i DOMINGO/LORENGAR: Chante la "Zarzuela”.Dir.G Navarro ¦iÇ99 159 BERNSTEIN: The Bernstein songbook 19" DISQUES COMPACTS CLASSIQUES ANGEL H ki MOZART: Concerto pour flûte, harpe el orchestre.J Galway/Karaian 12" r-n______- BRUCH: Concerto pour violon no 2.Fantaisie Écossaise Perlman/ Metha 19" t â BEETHOVEN: Sonates "Les Adieux" el "Appassionata" 4 Q99 yV M Tan | ÎJ HOLST: Symphonie chorale, op 41 Orch Phil de Londres.Q99 A.Boult, 199 ARCHAMBAULT u t Q U ^ 500 est, rue Ste-Catherine, Montréal COMPLEXE DESJARDINS (J^TICKETOQN* 849-6201 288-2444 ME TW KfcCfl Bt.RRl METRO PLACE _____ DES ART dES] A QUÉBEC: M.USIQfJED’AUTEUIL, 1095 ST-JEAN, 694-0726 E-6 ¦ Le Devoir, samedi 24 septembre 1988 LE PLAISIR DES Jacquet ajoute un chapitre à l’histoire du big-hand APRÈS cinquante années dépensées en tournées incessantes, en enregistrements effectués le plus souvent à la va-vite ou au service des grands orchestres de Lionel Hampton et Count Basie, Jean-Baptiste Jacquet, dit Illinois, propose enfin un album réalisé en compagnie de seize mercenaires.Un bijou sonore.Un coup de poing qui, depuis sa sortie toute récente, a renversé le grattin musical new-yorkais.Intitulé Jacquet’s Got It, sur étiquette Atlantic, ce disque est l’événement de la rentrée.A la belle histoire du big-band, Jacquet vient d'y ajouter un chapitre.Une pièce d’anthologie d’autant plus agréable que depuis la mort de Count Basie, il y a six ans, tous les apprentis-sorciers qui avaient tenté de s'emparer de la flamme se sont bêtement brûlés les doigts.Jacquet’s Got It, c’est la revanche de Jean-Baptiste.Kt tout d’abord de l’instrumentiste, soliste que plus d’un critique a qualifié de vulgaire.C’est vrai qu’ici et là, à coups de notes sculptées dans le punch.Jacquet racole un petit peu.Sauf qu’il fait cela, c’est paradoxal de le remarquer, de manière sobre.Il sait où s’arrêter.Son Blues From Lousiana, qui clôt la face 2, est un modèle du genre.De toute façon, et Count Basie vous l’affirmera, un saxophoniste ténor qui doit souffler avec suffisamment de force pour ne pas se faire enterrer par une quinzaine de débardeurs, doit être un tantinet cabotin.Sinon, c’est bonjour les dégâts et le B.S qui vous attend les bras ouverts.À l’instar de ses amis et complices Arnett Cobb et Eddie « Lockjaw » Davis, Jacquet est un instrumentiste appréciant les sons qu'on apprend au fond de la ruelle.Il souffle très fort.Avec puissance.Sa sonorité est canaille, gaillarde, délinquante.Elle est simple, parce que le discours ne doit pas être celui d’un bavard.Bref, Jacquet prolonge l’art des Coleman Hawkins, Hershel Evans et Ben Webster tout en empruntant à Lester Young pour le phrasé.A cet égard, le choix de la pièce Tickle Toe, un morceau de bravoure, comme introduction de ce disque n’est pas innocent.Composée par Lester Young, Jacquet l’interprète en y injectant beaucoup de poids.Ce Tickle Toe n’a rarement été aussi pesant.Il y a tellement de kilos que l’enregistrement qu’en avaient fait Scott Hamilton, Al Cohn et Buddy Tate — trois saxophonistes ! — apparaît bien maigrichon.Alors membre de l’orchestre de Lionel Hampton, à la fin des années 30, Jacquet a eu le malheur d'enregistrer un solo dévastateur sur la pièce Flying Home.Une improvisation qui à connu un tel succès qu’elle se transforma rapidement en un poison pour la suite de sa carrière.Avoir été l’auteur d’un morceau maintes fois rabâchés, et de manière stupide, lui a valu cet étiquette de vulgarité auquel cet album devrait mettre un terme définitif.Cela, parce qu’à son tour il a décidé de faire un pied de nez.Dans le répertoire de la musique pour big band, les compositions Tahiti The A Train, Jumpin’ Al The Woodside, Stompin’ At The Savoy el bien entendu Flying Home, sont constamment jouées en spectacles mais rarement enregistrées.Faisant exception à la règle, Jacquet a décidé de mettre sur le ruban la pièce Stompin’Al The Savoy.Comme s’il La photo de Jean-Baptiste Jacquet qui apparaît sur la pochette de son dernier album.avait pensé tout bas, « vous — c’est-à-dire les critiques — m’avez cassé les pieds avec Flying Home pendant trente années, maintenant c’est à mon tour de prendre vos pieds pour des boulevards ».D’où ce Stompin’ At The Savoy qu’il a trouvé le moyen de rajeunir par le biais de l’arrangement bien plus que par la qualité des solos.Sur le jeu strictement instrumental de ce saxophoniste, on rappellera cette appréciation d’Alain Gerber : « Son jeu très excitant s’entache parfois de vulgarité lorsqu’il en appelle à un expressionnisme extra-musical, mais on a trop souvent mis ce défaut en avant, oubliant de quelles précieuses qualités il était la contrepartie ».Et maintenant, la revanche du chef d'orchestre.Les deux plus magnifiques machines à swing de l’histoire du jazz sont évidemment celles de Duke Ellington et de Count Basie.Le premier savait accentuer, ou plutôt forcer, les qualités de ces musiciens à merveille tellement il connaissait la personnalité respective de chacun.Le second, surtout à partir des années 50, favorisait la cohésion.La discipline de groupe.Basie possédait à fond ce don consistant à faire intervenir au bon moment une section complète de trombones ou de trompettistes.Ces pièces étaient parfaitement balancées.Basie avait l’art de la ponctuation.C’est dans la tranchée creusée par Basie que Jacquet a puisé les atouts qui font de son album un événement.Le premier, c’est le répertoire.De Tickle Toe sur la face un à Blues From Louisiana sur la face deux, on a plus que l’impression que Jacquet n’a pas cessé de gueuler après sa troupe, Just Swing, Baby ! Just Swing.Entre les classiques du premier côté et ses compositions sur le deuxième, ce n'est que cela.Du swing, encore et toujours.Le deuxième, c’est l’arrangement.Entre un vieux renard comme Wild Bill Davis et un jeune loup comme Eddie Barefield, sans oublier ses propres arrangements.Jacquet a favorisé l’efficacité et le rythme.Il a choisi des experts en rythmes francs sur lesquels les solistes se sentent tellement à l’aise qu’ils peuvent s’aventurer sans qu’il y ait cafouillage à l’horizon.Le troisième atout, ce sont les mu- siciens.Là, on peut affirmer haut et clair, « chapeau M.Jacquet ! ».Sa bande, il l’a fabriquée avec une moitié de vétérans côtoyant une moitié de jeunots qui ne s’en laissent pas imposer.En plus, on a des experts en accompagnement, comme Johnny Grimes, qui se mélangent fort bien aux experts en solos comme le trom- bone Frank Lacy et, surtout, le trompettiste Jon Faddis.Ensemble, ils forment le meilleur big band actuel.Une revanche superbe pour un artiste que l'on disait vulgaire.Une sacré leçon de savoir-faire dans un domaine, celui de la grande formation, que l’on dit dangereux d’explorer après Ellington et Basie.Serge TRUFFAUT Jean-Michel Jarre imite Handel MUSIQUE DU NOUVEL AGE Des musiques bien léchées qui font frissonner JEAN-MICHEL JARRE LONDRES (AI1) — Le compositeur français Jean-Michel Jarre a déposé mercredi une nouvelle demande pour organiser un grand spectacle de musique, feux d’artifice et rayons laser au-dessus du quartier londonien en pleine extension des Docklands, sur les rives de la Tamise.Ce spectacle aurait lieu les 8 et 9 octobre aux Royal Victoria Docks, partie de l'est londonien en plein réaménagement la faisant passer de l'ère des entrepots à celle des usines de haute technologie.Le feu vert doit être donné par le conseil de Newham, qui était revenu sur son autorisation du concert à guichets fermés du 24 septembre, devant 100,000 personnes, craignant que la foule ne provoque un danger d’incendie et d’importants embouteillages routiers.Le conseil doit examiner fin septembre cette nouvelle requête — avec le concert unique scindé en deux spectacles sur une scène flottant sur la Tamise.STÉPHANE DESJARDINS Philippe Saisse Valerian Windham Hill CD: WD1073 ?Philippe Saisse VALERIAN Production très léchée d'électro-soft jazz, Valerian s'impose parmi les oeuvres intéressantes de ce style défendu par la très grosse maison alternative américaine Windham Hill.Le Français immigré à New York Philippe Saisse est un pianiste célèbre dans le petit monde de la musique rock; il a collaboré avec les Rolling Stones, David Bowie, Billy Joel, Nougaro, Grace Jones et autres superstars.La formation classique de Saisse transpire d’un bout à l’autre de cette oeuvre qui est sûrement destinée au disque compact.Excellent pour travailler ou .pour cuisiner ! Jean Corriveau Un Zoo la Nuit Sélect CD: ZOOCD-15001 ?* L’audition de la bande sonore de Jean Corriveau m’a fait frissonner autant qu’au moment de la projection du film.Cette dernière création de la musique électro-pop québécoise se savoure de préférence dans le noir.Exécution brillante, sensualité, fougue, barbarie : cette production de Corriveau est bouleversante et passera à l’histoire.De leur côté, les producteurs ont manqué d'imagination en lançant cette bande so nore au moment où le film a terminé sa carrière en salle.Marlelle Dufour/Lise Llppé (conception) Sotho/Plerre Deslauriers (musique) La Méditation fantastique vol.1 et 2 SDE (Indépendant) ?Les enfants de cinq à huit ans et les jeunes de neuf à douze ans bénéfi cient maintenant d’un cours audio-« visuel » (en cassette audio) de méditation dirigée, grâce à l'ex-enseignante Marielle Dufour.Cette « première canadienne », selon madame Dufour, propose une introspection méditative par des textes parfois un peu compliqués pour ce genre d’exercice.La trame sonore — reposant essentiellement sur des synthétiseurs — constitue le véhicule méditatif parfait; l’autre face de la cassette ne comporte aucune narration.Un mini-guide réservé aux parents est proposé au dos d'une très belle jaquette.Expérience intéressante et honnête, terriblement Nouvel âge.Gabrielle Roth and The Mirrors Totem The Moving Center (indépendant) iririr L’Américaine Gabrielle Roth nous propose de la musique tribale assaisonnée de synthétiseurs et de cloches tibétaines.Plusieurs tambours, tams-tams et instruments de percussion font l’essentiel de cette oeuvre bizarre, mais tout de même joyeuse et sensuelle.Quelques « overdubs» synthétiques rappellent à l’auditeur que nous sommes en 1988.Dès les premières notes, l’irrésistible appel à la danse javano-africaine se fait sentir.La jaquette de cette cassette parle de musique de « transe urbano-primitive ».On ne pouvait trouver meilleure description ! Vincent Dionne Destinations Disques GMD (Sélect) : GMDCD 1303-13 ?Avec Destinations, Vincent Dionne (ex-Dionne-Brégent) fait un brillant retour à la musique électro-acoustique.Ce riche chef-d’oeuvre d’un musicien accompli devrait absolument faire partie de votre collection de disques compacts.Le TGV (train à grande vitesse) évoqué au tout début de l’oeuvre transporte l’auditeur dans des contrées éloignées, séduisantes et parfois baroques.Indispensable.LE PLAISIR I PROCHAINES PARUTIONS parution: 23 octobre tombée: 11 oclobre parution: 20 novembre tombée: 8 novembre : .re- parution: 11 décembre tombée: 29 novembre information: Sylvain V a I i q u e l t e (514) H 4 2 - V 6 4 5 I - 800-363-03 0 5 “Les cartes de l’UNICEF sont réputées pour leur beauté et les projects de développement qu’elles permettent de financer.Joignez-vous à moi et aidez l’UNICEF en envoyant des cartes de voeux de F UNICEF cette année.” - Harry Belafontc, Ambassadeur de Bonne Emmie de I I NICEF Unicef Pour passer commande ou obtenir des renseignements, contactez: UNICEF Canada 443 Mt.Pleasant Rd Toronto, Ont.M4S 2L8 Téléphone (416) 482-4444 OU appelez sans frais au 1-800-268-6364 (Téléphoniste 509) Le Devoir, samedi 24 septembre 1988 ¦ E-7 LE PLAISIR (STRAIGHT FOR THE HI Quand l’occasion fait le larron Claude BORDUAS mPsons-consGils Pour retracer les caractéristiques et le prix d’origine d’un produit qui n’est plus sur le marché, les spécialistes d’« Audio d’occasion » suggèrent à l’acheteur de consulter, à la Bibliothèque municipale, la collection des vieilles revues de haute-fi- délité.« Chaque revue publie une édition annuelle où sont décrits les produits disponibles sur le marché.Le prix suggféré par le manufacturier y figure.» Bonne chasse ! re : amplrt gamme et enceintes qualité audiophile.Sonorité exceptionnelle.Comme neufs.À moitié prix ou meilleure offre.Demander Méo.Après 18 h.Tél.987-6543.» QUI résisterait longtemps à l’idée de pouvoir ainsi se procurer des appareils de haute-fidélité de « classe mondiale » ou, en tout cas, de marque réputée pour une bouchée ?Mais le subconscient de l’acheteur éventuel est souvent alarmé.Il y a tellement d’histoires d’horreur qui circulent sur le thème affreux des « voitures d’occasion » que tout ce qui est ainsi revendu, après être déjà passé entre les mains d’un nombre inconnu de propriétaires, peut paraître suspect.Il y a pourtant moyen de ne pas se faire avoir.Si une voiture de plus de 10 ans d’existence risque de tomber dans la catégorie peu glorieuse des « minou-nés », une chaîne stéréo constituée de composantes deux fois plus âgées peut s’avérer encore aujourd’hui fort respectable.La chaîne d’un certain âge n’est peut-être pas munie des derniers gadgets à la mode (mémoire, télécommande, etc.) mais elle se révèle un système encore parfaitement capable de reproduire de la musique en haute-fidélité.Et sur lequel on pourra sans problèmes brancher un lecteur au laser dernier cri ! C’est que les appareils électroniques conservés dans des conditions normales — à la maison et non dans une cave humide ou un garage non chauffé — ne dépérissent guère s’ils sont bien traités.Et, lorsqu’ils manifestent des signes de défaillance, le mal dont ils souffrent peut souvent être guéri facilement.Le bobo le plus fréquent — et souvent le seul — chez un vieil ampli-tuner est l’oxydation ou l’encrassement des divers commutateurs (« loudness», auxiliaire, etc.) ou contrôles (volume, « balance », graves ou aigues.) qui les renden bruyants, intermittents ou carré- ment inopérants.Il faudra donc exiger de pouvoir écouter l’appareil convoité et en actionner tous les contrôles pendant la démonstration.Des contrôles bruyants peuvent, la plupart du temps, être nettoyés par un technicien compétent, mais il y aurait lieu de s’assurer que cette opération est réalisable à coût raisonnable sur le modèle d’appareil que vous convoitez.S’il s’agit d’un récepteur mf, l’acheteur en puissance n’oubliera surtout pas de vérifier le bon fonctionnement de la radio pour s’assurer que l’appareil n’a pas perdu sa sensibilité, n’est pas décalibré (les postes bien à leur place sur le cadran), que la réception stéréophonique (multiplex) fonctionne normalement.Comme les amplis, les enceintes possèdent une très grande longévité si on les traite bien.Les haut-parleurs et leurs caisses sont cependant particulièrement vulnérables à l’humidité.Des années passées au sous-sol auront sans doute provoqué la détérioration des haut-parleurs à cône de carton.Les parois de panneau à particule (pressed wood) de certaines enceintes risquent de s’être fâcheusement dégradées.Seule, encore une fois, l’écoute critique permettra à l’acheteur éventuel de déceler une vibration suspecte, un bruit parasite ou une distorsion ou une coloration inacceptables.Et n’hésitez pas à demander au vendeur de retirer la grille protectrice des enceintes, ne serait-ce que pour vous assurer que le cône du haut-parleur de graves n’est pas perforé ! Si elle est généralement fiable, la chaîne d’occasion comporte toutefois deux maillons particulièrement vulnérables, soit la platine (table tournante) et le lecteur de cassette.C’est que, contrairement aux composantes précédentes, ces éléments comportent des pièces mécaniques qui s’usent.À moins d’être parfaitement sûr du vendeur, il est donc déconseillé d’acquérir ce genre d’équipement sans avoir la possibilité de l’essayer chez soi pendant au moins quelques jours.L’usure scandaleu- les Nouvelles Variétés lyriques Direction artistique Bruno Laplante et Ultramar PHOTO CHANTAL KEYSER La chaîne d’un certain âge n’est pas munie des derniers gadgets mais se révèle encore parfaitement capable de reproduire de la musique de haute-fidélité.A corps perdu.Sur ce disque, on retrouve la mu sique composée par Oswaldo Montes pour le plus récent film de Léa Pool « À corps perdu ».C’est très beau .ma plage pré férée s’intitule « L’Amour II ».On connaît l’exigence de Léa Pool pour ses musiques de film .ces compositions sont à la hauteur de nos attentes.À CORPS PERDU Oswaldo Montes Polygram 837 391 — 2 — Micheline Ricard sement prématurée des lecteurs de cassette bon marché en fait même des produits à éviter, à défaut d’obtenir une garantie raisonnable ! Mais quel prix faut-il s’attendre à payer pour des composantes de seconde main ?Propriétaires du magasin « Audio d’occasion », qui a pignon sur la rue Saint-Hubert, dans le centre-ville montréalais, MM.Denis Quenneville et Mario Gagnon nous aident à répondre à cette question : « Dans le cas des appareils de con sommation de masse des grands fabricants, on ne devrait certainement pas débourser plus de la moitié du prix original pour les amplis ou les récepteurs et beaucoup moins encore pour les enceintes.» « Par contre, les « classiques » et les grands noms de l’industrie britannique, française ou allemande des enceintes haut de gamme déprécient moins fortement, mais il s’agit de valeurs éprouvées».FautLEDEVOIB pour le cioiie! A QUI LA BUGATTI MOITIÉ PRIX?présentent UNE NUIT À VENISE Opéra comique de Johann Strauss Du 7 au 22 octobre 1988 Théâtre Maisonneuve I Place des Arts Reservations téléphoniques 514 842 2112 avec Benoit Bouti't, Normand Chouinard, Gisèle Cré peau, Marie-Michèle Desrosiers, Suzanne (tari, Chantal Lambert Bruno laplante, Charles Prévost Mario Simard, Brinitte Toulon et L’orchestre des Nouvelles Variétés lyriques sous la direction de Paul André Boivin Mise en scene Guillermo de Andrea Chorégraphie Massimo Agostinelli Décor Claude Goyette Costumes Yvan Gaudin Éclairages Claude Accolas ALORS À qui la Bugatti à moitié prix ?moitié prix.C’est à peu près ce qu’on VOUS propose chez Audio d’Occasion.Bien sûr, nous ne vendons pas de Bugatti, mais des appareils audio haut de gamme, inspectés au micron près par nos techniciens chevronnés.Une garantie de 6 mois et un service hors pair.audio cèoooMbn 1793, rue St-Hubert (Qc) H2L 3Z1 (métro Berri) I él.: (514) 522-2020 (Fermé le lundi) E-8 ¦ Le Devoir, samedi 24 septembre 1988 LE PLAISIR DES Une Tétralogie remarquable après 35 ans Edgar FRUITIER mPJournal d'écoute LA TÉTRALOGIE au complet en 7 disques compacts, plutôt qu’en 14, cela semble irréalisable; ou au mieux un tour de passe-passe.C’est pourtant ce que ces messieurs de Rodolphe ont réalisé.Le procédé qui divise par deux le nombre de disques (et le prix) nous fait entendre le canal gauche d'abord, puis, ensuite, le droit.Évidemment, nous ne pouvons entendre ainsi que des repiquages d’enregistrements mono.Il suffit d’isoler le canal à écouter ( Rodolphe fournit un gadget pour cela, mais pour les heureux dont le préamplificateur fait ce travail, il n’y a qu’à fixer le bouton à C.ou à D pour entendre sans interférences du canal éliminé).Rodolphe se spécialise dans les enregistrements qu’on a appelés « pirates », mais que l'on désigne maintenant du qualificatif « privés ».L’interprétation de la Tétralogie qu’on nous offre est celle que dirigea Clemens Krauss à Bayreuth en 1953.On a sans doute affaire à une transcription des rubans de Radio-Munich.Le seul reproche que l'on puisse faire à la prise de son, c’est de faire entendre un orchestre un peu trop lointain; les chanteurs.eux, sont parfaitement « entenda-bles ».Cet enregistrement est dominé par Krauss (qui devait mourir peu après, en mai 1954) et par Hotter et Varnay.Comme ces chanteurs interprètent Wotan et Briinnhilde, les lignes de force se situent là où elles doivent être.Parlons d’abord du chef: il réussit particulièrement Walkiire, dont l’élan dramatique ne se dément pas.Il sait aussi créer les sombres mystères de la forêt au 2e acte de Siegfried, mais c’est Siegfried qui me satisfait le moins ici; la tension se démentant par moments.Pourtant, c'est en grand chef qu’il mène le duo final vers l’affirmation triomphale de l’amour jusqu’à la mort.Quant au Crépuscule des Dieux, l’alternance mélodrame-tragédie de ce quatrième opéra du cycle situe l’interprétation du Ring dans le monde raréfié de l'épopée.L'Or du Rhin serait de même calibre, s'il n’y avait trop de défaillances aux cuivres (dès les accords en mi bémol du début, les cors ont des problèmes graves).Pourtant, ici encore, on se trouve dans une lecture épique.Et puis, il ne faut pas oublier que cet enregistrement fut réalisé pendant des re- présentations et non en studio.Hans Hotter chante les trois Wo-tans.Il avait abordé ce rôle à Bayreuth l’année précédente.En 1953, le grand baryton héroïquç était en pleine possession de ses moyens.Je ne connais pas de chanteur qui ait à ce point dominé un rôle aussi complexe ! La montée du désir de l’or et de l’anneau (et de la puissance qu’ils procurent) est subtilement dosée et se sent presque physiquement.Et, si Hotter avoue quelque fatigue aux adieux du 3e acte de la Walkiire, il est toujours aussi bouleversant à la confrontation avec Siegfried au troisième acte de l’opéra éponymique : c’est ici une scène capitale, comme le milieu de toute la Tétralogie, un des moments musicaux les plus riches et, si on me permet, un moment que je préfère entre tous.Hotter en Wotan : une des grandes interprétations du siècle, selon moi.Quant à Astrid Varnay, sa voix brune était déjà connue en Amérique, au « Met », où elle a chanté tous les rôles de soprano wagnérien (eh ! oui ! même Eva des Meister-singer).Elle s’est totalement épanouie à Bayreuth dans les années 50.Sa Briinnhilde va avec conviction de la jeune guerrière de Walkiire à la déesse offensée de Siegfried et, finalement, à la femme trahie et omnisciente du Crépuscule.Le vibrato excessif, défaut habituel de Varnay, m’a paru parfaitement contrôlé, la voix est vraiment somptueuse ici : une grande Briinnhilde.Si ces deux chanteurs dominent la distribution, il ne faut pas oublier le Siegfried de Windgassen (il chantait les deux Siegfried pour la première fois, paraît-il) qui garde jeunesse et fraîcheur jusqu’à la fin; sa mort est très touchante.Gustav Neidünger est la force noire du mal par excellence.Il faut aussi souligner le travail de Ramon Vinay qui se souvient d’avoir été baryton : idéal dans le rôle bas de Siegmund.Regina Resnik, en Sieglinde, a déjà des couleurs de mezzo, mais elle ne manque pas de féminité en Sieglinde.Je le disais au début de cette chronique, le son privilégie les voix, mais, malgré un ou deux petits problèmes, l’enregistrement est absolument remarquable : nous sommes en 1953, il faut le rappeler, 35 ans ont passé depuis.Pour conclure, je ne dirais pas que nous avons la Tétralogie parfaite, cela n’existe pas et n’existera probablement jamais, mais tout amateur de Wagner doit connaître cette lecture.La comparer aux autres Rings de Bayreuth, Boehm, Boulez, ou autres pirates, est passionnant.APPRÉCIATION : RICHARD WAGNER Der Ring des Nibelungen (Solistes, choeurs et orchestre du Festival de Bayreuth-1953, Clemens Krauss, chef.) Rodolphe RPC 32503.9 (7 disques compacts.Durée : 14 h 14 m.W ¦ Bernstein s’offre une re-lecture de Gustav Mahler PIERRE BEAUREGARD POUR saluer son 75e anniversaire, l’an dernier, Sir Georg Solti a dirigé l’« Hymne à la Joie » ; pour ses 80 berges, il y a quelques mois, Karajan renouait avec Mozart .En août, c’est le compositeur et chef d’orchestre new-yorkais Leonard Bernstein qui franchissait, allègre, le cap des 70 ans.En plein cycle Mahler, comme il convient ! L’auteur de « Candide» et de « West Side Story » a été, rappelons-le, le premier maestro de l’Histoire à oser enregistrer la lourde intégrale symphonique du musicien néerlandais.C’était au cours des annes 60.alors que le public mélomane découvrait ou re découvrait un compositeur sombrer prématurément dans l’oubli.Bernstein à la tête de sa New York Philharmonie devint spontanément le plus ardent porte-flambeau de la renaissance mahlérienne.Vingt-cinq ans plus tard, il n’a guère perdu sa touche magique et son individualisme, comme en témoignent les plus récentes parutions de son nouveau cycle mahlérien chez Deutsche Grammophon.Symphonie no 2 « Résurrection » Barbara Heindricks, Christa Ludwig, Ch.de Westminster Phil, de New York CoHret de 2 CD 423 395-2 DDD ?Voilà le parfait exemple du Berns tein théâtral que les partisans des Walter, Haitink et autres interprètes plus retenus ont souvent dénoncé.« Et pourtant, il vole », disent les ingénieurs en aéronautique, confondus par le profil mathématique théoriquement « impossible » du bourdon ! On peut en dire autant du Mahler de Bernstein : « Et pourtant, il passe la rampe ! » Comme en témoigne la fière allure de cette « Résurrection ».il existe une vision bernsteinienne de Mahler isolée du courant principal d'interprétation.Comme si le chef new-yorkais, par déformation professionnelle, peut-être, « re-composait », — ou, en tout cas, re-phrasait entièrement — l’oeuvre plutôt qu’il ne l’interprétait .Comment ne pas froncer les sourcils devant un tel manque de respect ! Pourtant, on se laisse prendre à tout coup.« Et, malgré tout, écrit avec justesse Henri de la Grange dans la revue Diapason du mois d'août, il faut reconnaître qu’aucun excès n’est totalement arbitraire car Bernstein fouille la musique jusqu’au fond d'elle-même et, s’il lui fait violence, c’est plus par exagération que par détournement ! » Que voilà un coffret qui ne laissera pas l’auditeur indifférent ! Symphonie no 4 Helmut Wittek, soprano (ch.des garçons), Orch.du Concertgebouw DG 423 607-2 DDD (enreg.public) ?Individualiste ou pas, M.Bernstein réussit parfois à dompter son impétuosité, à atténuer son panache, sans jamais sombrer dans une morne lec- ‘ - : - : ¦ i n j c i u J.û • ALPINE • CANTON •BLAUPUNKT • HARMAN/KARD0N • JBL • TECHNICS Tout pour votre auto, du lecteur digital en passant par les enceintes acoustiques; le tout installé d’une façon professionnelle et soignée AIITO RAMP 327-2382 648-2720 7321 Est Henri-Bourassa, Mtl — H1E 2Z6 ture académique de Mahler.Cette impressionnante Quatrième, aux commandes de l’Orchestre du Concertgebouw, fait en effet reculer d’un cran les excès du maestro pour constituer un exercice particulièrement réussi.Parions cette fois qu’il rejoindra le coeur des Mahlé-riens rigoureux ! Ici, l’Américain prend beaucoup moins de liberté avec les tempos et la dramatique de l’événement est amplement assurée par la superbe présence du jeune soprano masculin Helmut Wittek.Les enfants qui chantent n’ont jamais besoin de simuler la spontanéité.Et c’est ici ce qui fait l’agréable différence par rapport aux autres versions où les Popp, Von Stade, Te Kanawa ou Battle tentent de nous faire croire qu’elles sont retombées en enfance.La beauté du concert est réservée par la qualité de la prise de son sur ce disque compact qui célèbre mieux Bernstein que le meilleur des champagnes ! Symphonie no 5 Philarmonique de Vienne DG 423 608-2 (enr.public) DDD ?Une autre superbe interprétation au pupitre de la phalange viennoise.Leonard Bernstein a toujours dit que les Viennois semblent parfaitement comprendre ses moindres intentions lorsqu’il les dirige ! Ici, on le croira sans peine.L’inquiétante marche d’ouverture nous imprègne instantanément de l’atmosphère.Le degré de tension y est parfaitement contrôlé.Le texte parle de lui-même et le chef s’y plie avec grâce.La « tempête » qui suit lui sert d’ailleurs probablement d’exutoire et lui permet de donner libre cours à sa propension pour l’effet théâtral.Et c’est heureux ! Après tout, cette véhémence commandée, Bernstein nous reviendra avec une sobriété plus authentique dans le scherzo.L’Adagietto devient presque religieux.On sent le beau solo de contralto que le compositeur aurait pu, sans mal, ajouter à ce mouvement M3HLERSYMPH0NIE N0.5 ''% J:GNARD “rassit N LEONARD liERNSlE" de la partition.Et avec sa fougue intacte de jeune loup, le nouveau septuagénaire nous quitte sur un Finale où le soleil bernsteinien parvient à éclairer le goufre mahlérien.PHOTO CHANTAL KEYSER X X Le bizarre assemblage de bambou exotique dont Zamtir est un des rares interprètes de calibre.+ Zamfir et laborieuse, la lecture des textes baroques sur un médium aussi « primitif » leur confère pourtant un charme nouveau, sous un caractère insolite, spatial, presque électronique .Il est paradoxal, en effet, que les sonorités les plus caractéristiques d’un instrument aussi ancien, aussi démuni, se rapprochent autant du chant synthétique propre aux Moog et autres « claviers de l’avenir » des groupes rock contemporains.Cette parenté involontaire expli que sans doute en partie l’engouement éprouvé par les plus jeunes oreilles pour le son «Zamfir».Et, d’un même souffle, voilà pour quoi ce Zamfir du folklore, des thèmes de grands films et des « extraits » de mélodies aussi célèbres que faciles passe mieux la rampe au près des adeptes de la musique pop que des mélomanes classiques.En cette époque où les apôtres de la reconstitution historique crient sur tous les toits que l’exécution d’oeuvres maîtres anciens sur mstru ments modernes tient du sacrilège apocryphe, Gheorghe Zamfir, lui, replace les violons baroques, luths et clavecins au rang des instrumenLs de haute technologie, en osant jouer Bach sur sa flûte de berger.Cet exilé roumain, qui a failli devenir Canadien, a été formé au conservatoire avec la même rigueur que les plus grands interprètes classiques contemporains.Il aurait pu devenir chef d’orchestre ou maître des choeurs d’une grande formation, mais il a préféré consacrer son immense talent à la résurrection de la flûte six fois millénaire du dieu Pan pour parvenir à nous démontrer que la vraie Musique n’est que la continuité du plus ancien message cosmique jamais parvenu jusqu’à l’Homme.+ Paparazzi xage, à l’image des Peter Gabriel, U-2 et autre stars de la nouvelle vague du rock international.Morris compose les textes, le reste se fait en symbiose avec Le Berg.La musique prend forme sur l’attirail technologique dernier cri de synthétiseurs et d’échantillonneurs numériques que possède le groupe.Celui-ci enregistre aux studios P.S.M.et Tram, de Québec Pour le deuxième album, il s’est rendu à Paris au studio Mar-cadet et, pour le mixage, en Angleterre, au Brookhouse Studio.Pas question de lésiner sur les moyens, la production doit être parfaite.Quant aux textes, bien qu’ils soient fort soignés « ils occupent une place secondaire, tout est dans la musique », confient les deux musiciens.Rien à dire, les Paparazzi ?Exit, les préoccupations sociales ?Délibérément évasif, Morris répond : « Pour certains, la chanson « Abus de vous » parle d’inceste.Au moment de l’écrire, je n’y ai pas pensé.À vous d’en juger.» De toute évidence, les Paparazzi se moquent des étiquettes et de la controverse.+ Louis Lortie la marque de l’interprète que celle du créateur.» Louis Lortie ne joue pas les caïds.Il reconnaît qu’il est aussi difficile aujourd’hui de jouer qu’il y a huit ans et c’est mi-sérieux, mi-amusé qu’il lance : « Ce que j’ai fait la veille ne me plaît plus le lendemain.Plus un de mes disques vieillit, moins je l’aime, plus j’ai envie de le refaire.» Autre réponse qui trahit un peu de timidité : « Je ne fais jamais écouter mes disques aux gens qui viennent chez moi sauf s’ils insistent.Alors, je leur mets un casque sur la tête et je quitte la pièce.» Rire complice.Se sent-il « arrivé », Louis Lortie ?Pas le moins du monde.Le succès, il l’a compris depuis longtemps, est un miroir aux alouettes.Alors il continue de soigner ses arpèges Comme l’orfèvre sa ciselure tout en relativisant les lois de la réussite : « Il y a des gens qui, parce qu’ils frappent dur et fort, font des carrières fulgurantes et puis d’autres qui, bien qu’ils jouent de façon extraordinaire, n’ont pas les contacts qu’il faut ou tout simplement pas envie de jouer en public.Question de coïncidences, ajoute-t-il méditatif.Il poursuit, peut-etre pour conjurer le mauvais sort : « Il y a aussi les revers de fortune, accident, mort ou maladie d’un être cher, qui font que, du jour au lendemain, tout peut s’écrouler.» « Ce qui est important, poursuit-il, ce n’est pas d’être un artiste international, c’est d’avoir le plus de choix possibles, de pouvoir choisir ses orchestres, ses maisons de disques, etc.Et tout cela ne se fait pas en un jour, il faut avant tout jouer et rejouer dans beaucoup d’en-droiLs et à chaque fois donner de plus en plus, être au mieux de sa forme, arriver avec un programme et des conceptions fortes.» Louis Lortie réprouve les conceptions élitistes des bien nés et autres nantis du savoir et de la culture ; « On n’a pas à éduquer le public, on n’a qu’à jouer de façon convaincante.Par contre, il faut cesser de faire des choses stéréotypées.Je suis fatigué de voir des programmes, des« salades » du genre : une ouverture, un concerto, une symphonie.C’est pour ça qu’on attire toujours le même public, assez âgé en général.Il va falloir que tout ça bouge un peu, que les gens arrêtent de gueuler si jamais un pianiste arrive sur scène en jeans.Ça ne devrait pas avoir d’importance.» Ce qui l’agace le plus en concert ?Sentir l’impatience ou le manque de concentration du public.Ce qui le déçoit ?L’attitude des gouvernements face au culturel : « Il y a beaucoup trop de coupures alors que le potentiel artistique est énorme au Québec; beaucoup de gens doués abandonnent parce qu’ils ne peuvent plus payer leur loyer.Aussi simple que ça.Si je suis arrivé là où j’en suis, c’est parce que je vis de mes propres concerts et de bourses de-i puis l’âge de six ans.Quand talent il y a, il faut le reconnaître.» Louis Lortie aimerait jouer toutes les onates de Beethoven, tous les concertos de Mozart, une grande partie dé Brahms, de Liszt, de Chopin.« Il y a tant de belle musique pour piano et je voudrais tant pouvoir tout faire », dit-il en soupirant comme à regret.Car Louis Lortie puise dans tous les répertoires, le classique, le romantique et le moderne, il vibre de la même indicible émotion en jouant pour la dixième fois le même concerto de Mozart, mais veut être de la fête quand vient le temps d’une sémillante Rhapsody in Rlue.
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