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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier D
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1988-06-18, Collections de BAnQ.

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LE PLAISIR LE PL LE PL des vres Montreal, samedi 18 juin 1988 Un héros fou, mais un travail de pro! PAUL CAUCHON RED KETCHUP, agent du FBI, drogué et fou, accumule encore les catastrophes en voulant détruire le communisme à lui seul.Attention à lui, car la rumeur enfle de jour en jour : Red Ketchup ferait l’objet d’un album d’une qualité technique inégalée au Québec.Réal Godbout et Pierre Fournier, ses auteurs, incarnent la bande dessinée québécoise depuis 15 ans.Et s’ils vivaient en France ou en Belgique, ce seraient des vedettes.Les éditions Croc viennent de lancer Kamarade Ultra, le premier album de Red Ketchup.Ce n’est que le début : on prévoit en publier un deuxième l’hiver prochain (qui reprendrait les histoires antérieures à Kamarade Ultra), et la revue Croc publie depuis mai la suite du présent album.Tout cela s’ajoute aux trois albums de Michel Risque déjà parus, et aux deux autres en gestation.Réal Godbout et Pierre Fournier n’ont pas le temps de s’ennuyer.Entre différents travaux commerciaux (affiches, dépliants), ils rêvent de fonder un véritable atelier de production, comme les grands studios étrangers.Godbout et Fournier ont été de toutes les manifestations marquantes de la bd québécoise depuis 15 ans, les expositions comme les revues, les colloques comme les délégations à l’étranger.Ils se sont rencontrés en 1971 et il leur est tout de suite apparu évident qu'ils partageraient la même façon de travailler et le même univers délirant.Michel Risque est d’abord apparu dans le fameux numéro spécial de La Barre du jour, la « BDK », en 1974.C’était une parodie, une sorte d’antisuper-héros.D’un magazine à l’autre, Michel Risque s'est retrouvé tout naturellement dans les premiers numéros de Croc (Réal Godbout a, d’ailleurs, déjà écrit un épisode de Risque avec Claude Meunier de Ding et Done, ce qui dénote une certaine parenté dans l’humour).De héros burlesque, Michel Risque est devenu plus humain, sorte de satire du québécois moyen, bon gars et pas trop brillant, plongé dans des aventures exotiques.Red Ketchup, lui, naît en 1982 dans un des épisodes de Risque.« On avait besoin d’un agent du FBI spécialiste des narcotiques, raconte Godbout.C’était un pur, un dur, il avait le look Jack Lord de Hawaï5-0.Mais, à un moment donné, il a pris de la drogue.Il devait mourir, mais la dope lui a permis de s’accrocher.C’était un super-flic, il est devenu un freak ! « C’est un personnage extrême, un excessif, continue-t-il.Avec Michel Risque, on peut changer de niveaux, explorer des moments tendres, drôles.Mais Ketchup est un hystérique.Ses histoires sont donc plus spectaculaires.« Je ne crois pas que notre travail soit de la parodie.Car, dans une bd parodique, il n’y a pas vraiment d'histoire.Red Ketchup, c’est d'abord un récit, quelquefois loufoque, si possible palpitant.On fait plutôt de la satire.Il y a 10 ans, on se permettait plein d'invraisemblances.Aujourd’hui, on calcule nos effets.L’invraisemblance, ce peut être positif dans une histoire seulement si tu sais la doser.» Ils sont tellement habitués à travailler ensemble qu’en période de production, ils ont trouvé des expressions télégraphiques qu’ils sont seuls à comprendre.Ils sont tellement liés qu’on ne sait plus qui fait quoi otti ciellement, Réal est dessinateur et Pierre scénariste.Mais Pierre est également dessinateur dans la vie (c'est le créateur de Capitaine Kébt'O et Réal signe le dialogue final dans leur collaboration.« Si on essaie de tracer vrai ment une ligne entre nous deux, lance Godbout, je dirais que Pierre trouve des flashs, et moi je trouve un style ».« De toute façon, ajoute Fournier, il vient un moment où nos personnages possèdent leur vie propre, leur logique propre.Je dis toujours que, depuis le temps, Michel Risque doit bien exister, doit bien se promener quelque part dans la nature ! » L’intérêt de Risque et de Ketchup vient aussi du décalage entre une histoire folle et un décor plutôt réaliste.Mais ce réalisme laisse place à l’invention.En fait, tout est basé sur l’impression de réalisme.J’étais plutôt impressionné par leur reconstitution de l'Institut océa nographique de Moscou, sachant qu’ils ne sont jamais allés en l) RSS.« À notre connaissance, il n’existe au-çun institut comme ça à Moscou », me répondent ils.« Certains dessinateurs vont reproduire de façon très minutieuse des éléments réalistes, mais ils n’ar rivent pas à traduire l’ambiance », ajoute Godbout.Tout se situe donc dans le simulacre, dans l’ambiance générale qui nous fait croire à la réa lité des situations.Godbout et Fournier jonglent avec des impressions, avec des images, avec des idées visuelles : la station de métro de Moscou, ils n’ont aucune idée si elle existe, mais leur dessin donne l’impression qu’en visitant Moscou, on pourrait la retrouver.Comme l’Institut océanographique.Par contre, dans une autre case, la statue sur la Suite à la page 0-12 REAL GODBOUT (à gauche) et PIERRE FOURNIER.Photo Jacques Grenier ) ' il ^ ».^ La Terre, no vaisseau spatial Cancérologue de réputation mondiale, Rosalie Bertell, lauréate du prix Nobel « alternatif » en 1986, dirige The International Institute of Concern for Public Health, à Toronto.Dans ce livre, intitulé Sans danger immédiat.(L'avenir de l'humanité sur une planète radioactive), consacré à la prolifération de l'énergie nucléaire sous diverses formes, elle aborde aussi le problème de la croissance et du développement économique depuis le milieu des années 70.Voici un extrait de cet ouvrage publié en traduction aux éditions de la Pleine Lune, à Montréal.ROSALIE BERTELL POUR analyser et démontrer l’interdépendance de notre système économique mondial, des chercheurs du MIT ont dû travailler des jours et des jours et mettre au point des outils et un modèle très sophistiqués.En revanche, il a suffi d’une image, d’un simple instantané, pour sensibiliser des millions de personnes à la réalité : cette photographie de la Terre prise par les astronautes américains.Rien ne pouvait mieux nous convaincre de la fragilité et des limites de notre planète que l’image saisissante de cette magnifique boule bleue, voguant sereinement dans un cosmos noir et hostile.Presque au même moment sortait, en livre de poche, Halte à la croissance, un rapport sur les limites de la croissance, rédigé par Donella et Dennis Meadows, Jorgens Randers et William Behrens III, quatre chercheurs du MIT qui fondèrent leurs conclusions sur une projection par ordinateur de la disponibilité des ressources sur notre planète.Entre octobre 1972 et septembre 1975, ce livre a connu neuf réimpressions et deux éditions.C’est le Club de Rome, association internationale indépendante, parfois qualifiée de « cénacle invisible » qui a pris l’initiative de cette recherche.Personne, parmi les membres du Club de Rome, n’occupe de fonction officielle et le groupe ne cherche pas à défendre un point de vue idéologique, politique ou national particulier.[.] Le Club de Rome n’aborde pas la situation mondiale dans le même esprit que les membres du Bilderberg ou de la Trilatérale.Il défend plutôt une approche non politique des grands problèmes et de leurs insuite à la page D-10 / Photo éd.de la Pleine Lune ROSALIE BERTELL.Écrire: un plaisir atrocement douloureux JEAN CHAPDELAINE GAGNON r( « Eg CRIRE, c’est un plaisir 'atrocement douloureux.» Ce mot de Yann Queffélec, rencontré dans un petit restaurant de la rue Saint-Denis, pourrait servir à décrire autant l’homme que l’auteur, sa fortune littéraire que ses personnages.Grand, plutôt costaud, ce Breton aux allures de capitaine de navire que rien, à première vue, ne semblerait pouvoir ébranler, se révèle cha Photo Jacques Grenier YANN QUEFFÉLEC « En littérature, on est génial ou on n’est rien ! » W¦ leureux, d’une grande sensibilité et même vulnérable.Classé parmi les romanciers les plus prometteurs de sa génération dès la parution de sa première oeuvre romanesque, Le Charme noir, dont je vous recommande chaudement la lecture, prix Concourt pour Les Noces barbares porté depuis à l’écran, Yann Queffélec doit aujourd’hui subir les assauts de la critique officielle qui reproche à La Femme sous l'horizon ses airs de mélodrame, voire de ro man gothique, et son style ampoulé Queffélec ne paraît pas trop gravement atteint.Fort heureusement, d’ailleurs, parce qu’à son contact, même l’espace de deux petites heu res, on peut deviner en lui un véritable tempérament d’écrivain.« Après tout, rétorque-t-il, la grande majorité des critiques a salué avec enthousiasme la parution de ce dernier roman.» Il écarte du revers de la main les mauvaises critiques qu’il assimile toutes à des attaques strictement personnelles et se veut davantage attentif à la réaction du pu blic qui, lui, ne le boude pas et s’arrache La Femme sous l’horizon, déjà sur l'a liste des best-sellers en France.« Sans flatter bassement les goûts du public, précise-t-il, il faut lui donner ce dont il a envie.» Vivre, pourrait-on dire en para phrasant Queffélec, « c’est un plaisir atrocement douloureux » : ses personnages en détresse s’entre-déchi rent; ils sont dévorés par des instincts destructeurs, comme prisonniers du Fatum, privés de libre arbitre.Qu’il s’agisse de Marc Frocin, de Nicole ou de Ludovic.de Titaoude Misha Mais si, chez Queffélec, l’histoire est toujours terrible, pour ne pas dire terrifiante, le style témoigne d’un pur bonheur d’écrire, l’écriture prend des allures de musique ; d’ailleurs, Queffélec la considère au même titre qu’un personnage, au point que, parfois, par exemple dans Suite à la page D-10 Le Québec en poche pour l’été GUY FERLAND T~\OUR L'fiTÉ, rien de mieux ySet de plus pratique à appor-A ter en voyage qu’un livre de poche.Pour vous mettre l'eau à la bouche, nous avons demandé aux directeurs qui publient des livres en format de poche de nous brosser un portrait de leur collection.« 10/10» Roch Carrier, maître d'oeuvre de la collection « 10/10» chez Stanké, est débordant d'enthousiasme et de projets pour l’avenir du livre de poche au Québec.La Photo Jacquet Grenier ROCH CARRIER dirige la collection « 10/10 » chez Stanké.collection qu’il dirige vient de franchir le cap important du 100e ouvrage publié.L’idée de base de la collection « 10/10 », qui a vu le jour en 1977 à l’initiative d’Alain Stanké, était de publier les meilleurs livres québécois au plus bas prix possible pour élargir le bassin de lecteurs et favoriser l’achat de livres québécois par les étudianLs et les jeunes travailleurs.C’est pour cela qu'on a ajouté au texte original des documents (critiques de presse, biographies et texte de présentation de l’auteur, si possible).Pour Roch Carrier, les critères de base de la sélection d’un livre pour le format de poche sont bien simples : « Je publie les livresque j’aime, voilà tout », affirme-t-il.D’autres considérations entrent en ligne de compte, évidemment.« Avant de publier un livre en format de poche, par exemple, on attend toujours nue la première édition soit épuisée, parce qu'un livre en poche ne doit jamais faire compétition à l'édition originale.» Lorsque Roch Carrier a pris la direction de « 10/10 », en 1984, il est allé en Angleterre pour voir comment fonctionnait la célèbre collection anglaise « Penguin*.En revenant au Québec, une idée qui lui tient encore à coeur a germé : regrouper les éditeurs pour eréçr une seule collection de poche.« Le marché est trop petit ici pour qu’il y ait plusieurs collec- Sulte à la page D-2 DIFFUSION PARALLÈLE FÊTE SES TROIS ANS! 57 auteur(e)s inspiré(e)s par le “3” écrivent, composent et photographient.EN VENTE CHEZ VOTRE LIBRAIRE DÈS LE 27 JUIN ÉDITIONS TROIS, 2033 Avenue Jessop, Laval, H7S 1X3 NUMÉRO SPÉCIAL TRIPLE! i D-2 ¦ Le Devoir, samedi 18 juin 1988 LE PLAISIR ,J,w LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR livres Un roman québécois à la main.« J aurais donc dû .», chante Charlebois.C’est aussi le leitmotiv de cette rubrique qui reprend, en regard des bons titres publiés au Québec depuis septembre dernier, l’appréciation qu'en ont donnée nos chroniqueurs.BÉATRICE VUE D’EN BAS, Michèle Mailhot, Montréal, Boréal, 1988, 189 pages.C’est sur une référence aux années 30 que s’ouvre le dernier roman de Michèle Mailhot.Malgré la pré sence de nombreux personnages secondaires, certains très réussis, d’autres un peu trop convenus, le roman est centré essentiellement sur une famille, composée de quatre individus .L’enfance des parents, présentée par petites touches, vient aussi donner un nouvel éclairage à leur vie commune.Le roman serait sans doute banal sans l’humour en demi-teinte, la tendre ironie du style de Michèle Mailhot.— Jean-François Chassay Il Y AURA TOUJOURS DES PRINTEMPS EN AMÉRIQUE, Louis-Martin Tard, Libre Ex-MICHÈLE MAILHOT.pression, 1987, 500 pages.Photo Boréal NOUVEAUTES VLB THÉÂTRE de Marie-Claire Blais Des hommes, des femmes se retrouvent sur une île.faite de plages, de mer et de soleil, comme échoués pour la vie.pour la mort.Ils partagent un même destin, qu’ils soient blancs ou noirs, jeunes ou vieux, dans la marge ou dans la norme, sur cette île que tous les fléaux modernes attaquent.Un texte fort et bouleversant! 88 pages — 9,95 $ FUGUES POUR UN CHEVAL ET UN PIANO de Hervé Dupuis Une pièce sur la passion coupable.Un fils retrouve son père après si* ans d'absence.Entre hommes, la tendresse est toujours difficile, souvent violente.Un texte dramatique puissant, sans complaisance, préfacé merveilleusement par Robert lalonde 108 pages — 9,95 $ ROMAN, NOUVELLES PETITES FINS DU MONDE Geneviève Amyot Geneviève Amyot nous fait découvrir un univers étrange et original où s'inscrivent les théines de la naissance et de la mort.L'écriture, légère, tourmentée, impressionniste, prend ici des accents philosophiques, là se fait poétique, empruntant à l’enfance, comme dans l’univers fenronien.le rituel des gestes et du lanqaqe.118 pages — 12,95 $ VERTIGE CHEZ LES ANGES de Marc Sévigny D'un parking souterrain à une ville assiégée par des chiens, en passant par une île sortie du néant et les tracés sinueux d'un électro-encéphalogramme, le fameux miroir cher à Cocteau est franchi.Treize nouvelles qui font du trapèze à la frontière du fantastique et de l'anticipation.156 pages — 14,95 $ «Pi P**la ViAU fixa L’IDÉE FIXE de Pablo Urbanyi Un roman baroque, dans la plus pure tradition latino-américaine.où se mêlent l’essai philosophique, l'utopie joyeuse et la satire soc iale Un plaidoyer pour la paix perdue.une condamnation de la stupidité irrémédiable de l'homme hyper c ivilisé.perdu dans la jungle des signes.274 pages — If>,95 $ ESSAIS POUR UNE POLITIQUE de Georges-Émile I^palme Voici le doc liment gui servit a élaborer le «progranime» île la Révolution tranquille («eorges-f mile I opaline y propose, entre autres, la < réation d’un ministère des Affaires c ulfiirelles et d'un ministère de l'Immigration et il trace les grande* lignes cl un f.tat moderne et démoc ralique au Quéliec.tourné vers I avenir et la prise en main de son destin.354 pages — 18.95 $ WM politique Pour *uértr du •ni (!«• aiirw POUR GUÉRIR DU MAL DE MÈRE d«* Raymond Hétu la tradition nous enseigne le respei I de nos parents.Mais qu'en est il du respect de l’enfant?Pour ceux et relies qui portent en eux des trares d'humiliation, rl'iiit ompreheii sion.de rejet rie la part rie leurs parents, r e récit saisissant e* plein d'émotion oppose un refus a l'oubli.Un ouvrage snr l'enfant e malheureuse a lire sans faute! 120 pages — 12,95 $ DIVERS GOURMANDISE CHRONIQUE Josée Blanchette Après le succès qu'a connu le premier tirage de Gourmandise Chronique, paru au printemps 1987, voici la nouvelle édition 1988 de te guide pratique des restaurants anciens et nouveaux Plus de 100 restaurants y sont répertoriés, par catégories.du restaurant "chic et cher" au petit bistrot "apportez votre vtn".Une belle invitation aux doux plaisirs de la bonne table, avec, en prime, sept recettes des grands chefs.320 pages — 12.95 $ vlb edi t8 HP DE LA grande littérature Photo Jacques Grenier JOSÉE FRÉCHETTE.Jean-Louis, dit Malouin, puisqu’il est natif de Saint-Malo, arrive à Ké-bec en 1633.Kn principe, il doit repartir mais, au dernier moment, décide de rester et c’est ainsi que, sans trop le savoir, il devient le fondateur du clan qui, d’une génération à l’autre, vivra jusqu’à nos jours au rythme de l’évolution sociale et poli tique d’un pays qu’il va bâtir à sa façon.C’est une fresque dominée pas la gouaille populaire, la fantaisie des coureurs de bois, la patience et le courage des cultivateurs .C'est une autre vision du Canada français qui ne correspond pas à une certaine image misérabiliste .Fondamentalement, le roman de Louis-Martin Tard a une valeur pour le Canada français au même titre que certains ouvrages de M ichener l’ont pour les États-Unis.— Alice Parizeau LK PÈRE DE LISA, Josée Fré-ehette, Montréal, Quinze, 1987, 107 pages.Les meilleurs romans vous harponnent dès la première phrase.Le Père de Lisa est de ceux-là.La narratrice, qui ne se nommera pas, entame ainsi son récit de la rencontre de Usa, neuf ans, et de son père dont nous ne saurons jamais le prénom .Josée Fréchette a beaucoup plus que du talent.File a une vision neuve et un génie particulier.Si son récit est aussi court qu'il est puissant, c’est qu’il est minutieusement travaillé.On n’a pas fini d’en parler.C’est ça, la relève ! — Jean-Roch Boivin LA FÊTE DES FOUS, Paul Zumthor, Montréal, L’Hexagone, 1987, 233 pages.("est à travers quatre personnages principaux, dont deux, le soldat et le marchand, assument une grande partie de la narration, que nous rencontrons cet homme (Christophe Co- lomb) et découvrons comment, pour* chacun d’eux, il s’était mis à incarner la force du destin.Cela permet à l’auteur de brosser une magistrale fresque de cette fin du XVe siècle où l’Europe déchirée par ses guerres intestines allait entrer dans un nouvel ordre avec la découverte du Nouveau Monde.C’est un roman d’une exceptionnelle qualité littéraire.Un ravissement total.— Jean-Roch Boivin LES ENFANTS PARFAITS, Pierre Voyer, Montréal, Guérin littérature, 1987, 367 pages.Une aventure rocambolesque et labyrinthique qui vous emporte à un rythme effréné de Laval à Bangkok, en Allemagne, au Pérou, en Hollande, en Floride, à Los Angeles et j’en passe, cherchant à élucider une ténébreuse affaire de trafic d'enfants et qui a cet effet pervers d’amuser le lecteur en lui laissant constater que plus rien n’est inconcevable.Science-fiction ?Bof, si peu ! Sous l’apparente légèreté, sur un sujet par ailleurs grave, Pierre Voyer est un visionnaire qui repousse les frontières du désir.Il nous donne là un roman qui sera populaire parce que carrément tourné vers l’avenir.— Jean-Roch Boivin LE FOU DU PÈRE, Robert La londe, Montréal, Boréal, 1988,152 pages.Cette fois, et plus encore que dans les romans précédents du même auteur, la nature se fait chair.Elle est là, toute-puissante, à nouveau la séduction-panique pour le fils revenu Photo Jacques Grenier ROBERT LALONDE de la ville rechercher quelque chose de terrible en son père.L’amour du père ne peut pas se dire, celui du fils le veut de façon forcenée.C’est un roman d'une beauté sévère, comme un chant rauque et grave.Chez Robert Lalonde ne se séparent pas paroles et musique.— Jean-Roch Boivin LE PREMIER JARDIN, Anne Hébert, Paris, Seuil, 1988,189 pages.Redonner vie à des personnages, Flora Fontanges, la narratrice du Premier Jardin en fait un métier.Une seconde nature.Née au Québec, c’est en France qu’elle a appris son Suite à la page D-3 Le Québec en poche pour l’été Suite de la page D-1 tions de poche.De toute façon, on va en arriver à une seule collection d’ici quelques années."10/10” va s’imposer de plus en plus et on va prendre le dessus.On a déjà le leadership dans le domaine.Les auteurs, d’ailleurs, commencent à vouloir s’en venir chez nous.Tout cela parce qu’une collection de poche ne peut pas être une collection à petit tirage et à pe tite distribution.C’est contraire à l’esprit du livre de poche qui est de faire dans le bas prix à grande distri bution.Car, il ne faut pas se le cacher, la philosophie du livre de poche, une fois le texte choisi, c’est la même que pour la bière, le savon, etc.» M.Carrier voit grand pour sa collection.« “10/10” est en train de devenir la collection de base à l’extérieur du Québec.On exporte des livres dans 47 pays présentement.Je me vois très bien faire de la concurrence aux Français.» Fides Chez Fides, le livre en format de poche a fait son entrée en 1960 avec la collection « Alouette bleue ».On avait créé cette collection pour répondre au besoin du marché étudiant et rendre les classiques de la littérature québécoise disponibles.En 1965, la collection change de nom et devient la « Bibliothèque canadienne-française ».On améliore la présentation des textes tout en ajoutant au début du livre des jugements critiques, préfaces, biographies et chronologies.En 1969, on change encore de nom pour tenir compte de l’évolution sociale du Québec et la collection s’intitule désormais « La Bibliothèque québécoise ».En tout, 40 ti-t res sont disponibles dans cette collection dirigée par Aurélien Boivin.« Typo » La collection «Typo» de l’Hexagone et des Herbes rouges (dirigée par Gérald Godin, François Hébert, Alain lloric et Gaston Miron) a vu le jour en 1984.Cette collection assure la réédition de l’édition courante et des classiques épuisés.« Typo » est, en fait, la seule collection de poche offrant une édition revue et corrigée du texte initial par l’auteur et l'éditeur.« Quelquefois, on va complètement remanier le texte, si cela nous semble important : par exemple, avec La Femme de sable, de Madeleine Ouellette-Michalska, précise Alain Horic.On fait un véritable travail d’édition pour le livre de poche en tenant compte de la qualité de la présentation (lisibilité et maquette) et du texte pour en faire un nouveau livre.» « Typo » publie les quatre genres littéraires, soit la poésie, le roman, l’essai et le théâtre et compte 22 titres au catalogue.VLB Au départ, la collection de poche a été créée pour répondre à la demande du marché scolaire.« On voulait rentabiliser le coût de la réimpression et améliorer la présentation avec des préfaces, des notices, des sélections de critiques, etc.», précise Jacques Lanctôt.Plusieurs collections de poche ont vu le jour chez le même éditeur (« Courant », « Second souffle » et « Changement »), « par souci de différencier les genres ».Parmi les plus importants titres, on compte les livres de Francine Noël, Michèle Mailhot, Michel Dorais, Pierre Bourgault.« C’est en publiant du format de poche seulement qu’on peut garder nos auteurs en leur assurant une continuité », affirme Jacques Lanctôt.Boréal « “Boréal compact”, qui vient de voir le jour en janvier 1988, n’est pas à proprement parler une collection de poche, précise Pascal Assatsiany d’entrée de jeu.C’est un format intermédiaire pour rejoindre un bassin /1 des LECTURES 1*^1 ESTIVALES.Kundera iiHsouraww IK*»!?, DE LÊTRE iaWU01HI«>»«*AU 0(Y>5$ 'EL*** TV COU”1 m JOHN 1RV1NC5 \.LK"' m iUVI.UI |)l.AU i MH 'HLL (OWV.VMONS Françoise Dorm Ues corbeaux et ks renardes sniLMw m NOUVtUlS V/iDiom Boyd O O l.S.u'1 VtFOrtt DU OA,95$ WVtUID'IAU 095j John Iwng 1 JJ L.Seuil ' W xMOUtlUUWtM l9'W Î usco»UA0*n .A*** ;ïSS"" 14’ «SR-14 * uww—» i4«* Flammarion mfDAMlWOJ IA’* Julltord STATION MÉTRO BERRI-UQAM, ^ MONTRÉAL H2L 2C9 (514) 845-5243 LIBRAIRIE AGRÉEE pMipp*°'ian nrm» « atmonen» fd,cl0nt Bernard Barrault de population plus grand avec des textes qu’on juge importants.On a créé cette collection pour éviter le cercle vicieux des rééditions trop chères tout en ne voulant rien sacrifier à la lisibilité du texte (caractères et papier).On veut ainsi reprendre les textes d’une bonne bibliothèque de base que des lecteurs auraient manqués à la première édi-tion.'On compte ainsi prolonger la durée de vie des ouvrages, même volumineux, en réduisant les coûts de production.» Six titres sont parus jusqu’à maintenant.Québec/Amérique La collection de poche de Québec/Amérique n’aura pas duré un an.On avait pourtant débuté la collection en force, l’an dernier, en publiant des grands textes.« L’expérience n’a pas été concluante, affirme André Vanasse.Il y a trop de collections de poche au Québec.On publie n’importe quoi en format de poche, alors qu’on ne devrait publier que les best-sellers et les classiques.C’est quoi, un livre de poche ?On a tué le marché ici.Les éditeurs devraient se réunir pour créer une collection qui établirait un consensus autour de quelques livres seulement par année.C’est seulement ainsi qu’on pourrait créer des classiques dans le domaine québécois.» — Guy Ferland Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Aujourd’hui 18 juin de 14h à 16h Pierre Fournier et Réal Godbout KAMARADE ULTRA Croc Album Mercredi 22 juin de 17h à 19h Lancement Germaine Coriiut LES PIERRES M ONT PARLÉ ïe 979 1 ^ 3b‘A 1120.av.laurier ouest outremont, montréal tel.: 274-3669 NORMAND CANAC-MARQUIS LE SYNDROME DE CÉZANNE LES HERBES ROUGES / THEATRE NORMAND CANAC-MARQUIS LE SYNDROME DE CÉZANNE • Un regard cru sur la relation amoureuse d’un couple à la dérive.• Mention spéciale et mention de la meilleure production canadienne.Quinzaine Internationale du théâtre de Québec 1988 • Prix du meilleur texte créé à la scène durant la saison 1986-1987.Association québécoise des critiques de théâtre CLAUDE POISSANT PASSER LA NUIT * Un portrait acide d’une nouvelle génération perdue.* Une création importante de la saison 1983-1984 enfin publiée.* “(.) des textes qui traduisent l’expérience de la scène et la maîtrise de l’écriture dramatique.” Lucie Robert, Voix et Images PASSER LA NUIT THEATRE HERBES ROUGES THEATRE 9 I Le Devoir, samedi 18 juin 1988 ¦ D-3 LE PLAISE LE PLAISE?IE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR Un roman québécois à la main.Suite de la page D-2 métier de comédienne et qu’elle a connu la renommée qui lui vaut de venir jouer à Québec Winnie de Oh ! les beaux jours.Elle a quitté sa retraite en Touraine pour ce dernier rôle mais aussi et surtout à cause de la disparition de Maude, sa fille unique, l’éternelle fugueuse.Dans ce jardin, Anne Hébert fait fleurir une chose tendre et sauvage, un contenu de vérité qui défie les vents du siècle sans remparts.C’est le plus beau roman de ma vie.— Jean-Roch Boivin LES DIMANCHES SONT MORTELS, Francine d’Amour, Montréal, Guérin littérature, 1987.Ironie.Tendresse.Style, enfin.Francine d’Amour est "un savant écrivain, dont la personnalité s'exprime entière par le langage.Un style descriptif qui obéit à la vision de la romancière.Car tout ici est vu, la nature, les routes; mieux encore, les monologues intérieurs, qui forment la trame de ce tapis multicolore, relèvent, non pas de la mémoire, mais du regard.Action, action.Les personnages de Francine d’Amour ne s’enfoncent pas dans la passivité.Rebelles de nature, ils agissent.Ils refusent le somnambulisme.Ils soulèvent les pages du livre, par l’intensité et la densité d’un style narratif maîtrisé.Cela relève presque du miracle.— Jean Éthier-Blais BLIZZARD SUR QUÉBEC, Alice Parizeau, Montréal, Québec/Amérique, 1987.Alice Parizeau a choisi de placer l’action de son roman presque en- tière dans le Nord, à la baie de James, à la Manicouagan, dans un paysage de neige et de nuit.Il m'étonnerait fort qu’un autre écrivain ait su donner à ces espaces, comme le fait Alice Panzeau, leur dimension écrasante d’éternité.Comme toutes les fresques, le roman d’Alice Parizeau ne peut avoir de fin logique.L’épopée est logée profondément dans le coeur de l’homme digne de la porter, de la servir, de la mettre en paroles.Les dialogues, les descriptions de paysages, les analyses psychologiques, la narration, tout, dans ce livre, est du plus haut niveau.J’ai comme la certitude qu’Alice Parizeau vient de franchir un seuil dans sa carrière d’écrivain .Pour tout dire, elle a atteint un sommet de son art.— Jean Éthier-Blais LA REINE SOLEIL LEVÉE, Gérard Étienne, Montréal, Guérin littérature, 1988, 195 pages.Si vous aimez la violence et le paroxysme, lisez ce livre.D’une certaine manière, il permet de comprendre ce qui se passe en Haïti, l’interminable succession de meurtres, d’emprisonnements arbitraires, de fuites à l’étranger, d’élections truquées : en un mot, la pagaille honteuse et généralisée.Et pourtant, dans La Reine soleil levée, Gérard Étienne a écrit un chant d’amour et d’admiration à l’adresse de l’homme et, surtout, de la femme de son pays.Voilà un roman qui échappe aux critères habituels du genre.C’est plutôt une longue plainte sur le destin d’une nation.— Jean-Éthler Blais MYRIAM PREMIÈRE, Francine Noël, Montréal, VLB éditeur, 1987, 531 pages.Photo Jacques Grenier FRANCINE NOEL Au centre du roman.Myriam vit la fin de ses sept ans dans cette maison qui donne, côté jardin, sur la ruelle Mentana et, côté façade, sur le parc La Fontaine.De l’autre côté de la ruelle, c’est chez Maryse, la « tante surnaturelle », prof de cégep et auteur dramatique.Remorquant constamment ses copies à corriger, Maryse nous entraînera jusqu’à la ruelle Boisbriand, dans le coin des putes, assister aux répétition de sa dernière pièce L'Oeuf d'écureuil, que monte son amie Marie-Belle au théâ tre d’avant-garde de « la Sultane de cobalt ».Cela nous vaudra une fresque éclatée de ce qui s’agite dans le petit et grand monde de la culture -.J’ajouterai simplement que la ualité suprême de ce roman est son criture pour laquelle il faudrait inventer de nouvelles épithètes.— Jean-Roch Boivin Les plaisirs délicats de la raison résonnante L’IDÉE FIXE Pablo Urbanyi traduit de l’argentin par Jean Potvin Montréal, VLB éditeur 1988, 272 pages JEAN-ROCH BOIVIN VLB ÉDITEUR aime bien s’afficher comme « la petite maison de la grande littérature ».L’éditeur a depuis longtemps prouvé que ce n’était pas fanfaronnade en dénichant non seulement d’énormes best-sellers comme Francine Noël, mais en publiant aussi de la littérature à risque.Il a du flair et de la foi.Grâce à sa collection « latino-américaine », il nous donne accès à une littérature qui a des affinités certaines avec la nôtre.Certaines ?D’après ce que j’en sais, qui est minime, presque négligeable.C’est, en tout cas, très sensible dans ce quatrième ouvrage de la collection et sans aucun doute à cause de l’excellente traduction faite par Jean Potvin à partir de l’argentin (car l’espagnol, comme le français, n’est-ce pas ?c’est beaucoup de choses) d’un roman dont l’auteur, Pablo Urbanyi, « est né en Hongrie, a vécu un long moment à Buenos Aires et enseigne maintenant l’espagnol à l’Université d’Ottawa », apprend-on en quatrième de couverture.Ce jugement sur la traduction peut paraître téméraire, étant donné que je n’ai pas lu le texte original, mais repose entièrement sur la qualité du « français » de la traduction.C’est d’autant plus important ici que, si le narrateur s’applique tout autant à relater méthodiquement les événements qui vinrent perturber la vie du corps professoral du département d’espagnol dans une université d’Ottawa, l’entreprise est aussi pour lui l’exploration des signes.Le roman se dédouble en deux textes parallèles : celui du roman-chronique et le para-texte du sémiologue-dialecticien — ethnologue-universitaire polyglotte — philosophe qui commente analyse et dissèque son propre texte.La partie anecdotique nous met au fait d’une violente querelle entre le Pygmée et Masque Aztèque, deux éminents docteurs de la faculté.L’analyse parallèle, confinée aux petits caractères des notes en bas de page mais qui souvent l’occupe tout entière, tient de la prouesse intellectuelle du genre regardez-jusqu’où-je-peux-aller-trop-loin.Un peu d’épate, beaucoup d’esprit et toute la panoplie des procédés littéraires.Subtil plaisir pour lecteurs maniaques.Pablo Urbanyi, n’employant le « je » qu’avec précautions (rhétoriques, il s’en faut ! ), donne à son roman tous les vices et vertus des travaux académiques.Le narrateur est d’ailleurs surnommé « Note en bas de page » par ses collègues qui sont tous aussi désignés par des sobriquets.Ainsi, il y a dans ce département d’espagnol la Chilienne en chaleur, la Valkyrie toute en courbes et sinuosités généreuses, Paco le sentencieux, le Mendocinien médiéviste, le Viking, la « chairman » (oh ! quelle maîtresse-femme !), quelques « part-time » dans l’entourage et, bien sûr, le ci-devant auteur tout appliqué à noter méticuleusement le déroulement des faits dûment commentés dans leurs répercussions les plus insidieuses et insoupçonnées.Tout commence pendant une réunion de la faculté.Pygmée et Masque Aztèque, docteurs es langues, se mettent à se taper dans la gueule sous prétexte que l’un a volé à l’autre une idée de génie.On devine facilement l’effet sismique que peut produire ce genre d’événement dans la vie universitaire.Quand on a bien joui du spectacle, il faut séparer les adversaires et, ce ne sera pas une mince affaire, établir la propriété de l’idée.Sous la gouverne de fer de la « chairman », on ira jusqu’au bout, c’est-à-dire jusqu’au tribunal (et pas n’importe lequel !) pour établir la propriété légitime de cette idée que l’on ne connaîtra évidemment jamais.Le narrateur, en bon universitaire, scrute l’envers et l’endroit du discours, citant abondamment les sources les plus diverses (références indubitablement inventées de toutes pièces; nous sommes, ne l’oublions pas, dans un roman), étant donné que le discours universitaire ne trouve sa légitimité que dans la référence à d’autres discours.Ainsi le texte est-il dédoublé et doté de tous les luxes que permet le genre.L’anecdote et l’exégèse du texte.Délicieux plaisir du voyeur devant les vertiges de l’équilibriste.Les prouesses de la raison résonnante.La digression comme coquetterie de la raison en exercice.Cette querelle pour une idée insaisissable devient la source des plus folles élucubrations et de commentaires à dimensions panoramiques couplées à la relation farcesque des moeurs particulières de la gent universitaire nord-américaine.Ça se passe donc ici, mais relaté à travers la vision d’un homme du Sud, d’un homme d’ailleurs, qui s’incline apparemment devant l’ordre absolu de la civilisation du Coca-Cola, des Chiclets et de l’argent tout court.Un roman d’un académisme poussé au degré de perversion.On pourrait croire que Platon a éliminé les sophistes « du champ intellectuel, les balayant de l’histoire », mais ce roman semblerait prouver le contraire.Si l’idéalisme est mort, le commerce des idées fait florès, pour sauver le monde ou le perdre.Champisny Librairie Champigny inc.4474, rue St-Denis Montréal (Que.) 844-2587 _ 9H à 21H • 1 SEPT JOURS jannu saint-dénis HOLD-UP IVr TC TSTTAU lit f»t ilrplitrPN (•un in lut nui un- 126 pages 12,95$ HOLD-ÜP MENTAL textes vivants et déplacés janou saint-dénis NOUVELLE PARUTION CHEZ GUÉRIN LITTÉRATURE Distributeur exclusif: Québec Livres siheruot' Kcr„„ hl" Uclcrc ' r"' heureux "'"«^henc r»»'»1' HAIE DES A DEU X I FACES tfSVOUDU ¦'"Rr-Hi 'LS SCIENCES AU QUÉBEC BOREAL Suzanne Jacob 1JIS AVENTURES DE POMME DOULY •Cost un recueil à l’imagination folle, à l’humour brillant et à la parole savoureuse.» (Marie-Claude Fortin, Voir) 138 pages — 13,95$ ÏVESLEV» V 1 HISTOIRE GENERALE > DU CINEMA AU QUEBEC ,\KK'V \ M x/.VK'' l.llOMM' 1)01 U ,\RS Michèle Mailhot BÉATRICE VUE D'EN BAS «C'est une oeuvre vivante, attachante.Et essentielle.» (Reginald Martel, la Ptvsse) 196 pages— 16,95$ Robert Lalonde LE FOU DU PÈRE «Ce roman, ce récit plutôt, livre d'amour, de passions contraires, de transgression aussi, représente un sommet de l'art de son auteur.» (Kéginald Martel, La Presse) 152 pages — 13,95$ Serge Vian BAIE DES ANGES «Évidemment, c'est tout à fait amoral et délicieusement punk, cette histoire de cowboy urbain perdu dans la nature.» (Jean-Koch Boivin, Le Devoir) 22-t pages — 14,95$ Esther Croft IA MÉMOIRE À DEUX FACES «Quand se conjuguent un talent parfaitement maîtrisé et un imaginaire aussi puissant, on peut parler d'un génie particulier.» (Jean Koch Boivin, Le Devoir) 138 pages — 14,95$ Mona Latil" Gliattas LES VOIX DU JOUR ET DE LA NUIT •Une fois de plus, le lecteur sera ravi par (.) une Égypte que chacun de nous porte en lui même.» (Jacques Hassoun, ext.de la préface) 120 pages —14,95$ Yves Lever HISTOIRE GÉNÉRALE DU CINÉMA AU QUÉBEC La première synthèse, dans une perspective historique et sociologique, sur l'ensemble de l'activité cinématographique québécoise, du cinéma muet jusqu'à nos jours.Abondamment illustré et soigneusement documenté, un outil de référence pour tous ceux qui s'intéressent au cinéma.5(>0 pages — 24,95$ Luc Chartrand, Raymond Duchesne et Yves Gingras HISTOIRE DES SCIENCES AU QUÉBEC «Cet ouvrage est indispensable à quiconque désire connaître l'évolution de la culture scientifique au Québec, depuis les débuts de la colonisation jusqu'à l'époque contemporaine.» (Fernand Séguin) 488 pages — 24,95$ Gabriel Mazars L'HOMME SANS DOULEURS Les moyens existent d'éliminer les douleurs les plus rebelles.Les malades ont le droit et les médecins le devoir tie le savoir.320 pages — 19,95$ rurtc Bouffi»» Ecrit' polémique* Jacques Berlin FÉLIX LECLERC/LE ROI HEUREUX Biographie •J'ai lu le livre de Bertin et j'ai découvert Félix Leclerc.» (Jean Bcaunoycr, La Presse) 315 pages — 12,95$ Pierre Bourgault ÉCRITS POLÉMIQUES «On dévore l'ouvrage tant à cause de la passion qui l'habite que de la plume envoûtante de l'auteur.» (Lise Lachance, Le Soleil) 376 pages — 14,95$ Louise Dechêne HABITANTS ET MARCHANDS DE MONTRÉAL AU XVIF SIÈCLE «Voilà un livre très important, appelé à faire date et à devenir un classique pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de la Nouvelle-France et de la société québécoise.» (Louis Michel, Revue d'histoire fie l'Amérique française) 532 pages —15,95$ J Jr désire recevoir le catalogue de* Édition* du Boréal tant obligation de nta part.Nom.-.-.-.-.(.ode postal .Centre d'intérêt .UT Retournez fc Le» Édition* du Boré ai 5450 ( At e de* Neiges, bureau 212, Montréal (QcJ H3T 1Y6 J Le Devoir, samedi 18 juin 1988 I:?A lfp: ILE FIAIS!> [LE FL.R LE PLAIS'K Côté plage, côté jardin : des best-sellers pour l’été Le ciel est une grande fleur.Passion et loyauté TRAVERSÉES Danielle Steel (titre original : Crossings) Montréal, Libre Expression 1988, 346 pages DANIELLE STEEL est l’un des plus fameux auteurs américains de best-sellers.Ses livres, publiés à plusieurs centaines de milliers d’exemplaires, sont vendus à travers le monde.Parmi ses plus grands succès, on retrouve Album de famille, Secrets, La Maison des jours heureux et La Ronde des souvenirs.Son dernier roman, en français Traversée, a été adapté pour la télévision sous le titre de À la croisée des chemins La belle Liane est une mère et une épouse comblée Toute jeune, elle a épousé Armand de Villiers, ambassadeur de France aux États-Unis.Son mari étant rappelé d’urgence à Paris en 1939, elle l'accompagne dans son voyage à bord d’un somptueux paquebot, le Normandie Au cours de la traversée, la jeune femme fera la rencontre du sédui- sant Nick Burnham.C’est le coup de foudre Mais Nick, même s’il est mal marié, refuse, par amour pour son Thmii Steel ! TRAVERSEES “C tossings'’ */ faf* \ S l MESSES OC LA CfTC Terre sainte LA SOURCE James A.Michener traduit de l’américain (The Source) Paris, Robert Laffont 1988, 604 pages SUR LA LANCÉE des succès de Chesapeake, L'Alliance et Texas, de James A.Michener, Robert Laffont vient de rééditer, dans sa collection « Best sellers », La Source, qu’il avait publié en 1966.Il propose ainsi aux lecteurs un livre qui n’était plus disponible, même en format poche.Fidèle à son genre, l’auteur nous offre un roman dont les scènes et les personnages relèvent à la fois de l’historique et de l’imaginaire.La Source raconte, depuis l’ère des cavernes jusqu’au l’aube de l’État d’Israël, la longue histoire de ceux qui ont vécu à Makor, situé au carrefour de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique.Des recherches archéologiques servent de prétexte à la reconstitution de l’histoire de la ville de Makor et de ses habitants au cours des siè- cles.En raison d’une grande importance stratégique et au nom de la foi ou de la nation qu’ils représentent, Makor affronte des vagues successives de conquérants.De grands travaux de construction sont entrepris et marqués par des guerres qui opposent le peuple de Makor et les envahisseurs.La ville tient de longs sièges grâce aux puits de la famille d’Ur.La source d’eau douce, protégée par le long tunnel de David, est la raison même du site, avant-poste nord de l’Égypte.Au fil de la lecture, on apprend, sous le couvert de la fiction, la transformation et la succession des civilisations, les légendes passées de génération en génération, les controverses entre catholiques et juifs, les problèmes soulevés par l’observance stricte de la loi juive et les difficultés de ce peuple régi par des lois séculaires.("est la passionnante histoire de Makor que l’auteur crée, celle de la Terre sainte, patrie historique, spirituelle et nationale du peuple juif.— Pierrette Dionne OOUlAGt»rrvM>onatet • échangés • coopération »l«l • lounsme • protestons • etc 1988.168 pages.15X22,5 cm Seulement 12.95S (13.95$ par la poste) Commandes postales ou téléphoniques ALLIANCE CHAMPLAIN.C.P.8503 Sainte-Foy (Québec) G1V 4N5 Tél.: (418) 681-0621 madaires sont enregistrés, ce nouveau service deviendra permanent.Pour l’instant, soucieuse de choisir une poésie « fraîche et aventureuse » qui ne soit « ni trop obscure, ni trop traditionnelle », British Telecom a choisi six poètes dont le premier à lire ses vers, John Heath-Stubbs, 70 ans, s'est dit « très content » de faire ainsi connaître ses propres oeuvres à des auditeurs anonymes.Il en coûte aux abonnés 38 pences (environ $ 1 ) la minute aux heures de pointe (sinon 25 pences).Pour entendre en entier le poème de Heath-Stubbs entre 8 h et 20 h, il en coûte 1.9 livre (environ $5).MICHEL ROBICHAUD, MONSIEUR MODE 25 ans de mode canadienne Nicole Charest Montréal, éditions de l’Homme juin 1988, 163 pages MARIE LAURIER LA MODE est peut-être un art superflu ou superficiel aux yeux de personnes qui feignent de ne pas s’y intéresser, laissant aux mondaines ou aux midinettes le soin d’en disposer à leur guise.Elle n’en constitue pas moins une industrie de pointe dans les pays industrialisés, Montréal se voulant encore la capitale de la mode canadienne, Toronto tentant de lui damer le pion.Michel Robichaud connaît bien l’évolution de la mode, lui qui s'y consacre depuis 25 ans, un des rares couturiers montréalais à avoir conservé le feu sacré, en dépit des fluctuations du marché, des tendances diverses et souvent contradictoires, du mouvement féministe excessif qui jugeait frivole l'art de s’habiller, de l’élégance, de la mise en valeur des blasons du corps.En dépit, aussi, des coûts élevés du textile, des matériaux, de la crise économique des années 1980, en un mot de tout ce qui aurait pu faire abandonner à « Monsieur Mode » une carrière difficile et parfois même ingrate, pourtant lancée dans l’euphorie du début des années 1960 qui allait connaître son apogée à l’Expo 1967 et aux jeux Olympiques de 1976.Tout cet acquis, à la faveur du talent de Michel Robichaud qui, encore tout jeune homme, partit pour Paris apprendre son métier avec les Guy Laroche, Nina Ricci, Givenchy, Balenciaga pour rapporter à Montréal, d’abord sur l’avenue des Pins, ensuite rue Crescent et maintenant avenue du Parc et dans de nombreuses boutiques portant sa griffe à travers le Canada, les meilleurs secrets d’un vêtement bien coupé, fût-il de haute couture dans un premier temps, de prêt-à-porter intelligent dans un deuxième temps.Il a fallu beaucoup de sagesse et de pondération au créateur dont le nom résonne désormais dans tout le Canada pour s’adapter aux courants sociaux et contribuer à la « démocratisation » de la mode.Il lui faut beaucoup de recherche et d’habileté pour concevoir dans son atelier le vestiaire complet de l’élégante signé Robichaud pour le prix ridicule du quart d’une robe du soir.Robichaud n’hésite plus à faire descendre sa mode dans la rue; au contraire, il y trouve un nouveau défi, celui qu’il se donne pour le prochain quart de siècle ! C’est donc tout cet itinéraire que l’on peut lire dans sa biographie, qui contient aussi de très belles photos de ses collections.Parcourir ces pages signées Nicole Charest, c’est revivre avec une certaine nostalgie un moment fort de la vie mondaine, économique et culturelle dans un Montréal qui était encore, il n’y a pas si longtemps, la métropole du Canada, un titre que Michel Robichaud peut certainement contribuer à reprendre à sa rivale.SOCIÉTÉ CANADIAN CANADItNNI CANCER DU CANCER | SOCIETY Qui Sait.si vous n’en profiterez pas vous même?VENTE DE FERMETURE Rabais jusqu'à 90% SlIR TOUS LES LIVRES DE LA LIBRAIRIE mm 371, rue Laurier ouest, près de l’avenue du Parc Nous avons ajouté au fonds de la librairie des centaines de nouveautés, incluant lectures d’été, livres pour enfants, romans, et disques.Ouvert 7 jours sur 7 de 10 h à 22 h La Terre, notre vaisseau spatial Suite de la page D-1 teractions réciproques, à partir d’un modèle global simulant le système mondial, sur lequel on a appliqué divers scénarios de changements économiques et sociaux.Voici, d’après le Club de Rome, les grands problèmes qui se retrouvent partout : la pauvreté au sein de l’abondance, la détérioration de l’environnement, la crise des institutions, ia bureaucratie, l’extension incontrôlables de villes, l’insécurité de l’emploi, l’aliénation de la jeunesse, le refus de plus en plus fréquent de systèmes de valeurs reconnus dans nos sociétés, l’inflation et autre dérèglements monétaires et économiques.Ce sont justement là toutes les retombées des politiques de la Trilatérale et du groupe du Bilderberg, et d’une course aux armements sans précédent.Tandis que les hommes politiques s’employaient à gommer ces effets secondaires indésirables, par la censure et la répression, le Club de Rome cherchait, par l’analyse des systèmes, quels types de réformes pourraient remédier au dysfonctionnement systémique de la société planétaire.[.] Le rapport Halte à la croissance a fait l’objet de maintes critiques; il reste que ce livre pose un grand nombre de questions nouvelles.Même les optimistes à tout crin, qui croient aux solutions technologiques des grands problèmes mondiaux, ont dû admettre que ces solutions ne faisaient que retarder l’échéance de la catastrophe.Pour les auteurs du rapport, c’est justement cette spirale croissance/effondrement qui devrait le plus nous inciter à réagir et à modifier le système mondial.Cette croissance exponentielle se poursuit dans un système clos, et il n'est plus possible de remettre les choses à plus tard, en confiant à la prochaine génération le soin de redresser la situation.Si le Club de Rome a bien mis le doigt sur le processus qui mène notre planète à la catastrophe économique et écologique, il ne semble cependant pas avoir pressenti une autre catastrophe plus subtile, d’ordre biologique cette fois : l’altération de notre patrimoine génétique, qui a déjà commencé ses ravages.Il suffit d’une légère altération de ce patrimoine pour qu’une génération n’ait plus la même résistance physique à la pollution que ses parents.Si l’on veut donc arriver à un état d’équilibre en matière de qualité de vie, il faudra que les niveaux de pollution per capita soient plus faibles que ce qu’a connu la génération précédente.Pour bien des gens, le modèle sophistiqué qui a servi aux auteurs du rapport Halte à la croissance n’a pas été nécessaire à leur prise de conscience de la réalité.L’image de notre vaisseau spatial terrestre, cet écosystème qui est notre jardin commun, était assez éloquente! Les années 70 ont vu les gens prendre de plus en plus conscience de ce que représentait l’ère atomique.Ce qui, d’abord, n’a pas été sans confusion, vu la contradiction entre les attentes et les espoirs de paix et de croissance économique qu’elle a pu nourrir, et ses effets bien concrets — course aux armements et désastres écologiques.Lorsqu’on se met à comparer les raisonnements qui prévalaient avant la Deuxième Guerre mondiale à la perception actuelle des choses, dans notre univers technologique moderne, on peut espérer voir émerger de nouvelles orientations et de nouvelles attitudes.Les vieux modèles ont fait leur temps.Nous avons la lourde tâche de dégonfler tous les mythes et les faux espoirs, avant d’espérer changer les systèmes de croyance erronés, les paradigmes dépassés et les modes de comportement destructeurs, pour inventer de nouveaux modes de vie, une nouvelle qualité de vie, dans une société planétaire post-industrielle et post-militaire.Si nous ne relevons pas ce défi, nous risquons l'extinction de notre espèce ou, à tout le moins, nous retardons le moment où elle pourra s’épanouir.Dans un monde parvenu à l’âge adulte, les méga-projets folkloriques et les guerres qui menacent notre biosphère relèvent d’une attitude suicidaire et peuvent nous mener à l’omnicide.Le temps de la croissance désordonnée est révolu.Place au nouveau printemps.[.] (Tous droits réservés, 1988, les éditions de la Pleine Lune.) VIENT DE PARAÎTRE La Villa Désir Nadia Ghalem Collection / ROMAN 104 pages - 9,95 $ GUÉRIN LITTÉRATURE Distributeur exclusif: Québec Livres •4 samedi livres Pèlerinage au pays de la survivance Fiction et biographies 1 Ne pleure pas, ma belle Mary Higgins Clark Albin Michel (1)’ 2 Échine Philippe Djian Bernard Barrault (3) 3 Le Premier Jardin Anne Hébert Seuil (2) 4 L’Epopée du buveur d’eau John Irving Seuil (-) 5 Le Prince des marées Pat Conroy Presses de la Renaissance (5) 6 Ma vie comme rivière Simonne Monet-Chartrand Remue-Ménage (7) 7 Les Corbeaux et les Renardes Françoise Dorin Flammarion (-) 8 Amour et lumière Shirley Maclaine Flamme (4) 9 Anne d’Avonlea Lucy Maud Montgomery Québec- Amérique (9) 10 Le Grand Cahier Agota Kristof Seuil (10) Ouvrages généraux 1 Le Défi alimentaire Louise Lambert-Lagacé éd.de l’Homme 0) 2 Ces femmes qui aiment trop Robin Norwood Stanké (2) 3 La Bibliothèque idéale Bernard Pivot Albin Michel (5) 4 Le Guide des restaurants Françoise Kayler Guérin (3) 5 À la découverte de mon corps Linda Madaras et Jeannette Bertrand Québec-Agenda (-) Compilation faite à partir des données fournies par les libraires suivants : Montréal : Renaud-Bray, Hermès, Champlgny, Flammarion, Raffln, Demarc; Québec : Pantoute, Garneau, Lallberté; Chicoutimi Les Bouquinistes, Trois-Rivières Clément Morin: Ottawa Trillium: Sherbrooke Les Biblairies G.-G Caza.Jollette Villeneuve; Drummondville Librairie française.’ Ce chiffre Indique la position de l’ouvrage la semaine précédente MON PAYS NOIR SUR BLANC (Regards sur le Manitoba français) Roger Turenne Saint-Boniface.editions du Blé 1988, 176 pages PAUL-ANDRE COMEAU SOUS COUVERT d'un album de remarquables photos en noir et blanc, voici un ouvrage qui soulève des questions aigues et pertinentes sur l’état de la francophonie manito-baine.La démarche de l’auteur mérite un mot de présentation.Roger Turenne a été diplomate en poste en Europe et en Afrique avant d’entreprendre ce curieux pèleri nage dans son coin de pays.Chevauchant une moto, il a parcouru un Manitoba bien différent de celui que nous croyons connaître à travers l'oeuvre de Gabrielle Roy.Pèlerinage, le mot n'est peut-être pas très heureux : il s'agit plutôt d'une quête sur l’état du français et de ceux qui le parlent encore dans cette province.Découverte de la réalité géogra phique de cette province de l’Ouest l'ouvrage se concentre résolument sur ces petites villes, sur ces villages où, au milieu des années 60, le fran çais était encore langue courante Dans la plaine, dans les collines, au tour du long sillon que trace dans le pays le transcontinental, ces corn munautés portent encore les noms des saints patrons : vestige d’une co Ionisation à l'image de ce qu’a connu le Québec avant le début de l’exode vers la terre promise.Faut-il avouer que le choc est bru tal ?Ou français, il reste une cer tame fierté.Loin du modèle cajun, ONDES les Franco-Manilobains se retrou vent avec fierté pour célébrer rites et fêtes, pour conserver une culture où semble se dessiner une nostalgie à peine avouée.Mais du français, langue d’usage, le portrait que l'au teur esquisse à petites touches, au gré de ses pérégrinations, est inquié tant, pour ne pas dire franchement noir.Au rythme où se vivent anglici sation et assimilation, on doit s inter roger sur la viabilité d’une commu nauté qui défend pourtant ses droits avec entêtement Paradoxe et peut-être illustration de cette fierté des origines, l’auteur a oublié les avantages de la vie de di plomate et les grandes errances de par le monde Le voici maintenant conseiller spécial au secrétariat des services de langue française au sein du gouvernement du Manitoba Mal gré ses découvertes guère réjouis santés, Roger Turenne a donc décidé de relever le défi de la survivance On ne peut que saluer pareille démarche .Les photos en noir et blanc ajoutent en quelque sorte à la gravité du propos Beaucoup mieux qu’une série de données statistiques, ou qu'une froide étude sociologique, ces portraits de femmes et d’hommes, ces paysages amènent à une approche de l’intérieur d’une réalité très mal connue au Québec.On doit, d’ailleurs, en dire autant de ces pages consacrées au problème des Métis.S’abstenir ceux qui croient mordicus que les C anadiens français ont con tmué d'appuyer les descendants de Louis Kiel La réalité est tout autre, moins glorieuse .En somme, un ouvrage qui, 20 ans après le rapport sur le bilinguisme et le biculturalisme, fait le point sur l’un des rameaux de la diaspora fran cophone sur ce continent.Une lecture qui inspire des méditations gra ves LA VIE LITTERAIRE MARC MORIN Les « environs » du He fus global à la B N GEORGES CARTIER, directeur général de la Bibliothèque nationale, inaugurera l’exposition et procédera au lancement de l’ouvrage Refus global et ses environs, lundi 20 juin à 17 h, au 1700, rue Saint-Denis.La vidéo Un pas dans l’inconnu sur les automatistes et la danse sera projetée en avant-première à cette occasion.L’exposition et l’album sont le fruit de la recherche d’André-G.Bourassa et de Gilles Lapointe.(L’exposition et l’ouvrage lancés par la BN feront l’objet d’un reportage dans l’édition du PLAISIR DES LIVRES du 25 juin.) La Saint-Jean des poètes LA PLACE aux poètes marque la fête nationale avec France Bonneau, François Charron, Michel Lefèbvre, Nicole Richard et Anne-Marie Gélinas, le mercredi 22 juin dès 21 h, à la Folie du large ( 1021, rue de Bleury ).Tous les autres poètes présents auront droit à trois minutes de parole chacun ou chacune pour cette Saint-Jean animée par Janou Saint-Denis.Ketchup chez Hermès LES BÉDÉISTES Pierre Fournier et Réal Godbout, que Paul Cauchon a interviewés à la Une de ce cahier, rencontreront leurs lecteurs, aujourd’hui de 14 h à 16 h, à la librairie Hermès (1120, rue Laurier ouest).Les parents de Red Ketchup viennent de publier l’album Kamarade Ultra, aux éditions Croc.Prix Molson PLUS d’une cinquantaine d’ouvrages ont été déposés au secrétariat du prix Molson de l’Académie canadienne-française.Le jury, maintenant composé de sept personnes, fera la lecture de ces oeuvres au cours de l’été et le prix, au montant de $ 5,000, sera remis en octobre prochain.TÉLÉVISION Au réseau de Télé-Métropole, le dimanche de midi à 14 h à Bon Dimanche.Reine Malo propose la chronique des livres par Christiane Charette et la chronique des magazines par Serge Grenier.Au réseau français de Radio-Canada, dimanche à 13 h : Rencontres.Marcel Brisebois reçoit le cancérologue Henri Joyeux, auteur de Choisissez de vivre.Alimentation et cancer (Oeil).À Radio-Canada, dimanche à 13 h 30 : Propos et confidences Reprise d’une entrevue avec la regrettée Marguerite Yourcenar (dernière de quatre émissions).À TVFQ (câble 30), dimanche à 21 h : Apostrophes Bernard Pivot reçoit René-Victor Pilhes, Éric Deschodt, Gilles et Jean-Robert Ragache, François Fédier, Luc Ferry et Alain Renaut.(Reprise le dimanche 26 juin à 14 h.) Au réseau Vidéotron, lundi à 21 h 30, à l’émission Écritures d'ici, Christine Champagne reçoit un écrivain.(En reprise mardi à 13 h 30, vendredi à 4 h 30 et samedi à 14 h 30.) RADIO AM A Radio-Canada, dans la première heure de Présent dimanche, dès 09 h, on présente « le livre de la semaine ».À Radio-Canada, du lundi au vendredi, aux Belles Heures, entre 13 h et 15 h, Suzanne Giguère parle de littérature.RADIO FM A CFLX (Sherbrooke), dimanche à 21 h : Textes, émission produite par CFLX et présentée par les Écrits des Forges.Yves Boisvert lit des textes d’auteurs québécois.(L’émission est également diffusée sur CKRL-FM, Québec, dimanche à 21 h 30, et sur CIBL-FM, Montréal, lundi à 17 h 30.A Radio-Canada, lundi à 16 h : Fictions, magazine de littérature étrangère, animé par Réjane Bougé, avec les chroniques de Stéphane Lépine, Louis Caron et Suzanne Robert.À Radio-Canada, mardi à 21 h 30 : En toutes lettres, magazine consacré à la littérature d’ici, animé par Marie-Claire Girard, avec les chroniques de Jérôme Daviault (essais), Jean-François Chas-say (fiction) et Roch Poisson (revues).A Radio-Canada, mercredi à 16 h: Littératures parallèles, animé par André Carpentier, avec les chroniques de Michel Lord (science-fiction/ fantastique), Jean-Marie Poupart (policier/es-pionnage) et Jacques Samson (bande dessinée).À Radio-Centre-Ville, mercredi à 16 h : Paragraphes.Danielle Roger reçoit un écrivain.À Radio-Canada, mercredi à 18 h 30 : Le Jardin secret, animé par Gilles Archambault.À Radio-Canada, mercredi à 19 h : Littératures.Dans la série « Les biographes », l’invité de Denise Bombardier est Alain Decaux (14e de 21 émissions).À Radio-McGill (CKUT, 90,3), jeudi à 14 h : La Passion de l'écriture.Paul-Gabriel Dulac reçoit un écrivain.À Radio-Canada, vendredi à 16 h 30: La Culture en procès (dernière de deux émissions réalisées lors d’un colloque récent à l’Université d’Ottawa)_m.NL PROCUREZ-VOUS l'AIBUM Les aventures de Red Ketchup, le dément drogué du FBI ! ALBUM COULEUR CARTONNE SEULEMENT « Kamarade Ultra se compare aux meilleurs produits hantais et belges » Régis Tremblay, Le Soleil « Kamarade Ultra offre une rare qualité » Louise Blanchard, Journal de Montréal « Un magnifique album » Les auteurs « Rarement sinon jamais a-t-on vu un aussi bel album «made in Québec» Jocelyne Lepage, La Presse • les amateurs de BD ne peuvent que s'en réjouir » J V Dufresne, Le Devoir KAMARADE ULTRA Un CROC-ALBUM où le colonel North, Pietr Botha et le général Noriega ont l'air d'enfants d'école! UN CROC-ALBUM EN VENTE PARTOUT! LES «INDISPENSABLES» DE VOTRE ETE A ?>AWI f.AfiA’OM fl source! l’RANCINE D’AMOUR CLAUDE JASMIN FRANCINE D’AMOUR CLAUDE JASMIN DANIEL GAGNON LES DIMANCHES SONT MORTELS O ma source! roman Pour tout vous dire Les dimanches sont mortels T&atatxît" J VOUS Grand Prix Littéraire Guérin 87 192 p.— 12,95$ 186 p.— 12,95 $ l»o*nn litlrruluiw ôeopxcs CARTieM 1*1 I K l< I \ i >YI IC SUZANNE PARADIS LES ENFANTS PARFAITS GEORGES CARTIER SUZANNE PARADIS PIERRE VOYER Notre-Dame du Colportage Un portrait de Jeanne Joron Les enfants parfaits mm 286 p.— 14,95$ 240p.— 14,95 $ t*i Reine Soleil Le?uv fi*< u Cit-rtird I-.tienne GÉRARD ÉTIENNE ANDRÉ CARPENTIER JOURNAL «Hh»- La Reine Soleil Levée Journal de mille jours r-Dx j (carnets 1983-1986) 368p.— 17,95$ LÉON-GÉRALD FERLAND Et voilà que la vie fait naufrage 194 p.— 12,95$ GUÉRIN LITTÉRATURE Distributeur exclusif: Québec Livres t P-12 ¦ Le Devoir, samedi 18 juin 1988 LE PLAISIR //, LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR livres Des hommes intelligents mais des analphabètes du sentiment LE REGARD DES STATUES Norbert Bensaïd Paris, Fayard/Mazarine 1988, 283 pages LE FEUILLETON LISETTE MORIN QUE toute notre intelligence et tout notre savoir ne nous empêchent jamais de rester des analphabètes du sentiment.» C’est peut-être la clé de ce roman, oeuvre d’un médecin et journaliste.Mieux connu sans doute par ses articles percutants, publiés dans Le Nouvel Observateur dont il est le collaborateur régulier, que par son oeuvre d’essayiste ( La Lumière médicale) et de romancier (La Consultation, prix Fermina-Va caresco, 1974).Tout commence par ce qui pourrait être un malheureux, mais banal accident : un automobiliste renverse un piéton.Mais Le Regard des statues a d'autres ambitions que de raconter ou d’expliquer un fait divers : « l’accidenté » est un homme célèbre.Ce Laporte a même « le long visage triste » d’un écrivain connu, décédé, lui aussi, des suites d'un accident de la rue.Mais respectons la convention que nous propose l’auteur, en oubliant Roland Barthes.Etsui vons Antoine Meyer, celui qui se croit non seulement responsable mais coupable et qui le sera doublement du jour où il rencontre la jeune maîtresse de Laporte et en devient éperdument amoureux.Tout se passe entre les visites à la clinique, où Laporte ne manifeste guère d’empressement à guérir, au studio abandonné depuis la mort d'Anna, la femme très aimée de l’écrivain, et dans l’appartement de Louise, dite Li- lith, où se trouvent et retrouvent les amants.Entre-temps, quand il se retrouve seul et que le sommeil lui est refusé, Antoine tente d’y voir clair, en noircissant « des pages et des pages, à la poursuite de la formulation claire et définitive » qui lui permettrait enfin de dormir.« Je n’entretiens pas avec récriture des rapports faciles, confesse Antoine.J’ai découvert il n’y a pas si longtemps que j’aimais lire, mais que je n’aimais pas la littérature.Je n’arrive pas à savoir si elle doit être transparente ou se prendre pour objet, être vitre ou vitrail ?ou miroir ?» Comme la plupart des écrivains, Norbert Bensaïd, tout en s’interrogeant sur les exigences de la littérature, impose à ses personnages une conduite très.littéraire.« J’ai fait ce que j’ai pu, ajoute Antoine, pour me laver des idées gluantes qui, depuis l’accident, me collaient à la peau.»> Le lecteur de ce roman considérera sans doute que s’approprier la femme aimée de « l’accidenté » n’était peut-être pas la bonne façon de se « désengluer », de se tirer au mieux des causes et des conséquences de l’accident.Bien que fertile en épisodes dits romanesques — l’aventure d’Antoine et de Lilith nous offre même un voyage en Italie et une nuit ardente tout près de la piazza del Campo, à Sienne — Le Regard des statues est avant tout le récit d’une enquête très intellectualisée, où le coupable et la victime — qui n’en seraient pas dans la vie ordinaire — jouent à se connaître, à se percevoir autrement qu’en ri-vaux, amoureux de la même femme.Michel Laporte, il fallait sans doute s’y attendre, ne guérira pas.Ne mourra pas de l’accident mais d’un infarctus.C’est, en tout cas, ce que semble indiquer, sur le quai de la gare, l’ami à « la mine défaite et la mise négligée » qui at- NORBERT BENSAÏD.LM #4 A A&jgili tend le couple retour d’Italie.Voilà pour l’anecdote.Qui n’est, tous comptes faits, qu’un prétexte.Norbert Bensaïd n’oublie jamais, lors même qu’il s’efforce, laborieusement, de créer des situations dites romanesques, de truffer son récit, sous forme de confession à la première personne, de moments de passion très charnelle, qu’il est un professionnel de l’introspection, que l’essai philosophique ou sociologique est davantage sa partie que la littérature « pure ».Roman terriblement intelligent, sans doute, récit d’un homme de grande culture, affrontement de deux hommes qui sont plus que des personnages de roman, des personnalités, disons même des célébrités.Cela suffit-il pour que Le Regard des statues soit un livre réussi ?Le doute est permis .et, pour Norbert Bensaïd, ce n’est pas un mol oreiller que le doute, quoi qu’en dise Montaigne, mais un rude divan où se tourne et retourne le narrateur en proie à l’insomnie.Ce qui nous vaut un curieux passage « explicatif » sur les trois sortes d’insomnies : « la rouge, celle du soir, des préoccupations obsédantes; la noire, celle de la nuit profonde, de la solitude, de l’enfant abandonné qui, pour retrouver la paix, ne peut mieux faire que téter; et la blême, la livide, celle du matin, du désespoir lucide, de la certitude que rien n’a de sens ni d'avenir».Des considérations cliniques de ce genre émaillent (sic) ce roman dont je doute, encore une fois, qu’il soit l’ouvrage le mieux réussi de son auteur.53 Va Vj44 Va Va l .è \ 10® fpse^e cécT'ar'.Traite cadS',et>e"e:às tcje tfess En vente chez votre libraire (Mmum 1977, boul.Industriel, Laval, Qc.H7S 1P6 Tél : (514) 667-9221/334-5759/1-800-361-9264 Les arts visuels en pages Degas: le « nec plus ultra » DEGAS Jean Sutherland Boggs, Henry Loyrette, Michel Pantazzi et Gary Tinterrow Paris, éditions des Musées nationaux et Spadem; Ottawa, musée des Beaux-Arts du Canada; New York, The Metropolitan Museum of Art 1988, 635 pages 392 illustrations couleurs et noir et blanc numérotées DEGAS, LES NUS Richard Thomson Paris, Nathan 1988, 240 pages, 226 illustrations couleurs et noir et blanc DEGAS A LA RECHERCHE DE SA TECHNIQUE Denis Rouart Genève, Skira, 1988, 139 pages illustrations couleurs et noir et blanc CLAIRE GRAVEL L’OUVRAGE le plus complet, la somme, le nec plus ultra est incontestablement le Degas que le musée des Beaux-Arts du Canada a pondu de concert avec les Musées nationaux de France et le Met de New York.L’énorme catalogue de 635 pages est divisé en quatre tranches historiques dont chacune relève d’un membre du comité scientifique : Henri Loyrette pour 1853-1873; Douglas Druick et Peter Zegers pour 1873-1881; Gary Tinterow pour 1881-1890, et Jean Sutherland Boggs pour 1890-1912.Chaque partie est composée d’un essai, d'une chronologie et de notices complètes des oeuvres exposées pour la période.Les reproductions sont magnifiques.Dans son introduction, Mme Boggs surprend en affirmant qu’à 50 ans, l’oeuvre de Degas (qui meurt à 83 ans) « a perdu l’éclat, l’audace et l’esprit percutant qui la caractérisaient durant les années 70 » (p.27).Le catalogue lui donne raison : de- vant ces superbes planches couleurs, on tâte le pouls d'une oeuvre qui va se délestant.Henri Loyrette discute du sujet quotidien et banal élevé au rang de peinture d’histoire, et sa chronologie retrace les relations que Degas entretenait avec les autres peintres.MM.Druicks et Zegers traitent du réalisme scientifique, du naturalisme et des thèses sur la criminalité; M.Tinterow analyse Degas sous l’angle du marché, sa chronologie ne consiste qu’en ventes de tableaux.Mme Boggs écrit des pages éclairantes sur l’utilisation de la photographie dans les peintures; sa chronologie, la plus poussée du catalogue, nous livre l’assistance des dîners auxquels était convié Degas, nous rapporte ses paroles.On y rencontre un Degas entremetteur, qui s’occupe de marier Julie Manet à Ernest Rouart, et plus aristocrate que jamais, dans son refus d'avoir le téléphone : « C’est ça, le téléphone ?On vous sonne, et vous y allez ?» ?Le nu représente un cinquième de l’oeuvre de Degas et, selon Richard Thomson, il en est le thème central.Far son écriture bien rythmée, agréable, M.Thomson nous entraîne aisément dans son vaste champ d’investigation incluant les problèmes du déclin de la peinture d’histoire et celui de la prostitution augmentant.On entend le père de Degas s’inquiétant des influences picturales de son fils; M.Thomson sort les dessins, les esquisses, les ébauches qui rendent visible la genèse du tableau.Il fait le lien, à travers les 50 monotypes sur le thème des bordels, entre les postures hystériques identifiées par le docteur Richer : Degas était au fait des travaux de Charcot à la Salpêtrière.M.Thomson ouvre le débat sur cette volonté du « factice » que proclamait le peintre face à ses « vrais » nus qui sont, eux, ostensiblement « naturels » et parle joliment de « gaucherie gothique ».L’auteur établit des parallèles avec les autres créateurs de nus qui l’ont précédé, Ingres, Rembrandt, et conclut sur un rapprochement entre la femme qui sort du tub et l’éphèbe de La Bataille de Cascina de Michel-Ange où se trouve la même tension du corps en équilibre sur une seule jambe.Cet équilibre manifeste un art métaphorique où la manipulation du corps, déformé, est l’image de celle faite au corps de la peinture, avançant à grand pas vers le balayage du « sujet ».Un très beau livre, assez cher : $139.?Denis Rouart est le petit-fils d’Henri Rouart, un ami cher de Degas.Conservateur des Musées de France, M.Rouart fait constamment des remontées dans le temps pour introduire chaque technique.L’intérêt didactique est réel, mais cela alourdit considérablement le sujet.Les trop nombreuses citations d’autres artistes, tels Manet et Renoir sur leur propre métier, produisent le même effet.Mais, quand M.Rouart arrive à notre homme, il est magistral.Nous apprenons comment Degas purgeait de leur huile ses couleurs peintes à l’essence sur le papier, afin d’empêcher celui-ci de jaunir; comment il insufflait de la vapeur d’eau bouillante sur ses pastels pour les humidifier et procéder à de légers lavis, ce qui serait une invention (p.54).Avant de délaisser l’huile, trop compliquée, Degas souffrant de la vue en vient à peindre avec ses doigts et « tripote » « à la vénitienne », montant des glacis chauds sur des tons opaques et froids.Ce livre recèle une somme de recettes et d’indications captivantes.Red Ketchup, un héros fou Suite de la page D-1 place publique existe vraiment.mais dans un autre jardin que celui-là ! Tous deux travaillent « un pei avec la documentation, beaucoup avec l’invention ».La motoneige soviétique enfourchée par Olga est inventée.« Mais elle ne pourrait pas être autrement, explique Fournier pince-sans-rire, puisqu’elle est grosse, massive, avec un moteur de camion.» Ils ont développé un univers gra- phique dont la logique est implacable, « un look à plat, proche du comicbook».Et Réal Godbout adore tenter des expériences.Ainsi, il avait remarqué que la couleur changeait lorsque la feuille était exposée au soleil.Un jour, il a dessiné une scène où, tout au cours de la journée, il déplaça la feuille ensoleillée, histoire de trouver un dégradé différent.Kamarade Ultra a été édité à 7,000 exemplaires.« Je suis conscient de notre privilège, d’ajouter Fournier.Nous avons été payés avant la parution de l’album, pour la pré-publication dans Croc.Mais je ressens aussi une certaine responsabilité.Un album comme ça n’est pas rentable mais sert de locomotive.C’est un investissement à long terme pour les oeuvres des autres, pour les futurs albums de Gaboury, Prud’homme, Cloutier.Nous ne voulons pas porter le sort de la bd québécoise sur nos épaules, mais nous savons que si Ketchup marche bien, Croc publiera d’autres livres.» — Paul Cauchon «Mes filles, les corbeaux sont faits pour être plumés.» Fianço»» Donn Les corbeaux les renardes f\amman°n Roman Le nouveau Dorin: drôle et féroce sur 400 pages Une mère.Deux soeurs.Trois caractères solidement trempés.La mère a donné une seule directive à ses filles: trouver un mari.L'aînée suit à la lettre les conseils maternels.La cadette les repousse avec violence.Flammarion Sortir d POUR L’ETE Sortir du piège de Jean-François Somcynsky La vengeance au féminin 284 pages/16,95$ t AAN» 1‘- B» Tant qu'il pleuvra des hommes )' * I ' ' 4 ' 4 i fft, .1 l | f j t t t i ¦¦r r * “ i tVtt.M.*
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