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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1988-05-14, Collections de BAnQ.

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LEI LEI LEI LE LE ÿ*.; J ¦ m ^ ¦ ¦ ¦ Best-seller : Le Dictionnaire khazar, de Milorad Pavic/D-2 ¦ Lettres québécoises : LOmbre de l'épemer.de Noël Audet; Maude et Les Aventures de Pomme DouJy, de Suzanne Jacob; L’Ombre jetée 1, de Rina Lasmer D-3 ¦ Lettres étrangères : Anthologie de la poésie persane, de Z.Safâ; Là Partita.d'Alberto Ongaro D-4 ¦ Feuilleton : Les Petites égarées de Pascal Lainé/D-5 ¦ Lettres françaises : L'Imitation, de Claude Simon; La Société Jupiter, de Georges-Noël Jeandneu/ D-5 ¦ Polars : trois traductions et un ouvrage français/D-6 ¦ Capsules : les livres du quotidien D-6 ¦ Guerre et paix : Le Système militaire soviétique, de Jacques Sapir/D-7 ¦ Révolution : Condorcet.Un mtellectuel en poltique, d’Élisabeth et Robert Badinter D-7 ¦ Carnets : Une femme à la fenêtre, de Bianca Zalogin/D-8 Montréal, samedi 14 mai 1988 Mistral en coup de vent MARIE LAURIER IL NE FAUT écrire que cinq ou six livres pour changer le monde et réapprendre à vivre en artiste.» A 23 ans et demi (pas encore 24), Christian Mistral fait cette assertion qui ne souffre aucune réplique.« La vie d’un écrivain, c’est la plus belle », affirme encore cet autodidacte, du haut de sa grandeur et de sa frondeur, lui qui a dû apprendre dans les livres et dans les dictionnaires à maîtriser une lanque qu’on ne lui a pas enseignée à l’école échevelée des années 1970.« C’est un vrai scandale de ne pas nous avoir appris à écrire et à penser.Je suis un rejeton de la stupide méthode du Sablier et, pour m’avoir fait perdre tant de temps, je serais justifié de demander un remboursement au ministère de l’Éducation! » Pour se venger, il a décidé de ne pas aller s’ennuyer au secondaire V et de faire ses propres classes à l’école de la vie et de la littérature.Il a ingurgité tout ce qui se s’est publié, se publiait et se publie, dans l’ordre « J’ai la conviction que les grands livres sur la francophonie viendront du Québec.» et le désordre, trop mais assez pour accumuler des références et un vocabulaire qui feraient rougir de honte tous les professeurs de français.Pour le jeune Christian Mistral, qui semble pourtant avoir vécu un siècle à l’entendre et, surtout, à lire son premier roman ( Vamp, chez Québec/Amériqueî, le temps est ce qu’il ÿ a de plus précieux au monde.Parce qu’il a décidé de devenir écrivain dès ses premiers balbutiements, que ce métier n’attend pas le nombre des années pour se manifester, il a la ferme intention d’écrire pas seulement ces « cinq ou six livres qui peu- Photo Chantal Keyser vent changer le monde » mats plusieurs autres.Ambitieux, ce jeune homme ?« Pourquoi pas ?Puisque je ne sais pas faire autre chose et que la vie d'artiste est la seule qui me convienne.D’autant plus que j'ai la conviction que les grands livres sur la francophonie viendront du Québec.» Pour son premier coup d'essai, celui que l’on compare déjà à un Jack Kerouac moderne a signé un livre débordant de vitalité, de bruit et de mouvement, laissant le lecteur ébaubi de tant de culture et de vocabulaire.Vamp, c’est un coup de vent, la saga d’une jeunesse folle et fiévreuse vécue dans un Montréal de grandeurs et de misères, en convivialité avec les copains qui forment une tribu des amis, tous à la recherche de quelque chose, sans trop savoir quoi, dans un climat de boheme, de bière, de pauvreté (voulue), d'ap parlements minables et d'un idéalisme certain.Le jour où chacun dé couvre sa voie, le clan se disperse pour entrer dans une vie plus ou moins adulte et assagie, laissant Christian Mistral seul avec ses démons, ses livres, son stylo et ses souvenirs de cette génération « vamp ».Il admet avoir écrit son livre pour s’exorciser de cette jeunesse folle et il se croit suffisamment aguerri pour écrire des livres structurés, importants et essentiels, rien de moins, convaincu d’apporter une contribution importante au milieu littéraire jamais trop encombré.« Je me sens différent et je ne suis pas le seul jeune à croire qu’il nous faut redécouvrir un esprit de bousculade, de combat, de compétition.Il ne suffit pas d’être beau et gentil, de renoncer a changer le monde avant d'avoir commencé.Il nous faut foncer, lutter, réagir », nous dit encore celui qui écrit dans son livre cette phrase singulière mais combien significative : « Les doux sont un fléau.» Christian Mistral n’a pas fini de faire parler de lui : « J’ai des livres à écrire pour au moins les 15 prochains années.» Surveillons-les bien.En attendant, si, d’aventure, vous croisez un grand jeune homme à lu nettes à l’allure dégingandée et l’air frondeur, coiffé d’un éternel fedora qui ajoute encore quelques centimètres à sa taille déjà impressionnante, c'est lui.Même et surtout en coup de vent, Christian Mistral ne passe pas inaperçu ! N’est pas éditeur-conseil pigiste qui veut FRANCE LAFUSTE Editeur conseil pi giste : la profession est peu connue, ceux qui l'exercent se comptent sur les doigts de la main.Mais que fait au juste un éditeur-conseil ?La question ne surprend pas René Bonenfant, quarantaine sereine et barbe de patriarche; il se l'est fait poser cent fois, peut être davantage.Alors, pour la cent unième fois, il y répond, sans ciller, avec la patience du péda gogue et la courtoisie du gentleman : « C’est s’occuper d’un pro jet accepté par une maison d’édition et le mener à terme C’est en diriger toutes les étapes, depuis l’évaluation du manuscrit jusqu’à l’impression, en passant par la révision, la conception gra phique, la correction d'épreuves.Mais cela peut être aussi réaliser soi-même l'une ou l’autre de ces étapes ou, plus rare, dénicher un auteur.» Fait-on souvent appel à des éditeurs-conseils ?« l’as vraiment.Les maisons d’édition ont généralement leur propre per sonnel pour évaluer et réviser le manuscrit, en faire la conception graphique.» Alors, quel est l'intérêt pour une maison d’édition de confier ce travail à une tierce personne ?« Cette personne là lui est d’une grande utilité quand il y a surcroît de travail ou qu’elle estime nécessaire de s'adjoindre une personne de métier pour cer tains projets.» Si j'ai bien compris, on ne s’improvise pas éditeur-conseil pigiste.Il est vivement conseillé d’avoir déjà été éditeur ou d'avoir travaillé dans l’édition, ce qui est bien le cas de M.Bonenfant.« C’est aux Presses universitaires de Montréal que j’ai appris le métier.C’était au début des années 70.Pendant près de trois ans, j'ai été éditeur de pério diques et éditeur de livres.De l’édition savante et spécialisée, je suis passé à l’édition populaire avec les éditions de l'Homme où j’ai été co directeur avec Jacques Laurin.Une expérience qui a duré près de sept ans.» Depuis 1977, René Bonenfant est à son compte avec, pendant Photo Jacques Grenier RENÉ BONENFANT.près de huit ans, des contrats presque exclusifs aux éditions Héritage, de Saint Lambert.Et ce n'est que depuis peu qu’il corn mence à diversifier sa clientèle, tout en restant dans l’édition d’ouvrages pratiques.L’édition littéraire reste un plaisir d'esthète pour celui oui est aussi fondateur et propriétaire des éditions du Noroît, de Saint Lambert, depuis 1971 : « Le Noroît est une entreprise qui nous tient à coeur, ma femme Célyne et moi-même.Avec les années, le nombre de titres soumis et publiés a augmenté mais mon tra- Sulte à la page D-8 En publiant Un chameau en Jordanie, Roch Carrier poursuit une démarche originale dans le monde littéraire québécois.À mi-chemin entre le récit de voyage et l’essai, ce livre se présente comme une longue réflexion.L'auteur note ses observations à la faveur d'une expédition avec un guide jordanien en vue de retrouver une cité perdue au royaume des Berbères À paraître la semaine prochaine aux éditions internationales Alain Stanké.ROCH CARRIER A QUOI Fathi songe-t-il ?Au début de la journée, il conduisait un chameau comme ses ancêtres, depuis des siècles.Poussant un bouton au tableau de bord de ma voiture, il a été propulsé dans le vingtième siècle.Sans choc, il a franchi la barrière du son, le mur entre hier et demain.Fathi pourrait-il survivre longtemps dans le monde moderne ?Il ne sait que conduire un chameau et raconter l’histoire de Petra, cette ville vidée de ses habitants naufragés dans les tempêtes du temps.Contemporain des Nabatéens disparus, ce garçon, dans ma voiture moderne, écoute la musique comme l’écouterait un garçon d'Amérique.Son plaisir est si grand ; je ne veux pas l’en déranger.Qui suis-je pour juger que mon bonhomme est illettré ?N’a-t-il pas appris plusieurs langues entre les falaises de Petra ?Qui suis-je pour croire que la vie moderne est plus difficile pour lui que pour moi ?Qui suis-je pour croire qu’un ordinateur est plus compliqué à dompter qu’un chameau ?Moi, pauvre voyageur d’Amérique diplômé, souvent, je me suis découvert illettré, barbare, grossier, dans plusieurs pays du monde.Fathi ne doit pas toute sa vie raconter l’histoire de Petra.Il doit vivre la sienne.La Jordanie peut-elle laisser s’étioler l’intelligence de ses enfants ?La Jordanie n’a-t-elle pas l’obligation d’offrir l’école à tous ses enfants ?Pourquoi le petit Bédouin n’a-t-il pas la chance de s’instruire ?Les Bédouins tiennent à leur manière traditionnelle.Même s’ils ont quitté le désert pour la ville, la tente pour l’appartement, ils tiennent encore à leurs traditions.Les Bédouins anciens n’avaient d'autre école que Un chameau en Jordanie celle de la vie.Le Roi est l’ami des Bédouins.Les Bédouins aiment le Roi.Il respecte leurs traditions, leur fierté.Il n’impose pas à leurs enfants d’aller à l’école.Beaucoup de pays sont enchaînés à la misère.L’école est le seul instrument de libération.Un pays qui n'ouvre pas à tous ses enfants les portes de l’école prépare des esclaves et des déclassés.Le Voyageur d’Amérique en est persuadé.Il se jure de l’écrire quelque part.Ces enfants illettrés seront des épaves rejetées sur les berges du monde.Sans instruction, ils ne pourront aider leur race à survivre, à s'adapter.Un jour, ils détesteront leur peuple de les avoir tenus prisonniers dans le passé.Impuissants, ils souffriront aussi le mépris de leur peuple.Le Roi ne veut pas humilier les Bédouins en transformant en écoliers sédentaires les libres princes du désert.Les Bédouins le lui reprocheront, plus tard : il sera accusé de n’avoir pas aidé leur adaptation à la vie nouvelle.Bientôt Fathi descendra de ma voiture.Son rêve sera fini.Le Voyageur d’Amérique poursuivra sa route.Que deviendra le jeune Bédouin ?Le Voyageur d’Amérique n’est qu’un passant.Il n’a d’autre responsabilité que de raconter son voyage.J’écrirai au Roi.Les mots du Voyageur d’Amérique auront-ils plus d'importance que grains de sable ?.Les gouvernements sont des ânes qui n’avancent que sous les coups.Si personne ne frappe, l’âne ne bouge pas.Je vais donc rédiger cette lettre.L’autoroute avance entre les dunes.Aucune baraque; pas d’arbres ni d’arbustes.Le vent léger a lissé le sable que percent des buttes de roche noire.Ce pays de sable est aussi changeant que l’eau.Un désert peut-il être un pays ?.raisonne le Voyageur d’Amérique.Dans tout ce qui change, l’être humain cherche, pour son équilibre, pour la conscience de lui-même, pour sa paix, pour son angoisse, quelque chose qui ne change pas : une chaleureuse routine, une illusion de repos, l’impression douce que son monde n’est pas étranger et que son ignorance n’est pas totale.Il demande à son pays l’impression que le monde ne lui est pas étranger.Il cherche l’assurance qu’il a prise sur la vie et le temps.Il a au fond de lui un incroyable espoir qu’il ne va pas mourir puisque, croit-il, le pays ne meurt pas, une conviction que le passé a un sens puisque l’histoire existe.Quand l’homme se sent égaré, son pays familier l’assure que le monde ne tourne pas trop vite.Un pays est cet endroit de la terre où la personne ne se sent pas tout à fait impuissante, ni inutile.Dans son pays, l’individu sent que la Terre respire un peu comme lui.Dans son pays, la personne n’est plus seule sur la Terre a devoir vieillir, mourir.On y vieillit avec elle, on y meurt avec elle.Un pavs donne à son habitant des limites, car la Terre trop grande devient inquiétante.Ce qui est connu, stable, adoucit l’angoisse Suite à la page D-8 Photo Alain Stanké.ROCH CARRIER.BORDUAS NOUVEAUTÉ DISPONIBLE EN LIBRAIRIE Publié par le Musée des beaux-arts de Montréal, le catalogue PAUL-ÉMILE BORDUAS est le plus beau volume offert cette année dans le domaine de l’histoire de l’art.Format de 31,5 cm x 25 cm.488 pages.262 illustrations dont 147 planches couleur, imprimé sur papier Lustro de Warren 200 M .Jacquette en quadrichromie, reliure pleine toile.DISPONIBLE À LA BOUTIQUE DU MUSÉE ET DANS TOUTES LES LIBRAIRIES AU PRIX DE 79,95 $ .Méridien DISTRIBUTION EXCLUSIVE ÉDITIONS DU MÉRIDIEN 1980, rue Sherbrooke ouest, bureau 520 Montréal (Québec) H3H 1E8 Tél.: (514) 932-9037 - des enfant Aussi Disponible: Superbement Illustré, un précieux outil pour les parents et les enseignants.7,55 { D-2 ¦ Le Devoir, samedi 14 mai 1988 LE A .y/y\ LE PL AI SI le f: • s : LE PLAISIR LE PLAISIR /ivres CI* Fiction et biographies Les best-sellers 1 Le Premier Jardin Anne Hébert Seuil (1)* 2 Les Vaisseaux du coeur Benoîte Groult Grasset (2) 3 Ne pleure pas, ma belle Mary Higgins-Clark Albin Michel (6) 4 Une femme Annie Ernaux Gallimard (4) 5 La Preuve Agota Kristof Seuil (5) 6 Le Prince des marées Pat Conroy Presses de la Renaissance (6) 7 Ma vie comme rivière Simone Monet-Chartrand Remue-Ménage (-) 8 L'Amant sans domicile fixe Fruttero & Lucentini Seuil (9) 10 Anne d'Avonlea Lucy Maud Montgomery Québec- Amérique (-) Ouvrages généraux 1 Le Défi alimentaire Louise Lambert-Lagacé éd.de l’Homme (2) 2 La Bibliothèque Idéale Bernard Pivot Albin Michel d) 3 Ces femmes qui aiment trop Robin Norwood Stanké (-) 4 À la découverte de mon corps Linda Madaras Québec- Agenda (5) 5 Pour jeunes seulement Jocelyne Robert éd.de l'Homme (-) Compilation laite à partir des données fournies par les libraires suivants : Montréal : Renaud-Bray, Hermès, Champlgny, Flammarion, Ratfin, Demarc; Québec : Pantoute, Garneau, Lallberté; Chicoutimi : Les Bouquinistes; Trois-Rivières Clément Morin; Ottawa : Trillium; Sherbrooke Les Biblairies G -G.Caza; Jollette ; Villeneuve, Drummondvllle ; Librairie française.* Ce chiffre indique la position de l'ouvrage la semaine précédente Comme le khazar fait bien les choses! LE DICTIONNAIRE KHAZAR Roman-lexique, exemplaire masculin Milorad Pavic traduit du serbo-croate Paris, Belfond, 1988, 256 pages DENIS SAINT-JACQUES SI LE PASSAGE du temps vous déprime, si vous croyez la chair triste et avoir lu tous les livres, Le Dictionnaire khazar a été écrit pour vous.Car le temps y coule à la fois au moins dans deux sens opposés et manifestement aussi en diagonale, la chair s’y soumet au royaume des rêves et les livres ne ressemblent à rien de ce que vous connaissez : les dictionnaires sont des romans, à moins qu’ils ne soient une voie d’accès pour les « chasseurs de rêves » vers le corps du premier Adam.Vous ne comprenez peut-être pas clairement de quoi je vous parle, mais ne vous en faites pas trop, moi non plus.D’ailleurs, si je savais, je serais en danger mortel, cela au moins est certain.La science des Khazars est très périlleuse, avis aux curieux imprudents.Le Dictionnaire Khazar se présente sous une forme tripartite : « un glossaire de source islamique, un alephbétaire de textes issus des manuscrits et traditions hébraïques, et un abécédaire tiré de sources chrétiennes ».De plus, des remarques liminaires et des appendices permettent de compléter et surtout d’orien- Les textes gagnants au concours de critique littéraire Le recueillement NDLR — À l'occasion du Festival national du livre, LE DEVOIR s'est associé à un concours de critique littéraire.Nous publions aujourd’hui le second des trois textes gagnants : une critique de L'Obsédante Obèse et autres agressions *, de Gilles Archambault, soumise au concours par Jérôme Rodriguez, de Montréal.Le troisième texte primé paraîtra le 21 mai.COMPRENDS-TU seulement, vieil ami, pourquoi je t’ai offert ce petit livre ?Ne sens-tu pas s’y déployer — oh, très simplement, presque hypocritement — la vie dans ce qu’elle a de plus banale, de plus limpide, de plus.tragique ?J’y avais vu, pour ma part, dans ces minuscules nouvelles inspirées par le quotidien le plus plat (celui qui accompagne nos jours et nos nuits, avec ses surprises, ses grisailles, ses joies et ses manques), la marque d’une curiosité désabusée, s’amusant à lire sur nos visages les dernières cendres de nos feux sacrés.Vacuité de nos chimères, éloge du désespoir, amour paradoxal de cette existence qui se résume à n’être, en bout de ligne, que « le temps de quelques révoltes, puis d’un immense ennui ».Te parlerai-je encore de ces êtres étranges qui habitent les textes, tous plus évanescents les uns que les autres, mais oubliés, générations inaccessibles, femmes fatales ?De cette obsédante obèse, qui ne cesse d’enfler au fur et à mesure de la lecture, pour finalement épouser la forme même du propos de l’auteur (tu auras deviné, j’en suis sûr; je pense ici à la figure de la mort elle-même, abrupt rivage où vont s’échouer la plupart des personnages mis ici en scène).Dans ce livre où rien n’arrive et l’essentiel s’accomplit, où l’implacable fatalité prend les figures les plus insolites, les moins spectaculaires, ces historiettes en mode mineur nous obligent à un regard neuf, souvent rétrospectif, sur nos péripéties quotidiennes qui finissent par former l’essentiel de ce qu’on appelle souvenirs.Car n’est-ce pas la l’une des particularités de ces textes, de souligner que, malgré nos espoirs déçus et nos erreurs cruelles, le monde continue et continuera indéfiniment de tourner, gauchement sans doute, mais avec ou sans nous ?Petite leçon d’humilité qui, en y réfléchissant bien, nous réconcilie avec l’existence sans pour autant, je l’admets, apaiser nos angoisses.Mon cher ami, reprends ce cadeau et efforce-toi d’aller jusqu’au bout.Souviens-toi que bien souvent, la littérature, la vraie, n’est qu’une transfiguration des souvenirs les plus lourds de conséquences.Et que tout s’apprivoise, même le désespoir.Écris-moi vite; ta réponse me pèse._ Jérôme Rodriguez GILLES ARCHAMBAULT.* Paru aux éditions du Boréal.1987.ter l’information souvent énigmatique ou lacunaire fournie par les différents articles des trois lexiques.Les entrées concernent le plus souvent des personnages qui auraient de quelque façon été mêlés à la question khazare, chacun des trois dictionnaires donnant des renseignements sur des personnages de son propre champ religieux en plus de fournir un point de vue spécifique sur la « polémique khazare ».Il faut savoir des Khazars que c’est un peuple attesté entre le sixième et le dixième siècle après Jésus-Christ dans une région s’étendant de la mer Caspienne à la mer Noire.Toutes traces s’en sont perdues après leur conversion à l’une des religions islamique, judaïque ou chrétienne — les opinions se contredisent là-dessus — conversion qui suivit la « polémique » entre les philosophes propagateurs de ces trois religions invités par le khagan à interpréter un de ses rêves.Mais vous ne devez pas croire que Le Dictionnaire Khazar concerne principalement l’existence concrète des Khazars; la lecture vous convaincra assez rapidement que la matière la plus ample qui y est abordée est celle du dictionnaire lui-même, de ses sources et de leur histoire.Cette histoire-là, celle d’un livre à construire, à détruire et à reconstituer, est plus merveilleuse et plus terrifiante encore que celle du sujet apparent qui donne son titre au dictionnaire.En trois temps, des chroniqueurs des différentes religions impliquées tentent d’éclairer les mystères de la question khazare, mais chaque fois qu’on tente de réunir leurs contributions, le malheur frappe et l’entreprise échoue.Des forces très puissantes s’opposent à ce que la vérité sur la peuplade dis- Concours de nouvelles LE RÉSEAU FM de Radio-Canada lance son 5e concours de nouvelles, ouvert tant aux auteurs professionnels qu’aux écrivains d’occasion.Les prix offerts sont de $ 2,000 (premier), $ 1,500 (deuxième) et $ 1,000 (troisième).De plus, les lauréats et 10 autres auteurs pourront entendre leur texte au réseau FM stéréo de Radio-Canada au cours de l’été 1989, ce pour quoi ils recevront le cachet prévu à la convention avec les auteurs.La date limite pour la remise des textes est le 1er octobre 1988.On obtiendra un formulaire d’inscription au bureau de Radio-Canada de sa région ou en écrivant à : 5e Concours de nouvelles, Service des textes, Radio-Canada, 23e étage, C.p., 6,000, Montréal, II3C 3A8.(Étrangement, ledit formulaire est rédigé en français et en anglais, bien qu’on précise, naturellement, que « ne sont admises que les nouvelles inédites de langue française .) — M.M.Le blues du plagié ¦ ¦¦ ¦ ¦ revue de la société de philosophie du québec vol.xv, n° 1 PRINTEMPS 1988 SOMMAIRE L'énigme de Kripke Note de h rédiction 1 M M.YMtH H, Lui énoncés de croyance et l’énigme de Kripke.5 I) LAURIER, Sole sur le puzzle de Kripke.31 ( l‘ANA( ( 10 La notion de croyance ; une approche mscriptionnahste 41 I 11 l’Aol La c/ueilion des altitudes propositionnelles et les limites de la sirnantic/ue.39 Descartes : le Discours de h Méthode Note de h rédiction.75 L MARCIL LACOSTE, L’héritage cartésien : l égalité épistémique.77 A VIDRICAIRE.La ution comme procédé de communication dans le Discours de h Méthode.95 Articles AB MARCHAND, Mimèsis et catharsis.de la représentation à la dénégation du réel chez Aristote, Artaud et Brecht.107 Y PROVENÇAL Remarques sur la notion de liberté dans l’histoire occidentale et sur son dépassement possible.129 J AUMêTRE, Habermas et Althusser : critique de l’idéologie scientiste et critique de l'humanisme idéologique.141 Y CLOUTIER Philosophie et marketing Sartre à Montréal, mars 1946 .169 Études critiques.191 Comptes rendus.221 bellarmin, 25 ouest, rue Jarry Montréal H2P 1S6 — Tél.: 387-2541 COURRIER LE BLUES Au plagié.c’est le sentiment étrange de celui qui reconnaît sa prose sous la plume d’un autre.C’est ce que j’ai ressenti à la lecture de la récente publication La Chanson dans tousses états (éd.Triptyque), à deux reprises, puisque le livre en question contient deux textes : « De la censure » (également publié dans le n° 32 de la revue Moebius consacré à la censure), de Bruno Roy, et « Le mouvement “punk", un processus de séduction », de Sylvie Faure, qui plagient des passages de deux articles que j'ai écrits il y a une dizaine d’années, respectivement « Débat sur la musique traditionnelle » (revue Pourquoi chanter ?,vol.l,n° 3, mai 1977) et « À qui profite le punk ?» (revue Chroniques, nos 29-30-31-32, automne 1977-hiver 1978).Cette pratique est ici d’autant plus déplorable que, dans le processus de plagiat, le contenu original a subi déformations et contresens.L’utilisation du contrat de l’Union des écrivains québécois, avec sa clause dans laquelle « l’auteur garantit que son oeuvre est originale, et qu’elle ne viole à sa connaissance aucun droit d’auteur existant.», permettrait, à mon avis, de limiter ou de décourager le plagiat en mettant les auteurs face à leurs responsabilités.Ne touchez pas à mes textes.ou citez-les sans les déformer et en indiquant la source, svp ! — YVES ALIX chroniqueur culturel.Montréal, le 28 avril 1988.Libraires demandé(e)s I-ii Librairie Champigny est présentement en pleine efferveseenee.Nous sommes à la recherche de libraires d expérience, de jour et de soir, afin de combler des postes de responsables de rayons".Si vous possédez plus «le deux ans d’expérience en librairie et désirez travailler auprès du publie dans une librairie «pii bouge, nous aimerions vous connaître.Champigny Mont Royal 844-2587 OUVERT 7 JOURS JUSQU'À 21 H '/Orne Cnampigny inc 44 74, rue Scunt-Denis Montréal, H2S 2L1 parue soit jamais connue et vous pouvez sérieusement douter que ce qu’on met aujourd’hui entre vos mains puisse vous servir à vraiment comprendre de quoi il retourne.D’autant que la méthode correcte pour lire ce livre, « l’ordre » qui permettrait d’en saisir le sens caché ne vous sera pas donné.L’éditeur vous assure que vous pouvez le lire du début à la fin comme un roman, ou au hasard de votre intérêt pour tel ou tel article comme un dictionnaire, ou encore « partir du milieu, dans n’importe quelle direction en défrichant (votre) propre chemin ».C’est selon.Mais, une fois entré, je doute que vous puissiez vous en sortir, « égaré parmi les mots de ce livre, comme ce fut le cas de Masudi, qui s’était perdu dans les rêves d’autrui sans pouvoir trouver le chemin du retour».De toute façon, ne vous fiez pas trop au critique qui signe ces lignes, il ne connaît qu’une partie des choses, n’ayant pas lu l’exemplaire féminin que seule une femme est autorisée à consulter et qui, réuni au masculin, permet de former un tout de cette ténébreuse affaire.« Quant à ceux qui jugent un livre, les critiques littéraires, ils sont comme les maris trompés : ce sont les derniers à apprendre la nouvelle.» MILORAD PAVIC.* TÉLÉVISION Au réseau français de Radio-Canada, le dimanche à 9 h 30 : Livre ouvert, une série conçue pour promouvoir le goût de la lecture chez l’enfant.Au réseau de Télé-Métropole, le dimanche de midi à 14 h : à Bon Dimanche, Reine Malo propose la chronique des livres par Christiane Charette et la chronique des magazines par Serge Grenier.À Radio-Canada, dimanche à 13 h : Rencontres.Marcel Brise-bois reçoit le poète et essayiste Claude Vigée, auteur de Vivre à Jérusalem (Nouvelle Cité).(L’entretien se poursuivra le dimanche 22 mai.)  Radio-Canada, le mardi à 13 h 15, l’émission Au jour le jour présente une chronique sur les livres tous les deux mardis.À TVFQ (câble 30), dimanche à 21 h : Apostrophes.Pour ce « spécial Arthur Miller », outre l’auteur des Sorcières de Salem et d’Au fil du temps, son autobiographie qui vient de sortir en France, Bernard Pivot reçoit André Brink, François Perrier et Philippe Labro.(Reprise le dimanche 22 mai à 14 h.) Au réseau Vidéotron, lundi à 21 h 30, à l’émission Écriture d'ici, Christine Champagne reçoit un écrivain.(En reprise mardi à 13 h 30, vendredi à 4 h 30 et samedi à 14 h 30.) RADIO AM À Radio-Canada, dans la première heure de Présent dimanche, dès 09 h, on présente « le livre de la semaine » : Les Hell’s Angels, le clan de la terreur, de Yves Lavigne (éd.de l’Homme).À Radio-Canada, du lundi au vendredi, aux Belles Heures, entre 13 h et 15 h, Suzanne Giguère parle de littérature.RADIO FM À CFLX (Sherbrooke), dimanche à 21 h ; Textes, émission produite par CFLX et présentée par les Écrits des Forges.Yves Boisvert lit des extraits de Clandestine, d’Hélène Marcotte (Leméac, prix Octave-Crémazie 1988).(L’émission est également diffusée sur CKRL-FM, Québec, dimanche à 21 h 30, et sur CIBL-FM, Montréal, lundi à 17 h 30.À Radio-Canada, lundi à 16 h: Fictions, magazine de littérature étrangère, animé par Réjane Bougé, avec les chroniques de Stéphane Lé-pine, Louis Caron et Suzanne Robert.À Radio-Canada, lundi à 17 h, Latitudes : dans le cadre de la série « Israël à 40 ans », Victor Teboul parle de théâtre et de littérature avec la journaliste Francine Kaufmann.À Radio-Canada, mardi à 21 h 30 : En toutes lettres, magazine consacré à la littérature d’ici, animé par Marie-Claire Girard, avec les chroniques de Jérôme Daviault (essais), Jean-François Chas-say (fiction) et Roch Poisson (revues).A Radio-Canada, mercredi à 16 h: Littératures parallèles, animé par André Carpentier, avec les chroniques de Michel Lord (science-fiction/ fantastique), Jean-Marie Poupart (policier/espionnage) et Jacques Samson (bande dessinée).À Radlo-Centre-Vllle, mercredi à 16 h : Paragraphes.Danielle Roger reçoit un écrivain.À Radio-Canada, mercredi à 21 h 30 : Le Jardin secret.Gilles Archambault reçoit Dominique Blondeau.À Radio-Canada, mercredi à 22 h : Littératures.Dans la série « Les biographes », l’invitée de Denise Bombardier est Dominique Bona (9e de 21 émissions).A Radio-McGill (CKUT, 90,3), jeudi à 14 h : La Passion de l'écriture.Paul-Gabriel Dulac reçoit un écrivain.À Radio-Canada, jeudi à 16 h : Les Idées à l'essai.François Ricard s'entretient avec Maurice Lemire au sujet du Dictionnaire des oeuvres littéraires, tome V, publié chez Fides.À Radio-Canada, jeudi à 16 h 30 : L'Humour du texte dans le roman québécois des années 60 (Marie-Claire Blais, Claire Martin, Réjean Ducharme et Jacques Ferron).À Radio-Canada, vendredi à 22 h : Trajets et recherches.Richard Salesses s’entretient avec Claude Hagège, linguiste.— M.M.Photo AP ARTHUR MILLER.Service de Documentation Pastorale Inc.312 est, rue Sherbrooke, Montréal H2X 1E6, P.Q., Téléphone: (514) 844-1753 (Métro Sherbrooke) LE SERVICE DE DOCUMENTATION PASTORALE, la plus grande librairie religieuse en langue française en Amérique du Nord, annonce une GRANDE VENTE “PRÉ-INVENTAIRE” du 16 au 31 mal 1988 Réductions de sur tout achat au comptant ainsi que sur toute commande postale et téléphonique avec mention: “prix de vente pré-Inventalre”.Livres, disques, cassettes, partitions musicales, posters, cartes etc.doivent être écoulés.Ces escomptes ne s'appliquent pas aux livres liturgiques et aux textes de catéchèse.Une occasion unique pour renouveler votre bibliothèque! Profitez-enü! v ^2895544 Le Devoir, samedi 14 mai 1988 ¦ D-3 le ?i a:sq LEPLAILI ' lefla:s:l LE PLAISIR LE PLAIS:R livres Saga gaspésienne L’OMBRE DE L’ÉPERVIER Noël Audet Montréal, Québec/Amérique 1988, 539 pages LETTRES QUEBECOISES JEAN-ROCH BOIVIN AH, LES SAGAS ! Les gros romans ont la cote, à en croire la liste des best-sellers.En mettant sur le même rayon les romans québécois les plus populaires des 10 dernières années, on découvrirait qu’ils font chacun au moins 300 pages.Dans le style « je me souviens », Noël Audet nous livre plus de 500 pages qui couvrent quelque 80 ans d’histoire.Disons, notre siècle.Il y manifeste un talent exceptionnel de raconteur.Il en a le verbe riche, le discours enjôleur.Il en a aussi les tics : clins d’oeil complices et apartés de celui qui connaît la fin de l’histoire.Il a surtout un grand talent de romancier pour avoir su créer ce personnage de Pauline, figure maîtresse du roman, qui le domine comme elle dominera toute sa vie cette terre où elle est née face à la mer.Le père de Pauline avait une terre grande comme l’anse, d’un cap à l'autre, sur la côte de la Gaspésie.Quand elle épousa Noum, elle la reçut en dot, à condition qu’elle ne la vendît jamais, même à son mari.Noum est un homme bon, travailleur, un pêcheur comme tous les gens du coin.Homme de parole brève et de tendresse parcimonieuse, il est bon époux et bon père.Ils auront 14 enfants.Parmi eux, un prêtre, un médecin, un quincailler, un garagiste qui sera aussi maire quand naîtra autour de leur maison, au balcon de la mer, le nouveau village de l’Anse-aux-Corbeaux.Car, si Pauline n’a pas le droit de vendre sa terre ni de la morceler, rien ne l’em- pêche de laisser les gens y construire leur maison contre redevances annuelles.Elle restera Tunique propriétaire.Passent les guerres et la Crise et la Révolution tranquille, le siècle et le progrès.Pauline aura une voiture et l’électricité et tout le progrès.Sa maison, grossissant d’annexe en annexe, sera connue comme le « château ».Il faut dire que Pauline, épigone de la mère québécoise, a aussi des dons singuliers.On Ta dite « sorcière » et c’était bien avant qu’on découvrît sa faculté de lire dans la pensée des gens et de prédire l’avenir qui trop souvent, on connaît l'Histoire, n’apporte que des catastrophes.C’était avant qu’on ne construise un phare qui ne servirait plus bientôt, puisque les pêcheurs se convertiraient en guides pour les touristes.En ce temps-là, d’avant le phare et les campagnes électorales, quand le soir menaçait les pêcheurs au large, Pauline venait sur la pointe du cap, sous le dernier arbre, moduler son cri de louve pour rappeler Noum.Ainsi était-elle devenue pour tous, dans l’Anse, la dépositaire du temps, comme elle Test dans le roman, qui s’achève et commence avec elle.L’une des filles de Pauline est née blonde alors que les autres enfants sont de peau bistre et de cheveu foncé.Sa beauté sera un réel problème pour elle-même et son entourage.Cela vaudra au lecteur de belles pages sur l’incontrôlable et perverse puissance de la beauté.La deuxième partie du roman est consacrée à Catherine.Elle deviendra institutrice, aura la plus belle histoire d’amour avec un bel étranger, la plus cruelle peine d’amour et le premier bungalow de l’Anse.Ainsi va la vie et le siècle.« L’ombre de Tépervier » passera plusieurs fois dans sa vie, emportant son père Noum, puis le bel Américain, puis finalement son mari veule et idolâtre.Les hommes passent dans ce roman, tous pitoyables.Sauf Martin, l’arrière-petit-fils de Du pire et du meilleur MAUDE Suzanne Jacob Montréal, NBJ, 1988, 113 pages LES AVENTURES DE POMME DOULY Suzanne Jacob Montréal, Boréal, 1988, 133 pages JEAN-FRANÇOIS CHASSAY LES COMMENTATEURS de la littérature québécoise ont souvent tendance à aimer la littérature « tendre ».On aime souvent la tendresse en réaction à tout ce qui est « méchant » et, de glissements sémantiques en glissements sémantiques, on finit, peu ou prou, par défendre une littérature morale, férue de bons sentiments.Le texte de fiction a suffisamment à faire avec le langage sans se préoccuper pourtant de bons sentiments.Pour ça, il y a déjà assez d'organismes qui s’y consacrent en macérant dans un bel humanisme pépère.Cependant, le terme de « tendresse » peut être revendiqué par Suzanne Jacob, mais une tendresse qui dérape facilement, ostensiblement, du côté du cynisme ou du sarcasme, avec une intelligence consommée, évitant ainsi toute velléité de mélo.L’oeuvre de Suzanne Jacob n’évite pas toujours, cependant, une certaine prétention, empreinte de gravité.Ainsi en est-il de Maude, qui n’est pas son roman le plus réussi.Le roman commence prosaïquement avec Maude assise dans le jardin.Bruno, avec qui elle habite, lui annonce que des invités arrivent, événement inattendu qui semble lui déplaire.Cette anecdote est le point de départ du roman.Les relations entre les personnages sont équivoques, imprécises.Il sera beaucoup question, de manière sibylline, d’un mystérieux parti, plus nébuleux que secret, auquel ils semblent tous appartenir.Quant au personnage éponyme, il rappelle Laura Laur : comme elle, Maude est libre, insaisissable, évanescente, passionnée par les voitures, plus, apparemment, que par les humains.Elle déroute sans cesse ceux qu’elle côtoie.Les pistes offertes aux lecteurs sont nombreuses mais on chercherait en vain où elles mènent.La forme éclatée du roman, le désordre V É Le travail sur la lumière L’OMBRE JETEE 1 Rma Lasnier Trois-Rivières, Écrits 1987, 247 pages des Forges Photo Kèro/Québec-Amérique NOËL AUDET.Pauline, rouquin celui-là, enfant de la génération « bof ! ».La troisième partie du roman lui est réservée.« Beaucoup de voile mais pas de gouvernail », dira de lui Pauline, qui en fait la prunelle de ses yeux et l’héritier de toute la terre de l’Anse.Martin a le goût des voyages et pas sur la mer ! Du collège de Rigaud où Pauline Ta installé a grands frais, il s’enfuit avec la caisse pour aller découvrir les Amériques.Il reviendra à l'Anse.Jusqu’à ce que le nouveau village disparaisse dans la mer qui était sa raison d’être.De l’histoire de cette tribu de Noum, de ce village de TAnse-aux-Corbeaux, Noël Audet fait un récit symphonique d’une grande beauté quand il fait vivre cette mer mythique et sauvage qui sur tout impose son règne, en dépit des vanités des hommes.Son souffle ample emporte la narration.C’est pourquoi j'ai éprouvé de l’embarras lorsque le narrateur s'adresse au lecteur en aparté, lorsqu’il rend même visite à plusieurs reprises à Pauline et à Catherine, s’excusant auprès d’elles d’être en quoi que ce soit intervenu dans leur destin ! Le lecteur qui avait accepté le deus ex machina se sent laissé pour compte, soupçonné d’imagination étriquée.JACQUES GAUTHIER RINA LASNIER est peut-être, de tous les poètes québécois, celle qui a le plus épousé le mystère de la poésie.Elle a créé une oeuvre qui dure et que Ton redécouvre sans cesse.Elle s'est mise à l’écoute de la poésie durant plus de 60 ans, témoignant de « la flamme des choses » (p.135).Ses premiers recueils parurent en deux volumes dans la collection du « Nénuphar » chez Fides.Les Écrits des Forges continuent la rétrospective en réunissant quatre recueils de Mme Lasnier, publiés entre 1971 et 1978 : La Salle des rêves, Les Signes, Matin d’oiseaux et Paliers de paroles.Cette tranche de rétrospective constitue le premier tome de L'Ombre jetée.Un second volet comprendra trois autres recueils ainsi que des poèmes inédits.Parmi les sentiers qui sillonnent ce premier tome de L'Ombre jetée, la trace religieuse demeure la plus lumineuse.Voilà un auteur fidèle à sa source et qui ne s’est jamais souciée des modes.« J’ai cette écoute cherchante de l’oreille animale/ recouchée sur ses abattures pour rompre la traque adverse» (p.26).Rina Lasnier travaille sur la lumière.Ses poèmes, exigeants comme des vitraux, des icônes, reflètent une démarche contemplative.« Quelle neige nocturne aboutit à l'étincelle » (p.75).Sa poésie, souveraine et précieuse, demande un total abandon de la part du lecteur.Lui aussi est appelé à ce banquet de feu, à cette Ombre jetée, à ces noces d’une femme poète qui a livré au Dieu de sa foi le mystère de son être.pour ur.chéVfvl et ur.pt\no volontaire de la structure narrative, i le mode allusif utilisé, ne conduisent pas à une pluralité de sens, à une plus grande richesse d’interprétation, mais, plus prosaïquement, à la confusion.Il y a dans ce roman, de la part de l’auteur, une volonté de renouvellement, mais, à mon avis, dans ce cas-ci la mayonnaise ne prend pas.?Les Aventures de Pomme Douly permettent de retrouver un style auquel le lecteur sera plus habitué, ce qui ne veut pas dire pour autant, loin s’en faut, que l’auteur fait du surplace.Le regard doucement ironique, ludique, porté sur les gens et les choses est doublé d’une fine analyse psychologique.L’humour survient souvent d’un télescopage entre des éléments apparemment peu compatibles : « Qu’est-ce que l’espoir, pensa Pomme, ce sera un café irlandais, comme d’habitude.» De différentes rencontres, amoureuses ou amicales, se détache peu à peu le personnage fantasque de Pomme Douly qui « aimait désespérément les hommes depuis l’âge de 11 ans », n’avait pas peur des maladies transmises sexuellement parce que vivant « le sexe comme une métaphore et les métaphores sont immunisées contre .» et passant sa vie, en fin de compte, à essayer de répondre à une question ; « Comment pouvait-on se connaître et se reconnaître suffisamment soi-même pour finir par concourir à sa propre ressemblance de telle sorte qu’on pouvait conclure au sujet de soi-même qu’on se reconnaissait bien là ?» Rien n’est simple dans la vie de Pomme Douly et pourtant tout semble facile.L’attrait du roman surgit de cette apparente contradiction.La vie semble parfois épuisante mais les mots, eux, sont en état d’apesanteur.Contrairement à Maude, Pomme Douly n’est ni opaque, ni mystérieuse.Mais, plus le personnage est — semble être — clair, lumineux, transparent, plus il acquiert une indéniable épaisseur romanesque qui en fait un « type » comme la littérature québécoise en possède finalement assez peu.NOUVEAUTES VLB THÉÂTRE FUGUES POUR UN CHEVAL ET UN PIANO de Hervé Dupuis Une pièce sur la passion coupable: comme pour l'héroïne de Racine, dans Phèdre, le père éprouve un sentiment passionnel pour son fils, il le désire plus que tout mais le refuse tout autant, sachant très bien que cette passion le détruirait.Un beau texte dramatique actuellement joué au Théâtre d’Aujourd'hui.108 pages — 9,95$ ROMANS LE PORTIQUE de Michèle Mailhot Un récit audacieux et émouvant sur l'expérience religieuse vécue par une femme éprise de liberté, soeur Josée, «la jeune héroïne de ce roman d'emprisonnement et de délivrance».Un document psychologique d'une grande acuité préfacé par Marie-Claire Blais.168 pages — 8,95$ .mwWÆSKW-.LE FOU DE LA REINE de Michèle Mailhot L’auteur analyse, dans une langue pleine de ressources et de surprises, le tragique affrontement qu'implique tout amour éperdu, alors qu'un homme et une femme sont éloignés l'un de l’autre par la force des choses.Un roman préfacé par Doris Lussier.116 pages — 7,95$ ESSAIS mJSÊÜ ?t7 M • 4 POUR UNE POLITIQUE de Georges-Émile Lapalme Voici le document qui servit à élaborer le «programme» de la Révolution tranquile.Georges-Emile Lapalme y propose, entre autres, la création d'un ministère des Affaires culturelles et d'un ministère de l’Immigration, et il trace les grandes lignes d'un Etat moderne et démocratique au Québec, tourné vers l’avenir et la prise en main de son destin.354 pages — 18,95$ ____| POUR GUÉRIR DU MAL I DE MÈRE Har’W1.1 de Raymond Hétu La tradition nous enseigne le respect de nos parents.Mais qu'en est-il du respect de l'enfant?Pour ceux et celles qui portent en eux des traces d’humiliation, d’incompréhension, de rejet de la part de leurs parents, ce récit saisissant et plein d’émotion oppose un refus à l’oubli.Un ouvrage sur l'enfance malheureuse à lire sans faute! 120 pages — 12,95$ POÉSIE C1 Ht un grand arbr* qui nous unit C’EST UN GRAND ARBRE QUI NOUS UNIT de Jean-Guy Paquin et Claude Pierre Ce recueil de poésie nous introduit au coeur même du monde, d’une terre de feu et de violence que les poètes tentent de réconcilier avec elle-même en plein coeur du «désordre qui nous construit».66 pages — 9,95$ vlb édi te De'lA GRANDE LITTÉRATURE « Quand il tombe de tout son poids de Dieu sans toucher le large cercle des Oeuvres c'est toi, Marie, le juste centre qu'il creuse,/ toi qu’il scelle, ô paisible d’être si seule.» (p.96) L'Ombre jetée 1 nous montre une Rina Lasnier au sommet de son art L’amour et le sacré servent de points d’appui à son vocabulaire d’une lu xuriante beauté : « l’enfant retient son âme par roses de pudeur .» (p 78).Le rythme explosif de ses phrases a l’énergie des grands barrages d’ici.« Beauté du monde pas sée au bûcher du soir/ et l'amour à l'embellie de la mémoire» (p.85).Ses mots, travaillés et retravaillés au silex de son art, n’affleurent l'ombre que pour mieux émerger à la lu mière.Ils témoignent de la Vie qui vit dans les profondeurs de sa vie Ses mots amènent au silence de Tau tre rive.Ils sont couverts de nuit, car Photo Radio-Canada RINA LASNIER.la vraie poésie est de nuit, révélant l’épaisseur du langage et les contingences de l'existence.Rina Lasnier travaille le langage dans la nuit la plus obscure, ce qui entraîne un certain hermétisme, une obscurité éblouissante, forçant la pensée à sortir de ses ornières pour aller à la rencontre des symboles.AGOTA KRISTOF Amolli l\ i isio ! i t’i’iiiid t dliii i "Comment dire, en d'autres mots que talent, originalité profonde, génie littéraire les qualités de ces deux romans, qui n'en sont qu'un, c qu'on ne peut dissocier"?A lire absolument! Lisette Morin Le Devoir 'On dit que Le grand cahier a été traduit en quinze langues.La Preuve devrait aussi faire son chemin dans la culture littéraire.Nous avons devant nous deux livres bouleversants Marc Chabot, Le Soleil y a des romans que Ton aime sur le moment et que Ton oublie vite Le grand cahier et La Preuve sont en revanche des livres que Ton ne peut oublier.’ Carmen Montessuit.Journal de Montréal Deux livres a lire, en file et absolument" Denise Pelletier, Le Progrès Dimanche MARCAKET VISSER 468 pages, 26,95$ dieux K830NTBÜ FAIM MARGARET VISSER HISTOIRE litNSIMI'l.F REPAS LES DIEUX ONT FAIM HISTOIRE MYTHOLOGIQUE D'UN SIMPLE REPAS A U X I T I NS QUE il Une étude pleine d'imagination sur l'influence des tabous, des rites et des modes alimentaires dans notre univers culturel.I Q U E D-4 ¦ Le Devoir, samedi 14 mai 1988 :.n?i a LFPLAî.I .E PLAISIR LL PL.R LEFLAI.Une poésie de verdure et de ville ANTHOLOGIE DE LA POÉSIE PERSANE (Xle — XXe siècle) Z.Safâ Paris, Gallimard, 1987 LETTRES ETRANGERES NAIM KATTAN CK CHOIX comprend les trésors de la poésie persane du Xle au XXe siècle.L’Iran actuel n’est qu’une partie du territoire que couvre la civilisation persane.Les grands poètes de cette langue sont souvent nés et ont vécu dans des pays qui appartiennent à l'heure actuelle à l'Union soviétique (Azerbaïdjan), l’Iraq ou le Pakistan.Bon nombre ont écrit en deux langues, en grande partie l’arabe et le persan, mais certains, comme Iqbal, le poète national du Pakistan, ont aussi écrit en urdu.Cette poésie est islamique mais l’is- lam est une religion qui fut imposée à l’Iran.Les Persans ont adopté cette religion avec un grand zèle.Ils lui ont appliqué leur propre spiritualité.Les rapports entre l’Iran et l’Iraq sont d’une grande diversité, une alternance de conquête, de domination, d’échanges et de fusion.Ainsi, au cours des siècles, la poésie persane a gardé ses caractéristiques propres et a marqué la civilisation du Proche-Orient.C’est une poésie de jardin, de verdure et de ville qui se démarque de celles du désert et des Bédoins, de l’Arabie et de l’Iraq.Quatre thèmes prédominent : l’amour, le vin, le panégyrique et le mystique.Il est intéressant de noter que le vin est interdit en Islam et pourtant le nombre de poèmes bachiques que comprend cette anthologie est immense.Il y a en cela une forme de refus des ukases de la société mais aussi la célébration d’une vie qui serait autrement dépourvue de toute ouverture sur le plaisir.Les Rééditions poèmes d’amour révèlent une autre dimension de cette civilisation.Depuis quelque temps, des poètes occidentaux, y compris québécois, adoptent cette forme de poésie qu’on qualifie de « ghazal ».Or il suffirait de comparer la vie quotidienne telle que la transmettent l’histoire et les codes de la société et la femme telle que décrite dans les vers pour découvrir un décalage qui serait à première vue incompréhensible.La femme est décrite comme un joyau de la nature.Son amour suscite la douleur, la nostalgie et la mort.On la perçoit mal en tant qu’être vivant, autonome.Il ne s’établit pas entre l’homme et la femme un échange, un lien.La femme, c’est l’expression d’un monde onirique, c’est l’être lointain hors d’atteinte, rêvé.Klle mythifie aussi l’appétit du plaisir et la violence du désir.Mais on se dit que cette poésie est aussi fabriquée que celle du panégyrique.Le poète du palais paie son dû.Il loue son em- ployeur, le souverain qui le fait vivre, chante sa puissance, sa bravoure et sa bonté.Et de là on passe, sans s’en apercevoir, à la poésie mystique.Curieusement, c’est celle-là qui me semble la plus vraie.De Attar à Saadi, de Khayyam à Hafiz, on chante la grandeur de la vie de l’au-delà et, même quand on célèbre le vin et le temps qui passe, on déplore l’éphémère dont la vie est tissée.En fait, cette poésie fonde son propre territoire.Différent de celui de l’histoire, de l’existence sociale et du quotidien.Que ce soit dans l’amour de la femme ou de Dieu, dans la description du jardin et du palais, les poètes persans ont créé un monde qui n’occulte pas forcément celui du réel mais qui lui est parallèle.En vérité, cette poésie, malgré toutes les apparences, est une poésie lyrique, intérieure.Et c’est en cela que le lecteur, partout où il se trouve, peut s’y reconnaître.Et c’est en cela aussi qu’elle est éminemment universelle.Deux visions de l’ancienne aristocratie International Portrait Gallery WILLIAM MAKEPEACE THACKERAY (1811-1863).LE REGIMENT DES DEUX-SICILES Alexander Lernet-Holenia Paris, Calmann-Lévy, 1988 MÉMOIRES D'UN VALET DE PIED William M.Thackeray Paris, Calmann-Lévy, 1988 ; LE PLAISIR die LE PLijfeR 'LE PLMl Ile pi#vî a e c C® t£V°^ JACQUES LARUE-LANGLOIS PETIT-FILS d’un général d’empire ou fils illégitime de l’empereur François-Joseph d’Autriche — comme il le croyait lui-même — Alexander Lernet-Holenia (1897-1976) consacre son roman, Le Régiment des Deux-Sidles, à tirer le dernier portrait d’un monde en voie de disparition, l’aristocratie militaire européenne, dont la guerre de 14-18 a effacé les derniers vestiges.« Mourir tout de suite et non pas bientôt, comme on le fait tous tout au long de sa vie », voilà à quoi ont dû se résoudre ces nobles officiers galonnés et chamarrés, les derniers de l’histoire encore capables de se battre en duel pour les beaux yeux de la fille du colonel.Et ils tombent à tour de rôle, comme des mouches, vers 1925, sept ans après la fin du conflit, sept ans après la dissolution de leur régiment et de leur mère-patrie, l’Autriche-Hongrie.Lernet-Holenia, lui, a survécu, la chute de la double monarchie des Habsbourg l’empêchant de servir à Pour de plus amples informations sur les tarifs publicitaires et pour les reservations, contactez Jacqueline Avril 842-9645 CnO M LE PETiT DEVOIR c * z>*5 6- >2./ / / L Un cahier spécialement conçu pour les 6 à 12 ans Un véhicule publicitaire de choix pour des publicités choisies! Réservations publicitaires (514) 842-9645 son tour dans les armées impériales.Il a survécu et choisi d’écrire, dans un style sinueux où le romantisme côtoie le philosophique, la déchéance des derniers héros d’une cavalerie devenue inutile et strictement de panache.Nulle mythologie, nul mysticisme, nulle croyance frelatée ne rebutent ces valeureux conquis dans leur recherche d’absolu et ils s’emploient tous à crever rapidement et avec dignité, comme si rien ne valait plus la peine qu’on vive, après la défaite.Mais le récit n’est pas que pure autocontemplation : il est habile et mu par un suspense réel qui soutient l’intérêt tout au long de ses 275 pages à la fois denses de contemplation, d’action et de réflexion.?* ?William M.Thackeray, pour sa part, ne peut ni pleurer ni se réjouir devant l’aristocratie déclinante.Celle qu’il connaît est britannique, de la première moitié du XIXe siècle et l’objet d’un tel respect aveugle de la part de ses compatriotes qu’il n’a d’autre parti que d’en rire à gorge déployée.Dans Mémoires d’un valet de pied ( une oeuvre de fiction, bien sûr), le journaliste et romancier de Vanity Fairet de Barry Lindon met son narrateur dans la peau d’un factotum de jeune aristocrate anglais dépourvu tout autant de sens moral que de ressources financières.Mais le valet est au moins aussi retors que le maître, comme en témoigne l’ouverture de son récit : « Les mémoires sont à la mode.Pourquoi n’écrirais-je pas les miennes ?Je possède toutes les qualités requises pour réussir dans ce genre de littérature : une haute opinion de mon propre mérite, et une bonne envie de médire du prochain.» Lancé sur de telles prémisses, le valet n’a qu’à raconter, sans détours, comment l’honorable Percy Cinqpoints, fils d’un pair du royaume, consacre entièrement sa noble fainéantise à dépenser une fortune qu’il n’a pas et qu’il se voit forcé d’arracher sans vergogne à de plus pauvres mais moins nobles que lui.Thackery a sûrement lu les Instructions aux domestiques, publiées 200 ans plus tôt par l’Irlandais Jonathan Swift dont le pamphlet ironique démontrait comment les apparences sociales dissimulent la réalité humaine.Son John de la Pluche tient à la fois du Scapin de Molière et du Jeeves de P.G.Wodehouse : c’est un fieffé coquin doué d’un admirable sens de l’humour mais pas aussi malhonnête, malgré tout, que son noble maître.Lecture facile, agréable : il y a là une réconfortante soirée de détente.LA VITRINE DU LIVRE GUY FERLAND MAL Gabriel Mazars, L'Homme sans douleurs.Boréal, 320 pages.À QUOI sert la douleur ?Quel est son rôle ?Qu’est-ce qui la provoque ?Pourquoi, dans une même maladie, la douleur est-elle intense chez l’un et diffuse chez l’autre ?Comment se transmet-elle et par quels chemins ?Et, plus fondamentalement, peut-on toujours vaincre la douleur ?D’après le Pr Gabriel Mazars, qui s’est interrogé sur ces questions tout au long de sa carrière de neurochirurgien, « à notre époque la science possède les moyens de “contrôler” ou, si l’on préfère, de maîtriser toutes les douleurs, quelle qu’en soit l’origine et quels que soient les organes affectés ».Il suffirait seulement d’informer correctement les patients et les médecins et d’établir une stratégie thérapeutique commune.FAITS DIVERS M.Kaïs, Folies 87, Humanitas/ Nouvelle optique, 104 pages.NOS DÉPUTÉS malhonnêtes ?Trafic de chair humaine.Prêtre victime des ébats amoureux.Vie et mort d’Hitler en Argentine.Elle veut épouser un garçonnet de neuf ans.Conduite en état de nudité.Un monokini en diamants.Elle mord les testicules .Tout cela ne vous dit rien ?Il s’agit pourtant de faits divers retransmis par les agences de presse internationales et les quotidiens québécois tout au long de l’année 1987.K.Kaïs les a patiemment collectionnés et réécrits.MANGER Margaret Visser, Les Dieux ont faim.Histoire mythologique d’un simple repas, Québec/Amérique, 466 pages.MARGARET VISSER part d’un simple repas qu’elle a préparé pour quelques invités (entrée : mais au sel et au beurre ; plat de résistance : poulet au riz; salade : laitue arrosée d’huile d’olive et de jus de citron; des- (IM’iKIKI \I\Z\KS mmiMi sws KS i^liatUIMANtlii lil'llliilla f Hx Jiii;-» ivla lil ' I » MP,-! fcfc*'«K»! Il :ljl.il »'! l*'- ilK'îî»’: II!' H il.ill A Shell ilORi, U, sert : crème glacée) pour remonter le cours du temps et étudier l’influence des tabous, des rites et des modes alimentaires dans notre univers culturel.C’est divertissant, instructif et appétissant.MULTICULTURALISME Pluralisme et école, collectif sous la direction de Fernand Ouellet, Institut québécois de recherche sur la culture, 618 pages.CET OUVRAGE, sur les jalons pour une approche critique de la formation interculturelle des éducateurs, est divisé en cinq parties.Dans la première, on cherche à définir le contexte idéologique général dans lequel s’inscrit la thématique interculturelle.Dans la seconde, on tente de fournir un bilan critique des initiatives européennes, américaines et canadiennes visant à introduire une perspective interculturelle en éducation.Dans la troisième, on essaie de cerner les obstacles qui rendent souvent si difficile la communication entre les humains de groupes différents.Dans la quatrième, on explore les conditions de possibilité de l’ouverture au monde pour les éducateurs.Finalement, dans la cinquième partie, on cherche à préciser les fondements d’une pédagogie interculturelle.PIERRE MOINOT JEANNE D’ARC LE POUVOIR ET L’INNOCENCE 1 ®tïd Grandes Biographies Flammarion BIOGRAPHIE Pierre Moinot, Jeanne d’Arc.Le pouvoir et l’innocence, Flammarion, coll.« Grandes biographies », 300 pages.C’EST à partir d’un scénario de six heures pour la télévision que l’académicien a écrit cette biographie romancée de la Pucelle.Il s’intéresse particulièrement à la vie de Jeanne avant le procès et le supplice.ROMAN Georges Perec, Un cabinet d’amateur, Balland, 120 pages.CE COURT récit, fait de mises en abîme et de trompe-l’oeil, est l’histoire d’un tableau.D’un faux ou d’un vrai ?Qui sait ?Ce ro man est paru en 1979, l’année suivant l’attribution du prix Médicis à Georges Perec pour La Vie mode d’emploi.HYGIÈNE Geneviève Doucet, Dès le plus jeune âge, Balland, 208 pages.CE LIVRE traite de l’hygiène féminine.L’auteur a voulu : « Exposer ces problèmes “mineurs” des femmes (ceci à tous les âges de la vie); conseiller : les gestes, les pratiques, les produits; apporter un “plus” dans la connaissance que les femmes ont de leur corps.Proposer un supplément de bien-être.Faire que ce moment d’hygiène soit vécu par les femmes comme un moment privilégié.Inventer peut-être le narcissisme de l’intime.» ÉCONOMIE Philippe Norel et Éric Saint-Alary, L’Endettement du tiers monde, éditions Saint-Martin, coll.« Alternatives économiques », 160 pages.LA DETTE du tiers monde est impressionnante : 1,100 milliards de dollars.« Pour les uns, elle constitue un danger qui pèse sur l’économie mondiale, par la faute de gouvernements corrompus et imprévoyants.Pour les autres, elle est la dernière manifestation en date de l’impérialisme que subit le tiers monde.» Qu’en est-il réellement ?C’est ce que tente de montrer cet ouvrage.Une partie interminable LA PARTITA Alberto Ongaro traduit de l’italien par Claude Bonnafont Simone Manceau et Cristina Svolacchia Paris, Sylvie Messinger 1987, 256 pages JEAN CHAPDELAINE GAGNON IMAGINEZ Venise au XVIIe siècle.Imaginez Venise sous la neige, ses canaux et ses lagunes gelés.Imaginez un jeune homme de famille patricienne qui, à son retour chez lui, ne reconnaît plus sa ville et que personne n’accueille au quai.Pressentant quelque catastrophe, Francesco se rend au palais familial où, malgré ses coups répétés à la porte, personne ne vient ouvrir.Il apprendra de la bouche d’un vieux serviteur, rencontré par hasard à l’auberge, que son père, dévoré par la passion du jeu, a été dépossédé de sa fortune, partant de celle de son fils, par la comtesse allemande Mathilde von Wallenstein, véritable furie qui a déjà ruiné plusieurs nobles vénitiens et dont la présence à Venise semble à l’origine de tous les maux qui accablent la ville.Francesco se rend sans tarder à l’académie de jeux.Furieux, il se jette sur son père.Puis, il accepte de jouer le tout pour le tout avec la comtesse : s’il gagne, il récupère pour lui-même tous les biens de son paternel; mais s’il perd, il devient la propriété de la von Wallenstein.Malgré sa certitude d’être défait, avant même d’avoir lancé les dés, il accepte de relever le défi.Et c’est alors que commence vraiment la partie qui opposera Francesco à la comtesse, une partie qui ne se joue peut-être, au fond, que dans l’imagination du héros.Vaincu, Francesco refuse de se donner à Mathilde et fuit plutôt Venise, certain que la comtesse lancera à sa poursuite des hommes chargés de le lui ramener.Il se rend successivement chez plusieurs amis et parents, dans l’espoir d’obtenir leur aide; chaque fois, ceux-là mêmes qui l’accueillent se transforment, sinon en ennemis, du moins — et comme malgré eux — en complices ou en informateurs de l’affreuse Allemande.Sa fuite le mène d’est en ouest, dans ce qui est aujourd’hui la partie Nord de l’Italie, et jusqu’à Lyon, en France, où habite sa soeur.Parvenu chez elle, il passera toutefois son chemin, convaincu d’avoir aperçu deux sbires de la comtesse.Entre son départ précipité de Venise et son arrivée à Lyon, Francesco aura connu mille aventures plus rocam-bolesques les unes que les autres.Cette histoire peu banale, on pourrait la rapprocher, par l’esprit fantaisiste qui l’anime, à certains romans d’Italo Calvino, exact contemporain d’Ongaro.Elle a valu à son auteur le prix Campiello, déjà attribué à Umberto Eco pour Le Nom de la rose.D’un style vif et alerte, la traduction semble rendre justice à l’original et n’ennuie jamais le lecteur qui sort de cette oeuvre comme ébloui par sa magie et par son rythme.Un conte merveilleux comme seuls les Italiens et les Sud-Américains semblent aujourd’hui en avoir le secret, pas si léger qu’il y paraît à première vue, et qui confine au conte philosophique à son meilleur, du genre de ceux que nous a laissés l’inimitable plume de Voltaire.0 Le Devoir, samedi 14 mai 1988 ¦ D-5 A dt LE FIAI Nées à l’ombre trouée de la tour Eiffel LES PETITES ÉGARÉES Pascal Lainé Paris, Ramsay/Denoël 1988, 371 pages LE FEUILLETON LISETTE MORIN TOUT comme « la petite musique » semble être le label d’origine de Françoise Sagan, « la petite Pomme », de La Dentellière, paraît indissociable de Pascal Lainé dans l’opinion des critiques.C’est, pour l’un comme pour l’autre, la rançon du succès et des gros tirages.Il est difficile d’échapper aux classifications, lors même que l’on écrive et publie, depuis des années, des romans souvent fort peu saganiens ou lai-néiens.Avec Les Petites égarées, premier volume d’une histoire qui en comptera trois, on s’éloigne de plus en plus du climat de tendresse désolée du mince roman qui valut le prix Concourt à son auteur en 1974.En remontant son arbre généalogique, Lainé s’est arrêté aux branches médianes, c’est-à-dire à la troisième génération.C’est le personnage de son grand-père qui, cette fois, l’inspire, dont « on a souvent dit, écrit-il aux premières lignes du roman, qu’il était “bel homme” et qu’il “en imposait” malgré sa petite taille».Quarante ans après la mort de cet ingénieur, qui construisit un peu partout en France et à l'étranger des ponts et des viaducs en fer, qui s'y connaissait en poutrelles (« il en avait même posé un certain nombre sur la tour Eiffel »), son petit-fils entreprend de faire revivre le père de sa mère, qui habita longtemps au pied de la tour, « dans un petit immeuble de briques rouges [.] : de la fenêtre de son salon ou de son bureau, il pouvait contempler un ciel plein de poutrelles ».Peu soucieux de rechercher ailleurs « la femme idéale », l’ingénieur trouve presque à domicile, au quatrième étage de cet immeuble du Champ-de-Mars, celle qui deviendra sa femme et la mère de ses deux filles.Encore que, de la paternité de la seconde, il sera loin d’être sûr, d’où l’intrigue du roman-feuilleton qu’est, de la première à la dernière page, Les Petites éga rées.En plus de 360 pages, inspiré par son sujet et la saga grand-paternelle, le romancier, s’il ne renouvelle pas le genre qu’illustrèrent Paul Féval et Ponson du Ter-rail, le plie à ses dons de narrateur, souvent ironique, parfois attendri par les malheurs de Rose et de Madeleine, donc de sa mère et de sa tante, qui n’eurent pas la vie facile ni l’enfance gâtée.Si vous croyez que le roman-feuilleton n’intéresse, de nos jours, que les lectrices du troisième âge, celles qui ont vécu une jeunesse sans romans-photos et sans ro- mans Harlequin, vous êtes dans l’erreur.Même les spécialistes chevronnés, de Jérôme Garcin ( L Événement du jeudi) à Jacqueline Piatier (Le Monde), ont fait leurs délices du premier tome de cette histoire de famille, la résumant en plusieurs colonnes, anormalement longues, de leur journal.Pour les lectrices et, souhaitons-le, les lecteurs aussi de notre continent, le roman de Pascal Lainé sera une source intarissable de « renseignements » sur la vie parisienne d'avant la guerre de 14, sur la France profonde (les petites sont qualifiées d’« égarées » parce qu’on les exile chez une aïeule acariâtre et avaricieuse, dans la région de Nantes, et par la suite dans une pension, au Coeur très pur à Tournon), et pour en finir .provisoirement, dans le Paris laborieux et petit-bourgeois de l’après-première-grande-guerre ! Pascal Lainé est de première force quand il s’agit de faire revivre cette époque.Il a choisi le genre du feuilleton populaire pour d’évidentes raisons, dont la moins évidente n’est certes pas de régler ses comptes avec une époque et des ascendants, dont il « voit », avec le recul de l'historien et la causticité d’un sociologue, les petitesses et les mesquineries.Mais la tendresse est sous-jacente, elle affleure en bien des épisodes.Et les bébés, nés à l’ombre trouée de la tour Eiffel, les petites filles robustes, qui résisteront aux épreuves conjuguées de l’abandon par le Photo Jacques Robert/Ramsay PASCAL LAINÉ.père, de la cruauté de leur grand mère, de l'imbécilité des bonnes soeurs, deviennent des jeunes filles somme toute .presque accomplies.Comme on disait à l'époque, l’une étant l’ouvrière modeste, l'autre préfigurant déjà, grâce à de bonnes études et à des emplois « dans les bureaux », la femme dite libérée.Pour tout ce dont il s'est souvenu, et pour tout ce qu’il invente, et qui doit sans aucun doute se rapprocher de « la vraie vie » des gens de cette époque, il faut lire le dei nier roman de Pascal Lainé.Qui n’est que le premier d'une trilogie.Faisons-lui confiance : les deuxième et troisième tomes ne sauraient démériter du premier ! Pied de nez Photo U.Andersen/Seuil GEORGES-NOËL JEANDRIEU.LA SOCIÉTÉ JUPITER Georges-Noël Jeandrieu Paris, Le Seuil, 1988, 294 pages ODILE TREMBLAY GEORGES-NOËL JEANDRIEU est un pince-sans-rire.Il a beau signer, avec La Société Jupiter, une véritable apologie à la perversité la plus débridée, ses lestes propos amusent beaucoup plus qu’ils ne choquent.En effet, crime et dépravation fleurissent et verdoient dans ce roman.Mais du moins le font-ils avec humour et panache.Loin de l’univers humain conventionnel où sentiments et principes s’entendent pour ralentir la joyeuse course du mal, cet auteur a choisi de composer quelques amusantes variations sur le thème de l’immoralité.Version goguenarde et contemporaine, cet ouvrage, écrit dans une langue très classique, n’est pas sans rappeler Les Liaisons dangereuses de Laclos, avec ses personnages faussement vertueux qui débauchent leur entourage à qui mieux mieux.Ici, le vilain s’appelle Jean-Jacques Arouet.Nanti du prénom de Rousseau et du patronyme de Voltaire, il entreprend dès son plus jeune âge de cacher habilement au monde ses instincts diaboliques.Après avoir tâté du meurtre, le jeune homme se voit ouvrir les portes de la société J upi-ter, une luxueuse maison de plaisir.Cette société se démarque, cependant, par une particularité : tous ses membres se livrent à des parties fines très dissolues tout en demeurant entre eux d’une parfaite courtoisie.Termes crus et propos grivois sont bannis du vocabulaire des jupité-riens, aristocrates de la débauche.Rien n'est pourtant éternel ; le temple de la joie doit fermer ses portes quand sonne la Deuxième Guerre mondiale, laissant le héros de l’his- toire en proie à une inguérissable nostalgie.Ses moeurs n’en seront pas transformées pour autant : il se dépêche de tuer son mentor ès déver gondage, livre sa mère à la Gestapo et multiplie avec entrain ses exploits érotiques.Puis, toujours tapi dans l’ombre, il devient majordome et entreprend l’éducation libertine de Christian, le fils de son patron, histoire de recréer le bon vieux temps.Celui-ci finira, hélas ! par découvrir les secrets les moins avouables de sa vie.« Le diable, c’est quelqu’un dont la présence crève les yeux de tout le monde, mais que personne ne voit », dira Christian de son machiavélique majordome.Jean-Jacques Arouet est-il le diable ?Une chose est certaine : l’auteur en a brossé un portrait beaucoup trop comique pour être inquiétant.De fait, ce livre li cencieux et cynique se savoure comme un pied de nez à l’immoralité elle-même.m u Jean François Sénart Le geste musicien Le geste musicien Jean-François Sénart L'ambition du propos le destine à devenir le vademecum des chefs d'orchestre et de choeur.En quelques pages denses, l'essentiel est dit avec clarté, croquis à l’appui.Tout ce qui amène Boulez, évoquant Hans Rosbaud comme le chef idéal, à parler de «pragmatisme de l’exécution» s'y trouve analysé, sans parler des indispensables qualités relationnelles requises.Jean-François Sénart ne conçoit la fonction technique du geste/signe qu’à travers T éventail de ce qu’il appelle «les sensations de base», c'est-à-dire l'assise spatio-temporelle de l'homme agi par ta musique avant qu'il n'agisse sur elle.En un mot, le chef doit être, dans la plénitude du terme, un animateur.C'est alors qu'identifié à la musique, il incarne, au maximum de son efficacité, le geste musicien.Joël-Marie Fauquet Musicologue Chargé de recherche au C.N.R.S.Paris 104 pages, nombreuses illustrations 14,95$ é d i t r c e Préface de Yehudi Menuhin GLENN GOULD PLURIEL PLURiEL Tentes réunis et présentés par GHYSIAME GUCRTIN PrmuA* C/miMtenn Glenn Gould, pluriel Glenn Gould, pluriel regroupe une série de textes communiqués lors du permier colloque international qui lui était consacré, à l'UQA M en octobre 1987.Glenn Gould disait de lui même: «Je me voyais comme une sorte d'homme de la Renaissance en matière musicale, capable de mener à bien beaucoup de projets variés».Par ta diversité de ses approches, cet ouvrage permettra au lecteur de découvrir au delà de la mythologie du vedettariat, la fécondité, Tongmahte et l'umté de la pensée de ce musicien canadien mondialement connu.Glenn Gould, pluriel est le premier ouvrage analytique consacré à cet authentique créateur 278pages, photos — 29,95$ ILS 32 SONATKS mi R PIANO ;journal iitiinw Jc'ÜcillvnvtL.' PAUL LOYONNET Les 32 sonates pour piano Paul Loyonnel Beethoven mystique?C’est ainsi que nous le présente Pau! Loyonnet, célèbre pianiste virtuose et spécialiste de l’oeuvre beethovénienne, qui a tenté de sonder les profondeurs de la pensée du Maître.Son analyse pénétrante des 32 sonates pour piano nous permet de suivre l'évolution psychologique et spirituelle de Beethoven, et nous révèle le sens secret d’une oeuvre d’apparence parfois si abstraite.522 pages, nombreux extraits musicaux — 34,94$ DISTRIBUTION QUÉBEC-LIVRES (514) 327-6900 - LOUISE COURTEAU, ÉDITRICE (514) 761-7849 L’ « écriture dévastatrice » L’INVITATION Claude Simon Paris, éditions de Minuit 1987, 94 pages LETTRES FRANÇAISES MARIE-ANDRÉE BEAUDET AUCUNE INDICATION de genre n’accompagne la plus récente publi cation de Claude Simon.À la lecture, on comprend pourquoi.Quelle éti quette, à part celle très générale de « littérature », pourrait convenir à ce texte magnifique qui tient à la fois du roman, du récit de voyage, à quelque part aussi du scénario et, de façon trop évidente pour ne pas être trompeuse lorsqu’on connaît l’écrivain, de la charge politique.En un peu moins de 100 pages, L'Invitation raconte un séjour offi ciel, d'une dizaine de jours, en URSS Le rôle du personnage principal est tenu par le groupe des 15 invites (for niant « un groupe hétéroclite, d’une moyenne d'âge d’environ 60 ans, de nationalités et de professions diver ses » ) qu'une autorité suprême pro mène de concert en réception, de discours creux en discours creux.On sait que le prix Nobel 1985 a fait un voyage en URSS en compagnie d’une délégation internationale et qu'à son retour, il s’est dit « estomaqué » par ce qu’il y avait vu.Doit-on pour autant conclure que L'Invita tion est un acte d’engagement politique — le premier — de la part de Claude Simon ?11 faut voir la savante architecture et le patient travail d’orfèvrerie de ce petit livre, l’attention portée aux signes et aux manifestations artisti ques qui jalonnent le récit, en trahissent le projet en quelque sorte, pour être convaincu que l’engagement qui s’affiche ici est un engagement litté raire.Claude Simon s'est d’ailleurs maintes fois expliqué à ce sujet, mais il arrive parfois, très rarement il faut en convenir, que la « forme », plutôt le travail sur la forme porte en lui-même, comme en un sens second, une très grande efficacité politique.Photo éd de Minuit CLAUDE SIMON.C’est ce qui se produit dans l.'lnvi talion Le récit a des allures de fable Nulle part les noms de ceux qui, à l’Est comme à l’Ouest, peuvent d’un mot « déchaîner une apocalypse » ne sont donnés.Les lieux comme les êtres n’existent que par périphrases Par exemple, Reagan devient ce « cow boy a l'éblouissante denture» et Gorbatchev, le « vaudois».Cette façon de nommer sans nommer per met, comme toujours chez Simon, de chercher sous la figure apparente toute la série des figures enfouies qu’elle dissimule; de montrer que l’horreur dépasse de beaucoup les identités particulières et les repères spatiaux ou temporels.Ce que I.In vilation dénonce principalement, c’est l'excès de pouvoir.Ce pouvoir qui impose ses simulacres au point que le réel et l’irréel deviennent in terchangeables, au point que la mort peut personnifier la vie, au point que l’Art et la Vie se retrouvent sans lieu d'exercice.Ce petit livre a la dureté el la beauté du métal L’efficacité de la dénonciation qu’il porte tient essen tiollement à ses qualités de style, à cet « excès » de style que Georges Raillard, l'un des grands spécialistes de Claude Simon, qualifiait récem ment d’«écriture dévastatrice» ri: cher che L'ÉVOLUTION DELA SOURIS par F.Bonhomme et L.Thaler LES ANOMALIES MAGNÉTIQUES DELA TERRE par J.Achache, Y.Cohen et J.L.Counil LE SILICIUM ORGANIQUE par J.Dunoguès LES CALCULS RÉNAUX par GM.Preminger ENQUÊTE: LA SCIENCE AU BRÉSIL par M.Barrère .un supplément gratuit : L'AVENIR DE L'ESPACE RECHERC L évolution de la souris • Le silicium organique Les anomalies magnétiques de la Terre • I es calculs rénaux 4,50$ N ° 199 I-1 OFFRE SPÉCIALE D'ABONNEMENT «Un an: 36,005 j : Je souscris un abonnement d’un an (11 nos), a LA RECHERCHE, .au prix de 36,00$.Veuillez payer par cheque établi a l’ordre de Diffusion Dimédia Inc | Nom_____________________Profession_________________-— ! Adresse________________________________________________ J | Ville__________________ Code Postal-; j I A retourner accompagné de votre reglement à Diffusion Dimédia, 539, Boul.Lebeau, Saint-Laurent H4N 1S2.1 «Un délai, d au moins 8 semaines, interviendra entre la date de la demande I d'abonnement et la réception du premier numéro L'abonné(e) le sera pour I un an, à compter du premier numéro reçu » I D-6 ¦ Le Devoir, samedi 14 mai 1988 LE PLAISIR /A', LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR livres Polars Edgar, le coma et la sauce poulet Geneviève Bujold et Michael Douglas dans le film Coma, tiré du roman Morts suspectes, de Robin Cook.A.«LE DEVOIR» de Pierre-Philippe Gingras Un livre de 295 pages qui retrace l'histoire du DEVOIR depuis sa fondation en 1910 jusqu'à son 75ième anniversaire en 1985.Commande postale seulement.Allouez de 6 à 8 semaines pour la livraison.Découpez et retournez à: Le Devoir, 75 ans.211, St-Sacrement, Montréal, Québec H2Y 1X1 Je désire recevoir exemplaire(s) du livre "LE DEVOIR' J'inclus 19,95$ par exemplaire, (3 $ de frais de port et de manutention inclus dans ce prix) NOM:.ADRESSE:.PROVINCE .CODE POSTAL.MODE DE PAIEMENT ?Chèque ?American Express ?Master Card ?Visa No de carte de crédit Expiration DESCENDS À BABYLONE Marvin Albert Paris, Gallimard, Série noire n° 2117, 247 pages MEURTRE AU FBI Margaret Truman Montréal, Flammarion, 383 pages MORTS SUSPECTES Robin Cook Paris, J'ai lu n° 6007, 348 pages CARÊME Jean-Michel Weller Paris, Denoël, coll.« Sueurs troides », 165 pages PIERRE DESCHAMPS LITTÉRATURE du prêt-à-lire et du peu-à-retenir, le roman policier est un genre d’abondante production.Hélas ! l’ennui y règne souvent sans partage.Dix de lus, un de retenu, pourrait-on dire.Si bien que lorsque du lot un titre honnête se démarque nettement, il faut s’empresser d’en prescrire la lecture.Oeuvre de facture classique, Descends à Babylone, de l’Américain Marvin Albert («Série noire» n“ 2117), doit beaucoup à l’art de Dashiell Hammett, tant Peter Sawyer, « un détective américain dans la tradition de Bogart, travaillant au-jourd’hui en France », à Nice plus précisément, y prend les allures d’un Sam Spade, le whisky en moins.Odile Garnier, la fille d’un ancien pilote de formule 1, a été vue sur la scène d'un crime.Dans sa fuite, elle emporte avec elle une importante quantité d’héroïne.Recherchée par la police, elle l’est aussi par la pègre, « un contrat éternel » de mise à mort ayant été lancé contre elle par un caïd italien.Entre policiers et truands à ses trousses, se glisse Peter Sawyer, chargé par son père de la ramener au domicile familial.La lecture de cette intrigue truffée de personnages solidement campés prend fin sur des pages qui, à elles seules, valent à Descends à Babylone le label de récit de qualité.Ici nul pied de nez fait à la vraisemblance de l’oeuvre, point de finale tirant fort sur les ficelles de la logique.Avec maestria, l’auteur aura su clore l’aventure.D’assez belle façon, il scelle le sort d’Odile Garnier.sur la simple foi d’une parole donnée ! On ne saurait en dire autant de Meurtre au FBI, de Margaret Truman.George L.Pritchard, agent spécial du Bureau, est trouvé mort dans une salle de tir du J.Edgar Hoover Building, siège du FBI.L’agent Ross Lizenby est chargé de l’enquête.Malaise au FBI, cet agent « en vient lui-même à assassiner une adolescente » du nom de Suzy Nuage-Blanc, une Amérindienne d’Arizona.Mais rassurez-vous, l’honneur de l’organisme n’en sera nullement entaché.Cet hommage tonitruant à la gloire du FBI agace.Tout y sent la mise en scène.Un rien est prétexte à secret.Les personnages sont falots, insignifiants, ternes.Au point que J.Edgar Hoover lui-même en prescrirait sûrement la lecture à sa fille, pour reprendre l’antienne chère à D.A.F.de Sade.?Le cinéaste Brian de Palma avait étonné l’Amérique avec Coma, un film plus qu’hitchcockien dont l’intrigue est tirée de Morts suspectes, écrit par Robin Cook.Au bloc 8 du Boston Memorial Hospital, les opérés ne cessent de tomber dans un coma profond.Susan Wheeler, étudiante en médecine, veut savoir pourquoi.Une enquête qu’elle mènera seule, au péril de sa vie.Réédité dans la collection « Thriller «de J’ai lu, ce suspense donnera des frissons à quiconque voit s’ouvrir devant lui les portes d’une saUe de chirurgie.À lire en période de convalescence seulement.Paraissent simultanément dans la même collection : Impact, d’Alain Paris, Le Jugement de la mer, de Frank de Felitta, et La Nuit de l'égorgeur, de William P.McGivern.?Avec Carême, de Jean-Michel Weller (Sueurs froides), l’art culinaire fait équipe avec la vengeance, alors qu’un fils de grand chef troque sa queue de pie de maître d’hôtel pour un revolver.Sur fond de poularde sauce Chivry et d’histoire de la gastronomie, l’équipée de Guérot plaira à ceux que le roman policier psychologique fait saliver.Néanmoins, si l’auteur semble bien connaître les grands du chaudron, il lui reste encore à apprendre comment faire lever une intrigue sauce poulet.Le divan et les moulins à vent EN ANALYSE AVEC FREUD Harry Sroeken traduit du néerlandais et présenté par Paul-Laurent Assoun Paris, Payot, coll.« Science de l'homme», 1987, 240 pages RENÉE HOUDE AURIEZ-VOUS aimé être en analyse avec Freud ?Peut-être, comme moi, ne vous étiez-vous jamais posé la question ! C’est pourtant cette question qui m’occupe l’esprit après avoir lu le volume de Harry Stroe-ken, Fn analyse avec Freud.Le projet de Stroeken est de restituer la relation freudienne à ses patients, de faire enquête sur l’histoire réelle, tant celle de Freud que celle de ses DU tombées publicitaires parutions thèmes 5 avril CjS ft?avril ACFAS 5 avril ü avril Salon du livre de Québec 7 avril ^ £?avril Les Patriotes 14avrigJÎ 32 avril Région de Québec 27 avriifjS ft?nai Pédagogie universitaire 29 avril^2» Srmai Environnement 13 mai 20 mai Rapports annuels 13 mai 28 mai Vacances d'été 5 août 19 août Éducation Pour Informations ou réservations publicitaires (514) 842-9645 patients ou encore celle de l’époque, de manière à nous faire comprendre d’où origine la psychanalyse.Les histoires de cas de Freud ont fait l’objet de nombreuses études.Celle de Stroeken offre une synthèse d’une vaste littérature internationale et présente une nouvelle mise en scène des quatre cas, réanimés sous la multitude des commentaires dont ceux, à l’occasion, des patients eux-mêmes ! Stroeken insiste sur l’arrière-fond familial de chacun, risque parfois ses propres hypothèses de traitement, et tente de départager le Freud écrivain du Freud psychanalyste.Dans les notes prises au jour le jour pendant le traitement, cette mère est mentionnée plus de 40 fois; dans l'histoire de cas publiée par Freud, il n’en est fait mention qu’à six reprises.Elle a été gommée, tandis que le père ainsi que la relation entre père et fils viennent fortement sur le devant de la scène.Dans le texte publié, les rôles sont donc répartis différemment de ceux du traitement lui-même.En d’autres termes, pour le psychanalyste Freud, la figure de la mère joue peut-être un rôle plus important que pour l'écrivain Freud » (p.179).Il en déduit que « Freud écrit du point de vue du père et en référence au père » et « cherche à expliquer cette unilatéralité » (p.179).Sa conclusion est toute .freudienne, à savoir « que les conceptions psychanalytiques sont fondées en premier lieu sur l’analyse de la famille de Jakob Freud» (p.196).Comment Freud conduisait-il ses séances d’analyse ?La séparation entre sa pratique et sa vie privée s’est installée progressivement.Au début, il lui arrivait de partager ses repas avec ses patients, ou de leur offrir un cadeau.Les séances duraient une heure, à raison de six jours par semaine ; trois jours dans les cas plus légers.L’analyse comme telle durait de six mois à trois ans.Freud prenait de longues vacances et une interruption de trois mois était chose courante.Ses tarifs étaient dispendieux pour l’époque.Pourquoi le divan ?Est-il exact que Freud n’aimait pas regarder ses patients dans les yeux ?Oui.En outre, « la position allongée favorise la régression et la détente » (p.62).S Peu de nouveau sur le dispositif analytique.Il en va autrement sur récriture analytique freudienne.On y découvre un Freud qui avait de la peine à rédiger ses histoires de cas.On y entrevoit l’histoire de cas comme genre littéraire et l’on comprend la problématique de l’écriture analytique, récit à partir d’un autre récit, d’un récit autre et du récit d’un(e) autre où le second récit est restauré au compte de son auteur; ne s’agit-il pas d’un lieu d’où il devient possible de regarder le contre-transfert de Freud ?On y saisit la spécificité de l’écriture analytique freudienne : Assoun ne fait-il pas de Freud le romancier du symptôme ?LES LIVRES DU QUOTIDIEN MARC CHAPLEAU Bob Mann, Golf automatique, éditions Québécor, 119 pages.LA MÉTHODE complète et illustrée pour frapper la balle plus loin et en droite ligne.À en juger par le sourire de satisfaction de l’auteur, photographié en pied sur la couverture en train de « swinger » la balle, il est possible et sûrement même facile d’envoyer icelle au diable vauvert.L’élan, la prise, les coups de trappe, la forme physique, les ingrédients sont là, en tout cas.Les photos, par contre, frisent l'inacceptable, tellement elles sont pâles.J.-Michel Popik, Manuel très pratique des plantes médicinales, tome I, Guy Saint-Jean, éditeur, 208 pages.UN AMI CHER s’évanouit sans crier gare ?Vous perdez la tête dare-dare ?Minute ! Voici ce que recommande M.Popik : versez du jus d’ail pressé dans les narines de l'infortuné.Nous ajouterions : reculez d’un bon pied, pied et demi, au cas où la victime, mal inspirée, aurait ensuite le goût de vous en mettre un sur J.Michel Popik, N.a.«o., ao.MANUEL TRÈS PRATIQUE DES PLANTES MÉDICINALES Ai jOTWn boUnlqu* (*• Mon1r««l mm ; le nez.Inspecteur au ministère canadien de l’Agriculture, J.-Mi-chel Popik passe en revue les herbes et légumes courants, et donne des conseils sur leur culture.L’oignon et l’ail ont, à l’évi-dence, rendu des services à l'auteur, qui leur consacre plusieurs pages.Françoise Kayler, Guide Françoise Kayler des bons restaurants 1988, Guérin littérature, 199 pages.SOYEZ prévenus : il ne s’agit pas d’un recueil de critiques — comme celui, excellent, qu’a publié, l’an dernier chez VLB, Josée Blanchette — mais d’un « recueil de renseignements» : heures d’ouverture, cartes de crédit acceptées, prix, spécialités, description du décor, etc.La chroniqueuse gastronomique de La Presse n’en pointe pas moins du doigt quelques lacunes, tout comme elle relève certaines qualités.Somme toute plus sage que notre collègue comme approche, moins lyrique, moins énergique, mais tout à fait adéquat.rcoLT AUTOMATIQUE vous ?.Qu’en est-il du bouquin ?Eh bien, Mme Russianoff passe souvent à la télé.Céline Vence et Jean-Claude Frentz, Tout est bon dans le cochon, Robert Laffont, 236 pages.MIEUX connaître le cochon, mieux l’acheter et mieux le préparer.Un ouvrage de luxe, magnifiquement illustré et solidement relié, quoique pas bon marché.Le porc à travers l’histoire, à travers les religions, via les saucissons.Plein de conseils et 180 recettes.Un délice ! Seul handicap : c’est un ouvrage français, d’abord conçu pour des Français.À commencer par les schémas de coupe .française, et non américaine.Mais qu’à cela ne tienne : ici ou là-bas, le cochon, on aime ! José-A.Prades, Persistance et métamorphose du sacré, Presses universitaires de France, 336 pages.PLUTÔT rares sont nos intellectuels qui réussissent à publier en France.Bravo donc au Pr José Prades, de l’UQAM, qui, à travers l’étude de l’oeuvre d’Émile Durkheim, le grand sociologue français du 19e siècle, jette un éclairage nouveau et captivant sur le phénomène religieux.Un ouvrage bien construit, sobre et fouillé, à lire pour pouvoir se dire — bientôt, espérons-le — qu’on a connu les débuts d’une nouvelle science des religions : la « reli-giologie ».Roger Halfon, Vos chiffres pour la vie : la numérologie, Albin Michel, 218 pages.NOUS SOMMES — ce n’est pas moi mais l’auteur qui le dit — la Vie, Dieu, l’Amour et le Tout Universel.Pourquoi diable, alors, équipés d’un tel pedigree, faut-il se farcir des additions mystiques a n’en plus finir ?Nulle esquisse de réponse dans le bouquin, qui ne fera finalement qu’exacerber la déjà démesurée passion des Québécois pour les jeux de loterie.Un petit calcul astral avant de vous quitter : Roger Halfon est né en 1942 et a publié jusqu’ici cinq ouvrages.1+9+4+24-4 = 21.Or ce chiffre signifie succès.Monsieur, votre affaire est ketchup.certaines femmes ne peuient s imaginer *¦*- *¦¦*¦¦*.Penelope Russianoff, Pourquoi certaines femmes ne peuvent s’imaginer vivre sans un homme.Transmonde, 198 pages.PENELOPE Russianoff.Penelope .Pénélope ! Oui ! Pénélope ! Symbole de la fidélité conjugale s’il en est un, cette force de la nature qui s’est réfugiée dans l’abstinence pendant que son Ulysse de mari forniquait, pardon ! louvoyait par monts et marées.Sauf que .selon une autre légende, la « torpinouche » aurait cédé à 129 amants au bout d’un certain temps.Ulysse, tout de même pas né de la dernière pluie, était en beau fusil.Quoi ?.Le livre, dites Le «A à Z» des comprimés NOUVEAU DICTIONNAIRE DES MÉDICAMENTS Serge Mongeau, m.d.et Marie-Claude Roy, L.Ph.Montréal, Québec/Amérique coll.«Santé», 1988, 860 pages FRANÇOISE LAFLEUR OUVRAGE impressionnant, premier livre du genre signé par des auteurs québécois, le Nouveau Dictionnaire des médicaments peut aider tous ceux qui prennent des comprimés ou autres médicaments à mieux connaître ce qu’ils ingurgitent et pourquoi ils ont à le faire.Tous, tant consommateurs que médecins ou autres professionnels de la santé, y trouveront leur compte.Le livre, conçu de façon simple et pratique, est richement documenté et devient un guide précieux pour tous ceux et celles qui se soucient de bien-être.En plus de nombreuses monographies sur des produits an- ciens et nouveaux, on y trouve, entre autres, des informations générales sur les maladies les plus courantes ainsi qu’une section sur les alternatives aux médicaments.Il s’agit d’une version revue et augmentée de la publication Dictionnaire des médicaments de A à Z parue en 1984, compte tenu de révolution rapide du marché des mé-dicaments.Les auteurs touchent à des maladies non abordées dans le premier ouvrage, telles que le cancer, les maladies transmissibles sexuellement, les menstruations trop difficiles, la sclérose en plaques, les varices, le stress, etc.À la fin de chaque chapitre, on suggère aux consommateurs un certain nombre de lignes directrices à suivre ainsi que la lecture d’ouvrages bien faits traitant de façon plus explicite du sujet abordé.Bref, la panoplie des renseignements qu’on y trouve ne laisse aucun doute sur la compétence des auteurs et la gigantesque recherche qu’ils ont dû effectuer. Le Devoir, samedi 14 mai 1988 ¦ D-7 Regard sur la puissance militaire soviétique LE SYSTÈME MILITAIRE SOVIÉTIQUE Jacques Sapir Paris, La Découverte 1988, 344 pages JOCELYN COULON À CONTINUELLEMENT lire des ouvrages américains ou anglais sur les problèmes soviético-militaires, on en vient à croire qu’il n’y a que les Anglo-Saxons pour produire une littérature de qualité sur ces questions.Jacques Sapir nous démontre que la France peut maintenant rivaliser, avec qualité, rigueur et objectivité.Comme le souligne si bien l’auteur de ce livre, « en France, l’Union soviétique est souvent plus le prétexte à des effets idéologico-médiatiques qu’à une recherche sérieuse ».Le lecteur en sait quelque chose lorsqu'il feuillette L’Express qui, hebdomadairement, distille son antisoviétisme le plus primaire sur tous les aspects de la société soviétique.L’ouvrage que Jacques Sapir a écrit sur le système militaire soviétique est solide et bien documenté, et devrait satisfaire autant les spécia- listes que ceux qui veulent enfin savoir et comprendre pourquoi les Russes ne déferleront pas de sitôt sur l’Occident soi-disant affaibli et résigné.Chercheur bien connu des affaires économiques et stratégiques de l’URSS, l’auteur a puisé dans l'abondante littérature russe et américaine qui existe sur le sujet et réussi le tour de force de rendre claires et accessibles les difficiles comparaisons techniques du matériel militaire entre l’Est et l’Ouest ainsi que la stratégie de défense de l’Union soviétique.Sur les nombreux chapitres du livre, les pages que Sapir consacre au problème de la menace soviétique et celles sur la genèse, l’organisation et le fonctionnement de l’appareil militaire me paraissent les plus intéressantes.Les sections consacrées aux évaluations techniques et statistiques sont de grande qualité et ont leur importance, mais elles prêtent tellement aux polémiques et aux contre-expertises de toutes sortes qu’il est inutile d’en parler.Après avoir justement souligné que « la production de matériel militaire n’est pas un îlot de rationalité et d’efficacité dans une mer d'incom- pétence », Sapir écrit que la menace soviétique tire sa source de la propension que l’Union soviétique a de se servir de sa force, soit en intervenant militairement, soit en « ges-ticulisant » bruyamment en direction de ses adversaires, ce qui fait plus peur que mal.En aucun cas l’auteur ne tient à minimiser la puissance militaire de l’URSS mais il estime nécessaire d'en montrer les limites autant sur le théâtre central de la rivalité Est-Ouest, l’Europe, que dans la périphérie, particulièrement le tiers monde.Abordant le thème de la genèse de l’armée soviétique, Sapir fait ressortir les continuités et ruptures entre l’État tsariste et la République des soviets.Depuis Pierre le Grand, la Russie a toujours entretenu une armée très nombreuse et fondée sa puissance politique sur le développement de son système militaire au détriment de l’économie civile.Le débat actuel entre les tenants du développement industriel pour supporter la constitution d’une armée moderne et ceux qui misent tout sur l’effort de guerre au prix d’un ralentis- «r Tun» mm btkpmimemü • • ï* Chars soviétiques T-72.Photo AP sement économique a aussi fait rage à la fin du siècle dernier, comme en 1930 où fut décidé un réarmement massif.Il est intéressant de noter que cette décision fut prise bien avant l’arrivée de Hitler au pouvoir ou de la politique agressive du Japon, contrairement aux mythes véhiculés depuis longtemps.Le bilan que dresse Sapir est celui d’un pays aux prises avec un appareil militaire surdéveloppé mais dont le rapport des forces avec l’Ouest ne lui est pas favorable.Passant en re vue les récentes propositions de désarmement de Mikhaïl Gorbatchev, l’auteur écrit que l’URSS n'a pas abandonné sa politique de supériorité militaire et de dénucléarisation de l’Europe de l'Ouest.11 estime donc que les appels du Numéro un soviétique sont à examiner avec prudence, surtout en ce qui a trait aux armes conventionnelles.Condorcet, philosophe actuel CONDORCET Un intellectuel en politique Élisabeth et Robert Badinter Paris, Fayard, 1988, 653 pages JEAN-PAUL DE LAGRAVE UN CERTAIN nombre de biographies de Condorcet ont été écrites.Celle que publient, chez Fayard, Élisabeth et Robert Badinter est exhaustive.Elle permet, pour la première fois, de saisir conjointement la pensée et le coeur qui sous-tendent l'action du dernier des grands philosophes des Lumières.Il fallait aux auteurs allier sensibilité et rationalité avec la double compétence de l’historien et du psychologue pour cerner le personnage.Disons-le nettement, il fallait être passionné.Et cette passion de deux chercheurs infatigables nous a donné la plus belle biographie de Condorcet jamais écrite.Le sous-titre, « Un intellectuel en politique », peut prêter à confusion, car c’est vraiment toute la vie de Condorcet qui est étudiée minutieusement, et non pas seulement son rôle en politique.En réalité, il aurait peut être été plus juste de sous-titrer « Un intellectuel engagé».L’oeil et ATLAS DE L’HISTOIRE BIBLIQUE François Brossier 55 pages GRANDS THEMES BIBLIQUES Alain Marchadour 47 pages LA PRIÈRE, POURQUOI?COMMENT ?J.-P.Dubois-Dumée 47 pages VIVRE AVEC LES BIENS Gabriel Marc 47 pages tous de la nouvelle Petite Encyclopédie moderne du christianisme Desclée de Brouwer, 1987 BENOÎT LACROIX IL EST normal qu’en temps de grand savoir, la récapitulation s’impose, comme la synthèse après l’analyse.Les sciences religieuses n'échappent pas à ces exigences du public cultivé qui désire à la fois une information sûre et brève.On connaît le succès des « Que sais-je ?» « Toute sa vie, rappellent les auteurs, Condorcet sera obsédé par l’injustice » : « Cette âme calme et modérée dans le cours ordinaire de la vie, dit J ulie (de Lespinasse) qui le connaît bien, devient ardente et pleine de feu s’il s’agit de défendre les opprimés, ou de défendre ce qui lui est plus cher encore, la liberté des hommes et la vertu des malheureux; alors son zèle va jusqu’à la passion ; il en a la chaleur et le tourment, il souffre, il agit, il parle, il écrit avec toute l’énergie d’une âme active et passionnée.« À cette époque qui tolère les pires inégalités, de l’esclavage des Noirs à la plus grande disparité des richesses, ajoutent les auteurs, Condorcet est le seul à combattre tout à la fois pour l’égalité entre les hommes, l’égalité des sexes, les droits de l’accusé devant la justice, le respect des enfants et même des animaux.» La rencontre avec Voltaire avait été déterminante.« Le patriarche de Ferney avait été le premier homme de lettres à prendre sa plume pour la défense des innocents et à mettre sa gloire au service de la justice.Son exemple fut un modèle précieux pour Condorcet.» Ce qui marque l’originalité de Con- l’esprit La série de petits livres que publie depuis quelques mois Desclée de Brouwer, dans différents domaines de la foi, de la liturgie, de la pratique de la vie et de l’histoire, répond à la même urgence provoquée par les médias : apprendre vite, apprendre bien, varier les éclairages.L'Atlasde l’histoire biblique, brève mais solide initiation historique et littéraire, est complétée par le rappel des Grands Thèmes bibliques, la vie, la mort, la patrie promise, etc.; Vivre avec les biens devrait plaire autant aux économistes préoccupés de la qualité de la vie qu’aux moralistes soucieux des conduites individuelles et collectives; La Prière possède, en abrégé, toute la saveur et toutes les attentes de la célèbre revue Prier.Ces opuscules sont agréablement illustrés : l’oeil se repose, l’esprit s’instruit.Voilà d’heureux moments en perspective pour ceux et celles qui, par nécessité pastorale ou un point de vue simplement culturel, souhaitent ne pas être brusqués par une surcharge savante, tout en étant certains du sérieux de chaque « prêt à lire».L'existence intime Bertrand HSS «Claude Bertrand, comme un grand poète allemand, habite poétiquement la terre et ses pensées sont autant de flèches qui touchent au coeur du sujet».GUY FERLAND - LE DEVOIR ISBN: 2-89133-084-6 162 pages — 15,00$ Le Préambule Collection Le Sens En vente chez votre libraire Libéralisme: pour le meilleur et pour Le marquis de CONDORCET (1743-1794).dorcet en regard de « tant de fortes personnalités» de cette période, c’est qu’« à ses yeux, les vues politiques doivent s’intégrer dans une vision philosophique de la société ».Pour Condorcet, « l’homme est un être doué de raison, et, par là-même, toujours perfectible ».La Raison est « le moteur du progrès humain ».Il faut donc que le philosophe et le savant contribuent a ce progrès, en accélèrent la marche « par le développement des Lumières et de l’instruction publique.Au politique d’être l’accoucheur de cette société gouvernée par la Raison qui assurera à tout homme la garantie de ses droits naturels et ses chances de bonheur ».Le volumineux ouvrage d’Élisabeth et Robert Badinter dépasse de loin les autres biographies de Condorcet écrites depuis le début du 19e siècle.Les devanciers ont scruté uniquement des textes majeurs du philosophe.Élisabeth et Robert Badinter paraissent avoir passé à travers l’ensemble de son oeuvre et ont, en cours de route, voulu comprendre avec une fine psychologie le caractère et l’engagement du philosophe.LA SOUVERAINETÉ DE L'INDIVIDU Pierre Lemieux Paris, Presses universitaires de France, 1987, 197 pages HISTOIRE INTELLECTUELLE DU LIBÉRALISME Pierre Manent Paris, Calmann-Lévy 1987, 250 pages PIERRE-Y LAURIN CEU X qui ont lu la série d’articles que nous a servie Pierre Lemieux, en juillet 1986 dans LE DEVOIR, n'apprendront pas grand-chose dans son dernier livre.Devant son style à l’emporte-pièce, la contribution sobre et élégante de M.Manent peut Photo Denis Garon PIERRE LEMIEUX.sembler insipide.Il devient pourtant vite évident que les errements du premier seront corrigés par les avancés modestes mais solides du deuxième.Car M.Lemieux ratisse large.Al lant plus loin que la stricte souveraineté de l’individu, l’économiste nous propose une nouvelle manière d’appréhender le monde.Selon lui, une société vraiment libre établirait le principe des droits individuels (jusqu’ici, tout va bien) ainsi que celui de l’ordre spontané (subitement, les questions fusent en nos pauvres esprits .) comme bases de son organisation.De nouveau, les bras nous tombent.M Lemieux continue à entretenir le mythe mille fois seriné que l’interaction des hommes, hors de toute contrainte, résulte en une plus grande efficacité, une meilleure con corde, une plus pétulante prospérité.D’abord, au niveau théorique, cette pirouette est inacceptable; rappe ions les thèses du chimiste russe Py-gronyne sur la tendance naturelle des corps complexes à aller vers le désordre.Mais, sans aller aussi loin, souvenons-nous seulement d’événements économiques récents pour prouver la parfaite absurdité d’une telle affirmation : les krach boursiers de 1929 et de 1987.Dans les deux cas, les gouvernements ont fait un effort précis pour laisser la bride sur le cou aux investisseurs.Des di minutions d'impôt appréciables vi saient à remettre entre leurs mains les deniers que leur prenait l’État, les laissant ainsi les retourner dans les circuits de production.En ces deux occasions, les hommes d’affaires ont été incapables de livrer la marchandise.Ils ont choisi de faire des placements spéculatifs qui ont GRAND PRIX LITTÉRAIRE ______________________________GUÉRIN________________________________________ HISTORIQUE À l’occasion du Salon du livre de Montréal de 1985, l’éditeur Marc Aimé Guérin fondait le Grand Prix Littéraire Guérin au bénéfice des écrivains de la francophonie.Ce prix, d’un montant de 5 000 $, doit être versé chaque année à l’auteur d’un manuscrit original écrit en français, qui sera publié aux éditions Guérin Rappelons que Guérin éditeur est actuellement une des plus importantes maisons d’édition, tant au Québec que dans le reste de la francophonie canadienne.CATÉGORIES À l’exclusion des genres poétiques, tous les genres en prose sont admissibles: romans, essais, nouvelles, récits, contes pour adultes, en autant de disciplines que la littérature, le philosophie, les sciences, le langage, l’histoire, la géographie.CONDITIONS Date limite de réception des manuscrits: 15 juillet 1988.La date d’oblitération postale fera foi de l’admissibilité du manuscrit pour l’année en cours.Les manuscrits reçus après le 15 juillet 1988 seront reportés pour étude en 1989.La direction littéraire décline toute responsabilité pour la perte des manuscrits qui lui seront confiés Prière de conserver l’original pour vos archives.Le Grand Prix Littéraire Guérin est ouvert à tous les francophones, mais particulièrement aux francophones québécois et canadiens.ÉVÉNEMENT Le manuscrit primé sera publié pour la rentrée littéraire 1988.À cette occasion, une réception aura lieu et le montant de 5 000 $ sera remis au récipiendaire.L’auteur dont l’oeuvre aura été primée sera invité à des séances de signature aux différents salons du livre du Québec.JURY Outre l'éditeur-fondateur Marc-Aimé Guérin, le jury du Grand Prix Littéraire Guérin de l’année 1987 était composé de Gilles Archambault.Marcel Dubé, Réginald Hamel, Alice Parizeau et Alain Pontaut.ADRESSE GRAND PRIX LITTÉRAIRE GUÉRIN 166, rue Sainte-Catherine Est Montréal (Québec) H2X 1K9 Tel.: (514) 393-1375 le pire entraîné des pertes considérables pour l’économie.* * * Sous la plume de M.Manent, la pensée libérale reprend vie; elle évolue et supporte très bien le poids des ans.En 10 courts chapitres, il nous résume les oeuvres des grands penseurs de la modernité (comment appeler autrement le libéralisme ?).De Machiavel à l'incontournable Tocqueville, le tracé est d’une grande clarté.Il fallait concilier les compromis que demandent l'administration de la Cité et la soif de puissance des princes avec la liberté que réclame, à bon droit, le peuple.Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS Vendredi 3 juin de 17h à I9h Simonne Monet-Chartrand MA VIE COMME RIVIÈRE Tortie 3 les édifions du remue-menoge Mercredi 8 juin de 17h à 19h Lancement LES ADIEUX DU QUÉBEC À MARGUERITE YOURCENAR LE CHOIX DE MARCEL CARBOTTE DANS L’OEUVRE DE GABRIELLE ROY Pierre Villemure QUAND LE DIABLE S’EN MÊLE Au Éditions Les Presses Laurentlennes Samedi 11 juin de 14h à 16h Réal La Rochelle CALLAS, LA DIVA ET LE VINYLE aux Éditions Triptyque Samedi 18 juin de 14h à 16h Pierre Fournier et Réal Godbout KAMARADE ULTRA Croc Album 1120, av.laurier ouest outremont, montréal tél.: 274-3669 Venez regard’ ROPHES dimanche D-8 ¦ Le Devoir, samedi 14 mai 1 988 le ?i A‘Si:-: LE PLAL'I _e plaise LE PLAIE;R LE FIAI.Aurore en représentation devant elle-même Jean E1HIER-BLAIS Les carnets AURORK est Italienne.Du Frioul.Régionde montagnes, où l’air est pur, la vie tranquille, les passions violentes.Terre de passage, le Fnoul fut plusieurs fois conqui s, repris, dévasté, entre les Alpes et Venise.La ville principale de la région est Trieste, où sont enterrées les filles de Louis XV, fuyant la Révolution, innocentes victimes.L’une d’elles, à qui l’on reprochait un jour de trop donner, répondit : je suis faible, je suis Bourbon.Un autre exilé triesün fut Fouché, qui y vécut dans la richesse avant d’aller mourir dans les environs de Vienne, si étrange que cela puisse paraître, plutôt jeune encore.Mais la gloire de ¦ Trieste est Italo Svevo, qui y passa sa vie d’homme et d’écrivain.Au nord, Vienne et les fastes des Habsbourgs; au sud, Venise dans sa majesté adorablement décrépite.On n’est finirait pas de décrire ces pays des Marches, qui ont plus de souvenirs que s’ils avaient mille ans et, en effet, cher Baudelaire, ils ont plus de mille ans Dans Une femme à la fenêtre *, de Bianca Zalogin, le Frioul a sa place.Aurore, l’héroïne de ce roman, est porteuse des pulsions qui lui viennent de son pays de montagnes, de cette violence des petites villes perdues dans la nuit des temps, du besoin d’aller jusqu’au bout de sa nature, en silence, tout entière au combat intérieur qu’elle se livre à elle-même.Elle est belle, grande, farouche, élégante, libre et moderne.Mais elle est aussi, de façon immémoriale, la montagnarde dure et passionnée, qui ne supporte pas que l’univers ne réponde pas à ses appels, qui, dans la profondeur de son être, croit au destin.Elle vivra jusqu’au bout ce devenir.La vie d’Aurore trouve sa résolution à Montréal, dans notre ville de neige et de froidure.Bianca Zagolrn connaît bien les deux pays où elle a situé l’action d'Une femme à la fenêtre, puisqu’elle est née dans le Fnoul et qu’elle a vécu presque toute sa vie à Montréal.En quelques lignes, elle suscite l’atmosphère.Plutôt, elle laisse ce soin à Aurore.Au cours d’une belle scène, Aurore, jeune veuve, mère de trois filles, se rend sur la tombe de son mari.On la voit, telle qu’elle dut être, drapée dans sa dignité et tout, autour d’elle, devient hiératique, semblable à la mort qu’elle porte en elle.Ou bien, elle marche dans les rues de sa petite ville.Il y a, dans sa nature, un brin de hauteur, de fierté, de refus des autres.Elle avance la tête haute et la ville se transforme en décor immobile autour d’elle.Bianca Zagolrn attache une grande importance aux vêtements, aux bijoux, à la coiffure d’Aurore.Elle est un être humain fait de tendresse et de pudeur, certes, mais elle est aussi un être de luxe, à la fois dur et fragile, qui se complaît dans ses contradictions.Aurore, si l’on veut, est toujours en représentation, devant la ville, devant son mari mort, devant ses filles, devant elle-même.D’où l’importance, dans ce roman, du décor, des costumes, des attitudes, de l’ameublement.D’où celle des fenêtres, qui laissent pénétrer la lumière, ou qui, rideaux tirés, l’empêchent d’entrer; ces fenêtres, qui donnent sur le monde du dehors et qui symbolisent celui du dedans.Bianca Zagolin, avec une sensibilité raccordée aussi fermement aux objets qu’aux personnes, sait créer la tension entre objets inanimés (avez-vous donc une âme ?) et humains (même question) qui vivent de la même vie et respirent le même air.Aurore est femme de continuité.Elle transporte ses pénates avec elle et, aussi bien en Patagonie qu’à Montréal, recontituerait son nid.Elle est femme de passion, non d’imagination.Je trouve le personnage d’Aurore si énigmatique et fascinant que je tarde à revenir au livre de Bianca Zagolin.C’est un roman d’écrivain, de poète, où l’esprit est emporté par la beauté constamment présente du style.Cette assurance dans l’usage de la langue ajoute à la force du récit, à l’ordonnance de son déroulement.Tout serait à citer et chaque page se trouve instinctivement (ou avec un art consommé) écrite dans le ton qui convient.Aurore seule dans son veuvage n’a pas droit au même frémissement qu’Aurore amoureuse.On dirait que le stylo de Bianca Zagolin est partie intégrante de la respiration de ses personnages.Us vivent de cette écriture qui va en eux chercher sa propre vie.Cette osmose est rare et donne à Une femme à la fenêtre son exceptionnelle unité.Rien n’est plus difficile que de décrire de façon positive l’univers onirique d’un personnage.Or il ne fait aucun doute que, peu à peu, Aurore s’enfonce dans la douloureuse migration qui mène aux rêveries totalitaires et à l’abandon de soi à la folie.Bianca Zagolin nous fait suivre ce cheminement pas à pas depuis l’ennui de vivre jusqu’à l’acceptation de la solution finale, en passant par les soubresauts de l’amour-passion.Le lecteur est engagé dans cette insensible descente aux enfers.Aurore est-elle déjà brisée, lorsque le récit commence ?Il n’y paraît rien, mais ne rencontrons-nous pas, souvent, dans la vie, de ces êtres qui, sous des dehors équilibrés, rassérénants parfois, cachent, au creux de leur personnalité, la violence et la mort ?Ou bien, Aurore est-elle à la recherche de l’impossible ?Peut-être demande-t-elle trop à la vie sans vouloir assez lui donner en retour.Il y a un commerce du bonheur et de l’harmonie.Aurore nous vient donc d’Italie.Des parents, installés à Montréal, dont un ecclésiastique de haut vol, la réclament.Elle cède à leurs instances et devient, accompagnée de ses trois filles, l’une des nôtres.Les petites jeunes filles s’adaptent parfaitement à nos us et coutumes, à nos hivers, à la neige, à l’organisation de notre société.Aurore, non.Il lui manque un passion.Dévorante ?De préférence.À peine installée, aux prises avec la solitude de l’hiver, elle sombre dans la rêverie sans objet, la pire, la plus dissolvante, la plus tenance.Dans sa vie, qui la meuble sans la meubler, sa fille, Adalie, qui prend sa mère en charge.On dirait une Oedipe femme avec son Antigone, sauf qu’Adalie est encore une enfant.Elle ressemble à sa mère, avec un supplément, non pas d’âme, mais de force devant la vie.Adalie est le second personnage de ce roman, qui, par ses qualités de dynamisme, met bien en relief le caractère mélancolique, légèrement passif, d’Aurore.Je me suis rendu compte, vivant par la lecture avec Aurore, qu’il faut une force herculéenne pour se détruire.Serait-ce affaire de tempérament, et de lui seul ?Aurore est passive, elle somble dans le marasme, mais, pour ce faire, elle mobilise en elle d’immenses énergies.La faiblesse n’est donc qu’une force inversée.La volonté dans la négation est tout aussi forte que la volonté positive.Certains êtres ressentent pour la mort une attirance que rien ne saurait faire disparaître.Aurore est de ces êtres.Plus elle s’exalte, mieux retentira le bruit de sa chute.La description de la vie de cette famille de femmes, à Montréal, est charmante et remplie de détails vieillots et vrais; l’école, les fêtes religieuses, les changements de saisons, les promenades à la campagne, la nature elle-même, recréent l’atmosphère d’une ville qui a disparu il y a vingt ans, sous prétexte qu’il faut que toutes les grandes villes ressemblent, en plus monstrueux, à New York.Aurore est au centre d’une façon de vivre encore humaine.On se prend à regretter que cette civilisation ait disparu.Et ce qui devait arriver, arrive.Elle rencontre sur son chemm un beau jeune homme, Sébastien, écologiste, qui lui fait connaître et aimer notre nature sauvage en lui faisant l’amour avec une saine sauvagerie.Le bonheur, qui est là, à porté de la main, fuit aussi vite qu’il était venu.Aurore, pour lui, était prête à braver la morale italienne qui l’avait suivie jusqu’à Montréal.Elle aurait tout sacrifié.Sébastien meurt dans un accident imbécile de la route.Les rêveries d’Aurore se retournent contre elles-mêmes.La logique de son destin est implacable.Elle ne pense même pas à ses enfants, sombrant dans sa propre enfance, réduite à mourir faute d’aimer à vivre.C’est une oeuvre étrangement forte qu’ Une femme à la fenêtre.On est pris, sans savoir pourquoi.Est-ce le ton ?L’écriture ?L’ambiance recréée avec émotion et fidélité ?Aurore est aussi vite partie qu’elle est venue, ombre de quelques heures dans la vie d’un lecteur.Mais on la cherchera dans la rue, cette ombre, morte qui ne meurt pas._______ * UNE FEMME À LA FENÊTRE Bianca Zalogin Paris, Robert Laffont, 1988 Photo Transatlantique TCHICAYA UTAM’SI au Salon international du livre de Québec, avril 1987 Un baobab culturel TEMOIGNAGE KANYURHI T.TCHIKA L’auteur est directeur du magazine Transatlantique, édité par l’entreprise de promotion Culture Afrique -Québec/Canada *.Cet organisme doit tenir aujourd’hui une soirée de poésie en hommage à l’auteur congolais disparu.Renseignements : 495-2704.Ne pleure pas, Marche debout Il est mort le dos au vent; Retourne-lui le ventre; S’il a le ventre dur c’est qu’il est mort debout.Voici ce que disait Tchicaya Utam’si de Lumumba, il y a plus d’un quart de siècle.Un Tchicaya qui se portait cependant à merveille au dernier salon du livre de Paris et qui, hélas ! n’est plus physiquement avec nous depuis le 21 avril 1988.Il est mort debout.Debout comme un baobab dans le Sahel culturel africain.Né au sud du Congo en 1930, il fut amené à Paris par son père député à l’Assemblée nationale française en 1946.Très tôt, il manifesta son indépendance en refusant de suivre l’itinéraire scolaire qui devait le mener sur les traces de son père.Il dut gagner sa vie en faisant de petits métiers.En 1955, il publia son premier recueil de poèmes, Le Mauvais Sang.Il récidiva avec Feu de brousse en 1957.En 1960, il devient conseiller de Patrice Lumumba et directeur du journal du Mouvement national congolais.La mort de Lumumba le bou- leversa.Elle lui inspira plusieurs recueils de poèmes, dont Le Ventre.Retourné à Paris, il entra au service de l’Unesco tout en continuant son oeuvre poétique qui fit de lui la voix la plus retentissante de tout le continent africain.Il reçut en 1966 le premier prix de poésie du premier Festival mondial des arts nègres, à Dakar, pour Êpitomée.Au cours des années, il a diversifié son oeuvre en s’ouvrant au théâtre, au roman et à la nouvelle.Les plus célèbres maisons françaises, comme Albin Michel, Robert Laffont et Seghers, lui ont ouvert leurs portes.Toute son oeuvre est hantée par le Congo; un Congo qu’il voulait un des deux côtés du majestueux fleuve dont l’extraordinaire puissance semblait traverser les veines de Lumumba.À un journaliste qui lui demandait pourquoi il parlait tant du Congo sans jamais retourner y vivre, il répondit qu’il y avait un fossé entre le Congo de ses pensées et la réalité.L’an passé, nous avions eu la chance de le recevoir, au Salon international du livre de Québec.Lors d’une table ronde, il avait prononcé une phrase qui fit frémir la salle.« Si l’Afrique renonçait au français, il cesserait d’être une langue internationale.» C’était une façon de faire remarquer aux Québécois l’importance de l’Afrique dans la défense de ce qu’ils ont de plus cher, la langue française.Pour le premier numéro de notre magazine, Transatlantique, qui s’efforce de renforcer les relations entre le Québec et les pays africains, nous avons choisi sa photo.Nous nous sentons donc désormais très liés à cet homme dont toute la vie fut une défense et illustration de l’Afrique et de ses cultures.Puisse-t-il vivifier au Panthéon ces illustres prédécesseurs que sont Lumumba, Cheik Anta Diop et Sankara pour qu’ils se réincarnent en sphinx illuminant de nouvelles voies par l’Afrique déboussolée ! René Bonenfant, éditeur-conseil Un chameau en Jordanie Suite de la page D-1 vail aux Presses universitaires et aux éditions de l’Homme m’accajja-rait.Pas toujours facile d’être au four et au moulin en même temps.Alors, j’ai opté pour l’édition-conseil, ce qui me permet de travailler sur un projet commercial tout en conti-nuant.de publier des recueils de poésie dans ma propre maison d’édition.» René Bonenfant reconnaît que ses services d’éditeur-conseil l’aident à payer les frais engagés dans le Noroît dont le caractère artisanal satisfait sa passion de l’écriture et des Beaux-Arts.Et c’est avec une lucidité teintée d’humour qu’il ajoute ; « La maison Héritage est un mécène pour le Noroît.Si cette maison ne me faisait pas vivre, je ne pourrais pas à mon tour faire vivre le Noroît.» Ces trois dernières années, il a passé le plus clair de son temps à coordonner l’édition de L'Encyclopédie de la cuisine au four à microondes de Jehane Benoît, publiée chez Héritage, en sept volumes.Il dirige ECRITmLNT i/c Monu^e u À '-T WÂgmlm VtP ' ÉCRITS INTIMES de Montaigne à Peter Handke En vente chez votre libraire DIFFUSION PROLOGUE actuellement une nouvelle édition de la même encyclopédie en 28 fascicules « plus dynamique, plus aérée, avec illustrations couleurs ».Même type de service offert aux éditions du Trécarré.Quant aux projets en cours, il tient à les garder secrets.Il ajoute : « J’aime m’impliquer dans un projet et travailler étroitement avec l’éditeur qui me délègue une partie de ses attributions.Quant à la négociation des droits d’auteur, c’est mon client éditeur qui s’en charge.Je n’interviens pas plus quand il s'agit d’un auteur que je lui ai fait connaître.Les engagements financiers ne sont pas de mon ressort.» Et c’est avec un plaisir non feint que René Bonenfant me dit avoir joué ce rôle d’éditeur-conseil auprès de sa mère.« Vous qui nous racontez si souvent vos souvenirs, lui dit-il un jour, vous devriez les mettre par écrit.» Sitôt dit, sitôt fait.Cinq ans plus tard, Mme Bonenfant-mère présentait un manuscrit à son fils qui se flattait de pouvoir la conseiller.En août dernier, le jour de ses 75 ans, elle offrait à chacun de ses neuf enfants, à ses parents et à ses amis, le livre de ses souvenirs, Mission accomplie.— France Lafuste Suite de la page D-1 d’être trop petit dans un univers trop grand.Ici, un coup de vent soulève le sable et le pays n’est plus le même.Pourtant, les Jordaniens aiment leur désert comme le Voyageur d’Amérique aime les collines de sa Beauce natale.De chaque côté de l’autoroute, le désert se déroule en vagues immobiles.Le désert est paisible comme le papier où j’écris.Voyager à l’étranger est tout autant une exploration du pays d’origine.Le Voyageur d’Amérique ne cesse de visiter son propre pays.Il n’a pu comprendre l’histoire des pays étrangers qu'à travers celle de son propre peuple.Je ne suis pas ébloui par cette formule banale.Le désert a-t-il un effet stérile sur ma pensée ?Les idées poussent-elles dans le désert ?Subjugué par la musique qui secoue ma voiture, Fathi est de ce pays de sable qu’un coup de vent bouleverse.Les collines ici bougent comme des vagues.Il n’y a pas d’arbres qui durant des dizaines d'années ombragent la même maison.Il n’y a pas de rues où les enfants grandissent ensemble et qu’ils rêvent de quitter, lorsqu’ils seront grands, pour explorer le monde.Il n’y a pas ici d’école ni d’église qui semblent éternelles.Qu’est-ce donc que d'habiter un pays dont le paysage n’est jamais définitif ?Des édifices de béton immuables, des clôtures, des autoroutes sur des lits de pierre, des feux de circulation qui disent quand partir et quand s’arrêter; revenir toujours à la même maison numérotée, toujours au même endroit : le monde moderne doit paraître bien inconfortable aux Bédouins.Aussi hésitent-ils à entrer dans notre belle prison.Les vieux n’ont pas oublié leur désert sans frontières.Les poètes, le soir, chantent, pour se souvenir, les caravanes qui allaient dans le désert, soumises à leurs seules lois.L’image de ces Bédouins dans leur monde sans frontières n’est pas une image périmée.Peut-être est-elle un rêve d’avenir.[.] (Tous droits réservés, 19HH.éditions internationales Alain Stanké.) LA JUSTICE, L AD STRATION, LA POLICE Sous la direction de Gérard Boismenu et Jean-Jacques Gleizal LES MÉCANISMES DE RÉGULATION SOCIALE Une analyse percutante, par une équipe de chercheurs québécois et français, des transformations qu'ont connues récemment trois institutions clés: les tribunaux, l'administration, la police.En co-édition avec les Presses universitaires de Lyon 280 pages —18,95S BOREAL VENTE DE FERMETURE S O % 90% A I R DE FONDS Lundi au samedi 9h a 21 h Dimanche 11 h à 21 h 371 ouest, ave.Laurier, Montréal SUR TOUS LES LIVRES ¦¦¦I SPECTÎVE ÉCtDBUR _ 14.95 $ J72 puf!es LA PROSPECTIVE ET LE DÉCIDEUR Une étude sur la science de l’avenir à long et à très long terme, ainsi que sur le pouvoir réel d’un Premier ministre québécois dans son environnement décisionnel.du compositeur Clermont Pépin En vente chez votre libraire et aux ÉDITIONS CLERMONT PÉPIN C.P.181, OUTREMONT (QUÉBEC) CANADA H2V 4M8 6
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