Le devoir, 20 février 1988, Cahier D
LE PLAISIR LE PLPlStë LE PL LEP LE des mes ¦ Best-seller : Le Burnout chez la femme, de Herbert J.Freudenberger et Gail North/D-2 ¦ Lettres québécoises : L'Été sera chaud et François-les-Oiseaux, de Suzanne Paradis; Béatrice vue d’en bas, de Michèle Mailhot/D-3; Madame Bourdon.L'histoire véritable de la France nouvelle, de Paule Sainte-Marie/D-4 ¦ Feuilleton : L’Après-midi, de Jacques-Pierre Amette, et Remise de peine, de Patrick Modiano/D-5 ¦ Jeunesse : Marie-José Sacré, lauréate du prix de littérature jeunesse Québec/Wallonie-Bruxelles/D-6 ¦ Conquête : La Mission des jésuites chez les Hurons, 1634-1650, de Lucien Campeau/D-7 ¦ Carnets : « Sept Québec », dans le n° 175 de Liberté/D-8 ¦ Capsules : les ondes littéraires/D-2; la vitrine du livre/D-4; histoire et société en noir sur blanc/D-€ Montréal, samedi 20 février 1988 des Anges Premier roman d'un jeune journaliste, Baie des Anges emprunte au genre policier et au texte d'atmosphère.Serge Viau collabore surtout au Magazine PME et observe une discrétion exceptionnelle dans le milieu littéraire montréalais.De ce roman qui sera lancé la semaine prochaine par les éditions du Boréal, voici les toutes premières pages qui campent le décor d'une action complexe.SERGE VIAU | UNDI Je déteste voyager, au fond ! Oui, je sais, j’ai l’air un peu zozo de dire ça comme ça, surtout en ce moment (je viens de quitter la ville), mais c’est pourtant vrai ! Préparatifs, babioles, conneries.Infinies tracasseries juste pour pouvoir passer la porte en avant l’esprit à peu près tranquille.Tout ce à quoi il faut penser et repenser vingt fois, cinquante fois.Trouver quelqu’un qui me soignera mes petites mignonnes, mes vertes chéries, et quelqu’un qui me prendra soin de mon vieux chien Judas.Le fric.J’en ai assez, j’en ai trop, j’en ai pas assez ?Est-ce que je peux vraiment me permettre ?.Tant fois tant plus tant égale tant.C’est vrai, j’y pense, j’ai même pas pris le temps de laver toute la vaisselle avant de partir.L’odeur qu’il y aura là-dedans quand je reviendrai ! Le gros chaudron, les restes de.L’amplificateur.Est-ce que j’ai éteint l’amplificateur ?Laisser une lumière pour les voleurs .Je veux dire, pour qu’ils pensent que.Mais si j’en laisse une allumée jour et nuit, est-ce que c’est pas le meilleur moyen pour qu’ils se rendent compte.?Shit, oui ! Mais quelle belle journée, quand même.Je me suis finalement décidé à partir.Un petit effort, allons ! Je passe ma vie à chia-ler pour des niaiseries.Encore heureux que j’aie pas d’auto.Je déteste rouler en auto, la vitesse me tue ! Toutes les formes de vitesse me tuent ! J’ai déjà essayé d’apprendre à conduire, il y a bien longtemps, à l époque où je croyais encore que.Mais j’arrivais pas à me concentrer sur tout ça, le volant, les pédales, le rétroviseur, la circulation, les autres dangereux sanguinaires cons, les panneaux de signalisation.J arrête jamais de réfléchir à cent mille choses à la fois, je peux pas conduire en même temps ! Et puis je me servais de mes deux pieds, un pour les freins, l’autre pour l’accélérateur.La cohue pour sortir de la ville.Quand je voyageais sur le pouce, je SERGE VIAU.Photo Gilles Savole/Boréal me souviens, il y a une dizaine d’années, c’était le plus sale moment.L’autoroute, maintenant.Tous ces gens qui s’en vont quelque part.Pas moyen d’être seul, jamais ! Surtout quand on en aurait le plus besoin !.La gueule de zouinszouins qu'ils ont, assis à rien faire des heures durant dans leurs boîtes de conserve capitonnées.Soixante milles à l’heure sur les radiaux ceinturés d'acier et toujours le même air d'abrutis.Comme des ruminants regardant défiler le paysage.Ceux qui se fouillent dans le nez comme s’ils étaient à la peche à la truite dans l’intimité de leur chambre à coucher.Ah, la poésie du voyage ! When tra veiling abroad in the continental style/ it’s my belief one must attempt to be discreet.Je me demande.Est-ce que Paul a des disque?de Tom Waits chez lui ?Il y a tellement longtemps que je ne suis pas allé là-bas.Des années ! Plus que ça, même ! À quand est-ce que ça remonte, la dernière fois ?.Je me rappelle bien le retour, la bouteille de scotch, le docteur vissé derrière le volant, les gros cigares House of Lords, mais.À l’époque, en tout cas, personne connaissait Tom Waits ! Tom Waits, ça existait pour ainsi dire pas ! Il me semble que c’était avant son premier disque.74,75, quelque part par là .Sept ou huit ans déjà.Mon dieu, ie vieillis, le temps file, la vie me pisse entre les doigts, la salope ! L’ère de l’homme de 30 ans dans laquelle je viens de poser le pied, gauchement, tristement !.Paul a toujours eu une respectable collection de disques.Meilleure que la mienne, ça c’est sûr.Il a toujours eu plus de fric que moi, aussi.La preuve qu’il en gagne quand même pas mal, c’est qu’il a fini par se l’acheter, sa petite maison, là-bas, tandis que moi.Mais Tom Waits n’est pas exactement dans ses cordes.La voix trop rauque, les textes trop urbains, dirons-nous.Une musique malsaine.Trop rude .Eh, eh ! Paul est un doux, lui ! Ou alors un naïf ! Ça revient au même, Ceux qui lisent dans l’ombre Les lecteurs des maisons d’édition québécoises GUY FERLAND UN LIVRE n’arrive pas en librairie comme une lettre à la poste.Avant d’atterrir sur les rayons au vu et au su de tous, un livre est d’abord manuscrit.Il est soumis à un éditeur qui, lui, le lit et le juge, le plus souvent avec l’aide de lecteurs.Qui sont ces derniers ?Quelles sont exactement leurs fonctions ?Voilà des questions difficiles à résoudre.Car les lecteurs des maisons d’édition québécoises sont pratiquement invisibles.On refuse systématiquement de dévoiler leurs noms.Comment faire la lumière sur ces obscurs clairvoyants ?En s’adressant aux premiers lecteurs, bien sûr, les directeurs littéraires.Eux seuls sont sous les feux de la rampe.Ils affrontent le grand public et les auteurs irritables.Ils lisent tout ce qu’ils reçoivent.Ils font le tri des manuscrits.Ils prennent les décisions finales quant à la publication.Ils envoient les lettres de refus ou d’acceptation.À quoi sert alors d’avoir des lecteurs ?« Tout simplement pour confronter au moins deux lectures afin de s’assurer qu’on ne laisse pas passer un chef-d’oeuvre ou qu’on ne publie pas un navet », nous dit André Vanasse, de Québec/Amérique.Seuls les manuscrits intéressants parviennent ainsi aux lecteurs des maisons d’édition.Sur les centaines de textes que reçoit chaque éditeur, au moins 90 % sont écartés lors du premier tri.Comment choisit-on ses lecteurs ?Ce sont, pour la plupart, des écrivains reconnus, des professeurs ou des critiques.Le directeur littéraire les connaît assez bien pour juger de leur compte rendu.En général, chaque éditeur à ses propres lecteurs.Leur nombre varie d’une maison à l'autre.Chez Québec/Amérique, par exemple, il y a deux lecteurs réguliers et deux occasionnels.Chez VLB, on a 12 lecteurs, la grande lectrice Suzanne Lamy n’ayant pas encore été remplacée.À l'Hexagone, chaque collection a ses propres lecteurs, de cinq à six par discipline (roman, essai, théâtre, poésie).Au Boréal, il y a un comité de lecture formé de six personnes et on va demander des avis extérieurs pour les cas litigieux.Mais, dans tous les cas, ce sont les directeurs qui prennent les décisions finales (sauf au Boréal où l’on cherche à faire l’unanimité au sein du comité de lecture).Les lecteurs ne sont là que pour confirmer un refus ou une acceptation en soulignant ce qui va ou ne va pas dans un manuscrit.« Ordinairement, le lecteur fournit un rapport de lecture de une à deux Suite à la page D-8 Ils lisent tout ce qu'ils reçoivent, la plupart du temps incognito.Deux exceptions : JEAN-MARIE POUPART (en haut) et YVON RIVARD.Photo Jacques Grenier Photo Chantal Keyser Photo Kèro/Boréal Écrire pour que rien ne se perde FRANCE LAFUSTE AU TÉLÉPHONE, la voix était chaude et rassurante.Chez elle, elle m’accueillit comme une parente ou une amie.Elle, c’est Michèle Mailhot, l’auteur de Béatrice vue d’en bas (voir en page D-3), celle qui fait parler Cathy, sa petite héroïne, alors qu’elle est encore dans le ventre de sa mère.D’ailleurs, on parlera beaucoup de ce roman paru chez Boréal et dont le ton diffère totalement de La Vie arrachée, écrit en 1984.« La Vie arrachée et celui qui suit, Notes de parcours, se présentent comme un journal parce que Radio-Canada me l’avait demandé.Ici, c’est un vrai roman avec un ton différent.J’ai voulu décrire un milieu, celui de la bourgeoisie québécoise des années 50, complètement dominé par des valeurs religieuses, conformistes et je me suis dit que ça serait amusant de me servir du regard étonné d’une petite fille qui ne comprend pas trop ce qui se passe autour d’elle.» « Mais cette petite fille, c’est un peu vous qui vous révoltez, non ?» Michèle Mailhot sourit à ma question : « Cathy, que l’on quittera à l’âge de cinq ans, est trop petite pour se révolter.Elle découvre, elle s’étonne, joue avec le langage qu’elle entend et tourne les phrases a l’envers.Elle est légèrement impertinente, ni plus ni moins que les enfants de cet âge-là.Sa famille n’est ni pire ni meilleure qu’une autre.Et puis, vous savez, combien de petites filles ont connu l’inceste, à l’époque ?On commence à en parler à peine et pourtant c’est le crime le plus fréquemment commis au Quebec.» MICHÈLE MAILHOT : « L’absolu, c'est une manière de s’installer dans le provisoire .» Photo Jacques Grenier Je lui rappelle certaines scènes réalistes comme celle des « gorgets », cérémonial qu’elle décrit avec un grand souci du détail.Comme beaucoup de gens de son âge qui ont vécu à la campagne, elle se souvient de cette fête immense, impressionnante pour les enfants, où l’on préparait la viande pour l’hiver : « Aujourd’hui, les porcs sont envoyés à l’abattoir, le sang disparaît de nos yeux et devient des images télévisées.On n’a plus les mains sales.» Michèle Mailhot l’intellectuelle, celle dont le premier roman, Dis-moi que je vis, date déjà de 1965, a aussi enseigné, fait de la critique littéraire pour le journal Le Droit et pour le magazine Châtelaine.Depuis 1983, elle se consacre entièrement à l’écriture, le plus souvent dans sa maison de campagne.Elle dit s’être amusée à écrire Béatrice vue d’en bas, à se mettre dans la peau d’une petite fille qui joue avec le langage qu’elle entend autour d’elle.« Je me faisais rire bien souvent», avoue-t-elle.Mais que représente l’écriture pour cette femme qui en connaît toutes les contraintes ?« C’est une mise en place, un témoignage, un approfondissement, un lieu de méditation aussi, explique-t-elle.Écrire, c’est avoir le souci de la vie, vouloir que rien ne se perde.Il y a des fois où je me dis : jamais plus je n’écrirai de livres parce que c’est trop dur, trop anti-hygiénique, mais c’est quand même très difficile de renoncer.Autour de soi, il y a tant d’images, belles ou pas, à transformer.Les images, c’est précieux quand c’est redonné.» Sa propre démonstration l’amuse et lui fait dire : « Je dois être une missionnaire à l’envers.» Ce qui frappe chez Michèle Mailhot, c’est l’amour sage de la vie, cette vie qui, pourtant, ne l’a pas toujours gâtée.« On n’a que ça, la vie.Suite à la page D-6 / -K fpSil i.¦ fR V "ê ROGER LEMELIN dans la collection Québec • Les Plouffe • Le crime d’Ovide Plouffe Au pied de la pente douce et Pierre le magnifique paraîtront le mois prochain le petit format des grandes oeuvres! Stanké les éditions internationales alain stanké Itée, 2127, rue guy, montréal h3h 2I9 (514)935-7452 .D-2 B Le Devoir, samedi 20 février 1988 LE PLAISIR rfpc LE PLAISIR UtS ¦ tfe PLAISIR : LE PLAISIR I LE PLAISIR es J • livres LES BEST-SELLERS Fiction et biographies 1 Myrlam première Francine Noël VLB (1)* 2 La Popessa Murphy/Arlington Lieu commun (2) 3 Une Invitation pour Matlock Robert Ludlum Laffont (3) 4 Brume Stephen King Albin Michel (5) 5 Les Vaisseaux du coeur Benoîte Groult Grasset (-) 6 Le Fou du père Robert Lalonde Boréal (10) 7 Blizzard sur Québec Alice Parizeau Québec/Amér.(4) 8 La Grande Sultane Barbara C-Riboud Albin Michel (-) 9 Les Filles de Caleb I et II Arlette Cousture Québec/Amé.(7) 10 Sans les mains P.D.James Mazarine (6) Ouvrages généraux 1 Prévenir le burn-out Jacques Languirand Héritage 0) 2 Dieu ne joue pas aux dés Henri Laborit éd.de l’Homme (3) 3 Génération II Hamon et Rotman Seuil (5) 4 La Part du lion Linda McQuaig du Roseau (4) 5 La Bombe Libre et l'orchidée Fernand Seguin Expression (2) Compilation laite à partir des données fournies par les libraires suivants : Montréal : Renaud-Bray, Hermès, Champigny, Flammarion, Raffin, Demarc; Québec : Pantoute, Garneau, Laliberté; Chicoutimi : Les Bouquinistes; Trois-Rivières : Clément Morin; Ottawa : Trillium; Sherbrooke : Les Biblairies G.-G.Caza; Jollette : Villeneuve; Drummondvllle : Librairie française.* Ce chiffre indique la position de l'ouvrage la semaine précédente Les best-sellers Sujet.brûlant LE BURNOUT CHEZ LA FEMME Herbert J.Freudenberger et Gail North Montréal, Transmonde 1987, 368 pages FRANÇOISE LAFLEUR SI VOUS êtes jour et nuit angoissé, si vous êtes vidé et profondément dégoûté, si vous êtes en proie à de forts sentiments d’inutilité, si votre vie vous apparaît comme une série de courses a pied chronométrées et que vous êtes sur le point de craquer, peut-être souffez-vous du burnout.Selon les propos du psychanalyste Herbert J.Freudenberger et de la journaliste Gail North, le burnout serait maintenant devenu l’apanage des femmes ! Précisons : par leur éducation traditionnelle dite féminine et les nouveaux rôles qu’elles doivent aujourd’hui assumer, les femmes serviraient, davantage que les hommes, de terrain propice au développement du burnout qui résulte ici d’un manque d’autonomie, plutôt que d’un épuisement professionnel comme le veut la tradition médicale.L’ouvrage cherche à démontrer, témoignages à l’appui, que le conditionnement qu’ont subi plusieurs femmes durant leur enfance les pré- dispose à des réactions d’inhibition dans leur vie d’adulte.Le thème est loin d’être nouveau.Le mouvement féministe y a, d’ailleurs, pris ses sources.Déjà, en 1963, Betty Friedan parlait, dans son livre La Femme mystifiée, de l’indéfinissable malaise des femmes américaines mariées résidant dans les banlieues.Bref, les auteurs mélangent les cartes.Ils analysent l’influence des conditionnements sociaux sur le comportement des femmes au travail et à la maison, tout en traitant des symptômes du burnout qui, tel un rongeur indésirable, gruge l’énergie de la gent féminine ! Pourtant, tout médecin compétent confirmera le fait que les hommes, autant que les femmes, peuvent être victimes d’un burnout, conséquence d’un stress prolongé et non résolu à la suite d’une surcharge d’activités et de besoins laissés insatisfaits.S’il n’y a pas d’âge pour l’état d’épuisement qu’est le burnout, pourquoi ferait-on une si grande distinction de sexe ?.Un homme peut être aussi « brûlé » qu’une femme.Désinvestissement, fatigue, anxiété et perte de motivation peuvent survenir tout autant chez un homme d’affaires hyperactif que chez toute femme surchargée de responsabilités.MARC MORIN Accoucher à Bruxelles UN ESSAI collectif intitulé Accoucher autrement, publié aux éditions Saint-Martin, représentera le Québec à la Foire internationale du livre de Bruxelles, en mars.Cette analyse de l'évolution historique, sociale et culturelle de la grossesse et de l’accouchement a été réalisée sou; la direction de Francine Saillant ei de Michel O’Neill.Mme Saillant, professeur d'anthropologie de la santé à l’école des sciences infirmières de l'Université Laval, ira promouvoir l’ouvrage à Bruxelles.Par ailleurs, les éditions Saint-Martin viennent de lancer deux nouvelles collections d’essais : « Alternatives sociales » et « Alternatives économiques », en coédition avec Syros/Alternatives de Paris.Les deux collections, éditées en format de poche, offriront des ouvrages d’auteurs québécois et français « sur la réalité sociale et économique contemporaine ».Paraissent en février trois premiers titres : Les Politiques sociales américaines, d< Frédéric Lesemann, et un ouvragf collectif sur L'Endettement du DANS LES liTYPO LES MEILLEURS BOUQUINS Lise ijauvin LETTRES D’UNE AUTRE essai/fiction, 152 p.— 6,95$ «Quatre ans plus tard, je les relis avec un plaisir neuf, plus intense que le souvenir que j'en avais.» Jean-Roch Bnivin TYPOÏË POCHE ¦¦ l’HEXAGONE LA VIE LITTERAIRE tiers monde : faits et et gestes, dans la collection « Alternatives sociales», et Les Marchés financiers mondiaux, de Denis Clerc, dans la série « Alternatives économiques ».Signalons, enfin, que les éditions Saint-Martin viennent de conclure des ententes de diffusion de leurs ouvrages avec Académia pour la Belgique et avec C.Q.F.D.L.pour la France et la Suisse.« Rue Racine » C’EST sous ce vocable que Flammarion vient de lancer une nouvelle collection, de format intermédiaire entre l’édition de poche et l’édition courante, qui vise notamment à « abattre les barrières du ghetto dans lequel sont trop souvent cantonnées la littérarure étrangère et la jeune littérature française ».Les auteurs qui entrent « rue Racine » sont pour la plupart jeunes et inconnus ou méconnus, souvent à leur premier roman ou recueil de nouvelles.Les cinq premiers titres, parus fin janvier, sont de deux Américains : Alice McDermott ( Ce soir-là) et Lawrence Thornton ( Les Fantômes de Buenos Aires), de l’Allemand Thorsten Becker ( La Caution), du Malgache Jean Décampé ( Fort Princesse) et de la Française Annette Lévy-Willard, journaliste à Libération (Moi, Jane, cherche Tarzan).y L’auteur malgache JEAN DECAMPE est parmi les jeunes romanciers qui inaugurent la collection « Rue Racine » chez Flammarion.Poésie jeunesse LE MERCREDI 24 février, la Place aux poètes se livre à des « découvertes jeunesse 88 ».Janou Saint-Denis reçoit Isabelle Bédard, Céline Dandurand, Jean Denis, Richard Deschênes, François Miville-Deschênes et Nicole Richard, dès 21 h, à la Folie du large (1021, rue de Bleury, angle Viger).Nairn Kattan à la SÉC LA SOCIÉTÉ des écrivains canadiens, section de Montréal, recevra, au dîner-causerie du jeudi 25 février, le conférencier Nairn Kattan, au restaurant Guillaume-Tell à 18 h 30.Pour renseignemenst ou réservations : 733-0754.Des ateliers gratuits LA BIBLIOTHÈQUE centrale de la Ville de Montréal offre, en mars et avril, cinq ateliers gratuits auxquels ont doit cependant s’inscrire à l’avance : — « Comment faire une recherche », les samedis 12,19 et 26 mars, de 09 h à 12 h; — « Initiation aux ressources de la bibliothèque », le dimanche 20 mars, de 14 h à 17 h; — « Découvrez les dictionnaires et les encyclopédies », le dimanche 27 mar^de 14 h à 17 h; — « Écrire des articles de journaux », les samedis 9 et 16 avril, de 09 h à 12 h; — « Découvrez les journaux et les revues », le dimanche 10 avril, de 14 h à 17 h.Le nombre de places est limité.On se renseigne au 872-5923.La bibliothèque centrale est au 1210, rue Sherbrooke est.FautLEDEVOlB poui le croiie! Dans un style direct, Margaret Truman nous conduit dans ce dédale, en familière des lieux.Ici, nul mystère: l'auteur est la fille du président Harry Truman.FLAMMARION L’auteur psychanaliste avait écrit un premier livre intitulé La Brûlure interne : le prix élevé du succès.Comme Herbert J.Freudenberger anime depuis plusieurs années des séminaires sur le sujet, la nouvelle publication Le Burnout chez la femme viendra sûrement gonfler son portefeuille si le livre vient s’ajouter à la liste des best-sellers.Ce qui ne serait pas étonnant ! Car les auteurs ont su faire amalgame de deux denrées à la mode : le burnout et les relations hommes-femmes.Le livre me semble davantage un guide rassurant pour femmes insé-cures et dépendantes, plutôt qu’un ouvrage médical sérieux traitant des phénomènes du stress, de la fatigue et de la dépression.En fait, 50 ou tout au plus 100 pages auraient suffi pour décrire les symptômes psychiques et physiques de la maladie et pour expliquer comment la prévenir ou comment y remédier.SS ONDES TÉLÉVISION Au réseau français de Radio-Canada, le dimanche à 9 h 30 : Livre ouvert, une série conçue pour promouvoir le goût de la lecture chez l'enfant.Au réseau de Télé-Métropole, le dimanche de midi à 14 h : à Bon Dimanche, Reine Malo propose la chronique des livres par Christiane Charette et la chronique des magazines par Serge Grenier.À Radio-Canada, dimanche à 16 h, Nathalie Petrowski et Daniel Pinard animent La Grande Visite, une émission où l'on reçoit parfois un écrivain.À Radio-Canada, le mardi à 13 h 15, l'émission Au jour le jour présente une chronique sur les livres tous les deux mardis.A TVFQ (câble 30), dimanche à 21 h : Apostrophes.Sous le thème « Tous les plaisirs du roman », Bernard Pivot reçoit Daniel Boulanger, Franck et Vautrin, Patrick Grainville, Benoîte Groult, Nicole Avril et François Salvaing.(Reprise le dimanche 28 février à 14 h.) Au réseau Vidéotron, lundi à 21 h 30, à l’émission Écriture d'ici, Christine Champagne reçoit un écrivain.(En reprise mardi à 13 h 30, vendredi à 4 h 30 et samedi à 14 h 30.) RADIO AM À la radio AM de Radio-Canada, le samedi à 17 h, dans le cadre de l'émission Plaisirs, Pierre Bourgault parle de littérature.À Radio-Canada, du lundi au vendredi, aux Belles Heures, entre 13 h et 15 h, Suzanne Giguère parle de littérature.RADIO FM À CIBL-FM, Montréal, dimanche à 17 h 30 : Textes.Yves Boisvert lit des extraits de Papiers d'épidémie, de Marcel Labine.Produite par CFLX-FM (Sherbrooke) et présentée par les Écrits des Forges, l'émission est également diffusée sur CKRL-FM (Québec).À Radio-Canada, lundi à 16 h; Fictions, magazine de littérature étrangère, animé par Réjane Bougé, avec les chroniques de Stéphane Lépine, Louis Caron et Suzanne Robert.À Radio-Canada, mardi à 21 h 30 : En toutes lettres, magazine consacré à la littérature d'ici, animé par Marie-Claire Girard, avec les chroniques de Jérôme Daviault (essais), Roch Poisson (fiction) et Robert Mé-lançon (poésie).À Radio-Centre-Ville.(102,3), mercredi de 07 h 30 à 09 h : Les Paresses matinales.Jean-François Bonin reçoit régulièrement des écrivains et recense les revues culturelles.Le 24, son invité sera Gaston Miron.À Radio-Canada, mercredi à 16 h : Littératures parallèles, animé par André Carpentier, avec les chroniques de Michel Lord (science-fiction/fantastique), Jean-Marie Poupart (policier/es-pionnage) et Jacques Samson (bande dessinée).À Radio-Centre-Ville, mercredi à 16h: Paragraphes.Danielle Roger parle de littérature érotique avec Anne Dandurand.À Radio-Canada, mercredi à 21 h 30 : Le Jardin secret.Gilles Archambault reçoit Jean Royer, chroniqueur littéraire du DEVOIR.À Radio-Canada, mercredi à 22 h : Littératures.« L’Empire des lettres », introduction à la littérature chinoise classique (7e de 10 émissions).À Radio-Canada, jeudi à 16 h : Les Idées à l'essai.À Radio-Canada, vendredi à 17 h : L'Art et la plume.« La critique musicale » (dernière de huit émissions).__g u.Pierre Bourgault.- V Baie des Anges Suite de la page D-1 de toute façon ! Pas son genre, cette musique de bum sophistiqué.Et puis Paul a pas fui la grand-ville pour rien.Elle le rendait malade, la grand-ville.Ulcères, et caetera.L’air qu’il a quand il vient me voir, dépaysé, tombé de la lune, insécure et tout, loin de sa paisible retraite .Moi aussi elle me rend malade, la ville.Comme tout le monde, je suppose.Mais j’aime bien ce genre de maladie.Je m’y suis fait.On dirait qu’elle me va comme un gant, aujourd’hui.Comme un narcomane son poison.Les grands espaces me donnent les bleus, tout ce vide impossible à combler.Paul manque d’agressivité, lui.Je le lui ai toujours dit.Il a l’âme molle ! Bucoli, bucola ! Il est comme ça ! Vieux rêveur, va ! Je préfère le stress, moi, la violence et la promiscuité, la guérilla urbaine ! La nuit, sous les néons las, dans un parking, une cigarette aux babines, une pinte de vin dans le ventre, et la serveuse serrée dans son uniforme vert pâle qui la fait ressembler à une infirmière, de l’autre côté de la vitrine enluminée d’une pizzeria.She’s up against the register/ with an apron and a spatula.Tout ça que chante si magnifiquement monsieur Waits, the dawn’s early light, en ville.Il y a des masses de gens qui peuvent pas le sentir, Tom Waits.Question d’image, en général.Ces filles sur les pochettes de ses disques, leur allure équivoque, moitié poupées, moitié putains, les longs ongles vernis, les yeux pochés, comme celle qui tient son cul calé contre le bord d’une table, à peine vêtue d’un cache-sexe, dans la loge de l’Artiste .Et cette autre renversée sur un vieux bolide sorti tout droit du musée des années soixante, dans un clair-obscur vert lime.Pas très connu non plus, de toute façon, le petit Torn .Il rend peut-être Paul malade aussi ?Qui sait.Mais j’ai pris mes précautions.J’apporte avec moi une photocopie des paroles d’une bonne trentaine de chansons.Les textes des disques Small Change, Foreign Affair, et un autre, plus récent (1980 ?), Heartattack and Vine.Je vais pouvoir essayer de me mettre au boulot.J’y pense depuis longtemps.On verra bien ce que ça donnera.(Tous droits réservés, 1988, éditions du Boréal.) Famille / familles • La famille: objet d’intervention, enjèux politiques • La famille ou les familles: objet complexe, insaisissable?• Solidarités et sociabilités familiales d’hier et d’aujourd'hui • La famille: une affaire de femmes?10$ EN LIBRAIRIE j EDITIONS SAINT-MARTIN 4316.txM Sâmt Laurent bureau 300 Mort**.Oiébec H2W 123 • \\eUe uatovA te ivétav \W Photo Jacques Grenier MICHÈLE MAILHOT.rents, présentée par petites touches, vient aussi donner un nouvel éclairage à leur vie commune.Béatrice vue d'en bas, situé à une époque où la population du Québec devient majoritairement urbaine, permet également d’opposer intelligemment la ville à la campagne.Le roman serait sans doute banal sans l’humour en demi-teinte, la tendre ironie du style de Michèle Mailhot.C’est une écriture qui n’est pas facile dans la mesure où elle n’a rien de spectaculaire et peut passer facilement inaperçue.Il y a pourtant, dans ce roman, une maîtrise certaine qui mérite d’être soulignée.Vlb éditeur DE LA grande littérature pï\% Au Gouvet»e"v Généra' décernes en 1988 % Archamiuul- L ¦y I - obsédante obèse utlrvv ajîfcVïXK • roman Gilles Archambault L’OBSÉDANTE OBÈSE Quelque cent trente textes à déguster comme autant de capsules de pessimisme, pour ce bonheur autre qui est donné par le style.Réginald Martel, La Presse • essai Jean Larose LA PETITE NOIRCEUR Tout notre décadence collective est là, «autopsiée» avec une férocité, une méchanceté et une cruauté qui tient en partie à la magie des mots que Jean Larose manie avec un art consommé.René Beaudin, Le Soleil JEAN LAROSE LA PETITE NOIRCEUR HafflER Robertson L HOMME QUI SE CROYAIT AIMÉ ou La rie secréte d'un premier ministre Rom ( • traduction Heather Robertson L’HOMME QUI SE CROYAIT AIMÉ traduit de l’anglais par Yvan Steenhout et Christiane Teasdale «.Le meilleur divertissement littéraire de l’année.» La Gazette «.Une performance extraordinaire.un triomphe.» Le Globe and Mai! BORÉAL Photo: Jacques Grenier — LE DEVOIR 0-4 M Le Devoir, samedi 20 février 1988 GE PLAISIR rfpc tE PLAISIR LE PLAISIR Ig PLAISIR L'É PLAISIR es J • livres LA VITRINE DU LIVRE GUY FERLAND FEMMES Claude Jasmin, Les Coeurs empaillés, Guérin littérature, coil.« Le Hibou blanc », 173 pages.DIX NOUVELLES, 10portraits de femmes, 10 visages différents de l’amour.En quelques mots, en quelques traits esquissés avec art, Claude Jasmin installe une ambiance, un décor, une histoire.Au détour d’une page, on reconnaît une connaissance, une attitude, une situation, une passion subie.Cette réédition de luxe d’un recueil de nouvelles paru en 1967 est illustrée par des dessins de l’auteur.MYSTÈRE Suzanne Paradis, Un portrait de Jeanne Joron, Guérin littérature, coil.« Roman », 240 pages.LA PETITE-FILLE du fondateur de la ville de X., Amélie, tente de tracer le portrait de Jeanne Joron, fille de Lascot Joron.À travers ses souvenirs, elle se laisse emporter par la fascination et découvre d’étranges choses.Le surnaturel y côtoie l’amitié et l’amour.Cette nouvelle édition, revue et corrigée, est illustrée, en page couverture, par un dessin de Claude Jasmin.Cl Al 1)1 JASMIN Les coeurs empaillés
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