Le devoir, 9 janvier 1988, Cahier C
amedi LEiCAHI D'un couvert à l’autre, incluant LE PLAISIR DES LIVRES : ¦ N EST PAS ARCHAMBAULT QUI VEUT, met en garde notre ami Gilles.Pierre Beauregard est aller voir DANS LES BAGAGES DU I HT NOUVEAU, Sir Neville Marriner.Page C-2.¦ Le somptueux blues de BUDD JOHNSON a fait vibré Serge Truffaut II raconte.( arol Bergeron s'entretient avec ESA-PEKKA SOLONEN, chef d’orchestre finlandais.Page C-3.¦ Le projet de L’isle, c’est une CITÉ-JARDIN qui a plu à l’urbaniste Jean-( laude Marsan Page C-4.!!.tra"cln*kaurendeau et Marcel Jpan, ont vu les derniers films de POD-MEKS, SPIELBERG, SCHROEDER et LAMBERT.Page C-5.¦ Claire Gravel commente l’exposition de DAVID MOORE.Page C-8.¦ Inédit: un conte d’ANNE DANDURAND.Page C-9.¦ Jean-Roch Boivin a aimé LA FÊTE DES FOUS de Paul Zumthor.Page ¦ Lisette Morin a lu L’ENFANT HALLUCINÉ de René-Jean Clot.Page C-IL ¦ Jean Éthicr-Blais a retrouvé GEORGES BERNANOS dans un récent numéro de la revue Le Reffroi.Page C-12.¦ Et les HORAIRES: Pages C-6 et C-7.Montréal, samedi 9 janvier 1988 Photo Jacquet Grenier Patricia Nolin jouera Anne-Marie Roche dans La Musica deuxième, de Marguerite Duras, présentée d’ici quelques jours au Café de la place.Une pièce qui dure exactement une heure quinze, le temps qu’elle a bien voulu consacrer à cet entretien exclusif au DEVOIR.Patricia Nolin ¦ Une heure et quart dans la vie d’une actrice ROBERT LÉVESQUE UNE HEURE et quart, le temps idéal au théâtre.Strindberg a écrit Mademoiselle Julie dans ce carcan temporel, pour éviter l’entr’acte distrayant en ces temps où la pièce se portait longue.Patricia Nolin me rappelle cela en me quittant, parce que La Musica deuxieme, de Duras, qu’elle joue au Café de la place dans quelques jours, dure exactement une heure quinze, et parce que le moment que l’on passe ensemble a fait, pile, 75 minutes.Une heure et quart d’un charme fragile et inquiet, plein de l’angoisse de la comédienne qui préférerait se cacher plutôt que se montrer, à six jours d’une générale, mais qui, valeureuse, parce qu’elle aime plus que tout cette pièce de Marguerite Duras, parce qu’elle admire son partenaire Paul Savoie qui va jouer avec elle ce dernier duo d’amants, parce qu’elle croit au spectacle que signe Daniel Roussel, parce qu’elle est ivre de bonheur de monter sur scène dans ces conditions, va, court la ville, et, entre un embouteillage, un rendez-vous chez l’oculiste et une répétition, débarque au DEVOIR.Patricia Nolin, c’est 30 ans, déjà, d’un métier qui a subi les bonheurs et les revers d’une passion.De la Marie-Di-dace de Germaine Guèvremont, en 1958, à cette Anne-Marie Roche, le personnage de Duras qu’elle va créer mercredi prochain, la plus ibsénienne de nos comédien- nes, qui a fait du noir une couleur, a toujours investi ses personnages comme on part en guerre, comme on se bat pour sa peau.Elle le dit elle-même : je suis une rebelle.Mais ce coup-ci, comme lorsqu'on aborde une île luxuriante, Patricia Nolin se fait sage, humble, disponible.C’est que la pièce de Duras tient toute seule, « elle n’a pas besoin de nous », dit-elle en parlant de La Musica deuxième, une pièce qu’elle dit aussi grande que du Racine ou du Tchékhov.« Et moi je veux devenir elle, Anne-Marie Roche, j’essaie de m’en approcher; je ne la conteste pas, je veux devenir elle ».Marguerite Duras, au milieu des années soixante, délaissant un temps le roman, a fait créer La Musica au Studio des Champs-Élysées.Elle y mettait en scène un couple, séparé depuis quatre ans, qui se revoit le jour du prononcé du divorce, dans l’hôtel de province où ils ont connu le bonheur.Dans la foulée du théâtre de Samuel Beckett, débarassé du naturalisme, son théâtre était, comme l'a si bien décrit Geneviève Serreau, « un théâtre qui sait tisser de silence une approche d’un réel dont il prétend moins cerner les contours que révéler le mystère ».Un théâtre qui retournait à Tchékhov et au non-dit, l’action statique, le drame intense, presque figé, les destins étrangers qui s’affrontent.En 1985, à la compagnie Renaud-Barrault, Marguerite Duras décida de rebâtir cette pièce, qu’elle appela La Musica deuxième, ajoutant, en quelque sorte, une Voir page C-12 : Nolin Delvaux porte Yourcenar à l’écran L’Oeuvre au noir en gros plan nau que les réalisateurs hollywoodiens, et mes inspirateurs graphiques, Dürer et Cranach.Que je ne voyais pas l’itinéraire de Zénon, médecin alchimiste et esprit libre, comme celui d’un anticlérical radical du début du siècle, mais comme un contestataire d’aujourd’hui, un dissident.Je lui demandais son accord « sans réticences sinon sans angoisse ».Je terminais en lui précisant que j’avais l’âge de Zénon.» Marguerite Yourcenar répondra vite.Une lettre chaleureuse.« En vous lisant, écrit-elle à Delvaux, je me suis dit, ce qui pour moi devient rare, émoussée comme je le suis quant aux contacts humains, voilà quelqu’un que j’aurais plaisir à connaître .» La rencontre sera assez longtemps différée, Delvaux devant réaliser Benvenula (d’après la Confession anonyme, de Suzanne Lilar) avant l'Oeuvre au noir.Et lorsqu’elle aura lieu, à Bruxelles, devant une orangeade, elle sera brève, tout ou presque ayant été déjà dit, et la conversation s’étant poursuivie au travers d’une correspondance légère.« Elle m’envoyait des petits mots, des cartes postales glanées dans des musées, un buste en terra-cotta notamment, sa façon de voir Zénon.» Et de fait, Gian Maria Volonté, qui finalement l’incarne, a le même visage creusé et serein, il se dégage de lui la même noblesse ardente .Aujourd’hui, au château de Laarne, on tourne une scène intime : Zénon et son geôlier dans la cour exiguë de la prison.La feuille de service est un poème, ce qui est rare pour une feuille de service.Séquences : 96 : Zénon et Gilles se promènent; 104 : Zénon et Gilles se promènent encore; 99 : on parle des anges qui vont être brûlés ; 122 : Zénon et Gilles se promènent toujours.Il neige.Il va neiger, en effet.Une soufflerie fait voltiger de faux flocons plus vrais que nature qui fondent docilement en touchant le sol.André Delvaux pris au lasso d’une longue écharpe rouge sauté de joie comme un gamin comblé, se jette dans les bras de Gian Maria Volonté et crie : « C’est Noël, c’est Noël ! » Rassurante spontanéité chez un homme qui n’hésite pas à glisser au détour d’une phrase anodine : « Comme dit Sophocle, l’ingéniosité des hommes est infinie.» Et d'enchaîner aussitôt sur une anecdote illustrative.« Au-dessus de cette cour recouverte pour l’instant d’un vélum doit se découper le ciel de Bruges, que j’ai déjà filmé et qui « raccordera ».Au bord de ce puits de lumière, je voulais que se penchent, immobiles, une dizaine de pigeons.Impossible ! Pas du tout, il suffisait de se procurer des pigeons de douze jours exactement.A cet âge-la, ces oiseaux paraissent adultes mais n’ont pas encore la faculté de voler.Toujours plus près pour aller plus loin, telle est la devise de ce lutin jovial qui dissimule son exigence sous une affabilité trompeuse.Et pousse jusqu'à l’ascèse sont goût pour rapproche au plus serré des visages et des âmes.Au cinéma, cela s’appelle le gros plan.Ainsi durant le tournage de Benvenuta, Delvaux se lance dans la recherche éperdue de l’église baroque la plus baroque de Naples.Il la trouve.Engage des négociations ardues (et sonnantes) avec l'évêque, l’archiprêtre, le curé, les congrégations, la police, la municipalité, la Mafia.Lorsque enfin les autorisations sont accordées, Delvaux investit l’église.Mais n’éclaire chichement la nef grandiose que sur très mètres au plus.Juste la place d’y inscrire un visage.Aucun obstacle décidément ne peut s’opposer à la volonté orgueilleuse et modeste d’André Delvaux.Habité par la passion d’enseigner, il poursuit depuis 25 ans, parallèlement à sa mission de « transmetteur », une oeuvre solitaire et solidaire, qui va de l’Homme au crâne rasé à Un soir un train, d’un essai sur Woody Allen à une étude sur le Don Juan de Mozart (1).Il crée, entouré d’une « famille » de techniciens et de comédiens (Marie-Christine Barrault, Jean Bouise, Anna Karina, Mathieu Carrière l’ont une nouvelle fois rejoint).Il bâtit à son rythme un univers de signes et de sortilèges où la musique est un langage.Étudiant, déjà, aux séances de l’Écran du Séminaire des arts, le plus grand ciné-club bruxellois, Voir page C-12 : Yourcenar Photo Jscque* Robert Le tournage de L'Oeuvre au no/r vient de s’achever près de Gand.Marguerite Yourcenar ne verra pas le film que son livre a fait naître.Mais elle en avait approuvé le scénario et avait donné son accord « sans réticences sinon sans angoisse » à André Delvaux.DANIÈLE HEYMANN Le Monde LE CHÂTEAU était austère.Et le froid sévère.Il y a quelques semaines, André Delvaux tournait près de Gand les dernières scènes de l’Oeuvre au noir.Sans y croire tout à fait, comme on conjure le sort que l’on craint contraire.Il disait qu'il attendait la venue imminente de Marguerite Yourcenar, qu’elle avait promis sa visite, différé plusieurs fois son voyage, certes, mais qu’il espérait encore.Voilà.La dame de Petite Plaisance ne verra donc jamais le film que son livre aura fait naître.Mais on peut dire sans mentir qu’elle a sincèrement adhéré au travail déjà accompli et que l’aventure est jusqu’ici marquée par une dignité et une grâce assez inhabituelles.Il y a six ans, lorsque le producteur Philippe Dussarl lui propose d’adapter l’Oeuvre au noir, André Delvaux y voit « un défi total » et retrouve « cette sorte d’exaltation » éprouvée à la lecture de la nouvelle de Julien Gracq qui allait devenir Rendez-vous à Bray.Ce n'est pas le tout d’être estampillé « représentant officiel en grands textes ».« Que faire, dit Delvaux, lorsqu’on a l’impression d’être confronté à un classique ?Car pour moi il n’y a pas de différence essentielle entre Racine, Choderlos de Laclos et Yourcenar.Afin d’apprivoiser ce grand roman, de plonger sans m’y noyer dans la Flandre de l’Inquisition, je décidai d’adresser une très longue missive à Marguerite Yourcenar.Je lui disais que je ne souhaitais pas prendre l’Oeuvre au noir comme tremplin à mon imaginaire, ni utiliser le retour de Zénon au pays natal, Bruges, comme un réservoir de décors.Que le trajet que je voulais reconstituer était intérieur et initiatique et non géographique ou historique, que mes guides cinématographiques seraient plutôt Dreyer et Mur- Nathalie PETROWSKI ?Humeurs L'AVEZ-VOUS vu dans les journaux cette semaine ?Impossible de le rater.Son visage était tartiné à pleine page dans tous les quotidiens francophones d’Amérique; l’air vaguement contrarié, le sourcil caractériel, la moustache stalinienne, la tête légèrement inclinée devant la bombe du micro qu’il menace d’avaler tout rond.« Passé 40 ans, un homme est responsable de sa face », tonnait-il sur les ondes de CK AC mardi dernier.Pour une fois je n’aurais pas su le contredire.Sa face dit bien ce qu’elle a à dire: attention, canin dangereux au travail.Je parle d’André Arthur bien entendu, le roi de la radio à Québec et le nouveau commentateur vedette de CKAC.Les Montréalais ne le connaissent pas encore.Ils ne paient rien pour attendre.À Québec, ils ne savent plus comment s’en débarrasser.Le personnel politique de la Vieille Capitale entre en transes chaque Ifois qu’il ouvre le micro et comme il l’ouvre quotidiennement depuis 18 ans, les urgences sont bondées de ministres et de fonctionnaires atteints de démence à tendance paranoiàque qui se plaignent de voir André Arthur le matin dans leur tasse de café et leur bol de céréales.La terreur du micro pour ne pas dire le terroriste des ondes, en remet à leur intention, traitant le premier de « tapette », le deuxième de « sans dessein », le troisième de « trou de cul » ou encore de « charogne » ou de « cannibale » selon le moment et l’inspiration.Même les femmes ne trouvent grâce à ses yeux comme en témoigne le célèbre « lunch à Claude Morin » affectueusement destiné à Louise Beaudoin.À Montréal, le Roi Arthur vient de faire son entrée, et par la grande porte s’il vous plaît.Une demie-heure d’antenne chaque jour à l’heure de pointe, l’heure idéale pour jouer dans le traffic, ce que le Roi devrait faire plutôt que de nous casser les oreilles avec son opinion sur ceci cela.Son opinion, on s’en est passé jusqu’à maintenant et on pourrait aisément continuer à s’en passer.Il n’empêche que son engagement à CKAC a quelque chose de sinistre.Il n’y a pas si longtemps, c’est la voix rauque de René Lévesque qu’on entendait crépiter à la même heure et au même poste.René Lévesque qui aux injures proférées à son Voir page C-12 : Humeurs Ne vous fiez pas aux apparences.Cet homme au visage souriant et affable peut mordre.S’étant usé les crocs jusqu’aux gencives sur les ondes radiophoniques de Québec, André Arthur tente maintenant de se refaire une mâchoire sur les auditeurs montréalais.À chacun sa radio.Le micro qui jappe » C-2 ¦ Le Devoir, samedi 9 janvier 1988 LE.CAHI amedi — Disques compacts — Dans les bagages du p’tit nouveau PIERRE BEAUREGARD À l’opposé des pianistes, qui se lancent dans la carrière de soliste et n’éprouvent que l’embarras du choix lorsqu’il s'agit de pêcher dans l’océan des oeuvres concertantes de quoi faire valoir leur talent, les jeunes trompettistes classiques sont plutôt desservis par un répertoire fort mince de pièces archi-usées.En concert, le Haydn ( Concerto pour trompette et orchestre en mi bémol Hob.Vile : 1 ) est donc devenu un rituel d’entrée dans le cercle restreint des virtuoses, quand on ne choisit pas le Hummel ( Concerto pour trompette et orchestre en mi), alors que sur un premier disque, on retrouvera le prévisible programme Haydn-Hummel-Léopold Mozart.Résultat, il existe sur le marché une telle surabondance d’enregistrements de ces concertos et si peu d’autres choses, que le mélomane, si ça lui chante, peut tenir à volonté son propre concours international de trompette et inviter ses voisins de palier à venir comparer les mérites relatifs des solistes actuellement en vogue.Les studios Philips se sont donc retrouvés confrontés une énième fois au problème, lorsqu’il s’est agi de présenter le trompettiste suédois Ake Har-denberger à leur public.Allait-on se casser la figure en présentant un inconnu — fût-ce accompagné par la prestigieuse Academy of St.Martin in-the-Fields de Sir Neville Marriner — dans ce sempiternel programme des oeuvres galvaudées de Josef Haydn, Johann Ne-pornuk Hummel et Leopold Mozart?Après les André, Marsalis, Schwarz, Guttler, Touvron, Wallace et consorts, il eût fallu que ce PHILIPS HAYDN* HEKIR mm Tmm x-fCnnccrtos [miiipcfcnkfiii/mc IAKAN HARDTiNBFRT.fr jka&nivw St.Martin in-ik-fidds Sr Neville Marriner jeûnot joue, vêtu de rose et marchant sur un fil, une version disco de ces trois concertos pour attirer l’attention.Puis, on en est arrivé à un compromis : il y aurait forcément le tandem Haydn-Hummel, bon vendeur, mais le Compact Disc (CD) Digital Classics (420 203-2) comprendrait également deux raretés, soit le Concerto en ré de Johann Wilhelm Hertel et, en première mondiale sur disque, le Concerto pour trompette et orchestre en ré de Johann Stamitz.Mais qui est ce Hardenberger ?Un jeune homme qui n’a pas encore 30 ans et qui a appris à jouer, à l’âge de neuf ans, sur la trompette d’oc- casion toute cabossée que son père lui dénicha in extrémiste 23 décembre 1969 en guise de cadeau de Noël.Papa Hardenberger, nous a encore dit le livret accompagnant ce CD, pensait surtout à Louis Armstrong, lorsqu’il acheta ce présent inusité, mais six ans plus tard, le jeune llakan faisait ses débuts de soliste en jouant le Hummel (tiens, tiens.) Voilà pour le conflit des générations ! Ce beau disque compact dont la durée frise les soixante minutes nous permet donc d’apprécier un nouveau talent dans les prestations traditionnelles, tout en agrandissant notre collection de concertos pour trompettes de deux nouvelles acquisitions.Hardenberger se tire admirablement d’affaire dans le Hummel où il affiche immédiatement ses couleurs : légèreté et aplomb.Un beau son soutenu qui rappelle parfois certaines teintes de Maurice Andre, parfois la précision de Wynton Mar-salys sans cette froideur chirurgicale.Dans le Rondo du Hummel, Hardenberger passe allègrement le test de la virtuosité.Puis, il nous offre, comme des cadeaux du Nouvel An, le Hertel et le Stamitz, deux de ces beaux petits concertos aux allures de châteaux en fête.Si le manuscrit du concerto de Johann Wilhelm Hertel a été découvert en 1910, le Stamitz, lui, est dû à la savante reconstruction du musicologue Alan Boustead.Mais ce qui compte, c’est le résultat, si agréable pour l’oreille.De l’oeuvre de Joseph Haydn, le jeune instrumentiste donne une version classique, qui devient presque une formalité pour quelqu’un qui a déjà prouvé amplement de quoi il était capable ! Peut-être aurait-on pu dénicher autre chose dans de vieilles archives.Broadcast News, Moonstruck et The Last Emperor mis en nomination Les Golden Globes, prélude aux Oscars BEVERLY HILLS, Californie (AP) — Ce sont deux comédies, Broadcast News et Moonstruck, et un drame historique, The Last Emperor/Le dernier Empereur, qui se sont mérité cette semaine cinq mises en nomination chacun pour les Golden Globes IM qui seront décernés par l’Association de la presse internationale de Hollywood, le 23 janvier prochain au Beverly llilton.Les Golden Globes sont considérés par plusieurs comme une avant-première des célèbres Oscars.Trois films ont reçu quatre mises en nomination chacun: Cry Freedom, à propos d'un activiste Sud- Africain et d'un journaliste blanc; Dirty Dancing sur l’éveil sexuel d'une jeune fille en vacances dans les Catskills et Fatal Attraction, l'histoire d’une femme méprisée qui piège l'homme qui l’a abandonnée.Sont mis en nomination dans chacune des catégorie: * Films de fiction dramatique: Cry Freedom.Empire of the Sun, Fatal Attraction, La Bamba, The Last Emperor/Le dernier Empereur et Nuts.* Comédies et films musicaux: Baby Boom, Broadcast News, Dirty Dancing, Hope and Glory, Moonstruck.* Meilleur acteur dramatique: Michael Douglas (Wall Street), John Lone (The Last Emperor), Jack Nicholson (Ironweed), Nick Nolte {Weeds) et Denzel Washington (Cry Freedom).* Meilleure actrice dramatique: Glenn Close (Fatal Attraction), Faye Dunaway (Badly), Sally Kirkland (Anna), Rachel Levin (Gaby: A True Story) et Barbra Streisand (Nuts).* Meilleur acteur comique: Nicolas Cage (Moonstruck), Danny DeVito (Throw Momma from the Train), William Hurt (Broadcast News), Steve Martin (Roxanne).Patrick Swayze (Dirty Dancing) et Robin Williams (Good Morning Vietnam).* Meilleure actrice comique: Cher (Moonstruck), Jennifer Grey (Dirty Dancing), Holly Hunter (Broadcast LE DEVOIR 4 Concours les dix meilleurs films de 1987 À nouveau cette année, Le Devoir invite ses lecteurs à juger la production cinématographique de l’année qui vient de se terminer.Notre chroniqueur de cinéma Marcel Jean fera la compilation et l’analyse des choix de nos lecteurs dans le Devoir du samedi 23 janvier.r Comme prix de participation: • Un week end pour deux personnes dans une auberge réputée du Québec (services d’hébergement et de restauration).• Cinq abonnements au Devoir • 50 laissez-passer des cinémas Odéons.Les prix seront tirés au hasard parmi les participants.La valeur totale est de 1310.00$.Concours les dix meilleurs films de 1987 Découpez et remplissez le coupon de participation et retournez-le avant le 15 janvier 1988 à: Concours les dix meilleurs films de 1987, Le Devoir, 211 rue du Si-Sacrement, Montréal, Québec, H2Y1X1.News), Diane Keaton (Baby Boom) et Bette Midler (Outrageous Fortune).* Meilleur acteur de soutien: Sean Connery (The Untouchables), Richard Dreyfuss (Nuts), Lee Ermey (Full Metal Jacket), Morgan Freeman (Street Smart) et Rob Lowe (Square Dance).* Meilleure actrice de soutien: Norma Aleandro (Gaby: A True Story), Anne Archer (Fatal Attraction), Olympia Dukakis (Moonstruck), Anne Ramsey (Throw Momma from the Train) et Vanessa Redgrave (Prick Up Your Ears).* Meilleur réalisateur: Richard Attenborough (Cry Freedom), Bernardo Bertolucci (The Last Emperor), John Boorman (Hope and Glory), James Brooks (Broadcast News) et Adrian Lyne (Fatal Attraction).* Meilleur scénario: John Boorman (Hope and Glory), David Mamet (House Ot Games), James Brooks (Broadcast News), Mark Peploe and Bernardo Bertolucci (The Last Emperor) et John Patrick Shanley (Moonstruck).* Meilleur film étranger: Au revoir les enfants (France-Allemagne), Les yeux noirs (Italie-URSS), Jean de Florette (France), Ma vie de chien (Suède) et Repentir (URSS).* Meilleur scénario: John Boorman (Hope and Glory), David Mamet (House Of Games), James Brooks (Broadcast News), Mark Peploe and Bernardo Bertolucci (The Last Emperor) et John Patrick Shanley (Moonstruck).* Meilleur film étranger: Au revoir les enfants (France-Allemagne), Les yeux noirs (Italie-URSS), Jean de Florette (France), Ma vie de chien (Suède) et Repentir (URSS).Les plaisirs de la mélancolie N’est pas Archambault qui veut lVqy JWVYV T WWïjsJ vu m v / XV « * 6rtn.hr p.wrndlc )Wr^.i Vî) Mm Limmlmmim Vente spectaculaire & Roland SAMICK Photo Archive» Entre les racines et les branchioles, quelque part dans le treillis arborescent de la grande famille Archambault, loge votre inestimable chroniqueur, Gilles, dont le seul prénom (et ses romans) honore les innombrables ramifications d’une généalogie qui le salue bien bas.j’en aie à la grande aventure humaine.La lecture d’un récent bulletin de l’organisme précité m’a tout révélé.Il est normal que je redoute plus que tout la vulgarité puisque les Archambault comptent parmi leurs rangs Henri IV, roi de France et de Navarre.C’est écrit noir sur jaune.Alors qu’on ne vienne pas me bassiner avec la prétendue classe de Pierre Trudeau, par exemple.Nous avons le sang bleu, nous.Il a été répandu dans de justes guerres.Nous n’avons jamais donné des poignées de mains pour recueillir des votes.Ah ! la fierté de porter un nom pareil ! Je me demande si des recherches approfondies ne nous apprendraient pas que Charlie Parker, Kafka, Cézanne, Woody Allen et Milou sont en réalité des Archambault.Nos aïeules qui avaient du tempérament et une beauté sans doute à nulle autre pareille ont peut-être déguisé ainsi les fruits d’une passion trop forte.Qui sait ?Pour l’heure ma félicité n’a pas de bornes.J’écoule mes moments de loisirs à feuilleter les annuaires de téléphone en songeant à ces membres de ma grande famille dont les coeurs battent au même rythme que le mien.Que ceux qui ne peuvent revendiquer le même patronyme me paraissent de peu d’intérêt.Je fantasme, je rêve, j’exulte.Peut-être irai-je en famille renouer avec mes sources françaises en mai prochain.Il suffira pour cela que je réunisse les $ 1,999 nécessaires.Ah ! rencontrer un Archambault qui prononce ses « a » et ses « r » de façon normale, quelle joie cela sera pour moi ! Pour arriver à mes fins, je suis prêt à tout.Me déguiser en Père Noël, monter sur la croix, voter libéral, embrasser Madame Thatcher ou sourire aux Insolences d’une caméra.Si je suis un peu triste malgré tout, j’adore être triste c’est gratuit, c’est que je me dis que ma pauvreté actuelle vient de ce que les Archambault ne m’ont pas soutenu.Si ces gens qui se sont réunis pour « conserver et mettre en valeur» leurs biens patrimoniaux avaient acheté mes livres, j’aurais déjà mon billet d’avion en mains.Combien d’entre eux m’ont préféré un écrivain qui ne pouvait d’aucune façon revendiquer l’honneur d’être un Archambault ?On lit Beauchemin, on se rend aux pièces de Tremblay et pendant ce temps un Archambault croupit dans la misère.Si Henri IV savait ça ! GILLES ARCHAMBAULT D’un naturel effacé je ne me vante jamais des nombreuses distinctions qui ont marqué mon passage sur la terre.Mon sous-sol est encombré de trophées, de médailles et de plaques.Je laisse ces vantardises aux politiciens qui reçoivent des doctorats honoris causa chaque fois qu’ils ont le rhume ou qu’ils prennent le thé avec un membre de la famille royale.Rien pourtant ne m’a autant flatté que d’apprendre que Les Archambault d’Amérique, membres en règle de la Fédération des Familles-souches Québécoises s’étaient formés en une association dont l’un des buts était de « transmettre à la postérité les informations biographiques et documents de n’importe quel membre d’une famille Archambault qui mérite d’être connu.» Depuis que j’ai lu cette déclaration de principe, j’ai cessé de me considérer comme un étranger dans l’univers.Vous pensez peut-être qu’il n’est pas évident que je « mérite d’être connu ?» Il me semble pourtant qu’il suffirait que le tirage du DEVOIR augmente ou que je participe au prochain tournoi de golf de ces puissants Archambault, mes frères.Et que fais-tu des soeurs, me souffle la partie non sexiste de ma conscience.J’avais déjà noté que par plusieurs côtés mes goûts n’étaient pas tellement plébéiens.Je n’insistais pas, poussé par le désir de me mêler quoi que Clavier électronique à partir de Piano d’appartement à partir de 1895$ 1995* Voici mes dix meilleurs films de 1987: 1.Nom.Adresse., L_ Code postal.Téléphone.10., SAMICK à queue, blanc 5’8” 8800$ rSAMICK STUDIO 3795$ FEUILLES DE MUSIQUE — MÉTRONOMES — ACCESSOIRES ACCORDAGE — RÉPARATION — PIANOS ROSES — ETC PIANOS BOSENDORFER 6090 Sherbrooke ouest —- (514) 482-5304 RENCONTRES MUSICALES AVEC ANTOINE PADILLA Compositeur — Communicateur Commentateur musical à Radio-Canada Aucun pré requis nécessaire • La musique symphonique: 12 lundis, dès le 18 janvier.• L’opéra, un art pour tous: 12 mercredis, dès le 20 janvier.matinées ou soirées LIEU: Hollday-lnn, Place Dupuis (métro Berri-de-Montlgny) Renseignements: (514) 768-2834 Les Productions Multl-Musica enr.i v t * 7 87025737 LE.CAHI du amedi Le Devoir, samedi 9 janvier 1988 ¦ C-3 Les coups d’éclat de Esa-Pekka Solonen Budd Johnson Quand le CAROL BERGERON Un vrai conte de fées: « II y a cinq ans, CBS, Philips et EM/m’ont offert d'enregistrer pour eux.J’ai choisi CBS parce qu'il était le seul éditeur à me donner carte blanche dans le répertoire que je voulais enregistrer.» Ksa-Pekka Solonen n’avait alors que 24 ans.Le disque (412 552-2) qu’il a fait chez Philips, comprenant notamment VOuverture 1812 de Tchaikovski avec l’Orchestre de la Radio Bavaroise, doit être une parenthèse puisque la maison américaine précise qu’elle lui a fait signer un contrat d'exclusivité.Dans un entretien que m’accordait le jeune chef finlandais, lors de son récent passage à Montréal, il a été surtout question de ses enregistrements.Il venait diriger pour la première fois l’Orchestre Symphonique de Montréal.Son premier disque fut littéralement un coup d’éclat : la fameuse et redoutable Tourangalîla symphonie d’Olivier Messiaen.Une oeuvre d’a près-guerre (1946/48), d’une grande complexité et qui va chercher dans les 70 minutes.Pour un chef qui ne voulait pas faire comme tous les autres, voilà une manière plutôt singulière de faire ses débuts; une habile façon aussi de se faire remarquer.« Mais ne croyez pas que les éditeurs phonographiques sont des philanthropes.Nous avons convenu que seulement une moitié du répertoire ne serait pas conventionnel, c’est-à-dire contemporain.J’ai commencé par celle-là, l’autre viendra prochainement.» « Par ailleurs, je suis persuadé que le public mélomane qui collectionne les disques n’est pas intéressé à acheter une septième intégrale des Symphonies de Beethoven quand il en possède déjà six.Il doit donc aller vers autre chose.Ainsi, j’espère que pour l’éditeur, le Messiaen, par exemple, pourra faire ses frais en deux ans.Qui sait ?» Messiaen d’abord, mais peu de temps après, Lutoslavski dont Salonen enregistra en première mondiale deux oeuvres magnifiques.En parlant d’eux qui vivent encore, il précise que la musique de ces « deux vieux maîtres» l’a habité depuis longtemps.Il a entendu la Turangalila à 11 ans et ce fut un coup de foudre.« J’ai rêvé alors de la diriger un jour.Maintenant je me rends compte que cette oeuvre m’a ouvert au monde de la musique contemporaine.» « J’ai joué ce Messiaen avec cinq ou six orchestres en Europe.La dernière fois, c’était à Rotterdam, il y a un mois.Les quatre concerts se sont terminés par des ovations.C’est une pièce qui ne laisse personne indifférent ou tiède; vous l’aimez ou vous la détestez.» Quant à Sibelius et son contemporain, le Danois Carl Nielsen (ces deux compositeurs sont nés la même année, 1865), ils font aussi partie de son répertoire de concert.C’est pour cela qu’il les a enregistrés.De plus, « la musique de Sibelius, précise Salonen, coule dans le sang de tous les finlandais.Je ne pouvais pas y échapper ».À l’égard de Nielsen, il se sent le devoir de le faire mieux connaître.« C’est malheureux, on le sous-estime injustement.Et puis, il est plus moderne qu’on ne le croit généralement: dans ses dernières Symphonies, il ira plus loin que Sibelius.Au début du troisième mouvement de la Quatrième, ne croirait-on pas entendre du Chostakovitch ?Or nous sommes en 1914 et le futur compositeur russe n’a que huit ans.Cependant, il ne faudrait pas se hâter de conclure que Salonen utilise l’enregistrement comme un prolongement naturel ou encore comme une photographie du concert.« Non ! le disque ne doit pas être un décalque du concert.C’est une autre forme d’art.À cet égard, Glenn Gould est le plus magistral exemple que je connaisse dans toute l’his-troire de l’enregistrement.Ce qu’il a fait avec Sibelius, par exemple, en le soumettant à des perspectives sonores, me semble tout à fait génial.L’écoute de ses disques révèle toujours un aspect de la musique que le concert ne permet pas de faire entendre.Idéalement, c’est à cela que l’on devrait pouvoir reconnaître la valeur d’un enregistrement.» « D’ailleurs, une bonne partie de la littérature pour orchestre donne de meilleurs résultats au disque qu’en concert.Le studio vous permet une Esa-Pekka Solonen.approche analytique différente de Schoenberg, Berg, Bruckner et surtout de Mahler.Je dois dire que j’adore ce genre de travail.La Turangalila sonne agalement d’une autre manière quand on la met sur bande.Cela m’a permis d’aller chercher des détails qui dans une salle de concert, disparaissent totalement.» « Bien sûr, on ne peut pas faire avec un orchestre ce qu’on peut faire avec un piano.Cela coûterait beaucoup trop cher.11 n’y a que l’Orchestre de la Radio Suédoise qui m’offre deux semaines pour graver un disque.Avec un orchestre de chambre il est encore possible (puisque les musiciens ne sont généralement pas syndiqués) d’expérimenter.Mais pour l’instant, je cherche encore.Esa-Pekka Salonen enregistre avec plusieurs orchestres: l’intégrale des six Symphonies de Nielsen avec la Radio Suédoise, le ballet Roméo et Juliette de Prokofiev avec le Phiharmonikerde Belin, la musique de scène Peer Gynt pour le drame d'Ibsen, op.23 d’Edvard Grieg avec l’Orchestre Philharmonique d’Oslo et la soprano Barbara Hendricks, Métamorphoses pour 23 instruments à cordes de Richard Strauss avec l’Orchestre de Chambre de Stockholm, et Des Canyons aux étoiles et les Oiseaux exotiques de Messiaen, avec le London Sinfonietta.D’autres enregistrements sont prévus avec le Phil-harmonia de Londres.SERGE TRUFFAUT Aujourd’hui encore, la Trinity River demeure un lieu maudit.Un endroit damné.Même si elle serpente en tous sens, du Dallas Cake au Golfe du Mexique, personne ne veut la fréquenter.Normal, la Trinity River c’est pas de l’eau, c’est de l’huile de foie de morue.« Elle a provoqué tellement de problèmes et enlevé tellement de vies, que je l'ai toujours associée aux temps durs.J'ai toujours pensé qu'il faudrait composer un blues à son sujet », chuchotait le saxophoniste Budd Johnson.Mise en boîte à l’occasion du Budd Johnson and The Four Brass Giants, sur étiquette Riverside, ce blues prend seulement huit minutes à exorciser cette Trinity River et ses crocs-en-jambe.Un blues si somptueux, qu'on aurait préféré que Johnson et ses volontaires fassent leur boulot en 24 heures au lieu de huit minutes.("est qu’il se trouve, voyez-vous, que dans le magnifique parcours musical de Budd Johnson, qui s’étale sur plus de 60 années de notes heureuses et superbes, ce Trinity River Bottom est un sommet.D’accord, géographiquement cela ne tient pas debout.Mais reste que ce morceau c’est comme le Blues for New Orleans de Duke Ellington, ou le Turn Over de Dewey Redman, c’est dans le style Himalaya.Pas prétentieux pour un sou, et de surcroît très généreux, Albert Budd Johnson, ne en 1910 à Dallas (Texas), a demandé à quatre trompettistes de l’accompagner dans son périple.Soit Clark Terry, Harry Edison, Nat Adder-ley, et Ray Nance.C’est à la formation rythmique composée de Joe Benjamin à la contrebasse, Herb Lovelle à la batterie, et guidée par le piano lyrique de Jimmy Jones, que revient l’exposition du thème.Comme il est de coutume dans ce genre d’exercice, Jones* extrait des touches de son instrument des AVEC MARIE LABERGE ET MARTINE BEAULNE DU 19 JANVIER AU 13 FÉVRIER 1988 MARDI-VENDREDI 20H30, SAMEDI 17H ET 20H30 ESPACE LIBRE 1945 RUE FULLUM, MONTRÉAL MÉTRO FRONTENAC RÉSERVATIONS: (514) 521-4191 s A fc V THEATRE DU RIDEAU VERT Æ direction yvette brind’amour - mercedes palomino du 20 /anvier au 13 février et les 19 et 20 février 1 d ANTON TCHÉKHOV I adaptation ROLAND LEPAGE ÏM cerisaie en sc^ne GUILLERMO DE ANDRE/ «JW»* ' JEAN L'ITALIEN* SIMON FORTIN ni-cm Claude Goyelle • costumes François Barbeau - éclairages Nick Cernovitch 4664, rue St-Denis Réservations de 12h à 19h Métro Laurier, sortie Giltord 844-1793 I Jfàw H ^ BILLETS AU THÉÂTRE ST-DENIS TICKETRON OU TÉLÉTRON 288-2525 ténor.les trompettes miaulent couleurs très gospel.Après quoi, Budd Johnson mène le bal en soutirant de son ténor des sons véloces et âpres à souhait.Kn arrière, les trompettes miaulent à l’unisson avant qu'Kdison ne prenne le relais qu’il refile ensuite à Terry, et ainsi de suite jusqu’à Nance.À coups de notes retenues ou puissantes, claires ou basses, à coups de discours sobres ou bavards, nos artistes attaquent la Trinity River sans lui permettre de reprendre son souffle ne serait-ce qu’une seconde.Laissant l’eau en plan, Budd s’attaque au bois.Dans Driftwood, Ray Nance fait office de principal soliste en interprétant sur son violon cette « mélodie ORCHESTRE DE CHAMBRE McGILL Chef d'orchestre: Alexander Brott BACH ET SES FILS Soliste: ROBERT ALBRECHT violoncelle Concerto pour violoncelle de C.P.E.Bach Oeuvres de Johann Christian, Wilhelm Friedemann, Johann Sebastian Bach.ENTREE GRATUITE "Music Performance Trust Funds” Samedi soir, 6 FÉVRIER, 20 h 30 SALLE REDPATH (Campus de l’Université McGill) OSMIt ORCHESTRE SYMPHONIQUE de ville MONT-ROYAL Dimit-nr urtisli jusqu'au 10 |anv MAISON DES ARTS DE PIEDMONT: 136 de la Gare.Piedmont— Exposition permanente des oeuvres de Daly, Bruni, Duguay, Guertin, Tremblay et plusieurs autres MAISON RADIO-CANADA: Salle Raymond-David, 1400 est Dorchester, Montréal (285-2341 )— Oeuvres de René Tardif, du 13 au 28 janv., lun au ven de lOh à 18h MICHEL TETREAULT ART CONTEMPORAIN: 4260 St-Denis.Montréal (843-5487)— Oeuvres récentes de Kevin Kelly, du 13 janv.au 14 lév du mer au dim et sur rendez-vous MUSÊO-TECHNI: Espace 1428, 1428 Overdale.Montréal (876-1192)— Volet t : ¦ Variations sur un thème t peintures récentes 1985/87 de John Miller, du 7 au 28 janv.mar.au sam.12h.à 17h.OBORO: 3981 St-Laurent ste 499, Montréal (844-3250)— « Couleur/color » Installation vidéo de François Girard, du 9 au 31 janv., mer.au dim.de 12h.à 17h.OPTICA: 3981 St-Laurent, ste 501, Montréal (287-1574)— < Le train de l'art » installation de Bill Burns et Alan Storey, du 9 au 31 |anv.PARC HISTORIQUE NATIONAL LE COMMERCE DE LA FOURRURE: 1255 boul St-Jo-seph, Lachine (637-7433)— Sources de nos plus belles légendes et des plus grands écrits d'aventures, histoire des activités économiques du début du 19e siècle, la traite des fourrures, ouvert tous les jours PARC HISTORIQUE NATIONAL FORT CHAMBLY: Chambly (658-1585)— En collaboration avec le Parc national de la Mauricie, exposition de photographies intitulée « Héritage laurentien » du 8 nov.à mai 88, du mer.au dim.de 10h.à 17h.PARC HISTORIQUE NATIONAL SIR GEORGE-ETIENNE CARTIER: 458 est Notre-Dame, Montréal (283-2282)— .L'hiver et les jeux au 19e siècle • du 25 nov au 31 |anv fermé jusqu'au 20 janv LA PETITE GALERIE: 1200 Shellord.Bromonl (534-2256)— Oeuvres des artistes de la galerie, dont P Tabouillet, Y.Bergeron, R Dupuis et J.Walsh, sam.et dim lOh.à 18h RESTAURANT LA CÔTE A BARON: 2070 St-Denis, Montréal (842-6626)— .Légendes exotiques • exposition de Maria Luisa Segnoret et Michèle Brosseau, du 15 déc.au 15 mars STUDIO ART ET ARTE: 5709 Darlington, bureau 2, Mtl (737-1085)— Oeuvres d'art importées du Mexique, de l'Amérique centrale, de l'Amérique du sud, huiles, aquarelles, sérigraphies, céramiques Musées MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL: Cité du Havre, Montréal (873-2878)— • Je vis par les yeux > rétrospective consacrée à John Lyman 1886- 1967, du 19 nov.au 14 fév — Janms Kounellis, rétrospective de son oeuvre, du 12 nov au 14 fév — Présentation de la bande vidéographique ¦ Machine/Machines * réalisée par Pierre Zovilé, du 12 nov.au 10 janv — Vidéo documentaire réalisé lors de l'ouverture du Castello Di Rivoli, participation de Danselmo, DaumbGartem.Beuys, Buren, Cucchi, Fabro, Kounellis, Merz et Tur-rini, 12 nov.au 14 fév.— Le Musée est ouvert du mar au dim.de 10h.à 18h MUSÉE D'ART DE JOLIETTE: 145 rue Wilfnd-Corbeil, Jolietle (756-0311 )— «Où est le fragment » exposition mise en circulation par le Musée d'art contemporain de Montréal— « Les chansons formidables • exposition des oeuvres récentes de Raymonde April, du 1er nov.au 3 janv.88 MUSÉE D’ART DE SAINT-LAURENT: 615 Boul Ste-Croix, St-Laurent (747-7367)— .La main, l'outil et l'encyclopédie ¦ traditions artisanales du Québec, du 18 oct au 14 lév.88— .Dictionnaires A/Z ¦ de Robert Racine— .La crèche et les santons québécois de Suzanne Lavallée.du 8 nov.au 7 fév.88, du mar.au ven.et le dim.de 12h.à T7h.MUSÉE DU BAS ST-LAURENT: 300 rue St- Pierre, Rivière-du-Loup (418-862-7547)— .Fragments .exposition de Michel Labbé— .Mémoire-Labyrinthe .exposition de Gabriel Routhier— ¦ Électrique et sensible.exposition de Paul Pelletier, du 8|anv.au au 14 fév — < Rivière-du-Loup, de la mission à la cité • jusqu'au 8 mai MUSÉE BEAULNE: 96 rue Union, Coaticook (819-849-6560)— < La Nativité • 12 crèches de différents pays, du 15 nov au 31 |anv.— .Autour de 1900 .appareils et objets usuels de cuisine— du mer.au dim 13h à 16h MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL: 1379 ouest Sherbrooke, Montréal (285-1600)— .La profondeur de la couleur.exposition de Jean McE-wen, du 10 déc au 24 |anv MUSÉE D'HISTOIRE NATURELLE GEOR-GES-PRÉFONTAINE: 520 chemin Côte Ste-Ca-therme, Outremont (277-9864)— Exposition sur les animaux d'hier et d'aujourd'hui organisée par la Société de Biologie de Montréal, du mer au dim de 10h à 17h MUSÉE DE LACHINE: ItOchemin LaSalle, Lachine (634-3471)— • Atmosphères et impressions ¦ gouaches récentes de Marie-Michelle Lacroix, du 28 nov au 7 fév.du mer.au dim.de 11 h 30 à 16h.30 MUSÉE LAURIER: 16 ouest rue Laurier, Artha-baska— Noél au Musée, travaux récents des gens de la Corporation des métiers d'arl des Bois-Francs, du 7 nov au 24 |anv MUSÉE DU LIVRE ANCIEN: 214 rue Principale,, Les Eboulements.Oué (418-635-2243)— Plus de 250 livres et 100 photos sont exposés et interprétés MUSÉE MARC-AURÊLE FORTIN: 118 rue St- Pierre, Mtl (845-6108)— Oeuvres de Marc-Aurèle Forlin.en permanence— Vidéo de M A Fortin.14h , Vidéo de Alfred Pellan à 15h.jusqu'au 31 |anv — du mar au dim de 11h à 17h MUSÉE MARSIL: 349 Riverside Drive, St-Lamberl (671-3098)— • A la recherche du temps perdu » rétrospective de vêtements de bébés et d'enfants du début du 20e siècle, du 13 déc au 28 fév— Egalement |ouets anciens el tableaux MUSÉE MCCORD D'HISTOIRE CANADIENNE: 690 ouest Sherbrooke.Mtl (398-7100)— ¦ Jouets de A à Zoo * collection de jeux et jouets anciens illustrant l'univers de l'enlance de 1820 à 1920, du 25 nov au 27 nov 88— « Lanternes magiques » évolution de la lanterne magique depuis la chambre noire de l'Arabie du 10e siècle jusqu'à son rôle dans le domaine du divertissement et de la pédagogie, du 25 nov au 19 juin 88— Les Livernois, photographes: 120 ans de studio à Québec (1854-1974) du 25 janv au 31 mars MUSÉE DE L’ORATOIRE: 3800 Reine-Marie, Montréal (733-8211)— • A la belle étoile • exposition de Noel qui regroupe 150 crèches d'une cinquantaine de pays, jusqu'au 2 fév de 10h à 17h.MUSÉE RÉGIONAL DU HAUT-RICHELIEU: 182 Jacques-Cartier N., St-Jean-sur-Richelieu (347-0649)— Musée québécois de la céramique, les sam el dim.de 12h.30 à 17h, et sur rendez-vous MUSÉE RÉGIONAL DE VAUDREUIL-SOU LANGES: 431 Boul.Roche, Vaudreuil (455-2092)— Expositions Permanentes: • Résonnances d'une collection • .Éclaire ma lanterne .et « Le coffre à souvenirs > < Des outils qui ont bâti un pays > i Sur la nappe > et « Les deux font la paire • MUSÉE UNIVERSEL DE LA CHASSE ET DE LA NATURE: Parc Mont-Royal, Camilien-Houde et chemin Remembrance.Montréal (843-6942)— .Histoire d'os • présentation de l'Ostéothèque de Montréal— également collection de mammifères, d'oiseaux.d'insectes, d'armes, d'appelants etc.— .La chasse silencieuse et L'histoire de l'arc > jusqu'en lanvier 88 Maisons de la culture MAISON DE LA CULTURE CÔTE-DES-NEI- GES: 5290 chemin Côte-des-Neiges, Montréal (872-6889)— Denise Beaudin et Guerino Ruba, sculptures et installations, du 9 au 31 janv.MAISON DE LA CULTURE MARIE UGUAY: 6052 Boul.Monk, Montréal (872-2044)— • Énergie encadrée • petits tableaux de John Drew Munro, 12 au 30 |anv — « Identité ou la foule du métro • Sylvain Fournier, peintre, 12 au 30 janv.MAISON DE LA CULTURE NOTRE-DAME-DE-GRACE: 3755 Botrel, Montréal (872-2157)— « Lâchez la bride ¦ exposition de jouets anciens en collaboration avec le Musée de la Civilisation, du 13 déc au 24 janv — De Reims à Chartres, photographies de Raymond Gagnon, jusqu'au 10 janv.MAISON DE LA CULTURE DU PLATEAU MONT-ROYAL: 465 est Mont-Royal, Montréal (872-2266)— • Quand les rides du corps nous parlent du coeur » photographies noir et blanc de Robert Laliberté, du 10 déc au 10 janv — « Duo urbain > oeuvres de Berlrand Carrière, photographe, et de Colin Chabot, peintre, du 14 au 31 janv.Bibliothèques BIBLIOTHÈQUE INTERMUNICIPALE PIER-REFONDS DOLLARD-DES-ORMEAUX: 13555 bout Pierrelonds, Pierrefonds (620-4181 )— Exposition des oeuvres de Andrée Lepage, du 12 au 31 janv lous les jours BIBLIOTHÈQUE MUNICIPALE DE DORVAL: 1401 chemin Bord du Lac.Dorval (633-4170)— La Société Historique de Dorval expose une collection de photographies de vieilles maisons situées à Dorval.et construites entre 1680 et 1888, lun.et ven.10h à 17h., mar au |eu 10h à 21h.BIBLIOTHÈQUE GABRIELLE-ROY: 350 est S1- Joseph, Québec (418-529-0924)— .Crèches d'ici et d'ailleurs » du 3 déc au 10 janv., tous les jours BIBLIOTHÈQUE PUBLIQUE DE WESTMOUNT: 4574 ouest Sherbrooke.Montréal (487-0126)— Peintures de Mary Shepherd, du 4 au 17 janv, tous les jours VARIETES BISTRO D'AUTREFOIS: 1229 St-Hubert, Montréal (842-2808)— Du jeu.au sam souper en musique avec Marie-Perle Quintin, et guitariste autour des tables, à compter de 18h.— Spectacle de Didier à l'accordéon, il chante Renaud et les autres, |eu au sam.à 22h.CAFÉ TIMÉNÉS: 4857 ave du Parc, Montréal (272-1734)— Brunch à 12h.lous les dimanches, avec musique d'atmosphère à compter de 13h.30 CENTRE CALIXA-LAVALLÉE: 3819 Calixa-La-vallée, Montréal (872-3947)— Le Théâtre de l'Oeil présente .Coeur à coeur.d'après un texte de Ré-jane Charpentier, les 9-16-23 janv à 15h , les 10-17-24 janv 13h.et 15h.LA CHACONNE: 342 est Ontario, Montréal (843-8620)— ¦ Rapunzel » Spectacle de marionnettes pour enfants avec Claire et René, le 10 janv.à 13h 30 et 15h 30 LES FOUFOUNES ÉLECTRIQUES: 97 est Ste-Catherine.Montréal (845-5484)— Peinture en direct les 10 et 24 janv.à 20h 30 HÔTEL LE QUATRE SAISONS: 1050 ouest Sherbrooke, Montréal— Piano-Bar: L'Apéro avec Gilles Jourdain, du lun.au ven de 17h.à Oth LE REINE ELIZABETH: Salle Arthur, 900 ouest Dorchester, Montréal— Café Baroque Arthur: • Folies folies * du can can au charleston, production La Belle Époque Inc.mer.ieu.ven.dim.20h.30, sam, 20h et 22h 30 MAISON DE LA CULTURE DE LA PETITE PATRIE: 6707 de Lorimier, Montréal (872-1730)— L'Illusion, théâtre de marionnettes, présente ¦ Tempête dans un verre de lait.les 9-10 janv.à 14h, MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL: 1379 ouest Sherbrooke, Montréal (285-1600)— A l'occasion de l'exposition Jean McEwen, conférence en français de Mme Constance Naubert-Riser « Jean McEwen, peintre et poète.le 10 janv.à 15h.PIPS CLUB DE BACKGAMMON: 3774 St-Denis.2e étage, Montréal (284-0613)- Tous les dimanches tournoi de backgammon, à 15h.LE PUZZLES-SCENE: 3625 avedu Parc.Montréal— ¦ A.my name is Alice • m.en s.Joan Austen, à compter du 22 oct du mar.au dim.20h., les ven 2e spectacle à 22h 45 SPECTRUM: 318 ouest Ste-Catherine, Montréal (861-5851)— Le Groupe Sanguin en spectacle le 9 janv.à 19h — Ligue Nationale d'improvisation, étoiles internationales, le 10 janv à 20h THEATRE CAFÉ DU MARCHÉ: 4375 est Ontario, Montréal (872-1644)— .La berlue ¦ de Bricaire et Lassay-gues.les 16-17,23-24,31 janv.et 6-7 février CAFÉ DE LA PLACE: PDA Montréal (842-2112)— « La Musica Deuxième » de Marguerite Duras m en | s Daniel Roussel, du 13 ianv au 27 lév ÉCOLE NATIONALE DE THÉÂTRE: 360 est rue Laurier, Montréal (525-2072)- Salle André-Pagé L'Atrium présente .L'imprévisible .texte de Guy Beausoleil, mens.Louise Lemieux et Martine Gagné, du 13 au 23 janv, du mar au dim à 20h ESPACE LIBRE: 1945 rue Fullum.Montréal (521-Af 91) Le Nouveau Théâtre Expérimental présente .La femme d'intérieur.texte de Robert Claing m en s Martine Beaulne.Robert Claing et Marie La-berge, du 19 janv.au 13 fév.du mar, au ven 20h 30 le sam 17h et 20h 30 LA LICORNE: 2075 St-Laurent, Montréal (843-4166)— Le Théâtre La Rallonge présente.Le syndrome de Cézanne .de Normand Canac-Marquis m en s Lorraine Pintal, du 6 au 30 janv du lun au sam 20h 30 SALLE CALIXA-LAVALLÉE: Montréal (527-4198)- Le Théâtre de l'Oeil présente .Coeur à coeur.spectacle de marionnettes, les 9-16-23 janv.à 15h .les 10-17-24 janv.à 13h.el 15h.réservations au 524-8838 — Télé Rouge Productions présente ¦ Le bouc .de Rainer Werner Fassbinder m en s Hervey Guay et Suzanne Léveillé, du 28 janv au 21 fév duieu au dim 20h.30 > ' - 'J " V-CJ l ciel.conception de Suzanne Lantagne m ger Blay, du 13 janv au 6 fév du mar 20h 30, le dim 15h THÉÂTRE CENTAUR: 453 St-François-Xavier Montréal (288-3161)- .Vassa .de Maxim Gorky du 5 au 31 |anv '• THÉÂTRE DU NOUVEAU MONDE: 84 ouest Ste-Catherine, Montréal— • Phèdre » de Racine, dans une m en s d'Olivier Reichenbach, à compter du 12 janv THÉÂTRE DENISE-PELLETIER: 4353 est Ste-Catherine, Montréal (253-8974)— « La ménagerie de verre .de Tennessee Williams, m, en s.Michèle Ma-gny.du 21 janv au 27 fév les ven.et sam 20h 30 THÉÂTRE PORT-ROYAL: PDA (842-2112)— La Compagnie Jean Duceppe présente t Vice et versa » de Ray Cooney, du 5 janv au 6 fév sem 20h , sam 17h et 21h.THÉÂTRE QUAT'SOUS: 100 est ave des Pins Montréal (845-7277)— « Névrose à la carte » de l'auteur américain Christopher Durang.adaptation Jean-Pierre Bergeron, m en s Sébastien Dhavernas.du 12 janv au 6 fév THÉÂTRE DU RIDEAU VERT: 4664 St-Denis.Montréal (844-1793)— < les fridolinades ¦ de Gratien Gélinas, m.en s, Denise Filiatrault, en prolongation jusqu'au 9 |anv.mar.au ven.20h , sam.17h.et 21h„ dim I5h — .La cerisaie • d'Anton Tchékhov, ada-patation Roland Lepage, m.en s.Guillermo de Andrea, du 20 janv au 20 fév, mar au ven, 20h., sam 17h.et 2lh., dim.15h THÉÂTRE DE LA VEILLÉE: 1371 est rue Ontario, Montréal (526-7288)— .Une mouche dans un verre de coke.de Clémence Simard et Martin Faucher, m.en s Diane Ouimet, du 12 au 31 janv.du mar.au dim 20h 30 THÉÂTRE DU MANOIR VERCHÉRES: 614 Ma rie-Victorin, Verchères (583-5232) ou (1-800-363-9850)— • Le baron de Crac » avec Réjean Wagner, les ven.et sam.8-9,15-16,22-23 janv.à 21h Suite à la page C-7 « Le Devoir, samedi 9 janvier 1988 ¦ C-7 amedi THEATRE MUSIQUE 22h — Le 12 |anv François Richard et André Lahaie BAR TERRASSE: 1201 Dorchester ouest, Montreal (878-2000)— Raymond Brunet, accordéon, du lun au ven de 17h à 19h 30 Suite de la page C-6 GRAND THÉÂTRE DE QUÉBEC: 269 est St-Cy-rille.Québec— Le Théâtre du Trident présente ¦ Les Irldolinades.de Gratien Gélinas.à compter du 12 janv.IMPLANTHÊATRE: 2 rue Crémazie, Québec (529-2183)— Anonymus présente < Le voyage de Bran-dan .du 7 au 17 janv à 20h.30, le dim.15h , relâche te 10 janv.PALAIS MONTCALM: Québec— « Lestridolina-des • de Gratien Gélinas, m.en s Denise Filiatrault, du 12 janv.au 6 lév mar.au sam à 20h THÉÂTRE DE L'iLE: 1 rue Wellington, Hull (819-771-6669)— « Du poil aux pattes comme les cwacs .de Maryse Pelletier, du 12 janv.au20fév.mar au ven.20h 30,sam 19h et 22h CENTRE NATIONAL DES ARTS: Ottawa-Salle Studio: « A propos de ta demoiselle qui pleurait » de André Jean, m en s.René Richard Cyr, du 15 janv.au 13 fév.à 20h - Salle Théâtre: t Sinners • de Norm Foster, du 7 au 23 janv à 20h , matinées les sam.à 14h, Classique AUDITORIUM DU OTTAWA TECHNICAL HIGH SCHOOL: Ottawa— Opéra Lyra vous convie à un après-midi musical en compagnie de Johann Strauss tils, dans une version concert du Baron Tzigane, le 24 janv, on peut se procurer des billets en appelant Opéra Lyra: Ottawa 233-9200 BASILIQUE MARIE-REINE DU MONDE: 1071 rue de la Cathédrale, Montréal (866-1661 )— Tous les dimanches à 11h„ le choeur polyphonique de Montréal BASILIQUE NOTRE-DAME: 116ouestNotre-Dame.Montréal (849-1070)— Tous les dimanches à 1 ih .grand-messe (grégorien el polyphonie) à l'orgue Pierre Grand’Maison LA CHACONNE: 342 est Ontario.Montréal (843-8620)— Spectacle de danse Flamenco avec Sonia Del Rio et Michael Laucke.guitariste, le 9 janv.à 21h CHATEAU DUFRESNE: Angle Pie IX et Sherbrooke.Montréal (259-2575)— Salon Oscar Miniconcerts de chambre avec le Duo Eurydice, tous les dimanches à 14h 30 et 15h 30 DU DEVOIR C a A L'expérience d'enfants A La nature et l'environnement A Les activités originales dans les camps A Le rôle de l'Association des Camps A L'impact économique régional des camps A Comment choisir un camp A Des conseils aux parents et aux enfants Date de tombée publicitaire: 22 janvier 1988 Date de parution: 5 février 1988 Informations: Christianne Benjamin (524) 842-9645 CHURCH OF ST-ANDREW AND ST-PAUL: Angle Redpath et Sherbrooke, Montréal (842-3431)— Tous les dimanches à 11 h .chorale de leglise EGLISE SAINTE-CUNÉGONDE: 2461 ouest rue St-Jacques, Montréal (937-3812)— Tous les dimanches à 9h , grand-messe en latin, selon l'ancien rite (chant grégorien) EGLISE ST-JEAN-BAPTISTE: angle Rachel el Henri-Julien, Montréal— L'organiste Jacques Boucher jouera des oeuvres de Bonnet, Buxtehude, Bach et Corretle à la messe de 17h le sam.9 |anv.et aux messes 10h et 11h le dim 10 |anv ÉGLISE ST-PIERRE-APÔTRE: Angle Dorchester el de la Visitation, Montréal— Jean Ladouceur, organiste, et Denise Bellay, soprano, présentent des oeuvres de Bach.Franck.Letondal et Messiaen, aux messes de 9h 30 et 11 h.le dim 10 tanv MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL: Montréal— Concert de la Chorale de la Cathédrale Orthodoxe Ukrainienne de Ste-Sophie, dir.William Woloschuk, le 10 |anv.à 15h ORATOIRE SAINT-JOSEPH: 3800 chemin Oueen Mary, Montréal (733-8211 >— Les Petits Chanteurs du Mont-Royal, sous là dir de Gilbert Pate-naude.à la messe de 11h le dim Populaire L’AIR DU TEMPS: 194 St-Paul Ouest (842-2003)— Jazz du mer au dim de 22h à 02h 30 — Le Trio de Sylvain Provost, du 6 au 10 janv BAR JAZZ 2 0 80: 2080 rue Clark.Mtl (285-0007)-Kirk MacDonald, sax ténor, le 9 janv.à 22h — Pierre Côté, guitariste, le 10 |anv à 21 h 30— Bill Coon, guitariste.le 12 |anv à ?1h 30 BAR LES JOYEUX NAUFRAGÉS: 161 est Ontario.Montréal (843-3808)— Tous les mardis jazz à BIDDLES JAZZ AND RIBS: 2060 Aylmer (842-8656)— Le quatuor de Johnny Scott et Geottrey Lapp, en permanence, dim lun 19h à24h.mar 20h à01h , mer au ven 17h à 22h — Les lundis, à 19h , sessions d'improvisation — Le Trio de Charlie Biddle, en permanence, du mer au sam à compter de 22h — Le Trio de Bernard Pruneau dim de I9h à 24h — Invité le 10 |anv Charles Papasotl, saxophoniste — Live Jazz le midi avec le trio de Claude Foisy, mer de I2h à 14h LE BIJOU: 300 rue Lemoyne, Vieux Montréal— Trois tables de blackjack en opération du lun au ven.de 17h à la termeture.et le sam de 20h à 03h — Michelle Sweeney, chanteuse de |azz.soul et R & B.du mer au sam à compter de 22h BISTRO-BAR BLUES CLAIR: 901 estboul Mai sonneuve.Montréal— 5 à 8 les mar el ven avec Robert Gélinas.pianiste, et ses invités LE ZIG ZAG CAFE: 5358 Lévesque, Laval (661 -4985)— Jazz tous les dim avec Le Zig Zag Quartet, de 11h à 15h CAFÉ THÉLÉME: 311 est Ontario, Montréal (845-7932)—Brian et Co classical |azz.le 9 |anv à 21 h 30 CAFE TIMÉNÉS: 4857 ave du Parc.Montréal (272-1734)— Charlie Harper and the Rhythm Rockers, blues, le 9 ianv à 22h LA CAGE AUX SPORTS: 2250 rue Guy, Montréal (931-8588)— Billy Georgette, pianiste de honky tonk, en permanence à compter de 17h LE CLUB G.M.: 22 St-Paul.Vieux-Montréal (861 -8143)— Jazz live, du lun au ven.de 17h à 21h.— Happy Hours de 17h à 21h CLUB MILES: 1200 Bishop (861-4656)- Mar au ven l'Ensemble Elder Léger, à 17h 30 CLUB SHIBUMI: 5345 ave du Parc, Mil (271-5712)— Tous les lundis Jam Session à 21h 30 COCK'N BULL: 1944 Ste-Catherme O (932-4556)— Tous les dim jazz et dixieland live WEEK-END SAMEDI (’ours gratuit de hatha yoga et informations sur notre programme d'hiver aujourd'hui de 10 h 30 à 12 h 30 à l’Institut de yoga intégral (5425 ave du l’are).271-1633.¦ Le Centre de Yoga occidental donne des leçons d'essai gratuites ainsi que de l'information sur les cours; réservations le 11.12, 13 ou 14 janvier, Mme Adam (10524 Pie IX).327-2323.¦ Le Centre de Langues Transatlantique vous invite à devenir membre de son Club de conversation (anglais, français, espagnol) et annonce une conférence intitulée : ¦< Comment augmenter vos chances d’emploi » le 11 janvier à 16 h 30 (1445 Bishop).H44-2921/K44-3224.¦ Le Cepsum de l’Un, de Montréal annonce qu'il est encore temps de s'inscrire au Tir à l’arc, aux jeux aquatiques et aux cours d'auto-défense pour hommes et femmes; l’inscription se fait les 11 et 12 janvier de 19 h à 20 h.343-6150.¦ Soirée de musique d’Amérique du sud ce soir à compter de 21 h; dimanche dès 11 h brunch dominical à prix modique au Caf’Tiers (4837 ave du Parc - Métro Place-des- Arts).270-5,336.¦ La Bibliothèque de la Ville de Montréal invite les personnes intéressées à écrire à participer à un atelier gratuit intitulé « Initiation à l’écriture » animé par Yves Beauchesne, 4 rencontres de 3 h chacune à la Bibliothèque l’Acadie à compter du 12 janvier (872-6989); à la Bibliothèque I.an- gelier (872-2640) à compter du 13 janvier el à la Bibliothèque Mont-Royal (872 2270) à compter du 12 janvier.¦ Atelier sur la cuisson au micro-ondes avec Mme Denise Dion à compter du 12 janvier prochain au Centre communautaire Sarto Desnoyers (1335 ch.Bord du Lac).633-4000.¦ .1 ass Inc., organise tous les samedis à compter de 14 h une marche de santé sur le Mont-Royal s'adressant surtout aux personnes seules; départ de Mt-Royal et ave du Parc à 13 h 45; le tout suivi d’un souper et d'une danse (au restaurant).Le dimanche, excursion à la base ski Montcalm, ski alpin et ski de fond.388-8727.DIMANCHE Le Club d'aviation de ligne de Montréal organise sa réunion mensuelle le 10 janvier à 13 h 30 à l’aéroport de Dorval.François, 384-8612.Le Muséedes beaux arts de Montréal vous invite à des dimanches spéciale-tnenls conçus à l’intention des familles, la série de 3 ateliers aura lieu le dimanche 17, 24 el 31 janvier de 10 h 30 à 12 h.Inscription obligatoire, 285-1600, poste 136.Dîner annuel ainé/compagnon des Scouts et Guides de Montréal aujourd'hui à 11 h au Commissariat régional des Scouts et Guides de Montréal (3500 Laval).849-9208.UÛTEL BONAVENTURE: 1 Place Bonaventure Montréal (878-2332)— Le Portage Spectacles du mar auieu 21h 30,23h 30.ven elsam 22h et24h HÔTEL MERIDIEN: 4 complexe Desiarqins, Mtl (285-1450)— Bar Le Foyer Deux pianistes en alternance, Tibor Ceasar.du lun au ven det7h à 20h — François Comeau, du mar au sam de 20h.à 24h HÔTEL DE LA MONTAGNE: 1430 rue de la Montagne (288-5656)— Cocktail 5 à 7 lun au ven — Le Trio Dave Clark, |azz et contemporain, du mer au sam de 2lh à Oth LE GRAND HOTEL: 777 Université (879-1370)— Bar Chez Antoine les pianistes Christiane Côté et Roland Devèze, lun au ven.de I7h.à 01h .le sam de20h à 01 h — Bar Tour de Ville Le Trio Starlite, mer au dim de 21h à 02h LA CROISETTE: 1201 Dorchester (878-2000)-Jacques Ouellet.au piano, du dim au ven de t8h à 22h LE BOULEVARD: 1201 Dorchester.Montréal (878-2000)—Tous le samedis soirs de 19h à 24h .musique du Trio Denis Boivm L'ENTRE-TEMPS: 1201 ouest Dorchester.Mont réal (878-2000)— Le groupe Mexican Connection, du mer au sam de 21h à 3h LE POINT-DE-VUE: 1201 Dorchester ouest (878-2000)— Suzanne Berthiaume.harpiste, tous les jours de 19h à 23h L'IMPROMPTU: 1201 ouest Dorchester (878-2000)— Gérard Lambert, pianiste-animateur, du lun au sam de 21h à 02h RESTAURANT RICARDO: 1652 bout Ste-Adèle.rte 117.Ste-Adèle— Les vendredis, de 19h â 23h iazz en douceur avec Nick Ayoub.saxophone, et Rob Adams, au piano RESTAURANT LES SERRES: 300 rue Lemoyne.Vieux-Montréal (288-5508)— 2 musiciens ambulants en soirée, violoniste et accordéoniste, du mer au sam RESTAURANT ZHIVAGO: 419 St-Pierre, Vieux Montréal (284-0333)— Restaurant dancing-romantique.mar au sam de 18h à 3h — Le Groupe Be-kar.2 musiciens el une chanteuse, mer au sam de 196 30 à 23h RISING SUN: 286 ouest Ste-Cathenne (861-0657)— Hommage à Clitton Chenier, avec Rick Weston.Geraldine Hunt et The Ward Brothers Band, blues, le 9 ianv — Blue Monday Jam Session, avec Billy Martin and The Soul Jets, le 11 ianv SALLE REINE ELISABETH: bar des voyageurs 900 Boul Dorchester (861-3511 )— Normand Zubie el David Lessard lun el mat de 17h00 à 22h00— Oliver Jones et Charles Biddles, mer |eu ven de 17h00 à 22hOO— Normand Zubie et Daniel Lessard sam de 17h00 à 24hOO SALON DES CENT: Zanzibar.1647 St-Dems, Mtl (288-2800)— Jazz tous les dim et lundis soirs à 21 h 30 TELEVISION SAMEDI Q C B F T 12.00 Katputli, marionnettes in- diennes 12.30 Cap danger 13.00 D'hier à demain 13.55 Nos espoirs 88 14.00 Cme Famille • Les aventures do capi- lame Bobardol.dessins animes 15.30 Univers des sports 17.00 Grand an 17.30 Genres en herbe 18.00 Le Télèjournal O C B M T 12.00 What's new 12.30 Wonderslruck 13.00 Fish'n Canada 13.30 Land and sea 14.00 Fdcus north 14.30 Open roads 15.00 Sporlsweekend 18.00 CBC News Saturday report DD C FT M 12.00 Samedi Magazine 14.00 Ciné week-end • Proietôs dans le temps » amér 76 avec Sam Groom, Torn Hallick, Richard Ba-sehart et Tnsh Stewarl 15.30 A communiquer 16.00 Flash varicelle 16.30 Plexi-Mag 17.30 Actualités week-end CB C F C F 12.00 World wrestling federation 13.00 Saturday cinema • Amos • 1985 avec Kirk Douglas.Elizabeth Montgomery et Dorothy McGuire 15.00 Canada in view 15.30 Ski base 16.00 Wide world of sports 18.00 Pulse (B RADIO-QUÉBEC 14.00 Le choix d'Isabelle 16.00 Points de vue 17.00 Nord-Sud 17.30 Pmocchio 18.00 Passe-Partout SS QUATRE SAISONS (câble 5) 12.30 Le petit lournal hebdomadaire 13.00 LesPietraleu 13.30 Marguerite et compagnie 14.30 L'exploration el vous 15.00 La récréation 15.30 Le vagabond 16.00 Jmny 16.30 Le magazine du ski 17.00 Aclion |eunesse 17.30 Le Grand Journal QD T VF Q 12.00 Allaire suivante 12.30 Résistances plaidoyer pour les lemmes 14.00 Portraits de créateurs Jean-Paul Gaultier 14.30 Claude Nougaro 15.30 Radio France Internationale 16.30 Auto moto 17.20 Le Journal 17.50 Le bon mot DIMANCHE O C B F T 12.00 Première edition 12.03 La semaine verte 13.00 L'expérience 15.14 Univers des sports 16.00 La grande visite 17.00 Second regard O C B M T 12.00 Meeting place 13.00 Country Canada 13.30 Hymn sing 14.00 Music on a Sunday aller- noon 17.00 Durell in Russia 17.30 The Edison twins CD C FT M 12.00 Bon dimanche 14.00 Ciné Week-end « Réveillez-moi quand la 'l guerre sera finie .amér ' 75 avec Ken Berry.Eva Gabor et Werner Klemperer 15.30 Rue St-Jacques 16.00 Sport mag 17.00 Musicart 17.30 Actualités week-end CB C F C F 12.30 Question period 13.00 The Terry Winter show 13.30 Sunday Cinema • When angels tty > 1983 avec Robin Ward et Jennifer Date 15.30 The Nakiska kids 16.00 10 pin bowling 16.30 The Hanes report 17.00 The littlest hobo 17.30 FT Fashion television 18.00 Pulse «B RADIO-QUÉBEC 14.00 • Blanche et Marie » 16.00 Vidéotour 17.00 Questions d'argent 17.30 Ordy Galilée, le messager des étoiles 18.00 Passe-Partout ED QUATRE SAISONS (câble 5) 12.00 La lutte Quatre Saisons 13.00 LesPierraleu 13.30 Les P'Iites Vues • Ne mangez pastes marguerites > amér 60 avec David Niven.Doris Day el Jams Paige 15.30 J'ai révé/communauté nouvelle 16.00 Premières 17.30 Le Grand Journal 18.00 Les carnets de Louise QD T V F Q 12.00 Trente millions d'amis 12.30 Thé tango 13.00 • Le cantique des cantines > avec Cheik Dou-kouré et Jean-Marc Avocat 14.00 Apostrophes les lectures de Jeanne Moreau 15.30 Radio France Internationale 16.30 Thé tango 17.20 Le Journal 17.50 UnDB déplus r ' ¦ i BIHHiHHHHi 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 OOhOO j C’BFT (R.-C.) Montréal © WCAX (CBS) Burlington (JD WPTZ (NBC) Plattsburgh O ( BMT(CBC) Montréal CD (FTM (TVA) Montréal (B (Kl (CTV) Montréal I8h 05 : Impacts 16 h/Foothall Ligue Nationale News (I h.) CBC News g Ici Montréal Puise Mama's Family Heritage Theatre Anim.: Yvon Deschamps Wonderful World of Disney Westward Ho the Wagons Simon & Simon He Shoots, He Scores Ç Pop Express Animateur : Roch Denis Dick In in's Hockey Mag.I am A Hotel Chacun chez soi Amen La soirée du hockey : Canadiens w Flyers (En direct du forum) High Mountain Rangers The Facts g of Life 227 Houston Knights The Golden Girls Sports West 571 h Bob Hope's U.S.O.Christmas from Persian Gulf : Around the World in Fight Days Hockey Night in Canada : Canadians is Flyers (Live from Forum) Cinéma : Scandales à la une —É.-U.1985 Avec Burt Lancaster, Pamela Reed et Robert Urich Dolly / Variétés Justice Sur la Nouvelles g pour tous colline TVA/sport Movie : Evil in Clear Hiver —É.-U.1988 g Avec Lindsay Wagner et Randy Quatd Avec Ingrid Bergman et Joseph Cotten News News The Nexl President Saturday Night Live The Nalional g Newswalch/Sports 23 h 45 : Lovejoy Cinéma : Comme en plein jour É.-U.71 —Avec R.Boone CIA' News g 23h 20 : Puise Movie : High Noon CIVM (R.-Q.) Montréal W VN) ( ABC) Burlington (ICO (TVO) Ontario VKRMONT ÉTV (PBS) Passe-partout À plein temps Vidéotour Parier pour parler : Vivre dans la rue Ciné-cinéma : Blanche et Marie —Fr.1985 Avec Miou-Miou, Sandrine Bonnaire et Maria Casarès L'univers de.ABC News g Sea Hunt Star Trcck : The Next Generation U.S.Figure Skating Championships Polka Dot Door Profiles of Nature Doctor Who National Geographic Movie : Richard III -G.-B.1955 Avec Laurence Olivier, Ralph Richardson et Claire Bloom The Lawrence Welk Show Austin City Limits Wonder Works : Home at Last Hotel Ç ABC News g 22h 10: Conversations Movie : Destry Rides Again —É.-U.1945 Avec Marlene Dietrich et James Stewart QUATRE SAISONS Montréal WOW ! Lutte Cinéma : Sahara —É.-U.1983 Avec Brooke Shields, Lambert Wilson et Horst Bucholz^ lA’FQ (télévision française) I7h50: U-bon mot lx-s grands travaux du monde L'heure de vérité 21h 15/Portraits de créateurs Le grand journal 2lh 45/William Shelter 23h 15 : Star Trcck (reprise) Movie : Cyrano de Bergerac —É.-U.1950 Avec José Ferrer et Mala Powers Great Performances : Toscanini : the Maestro Patrouille du cosmos 22h 35 : l/C journal Oh 35 : Conversations Discover : the World of science Bleu Nuit : A Ido et Junior Fr.85 —Avec A.Maccione Radio-F'ranee-Internationale J I La télévision du dimanche soir en un clin d’oeil 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h(M) 23h30 OOhOO 0 CBFT (R.-C.) Montréal ) Téléjournal g science-réalité le sens des affaires L'autobus du Showbusiness Animateur : J.-P.Ferland Téléjoumal g Les Beaux Dimanches : Comment acheter son patron (3e) lx's Beaux Dimanches : Concertissimo Nouvelles du sport 22h 45 : ldi grande visite ( 3 ) WCAX (CBS) Burlington News Benson 60 Minutes (Information) Movie: Terrorist on Trial: the United Stales vs.Salim Ajami —É.-U.1988 g Avec Sam Waterton, Ron Leibman et Robert Davi News 23h 15 : The Honeymooners (ID WPTZ (NBC) Plattsburgh 16 h/Baskclhall ass.collégienne Georgetown is DePaul Our House g Family g Ties My Two g Dads Movie : Man Against the Mob —É.-U.1988 g Avec George Peppard, Kathryn Harrold et Stella Stevens It's a Living Movie : Into the Night É.-U.85 —Avec J.Goldblum Cl CBMT (CBC) Montréal lire Disney Sunday Movie Flight of the Navigator The g Raccoons The Bcach-g combers Téléfilm : Family Reunion Avec David Eisner, Rebecca Jenkins et Louise Vallence CBC News g 22h 20 : Venture Nation's Buss.Newswatch 23h 25 : The Prisoner CD ( FTM (TVA) Montréal Cinéma : Ray Mancini, un coeur de champion —É.-U.1985 Avec Robert blake, Doug McKeon et Mariclare Costello lx?10e festival du Cirque de Paris L’empirc Colby L’heure juste i À qui de droit Nouvelles g TVA/sport Cinéma : La cible étoilée v Am.78 —Avec J.Cassavetes C0 CFCF ((TV) Montréal Pulse Travel Travel Family g Ties Frank's Q Place Movie: Terrorist on Trial: The United States vs.Salim Ajami—É.-U.1988 g Avec Sam Waterton, Ron Leibman et Robert Davi CTV News 23h 20 : Puise Entertainment this Week (17) CIVM (R.-Q.) Montréal Passe-partout Charlie BrowW Commando suicide (1er) l I-a soirée de l’intpro : Match des étoiles internationales Table rase (22) WVNY (ABC) Burlington ABC News g Wheel of Fortune The Disney Sunday Movie g Flight of the Navigator Spencer : for Hire g Dolly / Variétés Buck James g ABC News g News 22 23h 15 : La Cité du père (24) (ICO (TVO) Ontario Passe-partout Charlie Brown Ix'gendcs du monde M.E.M.O.Cinéma : Chiens perdus sans collier —Fr.1955 Avec Jean Gabin, Anne Doat et S.Lecointe Espace francophone Une génération en attente C’est ton droit Témoins du passé (33) VF.RMONT F.TV (PBS) Firing-Line Costa Rica : Child in the H ind Nature g Masterpiece Theatre g Sorrel & Son Inside Television Masterpiece Theatre g (reprise de 21 h.) Nature g (35) QlJATRE SAISONS Montréal Les carnets de tamise Caméra 88 Télé-Théâtre : Faut Divorcer Avec Elizabeth Chouvalidzé.Yvon Leroux et Sylvie Côté Le grand journal D'importance capitale / Information Au-delà du réel (99) TVFQ (télévision française) L'École des fans 18h 45: Documentaire 30 millions Affaire d’amis suivante Ix; cantique des cantiques Apostrophes : Qualité France Ix-journal Radio-France-Intemationalc C-8 ¦ Le Devoir, samedi 9 janvier 1988 LE LEtAHIER C1U LE LEjCAHI amedi David Moore : l’effet boomerang i ! .i i î \ .^J L *’ i A Photo Centre Saldye Bronfman Vue générale tie Hello, Joseph, Goodbye (1987) en bois, métal et résine, et de La table de complicité inégale (1987) en bois et métal de l’artiste David Moore.CLAIRE GRAVEL ?David Moore: Construction, communication, conflagration.Centre Saidye Bronfman, 5,170, Chemin de 'a Côte Sainte-Catherine, Montréal.Jusqu'au 21 janvier.Fermé le samedi.« James Joyce et Joseph Beuys sont des artistes qui n’ont rien exclu dans leur oeuvre, au contraire des Greenbergiens et des tenants du hard-edge.Moi, j’ai commencé à respirer de l’air frais en 1979, lorsque j’ai visité la rétrospective de Beuys à New York », me dit David Moore parmi les quatre groupes de sculptures qui se déploient dans le Centre Saidye Bronfman.Sous le titre de Construction, communication, conflagration, Moore, artiste québécois né en Irlande il y a une quarantaine d’années, a tenté d’ouvrir ses formes qu'il voyait se figer dans un archaïsme un peu trop réducteur à son goût : « J’ai voulu investir davantage sur l’aspect conceptuel et moins sur la surface des objets.» « Avant, j’essayais de résoudre le problème de la forme par la peinture, mais le sens de cette peinture n’était pas toujours dans la même direction que la forme sculptée.» Beaucoup d’objets trouvés peuplaient alors ses oeuvres : racines, bois façonné par la mer, vieille ferraille auxquels David Moore insufflait un ordre symbolique dont les références aux cultures anciennes étaient parfois assez lourdes.La piece In Advance, à l’entrée, montre ce dépouillement.Dans des madriers de bois franc, Moore a sculpté un corps trapu dont la tête se ACHETONS PEINTURES ET SCULPTURES DE QUALITÉ MARDI AU VENDREDI DE 9h À 5h30, SAMEDI DE 9h À 5h prolonge en un bec interminable.La figure athlétique, aux jarrets développés, dénuée de bras et de pieds, entame la montée d’un escalier dont les quatre marches reposent sur des trétaux d’acier.Est-ce David Moore lui-même sous l’aspect d'Horus, coupé de ses origines (les pieds), symboliquement hors d’atteinte (les tréteaux), allant combattre pour la sauvegarde de l’équilibre entre des forces adverses ?Lesquelles seraient l’isolement, les clivages sociaux et l’appauvrissement du langage, rendus évident dans Smokeplume : concerning the loss of the English language.Commentaires sur l’éphémère, ces mots de souche française tirés du roman Ulysse de James Joyce, sont écrits dans une perspective latérale décroissante dans un épais nuage de graphite : tels mignonette, matinal, valise et smokeplume.Un buste juché sur un haut socle de métal peint dans les mêmes teintes que le mur contemple ce brouillard où disparaît la langage, tandis qu’une deuxième tête, équarrie gros- sièrement, lui tourne le dos.Avec la parole, dont David Moore dit qu’elle est « concentration d’énergie, semence », c’est l’échange entre les êtres qui est mis en péril : le « noble » s’enfonçant dans une morose nostalgie, le « vil » dans un désert d’impuissance.La table de complicité inégale traite des rapports de classe.De part et d’autre drune longiligne table en cèdre, deux personnages se font face.La table sort littéralement des genoux du premier qui tend vers l’autre, dans sa paume ouverte, une forme architecturale.L’autre, le corps ramassé sous la table où son menton vient s’appuyer, accepte humblement la succession des 17 habitacles.Ici encore, le « noble » (dépourvu de pieds, comme le saint bouddhique) impose sa loi à l’autre, inférieur et soumis, dont les larges pieds immobilités sous la table traduisent la faiblesse.« C’est une métaphore, une situation où les oppositions ne peuvent se combattre, dégénérer en guerre, où l’acceptation est la seule issue aux choix des autres.Et j’ai voulu étirer au maximum cette tension de la complicité inégale.» Ce n’est pas tant la démesure de la table, longue de cinquante pieds, traversant en diagonale l’espace de la galerie qui m’a ennuyée, que le vide qu’elle balisait, rendant peu perceptible la tension recherchée.David Moore a d'abord pensé à une table de soixante-dix pieds : il y a donc ici un problème de proportions à résoudre : l’efficacité de l’installation en souffre.Il n’est sans doute pas aisé de changer d’échelle.Seule la mutilation des corps, même si elle renvoie à des référents opposés, rétablit l’égalité de la loi, dont on peut se demander si elle n’est pas plus inhumaine pour celui qui la dicte, puisqu’elle s’inscrit dans son corps-même.Vingt boomerangs de quatre à cinq pieds de long décrivent une ellipse dans les airs, projetés par des bras suspendus dans l’espace.Hallo, Joseph, Goodbye est un hommage à l’artiste Allemand mort il y a deux ans, Joseph Beuys.« Je voulais faire un objet que Beuys pouvait reconnaître, c’est pourquoi à chaque boomerang est attachée une torche électrique, qu’il a souvent employée comme métaphore pour la surive.» C’est bien étrange, ces lampes de poche au bout de chaque aile de boomerang et qui restent éteintes comme chez Beuys, d'ailleurs.Moore les a modelées dans de la résine, elles sont donc fausses.Le disque orange est celui de la vitre d’un phare de voiture.À terre, entre les bras cyclopéens, ceux qui manquaient à l’Ilorusde In GALERIE DOMINION I r plus craml choix de peintures et sculptures au ( anada dans a plus yrande galerie mari hand d art au ( anada ,1438 ouest, rue Sherbrooke 845-7471 et 845-7833 EXPOSITIONS Jannis Kounellis Exposition organisée par le Museum of Contemporary Art, Chicago Une première: le Musée d'art contemporain de Montréal inclut 11 oeuvres récentes jamais vues en Europe et en Amérique grâce à une commandite des Lignes aériennes Canadien International.Jusqu'au 14 février John Lyman 1886-1967 Je vis par les yeux / I live by my eyes Rétrospective organisée par le Agnes Etherington Art Centre, Queen's University.Jusqu'au 14 février VIDÉO Machine / Machines Une réalisation de Pierre Zovilé.Jusqu'au 10 janvier Dernière fin de semaine Ouverture Vidéo documentaire réalisé en 1985 lors de l'ouverture du Castello di Rivoli, Turin Jusqu'au 14 février Entrée libre Cité du Havre (514) 873-2878 MUSEE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTREAL DAVID MOORE CONSTRUCTION, COMMUNICATION, CONFLAGRATION I JUSQU’AU 21 JANVIER LA GALERIE D’ ART CENTRE SAIDYE BRONFMAN VM-YWHA & NHS • 5170 Chemin de la Côte Ste-Cathcrine • tel.: 739-2301 Heures: lun.-jeu.de 9h à 21 h / ven.de 9h à 14h30 / dim, de IQh à I7h I LES BIJOUX DE BRAQUE (ires |),n 1 léger di* LoewentelcL UN FABULEUX TRESOR DANS LA VILLE centre d'exposition LÉON MARCOTTE 222, rue.Frontenac, Sherbrooke du 22 décembre 087 ,m 10 janvier l‘>8H de 10 heures à 21 heures Ut II Ni M( (S Df imrOVTION DI* •IIIOUI DI IRAQUI • SON! INTltiiMlNT VIRAIS A l AIDf MONDIAll AUX INfANIS KXrft IA «lAUSAIION DIS PffOGRAMMIS II IMS PtOffTS IN IAVIUR DIS {NIANTS.rtlIDTNTIII AIM il Tf« S* 00 ITUDIANT SS 00 INIANI St 00 • N ( OIIAiOéAIION AVI* CKj963 SUHM:S'il Kl* LE DEVOIR — Photo Centre Saigne Bronlmen Détail en bois et métal de La table de complicité inégale (1987), une oeuvre de l’exposition Construction, communication, conflagration.Advance, un cercle d’acier semble indiquer le lieu où l’artiste a pris d’une main l’héritage de Beuys et de l’autre, le lui a rendu.On sait que cette arme des indiens d’Australie revient à son point de départ, si le but est manqué.Ainsi s’expliquent les lourdes sculptures de bois qui tracent un fabuleux mouvement dans l’atmosphère, comme le motif de l’élernel retour, au-delà du dépérissement du langage, de l’isolement, de l’injustice et de la mort.Les arts visuels en pages CLAIRE GRAVEL * Manuel pratique d'art contemporain, Jean-Marie Touratier, Paris, Galilée, coll.Débats, 1987, 172 pages.Ktes-vous dérouté par l’art contemporain ?Si oui, lisez le Manuel pratique d’art contemporain de Jean-Marie Touratier.Il n’a pas seulement le mérite d’être très drôle, U touche juste, sur bien des points.Il fait dire, par un de ses personnages, que la critique d’art est démodée : « On ne fait plus de critiques, mais des fexfesoù l’on dit que tel peintre est superbe.» Ne reste donc de la critique que son titre, et, du jour au lendemain, l’héroïne va être consacrée critique d’art.Au cours de ses tribulations parmi d’épouvantables snobs, elle rencontre Achille Bonito Oliva, ce « petit bonhomme à gros nez », le théoricien de la trans-avant-garde, bavard impénitent qui se perd dans les labyrinthes de son propre discours : la scène a quelque chose de kafkaïen.Dans cette surenchère d’impostures, Anne-Sophie est bien près de perdre son âme d’enfant : elle sera sauvée in extremis par un Boltanski ingénu et retournera à sa collection de poupées anciennes.Mais avant cette fin moralisatrice, Touratier nous séduira souvent par des situations cocasses et des mots extraordinaires tels que : « Les vrais cadeaux de l’Oncle Sam que sont les grands formats, la laideur crasse et l’inculture générale».Un livre émoustillant.Erratum L’expérience à 13 h à Radio-Canada.Contrairement à ce qui a été annoncé dans notre édition d’hier, la dramatique L’expérience, qui raconte la première relation sexuelle de deux adolescents, sera diffusée à Radio-Canada à 13 h demain après-midi.Tel que prévu, la dramatique d’une heure sera suivie d’une discussion en studio.ROBERT DORAIS le cioiiel LE LAC AMOUR HUILES SUR PAPIER 7-29 JANVIER 1988.680.RUE SHERBROOKE OUEST MONTRÉAL(QUÉBEC) H3A 2S6 TÉL.(514) 284-3768 tance LUNDI AU VENDREDI DE 11 H A I 7 H GALERIE D ART SANS BUT LUCRATIF COMMANDITÉE PAR L INDUSTRIELLE-ALLIANCE LES MÉDICAMENTS, FAUT PAS EN ABUSER! Santé et Services sociaux Québec JOHN MILLER VARIATIONS SUR UN THÈME Peintures récentes 1985-1987 Espace 1428 (Muséo-techn!) 1428.rue Overdale.Montréal H3G 1V3 Métro Lucien-L allier (514) 876-1192 7-28 janvier 1988 Ouvert mardi et samedi, 12:00 - 17:00 mIC H E L TETRERUIT Représentation- Présentation KEVIN KELLY Vernissage le 13 janvier de 17h à 19h du 13 janvier au 14 février 88’ 4260, rue Saint-Denis, Montréal (Québec) Canada H2J 2K8 (514) 843-5487 fl R T COIITEfflPORRIII Musée McCord d'histoire canadienne $ (WP* .Jouets de A à Zoo Jouets et jeux du XlX'el début XX1' siècles Place aux jouets, l’enfant est Roi! 690, rue Sherbrooke ouest (Métro McGill) Du mercredi au dimanche de 11 h à 17 h.Entrée: 1,00 % Information 398-7100 Lu Musée femercie de leur appui les Musées nationaux du Canada, le ministère des Affaires culturelles du Québec, le Conseil dos arts de la CUM, La fondation McLean e| la Fondalion de la famille Zeller. Le Devoir, samedi 9 janvier 1988 ¦ C-9 LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es T • /ivres Attachée de presse à l’édition «Pour faire ce métier, il faut avoir la passion du livre et être généreux» MARIE LAURIER TROIS FEMMES pensent en même temps la même chose et c’est en choeur qu’elles nous font spontanément cet aveu : « Pour faire ce métier, il faut avoir la passion du livre et être généreux ! » Il s’agit d’un métier un peu spécial, en effet, nouveau, peu encombré dans notre milieu et dans lequel les femmes excellent quand elles y résistent assez longtemps.C’est le cas de nos interlocutrices : Nicole Mailhot, Nicole Desjardins et Martine Primeau, attachées de presse dans le fabuleux monde de l’édition depuis suffisamment de temps, sept ou huit ans, pour pouvoir en parler d’abondance et y jeter un regard critique.« Mon intervention se situe entre le succès et l’échec d’un livre, affirme Nicole Mailhot, exclusivement dédiée à l’édition de livres québécois.Elle se définit comme une « pigiste permanente chez Québec/Amérique » et agente libre dans d’autres plus petites maisons d’édition : la Pleine Lune, l’Hexagone, les Presses laurentiennes, etc.« Je dois faire en sorte que l’ouvrage dont je fais la promotion avec l’auteur ne passe pas inaperçu, l’amener le plus loin possible dans le circuit du grand public, via la presse écrite et la télévision.Et cela, dans un laps de temps bien précis.Une campagne de presse pour un livre ne doit pas durer plus d’un mois ou deux.» Pour Nicole Desjardins, de Québec-Livres, l’échéance est encore plus serrée puisqu’elle doit s’occuper de recevoir les auteurs étrangers, elle qui dirige et supervise la distribution des fonds européens Hachette, Grasset, Mazarine et des Presses de la Cité.En plus d’accom- pagner les auteurs étrangers qui viennent ici faire la promotion de leur dernier-né.Cela exige une planification sans bavure, un horaire précis, minuté et réglé comme sur du papier à musique pour qu’il n’y ait pas un moment de perdu, pas un instant d’improvision, pas une seconde de battement.« Les écrivains européens ne viennent ici que pour quelques jours, au maximum une semaine et nous devons mettre les bouchées doubles pour qu’ils fassent le tour de tous les médias de Montréal et de Québec, et parfois d’autres villes.» Ancienne journaliste dans des heb-dos, attachée de presse aux Presses de la Cité pendant cinq ans, Martine Primeau lançait récemment sa propre maison de relations publiques, Unimédia, pour devenir contractuelle avec des éditeurs indépendants québécois.« Mon travail n’a donc rien de fixe ni de saisonnier, dit-elle.Je choisis mes auteurs; il m’arrive de favoriser un peu plus assidûment un éditeur et je me spécialise auprès des maisons éditrices de bandes dessinées.» Mme Primeau avoue que sa formation de journaliste lui sert énormément : « Je connais les deux côtés de la médaille et je sais pertinemment comment et quand offrir les produits littéraires aux médias.» Nicole Mailhot en est, elle aussi, à une deuxième carrière.Après avoir été hôtesse de l’air pendant plusieurs années, elle est retournée aux études avant de se lancer il y a huit ans, dans le métier d’attachée de presse de l’édition.Sur les 55 titres publiés chaque année chez Québec/Amérique, elle s’occupe d’une quarantaine d’entre eux, ce qui n’est pas une mince tâche.Le reste de son temps, elle fait connaître des livres spécialisés, par conséquent moins populai- res, mais toujours en littérature québécoise.Depuis huit ans, Nicole Desjardins se fait l’ambassadrice de la littérature francophone étrangère, originale et traduite, grand format et en poche : « Je touche à tous les secteurs de la littérature; cela va des grands romans aux livres pratiques et de cuisine.» Tour à tour et à peu près dans les mêmes termes, mes trois invitées énumèrent les pré-requis de ce métier tout neuf qu'elles ont appris sur le tas, à défaut de normes académiques : posséder une solide culture générale, manifester une curiosité intellectuelle de bon aloi, aimer évidemment la lecture et les livres.De plus, il faut connaître son public cible, entretenir des rapports suivis avec les journalistes et les libraires, savoir rédiger un communiqué de presse et des annonces publicitaires, inventer des façons originales de promotion du livre et de son agencement dans les vitrines des libraires, organiser les lancements et les séances de signature dans les endroits publics, mettre sur pied le service de presse pour les médias en vue des recensions, des critiques et des entrevues avec les auteurs.Ce métier est donc difficile, exigeant, essouflant, mais « si passionnant », corrige-t-on aussitôt lorsque son côté négatif prend trop le dessus au cours de la conversation.Et mes trois « attachées » se prennent à regretter tout haut l’absence d’émissions littéraires de prestige, notamment à Radio-Canada et à Radio-Québec, « censées avoir un mandat culturel ».Heureusement qu’elles peuvent compter sur Reine Malo, Suzanne Lévesque, Micheline Ricard et d’autres animateurs à la radio et à la Suite à la page C-10 Heinz Weinmann: de violences en violences GUY FERLAND HEINZ WEINMANN, collaborateur régulier au DEVOIR depuis plusieurs années, vient de publier un volumineux ouvrage sur ia généalogie de l’histoire du Québec, Du Canada au Québec, aux éditions de l’Hexagone.Scandale, crient les uns : comment un étranger peut-il nous faire la leçon sur notre propre histoire ?De quel droit se le permet-il ?Sur quelles bases s’appuie-t-il, lui qui n’est même pas au pays depuis 20 ans ?Cette fermeture (et ouverture) des Québécois à l’Autre est justement au centre de ce livre qui bouleverse les conceptions de notre histoire.Car l’histoire, comme le dit si bien Heinz Weinmann en entrevue, « c’est quelque chose qui se fabrique ».Cette intuition première, Heinz Weinmann l’a très tôt en observant le monde qui l’entoure.Né au début de la Deuxième Guerre mondiale, en Allemagne, en Franconie plus précisément, au nord de la Bavière, il.est traumatisé par les bombardements.Dans les caves où sa famille se réfugie le plus souvent, il « voit l’angoisse de la mort dans les yeux des gens ».Cette angoisse ne l’a jamais quitté.« C’est aujourd’hui seulement que je commence à rationaliser tout cela.» L’après-guerre fut une période d’effacement.« Le miracle allemand, c’est cette volonté d’oublier ce qui s’était passé en reconstruisant, en oblitérant les cicatrices physiques de la guerre.» À la maison et à l’école, on ne répondait jamais aux questions des enfants sur le passé récent.S’interroger là-dessus, dans ces circonstances, devenait presque obscène.« Dans les cours d’histoire, par exemple, on étudiait à fond la Grèce ancienne, le Moyen Âge, la Renaissance, mais on s’arrêtait toujours, comme par hasard, au début de la Première Guerre mondiale.Et pourtant, on savait que, dans la ville même, il y avait des nazis qui étaient devenus des gens tout à fait respectables.» De ce silence est né le désir de faire la lumière sur ce passé nébuleux pour comprendre le présent.Mais très tôt, également, Heinz Weinmann ressent une autre attirance : pour la France, cette fois.Il est d'abord séduit par la langue qu’il trouve belle et qu’il apprend facilement avec de bons professeurs.La culture française aussi le fascine.Il voyage beaucoup, à bicyclette et « sur le pouce », durant son adolescence, un peu partout en Europe, mais surtout en France.À l’université de Würzburg, capitale de la Franconie, pas loin de Bayreuth, et à Heidelberg, il étudie la littérature anglaise, la philosophie, le droit et même un peu de médecine.Mais la grande découverte, il la fait par lui-même en lisant Nietzsche.C’est à partir de ce moment que les ques- tions sur la généalogie ont commencé à s’irhposer plus sérieusement.Pendant ces études, où il obtient l’agrégation ès philosophie et ès lettres, il se marie avec une Française.Mais l’avenir semblait bloqué en Allemagne pour lui.Il obtient, toutefois, un poste de lecteur d’allemand à la toute nouvelle université de Nanterre.Il y enseigne également la littérature comparée.« Là, c’était un bouillonnement intellectuel sans pareil.On retrouvait à Nanterre tous les professeurs déçus de la Sorbonne.Le mouvement du structuralisme était en pleine expansion, de même que le thématisme, l’ethno-psycho-logie, etc.Je faisais mes cours magistraux dans la langue de la matière que j’enseignais.Je passais de l’allemand à l’anglais au français.J’étais aussi en charge d’un groupe de recherche sur la mentalité nationale anglaise.À partir du modèle jungnien on voulait connaître les rapports de l’individuel au collectif.» Toute cet effervescence des esprits connaîtra son apogée pendant la crise de mai 68.Paradoxalement, c’est à partir de ce moment-là que tout rentrera dans l’ordre en France et que l’enseignement deviendra plus cloisonné.Heinz Weinmann et son épouse, désabusés par cette nouvelle impasse, décident de couper les ponts avec l’Europe.Ils regardent quelque temps du côté de l’Australie et se décident finalement à venir s’établir au Québec où il y a un poste de professeur disponible en littérature au cégep de Rosemont.À leur arrivée, en 1969, ils découvrent un autre pays en crise.Les nationalistes sont chauffés à blanc par le bill 63, les policiers sont en grève, et les premiers événements qu’ils vivent sont ceux du défilé mouvementé de la Saint-Jean-Baptiste.La crise trouvera son apothéose dans les événements d’octobre 70.Ensuite, la montée du nationalisme amènera le Parti québécois au pouvoir en 76 et les déchirements du référendum en 80.C’est cette violence initiale et ies revirements des Québécois à travers l’histoire que tente de comprendre et d’expliquer Heinz Weinmann dans son livre.Son projet de départ était une comparaison de l’Allemagne et du Québec, mais il a vite compris que son point de vue d’Allemand sur la question toujours ouverte du Québec était amplement suffisant pour nous interpeller.Photo Jacques Grenier HEINZ WEINMANN : « Je suis contre l'histoire édulcorée à l'eau de rose et au sirop d’érable.» Photo Jacques Grenier De gauche à droite : MARTINE PRIMEAU, NICOLE MAILHOT et NICOLE DESJARDINS.Ce n’est pas rose du tout d’être une fée Comédienne et cinéaste, Anne Dandurand vient de publier, aux éditions Triptyque, Voilà, c'est moi.c'est rien, j'angoisse (journal imaginaire).Ce texte est extrait de Contes et récits d'aujourd'hui, un recueil qui regroupe des nouvelles de dix auteurs et qui parait aujourd'hui, en coédition chez XYZ éditeur et au musée de la Civilisation.ANNE DANDURAND A">OMME les oiseaux ne volent pas aussi haut que 1 mon balcon, je sors toujours de la tour où j’ha-^-^bite pour leur donner du pain, à midi.C’est la seule heure où le square triangulaire à côté de chez moi reçoit du soleil, quand il y en a.Mes pigeons sont tout aussi énervés que la foule qui se bat contre le trafic.J’identifie chacun d’entre eux tellement plus facilement que les gens.Avec le temps j’ai fini par me convaincre qu’eux aussi me reconnaissent et qu’ils m’aiment.On a l’affection qu’on peut.C’est comme ça qu’elle est venue s’asseoir à côté de moi, sur le banc public.J’ai pensé : « Quelle audace », car personne d’habitude n’ose s’approcher de moi quand je les nourris.Bon, mais comme elle est vieille et que novembre nous glace, je n’ai pas protesté.Mes amis qui s’étaient envolés avec un froufrou de reproche sont revenus, Albert le premier, c’est le meneur de la bande, suivi d’Anselme, qui en a vu d’autres mais qui est resté vorace.La vieille ne sentait pas très bon, elle traînait un chariot de métal rouillé plein de trucs innommables.J’ai fait comme si je ne l’avais pas vue, je ne veux pas être responsable de tout un chacune, mais elle m’a touché le bras pour me demander une cigarette.Ça nous a rapprochées, j’aime bien les fumeuses, elles ont le meme goût de la mort que moi.— Dites-moi, si vous aviez un souhait, qu’est-ce que ce serait ?Quelle drôle de voix, trop claire, trop enjouée, à la diction trop méticuleuse, une voix j’aurais dit d’un siècle très ancien, quand la douceur de vivre était encore possible pour certains.La voix de cette femme contrastait absolument son visage tordu, raviné, grisâtre.Je suis demeurée un moment sans répondre parce que je n’espère plus grand-chose depuis longtemps.Pour contourner la question j’ai dit : — Et pourquoi vous me demandez ça ?— Mais parce que je suis une fée, bien sûr.Yannick, le plus jeune, a gloussé d’un air entendu, j’ai bien vu qu’il était loin d’être persuadé.Alors, pour ne pas être en reste, j’ai lance, ironique : — Une fée ?Les fées sont bien pauvres maintenant.Elle a tiré sur sa cigarette avec délectation, rien ne semblait la froisser, la presser.— Ma chère, les fées choisissent leur apparence, franchement de quoi aurais-je eu l’air dans cette grisaille, avec ma robe de tuile couleur de lune ?Et puis ç’aurait été suffisant pour qu’on m’enferme, n’est-ce pas ?Donc, je vous en prie, avez-vous un voeu ?C’était un argument massue, même Thomas s’est rapproché pour mieux l’écouter.Mais moi, il m’en faut davantage, si j’avais cru aux fées j’aurais cru en Dieu, sauf que je ne suis pas du genre croyant, mais désespéré.Je me suis donc allumé une autre cigarette, j’ai un briquet-rafale, et j’ai sifflé : « Prouvez-le moi.» Alors elle a eu un rire étrange, de gorge, et un geste de la main.D’un seul coup, la statue de Norman Bethune, tous les pigeons, le banc, la vieille, et moi, nous nous sommes retrouvés au coeur d’une orangeraie, dans un air si caressant que j’ai failli pleurer, sous un ciel d’un bleu à me tuer tellement il était transparent.Je me suis mise à étouffer dans mon linge trop lourd, ça embaumait le sucre et la terre humide, on entendait au loin une mélopée accompagnée d’une flûte cristalline, j’ai cueilli au plus vite l’orange la plus près, pour voir si tout ça était bien vrai, c’était une sanguine, la sorte qui m’émeut le plus à cause de sa couleur de chair à vif, j’ai mordu dedans et je me suis rappelé un jour de printemps où, toute petite, j’avais fait l’école buissonnière, et que la liberté goûtait encore quelque chose.J’ai fermé les yeux, ce n’était pas une fée mais une sorcière d’avoir réveillé en moi ces souvenirs.C’est le froid et le vacarme qui m’ont ramenée à la réalité.Nous étions tous revenus ici, dans ce pays en deuil de lui-même.Mes copains, surtout Albert, m’ont regardée, l'oeil rond, là j’étais vraiment mal prise : il fallait répondre à l’offre de la vieille, je n’avais plus une minute à perdre avec elle.J’ai d’abord pensé souhaiter l’amour-pour-tou-jours : on accumule un certain nombre de chagrins et ça devient tout de suite un réflexe, surtout quand on rencontre une vraie fée.Je me suis mise à rêver d’un homme qui m’aimerait et que j’aimerais, après tout ce serait acceptable, sinon agréable de se réveiller le matin et de sourire à quelqu’un qui serait heureux de se réveiller avec moi, et de s’endormir le soir en caressant le cachemire de sa peau, et de s’abandonner à lui ouvrir le plus noir de mon âme, et d’en rigoler avec lui, et de baiser avec lui, alors que, son regard baignant dans le mien, il prendrait ma tête entre ses mains, et mon corps autour du sien, je pensais à tout ça et j’ai eu la nostalgie d'une certaine vulnérabilité, quand on n’a plus honte de ses plaies et qu’on se pardonne toutes ses peines, puisque la joie est rendue possible.Je pensais à tout ça, puis j’ai eu des scrupules, et je me suis chicanée à cause de mon égoïsme.Si j'avais un seul voeu à exaucer, il fallait souhaiter la disparition du nucléaire, pour que j’arrête d’avoir des mauvais rêves, pour donner un futur à l’humanité, et pour que les enfants n’aient plus peur de naître et de grandir.Mais, si on effaçait le nucléaire, ça ne réglait pas la disparité Nord-Sud, l’Éthiopie allait continuer à périr de faim, et l’Afghanistan à se battre contre l’envahisseur soviétique, et la Pologne d’étouffer sous la même botte, et l’Amérique du Sud de gémir sous les dictatures, et l’Afrique du Sud d’agoniser dans l’horreur de l’apartheid, en plus de tous les autres peuples que j’oublie mais qui sont pris à la gorge, je suis devenue tout étourdie à penser à la grande détresse collective, que choisir, que souhaiter de mieux pour tout le monde ?Ça s’est mis à déferler dans ma tête : rendre leur mobilité aux handicapé/es, ou la santé aux malades, ou faire disparaîre la solitude, la pauvreté, la misère, ou enlever la coutume de l'excision, ou éliminer le mensonge à jamais, j’ai eu la nausée de n’avoir qu’un seul petit voeu, et tant de responsabilités.C’est Anselme qui s’est impatienté, et qui est venu me bécoter la main, pour me rappeler que la fée ne m’attendrait peut-être pas une éternité.Comme sa cigarette était terminée, je lui en ai allumé une autre avec mon briquet-tempête, et c’est Photo William Allen ANNE DANDURAND.curieux, la flamme m’a semblé plus claire que d’habitude.C’est comme ça, en regardant la vieille dans ses vêtements indéfinissables que j’ai eu l’idée du siècle, la solution du siècle.J’ai respiré un grand coup, j’ai prononcé lentement : — Voici mon souhait : transformez-moi en fée.Qu’est-ce que j’avais dit ?Elle est devenue livide, elle a commencé à trembler, tout à coup son aura magique s’est évaporée, elle n’a plus été qu’une robi-neuse dégoûtante aux dents pourries qui puaient la bagosse.Elle a saisi ma main, elle a murmuré : — Attendez, attendez, vous ne savez pas, ce n’est pas rose du tout d’être une fée, avant d’exaucer votre voeu permettez-moi de vous montrer, par MES yeux, ce que cela signifie.Une espèce de courant électrique m’a transpercée, et tout ce que je voyais, tout ce qui était autour de moi a perdu absolument toute couleur, est devenu monochrome, en gris sur gris, et ensuite tout s’est mis à tourbillonner, j’ai vu mes pigeons mourir, être remplacés par d’autres qui me remarquaient à peine avant de crever à leur tour, j'ai vu les buildings flamber et s’écrouler et d’autres s’élever à leur place, j’ai vu la foule vieillir puis mourir aussi, et continuer de courir sans but, c’était un cauchemar, un vrai, grandeur nature, j’ai crié « Au secours ! » et tout est revenu à la normale, et la vieille avait des larmes plein ses yeux usés.— Voilà, une fée ne peut jamais mourir, est-ce vraiment votre désir d’être métamorphosée ?Et à ce moment-là j’ai compris que la mort était une bénédiction, que le temps n’avait de saveur qu’à ce prix, et que mon malheur n’a aucune permanence puisque je vis.J’ai pris la fée dans mes bras, je l’ai consolée, je lui ai enfin répondu : — Allez donner votre souhait à quelqu’un d’autre.Surtout quelqu’un qui en a davantage besoin que moi, d’accord.Elle s’est donc éloignée, mes oiseaux comme un halo autour de sa tête, mais rassérénée, quand même.Mais depuis, chaque fois que j’allume mon briquet-tourmente, j’entends un rire de gorge, complice.(Tous droits réservés, 1987, X YZ éditeur et Anne Dandurand) C-10 ¦ Le Devoir, samedi 9 janvier 1988 LE PLAISIR LF PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR Fiction et biographies 1 Myriam première Francine Noël VLB (5 )* 2 Les Filles de Caleb I & Il Arlette Cousture Québec/Amér.(2) 3 La Popessa Murphy/Arlington Lieu commun (3) 4 La Nuit sacrée Tahar Ben Jelloun Seuil (1) 5 Une Invation pour Matlock Robert Ludlum Laffont (-) 6 Blizzard sur Québec Alice Parizeau Québec/Amér.(6) 7 II y aura toujours des printemps en Amérique Louis-Martin Tard Libre Expression (7) 8 Brume Stephen King Albin Michel (4) 9 Corps à corps A.-E.Dreuilhe Gallimard (9) 10 L’Héritage Victor-L.Beaulieu Stanké (-) Ouvrages généraux 1 Astérix chez Rahazade R.Gosciny A.Uderzo Albert René 0) 2 La Bombe et l’orchidée Fernand Seguin Libre Expression (2) 3 Dieu ne joue pas aux dés Henri Laborit éd.de l'Homme (3) 4 Chroniques René Lévesque Québec/Amér.(-) 5 Le Guide du vin Phaneuf La Presse (5) Compilation faite à partir des données fournies par les libraires suivants : Montréal : Renaud-Bray, Hermès, Champigny, Flammarion, Raffin, Demarc; Québec Pantoute, Garneau, Laliberté; Chicoutimi : Les Bouquinistes; Trois-Rivières Clément Morin; Ottawa: Trillium; Sherbrooke: Les Biblairies G.-G.Caza; Jollette Villeneuve; Drummondvllle : Librairie française.' Ce chiffre Indique la position de l'ouvrage la semaine précédente Photo Robert Lettre à Marguerite Yourcenar Un inédit de Mireille Lanctôt MARGUERITE YOURCENAR.Mireille Lanctôt est décédée accidentellement le 3 janvier 1984.À l'occasion de ce quatrième anniversaire, la mère de la journaliste disparue nous a fait tenir cette lettre inédite à l'académicienne Marguerite Yourcenar, elle-même décédée récemment.Il s'agit du dernier texte d'écriture de Mireille Lanctôt.MADAM K Marguerite Yourcenar, Vous écrire un rêve qui dort en moi depuis longtemps, plus exactement depuis le mois de juillet dernier où je terminais dans le chaud de l’été la lecture des Mémoires d'Hadrien et c’est cette mémoire du monde, prodigieuse mémoire d’Hadrien inscrite, gravée pour toujours grâce à l’écriture.l’ai tellement aimé ce livre que j'ai lu lentement, mot par mot, me rapprochant sans cesse de ce personnage habité de 2,000 ans d'histoire, par ce sens de l’innovation, de l’évolutionnisme.Ce roman d’un grand homme, ce roman qui raconte la vie d’un grand homme me parut être comme l’espace privilégié de toute la vie humaine.A travers la série de rituels que traverse Hadrien pendant sa vie, c’est toute la relation de l’humain avec le monde que nous découvrons.l’ai tellement bien compris cette note de 1949 (carnets de notes de Mémoires d'Hadrien).Plus j’essaie de faire un portrait ressemblant, plus je m’éloigne du livre et de l’homme qui pourraient plaire.Seuls, quelques amateurs de destinée humaine comprendront.Plus de silence de vous pour laisser parler et dire Hadrien.« Tout être qui a vécu l’aventure humaine est moi.» « Occupons-nous pour un temps d’autres travaux.» Je suis journaliste et je travaille à la société Radio-Canada pour un magazine télévisé hebdomadaire d’une heure intitulé Second Regard.Une émission religieuse dans un sens très large qui se veut un questionnement, une réflexion sur les valeurs, de Pierre Teilhard de Chardin jusqu’à la problématique de la paix et du désarmement.La vie de chaque être humain est au fond divine, comme vous l’avez dit, très peu de gens le savent parce que très peu de gens ont le désir de tendre à intégrer l'intériorité qu'ils portent en eux dans leur vie active.Mais la vie nous rattrape toujours.Hadrien, l’homme de la paix romaine, le savait bien à travers l’extrême lucidité de la conscience de son vieillissement.Hadrien a su s’approprier sa mort, il meurt comme il a vécu, présent, au centre de lui; sa mort, vécue comme une « chose de la vie », comme le dernier moment vécu de la vie, comme on doit mourir et comme peu savent mourir aujourd'hui parce qu’ils sont occultés de la vie, parce que vieillir et mourir sont devenus des mots tabous.« Tachons d’entrer dans la mort les yeux ouverts.» Longtemps familière, la mort est devenue dans notre société nord-américaine une chose tue, occultée, institutionnalisée.Depuis une quinzaine d’années, on assiste à une prolifération d’écriLs sur la mort en Europe et en Amérique du Nord : Aries Thomas, Morin, Kübler-Ross, mais Hadrien savait tout cela.Il a vécu sa vie en entier, il a su vivre sa mort.J’aimerais faire avec vous, chez vous, si vous le permettez, une entrevue pour la télévision sur l’actualité de la vision du monde proposée pour Hadrien sur votre vision religieuse, sur ce qui vous fait reprendre cette citation de saint Martin : « 11 y a des êtres à travers qui Dieu m’a aimé.» Tout vient donc de plus loin; ce pacte avec le mystère, vous l’acceptiez.— MIREILLE LANCTÔT Attachée de presse Suite de la page C-9 télévision qui aiment présenter les livres et recevoir les écrivains.« Je constate que les vedettes du show-bizzprofitent d’un traitement de faveur dans les médias électroniques et qu’elles sont invitées partout, souligne Nicole Mailhot.Il faudrait qu’il en soit ainsi pour la littérature.Pour ma part, je rêve de voir naître une véritable émission télévisée de promotion du livre, avant d’accrocher mes patins ! » Martine Primeau estime que le Québec est « un enfant pauvre » dans le domaine des émissions littéraires, surtout quand on se compare à l’Europe.Paradoxalement, la « visibilité » d’un auteur étranger est plus facile à organiser que celle d’un écrivain québécois, et Nicole Desjardins le reconnaît.« C’est nous qui l’invitons, ce qui suppose un programme de promotion bien rodé qu’il a approuvé d’avance.Un écrivain européen ne traverserait pas l’Atlantique sans être assuré de cet appui.» À la question de savoir si ce métier est rentable ou, à tout le moins, suffisamment rémunéré, nos trois interlocutrices ont chacune des réserves, préférant s’en tenir à dire qu’elles l’ont choisi par amour et passion du livre plus que pour l’argent.L’une admet avoir « d’autres sources de revenu », tandis que l’autre a mainte- Paul Zumthor: dans la lignée de Yourcenar Un roman d’une exceptionnelle qualité littéraire LA FÊTE DES FOUS Paul Zumthor Montréal, l’Hexagone 1987, 233 pages LETTRES QUEBECOISES JEAN-ROCH BOIVIN CHRISTOPHE COLOMB est mort sans savoir qu’il avait découvert les Amériques.Il avait simplement prouvé que la Terre était ronde.Le monde ne serait plus jamais le même.Le succès populaire de la longue biographie romancée que lui consacre l'Américain Stephen Marlowe (traduite au Seuil et recensée dans LE PLAISIR DES LIVRES du 12 décembre 1987), semble démontrer que, 500 ans plus tard, le personnage ne cesse de fasciner.Dans le roman de Paul Zumthor, même si la figure du navigateur génois demeure centrale, nous ne l’approchons que petit à petit.Il ne sera d’ailleurs nommé de son nom propre que très tard dans le roman qui se termine au départ des trois caravelles.C’est à travers quatre personnages principaux, dont deux, le soldat et le marchand, assument une grande partie de la narration, que nous rencontrons cet homme et découvrons comment, pour chacun d’eux, il s’était mis à incarner la force du destin.Cela permet à l’auteur de brosser une magistrale fresque de cette fin du XVe siècle où l’Europe déchirée par ses guerres intestines allait entrer dans un nouvel ordre avec la découverte du Nouveau Monde.La première partie du roman, qui en compte trois, s’intitule « Le feu ».Nous sommes en 1472, lorsque le chevalier Mozo rencontra celui qu’il appellera toujours « le Maître », celui qui a navigué jusqu’aux côtes d’Afrique et qui parle d’un ailleurs, inconcevable et irrésistible, à découvrir.« J’avais si fort besoin de croire ! plus assez naïf pour que ce fut de croire en moi », raconte-t-il.Mozo nous emmène sur le chemin de sa vie depuis le lieu natal qu’il quitta, chargé d’une vengeance au nom de la famille.C’est cela que son père lui a légué : un cheval, une épée et un ennemi juré.Le chevalier sans biens et sans qualités que la pureté de son désir et de son courage, va par les chemins de la guerre qui est partout.Avec lui, nous battons la campagne où ne se reconnaissent pas soldats et brigands, où la troupe à l’horizon est toujours ennemie.Il lui faudra regarder sa vengeance dans les yeux pour comprendre que sa quête va plus loin et revenir vers Colomb, épouser sa hautaine obsession et devenir son plus fidèle lieutenant.Dans la deuxième partie, intitulée « La terre et l’eau », l’histoire de Bernat jusqu’à sa rencontre avec le Génois nous fait découvrir tout un autre pan de la société de l’époque.Citadin et fils de bourgeois, ayant hérité de la boutique de textile de son père, il fait partie d’une classe montante.Grâce à son talent naturel pour le commerce, il devient prospère.Il se marie et, après deux enfants morts en couche, il a une fille qui devient sa seule joie de vivre.Mais cet homme rêve d’ailleurs, de comptoirs à ouvrir dans d’autres pays.Quand sa fille sera emportée par la fièvre, il quittera tout et, à son tour, viendra apporter à Colomb sa compétence.À eux se joindra un troisième comparse, Rodrigo, marin aventurier qui ne cherchait qu’un maître.Bernat écrit : « Nous trois, si peu qui nous lie, communs dans la différence qui nous sépare de ces savants taciturnes, mais aussi, peut-être, dans un désir identique et sans voix.» Ces « savants », ce sont ceux que Colomb doit convaincre pour que le roi accepte de faire de lui « son mandataire sur la mer Océane ».Dans ce dernier volet du roman, intitulé « Espace », Colomb le visionnaire affronte l’homme de la science, le docte qui veut des preuves et qui croit que « la science englobe la prophétie et résorbe la malédiction ».À partir de ces personnages et de leurs contradictions intimes, nous découvrons le bruit et la fureur de ce siècle qui les fit tels et les menait au bord d’un avenir qu’ils portaient déjà en eux.C’est là ce que nous apporte le romancier dans une prose somptueuse et rythmée, épurée et sonore, point trop savante.Il nous fait voir les couleurs des paysages, des étoffes, des pierres et des lumières, et leurs textures.Il nous donne à sentir les odeurs des hommes et de la terre, et les musiques et les cris, les émois des amours et des batailles.Au rayon de ma bibliothèque, il rejoint L’Oeuvre au noir, de Marguerite Yourcenar.Hasard de l’alphabet ?Au fond, ce sont gens de même compagnie.Médiéviste reconnu, Paul Zumthor a publié une liste impressionnante de travaux, dont plusieurs ont fait l’objet de traductions en plusieurs langues.La Fête des fous est son cinquième roman.Comme la grande académicienne, il nous fait vivre une époque à travers S PAUL ZUMTHOR.le questionnement intérieur de personnages tournés vers l’avenir, ses promesses et ses risques.C’est un roman d’une exceptionnelle qualité littéraire.Un ravissement total.LA VIE LITTERAIRE MARC MORIN « Lecture et écriture » G ROLI ER, la maison canadienne d’édition qui publie notamment six encyclopédies, marquera son 75e anniversaire en organisant, en mai prochain, conjointement avec le Canadian Children's Book Centre, un congrès pancanadien qui sera tenu simultanément en français à Montréal et en anglais dans sept autres villes du Canada.Intitulé « Lecture et écriture », l’événement préparera des auteurs de livres pour enfants, des professeurs et des bibliothécaires à la tenue de lectures pour enfants par des auteurs canadiens dans des écoles de tout le pays.Grolier, société torontoise, est présente au Québec depuis 1923, année du lancement de la célèbre Encyclopédie de la jeunesse en 14 volumes.En 1947, la maison lançait l’Encyclopédie Grolier ( 10 volumes), et en 1973, Le Livre des connaissances.Selon le système des ventes directes, Grolier expédie 34,000 volumes par jour ouvrable à ses clients canadiens et a réalisé en 1986 des ventes brutes de plus de $ 70 millions.Rencontre auteur-lecteurs LA SOCIÉTÉ des écrivains canadiens, section de Montréal, reprend, le mardi 12 janvier, ses « rencontres auteurs-lecteurs ».Notre collaboratrice Alice Parizeau sera la conférencière invitée, dès 20 h à l’auditorium de la maison de la Culture de la Côte-des-Neiges (5290, chemin de la Côte-des-Neiges, angle Jean-Brillant).Place aux poètes SERGE LEGAGNEUR, poète d’origine haïtienne vivant au Québec depuis 1965, est l’invité de Janou Saint-Denis à Place aux poètes, le mercredi 13 janvier.Le dernier recueil de M.Legagneur, Textes muets, avec des bois gravés de Janine Leroux-Guillaume, est paru en 1987 en coédition au Noroît (Saint-Lanvert) et à la Table rase (Paris).Place aux poètes a débuté l’année 88 en recevant, mercredi dernier, six auteurs de Québec : Christiane Frenette (Indigonuit, Leméac), Côme Lachapelle ( Des jours où il faut parler, Écrits des Forges), Jacques Ouellet ( Qui ose regarder, Leméac), Claude Paradis (Stérile Amérique, Leméac), Mark Skarzynski et Clarisse Tremblay (Jusqu'à la moelle des fièvres, Écrits des Forges).Pour marquer la fête des astrologues, Louise Haley est venue faire ses « prévisions poétiques ».Place aux poètes débute à 21 h le mercredi, à la Folie du large (1021, rue de Rleury, angle Viger - métro Place-d’Armes ou Place-des-Arts).Renseignements : 397-1222.TÉLÉVISION Au réseau français de Radio-Canada, le dimanche à 9 h 30 : Livre ouvert, une série conçue pour promouvoir le goût de la lecture chez l’enfant.Au réseau de Télé-Métropole, le dimanche de midi à 14 h : à Bon Dimanche, Reine Malo propose la chronique des livres par Christiane Charette et la chronique des magazines par Serge Grenier.Au réseau français de Radio-Canada, dimanche à 13 h, à l’émission Rencontres, Marcel Brisebois reçoit Gaston Pietri, prêtre, auteur de La Quête du sens (Fayard).À TVFQ (câble 30), dimanche à 14 h, reprise de l’émission Apostrophes, animée par Bernard Pivot, sous le thème « Les lectures de Jeanne Moreau ».Au réseau français de Radio-Canada, dimanche à 16 h, Nathalie Petrowski et Daniel Pinard animent La Grande Visite, une émission où l’on reçoit parfois un écrivain.À TVFQ (câble 30), dimanche à 21 h, Bernard Pivot anime Apostrophes: « Qualité France ».(Reprise le dimanche 17 janvier à 14 h.) Au réseau Vidéotron, lundi à 21 h 30, à l’émission Écriture d'ici, Christine Champagne reçoit un écrivain.(En reprise mardi à 13 h 30, vendredi à 4 h 30 et samedi à 14 h 30.) RADIO AM À la radio AM de Radio-Canada, tous les jours de la semaine, aux Belles Heures, entre 13 h et 15 h, Suzanne Giguère parle de littérature.RADIO FM À CIBL-FM, Montréal, dimanche à 17 h 30, à l’émission Textes, Yves Boisvert lit des extraits de Jours heureux & sad nights, de Michel Albert.L’émission, une présentation des Écrits des Forges, est également diffusée sur CKRL-FM (Québec) et CFLX-FM (Sherbrooke).À Radio-Canada, lundi à 16 h : Fictions, magazine de littérature étrangère, animé par Réjane Bougé avec les chroniques de Stéphane Lépine, Louis Caron et Suzanne Robert.À Radio-Canada, mardi à 21 h 30 : En toutes lettres, magazine consacré à la littérature d’ici, animé par Marie-Claire Girard, avec les chroniques de Jérôme Daviault (essais), Roch Poisson (fiction) et Robert Mélançon (poésie).« À Radio-Canada, mercredi à 16 h : Littératures parallèles, animé par André Carpentier, avec les chroniques de Michel Lord (science-fiction/fantastique), Jean-Marie Poupart (policier/es-pionnage) et Jacques Samson (bande dessinée).À Radio-Canada, mercredi à 21 h 30 : Le Jardin secret.Gilles Archambault reçoit un écrivain.À Radio-Canada, mercredi à 22 h : Littératures.« L’Empire des lettres », introduction à la littérature chinoise classique (première de 10 émissions).À Radio-Canada, jeudi à 16 h : Les Idées à l'essai.François Ricard s’entretient avec Robert Lahaise, auteur de Guy Delahaye et la modernité littéraire (HMH).À Radio-Canada, vendredi à 17 h : L'Art et la plume (2e de huit émissions).À Radio-Canada, vendredi à 22 h : Trajets et recherches.— M.M.nant des intérêts diversifiés dans sa propre entreprise de relationniste, alors que la troisième vient tout juste d’obtenir une encourageante augmentation de salaire.Cependant, elles reconnaissent qu’elles sont soumises aux aléas d’un marché bien fragile, et c’est encore en choeur qu’elles nous disent : « Quand ça va mal dans une maison d’édition, le premier poste qui est coupé est celui.d’attaché de presse.» 'Trois femmes qui ont la passion du livre, vous disais-je.— Marie Laurier ir LE PETbT DEVOIR L ï C A H r K n » « / .,« * / / / / , / Un cahier spécialement conçu pour les 6 à 12 ans Un véhicule publicitaire de choix pour des publicités choisies! Réservations publicitaires (514) 842-9645 Le Devoir, samedi 9 janvier 1988 ¦ C-11 LE PLAISIR //tale PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR es] • livres La dérive de la machine égalitaire LA MACHINE ÉGALITAIRE Alain Mine Paris, Grasset, 1987, 285 pages ALBERT JUNEAU ON A beaucoup écrit, au cours de la dernière décennie, sur les misères de l’Êtat-Providence et les nouveaux défis qui se posent aux sociétés démocratiques secouées par de profondes transformations economiques.Quel futur se dessine à l’horizon du prochain siècle ?Les administrations publiques pourront-elles toujours maintenir la même quantité et la même qualité de services ?Sont-elles condamnées, faute de ressources financières, à rétrécir les programmes sociaux ?Le livre d’Alain Mine sur La Machine égalitaire aborde, une fois de plus, le thème de l’État-Providence et de son avenir dans un contexte de croissance lente.On sait où loge l’auteur qui avait déjà, dans L’Après-Crise est commencé, publié en 1982, esquissé les grandes lignes d’une plus grande « libéralisation de l’État » en défendant l’ouverture des activités publiques à la concurrence du marché.L’approche et les conclusions qu’il présente dans son dernier livre ne sont pas totalement inédites.L’ouvrage se distingue, néanmoins, par la clareté et la conviction de la démonstration.De ce seul point de vue, tant le fervent défenseur de la social-démocratie que le critique as-cerbe du tout-à l’Etat y trouveront une précieuse matière à réflexion.Selon Alain Mine, la machine égalitaire, incarnée parTÉtat-Provi-dence, est à bout de souffle.Aux plus beaux jours de la croissance, elle s’est heurtée à des inégalités persistantes; maintenant que les ressources publiques tendent à diminuer, elle élargit inéluctablement le cercle des marginaux et des exclus.D’où l’impasse des sociétés occidentales.Pourtant, l’égalité demeure une préoccupation fondamentale, une obsession même pour tous les gouvernements.Et il en sera ainsi, prédit l’auteur, durant les 20 prochaines années.À ses yeux, la poursuite d’une plus grande égalité est le seul vrai débat de société qui soit fondé.Mine choisit une option qui se résume en trois pétitions de principe : « L’aspi- ration à l’égalité doit demeurer le moteur de la société; elle ne peut plus suivre les voies classiques de la redistribution et de l’intervention étatique; elle doit aller de pair avec le mouvement vers davantage de marché et davantage de concurrence.» Plutôt que des propositions précises et sophistiquées — que l’état actuel des réflexions ne semble pas autoriser — Mine suggère des « idées simples », car, signale-t-il, « la superficialité est parfois le seul forceps que tolère la réalité».Et l’intérêt de l’ouvrage réside justement dans la multitude de pistes qu’explore l’auteur.Par exemple, un principe de base : « privilégier l’aide a la personne et non les mécanismes automatiques », que le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Mme Lavoie-Roux, a récemment défendu à l’occasion du débat sur le financement des organismes communautaires.Ou encore ce « rêve » qu’entrevoit l’auteur : « financer le manque à gagner de manière sélective et non plus indifférenciée».En d’autres mots, remettre en cause l’universalité de certains programmes sociaux.Également, cette obsession qui revient à chaque chapitre de l’ouvrage : comment protéger les exclus ?Ces quelques « banalités » représentent, aux yeux de l’auteur, une révolution copernicienne pour un système condamné à reproduire toujours plus d’inégalités.Et, à défaut de s’engager dans cette nouvelle voie, l’auteur imagine rien moins que la dérive de la machine égalitaire vers des mers agitées par des bouleversements économiques.Résultats : les riches s’en tireront comme toujours, une bonne partie de la classe moyenne survivra mais au prix d’une adaptation quelquefois douleureuse, pendant que se créera une colonie de plus en plus nombreuses d’exclus — ces chômeurs institutionnels — soumis à une sorte de marginalité permanente.Paradoxalement, suivant une argumentation diamétralement opposée, les tenants de l’État-Providence aboutissent à cette même conclusion.Le débat n’est sûrement pas terminé.Histoire d’un enfant et d’une hirondelle L’ENFANT HALLUCINÉ René-Jean Clot (prix Renaudot 1987) Paris, Grasset, 1987, 354 pages LE FEUILLETON LISETTE MORIN AU HASARD des courts chapitres de ce roman, se glisse une suite d’aphorismes.Comme si l’auteur avait résolu, et sans doute avait-il raison, de nous offrir quelques repères, les cailloux blancs du Petit Poucet pour mieux nous guider dans la foret assez touffue de l’enfance de son héros.« La ferronnerie de la mémoire se rouille comme les balcons avec les années.» René-Jean Clot ajoute encore : « Ne rêvez jamais à la gloire, c’est une fille qui se farde avant de descendre dans la rue.» Un grand prix littéraire, c'est tout de même un rayon de gloire, et l’écrivain qui l’obtient, a près de 75 ans, en est brillamment éclaboussé.Sans le Renaudot, aurions-nous lu L’Enfant halluciné, cette histoire d’un enfant et de sa mère, veuve de guerre, dans la ville de Laval (chef-lieu du département de la Mayenne), patrie du Douanier Rousseau ?Jean Bressv et sa mère Claire, qu’il surnomme « l’hirondelle », ne sont pas vraiment pauvres, mais mènent une vie parcimonieuse.« Chez nous ce n’est pas la misère », explique celui qui raconte, et qui est l’enfant grandi, devenu « presque un vieux peintre ».« La misère fait de grands gestes, elle appelle au secours tandis que les économies se cachent pour durer .» Pour comble de malheur, l’enfant ne réussit guère à l’école.On le dit retardé et les instituteurs — c’est le titre que l’auteur donne au chapitre 4 de son livre — le tiennent pour un cancre.Et le traitent (le maltraitent) comme tel.Heureusement, l’enfant adore sa mère et celle-ci, qui gagne chichement leur vie, le lui rend bien.Au point d’accéder au voeu de son fils qui a attrapé « la vocation » en rencontrant un peintre qui deviendra son maître.Dans l’atelier où ce curieux personnage, d’une incivilité totale, accepte de lui donner des leçons, « je vis dans l’ombre, se souvient l’homme devenu peintre, un grand chevalet et je fus ébloui comme si j’avais aperçu une apparition.C’en était une.Depuis ce jour tout chevalet de peintre est Valse à trois Les sept prix du gouverneur ON CONNAITRA mardi prochain ( 12 janvier) les noms des finalistes aux prix littéraires du Gouverneur général pour 1987.L’annonce en sera faite le 12 janvier à 11 h, à la maison Alcan (Montréal) et à l’hôtel Park Plaza (Toronto), par le Conseil des arts du Canada qui administre les prix.On dévoilera par la même occasion l’affiche qui servira à faire connaître les livres des finalistes de 1987.Les prix de littérature jeunesse (texte et illustrations) et de traduction du Conseil des arts font mainte- nant partie des prix littéraires du Gouverneur général, s’ajoutant aux catégories déjà existantes : romans et nouvelles, poésie, théâtre, études et essais, ce qui porte à sept le nombre d’ouvrages primés dans chacune des deux langues officielles.C’est le 11 février à Calgary, dans le cadre du Festival olympique des arts organisé en marge des XVe jeux Olympiques d’hiver, que le gouverneur général du Canada, madame Jeanne Sauvé, remettra les prix aux 14 lauréats de 1987.LE REGARD DE VINCENT Anne Philippe Paris, Gallimard, 1987,176 pages ODILE TREMBLAY ANNE PHILIPPE aime l’impalpable, le suggéré.Comme les chats qui se frôlent, s’étirent et traversent les pages de son roman, elle louvoie en dehors des certitudes, en déployant une grâce toute féline.Avec Le Regard de Vincent, elle nous livre un ro-man plein de souplesse, de souffrance, de générosité aussi.Le thème : une histoire ordinaire, presque éculée.Isa aime son mari Petia qui, lui, tombe amoureux d’une jeune fille.Mais sur cette trame classique viendront se plaquer les accords d’une déconcertante valse à trois.Précisons d’abord qu’Isa est médecin et que Petia vient de traduire Pouchkine sans grand succès.Malheureux, humilié — « Le chômage c’est l’impuissance.Est-ce que tu peux comprendre cela ?» — il hante les rues, seul dans son errance jusqu’à ce qu’une jeune musicienne, Clémence, vienne illuminer sa vie.Quant à Vincent, le fils de la maison, il trimbale une adolescence angoissée et silencieuse au côté de la mère bouleversée qu’il adore.Quoi qu’en laisse suggérer le titre, cette crise de couple ne nous parvient pas à travers le regard de Vincent.La narratrice est une voisine offrant à la famille éclatée le secours d’une amitié et d’un esprit lucide qui comprend mais ne juge pas.Effectivement, les grandes figures du roman sont des femmes, des fem- DU DEVOIR 8 janvier 23 janvier Industrie des pâtes et papiers 14 janvier 27 janvier Éducation 22 janvier 5 février Camps d'été 1t mars 26 mars Tourisme Europe 18 mars 31 mars Religion 1er avril 16 avril Salon du livre de Québec 8 avril 22 avril Région de Québec 22 avril 7 mai ACFAS 29 avril 13 mai Environnement tombées publicitaires parutions thèmes Pour Informations ou réservations publicitaires (514) 842-9645 mes qui se dépassent.Refusant de décrire les conventionnels sentiments de jalousie et d'esprit de vengeance qui animent ordinairement les épouses délaissées, Anne Philippe nous montre une Isa transcendant l’amour en fuite pour réinventer une relation nouvelle, main dans la main avec sa rivale.« Dire ou penser du mal de lui c’est me perdre, me détruire », explique l’abandonnée à sa confidente.Tant de grandeur d’âme n’arrive pourtant pas à convaincre.Le Regard de Vincent, quelles que soient les intentions de son auteur, dégage un parfum hautement mélancolique qui enveloppe la femme trompée même au-delà de la mort de l’infidèle.« Il n’y a pas d’autres paradis que les paradis perdus » : avec ses résonances proustiennes, cette phrase de Borges accompagne les personnages, tel un leitmotiv au long de leur difficile quête de l’amour véritable.Car, ne nous y trompons pas, avec sa plume si belle et sa sensibilité aiguisée, Anne Philippe a écrit ici, plutôt qu’une ode au détachement suprême, un roman qui chante la détresse des bonheurs révolus.Les Belles Rencontres de la librairie HERMÈS samedi 30 janvier de 14h à 16h J.R.LÉVEILLÉE MONTRÉAL POÉSIE présenté par VLADIMIR KRYSINSKI JACQUELINE BLAY L’ARTICLE 23 Les péripéties législatives et juridiques du fait français au Manitoba 1870 — 1986 présenté par PAUL-ANDRÉ COMEAU Éditions du Blé St-Boniface Venez regarder avec nous APOSTROPHES le dimanche a 14h Ce 9 9 363 jours cettea»^ 1120.av.laurier ouest outremont, montréal tél.: 274-3669 devenu à mes yeux un amandier en fleur dans tin champ».L'Enfant halluciné, on l'a sans doute déjà compris, c’est l'histoire d’un apprentissage.Jean apprend à peinore avec cet étrange mentor, qui le rudoie, l'injurie, le maltraite de toutes les façons, l’obligeant même à devenir une sorte de domestique qui fait le ménage, la lessive, tout ce que l’enfant, couvé par sa mère, refuse de faire à la maison.Mais, en revanche, Ravot — c’est le nom de cet artiste méconnu, mais génial aux yeux de son élève — coirige ses dessins, lui apprend peu à peu, et c’est plus que jamais le cas de l’écrire, « l’enfance de l’art ».Plus encore que l’histoire de l’enfant et de sa mère, le roman de René-Jean Clôt est le roman de l’artiste maudit.Qui a refusé une fois pour toutes les concessions, la peinture dite alimentaire.« Pour mon maître, se souvient son disciple, le joli était une sorte de rhumatisme, une expérience hideuse de la vie.Il avait enfermé le joli dans une chambre noire comme Barbe-Bleue le faisait du corps charmant de ses femmes.C’est lui qui m’a fait comprendre ceci : le joli n'est que l'optimisme trompeur d'une maladie inguérissable.» En 800 pages et plus, l’enfant, qui n’apprenait rien à l’école, apprend à peindre.Il réussira même brillamment le concours d’entrée à l’école des Beaux-Arts.Mais, en un si grand nombre de pages, touffues, souvent insupportables par le souci du détail réaliste, l’espèce d’acharnement oui pousse Ravot à humilier Jean, a l’inciter à la révolte, la mère, si douce, si patiente avec les vieilles tantes qui constituent toute leur famille, et qui commandent même au neveu un tableau représentant le Christ (cet épisode est délirant, qui s’achève dans une ferme, où l’on tue un cochon .), n’arrive qu’à la toute fin à rencontrer le maître de son fils.Et quelle rencontre ! Qu’il faut bien se garder de résumer puis- Photo Paris-Match RENÉ-JEAN CLOT, prix Renaudot 1987.qu’elle est à la fois la raison et la conclusion du récit de Jean.Il a désormais jeté sa gourme.H quittera et « l'hirondelle » et le pauvre Ravot, dont on apprend brièvement qu’il mourra dans la misère, à l’hôpital.Bourrelé de remords (« Ma mère m’aimait trop, je l’aimais trop, Ravot fit naufrage entre nous»), le narrateur confesse néanmoins que le dessin l’a sauvé : « Chaque jour un arbre fleurissait sur ma feuille de papier.» À la dernière page de L'Enfant halluciné, ce romancier, dont on nous a appris, à l’ai tribut ion du Renaudot, qu’il était aussi un peintre estimé, reconnaît que « quand elle est écrite une vie ne ressemble plus à celle de son héros, elle est une autre vie et pourtant la douleur est la même ».• Mais il avait déjà conclu, et le roman, et l’histoire de son héros, quand il constatait, à la page 43, qu'« avoir eu une bonne vie c’est tout simplement se sentir plus jeune que sa propre mort quand elle viendra».Aveu qui prend toute sa force quand il est le fait d’un auteur septuagénaire.REI 3HEI 1CHE La sup par Danielle ernova 1987A Alloin et Evry Schatzman des premières divinités par Jacques Cauvin Les nu par Jacques ées ardentes -Marie Bardintzeff L'adaptation à I par Jean-Paul Richalet l'altitude La transition rugueuse par Sébastien Balibar, François Gallet, Etienne Rolley et Pierre-Etienne Wolf etc._ i JM*?• iS t la science l\ Fortescue r "— OFFRE SPÉCIALE D’ABONNEMENT • Un an: 36,00* Je souscris un abonnement d’un an (11 nos), à LA RECHERCHE, au prix de 36,00$.Veuillez payer par chèque établi à l'ordre de Diffusion Dimédia Inc.Nom.Profession.Adresse.Ville___ Code Postal.À retourner accompagné de votre règlement à: Diffusion Dimédia, 539, Bout.Lebeau, Saint-Laurent H4N 1S2.«Un délai, d'au moins 8 semaines, interviendra entre la date de la demande d'abonnement et la réception du premier numéro.L'abonné(e) le sera pour un an, à compter du premier numéro reçu.» C-12 ¦ Le Devoir, samedi 9 janvier 1988 LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR LE PLAISIR Un siècle sous le soleil Jean E1HIER-BLAIS A Les carnets L/',' BKFt'HüI, revue philosophique et littéraire de Québec, qu’animent Jean Renaud et Alexis Klimov, incite les écrivains québécois à la polémique.Ce ne saurait être qu’un voeu pieux.Quel serait l’objet de ces imprécations ?La température ?La coupe Grey (existe-t-elle toujours ?) ou la cherté de la vie ?Dans le domaine des idées, au Québec de Maria Chapdelaine, c’est le calme plat, le desert, le vide.On se fatigue de tout, y compris des colères, même du mépris.Je reçois chaque semaine un certain nombre de livres.Je les regarde, souvent avec désespoir, je lis quelques pages, ici et là, je choisis celui qui me permettra de mieux me connaître en tant qu’homme ou en tant que Québécois (ce n’est pas toujours la même chose), celui qui m’entraînera au loin dans le rêve, celui qui m’apprendra quelque chose, ne serait-ce qu’à connaître, derrière l’auteur, l’homme.Les autres, mon Dieu ! Ainsi, j’ai essayé de lire nos poètes.Le néant, la futilité d’écrits sans armature.Ces gens racontent leur vie à mesure qu’elle se déroule.Ils ne la vivent pas, c’est déplorable.C’est du charabia d’incultes.Devrais-je polémiquer avec ces gens-là ?En les lisant, on se rend compte à quel point nous sommes un petit milieu, replié sur lui-même et sur New York, à la recherche de je ne sais quoi.Il nous faudrait, pendant une génération, à la base, des instituteurs savants et travailleurs, des philosophes au sommet.Nous savons que nous n’avons ni les uns ni les autres.C’est la grisaille.Polémiquer avec la grisaille ?Parlons plutôt de Georges Bernanos, dont Le Beffroi célèbre le centenaire de la naissance.Son nom est devenu une clé; elle ouvre la porte donnant sur le grand jardin de la littérature catholique, où nous retrouvons Mauriac, Malègue, Péguy, Claudel.Parfois, le samedi, les amateurs d’opéra entendent son nom, accouplé à ceux de Poulenc et de Gertrude von Le Fort.Bernanos est entré dans la triste gloire des médias.Le couperet, qui tombe à intervalles réguliers, à la fin de l’opéra de Poulenc, assurera peut-être l’immortalité de Bernanos.Le démon aussi y mettra du sien.Bernanos est, dans ce domaine, le seul disciple de Baudelaire.Qu’a dit Baudelaire ?Que la ruse suprême de Satan était de nous faire croire qu’il n’existait pas.Nous vivons en dehors de lui, avec tout au plus, au tréfonds de nous-mêmes, un vague sentiment de partage.Dieu ou Mammon ?Cette lumière diffuse qui éclaire aujourd’hui le monde, dans laquelle baignent les potentats qui sont ses messagers, c’est la lumière de Satan.Nous avons même oublié l’existence des autres anges.Il n’y en a que pour lui, Prince caché, avec ses yeux bridés et son sourire méprisant, comme un malade qui attend dans l’antichambre de Freud ou de Charcot.Il est dans son coin.On l’oublie, mais il tire les ficelles.Nous sommes devenus ses pantins.Bernanos était sensible à cette présence.Satan s’agite dans ses romans, il accompagne ses personnages.Monsieur Ouine est Satan, déguisé en lui-même, vieux, affadi, toujours surnaturel, poussant à la mort désespérée ceux qui l’entourent.Bernanos, qui était un visionnaire, va jusqu’à se faire dresser contre lui les chevaux hennissant de peur, dans la nuit.Anatole France est possédé du démon, avec son sourire narquois et la tristesse intelligente de ses yeux.Au moment même où j’écris ces lignes, je me retourne et regarde Anatole France, qui m’accompagne dans mon travail, lui en gravure de Chahine.Il a une longue barbe blanche et son chef est recouvert d’une calotte presque monacale.Sous ses yeux, des poches plissées, vides de venin.Le nez est fort, le regard est furtif, comme honteux de ce qu’il a vu et de Georges Bernanos GEORGES BERNANOS.k -ar de ce qu’il va voir.Satan, aussi, en a trop vu et pourtant, jamais il ne sera rassasié.Il lui en faudra toujours plus et jusqu’à posséder l’univers, cet univers qui lui échappe toujours.Belzébuth est au centre de l’oeuvre de Bernanos.Il lui donne sa force implacable.D’où la célèbre invocation du Soleil de Satan.Elle s’adresse aux lâches, c’est-à-dire à tous les hommes.Si vous craignez la vérité essentielle du monde, cette oeuvre n’est pas pour vous, pas plus que celles de Schopenhauer ou de Pascal.Bernanos est venu à ces grands cris d’amour et de rejet par le truchement de L’Action française.Il est passé par l’école rigoureuse de Maurras, ce premier écrivain de notre siècle.Je ne dis pas le plus grand, je dis le premier, par la profondeur du langage.Lorsque tout sera décanté, il se dressera dans la luminosité de son oeuvre.Il y a des scories chez le penseur Maurras, il n’y en a aucune chez l’écrivain, chez le poète comme chez le prosateur.Bernanos a rompu avec lui, pour des raisons idéologiques, mais non sans avoir essayé de lui arracher le secret de la haute écriture.Cependant, Maurras était un avare, un pète-sec; Bernanos, au contraire, est un visionnaire, un prophète, dans la droite ligne de Dostolewski.Ses personnages ont une âme.Ils n’ont pas, comme ceux de Proust et de ses contemporains, qu’une psychologie.Leur comportement est rivé à l’existence du spirituel, d’un Dieu bien présent à chaque page de la vie.Comme Dostolewski, Bernanos prend la suite de la Bible.Le même Dieu est Erésent, ce sont les mêmes ommes, les mêmes femmes, butés, orgueilleux, en proie aux mêmes délires de domination et de révolte.Bien sûr, Sous le soleil de Satan se détache dans l’oeuvre avec la puissance de l’épée de Durandal.C’est, à mon avis, le livre d’imagination le plus important de ce siècle, en langue française.Mais je sais que je suis mauvais j uge, ayant la foi.Dans ses romans, Bernanos dialogue non pas avec les hommes, menu fretin, mais en vrai prophète, avec Dieu.Reste son apport de polémiste.Il a défendu Edouard Drumont, l’auteur de La France juive.On occulte l’antisémitisme de Bernanos, parce qu’il est un génie; comme on occulte celui de Karl Marx parce qu’il fut Karl Marx.Souvent, l’esprit prophétique se déchire lui-même.Bernanos n’échappe pas à la règle.D’Espagne, il écrivit un livre terrible contre Franco et les siens.Il eut tort dans les deux livres.L’histoire a condamné Drumont; elle se souviendra de Franco comme d’un pacificateur et du précurseur de la démocratie espagnole.Le lecteur serein retiendra, lui, le ton, l’élan, la passion de Bernanos.En somme, il ne parle que de lui, de sa conception de la vie, de la déchéance de notre époque.Domaine, pour ainsi dire, inépuisable.Bernanos est passé maître dans l’art des invectives contre le siècle.Sur la littérature, sur ses contemporains, il n’a quasi rien écrit, emporté par la vastitude de son sujet.On finit toujours par entendre la voix de celui qui crie dans le désert.L’ennui, c’est que les mots qu’il employait n’ont pas le même sens pour lui et pour ses lecteurs de l’avenir.De son vivant, Bernanos n’a convaincu personne; mort, on le lit pour les titillations du passé.Au polémiste ne reste donc que l’art d’écrire.Dans une librairie, un quidam tombe sur Paul-Louis Courier ou sur Georges Bernanos, ou sur Chateaubriand, et son destin change de cap.Le style, ce peut être, aussi, la baguette de la fée.A Nolin seconde partie à la première; les deux étant liées par une cassure de silence, où ce couple, joué à Paris par Miou-Miou et Sami Frey, se retire deux minutes chacun dans son coin de ring.C’est que la Musica est la musique d’un combat, le combat du couple défait, malheureux, qui pourrait reprendre, qui ne reprendra pas, et qui, terriblement, sent que la mort a gagné lentement sur eux, que le bonheur est désormais impossible, qu’ils auraient dû, pour vivre cet amour, l’avoir terminé, déjà, dans la mort.Fantastique dialogue, aussi solidement écrit en 1985 qu’en 1965 (ce qui est admirable plus pour 65 que pour 85, alors que Duras est dans sa maturité), aussi hautement tissé de silences, aussi rigoureux dans sa construction, un duo que Patricia Nolin a raison de situer parmi les grandes pages du théâtre français.« Cette pièce, plus tu la travailles, plus elle est belle », laisse tomber Patricia Nolin qui avoue son grand amour pour l’écriture de Duras.« Les blancs du texte sont écrits, dit-elle, et alors qu’on pourrait penser qu’il est très difficile de jouer une telle partition, paradoxalement il m’est apparu tout à fait facile d’y entrer, de déchiffrer la musique, la respiration; les répétitions ont été d’une douceur inouïe, et je serais malhonnête de me garder une porte de sortie, en cas d’échec, en disant que jouer du Duras est très difficile ».Daniel Roussel, le metteur en scène, a dit deux choses, le jour de la première réunion de travail sur La Musica deuxième : nous sommes condamnés à l’excellence, à cause du texte; et à la limite je crois que ça va être facile.Patricia Nolin, qui me confie cela, me dit que ce paradoxe entre la haute qualité du texte et l’aisance qu’elle trouve à le jouer fait partie de cette magie durassienne.« La pièce est tellement bonne qu’elle tient toute seule, qu’elle n’a pas besoin de nous; si moi je flanche, la pièce me reprend; on peut s’y fier! ce qui est rare au théâtre ».Patricia Nolin est une comédienne de la nuance.Elle trouve entre les émotions ce que l’on peut y laisser d’intouché.Et elle va faire d’une hésitation une fin en soi, un état qu’elle va investir, y trouvant ce qu’il faut d’intensité, soit dans la tristesse, dans la griserie ou l’attente, n’arrêtant qu’aux demi-tons.Chez Duras, cet écrivain à l’exacerbation silencieuse, qui écrit en note de mise en scène : « ils se regardent au-delà du possible », il est évident que Patricia Nolin va trouver un auteur à sa mesure.Dans Tchékhov Tchekhova, qu’elle a jouée l’an dernier au Café de la Place, elle atteignait dans le rôle d’Olga Knipper, l’amie du dramaturge de Vania, un sommet d’interprétation.Comment fait-elle, comme travaille-t-elle ?Elle ne le sait trop, n’avoue aucune méthode, et dit même ne pas savoir ce qu’elle fait une fois sur deux.« Je ne pense jamais au résultat, je ne pense jamais à la qualité de ce que je peux faire, à être bonne.Si je le faisais, ça me nuirait.Je travaille à l’instinct, je vais chercher le personnage dans le petit embryon où il peut se trouver en dedans de moi, et je le gonfle; ou bien, comme pour Anne-Marie Roche, et pour la première fois, je ne veux pas tant trouver un petit bout en moi qui serait elle, je veux devenir elle, cette autre, qui n’est pas moi, et que je peux devenir peut-être ».Avec Paul Savoie, un comédien qui lui ressemble, dit-elle, elle forme pour la deuxième fois en carrière un duo, jouant une pièce à deux, après avoir fait Tchékhov Tchekhova avec Gilbert Sicotte.« Jouer à deux, c’est ce qui res- semble le plus au métier des trapézistes.Le partenaire est tout pour toi ; sans lui on se sent en danger de mort.S’il tombe, tout s’arrête.Dans Tchekhova, ma vie parfois, en scène, pouvait dépendre du regard de Gilbert Sicotte.».Pour Patricia Nolin, les qualités d’un comédien sont les mêmes que les qualités amoureuses, la générosité, l’abandon.Et jouer avec quelqu’un en scène, ce qui équivaut à l’acte d’aimer (nous rions du cliché qu’elle m’a soufflé comme une gamine timide), c’est, pour elle, se donner entièrement, dans des sables mouvants, en sachant que rien de tout cela ne restera.Éphémère du théâtre, dont les traces, parfois, demeureront diffuses chez un spectateur qui fut ému, et chez une comédienne qui fut intensément présente, un soir, durant une heure et quart.A Yourcenar André Dalvaux n’improvisait-il pas au piano l’accompagnement des grands films muets ?.Mais la seule religion de cet agnostique est sa belgitude; il l’affirme, et l’assume : « Je peux avoir la tentation de regarder de l’autre côté de la haie, mais je ne me sens libre que dans mon petit jardin, dans mon petit pays.» L'Oeuvre au noir sera donc une coproduction franco-belge (les deux communautés, flamande et wallonne, participent pour la première fois à parts égales au financement d’un film), et coûtera environ 18 millions de francs, soit plus de $ 4.3 millions.« Dix fois moins que Le Nom de la rose », précise Delvaux, qui fait remarquer que, travaillant depuis plusieurs années sur le livre de Marguerite Yourcenar, il a plutôt devancé que suivi la vague médiéva-liste touchant le cinéma.Il admet cependant que le succès de Jean-Jac-ques Annaud l’a aidé à rassembler des fonds, et que « ce bateau-là l’a porté ».Son bateau à lui touche bientôt au port, et accostera peut-être en mai, à Cannes.Rien en tout cas n’aura été laissé au hasard pour atteindre, comme dit Zénon, «la première phase de l'Oeuvre au noir: Le noir plus noir que le noir même.» Chimie débouchant sur l’alchimie, efforts obstinés pour accorder les éléments aux sentiments, le film, en couleurs évidemment, jouera surtout sur les nuances du noir et du blanc, et, parallèlement, sur une palette restreinte de beiges, d’ocres, de bruns.Plus Zénon avancera vers son inéluctable choix, plus la gamme chromatique se réduira, et la pellicule sera même traitée légèrement au développement afin d’accentuer le choix des tonalités.C’est étrange.Ce jour-là, André Delvaux ne savait pas que bientôt, très bientôt, Marguerite Yourcenar ne serait plus.Et pourtant, c’est ce jour-là qu’il expliqua, à mi-voix : « Depuis que j’ai tourné la mort de Zénon, le film existe, il n’existait pas avant.Cette scène, je devais la réaliser en quarante plans.Le dernier repas de Zénon.On voit un bol contenant du chou blanc et du chou vert, un petit oeuf sur le plat.Car il y a longtemps que Zénon ne mange plus de viande — comme Marguerite Yourcenar — ne voulant plus se nourrir de l’agonie des bêtes.On voit aussi un bol d’eau claire, un gobelet de terre cuite, des couverts qui ne peuvent trancher.La Bible.Qu’il ne lit pas.Il en arrache une page.Il la plie, la replie.Il s’en sert pour retirer du sol la lame dissimulée.» « Mais plus j’avançais, plus je sentais la nécessité de supprimer des plans et des objets.La nourriture d’abord, puis le gobelet, puis les couverts.À la fin, il n’est plus resté que l’eau pure et la Bible mutilée.» Marguerite Yourcenar — elle l’a à plusieurs reprises confié — aimait, lorsqu’elle était petite fille, à courir après une coquille d’oeuf.À la dernière page du scénario de l'Oeuvre au noir, tandis que le sang de Zénon achève de s’écouler, on peut lire : « Séquence 129: Un objet bouge, sautille dans la clarté crépusculaire : c’est une coquille d’oeuf qui danse dans une paume d’enfant, avance, bascule lentement.Une voix d’enfant psalmodie sans paroles.D’écarlate, le soleil où palpite lentement la coquille, vire au blanc, s’éteint tout à coup.Le bruit de la mer a disparu.Seule chante la voix pure de l’enfant qui psalmodie.Elle ne chante pas juste, mais reste très belle, comme un souvenir.Générique final.» (1) L’oeuvre d’André Delvaux est remarquablement analysée dans un ouvrage collectif dirigé par Adolphe Nysenhole et publié aux Éditions de l’Université de Bruxelles, 24, Avenue Paul-Héger, B 1070.Bruxelles.Belgique.A Humeurs endroit par le Roi Arthur, traitait ce dernier de termite social.Le termite rétorquait en célébrant chaque année l’anniversaire de la mort d’Edgar Trottier.Il va sans dire que si on l’avait consulté, René aurait préféré l’Ayatollah comme remplaçant.Et pour ajouter l’insulte à l’injure, le Roi Arthur bénéficie du double du temps d’antenne que l’ex-premier ministre.Au nom de quelle théorie médiatique, on se le demande ?Les préjugés d’un adepte du défoulement et de la délation seraient-ils plus payants que la vision du monde d’un vrai journaliste ?Beaucoup de gens jurent sur la tête de leur mère qu’ils n’écouteront pas le Roi pour tout l’or au monde.Je les comprends: d’une part ils ne veulent pas se salir la conscience et de l’autre, ils refusent de gaspiller leur salive et de gratifier le Roi d’une seule seconde de leur temps.J’ai malheureusement moins de principes qu’eux et une bonne dose de curiosité en plus.Mardi en fin d’après-midi, j’ai pris une grande respiration et j’ai syntonisé CK AC.Je ne l’ai pas tout de suite reconnu.La voix était presque charmante et le ton mielleux comme si André Arthur voulait montrer à la grande ville qu’il lui restait en réserve quelques bonnes manières.Il paraît qu’il aurait d’ailleurs déclaré à la direction de CKAC que Montréal et Québec étant des villes différentes (sans blague), il allait modifier son style.Que voulait-il dire DU DEVOIR L'éducation des adultes V Entrevues avec les grands responsables aux ministères de l’éducation et de l'enseignement supérieur V Qui sont les éducateurs d'adultes?V La formation professionnelle V UNESCO: l'éducation aux adultes prioritaire pour les trente prochaines années V La position des intervenants sur la spécificité de l'éducation des adultes V L'éducation aux adultes en régions éloignées V Le point sur la reconnaissance des acquis V L’évolution des clientèles Date de tombée publicitaire: 14 janvier 1988 Date de parution: 27 janvier 1988 Informations: Christiane Legault (514) 842-9645 au juste, que les gens de Québec sont des épais à qui on peut tout passer, ou au contraire, que les épais sont à Montréal et qu’il faut y aller lentement pour que ces derniers pigent les raffinements de son art ?Mardi en tous les cas, la légendaire langue de vipère semblait plutôt mollassonne.Peut-être rongeait-elle son frein, le temps que les épais de Montréal, apprennent à savourer son vomi verbal.Car c’est bien de cela qu’il s’agit.Le Roi renvoie toute l’information qu’il ingurgite sans même la digérer, et encore moins l’analyser.Il nous la renvoie avec un vocabulaire limité d’où pointent toujours les mêmes mots clés.« Épais» revient régulièrement comme de raison.Les Nordiques, bien qu’ils paient les frais de la communication, car le Roi parle directement sur la ligne téléphonique des Nordiques, sont ainsi passés du statut d'équipe de hockey à celui de « gros épais ».Leur entraîneur aussi.« Écoeurant » est également un grand favori avec Arthur.« C’est-tu pas écoeurant ! » peste-t-il dès qu’une police, un fonctionnaire, un ministre ou un médecin traîne de la patte ou fait un faux pas.Curieux que ce mot-là sorte aussi souvent de sa bouche car la plupart des gens qui le connaissent emploient exactement le même mot à son endroit.Son style, si style il y a, — car japper devant l’éternel n’est pas une signature en soi — son style repose uniquement sur une indignation de fabrication industrielle.Industrielle parce qu’elle ne coule ni du coeur ni de la conscience.L’indignation d’André Arthur est distillée dans sa ma- chine à calculer.C’est de la recette, de la formule faussement passionnée et franchement hypocrite.Car, entre nous, je doute que le Roi perde beaucoup de sommeil sur le compte de l’humanité blessée qu’il prétend défendre.Je crois au contraire qu’il dort des nuits complètes en comptant les moutons qui l’écoutent religieusement.Cela ne l’empêche pas de s’indigner au matin, sans jamais donner de raison précise ni d’argumentation cohérente.Donnez-lui importe quel sujet et le voilà parti en peur.Des pluies acides à l’eau polluée de Pittsburgh, des fous qui se pendent dans les toilettes des hôpitaux à ceux que l’on retrouve étranglés sous une pile de civières, toutes les horreurs se retrouvent dans le même malaxeur, sans nuance, sans intelligence, sans idées.Le roi vitupère, pourfend, accuse, dénonce et ses cris dans le désert sonnent faux.Ils ne changeront rien car le principal intéressé ne veut surtout pas que ça change.Ce n’est pas sa fonction et il le sait mieux que personne.On n’apprend rien qu’on ne savait déjà en écoutant André Arthur.On se fait seulement assommer un peu plus avec toutes les écoeuranteries du jour.On éteint la radio en répétant après lui, c’est écoeurant, oui, c’est écoeurant ! Parfois lorsqu’on émerge du coma radiophonique qu’il nous fait subir, on se demande pourquoi des voix comme la sienne résonnent tant.Si elles se taisaient parfois, qui sait si le monde ne serait pas un endroit un peu plus informé, un peu moins écoeurant.-Philippe Glngras «LE DEVOIR» de Pierre-Philippe Gingras Un livre de 295 pages qui retrace l'histoire du DEVOIR depuis sa fondation en 1910 jusqu’à son 75ième anniversaire en 1985.Commande postale seulement.Allouez de 6 à 8 semaines pour la livraison.Découpez et retournez à: Le Devoir, 75 ans.211, St-Sacrement, Montréal, Québec H2Y 1X1 Je désire recevoir.exemplaire(s) du livre “LE DEVOIR” J'inclus 19,95$ par exemplaire; (3 $ de Irais de port et de manutention inclus dans ce prix).NOM:.ADRESSE:.PROVINCE:.CODE POSTAL.:.MODE DE PAIEMENT: ?Chèque a American Express ?Master Card ?Visa No.de carte de crédit.Expiration:.
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