Le devoir, 14 décembre 1991, Supplément
LE DEVOIR Montréal, samedi 14 décembre 1991 FORMATION DES ADULTES cahier spécial Le pari d’une formation efficace de la main-d’oeuvre Éric Thibault A l’aube de la mondialisation des marchés, la prospérité passe désormais, plus que jamais, par le développement des compétences.À ce chapitre, le Québec a trop longtemps regardé le train passer.Aujourd’hui, il court pour le rattraper.Un sentiment d’urgence s’est installé.La pagaille règne.Québec et Ottawa se tirent à qui mieux mieux la couverte de la formation de la main-d’oeuvre.Au grand dam des travailleurs et chômeurs qui, depuis bien des lunes, sont enfouis sous le fouillis des programmes de formation professionnelle, d’adaptation de la main-d’oeuvre, de recyclage et d’aide à l’emploi.Après avoir conclu un « cessez-le-feu» provisoire avec le gouvernement fédéral pour l’octroi des fonds destinés à la formation professionnelle, le ministre québécois de la Main-d’oeuvre, de la Sécurité du revenu et de la Formation professionnelle, M.André Bourbeau, entend mettre de l’ordre dans ce dossier.Unanimité des milieux patronaux, coopératifs et syndicaux devant ce triste constat oblige.Un énoncé de politique précisant les orientations gouvernementales dans ce domaine, appuyé par un projet de loi créant une nouvelle structure pour mener ces orientations à bien, voilà ce que le ministre a cuisiné.LE DEVOIR l’a récemment rencontré, dans ses quartiers-généraux.LE DEVOIR : Quel est votre constat de la situation qui prévaut en matière de formation de main-d’oeuvre ?Bourbeau : D’abord, il faut dire qu’il existe deux catégories de main-d’oeuvre.D’une part, on a ce que j’appelle une formation « initiale » qui est l'enseignement professionnel dans les polyvalentes et les Cégeps.Un système plutôt unique en Amérique qui donne des résultats intéressants.Ceci dit, reste le fait que nous avons actuellement un taux d’environ 10 % de décrochage dans le système scolaire et en plus, la formation professionnelle n’y est pas très valorisée.On pourrait se poser des questions face à ce système qui présente sou- Bourbeau : C’est aussi la philosophie que j’ai instaurée à l’aide sociale.Ce qui nous handicape, c’est vraiment les embûches que l’on a semées nous-mêmes, comme gouvernements.D’abord, les deux réseaux, fédéral et provincial, qui se chevauchent avec des programmes et des normes qui se superposent et parfois même se contredisent.Tout cela pose un gros problème d’harmonisation et empêche les compagnies et les individus de s’y retrouver.Il y a trop de portes.Nous avons également semé des embûches dans notre propre cour, en faisant en sorte qu’il y ait des contraintes trop importantes dans notre propre système pour pouvoir favoriser la formation et le recyclage des adultes.Par exemple, les pré-requis académiques qu’on exige des travailleurs pour avoir droit à des programmes.Le fait qu’il y ait cette exclusivité du régime public d’éducation sur l’enseignement professionnel, monopole qui empêche une saine compétition dans l’octroi des contrats de formation par notre ministère, par le biais des Commissions de formation professionnelle.Les travailleurs partent sur le même pied que les étudiants, avec les mêmes critères, ce qui les déqualifie, souvent sans raisons valables.On devrait se montrer moins exigeant avec les travailleurs sans emploi ou sur le point de le perdre.LE DEVOIR : Vous avez déposé, cette semaine, une énoncé de politique concernant la formation professionnelle au Québec, politique qui s’appuie sur la création d’une « Société québécoise de développement de la main-d’oeuvre ».Que vise ce projet de loi ?Bourbeau : Le projet de loi fait partie d’un énoncé politique, attendu depuis une vingtaine d’années, qui élabore les orientations gouvernementales en matière de main-d’oeuvre.Cette politique s’articule autour de quatre objectifs.Premièrement, s’assurer que les entreprises considèrent la formation professionnelle comme un investissement essentiel et non pas une dépense inutile et de ne pas attendre que le gouvernement le fasse pour elles.Deuxièmement, il faut impliquer au plus haut point le patronat et les travailleurs dans la Voir page 2 : Bourbeau Andre liourbeau, ministre de la Main-d’oeuvre, de la Sécurité du revenu ei de la Formation professionnelle.vent la formation professionnelle comme une formation de deuxième ordre, « une voie de garage ».Notre préoccupation immédiate se situe plutôt vers la main-d’oeuvre adulte, qui regroupe principalement les travailleurs en emploi, les chômeurs et les assistés sociaux.Les problèmes confrontés par cette catégorie ne proviennent pas d’un manque de fonds; si l’on additionne ce que le Québec et le fédéral versent en mesures actives, on excède le milliard $.Quand on ajoute à cela les mesures passives, soit l’assurance-chômage et l’aide sociale, on frôle les sept milliards $, une somme colossale qui nous po- sitionne très bien par rapport aux autres pays de l’OCDE.Le problème, c’est que l’on consacre justement trop d’argent à des mesures passives reliées au soutien du revenu, et pas assez aux mesures actives, c’est-à-dire à des programmes d’adaptation de main-d’oeuvre, de formation, de placement.Donc, l’objectif est de tenter de lier les fonds consacrés au soutien du revenu à l’obligation, ou du moins une forte incitation, d’entreprendre des démarches pour mieux se former.LE DEVOIR : Cela suit la philosophie qu’Ottawa a instaurée en 1989 avec la loi C-21.Le défi permanent de l’emploi MOINS de deux semaines après que le ministre de l'Industrie, du Commerce et de la Technologie ait annoncé la mise en place d'une politique industrielle propre au Québec s’appuyant largement sur une formation adéquate des ressources humaines, voilà que le ministre de la Main-d'oeuvre, de la Sécurité du revenu et de la formation profession-! nelle rend public à son tour un énoncé de politique sur le développement de la main-d'oeuvre.Deux pièces maîtresses qui vont dans le même sens et qui ont comme objectif ultime de remettre le plus rapidement possible le Québec sur la voie d’une prospérité durable, le tout dans un esprit de concertation.En créant une Société québécoise de développement de la main-d'oeuvre, André Bourbeau met sa politique de la main-d'oeuvre sous le signe d'un partenariat constructif entre les principaux acteurs socio-économiques.Tout comme Gé-rald Tremblay avec son contrat social et ses grappes industrielles, il veut amener les patrons et les syndicats à s'impliquer davantage et à redéfinir ensemble les priorités économiques sous l'oeil attentif de l’État catalyseur.André Bourbeau interpelle les patrons en leur demandant de jouer un rôle plus actif dans la formation de leurs ressources humaines.Il veut que les travailleurs et leurs syndicats soient partie prenante a l’évaluation des besoins.Il insiste pour que les milieux de l’Education saisissent mieux les enjeux réels des entreprises.Il privilégie la mise sur pied de lieux permanents d’échanges d’information et d’orientation sur une base natio-\ nale, régionale et sectorielle.Il fait donc appel lui aussi à la mobilisation de tous pour remettre en équilibre le marché du travail.En somme, deux politiques complémentaires qui tracent les grandes lignes d’un plan de redressement qui permettra peut-être au Québec de rattraper son retard au chapitre de la compétitivité, à condition que cette fois tous mettent le cap sur la même direction.— Pierrette Gagné Cégep du Vieux Montréal W Téléphone: (514) 982-3401 ( 2 ¦ Le Devoir, samedi 14 décembre 1991 Cahier spécial Formation des adultes Ottawa veut rester partenaire Éric Thibault LE DÉVELOPPEMENT de la main-d’oeuvre québécoise passe par la compétence de deux réseaux : celui du Québec et celui d’Ottawa.Alors que le ministre québécois de la Main-d’oeuvre, André Bourbeau, garde en mire le rapatriement des pouvoirs et budgets du fédéral dans ce secteur, son vis-à-vis à Ottawa, Bernard Val-court, ministre de l’Emploi et de l’Immigration, préfère l’avenue du partenariat et de la concertation entre les deux palliers de gouvernement.Le 21 novembre dernier, les deux ministres ont signé un « traité de paix » sur l’octroi des fonds fédéraux destinés à la formation professionnelle.Cette entente, attendue depuis plusieurs mois, a contribué à réduire le feu sous une marmite dont les bouillons avaient beaucoup éclaboussé depuis quelques semaines.Assez pour que M.Bourbeau dénonce avec véhémence le chevauchement de juridiction des deux gouvernements dans ce domaine et proteste devant « un envahissement inacceptable » du fédéral dans sa cour.Ainsi, Ottawa, par l’entremise de sa Commission de l’emploi et de l’immigration (CEIC), s’était lancée sur le terrain du développement de la main-d’oeuvre en passant outre les structures québécoises habiütées pour ce faire, préférant transiter directement avec des organismes privés.La CEIC proposait à ces « groupes de coordination » telles des Chambres de commerce locales, des associations patronales ou des organismes de développement économique, de devenir pour Ottawa des « courtiers de formation ».Le rôle de ces groupes était d’évaluer les besoins en formation dans leur milieu et de proposer au gouvernement fédéral de financer certains cours répondant à leurs besoins.En 1991, une somme de 12 millions $ a échappé aux Commissions de formation professionnelle (CFP), la structure que Québec a mise sur pied pour associer les partenaires du secteur privé à la gestion des programmes de formation.Cette façon de procéder, en vigueur dans les autres provinces, a soulevé l’ire du ministre Bourbeau, en plus d’être désapprouvée par le Conseil du patronat du Québec, de même que par le milieu syndical.Avec la signature de l’accord Canada-Québec, le fédéral s’est engagé à cesser cette pratique et à utiliser la voie des CFP.« Toutefois, les ententes déjà conclues avec les groupes de coordination durant l’année en cours seront honorées », soutient M.Trefflé La-combe, directeur de la formation professionnelle pour le Québec, à Emploi et Immigration Canada.Aux dires de ce dernier, cette démarche s’inscrivait dans l’objectif fédéral d’améüorer l’employabilité du travailleur en difficulté ou du chômeur afin de mieux le positionner pour le marché du travail.« On n’avait pas le choix de dépenser des sommes au Québec pour la formation de la main-d’oeuvre en attendant que le contentieux Québec-Ottawa soit réglé », plaide-t-il.M.La-combe attribue en grande partie à l’échec de Meech la controverse entourant ce dossier.« Avant Meech, Québec participait aux débats entre le fédéral et les autres provinces sur cette question.Tout comme Ottawa, il exprimait le désir d’obtenir des ententes plus performantes et une entente était probable.D’ailleurs, ce type de partenariat s’opère aujourd’hui avec les autres provinces canadiennes.Mais après l’échec constitutionnel, Québec s’est tourné résolument vers la volonté de rapatrier cette juridiction.» Les provinces, sauf le Québec, ont accepté de bon gré d’adopter le principe des groupes Coordination pour appuyer le développement de leur main-d’oeuvre.De son côté, Québec tenait à ce que l’on transite par sa structure des CFP.Donc, dans l’attente du dénouement de l’impasse constitutionnelle, les deux gouvernements ont opté pour le retour à l’ancienne formule, soit une entente provisoire Canada-Québec déterminant les sommes allouées par chacune des parties au développement de la main-d’oeuvre ainsi que la façon dont ces sommes seront gérées.Ainsi, Emploi et Immigration versera pas moins de 685 millions $ à cette fin pour l’année 1991-1992.Québec misera de son côté sur un montant de 365 millions $.L’entente porte sur les mesures provisoires relatives aux achats de formation en établissement et aux programmes de la Planification de l’emploi.Ce qui inclut les sommes en provenance de la Caisse d'assurance-chômage affectées à la formation en établissement.Ces dernières prendront désormais le chemin des Commissions de formation professionnelle.Des fonctionnaires fédéraux assureront une présence aux conseils d’administration des CFP quand viendra le temps de décider de l’utilisation des fonds fédéraux et de définir les divers programmes de formation de main-d’oeuvre.L’entente suit la philosophie établie en 1989, par la ministre Barbara McDougall, alors en poste à Emploi et Immigration, qui annonçait une Stratégie de mise en valeur de la main-d’oeuvre.Elle visait principalement à obtenir du secteur privé qu’il joue un plus grand rôle dans la formation des employés et dans la prise de décision touchant la formation profession nelle.S’inscrivait également dans cette démarche une réforme de l’assurance-chômage, par la loi C-21, qui entendait réaffecter les dépenses à l’intérieur du Régime d’assurance-chômage afin qu'une L’éducation des adultes c’est un monde pluriel qu’il faut singulariser.L’éducation des adultes, c’est une clientèle particulière aux besoins spécifiques.L’éducation des adultes., c’est un personnel compétent aux réponses multiples.El CEQ T Bernard Valcourt et André Bourbeau signant leur traité de paix.meilleure proportion des ressources soit utilisée à des fins plus productives.Ainsi, Emploi et Immigration Canada alloue au Québec, par la Caisse d’assurance-chômage et les programmes de la Planification de l’emploi, des sommes importantes au chapitre de la formation et de l’adaptation de la main-d'oeuvre.M.Bernard Valcourt ne cache pas qu’un partenariat entre les secteurs public et privé et les établissements de formation est, à son sens, essentielle à la prospérité économique et à la compétitivité du Canada.« La signature de cet accord permet au gouvernement du Canada et à celui du Québec de gérer de manière concertée certaines mesures de développement de la main-d’oeuvre et d’assurer la complémentarité de leurs interventions, a déclaré le ministre Valcourt en conférence de presse.Cela démontre non seulement que nous pouvons, mais aussi que nous devons travailler ensemble à la formation et au développement d’une main-d'oeuvre qualifiée ».+ Bourbeau détermination et la livraison des programmes et des services.Si on laisse le gouvernement et les fonctionnaires seuls pour s’occuper de cela, ça va fonctionner comme ça fonctionne présentement, malheureusement un peu au ralenti.Je veux m’inspirer des modèles allemands et Scandinaves, qui connaissent beaucoup de succès, pour pousser au maximum cette collaboration.Et ce partenariat s’effectuera par une institution qu’on va créer et qui s’appelle Société québécoise de développement de la main-d’oeuvre (SQDM) qui aura des ramifications dans chaque région du Québec.Troisièmement, on doit simplifier et regrouper nos programmes avec une seule porte d’entrée, la SQDM.C'est un des problèmes à l’heure actuelle.Une chatte ne retrouvait pas ses petits là-dedans.On doit faire en sorte que l’accès soit facile.Enfin, on tentera de mieux arrimer la formation et le marché du travail.Ça donne rien de former en quantité industrielle des docteurs en sciences sociales ou en archéologie s'il n’y a pas d’emploi pour ces gens-là.Pour cela, il faut impliquer les employeurs, les syndicats, les gens des ministères de l’Industrie et de Commerce ainsi que de l'Éducation, dans les études prospectives des secteurs.Avec nos sociétés régionales, nous serons en mesure d’identifier les besoins et pénuries de main-d’oeuvre de façon à influencer, avec les crédits du ministère, la formation vers ces secteurs en développement.De même que la détermination de stratégies sectorielles et industrielles pour s’adapter à la nouvelle technologie.LE DEVOIR : Il y a quelques semaines, votre projet a fait l’objet de certaines critiques, notamment du milieu des affaires et de celui de l’éducation.Initialement, vous avez ‘oublié’ le secteur de l’éducation dans les agents influents de la société.Pourquoi ?Bourbeau : Ce qui a circulé, à ce moment-là, c’est un document de travail qui a été, contre mon gré, « coulé » par la Chambre de commerce de Montréal par des fonctionnaires provenant d'un ministère que défend cette chambre de commerce.J’étais à la Conférence permanente de la main-d’oeuvre, le 21 novembre dernier, où nous avons signé, avec le ministre fédéral de l’Emploi et de l’Immigration Bernard Valcourt, l’entente pour « mettre fin aux hostilités » sur l’octroi des fonds fédéraux à la formation professionnelle, et tous les principaux représentants patronaux et syndicaux présents ainsi que le président du Mouvement Desjardins se sont tous dits d’accord avec le principe de la création d’une SQDM.En principe, il y a unanimité.Ce qu’on voulait voir, c’est ce &!*#** nécessaires pour terminer une formation au secondaire est aussi insuffisant, estime l’ICEA qui s’est d’ailleurs opposé à la règle imposée en 1990 d’exclure les adultes de l’accès gratuit aux services éducatifs lorsqu’ils ont épuisé le nombre d’heures prévues.Le gouvernement s’est ravisé en leur permettant de demander une dérogation pour poursuivre gratuitement leurs études, mais les demandes doivent remonter jusqu'au ministre pour être approuvées et la mesure a, de fait, un effet dissuasif certain.L’ICEA se préoccupe aussi des suites d’une démarche de formation en alphabétisation ou en rattrapage scolaire des clientèles adultes.« Que fait-on, demande Ma- *• deleine Blais, président de l’ICEA, pour vérifier les acquis après la formation, voir s’iîs ont pu — comme c’est l’objectif visé — améliorer leurs conditions de vie quotidienne, suivre une formation de base, poursuivre des études secondaires normales ou des programmes de formation professionnelle ?« C’est pour répondre à ces différentes questions que l’ICEA projette de lancer une étude « qualitative », à partir de témoignages, de ces cheminements d’adultes à travers les différentes phases de la formation.Personne ne l’a fait jusqu’à présent et il y a là une évidente lacune du système empêchant d’adapter de manière constructive la formation aux besoins individuels d’éducation des adultes.L’alphabétisation, un enjeu social qui demeure énorme.charge en prenant sur le temps de travail une partie des heures nécessaires.À la ville de Montréal, par exemple, les cols bleus peuvent suivre des cours d’alphabétisation dont la moitié est prise sur leur temps de travail.Mais les expé- riences de ce type sont rares.À l’Institut canadien d'éducation des adultes, on juge aussi la situation du « décrochage » préoccupante.Sans doute, le taux des 2000 heures est-il surévalué pour certains.Parfois, le total des heures Contrôlez votre développement ! Faites appel aux services-conseils et à l'aide financière de la CFP pour le développement de vos ressources humaines.__r_f**_f* Commission do formation professionnelle de la maln-d'oeuvre *CFP Région métropolitaine de Montréal (514) 725-5221 Régions de Québec, Chaudière-Appalaches (418) 687-3540 16 ¦ Le Devoir, samedi 14 décembre 1991 Cahier spécial Formation des adultes UNE FORMATION À VOTRE MAIN Il y a, réparties dans tout le Québec, 82 commissions scolaires vous assurant d’une formation de la main-d'œuvre qui répond à vos besoins.Ces commissions scolaires font partie de votre milieu et vivent au rythme de vos affaires.Pour en savoir plus sur la formation de la main-d'œuvre en cours d'emploi de notre réseau, communiquez avec la direction régionale du ministère de l'Éducation de votre région ou avec votre commission scolaire.Des subventions et un crédit d'impôt remboursable à la formation sont disponibles.Renseignez-vous.tique régionale.On aura des conseils régionaux, formés de gens de la région, de même qu’un directeur régional.En pratique, je ne vois pas de problèmes avec cela.Il y a une volonté d’être plus efficace sur le plan administratif.Mais ça, on ne peut nous le reprocher.Avec la rareté des fonds aujourd’hui, il faut en mettre le plus possible sur les programmes et le moins possible sur les dépenses administratives.Mais ce « regroupement » s’opère surtout sur ce plan, plutôt que sur celui de l’application des programmes.Ce qui importe, c'est que les sociétés régionales ne manqueront pas de latitude pour adapter les programmes à leurs besoins spécifiques.LE DEVOIR : Pourquoi faut-il rapatrier du fédéral les pouvoirs et budgets reliés au développement de la main-d’oeuvre ?Bourbeau : Il s’agit d’une demande historique du Québec depuis 30 ans.Jean Lesage et Daniel Johnson le demandaient.Le rapport Jean en 1982 avait également été concluant.C’est d’ailleurs assez cocasse de voir aujourd’hui que la personne en charge de ce domaine pour Ottawa est Mme Michelle Jean, celle-là même qui recommandait autrefois le rapatriement.Autre temps, autres moeurs, comme on dit ! Je n’en fais pas une question nationaliste.Moi, je suis un gestionnaire et après avoir fait le tour du secteur, je vois qu’il est impossible d’y ête efficace avec le fédéral qui est maître-d’oeuvre là-dedans, profitant d’une forte influence en raison des fonds qu’il dispose.J’ai les deux mains attachées et un boulet au pied.Des programmes disparates, des normes, des critères qui se contredisent.On ne peut en arriver à une cohésion minimum dans le système qui prévaut actuellement.Il s’agit d’une responsabilité constitutionnelle provinciale et le fédéral devrait se retirer.On a la pire des solutions présentement.LE DEVOIR : Un des aboutissements du rapatriement c’est de gérer l’assurance-chômage à Québec, comme vous le prônez.Est-ce réaliste ?4 Bourbeau début, c’est celle de la Chambre de commerce de Montréal.Or, il est drôle de constater que ce mouvement prône un rapprochement avec le milieu de réducation.Ce groupe se trouvait très impliqué dans les groupes de coordination du fédéral.Ils étaient en négociation avec le fédéral pour obtenir des contrats pour servir de courroie de transmission avec les groupes de coordination.On pourrait peut-être interpréter cette réaction comme provenant d’un certain conflit d’intérêt.Pour revenir à la question initiale, il y a donc unanimité.Les documents qui ont circulé étaient très préliminaires et ont beaucoup changé depuis.J’ai toujours dit que l’éducation serait étroitement liée à la SQDM.Pour des raisons « tactiques », je préférais ne pas mettre dans la loi, jusqu’à un certain temps, la présence de certains groupes pour éviter de subir des pressions de partout.Depuis ce temps-là, j’ai convenu avec mes collègues de l'Éducation et de l’Enseignement supérieur, avec qui je nourris d’excellentes relations, d’inclure dans la loi que chacun des deux aurait un représentant au sein du Conseil d'administration.Ce qui a été fait.LE DEVOIR : Avec la SQDM, on remplace les Commissions de formation professionnelle, organismes dont le caractère autonome est apprécié, par d’autres entités régionales qui relèveront de la Société.Certains y voient une volonté centralisatrice et craignent que les régions n’y trouvent pas leur compte.Bourbeau : Dans chaque région, on retrouve une entité régionale faisant partie de la SQDM, qui bénéficie d’une bonne marge de manoeuvre.Il y aura des programmes provinciaux et chaque société pourra les adapter à la probléma- Bourbeau : L’idéal, c’est qu’on n’ait qu'un seul réseau de formation professionnelle.C’est ça l’efficacité administrative.Présentement, on en a deux, celui du Québec et celui du fédéral, ün en avait trois, aves les groupes de coordination, et heureusement, on les a fait sauter.Nous avons, au Québec, un réseau de Commission de formation professionnelle avec ses points de service; eux, ils ont la Commission d’emploi et Immigration Canada qui s’occupe de programmes de main-d’oeuvre et d’assurance-chômage.Depuis la loi C-21 en 1989, l’assurance-chômage est étroitement liée à la formation de la main-d’oeuvre, au point où on ne peut les dissocier.Ottawa paie pour la formation et pour le soutien du revenu des chômeurs pendant leur formation avec les prestations d’assurance-chômage.Si nous récupérons les programmes de formation et qu'Ottawa continue de subventionner la formation avec l'assurance-chômage, on ne règle en rien le problème.Nous disons que pour être efficace, il ne doit y avoir qu’un seul réseau.Pour ce faire, on doit fondre les deux réseaux en un seul et ainsi gérer la partie québécoise du fonds d’assurance-chômage, comme nous gérons l’aide sociale, la santé, l’habitation.De plus, cela nous permettra de faire des économies d’échelle importantes, au chapitre de l’administration.Avec les bonnes politiques que nous nous appliquons à mettre en place présentement, nous en sortirons gagnants.Gouvernement du Quebec Ministère de l'Éducation La Fédération des c ommissions s< olairrs du Québec UNE FORMATION À L’ŒUVRE, POUR VOUS Les services offerts aux entreprises par les commissions scolaires travaillent pour vous, évoluent avec vous et vivent près de vous.Nous connaissons votre réalité économique parce que nous la partageons.Cette connaissance nous permet de vous offrir un service sur mesure pour accroître la compétence de votre personnel et augmenter le rendement de votre entreprise.
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