Le devoir, 14 décembre 1991, Cahier A
r Oampigny-i le Petit Larousse illustré 1992 en couleurs 41,95$ ord.54,95$ •4380 ST-DKNIS.MIL 112,1 21.1 TKL.844-2S87 Vol.LXXXII — No 290 ?Pluie se changeant en neige.Max.: 3 Détail page B-6 Montréal, samedi 14 décembre 1991 5 CAHIERS — 1.30 +tps tvq La cour déboute les victimes de la MIUF ¦ Les propriétaires n’auront droit à aucune compensation ¦ Pas de lien de causalité entre la MIUF et les dommages Clément Trudel LE JUGE René llurtubise, de la Cour supérieure du Québec, a refusé aux six propriétaires de maisons isolées à la mousse d'urée formaldéhyde (MIUF) le droit à des compensations financières, jugeant que ces propriétaires n’avaient pas réussi à établir un lien de causalité entre la présence de ce matériau et les dommages à leur santé ainsi qu’à leur propriété.Dans une décision qui couvre 1100 pages (en trois tomes), le juge René llurtubise a en effet rejeté, hier, les prétentions de six familles québécoises qui plaidaient avoir subi des pertes matérielles et des ennuis de santé en raison de la MIUF.Les maisons avaient été isolées à la MIUF entre 1978 et 1980, peu avant que le gouvernement canadien n’interdise ce produit, en avril 1981.Quelque 7000 autres cas du même type sont en attente au Québec.Le juge llurtubise ne considère pas cependant qu’il a jugé des causes-types, mais seulement des causes « spécifiques ».« Une conclusion globale s’im pose : l’absence de preuve de dommages tant à la santé qu’à la propriété imputables à la MIUF.En effet, même dans les cas où certains demandeurs ont pu démontrer l’existence de dommages, la relation causale a toujours fait défaut », écrit le juge.Au sujet des malaises dont se plaignaient les six demandeurs (maux de tête, affections du nez, de la gorge, des yeux et des oreilles), le juge llurtubise tranche : « Rien ne permet d'identifier la MIUF comme cause de ces problèmes de santé ».La relation causale ne fut donc jamais établie, selon ce jugement, entre la présence de l'isolant dans les murs des six maisons et les malaises « non spécifiques » dont se plaignent 20 des 21 demandeurs (un seul demandeur, M.Jacques Simard, ne réclamait pas de dommages pour de tels ennuis à sa santé).Le juge llurtubise cite fréquemment le toxicologue Albert Nantel et le jugement en reproduit des déclarations qui, si elles n’annulent pas la demande, l’affaiblissent considérablement : les plaignants ne sont « pas beaucoup malades », dit à un moment le toxicologue auquel le tri- bunal fait le reproche voilé de n’avoir pas suivi le dossier médical de chacun des demandeurs — M.llurtubise parle de la méthode « mathématique » du Or Nantel qui n’a versé en preuve que 13 dossiers médicaux des plaignants, préférant s’abstenir dans sept autres cas.Le fardeau de la preuve auquel de vaient s’astreindre les demandeurs n’a pas été renversé, estime le tribunal ; il n’y a pas eu de preuve prépondérante, conclut le président llurtubise.Dans cette montagne d’informations (100 000 pages de transcriptions, en 89 volumes), le juge constate qu’il se retrouve seul au milieu du champ, qu’il doit disposer de témoignages « nettement contradictoires » tant sous l'aspect santé que du point de vue des dommages subis par les murs où l’on avait soufflé cette mousse.Les actions principales ont toutes été rejetées, hier.Quant aux frais, la cour « réduit du quart » les frais d'expertises et d’experts que chaque défendeur pourra réclamer des demandeurs en vertu d’ententes dont le tribunal prend acte.Les factures pour experts et expertises se sont élevées à environ 3,4 millions $.Le tribunal dit ne pas oublier que ce sont les demandeurs qui ont « choisi de mener l’attaque sur plusieurs fronts», même s’il est « impossible d’affirmer qu’aucun des demandeurs n’a jamais souffert d’un malaise allégué ni subi de dommage matériel, même indirect ».Le procès a débuté le 6 septembre 1983.Le juge llurtubise a présidé 460 journées d’audition (jusqu’en janvier 1990) et il a dû trancher à partir de quelque 122 témoignages, la plupart de spécialistes, ayant des ramifications dans « plus de 20 champs de spécialisation ».Après plus de six ans d’audition, près de deux années de délibéré ont abouti à ce jugement qui clôt le plus long procès au monde, si l’on se fie aux détecteurs de records.Le juge llurtubise déboute les familles Simard, Berthiaume, Pinot, Al-tobelli, Denicourt et Paillé.Seule cette dernière famille, les Paillé, de Saint-Césaire, mettait en cause nommément la Société centrale d’hypothèques et de logement (SOIL) qui sort sans entorse apparente de ce mégaprocès.Le juge souligne qu'il n’avait pas à se prononcer sur la responsabilité socio-politique Voir page A-4 : MIUF Qui se souvient de Saint-Denys Garneau ?Quarante-huit ans après sa mort (il avait alors 31 ans, en 1943), il faut constater que le poète Saint-Denys Garneau, contrairement à un Nelligan, n'a pas eu droit à sa légende, à son mythe.Ses amis, au milieu desquels il était le plus doué, « n'ont pas fait grand-chose pour perpétuer sa mémoire », écrit le romancier Christian Mistral dans un papier-hommage à l’auteur de Regards et Jeux dans l'espace.Cahier D ECONOMIE La CVMQ comme un escargot Faute de ressources, la CVMQ a du mal à épingler les promoteurs qui proposent des abris fiscaux douteux en R-D.Depuis quatre ans, des milliers d’épargnants ont investi dans plusieurs dizaines d'abris fiscaux illégaux.Page B-1 Jacques Dutronc, l’idole des « scopitones » converti au grand écran, était de passage à Montréal cette semaine pour le lancement de Van Gogh, du réalisateur Maurice Pialat, où il joue admirablement le rôle-titre.Nathalie Petrowski l’a rencontré.Page C-1 CULTURE Jacques Dutronc dans la peau de Van Gogh La lutte se déplacera sur le front politique Isabelle Paré STUPEUR, CONSTERNATION et déception.Rien d’autre ne transpirait des paroles et des visages des familles victimes de la MIUF et des avocats qui ont lutté pendant plus de dix ans pour défendre leur cause.« Nous sommes estomaqués.Notre seule réaction en est une d’injustice.Nous avons été doublement victimes, de la MIUF et du système judiciaire », s’est empressé de dénoncer hier M.Pierre Bergeron, le président de l’Association des comités de victimes de la mousse d’urée de formaldéhyde du Québec.Flanqué de trois représentants des six familles impliquées dans ce jugement, M.Bergeron n’a pu que répéter son indignation devant l’absence de crédibilité accordée par le juge aux dommages physiques et matériels largement éprouvés par les victimes de la MIUF.« Est-ce possible que 8000 familles décident du jour au lendemain que leurs maisons les empoisonnent pour le plaisir de le faire ?Est-ce possible que tout ce que le gouvernement fédéral ait fait, en retirant le produit et en indemnisant les victimes, ne veule rien dire ?», s’est-il encore exclamé, désabusé devant l’absence totale de reconnaissance par le juge llurtubise des problèmes réels vécus par ces familles.Pour l’instant, il ne sera question d’en appeler de ce jugement que si l’Office de la protection du consommateur (OPC) continue à défrayer les coûts de la justice, a indiqué hier Me Nicole Duval-Ilesler, avocate des familles demanderesses.Bien qu’à son point de vue, a-t-elle souligné, « la meilleure preuve scientifique Voir page A-4 : Lutte PHOTO JACQUES NADEAU Avocate des victimes de la MIUF, Me Nicole Duval-Hesler transporte le jugement de plus 1100 pages rendu hier par le juge René llurtubise, de la Cour supérieure du Québec.Les points j saillants du jugement d’Ufwès lu l’resse canadienne VOICI les points saillants en-tournant le jugement et le procès dans la cause de la MIUF : ¦ refus aux six propriétaires ! de maisons isolées à la mousse d'urée formaldéhyde (MIUF) le droit à des compensations financières qu’auraient pu leur ; verser les gouvernements d’Ottawa et de Québec ainsi que les fabricants du produit, les installateurs et leurs assureurs; ¦ le juge considère que la relation causale entre l’existence des problèmes de santé et dommages matériels allégués et la mousse isolante d’urée I formaldéhyde n’a pas été établie; ¦ le procès a demandé 450 jours d'audiences, de septembre 1983 à février 1990; ¦ les procédures ont entraîné des déboursés d’environ 26 mil-lions$, dont près de 4 millions?pour les demandeurs défrayés par l’Office de la protection du consommateur; ¦ les plaignants réclamaient des dommages et intérêts moyens de 200 000 $ par famille, soit une somme d’environ 1 milliard $ pour toutes les familles québécoises touchées; ¦ les défendeurs étaient le gouvernement fédéral (Office des normes) qui avait encouragé l’installation de la MIUF, les fabricants, les installateurs, leurs assureurs et le procureur général du Québec, représentant le Bureau d’économie d’énergie du Québec, qui avait versé des subventions aux familles pour l’isolation de leur maison.Les Communes ajournent après trois mois de déroute pour Mulroney Une nouvelle crise interne déchire le RCM Les conseillers qui ont voté contre le budget sont diplômés en gestion Laurent Soumis DEUX ANS après le départ des quatre dissidents qui jetèrent les bases de la Coalition démocratique de Montréal (CDM), le Rassemblement des citoyens (RCM) affronte une deuxième crise majeure qui menace maintenant la cohésion de la formation du maire Jean Doré.Mais cette fois-ci, la dissidence ne vient pas d’une soi-disant « aile gauche ».mais de conseillers qui, pour la plupart, partagent une solide formation universitaire en gestion.Malgré de très fortes pressions, voire des menaces, des membres du comité exécutif de la Ville, deux conseillers du RCM, MM.Michel Benoît (Saint-Sulpice) et Saulie Zajdel (Victoria), ont volé tard jeudi soir contre le budget de la présidente Léa Cousineau.Ils ont joint leurs voix à celles des quatre conseillers de l’opposition officielle (CDM), des deux conseillers du Parti municipal (PMM), des deux conseillers du Parti civique (PCM) et du conseiller indépendant Germain Prégent, qui ont fait bloc contre un budget imposant une surtaxe foncière de 14,5 % aux entreprises et commerces.Interrogé par LE DEVOIR, M.Voir page A-4 : RCM Une analyse de Chantal Hébert Le gouvernement Mulroney perd-il les pédales ?Pas encore, mais peu s’en est fallu au cours de la rocambolesque tranche de session à laquelle Ottawa a mis fin, pas une minute trop tôt pour les conservateurs, avant-hier.Depuis le début de l’automne en effet, même les opérations les plus élémentaires ne réussissent pas au gouvernement de Brian Mulroney au sein duquel une crise n’attend pas l’autre ces temps-ci.En l’espace de trois courts mois, un comité parlementaire, celui sur la Constitution, s’est désagrégé, une commission royale d’enquête, celle sur les techniques de reproduction, a éclaté et la consultation nationale sur la prospérité et la compétitivité est tombée dans le vide.Une série noire comme on en avait jamais vu dans les annales fédérales et à laquelle il faut ajouter la tentation momentanée de Brian Mulroney de quitter son poste pour l’ONU, les propositions constitutionnelles qui ne décollent pas ainsi que de profondes divisions internes sur l'hypothèse d’un référendum pan-canadien sur la Constitution, débat qui a failli faire éclater le caucus du Québec.En pleine crise de paralysie interne il y a quelques semaines, des vétérans de la série noire des scandales du premier mandat, du débat acrimonieux sur le libre-échange et de la débâcle du lac Meech, décrivaient ouvertement l’automne de 1991 la période politique la plus sombre qu’ils aient connue.Car, dans un paysage assombri par la piètre performance économique, politique et constitutionnelle du gouvernement, des sursauts d’activité à l’Environnement, la Santé et surtout à la Justice, finissent par passer presque inaperçus.Jeudi soir, comme à chaque année, Brian Mulroney recevait ses troupes pour Noël.Après coup, plusieurs avouaient s'etre demandés si, l’an prochain à la même date, ils seraient encore en place.Chose certaine, quand les députés fédéraux ont fermé leurs livres jusqu'en février avant-hier, peu d’entre eux se vantaient d’avoir la satisfaction du devoir accompli.Sur tous les tableaux, les grands objectifs du dernier Discours du trône sont restés lettre morte.Le gouvernement Mulroney espérait tourner la page sur l’humeur acrimonieuse de l’après-Meech.Il promettait d’instaurer un Voir page A-4 : Les Communes j^orèncy 27,95 $ pages HHÜ WÊÊÊÊÊÊtmÊÊÊÊÊÊÊÊÊtÊÊÊÊÊÊBÊÊÊÊÊm WtÊKM américain «.un grand livre, tant par son écriture travaillée, comme rarement on le voit en littérature québécoise et étrangère, que par le regard qu’il pose sur le monde qui nous entoure.» Préface de Jacques Brochier.Illustrations de Pierre Lussier OU A-2 ¦ Le Devoir, samedi 14 décembre 1991 Le Québec gagne un an de répit sur l’imposition d’une nouvelle taxe fédérale ________Maurice Girard de la Presse canadienne OTTAWA — Même s’il y a participé à reculons, le gouvernement du Québec est sorti gagnant de la réunion fédérale-provinciale des ministres des Finances, qui s’est terminée hier dans la capitale fédérale.À l’issue de la rencontre de deux jours, le gouvernement fédéral s’est rendu aux arguments du ministre québécois Gérard-D.Levesque et a accepté de reporter d’un an l’entrée en vigueur d'une taxe sur la masse salariale et le capital des entreprises.Prévue au budget fédéral de 1991, cette disposition aurait fini par coûter, d’ici 1994, 325 millions $ aux entreprises du Québec, pour un total de 700 millions $ pour l’ensemble du pays.L’annonce de la décision fédérale s’est faite sobrement, presque de façon accidentelle; le ministre québécois s’en est félicité, mais du bout des lèvres seulement.« Cela ne coûtera rien au gouvernement fédéral.Il s'agit d’une taxe à effet neutre puisque nous en avons tenu compte dans nos calculs généraux », a déclaré le ministre fédéral Don Mazankowski, qui présidait la rencontre avec ses collègues provin- ciaux.En retour de l’engagement fédéral, les provinces ont « implicitement » promis de garder le statu quo.« Les provinces, dont le Québec en particulier, se sont engagées à ne pas lever de nouvelles taxes provinciales sur la masse salariale et le capital, mesures que nous trouvons régressives.Autrement, nous répondrons rapidement », a affirmé M.Mazankowski.Pour financer les programmes sociaux comme l’assurance-maladie, les provinces ont recours à diverses méthoses de taxation qui varient d’un endroit à l’autre.Par exemple, le fisc ontarien prélève d’importantes ponctions sur la propriété foncière et les profits des sociétés tandis que le Québec vise plutôt la masse salariale et le capital des entreprises.Or, l’impôt provincial ainsi payé sur ces deux postes budgétaires pouvait par la suite être déduit du rapport d’impôt fédéral, ce qui prive Ottawa d'un manque à gagner de plusieurs millions de dollars.Dans son budget de l’an dernier, l’ex-ministre Michael Wilson imposait une limite à la déductibilité des sommes ainsi versées au provincial.Les réactions ont été vives au Québec, qui privilégie plus que toute au- PHOTO CP Interrogé en sortant de la conférence des ministres des Finances, Gérard-1).Levesque a indiqué qu’il laissait à Robert Bourassa le soin d’indiquer s’il assistera à une conférence des premiers ministres sur l’économie.tre province cette forme de financement.Du premier ministre Robert Bourassa au ministre des Finances, tout le monde a dénoncé l’initiative fédérale.Le Conseil du patronal s’est même rendu à la tête d’une imposante délégation à Ottawa pour tenter de convaincre les responsables fédéraux des finances de l’inopportunité de la nouvelle mesure.« Au cours de ces consultations, certains ont exprimé des préoccupations au sujet des incidences possibles de cette mesure, et de nombreuses modifications ont été mises de l’avant.Le report permettra de consulter davantage les gouvernements provinciaux et les groupes intéresses de l'industrie », signalait hier un communiqué du bureau de M.Mazankowski.Hier, devant la presse canadienne-anglaise, le ministre québécois minimisait le gain fait par le Québec, qui avait fait l'objet de critiques acerbes et — ont prétendu certains — injustifiées quand Ottawa a annoncé récemment une contribution de moins de 200 millions $ au développement régional.« Il y a rien de négatif là-dedans, je vous l’assure », se contente de dire M.Lévesque.« Nous avons demandé au gouvernement fédéral de retirer ce projet de son agenda ou du moins de le remettre jusqu’à ce qu’une solution acceptable puisse être trouvée.Le ministre fédéral a accepté notre point de vue et il a annoncé qu’il retirait ce projet jusqu’à ce qu’il négocie une solution acceptable », a simplement expliqué M.Gérard-D.Levesque, qui se disait pourtant il y a quelques semaines plutôt pessimiste devant ses chances de succès.Il faut bien se garder de voir dans cette annonce, laisse-t-il entendre, un lien avec une éventuelle participation de M.Robert Bourassa à la première rencontre au sommet des premiers ministres sur l’économie, jeudi prochain.Ottawa n’achète pas la participation québécoise, doit-on comprendre.« Il faut bien comprendre qu’il s’agit là d’une question bien ponctuelle qui ne touche pas le contenu réel de l’ordre du jour de la conférence (des premiers ministres).Cette réunion que nous venons de terminer avait été convoquée pour parler de la situation économique et du transfert du fédéral aux provinces.Cette autre question (taxation de la masse salariale) a été abordée par nous à l’occasion de la conférence, mais n’en constitue pas l’élément essentiel ».souligne le ministre québécois des Finances.D’ailleurs, Gérard-D.Levesque est tout disposé à se substituer à son chef, la semaine prochaine, quand les premiers ministres du pays se rencontreront pour la première fois depuis l’échec de l’entente constitutionnelle du lac Meech.Hier, le trésorier de l'Ontario, Floyd Laughren, et son collègue de la Colombie-Britannique, Glen Clark, ont tous deux exhorté le premier ministre Bourassa à revenir sur sa décision et faire acte de présence.« Nous préférerions voir le premier ministre du Québec participer à cette rencontre», a déclaré M.Laughren devant la presse.Les journalistes syndiqués dénoncent « l’ingérence des politiciens » dans la gestion de l’information à Radio-Canada AU LENDEMAIN de la nomination du nouveau patron de l’information, le Syndicat des journalistes de Radio-Canada, appuyé par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), dénonce «l'ingérence des politiciens dans la gestion de l’information à Radio-Canada ».Le Syndicat fait référence à une information publiée par Le Soleil, selon laquelle le député conservateur Charles DeBlois s’était plaint d’une manchette du Téléjournal du 3 décembre dernier sur le rapport du vérificateur général du Canada (la manchette disait « Le vérificateur rend son verdict : Ottawa jette l’argent par les fenêtres»).Le député se disait préoccupé d'un « certain relâchement de la tradition d’excellence de Radio-Canada, au moment où commence à s’intensifier le débat sur l’avenir du Canada ».Mais pour le Syndicat, « ce qui est préoccupant, c'est justement cette intrusion politique dans le choix éditorial alors que s’amorce le débat constitutionnel ».Le député de Montmorency avait ajouté que l’émission Le Point du même soir aurait dû inviter le nouveau vérificateur général, M.Desautels, au lieu de « deux experts du même avis».Dans sa réponse, citée par la FPJQ, le président de Radio-Canada indique avoir discuté de la question avec le vice-président de la télévision française, Guy Gougeon.« Nous sommes d’accord, écrit M.Veilleux, que la manchette pouvait induire en erreur et ne reflétait pas adéquatement le ton et le contenu du rapport du vérificateur général.Nous sommes convenus que cette situation n’aurait pas dû se produire ».La FPJQ voit dans cette démar- che « un exemple flagrant d'ingérence de la haute direction de Radio-Canada au sein du service d'information.Cela constitue un précédent dangereux au moment où on vient de confirmer M.Claude St-Laurent à la tête de ce service.Ce genre d’intervention peut affecter la crédibilité et l’autonomie nécessaires à l’exercice de la profession journalistique».Le Syndicat des journalistes en profite pour signifier une mise en garde à son nouveau patron.Selon Denise Gascon, présidente du syndicat, « le nouveau directeur de l’information de la télévision du réseau français disait hier être capable de vivre avec les directives d’Ottawa sur la promotion de l’unité canadienne.Vivre avec les directives est une chose, mais endosser les ingérences politiques en information en est une autre».Un Québec souverain épargnerait grâce au nombre de fonctionnaires, dit le PQ Pierre O’Neill DANS UN QUÉBEC souverain, non seulement les fonctionnaires québécois fédéraux seraient tous réintégrés à la fonction publique québécoise, mais un gouvernement issu du PQ pourrait, ce faisant, épargner une fortune.Les données de Statistique Canada démontrent qu’en 1990, 113 000 Québécois oeuvraient au sein de la fonction publique fédérale.De ce nombre, 07 000 travaillaient alors au Québec.Considérant qu’un total de 021 980 fonctionnaires travaillent pour le gouvernement du Canada, les fonctionnaires québécois représentent 18,2% de l’ensemble des effectifs.En faisant valoir que le Québec représente environ 25 % de la population canadienne et 23,4 % du produit national brut, les dirigeants péquis-tes constatent que la province contribue dans la même mesure au coût des services fédéraux.Ils en concluent donc que le Québec devenu souverain épargnera cette diffé- rence qu’il paye en surplus, soit environ 1 milliard 300 millions $.C’est pour faire ressortir cet aspect du coût du fédéralisme que le Parti québécois a convoqué hier une conférence de presse, avec la participation de Pauline Marois, députée de Taillon, Michel Bourdon, député de Pointe aux-Trembles, Jocelyne Gadbois, membre de l’exécutif national du parti, et Pierre Savard, président du groupement régional de Montréal-Centre.La prétention des ténors péquistes est que le rapatriement au Québec de toutes le compétences assumées actuellement par Ottawa se traduira par des économies substantielles et contribuera à accroître l’efficacité des services.Pauline Marois soutient qu’en'éliminant ainsi les chevauchements, un gouvernement souverainiste se donnerait de nouveaux crédits.Pour sa part, Michel Bourdon prédit que l’intégration des fonctionnaires fédéraux créera une nouvelle synergie, ce qui lui apparaît être la promesse d’une augmentation de l’efficacité.« Finies les guerres de ELECTION PARTIELLE Anjou Le 20 janvier J VOUS VOULEZ VOTER?C'EST LE RECENSEMENT DU 17 AU 20 DÉCEMBRE 1991 Vous devez être inscrit sur la liste électorale pour pouvoir voter à l’élection partielle de la circonscription d’Anjou.Deux recenseurs passeront chez vous pour vous inscrire sur la liste électorale.Ils doivent porter, bien en vue, l’insigne du recenseur.Leur nom y est inscrit.Soyez là! Du mardi 17 décembre au vendredi 20 décembre 1991, c’est le recensement.Conditions pour être inscrit sur la liste électorale Peut être inscrite sur la liste électorale toute personne qui, le 20 janvier 1992: 1.a 1 8 ans accomplis, 2.est de citoyenneté canadienne, 3.a son domicile au Québec depuis 6 mois, 4.n’est pas en curatelle, 5.n’est pas privée de ses droits électoraux.Inscription sur la liste électorale Linscription d’un électeur sur la liste électorale doit se faire dans la section de vote où il était domicilié le 4 décembre 1991.Les recenseurs vous demanderont d’épeler vos nom et prénom et de leur donner votre adresse, votre profession et votre âge.Ils pourront vous questionner sur votre qualité d’électeur.Vous n’avez qu’à répondre verbalement.Votre directeur du scrutin vous fera parvenir la liste électorale de votre section de vote durant la semaine suivant le recensement.Pour de plus amples renseignements, composez SANS FRAIS le 1 800 461-0422 de 9 h à 22 h, 7 jours par semaine, sauf les 25 décembre 1991 et 1er janvier 1 992.RII Le Directeur général des élections lui du Québec Pierre-F.Côté, C.R.parce qu'un vote, ça compte tranchées.Les fonctionnaires pourront enfin travailler ensemble.C’est le cas classique du handicap qui tourne à l’avantage.Un seul appareil, moins coûteux que deux, et plus efficace ».Que vaut-il d’éliminer les chevauchements, s’il faut par ailleurs récupérer tous les fonctionnaires V A cette objection, M.Bourdon rétorque que le gouvernement d’un Québec souverain devra affecter des ressources à des tâches actuellement assumées par le fédéral mais également pour de nouvelles tâches qu'il faudra créer.Un besoin que le PQ évalue à environ 30 000 postes.Qu’est-ce qui incite le Parti qué béeois à faire cette démonstration, alors que le Québec se trouve peut-être à une éternité de la souveraineté ?Parce qu’il faut tenir compte de l’aspect humain, répond Mme Jocelyne Gadbois, qui croit savoir que les fonctionnaires québécois oeuvrant au sein de la fonction publique fédérale s’inquiètent, s’interrogent sur le sort que leur réserve l’accession du Québec au statut d’État souverain.Au nombre des 113 000 qu’il promet de rapatrier, le Parti québécois inclut les 11 000 Québécois qui oeuvrent au sein des Forces armées canadiennes.Parce qu’il faudra renforcer la sécurité publique, explique Pauline Marois.Enfin, dans un Québec souverain, ces 113 000 fonctionnaires fédéraux retrouveront non seulement leur emploi, mais également sensiblement les mêmes revenus annuels.40 assistés sociaux manifestent à l’Assemblée QUÉBEC (PG) — Il y a trois ans, le 14 décembre 1988, le gouvernement adoptait la Loi 37 sur la sécurité du revenu et, hier, une quarantaine d’assistés sociaux sont venus à l’Assemblée nationale réclamer son abolition en chantant leur dégoût sur l’air du P'tit bonheur de Félix Leclerc avant d’être expulsés des tribunes réservées au public.La députée d'Ilochelaga-Maison-neuve, Louise llarel, a profité de la présence de ces visiteurs pour demander au ministre André Bourbeau de réviser cette loi 37.« II y aura trois ans demain (aujourd’hui), a précisé Mme llarel, le gouvernement bâillonnait l’opposition, refusait d’écouter 1593 groupes et associations qui réclamaient le retrait de la loi 37.II s’entêtait à l’adopter mais se protégeait en reportant son application après l’élection.« Ou sont les emplois que le ministre promettait il y a trois ans ?», a lancé Mme llarel.Au cours de la dernière année, 35 000 nouveaux ménages sont venus gonfler le rang des assistés sociaux Des 210000 personnes aptes au Ira vail et disponibles, 55 % ont été victimes de fermetures d’entreprises.À peine 5 % ont bénéficié de programmes de formation professionnelle.Tous ces chiffres n’ont pas ébranlé le ministre qui a déclaré sa fierté d’avoir fait adopter cette loi qui a réformé l’aide sociale au Québec.« Nous avons mis de l’ordre là-dedans, a-t-il dit, en faisant en sorte que ceux qui ont de sévères contraintes à l’emploi puissent jouir d’une aide accrue de l’État.CARTES D’AFFAIRES ROBIC I fault?nn 189?55 St Jacques Montréal, Québec Canaria, H2Y 3X2 Télex 05 26B656 Fax (514) 845 7874 Tél (5141 987 6242 Agents de brevets d'invention ot de marqu de commerc i I Le Devoir, samedi 14 décembre 1991 ¦ A-3 En déménageant, l’Hôtel-Dieu pourrait perdre son statut de centre hospitalier universitaire Le directeur de l’Institut de recherche clinique s’insurge contre le projet ractère universitaire de l’Hôtel- Un pédiatre est estomaqué par le jugement sur la MIUF Il a soigné 76 des enfants atteints Paul Cauchon UK DIRECTEUR de l’Institut de recherche clinique de Montréal (IRCM), le docteur Michel Chrétien, s’insurge contre le projet de déménagement de l’IIôtel-Dieu de Montréal, estimant qu’un centre hospitalier universitaire n’est pas viable à Rivières-des-Prairies.On sait que devant les difficultés présumées des rénovations de l’actuel édifice de l’Hôtel-Dieu, avenue des Pins face au mont Royal, le Conseil d’administration de l’hôpital propose de déménager l’institution à Ri-vière-des-Prairies, une démarche qui reçoit un accueil très positif du ministère de la Santé, L’IRCM est un centre de recherche de première importance au Canada, et les échanges y sont multiples avec l’IIôtel-Dieu.« Le déménagement de l’Hôtel-Dieu ne mettrait pas en péril l’IRCM, estime Michel Chrétien, puisque nous avons maintenant une masse critique de chercheurs assez importante.Mais ce.déménagement serait fatal au ea- Dieu ».« La dynamique moderne d’un centre hospitalier universitaire veut qu’il soit près du centre-ville, ajoute-t-il, et il est très clair que c’est la proximité de l’IRCM et de l’Université de Montréal qui favorise le caractère universitaire de l’hôpital.On n’a aucun de ces outils à Rivières-des-Prairies».Le docteur Chrétien va encore plus loin : « le déménagement ne se réalisera pas comme il faut, même si le ministre Côté donne son accord.Parce qu’on va sûrement décider à un moment ou l’autre qu’on manquera d’argent.On réduira donc l'ampleur du projet, et on se retrouvera de toute façon avec un hôpital régional plutôt qu’un centre universitaire à Rivière-des-Prairies.On ne peut pas construire une moitié de centre universitaire, c'est tout ou rien ».M.Chrétien souhaite la construction d’un hôpital régional de première ligne a Rivière-des-Prairies qui puisse répondre aux besoins croissants d’une population jeune.Il qualifie d’absurde le fait que l’Hôtel-Dieu n’ait aucun service de pédiatrie et qu’on ne prévoit pas en installer dans le «nouvel Hôtel-Dieu» de Ri-vières-des-Praires, alors que c'est le type de service primordial pour la population de ce secteur.« On n'insiste pas assez sur le fait que pour un hôpital universitaire le site de l’llôlel-l)ieu est merveilleux.Ça aussi c’est un acquis », ajoute-t-il.La proposition de la faculté de médecine de l'Université de Montréal de fusionner l’Hôtel-Dieu et l’hôpital Sacré-Coeur afin de conserver une affiliation universitaire aux deux hôpitaux lui semble « une décision prise à la sauvette, appuyée par aucune étude ».Rappelons que le conseil d’administration de l’université n'a pas encore entériné cette proposition de la faculté.Le Dr Chrétien croit même que « l'idéal serait que la faculté derné-decine déménage près de l’IIôtel-Dieu.dans le centre-ville, puisqu’à l’université les locaux pour les sciences de base sont désuets ».Mercredi dernier, les médecins de l'Ilôtel-Dieu se sont prononcés très majoritairement pour le déménagement.si on ne peut pas rénover sur place.En fait, les médecins tiennent surtout à conserver le caractère universitaire de l’institution.Le Dr Chrétien laisse entendre qu’on leur fait du chantage, puisqu'on leur fait valoir que s’ils refusent de déménager, l’hôpital perdra son statut universitaire.Les partisans du déménagement font valoir qu’il sera insensé de rénover pendant dix ans l’hôpital sur son site actuel (problèmes multiples pour les patients, retards technologiques par rapport aux autres hôpitaux, etc.).Le Dr Chrétien réplique « qu'aucune étude sérieuse n’est jamais venue prouver que ce n’était pas faisable.Ce ne sont que des mots ».De la même façon, il constate que les fameuses études du ministère de la Santé à l’effet qu'on se retrouvera bientôt avec trop de lits d'hôpitaux dans le centre-ville sont cachées « dans les coffres du ministère, personne ne les a vues».Isabelle Paré LE DÉNIS de tout lien de causalité entre la MIUF et les effets sur la santé observés chez les familles mises en contact avec cet isolant a laissé certains médecins pantois.Le Dr Jacques Lacroix, un pédiatre de l’hôpital Sainte-Justine, qui a observé plus de 76 enfants habitant des maisons isolées à la mousse d’urée formaldéhyde au début des années 80, s'est dit estomaqué par ce jugement.Car dans son esprit, il ne subsiste aucun doute à l’effet que la MIUF a réellement rendu malades certaines personnes.Les symptômes observés chez les enfants, de tous les coins de la province, qui ont défilé dans son bureau — vomissements, nausées, problèmes respiratoires, saignements de nez, etc.,— étaient patents.« Je suis sûr que la MIUF a rendu certaines personnes malades.J’ai vu des familles exposées à des taux de gaz dépassant jusqu'à 100 fois la norme tolérée en milieu normal, et dix fois le taux industriel admissible.Les symptômes de ces enfants sont disparus après qu’ils aient quitté leurs maison », a-t-il insisté.Dans les cas des 76 enfants examinés à l’époque par le spécialiste de l’hôpital Sainte-Justine, plusieurs des symptômes se sont vite estompés quand les enfants n’étaient plus en contact avec la MIUF.Dans d’autres cas, il a fallu plusieurs jours, sinon des semaines, avant que ces enfants ne retrouvent leur santé initiale.Aussi quand le juge llurtubise souligne en conclusion de son jugement « que rien ne permet de relier la MIUF aux problèmes de santé », plusieurs sont estomaqués.Malgré les témoignages contradictoires d’experts qu’invoque le juge pour rejeter tout lien de causalité entre les effets sur la santé et la MIUF, le Dr Lacroix continue de croire que les effets nocifs de cet isolant ont été prouvés à maintes reprises.« Et je ne suis pas le seul à penser cela.Il y a eu des chercheurs éminents qui ont fait d'importantes études à ce sujet à Toronto.Ils ont eux aussi constaté toutes sortes d’effets sur la santé», insiste-t-il.« Mais le jugement, fait-il, c’est autre chose».Dans le cas des six causes-types étudiées par la cour, convient-il, il est difficile de dire si ces familles en Subventions et donations s’accumulent àl’IRMC Paul Cauchon L’INSTITUT de recherches cliniques de Montréal (IRCM) vient de recevoir une contribution de S millions $ du gouvernement fédéral pour poursuivre les travaux d’agrandissement et de modernisation de ses installations.L’IRCM, qui a été fondé par le docteur Jacques Genest, prépare ainsi son 25e anniversaire — en 1992 — avec beaucoup d’optimisme, puisque cette annonce s’ajoute à des sommes de plus de 11 millions $ accordées par le gouvernement du Québec, et à une campagne de souscription qui a rapporté 18 millions $ à ce jour.L’IRCM, qui se consacre à la recherche biomédicale fondamentale et clinique, ainsi qu’au traitement et à la prévention des maladies, prévoit construire une annexe de 2400 mètres carrés qui permettra l’installation d'une nouvelle animalerie, de laboratoires sécuritaires pour satisfaire aux exigences des expérimen-talions avec les micro-organismes, et d’un atelier de mécanique.Selon le docteur Michel Chrétien, qui dirige l’Institut, « nous allons maintenant améliorer notre force de frappe dans plusieurs secteurs, entre autre l’hypertension, l’artérosclé-rose, le sida, les rétrovirus et le cancer, et toutes les recherches concernant la chimie du cerveau, la mémoire, les maladies dégénératives ».Ces nouveaux investissement permettront également l’engagement de 150 nouvelles personnes à l’IRCM, et la création de 15 nouveaux laboratoires.'Le Dr Chrétien explique d’ailleurs avoir déjà recruté trois chercheurs québécois de haut niveau qui travaillaient aux États-Unis et qui ont accepté de revenir contribuer à la science québécoise.Le ministre Benoît Bouchard a expliqué hier qu’avec ces nouveaux locaux « uniques au Canada s’ouvrent de .nouvelles perspectives de collaboration entre 1TRCM et l’industrie pharmaceutique québécoise, favorisant ainsi la concrétisation d’investissements subséquents dans cet important secteur ».« Nous favorisons beaucoup le transfert précoce de la technologie, ajoute Michel Chrétien.Notre rôle c’est de faire de la recherche, et nous pouvons créer des programmes communs avec l’industrie, tout en conservant notre entière liberté académique ».•L’Institut emploie présentement plus de 410 personnes, dont 55 chercheurs autonomes de calibre international, et 126 étudiants gradués el postgradués.L’IRCM recevra également cette année plus de 5 millions $ en subventions de recherche du Conseil de recherches médicales tat ior Division îles services au personnel Musée canadien des c ivilisatii ms 100, rue Laurier Hull (Québec) J8X 4112 Le Musée canadien des civilisations est une société il Liât dont le mandat est de préserver et de prolnouvoit le patrimoine culturel du ( ,'anada.Le Musée est un employeur souscrivant aux principes de l égalité d’accès à l’emploi.MUSI I CANADIEN DES CIVILISATIONS Canadian meisi oi Civilization (JM 507846 Le Devoir, samedi 14 décembre 1991 ¦ A-9 L ACTUALITE INTERNATIONALE PHOTO AP ''J CLATA' iui\ -tiM- '"J&JT’ïl.Un groupe de combattants croates se prépare pour le repas du soir sur le Iront de Nova Gradiska, à 150 km de Zagreb.Le.verrat, dit-on, fut victime d’un échange de grenades entre Serbes et Croates.L’ONU est contre la reconnaissance de l’indépendance de la Croatie d'après Heuler et AFP BELGRADE — Le secrétaire général de TON U s’est dit hostile à une reconnaissance de l’indépendance de la Croatie, où de nouveaux combats ont éclaté hier.Javier Perez de Cuellar a mis en garde contre les « graves conséquences » d’une telle initiative diplomatique, à laquelle l’Allemagne s’est engagée avant Noël.L’armée yougoslave et les irréguliers serbes ont pilonné Osijek pendant six heures, jusqu’à l’aube.Selon la radio croate, les derniers combats y ont fait au moins onze morts.La radio a aussi signalé la poursuite des attaques contre Vinkovci, au sud de Zagreb, et à Nova Gradiska, dans le centre de la république.L’agence Tanjug, basée à Belgrade, a confirmé la reprise des combats.Mais la télévision de Belgrade, citant des sources militaires, a rapporté que deux soldats avaient été tués et sept autres blessés dans des affrontements, jeudi, dans la région de Kordun, au sud de Zagreb.La crise yougoslave fera l’objet d’une nouvelle réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de la CEE, lundi à Bruxelles.L'Allemagne devrait y plaider la reconnaissance sans délai de la souveraineté de la Croatie et de la Slovénie, qui ont proclamé leur indépendance en juin dernier.À New York, le secrétaire général de l’ONU, Javier Perez de Cuellar, a adressé une lettre au chef de la diplomatie néerlandaise, Hans van den Broek, qui présidera la réunion de Bruxelles, pour lui faire part de ses réticences à ce sujet.« Je crains profondément qu'une reconnaissance rapide, sélective ne fasse qu’étendre le conflit actuel et alimenter une situation déjà explosive, notamment en Bosnie-Herzégovine et aussi en Macédoine », écrit-il.« Vraiment, de graves conséquences pourraient s’ensuivre pour toute la région des Balkans».Le porte-parole du gouvernement allemand, Dieter Vogel, a répondu que son pays s’en tenait à son intention de reconnaître les deux Républiques d’ici Noël.Le secrétaire général a par ailleurs déclaré devant le Conseil de sécurité de l'ONU que les conditions nécessaires à l'envoi de casques bleus en Croatie n’étaient pas réu- nies, au vu des conclusions de la récente mission de son émissaire dans la région, Cyrus Vance.Il a ajouté qu’il ne recommanderait l’envoi d’une telle que lorsqu’il aura reçu des « preuves solides » du respect du cessez- le-feu conclu le 23 novembre à Genève.Cyrus Vance continue toutefois d'étudier un plan d’envoi de 10 000 casques bleus au cas où les combats cesseraient.Cette force, selon le projet de l’ancien secrétaire d’Etat américain, comprendrait 10 bataillons d’infanterie, 100 observateurs militaires, 500 policiers et des unités de soutien logistique.En cas d’arrêt des hostilités, les Nations unies créeraient des zones démilitarisées dans les enclaves de peuplement serbe en Croatie, en Slavonie et dans la Krajina.Le plan prévoit aussi le retrait de toutes les forces armées de ces enclaves et le départ des troupes fédérales de Croatie.Le projet, a précisé Javier Perez de Cuellar, a reçu l’appui du président serbe Slobodan Milosevic et de son homologue croate Eranjo Tudj-man.Les parlementaires haïtiens ne s’entendent pas sur le choix d’un nouveau premier ministre L’Inde et la Chine règlent leur différend frontalier pÔRT-AU-PRINCE (AEP) - Les sénateurs et les députés haïtiens étaient toujours divisés, hier, sur le choix d’un nouveau premier ministre,, première étape d’une solution politique de la crise haïtienne, selon des sources parlementaires contactées par l’AEP.Une partie des parlementaires s’est prononcée, sur proposition du père Jean Bertrand Aristide, pour le social démocrate Victor Benoit, secrétaire général du Congrès National des Mouvements Démocratiques (KONAKOM), formation membre de la coalition qui a soutenu la candidature du président renversé.L’autre partie est en faveur d’un candidat appartenant à l’opposition modérée au père Aristide, en l’occurence le centriste Marc Bazin ou le communiste René Théodore, de façon à assurer un véritable compromis politique à l’échelle nationale entre partisans et adversaires du prêtre président.Les deux camps avancent plusieurs arguments pour justifier l’un ou l’autre choix.Du côté des partisans de M.Benoit on souligne que le fait qu’il se soit prononcé dès le début de la crise pour un retour à la légalité constitutionnelle avec le père Aristide et ail refusé d’entrer au gouvernement « provisoire » joue en sa faveur auprès des supporters de ce dernier.Une majorité pourrait se dessiner en faveur de Victor Benoit à la chambre des députés, grace à un éventuel appui des voix socialistes mais qui ne disposerait que de l’appui d’un tiers du sénat.De même, les critiques sévères de M.Benoit sur les premiers mois de pouvoir du père Aristide, dont la dénonciation du supplice du collier comme arme politique, devraient représenter une garantie pour les adversaires du président renversé.Ses partisans rappellent aussi qu’il avait condamné les violences et les menaces anti-parlementaires d’août 1991 des partisans du prêtre président comme des « pratiques anti-démocratiques et anachroniques rappelant les pires moments de la dictature ».Les parlementaires, députés et sénateurs, opposés au choix de M.Be-noit, estiment, pour leur part, que sa candidature ne représente pas un véritable « compromis politique » acceptable pour un pays divisé car il appartient à la coalition politique soutenant le père Aristide et que sa désignation ne donnerait pas de garanties aux adversaires du prêtre président.Pour l’un de ces parlementaires, le sénateur Julio Larosilière «le nouveau Premier ministre doit être un opposant modéré au père Aristide, tel Marc Bazin ou René Théodore, pour équilibrer notre acceptation du principe de son retour au pouvoir ».« Les partisans du prêtre président obtiendront satisfaction avec le retour mais les autres parties doivent aussi obtenir satisfaction avec un véritable compromis politique représenté par un premier ministre d’opposition modérée pour contrebalancer les influences » a estimé M.Larosilière.NEW DELHI (AEP) - L’Inde et la Chine ont décidé hier à New Delhi de mettre fin à leur différend sur les questions de frontière qui les avaient mené à la guerre en 1962 et avaient mené à quatorze ans de gel des relations diplomatiques entre les deux pays les plus peuplés du monde.Les premiers ministres Li Peng (Chine) et P.V.Narasimha Rao (Inde) ont convenu lors de leur deuxième et dernière série d’entretiens de parvenir à une solution « juste et équitable » de leur conflit frontalier, a indiqué un porte-parole indien.Les deux premiers ministres ont également décidé de développer le commerce bilatéral, qui atteint actuellement en valeur 250 millions $ par an.Des exilés tibétains ont tenté une nouvelle fois de prendre d’assaut l’ambassade de Chine pour protester contre l’annexion du Tibet.Le porte-parole indien a afirrnér que la question du Tibet n’avait pas figuré à l’ordre du jour des entrëi tiens de la visite du chef du gouvet'f nement chinois, la première à ce dit veau depuis 1962.M.Li a cependant déclaré devant un auditoire restreint que le statut du Tibet n’est pas négociable.j i Prenez la vie à deux poumons, Cessez de fumer! CARRIERES ET PROFESSIONS Les postes sont offerts également aux hommes et aux femmes.m Affiliée à l'Université de Montréal Professeurs de finance (réguliers ou visiteurs) Le Service de l'enseignement de la finance est à la recherche de professeurs de carrière.La priorité sera accordée aux candidats spécialisés en gestion financière - des entreprises, et plus particulièrement, à ceux qui s’intéressent à la gestion financière internationale.Ceux qui possèdent une spécialisation dans les marchés et institutions financières seront également considérés.Nature de la (onction : Le professeur assume une participation active à l’enseignement et à la préparation des cours au niveau du baccalauréat, de la maîtrise en administration des affaires (MBA), de la maîtrise en sciences de la gestion et du doctorat.Il effectue également des travaux de recherche dans son domaine d’expertise et assiste les étudiants dans leur cheminement académique.Il peut être appelé à faire partie de comités et à assumer diverses charges administratives.Exigences : Posséder, ou être en voie d’obtenir, un doctorat dans une discipline appropriée.Exceptionnellement, une vaste expérience dans l’administration financière pourra compenser en partie l’absence du doctorat.Les personnes intéressées sont priées de faire parvenir leur dossier personnel au : COMITÉ DE SÉLECTION, Service des ressources humaines, École des Hautes Études Commerciales, 5255, avenue Decelles, Montréal (Québec) H3T1V6.Nous offrons des chances d'emploi égales à tous.De façon à alléger la lecture de ce texte, le genre masculin est utilisé pour désigner tant le masculin que le féminin.Cette offre d'emploi est faite conformément aux exigences d'immigration Canada.Ordre des ingénieurs du Québec Syndic adjoint Fonctions : En étroite collaboration avec le syndic de l’Ordre et conformément aux dispositions pertinentes du Code des professions, vous : • ferez enquête, à la suite d’informations reçues ou de votre propre initiative, sur laconduite professionnelle de toutmembreconstituantunepossibilitéd’infraction au Code dos professions, à la Loi sur les ingénieurs ou aux règlements de l’Ordre ; • préparerez et étudierez les dossiers en conséquence ; • initierez, s’il y a lieu, une plainte devant le Comité de discipline de l’Ordre ; • exécuterez toute autre tâche sur demande du Bureau ou du syndic.Exigences : • vous êtes membre de l’Ordre des ingénieurs du Québec ; • vous possédez un minimum de dix années d’expérience professionnelle, de préférence, dans des domaines variés avec incidences administratives et juridiques.Qualités requises : Vous démontrez un intérêt marqué pour Toxercice de la profession d'ingénieur, plus particulièrement dans ses implications déontologiques, juridiques et réglementaires.Do plus, vous possédez une facilité d'expression et de rédaction en français et en anglais, do l'aisance dans les relations humaines, do I entregent et do l'objectivité.Rémunération : Vous sorez intéressé si vous êtes ingénieur et gagnez un revenu de 50 000 $ et plus.Aux avantages sociaux concurrentiels s'ajoutent un plan collectif de régime des rontos et de bonnes conditions de travail.Veuillez adresser votre demande, accompagnée d un écrit sur vos motifs d intérêt pour ce poste et d'un curriculum vitae complet, avant le 6 janvier 1992, à : Monsieur Luc Lallberté, Ing.Syndic Ordre dos Ingénieurs du Québec 2020, rue University, 14* étage Montréal (Québec) H3A 2A5 Nous pratiquons l'àqultô on mntiôro d'omptol.• ••••••••••t • / Ecole des Hautes Etudes Commerciales PROFESSEUR DE FRANÇAIS PAR IMMERSION La commission scolaire de North Peach R.C.S.S.D.No 43 est à la recherche d’un professeur de français par immersion au niveau secondaire pour l’école Glenmary à Peace River, Alberta.L’emploi commence le 6 janvier 1992.Envoyez vos résuimés à: Lachlan S.Phimester, directeur North Peach R.C.S.S.D.No 43 10307 — 99 Street Peace River, AB T8S 1R5 Tél.: (403) 624-3956 ou fax (403) 624-1154 aussi: Maurice Laurin Tél.: (403) 624-5656 ou (403) 624-8442 soir LA COMMISSION SCOLAIRE CATHOLIQUE DE ST-JEAN recherche pour l’école Saint-Patrick, (programme de Français Langue première) un(e) enseignant(e) pour une classe multiprogramme de 3e et 4e année Ceci est un remplacement pour la période du 27 avril 1992 au 19 juin 1992.Le brevet d’enseignement de Terre-neuve ou son équivalent est nécessaire.Envoyer une demande par écrit à: Harold B.Stapleton Surintendant adjoint Commission Scolaire Catholique de St-Jean Belvedere, Bonaventure Avenue St.John, Terre-neuve A1C 3Z4 Veuillez inclure le numéro d'offre: no 1628 et votre numéro d'assurance sociale avec votre curriculum vitae et une liste de références.Date limite: le 6 janvier 1992.\ La perspective d’une carrière exceptionnelle Une jeune compagnie en pleine expansion est à la recherche de personnes ambitieuses et dynamiques qui désirent maximiser leurs revenus.Nous offrons: un excellent programme de formation.Rémunération exceptionnelle.Expérience de la vente obligatoire.Faire parvenir curriculum vitae à: 4428 St-Laurent suite 403 Montréal, Qué.H2W 1Z5 Att: Louise Belley f LE DE VOIR! VOUS OFFRE LA QUALITÉ POUR INSÉRER UNE ANNONCE SOUS LA RUBRIQUE CARRIÈRES ET PROFESSIONS CONTACTEZ MICHELINE TURGEON 1842-9645J V.5 décembre 1991 J Professeur-e régulier-ère en Professeur-e régulier-ère à mi-temps psychologie de l'éducation en psychologie psychodynamique UQAM Le savoir universitaire, une valeur sûre! Département de psychologie Sommaire de la fonction : • Enseignement au baccalauréat et aux études avancées • Direction des étudiant-e-s inscrit-e-s au programme de doctorat (recherche et intervention) • Réalisation de recherches subventionnées dans le domaine de la psychologie en éducation • Service à la communauté Exigences : • Doctorat en psychologie • Expérience d’enseignement • Expérience de recherche • Dossier de publications récentes permettant l’accréditation aux études avancées • Expertise dans l’un des domaines suivants, un atout : - psychologie en éducation auprès de la clientèle de niveau secondaire - lien entre les environnements éducatils et l'apprentissage en éducation Date d'entrée en fonction : le i" juin 1992 L'UQAM souscrit à un programme d'accès à l égalité des femmes en emploi.Conformément aux exigences relatives à l'immigration au Canada, ces postes sont offerts aux citoyen-ne-s canadien-ne-s et aux rèsident-e-s permanent-e-s.Traitement : selon la convention collective SPUQ-UQAM Les personnes intéressées sont priées de laire parvenir un curriculum vitæ en français, daté et signé, incluant le nom et l’adresse de trois répondants, avant le 1" février 1992 à M.Robert J.Vallerand, Ph.D., directeur, département de psychologie, Université du Québec à Montréal, C.P.8 888, succursale A, Montréal (Québec) H3C 3P8.Université du Québec à Montréal Sommaire de la fonction : • Enseignement et encadrement dans le domaine de la recherche qualitative et des méthodes reliant la psychanalyse et l’analyse du discours dans ses composantes latentes et inconscientes • Recherche • Service à la communauté Exigences : • Doctorat en psychologie • Pratique clinique en psychanalyse • Expérience de recherche et de publication dans le domaine des méthodes de recherche mentionnées ci-dessus • Expérience dans le champ de la psychosomatique selon l'approche psychanalytique, un atout A-10 M Le Devoir, samedi 14 décembre 1991 ÉDITORIAL La politique du décrochage SONDAGE CROP en main, la Centrale de l’enseignement du Québec se réjouissait il y a quelques jours du souci élevé dont témoigne l’opinion québécoise à l’égard du décrochage scolaire.78 % des répondants consultés en novembre étaient préoccupés du phénomène et 67 %, un nombre étonnant, se disaient conscients de la hausse actuelle du taux d’abandon des études secondaires.La CEQ a raison de s’attribuer le plus fort du mérite d’une telle sensibilisation.C’est elle qui, au début de l’année, tirait l’alarme en révélant que le taux de diplomation, au secondaire, était passé de 75 % à 64 % au cours de la décennie, c’est-à-dire que près de quatre jeunes Québécois sur dix tournent le dos à l’école avant d’y avoir obtenu un passeport minimal pour le marché du travail.Autrement dit, le Québec prend du recul dans un monde qui accélère.Car on sait désormais qu’il faudra des qualifications supérieures à celles du secondaire pour occuper les deux tiers des emplois qui seront créés d’ici la fin du siècle.L’énoncé de politique de formation de la main-d’oeuvre que publiait cette semaine le gouvernement du Québec souligne pour sa part l’immédiateté de la crise : près de la moitié des employeurs québécois disent avoir de la difficulté à recruter des travailleurs qualifiés, alors que le taux de chômage se maintient à 10%.Quand la CEQ a braqué les réflecteurs sur l’école secondaire et sa performance décroissante, le gouvernement a commencé par semer la confusion, et tenter de maquiller les chiffres.Mais l’esbroufe ne pouvait durer et on a vu par la suite le ministre de l’Éducation, M.Michel Pagé, faire face plus courageusement à la musique.Il n’avait pas le choix.Ce 36 % de décrocheurs est une tragédie, qui situe l’ensemble du Québec au niveau de scolarisation des zones urbaines les plus défavorisées aux États-Unis, et qui le rapproche de certains pays du tiers-monde.Les milieux d’affaires, qui venaient tout juste de découvrir dans leurs Megatrends le lien entre éducation et productivité, ont pris panique et tiré sur tout ce qui bougeait, écoles, enseignants, ministres.Du coup, les décrocheurs sont devenus les chéris de l'univers politique, tous partis et tous niveaux confondus.Couvés, ciblés, pleurés, que peuvent-ils espérer de cette conversion collective ?Rien de plus, pour l’instant, qu’une série de manoeuvres aussi incohérentes ^ que bien intentionnées, un tamis plein de ^ trous où ils continueront à couler.Le gouvernement du Québec avait là une occasion en or de lancer une vaste mobilisation de société dont il aurait été le chef d’orchestre.Il a préféré y aller à la pièce, et dans le désordre.En septembre, le ministre de l’Éducation, M.Michel Pagé, lançait un « plan d’action » menant partout et nulle part une collecte d’idées qui seraient sorties d’un remue-méninges hâtif.À côté de vastes promesses de recherches sur « le profil socio-économique des décrocheurs », ou de « blitz d’incitation » au retour à l’école, on retrouvait des choses aussi incongrues que « la fixation du début de l’année scolaire au troisième lundi du mois d’août pour le personnel enseignant et au jeudi suivant pour les élèves ».Le rapport avec le décrochage ?Au moins la certitude que le ministère pouvait lui-même décrocher.La méprise est telle que, trois mois plus tard, le milieu débat ferme du calendrier scolaire, des cinq jours de classe que le ministre rêve d’ajouter au primaire, et de l’âge d’entrée à l’école maternelle, en ayant l’impression de participer à une Incohérence d ’un côté, silence suspect de l’autre grande offensive contre l’abandon des études.En novembre et discrètement, le ministère donnait au surplus le feu vert au gouvernement fédéral pour entrer dans le champ, politiquement payant, du décrochage.L’entente a été signée en mai et on apprenait hier que le ministère de l’Éducation du Québec venait d’approuver 35 premiers projets spéciaux, d’une valeur de $2 millions, qui permettront aux commissions scolaires d’utiliser des fonds fédéraux pour faire la lutte à l’abandon.Le mal, là-dedans, n’est pas tellement la faiblesse d’un gouvernement qui a accepté de servir d’estafette à Ottawa en se contentant d’approuver les projets avant de remettre l’argent aux commissions scolaires.Mais c’est de n’avoir pas exigé de canaüser ces ressources au service de son propre plan.Car le décrochage scolaire, pour Ottawa qui n’y connaît rien, c’est un vaste champ d’initiatives locales, comme à la belle époque de la « visibilité».On subventionne un peu n’importe quoi.Il y a du meilleur, comme le soutien aux actions concertées avec les parents et le milieu économique local, formules qui ont fait leurs preuves, notamment hors des grands centres.Mais il y a aussi du pire, bien connu chez les experts du décrochage, comme ce réflexe automatique des écoles et commissions scolaires qui se contentent de réclamer du personnel professionnel supplémentaire, psychologues et orienteurs.Chacun va réinventer la roue dans son coin.Autre incurie à Québec, on s’interdit littéralement l’examen d’une des causes immédiates de l’augmentation du décro- chage, celle que la CEQ dénonçait au premier chef.Il s’agit de la récente réforme de l’enseignement professionnel au secondaire, lancée en 1987.Elle a eu sans contredit un effet bénéfique sur la qualité de la formation professionnelle mais aussi un effet pervers sur la « diplomation ».En relevant les exigences d’admission aux nouveaux programmes, elle laisse derrière un nombre plus élevé d’exclus.La corrélation est nette, dans le temps, entre l’entrée en vigueur de la réforme et l’augmentation du décrochage.Il resterait à la valider scientifiquement, mais ce serait violer un tabou.On s’étonnait déjà, en septembre, de ne pas trouver trace de cette question pourtant brutalement posée, dans le plan pourtant extensible de M.Pagé.On aura compris cette semaine, avec la politique de formation de la main-d’oeuvre, que l’oubli n’était pas innocent.S’inquiétant du décrochage, l’énoncé gouvernemental affirme d’emblée qu’il est « injuste et futile » d’en attribuer au système scolaire toute la responsabilité et suggère plutôt, par deux fois, d’en chercher la cause dans des « facteurs externes».Pire encore, le ministère de l’Éducation a entrepris une campagne de valorisation de la réforme de 1987 qui brouille délibérément la réalité.En 1978-79, au moment où la « diplomation » du secondaire atteignait son meilleur, près de 100 000 jeunes étaient inscrits au professionnel, c’est-à-dire près de 20% de la clientèle du secondaire.Aujourd’hui, il en reste 16 000, soit environ 5 % des effectifs.Mais pour affirmer que ceci équivaut à cela, le ministère ajoute aux effectifs actuels les 21 000 adultes désormais inscrits à plein temps à l’enseignement professionnel, ce qui lui donne 37 000 étudiants.Puis il affirme que les 100 000 de 1978 étaient en réalité l’équivalent de 45 000 parce que la formation professionnelle n’occupait pas tout leur temps de formation.Ils étaient, sans le savoir, des étudiants à « temps partiel ».Deux individus diplômés entraient sur le marché du travail mais, en somme, ils en valaient un d’aujourd’hui ! Calcul plus tordu, on ne saurait en trouver.Le camouflage continue, comme s’il y avait humiliation suprême à reconnaître les effets inattendus et négatifs d’une réforme qui n’a quand même pas toutes les vertus parce qu’elle fut pilotée un jour par M.Ryan.Ce tabou, ces jeux d’esquive, sont inexplicables et irresponsables.L’incohérence des interventions met en cause la compétence du ministère de l’Éducation.Le refus de regarder en face le ben entre la réforme et la recrudescence des abandons, donc de corriger au moins la croissance du mal sinon le mal lui-même, met en cause sa crédibilité.LISE BISSONNETTE LETTRES AU DEVOIR Violence innommable ON PEUT comprendre qu’un sexologue-consultant ait une pensée confuse, qu’il prenne pour la vérité sur le féminisme ses interprétations de trois faits rapportés par les médias.Cela peut arriver à tout le monde.Mais, que LE DEVOIR titre Et si le féminisme tuait ?avec belle gravure de jeune femme au sabre en dernière page, là je trouve qu’on en remet.Il y a une marge entre ouvrir ses pages au débat et apporter son appui implicite en jouant de la mise en page.Le titre est d’une violence innommable.Je l’ai reçu comme un coup de poing sur la gueule.Mais, quelle peur innommable se cache derrière une telle accusation sans fondement ?A quelle projection délirante avons-nous affaire ?Puis-je rapprocher de cet accroc la présentation hyper-médiatisée de Au-delà du 6 décembre aux Beaux Dimanches ?Comment se fait-il qu’à l’approche de cette date, les attaques contre le féminisme se font plus fréquentes que les réflexions sur l’évene-ment lui-même ?Par quel détournement est-ce maintenant le féminisme qui tue alors que Marc Lépine a abbattu 14 femmes ?Monsieur Munger accuserait-il les Noirs des meurtres commis par le KKK ?Et, LE DEVOIR s’empresserait-il de titrer : « Et si les Noirs tuaient en combattant le racisme ?» Les Noirs, eux, sont-ils criminels de ne s’occuper que de leurs droits ?Alors, pourquoi dit-il : « Ce féminisme-là, de politiciennes, il tue.Il tue le sens de la justice.Il fait preuve d’une préoccupation pour une moitié seulement de l’humanité.» Il me semble que ce n’est déjà pas si mal de se préoccuper de la moitié de l’humanité ! Je pourrais reprendre chacun des points soulevés; aucun ne résiste à l'analyse.Une seule raison de se réjouir : « toute velléité de collaboration » a été éteinte en lui.Avec des amis comme ça, le féminisme n’aurait pas besoin d’ennemis.Josette Catellier Montréal, 6 décembre 1991 Hommage à Guy Descary LE CONSEIL québécois du théâtre tient à ajouter sa voix a celles déjà nombreuses qui ont rendu hommage au travail de M.Guy Descary dont la disparition représente une perte coasidérable, tant pour la vie municipale que culturelle et artistique.En effet, monsieur Descary s’est toujours fait le défenseur du soutien municipal aux arts, que ce soit pour améliorer la qualité de vie dans sa propre ville ou plus largement sur le territoire de la Communauté urbaine de Montréal via l’action du Conseil des arts de la CUM, pour lequel monsieur Descary a toujours défendu une croissance, des plus justifiées, des fonds.À une époque où les décideurs de tous les paliers de gouvernements semblent opter pour des gels ou des diminutions aux budgets culturels, le Québec souffrira grandement du départ d’un homme tel monsieur Descary qui avait compris l’importance d’apporter le plus grand soin possible à la vie culturelle, tant celle-ci peut avoir une influence positive sur la vie en général, et aider à créer un climat de vie urbaine plus sain et davantge axé sur la fraternité humaine.La vie culturelle, ce n’est pas un loisir ou un luxe, c’est la porte d’entrée pour s’intéresser à la lecture, faire l’apprentissage de nouvelles connaissances et aller à la decouverte de soi-même, des autres et du monde.La vie culturelle participe à un ensemble social et joue un role primordial dans le développe- j ment de chaque être humain et de la société dans laquelle nous vivons.Ne pas faire ce lien, c’est faire de la politique à courte vue.Quelques-uns de nos politiciens le font ce lien, mais ils sont peu nombreux.M.Descary en était et le milieu des arts le regrettera.En espérant que d’autres suivent la voie tracée Normand Chouinard Montréal, 28 novembre 1991 Aimez-vous le Canada?CE PAYS ressemble à un couple parvenu à un certain bonheur à la suite d'un mariage de raison, mais qui décide tout d’un coup de consulter un expert en relations conjugales.Cet expert leur fait comprendre que les disparités entre eux rendent tout à fait illusoire j le bonheur dont ils croyaient jouir.Je propose la mise sur pied d’une enquête I téléphonique à la grandeur du pays au cours de laquelle seraient posées les questions suivantes : 1) Aimez-vous le Canada?2) Seriez-vous prêt à vous imposer des sacri- LE DEVOIR Fondé par Henri Bourassa le 10 janvier 1910 Directrice : LISE BISSONNETTE Rédacteur en chef et directeur de l'information Bernard Descôteaux Directeur délégué à l'administration André Leclerc Rédacteurs en chef adjoints Jean Francoeur, Michel Lefèvre Directeurs adjoints de l’information Pierre Cayouette, Jacques Chabot Guy Deshaies FAIS CE QUE DOIS fices pour défendre le Canada contre un agresseur étranger ?3) Est-il possible à votre avis, pour des gens de races et de cultures différentes, de vivre dans l’harmonie ?4) Nous croyez-vous assez intelligents pour négocier les réclamations qui pourraient surgir d'une manière paisible mais efficace ?Si la réponse à ces questions est majoritairement affirmative, quel besoin avons-nous d'une constitution ?A peu près comme le couple du début avait besoin de consulter un expert Gabrielle Bessette Sorel, 28 novembre 1991 Couverture de la culture LA COMMISSION parlementaire sur la culture mettait la semaine dernière le point final à deux mois d’audiences.Nous tenons à vous remercier de la place que vous avez accordée à cet événement unique de notre histoire culturelle.Grâce à votre initiative, nous avons pu suivre au jour le jour la pensée de ceux et celles qui font, supportent et s’intéressent à l’identité culturelle du Québec.Sans votre intervention, cette commission, qui a pourtant suscité un impressionnant taux de participation, aurait presque passé inaperçue.Vous avez ainsi largement contribue à faire de cette commission un vrai débat de société.Nous constatons encore une fois que LE DEVOIR s’impose comme une source indispensable d’analyse et d’information de toutes les sphères d’activités, les arts et la culture y compris.J’espère que nous assisterons ensemble à l’émergence d’une politique des arts et de la culture à la hauteur de nos ambitions et de nos rêves.Anne Marie Messier Montréal, 27 novembre 1991 Curiosité morbide HIER SOIR, entre une séquence du Téléjournal et une autre du Point, sur le respect de la dignité de la personne humaine, à l’occasion ae l’intervention du tribunal dans la chambre d’hôpital de Nancy D .Radio-Canada, au mépris du principe même de la dignité humaine, s’est outrageusement prostituée en montrant Michel Noël en train de s’effondrer en plein spectacle.Où est passée la puaeur ?Depuis quand la curiosité morbide, malsaine, le voyeurisme, l’emportent-ils sur la discrétion, la décence, la reserve, la retenue ?De quel droit, au nom de quelle dépravation peut-on pousser si loin le goût du sensationnel, toujours révoltant ?Très peu pour moi ! Le sympathique capitaine Bonhomme ne mérite-t-il pas mieux que cela ?Philippe Desjardins Ottawa, 29 novembre 1991 ) Daniel Latouche Leur bêtise et notre insolence T OUT POLITICIEN qui se respecte — et même les autres — inclut au moins une référence à l’internationalisation et à la globalisation au cours du plus humble de ses discours.À tel point qu’on ne prête plus guère attention à ce genre de références.C’est une erreur.L’un des aspects ignorés de cette interdépendance concerne la nécessité de tenir compte des intérêts et des susceptibilités de nos voisins avant d’entreprendre quoi que ce soit.Sur ce plan, celui de la politesse, il faut bien avouer que le Québec commence à tomber sur les nerfs d’un peu tout le monde et il serait grand temps que les ténors de la souveraineté le réalisent.Un peu d’humilité leur ferait énormément de bien.Que les Européens et les Américains soient impatientés par nos prétentions à parler en notre propre nom sur la scène internationale, cela se comprend.Ils vont s’y faire.Ce qui est plus inquiétant dans notre cas, c’est la reaction du Canada anglais et de tous ceux au Québec qui appuient le projet fédéraliste.Depuis quelques semaines, le ton a monté considérablement et, du côté fédéraliste, on commence à parler d’intolérance et de chasse aux sorcières.Oui, je sais, ce sont plutôt les pauvres souverainistes qui auraient raison de se plaindre du terrorisme économico-militaire dont ils seraient victimes.Pourtant, il ne s’agit pas de savoir qui est le plus martyrisé, mais de réfléchir aux conséquences de ces attitudes d’intolérance pour la suite du débat démocratique et pour l’après-référendum.C’est maintenant que les souverainistes doivent faire la preuve qu’ils font la différence entre la gouverne d’un pays et l’administration d’une province.CELA vous dérange-t-il de savoir que le Québec a perdu le peu d’alliés qu’il avait encore à l’extérieur de nos frontières inviolables ?Cela vous inquiète-t-il d’apprendre que les seuls appuis que la souveraineté ait réussi à se gagner dans les plaines de l’Ouest ou les usines de l’Ontario sont ceux de fanatiques antifrançais qui voient dans le départ du Québec le début de la chasse aux francophones de leurs propres provinces ?Moi, tout cela ne m’empêche pas de dormir, mais cela suffit a créer un malaise.Se pourrait-il que nous ayons tort ?Évidemment, ce n’est pas le genre de question qu’on a l’habitude de se poser en matière de changement constitutionnel, mais le caractère incongru de l’interrogation la rend particulièrement enrichissante.Aurions-nous manquer le bateau quelque part ?Et si nous avions contrevenu, malgré nous peut-être, aux bonnes manières de l’interdépendance des peuples et des sociétés ?L’intelligentsia canadienne-anglaise au grand complet, les poètes, les écrivains, les cinéastes, les universitaires, les journalistes, les travailleurs sociaux, les féministes, les philosophes, les étudiants, les sociaux-démocrates, les économistes, les constitutionalistes, les historiens, les protecteurs de l’environnement, les nationalistes, tout le monde est contre l’indépendance du Québec.Certes, ils reconnaissent notre droit à l’autodétermination et n’envisagent pas de prendre les armes pour faire respecter celui du West-Island, mais là s’arrête leur sympathie.Plusieurs d’entre eux prennent maintenant un malin plaisir à dresser la liste des calamités qui nous attendent.Ils acceptent actuellement de laisser s’installer un type de discours, celui de la force et de la menace, qu’en d’autres temps, ils considéreraient comme fascisant et terroriste.AVOUE ne pas comprendre.Le discours de la souveraineté est-il à ce point incompréhensible, menaçant et réactionnaire qu’ils soient incapables d’en saisir les nuances ?Et sur ce plan, la situation a même empiré depuis 1980.À l’époque, on n’était guère chaud non plus à l’idée de la souveraineté, mais dans le fond plusieurs Canadiens anglais espéraient secrètement une victoire du « oui » afin qu’on enclenche une fois pour toutes les processus de négociation.Maintenant, ils discutent calmement du meilleur moment où nous mettre en prison.Une explication un peu facile circule à ce sujet.C’est parce qu’ils sont convaincus que, cette fois, c’est la bonne que les Canadiens anglais réagissent aussi mal.Présumément, ils n’auraient plus d’illusion sur les chances d’un accommodement; alors pour eux, c’est la guerre.L’explication est tentante, mais il faut toujours se méfier de ces explications qui nous donnent le beau rôle.rw Prenez le cas de Jeffrey Simpson.C’est l’un des « columnists » les plus intelligents et les plus perspicaces du Canada.Il n’y en a pas dix comme lui sur la planète.Alors, comment expliquer que sur la question du Québec, il déraille complètement et qu’à chaque semaine il atteigne de nouveaux creux pour ce qui est de son incompréhension et, certains diront, de son mépris envers la société québécoise.En effet, vous pouvez être certain que Simpson ne manque pas une occasion de rappeler l’existence du moindre colloque où un quelconque illuminé s’est amusé à prédire la disparition du beurre de peanut dans un Québec souverain.On ne me fera quand même pas croire que Simpson a entrepris à lui seul de nous faire peur et qu’il est convaincu de l’efficacité des arguments quant à l’absence de papier de toilette dans un Québec souverain.Se pourrait-il que sa réaction et celle de ses collègues soient le signal de quelque chose d’autre ?Je suggère que c’est le ton avec lequel les souverainistes déballent leur salade qui les indispose au plus haut point et non pas uniquement le contenu du projet indépendantiste ou la perspective d’une réorganisation majeure de l’espace constitutionnel canadien.Bref, c’est l’arrogance des souverainistes qui leur donne des boutons et qui suscite chez eux des comportements aussi bizarres.Mettez-vous à leur place : à la longue, cela doit devenir énervant d’entendre M.Parizeau leur dire ce qu’ils pourront et ce qu’ils ne pourront pas faire avec le dollar et le passeport canadien une fois que le Québec sera souverain.EUT-ÉTRE M.Parizeau a-t-il raison ?Mais faut-il vraiment que le PQ s’ingénue à le leur démontrer à la moindre I occasion ?Oui, je sais : cela fait partie J du Plan 8B-YT5763, celui qui prévoit le désamorçage des batailles de chiffres, ; mais quand même ! Un peu de retenue J ne nous ferait pas de mal.Il ne suffit pas d’arriver à Noël tous I en même temps, il faut aussi réaliser j qu’il faudra tous vivre ensemble par la [ suite.C’est maintenant que cet apprentissage doit débuter en admettant franchement qu’on n’a pas les réponses à toutes les questions.Le projet souverainiste y gagnerait en profondeur et en civilité si ceux qui en font la promotion ne jouaient pas les vierges offensées au moindre argument de l’adversaire.Plus ils donneront l’impression d’avoir réponse à tout, plus l’autre côté en sera réduit à imaginer des scénarios de plus en plus ridicules afin de contrer la superbe de gens qui savent tout sur tout en tout temps.L’air du temps n’est-il pas aux désarmements de toutes sortes.Alors pourquoi ne pas commencer par celui des gros mots ?
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