Le devoir, 29 novembre 1991, Cahier A
La coalition Campus 2000 \ belle demande à l'U de M de trouver \gueule des alternatives à la construction d'un garage étagé de 1000 voitures\Tr7 sur le seul boisé en façade de Poly.V/ Vol.LXXXII — No 277 ?Nuageux.Giboulée.Max.: 2.Détail page B-7.Montréal, vendredi 29 novembre 1991 Toronto 85 cents 65* + TPS + TVQ SOCIETE PHOTO JACQUES GRENIER Un kiosque d’information à l’UQAM La prévention du sida cherche ses mots Le discours sur la prévention du sida ne se porte pas toujours très bien.Il cherche ses cibles, ses mots et.ses valeurs.En cette Journée mondiale consacrée au sida, Paul Cauchon fait état des difficultés que rencontrent les intervenants et trace le portrait de l’évolution de la maladie au Canada et dans le monde.Pages B-l et B-2 Le témoignage de Nancy B.ébranle le juge «Il sera plus difficile de rendre une décision après t’avoir connue» Michel Venne de notre bureau de Québec « SI TU CHANGEAIS d’idée, la Cour serait bien contente, mais je te comprends.» C’est sur ces mots que se sont laissés hier Nancy B., cette femme de 24 ans qui demande à la Cour supérieure d’ordonner que l’on débranche le respirateur qui la maintient en vie depuis deux ans et demi, et le juge Jacques Dufour, à qui revient la lourde tâche de rendre une décision dans cette affaire qui constitue un précédent au Canada.Les mots traduisent bien l’embarras et la douleur du magistrat qui a rencontré, hier à sa demande expresse, la jeune femme sur son ht d’hôpital, à l’Hôtel-Dieu de Québec.Le juge et la patiente se sont échangé à peine quelques mots : « Tout ce que je peux te aire.ça m’a fait plaisir de te connaître », dit le juge.« Moi aussi », a-t-elle répondu.« Je peux te dire que ça va être plus difficile à rendre la décision après t’avoir connue, a répliqué le magistrat.Mais je vais te souhaiter bonne chance.Je vais te dire un beau bonjour et puis je vais penser beaucoup à toi dans le temps de Noël surtout ».L’audition s’est déroulée en présence d’une quinzaine de personnes, dont les deux parents, les deux soeurs de Nancy B.et leurs maris, son médecin traitant Mme Danièle Marceau, les avocats et une sténotypiste du tribunal.Interrogée d’abord par son avocate Me Anne La-pointe, Nancy B.venait de répéter pour le bénéfice de la Cour ce qu’elle demande depuis plusieurs mois : « Je suis tannée de vivre sur un respirateur, ce n’est plus une vie.Je ne veux plus vivre sur machine, je ne veux plus vivre.» « La seule affaire que j’ai, c’est la télévision, et puis de regarder les murs, a-t-elle ajouté.C’est assez.Ça fait deux ans et demi que je suis sur ça, je trouve que j’ai fait mon gros bout ».Par de simples oui aux questions de Me Lapointe, Nancy B a confirmé qu’elle connaissait toutes les conséquences du débranchement de son respirateur, c’est-à-dire une mort certaine après quelques minutes.Paralysée complètement des épaules aux pieds, elle a soutenu qu’elle était prête à faire face à la mort.Les journalistes n’ont pas été admis à cette audition dont le compte rendu a été publié durant l’après- Volr page A-4: Nancy B.Le syndicat d’entretien de la STCUM fait volte-face Plus question de scinder la caisse de retraite Sylvain Blanchard ALORS QUE tout le monde pensait que les problèmes financiers de la STCUM étaient réglés pour l’année 92, voilà que le Syndicat des employés d’entretien (CSN ) annonce subitement hier qu’il n’est plus question pour lui de donner son accord à la scission du régime de pension des 8000 employés.Résultat : la STCUM pourrait être incapable de récupérer en 92 les 22 millions $ qu’elle comptait économiser grâce à un congé de cotisation dans ce régime.Toujours prise à la gorge par la réforme Ryan, l’entre- prise se retrouverait alors dans le même dilemme qu’il y a un mois.« À moins, dit le syndicat, qu’elle accepte d’annuler les mises à pied effectuées depuis mercredi dans notre unité de négociation, pour les remplacer par des mises à la retraite anticipées.La STCUM a appris la nouvelle lundi, en mettant la main sur un tract syndical.Jamais informée officiellement de cette décision, la Société prétend aussi, autre surprise, que les conséquences de ce geste sont loin d’être aussi inquiétantes qu’on pourrait le croire.« Quand nous l’avons appris, ravoir page A-4: STCUM Une vague anti-Québec déferle sur les Communes Des députés néo-démocrates et libéraux accusent Ottawa de favoriser le Québec au détriment des autres régions du pays Chantal Hébert I —- de notre bureau d'Ottawa UNE VAGUE de rancoeur a déferlé hier aux Communes dans la foulée de l’annonce de l’entente de développement industriel intervenue entre Ottawa et Québec et qui verra le gouvernement fédéral investir 160 millions $ dans la province au cours des cinq prochaines années.Le Nouveau Parti démocratique, imité en cela par au moins un député du Parti libéral et la seule représentante du Parti réformiste, sont ainsi montés aux barricades pour réclamer ce qu’ils disent être le dû de leur région.Plusieurs ont sous-entendu que le Québec enlève le pain de la bouche des autres régions du pays.Et les accusations de favoritisme circulaient librement.« Je vous félicite d’avoir trouvé de l’argent pour le Québec et surtout pour Montréal, a ainsi lancé le chef parlementaire du NPD Nelson Riis au gouvernement, mais vous avez dit qu’il n’y avait plus d’argent pour les fermiers.Vous avez dit qu’il n’y en avait plus pour les enfants pauvres du Canada.Par quel processus choisissez-vous les régions qui bénéficient de vos programmes ?» « Que faites-vous pour ma région de Windsor, pour London, pour Hamilton, etc, ?», a explosé de son côté son collègue ontarien Howard McCurdy qui devait lancer à sa sortie des Communes que : « Les Montréalais votent conservateurs et pas les gens de Windsor et ça semble être une partie du problème».Survenant au cours d’une session consacrée « sur papier » à refaire l’unité du pays, la période de questions d’hier passera à l’histoire comme une des démonstrations les plus patentes des tensions qui couvent entre le Québec et le reste du Voir page A-4: Une vague rnu i \j jrvuuco ixmucmu « Ceux qui m’ont écrit des chansons, je les ai tous aimés, j’ai envie d’être leur servante.Et je déteste leur mort.La mienne m’indiffère complètement.Pas la leur », dit Juliette Gréco.Y a-t-il une vie après Saint-Germain-des-Prés ?Odile Tremblay ELLE A quelque chose de fragile et d’émouvant à la fois, comme une rose sur le point de faner.Mais encore belle.Un visage las et blanc, des grands yeux humides trop charbonnés, de cheveux à peine plus pâles, à peine moins flottants qu’à l’époque où elle menait le bal existentialiste.Et à la main, un mouchoir noir en fine dentelle que la diva triturera (talisman ?chasse-trac ?) tout au long de la conférence de presse.Juüette Gréco est tellement une légende qu’on s’étonne presque de la voir marcher, parler, quand tant de ses amis, Vian, Camus, Cocteau, Sartre, de Beauvoir et compagnie, ont depuis belle lurette basculé du côté de l’Histoire.En 1942, Juüette Gréco commençait au « Boeuf sur le toit» une fulgurante carrière d’interprète sur les conseils de Sartre (« Eh bien, chantez, Gréco », lui dit-il).Près de cinquante ans plus tard, elle chante encore.Eh oui, U y a un après à Saint-Germain-des-Prés.La voici qui s’avance dans son éternelle robe noire.Est-ce d’avoir hanté les caves du Paris de l’après-guerre qui l’a fait adopter cette anticouleur ?« Le noir, je le porte pour me sentir protégée, explique-t-elle de sa voix rauque.Et j’en ai besoin de plus en plus.Les gens sont si agressifs, si violents et la vie teüement difficile.» Le ton est donné.Non, la muse de la chanson Rive Gauche ne posera pas au bloc d’assurance, mais s’affichera humaine, simple devant nous et Voir page A-4: Salnt-Germaln-des-Prés L’ÈRE est à la « qualité totale » dans les relations Québec-Ottawa, si on en croit les quatre ministres qui paradaient côte à côte hier, pour annoncer la conclusion d’une entente qui prévoit l’injection de 300 millions $ d’argent neuf dans l’économie du Québec.De cette somme, 160 mil-üons proviendront d’Ottawa et 140 de Québec.À les entendre, l’entente a été signée dans la plus pure félicité, preuve que le débat constitutionnel f-n’entache pas nécessairement la volonté des politiciens fédéraux et provinciaux de travailler main dans la main pour assurer le développement du Québec.C’est en tout cas le message qu’ont tenu à passer, à gros traits et à tour de rôle, les Benoit Bouchard, ministre fédéral responsable du développement régional au Québec, Pierre Blais, responsable de la région de Québec, Gil Rémillard, ministre québécois de la Justice et ministre des Affaires intergouvemementales, et Gérald Tremblay, ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Technologie.La collaboration entre les deux gouvernements dans ce dossier fut « une merveille », a lancé d’entrée de jeu le ministre Benoît Bouchard, avant de préciser, en réponse aux attaques néo-démocrates, qu’Ottawa « n’a jamais üé aide économique régionale et constitution».Cette entente, « fruit de la collaboration étroite entre nos deux gouvernements, nous permettra de poursuivre des objectifs communs pour le mieux-être de l’ensemble des Québécois», a renchéri le ministre GU RémiUard.Que demander de plus ?Nous avons eu l’argent que nous vouüons avoir, les mécanismes que nous voulions avoir, a dit M.Rémillard.| « Nous allons chercher le maximum du système tel qu’U existe.» Ce qu’on recherche, à Québec, c’est l’efficacité.C’est pourtant un secret de poüchi-nelle que les discussions entre Qué-! bec et Ottawa sur tout ce qui touche le développement régional sont marquées au coin de la rixe civilisée.L’enveloppe de 300 milüons de dollars sera répartie à travers le Québec, au cours des cinq prochaines années, et visera à donner un coup de pouce au développement industriel.Cela entraînera, espère-t-on, la création d’emplois permanents.Amélioration de la compétitivité, J meilleur positionnement pour l’ex-j portation, diversification de la struc-! ture des entreprises, effort pour sti-I muler l’innovation technologique, la recherche et le développement, tels sont quelques-uns des objectifs poursuivis par cette entente.Plus concrètement, l’argent ser- Volr page A-4: Benoît Bouchard Benoît Bouchard se défend de lier aide économique et constitution Jocelyne Richer de notre bureau de Québec JULIETTE GRÉCO RENOUE AVEC LE QUÉBEC Laurent-Michel Vacher LIBER Québec souverain ou Canada renouvelé?Ce choix n’en est pas un, dit ici l’auteur.Dans le débat actuel sur l’avenir du Québec, il y a méprise et confusion.Au mieux, il en sortira un Canabec étrangement familier.Un pamphlet décapant qui met à nu la farce constitutionnelle UN CANABEC LIBRE LIBER UN CANABEC LIBRE L •illusion souverainiste En vente en librairie A-2 U Le Devoir, vendredi 29 novembre 1991 Ottawa pourrait tenir un référendum avant celui du Québec, maintient Benoît Bouchard Jocelyne Richer de notre bureau de Québec TENIR un référendum d’un océan à l’autre sur la question constitutionnelle n’est en aucune façon un scénario exclu par le gouvernement fédéral.Et ce référendum pourait même survenir avant celui prévu par le Québec dans sa loi 150.C’est ce qu’a précisé hier le ministre Benoît Bouchard, qui tenait à informer ceux qui auraient pu retenir le contraire des déclarations faites par le ministre des Affaires constitutionnelles, M.Joe Clark, plus tôt cette semaine.Ottawa pourrait donc, a admis M.Bouchard, prendre Québec de vitesse et faire un référendum avant celui prévu dans la loi 150, qui fixe l’échéance au mois d’octobre 1992.Ce faisant, il irait à l’encontre de la motion adoptée mercredi par l’Assemblée nationale, motion qui reconnaît au gouvernement fédéral le droit d’adopter une loi référendaire, mais lui demande du même souffle de ne pas s’en servir et « de respecter le processus établi par la loi 150».Il s’agit, selon lui, d’une question de principe : « Ottawa a le droit de consulter les Canadiens sur l’avenir de leur pays ».Et le gouvernement fédéral le fera s'il le juge à propos.Inévitablement, a-t-il admis, il est possible que les deux référendums, le fédéral et celui du Québec, se « chevauchent ».Pour l'instant, à Ottawa, toutes les portes sont ouvertes, a dit en substance le lieutenant québécois du ouvernement conservateur, présent Québec dans le but d’annoncer une entente fédérale-provinciale sur le développement industriel du Québec.Aussi, garantir au Québec qu’il n’y aura pas de référendum fédéral avant octobre 1992 serait faire preuve, selon lui, « d’une absence de vision, et serait complètement irres- ponsable, parce qu’on ne connaît pas les événements qui peuvent se produire d’ici-là.Si ce pays-là éclate ou risque à deux ou trois semaines près d’éclater, est-ce que je vais dire : je me suis engagé à ne rien faire, je ne fais rien ?Absolument pas ! ».Mais il reste au gouvernement à choisir la façon la plus appropriée d'impliquer la population canadienne dans le débat : « Est-ce par référendum ?Par plébiscite ?Par une conférence des premiers ministres ?» Cela reste à voir.Cet éventuel référendum national devra être fait de telle manière que « le Québec conserve le droit de prendre ses propres décisions », a précisé le ministre fédéral de la Santé.M.Bouchard tenait hier à réagir à la perception, fausse selon lui, selon laquelle, à la suite de déclarations du ministre Joe Clark, le gouvernement aurait renoncé à son intention d’adopter une loi lui permettant de tenir un référendum.Devant le tollé soulevé par son projet, qui apparaissait déjà dans le Discours du trône le printemps dernier, le ministre Joe Clark disait mardi soir que le gouvernement ne présenterait pas de projet de loi sur ce sujet avant les Fêtes.À partir de février, cependant, tout est possible.Quant au ministre Gil Rémillard, responsable québécois du dossier constitutionnel, il a réafirmé hier la position traditionnelle du gouvernement à savoir que les Québécois doivent, seuls, et librement, décider de leur avenir.Par ailleurs, en Chambre, en réponse à une question du chef de l’opposition, M.Jacques Parizeau, le premier ministre Bourassa a affirmé hier qu’il n’avait pas l’intention de modifier la position prise le 23 juin 1990, à l’effet de ne participer à aucune conférence constitutionnelle qui réunirait tous les premiers ministres du pays.Le premier fonctionnaire du Québec préconise une réduction des dépenses de un milliard $ Michel Venne de notre bureau de Québec LE GOUVERNEMENT du Québec continue de préparer les esprits à une réduction de dépenses qui dépassera le milliard $ l’an prochain.Des mesures draconiennes seront prises qui pourraient notamment affecter à la hausse la tâche des enseignants, imposer une réduction nette de 1 % (ou 600 postes par année) de la fonction publique ainsi que de nouveaux tarifs, entre autres dans le domaine de la santé.Cette fois-ci, on fait savoir que c’est sérieux.En témoigne la disponibilité avec laquelle le secrétaire général du conseil exécutif, soit le plus haut fonctionnaire du gouvernement, M.Benoît Morin, a expliqué ouvertement à quelques journalistes hier les recommandations qu’il vient de faire au conseil des ministres pour réduire les dépenses de l’État.Les scribes étaient venus l’entendre prononcer une conférence devant les membres de l’Institut d’administration publique du Canada et la rencontre subséquente s’est prolongée durant une heure de son précieux temps.Maggie Marwah de la Presse canadienne HALIFAX — Reconnaissons le caractère distinct du Québec si c’est ce qu’il faut pour garder le pays uni.Telle est la recommandation du comité constitutionnel de la Nouvelle-Écosse, qui propose aussi d’enchâsser le droit des autochtones au gouvernement autonome dans la Constitution.Ce sont là quelques-unes des principales conclusions du comité ae la Nouvelle-Écosse sur la réforme constitutionnelle, qui remettait hier son rapport, Le Canada : un pays pour tous.Selon son président Eric Kierans, les Néo-Écossais que son comité a entendus veulent que le Québec devienne un participant à part entière de la Confédération.L’option la plus acceptable, à leurs yeux, est la reconnaissance constitutionnelle de la société distincte, à condition que nistres ont remis à la mi-novembre un rapport contenant 242 recommandations pour réduire les dépenses de l’État.La plupart d’entre elles proviennent cette fois-ci des ministères concernés.On doit s’attendre à ce que cette fois-ci, elles soient appliquées.M.Morin nous a référés plusieurs fois à des informations publiées le 16 novembre dans le Journal de Montréal et le Journal de Québec tirées du rapport de son propre groupe, lequel avait fait l’objet d’une fuite au bénéfice du chroniqueur Normand Girard.Le texte nous apprend que le comité Morin a réussi à dégager des solutions qui permettront de couper 1 milliard $ de dépenses en 1992-93, 1,3 milliard $ en 93-94 et 1,5 milliard $ l’année suivante.L’objectif du groupe de travail était de couper 2 milliards $.En 1994-95, les dépenses de santé seraient réduites de 239 millions $, celles de l’Éducation de 381 millions f, de 182 millions $ à l’Enseignement supérieur et de 145 millions $ à l’aide sociale.Le plan Morin prévoit la réduction nette par attrition de 1 % des 63 000 postes de la fonction publique, soit quelque 630 postes à temps complet celle-ci soit définie en termes de langue, de culture et de droit civil.Mais cette clause ne devrait pas pouvoir servir de prétexte aux provinces pour s’accaparer davantage de pouvoirs et affaiblir le système fédéral a-t-il prévenu.Et les provinces devraient demeurer des partenaires égales au sein de la Confédération.Les Néo-Écossais ont également signifié au comité que le sort fait aux autochtones constituait « une véritable honte nationale, dont nous sommes tous responsables», notamment les gouvernements qui, à tous les niveaux, créent et perpétuent cette situation.Ils veulent que les droits des autochtones et les traités soient respectés, a ajouté l’ex-ministre sous les gouvernements de Lesage au Québec et de Trudeau à Ottawa.Le premier ministre Donald Cameron s’est abstenu de commenter le rapport, en disant qu’il souhaitait d’abord en débattre avec les leaders des trois partis d’opposition.Les partis ont formé le comité non partisan l’an prochain.Il suggère la fusion ou l’abolition d’organismes (fusion des conseils de la famille, de la jeunesse et des affaires sociales, fusion des conseils de l’éducation, des universités et des collèges, abolition de la Commission de protection de la jeunesse dont le mandat serait refilé à la Commission des droits de la personne, abolition de l’Institut du cinéma et du Conseil de la conservation et de l’environnement).Le haut fonctionnaire a expliqué hier que les mesures les plus importantes visent le plus grand nombre.Par exemple l’augmentation de la tâche des enseignants, qui permettrait des économies substantielles non seulement ponctuelles mais à long terme.Diverses nouvelles tarifications sont suggérées comme des frais de scolarité au collégial ou un impôt-service sur les soins de santé complémentaires (optométrie, médicaments) et la désassurance de certains services médicaux comme les soins dentaires aux enfants.Le groupe rejette à court terme mais retient pour l’avenir l’idée d’imposer un impôt à rebours aux contribuables sur l’ensemble des soins de santé, comme le propose d’ailleurs avec insistance un comité de députés groupant onze personnes, y compris un Indien Micmac, afin de sonder le pouls de l’opinion publique sur la réforme constitutionnelle et contribuer à élaborer la position de la province dans le débat sur l’unité.M.Kierans a indiqué que le groupe avait entendu 450 000 Néo-Écossais, soit en personne, aux audiences publiques, ou par le biais de documents écrits, individuels ou de groupe.Il a admis que les préoccupations d’ordre économique avaient dominé les présentations.présidé par M.Rémy Poulin.M.Morin estime qu’il faut d'abord s’assurer de changements à la loi fédérale sur la santé (C-3) qui interdit aux provinces sous peine de pénalités d’imposer des frais pour les soins de santé.Il n’en estime pas moins que le critère qui devrait guider le gouvernement devrait être dorénavant l'accessibilité aux services et non pas, comme le prévoit la loi fédérale, l’universalité et la gratuité des services.Le comité Morin a pris soin de suggérer des mesures qui n’affecteront pas les plus démunis, a expliqué le secrétaire général.Le groupe de M.Morin est parti du principe que les Québécois ne veulent plus payer de nouveaux impôts pour financer des services dont ils ne sont pas directement bénéficiaires.Il suggère en outre qu’à plus long terme on engage de nouveaux transferts de responsabilités vers les paliers locaux (commissions scolaires et municipalités) et que le gouvernement se désengage partiellement de certains secteurs comme le loisir.M.Morin ne voit pas pourquoi on devrait financer avec des deniers publics un centre de ski comme le mont Sainte-Anne qui appartient au gouvernement, par exemple.Quant à l’imputabilité des fonctionnaires, le thème de la conférence du secrétaire général (plus de 200 personnes dont la plupart des hauts fonctionnaires au gouvernement du Québec s’étaient déplacés pour l'entendre), M.Morin préconise la prudence, jugeant que le gouvernement a déjà fait plusieurs pas dans la direction d’une plus grande imputabilité interne.Il estime par ailleurs qu’il y aurait un problème à forcer les hauts fonctionnaires à l’imputabilité externe (rendre des comptes non plus à leur patron immédiat mais en public aux députés).Il voit mal un haut fonctionnaire défendre ou critiquer la politique dont il est responsable mais qui a été décidée au niveau politique.À son avis, il y aurait un risque que ces personnes ne disent pas ce qu’ils pensent vraiment.Des chefs autochtones mettent « la pédale douce » sur l’aide éventuelle de l’armée fédérale M.Morin et un groupe de sous-mi- «Oui» à la société distincte sans pouvoirs différents, dit-on en Nouvelle-Écosse «F SEBASTIEN JAPRISOT SERA AU QUÉBEC DU 1ER AU 5 DÉCEMBRE «Une enquête qui nous fait tirer la langue et sauter de chapitre en chapitre sans prendre le temps d’un verre d’eau.C’est haletant.» Jacques Folch-Ribas, Im Presse «Les héroïnes de Japrisot sont d’inoubliables entêtées qui ont peut-être perdu quelque chose — le plus souvent un grand amour.— mais qui sont patientes et fidèles comme personne.Elles arrivent toujours à leur fin.Et nous ne restons jamais sur la nôtre.» Marie-Claude Fortin, Voir Sébastien Japrisot sera à la librairie Champigny au 4380, rue St-Denis à Montréal le dimanche 1er décembre de 14h30 à15h30.Éditions Denoël, 367p„ 24,95$ d’après la Presse canadienne LE MINISTRE des Affaires autochtones du Québec, Christos Sirros, voit une « erreur stratégique » dans les propos de Jerry Peltier, chef du conseil de bande mohawk de Kanase-take, touchant un recours à la force advenant la souveraineté du Québec.Devant l’Assemblée des Premières Nations, mercredi à Ottawa, M.Peltier a demandé au ministre Joe Clark si le fédéral enverrait l’armée pour empêcher le gouvernement du Québec de « prendre nos terres » en cas de souveraineté.« C’est une erreur stratégique que de sauter ainsi les étapes en s’arrêtant à une question hypothétique, avant même d’examiner les offres fédérales.Cela mène à un cul-de-sac et ne fera pas avancer le dossier », a affirmé hier M.Sirros, lors d’un colloque sur la question autochtone.M.Clark avait condamné ces propos de M.Peltier et M.Sirros rap-prouve : « Ce n’est pas comme ça qu’on porte son attention où il faut.Les feux doivent être éteints, ils n’ont pas à être allumés.» Présent la veille à Ottawa et au colloque d’hier, Max Gros-Louis, chef ae la nation huronne-wendat, a atténué les paroles de M.Peltier.« Ce n’est pas l’armée qu’on veut.Et il a fallu poser trois fois la question à M.Clark, à la fin elle était plus directe, plus brusque.» Selon M.Gros-Louis, il s’agissait de savoir si le fédéral « est prêt à protéger nos droits territoriaux ».Par le recours à la force ?« La force de la loi, oui.Pas celle des armes.Nos réclamations territoriales, c’est une responsabilité fédérale, nous voulons qu’Ottawa le dise.» Les autochtones risquent-ils d’être maltraités dans un Québec souverain ?« On ne sait pas, il faut quand même prévoir.Et puis le Québec n’est pas encore souverain », répond M.Gros-Louis.Selon M.Sirros, l’évocation du re- cours à la force « est une façon d’esquiver les questions concrètes.Je suis convaincu que ce n’est pas le souci principal de la direction autochtone », puisque « dans les offres (constitutionnelles) fédérales, il y a une portion touchant les autochtones qui vaut d’être étudiée ».L’échange avec les reporters portant aussi sur les « droits inhérents » que réclament les autochtones à l’échelle nationale, M.Sirros a indiqué que, pour établir une position officielle du gouvernement du Québec, « il faut d'abord attendre les offres du fédéral».Quant à Davis Rice, du conseil de bande mohawk de Kahnawake, la référence à l’armée par M.Peltier lui semble également « prématurée ».À Kahnawake, indique-t-il, les avis diffèrent sur la souveraineté du Québec.Ainsi il y a l’opinion suivant laquelle « on dit bienvenue à un Québec indépendant.Et les réalistes, pour qui il faut se demander si le Québec a le droit d’agir en ce sens.» Pour M.Rice, « je doute que nous allions dans le seas » de la souveraineté.Mais par contre cela « ne fera pas de problème » si les peuples autochtones sont d’abord « consultés».« C’est une belle idée aussi de vouloir garder le Canada uni.Il faut voir les pour et les contre.Les opinions, ça change avec le temps.» Le colloque, M.Rice ne l’approuve quant à sa procédure mais « je suis venu par curiosité, pour aider à clarifier et avoir notre voix au chapitre ».Dans son discours d’ouverture, le ministre Sirros avait dit qu’une autonomie gouvernementale des autochtones, comme cela semble faire consensus à la suite de colloques semblables à Sept-lles et Val-d’Or, aurait pour champs d’application principaux l’identité culturelle, l’éducation, la vie en communauté et le développement économique.EN BREF.Les sidéens pourront mieux respirer LE MINISTRE de la Santé Marc-Yvan Côté a annoncé hier l’élargissement de la gratuité aux médicaments pour les personnes atteintes du sida.Cette gratuité, déjà consentie à l’AZT, le médicament le plus connu pour le traitement des personnes atteintes, sera étendue au DDI, à la Pentamidine en aérosol et aux sulfamidés tels que Bactrim et Septra.L’ensemble de ces mesures représente un déboursé de 11 millions ?sur deux ans pour le ministère, et les patients atteints du sida pourront « éventuellement se prévaloir de la directive ‘Malades sur pied’ », a-t-il ajouté.Bourassa face à ses militants S TE^PS qui courent, les dirigeants du PLQ préfèrent parler de oJISi ^uo* sauf de constitution.Quand s’annonce une réunion du conseil general du parti, cette instance formée de quelque 200 délégués des comtés, n.ÂiïïV i e^n .i"rilouveUes Priorités.En vue de la réunion qui se tiendra à yueDec les 7 et 8 décembre, ils ont prévu quatre ateliers thématiques sur : les .i Quesi.le développement régional; l’éducation primaire et «aire; la politique culturelle.Mais Uest probable que la tentative de îîe, “?sira Pas- D’abord, il est impensable que le rapport du P™™ de la Commission jeunesse, Mario Dumont, n’aborde pas la question f o*—"utiomielle.il y a aussi le rapport du président du comité de suivi des h ® ecl°raux, Thierry Vandal, qui doit faire le bilan de la tournée ^ el d’autres ont animée à travers le Québec sur les propositions fédérales.Et pour être certaines que ce conseil général sera nSf011 de s assurer que leurs dirigeants ne cherchent pas a dévier de la constitutionnelle démocratiquement adoptée par la base, (le rapport des associations de comtés ont achemine au secrétariat des resolutions qui traitent de la question.Évidemment, la clarté viendra du discours de clôture de leur chef, Robert Bourassa.Mystère aux urnes de Regina yfiLÜl?iElJRS é!ecîorales des gens de l’Ouest appa les élections générales du 21 octobre, qui ont conclu laraissent bizarres depuis qui ont conclu à la victoire d’un autre iremier ministre Roy Romanow en seulement de à un epts : le financement de dative d’équilibrer le budget annuel if °!11 aux tro*s questions.Mais en faisant le compte du Y?;1ler.s électoraux ont constaté que plus de 100 000 bulletins avaient Pn.irJînnf 9 nf" avaie,nt Pas utilisés, ou avaient tout simplement disparu.Pourquoi .Un mois plus tard, c’est un mystère qui reste à éclaircir.Le vrai visage de Preston Manning AU SOMMET des sondages d’opinion publique de l’Ouest canadien, le Reform Party vient de recevoir son premier coup de jamac.L’écrivain Murray Dobbin, l’ouvrage intitulé Preston Manning and the Reform Party, donne une image peu flatteusse de cette formation et de son chef.Preston Manning y est décrit comme un énigmatique personnage, un opportuniste manipulateur au passé mystérieux.Et alors que le Reform Party se targue d’être proche du peuple, Murray Dobbin le présente comme un outil servant à faire avancer les intérêts des grandes corporations, dont plusieurs ont leur siège social aux Etats-Unis.« Sous des dehors de populiste, Manning profite des craintes de ses partisans pour promouvoir une politique ultra-conservatrice ».Une autre candidature dans Anjou UN DEUXIÈME candidat à l’investiture du Parti québécois, M.Nelson Bouchard, dépose aujourd’hui son bulletin de candidature en vue des élections partielles qui doivent se dérouler d’ici février dans Anjou.Impliqué dans de nombreux organismes communautaires, M.Bouchard se présente comme le « gars du quartier », près des gens et loin des professionnels de la politique.Pour le moment M.Bouchard doit affronter un jeune avocat, Pierre Bélanger, qui est appuyé par plusieurs membres de l’exécutif péquiste du comté.Les candidats du PQ ont jusqu’à dimanche pour faire connaître leurs intentions.L’assemblée d’investiture du Parti libéral dans Anjou a également lieu dimanche.Hommage à Léon Dion QUÉBEC — L’engagement intellectuel, mélanges en l’honneur de Léon Dion, est lancé ce soir à l’Université Laval.Préparé sous la direction de Raymond Hudon et de Réiean Pelletier, professeurs au Département de science politique, publié par les Presses de l’Université Laval, cet imposant volume de près de 600 pages regroupe plus de 30 textes de chercheurs universitaires, de praticiens de la politique et d’amis de M.Dion, qui professe à Laval depuis 40 ans.Cet ouvrage rend hommage à cet éminent professeur-chercheur, pionnier de la science politique au Québec, observateur perspicace de la scène politique et acteur engagé dans les grands débats qui marquent l’évolution du Québec et du Canada.Le lancement se fait en présence de M.Dion et de sa famille, du recteur Michel Gervais, qui a préfacé l’ouvrage, et de nombreuses personnalités du monde universitaire et de la politique.LE DEVOIR rendra compte, mardi prochain, de cet ouvrage remnarquable, consacré à M.Dion qui, au fil des décennies, a collabore à de multiples reprises à la page des « idées » de ce journal.Le déménagement de l’Hôtel-Dieu LA CHAMBRE de commerce du Montréal métropolitain demande au ministre de la Santé et des Services sociaux de tenir une séance d’information réunissant tous les intervenants dans la relocalisation de l’Hôtel-Dieu, « afin que des réponses claires soient apportées quant aux multiples enjeux dans ce dossier ».« Trop de questions importantes reçoivent des réponses incomplètes, voire même contradictoires dans ce dossier important pour la région de Montréal pour conclure, sans plus d’information, à la nécessité de relocaliser l’Hôtel-Dieu », a déclaré le président de la Chambre Jean G uifbault.L’organisme estime qu’une bataille de chiffres s’est engagée notamment quant au calcul des besoins de lits de courte durée au centre-ville de Montréal, et se demande quels sont les critères qui servent à déterminer les besoins.La Chambre dit aussi s’interroger sur les raisons qui entraîneraient une présumée sous-utilisation de l’IIôtel-Dieu d’ici une dizaine d’années, même s’il était rénové, et soulève plusieurs autres questions qui, à son avis, militent pour une rencontre d’information avec le ministre responsable du dossier.Quels régiments iraient en Yougoslavie ?OTTAWA (PC) — Quelles formations canadiennes seront expédiées en Yougoslavie, lorsque le Conseil de sécurité de l’ONU décidera d’y envoyer une force de maintien de la paix ?« Nous examinons plusieurs possibilités », a répondu hier Mme Mary Collins, ministre associée de la Defense.Le Régiment aéroporté canadien, cantonné à Petawawa en Ontario, est officiellement le bataillon d’infanterie au service des Nations unies.Mais il est sur le point de s’envoler pour le Sahara occidental, où les troupes de l’ONU superviseront un vote sur l’indépendance.Dans le sud-ouest de l’Allemagne, à seulement 1000 kilomètres de Belgrade, se trouve la 4e Brigade mécanisée ’ canadienne, avec les forces de l’OTAN.À Petawawa, le capitaine Mark Walsh a déclaré que l’entraînement se poursuit toujours en vue drune mission au Sahara.« Nous n’avons été prévenus d’aucun changement » a-t-il noté C’est que la décision n’est pas encore prise par les autontés canadiennes a signalé M.Scott Mullin, porte-parole du ministère des Affaires extérieures’ Le choix et l’importance des unités dépendront des besoins, a-t-il dit.Dans le passé, le Canada a fait des contributions en infanterie, mais également en logistique et en communications.L’argument en faveur des parachutistes de Petawawa est qu’il sont prêts à partir, leur équipement se trouvant déjà dans des conteneurs, aux couleurs de 1ONÜ.Mais si on les envoie en Yougoslavie il va falloir trouver un autre bataillon pour le Sahara occidental Et ces soldats n’auront alors pas subi l’entraînement pour le désert.Une commission du Parlement européen favorise une certaine légalisation des stupéfiants BRUXELLES (Reuter) — Une commission d’enquête du Parlement européen sur la drogue a préconisé hier la légalisation partielle de la vente des stupéfiants pour en enrayer le trafic et lutter contre la propagation du sida.Après neuf mois d enquête, neuf membres de la commission sur 15 ont adopté une déclaration qui condamne les politiques prohibitionnistes a-t-on appris de source parlementaire.« C’est un premier pas pour mettre fin au monopole du crime organisé sur le trafic de la drogue », a déclaré Marco Paradash, vice-président de cette commission, un radical italien qui avec l’appui des socialistes et des écologistes, a mené le combat contre les conservateurs favorables à la prohibition.Cette déclaration doit être approuvée par les députés européens, qui sont toutefois majoritairement opposés à la légalisation des stupéfiants.La commission a estimé que les politiques prohibitionnistes n’avaient eu aucune efficacité dans la lutte contre la drogue.« Le Devoir, vendredi 29 novembre 1991 ¦ A-3 mû» ËÉSÉt wmM.^ mmm t i, que le gouvernement canadien a tournées à son seul et unique avantage.Il n’est donc pas surprenant que, malgré eux, les Québécois craignent la triste répétition du dicton : jamais deux sans trois.En ce sens, la prudence extrême du premier ministre Bourassa est fort compréhensible : le gouvernement craint comme la peste un référendum qu’il ne serait pas sûr de gagner.On se serait attendu à ce que, péniblement instruit par l’expérience personnelle de plusieurs de ses ministres et députés du Québec, M.Mulroney fasse preuve de la même réserve envers un recours ultime.Mais c’est un indice supplémentaire du désarroi qui règne à Ottawa que le cafouillage dans lequel sombre, chaque jour davantage, la tentative de renouvellement du fédéralisme canadien.Il y a un an déjà que, pour tenter de dénouer l’impasse constitutionnelle, le premier ministre évoque la possibilité d’un ou de référendums.Tout en rejetant l’élection référendaire que réclamait le chef libéral Jean Chrétien, le gouvernement conservateur laissait grande ouverte la porte à une consultation populaire pan-canadienne.Fin mars, à la suite du rapport Bélanger-Campeau — proposant aux Québécois de décider de leur avenir au plus tard fin octobre 1992 — M.Mulroney brandissait la menace d’un référendum canadien sur une question « directe et honnête ».Dans le Discours du trône, en mai, il rejetait l’idée d’une constituante, mise de l’avant par le premier ministre Rae et le NPD fédéral; mais il faisait sien, sans le dire ouvertement, le projet de référendum imposé par M.Chrétien au Parti libéral du Canada.Durant les mois qui suivent, chaque gouvernement vaque à ses affaires.Celui de Québec fait adopter la loi 150 qui prévoit la grande échéance référendaire; celui d’Ottawa attend des panacées des commissions Spicer, Beaudoin-Edwards et, finalement, Castonguay-Dobbie.Celle-ci, comme les précédentes, échouant lamentablement, jusqu’à en rendre malade le sénateur Claude Castonguay — on voulait la tête de Mme Dobbie, c’est lui qui est parti — les deux partis d’opposition ont beau jeu pour faire monter les enchères et monnayer, en quelque sorte, leur participation à l’étude conjointe des 28 propositions de la fin septembre.C’est ainsi que, dans son package deal d’une dizaine de conditions, M.Chrétien rappela au ministre responsable sa promesse de présenter aux Communes un projet de loi référendaire avant la fin de cette année.On ne sait au juste à quoi M.Joe Clark s’est engagé.Toutefois, satisfaits de l’engagement gouvernemental, les libéraux ont réintégré le comité conjoint — devenu Beaudoin-Dobbie — qui, au lieu de continuer à prendre le pouls des Canadiens from coast to coast, se contentera d’une demi-douzaine de forums « régionaux », après les Fêtes.Ottawa attise les tensions au lieu de les alléger Mais la pagaille s’installe de plus belle, rappelant l’épopée du court règne de M.Clark comme premier ministre, en 1979.M.Mulroney et son lieutenant Benoît Bouchard ont à peine le dos tourné — pour le Sommet francophone de Paris — que le ministre responsable sème la confusion au caucus conservateur du Québec.Les uns après les_ autres, une douzaine de députés, et même une ministre, Mme Monique Vézina, confient qu’ils ne voient vraiment pas comment un référendum dit national pourrait régler le problème du Québec et, du même coup, le mal canadien.Surtout que, il y a moins de quatre mois, l’aile québécoise a réussi à faire adopter en congrès général du Parti conservateur, à Toronto, une résolution reconnaissant le droit à l’autodétermination du Québec.M.Clark a beau expliquer qu’Ottawa doit garder toutes les options ouvertes, qu’un éventuel référendum ne serait que consultatif et que chaque « région » ne serait pas étouffée par les autres — comme ce fut le cas du Québec au plébiscite de 1942 — rien n’y fait.L’ombre maléfique de M.Chrétien et de ses sombres oeuvres de 1981-82 suscite la grogne dans les rangs des Tories québécois.Tenir un référendum fédéral avant celui du Québec, c’est un truc à la Jean Chrétien, craignent des députés, venus à Ottawa précisément pour tenter de réparer l’affront imposé au Québec par le gouvernement Trudeau-Chrétien.C’est viscéral chez eux.On ne saurait les blâmer, bien au contraire.Le consensus que le gouvernement, aux abois, tente de susciter à travers le pays, il n’est même pas capable de le maintenir dans ses propres rangs.Pour un Patrick Boyer, député d’Etobicoke-Lakeshore, qui fait une ardente campagne pour le référendum, dix collègues québécois menacent de mutinerie, évoquant les « trahisons » des premiers ministres Borden (1917) et King (1942).S’empêtrant, M.Clark explique qu’une loi référendaire ne serait qu’un outil dans la panoplie fédérale et que le gouvernement préférerait ne pas s’en servir.Ce qui évoque, bien sûr, le tristement célèbre mot de King : pas nécessairement la conscription, mais la conscription si nécessaire.En fait de faux pas, M.Clark n’en oublie aucun.Tant et si bien que, d’explication en explicitation, et de virage en virage, il se rend aux objurgations des Québécois.Pas de loi cette année.Au grand désespoir de M.Chrétien et de ses semblables, pour qui le gouvernement cède aux « séparatistes» qui infectent ses rangs, jusque dans les officines ministérielles.Une crise est étouffée péniblement, une autre surgit.C’est un feu de brousse.La confusion est si grande que le « lieutenant » Bouchard, après avoir donné raison à ses grognards et fait battre M.Clark en retraite, remonte à l’assaut et ressort le spectre référendaire du placard.C’est à n’y rien comprendre.D’un côté, en furie, il reconnaît qu’il appartient au Québec, et à lui seul, de décider de son avenir; de l’autre, conciliant, il ne s’oppose pas à un éventuel référendum à l’échelle canadienne, qui ne nierait pas pour autant les aspirations et le choix des Québécois.Comme dans la chanson, tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.Le ministre Bouchard, dont les tortueux états d’âme n’ont plus de secret pour l’observateur même le plus distrait, opine aussi que la souveraineté du Québec serait « une absurdité ».À en juger toutefois par la valse à mille temps qui prédomine dans les rangs ministériels, le gouvernement dont il fait partie est passé maître de l’absurde et de la confusion, érigée en politique.Il est mal venu de faire la leçon aux Québécois dont la démarche est, à ce jour, on ne peut plus légitime et cohérente.M.Bouchard a aussi dit que toute cette bataille faisait oublier l’essentiel : les nouvelles propositions constitutionnelles.À cet égard, il a cent fois raison.Et le temps presse.GILLES LESAGE Impossible réconciliation au Cambodge IMAGINEZ qu’un dictateur de votre connaissance ait fait physiquement disparaître, dans des fours crématoires ou par des moyens apparentés, quelque chose comme un sixième des citoyens de votre pays, y inclus votre mari, votre beau-fils et deux de vos enfants.Imaginez que ce dirigeant politique ait joui, pendant les années d’exil qui ont suivi le génocide en question, de la reconnaissance internationale, sous prétexte qu’il avait été chassé par un impérialiste voisin devenu occupant.Imaginez que cet ex-boucher, formé dans les hauts lieux de la pensée progressiste parisienne d’une certaine époque, rentre un beau matin au berçait à la suite d’un accord concocté par la communauté internationale.Vous avez alors l’explication de la scène survenue avant-hier à Phnom Penh, alors que Khieu Samphan — l’ex-dictateur en question, Khmer rouge de son état et partie prenante du nouveau contrat politique cambodgien — a été spontanément attaqué par une foule qui ne se souvenait que trop bien à qui elle avait affaire.Les Khmers rouges — ce mouvement qui porta, entre 1975 et 1978, à leur ultime conséquence les thèses délirantes de la « révolution culturelle » chinoise, avant d’être chassé par les Vietnamiens — sont l’une des quatre parties légitimes de l’accord de Paris sur le Cambodge.Mais ce nouvel épisode — qui a vu Khieu Samphan retourner précipitamment dans la Thaïlande voisine, sa vie sauvée par la peau des dents — illustre la difficulté qu’il y a à transposer sur le terrain les beaux textes censés consacrer la réconciliation.Que faire, en effet, quand la population locale refuse d’accorder des droits politiques aux coupables d’un crime contre l’humanité ?Que faire, quand le pardon est impossible si justice n’a pas été rendue ?Les Khmers rouges — qui avaient toujours pu, malgré leurs atrocités antérieures, se prévaloir de « la légitimité des envahis » — sont assurés, pour l’actuelle période de transition, de l’impunité; une impunité sous bonne garde internationale.Mais est-ce juste ?On comprend très bien que les Cambodgiens, avec leurs tripes et avec leur coeur, aient répondu « non » et réagi comme ils l’ont fait — malgré la sauvagerie de tout lynchage.Le problème posé se résume à ceci : que peuvent bien valoir les accords politiques passés au-dessus de la tête des gens, fussent-ils parés de la bénédiction de l’ONU, de la bienveillance des Casques bleus et de l’approbation de toutes les grandes puissances ?Un peu partout, le divorce croissant entre les politiques et les sociétés qu’il sont censes refléter, entre les jeux d’élites et le terrain, entre l’officiel et le réel, ne laisse d’inquiéter.FRANÇOIS BROÜSSEAU LETTRES AU DEVOIR De Gaulle encombrant EN PRÉVISION des fêtes du 350e anniversaire de la fondation de la Ville de Montréal l’an prochain en 1992, le maire Jean Doré a décidé d’ériger une statue de Charles De Gaulle au parc Lafontaine, sur la rue Sherbrooke juste en face de l’hôpital Notre-Dame.En même temps, l’hôpital Notre-Dame projette d’agrandir le stationnement en arrière de l’édifice, sur la rue Plessis.Ce projet déjà commencé a déplacé tous les véhicules dans les rues avoisinantes si bien qu’il n’y a plus assez de place pour les nombreux employés et médecins de l’hôpital Notre-Dame, les visiteurs des patients hospitalisés, et les patients eux-mêmes qui se présentent aux cliniques et aux services externes pour traitement.Malgré toute la représentation des autorités de l’hôpital Notre-Dame auprès de la Ville de Montréal pour décaler ces travaux, le projet « De Gaull » a débuté en même temps et comporte la démolition de toute l’aire de stationnement des voitures devant l’hôpital Notre-Dame sur la rue Sherbrooke.Il va s’ensuivre un inconvénient majeur pour tous les intéressés au cours de l’année et plus encore durant l’hiver lorsque les rues seront bloquées par le déneigement.Bien au cou rant de ces prévisions très nuisibles à tout le monde, le maire Doré n’a pas voulu surseoir à son projet.De Gaulle a déjà crée du remous en 1967 ! Mais il est reparti et on ne l’a plus jamais revu.Maintenant on va l’avoir pour toujours : encombrant et inutile, sans compter le coût exorbitant de cette statue ironiquement érigée devant l’hôpital Notre-Dame dont le budget restreint empêche l'achat d’instruments nouveaux pour le dépistage du cancer tel que l’appareil à résonnance magnétique.Ce monument aurait pu être placée ailleurs, par exemple au milieu du stade olympique.Debout, majestueux, soutenant le toit déchiré de Taillibert, De Gaulle ainsi comblerait le rêve mégalomaniaque de l’ancien maire Drapeau par celui aussi délirant du maire Doré.Jules Hardy Montréal, 12 novembre 1991 LE DEVOIR Fondé par Henri Bourassa le 10 janvier 1910 Directrice : LISE BISSONNETTE Rédacteur en chef et directeur de l'information Bernard Descôteaux Directeur délégué à l'administration André Leclerc Rédacteurs en chef adjoints Jean Francoeur, Michel Lefèvre Directeurs adjoints de l'information Pierre Cayouette, Jacques Chabot Guy Deshaies FAIS CE QUE DOIS Le courage condamné SI L’ON compare le peu de réactions à la défense de Denise Bombardier attaquant la pédophilie et ses adeptes — pratiquants ou apologistes — avec les tempetes d’indignation et la nuée de protestations devant le viol et la violence, et même devant la cruauté envers les animaux, on se demande si les enfants sont seuls au monde.Deux femmes se sont levées, la juge Andrée Ruffo, face au traitement fait aux adolescents et Denise Bombardier s’inquiétant du sort fait aux enfants.Toutes deux sont soit blâmées soit condamnées et doivent supporter seules ou à peu près le fardeau encouru par leur courage.Où donc logent les associations de parents, de mères, les ligues de défense des enfants, celle des droits de la personne ?Sont-elles devenues muettes les fédérations de journalistes, si promptes à s’indigner devant le moindre comportement d’apparence raciste ?C’est le monde à l'envers; c’est le courage qui est condamné ou ignoré.Si l’on crée un fonds pour aider Denise Bombardier à supporter le coût des frais de cour et les indemnités versées, j’y souscrirai volontiers.Quant au psychologue qui sort gagnant d’uri jugement de cour et obtient une indemnité assez élevée, pourquoi son intérêt dans l’enfance ne le porterait-il pas à faire don à l’hôpital Sainte-Justine de partie des dommages obtenus ?André Bachand Montréal, 27 novembre 1991 ^ - 4 £V®\ \ Jean-Robert Sansfaçon Que le vrai Ducharme se lève ! Cy EST REPARTI ! Qui est Réjean Ducharme ?Les hypothèses avancées il y a quelques j ours par une journaliste pigiste, Huguette O’Neil, ont relancé la valse des rumeurs dans notre colonie artistique.On ne sait pas encore si New York et Paris entreront dans le bal, mais à Montréal, ça cause ! Et pour cause ! Après tout, Réjean Ducharme n’est-il pas le personnage le plus mystérieux, un des fétiches de la nation ?Pour un inconnu, il n’y a probablement pas plus connu que lui en ville.Je n’ai jamais rencontré l’homme, comme d’autres qui ont déjà eu la chance de le croiser sur la rue, de boire un café en sa compagnie ou même, ô insigne honneur ! de jouer aux cartes avec lui.Du moins, avec le Ducharme officiel, mais ce Ducharme-là est-il le vrai ou n’est-il qu’un prête-nom pour la comédienne défunte Luce Guilbault, comme le voudrait la journaliste O’Neil ?Le débat dure depuis 25 ans.Un débat ridicule qui devrait cesser.Non pas parce qu’on s’en fout de savoir qui est Ducharme, surtout s’il s’agit d’une femme.Vous vous imaginez, relire tout Ducharme en pensant que c’est Claire, la frande naïve des Dames de coeur qui a crit ça ?Le choc ! Et si Luce Guilbault n’était pas la Claire de Mme Payette, mais plutôt la Réjeanne Padovani de Gilles Carie ?Tiens, Réjeanne, comme Réjean.oh oh ! ça se corse mon cher Watson ! Alors, qui donc était Luce Guilbault ?Réjean Ducharme, peut-être ?Luce Guilbault n’a-t-elle pas commencé sa brillante carrière de comédienne dans le rôle principal d’une pièce signée Réjean Ducharme ?Vous voyez ça d’ici, en première page d’Écho-Vedette : « Réjean Ducharme serait la mère du fils de Luce Guilbault ! » Quelle révélation, le scoop journalistique de la saison après la vente de garage de Ginette Reno.J ^ AI DÉJÀ rencontré Mme Guilbault à quelques reprises, il y a une quinzaine d’années de cela, dans la grande maison qu’elle possédait à Outremont et qu’elle venait d’hypothéquer pour financer la production de son premier long métrage portant sur des féministes américaines.Réjean Ducharme, l’homme mystérieux derrière la comédienne, serait-il donc une féministe bien connue déguisée en auteur à succès pour passer inaperçu dans l’autobus 51, le lundi matin ?J’ai voulu savoir, alors j’ai poursuivi mon enquête à titre de mercenaire de la vérité.L’article de Mme O’Neil étant basé exclusivement sur les dires d’une dénommée Françoise M., femme d’affaires anonyme, je me suis donc demandé qui était cette Françoise M.Qui peut avoir le culot de prétendre sortir quelqu’un de l’anonymat en se cachant soi-même derrière un masque ?Pourquoi ce « M.» comme pseudonyme ?N’est-ce pas là un indice précieux pour connaître l’identité de cette ténébreuse Françoise ?« M » pour « macadam », par exemple, un mot que j’ai retrouvé textuellement dans « l’Avalée des avalés » ?Qui nous dit qu’il s’agit d’une femme et non de Ducharme lui-même, en panne de personnage depuis le décès de Mme Guilbault ?Comme à d’autres sans doute, cette histoire m’a rappelé les hypothèses farfelues qui, il y a plusieurs années, donnaient le Beattie Paul McCartney pour mort, remplacé par un sosie.Une rose noire au-dessus ae sa tête sur la pochette du disque Sergent Pepper, de supposés messages secrets et subliminaux insérés entre les notes de musique, et combien d’autres indices plus convaincants les uns que les autres.Mais McCartney n’est toujours pas mort, et c’est là le problème.NOUS NOUS amusions ferme à trouver des indices et pendant ce temps, les ventes de disques grimpaient en flèche.Tout comme pour l’A valée des avalés dont la demande en librairie connaît présentement un regain de vigueur.Même ma chère mère qui n’avait jamais lu Ducharme m’a demandé de lui refiler mon exemplaire usé datant de 1967.Si M.Ducharme, cet homme qu’on dit fragile et de fortune plutôt modeste, peut en profiter quelques jours avant Noël, tant mieux ! Je veux bien admettre qu’à l’approche des Fêtes il devient urgent pour nos médias de trouver d’autres sujets de conversation que le cas Eric Lindros, mais on aura compris que je ne partage pas certains choix éditoriaux, notamment cette décision de lancer des rumeurs sous le prétexte fallacieux d’une quête de vérité.La vérité, quelle vérité ?Pourquoi depuis 25 ans a-t-on décidé de respecter religieusement le silence de Réjean Ducharme, pour aujourd’hui accepter de publier un reportage à sensation bâclé, sans aucune preuve et construit autour du témoignage d’une personne qui refuse de se nommer ?T-, Si on avait voulu connaître le fond des choses à propos de Réjean Ducharme, il n’y avait qu’a confier ce travail à des journalistes d’expérience avec le mandat strict de ne revenir au bureau que le jour où plus aucune question ne resterait sans réponse.Et on aurait trouvé, facilement.Réjean Ducharme existe, des tas de gens le fréquentent, savent où il habite, ce qu’il mange et ce qu’il boit, où il s’installe pour travailler et quoi encore.Prendre des photos plus récentes d’un homme dont on connaît l’adresse, il n’y a encore là rien de compliqué pour n’importe quel photographe professionnel.Si personne à la tête de nos médias n’a jugé bon d’entreprendre une telle enquête, c’est qu’il existe une entente tacite parmi les intellectuels pour lui foutre la paix à ce monsieur.Alors, pourquoi ce soudain intérêt et ce reportage qui, loin de rétablir les faits, ne fait que jeter un peu d’huile sur le feu ?Cela étant dit, je me demande si cette consigne du silence est une bonne chose.C’est le privilège de quiconque de vouloir protéger sa vie privée même si, avec la publication de ses ouvrages à grand renfort de publicité, Réjean Ducharme est devenu un homme public.Il y a une contrepartie à ce silence, et elle est risquée.Pendant toutes ces années, discrétion et pudeur ont retenu beaucoup de monde d’en savoir et d’en dire davantage à son sujet.À moins que ce ne fût la crainte de s’attirer les foudres du milieu, ou le plaisir de garder pour soi l'honneur de faire partie des happy few qui ont déjà vu l’homme qui a vu l’homme.OR LE MYTHE ainsi créé autour de la personne de Ducharme s’est répercuté sur l’oeuvre, un mythe qui nuit à une appréciation rigoureuse.C’est vrai que l’omniprésence d’un auteur dans les médias peut aussi avoir un impact qui déforme la perception que l’on a de son oeuvre, comme si on avait placé une lentille grossissante devant l’esprit du lecteur.Mais le mystère, l’absence, sont pires, ils transforment un homme en un demi-dieu.Dans l’ensemble de la population, Réjean Ducharme n’est pas aussi connu qu’on pourrait le croire, et quand il l’est, c’est davantage à travers certaines chansons de Robert Charlebois que par ses romans ou ses pièces de théâtre remarquables.Par contre, dans certains cercles littéraires Ducharme est ce demi-dieu sorti de la fesse gauche, la plus féconde de Jupiter.C’est agaçant à la fin, les dieux, il n’y a jamais moyen de dire de mal de ce qu’ils font sans être excommunié par leurs curés.J’aimerais bien qu’il se décide un jour, M.Ducharme, à liquider lui-même son propre mythe pour en finir avec le carrousel d’ânes qui braient sur son oeuvre.et ce, avant que quelque nouveau chacal affamé ne dévore le coeur du poète sur la place publique.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.