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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1991-11-23, Collections de BAnQ.

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JW** asm « ilàt.l)„m>»'l>lH ;,iix towjf vlb éditeur DELA grande littérature La collection «Jeune théâtre Louis-Dominique Lavigne TU PEUX TOUJOURS DANSER Cette pièce de théâtre, véritable chronique de la jeunesse d’aujourd’hui, aborde des thèmes universels: l’amour, la sexualité, la vie, la mort.C’est la nature humaine elle-même qui est mise en procès ici, déchirée entre la quête du bonheur de vivre et la menace de mourir trop tôt.111 pages — 12,95 $ La collection «Théâtre pour enfants Louis-Dominique Lavigne LES PETITS ORTEILS Une journée dans la vie d’une petite fille, marquée par une interminable attente: celle de l’arrivée d’un petit frère.Une belle histoire, peuplée de personnages, de comptines et remplie d’une magie que le monde adulte a si vite oubliée.Abondamment illustré.85 pages — 10,95 $ T1° *Ute De Prince-Arthur à Prince-Albert Nathalie Petrowski L5 APPARTEMENT est à Westmount sur la rue Prince-Albert, un nom de rue pour le moins contondant.Confondant parce que lorsqu’on pense à Louise Forestier, on pense immédiatement au Prince-Arthur, ce bar sur la rue du même nom, bar qu’elle a longtemps hanté, bar qu’elle a merveilleusement chanté et mystifié.Aujourd’hui encore même si le Prince-Arthur s’est effondré et que Louise Forestier ne fréquente plus aucun bar, les gens continuent de lui écrire en adressant leurs lettres à la Louise Forestier de la rue Prince-Arthur.La chanteuse rit de leur lapsus épis-tolaire tout en se demandant pourquoi cette époque révolue et l’hymne qui lui était consacré a tant frappé l’imagination des gens.Dans le même souffle, elle se demande aussi pourquoi dans ce pays qui n’en est pas un, pourquoi on laisse si peu de liberté aux artistes, pourquoi on ne leur permet pas de changer.Il fait gris aujourd’hui, gris et chaud, le genre de température qui rend Louise Forestier de bonne humeur, encore que ces jours-ci, celle qui a changé son nom de Bellehu-meur pour Forestier, est plus souvent qu’autrement, de formidable humeur.Debout contre l’évier de la cuisine, elle prépare le café et compose un étrange tableau : celui d’une femme d'intérieur doublée d’une femme d'affaires qui a décidé après 25 années dans le métier de prendre sa vie en main et de ne plus laisser les autres lui dicter quoi que ce soit.Elle porte un blouson et des bas safran.Ses pieds sont chaussés de talons hauts et sa tête coiffée d’un chignon au sérieux déconcertant.J’ai beau la regarder aller et venir, je n’arrive pas à chasser cette image d’une femme que j’ai déjà connue et que je ne reconnais plus tout à fait aujourd’hui.Le café est prêt.Louise Forestier le sert dans une pièce attenante à la cuisine, une vaste pièce aux murs lilas où trône un piano à queue, instrument aussi vitale que nécessaire qu’elle a déménagé de son ancienne adresse et surtout de son ancienne vie.C’est ici, au fond de l’appartement de la rue Prince-Albert, que Louise Forestier a établi son quartier général de la création; ici qu’elle se retrouve tous les jours, un peu en retrait de la vie domestique qu’elle a finalement consenti à vivre avec son âme soeur, un chercheur français qu’elle a rencontré dans une blind date il y a cinq ans.Ici qu’elle a écrit toutes les chansons de son plus récent disque De bouche à oreille dont un troublant ode à son père et une lettre à son fils, Alexis, ici qu’elle va préparer son spectacle pour le printemps prochain, ici qu’elle s’est décidée à être heureuse avec la dernière énergie.Parlons en justement du bonheur.Depuis quelque temps, Louise Forestier n’a que ce mot a la bouche.Elle dit qu’elle est heureuse comme jamais auparavant.Elle dit que ce bonheur durement gagné, a fait d’elle une femme sereine, une femme épanouie, une femme qui n’a plus peur.L’ironie, et elle est la pre- mière à le reconnaître, c’est que le bonheur n’est pas forcément vendeur.Dans le bonheur, il n’y a pas de victimes et aucun moyen de compatir contre l’ennemi, bans le bonheur, il y a parfois aussi, la panne sèche, le plus rien à dire de celui ou celle qui vit dans la ouate brumeuse et ne sent pas le besoin d’en sortir.« Ce qu’on ne dit pas, rétorque Louise Forestier, c’est que le bonheur c’est de la job, c’est du travail 24 heures sur 24.Tu rames et tu sues dans le bonheur parce que t’as pas le droit de rien laisser pourrir sur le comptoir.Dans le bonheur, tu ne fuis pas, le contraire en fait.Tu fais face à tout, face à la musique quoi.» Cette musique, sa musique, Louise Forestier a décidé d’y faire face une fois pour toutes.Pour y réussir, une évidence s’imposait.La chanteuse avait besoin de faire un grand ménage et de départager sa vie privée de sa vie publique.Elle avait surtout besoin de vivre pour la première fois une histoire d’amour qui n’était pas intimement liée à son métier.« Le Voir page C-2 : Forestier PHOTO JACQUES GRENIER Louise Forestier TELEVISION CINEMA THEATRE Apportez votre vie La chair n’est ni faible, ni triste à Parler pour parler.Avec Mme Bertrand, on se met à table.Au propre comme au figuré.À la lueur des chandelles, les invités partagent tranches de vie et tranches de veau.Hugo Léger s’est penché sur les menus de la populaire émission de Radio-Québec.Page C-8 Un mauvais Russell Je suis allée voir Whore attirée par la personnalité cinématographique de Ken Russell, dont les débordements baroques, la caméra gesticulante et les délires outranciers offrent généralement de déconcertantes surprises, écrit Francine Laurendeau.Eh bien ! j’avais tort.Page C-3 Walt Disney chez Kafka Au rythme d'une ou deux nouvelles pièces par année, Michel Marc Bouchard (ci-contre), dont L'histoire de l'oie sera présentée à compter de mardi au Théâtre d’Aujourd’hui à compter de mardi, figure parmi les dramaturges les plus prolifiques et les plus joués au Québec.Page C-5 LOUISE FORESTIER le cahier du BALDESSARI 7 rois films de Vartiste == MUSÉE D’ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Montréal, samedi 23 novembre 1991 Riopelle, les rythmes de la nature Marie-Michèle Cron LORSQUE Jean-Louis Prat parle de Jean-Paul Riopelle, de l’homme et de son oeuvre, il y a des moments de silence qui s'installent parfois dans la conversation, des instants très courts où l’émotion vient se nicher là dans ces espaces blancs, subitement, sans crier gare.« Ce qui m’avait frappé tout de suite ini c'était ce coté solide, cette chez lui, exubérance, cette générosité qu’il in-suflait dans ses tableaux dit-il.Pour moi, c’était le peintre de la modernité car cela ne ressemblait pas à la nature, mais c’était la nature et c’était aussi quelque chose qui était ailleurs.Puis, je l’ai rencontré et j’ai trouvé une sorte de personnage planté comme un arbre dans la terre, parlant peu au début, scrutant beaucoup, avec son oeil extraordinaire qui voit tout, dans l’attente de quelque chose qui va arriver comme à la chasse.Riopelle réconcilie l’homme à la nature dans une période où tout le monde a vécu en désaccord avec elle ».Cela fait 25 ans maintenant que le conservateur de cette vaste exposition qui inaugure le nouveau pavillon du Musée des beaux-arts de Montréal, fréquente cet artiste canadien de réputation internationale qui vit comme il peint, qui peint comme il respire, loin des bruits de la foule et des mondanités, le regard rivé vers le ciel où sont passées les dernières oies sauvages.Pourtant, Jean-Louis Prat était destiné à devenir pharmacien.Mais la vie en aura décidé autrement.Après des études en art à Paris et quatre années à voir s’envoler, en tant que commissaire priseur, les objets au gré des ventes et des désirs, il se spécialise en peinture moderne et recontre le couple Aimé et Marguerite Maeght (Aimé Maeght était le principal marchand et éditeur d'art au monde dans les années 50) qui lui proposera de diriger la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence, une , fondation privée qui possède la se-Voir page C-2 : Riopelle LE NOUVEAU MUSÉE Les oeuvres dans une oeuvre Jean Dumont PHOTO JACQUES NADEAU Jean-Louis Prat, conservateur de l'exposition Riopelle et Pierre Théberge, directeur du Musée des beaux-arts.SI LE MUSÉE des beaux-arts de Montréal n’avait pas inauguré les espaces flambant neufs de son nouveau Pavillon Jean-Noël Desmarais avec la fascinante rétrospective Jean-Paul Riopelle, qui attire les visiteurs comme un aimant, vers les cinq salles en voûte du 3ème étage, dès qu'il ont franchi le monumental portail d'entrée, ceux-ci prendraient certainement, avec infiniment de plaisir, le temps de découvrir cette oeuvre d'un autre type qu'est la magnifique architecture de Moshe Saf-die.Aussi évidente et tranquille qu’elle paraisse au premier abord, une telle architecture ne se décrit pas.Il faut la marcher, la parcourir en tous sens, faire l’expérience de ses plans, de ses niveaux, de ses continuités et de ses ruptures, et de son extraordinaire lumière L’errance ne se raconte pas.La hauteur des plafonds, les superficies d'exposition, ne disent rien des trouvailles heureuses de l’oeil, pas plus que le marbre blanc du Vermont de la façade ne dit encore le passage du temps.Plus que dans l’usage des obliques, et plus que dans les rappels de la tradition qui ponctuent cette architecture actuelle, c’est peut-être, au delà du rêve du concepteur, dans les deux immenses verrières qui signent l’identité de ce pavillon, et dans le nombre et la dimension de ses ouvertures sur l’extérieur, que se révèle une époque qui pourrait bien avoir enfin décidé d’inventer de nouvelles relations entre l’art et la ville.Il me faudra sans doute de nombreuses visites et beaucoup plus de temps pour découvrir les raisons du curieux sentiment de bien-être que j’ai senti poindre chez moi lors de mon parcours, et qui semble naître de l’espace intérieur lui-même, de la répartition des niveaux et des plans et de l'insolite de leurs nombreuses ruptures.L’impression est physique.Voir page C-2 : Oeuvres C-2 ¦ Le Devoir, samedi 23 novembre 1991 Pas de salle pour Riopelle au Musée du Québec Jocelyne Richer de notre bureau de Québec PENDANT QU K, coup sur coup, une rétrospective d'envergure est consacrée à Jean-Paul Riopelle, au Musée des beaux-arts de Montréal, et qu’une exposition des oeuvres récentes du peintre peut être vue à Mont-magny, il peut être de bon ton de rappeler que l’institution nationale dédiée à l'art qu’est le Musée du Québec n’a toujours pas d’espace réservé à cet artiste, le plus illustre des peintres québécois.Il y a quelques années, au moment où on parlait d’agrandir à grands frais le Musée du Québec, on avait échafaudé un ambitieux projet visant à rendre hommage au peintre québécois le plus connu à l’étranger, mais l’affaire avait avorté, faute d’appui en haut lieu.Et depuis, rien n’est prévu en ce sens.I/agrandissement du musée est chose faite, et toutes les salles sont occupées.De l’avis de plusieurs sources consultées par LE DEVOIR, dont certains experts mêlés au dossier, le « cas » Riopelle est le plus bel exemple du manque d’empressement apparemment atavique des gestionnaires de l’État et des politiciens à reconnaître la contribution exceptionnelle des meilleurs ambassadeurs de la culture québécoise.D’autres, au contraire, prétendront que ce projet paraissait mort-né, trop éloigné qu’il était des canons définissant la « saine gestion de fonds publics».Toujours est-il qu’à l'origine, en 1985, on prévoyait réserver à Riopelle trois salles dans la vieille prison adjacente au musée des Plaines d’A-braham, où il aurait eu tout le loisir de réaliser son rêve.Un peu sur le modèle de la Fondation Maeght, en France, Riopelle voulait inviter des artistes, québécois et étrangers, à produire sur place des oeuvres, créant au fil des ans une collection-maison.Il souhaitait aussi redonner sa liberté à la vieille prison rénovée, en en faisant un beu d’animation, d'échanges, d’ex- périmentation et de création, particulièrement ouvert aux jeunes artis tes.L’idée plaisait au ministre des Affaires culturelles, Clément Richard, et au directeur du Musée du Québec, M.Godefroy-M.Cardinal.Il y eut donc quelques rencontres entre des membres du personnel du Musée du Québec et le peintre ou avec son entourage qui tentait de mettre sur pied une fondation Riopelle.Mais le projet a avorté.Entretemps, le gouvernement avait changé de couleur, le ministère de ministre, et le musée du Québec de directeur.Après examen, on commençait à trouver, dans les bureaux du gouvernement, le projet fort onéreux.Rien que la première année d’opération, estime une source, le ministère aurait dû réserver un demi-million de dollars pour concrétiser le rêve de l’artiste.D’autres millions étaient nécessaires pour rénover et aménager la vieille prison, sans compter les garanties de financement exigées par la Fondation Riopelle.Organisme privé, cette fondation souhaitait par ailleurs avoir les coudées franches, et fonctionner sans risquer de voir le ministère ou le musée fouiner dans ses affaires.Le dossier traînait, et plus le temps passait, plus l’artiste déchantait.Après tout ce temps, on n’avait toujours pas réussi à s’entendre sur un protocole de collaboration.C’est la ministre des Affaires culturelles de l’époque, Mme Lise Bacon, qui sonna l’hallali, au début de 1988, peu encline à injecter des millions de dollars de fonds publics dans une fondation privée, sans droit de ; regard, pendant que d’importants [ projets devaient se partager les maigres ressources du ministère.Sorte de baroud d’honneur, on finit ! par offrir à Riopelle une salle au Mu- I sée du Québec pour y exposer ses oeuvres.11 refusa net.Son but était de faire exister un lieu d'artistes et j de création, pas d’accrocher ses tableaux aux cimaises pour la posté- i rité.4 Riopelle conde collection d’art moderne en France après le Centre Georges-Pompidou.Et depuis 22 ans maintenant qu’il tient les rennes de ce lieu niché dans les jardins créés par Cal-der et Giacometti entre autres, il a eu la chance et l’opportunité de connaître intimement Chagall, Tapiès ou Miro.Et Riopelle aussi.« Ce qu’il y a de merveilleux avec ces gens là, c’est qu’ils ne parlent pas de ce qu'ils font, ils sont exactement ce qu’ils font explique Jean-Louis Prat.Ce sont des gens exceptionnels qui ont des mondes différents, qui ne prétendent jamais détenir la vérité, ni les uns ni les autres, qui doutent de 4 Oeuvres Cette architecture du vide, faite de verre et de trouées, de plongées et de contre-plongées, où le regard va loin et se perd en mains endroits, au-delà des murs, dans la ville et la montagne proche, cette architecture résolument actuelle vous habille pourtant aussi chaudement que le faisait la maison de l'enfance.Comme elle, elle sait ménager les surprises, multiplier sans en avoir l’air, dans un plan qui est pourtant un modèle de clarté, les recoins et les détours prometteurs d’explorations dans fin.Il me faudra par contre du temps, sans doute, pour apprendre le rythme particulier des accès aux différents niveaux.Ni plans inclinés, ni escaliers, ou un peu des deux, ils obligent le corps à réviser ses automatismes ou à en apprendre d’autres, et je ne sais pas encore s’il me sont confortables.À moins qu’il faille, tout simplement, apprendre à vivre plus lentement.Trouvaille heureuse.La découverte, à partir de l’immense jardin couvert du Sème étage, de l’oeuvre de Betty Goodwin, l’un des deux pro- leur travail.Ils sont alors sur la corde raide, ils prennent des risques et c’est ce qui fait leur force.Car il y a aussi des tableaux qui peuvent être ratés, cela existe chez Chagall Riopelle, Picasso, et ils le savent d'ailleurs.En fait, ce qui compte le plus pour eux est d’avancer, de.se renou-veller continuellement ».Riopelle n’y échappe pas, lui, qui ressemble à sa peinture comme une goutte d’eau, une peinture impétueuse, débordante d’énergie, de vie aussi, comme ces chênes qui ne vieillissent jamais.En fait, sa démarche que l’on croit marquée de ruptures est d’une étonnante continuité.Pendant 20 ans, de 1950 à 1970, l’artiste appliquera à même la toile, ses tubes de couleurs, jets d’intégration des arts à l'architecture (je n’ai pas encore vu le second, réalisé par Guy Pellerin, pour la salle à manger du Musée).Après s’être arrêté sur la monumentale oreille de bronze et sur le symbole de porte-voix qui lui fait face, le regard plonge, trois étages plus bas, le long des parois de verre, jusqu’au sol de granit noir du « Passage culturel » dans lequel sont incrustées des lettres d’acier inoxydable qui font résonner deux phrases inoubliables.L’une, de Carolyn Forché, murmure : « Combien de temps faut-il pour qu’une voix atteigne l’autre?», la seconde, d’Elie Wiesel, constate : « Chaque question possède une force que la réponse ne contient plus ».On pourrait retenir aussi ces mots de l’artiste elle-même, à propos du défi que posait ce projet, dont elle dit qu’il a « représente la réconciliation de l’espace et des idées », mots qui pourraient également s’appliquer à l'ensemble de la remarquable architecture à laquelle l’oeuvre s’intégre.Puisqu’il s’agit d’art et d’idées, et que nombre d’entre nous commenceront leur visite par les quatres sal- y faisant glisser des Kaléidoscopes de touches de lumières éclatantes, puis il se tournera vers la peinture acrylique dans des séries consacrées aux figures de jeu de ficelles tel que pratiqué par les Inuits.En 1977, de retour d’un voyage à la terre de Baffin, enfermé dans son atelier des Laurentides, il élaborera et retracera les espaces ouatés en noir et blanc d’un pays contrasté qui lutte sans cesse avec ses humeurs climatiques.Trop vite qualifié d’abstrait par ses pairs, Riopelle a toujours été inextricablement lié à la nature.Des fiançailles entre l'homme et son environnement qu’il célébrera encore dans les oeuvres plus récentes où grouille un bestiaire volubile et châ- les en voûte réservées aux expositions didactiques, il est bon de signaler que, trente années après sa création, le Services éducatif et culturel du Musée s’affirme aujourd’hui en un « Carrefour » accueillant, prêt à satisfaire tous les esprits curieux.Les deux notions sur lesquelles s’appuie le programme de ce service, dirigé par Hélène Lamarche, sont l’une, la nécessité d’initier le public à une appréciation toujours plus éclairée de l'art et de l’activité artistique, l’autre, de le faire avec des moyens agréables, qui respectent le plus possible l’autonomie du visiteur.Dans cette optique, l'exposition interactive Spectre de couleurs permet au visiteurs, au moyen de questions et de réponses et dû maniement de quelques appareils simples, de s'initier, à son rythme, au mystère des primaires et des complémentaires.« Un connaisseur à découvrir», une exposition qui a tourné pendant deux ans dans tout le Canada, est conçue sous forme de jeu de société, et permet, quelque soit son intérêt et son niveau, de faire l’apprentisage de l’appréciation des oeuvres.Points de 4 Forestier plus beau cadeau de mon chum quand on s’est rencontrés c’est qu'il ne savait pas oui j’étais ni ce que je faisais.J’ai été à la fois surprise et soulagée.En 25 ans de métier, les gens ont l'impression qu’ils te connaissent par coeur.Ils ont une image de toi, ils ont des attentes face à toi.De rencontrer quelqu’un qui n’avait ni attente, ni image, ni la moindre idée de qui j’étais fut une véritable bénédiction.Pour une fois j’étais libre d’être tout simplement moi-même.» Cette rupture dans l’engrenage bien réglé de ses habitudes et de comportements fut comme une bouffée d'air frais pour Louise Forestier.« Avant je ne pouvais pas concevoir de vivre ni d’aimer quelqu’un qui ne faisait pas le même métier que moi.Je tombais donc toujours amoureuse d’un musicien qui écrivait mes musiques et qui était sur la scène avec moi.C’était une façon de m’assurer une sorte de paix sociale et de cal- mer l’énorme insécurité qui m’habitait.C’était aussi une façon de ne pas être pleinement responsable de ma carrière.C’était toujours eux autres qui décidaient et moi après qui chia-lait.J'étais la victime parfaite, celle qui est bien avec son bourreau et qui ne voudrait pour rien au monde l’échanger.Celle surtout qui se plaint tout le temps : du système, de la business, de la mode, des échecs qui ne sont jamais les siens mais ceux des autres.» Louise Forestier a tellement bien joué à la victime qu'elle a fini par se lasser d’elle-même et par perdre goût à ce jeu dangereux.Le changement ne s’opéra pas du jour au lendemain.Il fut le fruit d’un long processus qu’elle commença avec une psychothérapie au début des années 80 parce qu’elle en était arrivée à un cul-de sac émotif paralysant.« Je n'étais plus capable d’écrire et je voyais poindre le jour où je ne saurais plus capable de chanter tellement j’étais coinçée, tendue, confuse.Il fallait à tout prix que je fasse PRO MUSICA SÉRIE ÉMERAUDE CONCERT DE NOËL L’ORATORIO DE NOËL de Jean-Sébastien Bach (version intégrale) avec Les Violons Du Roy La Chapelle Nouvelle-France solistes: Linda Perillo, soprano Catherine Robbins, mezzo-soprano Richard Duguay, ténor Nathael Watson, baryton direction Bernard Labadie SALLE CLAUDE CHAMPAGNE Dimanche le 24 novembre 1991, à 20H00 En vente: Pro Musica, 3450 rue Saint-Urbain, 845-0532 Billeterie Articulée, 4378 rue Papineau, 524-4526 Lettre-Son Musique, 5054 ave du Parc, 495-9297 Billets: 13$, 17$, 8$ (étudiant) Co-production: C.0^ mm Présentation: PRO MQSICA cbf fM stereo 100.7 O Les Arts du Maurier Liée quelque chose sans quoi j’allais crever.» Sa psychothérapie prit fin avec Je suis nu rendez vous, son premier vrai spectacle après des années de tâtonnements dans le merveilleux monde du showbizz.Elle passa son premier examen avec honneur et repartit de plus bel, pas encore tout à fait transformée mais se rapprochant de plus en plus de la lumière sans craindre de s'y brûler.« Il ne me restait plus qu’à' réconcilier l’artiste et la femme dit-elle, à faire en sorte que l’artiste n’avale pas tout rond la femme et lui laisse de l’espace pour exister.Je rêvais de cela depuis longtemps probablement parce que je n’ai jamais cru qu’un artiste devait à tout prix être malheureux et sacrifier sa vie à l’art.Je ne crois pas que le bonheur tarisse l'inspiration, au contraire.Il me semble que j’ai bien plus de choses à dire maintenant qu’avant ou du moins que l’horizon poétique et formel est plus large.Je n'écris plus de manière thérapeutique.Je peux aller me promener dans ma vulnérabilité, je peux l’apprivoiser, la cultiver au lieu d’en avoir peur et de la rejeter.» Nous voilà revenues au bonheur, celui d’écrire des chansons sans se censurer à chaque vers, celui de se retrouver en studio sans être rongé empreintes DIGITALES ?L’électroacoustique qui s’écoute YVES DAOUST Anecdotes Histoires sonores DAOUST 6e des 8 compacts pressés d’audace ?les concerts iiu»s .*4on • t/» U ?O» m u 0) c 3 tTJ LE NOUVEL ENSEMBLE MODERNE sin is hi il tree I ion île Lamine \nHltinunirl JEUDI 28 NOVEMBRE Su un arco dl bianco tir Siefonn f.emisoni ihahei Iskios, City of Shadows tir \hm>> Helimnii il mis I ms) Nuit de lune bleue tie Janpies I llesjnnlins (CumulaI Ruisselant tie Mon h'tnsicrcr I Australie) VENDREDI 29 NOVEMBRE Nyum île Hun \seon (durée), pour linlntii elle el put tut (solistes: Mu in \nbiit el Jetinl.tules \utllutu nuit i Per Ivan Lermoliev tl'l'.uh (hullerum Ohu I \ipentme) Locus régit actum II tie lliroynhi )uiniininio (JuponI Tract-Eclypse tir Itcrnjricil Hrine i Ulcmtipnci DIMANCHE 1 f* DÉCEMBRE Apparitions tic Itrian ( hemes, t oininnnile du \l.\l (sohsle.( luiitle hnnnllii'l 3e lauréat 2e lauréat 1er lauréat LE NOUVE1 ENSEMBLE MODERNE UvCoUtun .A i»t.VM»Mtf O* MONfnfAl a> > Salle Claude-Champagne, ?0 heure',.220, ave Vincent d'Indy, Outremont c Réservations: (514) 343-5962 3 Entrée 15 $ / 8l> (étudiants ».*t âge d'or) ; Coproduction $ 100,7 a, ABONNEMENT AUX TROIS CONCERTS vi 40$/20$ (étudiants et âge d'or).« Je voulais que le coeur de cette exposition qui réunit des oeuvres de collections privées et de nombreux musées nord-américains et euiOî péens et que Jean-Paul Riopelle, en toute confiance, m’a laissées choisir, soit en noir et en blanc commenté Jean-Louis Prat.On retrouve ici d’un seul coup des images figuratives, l’espace crée par le ciel, un glacier, un iceberg, un paysage de jour ou de nuit que l’on reconnaît instinctive ment.Il y a chez Riopelle l’intellll gence préservée par l’instinct, cdt instinct qui prime sur le reste et c’est là où il s'en sort.Riopelle vit avec les rythmes de la nature, 11 a la pudeijn dès animaux».vue est un programme destiné aux! jeunes des écoles, et permet d'e*’ poser au Musée quelques uns des grands courants de l’art moderne tels que vus, compris et vécus par b» adolescents du Québec.Enfin, Pour-quoi créer une oeuvre d'art est und exposition-association qui veut faire prendre conscience aux visiteurs dès intentions de l’artiste au moment cîe la création d’une oeuvre.J'aurais bien, quant à moi, aimer rajouter quelques bonnes raisons tje créer une oeuvre aux neuf qui split explicitées dans l’exposition, mais 11 y a tellement de définitions de l’ârt que la liste n'en est certainement,.’ni exhaustive, ni finale.Les musées de verre sont toujours ouverts à un plus large éventail de la population que les musées aveuglés, ceux-ci étant fréquentés souvent par une minorité qui y jouit de sa propre importance autant que de celle des oeuvres exposées.Montréal vient de se doter là, non seulement d’un atoùf majeur pour le développement culturel de sa population, mais encoré d'une architecture qui fait honneur au paysage de la ville.par l’angoisse, celui de coucher des pistes de musique sans qu’elles soient source de conflit, celui de sortir le disque qu'on voulait sans pour autant croire au miracle, celui de regarder les choses avec autant de passion mais avec en plus, un certain détachement.« Avant je voulais à tout prix qu’on m'aime et j'étais prête à tout pour que cela arrive.Avant aussi, je prenais tout personnel.Quand un disque ne marchait pas, c’était parce qu’on ne m’aimait pas.Aujourd’hui je sais que ça n’a rien à voir avec l’amour.Le métier a beaucoup changé.T’as beau sortir un disque, il est noyé dans la mêlée, il doit se battre contre une armée de parasites.Les gens sont tellement sollicités qu’ils vont vers le plus brillant, le plus scintillant el des fois iW passent à côté des choses essentielles.Je sais tout cela maintenant c‘t ce qui compte pour moi, c'est moins le succès qu'une sorte de réalisation artistique personnelle, à mes yeux et non plus aux yeux du monde.Ce qui compte c’est qu’enfin je sois bien dans ma peau et que je le sois toujours aussi passionnément.» Il fait toujours aussi gris et chaud dehors.Et pourtant dans l'appartement de la rue Prince-Albert, ori pourrait presque croire que le soleil est entré en voleur avant de décider de s’y installer pour de bon.Louise Forestier ne fait rien pour le chasser.Elle se cale plus profondémerji dans son fauteuil et s’y abandonne avec sérénité.•fi Le lundi 2 décembre 1991 à 20 h Église Saint-Jcan-Baptistc (me Rachel entre Drolet el Henri-Julien, métro Mont-Royal) Maureen Browne soprano (iahrielle Un igné mezzo-soprano William Neill ténor ___ Bernard Turgeon basse I,’Orchestre symphonique de McGill la-s Choeurs de McGill Timothy Vernon chef d’orchestre Iwan Edwards maître de choeur Billets : 2(l$/12$ (élu(liants el âge d'or).En vente à partir du IK novembre au guichet de la salle Pollack, 555, rue Sherbrooke O.du lundi au vendredi, de midi à 17h, el à la porte le soir -du concert.Réservations ; téléphoniques : .198-4547.Cartes de crédit Visa et MasterCard acceptées.Concert IMaléfice au profil ; du Ponds de bourses de la faculté de musique de i l’Université McGill.«71 V * McGill / Le Devoir, samedi 23 novembre 1991 ¦ C~3 Theresa Russell dans Whore, de Ken Russell.CINÉMA Un mauvais Russell Whore De Ken Russell, avec Theresa Russell, Benjamin Mouton, Antonio Fargas, Sanjay, Elizabeth Morehead, Michael Crabtree Scénario: Ken Russell et Deborah Dalton, d'après la pièce de David Hines.Image: Amir Mokri.USA, 1991 Au Loews Francine Laurendeau LIZ (Theresa Russell) est en fuite.Elle n’en peut plus de la brutalité de Blake, son souteneur (Benjamin Mouton).Mais ses affaires vont mal parce qu’en changeant de quartier, elle a perdu ses habitués.C’est d’abord face à la caméra qu’elle se raconte en vrac.Comment elle en est venue là.Comment elle a épousé un amour de jeunesse qui s’est révélé ivrogne et bestial.Comment elle a perdu la garde de son enfant.Liz décrit son travail et tente de s’expliquer le comportement de ses clients, elle oui est si souvent humiliée, violentée.Heureusement que Blake est là pour la protéger.La jeune femme évoque avec une tendre nostalgie la période la plus lumineuse de sa vie: son amitié avec Katie (Elizabeth Morehead) qui savait si bien l’écouter, la revaloriser.Mais Blake n’a pas supporté.Entre deux confidences, elle discute le coup avec des cüents poten- tiels.Elle se défend bien.Mais elle est impuissante devant la violence traîtreusement assénée.C’est l'intervention opportune d’un nouveau copain (Antonio Fargas) qui va la sauver définitivement des mains de l’infâme souteneur.Je suis allée voir Whore attirée par la personnalité cinématographique de Russell dont les débordements baroques, la caméra gesticulante et les délires outraneiers de ses films même les plus discutables offrent généralement de déconcertan tes et spectaculaires surprises.Sa veine fantastique récente (dont le plus beau fleuron est l'iothic) m’avait séduite.Bref, me disais je, on ne rate pas un film de Ken Russell.Eh bien ! j’avais tort : celui-ci se rate.Je vous conseille même de l’oublier, à moins bien sûr que vous soyez un malheureux historien, professeur ou critique de cinéma.Parce que j’ai beau me tâter, je ne trouve pas la moindre raison de perdre une heure et demie de sa vie pour assister à un spectacle qui vous fait vaciller, selon votre humeur, de l’ennui à l’exaspération.Tirée d’une pièce (que je ne connais pas), l’importante partie mono-loguee du film est peut-être mieux concevable au théâtre.Un one woman's show qui vaut ce que vaut la comédienne.Theresa Russell met beaucoup d’insistance à faire passer le côté inquiet, agité de son person nage mais à force de se ronger les ongles et d’être sans cesse au bout de son souffle, elle en devient éner vante.Il faut dire que le texte, terri blement bavard, court dans tous les sens.Une réplique drôle et sans cou séquence succède à une réflexion philosophique.Le violent alterne avec le cocasse et le côté quasi-do cumentaire de l’observation jure avec des initiatives qui ne partent pas de la réalité.Toute la réalisation, du reste, se contredit elle-même en passant abruptement du monologue face à la caméra aux mésaventures de Liz avec ses clients ou de son dialogue avec Rasta.La séquence en montage parallèle entre Liz fuyant et Blake à sa poursuite est d’une répétitivité éprouvante.On dirait que la caméra ne sait pas où se poser, que le ciseau du monteur ne sait pas où couper.Et où veut-on en venir en somme ?Que veut-on prouver ?Que les pro xénètes sont un mal nécessaire ou qu'ils sont des esclavagistes ?Que Liz est une victime ou que Theresa Russell a de l’abattage ?Ne m’accusez pas d'être réfractaire au mé lange des genres.Non.C’est l’ab sence de point de vue qui tue ce film dont je vous laisse à choisir s'il est lt plus mauvais ou s’il est le seul franchement mauvais de Ken Russell.Le fascisme ordinaire Blood in the face De Anne Bohlen, Kevin Rafferty et James Ridgeway.Intervieweurs : A Bohlen, K.Rafferty, J.Ridgeway, Michael Moore Caméra : Kevin Rafferty, Sandi Sissel.Son : Robert Stone, Judy Irving, Jayne Loader, Charlie Arnot.É.-U.,1991.78 min.Présenté au cinéma Palace à compter de vendredi, 22 novembre.Alain Charbonneau CEUX QUI ont suivi de près ou de loin l’élection du gouverneur de la Lousiane le week-end dernier savent que David Duke, cet ex-sorcier du Ku Klux Klan qui briguait le poste sous la bannière du parti républicain, a été défait, mais qu'il a néanmoins récolté près de 40 pour cent des voix et que, n’avait été de la participation massive des électeurs de race noire, ce chiffre aurait sans doute été plus élevé encore.Inquiétant ?Ce n’est là pourtant que la pointe d’un iceberg, dont Blood in the face nous découvre la partie immergée.Réalisé par Anne Bohlen et Kevin Rafferty, connus pour leur participation au film de Michael Moore, Roger and Me, et inspiré du livre de James Ridgeway (qui collabore à la réalisation), Blood in the face : The Ku Klux Klan, Aryan Nations.Nazi Skinheads and the Rise of a New White Culture, cet étonnant documentaire, alarmant sans être alarmiste, explore les dessous de l’Amérique antisémite, négrophobe, raciste et ouvertement fasciste.Fidèles à la tradition du bon vieux cinéma direct, les réalisateurs ont pris le parti de céder tout bonnement la parole à quelques-uns des plus beaux spécimens de l’extrême-droite nord-américaine : membres du Ku Klux Klan et du parti nazi américain, pasteurs du Posse Comitatus, fascistes canadiens et fervants et l’Alliance Euro-Américaine.Pas de nar ration, donc, quelques documents d’archives insérés ici et là pour évoquer les grands précurseurs de ces mouvements radicaux, de Hitler à George Lincoln Rockwell, le fondateur du Parti nazi américain.Et, surtout, d’incroyables interviews pendant lesquelles les intervieweurs posent peu de questions et n’argumen tent presque jamais, laissant les sujets libres de s’exprimer à leur guise.Rhétorique perverse, prosélytisme imbécile, médisance raciste, salades chrétiennes hard ou fachos new age : nommez-les, tous les discours qui militent pour la suprématie de l’homme blanc s’y font entendre.Les plus bête comparent les Noirs à des singes.Les plus crédules font remonter la généalogie arienne à Adam, dont la honte pouvait se lire sur le blanc visage (d’où blood in the face), ou encore nous expliquent le plus simplement du monde que l’holocauste n’est pas un fait historique avéré, mais qu’en revanche, il est certain que les Juifs ont crucifié Christ.Les plus rusés, enfin, s’attirent de leurs auditeurs (ici, les spectateurs) la haine et l'intolérance dont eux-mêmes font preuve à l’endroit des Noirs, des Juifs, des Jaunes et des Bruns.Et le pire, c’est que ça fonctionne.Rien ae plus contagieux que la haine et le mépris.De fait, pour tout spectateur normalement constitué, le film devient très vite une véritable épreuve, un défi lancé à sa propre tolérance.Abrutissant, choquant, irritant, Blood in the face est en un sens un film ambigu, presque pervers, puisque amplifiées par la (fausse) neutralité des intervieweurs, les confidences recueillies génèrent chez le spectateur, à l’endroit des gens interviewés, la même haine qui fermente chez ces derniers : par un étrange effet boomerang, Blood in the face éveille le fasciste qui sommeille en Un vont nouveau dans le cinéma québécois IF» courts métrages U AU 24 NOVEMBRE 1091 Cinéma Quartier Latin B5B Sto-Catherlne est.métra Bern UQAM Tél B49 F1041 Entrée 5.898 PROGRAMMATION »* B L O C # 3 LE VENDREDI DE JEANNE ROBINSON Réalisais Yves Dion LÉA Rea'isab ' Raymond Saint-Jean LA TRANCHÉE Reahsatn ¦ Jeanne Crépeau siQNÉ, CHARLOTTE S.Realisation Lorraine Pintal 15.17.19.21 et 23 novembre à 19 h 00 »» B L O C ^ 4 VACHERIES Realisation Marcel Jean ON A MARCHÉ SUR LA LUNE Realisation Johanne Prégent A LA MANiÈRE DES BLANCS Realisation Bernard Émond LE COMPLEXE D’ÉDÎTH Realisation Paule Oaillargeon 15.17.19.21 et 23 novembre à 21 h 00 Q Telefilm Can.irt.i so^ii CZZtCOP LE DEVOIR IITIIII PRESENTATION LE FILM AVOIR ET A REVOIR! m UN PUR CHEF-D'OEUVRE./u divoir ¦ UNE EXPÉRIENCE FASCINANTE, irsotui ¦ UN FILM SPLENDIDE./iw mu ¦ CAUBÈRE EST ÉBLOUISSANT./uom andmmi SALLE 2i tour Itt wirr; 7hOO Dm: MO, /MO chacun de nous.Réduits à l’écoute, U nous faut supporter en silence (celui des intervieweurs) le Hot de purin qui coule des bouches pourtant bien humaines, trop humaines, de ces fascistes ordinaires.Après dix minutes, on voudrait les interrompre, discuter avec eux, les convaincre qu’ils ont tort, pointer les failles de leurs raisonnements.Après une demi-heure, on voudrait les faire taire, leur couper le sifflet comme on dit.À la fin du film, on rêve de les emprisonner et de leur faire goûter quelques secondes de chambre à gaz.Pour enfin, revenus de notre rage, se rendre compte que la meilleure attitude à adopter, afin de ne pas être nous-mêmes entraînés dans la mécanique haineuse, dans l’escalade sans fin du racisme et de la violence, c’est encore d’écouter ces gens sans leur répondre, de ne pas jouer leur jeu, auquel ils ont tout à gagner, et nous tout à perdre.Et, comme l’ont fort bien compris les réalisateurs, d’implorer qui veut bien entendre pour « que toutes ces nuances qui distinguent les atomes appelés hommes ne soient pas des signaux de haine et de persécution » (Voltaire, Traité sur la Tolérance).Presque pédagogique (heuristique, dirait l’homme de science), Blood in the face nous fait éprouver ce qu’il cherche à dénoncer.Haute leçon de morale.et cinéma documentaire hautement efficace.* Blood in the face, un film d’Anne Bohlen, Kevin Rafferty et James Ridgeway."DÉLIRANT!" ES — Le public MLKATE55EN v.If.au COMPLEXE DESJARDINS cl Maison du Cinerça SHERBROOKE v.fr.avec sous-titres ang.au CENTRE-VILLE Cinéma Libre présente Je \f>n un long métrage de RICHARD BOUTET "Très beau, Intense et pudique” (Le Devoir) "Un blues émouvant sur le suicide des jeunes" (Factuel) "Un film troublant sur une réalité douloureuse” (Voir) “Affronte sans détour le tabou de la mort et plonge au fond de l’Ame.à voir, même avec la boule dans l’estomac.et à écouter aussi pour la musique.” (Le Journal de Montréal) "L'oeuvre d’un cinéaste qui sait magnifiquement mettre tout ça en Images de cinéma” (Le Soleil) CHANTS ET MUSIQUE DE LUC DE LAROCHELLIÈRE producteur Guy Bergeron — Lee Productions Vent d’Est inc.productrice associée: Dorls Girard — L'Office national du film du Canada SUICIDE AC t ION MON I fit Al 2m Au Cinéma Parallèle 3682 Bout.St-Laurent jàÊr Jusqu’au 27 novembre 19h, 21 h oanuvil a( rilmanrko 11h 1 CK 1Qh a# 11 samedi et dimanche 13h, 15h, 19h et 21 h c«nv»«>« EXCLU S IVES! im, FASCINANT.Fantastique tour de force.On rit, on pleure, on s'émerveille.UN rilAt M JACO VAN DORMAEL J nnoMAFi • ccril cl mis en scene par A RI A.N H MNOK TIKINH produit par Cl Al'DE IKI.OUH LE NOUVEAU CINÉMA fbtfiVtzl SALLE 1 TniWiini:7U0, 9k30 Som4(loi:SUO 7U0 9U0 Dire 1130,3U0, Sk30,TWO,9M0 131, MILTON (Angle Clark une rue au nord de Sherbrooke] 8497377 I DU THÉÂTüÊ Du 19 novembre au 8 décembre 19 9 1 à Québec -ARBO CYBER, THÉÂTRE (?) -ATELIER DE RECHERCHE THÉÂTRALE (A.R.T.) -LE CONTRE-COURANT -LE GROUPE Ê SKÊNÊ -LA PEAU DES DENTS -PIGEONS INTERNATIONAL -PoMoCoMo -RECTO-VERSO + stages, séminaires et tables rondes INFO-FESTIVAL Québec: (418) 648-0558 Montréal: 271-1206 O BUletEch -€» (418) 691-7400 STAGES DIMANCHE 24 novembre VhO( LUNDI 25 novembre MARDI 26 novembre MERCREDI 27 novembre JEUDI 28 novembre VENDREDI 29 novembre SAMEDI 30 novembre DIMANCHE « décembre IVtMiH LUNDI 2 décembre MERCREDI 4 décembre VENDREDI 6 décembre DIMANCHE 6 dttcmbK TSS1 Vtoyageur ORLÉANS [ X P 9 ( S S iIHE iS'/lir/lIliance 1 J-S 20 JOURS DU THÉÂTRK À RISQUK ont etc subventionnés par Communications Canada, K.I.C .le M A C .le M A L.le C A C l M et le B A C.(Ville de Québec). Le Devoir, samedi 23 novembre 1991 le cahier du t .ameai CINÉMA Une occasion rare Taiwan à Montréal Vingt-cinq longs-métrages taiwanais récents (1983-1990) du 23 novembre au 19 décembre au Conservatoire d'art cinématographique (Université Concordia).Francine Laurendeau JE NE TENTERAI pas de vous faire croire que je m’y connais en cinéma taiwanais.Comme le commun des mortels sans doute, j’associais inconsciemment le cinéma de Taiwan à celui de Hongkong : un cinéma commercial très porté sur le Kung-Fu.Souvenez-vous de Bruce Lee.Je ne m’y connais toujours pas en cinéma taiwanais, mais j'ai appris que le filon Kung-Fu est épuise et qu’il cède le terrain, depuis les an nées quatre-vingt, à une nouvelle génération de réalisateurs qui ont appris leur métier à l’étranger et oui sont revenus pour exprimer la réalité de cette petite ile surpeuplée qui, si elle évoque pour nous une im- mense main d’oeuvre sous payée (le made in Taiwan), évoque pour les Orientaux la région la plus riche d’Asie : Taiwan vient immédiatement après le Japon.Et j’ai pu voir à Concordia deux films de cette vaste rétrospective qui commence aujourd'hui.Des films qui m'ont vivement intéressée bien qu’ils soient aux antipodes l’un de l’autre.Le plus spectaculaire, le plus charmeur et le plus exotique est The Wheel of Life, de King Hu, Li Using et Fai Ching-Jui, 1983.C’est un film en trois époques.Sous la dynastie des Ming, une jeune fille est prête à se sacrifier pour abattre un tyran sans scrupules.Elle et son fiancé périront bravement.Dans cette première partie, on dira ce qu’on voudra, les arts martiaux et les trampolines ne sont pas loin.Une sorte de ballet guerrier, à la fois virtuose et cocasse, sur fond de paysage lunaire.Beaucoup plus tard, nous avons at teint le XXe siècle, une brillante étoile de l'Opéra de Pékin en tournée tombe dans l'oeil d’un noble fils de famille.Or, les deux jeunes gens ont l’impression de se reconnaître, de se retrouver : on devine qu’ils sont la réincarnation du couple précédent.Malheureusement, à cause d’un mauvais génie lui aussi réincarné, cet épisode romantique et lyrique finit mal.Rassurez-vous, les amants seront réunis lors d’une troisième réincarnation.C’est l’occasion d’un parallèle entre le ballet moderne (la jeune femme est cette fois danseuse) et la tradition ancestrale pratiquée par le jeune homme.Cela nous vaudra quelques performances étincelantes' dont la cruelle montée, pieds nus, d’une échelle dont chaque barreau est un poignard.C’est superbe et dépaysant.Ce soir, 21 h 00.L’autre film, de Hou Hsiao-hsien (1987), commence beaucoup plus modestement dans un petit tortillard qui serpente à travers la montagne.Ca se passe en 1965 dans le Taiwan rural ou un jeune garçon découvre la vie et essaie d’être heureux.La description de sa famille est touchante et drôle, avec le petit frère qui refuse de manger (mais qui, en cachette, déguste du dentifrice), le père taciturne, la mère exigeante, le grand-père délicieux qui ne résiste jamais à la tentation d’allumer un pétard.Il quitte l’école pour aller travailler à Taipe, la capitale.Et puis ce sera le service militaire dans File de Quemoy.Pendant son absence, la jeune fille qu’il aime en épouse un autre.Gros chagrin.Il revient à la maison et, comme si de rien n’était, son grand-père lui parle sentencieusement des problèmes de la culture de la patate douce .L’importance du non dit.La pudeur du discours et des gestes.L’observation sensible et fine de petites gens à la fois très loin et très proches de nous.Samedi, 7 décembre.Voilà, c’est tout ce que je sais.À vous de plonger à votre tour pour faire vos propres découvertes.De npf»ücinnc cnni rurne Anthony LaPaglia, Danny Aiello et Frank Pesce dans 29th Street.ûnr/f ,r riv mm ni* / LE DAUPHIN BEAUBIEN PRES D IBERVILLE -^ UN FILM DE CLAUDE CHABROL - AVEC ISABELLE HVPPERT CClOCOP Oamplgnv e«fiom g, semaine: 8:30 samedi: 2:00 - 8:30 dimanche: 2:15 - 5:30 - 8:30 INFOÜUK 866-0111 ÆSSo U PARISIEN 0) PfiHOfLACOTKX* I-A • DO U B 1.1 • V I I- • D F VERON IQJJF mUCJ ÜOtBP *»TI PI fj VERSION ANGLAISE AU LOEWS Un film sans souffle 29th street Scénario et réalisation : Georges Gallo Avec Danny Aiello, Anthony LaPaglia, Lainie Kazan, Frank Pesce, Robert Forstner.Image: Steven Fierberg Musique: William Olvis.(États-Unis 1991) En v.o.anglaise aux cinémas Egyptien, Pte-Claire, Côte-des-Neiges, Langelier.Odile Tremblay UN FILM BÉBÈTE, sentimental et sans souffle prônant une philosophie de bas étage digne des pages édifiantes de Selection du Reader’s Digest (réussir sa vie en gagnant à la loterie), tel est ce mauvais 29th street, signé Georges Gallo.Le FFM, avait, on ne sait trop pourquoi, eu l’idée incongrue de présenter ce film à la clôture de son festival.Voici que cette sirupeuse salade américaine sévit encore en prenant l’affiche en salles.Même s’il signe ici sa première oeuvre de cinéaste, Georges Gallo, Amécicain d’origine italienne, avait déjà une expérience de scénariste.Ün lui doit le script de tF/se Guys de Brian de Palma, ainsi que Passez hilarant Midnight Run dans lequel s’opposaient Robert de Niro et Charles Grodin.Georges Gallo aime manifestement poser un regard comique sur la mafia et ses méfaits.29th street sera donc, comme il se doit, une comédie américaine à l’italienne.Elle raconte les mésaventures du jeune Frank Pesce (Anthony LaPaglia) accablé par une bonne étoile qui depuis sa naissance le suit partout à son grand dam.Au jeu comme en amour, cette chance lui colle après pour mieux souvent se retourner comme un gant contre lui.Essaie-t-il de se débarasser de sa voiture pour récolter les assuran- ces?Elle refait surface dans le marais où elle croupissait.Un jaloux Tassomme-t-il pour avoir courtisé sa soeur ?Les médecins découvrent miraculeusement une tumeur, Topèrent quand il est encore temps et lui évitent un cancer.Évidemment, sa bonne chance sème jalousie et discorde autour de lui.Auprès de son père surtout (interprété par Danny Aiello) qui lui pardonne mal ses succès quand lui a raté sa petite vie de fond en comble, s’est endetté jusqu'à l’os et n’a pour seul motif de fierté qu’un gazon plus vert que celui du voisin.Rancoeurs au programme, donc et joies familiales au milieu de tout ça, car chez les Pesce, tribu italienne typique, on s’adore.Même qu’on se promet de fêter en choeur Frank le jubilaire quand il rafle le billet gagnant d’une loterie de six millions.Mais tout n’est pas si simple.Car la mafia rôde dans les parages.Maman, papa, frère aîné, petite soeur, clan italien au grand complet sauront-ils contrer les rapaces dessins de la petite pègre locale qui elle aussi lorgne l’étoile de l'infortuné Frank?D’autant plus que la police et le pasteur s’en mêlent.Tout cela est joué en surface avec un entrain qui agace.L’ennui avec cette comédie et sa morale sosotte, c’est qu’elle dégage un côté Walt Disney franchement insupportable.George Gallo a édulcore avec soin tous les gags pour leur faire perdre les aspérités susceptibles de choquer les braves oreilles américaines.La mafia perd ses dents en cours d’opération, devient inoffensive et presque sympathique.L’argent facile est le grand héros de l’histoire, la bêtise aussi.Certains films sont un outrage à l’intelligence du spectateur.Celui-ci fait hélas partie du lot.MUSIQUE CLASSIQUE CE SOIR, SAMEDI 23 NOVEMBRE LA PETITE MUSIQUE DE NUIT DE CIEL MF PRÉSENTE À 22:00 • symphonies nos l et 5 (CPE Bach) • concerto pour hautbois K.314 (Mozart) • extr.divertimento K.334 (Mozart) • concerto pour piano no 27 (Mozart) • concerto pour flûte et orchestre (Rosetti) DEMAIN SOIR, 22:00 • concerti op.8 nos 3-4-5 (Vivaldi) • quatuor a cordes op.18 no 2 en sol (Beethoven) • quatuor a cordes en ut K.465 (Mozart) • concerto pour piano no 5 K.175 (Mozart) RENSEIGNEMENTS: 527-8321 LES MÉDICAMENTS, FAUT PAS EN ABUSER! Santé et Services sociaux Québec John Candy et Ally Sheedy dans Ma blonde, ma mère, et moi.FILMS VIDÉO Yves d’Avignon MA BLONDE, MA MÈRE ET MOI (Version fr.de Only the Lonely) j Comédie sentimentale écrite et réalisée par Chris Columbus.Avec John Candy.Maureen O'llara, Ally Sheedy, Anthony Quinn et James Be lushi.Sortie simultanée le 29 novembre.Célibataire âgé de 38 ans, un policier, dont la tâche est de ramasser les cadavres, reste encore chez sa mère, possessive et remplie de préjugés, ce qui fait l’affaire de son frère.Pour des raisons de racisme, la mère n’accepte pas que son fils s’éprenne d’une femme d’abord gênée, fille d’un croque-mort, dont le travail et de maquiller les morts avant de les exposer.La mère du policier insulte la jeune femme des leur première rencontre au restaurant et celle-ci veut mettre fin à la relation, son nouveau copain ne l’ayant pas défendue honorablement devant sa mère.Le policier entreprend donc la difficile tâche de sortir de sous la jupe de sa mère.( )n n’est pas habitué de voir John Candy dans un tel rôle : fantaisiste et sentimental.?TOY SOLDIERS (Version fr.de Voyous ou héros) Drame de Daniel Petrie jr.Avec Sean Austin, Andrew Divoff, Louis Gossett jret Wil Wheaton.Sortie simultanée le 27 novembre.Déjà fort de trois expulsions d’institutions scolaires, Billy se retrouve pensionnaire dans un collège pour jeunes à problèmes.Avec des amis tout ausâi extravagants, il imagine • tous les coups pendables, sans que cela ne décourage la direction de l’institution.Alors que le directeur est absent, l’école se retrouve envahie par des terroristes étrangers qui prennent en otage les "DÉLIRANT!11 BS — Le public N1KATESSEN v.Ir.au COMPLEXE DESJARDINS et Maison du Cinema SHERBROOKE v.Ir.avec sous-titres ang.au CENTRE-VILLE City Slickers (4 décembre); Problem Child 2 (5 déc.); Dream Machine (5); Ile Said, She Said (3).jeunes dans le but d’obtenir du gouvernement américain la libération d’un baron de la drogue.Billy et ses compagnons ne resteront certes pas inactifs devant une situation aussi invitante.?SOAPD1SH Comédie satirique de Michael Hoffman.Avec Sally Field, Kevin Kline, Cathy Moriarly, Whoopi Goldberg et Ray Downey jr Simultanément le 27 novembre.Dans un téléroman, Montana cherche à prendre la vedette ; Céleste en est pourtant l’interprète principale.Montana veut profiter du fait que le producteur a le béguin pour faire modifier le scénario afin de devenir la star de la série.C’était sans compter sur la réalisatrice-tête dure qui ne veut rien entendre.La nièce de Céleste arrive dans le portrait tandis que le producteur fait revivre le personnage de son partenaire.Ah mais là vraiment, ça ressemble aux soaps américains de l’après-midi.?SCANNERS II LE NOUVEAU RÈGNE Drame de science-fiction de Christian Duguay.Avec Dabid Hewlett, Deborah Raffin et Y van Ponton.Simultanément le 27 novembre.Policier, il veut se servir des scanners pour éliminer ses ennemis et monter dans la hiérarchie.Au fait, les Scanners sont des êtres paranormaux, ils peuvent lire dans les pensées d’une personne et même provoquer sa mort.La tâche consiste à trouver un Scanner qui ne lèvera pas trop facilement le nez sur une telle demande.Un étudiant en médecine animale semble répondre adéquatement à la description.Après un bout de temps, c’est la révolte.C’en est presque stupide.?GETTING IT RIGHT Une comédie de Jonathan I).Krane '.et Randal Kleiser.Avec Jesse Birdsall, Helen Bonham Carter, Peter Cook et Lynn Redgrave.Sortie en français le 27 novembre.Gavin a 31 ans et n’a jamais eu de relationsavec les femmes.Vous voyez la suite.Par une longue nuit d’amour et après avoir fait la rencontre de trois femmes (!), Gavin apprend maintenant comment bien faire les choses. Le Devoir, samedi 23 novembre 1991 ¦ C-5 le cahier du i • ameai THEATRE Wait Disney chez Kafka L’Histoire de l’oie, de Michel Marc Bouchard, au Théâtre d’Aujourd’hui Gilbert David AU RYTHMES d'une ou deux nouvelle^ pièces par année, Michel Marc Bouchard compte parmi les dramaturges les plus prolifiques et les plus joués au Québec.Auteur, comme il me le signale un brin narquois, « de drames d’hiver et de comédies d’été » — sa plus récente satire, Les grandes chaleurs, créée au Théâtre de la Fenière l’été dernier, a fait tout un tabac —, Bouchard croit fermement qu’« être dramaturge, c’est un emploi à temps plein ».« Je suis né en province et, quand j'écris, même si l’écriture est un acte gratuit, j’espère que mon théâtre parlera aux gens du Lac Saint-Jean.Mes drames et mes comédies sont les deux faces d’un même acte de communication ou j’explore l’amour vécu par des marginaux et où j’invite le public à se montrer tolérant ».Depuis Mortadelle, une satire sur la mort des dieux qu'il écrit en 1977, à dix-neuf ans, jusqu’à L'Histoire de l’oie, un drame poétique dont la première montréalaise aura lieu mardi prochain au Théâtre d’Aujourd’hui, il a déjà fait sa marque avec ce que l’auteur surnomme la « tétralogie des Tanguay » gui regroupe Dans les bras de Morphee Tanguay (1979), Ch-rysippe Tanguay, écologiste (laquelle lance véritablement sa carrière en 1983 au Théâtre d’Aujourd’hui, avec André Brassard à la mise en scène), La Poupée de Pélopia (1984) et Les Muses orphelines (1988).C’est toutefois en 1987, lorsque le Théâtre Petit à Petit produit, dans une mise en scène de Brassard, Les Feluettes ou La répétition d'un drame romantique, une pièce où tous les rôles, y compris les féminins, sont joués par des hommes, que le théâtre de Bouchard se voit largement reconnu; partie de la salle Fred-Barry, la production des Feluettes est reprise, la saison suivante, au Théâtre du Nouveau Monde; une seconde production, avec une nouvelle distribution, est jouée par la suite à Montréal, à Québec et en province, puis se rend jusqu’à Paris où l’accueille une très bonne presse.Traduite en anglais par Linda Gaboriau sous le titre Lilies or The Revival of a Romantic Drama, la pièce est créée à Toronto par le Théâtre Passe Muraille, ce qui lui mérite le prix Dora Mavor Moore de la meilleure création de la saison 1990-1991.Des traductions en néerlandais et en écossais sont en cours de réalisation et seront suivies de productions dans les mois qui viennent.L'Histoire de l’oie, une coproduction du Théâtre de la Marmaille et du Centre national des Arts, occupe une place particulière dans l’oeuvre du dramaturge.La pièce est née d’une collaboration qui s’est étendue sur cinq années, selon un processus créateur particulier à la Marmaille.« Au départ, Daniel Meilleur, l’un des directeurs de cette compagnie, m’a approché avec le projet d'une adaptation de Peau d'âne, le conte de Perreault.J’étais familier avec le théâtre jeunesse, ayant moi-même joué dans Le Nez et Folie furieuse, deux ,6bncerts demusiœue Allega violon Vladimir Landsman piano Dorothy Fralberg Oeuvres de Mozart.Brahms, Prokofieff et Gershwin jeudi, 28 novembre 1991,20h.Salle Redpath Université McGill Entrée libre Ce concert est présenté grâce à une subvention spéciale du "Music Performance Trust Funds" obtenue par la Guilde des Musiciens du Québec.productions du Théâtre de la Vieille 17.Et je ne cachais pas mes réticences devant l’attitude moralisatrice et trop souvent didactique de la majorité des spectacles pour jeunes.Tout me semblait y être trop dit, trop mâché.Pour moi, le public, enfant comme adulte, ne doit pas sortir d’un spectacle sans questions ou en ayant eu toutes les réponses».Au fil de rencontres exploratoires entre Daniel Meilleur et l’auteur, il est convenu de renoncer à l’adaptation d’un conte et de plonger dans une création à part entière, sur la base d’un premier texte dramatique proposé par Bouchard qui y questionne les rapports père-fils sus l’angle de la transmission de la violence.Bouchard retravaille ce premier texte qui est l’objet d’un atelier de production très sommaire — deux acteurs et un décor fait de bric et de broc — qui se concentre sur la dynamique dramatique et la résonance de l’écriture.Nous sommes en 1988.À la suite de discussions internes à la Marmaille, Daniel Meilleur relance Bouchard avec l’idée d’une création où seraient associés étroitement, outre l’auteur et lui-même comme metteur en scène, un scénographe, Daniel Castonguay, et un compositeur, Michel Robidoux.« C’est alors que j’ai pris la décision d’écrire une nouvelle, de façon à ouvrir mon texte à de nouvelles possibilités», commente Bouchard.« Pour moi, une réplique n’est pas une fin en soi, alors qu’une nouvelle, oui; les deux Michel et les deux Daniel se sont alors confrontés à une matière littéraire devant laquelle chacun se sentait libre d’avancer ses éléments de dramatisation, y compris moi du côté des dialogues.Mais ça n’a pas été une création collective, parce que tout est parti du texte ».À la suite de rencontres espacées mais régulières entre les quatre créateurs et à travers différents ateliers ponctuels, la nouvelle de Bouchard s’est graduellement transformée en un spectacle tout public.« C’est ma pièce la plus éloquente, je pense, par rapport a ce que j’ai écrit sur ce que j’appelle le tatouage de la violence », remarque Bouchard.« Le défi a consisté à fouiller au-delà de la thématique, en suggérant des repères dans la genèse de la violence.Un auteur ne fait pas des thèse: mais des oeuvres.Le créateur doit être dans l’ouverture, et la favoriser, la revendiquer pour le public ».L’Histoire de l'oie — le texte a été pubüé chez Leméac en juin dernier et figure parmi les oeuvres finalistes du prochain Prix du Gouverneur général en théâtre — raconte une fin de journée d’été orageuse dans la vie de Maurice, un garçon de neuf ans, qui habite une ferme dans les années cinquante au Québec.Maurice a pour confident et complice de ses jeux troubles une oie du nom de Teeka.Le garçon, dont on devine peu à peu le quotidien oppressant, se ré- fugie dans les aventures de Tarzan, auxquelles il mêle Teeka jusqu’à être entraîné à commettre un acte irrémédiable.La pièce a gardé du conte originel son caractère narratif, mais elle est aussi morcelée en courts épisodes où, par paüers conduisant au climax tragique, un dialogue allusif et finement humoristique tient, de part en part, le lecteur en haleine.« Comme notre ambition a toujours été de déboucher sur un spectacle qui s’adresse à tout le monde, me précise Bouchard, toute l’équipe a opté pour l’économie.En ce sens, c’est l’oeuvre la plus poétique que j’aie écrite parce que chaque réplique se devait d’être au diapason de l’action : il n’y a pas un mot de trop.Mais je trouve en même temps difficile d’en parler.À la blague, je dis que c’est du Walt Disney chez Kafka ! Je me dis que ça à répondu à un besoin très profond en moi.Je suis le fils d’un boucher et, durant toute mon enfance, j’ai très vite compris que les animaux étaient des victimes.J’entendais les porcs qui criaient quand on les égorgeait.Je suis né dans le sang et j’ai vécu dans le sang».L’auteur, qui a maintenant 33 ans, se rappelle qu’à huit, neuf ans, il s’était voulu le protecteur des animaux et qu’il avait sous sa garde plus de quarante chats à Saint-Coeur-de-Ma-rie.« Je ne suis pourtant pas devenu végétarien », ironise-t-il en me pointant du doigt sa veste de cuir.«Je pense que la violence est un phénomène que l’on a tendance à banaliser nis&lttukfi dans notre société.On ne cherche pas à comprendre : « Ça marche comme ça », comme le dit bêtement Maurice dans la pièce.La violence a parfois quelque chose de sournois qui fait en sorte que plus la victime est consciente, plus elle recherche les faveurs de son bourreau.La violence qui devient un troc, comme Maurice qui associe le fait d’être battu avec le désir de recevoir un costume de Tarzan, m’a conduit à examiner le comportement d’une victime, une victime qui se fait bourreau.C’est ce qui m’intéresse d’approfondir actuellement, l’espèce de déresponsabilisation de l’homme québécois qui va de pair avec son infantilisation».Aussitôt après la sortie à Montréal de L'Histoire de l’oie que la France a eu la possibilité de découvrir avant W THÉÂTRE DU RIDEAU VERT ?DIRECTION : YVETTE BRIND’AMOUR • MERCEDES PALOMINO «PP®» .WOODY ALLEN Traduction ei mise en scène: DENISE FILIATRAULT Avec: LUC GUÉRIN, DENIS BERNARD MICHELINE BERNARD, DIANE LAVALLÉE SONIA LAPLANTE, MARIE-CHANTAL PERRON PIERRE Mc NICOLL, MARIE-ELAINE BERTHIAUME NANCY BEDARD DÉCORt ANDRÉ BARBE • COSTUMES: FRANÇOIS BARBEAU ECLAIRAGES: CLAUDE ACCOLAS ARRANGEMENTS MUSICAUX: SYLVIE BOUDREAU Jusqu’au 7 décembre.Mardi au vendredi 20 H Samedi 16 H et 21 H, dimanche 15 H 4464, RUE ST-DENIS MFTRC- .0 lAUEtfï, SORTIE GflfOUD O _ Il RÉSERVATIONS: Bell 844-1793 3 | ORCHESTRE SYMPHONIQUE .vAllv I DE MONTREAL Charles dutoit LES GRANDS CONCERTS Jésus Lopez-Cobos, chef Gil Shaham, violon 26 et 27 novembre, 20h00 ARSENEAULT: Prélude à l’infini TCHAIKOVSKI: Concerto pour violon en ré majeur, opus 35 R.STRAUSS: Aus Italien, opus 16 cfb SALLE WILFRID-PELLETIER FIN VI-NTH À l.'OSM: 842-9951 I T AUX GUICHETS DE LA PLACE DES ARTS: 842-2112 BILLETS: 44,68$ 32,45$ 23,41$ 10,10$ fARBÛNE 1A Peau, chair et os tÆW de Gilles Maheu __ Jiülilll $Üîs "Le travail de Gilles Maheu est d’une fragilité et d une inspiration rare ." R Lévesque.LE DEVOIR, Montréal, mai 91 [ "Peau, Chair et Os.est un spectacle splendide, d une grande magie W Krysinski, VICE VERSA, septembre 911 Une succession d'images qui rejoignent les pulsions les plus secrètes de l'homme J Beau noyer, LA PRESSE.Montréal, mai 911 "Carbone 14 is physical theatre at its blasting best " K Greenaway.THE GAZETTE, Montréal, mai 911 ¦wmm nous lors de deux festivals internationaux, les Rencontres internationales de Théâtre Enfance Jeunesse de Lyon en juin et le Festival des francophonies de Limoges en septembre — où la réception a, parait il, été unanimement élogieuse —, Michel Marc Bouchard replonge dans l’écriture.11 est à peaufiner une comédie, Les Papillons de nuit, qui sera créée l’été prochain, et il travaille à deux drames, d’une pari Les Louves qui sera une nouvelle version à par- tir des « vestiges » de Soirée bénéfice;; pour ceux qui ne seront pas là en i'anf.2000, et d’autre part, un texte qui.': pour le moment, s’oriente vers les ] thèmes de l’abandon et de la mort,*: dans le contexte de l'épidémie du;j sida.« J’ai la volonté, me lance-t-il finalement, de livrer ma lecture dej l’existence humaine.Sans compren d dre tout, je sais mieux aujourd’hui^ pourquoi j’écris.Et je saLs aussi que-mon oeuvre est plus devant que der- .] rière moi».;! En coproduction avec le Centre national des Arts à Ottawa et le Festival de théâtre des Amériques DU 27 NOV.AU 14 DÉC./ THÉÂTRE ESPACE LIBRE - (métro Frontenac): ADMISSION: 522-1245 NOMBRE DE PLACES LIMITÉ æ CASSE-NOISETTE N A U L T TCHAIKOVSKY CHAQUE ANNÉE, QUELQUE CHOSE DE MAGIQUE SE PRODUIT! Dl 18 AU 29 DÉCEMBRE 1991 Matinées : 21-22-26-28-29 (14h) • Soirées: 18-19-20-21 -22-23-26-27-28-29 ( 19h30) • Relâche : 24-25 Avec l'Orchestre des Grands Ballets Canadiens cft> Salle Wilfrid-Pelletier Place des Arts Deux heures de séduction et de magie.>> Im Presse • VT : V Jmm.np MP mm «S - ¦ ¦¦ T*-:", DU 22 NOVEMBRE 1991 AU 2 FÉVRIER 1992 A LA MAISON DES ARTS DE LAVAL Apres le succès remporté par l’exposition Pellan / Gagnon / Fortin voici: «Couleur et lumière: les paysages de Cullen et de Suzor-Coté» L’un des événements majeurs de la saison culturelle 91-92 dans la région métropolitaine.Ouvert tous les jours tie 1 Oh à 10h, les vendredis et les samedis jusqu'à 21 h à la Maison des arts de Laval, 1395, boni, de la Concorde Ouest, l.aval, 662-4442
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