Le devoir, 8 novembre 1991, Cahier A
¦¦I Montréal, vendredi 8 novembre 1991 Vol.LXXXII — No 259 ?Ensoleillé.Max.: 1.Détail page 8-7.- , TRIS COFFIN ' '¦ 1 - ' i OPTICIENS ¦fâ M*" fondé en 1V36 3 CAHIERS — Toronto 85 cents 65* f TPS t TVQ SOCIÉTÉ «i .«*¦ ^ PHOTO JACQUES NADEAU La mutation d’Urgences Santé Le rapport de Coster sur Urgences Santé commandé par le ministre Marc-Yvan Côté avait tracé un sombre portrait du fonctionnement de cet organisme.Des réformes sont en cours qui devraient permettre un accroissement de son efficacité.Un reportage de Paul Cauchon.Page B-l L’OTAN se redéfinit d'après Reuter et AFP ROM K — Le sommet de l’OTAN s’est ouvert hier à Rome sous le signe du renouvellement et d’une certaine tension entre les États-Unis et leurs alliés européens.Les dirigeants de l’organisation ont adopté un « nouveau concept » stratégique pour l’après-Guerre froide qui modifie profondément la doctrine de l’Alliance et s'appuie aussi sur une coopération étroite avec les anciens ennemis de l'Est.La nouvelle perspective en est une de souplesse d’intervention et de « gestion de crise ».qui n’exclut pas le dialogue et la coopération, plutôt que d’affrontement avec l’URSS.L’OTAN comprendra désormais un Conseil de la coopération avec les pays d’Europe centrale et orientale.Les interventions d’hier ont été marquées par un mouvement d’humeur du président Bush qui, s’écartant un moment du texte officiel de son intervention, a lancé à ses alliés, dont la France et l’Allemagne sont les plus fervents avocats d’une défense européenne autonome : « S vous avez quelque chose d’autre en tête, si vous voulez faire votre chemin seuls, si vous n’avez plus besoin de nous, alors dites-le».Il a ainsi implicitement émis des réserves sur le projet de François Mitterrand et du chancelier Helmut Kohl de créer une armée européenne, à partir d’un corps d’armée franco-allemand.« Des capacités militaires redondantes ne peuvent être mises en place qu’au détriment de celles qui existent », a souligné le président américain.Le porte-parole de la présidence française Jean Musitelli a jugé « assez étonnante » la remarque du président américain, estimant qu’il s’agissait d’« un procès d’intention ».« La France a toujours dit qu’elle souhaite le maintien de la présence militaire américaine en Europe.Ne renversons pas les rôles, ce sont les Américains qui sont en voie de se retirer partiellement, ce ne sont pas les Européens, qui chassent les Américains d’Europe », a affirmé le porte-parole.Mais c’est la reformulation du rôle de l’OTAN qui a dominé cette première journée du sommet de deux jours.C’était la première fois que l’organisation rendait public un document stratégique.C’était aussi la première fois que la France, qui Voir page A-4 : L’OTAN PERSPECTIVES /OTAN Le grand divorce n’aura pas lieu François Brousseau SI TU VEUX que je m’en aille, alors dis-le moi clairement ! — Non, non, ce n’est pas ça que je voulais dire ! Ne me quitte pas ! — D’accord, je reste.» Tel est, un peu simplifié, le dialogue vaguement mélo, faussement dramatisé, et au résultat totalement prévisible qu’on a entendu hier à Rome, où se tient le premier sommet de l’Organisation du Traité de l‘Atlantique-Nord (OTAN ) depuis la disparition de la Grande Menace de l’Est.Une menace qui avait provoqué, à la fin des années 40, la formation de l’Alliance atlantique, à l’aube de la Guerre froide.Une menace aujourd’hui évanouie avec le naufrage du communisme et de l’URSS.L’acteur qui fait ainsi mine d’être prêt à partir si on lui intime l’ordre de le faire, ce sont les États-Unis.Celui qui tient maison et feint de se demander si son partenaire est toujours le bienvenu chez lui, ce sont les pays européens.Et en particulier la France, le fidèle allié occidental qui a toujours eu ses petits états d’âme, et qui a joui depuis 1966 d’un statut particulier, semi-autonome, dans cette grande organisation militaire.Une petite passe d'armes, dont on se demande si elle n’était au fond qu’amusement pour la galerie, s’est en effet déroulée à Rome, autour de cette question de la présence militaire américaine en Europe.Le président Bush a demandé dans un premier temps à ses quinze alliés s’ils voulaient encore de lui sur le Vieux Continent, ou s’ils préféraient organiser leur défense sans la bienveillante présence américaine.C’est alors que la France a fait son petit tour de piste, un porte-parole faisant mine de s’indigner — bien légèrement — de ces humeurs américaines, répliquant que les tendances US au « retrait » originaient plutôt.des États-Unis, bien plus que de pressions Voir page A-4 : Le divorce Castonguay pose ses conditions à Clark Chantal Hébert de notre bureau d'Ottawa À PEINE 24 heures après le retour en catastrophe du comité Caston-guay-Dobbie, personne à Ottawa n’était en mesure hier soir de dire quand et dans quelle condition il reprendra ses travaux.Tout indique cependant qu’il est destiné à un réa ménagement de fond en comble qui ne le verrait pas recommencer ses audiences avant deux autres semaines.Le quasi-naufrage du comité au Manitoba cette semaine a fini par provoquer un brame-bas de combat au sein du gouvernement fédéral.Après une journée de consultations auprès des trois partis fédéraux, le ministre aux Affaires constitutionnelles Joe Clark a reconnu que la crise actuelle était assez grave pour torpiller ses efforts sur le front de l’unité nationale.« Ça n’aide pas au pays», a-t-il prévenu.Mais alors que le gouvernement tentait désespérément de reprendre la situation en main, plusieurs événements venaient encore ajouter à la confusion entourant le comité.Ainsi, depuis le fiasco de la tournée manitobaine, le sénateur Claude Castonguay a disparu de la circulation, refusant toute intervention publique.Au cours d’un entretien privé avec le ministre Clark mercredi soir, il aurait exigé un virage important de l'orientation des travaux de son comité.Hier, le sénateur était absent des deux rencontres qu'ont tenues les conservateurs au sein de son comité.Quant à la rencontre générale du comité prévue hier après-midi, elle a finalement été annulée.« Il n’y a pas de problème avec M.Castonguay, assure pourtant Joe Clark.Il veut avoir une situation qui va permettre au comité de poursuivre son travail de façon efficace ».De plus, une première ronde de tractations entre les trois partis fédéraux n'a pas abouti.« Les discussions sont loin d’être concluantes », confirme le porte-parole libéral au sein du comité, André Ouellet, qui parle de «bouillie pour les chats».Voir page A-4 : Castonguay ’86 '87 '88 '89 '90 '91 nov.91 % nov.7.73% Source Banque Ou Canada (PC) Le taux d’escompte SINISTRES LENDEMAINS AUX PHILIPPINES atteint PHOTO AP f K
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