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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1991-09-21, Collections de BAnQ.

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ipsæa LE CORPS VACANT I I J./1» )!• .I H I A I ’HO | ( ) =E= MUSÉE D ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL rrr-MTO ” CINEMA Cantin, à l’heure du cinéma éclaté « Il y a quinze ans, dit Roger Cantin (ci-contre), le Québec était plongé dans le néo-réalisme et je n’aurais jamais pu réaliser L’assassin jouait du trombonne.Depuis, Simoneau et Forcier ont ouvert la voie.On s’est enfin mis à l’heure du cinéma éclaté.» Page C-3 ROCK_________________ Le retour de Procul Harum Groupe d’un succès (A Whiter Shade Of Pale) pour la critique américaine, Procul Harum connaîtra tout de même une carrière plus qu’honorable en Europe et au Québec.Avant sa visite de mardi prochain au Spectrum, Sylvain Cormier analyse le dernier album de la formation.Page C-6 MUSIQUE Six visions de Debussy Dans chronique de disques hebdomadaire, Carol Bergeron analyse six versions des Préludes de Debussy, soit celles du Suisse Jean-François Antonioli, de Dang Thai Son, Arturo Benedetti Mi-chelangeli, Walter Gieseking, Robert Casadesus et Samson François Page C-7 ARTS VISUELS Voyage au bout des emotions Coup de foudre, écrit Marie-Michèle Cron.Je suis tombée en amour avec une image, avec une vision : celle de la plénitude et de la tendresse, que la grande dame de la photographie mexicaine, Graciela Iturbide, distille comme un philtre magique dans nos veines et dans nos yeux.Page C-9 Au bout du paradis La chorégraphe Anne Térésa de Keersmaeker, joyau du Festival de la nouvelle danse Mathieu Albert LORSQU E les lumières se sont rallumées, la salle était en étal de choc.Jamais un spectacle de danse n’avait réuni autant de rigueur dans sa composition gestuelle et d'intensité dans la seule présence des inteprètes sur la scène.Pendant près de deux heures, quatre filles avaient sillonné le plateau comme des bagnards claquemurés dans leur cellule : la démarche accablée, le visage impassible, le geste froid, rugueux, mécanique.Au terme de la trajectoire, nous étions dans un état voisin de la stupéfaction; la chorégraphe était parvenue à nous captiver comme s’il s’agissait du spectacle d’un drame alors que son travail, froidement mathématique, n’était que juxtaposition de formes, entre-mêlement de lignes, accumulation de phrases chorégraphiques.Avec Rosas danst Rosas (1983), qu’elle présentait au Festival international de nouvelle danse en 83, Anne Térésa de Keersmaeker nous a menés au bout du paradis.Rares sont les chorégraphes qui manient le volant avec autant de dextérité.Aujourd'hui, Anne Térésa de Keersmaeker n’est plus la jeune chorégraphe qu’elle était il y a sept ans.Le style qu’elle a développé s'est imposé comme l'une des voix les plus originales des années 80; sa compagnie, Rosas, qui s’installe en janvier, pour une période de trois ans, au Théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles (l’ancien fief de Béjart), circule abondamment à travers l'Europe et les États-Unis; tandis que son nom, parfaitement inconnu il y a 10 ans, figure désormais au palmarès des valeurs incontournables de la nouvelle chorégraphie.L’histoire de sa carrière renvoie l’image d’une ascension à la verticale, avec des coups de fulgurane, des moments d'illumination, des dérives magnifi- « Mon objectif, contrairement aux idées développées aux États-Unis par les artistes du courant post-moderne, n’est nullement de rendre au mouvement une quelconque autonomie, mais plutôt d’interroger le champ des relations qui peuvent se nouer entre celui-ci et la partition musicale.» ques (et réussies) du côté des sphères du théâtre.En 88, elle remportait à New York un Bessie A ward pour sa pièce Rosas danst Rosas (l'équivalent chorégraphique des Oscars), et l’année suivante, au Japon, un Dance A ward pour Mikrokosmos, une oeuvre pour deux danseurs qu’elle a réalisée en 1987.Pour son second séjour à Montréal, elle a choisi d’offrir deux pièces Voir page C-2 : Danse Aehterland, de la compagnie de danse Rosas, de la chorégraphe Anne PHOTO H SORGELOOS Térésa de Keersmaeker.Au bout du monde avec Ducharme Lorraine Pintal met en scène Inès Pérée et Inat Tendu au TNM PHOTO JACQUES NADEAU Lorraine Pintal Gilbert David Lorraine pintal coiiec tionne les succès et les signes de reconnaissance pour ses mises en scène.Après avoir remporté l’année dernière le prix du meilleur spectacle de la saison 1989-1990 décerné par l’Association des critiques pour le HA ha !.àe Ducharme qu’elle avait monté au Théâtre du Nouveau Monde, elle se retrouve en lice cette année encore, et pour la meilleure mise en scène, et pour le meilleur spectacle de la saison dernière, avec sa réalisation de Hosanna de Tremblay, présentée d’abord au Quat’Sous.puis au Festival de théâtre des Amériques.Elle a ce qu’on appelle une signature.« La mise en scène est un art à part entière », affirme-t-elle sans ambage.« Je ne peux pas comprendre qu’on puisse encore affirmer de nos jours qu’il suffit de jouer un texte sans plus ! Il me faut absolument avoir une vision et prendre une position ferme par rapport à l’oeuvre, ce qui ne veut pas dire que je ne me guide pas sur le texte».Le restaurant où nous sommes en ce début d’après-midi commence à se vider.Dehors, la tour de Radio-Canada continue de ressembler à une boite géante de « Chiffons J ».Après une première expérience en realisation télévisuelle avec Le grand remous, Lorraine Pintal s’est vu confier par la société d’État la réalisation au nouveau téléroman de Victor-Lévy Beaulieu, Montréal, P.Q.dont le tournage a déjà commencé même si la diffusion n’aura lieu qu'à l’automne 92.Demain, elle entre en salle avec toute son équipe pour les générales d'Inès Pérée et Inat Tendu, le second Ducharme qu’elle porte à la scène au TNM qui inaugure ainsi avec audace sa quarantième saison.Elle avoue d’emblée son anxiété : « C’est une pièce au contenu provocant et à la forme très changeante.Ducharme se moque des codes, des conventions.« C’est une pièce au contenu provocant et à la forme très changeante.Ducharme se moque des codes, des conventions, comme les enfants.Cette fois-ci, le défi pour moi a consisté à laisser libre cours à ma folie, à m’éloigner de mon approche habituelle, à accepter d’être déstabilisée.» comme les enfants.Cette fois-ci, le défi pour moi a consisté à laisser libre cours à ma folie, à m’éloigner de mon approche habituelle, à accepter d'être déstabilisée.Parce que la té-Volr page C-2 : Ducharme • „r.ENFIN PUBLIÉE! Cette pièce met en scène toute une galerie de personnages aussi loufoques que sympathiques, depuis le chauffeur d’autobus injustement congédié au jeune homme qui doit se marier par téléphone, en passant par Jojo, la vendeuse de lettres d’amour écrites à l’avance.Une pièce, jouée plus de mille fois et qui est rapidement devenue un « classique », aux côtés de Broue et autres grands succès de la scène.208 pages — 14,95$ ,-1L ij 4 1a,.m la petite maison V1D ed.lt/6Ur DE LA GRANDE LITTÉRATURE Denis Bouchard, Rémy Girard, Raymond Legault et Julie Vincent présentent LA DÉPRIME C-2 ¦ Le Devoir, samedi 21 septembre 1991 C-2 ¦ Le Devoir, samedi 21 septembre 1991 le cahier du 4 Danse de fabrication récente : Achterland (qui signifie arrière-pays en flamand), qui sera présentée mercredi et jeudi au Théâtre Maisonneuve en ouverture du festival, et Stella, à la salle Marie Gérin-Lajoie de l'UQAM, lundi le 30 septembre.Deux oeuvres qu’elle a créées l’année dernière dans l’intervalle de quelques mois (en mars et en novembre) et qui se complètent à la manière d’une double ramification rattachée au fil d'une seule et même démarche.Achterland explore les voies d'une écriture chorégraphique inspirée par les principes musicaux du contrepoint, tandis que Stella privilégie le recours à une syntaxe réglée à l’unisson.« Je ne peux pas tout faire dans un seul spectacle, dit-elle.Achterland, que j’ai réalisée à la suite de Stella, reprend le travail là où je l’avais laissé.La danse y est plus complexe, plus individualisée, plus proche de la forme contrapuntique.Kn comparai son, Stella est beaucoup plus élaborée sur le plan théâtral, et s’attarde de façon approfondie sur les facultés d'interprétation propres à chacune des cinq danseuses.La chorégraphie, qui intervient par intermittence, joue d'abord et avant tout le rôle d’un ciment unificateur au sein de la structure (éclatée) de la pièce ».Mais dans les deux cas, comme pour la quasi totalité de ses oeuvres depuis sa première création en 1980, Asch (qu’elle dansait avec Michèle Anne de Mey, qui participe également cette année au festival avec sa propre compagnie), Anne Térésa de Keersmaeker n’a jamais trouvé ail leurs que dans la musique le levain privilégié pour faire naître les allégories de son imaginaire, ainsi que pour déterminer l'organisation structurelle de ses pièces.Contrairement aux chorégraphes américains des années 60 et 70, qui voyaient dans le recours à la mu- C'EST GESTE POUR RIRE! 1 AU ScrTfcMBKt 91 20630 l'WMUMS E£xx±xSHI rPSl^l AGORA DE LA DANSE 0 Cherrier est (métro Sherbrooke) -s.: 525-1500 Unis par les artistes du courant postmoderne, n'est nullement de rendre au mouvement une quelconque autonomie, mais plutôt d’interroger le champ des relations qui peuvent se nouer entre celui-ci et la partition musicale.Je cherche à réaliser une fusion entre les deux disciplines qui ne soit ni une duplication, ni une simple illustration de la musique, mais un rapport dans lequel peut se lire la prise en charge d’une distance».Depuis l’époque de Rosas danst Rosas, le travail de la chorégraphe s’est largement complexifié.La prédominance de son style répétitif, le dépouillement de sa mise en scène poussé jusqu’à l’austérité, son application implacable et presque folle dans l’ordonnance des formes dans l’espace sont restés intacts, mais entourés désormais par l’apparition de nouvelles composantes.Anne Térésa de Keersmaeker jongle aujourd’hui avec un ensemble de données qui proviennent non seulement de l'univers de la danse, mais également du cinéma, par l'injection de séquences cinématographiques dans quelques-unes de ses pièces (Bartok, et Elena 's Aria en 84), et du théâtre, par l’usage du texte et l’exploration du jeu d’acteur.Dans Stella, par exemple, les danseuses interrompent leur trajectoire pour incarner des personnages dont l’identité reste délibérément floue, ambiguë, insaisissable comme le halo d’une aura.Fumiyo Ikeda crache un texte en japonais tiré du film Rashomom de Kurosawa, Nathalie Million se moule dans la peau meurtrie de Blanche, un personnage de la pièce Un tramway nommé désir (le Tennessee Williams, et Johanne Saunier récite des fragments du dialogue de la pièce Stella de Goethe.Les décors, telles des réminiscences revenues des strates de la mémoire sont composés par des panneaux de bois (retournés à l’envers) empruntés à la pièce Bartok, et sur lesquels la chorégraphe a suspendu les costumes que portaient les danseurs dans Ottone Ottone, une oeuvre qu’elle a réalisée en 88 sur un opéra de Monteverdi, Le Couronnement de Poppée.Anne Teresa De Keersmarker sique le signe humiliant d’une insuffisance de la danse, la chorégraphe flamande, à l'égal de plusieurs de ses contemporains, opère une rupture avec les problématiques anciennes, et revendique la présence d’une trame musicale à l'intérieur de son oeuvre comme une donnée fondamentale et organisatrice.Dans Eases qu’elle créait en 82, sur une partition de Steve Reich, la mouvance des corps épousait les sinuosités répétitives imaginées par le compositeur; dans Rosas danst Rosas, en 83, l’escouade féminine qu’elle lâchait sur la scène se faisait malmener par les rythmes saccadés libérés par les instruments de Peter Vermeersch et Thierry de Mey; puis, dans Bartok Aantekeningen, en 86, la chorégraphe fondait le réseau de ses trajectoires dans le tissu mouvant du Quatrième quatuor à cordes rédigé en 1928 par le compositeur hongrois, Béla Bartok.PHOTO H.SORGELOOS Dans Stella, et surtout Achterland, aujourd’hui, elle pousse encore plus loin son questionnement sur la diversité des rapports qui peuvent s’établir entre la musique et la danse, et invente un langage fait de tensions et de cisèlements qui vient s’articuler autour de deux partitions de Gyôrgy Ligeti ( Poème symphoniaue pour 100 métronomes, et Huit études poui piano dans Stella), et d’Eugène Ysaye ( Trois sonates pour violons seul, dans Achterland).À noter que les Huit études pour piano de Ligeti forment également un segment de l’accompagnement musical d'Ach-terland : « Pour montrer qu’une même matière peut donner forme à deux spectacles complètement différents ».« Je crois que mon approche à la danse est beaucoup plus près de Balanchine que de Cunningham, dit-elle.Mon objectif, contrairement aux idées développées aux États- Dans Actherland, la danse devient l’accomplissement d’un exercice de virtuosité, un art de marier le corps à la musique tout en évitant les dangers de l’imitation.Dans les deux pièces, à coup sur, 4 Ducharme lévision et le cinéma m’attirent présentement, c’est ma seule mise en scène au théâtre cette saison, et j'ai voulu me faire moins rationnelle ».Inès Pérée et Inat Tendu est sans doute la pièce qui entretient les liens les plus étroits avec l’univers romanesque de l’auteur de VAvalée des a valés (1966) et de La fille de Christophe-Colomb (1969).« Très très bonne pièce en trois « zakes » », ironise Ducharme dans le texte publié, l’action conduit deux « enfants de 20 ans», Inès et son compagnon de route Inat, au bout du monde, sur la côte de Terre-Neuve, comme si ses personnages n’avaient de cesse de redécouvrir l’Amérique, d'en débusquer les certitudes matérielles et les impostures instituées.« Le monde est sec ce qui ne l’empêche pas d’être fou.Il est fou de sécheresse », a pu noter Alain Pontaut dans sa brillante préface à l’oeuvre.C’est que les monstres ne manquent pas dans cet univers où la plus grande fragilité côtoie la plus extrême cruauté.Tous ces êtres désespérément programmés que sont la vétérinaire Isalaide Lussier-Voucru, le psychiatre Mario Escalope, soeur Saint-New-York-des-Ronds-D’eau et le gangster Pierre-Pierre Pierre, se heurtent à l’infatigable détermination des deux délinquants métaphysiques, « contradictoires et complémentaires » me précise Pintal, imaginés par l’écrivain qui s’est toujours soustrait à la rumeur du monde et vit de manière anonyme quelque part à Montréal.Cette pièce de Ducharme a été créée dans une première version il y a aura bientôt 25 ans, durant l’été de 1968, par Yvan Canuel au théâtre de la Sablière de Ste-Agathe.En octobre 1976, une seconde version (publiée chez Leméac), dans une mise en scène de Claude Maher, est produite par la Nouvelle Compagnie théâtrale.On sait moins qu'en mai de la même année un groupe de jeunes professionnels, sous le nom d’Organisation Ô, a remonté dans un petit local de la rue St-Laurent la première version de l’oeuvre qui avait été retitrée Prenez-nous et aimez-nous pour une question de droits.Pintal a, quant à elle, puisé aux deux versions pour sa production qui prend l’affiche au TNM le 24 septembre.Elle s’en explique ainsi : « J’ai pris ici et là des éléments de la première version qui nuançaient et éclairaient les situations et les personnages.Mais, pour l'essentiel, j’ai retenu la conclusion plus violente de la version inédite, parce qu’elle m’est apparue plus actuelle; au lieu de s’effondrer de fatigue, Inès et Inat penchent du côté de l’action terroriste et veulent tuer tout le monde .Leur quête d’un amour absolu n’a pas marché et leur retournement destructeur fonctionne comme un avertissement : si le monde est incapable d'aimer vraiment, à quoi bon le laisser vivre après tout ».La metteur en scène est consciente du tour radical que prendra la rencontre sera celle d’une intelj.gence exceptionnelle; un esprit ci-pable de relever le défi du fornu.lisme sans pour autant renoncer au accents qui, continuellement, fort éclore l’émotion.ainsi l’oeuvre.Elle estime néai moins que l’humour corrosif que du tille abondamment l’auteur, dans un langue sans cesse étonnante d'inv-r tion et de lucidité, prépare le public a accepter que les héros veuillent tou; reprendre à zéro.« Ducharme est un auteur combatif, poursuit-elle, et ou retrouve chez lui la liberté d’un écot ché vif.Sa vérité dérangeante passe à travers un style démentiel.Ge dont il parle est pourtant très réel, dans le mélange des tons et une attr ude li bertaine qui nous interpeller Elle a fait appel à Pascale Mont petit et à Martin Drainville pour tenir les rôles titre.« La chimie du couple a bien fonctionné, comment ?t elle.Les comédiens que je chot i doivent créer leur personnage e pas se contenter de l’interpré.J’attends d’eux qu'ils conjuguent l’énergie du jeu et l’intelligence de ce qu’ils disent.Mon travail consiste, dans la direction d’acteurs, à baliser leur recherche et à leur faire pren dre conscience de toute la gamme d’expressions que nécessite 1 vérité du personnage ».Le reste de la dis ; tribution réunit des habitués du TNM comme Sophie Clément, Paul Savoie ! — qui, incidemment a joué Inat il y a j 15 ans — et David La Haye, et de nouvelles têtes que les abonnés du TN M vont peut-être découvrir Marie-France Lambert, Brigitte Paquette et Adèle Reinhardt.Sauf à la musique (confiée à Philippe Ménard), le public retrouvera pour cette reprise attendue d’un texte encore méconnu de Ducharme les principaux artisans que Pintal avait rassemblés pour son HA ha !.: Danièle Lévesque au décor, François Laplante aux costumes et Michel Beaulieu aux éclairages.« Avec Danièle Lévesque, j’ai travaillé à établir un lieu qui puisse suggérer à la fois l’éclatement et l’enfermement.Il y aura un plafond et l’aire de jeu figurera unejle entourée d’eau.Pour nous, ça devait être d’abord un lieu de théâtre où tout soit possible, avec un encadrement réaliste.Pour respecter la dimension ludique du texte.Nous avons opté pour un traitement de bande dessinée, mais en très hard».Nous en étions au café.Lorraine Pintal devait retourner à sa réunion de production, et moi à mon clavier.Soudain, le monde a basculé.Dehors, boulevard René-Lévesque, une femme nue et ensanglantée, les yeux exorbités, s’est mise à danser horriblement au milieu de la chaussée, en proie à une crise hystérique qui a cloué sur place les quelques clients du restaurant qui assistaient à la scène.Denise Bombardier qui sortait de Radio-Canada, s’est précipitée et est venu secourir la malheureuse qui continuait de crier, de hoqueter de rage et de désespoir.« Overdose», a soufflé un serveur L’ambulance s'est amenée.On a attaché solidement le corps de la femme à une civière.« La folle sécheresse du monde », ai-je pensé.Le regard de la femme qui, durant trois mois, s’est confronte à l’univers du-charmien, ne m’a pas détrompé.Charles Dutoit WUQL Cecilia Bartoli 3 et 4 octobre Yo-Yo Ma 15 et 16 octobre Mariss Jansons 21 novembre Jesus Lopez-Cobos 26 et 27 novembre Catherine Robbin 5 décembre 1 F Sarah Chang F 10 et 11 décembre Louis Lortie 11 et 12 février Hélène Grimaud 22 mars Claus Peter Flor 28 et 29 avril [H] LES MATINS SYMPHONIQUES METRO 6 concerts, le matin à 10li30, pour 81$ Café et muffins offerts avant chaque concert et plus encore! 842-9951 WM»|ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTRÉAL Charles dutoit ABONNEZ-VOUS! Voici pourquoi.NOS SÉRIES [A J LES CONCERT’S BANQUE ROYALE « Baroque et Classicisme » 4 concerts de 36$ à 104$ [ E ] BICENTENAIRE MOZART À la Basilique Notre-Dame Requiem- 10$, 20$ et 35$ Le Messie - 9$, 18$ et 32$ Evgeny Kissin 21 octobre LES GRANDS CONCERTS Série A -12 concerts de 90$ à 405$ Série B - 6 concerts de 51$ à 228$ Série C - 6 concerts de 51$ à 228$ André Previn 2 et 3 décembre [c ] LES CONCERTS GALA Série I - 8 concerts de 60$ à 270$ Série II - 4 concerts ?2 récitals de 55$ à 225$ Série III - 5 concerts * 1 récital de 55$ à 225$ Série IV - 4 concerts de 36$ à 161$ Série V - 4 concerts de 36$ à 161$ 11) | RÉCITALS ESSO 3 récitals * I concert de 39$ à 137$ [F] LES CONCERTS AIR CANADA 6 concerts de 51$ à 217$ [g] les dimanches standard un: 6 concerts pour toute la famille, le dimanche à 14h30, de 48$ à 109$ (Enfants de 15 ans et moins: réduction de 50%) Erich Leinsdorf 28 et 29 janvier B Le Devoir, samedi 21 septembre 1991 M C-3 le cahier du i • ameai 'JVVAIT DU LIMBOS I ROG À l’heure du cinéma éclaté Odile Tremblay Le cinéaste Roger Cantin PHOTO JACQUES NADEAU IL PAR LE si vite que j’ai à peine le temps de transcrire ses paroles.u Faire un film c’est une entreprise tellement solitaire, qu’après l’avoir terminé, on ne peut plus s’arrêter d’en parler », me défile tout à trac Roger Cantin.Il y a de l’excitation dans sa voix et de la nervosité aussi.11 faut dire que le cinéaste de 41 ans livre cette semaine toute chaude la comédie québécoise de l’heure : L’assassin jouait du trombone, une histoire pétaradante qui se conjugue sur le mode farfelu et met en scène, entre autres ingrédients radioactifs, quelques machabées, des policiers, des pompiers, un robot, une comtesse, un gardien de nuit et une ado qui n’a pas froid aux yeux.Le tout se déroule sur flashs d’effets spéciaux aux chics studios de production Pop-corn International.Et ça déboule.Son film, il me le décrit comme une lente descente aux enfers de la bande dessinée avec une action qui s’emballe de plus en plus.« Ça commence à la Tati puis ça devient fou ».Tous les cinéastes l’affirment haut et fort : « Rien de plus difficile à réussir qu’une comédie ».Pour Roger Cantin, l’exercice en est un avant tout de construction qui se joue à l’étape du scénario.« Tout est chronométré.Enlevez ou déplacez une seule sé- quence, l'édifice entier va s’écrouler.» Il se voit comme une sorte d’explorateur, à peu près seul de son espèce à réaliser au Québec des films à la structure complexe avec une histoire en tourbillon et des personnages tissés de contradictions.« Il y a quinze ans, je n’aurais pas pu faire ce film-là.Comme société, le Québec était plongé jusqu’au cou dans le néo réalisme.Si bien que pour donner dans la fantaisie, il fallait réaliser des films pour enfants.Mais des cinéastes comme Marc-André Forcier, comme Yves Simoneau ont ouvert depuis des voie nouvelles.Aujourd’hui, on s’est enfin mis à l’heure du cinéma éclaté.» Roger Cantin n’est pas un débutant.Plutôt un pro du cinéma d’animation et d’effets spéciaux.Il a derrière lui une trentaine de courts métrages (dont plusieurs primés), école ingrate s’il en fût (ces petits films étant comme on sait horriblement mal diffusés ) mais exigeante, ça oui.Pas de concessions possibles.« En cinq minutes il faut que tu dises tout ».C’est à fréquenter le « court » qu’il avoue avoir puisé son sens du « punch ».Mais le cinéaste est surtout populaire auprès des enfants qui ont savouré son premier long métrage Simon les nuages.Sans compter qu’il co-scénarisa la célébrissime Guerre des tuques.L’assassin jouait 31 j i * CINEMA Du chien, du «punch», à voir L'assassin jouait ‘. < ON PEUT d’ores et déjà prédire un < -succès de salle au dernier film de ¦Roger Cantin.L’assassin jouait du ¦trombone est un film comique avec ¦ du rythme, plusieurs bon gags, une vraie fraîcheur et une panoplie scin- ¦ Cillante d’effets spéciaux.Le public québécois fait traditionnellement • dête à ses comédies, même quand elles volent bas.Il a envie de rire, prêt ¦ pour ça à aimer s’il le faut Ding et ¦ Dongle film et Cruising Bar.Mais ¦ voici que le spectateur a enfin l’occasion de se dilater la rate avec un produit local de qualité.Sans se ré- ¦ v'éler le chef-d’oeuvre annoncé, mal- ¦ ;gré une fin abrupte et quelques clichés, L'assassin jouait du trombone dénote du chien et du « punch ».Déjà beaucoup.Roger Cantin a un sens du tempo ; et du comique et sait rythmer ses effets.Le début de L'assassin jouait du trombone est particulièrement trépidant.Meurtres et mystères sont de la partie dans un univers de caricature qui tient de la bande dessinée., Le cinéaste y sert les ingrédients ga-; gnantsdu jour : micro-ordinateurs, personnage de génie fou en chaise roulante, esthétique très contemporaine avec relents des « fifties » dans lérs costumes, chapeaux mous et ga-’ bardine.En vedette, on retrouve Germain Houde dans le rôle d'Augustin Marleau.Après avoir semé derrière lui quelques déboires professionnels et un divorce, il s’est re- Germain Houde dans L’assassin jouait du trombonne.cydé en gardien de nuit aux studios de production de films Popcorn International.Mais une nuit, son monde craque.Des meurtres en série sont perpétrés dans le studios de la compagnie.Or, tous les indices l’incriminent.Dieu merci.Josée, sa fille de 15 ans (Anaîs Goulet-Robi-taille) viendra au secours d'un père en détresse.L’action et les gags se bousculent : cadavre dans le coffre de la voiture (avec des effets de cascades très réussis), poursuites, morts semées au long des couloirs tortueux de Popcorn International.Roger Cantin n’a pas lésiné sur les effets spéciaux.Les ordinateurs court-circuitent à qui mieux mieux.Il y a des flammèches, des explosions, des feux, des écrans"en folie.On rencontrera un réalisateur ( Marc-André Forcier) en crise, une comtesse passionnée de Racine avec son tandem de bandits patibulaires, deux policiers bébêtes à la Dupont et Dupond (désopilants Raymond Bouchard et Normand Lévesque).Côté jeu, tout le monde en rajoute.Mais c’est de bonne guerre, car la folie et l’absurde régnent en maître dans cette comédie ultra-légère.Germain Houde démontre qu’il est fort bien capable de lâcher les rôles de sombres vilains pour devenir un excellent acteur comique, et la petite Anaîs Goulet-Robitaille déploie son charisme (qu’on avait déjà pu admirer notamment dans Vacheries de Marcel Jean).Mais plus qu’un film d’acteur, L’assassin jouait du trombone en est un de montage, de tempo et c’est dans l’action qu’il puise sa force.Pas de doute, ça bouge, ça per- PHOTO RON DIAMOND cute et les farces donnent souvent dans le mille.On peut reprocher au film de courtiser un peu le premier degré en s’élevant rarement jusqu’aux gags adultes.L’assassin jouait du trombone reste rivé aux horizons du film pour tous.On peut déplorer également la présence de quelques personnages faciles aux caractères prévisibles (le fou génial interprété par Marc Labrèche, entre autres, et le robot assassin).Par ailleurs, la comédie s’essouffle aux deux-tiers du parcours.Tout-à-coup, on rit moins, les gags s’espacent et la finale trop compliquée rate un peu son punch.Malgré tout, L'assassin jouait du trombone constitue une des rares comédies québécoises digne de ce nom à vous faire rire pas trop bébête.À voir.Drôle et acéré Slacker Écrit et réalisé par Richard Linklater, avec Richard Linklater, Rudy Basquez, Jean Caffeine, Jan Hockey, Stephen Hockey, Mark James, Samuel Dieted, Bob Boyd, Terrence Kirk et une centaine d'autres acteurs.Images: Lee Daniel.USA, 1991 97 minutes.Au Rialto.Francine Laurendeau LE MOTs/ackersignifie traditionnellement paresseux, flemmard, voire irresponsable.Mais dans le vocabulaire américain in, il désigne ces ex-étudiants dans la vingtaine et la jeune trentaine qui, n’ayant pas envie de se tuer au travail, vivotent en marge des campus universitaires.Ils discutent philosophie dans les cafés, vont beaucoup au cinéma et ne sont pas trop regardants quant à leurs conditions matérielles d'existence.Ils habitent les uns chez les autres, ils troquent, ils transitent.Ils ont appris à composer avec le système.Un peu parasites, pique-assiettes à l’occasion, ils n’en sont pas moins farouchement individualistes, préservant jalousement leur autonomie.Et tous gentils et sociables qu’ils soient, ils pratiquent avec dextérité l'art du non-engagement.Après le phénomène des yippies, des yuppiesel des preppies, voici donc qu émerge un nouveau groupe social, ceux que le New York Times qualifie de néo-beatniks : les slackers.Les slackers du film de Richard Linklater circulent, à Austin, autour du West Campus de l’Université du Texas.Ils ne se connaissent pas nécessairement entre eux mais ils ont ceci en commun d’avoir beaucoup de loisirs et d’être toujours prêts à faire la causette.C’est ainsi que sans interruption pendant une heure et demie, nous allons entendre alterner les conversations décousues, les discussions existentielles, les plaidoyers véhéments, les constatations désabusés.Sans être un film à sketches, c’est une succession de rencontres anecdotiques dont l’élément moteur est le dialogue.Le scénariste-producteur-réalisateur vit à Austin, Texas.Il connaît bien sa faune et son film est le fruit d’une observation attentive et perspicace.Son texte est drôle, sa mise-en-scène simple et ses acteurs justes.Mais en même temps, c’est le typique « petit film fauené sympathique » avec les problèmes que peut causer le son direct dans les scenes de rues.Il n’empêche qu’on s’amuse bien.Et mine de rien, la satire sociale est acérée."J'AI RI AUX LARMES!" — Le public MARC ST PIERRE LORRAINE PINTAL i.A H KILL ARC AM) un film de ROBERT FAVREAU > \sk.« hlm à l’affiche à compter du 27 septembre 12 IDERNIERS POUR ACHETER LA CINE-CARTE PUIS T JOURS POUR L'UTILISER OUTREMONT 1248, Bernard 273-0437 CARLOS SAURA BIENTOT du trombone tient d’ailleurs du conte pour tous.« Le but d’un film c’est de rejoindre le plus vaste public possible », profère-t-il comme une évi dence.Le défi de ses films : éviter la violence « cette plaie du cinéma moderne ».L’assassin jouait du trombone a beau aligner meurtre sur meurtre, tout reste confiné au registre comique, inoffensif voire poeti que.« Le monde est tellement mal fait, soupire Roger Cantin.En y rajoutant de l'humour, j’ai l'impression de moins décourager les gens.» A ses yeux, le public est une entité douée d’intelligence à qui en plus de la détente il faut offrir des défis intellectuels.Sans vouloir tisser son film avec ses problèmes personnels, il a mis en scène dans le personnage de Marleau (Germain Houde) sa propre condition d’homme de quarante ans un peu harrassé de se battre, un peu brisé par les expériences malheureuses, tandis que sa fille Josée est encore à l’âge où on fonce dans la mêlée.« Il y a un second niveau à mon film, une dose de cynisme, un questionnement sur les générations.» L’assassin jouait de trombone marque une étape dans la vie du cinéaste.Pour la première fois, dans la foulée du succès de Simon-les-nua-ges, il a hérité d’un budget honorable (quoiquerelativement maigre): 2,2 millions $, mais qui lui donnait accès à des vrais cascadeurs, à des acteurs de haut calibre : Germain Houde, entre autre, métamorphosé en comique, après avoir été « casté » role après rôle et jusqu’à plus soif dans la jK'au des sombres vilains.Ses héros : Spielberg, les anciens comiques français aussi, à la Fer-nandel et à la Raimu, et les clowns américains à jamais indétrônables : Keaton, Chaplin, ceux qui avaient le sens du « punch », qui faisaient « des personnages plus grands que nature, tenez comme Claude Berri dans Uranus, me dit-il.J’adore les films d’acteurs.» L'assassin jouait du trombone est a ses yeux (malgré les apparences) un vrai film de comédiens reposant sur les épaules de Germain Houde, d'Anaïs Goulet-Robitaille.« Le travail du cinéaste en est un de coordonnateur », estime-t-il.Roger Cantin caresse plein de projets.Il s’est attaché à ses personnages, désire les retrouver.Mathusa-lcm, le suite AeSimon-les-nuages est déjà écrite et cherche des financiers.En plan : un téléfilm, Le grand zèle.Sans parler du reste: La vengeance de la dame en noir (un titre à la Gaston Leroux) notamment, qui fera suite à L'assassin jouait du trombone.« J'y mettrai en scène plusieurs dames en noir qui auront un tas de raisons de se venger.Ce sera complètement fou», promet-il.ALLEGRO GERMAIN HOUDE RAYMOND BOUCHARD -ANAÏS GOULET-ROBITAILLE- ASSASSIN JOUAIT DU TROMBONE -, ï ÊÈË m » m S*- % JP ' 'UNE PÉTARADE DE GAGS D’UNE PRODIGIEUSE -HapMtfctaytUMBSt ECRIT El REALISE PAR ROGER CANTIN AVEC MARC LABRECHE JULIE ST-PIERRE GILDOR ROY CLAUDE DESPAROIS NORMAND LEVESQUE JEAN-PIERRE BERGERON ANDRE LACOSTE MARCEL LEBOEUF PAULE BAILLARGEON FRANCE CASTEL OIRECIEUR ARTISTIQUE RICHARD TASSE DIRECTEUR DE PHOTOGRAPHIE RODNEY GIBBONS MUSIQUE MILAN KYMLICKA montage YVES LANGLOIS PRODUCTEUR EXECUTIF TOM BERRY producteur FRANCO BATTISTA écrit et réalisé par ROGER CANTIN PRODUIT AVEC LA J* su7faF PARTICIPATION FINANCIERE DE "ïtHÀZ SOCIETE GÉNÉRALE DES INDUSTRIES CULTURELLES-QUEBEC minou.s.twCl TÉLÉFILM CANADA ET LA COLLABORATION DE LA SOCIÉTÉ RADIO-CANAD‘ EcZjaTJÏI C|iriS128 l'.luA .I.» —JiEOlinf les restaurants 3** liants la Pi;;«iollr SS [Ylfaqj^STIHBD] _ inf opérerai m ST-DENIS ASIE-CATHERINE < INI MAS ClNII'IIX OtXON 6700 COTE-DESNEIGES _ mroo^r &.LANGELIER CARREFOUR LANGELIER 255 5551 rrif OOUTr reWEE I & CARREFOUR LAVAL 1116.TERREBONNE 2330, B0UL LE CARREFOUR aasgvsnwio | -?Dfomvy jô] PARADIS 8215.RUE HOCHELAGA 354-3110 '071 CHEMIN DU COTEAU 471-6644 .tUlB^fl MAIL CHAMPLAIN PATRICIA TULASNE MATTHIAS HABICH LA DEMOISELLE SAUVAGE ^aska film SS i film de LEA pool m IXXF' sni*()’ COMPLEXE DESJARDINS [ XI j ootg» ni» 1 DESJARDINS 1(0111 Ai CARREFOUR LAVAL 2330.BOUL LE CARREFOUR SHERBROOKE MAISON DU CINEMA JACQUOT -Dr- NANTES un film de AGNES VARDA DESJARDINS COMPLEXE DESJARDINS ALLEGRp DESJARDINS COMPLEXE DESJARDINS prima film C-4 ¦ Le Devoir, samedi 21 septembre 1991 CINÉMA ^ À voir absolument Jacquot de Nantes Écrit et réalisé par Agnès Varda d'après les souvenirs de Jacques Demy.Avec Philippe Maron, Edouard Joubeaud, Laurent Monnier, Brigitte de Villepoix, Daniel Dublet, Jacques Demy, Images: Patrick Blossier, Agnès Godard et Georges Strouvé.Son: Jean-Pierre Duret et Nicolas Naegelen.Musique: Joanna Bruzdowicz et 20 chansons d'époque.Montage: Marie-Jo Audiard.France, 1991.118 minutes.Au Complexe Desjardins.Francine Laurendeau JACQUES DEMY mourait en octobre 1990.En avril 1990, sa compagne et complice Agnès Varda avait entrepris un film sur lui, Jacquot de Nantes, qu’elle allait terminer en janvier 1991.Pas un documentaire.Une « fiction » avec, rien que dans le rôle principal, trois garçons pour incarner l’un après autre, de huit à dix-huit ans (de 1939 à 1949), le jeune Nantais.On frémit quand on pense à la dureté de la tâche et aux risques encourus.La réalisatrice de Documenteur, qui ne s’est jamais départie de son sens de l’humour, racontait s’être sentie atteinte, tout au long de la fabrication de son film, du « syndrome de Cadet Rousselle ».Vous connaissez la chanson ?« Cadet Rousselle a trois maisons, qui n’ont ni portes ni chevrons, c’est pour loger les hirondelles .» « J’avais, disait en substance la cinéaste, trois films à faire en un.D’a- bord, la chronique des jeunes années de Jacques Demy reconstituée d’après ses souvenirs vivaces et précis.Ensuite, ma réflexion sur ces jeunes années en tant que futures sources d'inspiration.Le troisième film est comme le Troisième Homme, sujet caché, homme traqué: tandis que je filmais les forces vives de l’enfant, je voyais, inexorablement, dépérir l'adulte.» Il y a donc, à la base de Jacquot de Nantes, révocation d'une enfance heureuse autour du garage familial.(Son père est mécanicien.) Et la naissance d’une vocation.Très tôt, le petit Jacquot se construit tout seul un théâtre de marionnette.Ses parents l’amènent au théâtre lyrique et au cinéma.Ce ne sont pas des intellectuels mais des gens curieux à l’esprit ouvert.À la maison, on aime rire, on aime chanter.Oubliez la jeunesse morose de Truffaut et de ses copains des Cahiers du cinéma, ces fondateurs de ciné-clubs, ces rats de cinémathèque.Tout naturellement, dans les salles de cinéma qu’il fréquente assidûment, Demy se façonne une solide culture générale, ne méprisant aucun genre, adorant autant Les Visiteurs du soir que Blanche Neige.(Il envie sa jolie voisine de posséder la collection complète des Sept Nains.) Peu à peu, la passion s’affirme.Il lit tout ce qu’il trouve sur l’art de faire des films.Il achète, ou plutôt il troque contre des jouets, sa première caméra.Il gratte une pellicule développée pour dessiner dessus.Il tourne, dans le grenier au dessus du i.uAiw m________________Matinées 5,00$ INFQ-Flllh 866-0111 rAJWIUj rUITCRS du lundi au vundradi HhOOo22nOO Le Porteur de Serviette1: UN FILM DE DANIELE L U C H E TT U PARISIEN © gj 12 45-3 00-5 107 15-9 30 .«F* ÉPOQUE {FORMIDABLE un film de GERARDJUGNOT 14.RICHARD BOHRINGER • VICTORIA ABRIL • GÉRARD JUGNOT .MO STI CATM(fti»E 0 MUM 1 l! Clnt,3î PLATEAU • .-4 MO».'T »Ota; i ‘.¦'•• 'S ' \ 1 30-3 30-5 30-7 30-9 30 fdlCfP LE DEVOIR HÔTEL -VOGUE ^=û1C/fP FAMOUS PLAYERS DISTRIBUTION ont le plaisir d'inviter 250 personnes $ à Tavant-première du film l L OSCAR Meilleur film en langue étrangère VOYAGE VERSTT7CIV Lundi le 7 octobre à 19h30 au cinéma du Centre Eaton • Le concGun.Faites parvenir !e coupon-réponse à : Concours 'VOYAGE VERS L'ESFOIR" w * a/s C/FP Distribution Inc., 8275, rue Mayrand, Montréal, Québec H4P 2C8 seçitefrt/e 1951 Nom: •let»ied« règfcfrenK relate a c* concoure «ni Adresse: UW/»I*5 cNez C/F P Dcwcutoi vine-_______ •La valeur des pro offerts es de $1700 co Code postal: Tél.: garage, un véritable film d’animation.Et l’enfance heureuse se transforme en adolescence inquiète: son père lui impose, à l’École Technique, des études de mécanicien.Mais la passion triomphera.Pour recréer l’environnement de cette époque et de ces lieux précis, l’équipe de Varda a accompli des prodiges, se transformant en autant de détectives, voire d’archéologues.On a réussi à louer, l’espace d’un été, le garage ex-Demy, resté presque intact, y compris le mur craquelé, décrépit, sorte de tableau abstrait dont la caméra s’approchera pour y constater le passage des saisons.Les cours ont conservé leur état ancien.Intouché, le grenier a révélé des trésors dont (entre mille) le brassard de première communion de Jacquot, les quatre projecteurs qui éclairaient la table où il faisait bouger ses personnages d’animation, le sinistre manuel de l’École Technique.On a même retrouvé la copie originale (quelques secondes) de son Raid sur le Pont de Mau ves dessiné image par image à même la pellicule.Jacques Demy dans le sillage de Norman McLaren, qui l’eût cru ! Mais n’allez pas croire que Varda ait construit pour autant un ouvrage pieux encombré de reliques fossilisées.Il souffle dans son film un vent de fraîcheur et d’émerveillement, c’est-à-dire un vent de jeunesse.Ses comédiens sont frais, spontanés, drôles.Ses évocations ne sont pas que visuelles mais sonores aussi.Une époque revit à travers ses chansons.Et il suffit de faire fredonner par un des personnages sur un air populaire ( La Cucaracha) des paroles interdites par les Nazis pour que surgisse l’atmosphère d’une France occupée.Un peu comme Ariane Mnouch-kine dans Molière, Agnès Varda retrouve les sources d’inspiration de son sujet, exemples à l’appui.Ainsi, lorsque la guerre lointaine se rapproche soudain, les parents décident de mettre leurs enfants à l’abri et les envoient à la campagne, dans la maison d’un sabotier.Demy tirera plus tard de cette expérience son premier documentaire dont un court extrait habite l’écran: Le Sabotier du Val de Loire.Car pour Varda, presque tous les films de Demy s’inspirent plus ou moins directement de ces années nantaises.C’est ainsi que se développent sous nos yeux des filiations suggestives.La filiation Tante Flambeuse — Jeanne Moreau(dans La Baie des Anges), la filiation Blanche Neige — Catherine Deneuve (dans Peau d’Ane), la filiation violence-guerre-grèves (dans Une chambre en ville).Pour ceux qui ne connaissent pas l'oeuvre de Demy, la réalisatrice a trouvé une astuce qui, chaque fois, situe comme entre guillemets la citation filmique.Et, au dessus de cette fête d’images, plane l’ombre de Jacques Demy, au sourire las, au regard absent, dont la peau décrépite renvoie au mur du garage de son enfance.Quelques images poignantes dans un film infiniment séduisant.À voir absolument.Jacquot de Nantes, un film d’Agnès Varda.%* Dîner froid Late for dinner De W.D.Richter.Avec Brian Wimmer, Peter Berg, Marcia Gay Harden.Scénario : Mark Andrus.Image : Peter Sova.Musique : David Mansfield E.-U., 1991.Alain Charbonneau COMME son titre l'indique, Late for dinner raconte l’histoire d’un singu- lier retard.Laitier en chômage dans l’Amérique encore brillantinée du début des sixties, Willie Husband, jeune mari heureux et père d’une fillette, a maille à partir avec un spéculateur immobilier de bas étage qui cherche à l’exproprier contre sa volonté.La négociation tourne mal, lui et son beau-frère et ami, Frank, un de ces personnages mentalement handicapés qu’on emprunte pour tout et pour rien à Steinbeck ou à Faulkner, doivent prendre la fuite à la suite d’une fusillade au cours de laquelle Willie est atteint d’une balle et l’un des gorilles de Freeman, laissé pour mort.Recueillis par le docteur Chilblains, qui soigne Willie et passe en tretemps un sapin au crédule Frank, nos deux hommes vont servir à leur insu de cobayes à de clandestines expériences de cybernétique.Congelés vivants, leurs corps sont plongés dans l’azote liquide et conservés dans des réfrigérateurs cylindriques pour une durée illimitée.Mais un incroyable concours de circonstances viendra interrompre brusquement leur sommeil hibernal.29 ans plus tard.La hausse faramineuse des prix, le téléphone qui ne répond plus, le rap qu’ils n’ont jamais entendu pimentent selon une formule désormais éprouvée le retour à la réalité de ces deux momies des temps modernes, une réalité à laquelle pourtant iLs collent encore.Catapultés dans un avenir trop rapproche pour que le temps écoulé ait raturé leur passé, Frank et Willie cherchent alors à réintégrer leur vie, à rassembler les morceaux d’un puzzle au futur antérieur.Et c’est ici que d’un ordinaire Walt Disney pour adulte, le film de W.I).Richter (The adventures of Bue-karoo Ban7Mi) bascule dans une non moins ordinaire comédie sentimentale, convertie dans ses derniers milles en conte moral des années 90 — rien à voir avec Rohmer.En compagnie de Frank, Willie rentre au plus vite à Santa Fe, où il retrouve sa fille, qui pourrait être sa soeur aînée, puis sa femme.Laquelle depuis est devenue une jolie grand-mere, remariée et épanouie.L’amour, comme chacun sait, étant plus fort que le ravage des ans, Willie et Joy renoueront les liens sacrés qui les unissaient trois décennies plus tôt.Happy end qui faut -il le dire, boucle moins la comédie qu’il n’ouvre sur une apologie à peine voilée du mariage, de la famille et de la fidélité (d’autant plus louable, ici, que Joy n'est pas restée bêtement fidèle MUSIQUE CLASSIQUE I CE SOIR.SAMEDI 21 SEPTEMBRE LA PETITE MUSIQUE DE NUIT DE CIEL MF PRÉSENTE À 22:00 suite du temps de Holberg op.40 (Grieg) extr.suite no 1 de Peer Gym (Grieg) concern RV 447 et 453 pour haut-bois et orchestre (Vivaldi) le printemps et l'été, extr.des 4 saisons (Vivaldi) concern armonici nos 1-2-3 (Pergolèse att.Wassenaer) DEMAIN SOIR, 22:00 concerto pour piano no 17 (Mozart) quatuor op.76 no 3 Empereur (Haydn) concern RV 121-126-145-152-166 (Vivaldi) sinfonias nos 1-2-3 (Scarlatti) adagio en sol mineur (Albinoni) I I I RENSEIGNEMENTS: 527-8321 DON JUAN REVIENT PE GUERRE Odôn von Horvath Mise en scène Jean-Claude Côté DU 11 SEPTEMBRE AU 12 OCTOBRE À 20 H 30 RéservaUon: 253.8974 lo nouvelle compagnie théâtrale salle FredBarry PHOTO LOREY SEBASTIAN Brian Wimmer joue le rôle de W.D.Richter dans Late for Dinner.et qu’elle devra remercier de ses services son second mari avant de retomber dans les bras du premier).Willie ne se nomme pas Husband pour rien.En dépit des jeux assurés de Peter Berg dans le rôle de Frank, de Brian Wimmer dans celui de Willie et de Marcia Gay Harden (remarquée déjà pour sa prestation dans Miller's Crossing des frères Cohen) en Joy avant et après, Late for dinner mélange assez maladroitement les genres pour ne nous offrir en bout de ligne qu’une marinade de valeurs traditionnelles qu’on a pris soin d’assaisonner d’épisodes tendres ou comiques — histoire de mieux faire passer le tout.On aurait mieux fait de sauter le repas.%i namicinacTian FREDERICO FELLINI BIENTÔT -H.LA TRILOGIE ¦ir DES DRAGONS Sjt* INTÉGRALE ROBERT LEPAGE Dernières représentations au Québec Une production du Théâtre Repère et du Festival de Théâtre des Amériques 6 SEPTEMBRE - 6 OCTOBRE EIXESED 2.RUE CREMAZIE EST mgspr QUÉBEC _ lL 418.529.2183 EN VENTE CHEZ (514) 522-1245 HI?Billetech -ê» LE DEVOIR Le Devoir, samedi 21 septembre 1991 ¦ C-5 ' ''âB&t ppp PATTI COHENOUR CHRISTINE DAAE TtefHANl OM ot thêOPEK min en M-ènc pot Version Originale! EST1 Le TVA ?éd.18 hre* Docteur Doogle Top musique Cinéma : Harry et les Henderson—km.87 Avec John Utngow et Metlda Dillon AdLib Le TVA g réseau Loterie CC\ CFCF(CTV) Uü Montréal News Comedy Mill Star Treckig The Next Generation Neon Riders g Kattsg and Dog Bordertown RayLyell and the Storm/ too many cooks live at.News g News Cinéma 12 The Champ m TV5 (Télé «XîX Francophones 18h10/Le tour du Qué.L'Euromag (18hS0) .Le journal delaSSA Thalassa Sacrée soirée Vlngt-slx fols la Suisse ‘ Carré vert (23h15) 23h45/JoumaldeTF1 mar-1 Ordy Omni g science Le Clap Médecine apprivoisée Parler pour parler : g On a assassiné mon entant Ciné: Comédie érodaue d'une nuit d'été Avec Woody Allen et Mia Farrow Cinéma : L 'autre—km.72 g Avec Chris et Martin Udvamoky ass?” Rockambolesque le quiz Musique vidéo Voxpop Concert plus : Casey Kasem's Rock’n'roll Goldmine (SEP 15h30/Football / Gators vs Orangemen Star Trek: g The Next Generation Football / Cougars vs Nlttany Lions WKRP In g Cincinnati Commercial Program 18h30 / X-Tendamlx Soul In the City X-Tendamlx Spotlight / Levert X-Tendamlx II 0 The Lawrence Welk Show Austin City Limits Family Towers Cinéma : Sabrina—Am.54 Avec Audrey Hepburn et Humphrey Bogart Doctor Who (ÔB\ A-SAISONS Montréal La roue chanceuse Les Simpson Samedi soir Club D.G.Cinéma : Le défi du Coolangatta — Aust 84 Avec Joss McWllllam et Nie* Tait Le Grand Journal Sports plus imaaL ni»ff Cinéma : fles/tferte-1180 Avec Lara Wendel f*ï7) WCFE (PBS) Austin City Limita The Editors MacLaughlln Group The Best ol National Geographic g 'Alio 'Alio I Pldget Files Doctor Who 23h10/The best ot the International Jazz Festival of Montreal La télévision «lu
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