Le devoir, 9 mai 1991, Cahier B
g 'ItS.f*, 11^' PRESENTE C I N E M R QUEBECOIS fl S S 0 C I R T I 0 N JEUNE POUR DU 7 HU IS M HI 252-3024 ALCAN LE DEVOIR P fl R R L L E L E CINEMA INSTITUT QUEBECOISE GOETHE C I N É M fl T H E Q U E SOCIETE CAHIER Montreal, jeudi 9 mai 1991 Welcome british tourists La distance qui nous sépare de l’Angleterre est moins grande qu’il n’y paraît et le Québec constitue une destination touristique valable pour les Britanniques.La délégation du Québec à Londres s’efforce défaire en sorte que la province devienne plus qu’un simple ajout à un séjour en Ontario.Normand Cazelais nous explique.Page B-5 Hors du Québec, point de salut ?L’avenir des communautés francophones à l’extérieur du Québec : question existentielle, obsessionnelle, récurrente du pays nommé Canada.En page Idées, Événements aujourd’hui, deux analyses croisées proposées par des démographes, plus un témoignage franco-ontarien.Bilan et tendances.Page B-8 L’univers d’un géant et d’un rat Gervais Gaudreault (ci-contre) a mis en scène le Conte du jour et de la nuit, pièce présentement à l’affiche à la Maison-Théâtre.À force de tableaux saisissants, prend forme l’univers trouble d’un géant et d’un rat, né de l’imagination de Suzanne Lebeau, l’auteur québécois pour l’enfance le plus joué à travers le monde.Page B-6 Une dictée de l’ONU La finale mondiale des Championnats d’orthographe et de langue française de Bernard Pivot aura lieu exceptionnellement au siège de POND, à New York, en avril 1992.L’événement réunira des participants de 162 pays, dont Stéphane Ethier et Pascale Le-françois (ci-contre), deux des représentants du Québec.Page B-3 du programme depuis 1979 Jean-Pierre Proulx LE MILIEU collégial de l’enseignement des sciences est grippé.Les intérêts de groupe, les débats d’écoles, les lobbies disciplinaires et universitaires, des mécanismes décisionnels complexes, tout cela vient d’avoir raison de la révision du programme des sciences de la nature.Le processus était enclenchée depuis.1979 ! Aussi, écrit euphémiquement le ministère de l’Enseignement supérieur, a-t-on décidé « de marquer un temps d’arrêt dans les travaux d’élaboration du programme ».Personne ne sait quand et comment ils seront relancés.Historiquement, c’est l’adoption du règlement sur les études collégiales de 1984 qui a imprimé un nouveau cours aux travaux amorcés en 1979 en imposant de réorganiser les disciplines en fonction d’un « programme ».Et un programme, précise le règlement, c’est un « ensemble intégré de cours conduisant à la réalisation d’objectifs généraux et particuliers de formation ».C’est en essayant, justement, d’intégrer leurs disciplines autour d’objectifs généraux et communs que les professeurs de mathématiques, de physique, de chimie, et de biologie se sont, une première fois, cassé le nez.Depuis la fondation des cégeps en 1967, chaque discipline travaille isolément.En effet, le programme des sciences des collèges a été en pratique dicté par les universités : elles ont choisi, parmi la banque de cours des collèges, ceux qu’elles estimaient nécessaires pour entrer en science pure, appliquée ou de la santé.Dès 1978, le ministre de l’Éducation d’alors, M.Jacques-Y van Morin, déplorait vivement la chose : « Il n’appartient ni aux universités ni au marché du travail, écrivait-il dans un livre blanc sur les collèges, de dicter les objectifs et les contenus des programmes de formation ».Un vétéran de cette réforme, M.Martin Doré, du collège de Jon-quière, qui est coordonnateur de chimie pour l’ensemble du réseau collégial, se rappelle qu’en 1985, on était venu près de s’entendre.On avait fait enquête en Europe et aux États-Unis et dans l’ensemble du réseau.On avait convenu des buts, des finalités, pour finalement rejeter, mais de peu, le cadre même du programme.« C’est qu’il y a beaucoup de contraintes», explique-t-il.D’abord, les collèges ont « leur vécu ».ILs ont constitué différentes grilles de cours.Un nouveau programme oblige à des révisions parfois difficiles selon que leurs grilles sont plus éloignées du nouveau programme.Deuxièmement, les universités sont autonomes et formulent des exi-Voir page B-2 : Sciences La psychose du marché de l’art contemporain Les galeries ont atteint un seuil critique Paule des Rivières LES GENS apprennent l’existence d’une galerie lorsqu’elle ferme », soupire Lorraine Palardy.La présidente de l’Association des galeries d’art contemporain de Montréal est d’un caractère batailleur.Mais après plus de dix années dans le métier, une bonne dose de froide lucidité s'est taillée une place aux côtés de l’enthousiasme de la galériste.Les galeries d’art contemporain, une trentaine à Montréal, et une poignée à Québec, ont toujours été fragiles, c’est vrai.Mais depuis quelques mois, elles atteignent un nouveau seuil critique qui en conduit plus d’une à des décisions déchirantes et sans appel.La récession agit sans aucune discrimination, frappe à l’est comme à l’ouest de la ville, les galeries bien établies comme les plus jeunes et plus folles.Le marché de l’art au Québec étant relativement jeune, les acheteurs sont moins disposés qu’ailleurs à prendre des risques en temps de crise.Cette attitude accroît encore la psychose, et nous voilà en plein cercle vicieux.Moins le monde achète et plus la crise s’accentue.Michel Tétreault, qui a apporté un rigueur commerciale aux galeries, a délaissé la rue Saint-Denis après 10 ans, pour s’établir au coin de la rue Beaudry et du boulevard René Lévesque, s’échappant d’un loyer « devenu trop dispendieux ».Il remarque avec justesse que « nous sommes à un tournant, avec une nouvelle génération de collectionneurs».Voilà bien pourquoi, à son avis, les gouvernements, les corporations et les galeries devraient se serrer les coudes.Comment se fait-il que si l’on excepte la galerie Dominion, les galeries importantes des années soixante ont toutes disparu ?Le Québec a la mémoire courte.La durée moyenne de vie d’une galerie est de sept ans.Dans l’ouest de Montréal, rue Mackay, la galerie Daniel, pourtant bien implantée, fermait ses portes tout récemment.Non loin de là, la galerie Art-45 a fermé également.Temporairement assure Serge Waisman, « le temps de trouver d’autres locaux » car « notre bail ici est assez cher».« Au lieu de continuer et de risquer de plus gros problèmes, nous avons décidé de sous-louer nos locaux et de chercher ailleurs.Je vois ce qui se passe alentour, les galeries ne peuvent plus payer les artistes, ou leurs factures.Il fallait agir avant la catastrophe ».À la galerie Cultart, rue Roy, Sylvie Quesnel se débat comme un diable dans l’eau bénite pour continuer.Réajustant le tir et délaissant son exclusivité québécoise, elle a fait venir l’artiste japonais Hachiro Kanno, qui, espère-t-elle, « sera un déclencheur ».Sinon, même après dix ans, tout sera remis en question.Tous n’ont pas vu venir.En décembre, la galerie L'Informelle a dû mettre la clé à la porte, après quatre ans d’efforts.« C’était trop dur », résume Manon Langlois, déçue et légèrement amère parce qu’il faut mettre au moins trois ans pour se faire connaître des habitués, des mé- PHOTO JACQUES NADEAU La récession agit sans aucune discrimination, frappe à l’est comme à l’ouest de la ville, les galeries bien établies comme les plus jeunes et les plus folles.dias et des corporations et qu'il faut être en affaire depuis trois ans pour avoir droit aux subventions du ministère des Affaires culturelles, un maximum de 15 000 $.Il faut faire de l’éducation, répète-t-elle.M.Tétreault est d’accord.La galerie, dit-il, a un rôle muséal mais aussi éducatif.Or, le gouvernement a beaucoup subventionné les artistes mais sans préparer la population.Pour accentuer le côté didactique, M.Tétreault a profité de l’espace plus généreux dont il dispose désormais pour créer « une réserve», « une salle de montre », où sont entreposées en permanence les oeuvres des artistes qui ont déjà exposé chez lui.Normalement, la réserve d’une galerie n’est pas ouverte au public.Pour « provoquer le marché », M.Tétreault croit qu’il faut multiplier les incitatifs fiscaux aux particuliers et corporations qui achètent des oeuvres d’art.Il en existe présentement mais ce n’est pas assez et ce n’est pas assez connu.Il se demande également pourquoi les pouvoirs publics, qui doivent acheter des oeuvres d’art d’une valeur égale à 1 % de la valeur de tout nouvel édifice, ne passent pas nécessairement par les galeries pour ces transactions, contrairement à la politique que pratique la France.C’est partiellement ce qui explique qu’en 1989, les galeries d’art contemporain ont réalisé des affaires d’une valeur de 3,5 millions % alors que les courtiers et agents qui n’ont pas à entretenir pignon sur rue, et les artistes qui ne sont pas en galerie, ont vendu des oeuvres pour un total de 4,7 millions $.L’Association des galeries d’art contemporain de Montréal a fait valoir devant le groupe de travail sur la politique québécoise, que préside M.Roland Arpin et qui doit remettre incessamment son rapport, qu’il est temps pour les galéristes d’obtenir « une véritable reconnaissance ».Nous avons perdu une grosse part du marché », dit Isabelle Lelarge de l’Association des galeries d’art contemporain de Montréal.Elle déplore que les courtiers aient les memes avantages fiscaux que les galéristes dont le rôle est bien différent, puisqu’ils assument une fonction d’animation du milieu, et d’éducation du public.Tous ne sont pas disposés à pleurer sur le sort des galeries.Tout en se gardant de jeter la pierre à cha- Voir page B-2 : Galeries Le cafouillage de l’enseignement des sciences Les divergences stoppent le renouvellement B-2 ¦ Le Devoir, jeudi 9 mai 1991 C\ ^âtà .
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