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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier D
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1991-03-16, Collections de BAnQ.

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le plaisir des mes JChampiffi SV'Wg LA LIBRAIRIE OUVERTE TOUS LES JOURS DE 911 À 2211 4474 St-Denis, Mil, (je H2.) 2L1 (514) S44-2SS7 , Montréal, samedi 16 mars 1991 Ly ~ )j MK g&aggjg •ttixaaHeaïiyfL ROBERT LAFFONT D'une fin de siècle à l'autre Feydeau, notre contemporain Deux paris sur Catherine Clément raconte Adrienne Lecouvreur Adrienne Lecouvreur, comédienne célèbre dont la vie tourmentée a inspiré films, pièces de théâtre et même un opéra, est ici racontée dans une biographie-miroir par la philosophe et romancière Catherine Clément .Collection: elle était une fois Dons la même collection: Simone Signoret par Catherine David Anna Maria Pierangeli (Le yrand amour de James Dean) par Mariella Pqjhini Nini patte-en-l'air par Françoise Dorin l’esthétique RÉELLES PRÉSENCES, LES ARTS DU SENS (ïeorge Steiner Gallimard, 1991, 281 pages.HOMO AESTHETICUS, L’INVENTION DU GOÛT À L’ÂGE DÉMOCRATIQUE Luc Ferry Grasset, i990, 438 pages.Heinz Weinmann APRÈS son Heidegger en 1987, après ses admirables Antigenes en 198fi, George Steiner nous livre Réelles présences.L’auteur y fait un pari sur la « présende réelle », « substantielle », sur l'iin-médiateté de l’art, de la littérature.Pari au sens pascalien du mot, puisqu'il implique aussi un acte de foi.La croyance que dans toute « véritable » rencontre avec l'art se manifeste, telle une épiphanie, un « autre », présent, certes, sensible, mais impalpable.On l’a compris, l’art, la littérature trouvent leur fondement, leur « réalité » non en eux-mêmes, dans la seule matérialité picturale ou verbale, mais ailleurs, dans une transcendance.Dans Dieu.C’est Lui qui garantit par sa Création première — modèle de toute création artistique —, la réalité, c’est-à-dire le sens de chaque oeuvre artistique.; • On s'étonne qu’un connaisseur aussi fin de l'Antiquité que Steinèr ait pu amalgamer dans la « créa,-tion » spécifiquement judéo-chrétienne, des oeuvres, comme celles dé la tradition gréco-latine, qui obéissent à d’autres paradigmes de la pro(-duction artistique.] * En fait, George Steiner rêve d’ui) monde adamique d’avant la Chute où le monde, dans sa proximité divine!, est immédiatement, fait sens, est langage.Chez cet auteur, comme chez Platon et dans la tradition chrétienne, vent à pied, déclare d’entrée de jeu j « J’ai tout mon temps ».11 en profite pour regarder, interroger, vivre dan$ une sorte d’attention exacerbée à ce qui l’entoure, lisant le monde comme un grand livre ouvert et se détachant peu à peu de son corps malade jusqu’à devenir « portier de (lui)-même ».Par un renversement imprévu, il en vient à être considéré comme faisant partie lui aussi du monde souterrain et mythique des légendes celtiques.« Ce qui fait la force des histoires d’ici », constate Nicolas Bouvier en parlant d’Aran, « c’est leur simplicité ».Ce qui fait la force d’un récit de voyage, dirais-je, c’est la même apparente simplicité.Une simplicité faite d’un dosage astucieux d'informations et de commentaires, d’étonnements et d’explications, de questions souvent sans réponses.Dans cet ouvrage, l’auteure cerne les dimensions humaines du suicide.Elle offre aux parents et aux éducateurs les moyens de le prévenir.LE SUICIDE par Monique Séguin 128 p.16,95$ LOGIQUES Tel.: (514) 933-2225 FAX: (514) 933-2182 SUICIDE COMMENT PRÉVIS COMMENT INTERVENIR LOGIQUES SOCIÉTÉS EN VENTE DANS TOUTES LES LIBRAIRIES Relire les frères Goncourt RENÉE MAUPERIN GERMIME LACERTEUX Jules et Edmond de Goncourt G F-Flammarion, 1990 Christian Allègre JULES ET EDMOND de Goncourt, jusqu’il y a peu, évoquaient surtout le souvenir d’un fameux journal plein de méchancetés et de scatologie, le grenier d’Auteuil, le goût de l’antiquaille, l’obsession du XVIIIe siècle, la princesse Mathilde, toute une collection poussiéreuse de curiosités XIXe, de goût douteux, pompier, grandiloquent, fané.Il a fallu le retour en force de l’histoire dans la critique littéraire, et çette mise à plat des valorisations qui caractérise les années 80; il a fallu le regain d’intérêt qu’a provoqué la réédition, en trois volumes chez Laffont (collection Bouquins, 1989), de la version la moins expurgée du Journal des Goncourt (éditions Ricatte), grâce aux soins de Robert Kopp, pour qu’enfin on se mette à lire sérieusement les romans des deux frères.Ils regardent autour d’eux : pour Renée Mauperin, la bourgeoisie à travers la famille de leur cousin Léo-uidas Mabille; pour Germinie Lacer-teux, leur propre servante Rose Malingre.Et le résultat est une surprise totale.C’est Zola et Balzac.C’est toute la sociographie naturaliste (.Zola écrira un article dithyrambique sur Germinie Lacerteux) avec en plus toute une finesse psychologique, toute une tendresse inconnues de Zola.Surtout dans Germinie Lacerteux, qui est sans doute le chef-d’oeuvre des deux frères.L’histoire de Renée Mauperin est celle d’une famille brisée par deux malheurs, la mort du fils, Henri, chouchou de la mère qui voit se briser avec lui tous ses rêves de grandeur, et celui de la fille, enfant chérie du père, un ancien militaire qui l’a élevée à la garçonne et fait d’elle une Amazone qui refuse quatorze mariages de suite pour rester auprès de son père qu’elle adore.Le fils meurt dans un duel avec le propriétaire légitime d’un titre de noblesse qu’il a usurpé dans le but d’obtenir la main d’une jeune fille à dot.Et Renée meurt de chagrin parce que c’est elle qui a dénonce son frère pour empêcher le mariage.Ce chagrin la transforme en ange.Elle meurt quasiment en odeur de sainteté.Le roman devait d’abord s’appeler La bourgeoisie, puis La jeune bourgeoise.Mais le bourgeois, dans ce roman, c’est le fils, arriviste pédant, froid, désabusé et pratique, dont les Goncourt nous servent le récit d’une journée où on le voit aller d’un déjeuner agricole à une compagnie d’assurances, d’un salon influent à une congrégation dévote, d’un banquet d’anciens disciples à une conférence .« et partout souple, malléable, changeant de masque en voiture ».Il y a aussi l’inénarrable abbé Blampoix, abbé mondain qui ne console que les âmes de gens comme il faut, qui met Jésus-Christ à la portée des gens riches, qui joue les proxénètes dans les bazars matrimoniaux que sont les bals de la société.Tout cela est traité dans une langue simple, triviale, empruntée au milieu qu’elle décrit, étonnante chez ces raffinés qu’étaient les Goncourt.Au moment même où les deux frères viennent de terminer le plan de leur roman, en juillet-août 1862, leur fidèle bonne Rose, à leur service depuis 25 ans, à qui ils étaient attachés comme à leur mère, succombe à une pleurésie.Cinq jours plus tard ils apprennent, ô stupeur, qu’elle menait double vie, qu’elle buvait, qu’elle les volait et qu’elle entretenait des hom-’mes.C’est le drame absolument ahurissant de la vie cachée de cette malheureuse qui fait la trame de Germinie Lacerteux.Mais ils en rajoutent.« Imaginez, écrit Zola, une créature faite de passion et de tendresse, une femme toute chair et toute af- Moilqut Simla.MA.P*j.PHOTO VIOLLET Jules et Edmond de Goncourt, par Gavarnl.fection, capable des dernières hontes et des derniers dévouements, lâche devant la volupté au point de quêter des plaisirs comme une louve affamée, courageuse devant l’abnégation au point de donner sa vie pour ceux qu’elle aime.Placez cette femme frémissante et forte dans un milieu grossier qui blessera toutes ses délicatesses, s’adressera à tout le limon qui est en elle.».Je renonce à raconter l’histoire en détail.Il faut lire ce livre torride et étonnant par l’impressionnisme dont il orne son naturalisme.Qu’on sache seulement que Germinie partage sa vie entre sa maîtresse, Mlle de Va-randeuil, qu’elle révère, et une série d’amants qui l’exploitent, la trompent, lui extorquent de l’argent, qu’elle finit par être obligée de voler à sa maîtresse Jupillon, le fils de la crémière voisine, qu’elle suivra même quand il la repoussera, qui l’humiliera et la livrera à la honte, qui la laissera enceinte d’un enfant qui mourra, qu’elle suivra enfin, un soir, sous une pluie glaciale pour voir avec qui il la trompe, soir où elle attrapera la pleurésie qui l’emportera.« Germinie, pour la caractériser d’un mot, écrit encore Zola, aime à coeur et à corps perdus : le jour où le coeur est mort, le corps s’en va droit au cimetière, tué sous des baisers étouffants, brûlé par l’ivresse ».Jules et Edmond de Goncourt, écrivains, émergent-ils ainsi de leur long purgatoire ?Souhaitons-le.Si Henri Mauperin est un Rastignac qui aurait appris la leçon de Vautrin, Renée Mauperin et Germinie Lacerteux annoncent Denise Baudu et Nana.Mais la langue, verte comme celle des bas-fonds, le style, au souffle un peu court, risquent de gêner certains.Saluons les préfaces de Nadine Sa-tiat qui retracent admirablement l’histoire des textes, et l’excellent travail de la collection GF-Flam- marion dont les éditions très soignées offrent, outre un texte très sûr, des documents toujours intéressants — dans ce cas-ci des extraits pertinents du journal des Goncourt — en un dossier, réactions dans la presse de l’époque, opinions d’écrivains, bibliographie et chronologie complètes, qui en fait l’édition de référence par excellence.PRÉVENIRI D-6 S Le Devoir, samedi 16 mars 1991 • le plaisir des ivres .r7-v: Yves NAVARRE La vie dans l'âme Carnet 26 MONTRÉAL le 16 mars 1991.Cher C.Ainsi je me donne cinq pages, scrupuleusement manuscrites, incapable que je suis de taper à la machine depuis mon accident cérébral d’il y aura sept ans, cette année, pour tenter de te dire les raisons de ma venue au Québec.Ainsi m'appelles-tu de Paris (qui n'est pas la France) pour me dire avec une fidélité o combien touchante parce qu’éminemment sincère, que tu veux écrire dans un magazine qui t’ouvre ses colonnes, une page pour dire que je vous manque.Je tiens, par ces quelques lignes, puisque nous nous sommes connus il y a fort longtemps et revus (ou plutôt fréquentés) plus du tout ensuite, à corriger d’avance les communes opinions de mon humble (mais oui! ) sujet qui ont contribués à un rejet que j’ai pris de court en pliant bagages.Ainsi l'expression d'écrivain homosexuel.Il n’y a pas d’écriture homosexuelle.On est écrivain el homosexuel.On naît écrivain.On ne le devient pas.L’écriture ne procède pas d’une décision, d’un délibéré, d'un appel de marché.Ça vous tombe dessus, tout de suite et pour toujours.C’est une condition inhumaine.Et je re-citerai, ce qui est la devise du Jardin d'acclimatation, phrase extraite d’un courrier de Gustave Flaubert (le no.1 toutes catégories) à son ami Ernest Feydeau (le papa de Georges), en 1839, les bourgeois ne se cloutent guère que nous leur servons notre coeur.La race des gladiateurs n’est pas morte, tout artiste en est un.11 amuse le public avec ses agonies.Combien de fois ai-je entendu parler de narcissisme, de parano, d'écorché vif, il y eut même un frère en amour, pour écrire la veille du Concourt, que j’étais atteint d'incapacité syntaxique; et un autre, à propos du Coeur qui cogne, que Navarre n’était même pas mon nom.| Comment pourrais-je écrire autrement que sous et dans mon nom, le vrai, un nom de Gascon ordinaire, l’identité étant le nerf même de mes tentatives de fiction ?La langue française aussi, au même titre que mon nom, est mon encre et ma palpitation.Les frères en amour me furent toujours ennemis, du moins les militants de la parade, parce que je revendiquais, non le droit à la différence, mais le droit à l’indifférence : entre deux êtres humains, quelles que soient la sexualité de leurs couples, c'est | toujours du sentiment, le même, ! indifférent.Je me suis usé à Paris à ne vouloir qu’être ce que je suis, devenir ce que j’étais, persister et signer, incapable de flatter les flatteurs, de jouer le jeu des écrivains de métier et de caste, souvent critiques eux-mêmes, ravis de perpétuellement s’encenser.Hors «je», je demeure.Je demeurais parqué à Paris, et Paris après le Concourt me fut un lieu d’exil : on ne parlait plus de mes romans.J’ai tenu quatre ans, puis j’ai eu cette congestion, souvenir carcéral d'hôpitaux que je fuyais l’un après l’autre pour me retrouver seul à réapprendre à parler, à marcher, à écrire, et circulait l’habituelle rumeur, celle-là même qui décimait tant et tant de proches, alors uniquement liée a nos amours en principe libérés de tous regards torves.Cinq ans de misère morale à trainer dans une ville où je sais trop quels tenanciers m’ensevelissaient.C’est là de constat et non de parano comme disent les faux-derches, les faux-artistes.Le hasard bienfaiteur d'un voyage à la ville de Québec m’a rapté.J’ai choisi de venir vivre ici, à Montréal, seconde ville francophone du monde, ce qui me restait et me reste à vivre.La langue ici est un combat.Je suis arrivé amoureux, plein d’une vitaüté retrouvée.Les hivers ne me faisaient pas peur car un printemps, bref certes, et un été ardent, viennent récompenser.A Paris il n’y avait plus de saisons et tant de fatuité.J’ai publié ici deux romans, La terrasse des audiences au moment de l'adieu et Douce France chez un éditeur du Québec, pure et dure décision.Ce fut avec lui, dans l’exaltation et les malentendus, les vaines promesses et un inespoir qui a versé en mai dernier au désespoir, le presque même échec qu’avec les éditeurs parisiens, à ceci près que mes romans n'étaient même plus distribués dans les pays francophones et que la critique, si friande ici des maudits Français qui passent pour ne faire que passer, se sont montrés aussi silencieux ou pernicieux qu’à Paris-la-Dictée (celle qui dicte).Un espace de liberté m'a été donné dans un journal qui publiera cette lettre, ce sera le Carnet 26, j’ai donc tenu le coup six mois.Des clones il y en a partout.Le petit Gascon, immigrant non reçu à Paris pendant plus de quarante ans, n’a plus quarante ans devant lui pour se rendre compte qu’un orgueuil justifié, historique, empêchera la réception même si le passeport mentionne immigrant reçu, même si quelques amies et amis (plus nombreux qu’à Paris où personne ne voit plus personne) me tiennent et me signalent.Mais plus j’écris plus je doute, plus je vieillis plus la rumeur me hante et plus les séquelles de l’accident (« état ébrieux permanent» disent les médecins) refont surface et m’immobilisent.L’argent qui me venait de mes parents, je l’ai déjà dépensé.Ne reste qu’une seconde maison, celle de l’après-mai, belle parce que je l’aime, et un jardin où les chats vont et viennent heureux, eux.Et moi ni souffreteux ni heureux; ni jeune ni vieux; fourbu, avec le précieux sentiment de dernière ligne droite avant la fin.J’avais des projets de théâtre ici : niente.J’avais des projets de chansons : niente.J’ai commencé dix romans : écrire c’est infinir, inachever, crier et rire.J’attends seulement l’été, les rosiers, les treilles, des fleurs à foison, pas de ces fleurs coupées que l’on m’envoyait dans les hôpitaux et qui disaient « je ne viendrai pas ».Et les intellectuels d’ici ont la douce-frousse de la souveraineté du Québec.Tout comme les inlellos de Paris n’ont pas pu faire leur immédiate conversion psychologique quand, en 1981 (dix ans déjà! ), la gauche venait, enfin, au pouvoir.Les intellosde Paris comme les intellectuels d’ici tiennent à leur opposition, à leur (néologisme) réservisme.Malgré tout, un « malgré tout » sans chagrin, je suis ici plus heureux qu’à Paris où il n’y avait plus aucune entrée de secours.Je relis la phrase de Flaubert sur la race des gladiateurs.Il dit bien tout artiste en est un.Pas l’ombre d’un jugement de valeur.Un artiste qui est, et qui devient ce qu'il est.C'est tout.le sais que tu es en train de lire les bonnes feuilles de Ce sont amis que vent emporte, roman à paraître, roman qui m’est tombé dessus, qui s’est écrit, ici, plus que je ne l’ai écrit.Il sera publié à Paris qui au moins distribue.Mais, ne m’y a-t-on pas dit à son sujet, le marché est saturé, le sida n'est plus à la mode '! Etre ce que l’on est et naît n’a pas de prix.Contre toute attente, je tiendrai.Bien le bonjour à la France qui est plus vraie que sa capitale.Dont acte amical.Y.N.Michel Beaulieu et la lumière des textes «Je ferai bleu.à ma manière!» NDLR : L’éclairagiste Michel Beaulieu, le plus réputé de sa profession au Québec, « éclaire » ces jours-ci au Théâtre du Nouveau Monde le texte d’Alfred de Fernande Goulet Yelle L’HIBISCUS ÉTAIT EN FLEURS PROPOS SUR LE DEUIL .ISBN: 2-89084-061-1 14,95 S < Un livre qu’on dévore à la manière d'un roman qui nous habite au-delà des mots et dont le dénouement nous met en contact avec notre aptitude fondamentale au bonheur En vente chez votre libraire .Les Éditions La Liberté Musset, On ne badine pas avec l’amour.Marie Cardinal, dans sa série sur les rapports qu’entretiennent les non-écrivains avec le texte, Ta rencontré pour nous.Marie Cardinal DE L’ÉCRITURE, dans nos contrées, il y en a partout, tout le temps.Elle ne fait pas que s’écrire et se lire, elle s’entend aussi et se voit.J’ai deux petites filles qui ne savent pas encore lire et écrire, ce qui ne les empêche pas d’être consommatrices de bandes dessinées et de dessins animés spécialement faits pour leur usage.Même là il y a souvent des « bang » qui éclatent sur le papier ou la pellicule, des « wouah », des « boum », et des « !» ou des « ?» De leur doigt elles désignent ces signes qui ne ressemblent à rien de ce qu’elles connaissent : « C’est quoi ça V •>.« C’est écrit bang, chérie C’est une question, c’est un cri, c’est de l’écriture, tu apprendras ça bientôt.» En prévision du jour où elles me demanderont : « C’est quoi l'écriture ?» J’ai consulté mon gros Robert en 14 volumes où le mot « écriture » a 16 acceptions.depuis : 1 ) Système de la représentation de la parole et de la pensée par des signes conventionnels tracés et destinés à durer.Jusqu’à : 16) Écriture avec un E majuscule.L’écriture concerne tout le monde.En dehors des écrivains qui vivent pour elle et (parfois.) par elle, elle est la matière même qui génère certaines professions.Dans le monde du théâtre surtout.Je pense à ceux qui font la lumière, le son, les décors, les costumes, la régie, les maquillages, etc.Ils peuvent massacrer une belle £ pièce, ou magnifier une pièce médiocre.Meilleurs ils sont et moins on en parle car leur art consiste à servir au mieux l’essentiel d’un spectacle : le texte, justement, l’écriture.Parmi mes amis je compte un personnage souvent vêtu de noir, sombre de cheveux, d’oeil, et d’abord.Pourtant cet homme est l’Homme de la Lumière au théâtre, à Montréal.Il s’appelle Michel Beaulieu.Impossible d’énumérer le nombre de merveilles qu’il a réalisées, impossible d’imaginer certaines pièces sans la lumière de Michel.— Michel, que représente le texte pour toi ?— Tout.Et pourtant je sais que ma remière lecture ne déterminera pas a façon dont j’éclairerai ce texte.Ma première lecture je la fais comme n'importe quel lecteur, pas comme un professionnel.— Pourquoi ?— Parce que je sais que je devrai passer à travers deux filtres : celui du metteur en scène d’abord, puis celui du scénographe.Si le metteur en scène décide de faire baigner la pièce dans une ambiance bleue, moi je ferai bleu .à ma manière.Le texte est la toile sur laquelle je vais travailler, mais le metteur en scène m’impose sa vision personnelle de l’espace, du cadre, dans lesquels il voit évoluer l'action dramatique; quant au scénographe, lui, il m’impose des volumes.C’est ça que je vais éclairer et ça me fait porter sur le texte un regard particulier qui correspond rarement à l’impression que m’a laissée ma première lecture.J'éclaire un texte à travers une mise en scène et une scénographie.— C’est gênant ?— Non, si un metteur en scène est venu me chercher c’est qu’il a quelque chose en commun avec moi.L’éclairagiste Michel Beaulieu.Faut trouver le terrain d’entente.Mais je sais que c’est sa vision qui l’emportera.Par exemple L’annonce faite à Marie de Claudel; je ne peux pas dire que cet auteur soit exactement ma tasse de thé.Je trouve qu’il a une écriture superbe, qu’il manipule formidablement le français, mais je ne peux pas dire que j’apprécie l’esprit qu’il véhicule grâce à cette écriture.Pourtant la vision d'Alice Ronfard, qui a fait la mise en scène, était irrésistible.C’était pas facile à éclairer.Le spectacle s’est donné dans la chapelle du Grand Séminaire de Montréal (hauteur 55 ou 60 pieds, longueur 120 pieds, largeur 20 pieds).Par-dessus le marché il n’etait pas question de planter un clou, d’accrocher le moindre projecteur, c’est un lieu historique, intouchable.J'ai donc pensé à hisser huit passerelles à 35 pieds de hauteur, car nous pouvions les arrimer aux poutres du plafond, et d’y fixer des follow-spots (gros projecteurs qui suivent les acteurs).De cette façon j ai pu travailler et réaliser ce qu'Alice Un jeu de simulation boursière pour toute la famille Eic* o ‘000101 101 101 -fl CCA Int! 3m M -i Vi 12 PPi LK3 WC4W 4S 45 + S FT CiD Id 10 10 10 Fi’fVa o 2O012SH 2SH 700(18 11 18 3720fl$ s Kic cos!w &/-* FS«n HI f ! F'«nco o Fretin GW (JH G*iêCK Gjnûtf G«k Corne CrfrJfcs : GMC &*n Trstto Gt+flJT G^myry u k G*ri k* G4r^iS G*r G*)&i GCrV (iWi/0 I Gi7 -i 17 7 G'?y*rO 2713*31 i Ji 0'0»W I 1911115» 15 O".»1* -.i2O0|!4 , 21 MtriN B >05375 VUi.Pel lOCCO 50 WP.ne* ti 1:00 17: 539, boul.Lebeau, Ville Saint-Laurent Tél.: 336-3941 IrXAirv Tours de Bourse Pour tout comprendre sur les actions et leurs enjeux ! 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