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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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  • Journaux
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Le devoir, 1991-03-15, Collections de BAnQ.

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ï DEVOIR Montréal, vendredi 15 mars 1991 SANTÉ ET SERVICES SOCIAUX La réforme de la santé et des services sociaux Je suis d’accord, moi Martine D’Amours DEPUIS près de 20 ans qu’ils existent, une forte majorité de Québécois (91 %) connaissent l’existence des Centres locaux de services communautaires, ou CLSC.Une proportion importante sait qu’ils offrent des services, à la fois médicaux, psycho-sociaux et communautaires, dans une perspective multidisciplinaire.De là à les utiliser, c’est autre chose.Un sondage Sorecom réalisé en août 1989 révèle que, dans l’année précédente, 29 % des personnes interrogées avaient eu recours aux services d’un CLSC, alors que 9 % avaient été en contact avec ses activités d’information, d'éducation et d’animation communautaires.Pour un problème de santé mineur, seulement fi % des Québécois s’adressent à leur CLSC, contre 67 % en cabinet privé, chiffrait pour sa part l’enquête Santé-Québec, en 1987.Bref, il reste une côte à remonter pour faire du CLSC l’établissement public de première ligne, la porte d’entrée du réseau de la santé et des services sociaux, comme le prévoit la réforme Côté.Une jeune femme, usagère de CLSC depuis plusieurs années, change de quartier.Elle téléphone au CLSC de son nouveau secteur pour subir un examen gynécologique de routine.Réponse : « il n’y a pas de services médicaux ici, madame, seulement une clinique de contraception qui s’adresse aux jeunes de 13 à 25 ans».Si les CLSC sont si peu utilisés, c’est probablement parce que tous n’offrent pas une gamme complète de services médicaux et sociaux courants.Selon les données fournies par la Fédération des CLSC, 36,7 % d’entre eux n’ont aucun médecin aux services sans rendez-vous et 21,4 % n’offrent pas le service de consultation médicale avec rendez-vous.Au total, un tiers des CLSC manquent de médecins.Ceux créés après 1980, soit environ la moitié, sont les plus déficients, en raison de leur sous-financement chronique.« Pour devenir réellement la porte d’entrée du réseau, les 158 CLSC du Québec dovent offrir une gamme complète de services, une sorte de plateau commun, ce qui X.Jbk Les CLSC, une porte d’entrée.à élargir n’empêche pas à chacun d’ajouter sa touche locale, déclare M.Maurice Payette, président de la Fédération des CLSC du Québec.Sinon, le CLSC n’est qu’un nom sur une affiche, une porte dessinée sur un mur.Le citoyen entre et il se casse le nez ! » « Pour jouer le rôle dévolu par la réforme, poursuit-il, les C LSC doivent également devenir plus accessibles.À l’heure actuelle, ils sont ouverts en moyenne 65 heures par semaine.Nous estimons que, pour devenir rétablissement public de première ligne, ils devraient l’être en moyenne 96 heures par semaine et offrir, sur une base régionale, le service de ligne téléphonique 24 heures sur 24.Ils devraient aussi être accessibles géographiquement et culturellement, surtout à Montréal où se concentrent la majorité des membres des communautés culturelles.» Un sondage CROP-La Presse, publié le 20 décembre, semble lui donner raison.Réalisé dans la semaine suivant l’annonce de la réforme (et de l’établissement d’un ticket orienteur pour ceux qui se tromperaient de porte d’entrée), il révèle que 55 % des répondants s’adresseront au CLSC, plutôt qu’au centre hospitalier, si on élargit les heures d’ouverture et qu’on offre des services adéquats.Déjà, depuis quelques mois, la demande de services en CLSC a augmenté de 15 %.Tout en faisant des CLSC la « porte d’entrée » du réseau, la réforme Côté leur confie également de nouvelles responsabilités, notamment dans le secteur du maintien à domicile et dans celui de la jeunesse.Les CLSC ont de plus un rôle à jouer dans le domaine de la Voir page 3 : CLSC plus Jean r rancoeur N DEUX MOTS, aussi bien } ¦ qu’en dix mille, la réaction au A—( livre blanc et au projet de loi 120sur la réforme en matière de santé et des services sociaux se ramène à ceci : oui, mais.Je suis d'accord, moi non plus.Telle est la position, somme toute ambivalente, dans laquelle se trouvent presque tous les intervenants les plus directement touchés par cette réorganisation des services, soit à titre d'administrateurs d'établissements regroupés en association (conseil régionaux, hôpitaux, CLSC, centres d’accueil, centres de services sociaux), soit à titre de « personnes qui y travaillent », cadres, professionnels, techniciens et autres salariés de toutes catégories qui s'expriment par la voix de leurs corporations, associations professionnelles ou syndicats.Malgré toute la rhétorique du livre blanc « axé sur le citoyen », à la fois consommateur (usagers, patients .), décideur (membresdes conseils d'administration.) et payeur (contribuables.), il faut bien convenir que ce citoyen a peu d’occasions de parler en tant que tel, sinon par le truchement du processus de la démocratie représentative qui est nôtre.Mais cela supposerait que les représentants élus de la population puissent s’exprimer librement tout au long de la phase législative qu'il reste à franchir.Est-ce encore possible du côté ministériel ?Quant à l’opposition, elle se satisfait trop facilement du rôle de la mouche du coche ou de l'empêcheur de légiférer en rond.Il faut souhaiter que les quelques heures de débat à l’Assemblée nationale sur l’adoption du principe du projet de loi, les 17,18 et 19 décembre dernier, n ’ont pas donné le « la » à tout ce qui va suivre.Cela serait assez lamentable.Bref, ce qui s’est fait depuis la publication du livre blanc, le 7décembre, et ce qu’il reste à faire d’ici l'adoption et la sanction du projet de loi 120, a été et restera largement l'affaire d’un ministre Voir page 2 : Je suis GIRARD, ROY et ASSOCIÉS inc.DES CONSEILLERS SPÉCIALISÉS DANS LE DOMAINE DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX CONSULTATION: PLANIFICATION • SYSTÈMES • GESTION 60 ouest, rue St-Jacques, suite 800, Montréal, Qué.H2Y 1L5 — (514) 288-1288 »' I 2 B Le Devoir, vendredi 15 mars 1991 Dossier SANTÉ ET SERVICES SOCIAUX + Je suis bardés de conseillers et des porte-parole des divers establishments qui courront les antichambres et hanteront les couloirs.Kl tout cela pendant que les projecteurs de l’opinion publique se braquent successivement sur des événements autrement plus télégéniques : accidents écologiques, crise amérindienne, guerre du Golfe, ou même débat constitutionnel.Oui, mais., telle est la réaction que l'on recueille aujourd’hui, venant de tous les horizons.Cela s'est fait en trois temps.Premier temps : publication du livre blanc, OUI au pourquoi de la réforme, OUI aux orientations et aux perspectives esquissées par le document, OUI aux objectifs mis de l’avant parle ministre.C’était presque l’unanimité, sinon l'euphorie, avec tout au plus, ici et là, quelques notes discordantes.Deuxième temps : dépôt du projet de loi 120.Là, tout le monde demande à réfléchir.C'est la moindre des choses.Même les représentants syndicaux de la profession médicale refusent de s’énerver (ce qui vaudra par la suite aux docteurs Clément Richer et Paul Desjardins quelques bonnes dégelées de bois vert de la part de leurs cotisants).Le Dr Desjardins déclarera par exemple : « La tentation est peut-être, en ce moment, de lancer des hauts cris et de traduire notre inquiétude par des déclarations fracassantes et des comportements rigides.L'expérience nous incite plutôt à adopter une attitude plus réaliste.Nous devons [.] scruter, analyser en profondeur les implications de cette nouvelle réforme afin d'intervenir le plus efficacement possible.» Bien des médecins ne le lui pardonneront jamais.Au même moment, le Dr Augustin Roy, président-directeur de la Corporation professionnelle des médecins (chargée de par la loi, faut-il le rappeler, d'assurer la protection .du public) était à court d'épithètes pour stigmatiser la démarche du gouvernement, tandis que le Dr Jacques Genest, de scientifique renommée, réenfourchait sa rossinante.Troisième temps : nous y sommes, ce sont les MAIS qui dominent.Dissipons toute équivoque.C’est toujours OUI, partout — sauf chez les médecins spéciahstes où la « réflexion » a conduit à un NON retentissant dont on commence à peine à percevoir l’écho.Les CLSC sont encore aux anges, les centres d’hébergement crient victoire, les centres de services sociaux voient dans les nouvelles modalités d’organisation une amélioration notable des services offerts.Les hôpitaux restent « positifs », mais ébranlés et vaguement inquiets.Dans Artère, mensuel publié par l’Association des hôpitaux du Qué- bec, on trouve sous la signature de son vice-président exécutif, M.Jacques A.Nadeau, cette phrase qui reflète assez bien l’ambivalence du réseau : « Somme toute, TA1IQ appuie les orientations de base de la réforme.Cependant, de la consultation effectuée auprès de ses membres, il ressort clairement que.» Ces mots pourraient servir d'introduction a la presque totalité des mémoires adressés au ministre depuis la mi-janvier.Ces mémoires parfois fort volumineux — celui de T All Q ne fait pas moins d trois pouces format ministre — analysent de façon très serrée des centaines et des centaines d'articles d'un projet de loi qui, dans sa version actuelle, en compte exactement 494 ! Avec, en regard de chacun des articles commentés, une proposition d’amendement.Il faut voir là la raison principale du report de la commission parlementaire qui devait entreprendre, dès le 25 janvier, l’étude article par article du projet de loi.M.Marc-Yvan Côté, à son tour, a voulu se donner un temps de réflexion.Il aura senti le besoin de se donner — et de donner aux auteurs du texte de loi — une chance de reprise : cette première copie d’examen ne valait pas la note de passage.Une mauvaise surprise, assurément.Les plus généreux parmi les critiques disent que les scribes de M.Côté se sont mépris sur les véritables intentions du ministre ! On verra bien.Les vieux routiers n ’auront pas oublié que la première version du projet de loi déposée par M.Claude Castonguay en 1971, dans le sillage du rapport de la commission qui porte son nom, avait subi de profondes modifications tout au long du processus qui a conduit à son adoption par l’Assemblée nationale.On aurait tort, du moins à cette étape-ci, de part et d’autre, de vouloir jouer les humiliés et les offensés.santé, attendre L'accès à la ça ne peut plus La santé, c'est le fruit d'un effort collectif.c'est notre raison d'être! SCF Syndicat canadien de la fonction publique Dossier SANTÉ ET SERVICES SOCIAUX Le Devoir, vendredi 15 mars 1991 ¦ 3 ——r— —— Tt?; ryr Ticket orienteur et impôt-services De simples consommateurs à «citoyens payeurs» Anne Péiouas LK LIVRE BLANC sur la réforme des services de santé et des services sociaux, publié en décembre dernier par le gouvernement, nomme clairement les futurs usagers du système de santé.Ils ne seront plus de simples citoyens consommateurs, mais bien aussi des « citoyens payeurs » qui devront assumer une part plus importante des dépenses.Le projet de loi 120 inaugure pour ce faire deux nouveaux concepts — le ticket orienteur et l’im-pôt-services — dont la mise en application vise trois objectifs-principaux : désembouteiller les services d’urgence mais aussi les autres services hospitaliers, en orientant la demande vers les CLSC et les cabinets privés de médecins; limiter davantage les dépenses de santé et trouver de nouvelles ressources financières pour les compenser.Du point de vue du consommateur, mais également de certains juristes, la réforme proposée porte atteinte à des principes légaux considérés comme autant d’acquis sociaux : l’universalité, la gratuité et l’accessibilité des soins et des services sociaux au Québec.Dans son Livre blanc, le ministère de la Santé présentait le ticket orienteur comme un incitatif pour les consommateurs à s’adresser en priorité à un CLSC ou un cabinet privé.Il prévoyait le versement d’une somme de 5 $ — sorte d’amende — pour « toute visite effectuée aux centres hospitaliers qui ne constitue pas un cas d’urgence, une consultation consécutive à une hospitalisation, une consultation consécutive à une référence d’un CLSC ou d’un médecin en cabinet privé ».L’intention de décharger les urgences d’hôpitaux est particulièrement louable.Mais, on vise ici une cible bien plus grande.En fait, le projet de loi comporte actuellement des textes attribuant le pouvoir — très large — d’imposer un ticket orienteur.Ces textes posent de sérieux problèmes juridiques, estime Andrée Lajoie, professeur au Centre de recherche en droit public de l’Université de Montreal.« Ils permettent d’en imposer à tous les services de santé et à tous les prix.» Le projet ne parle plus ni de montants, ni de services d’urgence.L’ouverture est immense.« Et, ce n’est pas rassurant, dit Andrée Lajoie, car le pouvoir que le ministère demanderait à l’Assemblée de lui accorder n’est pas limité.À l’extrême, on pourrait faire payer aux patients toutes les consultations cliniques des hôpitaux si ces services sont offerts gratuitement ailleurs, dans les CLSC par exemple.» Les rédacteurs du projet n’y sont, en tout cas, pas aller de main morte.En accordant ce pouvoir quasi-discrétionnaire aux responsables du système de santé, on ouvre la porte à bien des bouleversements.On ferait d’abord payer de nombreux services d’hôpitaux à l’utilisateur récalcitrant.L’article 410 du texte est on ne peut plus explicite sur l’étendue de ce pouvoir.Il « précise » en effet que le ministre Marc-Y van peut « prescrire le montant des frais d’administration qu’un établissement peut exiger d’un usager pour la prestation par un centre hospitalier de services également accessibles dans un CLSC ou dans un cabinet privé ».La liberté de manoeuvre est totale.Mais, on risque aussi de transférer l’embouteillage au niveau des CLSC — dont il n’est nullement question d’augmenter les ressources en proportion — et d’opérer, chaque fois qu’on le voudra, une réduction des services habituellement offerts dans les hôpitaux .Les CLSC sentent eux-mêmes le danger, eux qui critiquent l’instauration du ticket orienteur et récla- ment — si la réforme était adoptée — une hausse de leurs ressources et effectifs médicaux pour assumer leur rôle de « porte d’entrée du système de santé, offrant les services de base, de première ligne à la population .» La deuxième nouveauté pour l’application du principe selon lequel le consommateur doit payer plus que les autres est l'impot-ser-vices.Il concerne spécifiquement la « consommation » de programmes complémentaires d’assurance-médicaments, de services dentaires, optométriques, de services d’orthèse et de prothèse.La procédure prévoit l’ajout au revenu imposable des contribuables du coût des services obtenus dans l’année écoulée et l'application d’un taux d’impôt sur ces « dépenses ».Selon les estimations du ministère de la Santé, cet impôt-services devrait rapporter au moins 100 millions $ par an.Pour Andrée Lajoie, « c’est une mesure fiscale qui, en soi, est moins régressive que le ticket orienteur, parce qu’elle est directement liée à l’impôt sur le revenu.Mais, elle reste régressive puisqu’elle ferait payer ceux qui sont malades au lieu de faire peser la charge sur l’ensemble de la population.Tous les hommes sont mortels et, avant, ils sont malades, constate-t-elle.Il n’y a pas de raisons de pénaliser plus les malades que les bien-portants, comme si on était responsable de toutes nos maladies ! » La Fédération des AC EF du Québec s’insurge, de son côté, contre ce projet.« Imposer les ser- vices complémentaires de santé constitue déjà une brèche inacceptable dans les principes d'universalité, de gratuité et d’accessibilité », dit Henri Goulet au nom de la Fédération.Mais, il y a pire.D’après lui, la volonté clairement exprimée du ministre Pierre-Y va n Côté de faire amender la loi canadienne sur la santé indique « son intention d’imposer, à moyen terme, un impôt-services sur des services de base ».Cette loi interdit en effet d’appliquer un tel impôt sous peine d’une diminution des transferts fédéraux équivalente aux montants fiscaux perçus par les provinces.Elle garantit à tous les citoyens canadiens, rappellent les ACEF, l’universalité, la gratuité et l’accessibilité à la plupart des soins de santé.Sans amendement, l’obstacle est infranchissable.Vouloir créer un impôt-services, la Fédération y est évidemment opposée.La proposition, dit-elle, « dépasse largement le mandat du seul ministre de la Santé .Un revirement aussi important dans un domaine aussi névralgique ne devrait pas être discuté dans un cadre aussi restrictif.Le débat devrait être complètement détaché de la simple réforme administrative actuellement mise de l’avant par M.Côté ».Les ACEF s’en prennent enfin au calcul de ce nouvel impôt.« Personne ne s’entend sur les méthodes de calcul, dit Henri Goulet, et nous voudrions bien avoir une explication juste de la méthode exacte que préconise le ministère de la Santé.Ce n’est pas le projet de loi qui nous y aide ! » 4 CLSC santé mentale et veulent continuer d’intervenir en santé au travail.U ne mission qui apparaît d’ores et déjà impossible à remplir, sans une injection importante de ressources.Dans l’immédiat, la Fédération formule trois demandes urgentes, destinées à consolider la base budgétaire des CLSC : le rattrapage budgétaire pour les CLSC créés après 1980, dont une soixantaine sont nettement sous-financés; le paiement des frais afférents à la pratique médicale (estimés à :10 000 $ par médecin) par la RAMQ plutôt que par les budgets des CLSC; le versement en 1991-92 des premiers 40 millions $ annoncés pour le maintien à domicile.Quant à l’établissement de la « première ligne » en CLSC, elle repose, selon M.Payette, sur quatre conditions.Il faut d'abord doubler la pratique médicale, de façon à pouvoir assurer le service médical avec et sans rendez-vous et à per- mettre aux médecins de travailler sur les autres programmes : maintien à domicile, enfance-famille, jeunesse, etc.Les CLSC emploient actuellement l’équivalent de 650 médecins à temps plein; la Fédération en réclame 1400.Deuxième condition : il faut prendre le virage du maintien à domicile.« Le Québec est en regard là-dessus, y consacrant deux fois moins de ressources que les autres provinces ».Troisième condition : le réseau doit cesser d’être un champ de ba-taille.« Les CLSC, établissements publics de première ligne (c’est-à-dire qui offrent les services sociaux et de santé courants), ne peuvent fonctionner en parallèle avec les établissements de deuxième et de troisième ligne (qui offrent les services spécialisés) et avec les cabinets privés.Il nous faudra donc établir des mécanismes de complémentarité avec les centres hospitaliers, les centres de protection de l’enfance et de la jeunesse, les urgences, les centres d'accueil.Cela suppose le respect de la mission de chacun et des mécanismes de collaboration, y compris des transferts de" fonds ».Finalement, estime M.Payette, les CLSC devront investir dans la formation et le perfectionnement de leur main-d’oeuvre, « surtout pour les employés qui ont été transférés d’autres établissements».Conjointement avec une université québécoise, la Fédération travaille à la mise su pied d’un certificat de perfectionnement en intervention de première ligne.On espère que cette formation multidisciplinaire sera offerte dès janvier 1992.Au total, dans les années qui viennent, les CLSC souhaitent doubler leur « part de marché » — de 5 % à 10 % de la masse budgétaire du ministère.Dans le contexte de décroissance actuel, cela suppose une réallocation des budgets entre établissements, qui pourrait bien i être le principal enjeu des batailles à venir au sein des régies régionales.Université de Montréal Faculté des sciences infirmières POUR JOUER PLEINEMENT SON RÔLE D’INFIRMIERE DANS LES SERVICES DE SANTÉ PROGRAMME DE BACCALAURÉAT ES SCIENCES (sc.inf.): • une voie pour titulaires d’un DEC en sciences de la santé • une voie pour titulaires d’un DEC en soins infirmiers PROGRAMME DE MAÎTRISE ES SCIENCES (sc.inf.).Informations: Françoise Bergeron (514) 343-6173 COMMENT AIDER EFFICACEMENT UNE PERSONNE SIDÉENNE ?Un numéro spécial de la revue Intervention : INTERVENTION PSYCHOSOCIALE ET SIDA 13 articles écrits par des spécialistes.Autant de pistes de réflexion et de réponses Pour vous le procurer, téléphonez ou écrivez à : Corporation professionnelle des travailleurs sociaux du Québec 5757, ave Decelles, bureau 335 Montréal (Québec) H3S 2C3 Téléphone : (514) 731-3925 Télécopieur : (514) 731-6785 Joignez à votre demande un chèque de 10,00 $ (frais d'expédition inclus) à l’ordre de la C.P.T.S.Q.Abonnement annuel disponible.Carte Visa et Master Card acceptées 4 ¦ Le Devoir, vendredi 15 mars 1991 —H-!-I—!- Aujourd’hui.les CLSC Ul n réseau de 158 CLSC à travers tout le Québec offrant des services dans plus __ ‘ de 480 lieux différents à près de trois millions de Québécois et de Québécoises.On y trouve des services de santé et des services psychosociaux pour toute la famille, pour les futures mères, pour les jeunes qui éprouvent des difficultés, pour les personnes âgées, pour les personnes ayant un handicap physique ou intellectuel, pour les personnes convalescentes.Plus de 15 000 hommes et femmes y travaillent: des médecins, des infirmières, des travailleurs sociaux, des travailleuses communautaires, des agents de relations humaines, des agentes d’information, des techniciens en hygiène du travail ou en hygiène dentaire, des sages-femmes, des psychologues, des techniciens en assistance sociale, des auxiliaires familiales, des thérapeutes en réadaptation, des ergothérapeutes, des secrétaires.¦ Leurs champs d’action Votre domicile, l’école de votre quartier ou de votre village, votre lieu de travail, les centres communautaires, les milieux de vie que vous fréquentez, votre rue.¦ Leurs partenaires Les groupes communautaires, les organismes d'entraide, les groupes socio-économiques, les municipalités, les hôpitaux, les centres d’accueil, la protection de la jeunesse, les cliniques privées de services de santé.¦ Leurs dirigeants Plus de 2 000 personnes, dont un grand nombre d'utilisateurs des services, forment les conseils d’administration des CLSC.Les CLSC, une présence essentielle! FEDERATION DES Dossier SANTÉ ET SERVICES SOCIAUX Les groupes communautaires négocient leur participation Martine D’Amours DANS LEGRAND PUBLIC, les 1500 groupes communautaires québécois sont surtout connus pour deux choses : ils font des merveilles avec presque rien et ils lancent régulièrement des SOS-financement pour éviter de fermer leurs portes.Qu’ils s’appellent centres de femmes, maisons de jeunes, ressources alternatives d’hébergement pour ex-psychiatrisés, associations de défense des droits des retraités ou autres, ils ont une culture commune, qui les dintingue des hôpitaux, CLSC, centres d’accueil et autres établissements du réseau de la santé et des services sociaux.Ils sont d’abord sensibles aux conditions sociales, économiques et culturelles dans lesquelles s’inscrit un problème de santé ou un problème social.Bien avant tout le monde, ils ont alerté l’opinion publique sur la pauvreté, la violence conjugale, le pouvoir de la psychiatrie, la mise au rancart des personnes âgées, le suicide des jeunes.Ils ne se sont jamais gênés pour dénoncer les incohérences entre, par exemple, un ministère de la Santé qui distribue des oranges, du lait et des oeufs aux futures mères des quartiers défavorisés (programme OLO dispensé par les CLSC), et un ministère de la Main-d’oeuvre et de la Sécurité du Revenu qui réduira leur chèque d’aide sociale à partir de la vingtième semaine de grossesse, sous prétexte qu’elles sont non-disponibles à l’emploi.Chez eux, pas de üste d’attente ni de bureaucratie.Pas non plus de « toxicomanes », de « délinquants » ou de « dépressives », seulement des personnes avec des difficultés, mais aussi avec un potentiel pour s’en sortir.Des personnes à qui on offre des services, mais aussi l’occasion de s’informer, de se sensibiliser aux causes des problèmes, de défendre leurs droits, de participer à la gestion du groupe et d’agir dans la communauté.À première vue, la réforme Côté semble faire la part belle aux organismes communautaires.Elle les reconnaît et précise leur statut dans la loi : ce sont des groupes sans but lucratif, avec un conseil d’administration composé majoritairement d’usagers ou de membres de leur communauté, qui choisissent librement leurs orientations, leurs politiques et leurs approches.Elle les associe à la prise de décision : au sein des régies régionales, maitres-d’oeuvre de l’organisation des services socio-sanitaires sur leur territoire, les représentants des groupes communautaires occuperont 20 % des sièges.Finalement, la réforme protège leur niveau global actuel de financement pour cinq ans, pendant lesquelles elle leur accorde 40 millions $ supplémentaires.S’ils acceptaient le partenariat proposé par la réforme, les groupes devraient s’asseoir au conseil d’administration de la régie régionale avec les représentants des établissements du réseau, les élus municipaux et les représentants socioéconomiques, pour élaborer des plans régionaux d’organisation des services (PROS dans le jargon) et partager les responsabilités et l’enveloppe budgétaire régionale entre les etablissements du réseau et les groupes communautaires.C’est là que le bât blesse, comme l’explique Françoise David, coordonnatrice de l’R des centres de femmes : « Nous sommes prêts à collaborer avec les établissements du réseau, nous le faisons déjà, mais nous exigeons de pouvoir demeurer différents.Nous ne voulons pas être enrôlés de force dans la logique des plans de services et des programmes : un programme sur la violence, un programme sur la toxicomanie, etc.Les centres de femmes reçoivent des femmes pauvres, des femmes seules, isolées, parfois toxicomanes, parfois violentées, des femmes en difficulté.Ça va dans quel programme ça ?» « Si, conclut-elle, pour obtenir du financement, les groupes communautaires sont obligés de dispenser uniquement des services à des clientèles et à l’intérieur de programmes déterminés par des régies régionales où ils seront minoritaires, ils seront peut-être plus riches, mais ils auront perdu leur raison d’être, leur originalité, leur efficacité.» À la suite de négociations entreprises avec le ministère, les regroupements d’organismes communautaires du Québec ont obtenu que la régionalisation soit, pour ce qui les concerne, reportée à 1992.Us réclament maintenant d’être financés pour l’ensemble de leurs activités, peu importe qu’elles s’inscrivent ou non dans les programmes des régies régionales.Les ressources alternatives en santé mentale ont une longueur d’avance sur les autres groupes communautaires.Depuis l’adoption, il y a deux ans, de la nouvelle politique en santé mentale, ils ont été les premiers à prendre le « beau risque » du partenariat.Dans leur cas, l’instance de concertation régionale ne s’appelle pas Régie régionale, mais comité tripartite.Les groupes communautaires y occupent le tiers des sièges.Avec les représentants des établissements du réseau et de la communauté, qui forment les deux autres tiers, ils discutent program- mes (PROS), tricotent fort pour inscrire leurs activités dans le plus grand nombre possible de volets, puisque le financement y est attaché.Diagnostic après un an de fonctionnement ?« L’existence des comités tripar-tites est un élément positif, rapporte Lorraine G uay, coordonnatrice du Regroupement des ressources alternatives en santé mentale du Québec.Elle a contribué à sortir la santé mentale du domaine exclusif des psychiatres.Elle a permis aux différents acteurs, ceux des institutions et ceux des groupes alternatifs, de se connaître et de se reconnaître.» « Par ailleurs, nuance-t-elle, cette participation suppose une somme d’énergies difficile à fournir par des ressources qui comptent un ou deux salariés.Pour se préparer, se former, participer aux réunions, les groupes ont dû fournir l'équivalent de plus d’un mois de travail.Cela signifie soit qu’on travaille plus fort, soit que nos activités d’hébergement, d’information, de suivi des personnes, en souffrent.» Impossible de savoir actuellement si cette participation exigeante se traduira par un financement plus adéquat, puisque les PROS, et les budgets qui les accompagnent, ne sont pas encore revenus de Québec.Mais Mme Guay est sceptique.« La majorité des groupes n’ont pas reçu de financement du ministère depuis deux ans.Ils bouchent les trous avec les programmes de création d’emplois temporaires, les subventions de Centraide pour certains.Mon intuition, c’est que cet exercice de planification a confirmé les mêmes acteurs dans les mêmes mandats et qu’en conséquence, le gros du financement demeurera aux mains des hôpitaux et de leurs ressources intermédiaires ».Dossier spécial Santé et services sociaux Recherche : Martine D'Amours Maquette : - Yves d'Avignon Publicité : Francine Gingras Administration : André Leclerc Ce cahier spécial est édité par le journal LE DEVOIR sous la responsabilité de : Michel Lefèvre, Rédacteur en chef adjoint 600 diététistes travaillant pour la santé des Québécois (es) Le Syndicat Professionnel des Diététistes du Québec (Fondé en 1970) Le Devoir, vendredi 15 mars 1991 ¦ 5 Dossier SANTÉ ET SERVICES SOCIAUX Les régies régionales Le pouvoir redonné au citoyen, plus qu’un slogan?La réforme prévoit un conseil d’administration composé en majorité de gens du milieu qui devront rendre des comptes à l’assemblée régionale.Isabelle Paré CRÉATURES bureaucratiques pour les uns, instances démocratiques pour les autres, ces fameuses régies régionales, piliers du futur réseau de la santé, feront-elles vraiment du citoyen payeur, un « citoyen décideur ?», comme le prétend le ministre Côté.Credo de la réforme, le pouvoir redonné aux régions doit nécessairement, affirme le ministre, se traduire par des services moulés pour, et par les citoyens, et reléguer aux oubliettes l’ère des programmes élaborés depuis les officine&de la Grande-Allée.Bouleversement dans les annales de la santé, le citoyen, prévoit le projet de loi actuel, aura un rôle de premier plan au sein des régies régionales dont le conseil d’administration, composé d’usagers, d'élus municipaux, de personnes représentatives d’une région et d’organismes communautaires, qui sera lui-même élu par une assemblée régionale.Une assemblée régionale qui, faut-il le rappeler, est appelée à servir de véritable tarn tam communautaire avec ses 60 à 150 membres recrutés à même les décideurs de la région, dont le rôle sera de « brancher » la régie à la réalité locale.Le rêve de la gestion participative devenu réalité.Bouleversement certain, car à l'heure actuelle, les conseils régionaux de la Santé et des Services sociaux, que remplaceront les futures régies, n’ont pas de compte à rendre à la population, affirme M.Jean-Pierre Duplantie, directeur général du CRSSS de l’Estrie et ex-commissaire de la commission Rochon.« Il est évident que le citoyen aura son mot à dire.Sur les conseils actuels, il n’y a pas vraiment de représentation des citoyens, les membres proviennent en majorité du réseau de la santé.La réforme prévoit un conseil d’administration composé en majorité de gens du milieu qui devront rendre des comptes à l’assemblée régionale », affirme celui qui s’est fait, avec les autres membres de la Commission Rochon, l’apôtre de la régionalisation.Plus encore, ces régies, prolongement de la volonté locale, dicteront les priorités sur leur territoire, orchestreront les services, alloueront les budgets, géreront les cabinets de professionnels, prévoit le projet de loi.Au nombre prévu de 17, elles seront maîtres à bord dans leurs patelins, des territoires qu’on prévoit délimiter grosso modo en fonction des régions administratives actuelles.Mais cette vision toute auréolée de démocratie du futur système régionalisé fait sourciller plus d’un, y compris les premiers concernés.« .Jusqu’à quel point, les conseils d’administration et les assemblées seront vraiment représentatifs?», soulève d’emblée Mme Marie Côté, présidente du Conseil général des usagers du Montréal métropolitain.« Il ne suffit pas de laisser une place au citoyen.Il faut aussi veiller à ce que ces citoyens soient représentatifs de la population », pré-, vient-elle, insistant sur la diversité des clientèles, notamment à Montréal.Dans la même veine, l’actuel directeur général du colossal CRSSS du Montréal métropolitain, M.Gérard Marcoux, maintient que le système ne fonctionnera que si la formule obtient la bénédiction de tous les partenaires du milieu, que si tous emboîtent le pas.Une éventualité dont il ne doute guère.À condition que le ministère prépare abondamment le terrain à cette entrée du citoyen dans un système qui fut jusqu’ici la chasse-gar-dée des fonctionnaires et du personnel médical.« Pour cela, il va falloir que le projet de loi ’débureaucralise’ les régies.Un allègement est nécessaire car une régie dominatrice ne laissera pas place aux décideurs locaux », relance M.Marcoux, d’avis que le projet de loi actuel cimente déjà les régies dans un carcan qui pourrait tuer dans l’oeuf toute velléité de participation des citoyens.Campé comme il l’est, le projet de loi sape en partant les espoirs de certains de fonctionner avec souplesse, en amalgamant les conseils d’administration de plusieurs établissements.De fait, on voit mal comment la bureaucratie pourrait faire bon ménage avec cette place au coeur du réseau que prétend donner la réforme au « citoyen décideur ».C’est d’ailleurs l’argument que brandissent les médecins, les premiers détracteurs de ces futures régies qu’ils qualifient déjà de « mini-ministères », dédiés à ï’« en-, vahissement technocratique de la santé ».Pour eux, le « citoyen payeur » devenu « décideur », c’est de la frime.Rien de moins qu’un slogan accrocheur savamment modelé par un ministre décidé à vendre sa réforme à la population et à ses fonctionnaires.« La gestion participative, c’est une illusion.Quel citoyen aura le temps de participer à la gestion des soins de santé ?C’est faux de croire que ça va changer les choses.Ce sont les experts de l’administration qui détiendront encore les informations pour prendre les décisions », fustige pour sa part le Dr Augustin Roy, qui cultive tou jours une opposiiion viscérale à la réforme Coté et à ses protégées, les régies.Faut dire que la réforme a rudement écorché au passable la gent médicale en l’éclipsant des conseils d’administration des régies régionales qui seront, à toute fins utiles, seuls maîtres à bord sur leur territoire.La gifle est non seulement dure à encaisser, mais défie toute logique, rétorquent les médecins.« On nous évacue des endroits où se prendront les principales décisions.Pourtant, qui peut dire mieux que les médecins ce dont les patients ont besoin ?», soutient le Dr Clément Richer, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec.Mais ceux qui sont à la barre des futures régies rétorquent que les citoyens sont bien les premiers à savoir ce dont ils ont besoin et ne voient pas d’un si mauvais oeil l’absence du personnel médical des lieux décisionnels de la régie.Au contraire.« Pour une fois, la gestion se fera en fonction des gens plutôt que des intérêts corporatifs », pense le directeur du CRSSS du Montréal métropolitain.Mais pour ça, note toutefois le président de la Conférence des CRSSS, M.Norbert Rodrigue, il faudra réellement décentraliser les programmes et donner aux régions de quoi se mettre sous la dent.« Si on créé des instances où les gens ont l’impression de ne pouvoir jouer un rôle réel, ça me marchera pas», insiste-t-il.De son côté, le monde des services sociaux rétorque que l’omnipotence du discours médical pourrait être renforcé au sein des futures régies.Avalés par les régies, les actuels centres de services sociaux ne cachent pas leur inquiétude face à leur disparition future.Les questions sociales seront-elles occultées par les régies ?, s’interroge Mme Céline Lamontagne, vice-présidente de la CSN, qui tenait récemment un colloque sur la question.Dans un tel cas, le citoyen pourrait y perdre au change.« À l’heure où les problèmes sociaux sont criants, où les dossiers s’alourdissent, on trouve que la réforme fait peu de cas du social.Dans la mesure où les citoyens auront plus de pouvoir, on doit espérer que les régies n’auront pas une vision strictement ’médicale’ de la santé», opine-t-elle.Principe ou réalité, le citoyen décideur ?Tout dépendra de la capacité du système, ankylosé par 20 ans de fonctionnement centralisé en vase clos, à faire de la réforme lus qu’une réforme sur papier.Et tous ces partenaires de s’entendre entre eux ! 4 im À la mesure des années 90.Formation et perfectionnement dans les domaines de la santé et des services sociaux.En formation sur mesure, nos interventions d’aide et de formation s’inscrivent dans un cadre adapté aux besoins de l’établissement et à la disponibilité des membres du personnel.Au Collège, des cours de perfectionnement apportent un support aux intervenants confrontés aux nombreux changements sociaux et culturels.Nouveau Parmi les nouveaux cours offerts: L'intervention interculturelle dans les services sociaux et de santé: Bioéthique et problèmes contemporains; Introduction aux approches alternatives en gérontologie; L'intervention infirmière en périnatalité; L'équipe interdisciplinaire; La résolution de problème: ses défis, ses réalités et son application en situation de crise.Un nouveau programme en septembre: Gérontologie menant à un diplôme de perfectionnement de l'enseignement collégial (D.P.E.C.) Renseignements: madame Christiane Noiseux, 332-3000, poste 351 Collège de Bois-de-Boulogne 10555, avenue de Bois-de-Boulogne Montréal, Québec H4N1L4 Vient de paraître Vieillir et mourir < no 23 188 pages 14,98 S (incluant la TPS) médecines douces no 24 144 pages 14,98 S (incluant la TPS) Revue internationale d'action communautaire Disponibles en librairie ou à l’adresse suivante: RIAC, Ecole de service social, Université de Montréal C.P.6128, suce.A.Montréal, Québec H3C 3J7 Tél.: (514) 343-7222 — Fax (514) 343-2493 Abonnements: PERIODICA.C.P.444, Outremont, Québec, Canada H2V 4R6 Tél.: (514) 274-5468 — 1-800-361-1431 (Le Québec et l'Outaouais) Fax (514) 274-0201 6 ¦ Le Devoir, vendredi 15 mars 1991 Dossier SANTÉ ET SERVICES SOCIAUX Plus de pouvoir aux infirmières?Martine D’Amours DANIELLE HOULE, infirmière depuis neuf ans, aime prendre soin des malades.Ce qu'elle déteste en revanche, c’est d’en être réduite à appliquer des techniques, sans avoir le temps de parler à ses patients.Ce qu’elle déteste, c’est de jouer un rôle d'exécutante.« .Je n’ai pas, dit-elle, étudié trois ans simplement pour distribuer des médicaments.» Récemment, elle a quitté un hôpital où elle avait un poste de jour et des vacances en juillet pour recommencer à zéro, c’est-à-dire sur le quart de nuit, à l’Institut de cardiologie de Montréal, où le ratio infirmières-patients est plus élevé, où on lui offre un meilleur équipement, de la formation en cours d'emploi et une plus grande autonomie dans l'exercice de sa profession.« Les jeunes ne sont plus intéressées à devenir infirmières, à cause des conditions de travail », déplore sa collègue Renaude Labrecque.Dans la profession, il faut compter en moyenne douze ans avant d’obtenir un poste de jour.Les primes pour le travail de soir ou de nuit, bien que bonifiées par la dernière convention, offrent une maigre compensation.Les fins de semaine et les jours fériés sont payés à taux simple.« Une tâche lourde, conclut Mme Labrecque, pour un salaire inférieur à celui d'un chauffeur d’autobus ! » Parce que les inconvénients liés à la tâche ne sont pas compensés par une rémunération alléchante ou par une grande satisfaction au travail, le Québec a du mal à attirer et à retenir ses infirmières.En 1988, l’Association des hôpitaux du Québec ( A11Q) évaluait à 2000 le nombre annuel de nouvelles infirmières nécessaires pour éviter la pénurie : or en 1987, à peine 1397 nouvelles diplômées s’apprêtaient à entrer sur le marché du travail.Entre 1973 et 1983, le Québec a perdu 1400 infirmières au profit des autres provinces.Aujourd'hui, révèle le Livre blanc du ministre Côté, il en compte près de 10 % de moins que l’Ontario et que l’ensemble du Canada.Pour tenter de pallier au problème, le projet de réforme de la santé et des services sociaux a porté une attention particulière, aux infirmières.Il leur promet pour avril une politique globale de la main-d’oeuvre en soins infirmiers.Il leur accorde un siège au conseil d’administration des centres hospitaliers et des centres d’hébergement et de soins de longue durée.Il crée enfin, dans ces mêmes établissements, un Conseil des infirmières et infirmiers, chargé d'apprécier la qualité et l’efficacité des soins infirmiers, d’évaluer et de maintenir la compétence des infirmières et infirmiers et de donner son avis sur les règles de soins infirmiers applicables dans l’établissement.À la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec ( F11Q ), la plus importante organisation syndicale dans ce secteur, on accueille ces mesures avec satisfaction.« C’est un pas vers la revalorisation de la profession, explique la première vice-présidente Sylvie Boulanger.Il y a eu tellement de changements à l’organisation des soins et du travail pour lesquels nous avons été les dernières avisées que nous ne pouvons que nous réjouir de ces nouvelles possibilités pour les infirmières de faire entendre leurs voix.» Accord sur le principe donc mais interrogations quant aux modalités d’application de ces mesures.On se demande par exemple s’il y aura concurrence entre ces nouveaux conseils, qui regrouperont toutes les infirmières, syndiquées et cadres, d’un même établissement, et les comités patronaux-syndicaux de soins infirmiers, créés à la suite de la dernière lutte syndicale, avec le mandat d’étudier les problèmes liés à l’organisation du travail.D’autres aspects de la réforme Côté soulèvent aussi des peurs.On craint par exemple que la redéfinition de la mission des établissements et la réduction des temps de séjour en hôpitaux ri'aient pour effet d’augmenter la tâche des infirmières.On se demande si la régionalisation n’entraînera pas une mobilité du personnel entre les établissements.On redoute que le « partage des inconvénients » ne signifie une plus grande rotation, c'est-à-dire le travail en alternance sur les quarts de jour, de soir et de nuit.« Lors de la dernière négociation, rappelle Mme Boulanger, nous visions à ce que le personnel bénéficie de postes à temps complets et d’équipes stables.Pour nous, il n’est pas question de laisser la réforme défaire ce qu’on a gagné.» Tout en veillant au grain, la FIIQ encouragera ses membres à utiliser les nouvelles structures pour faire entendre leurs voix.Sur le terrain cependant, on est pour le moins sceptiques.Pour Renaude Labrecque, tout cela pourrait bien n'être que de la poudre aux yeux, « un discours gouvernemental utilisé pour calmer les professionnelles déçues, pour les motiver afin qu’elles continuent à produire.La valorisation des infirmières est inséparable des conditions de travail et de salaire qu’on leur offre, surtout en comparaison de ce qui est accordé aux médecins.» Danielle Houle, pour sa part, s’interroge sur le pouvoir réel qui sera dévolu aux conseils d'infirmières et d’infirmiers.« Parfois, les négociations avec les administrations locales sont très difficiles.Est-ce que POUR MIEUX TRAVAILLER.A VOTRE SANTE! &> des emplois a temps plein &> une meilleure organisation du travail la reconnaissance de la valeur de notre travail Feaera''0f’ du personnel ce la san;e e: ces se’vces sooaux Regrouoe’nem oes professionnels et professionnelles de la santé Regroupement des techniciennes et techniciens de la santé Union québécoise des infirmières el infirmiers E CEQ PHOTO CHANTAL KEYSER Parce que les inconvénients liés à la tâche ne sont pas compensés par une rémunération alléchante ou par une grande satisfaction au travail, le Québec a du mal à attirer et à retenir ses infirmières.ces nouvelles instances nous permettront davantage de nous faire entendre ?,1e,n'en suis pas convaincue.Elles risquent de ressembler aux comités d’école, où les parents n’ont guère de pouvoir.» .Joëlle Lévesque, leur déléguée syndicale, constate que plusieurs de ses collègues ont perdu la foi dans les structures paritaires de participation : « Les filles fonl partie de comités, elles montent des dossiers sur certains problèmes mais attendent longtemps qu’on donne suite à leurs recommandations ».Mais cette fois-ci, croit-elle, ce pourrait être différent : « Si on nous en donne les moyens, c’est-à-dire si les filles sonflibérées de leur tâche pour siéger sur ces comités, s’ils enquêtent sur les problèmes et font circuler l’information, ils peuvent susciter une réelle prise de conscience dans le milieu ».Pour éviter que leurs recommandations ne restent lettre morte, Mme Lévesque suggère la possibilité pour les infirmières d’établir de nouvelles alliances.« Par exemple, si les directrices de soins infirmiers et les infirmières-chefs défendaient le même point de vue que nous, ça ferait toute la différence du monde ! » CHANTAL DUPLAIN Diplômée de l'Institut Kushi Cours de cuisine naturelle et macrobiotique Consultations en alimentation 956-9265 ^ Centre de Paix et de Santé A Écoute Ton Corps de Bellefeuille Un endroit idéal dans la nature.Pour prendre des vacances tout en faisant une démarche intérieure .pour se libérer de stress accumulé et refaire le plein d'énergie .pour aller à la cause du mal plutôt que changer le mal de place! Programme d'une semaine ou plus! Pour renseignements ou recevoir notre brochure par la poste, appelez au: 1-51 4-431-8921 Dossier SANTÉ ET SERVICES SOCIAUX Le Devoir, vendredi 15 mars 1991 ¦ 7 De meilleurs services médicaux partout au Québec Isabelle Paré UN MÉDECIN dans chaque patelin éloigné, de Mata-gami en passant par Havre Saint-Pierre, des spécialistes parsemés à la grandeur au Québec, des hôpitaux qui voient aux urgences et des CLSC qui soignent les maux mineurs : des services avant tout, et partout, c’est ce que professe la réforme de la santé.Mais concrètement, dans ce lot de services tous azimuts que nous fait miroiter Québec, quelle place auront les médecins ?Et les patients eux, continueront-ils à voir leur « docteur » au coin de la rue, en cabinet privé, où dans ces CLSC dont on veut faire les stars du réseau de première ligne ?- On dit souvent, on ne fait pas de médecine sans médecins.Le hic, pour l’instant, c’est qu’à l’heure où le projet de loi sur la réforme de la santé entreprend son dernier virage avant l’adoption, les médecins refusent la médecine de cheval qu'entend leur administrer Québec pour mener à bien son ambitieux de répartition des services sur le territoire et à l’intérieur du réseau public.À moins que Québec n’entende leurs doléances, les médecins menacent de ruer dans les brancards et de bloquer la machine.Selon les rumeurs, des dizaines de modifications pourraient toutefois être apportées au projet de loi pour éviter un affrontement en règle entre Québec et la profession médicale.Car dans sa forme actuelle, le projet de loi 120 prévoit sortir les omnipraticiens des cabinets privés pour qu’ils mettent l’épaule à la roue dans les hôpitaux et les CLSC, et d'extirper des centres urbains les spécialistes tant réclamés en région.Même si le nombre de médecins a doublé en 20 ans, passant de 8216 en 1970 à plus de 16 500 aujourd’hui, alors que la population du Québec diminue, la pénurie persiste dans certains établissements de santé.Au même moment, se développe en parallèle une pléiade de cabinets privés.Ce constat posé, le ministre Marc-Yvan Côté a choisi de donner aux régies régionales le pouvoir « de gérer » tous les effectifs médicaux sur leur territoire, y compris ceux des cabinets privés.Les médecins pourraient donc être appelés à donner ici et là des heures aux CLSC ou à l'urgence d’un hôpital.Quant aux spécialistes, ils seront « exportés » là où on a besoin d’eux, surtout dans certaines régions éloignées.Pour quelques spécialités où règne une grave pénurie, le ministère entend augmenter le nombre des admissions dans les universités et promet même des rémunérations à la hausse pour appâter les candidats.Fini le temps où il faudra rouler des centaines de kilomètres pour voir un cardiologue, maintient le ministre Côté.« Des citoyens qui en auront pour leur argent », c’est là un des maîtres mots de sa réforme.Ce slogan deviendra-t-il réalité ?Les médecins, farouches adversaires de la réforme, soutiennent le contraire.D’abord, ils ne s’entendent pas sur les constats posés par le ministre Côté et accusent Qué- bec de brandir un bazooka pour tuer une mouche.On sait que les omnipraticiens sont bien répartis en région.Dans le réseau, les urgences, les C LSC, les centres d’hébergement, c’est tout au plus de 150 à 200 médecins dont on aurait besoin et 200 graduent chaque année.Il faut quand même être raisonnable dans l'établissement des besoins », objecte le Dr Augustin Roy, président de la Corporation professionnelle des médecins du Québec.Quant aux spécialistes, on parle cette fois d’un besoin de 150 personnes, tranche le Dr Roy.•< Pourquoi régimenter toute la pratique médicale pour un problème qui pourrait être résolu sans virer sans dessus dessous tout le système de santé ?», relance-t-il.Plus encore, le Dr Roy doute fort que le citoyen y gagnera en bout de ligne.« Pourquoi obliger les gens à aller en CLSC s’ils sont habitués à voir leur médecin en cabinet privé.Le CLSC à un rôle majeur à jouer pour les cas sociaux.Il faut améliorer les CLSC, mais ne pas délaisser pour autant les cabinets privés qui sont déjà équipés et fournissent 80 % des services de première ligne.C’est pour des raisons idéologiques qu’on veut créer un système davantage public.Mais en bout de ligne, ça va coûter des milliards de dollars», opine-t-il.Les médecins spécialistes, principales cibles de la répartition régionale, affirment pour leur part que le cadre qu’entend leur imposer la réforme Côté n’assurera pas de meilleurs services aux ci- toyens.De l'avis du Dr Jean-Hugues Brossard, endocrinologue de formation et président de la Fédération des médecins résidents et internes du Québec, il serait illusoire de penser que les régions pourront compter sur plus de services spécialisés si le gouvernement se borne à expatrier les spécialistes.« Pour exercer une spécialité, il faut des laboratoires, des outils, une foule d’équipements qui engendrent des déboursés importants.Sinon les spécialistes seront ligotés.En bout de ligne, le service donné au citoyen dépendra de la volonté du gouvernement d’entourer le spécialistes des équipements qui lui faut.Il n’y a pourtant rien dans le projet de loi qui prévoit cela », s’inquiète le Dr Brossard.Aussi, la répartition des effectifs spécialisés pourrait se solder par un coup d’épée dans l’eau si les cardiologues, internistes et chirurgiens ont les mains liées, faute d'équipements.« Concrètement, ça pourrait vouloir dire qu’un patient est vu par un spécialiste dans sa région, mais doit toujours aller passer ses tests dans un centre pour obtenir un diagnostic», ironise-t-il.Dans la même veine, le Dr Augustin Roy craint que la volonté du gouvernement de doter coûte que coûte chaque région de certaines spécialités porte un dur coup à la compétence de ces médecins.« Un chirurgien qui pratique une fois par mois, c’est quelqu’un qui perd sa compétence.Ce n’est pas dans l’intérêt du patient de se faire opérer par quelqu’un qui perd son expertise, faute d’un bassin de population suffisant », s’impatiente le Dr Roy.Mais au-delà de toutes ces considérations, les médecins, qu'ils •soient spécialistes ou omnipraticiens, refusent d’être mis au pas par Québec.Ils sont prêts à tout pour conserver leur liberté, quitte à y perdre au change.Pénalisez-nous s’il le faut, mais laissez-nous la liberté de choisir notre lieu et nos heures de pratique, clament-ils en choeur depuis que le projet de loi est sur la table.Va pour les fins visées par Québec, mais les moyens sont abusifs, grondent-ils.Pis encore, c’est la relation médecin-patient qui pourrait en pâtir si on force les médecins à faire des tâches qu'ils n'ônt pas choisies, affirme pour sa part le Dr Clément Richer, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec.« Si on me précipite dans une urgence, chose que je n’ai pas faite depuis 15 ans, quel genre de services vais-je donner.Inévitablement, ce genre de climat va finir par éclabousser la relation entre les médecins et leurs patients », ex-plique-t-il.Mauvaise pour les médecins, la réforme le sera-t-elle aussi pour le citoyen ?Pour l’heure, tout semble dépendre des ajustements qu’apportera Québec à son projet pour s'allier les troupes médicales, pour mettre fin à ce dialogue de sourds.À moins que le ministre Côté ne décide de faire une médecine sans médecins.est en santé Cet enfant Corporation professionnelle des psychologues du Québec Une véritable réforme de la santé pour le citoyen doit tenir compte de toutes les causes de la maladie.C'est une simple question de psychologie ! Mais la santé n'est pas que physique et il est prouvé que 60 % des visites aux médecins sont dues à des problèmes psychologiques et non pas à des troubles physiologiques.QU'EN EST-IL DE LA SANTÉ POUR m les trop nombreux jeunes placés en famille d'accueil et qui auraient besoin d'intervention psychologique ?¦ les femmes et les enfants victimes de violence conjugale ?¦ les jeunes suicidaires âgés de 15 à 24 ans ?¦ les personnes âgées et les assistés sociaux qui font une consommation excessive de tranquillisants ? 8 ¦ Le Devoir, vendredi 15 mars 1991 Dossier SANTÉ ET SERVICES SOCIAUX La douce fin des DSC Raymond Lemieux PUR PRODUIT de la réforme des services de santé entreprise au tournant des années 60, le réseau des Départements de santé communautaire (DSC) est maintenant appelé à s’intégrer à la nouvelle dynamique que l’on tente d’implanter dans le secteur de la santé au Québec.D’autant que, selon le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSSQ), les 32 DSC répartis sur l’ensemble du territoire québécois n’étaient plus vraiment des outils appropriés pour relever le défi de la santé publique.¦< D’organisation de la santé publique se doit aujourd’hui d’être rajustée », indique-t-on dans le do- MAÎTRISE ET DIPLÔME EN DROIT DE LA SANTÉ MAINTENANT EN MONTEREGIE Le droit de la santé couvre l'ensemble des règles juridiques ayant trait à la santé physique, mentale et sociale de l'être humain.Il s'intéresse aux bénéficiaires ainsi qu'aux personnes qui ont à prodiguer des soins de santé Son importance se confirme chaque jour davantage en raison de l'évolution de la science et de la technologie.Il s'agit d'un domaine d'études encore peu exploité et en pleine expansion.LA MAITRISE (45 credits) Ce programme de type cours est offert à Longueuil, en Montérégie.Il vise à former des spécialistes qui connaissent à fond les aspects légaux, sociaux et administratifs de l'organisation et du fonctionnement du secteur de la santé.Le programme permet également a des personnes n'ayant pas de formation en droit de s'initier aux aspects juridiques du domaine de la santé LE DIPLÔME (30 crédits) Ce programme de deuxième cycle comporte les mêmes activités pédagogiques que la maîtrise de type cours à l'exception de l'essai.Conditions d'admission Diplôme et maîtrise : grade de 1er cycle en droit ou grade dans une discipline ou champ d etudes approprie avec expérience valable et pertinente dans le secteur de la santé et des services sociaux Régime des études Diplôme et maîtrise.a temps partiel uniquement.Demande d'admission La date limite pour le dépôt d une demande d'admission en vue d'une inscription au trimestre d'automne est le 1er mai.Renseignements Longueuil (514) 670-4090 Sherbrooke (819) 821-7518 Télécopieur (819) 821-7578 Le Directeur Programme de maîtrise en droit de la santé Faculté de droit Université de Sherbrooke Sherbrooke (Québec) J1K 2R1 UNIVERSITE DE SHERBROOKE UN PAYS DE CONNAISSANCE Veuillez me faire parvenir les documents suivants brochure •Maitnse en droit de la santé-en Monteregie lormule •Demande d admission» N0M_ ADRESSE.CODE POST TELEPHONE cument de la réforme tout en précisant que cette tâche sera maintenant dévolue à l’ensemble des intervenants de la santé et des services sociaux.« Chacune des régies régionales qui seront instituées devra constituer une direction régionale responsable de la santé publique », explique Simon Caron de la direction de la planification stratégique et de la coopération au MSSSQ.C’est ainsi que l’on tient à conserver les acquis obtenus par le biais d’une relative décentralisation des services de santé, entreprise dans les années 70.« Les DSC ont été un must au chapitre de la décentralisation mais il leur faut maintenant s’organiser en fonction d’une vision nationale de la santé, de Hull à Sept-îles.Autrement, on assisterait pratiquement à une balkanisation de notre système de santé.Qu’est-ce qui empêcherait alors chaque région de délivrer sa propre carte d’assurance-maladie ?», ironise-t-il.Jouxté à un centre hospitalier, chaque DSC faisait, depuis près de 20 ans, leur bonhomme de chemin.« Prévention et promotion de la santé » ; c’est en gros leur leitmotiv.De surcroît, les Départements de santé communautaire ont largement contribué à sensibiliser sa clientèle aux problèmes de santé environnementale et de santé au travail.« Kn ce sens, les DSC au- PHOTO JACQUES GRENIER Les DSC ont été un must au chapitre de la décentralisation mais il leur faut maintenant s’organiser en fonction d’une vision nationale de la santé, de Hull à Sept-îles.CLINIQUE DU NOUVEAU DÉPART INC.CENTRE DE TRAITEMENT EXTERNE POUR ALCOOLIQUES ET TOXICOMANES Après des années de recherche et d’expertises, tenant compte des exigences de la vie contemporaine, la Clinique du Nouveau Départ inc.a mis au point un programme bien rodé, de réadaptation en milieu externe, qui se veut souple et dynamique.Le programme externe de la Clinique du Nouveau Départ Inc.a été spécialement conçu en tenant compte des besoins des corporations qui désirent apporter une aide à leurs employés ayant des problèmes de surconsommation.PROGRAMME L'équipe professionnelle, composée d'intervenants en dirigée par le docteur Jean-Pierre Chiasson, lequel est professionnels tels que: psychiatre, neurologue, médecin acupuncteur, psychologue, uiulrugogiic.travailleurs sociaux, infirmières.De plus, la Clinique du Nouveau Départ Inc.est affiliée à la Clinique Médicale 1851.qui offre des soins en médecine générale et diverses instances et spécialités médicales.SERVICE D'URGENCE 24 HEURES PAR JOUR, lins de semaines incluses 1851 RL E SHERBROOKE EST.SUITE 1003, MONTRÉAL.QUÉBEC H2K 41.5 • (514) 521-9023 ; en toxicomanie, est I est entouré de enrlrc,lj iOÿt I 'd vi besoin de relaxer ?Si>n,C(lj ¦¦ ¦ : r| vTl / f 1 » h,.y information ’V+ ¦„ ->«- 284 4348 ¦¦‘"'si jy ront été ni plus ni moins des pionniers pour faire valoir l’importance d’une politique globale de santé et de bien-être au Québec », soutient Simon Caron.Le DSC devait notamment chapeauter, au niveau local, la lutte contre les maladies infectueuses, de la grippe jusqu'au SIDA, tout en encadrant des campagnes de vaccinations.Toutefois, le mandat de soins à domiciles et de cours prénatals qu’ils avaient reçu à l’origine, a progressivement été remis aux CLSC.« Certains DSC s’étalent même délestés de leur mission qui leur était assignée au profit d’un champ plus large d’action et cela sans coordination nationale de ces efforts, il manquait un leadership », note Simon Caron.La réforme du ministre Côté réserve ce travail touchant la santé environnementale et de santé au travail à des « centres d'expertise » dont le rôle n’a cependant pas encore été bien défini.De plus, les cinquante-sept millions $ qui sont approximativement réservés à la santé publique, chaque année, seront dorénavant dis-tribués selon de nouvelles règles qui prennent en compte le bassin de population de chacune des régions et quelques autres paramètres tels que le vieillissement de la population ou la pauvreté, qui peuvent être caractéristiques d’une région.Mieux repartis, les subsides de l’État pourraient, espère-t-on, mieux répondre aux objectifs de santé publique mis de l’avant par le ministre Côté.L'ENTRAI DE-JOUVENCE Services de Santé personnalisés (MAINTIEN A DOMICILE) Pour personnes âgées, personnes handicapées, post-hospitalisation, families ayant besoin de répit, etc Personnel infirmier, préposé(és) DISPONIBILITÉ 24h/Jour et 7 Jours/Semaine1 SERVICE DE QUALITE A COUT RAISONNABLE TEL Françoise Des Rosiers 355-5946 Dossier SANTÉ ET SERVICES SOCIAUX Le Devoir, vendredi 15 mars 1991 ¦ 9 Système des plaintes : insuffisance de recours pour les usagers Normand Grondin BLANC BONNET, bonne blanc ?Critiqué abondamment et sous toutes ses coutures depuis plusieurs années, le système de traitement des plaintes du réseau de santé devait faire l’objet d’un important remaniement dans le cadre de la réforme.Le Livre blanc évoque d’ailleurs à ce sujet les trois mots magiques — transparence, crédibilité, efficacité — qui devaient permettre de relancer une mécanique de recours qui souffrait d’à peu près tous les maux.Dont une méconnaissance de la part du public qui frisait le ridicule.Mais a la lecture du projet de loi 120, il semble qu’il faudra attendre encore un peu.Si on a bouché quelques trous important, on en a également creusé de nouveaux.Et laissé béant quelques vieux nids-de-poule dignes de mention.Jusqu’à maintenant, le système souffrait surtout de l’absence d’un recours de première ligne crédible.Une oreille attentive dans l’établissement même à qui l’usager s’adresserait pour faire valoir ses droits ou se plaindre de la qualité des services.Actuellement, seul dix-huit établissements sur les quelques neuf cents que compte le réseau ont créé un poste d’ombudsman ! De plus, même si on s’entend habituellement pour vanter la qualité de leur travail, les ombudsmen relèvent presque toujours du directeur général et, pour cette raison, ont souvent les mains liées dans les dossiers plus «délicats».Et comme le faisait remarquer récemment Daniel Jacoby, le Protecteur du citoyen, à la Commission des affaires sociales : « Un ombudsman d’hôpital qui n’a plus de marge de manoeuvre, qui n’est plus écouté, ça devient purement et simplement un agent de relations publiques ».En prévoyant obliger les établissements à nommer un cadre supérieur pour recevoir les plaintes et les traiter selon une procédure d’examen standard, le projet de loi 120 marque donc des points impor-tants aux yeux de la plupart des observateurs.Du moins, à quelques bémols près.Ainsi, les cadres responsables des plaintes relèveront directe-ment du directeur général.Avec les risques de conflits d’intérêts que cela peut entraîner.On s’interroge aussi sur les longs délais — un maximum de soixante jours — alloués aux établissements pour l’examen des plaintes.Imaginez un patient alité 24 h sur 24, victime de mauvais traitements, et qui doit ronger son frein pendant deux mois en attendant une réponse (possiblement négative) ! Le projet de loi précise également que seuls les usagers pourront déposer une plainte — et toujours par écrit s.v.p.— alors qu'on voit régulièrement des patients, par crainte des représailles, se taire plutôt que de dénoncer une situation difficile.En aval, il existe encore plusieurs points d’interrogation.Les services de plaintes des conseils régionaux de santé et de services sociaux (CRSSS), l’ancien recours de premiere ligne, sont abolis.Mais comme l’indiquait en 1990 un groupe de travail chargé par le ministère d’étudier la question des droits des usagers en santé mentale, ce service était « peu connu, considéré comme peu important et dénué de pouvoir significatif ».Sa disparition ne devrait donc pas causer trop de remous.En lieu et place, la réforme propose de confier aux régies régionales le soin de recevoir les plaintes des usagers insatisfaits de la réponse des établissements.Les régies seront-elles plus efficaces ?Dans son mémoire, le Protecteur du citoyen signale que les régies disposeront de plus de pouvoir au niveau de l’allocation des ressources et de l’organisation des services et que, de ce fait, « elles seront exposés à des conflits d’intérêts accrus ».Seul l’avenir le dira.Chose certaine, le pouvoir d’enquête qu'on leur a confié est passablement réduit.En principe, les régies devront se contenter de la version du plaignant et de celle de rétablissement pour motiver leurs décisions.Sans pouvoir questionner aucun autre témoin.Ce qui confère à la procédure un petit air de justice en circuit fermé.Disparu également la possibilité d'en appeler à la Commission des affaires sociales lorsqu’un établissement refusait de se plier à une décision du conseil régional.Même s’il était peu utilisé — on parle d’à peine une demi-douzaine de cas durant les dix dernières années ! — ce recours ultime avait, dit-on, quand même un effet dissuasif.Une sorte d’épée de Damoclès qui pendait au-dessus de la tête des récalcitrants.On suggère maintenant de laisser le dernier mot au ministre.Mais dans les faits, il existe un espace vacant que le Protecteur du citoyen aimerait bien combler, lui qui cherche depuis longtemps à mettre le pied dans le champ de mines de la santé et des services sociaux.En janvier dernier, la Commission des institutions a d’ailleurs reçu près de soixante-dix mémoires au sujet de l’extension de la juridiction du protecteur.Malgré quelques sérieuses divergences d’opinions, la grande majorité des organismes représentés se sont rangés, d'une façon ou d’une autre, derrière l’idée que le Protecteur devrait agir comme recours externe au réseau de la santé et des services sociaux.Quant au système de traitement des plàintes concernant les actes professionnels, il est demeuré identique.Ainsi, les doléances des usagers continueront d’être acheminées au conseil des médecins, dentistes et pharmaciens des établissements puis, si nécessaire, au co- mité de discipline de la corporation.Une seule différence : maintenant, on appliquera sensiblement la même procédure pour les plaintes visant les infirmiers et les infirmières.Pour le meilleur ou pour le pire ?Certains disent que c’est le maillon le plus faible de la chaîne.Et même le Livre blanc souligne que les usagers jugent les recours actuels dans ce domaine « peu crédible et inefficace » et qu’une seule personne sur cinq « pense que les corporations servent à protéger le public ».Si on ne change rien au projet de loi, les usagers du réseau de santé se trouveront donc encore dans la délicate position ou leurs plaintes seront entendues soit par ceux-là à qui ils reprochent une décision ou par les paris des professionnels présumément fautifs.Délicat.Sinon, il reste les tribunaux réguliers, une alternative coûteuse et souvent très frustrante pour toutes les parties impliquées.Bref, malgré certains efforts louables — notamment, un soutien accru aux comités de bénéficiaires et aux organismes communautaires — on a parfois l’impression de piétiner les mêmes plates-bandes.On reconnaît les droits des usagers, on responsabilise les établissements mais les recours disponibles semblent encore mitigés.Micheline Lynch, ex-ombudsman du centre hospitalier en santé mentale de Lanaudière, rapportait d’ailleurs devant la Commission des institutions une anecdote qui en dit long sur le sujet.Ainsi, un patient transféré récemment d’un autre centre lui rapportait qu’il ap- réciait de n’avoir maintenant plus payer pour sa pâte à dent et sa crème à barbe.Manifestement, personne ne lui avait indiqué que ces dépenses doivent normalement être défrayées par les établissements.Et non par le maigre chèque mensuel de prestations d’un bénéficiaire.Pire : en fouillant un peu, Mme Lynch s’est rapidement aperçu que plusieurs autres centres — et pas les plus petits — agissaient de même.Les droits des usagers ?Les principaux intéressés étaient au courant de la situation, mais, pour cause de compressions budgétaires (et de directives en révision depuis des lustres), on préférait maintenir le statu quo.« Bon nombre d’obstacles ne sont pas liés à l’insuffisance des droits (des usagers) mais, plus fondamentalement, à un manque d’information sur ces droits et les recours existants, à l’insuffisance des recours ou à la difficulté d’y avoir accès», soulignait le rapport du groupe de travail en santé mentale.« Le réseau de la santé travaille en Voir page 10 : Plaintes Auberge Pire ^ bu, V-7 Thalassothérapie v cure marine yoga Ouvert toute Tannée Informations et brochures 1-800-463-0890 Les bonnes vieilles vacances dans le Sud ont un charme indéniable.mais répondent-elles vraiment à vos besoins de repos et de relaxation?LA THALASSOTHÉRAPIE à PASPEBIAC C’est la relaxation en profondeur et la récupération d'énergie, dont vous avez besoin.dans un somptueux manoir 19é siècle sur 15 âcres de terrain aménagé au bord de la mer.où vous vous laisserez vivre.PLUS que des vacances là où la qualité et l'ambiance font la différence.Librairie- Archétype une librairie jungienne 1989, rue 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- A1, J, n n n .nt — » • un u.tut ut ou I.Mtnutnos iiiioi mvnani 01111 ¦ ra uuio 00 ni 0011 m tt o a BBvnonwii or la réception du premier numéro.L’abonné(e) le sera pour un an à compter du premier numéro reçu.» J 10 ¦ Le Devoir, vendredi 15 mars 1991 Dossier SANTÉ ET SERVICES SOCIAUX Des urgences plus accueillantes et plus efficaces?Le livre blanc a aussi soulevé le problème de la mauvaise utilisation par le citoyen des services d’urgences.î* U is ii SI * ; î1 « Il U Siltf MüJi W*»1 * * 1 iillll » « -, >!!ki Raymond Lemieux DES DIZAINES de patients campés dans le couloir de l’hôpital, un personnel soignant débordé, des ambulances refoulées vers d’autres hôpitaux; ces scènes, largement décrites dans les médias ces dernières années, se vivaient comme un cauchemar chez les malades tout comme chez les administrateurs.Indiscutablement, il fallait revoir de fond en comble l’organisation des services d'urgences dans les centres hospitaliers.Dès 87, l’hôpital Saint-Michel au nord de Montréal a mis en pratique des mesures qui ressemblent fort aux propositions contenues à ce chapitre dans la réforme du ministre de la Santé et des Services sociaux, Marc-Yvan Côté.Bonne nouvelle : ça fonctionne.« Il ne faut pas se raconter d’histoires; l’urgence c’est dérangeant parce que ce n’est absolument pas planifiable.Ça commande des prouesses et des performances de la part du personnel », dit Gérald Desaulniers, directeur des services professionnels et hospitaliers à l’hôpital Saint-Michel.« Seulement, il y a cinq ans, le problème nous semblait sans issue, se rappelle-t-il.On recevait cinq ambulances et nous étions plongés dans le chaos.Les corridors étaient souvent bondés.On manquait de personnel, de lits.Il a rapidement fallu regarder la réalité en face et tenter de transformer le système dans lequel on était empêtré.Mais, il fallait d’abord agir.» On tente alors des changements administratifs importants.En outre, on étale les heures de travail du personnel tout au long de la semaine, 24 heures par jour.« C’est indispensable, soutient Gérald Desaulniers.Si on met la priorité sur l’urgence, il faut continuellement avoir le personnel nécessaire à notre disposition et non seulement de neuf heures à quatre heures, du lundi au vendredi.Ensuite, on a institué une procédure d’attribution des lits qui donne la priorité aux patients nécessitant une hospitalisation d'urgence.» La période de transition a duré deux ans.Depuis avril 90, le système est particulièrement bien rodé et la vie dans les corridors de cet hôpital n’a plus rien de comparable.« On reçoit, en moyenne, 18 ambulances par jour.On a même eu des « pointes » à 26 ambulances sans jeter l’hôpital sens dessus-dessous», continue Gérald Desaulniers.Résultat : on y traite trois fois plus rapidement les patients admis à l’urgence que le centre hospitalier le plus proche.Un patient n’a pas a attendre plus de deux heures et demie avant de se voir attribuer un lit.Par contre, encore dans l'hôpital voisin, il faudra compter 27 heures.Un demi-milliard de dollars ont été investis dans les urgences depuis cinq ans.Fort bien.Cependant, comme l’a reconnu sans détour le ministre de la Santé et des Services sociaux dans son livre blanc, l’engorgement des urgences n’est pas essentiellement dû à un manque de ressources comme on aurait pu le croire.Tout au contraire : le réseau de la santé dispose de tous les outils, de toutes les compétences et de tous les médecins et infirmières nécessaires pour répondre aux urgences.Alors quoi ?La réforme note tour à tour les problèmes de fonctionnement interne, les liens entre les urgences et les autres départements de l’hôpital (qui laisseraient parfois à désirer), le manque de disponibilité de médecins spécialises, la gestion de l’utilisation des lits, l’absence d’une gestion régionale des lits et enfin, le manque de communication entre l’urgence et les ressources médicales externes telles que celles offertes par d’autres centres hospitaliers.C’est tout cela qu’elle entend corriger.Le livre blanc a aussi soulevé un autre problème : la mauvaise utilisation des services d'urgences.« Le citoyen a de la difficulté à s’y retrouver », lit-on dans le document de la réforme qui poursuit : « Il réussit à peine à pouvoir identifier la bonne ressource qui lui offre les services dont il a besoin ».Résultat : près de la moitié des Québécois ont recours à l’urgence comme si c’était un service de première ligne comparativement à 30 % pour l’ensemble des Canadiens et à 24 % pour les Ontariens.Un rapport présenté par un comité québécois qui avait à se pencher sur les « Systèmes de services d’urgences », avait pourtant déjà souligné ce problème.« Le rassemblement dans un même lieu, des cas d’urgence réelle, des cas d’urgence mineure, des cas de consultation externe et des cas de « fol-low-up» engendre un engorgement et un mode de fonctionnement inefficace et peu rationnel des services d’urgences de ces établissements ».Tant s’en faut, 17 ans plus tard, l’idée de consolider le réseau des CLSC est lancée pour répondre à ce besoin d'établissemenLs diLs « de première ligne ».C’est d’ailleurs un des éléments-clés de la réorganisation de l’urgence selon la réforme Côté.« Mais encore faut-il connaître ces ressources qui sont autour de nous », glisse Gérald Desaulniers.L’hôpital Saint-Michel a donc en- gagé un géographe dans le cadre d’un projet-pilote.Sur de multiples cartes, il a eu à identifier, dans le voisinage immédiat de l’hôpital, les pharmacies, les cliniques externes.Bref, tous les endroits où l’on peut effectuer des analyses de sang, où l’on peut faire des tests de grossesses, etc.Ainsi, l’hôpital peut le cas échéant réorienter certains clients vers des services de santé tout aussi compétents.Le ministre Côté fait aussi sien ce souci d’intégration des ressources régionales en matière de santé.« Enfin, au niveau provincial, on devra aussi tenter une intégration des services plus spécialisés comme ceux touchant la neurochirurgie et les soins aux grands brûlés », complète Gérald Desaulniers.De plus, le ministre Côté promet de réexaminer l’organisation des services préhospitaliers; de maintenir le Groupe tactique d’intervention qui visite une à une les salles d’urgences des hôpitaux, de diminuer de 1500 le nombre de lits occupés par les malades chroniques dans les centres hospitaliers de soins de courte durée et de renforcer le rôle du coordonnateur à l’urgence.Cependant, à la lumière de l’expérience faite depuis deux ans à Saint-Michel, Gérald Desaulniers a constaté qu’un problème demeurait entier : la rémunération des médecins.Selon lui, si la réforme Côté était appliquée comme prévue, à brève échéance, pratiquement aucun médecin ne voudra travailler dans les salles d’urgences; la rémunération accordée aux médecins pour les cas dits lourds lui paraît injuste.« Un médecin perçoit les mêmes honoraires s’il soigne en quelques minutes un patient pour une grippe que s’il soigne un patient admis a l'urgence pour un infractus nécessitant par la suite plusieurs heures d’observation.« Cela dit, nous en avons discuté avec le ministre qui s'est montré sensible à notre commentaire.» Des salles d’urgence plus accueillantes et plus efficaces ?L’objectif semble, somme toute, réaliste comme paraît l’avoir démontré l’expérience de l’hôpital Saint-Michel.+ Plaintes vase clos», constate Micheline Lynch, qui a six années d’expérience d’ombudsman derrière elle.Et ce qui lui faut, « c’est une bouf fée d’air frais et qu’on sorte enfin de l’isolationnisme dans lequel on est.» 1 sourire ksi sourire c est important C est pourquoi plus de 2000 hygiénistes dentaires s occupent activement de votre santé buccale Leur première préoccupation la prévention Voila pourquoi elles vous fixent régulièrement des rendez-vous afin de déceler et de remédier a tous les problèmes dès leur apparition Ainsi, elles sont en mesure d élaborer un plan de traitement préventif adapté à vos besoins Vous avez tout intérêt a rencontrer votre hygiéniste régulièrement et entre chaque rencontre a brosser vos dents et utiliser la soie dentaire quotidiennement Consultez votre hygiéniste, elle vous répondra avec le sourire beau sourire EËS s’apprend! (514) 733-3925 Le plus beau sourire que vous puissiez entendre vous conseille gratuitement #VI VI CORPORATION PROFESSIONNELLE DES HYGIÉNISTES DENTAIRES DU QUÉBEC La puissance naturelle des herbes • OMNI E • POUDRE DE BETTERAVE • IRIS » OSMOS INVERSÉ J-'i-itUt C.SLcno présidente 695-5841 £liIT£j • NOIX DU KOLA • AIR-POSE • CAFÉ PLUS • TISANES » ENTRE NOUS i * IViLe.1 distributeur 683-5964 Les Produits L.C.S.Elite Inc, 35, Margaret Ann Beaconsfield, QC H9W 5M7 (514) 695-1000 Corporation professionnelle des diététistes du Québec 1425.boulevard René-l.évesque Ouest, bureau 402 Montréal (Québec) H3G IT7 Téléphone (514) 393-3733 Télécopieur (514) 393-3582 Le Devoir, vendredi 15 mars 1991 ¦ 11 LA MÉTAMORPHOSE DSP DIRECTION de SANTÉ PUBLIQUE "»r VtV; .¦¦ La réforme de la santé et des services sociaux nous annonce un virage vers la prévention.La création de 16 Directions DSC DÉPARTEMENT de SANTÉ COMMUNAUTAIRE 16 BONNES RAISONS POUR AGIR ENSEMBLE DSC Abitbl-Témiscammgu* DSC Baia-Comaau DSC BaauoavlHa DSC Charte* LeMoyna DSC Chicoutimi DSC C.H.U.L DSC C.H.U.S.DSC Da Lanaudtera DSC Enfant-J4»ua de Santé Publique associées aux Régies régionales relève un défi important : MAXIMISER L’IMPACT DE LA PRÉVENTION AUPRÈS DES CITOYENS DSC Gaapé dscGrano-Portaga Connaître les besoins de santé des Québécois - Prévenir les DSC Haut-Richalteu dsc Hôpital génaraida Montréal problèmes de santé - Surveiller la santé dans son environnement - DSC Lakashora DSC Laval DSC Lévi» Promouvoir de saines habitudes de vie - Développer des outils DSC Maiaonnauva-Roaamofit DSC Mauricte DSC Montmagny DSC Outaouaia DSC Rlmouakl DSC Robarval DSC Sacri-Coaur DSC Sainta-Croi* DSC St-Hyaantha DSC St-Jérdma DSC Sta-Juatloa DSC St-Luc DSC Sta-Marte DSC St-Saaamant DSC Valteyfteld DSC Vardun d’intervention - Prévenir les problèmes psychosociaux - Signaler des situations dangereuses - Assurer une meilleure qualité de vie aux Québécois - Réduire les inégalités - Rentabiliser les coûts du système de santé - Protéger la santé publique - Contrôler les épidémies -Soutenir des projets régionaux - Intervenir sur des facteurs de risque -Supporter des initiatives de la communauté - Sensibiliser les citoyens.Renseignements : JL Réseau des Départements de santé communautaire du Québec , f—, Association des Hôpitaux du Québec Il II tél.:514 842-4861 12 Le Devoir, vendredi 15 mars 1991 Dossier SANTÉ ET SERVICES SOCIAUX Toxicomanie et alcoolisme: une réforme sans grand impact Pierrette Gagné LA RÉFORME proposée par le ministre Côté ne provoquera pas de grands bouleversements dans les services offerts aux personnes toxicomanes et alcooliques.Au mieux, elle apporte quelques corrections à une problématique sociale déjà fort compliquée.De plus en plus de cas lourds, notamment des polytoxicomanes, viennent grossir les rangs de la clientèle des centres de réadaptation.Le nombre croissant de jeunes et de femmes affectés par des problèmes d’alcool et de drogues a lui aussi progressé aux cours des dernières années.Selon le,directeur général de l'Association des centres d’accueil du Québec (ACAQ), Michel Clair, tant le Livre blanc que le projet de loi 120 sur la réforme des services de santé apportent peu de nouvelles réponses au phénomène grandissant des polytoxicomanies : « La réforme ne viendra pas régler les problèmes.Elle contient des éléments positifs mais, dans l’ensemble, elle ne constitue pas un projet tant politique que social de lutte contre l’abus’d'aleool et de drogues.» Même son de cloche de la part de Peter Vamos, directeur général de Portage.Ce dernier ne cache d’ailleurs pas sa grande déception devant le peu d’efforts consentis au chapitre de la toxicomanie en particulier.« Encore une fois, déplore-t-il, nos élus politiques se renvoient la balle.C’est comme si nos politiciens étaient mal à l’aise de s’attaquer de front à ce problème parce qu’il n’est pas rentable électora-lement.Pendant ce temps, nous souffrons d’un manque de coordination complet entre les divers programmes et mesures adoptés par les différentes instances gouvernementales ».« D’autre part, ajoute Michel Clair, il va falloir tenir compte de l’alourdissement des problèmes de la clientèle».De récentes données, obtenues auprès des 14 établissements membres du réseau des centres pour toxicomanes et alcooliques, font état d’un rajeunissement de la clientèle, en plus de l’accroissement des problèmes de polytoxicomanies.La consommation simultanée de médicaments et d’alcool touche principalement les femmes et les personnes âgées.Et, même si les hommes comptent pour 60 % de la clientèle des centres de réadaptation, de plus en plus de femmes se présentent pour recevoir des services.Pour leurs parts, les moins de 18 ans constituent 69 % de la clientèle recevant des services dans les centres de réadaptation.Pourtant, il existe très peu de programmes de réadaptation pour toxicomanes qui s’adressent spécifiquement à eux : « Ils sont intégrés aux programmes pour adultes.Cependant, plusieurs projets visent à développer le secteur jeunesse dans les centres », explique Mme Jocelyne Forget, conseillère en service de réadaptation à l’ACAQ.Malgré la proposition du Livre blanc de gonfler l'enveloppe budgétaire de 10 millions $ la première année et de 8 millions $ l'année suivante, tant Michel Clair que Peter Vamos s’attendaient à beaucoup plus.« Quand on songe que 90 % des crimes commis dans la rue sont dûs à la drogue, c’est très préoccupant de voir se perpétuer des mesures aussi timides.Il y a un manque flagrant de leadership dans ce dossier, insiste le directeur général de Portage, alors que les coûts sociaux de ce fléau sont de l'ordre de 10 milliards $ ! » Pour Michel Clair, l’écart entre l’ampleur des problèmes de toxicomanie et l’investissement actuel ne s’est réduit que de très peu.« En santé mentale, dit-il, le gouvernement octroie un budget de 400 mil- PHOTO JACQUES NADEAU Le nombre croissant de jeunes et de femmes affectés par des problèmes d’alcool et de drogues a progressé aux cours des dernières années.lions $.En terme de prévalence au sein de la population, ce secteur se compare à celui des toxicomanies.LES DEUX PLUS GRANDS CENTRES DE THALASSOTHÉRAPIE AQUA MU et AQUA DIVE Té! à Carleton en Gaspésie 1 -800-463-0867 1-418-364-7055 au Manoir Richelieu à Pointe-au-Pic: Tel 1-800-463-2613 1-418-665-7533 vous présentent les DELAIS de la MED Horizon Le Centre de Balnéothérapie Janine Lemelin Centre d’Esthétique Santé-Beauté Inc.Aqua Cité Inc.Esthétique Inc.du Saguenay 7430, rue St-Denis 666, rue Sherbrooke O.2868, rue Montreuil 52, rue Racine O.Montréal Suite 1601, Montréal Ste-Foy Chicoutimi (514) 272-4903 (514) 845-8455 (418) 653-7665 (418) 543-2486 IJn nouveau réseau de centres en balnéo-esthétique où l’on conjugue qualité, professionnalisme, authenticité et désir de toujours mieux vous satisfaire.Déjoue/ le stress et la fatigue en revenant aux sources de l’énergie.Goûtez vous-même le bonheur d’une cure marine en vous offrant une gamme de soins 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année.La liste d’attente s’étend même sur plusieurs semaines.À Portage où l’on traite en priorité les cas lourds, la situation est tout aussi alarmante.« D'autant plus alarmante, précise Peter Vamos, quand on sait que 90 % des problèmes de drogue sont causés par 10 % de toxicomanes durs et qu’on peut en traiter si peu en institutions ».Quant à la prison, ce n’est Voir page 13 : Toxicomanie 15 JOURS AU PAVILLON IVRY ET NOUS VOUS RENDRONS LA JOIE DE VIVRE 350^ par semaine Pavillon Ivry-sur-le-laç] (POUR HOMMES SEULEMENT) Demandez notre brochure Écrivez à C.P.340 Ivry-sur-le-Lac, Qué.JSC 3C6 (819) 326-3520 Dossier SANTÉ ET SERVICES SOCIAUX Le Devoir, vendredi 15 mars 1991 ¦ 13 + Toxicomanie sûrement pas une solution.Il est en effet prouvé qu’on retrouve plus de drogues en milieu carcéral que sur la rue ! Par ailleurs, la réforme prévue tente de mettre un peu d’ordre dans la kyrielle de services privés proposés aux toxicomanes et alcooliques.« Le Livre blanc est ferme sur cette question, souligne M.Clair.Les établissements privés seront soumis à des normes minimales de qualité.Cependant, le projet de loi demeure nettement insuffisant malgré le fait qu’il prévoit assurer une accréditation ».De son coté, le directeur général de Portage, tout en espérant fortement que ces normes seront vraiment appliquées, souligne qu’il faudrait « que l’État puisse exercer un véritable contrôle sur la qualité des services professionnels prodigués dans les maisons de thérapie.Il faut nettement renforcer ces dispositions.» Sur plusieurs points, on peut reconnaître une forte adéquation entre les conclusions du rapport Bertrand et le contenu du Livre blanc.Aussi, la création d’un comité permanent de lutte contre les toxicomanies qui jouera un rôle aviseur auprès du ministre est généralement bien accueillie.Même si pour Peter Vamos, ce comité de bénévoles ne va pas assez loin.« Ce qu’il faudrait, explique-t-il, c’est que cet important dossier soit placé sous la responsabilité d’un organisme gouvernemental bien identifié et faisant le lien entre les différents ministères concernés tant au plan provincial, municipal que fédéral.Un organisme qui aurait un véritable pouvoir décisionnel.» Mais, si le rapport Bertrand a beaucoup influencé le contenu de la réforme proposée, Michel Clair croit qu’il a aussi fait abstraction d'importantes données .« Le constat majeur qui indique une forte augmentation des cas lourds, des polytoxicomanes n’a pas été l’objet de mesures spéciales.Ces personnes-là iront grossir les rangs des abonnés de Dernier Recours parce que nous n’avons pas assez d’argent pour les réadapter.Nous avons un choix social à faire, ou on investit ou on les laisse tomber.La société québécoise accepte-t-elle d’abandonner cette clientèle ?C’est la question qu’il faut se poser puisque la réforme n’y touche que bien timidement.» Aux problèmes de consommation abusive d’alcool et de drogues se conjuguent des troubles de santé mentale, d’instabilité familiale et sociale, de conflits, de criminalisation ainsi que des problèmes de santé reliés aux maladies infectieuses.Pour l’ACAQ, le Livre blanc n’a fait qu’effleurer un phénomène complexe qui demeure un enjeu majeur pour la société québécoise .réforme ou pas.« Il nous faut donc nous rendre à l’évidence, la drogue est un problème social qui exige une réponse et une mobilisation de toutes les ressources de la communauté afin d’élaborer des solutions efficaces et durables aux problèmes coûteux à tous points de vue qu’entraîne l’u-Voir page 25 : Toxicomanie L'INNOVATION TECHNOLOGIQUE : GESTION FINANCIÈRE ET STRATÉGIQUE POUR CADRES SUPÉRIEURS ET PROFESSIONNELS DE LA SANTÉ O Animateurs : Khiem Dao.directeur Ressources financières et matérielles Hôpital Sainte-Justine Jean-Louis Denis, professeur adjoint Département d administration de la santé REPRISE O MONTREAL : 16 et 17 mai 1991 (X LES DIMENSIONS JURIDIQUES DU TRAITEMENT PSYCHIATRIQUE POUR CADRES SUPÉRIEURS ET PROFESSIONNELS DE LA SANTÉ Animateur : Me Jean-Pierre Ménard, Ménard.Martin avocats Information : Lise Lamothe.Inscription : Monique Janelle (514) 343-7937 MONTREAL : 27 et 28 mai 1991 Département d'administration de la santé Faculté de médecine Université de Montréal REPRISE les infirmières le savent depuis longtemps, la santé c’est autre chose que l’absence de maladie.La FIIQ réclame donc des gouvernements des mesures énergiques qui favoriseront: le plein emploi, l'accès à l'éducation pour tous, la formation professionnelle des adultes, la protection de l'environnement.Dès maintenant, des gestes concrets doivent être posés car la santé d’une société reflète toujours celle de ses membres.FEDERATION DES INFIRMIERES ET INFIRMIERS DU QUEBEC 14 ¦ Le Devoir, vendredi 15 mars 1991 PUBLI-SPÉCIAL PUBLI-SPÉCIAL Le Devoir, vendredi 15 mars 1991 M 15 Les centres d’accueil: piliers de la réforme des services sociaux ?Michel Clair, directeur général de l'Association des centres d'accueil.Dans l’ensemble du Québec, près de 400 centres d’accueil et de réadaptation dispensent des services sociaux de deuxième ligne à près de 100 000 personnes.Les services des centres d’accueil s’adressent aux personnes âgées en perte d'autonomie, aux personnes ayant une déficience intellectuelle ou physique, aux jeunes et aux mères en difficulté d’adaptation, aux personnes alcooliques et toxicomanes, qui sont toutes parmi les plus démunies de la société.Depuis la mise en place du réseau socio-sanitaire, les établissements développent et offrent à la population des services de qualité.La présente réforme leur donne la possibilité d’améliorer ces services et de faire des centres d’accueil «les vrais piliers de cette réforme des services sociaux», d'affirmer Michel Clair, directeur général de 1 ' Association des centres d’ accueil du Québec.Cette réforme actualise des propositions mises de l'avant depuis plusieurs années par les centres d’accueil, sur l'organisation et la prestation des services, sur le partage des responsabilités et sur la complémentarité.Elle propose des orientations nouvelles qui, notamment, privilégient la recherche de solutions sociales aux problèmes de la population.Les centres d'accueil ne ménageront pas leurs efforts pour faire valoir une telle approche.Les objectifs proposés pour mieux servir la population, visent à éviter les chevauchements en clarifiant la mission et les rôles de chaque type d’établissement.A cet égard, le projet de loi doit encore être clarifié et précisé.La décentralisation annoncée doit être réalisée et poussée au bout de la logique qui veut mettre le citoyen décideur au coeur des décisions; elle doit rejoindre les Déficients intellectuels: un défi Une des clientèles les plus méconnues est celle des personnes qui présentent une déficience intellectuelle.Les 65 centres spécialisés donnent des services à plus de 8 000 personnes présentant une déficience intellectuelle.Les services vont de l'intervention auprès de parents qui attendent un enfant déficient à l'intégration sociale de personnes qui ont été institutionna-lisées pendant de nombreuses années.Les centres ont développé des programmes qui s'adaptent aux différents stades de la vie de la personne déficiente intellectuelle, qui lasoutiennent, elle et son entourage.«En 1988, le document d’orientation ministérielle «L’intégration des personnes présentant une défi- cience intellectuelle: un impératif humain et social» venait confirmer le bien-fondé d’une démarche entreprise plusieurs années auparavant et que nous poursuivons toujours.Il s'agit d'intégrer socialement ces personnes dans le milieu du travail, le milieu scolaire, les garderies et les services communautaires» de nous expliquer Jean-Pierre Aumont, président de la Commission des centres de réadaptation pour personnes présentant une déficience intellectuelle.«La réforme est silencieuse sur cette orientation fondamentale qu’il faudra néanmoins maintenir.Sur le plan des structures, elle propose de constituer une corporation par territoire de régie régionale qui aura l’entière responsabilité des services aux personnes ayant une déficience intellectuelle.En perspective, nous connaîtrons donc des bouleversements structurels importants qui modifieront considérablement la configuration et le partage des rôles et mandats.» de renchérir le président de la Commission.11 faudrait éviter de se retrouver avec des centres dont la taille ne permettra plus de rejoindre ces personnes qui ont un besoin particulier de services personnalisés.Il ajoute qu’il ne faudra pas «perdre de vue la personne déficiente dans cette vaste opération.Il faudra s’assurer que ces modifications de structures vont respecter les normes de pratique reconnus auprès de ce type de clientèles.Priorité aux jeunes L’élément le plus positif de la réforme pour les 46 centres de réadaptation pour jeunes en difficulté d'adaptation du Québec est la désignation delajeunessecommeclien-tèle prioritaire au même titre que les personnesâgées.«Maintenant,nous attendons lesactionsconcrètesde la part du gouvernement» de dire Gaston Robert, président de la Commission de cette catégorie de centres de réadaptation.«Nous avons plusieurs attentes faceàcetteréforme.Elle doit rendre possible une meilleure concertation entre les différents organismes qui s’occupent des jeunes afin d’assurer la continuité de services.Les centres interviennent auprès de 8 000 jeunes qui présentent des difficultés majeures et auprès de leur famille.Les centres agissent aussi d’une façon concertée avec les CLSC, les écoles, les parents et les organismes communautaires » Les centres pour jeunes en difficulté d’adaptation vont subir des transformations de structures importantes.Leusconseilsd’adminis-tration seront regroupés au niveau régional avec ceux des centres pour mères en difficulté d'adaptation et ceux des nouveaux centres de protection de l'enfance et la jeunesse.«Nousnesommespascontreces changementsstructurels, d’affirmer le président de laCommission, mais ils devront se faire dans le respect des personnes et éviter l’impro visa-tion.Uneattentionparticulièrepour Montréal est de mise.La réalité multiculturelle et la taille des établissements en cause justifient des aménagements importants au projet de loi.» «Il y aurait lieu, me semble-t-il, que les centres gèrent l’ensemble des ressources de prise en charge que sont les familles d'accueil de réadaptation, afin de faciliter un passage plus rapide et plus économique vers les ressources intermédiaires légères» de nous expliquer Gaston Robert.Egalement, il est important,d’aprèsnous.de garantir la neutralité du directeur de la protection de la jeunesse» Les jeunes en difficulté nous sont dirigés par le biais de la loi de la protection de la jeunesse, la loi fédérale des jeunes contrevenants, la loi actuelle de la santé et des services sociaux ou la loi sur les poursuites sommaires.Le centre de réadaptation donne ses services en complémentarité avec les Centres de services sociaux, le Directeur de la protection de la jeunesse, le Tribunal de la jeunesse, les CLSC, les Commissions scolaires et les organismes communautaires.«Il faut, de conclure Gaston Robert, harmoniser nos interventions de protection et de réadaptation avec le directeur de la protection de la jeunesse et avec les intervenants de première ligne pour que le jeune reçoive le bon service au bon moment et qu’on lui garantisse une continuité de services.membres du conseil d’administration d’un établissement et non pas s’arrêter au niveau des régies régionales.Dans un contexte de rareté de ressources, la performance et l’accroissement de la productivité deviennent des instruments clés pour accroître la qualité et la quantité des services.La loi doit inscrire les concepts d’économie d’efficience et d’efficacité comme critères à la prise de décisions à tous les ni-veauux.Les milliers de personnes qui dirigent ou travaillent dans les centres d’accueil savent qu'ils ont contribué à créer un réseau de qualité.Elles sont conscientes que la réforme Côté les interpelle avec vigueur.Elles savent aussi qu'une loi n'est rien sans les hommes et les femmes qui devront la réaliser.Le ministre de la santé et des services sociaux fonde sa réforme sur le citoyen.Pour en assurer la pleine réussite, il doit s'appuyer sur ceux et celles, parmi les citoyens, qui ont réalisé ce qui existe: administrateurs, cadres et employés.Les centres d'accueil ont fait des suggestions dans le sens de cette nécessaire continuité.«Voilà, dit Michel Clair, directeur général de l’Association des centres d’accueil, qui regroupe les centres d'accueil publics, quelques idées que doit privilégier le législateur pour réaliser les orientations annoncées.Pourleurpart, ajoute-t-il, les centres d’accueil s’inscrivent au coeur du changement.Ils savent qu’ils seront parmi ceux qui leréaliseront.» -T|» - Les 230 centres offrent des services complets à 50 000personnes âgées.! | JJJ|1UH|J| — ÆsÊmÆ& SlY ¦ .Vyl IJy Le centre d’hébergement, un véritable milieu de vie Le centre d’hébergement s’adresse avant tout aux personnes âgées atteintes de déficits physiques, cognitifs, psychologiques ou sociaux.Les 230 établissements, répartis sur l’ensemble du territoire québécois, offrent des services à l’interne et en centre de jour à près de 50 000 personnes.La philosophie des services s'inspire davantage d’une approche sociale que médicale; le centre d’hébergement est un milieu de vie où la vieillesse est considérée comme une étape de la vie humaine.Depuis 15ans,rappelleM.Jean-Y ves Poisson, président de la Commission des centres d’accueil d'hébergement, «les centres d’accueil ont continuellement adapté leurs servicesàl’évolutiond'uneclientè-le,dont l’état physique et psychologique se détériore avec l’âge.Ils sont habitués à maîtriser le changement.«Celui que leur propose la réforme Côté, s’inscrit dans le sens du chemin déjà parcouru, donne suite à des propositions avancées depuis plusieurs années et permettra aux centres d’accueil de faire face au vieillissement de lapopulationd’ici l’an 2000.» La mission du centre d’héberge-mentregroupedansunemêmecaté-gorie les anciens centres d’accueil d’hébergement et les centres hospitaliers de soins de longues durée.Cette nouvelle catégorie assumera la responsabilité de tous les milieux de vie substituts pour la personne âgée qui ne peut plus demeurer à domicile, les pavillons, les familles d’accueil et les centres de jour.Elle fixe aux établissements qui en font partie, le mandat de maintenir et de préserver la qualité de vie physique et sociale des personnes qui leur sont confiées.En regroupant les conseils d’administration descentresd’héberge-ment par territoire de MRC, la réforme favorise la concentration des énergies de tous les établissements et organismes préoccupés du sort des aînés et favorise le développement d'un véritable tandem CLSC-centre d'hébergement pouvant assurer la continuité et l’intégration des services aux usagers.Elle permet aussi la rationalisation des ressources, leur utilisation optimale et ce faisant, l’élargissement des services.«Des attentes, nous en avons bien sûr» affirme le président.Il faut notamment que le ministre maintienne fermement sa volonté de regrouper, sur la base d’un territoire donné et sous un seul conseil d’administration .préoccupédecette seule clientèle, tous les centres mandatés pour offrir des services aux personnes âgées, y compris ceux administrés par les centres hospitaliers de courte durée.L’objectif recherché appelle cette cohérence dans l’implantation de la réforme.La rationalisation résultant des regroupements permettra certesdes économies et la réallocation de ressources, mais il faudra quand même quel’État accepte d’ajusterles budgets à la réalité de l’alourdissement des personnes qui vivent dans nos établissements.«La réforme Côté ouvre la voieà une grande étape de changement, la deuxième à laquelle nous sommes confrontés en moins de 20 ans.Nous avons su gérer la première, nous réaliserons la seconde avec succès,» assure M.Poisson.Des services spécialisés sont offerts aux jeunes déficients intellectuels.Déficience physique: un réseau innovateur 11 y a une vingtaine d’établissements de réadaptation qui offrent des services d’adaptation et de réadaptation aux personnes qui ont des déficiences physiques au Québec.Ils développent l’autonomie fonctionnelle et sociale de ces personnes qui ont des déficiences motrices, visuelles ou auditives,.pour qu’elles puissent vivredansleurmilieude vie naturel.Jean-Pierre Blais, président de la Commission des centres de réadaptation pour personnes ayant une déficience physique nous parle des centres qui ont développé des services pour les accidentés de la route présentant des traumatismes cérébro-crâniens, des services d’aides techniques pour les personnes qui ont besoin d’orthèses ou de prothèses et des services d’ergothérapie et de physiothérapie aux accidentés du travail.» «Nous développons des projets spéciaux pour les maux de dos et l’évaluation des capacités résiduelles de travail, en collaboration avec nos partenaires privilégiés, la Régie de l’assurance-maladie, la Commission de la santé et sécurité du travail et la Société d’assurance-automobiledu Québec.» Jean-PierreBlais affirme «les centres ont sursauté quand le ministre a annoncé l’imposition d’un impôt-services sur les orthèses-pro-thèses, qui constitue, selon nous, unetaxesurlesdéficiencesquirisque de pénaliser particulièrement lespa-rentsquiontdesenfantshandicapés.Leministresesentmal-à-l’aiseavec cet élément du projet de loi, semble-t-il.Quant à nous, nous en demandons le retrait pur et simple.11 est d'avis que la réforme devra éviter les chevauchements en définissant plus clairement le rôle des différentes catégories d’établ is-sements, d’une part ceux qui peuvent offrir certaines activités de réa-daptationphysiqued’autrepart ceux dont la mission première est de donner des services de réadaptation physique.Le centre d’accueil considère la vieillesse comme une étape de la vie humaine et non comme une maladie.Toxicomanie-alcoolisme Bon an mal an, 13 000 personnes reçoivent des services des quatorze centres de réadaptation pour alcooliques et toxicomanes au Québec.La demande est forte et ne cesse de croître.«La cl ientèle se fait plus jeune et présente des comportements plus complexes,» de nous expliquer Pierre Lamarche, directeur du centre Doinrémy-Montréal et président de la Commission des centres de réadaptation pour personnes alcooliqueset toxicomanes.On parle dans leur cas de double problématique, santé mentale-toxicomanie, délinquance-toxicomanie ou de polytoxicomanie.Le scénario est souvent le même de nous raconter Pierre Lamarche.«Les personnes qui viennent nous voir, le font directement.Elles ont plein de problèmes et un bon jour, voilà qu’elles n’en peuvent plus et veulent s’en sortir.» «A cet égard, le projet de loi 120 leurcréeunedifficultémajeure.En effet, la loi prévoit que cette personne devra dorénavant être référée avant d'être accuei 11 ie par nos centres.Je pense qu’on leur complique la vie.Déjà 95% des gens qui viennent à nos centres, y viennent directement.Il faut que cela demeure.» Les principaux programmes offerts par les centres sont: l’accueil, l’évaluation, la stabilisation ou le sevrage, des activités de développement personnel et d’intégration sociale, des services aux membres de la famille du toxicomane ou de l'alcoolique et des services à la communauté.Pierre Lamarche nous fait observer que «la réforme ne parle que de toxicomanie et demeure silencieuse sur l’alcoolisme et l'usage des médicaments.Pourtant, ce sont des problèmes qui sont loin d’être réglés.Nous espérons toujours que le gouvernement va mettre en place les différentes mesures proposées par le comité Bertrand et auxquelles nous adhérons dans leur ensemble.» Aide aux mères en difficulté «Les mères qui reçoivent des services de nos quatre centres pour mères en difficulté d’adaptation ont des caractéristiques semblables.Ellessontpauvresetn’ontpas les habilités parentales requises pour mener à terme une grossesse et éduquer un jeune enfant.Le travail des centres consiste à les accompagner, à leur offrir des ressourcesappropriéesetàlesaider àprendresoindeleurjeuneenfant » Louisette Breton, présidente de la Commission des centres de réadaptation pour mères en difficulté d’adaptation précise qu’il s’agit «essentiellement d’un travail de prévention.Car si l’aide ne vient pas à ces mères à ce moment important de leur vie, leur enfant aboutira dans le réseau de la protection de la jeunesse quelques années plus tard » Le projet de loi regroupe sur un même conseil d’administration régional les centres pour jeunes mères, les centres pour jeunes en difficulté et les nouveaux centres de protection de l’enfance et de la jeunesse.Ce regroupement a des avantages mais il faudra toutefois veilleràcequelesmèresendifficul-té reçoivent leur juste part d'attention.Le projet de loi spécifie que les centres doivent recevoir des jeunes mères en difficulté d’adaptation.«Cette spécification inquiète parce que la clientèle actuelle est composée aussi de mères adultes et des jeunes enfants.Il ne faut pas restreindre la clientèle à la seule catégorie des jeunes mères.» «La reconnaissance de ce type de centre de réadaptation dans le projet de loi laisse supposer qu’on devra développer des services pour les mères en difficulté dans toutes les régions du Québec alors qu’on les retrouve uniquement dans quatre régions actuellement Pourtant desmèresendifficulté, on en trouve partout.A cet égard, la réforme, est un gain important» de conclure Louisette Breton. 16 ¦ Le Devoir, vendredi 15 mars 1991 : « * UAND ON A LE MEILLEUR SYSTÈME AU MONDE, POURQUOI LE CHANGER?Le système de santé et de services sociaux du Québec a fait ses preuves.II fait partie de notre patrimoine collectif.Gardons intactes ses principales qualités: •l'universalité •l'accessibilité •la gratuité.Le choix de société que nous avons fait il y a 30 ans est toujours valable pour les années 90.Si des améliorations sont nécessaires aujourd'hui, au plan de l'organisation et de l'utilisation des ressources, le système, pour l'essentiel, vaut d'être conservé tel qu'il est.Le projet de réforme du ministre de la Santé et des Services sociaux nous fait faire quelques pas dans la bonne direction, par: •l'importance accordée aux CLSC •une meilleure répartition des médecins en région .mais il renforce les tendances au désengagement de l'État et à la privatisation du système, à preuve: •le ticket orienteur et l'impôt-service •la promotion de cliniques et de centres d'accueil privés .et il passe à côté de questions majeures, comme: •la prévention •le contrôle de la qualité des soins.Améliorons notre système public de santé et de services sociaux, mais sans rien sacrifier de ce qui lui donne toute sa valeur.La Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), et tout PARTICULIEREMENT SES SYNDICATS AFFILIÉS PRÉSENTS DANS LE SECTEUR DE LA SANTÉ ET DES SERVICES SOCIAUX - LE SYNDICAT CANADIEN DE LA FONCTION PUBLIQUE (SCFP) ET l’Union des employés(ées) de service (UES) local 298 - ont toujours été au coeur DE TOUTES LES LUTTES POUR DOTER LE QUÉBEC DE SERVICES SOCIAUX ET DE RÉGIMES PUBLICS D'ASSURANCE-HOSPITALISATION ET D'ASSURANCE-MALADIE.Ils feront tout en leur pouvoir pour maintenir et améliorer cet instrument PAR EXCELLENCE DE JUSTICE SOCIALE QU'EST LE RÉSEAU PUBLIC DE SANTÉ ET DE SERVICES sociaux du Québec.uAîts^'01 SCFP Syndicat canadien de la fonction publique ?des travailleurs et travailleuses du Québec FTQ 0 Fédération Dossier SANTÉ ET SERVICES SOCIAUX Le Devoir, vendredi 15 mars 1991 ¦ 17 La santé des aînés, un pas dans la bonne direction Normand Grondin SI LE QUÉBEC voulait rejoindre la Suède au premier rang des pays qui répondent le mieux aux besoins des personnes âgées à domicile, dit le Livre Blanc, il lui faudrait injecter, immédiatement, près de 900 millions $.C’est à ce prix seulement qu’il parviendrait à offrir à 20 % de la clientèle des 65 ans et plus l'équivalent de 5,5 heures de services par semaine.En comparaison, les CLSC rejoignent actuellement 17 % de cette clientèle à raison d’à peine 1,6 heure par semaine.Le problème du maintien à domicile, une des principales pièces du puzzle de la santé des aînés, est donc loin d’être théorique.Le ministère de la Santé et des Services sociaux l’a d’ailleurs reconnu, lui qui prévoit y investir 200 millions $ d’ici les cinq prochaines années.Une ponction que les CLSC — qui mèneront dorénavant le bal dans ce dossier — qualifient de « minimum ».Tout en applaudissant l’initiative.Vaut mieux tard que jamais .En fait, les lacunes sont importantes dans la plupart des secteurs de la santé concernant les personnes âgées.On parle d'un déficit du nombre de places en centre d’accueil et en centre hospitalier qui pourrait atteindre 30 000 lits en 2001, de 2000 auxiliaires familiaux pour l’ensemble de la province (on en compte 40 000 en Norvège, un pays de 4,23 millions d’habitants ! ) et d’un réseau qui consacre aussi peu que 1,5% de son budget au maintien à domicile (contre les 3 % de l’Ontario).Maurice Payette, président de la Fédération des CLSC, admet cependant que la réforme, qui énonce clairement l’intention d’un virage vers le maintien à domicile, semble se diriger dans la bonne voie.Même s’il faut attendre de voir comment on partagera les nouveaux budgets.Quant aux CLSC, ils auraient, selon lui, l’expertise nécessaire pour réaliser les objectifs de la réforme.« Mais si on veut aller jusqu’au bout de la logique, il va aussi falloir (lue nos services débordent le mandat étroit des soins de santé.Actuellement, le ministère mise beaucoup sur le bénévolat et le travail fait par les organismes communautaires.Mais c’est un système souvent fragile et aléatoire.C’est certain que si, par exemple, on engage plus d’auxiliaires familiaux, la note va être plus élevée.Seulement, il faut comprendre que le maintien à domicile n'est pas qu’une dépense, mais aussi un investissement à long terme.» La Coalition des aînés du Québec, qui regroupe dix-sept organismes francophones et anglophones de retraités, accueille également avec satisfaction le projet de loi 120.Un projet qui donne, entre autres choses, une plus grande liberté de manoeuvre aux groupes communautaires.« L’approche des problèmes médicaux et sociaux par les CLSC est beaucoup plus complète que celle d’une urgence d’hôpital, fait remarquer Roland Marquette, porte-parole de la Coalition.On est aussi en accord avec la régionalisation qui devrait régler les problèmes de chevauchement de juridiction et de compétition entre les établissements.» La Coalition croit cependant qu'on a encore trop affaire à une « vision médico-hospitalière » de la santé.« Ce qui nous intéresse, c’est la conservation de la santé, la prévention et le maintien à domicile, fait remarquer Roland Marquette.Pas l’enfermement à domicile ! » Pour sa part, l’Association des centres d’accueil du Québec (ACAQ) se dit globalement en faveur des orientations générales de la réforme et appuie la réorganisation du réseau — les régies régionales regrouperont maintenant sous un même toit une brochette d’établissements et de services autrefois dispersés et sans véritable liens entre eux.Selon Michel Clair, directeur général de l’ACAQ, le système dans son entier s’en trouvera plus efficace et cohérent, notamment parce qu’on aura une meilleure perspective des besoins locaux.« Les personnes âgées ne se retrouveront plus en face d’un réseau morcelé.Il y aura une porte d’entrée pour le maintien à domicile et une autre pour le reste des services, de la famille d’accueil à la mort.» L’ACAQ croit également que la novuelle formule permettra de rehausser la qualité et éventuellement la quantité des services d’accueil et d’hébergement.« On s'en va vers une sorte de tandem CLSC et centre d’hébergement, estime Michel Clair.Et ce sont les gens âgés qui vont en sortir gagnants.» Reste un (gros) point d’interrogation : le ticket orienteur et l’impôt service.À ce sujet, la Coalition des aînés a déjà levé bien haut les boucliers, prétendant que c’est là une atteinte sérieuse aux principes de gratuité et d’universalité du système de santé.On qualifie d’ailleurs la pre- mière mesure de « simpliste » et la seconde « d’impôt sur la maladie ».« C’est à n’y rien comprendre, affirme Roland Marquette : d’un côté, la réforme dit que le paiement collectif est plus juste que le paiement individuel, de l’autre, le ministre parle d'imposer les usagers à cause des difficultés financières du gouvernement ! » La Fédération des CLSC, si elle condamne l’idée d’imposer les contribuables pour les services de santé, n’est pas en désaccord, au contraire avec le principe de l’orientation de la consommation.« Le système fonctionne à l’envers, constate Maurice Payette : on distribue des pizzas en Cadillac au lieu de le faire en bicyclette ! Mais l'idée d’un ticket orienteur ne représente peut-être pas la solution adéquate.Et, à la longue, on craint même que cette solution ne devienne le problème ».Mais ce n’est qu’avec l’annonce prochaine des politiques sur la santé et le bien-etre et sur le vieillissement, les pièces encore manquantes de l’échafaudage, qu’on verra vraiment de quel bois se chauffe le gouvernement quand il parle de la santé des aînés.D’ici là, disent les observateurs, il faut se méfier des jugements trop rapides.Et espérer, conclut Maurice Les lacunes sont importantes dans la plupart des secteurs de la santé concernant les personnes âgées.Payette, que le gouvernement continuera dans la même direction.« Au fond, le milieu de vie par excellence, c’est la maison, les amis, la famille.Et si on veut que les gens âgés continuent de vivre chez eux, il faut les supporter véritablement, dans les faits et pas seulement qu’en paroles.» IPUMI i Pi Abus sexuels ij ABUS SEXUELS D" Jean-Yves Frappier, Nancy Haley et Claire AHard-Dansereau Visant i dédramatiser, simplifier et éclairer la démarche médicale dans les situations d’abus sexuels, cet ouvrage aborde le problème sous tous ses aspects médicaux, sans négliger les considérations d’ordre psychologique, sodat, légal ou juridique.ISBN 2-7606-1525-1, 230 p, 29$ Arthrite et rhumatisme ARTHRITE ET RHUMATISME, 2* EDITION D* de Guise Vaillancouit Version corrigée et augmentée de l’ouvrage paru en 1985, ce traité de rhumatologie s’identifie aux «abrégés » français ou aux Essentials américains.Internistes généraux, médecins de famille ou omnipraticiens y trouveront les éléments nécessaires au traitement de leurs malades atteints d'arthrite.ISBN 2-7606-1534-0,220 p., 23 $ I pour soigner autrement COMPRENDRE POUR SOIGNER AUTREMENT Ellen E.Corin, Gilles Bibe Jean-Claude Martin, Robert Laplante S'inscrivant dans les débats actuels autourde la régionalisation des services de santé, cet ouvrage met en évidence la profondeur de l’enracinement social et culturel des problèmes de santé et, plus particuliérement, des problèmes de santé mentale.ISBN 2-7606-1538-3,258 p, 25 S L'ÉTHIQUE ET UE DROIT FACE AUX NOUVELLES TECHNOLOGIES BIOMEDICALES Guy Bourgeault Ce volume montre pourquoi .et comment les développements technologiques des dernières décennies exigent un renouvellement des approches et des méthodes en éthique et en droit et, plus largement, dans toute pratique scientifique ou professionnelle.519-7,253 p, 25 $ Disponibles en librairie ou chez : ?gaëtan morin éditeur C.P.180 BOUCHERVILLE, QUÉBEC, CANADA J4B 5K6 TÉU : (514) 449-2369 TF.I.ÉC.: (514) 4491096 PRÉVENTION PSYCHOSOCIALE PREVENTION PSYCHOSOCIALE POUR L'ENFANCE ET L’ADOLESCENCE Sous la direction des D” Jean-François Sauderet Laurent Houde Issus de différents champs de recherche, dix-huit auteurs européens et nord-américains articulent leurs interventions sur le thème de la préventicm de type psychologique et social.; v ' '•.TpSai \ ISBN 2-7606-152 COLLOQUE INTERNATIONAL PROMOUVOIR LA SANTE EN FRANCOPHONIE DES AU DELA DES CULTURES OUTILS À PARTAGER MONTRÉAL 9, 1 O et 11 octobre 1991 Pour recevoir le programme du colloque, veuillez vous adresser à : ASSOCIATION POUR LA SANTÉ PUBLIQUE DU QUÉBEC Ce colloque est sous le porrainoge du ministère de la Santé el des Services sociaux du Québec 3958 rue Dandurand, Montréal, Québec, H1X 1P7 Tél.: (514) 593-9939 Télécopieur : (514) 725-2796 18 M Le Devoir, vendredi 15 mars 1991 Dossier SANTÉ ET SERVICES SOCIAUX Une réforme qui ne change pas le monde pour les jeunes, mais .Laurier Boucher l/auteur est coordonnateur de la protection de la jeunesse à l'Association des centres de setvices sociaux du Québec LK PROJET de réforme du système socio-sanitaire porte une attention spéciale aux jeunes en difficulté en leur reconnaissant des besoins particuliers auxquels le système devra s’ajuster.Mais, quelle est la portée réelle de ce statut particulier et des bonnes intentions qui l’accompagnent ?Pour être en mesure de l’évaluer.il faut d’abord cerner qui sont ces jeunes en difficulté dont on parle et quelles sont les déficiences que l’on entend corriger dans les services actuels.Il faut surtout évi- ter d’attendre de cette réforme ce qu'elle ne peut donner.On l’oublie parfois, mais les enfants et les jeunes de moins de 18 ans, auprès de qui les services sociaux publics sont appelés à intervenir, vivent des situations dont la gravité n’a rien à voir avec l’hyperactivité, le désintérêt scolaire ou la crise d’adolescence classique.Dans notre société, un jeune en difficulté, c’est un enfant dont l’intégrité physique ou l’équilibre psychologique est menacé par la négligence ou les comportements abusifs de son milieu familial, c’est aussi un adolescent qui connaît de sérieux problèmes de comportement ou de délinquance.En ce sens, quand on parle de jeunes en difficulté au Québec, on pense tout au plus à trois ou quatre jeunes sur 100 ! C’est à eux que sont destinées les mesures proposées par le projet de réforme.Jusqu’à maintenant, l’intervention publique auprès des jeunes en difficulté s’est concentrée sur un noyau dur, c'est-à-dire sur ces enfants et ces adolescents dont la si-tuation présente suffisamment de danger pour être prise en charge en vertu de la loi sur la protection de la jeunesse ou de la loi sur les jeunes contrevenants.Bon an mal an, cela représente environ ,10 000 jeunes de moins de 18 ans.En voulant parer au plus urgent, et devant compter sur des ressources limitées, le réseau public en est donc venu, à toutes fins utiles, à focaliser son intervention sur les jeunes les plus amochés, misant sur des services curatifs et spécialisés, et négligeant, par la force des choses, l’intervention préventive auprès d’autres jeunes vivant pourtant des situations à risques.En d’autres mots, les services à la jeunesse en sont pratiquement arrivés à se confondre avec l’intervention de protection qui, chacun le sait, se déroule dans un contexte d’autorité et doit souvent faire appel à des mesures judiciaires.L'une des conséquences déplorables de cette approche — en plus de provoquer l’atrophie progressive des services préventifs — a été de négliger rapport de la famille dans l’intervention auprès du jeune.À ces déficiences, sans doute tributaires de l’aggravation des situa- tions vécues par les jeunes et des choix politiques qui ont été faits, se sont ajoutes un certain nombre d’effets secondaires.On pense, notamment, au taux encore élevé de placements d'enfants, au rôle insuffisant laissé à l’action communautaire et aux ressources du milieu, au manque de concertation entre les intervenants de première ligne et ceux qui travaillent à la protection ou à la réintégration sociale du jeune, etc.La réforme projetée entend donc rectifier le tir général de l'intervention auprès des jeunes en difficulté et propose un ensemble de mesures pour corriger les principales carences que nous venons d’énumérer.L'orientation générale de ces mesures est d’ailleurs parfaitement résumée dans l’énoncé de politique de décembre 90 : « La recherche de solutions doit principalement s’orienter vers la prévention précoce et la mise en place de services adaptés dans les milieux de vie des jeunes.Il faut que les familles aient accès à des formes d’aide diversifiées, dans leur milieu, pour éviter le placement de leurs enfants et empêcher les déplacements subséquents d'un milieu substitut à un autre.Il faut enfin mettre à la disposition des jeunes des ressources de placement plus légères et améliorer la qualité des services de protection de la jeunesse.» Concrètement, la mise en oeuvre de ces orientations passera par le développement et la consolidation des services de dépistage, de prévention et de soutien offerts aux jeunes et à leur famille par les CLSC.À cette consolidation des services de première ligne en CLSC — élément essentiel à la réussite de toute la stratégie — s’ajoutera l’intensification des services sociaux offerts en milieu scolaire, le soutien de projets communautaires novateurs et le développement, dans chaque région, de services de médiation familiale.Pour combler les lacunes actuelles du système de placement, la réforme propose de mettre d’abord l’accent sur le soutien aux familles, notamment en renforçant la capacité parentale.On entend également limiter le recours au placement et favoriser la diversification des ressources d'hébergement, axées sur la réinsertion sociale du jeune.Enfin, dernier volet fondamental de cette réforme, on verra au renforcement des services de protection et à l’amélioration de la qualité des services qui y sont offerts.Concrètement, ce renforcement entraînera la transformation des centres de services sociaux actuels en centres de protection de l’enfance et de la jeunesse (CPEJ).Pour favo riser la continuité des services, les futurs CPEJ et les centres de réadaptation pour jeunes en difficulté d’adaptation seront, dans chaque région, sous l’autorité d’un même conseil d’administration.Les mesures préconisées par le Livre blanc répondront-elles aux besoins spécifiques des jeunes en difficulté et remédieront-elles aux faiblesses du présent système ?Après analyse, il est permis de le croire.À condition, toutefois, que l’on ne s’attende pas à y trouver une panacée.La réforme des services socio-sanitaires, aussi exhaustive et pertinente soit-elle, ne peut pallier l’absence d’une politique-jeunesse, d’une politique familiale ou d’une politique de l’emploi.On se condamne à la déception si l’on veut faire des services sociaux aux jeunes en difficulté et à leurs familles, fussent-ils grandement améliorés et de très haute qualité, une arme contre la pauvreté, la détérioration des conditions de vie, la précarité de l’emploi, le chômage et l’inégalité sociale.JEUNE - ALIMENTATION HYGIÉNISTE ATION A CEf CENTRE D'ÉDUCATION HYGIENISTE POUR INFORMATIONS: (514) 438-1135 236, CHEMIN DU LAC BERTRAND, RR 2 - ST-JÉRÔME J7Z 5T5 Pour recevoir LE DEVOIR tous les matins à votre porte Montréal (514) 844-5738 Abonnements postaux (514) 844-7457 LA FEDERATION DU PERSONNEL DE LA SANTE ET DES SERVICES SOCIAUX UN PASSE JEUNE UNE REALITE DYNAMIQUE UN FUTUR PROMETTEUR PRES» E Federition du personnel de 11 suit el des services sociaux / CEQ Une solution de rechange heureuse! Siège social 9405, rue Sherbrooke Est, Montréal (Québec) H1L 6P3 Téléphone: 514 / 356-8888 Télécopieur: 514 / 356-9999 L'Alliance des professionnels en Pratiques Alternatives de Santé du Québec 3702, rue St-Denis, Montréal, Qc.CENTRE D'ENCADREMENT PÉDAGOGIQUE
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