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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier C
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1991-03-02, Collections de BAnQ.

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iT^raiWgiMDI mur €mm THE LOVERS \lurino Unwnovic i l I lav MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTREAL Montréal, samedi 2 mars 1991 CINEMA L’immuable beauté du désert Installez-vous confortablement et abandonnez-vous à ce film comme on s’abandonne à la contemplation de la mer, écrit Francine Laurendeau au sujet de La captive du désert, un film somptueux écrit, tourné et réalisé par Raymond Depardon et qui met en vedette Sandrine Bonnaire.Page C-3 THEATRE Le sang de Micni Le sang de Michi, de Franz Xaver Kroetz, un important auteur allemand contemporain, sera présenté dès mardi à l’Espace Go dans une mise en scène de Paul Lefebvre (ci-contre), directeur artististique de la salle Fred-Barry.Alain Pontaut a rencontré le metteur en scène.Page C-7 ROCK La légende Chicago En 1969, à l’instar d’Electric Flag et de Blood, Sweat & Tears, le groupe Chicago inventait un genre musical, substrat d'une chimie inédite.Un jazz-rock basé sur une époustouflante section de cuivres, où la guitare se mêlait à de riches harmonies vocales.Qu’en est-il 22 ans plus tard ?Page C-5 MUSIQUE Hommage à André Turp « Il aimait chanter et il chantait pour aimer », dit Joseph Rouleau de son ami André Turn, décédé en début de semaine.« Il avait aussi un talent naturel d’imitateur et ne donnait pas sa place pour nous dérider », souligne par ailleurs Robert Savoie qui lui rend un vibrant hommage.Page C-6 Photo Relief no /, de Bertrand Lavier.L’art contemporain en France n’est pas de l’art français Individualités : 14 Contemporary Artists from France Musée des beaux-arts de l’Ontario Toronto, jusqu'au 7 avril 1991 Lise Bissonnette ENCORE UNE FOIS - la dernière dit-on — enfoui sous les échafaudages, ses salles permanentes vidées pour rénovation et ses couloirs répercutant l’écho des perceuses, le Musée des beaux-arts de l’Ontario ne fait pas moins le plaisir du passant à Toronto auquel il offre, sur quelque 10 000 pieds carrés préservés des travaux, un échantillon de l’art contemporain en France.Le premier réflexe du visiteur québécois est de se demander ce que diable font rue Dundas des « cousins » qu’on voit si peu souvent dans les circuits internationaux qu’ils auraient d'abord dû passer par Montréal ou Québec.Mais le chauvinisme de parentèle perd vite son sens : sauf de citoyenneté ou de résidence, les quatorze artistes de l’exposition Individualités ne se reconnaissent Français que par accident et se révulseraient à l’idée de représenter « l’art français ».Le support didactique de l’exposition, un petit journal et un élégant catalogue bilingue, est d’ailleurs en bonne partie consacré à excuser les quatorze artistes de leur rapport avec la France.Ils ne représentent aucun mouvement, ils sont sans lien entre eux, et s’ils ont quelque chose de français, c’est leur farouche individualisme qui est peut-être un « esprit» mais qui, au grand jamais, ne saurait s’incarner dans une forme.Cela donne en effet une exposition très éclatée, construite assez simplement avec des vedettes autour desquelles s’est cristallisée, durant la dernière décennie, la renaissance de l'art contemporain de Paris à Bordeaux après une sinistre période où l’Hexagone semblait devenu à tout jamais un terrain vague, sur le bas-côté de l’axe Amérique-Allemagne-Italie.Ces Christian Boltanski, Daniel Buren, Niele Toroni, Michel Parmentier, Gérard Garouste, Jean-Michel Alberola, Bertrand Lavier et Annette Messager, qui ont gardé pied dans les biennales internationales, n’ont rien en commun sinon une pratique de la provocation qui a réussi, ici et là, a intéresser un peu une France qui croit avoir tout vu.De leurs collègues un peu moins con-nus, Richard Baquié, Catherine Beaugrand, Jean-Pierre Bertrand, Sylvie Biocher, Sophie Calle, Thierry Kuntzel, on pourra dire bientôt là même chose.Il y a quelques beaux moments dans ce parcours, si l’on ne peut parler d’avancées un peu déstabilisantes.L’installation vidéo de Thierry Kuntzel, intitulée L'hiver ( La mort de Robert Walser ), réussit à s’affranchir tout à fait de la froideur du médium pour balayer littéralement chaque souffle et chaque frémissement d’un être dont on peut croire qu’il meurt en cet instant.Le dépouillement formaliste retient d’autant plus qu’il agit en contraste de plusieurs autres propositions qui accumulent choses et leçons de choses, dans un encombrement d’associations non loin de la surenchère ésotérique : la Chambre du Roi, vue sur jardin de Sylvie Biocher, installation basée sur les anciens appareils de vues stéréoscopiques, offrant surtout des coins de jardins royaux, en est la plus spectaculaire.Elle force la quête intellectuelle plus sûrement que les carcasses métalliques et interprétations urbaines de Baquié.Ou que les oeuvres quasi-documentaires, et délibérément situées hors du champ de l’art, d’Al-berola qui en collaboration avec un économiste propose des collages sur certaines grandes villes où il passe, y compris désormais Toronto.Ou que Voir page C-2 : France — Le 7e art et les six autres Jean Dumont CENT DOUZE FILMS et vidéos projetés, du 5 au 10 mars prochains, à la Cinémathèque québécoise, au Musée des beaux-arts de Montréal, au cinéma Parallèle et à l’Institut Goethe, 20 pays représentés, 36 films en compétition .Le 9ème Festival international du film sur l’art, dont Claire Gravel a donné, dans LE DEVOIR de mercredi dernier, la programmation impressionnante et détaillée, envahit les écrans spécialisés de Montréal.Le Festival devient un peu plus chaque année, et avec juste raison, un des points de repère de la vie culturelle montréalaise.Nous allons, dans la fièvre, le plaisir anticipé et la désolation de ne pouvoir tout voir, faire nos choix, nous précipiter aux projections, en parler, discuter des décisions du jury.Quand on constate que dans les six catégories de productions proposées aux amateurs, très nombreux sont les films qui sont consacrés aux arts visuels (le montage électronique présenté à la presse pouvait laisser penser le contraire), on est en droit de se demander pourquoi nous nous précipitons voir les films qui nous parlent des tableaux, alors que nous sommes si peu nombreux à aller voir les tableaux eux-mêmes dans les galeries et les musées.La réponse se cache peut-être dans les mots choisis pour poser la question : les films, en effet, nous parlent des tableaux.Il suffit de se rappeler le succès remporté, dans les années 50, par le film tourné par Clouzot sur Picasso (qui à cette époque ne connaissait pas encore le succès populaire qu'il connaît aujourd’hui), et dans lequel, par le biais d'un tissu et de couleurs spéciales le spectateur pouvait suivre en direct sur l’envers de la toile, dans ses succès, ses hésitations, ses retours, et même son échec final, la construction en temps réel du tableau.On ne savait pourtant rien de plus de Picasso une fois éteinte la lampe magique, ni sa démarche ni ses raisons ne nous avaient été expliqués, mais par contre, en nous en montrant la fabrication, c’est comme si le tableau nous avait été raconté.Comme si le regard avait été transformé en discours.Et nous sommes plus familiers avec le discours qu’avec le regard, parce que nous connaissons habituellement le déroulement logique du premier et qu’il nous faut toujours inventer la logique nomade du second.Un des films présentés au F’estival, De arti-ficiali perspectiva, des Brothers Quay, dont le conseiller artistique n’est nul autre que le célèbre historien d’art Sir Ernst Gombrich, et qui illustre la technique de l’anamorphose en peinture, cette image déformée par une utilisation particulière des lois de la perspective, traite d’ailleurs du problème de ces relations, plus compliquées qu’on ne croit, entre l’oeil et ce qu’il voit.Un des films à voir avec ce même souci en tête serait peut-être François Morellet, tourné par Christophe Loizillon, de France, parce que cette distance entre le regard et le discours devrait y être réduite à son minimum.En effet, l’auteur a demandé à François Morellet, un peintre qui travaille à partir de droites et d’éléments géométriques, et dont on a pu voir une très belle exposition il y a quelques années au Musée d’art contemporain de Montréal, de réaliser six toiles originales pour le film.« Faire un film avec un artiste, dit-il, c’est mettre en place un dispositif où l’artiste pense son oeuvre avec le ci- Photo tirée du film Klossowsky, peintre-exorciste, de Pierre Coulibeuf, une fiction en trois parties inspirée des thèmes des tableaux de ce peintre qui est aussi un écrivain célèbre.néma et où le cinéma pense le film avec l’artiste ».Toujours dans ce domaine des relations entre le voir et le dire il sera sûrement intéressant de visionner les films qui ont été tournés sur les artistes, ou sur les oeuvres d’artistes visuels qui sont aussi, ou ont déjà été, des écrivains.Je pense par exemple à ,/iri Kolar, réalisé en France par Ann Marchi, sur ce poète tchèque qui vit en exil à Paris depuis 1980, et qui après avoir été emprisonné, en 1953, pour avoir écrit un texte jugé contestataire, s’est écarté de la littérature et est « passé à la poésie visuelle évidente ».Ou à Frida Kahlo, tourné sur l’oeuvre et la vie de cette grande artiste mexicaine qui fut aussi la femme du célèbre muraliste Diego Rivera, un des partisans de la Révolution mexicaine.Frida Kahlo n’est pas à proprement parler une écri- vaine, mais on possède nombre de ses lettres et elle eut pour amis des écrivains comme Léon Trotsky et André Breton.Je pense surtout au film Klossowsky, peintre-exorciste, de Pierre Coulibeuf, une fiction en trois parties inspirée des thèmes des tableaux de ce peintre qui est aussi un écrivain célèbre, auteur, entre autres, d’essais comme Sade mon prochain, Le Bain de Diane et Nietzsche et le Cercle vicieux, et de romans comme La Révocation de l’Êdit de Nantes et Les Lois de l’Hospitalité, ces deux derniers faisant aussi partie des thèmes de deux des parties du film.Si l’on sait que les écrits de Klossowsky appartiennent, comme ceux de Sade, à cette catégorie de ce que l’on a appelée les récits-limites « .qu échangent les lieux du discours avec les lieux du corps », il sera passion- nant de pouvoir mettre côte à côte les deux images de la fameuse « Roberte », des Lois de l'Hospitalité : la version du regard et la version du discours.Même si on oublie cette question du regard, il n’en reste pas moins que tout film sur une oeuvre visuelle est le résultat d’un « choix » opéré par le réalisateur au sein de cette oeuvre, autrement dit, le film n’est qu’un des « récits » possibles de cette peinture.Le spectateur ne peut donc échapper à la nécessité d’aller un jour se confronter à cet original de l’oeuvre qui lui fait souvent peur parce que tout en étant, lui aussi un choix opéré dans le réel de l’artiste, il en contient par contre, en tant que pur regard, tous les possibles.Un des deux films d’ouverture du Festival, 1867, tourné par Ken Mc-Volr page C-2 : Le 7e art EN HOMMAGE À UN CADEAU D’EVA HESSE À SOL LEWITT EXPO-VENTE THÉMATIQUE DU 10 AU 30 MARS Sous la direction du commissaire richard gagnier, les artistes: kim adams • francine asselin • john atkinson • marc audette • Céline baril • Claude philippe benoit • miguel berlange • marion bordier • calère boudreau • eva brandi • tony brown • ian carr harris • robin collyer • daniel dion et sue schnee • pierre dorion • wendy ennes • evergon • andy fabo • diane génier • peter gnass • betty goodwin • trevor gould • michel goulet • rose-marie goulet • shelagh keely • lizette lemieux • Christiane lemire • marcel lemire • sol lewitt • liz magor • john mcewen • joey morgan • marie-jeanne musiol • ron noganush • alien paiement • randy naharuni • mary scott • barbara stelnman • jana sterbak • jean-yves vigneau.AieIE0'7 ART CONTEMPORAIN 205 rue Montcalm, Hull (819) 771-2122 C-2 ¦ Le Devoir, samedi 2 mars 1991 ' te cahier du t • ameai Sature morte, de Georges Le Piouffle.4 Le 7e art Mulien, de Grande-Bretagne, sur la réalisation par Édouard Manet, des quatre toiles qui ont pour thème l’exécution de l’Empereur Maximilien du Mexique, met en relief une autre des relations qui peuvent unir ou séparer la peinture et le cinéma, et c’est la notion du « temps ».Le temps contenu dans un tableau n’a à voir ni avec le temps réel, ni avec le temps de son execution.Il s’agit d'un temps immobile, sans durée, existant hors du temps de notre contemplation.Dans le film, et pour s’en tenir aux notions les plus élémentaires, le temps est réel, il a une durée, mais il s’agit en fait d’un temps « manipulé », par le découpage et le montage des séquences par exemple.Filmer une peinture c’est donc la réinsérer dans un temps qui n’est pas le sien.Pour retrouver un temps qui soit commun au tableau et à l’écran qui le dit il faudrait sans doute aller chercher du côté de la notion deleuzienne de temps « immémorial », un temps basé, dans l’image, sur la mémoire d’une réalité qui n’a pas existé, le temps des célèbres « madeleines » de Proust.Le commentaire du film sur Manet est tiré du journal de l’artiste.Après avoir terminé la quatrième version du tableau de l’exécution de Maximilien, Manet constate : « J’aurai donc passé plus d’un an et demi pour peindre un seul instant, celui de la mort ».Il m’est alors remonté en mémoire, en entendant cette réflexion, une nouvelle de Borgès, faisant partie de son recueil : Fictions.L’écrivain y raconte l’instant de la mort d’un militant, sous les balles d’un peloton d’exécution gouvernemental.Ce militant a entrepris une oeuvre immense, d’écriture je crois, qu’il n’a as eu le temps de terminer avant qu’on le fusille.Et dans l’instant même où la balle qui le fait mourir le frappe, un temps autre, un temps « hors de ses gonds » lui permet de terminer mentalement l’oeuvre de sa vie.Faut-il ajouter que ce film a été tourné en une séquence ininterrompue, et que son temps n’a donc pas été manipulé par le montage.Curieuse coïncidence.Il existe bien entendu de nombreuses autres façons d’apprécier les films, les oeuvres qu’ils éclairent, et les relations qui s’établissent entre eux.Si j’ai choisi de pointer du doigt quelques différences c’est seulement pour laisser aux oeuvres des artistes en arts visuels la totalité de ce qui leur est dû.Mais l’un n’empêche pas l’autre, bien au contraire : bon festival donc.œ\rz 6 mars 20 h 8 mars 21 h 9 mars 21 h Billets au Club Soda et Tickotron 5240 avo du Parc, 270-7848 Ros.Tolétron 288-2525 4 France les installations de Sophie Galle qui expose en photos ce que des aveugles de rencontre lui disent savoir de la couleur.Ou que la persistance d’Annette Messager à afficher ses « effigies », morceaux choisis nus et affublés de sentiments, que porte en amulettes une jungle d’animaux dérisoires.Succombe-t-on à l’interdit de rechercher quelque chose de français dans cette série, quand on se laisse mieux toucher par les oeuvres de recherche plastique ?Les grandes bâches de Garouste, les « ensembles d’éléments» de Jean-Pierre Bertrand, les dérives de spectacle de Catherine Beaugrand, la composition géométrique de Lavier laissent un peu de respir à l'interprétation.On peut imaginer, en tout cas, que Bu-ren, Parmentier, et Toroni, en reprenant à Toronto leur art de la répétition — même geste, même refus du sens — et en le poussant jusqu’à l’extrême blancheur, rassureront ceux dont l’inconscient réclame de l’art européen une part du génie perpé-1 du classicisme.CKPI 96.9 FM LE DEVOIR L'INTEGRALE Ultramar Le Juilliard String Quartet Un evenement musical exceptionnel' Carol forgeron, Le Devoir.11 /90 Hérésie, diraient Parmentier et Buren, les iconoclastes de la fin des années soixante, qui se réconcilient ici juste le temps d’occuper la même salle et de répudier les organisateurs de l’exposition qui ont osé tenter — « idée stupide » — un regroupement « national ».Le catalogue contient un message de chacun des artistes, et dans leur cas un manifeste qui a fait quelque bruit dans la mesure où les compères vilipendent aussi tous les autres participants à l’exposition dont ils décrètent qu’ils « répètent tous, en un peu plus mal, ce qui se fait sur place ou ailleurs et, pire, le répètent avec quelques années de retard ».Daniel Buren étant sans conteste le maître de la répétition depuis vingt ans, son diagnostic aura quelque crédit auprès des cognoscenti.Mais il y a quelque chose d’ironique à voir l’artiste qui a le plus profité du parrainage de Yestablish-ment politico-culturel français pour rafler les honneurs internationaux s’abaisser à griffer ainsi des collé gués dont le seul tort, on l’aura corn pris, est de partager un instant de sa gloire hors frontières.Il faut savoir gré aux conservateurs de l’exposition, Roald Nas gaard conservateur en chef du Musée des beaux-arts de l’Ontario et Marie-Claude Jeune, conseillère ar tistique de la région Rhônes-Alpes, d’avoir haussé les épaules devant ce petit coup d'État médiatique, et de l’avoir neutralisé en le publiant, ce qui est toujours la meilleure tactique.Toute déstabiüsation qui ne peut s’exprimer dans l’oeuvre même est marginale et l’exposition de Toronto, sans soulever beaucoup de nouvelles questions, offre son lot de découvertes pour ceux qui ne fréquentent pas assidûment la production française.Dommage, Individualités ne voyagera pas hors de la capitale ontarienne.Problèmes de programmation ou de grands travaux en cours, aucun important musée québécois ne pouvait recevoir l’automne prochain une exposition d’une telle envergure.Le Musée du Québec, dit-on, en prépare une de son crû pour 1993.COURRIER Ils s’aiment?Et alors?JEVIENSde lire votre texte sur la série d’auto-interviews dont je suis le concepteur et le producteur.Pour bien comprendre un texte il faut, dit-on, savoir lire entre les lignes.Au petit écran aussi il y a des lignes.Infiniment plus nombreuses que dans votre texte.D’où la difficulté que vous avez dû éprouver à saisir le sens des images que vous avez vues de cette série.Un jour viendra, j’espère (le progrès n’a plus de limites!, où nous inventerons un langage semaphorique, dans le style de la gestuelle qui accompagne les émissions à l’usage des sourds et malentendants.Ce jour-là, vous éprouverez plus de joie à regarder ce que la télévision nous offre de nouveau.En attendant, je veux bien vous expliquer ce qui semble vous avoir échappé.L’émission qui vous déplaît, et qui séduit tant tous ceux qui y ont collaboré (nous en sommes au tournage d'une seconde série de 13), sort du cadre de l’interview classique.C’est nouveau.C’est étrange, donc ça dérange.Gide l’avait bien dit : « Plus l’être est faible, plus il répugne à l’étrange, au changement; car la plus légère idée nouvelle, la plus petite modification de régime nécessite de lui une vertu, un effort d’adaptation qu’il ne va peut-être pas pouvoir fournir ».Si j’ai imaginé cette nouvelle forme d’interview, c’est que j’ai vécu, depuis de nombreuses années, les rôles de l’intervieweur et de l’interviewé.En 39 ans de journalisme, j’ai fait plus de 20 000 interviews auprès de gens issus de tous les milieux, sur tous les continents, sous tous les fuseaux horaires.(C’est plus épuisant que le journalisme en pantoufles).J’ai fait de mon mieux pour trouver les meilleures questions susceptibles de susciter les meilleures réponses.J’avais beau respecter mes interlocuteurs et leur donner le temps et les moyens de s’exprimer, je suis sûr que, bien souvent, je suis passé à côté.Je sais les frustrations que j’ai moi-même ressenties après avoir été interviewé par des confrères habiles et réputés.J’en sortais souvent en regrettant que l’on ne m’ait pas posé telle ou telle question ou donné suffisamment de temps pour y répondre adéquatement.Ce préambule est pour vous dire que l’idée de cette forme d’interview est née de la frustration que ressentent tous ceux qui, de par leur fonction, accordent des interviews.Par eux-mêmes.offre donc la possibilité à ces personnalités de dresser leur propre liste de questions, celles qui ne leur sont jamais posées ou auxquelles elles aimeraient répondre a leur rythme, à leur façon, sans se sentir jugées ou pressées (« C’est tout le temps que nous avons .»,« Rapidement, en 15 secondes, pouvez-vous nous dire.», etc.), ce qui est tellement frustrant .Contrairement à ce que vous pensez, il n’est facile pour personne de s’auto-interviewer, sauf peut-être pour ceux qui sont inconscients ou qui n’ont rien à dire.Mais ceux-là, vous ne les trouverez pas sur notre liste.Les gens que nous avons approchés sont des gens de valeur, capables de se regarder comme une autre personne.À force de se chercher soi-même, on trouve l’autre : c’est précisément le contraire du narcissisme, de l’égoïsme.Ces gens sortent d’eux-mêmes pour se voir, ils ne se perdent pas en eux.À mon sens, c’est justement l’appréciation positive de soi qui leur manque le plus.Et pour une fois que ça a lieu, il se trouve des grenouilles de bénitier qui s’en offensent .À vous lire, j’entends la voix d’un parent intransigeant qui dit : « Tu n’as pas droit d’amour pour toi ! Gare à ce péché qui te conduira à l’enfer, à l’excommunication ! » Non Madame, vous n’avez pas raison de dire que « jusqu’à ce jour bien peu de femmes ont été admises » dans la série.Le fait d’ajouter que vous n’en êtes pas sûre parce que vous ne regardez pas l’émission avec régularité ne pardonne pas votre insinuation.Le journalisme pantou- flard que vous exercez ne vous interdit tout de même pas de téléphoner pour vous renseigner ! Si vous n’avez pas le téléphone chez vous, vous avez peut-être le télécopieur ?Nous, on a les deux.On se serait fait un plaisir de vous informer.On aurait pu vous fournir la liste complète.On vous aurait même fait lire des témoignages de gens qui ont pleuré en écoutant Janette Bertrand (mais ça ne vous aurait peut-être pas émue, vous ne la regardez pas non plus sans doute).Et plutôt que de plaindre Édith Butler, bien à tort, vous auriez peut-être pu lui téléphoner d’abord pour lui demander son avis ?Édith Butler, qui a la bonne santé que vous lui reconnaissez, ne s’est pas plus vantée au petit écran qu’elle ne le fait dans son quotidien.Elle n’a pas dit un mot sur ses innombrables succès, ses disques d’or, ses trophées, ses relations privilégiées avec les grands de ce monde.Avec sa tendresse, sa chaleur et sa grande simplicité, elle a raconté son père, sa vie, ses débuts, ses passions, sa détermination, son amour des animaux, son souci pour l’environnement.Si vous n’avez rien vu de cela, c’est que vous n’avez pas regardé la même émission que tout le monde.Je suis heureux de vous apprendre, Madame, que l’admirable Edith Butler n’a jamais reçu autant de commentaires favorables, après une émission de télévision, qu’à la suite de celle que justement vous n’avez pas aimée.Et Édith n’est pas une femme qui ment ! Parmi les commentaires reçus, elle aurait pu vous montrer une lettre, très émouvante, qui lui a été adressée par une congré gation de religieuses ! Même les bonnes soeurs ne partagent pas votrè avis.Faut croire qu’il y en a qui évoluent plus vite que d’autres.Ce qui me désole, ce n’est pas tant que vous ayez raté quelques bonnes émissions, c’est que vous ayez raté le contenu de celles que vous avez vues.Décidément, nous ne pratiquons par le même genre de journalisme, vous et moi.Si je devais aborder l’étude critique d’une émission de télévision avec une équanimité d’entomologiste, sans haine, sans crainte, sans préjugés, et clamer, comme vous le faites sur six colonnes de mon journal, que : « La foire aux vanités n’a pas de bornes.», moi, je prendrais au moins le soin de retirer la mégaphoto de moi (6 cm de haut) illustrant mes propos.Mais ça aussi, ça a dû vous échapper.Le narcissisme, voyez-vous, c’est se plaindre de celui des autres et ne pas s’apercevoir du sien.Alain Stanké Autres bavardages ÇA Y EST, j’ai attrapé une première critique de Carol Bergeron dans LE DEVOIR.Répondre ou ne pas répondre, telle est la question, car me voilà concernée par de bien vilains propos, que dis-je, par « une » bien vilaine phrase.Lorsque j’ai lu l’article, la personne qui était à mes côtés me fit remarquer que je m’étais tout de suite dirigée vers les deux derniers paragraphes alors qu’elle s’enlisait dans la lecture des premiers.C’est l’expérience : en tant que lectrice du DEVOIR, je connais la manière de Monsieur Bergeron qui ouvre habituellement ses articles avec de longs commentaires (historiques, contextuels livresques et autres) qui sont en eux-mêmes d’un intérêt certain.Mais le tout se transforme en bavardages lorsque l’on constate que la part réservée à l’événement concert comme tel est le plus souvent réduite à quelques lignes, quand elle n’est pas tout entière contenue dans le titre de l’article.Qu’est-ce qui vous empêche, Monsieur Bergeron, d’étoffer vos verdicts (positifs et négatifs) de quelques commentaires pertinents qui informeraient là où cela doit être fait, c’est-à-dire au plan du « faire musical » des interprètes et des compositeurs au moment du concert ?Votre article s’ajoute à de nombreux autres pour témoigner de l’extrême difficulté d’identifier des courants, de confronter des idées, bref de la difficulté d’agir en véritalbe critique, c’est-à-dire en éclaireur.4 Isabelle Panneton OESSER LABBÉ IMPRESARIOS Le cycle complet des Quatuors à cordes de Beethoven 25 & 26 MARS, 1991, à 20h une œuvre chorégraphique de JEAN-PIERRE PERREAULT musique de Michel Gonneville 21,22, 23 et 24 mars 1991 à 20h00 EN VENTE DÈS MAINTENANT À LA PLACE DES ARTS ET À TOUS LES COMPTOIRS TICKETRON Théâtre Maisonneuve ?Place des Arts Reservations telephoniqües: 514 842 2112.Frais de service.Redevance de 1 S surtout billet de plus de 10 S.Théâtre Maisonneuve Place des Arts Reservations téléphoniques : (514) 842-2112 Frais de sorvice Redevance de 1 $ sur loul billot de plus de 10 $ Tlcketron : (514) 288-2525 8** LE DEVOIR ) Le Devoir, samedi 2 mars 1991 ¦ C-3 &SÏ t\ ,r- ^ le cahier du i • ameai CINÉMA L’histoire d’une rencontre Chère Amérique De Marilù Mallet, avec Céleste Da Costa, Catherine Perrin, André Lemay-Ray, Leandro Urbina, Antonio Da Costa, Jacques Henripin.Image : Pierre Letarte.Son: Richard Besse Montage image: Claire Boyer Montage son : Christian Marcotte.ONF, dans le cadre de la Collection Parler d Amérique, 1990.51 minutes.Au Cinéma Parallèle jusqu’au 3 mars Francine Laurendeau SOUS LE PRÉTEXTE de Parler d'Amérique, un prétexte fort agréablement cousu de fil blanc, la réalisatrice Marilù Mallet (Il n’y a pas d'oubli, Les Borges, Journal inachevé, Mémoires d'une enfant des Andes) a provoqué la rencontre de deux Montréalaises, toutes deux nées un 16 mars.C’est bien la seule chose qu’elles ont en commun.Catherine, la plus jeune, est une Québécoise de souche (j’abhorre cette périphrase, mais trouvez-m’en une meilleure).Elle travaille à Radio-Canada comme journaliste mais elle est avant tout musicienne interprète, plus précisément claveciniste.Elle s’exprime avec intelligence et vivacité.À la fois artiste et petite-bourgeoise.Céleste, qui ne doit pas être loin de la cinquantaine puisque mariée depuis 29 ans, est d’origine portugaise.Elle fait des ménages, peut-être est-elle aussi concierge.En traversant PHOTO BENOIT AQUIN Catherine Perrin et Céleste Da Costa dans Chère Amérique : le prétexte de Parler d'Amérique, un prétexte fort agréablement cousu de fil blanc.un quartier cossu elle soupire : « Que j’aimerais acheter une maison par ici ! » Prolétaire ?Oh que non Après une première rencontre, les deux femmes se revoient.D’une fois à l’autre, la découverte réciproque va s’approfondir.Et d’une fois à l’autre, Catherine raconte sa perception de Céleste à un copain, sorte de journal de la nouvelle amitié.Et ce qui semblait simple au départ se complexifie subtilement.Car malgré les apparences, la plus riche des deux n’est pas celle qu’on pense.Et si la ronde et affectueuse Céleste déplore l’attitude de ses enfants, Catherine l’indépendante rêve de fonder le plus classique des foyers.Qu’à cela ne tienne, Céleste va lui arranger ça.Et le film de prendre alors une tangente assez désopilante.Parle-t-on d’Amérique dans Chère Amérique ?Guère.Franchement, cela importe peu.Et tant mieux si le prétexte fourni par l’ONF a permis à Léa Pool, Gilles Carie, Marilù Mallet et les autres de tourner.L'important est ailleurs.L’important, une fois de plus, ce sont les rapports humains.Ou mieux, aurait dit Stendhal, c’est la chasse au bonheur : qu'attendez-vous de la vie et comment vous y prenez-vous pour être heureux ?Ici, cette recherche s’incarne dans la découverte et l’exploration de deux femmes dissemblables et attachantes qui ne se livrent pas d'un coup mais dont la réalisatrice-portraitiste révèle les traits, éclairant peu à peu les zones d’ombre, s'intéressant à leurs doutes, à leurs contradictions.Sans demander à ce film simplement tourné une sophistication hors de propos, j’aurais cependant aimé y suivre une continuité musicale dans le développement du personnage de Catherine qui, dès le début, fournit des éléments qu’on s’attendait à voir développés par la suite, .le songe à cet extrait de Mauricio Kagel (texte allemand et clavecin) qu'elle interprète avec un brio teinté d'humour.Dommage que ce filon soit aussitôt abordé, aussitôt abandonné.Mais on sort de Chère Amérique charmé par le sourire lumineux, par la chaleur et la générosité de Céleste en même temps qu’amusé par le discours prolifique de Catherine, à la fois naT et péremptoire, sérieux et cocasse.C’est bien la première fois que j'ai l’impression de voir surgir sur nos écrans une authentique hé-roiie de Rohmer.Noces de papier ?Green Card Écrit et réalisé par Peter Weir, avec Gérard Depardieu, Andie MacDowell, Bebe Neuwirth, Gregg Edelman, Robert Prosky, Jessie Keosian, Ethan Phillips Image : Geoffrey Simpson.Direction artistique : Wendy Stites.Musique : Hans Zimmer.USA, 1990.107 minutes.Version originale sans sous-titres : aux Loews, Dorval, Cinéma V, Greenfield Version française : au Centre Eaton et au Versailles.Francine Laurendeau BRONTÉ (Andie MacDowell que vous avez vue dans Sex, Lies and Videotape) est une jeune botaniste très active dans le mouvement vert : elle milite pour faire de New-York un grand jardin.Elle a un jour le coup de foudre pour un appartement dont la particularité est d’offrir en son centre une luxuriante serre chaude.L’appartement est libre mais le hic, c’est qu’on ne le louera qu’a un couple dûment marié.Un ami, une bonne âme, fournit la solution : Brontë épousera, d’un mariage blanc, un etranger qui pourra ainsi bénéficier de la carte verte, c’est-à-dire d’un permis de séjour et de travail.Donnant, donnant.L’étranger, c’est un Français (Gérard Depardieu) dont on ne sait pas grand chose.11 se dit musicien.Mais quelle importance puisqu’il s’agit d’un mariage pour la forme ?Brontë fournit donc les papiers exigés et raconte à ses co locataires que son mari explore l’Afrique et ne rentrera pas de sitôt.Le problème, c’est qu'après quelques mois, les agents de l’immigration viennent faire leur petite enquête.Et c’est très sérieux.Il va fal- Bebe Neuwirth, Gérard Depardieu et dans Green Card.loir que Georges élise pour un temps domicile auprès de Brontë.Elle est écolo, végétarienne, elle mange du pain aux céréales.Il est carnivore, il fume des Gitanes et ne saurait concevoir un repas sans un petit coup de rouge.Comme vous le voyez, nous sommes loin des Noces de papier.Le Français qui atterrit chez la délicate jeune femme comme un éléphant dans un magasin de porcelaine n’a rien d'un réfugié politique et c’est bien d’une comédie qu’il s’agit, une comédie tout ce qu’il y a de plus léger.Et si on prend ainsi Green Card, IFAMOUS PLAYERS «ISA GENERAI BETHUNE VERSION FRANÇAISE muiitii«im*»ioMi'Aiiciisiimsimwsmomfunviiiiin eiisiAHphodü[Iidas .HIIIN MIFH1N HIIIN » [OIM IIOAi JAMIS PAX GUO DA «UK AIMII , .tiw mm mm» «mm*.i«is iiieiois aiciii; cokuo .(tuot .'Mti'iutn .ininvuuu,' , IHI (MINI IIMUK COaPOIMIIOt II) IVllMtl/IUIIlllS NMffll ml Mtrtimrt.l'i» B» DÈS LE 8 MARS on passe un bon moment.C’est finement observé, finement interprété.Depardieu n’a pas besoin d’en rajouter pour jouer ce personnage visiblement écrit pour lui.Mais ne cherchez pas midi à quatorze heures, ce n’est ni Cyrano ni Uranus.J’ai presque envié d’ajouter que ce n’est pas Peter Weir non plus.Enfin, je veux dire qu’on ne retrouve pas ici la poigne du réalisateur de The Year of Living Dangerously ni l’émotion qu’il faisait pas- ser dans Witness.Il avait peut-être envie de s’amuser.C’est bien son droit après tout.Un conseil : pour savourer l’accent de Gérard Depardieu, il faut voir le film en version originale.Enfin, une devinette : est-ce le premier rôle en anglais de Depardieu ?Non, c’est le second.Quel était le premier ?Rêve de singe, de Marco Fer-reri, ce même Ferreri qui vient de remporter l’Ours d’or à Berlin.IFAMOUS PLAYERS l.cs Films du Crépuscule présente LE GRAND PRIX DES AMÉRIQUES FESTIVAL DES FILMS DU MONDE 1990 Une oeuvre cinématographique à la hauteur de la grande littérature latino-américaine G SI VISA UNE Ml «Très étonnant film à la limite du fantastique (social).Une très grande oeuvre.» La revue du cinéma.Paris «.d'une violence maîtrisée, freinée, qui bouleverse» -Le Monde.Paris (Caidos del ciclo) Pérou 1990, (v.o.espagnole, s-t français) UN HLM DE FRANCISCO LOMBARDI (La ville et les chiens, La gueule du loup) DÈS LE 8 MARS Sandrine Bonnafre dans le film de Raymond Dépardon, Captive du désert.Immuable et changeante, la beauté du désert La Captive du désert Écrit, tourné et réalisé par Raymond Depardon, avec Sandrine Bonnaire, Dobi Koré, Dobi Wachinki, Atchi Wahi-Li, Fadi Taha, Isai Koré, Barkama Hadjl, Mohamed Ixa, Sidi Hadji Maman ef les habitants de Chirta, Orida et Djaba au Niger.Son: Claudine Nougaret et Sophie Chiabaut.France, 1990.100 minutes Au Cinéplex-Centre-Ville.Francine Laurendeau IL Y EUT au Tchad, dans les années soixante-dix, une anthropologue française, Françoise Claustre, gardée longtemps en otage par les rebelles toubous d’Hissène Habré.Il y a aujourd’hui un cinéaste, un dénommé Gérard Depardon, surtout connu comme photographe, reporter, documentariste.Maintenant, oubliez tout ça, installez-vous confortablement et abandonnez-vous à ce film comme on s’abandonne à une musique.Ou comme on s’abandonne à la contemplation de la mer.Sauf que c’est ici le règne du désert.Un désert qui n’a pas la somptuosité d'Un thé au Sahara, qui ne revêt pas les courbes sensuelles de la séquence initiatique de The Doors.Un désert qui ressemblerait plutôt à celui que les actualités télévisées nous montrent ces temps-ci : un paysage impitoyablement nu, vaste et plat.Du moins dans les premières séquences de Captive du désert.Dans cette infinitude, s’avance une caravane dont chaque homme, chaque femme, chaque animal est d’une noblesse impavide et sculpturale.À la queue, une jeune femme que sa peau claire, sa petite robe de toile et son visage tendu distinguent des autres.Pille est encadrée par deux hommes armés.Dans les haltes, elle s’asseoit ou se couche à part.Un de ses gardiens pose près d’elle une écuelle.Sans aménité, sans brutalité.De part et d'autre, on est fier.On ne menace ni ne quémande.La scène se répète, variant à l’infini.Comme le desert.De jour et de nuit.Ici un arbre miraculeux.Là un buisson rabougri.Des rocs.Mais jamais un abri où se nicher.Captive du désert.Un jour, elle s’enfuit.Avec comme tout bagage une indication vague fournie par un enfant et un peu d’eau.Heureusement que ses geôliers lancent à sa poursuite l’adolescent dont la fonction est de retrouver les chameaux égarés.En la rattrapant, il lui sauve la vie.Le désert l’aurait immanquablement déshydratée à mort.Presque pas de musique.Mais le vent.Le bavardage des enfants.Les cris des animaux A deux reprises, ce son strident qu’on appelle le youyou des femmes.C’est à Cannes que j’ai eu la révélation de La Captive du désert.Je l’ai revu ici dans le même état contemplatif.Contemplation d’une beauté changeante et immuable.On se demande même pourquoi ça finirait.Le dénouement arrive pourtant.Inattendu et à la hauteur des images et des sentiments qui nous ont bercés tout au long de cette heure quarante.Un seul regret mais de taille : c’est un véritable affront à Depardon et à ses spectateurs que de projeter un film d'une telle splendeur sur les écrans timbre-poste du Cinéplex-Centre-ViUe.I i C-4 ¦ Le Devoir, samedi 2 mars 1 991 le cahier du Le conseil de Stephen Frears: fuyez vos parents! PHOTO SUZANNE HANOVER L’acteur John Cusak et le cinéaste Stephen Frears, qui a dirigé The Grlfters.Nathalie Petrowski SI J’AI BIKN compris, un homme a le choix : ou bien il tue sa mère ou bien celle-ci le détruit.Êtes-vous d’accord ?Je viens de poser la question au cinéaste Stephen Frears dont je ne vois pas le visage mais dont j’entends la voix faire écho à travers un réseau enchevêtré de lignes téléphoniques qui traversent l’Atlantique et bravent le décalage horaire pour nous réunir le temps d’une entrevue micro-ondes où il sera question de son tout dernier film, The Grifters, ( Les amaqueurs), qui sortait en salle dans les deux langues hier.Il est une heure de l’après-mitji, heure de Montréal et six heures plus tard en Grande Bretagne.De l’autre bout du fil me parvient la rumeur lointaine d’enfants qui jouent dans un jardin anglais, puis la voix un peu rauque du plus bel espoir du cinema britannique d’aujourd'hui.Si le nom de Stephen Frears ne vous dit rien, laissez.-moi vous rafraîchir la mémoire.My beautiful launderette, Trick up your ears, Sammy and Rosie get laid, Les liaisons dangereu ses, autant d’oeuvres originales, personnelles et rafraîchissantes que Frears signait pendant les années SO, une décennie qu’il ne respecte pas particulièrement et qu’il voit peuplée d’opportunistes, de carriéristes, d’arrivistes, bref de gens qui se servent toujours avant les autres et qui n’ont comme préoccupation que leur survie ou leur avancement.Et bien que Les Arnaqueurs sorte en 1991, au début d’une décennie qui promet un changement, le film est un pur produit des années 80.Frears en convient.Il devait du reste tourner Les arnaqueurs avant Les liai- sons dangereuses avais pour toutes sortes de raisons dont probablement la nécessité de damer le pion à Milos Forman sur le point de tourner sa propre version des Liaisons sous le titre de Valmont, le cinéaste accepta de tourner Les arnaqueurs 15 mois plus tard.Mais revenons-en à ma première question.Faut-il oui ou non tuer sa mère afin d’éviter que celle-ci se charge du contraire ?Si je pose la question c'est parce qu’elle est au centre du nouveau film de Frears, un film noir campé dans le milieu des arnaqueurs mais traitant plus particulièrement d’un rapport mère-fils qui a mal tourné.Stephen Frears ne veut pas répondre à la question.Il trouve que je suis trop sérieuse et que je vois la vie en noir.Je veux bien sauf que c’est pas de ma faute si à la fin de son film Maman arna- queuse (Angelica Houston) zigouille son fils chéri (John Cusak) juste après avoir liquidé la bien-aimée de ce dernier (Annette Bening).Stephen Frears change de ton.« C’est vrai que tout cela se termine très mal mais c’est un film noir, il ne faut pas l’oublier.C’est vrai aussi que les relations parents-enfants ne sont pas forcément simples.À mon avis, la meilleure chose à souhaiter aux enfants c’est qu’ils échappent à l’emprise et à l’influence de leurs parents dès qu’ils le peuvent.C’est en tous les cas ce que je souhaite à mes propres enfants.» Il n’en dira pas plus sur les relations parents-enfants mais il suffira de voir Les arnaqueurs pour comprendre à quel point il en a une piètre opinion.Ce n’est pas chez lui qu’on trouvera la moindre note d’espoir.Ce n’est pas chez lui non plus qu’on apprendra à aimer sa mère.Et pourtant c’est chez lui qu’on aura l’impression d’avoir un autre son de cloche sur cette question compliquée, un autre son de cloche plus près de la vérité et qui nous change des bons sentiments des films de fils à maman.« J’ai toujours aimé les films noirs, poursuit Frears, j’ai grandi en les regardant et ce qui m’attirait c’est que ces films étaient souvent tournés par des cinéastes européens qui avaient une vision un peu torve de l’Amérique.J’aimais le côté sardonique de leur regard.» Tourné à Los Angeles, la ville qui a inspiré un nombre incalculable de romans noirs dont cette nouvelle de Jim Thompson, Les Arnaqueurs a été produit par Martin Scorsese qui initia le projet et eut l’idée de le proposer à Frears.Ce dernier accepta sans la moindre hésitation.Ce n’est que plus tard qu’il comprit que Les arnaqueurs était en fait la suite moderne des Liaisons dangereuses.Comme de fait, les deux films mettent en scène un homme coincé entre deux femmes et qui finit dévoré par la plus forte des deux.Pour Stephen Frears, cette première expérience de tournage en sol américain avec Martin Scorsese comme producteur, fut des plus agréables.« Contrairement à tout ce qu’on a dit sur les Américains, plaide-t-il, moi je n’ai pas à me plaindre.Ils me traitent bien, ne me mettent pas de bâtons dans les roues et me laissent parfaitement libre de faire ce que je veux, c’est un plaisir que de travailler avec eux.» Quant à l’avenir, Frears laisse entend qu’il a plusieurs projets en chantier mais pas de quoi écrire à sa mère.Pas encore du moins.COMPLET samedietdimançhe PRESENTATION DE BE l l CANADA Le cinema IMAX au Vieux-Port de Montréal PLAN ETE Un nouveau regard sur la Terre.Le tout dernier tilm IMAX.•m?9 CIQR'A CFCFôOO CMC73AM G Frissons garantis ! >• O TinmhLi\ l r Dm,'on E\VENTE CHEZ A±?liil£b*iOK (514)5221245 1-800-361-4595 CINEMA The Grifters: pourquoi maman est une ordure Nathalie Petrowski DIFFICILE avec le nouveau film de Stephen Frears, de dissocier l’oeuvre de celui qui l’a réalisée et cela en dépit du fait qu’avant d’être un film The Grifters était une nouvelle de l’écrivain américain Jim Thompson.Chose certaine, ce n’est pas pour rien si l’enfant terrible du nouveau cinéma britannique fait à ce point corps avec son sujet et qu’il le pousse aussi loin.Pour maîtriser un sujet aussi délicat, il faut en quelque sorte l’avoir vécu ou du moins l’avoir observé d’assez près.Pour maîtriser un tel sujet, il faut un peu, beaucoup, détester sa mère ou du moins vouloir désespérément couper les ponts avec elle.De quoi s’agit-il au juste?Du mauvais rapport entre une mère (Angelica Houston) et son fils de 25 ans (John Cusak), fils qui a néanmoins suivi les traces de sa mère et qui essaie de se tailler une place dans l’univers sordide des arnaqueurs.Maman, au corps filiforme, toujours tirée à quatre épingles et juchée sur des talons si pointus qu’ils pourraient crever un oeil, gagne sa vie sur les terrains de courses et mise toujours gagnant, grâce aux bons conseils de ses patron de la mafia.Fiston pour sa part, se contente de rouler les petites gens dans les bars en leur faisant miroiter des billets de $20 qui se transforment subitement en billets de $1.Quant à la petite amie de Fiston (interprété par Annette Bening), elle vend son joli corps aussi filiforme que celui de maman, à qui veut bien l’acheter.Le drame éclate avec le retour de Maman après une absence de huit ans et la découverte que son fils, non seulement mène une mauvaise vie mais a récemment reçu un coup de bâton de baseball, qui est en train de lui perforer l’estomac.Maman précipitera son fils à l’hôpital non sans lui faire la morale sur la vie dissolue qu’il mène et sur le fait qu’il n’est pas équipé, ni physiquement ni moralement, pour encaisser les coups durs du milieu de l’arnaque.Evidemment, Maman est assez mal placée pour parler.Elle parle tout de même jusqu’au jour où elle devra elle-même encaisser quelques coups durs et fuire les tueurs que son patron a lancés à ses trousses.Ce jour-là, maman devra évidemment choisir en- tre sauver sa peau ou celle de son fils.Film noir, campé dans le Los Angeles des motels miteux, des lumières blafardes et des grosses Cadillac sombres, The Grifters, est à la fois le Polaroid du demi-monde de l’arnaque et celui de la société américaine de la fin des années 80.Les gens ici ne vivent que pour le fric, éternellement à la recherche de la manière la plus rapide de faire ce fric en «fourrant» le plus de monde possible.Arnaqueurs professionnels et ordinaires, ils n’ont aucun problème de conscience, aucune culpabilité, aucun remord, aucun désir de changer de vie sauf de temps à autre quand la peur de se faire descendre devient une probabilité.Et même là, ils sont à ce point prisonnier du système de l’arnaque, à ce point convaincus de leur supériorité sur le monde «straight», qu’ils ne peuvent s’imaginer vivant autrement et gagnant leur pain quotidien honnêtement.Portrait fascinant de ce monde d'illusions, The Grifters pourrait se contenter de décrire un milieu social comme le fait le film Goodfellas.Il nous offre en prime une étude de caractère et un plongeon dans les eaux froides des rapports parents-enfants.Tranquillement, la relation inexistante entre cette mère égoïste et ce fils mal aimé qui fréquente une fille qui est le portrait craché de sa mère, prend toute la place, révélant des vérités insoupçonnées sur une relation qu’on a peu ou mal explorée au cinéma.Stephen Frears dont la maîtrise cinématographique grandit avec chaque film et qui manie les subtilités du récit avec le scalpel froid du chirurgien, n’a pas peur de fouiller les relations humaines.Depuis Les liaisons dangereuses, on pourrait pratiquement dire qu’il en a fait sa spécialité.Il n’a pas peur non plus d’en venir aux conclusions qui s’imposent.Son film est aux antipodes du Comme un voleur de Michel Langlois où la relation mère-fils est à ce point idéalisée qu’on se dit qu’il doit y avoir anguille sous roche et que tout cela est trop beau pour être vrai.Avec Stephen Frears, rien est beau, rien n’est rassurant, rien n’est mièvre.En revanche, cette absence de complaisance se prie garante d’une oeuvre forte, originale et terriblement troublante.A voir.¦MéIéééééiMiIah kmohmJ ; i MARCEL SIMARD ^ L0Vfc-Nlo\ 14 u?/sDDëgt»* L««c vi câtw«»n o m* ks*J 12 SO-3 00-5 10-7 20-9:30 * et Les Films du Crépuscule présentent f/f .Une boudée d'oxygène.— Geneviève Picard, LA REVUE VOIR ‘Un amour constant.À ne pas rater”.— Serge Dussault, LA PRESSE — berge uussauit, la /Leningrad cowbo GO (Version originale anglaise sous titres français) UN FILM DE A K I KAURISMÀKI ÆnniQ01.BV STEPEOl—, U PARISIEN © 480 STE CATHERINE O 866 MS6 l ÎS6) 1 25-3 25-5 25-7 25-9 25 L’AUntlCHENNE ri f KKI (.'KAMI K l>l I I K Kl U PARISIEN ® «60 VI CATHf ft'Mf ' 12 40-2 50-5 W-7 10-9 20 PRIX DE LA MEILLEURE REALISATION Festival du film Iraniopljone Le PARISIEN 3) EN NOMINATION POUR 5 CÉSARS FABRICE LUCHINI LA DISCRETE UN FILM DE CHRISTIAN VINCENT "Un film beau et bon à voir.Une belle réussite." - Françine Grimaldi.CBF BONJOUR "Fort et courageux.Il faut y aller." - Franco Nuovo.JOURNAL DE MONTREAL "Un remarquable «film d'acteurs»" - Françine Laurendeau.LE DEVOIR "Claude Berri signe un film qui a des moments très forts, grâce à des comédiens exceptionnels." - Paul Toutant.MONTRÉAL CE SOIR “Un film que j'ai beaucoup aimé." - MariaFrance Bazzo.LA BANDE DES SIX mVcH le nouveau film de CLAUDE BERRI flWi ' URANUS ^ IP .^1 M » 0 /> ¦M i f 11?» GÉRARD PHILIPPE MICHEL MICHEL JEAN-PIERRE DEPARDIEU NOIRET BLANC GALABRU MARIELLE d'après le roman de MARCEL AYME "Editions Gallimard" GÉRARD DESARTHE • DANIELE LEBRUN • FABRICE LUCHINI • DANIEL PREVOST adaption CLAUDE BERRi et ARLfHE LANGMAN mu«iup cof d-ntjee paOEAH CLAUDE PfTiT .'mages RENATO BERTA frr.or, BERNARD VEZAT ' oVumes CAROLINE DE V’TAiSE montai HERVE DE LUZE difecteu'de t/wk/.fion PATBiCk BORD'ER pfcdi/te y < iu ,M PIERRE GRUNSTElN .une CO production RENN PRODUCT-ONS ' f .MS A?¦ 0 D PRODUCTIONS SOf'CAS SO*1 ARP INVESTIMAGE 1 iNVESTiMAGE ?00 [ osxm vrfwfi.mmmp 'JjTj dolby STEUEd-^.Jste Adèle Le PARISIEN © UilULUUL ?4 r„c MORIN : rr,v, 4 «O '.ff CATHf RINf O 866 T8S6 12 15-2 30-4 45-7 00-9:15 aucun laissez-passer Tout !•« tolrt 8 00 Mm 7 00-9:50 POUR RESERVATIONS SCOLAIRES CONTACTEZ OES MAINTENANT C/FP DISTRIBUTION MTL AU (514) 342-9250 FILMS VIDÉO Le Devoir publie aujourd'hui une première chronique sur les nouveaux films disjiotiibles en magasin de vidéo.Sa publication reviendra à tousles 15jours.Chasseur blanc, coeur noir Avec Clint Kastwood et Jeff Fahey.Action.Français et anglais le 13 mars.UNK AVKNTURK pseudo-biographique du cinéaste John Wilson (en vérité John Huston, joué par Clint Kastwood), d’après le roman de Peter Viertel, qui a aussi travaillé sur The African Queen.Le film fait état de la passion obsessionnelle de l’homme : celle de tuer le plus grand et noble mammifère terrestre, l’éléphant mâle d’Afrique.Wilson a un talent indéniable de cinéaste; certains lui accordent cependant des élans LATÀLÀNTE avec l’inoubliable MICHEL SIMON LE CHEF-D'OEUVRE DU CINÉMA FRANÇAIS! UN FILM DE JEAN VIGO cCZJrnO jM M A L O P I L M DISTPIBUllON C INI fil «OMI* 16:00 - 21:45 L mam&i 2001.RUE UNIVERSITY ) auto-destructifs.Maintenant sans le sou, son intérêt de chasse n’en est nullement réduit.Regard intelligent sur la passion, l’arrogance mais aussi l’ignorance d’un homme.Brillante performance d’Kastwood.After Dark my Sweet Thriller-érotique Avec Jason Patrie et Rachel Ward Anglais.7 mars.L’H 1STOIRK d’un naufragé d’une arène de boxe, évadé d’un hôpital psychiatrique qui se trouve d’abord un pied à terre chez une jeune veuve aguichante, portée vers le rouge, reniée par plusieurs.Ils viseront ensemble le gros lot, en compagnie d’un troisième complice : celui de kidnapper un jeune fils de riche.Violence et érotisme au programme.Jekyll and Hyde Horreur Avec Michael Gaine et Cheryl Ladd Français.6 mars.LA NOUVELLE version de l’oeuvre de Robert Louis Stevenson, avec de nombreux effets spéciaux d’une qualité étonnante.Les métamorphoses du pauvre docteur sont désormais affreusement mieux réussies.The Take Thriller-action Avec Ray Sharkey, Lisa Hartman et Larry Manelti Français.14 mars.UN POLICIER qui a déjà mal tourné se retrouve dans une horrible histoire de meurtre et dans le monde de la drogue, dans l’univers interlope de Miami, après un séjour de quatre ans en tôle.Il tente, ohsurprise.de blanchir sa réputation.Des explosions de violence avec tous les moyens du bord.À Menteur, menteuse et demie Comédie Avec Anson Williams et Ann Jilliam Français.5 mars.UNK PKTITK histoire d’amour du type La Croisière s'amuse.Lui, il est médecin, mais il lui dit qu’il n’est qu’aide-infirmier.Klle, elle est policière, mais elle lui explique plutôt qu’elle est issue d’une famille de ri che et qu’elle patauge dans les affaires de famille qui exploite toute sorte d’entreprises profitables.Les violons s’il-vous-plaît.En bref King of New York.Un cerveau déterminé à régner sur la belle grande ville.Parfois réaliste mais romancé comme à la tivi.7 mars.Exorcist III.La suite du casse-tête à saveur théologique, avec George C.Scott.7 mars.Russian Terminator.La version soviétique d’Arnold.14 mars.Arachnophobie.L'araignée en avant plan et en toile de fond.Simultanément en français et en anglais.6 mars.Ileat Wave.Un journaliste noir aux prises avec les problèmes raciaux près de Los Angeles il y a 25 ans.13 mars.— Yves d'Avignon Le Devoir, samedi 2 mars 1991 IR C-6 le cahier du t • ameai ROCK CINEMA Les sept membres du groupe Chicago.Chicago s’incruste et ses cuivres s’oxydent Chicago Twenty One Reprise (Wea) 92 63914 Sylvain Cormier EN 1969, à l’instar d’Electric Flag et de Blood, Sweat & Tears, le groupe Chicago, qui s’appelait alors Chicago Transit Authority, inventait un genre musical, substrat d'une chimie inédite.Un jazz-rock basé sur une époustouflante section de cuivres, où la guitare de Terry Kath, la voix haut perchée de Peter Cetera et les claviers de Robert Lamm se mêlaient à de riches harmonies vocales.Le premier véritable big band du rock.Pour tout vous dire, c’était le goupe préféré de mon cousin Robert — qui s’y connaissait — et de nombreux autres Québécois : en juillet 1970, Chicago attirait 50 000 spectateurs à la Place des Nations et remplissait le Forum l’année suivante (admission générale à 5 $ le billet, on croit rêver).Donald K.Donald jubilait.Jusqu’en 1977, les tubes se succédèrent à un rythme effarant : Does Anybody Really Know What Time It Is, Beginnings, Make Me Smile, Saturday In The Park.L’apprenti-gui-tare des années 70 se devait d’ajouter le « riff » mémorable de 25 Or 6 To 4 à son maigre répertoire, composé le plus souvent du Smoke On The Water de Deep Purple et du Jumping Jack Flash des Stones.Leurs ballades ( Colour My World, Il you Leave Me Now), des slows si délicieusement lents qu’on les dansait sur place, faisaient transpirer les jeunes couples.Le paysage musical de l’époque ne se décrivait tout sim-( plement pas sans eux.Chicago, c’était ça, et bien plus.Le déclin s’amorça en 1978, à la , mort du guitariste Terry Kath, victime de sa prédilection pour la roulette russe.De la chimie originale, ,l’élément rock s'évanouissait.On capitalisa alors sur les ballades et les vocalises de Cetera, confinant les cuivres à un rôle purement complémentaire.D’avant-gardiste, la musique de Chicago devint centriste, s’installant progressivement dans le MO R (Middle Of The Road).Malgré quelques succès prévisibles (Hard To Say I'm sorry en 1982, You’re The Inspiration en 1984), le groupe s’enlisa.Avec le départ de Peter Cetera en 1985, Chicago perdit à la fois sa voix et la majorité de ses fans.Son départ aurait dû signifier la fin de l’aventure.Hélas, les survivants (la section de cuivres et le clavié-riste Lamm) se sont incrustés, ont engagé des remplaçants et continuent depuis, bon an mal an, à enregistrer des albums de plus en plus négligeables.D’où cet opus 21, dont la numérotation absurde ne fait qu’accentuer le fossé, que dis-je, le canyon qui sépare le vibrant Chicago d’hier et le moribond Chicago d’aujourd’hui.Que trouve-t-on sur Chicago Twenty One ?Une fournée indigeste de ballades romantiques qui accompagneraient gentiment les téléfilms pleurnichards de Lance et compte ( You Come To My Senses, Chasin' The Wind, Man to Woman), une dose mortelle de rengaines pop à tempo moyen (Somebody Somewhere), et du pseudo-funk imbuvable, noyé dans un océan de synthés ( God Save The Queen).Ici et là, dans Only Time Can Heal The Wounded, par exemple, quelques sursauts d’énergie, quelques pouet pouet bien amenés.Bon sang ne saurait complètement mentir.Voilà.Partout ailleurs, des cuivres asthmatiques s’époumonent en pure perte.Chicago souffre d’emphysème.L’euthanasie s’impose.Pure charité chrétienne.D’incontournable et pertinent, le groupe a sombré dans la redondance et l’insignifiance, et la sortie d’un 21e album n’a plus le moindre sens dans l’échiquier musical des années 90.Dans 20 ans, Chicago 421 Plutôt mourir.« It’s better to burn out / Than it is to rust », chantait Neil Young au Forum il y a deux semaines.Des cuivres oxydés de Chicago, il n’y aura bientôt plus que du vent.théâtre du nouveau monde On ne badine pas avec MISE 01 SCÈNE Olivier Reichenbach DÉCOR Michel Crête COSTUMES • Meream Laron Michel Beaulieu MVStqur ORIGINALE Michel Hinton d’Alfred de Musse! GirmipJril Janine Sutto Jean Dalmain André Montmorency Martine Francke Jacques Brouillet —Michel Hinton Jean-Louis Paris DU 12 MARS AU 6 AVRIL Mardi au vendredi: 2()li Samedi: Kill et 2 84, rue Sle-Catherine Ouest M" Place tics Arts Stationnement adjacent au théâtre RÉSERVATIONS: 861-0563 Gj MOLSON (w) O’KEEFE ia nnAtifirnir moison o La descente aux enfers de Jim Morrison The Doors Un film écrit et produit par Oliver Stone mettant en vedette Val Kilmer (Jim Morrison), Frank Whaley (Robby Krieger), Kevin Dillon (John Densmore), Kyle MacLachlan (Ray Manzarek) et Meg Ryan Musique de The Doors produite par Paul A Rothchild.Américain 1991.Aux cinémas Imperial, Du Parc, Fairview, Greenfield Park et Versailles Nathalie Petrowskl LE CINÉASTE Olivier Stone n’est pas de ceux qui idéalisent les années 60, même que sa tendance naturelle serait des les démystifier au point de leur enlever tout leur vernis.Dans les entrevues à la presse, Stone ne cache pas son antipathie et déclare volontiers que les années 60 furent des années de grande irresponsabilité collective, des années de complaisance et d’auto-destruction où la société américaine a reculé plus qu’elle n’a avancé.Le point de vue de Stone a ceci de particulier, que le cinéaste a vécu les années 60 non pas aux Etats-Unis mais au fin fond du Vietnam où la guerre battait son plein.Stone n’a jamais digéré le mouvement de contestation pacifiste avec sa légion de jeunes fous qui déchiraient leur carte militaire, brûlaient le drapeau américain et se gargarisaient de beaux principes pendant que le soldat Stone lui, risquait sa peau à tous les jours sur le champ de bataille.Déjà dans Born on the fourth of July, l’histoire d’un jeune vétéran du Vietnam qui revient au pays paralysé des deux jambes, il avait critiqué cette époque soi-disant glorieuse en se payant une scène de contestation qui avait des allures de grand guignol.Dans The Doors, la tragique histoire du chanteur et poète J im Morrison, le cinéaste s’y donne à coeur joie pour clouer une fois pour toutes le cercueil d’une époque qu’il ne porte manifestement pas dans son coeur.Jamais les années 60 ne sont apparues sous un jour aussi noir, aussi hystérique, aussi destructeur.Jamais l’euphorie de la jeunesse américaine de cette époque-là n’est apparue aussi vaine et inutile.Avec ce regard qu’il veut distant et qui pourtant juge plus qu’il ne transcende, Oliver Stone décrit les années 60 comme une immense transe collective, un train lancé à vive alllure sans le moindre conducteur, une zone de turbulence que traverse un avion sans pilote.Ce qui s’est passé pour que la société perde à ce point le nord et pour que les in- Jim Morrison en spectacle.Les policiers sur la scène ne font pas partie du décor.divutus s’y éclatent avec autant de ferveur, Oliver Stone ne l’explique jamais.Il se contente de nous raconter l’histoire ou plutôt la lente descente aux enfers de James Douglas Morrison, ce fils d’adnural, étudiant en cinéma et poète à ses heures, qui se retrouve à Venice en Californie à écrire des chansons dans un groupe qu’il a baptisé The Doors parce qu’il entend aller de l’autre coté des ap parences et ouvrir les portes du savoir et de la connaissance.En attendant, des petits contrats dans les clubs de Los Angeles vont tranquillement faire connaître les Doors jusqu’à ce que la chanson Light my fire les propulse sur la scène nationale et les hisse au rang de héros et de mythe.En bel adepte de Rimbaud, Morrison va continuer à prôner le dérèglement des sens 24 heures sur 24, une idée intéressante mais plutôt impraticable surtout quand les jours se prolongent en semaines, puis en mois et finalement en années.Plus la popularité de Morrison grandit, moins celui-ci est capable de supporter la pression dévorante de la machine à succès américaine.Plus il boit, se défonce, se perd et se détruit, abusant de drogue, d’alcool, de sexe et de rock’ n roll, les instruments-même de sa libération qui se sont retournés contre lui pour devenir son esclavage et sa prison.Dès le départ, il est établi que J im Morrison, interprété par Val Kilmer, est une sorte d’illuminé qui flotte au-dessus des êtres et des choses avec une sorte de sourire angélique.Même s’il n’est pas né dedans, Jim Morrison passe son temps sur l’a- LE gram LAC DES \o'' I.E SUPREME BAI 11 I III.ANC NOUVEAUX l)l-('uverte Star d'un soir Premier rôle Cinéma : Les portes tournantes Can.88 —Avec Gabriel Arcand 22ts20/TéM- joumaip 22M0/Scu#y rencontre (W Pol.prov.(23h40) Cinéma pn WCAX (CBS) Burlington News p The Golden Girls 60 minutes p Murder, she wrote p Cinéma : Lies Before Kisses —Am.91 p Avec Jadyn Smith et Ben Gazzara Newsp 23h15/The Arsenlo Hall Show ré-, WPTZ(NBC) ^ Plattsburgh A commu- niquer Newsp Super Bloopers & p New Practical Jokes Expose p Real Lite p Cinéma: The Summer My Father Grew Up—km.Avec Matthew Lawrence et John Ritter Sunday Scoreboard Reunion Cinéma TO CBMT(CBC) tîJ Montréal Magical World ol Disney 1991 Juno Awards p Carol 8 p Company Newsp Venture Newswatch Spitting Image Œ>KT’ Le TVA p réseau Doctor Doogie Rira bien.Cinéma : Broadcast News— Am.87 Avec Holly Hunter et William Hurt LeTVAp réseau Vision mondiale Mongraln de sel rc\ CFCF(CTV) UH Montréal Newsp Travel Travel Live it up p America's Funniest p Cinéma : The Mllagro Beanfleld War—Am.88 p Avec John Heard « Sonia Braga Newsp News Entertainment Tonight m TV5 (Télé «W Francophones L’école des fans L'Euromag (18h50) Le journal deRTBF 7 sur 7 Csnctèfi i Le monde mode d’emploi Faut pas rêver Modem style (22h50) 23h45/JoumaldeA2 ®arj Passe- Partout A plein p temps Degrassi p Le Clap Cinéma : L'indésirable—Am.86 Avec Jason Robards et C.Dewhurst Cinéma : Les trois mousquetaires -Am.48 Avec Gene Kelly et Lana Turner «K"" Dadabiz Transit Spécial: R.Steady Musique vidéo rôôï WVNY (ABC) '==* Burlington Newsp Life goes on p America's Funniest p Cinéma : Robocop —Am.87 p Avec Peter Weller et Nancy Allen Newsp Forum 22 (23h15) Commercial.(23h45) 19h / Backtrax The best ol much Vkféocllps Spotlight/ Olivia.Yldéodips ns») VERMONT VS» ETV(PBS) Æ& 4-SAISONS Montréal All Creatures and Small Les carnets ( Imr.: Jean Pa Great The Travel Magazine A Baby monkey.Cinéma : Lantern Hill—Can.90 p Avec Mairon Bennett et Sarah Polley The Travel Magazine Mystery l p Cinéma leL.-Josée: •9* Caméra 91 Surprise surprise Cinéma : Appel i la justice-Am.88 Avec JodieFoster et Kelly McGillis Le Grand Journalp Passeport Floride WCFE 'sZJ (PAS) Nat King Cole Show Luciano Pavarotti : World Cup Concert Carreras, Domingo, Pavarotti In concert Mystery l Poirot II Double Sin Shelley i t Le Devoir, samedi 2 mars 1991 ¦ C-9 le cahier du j • ameai DANSE Robert Desrosiers, du Desrosiers Dance Theatre.PHOTO CYLLA VON TIEDEMANN Fougue et flamboiement Catherine Caron A SES DÉBUTS, le chorégraphe Robert Desrosiers faisait figure de grand échevelé excentrique à l’imaginaire lunaire et débridé.Dix ans plus tard, on y voit plutôt le pendant masculin d’une Louise Lecavalier.Tous deux ont la fougue, le flamboiement, l’étoffe des rares danseurs qui sont l’objet d’un culte.C’est donc avec enthousiasme que ses fidèles attendaient le Desrosiers Dance Theatre.La compagnie s’arrêtait à Montréal cette semaine dans le cadre du micro-Festival Danse 91 en cours au Centre Saidye Bronfman.Au programme : Avalanche, un amalgame de quatorze extraits tirés du répertoire de la compagnie., L’avalanche fut d’autant mieux ressentie que cette troupe (basée à Toronto mais comptant une majorité de Québécois) n’a jamais gâté Montréal par ses visites.La dernière remonte au Festival de Nouvelle Danse de 1985 et on a pu voir Blue Snake créé par Desrosiers pour le Ballet National du Canada en 1989.Celui-ci nous devait bien l’occasion de dégringoler dans son univers auquel se sont ajoutées des pièces comme Lumière (1986), Jeux et Concerto in Earth Major (1987).Surréaliste, Desrosiers ne crée pas des cadavres exquis mais plutôt des caméléons extatiques.Les extraits se succédant, on a obtenu des bribes de ces mises en scène surréalistes sur lesquelles repose sa signature.Au nombre des personnages : son Chaplin de Bad Weather, des poupées rappelant Ragedy Ann dans Jeux, des pions sur un échiquier dans Lumière, un renard bleu dans Incognita.De toute évidence, il faut une certaine naïveté pour apprécier.Et aussi un désir d’évasion alimenté à cet égard par l'ardeur que mettent les chorégraphes d’ici à représenter l’individu post-moderne, souvent catastrophé et un peu sclérosé.L’univers de Desrosiers est carrément plus fantaisiste.Ce contraste compte pour la moitié de son charisme.On a pu remarqué à quel point l’ensemble de l’oeuvre est traversé par la même dépense physique, la rapidité d’exécution et l’acrobatie qui caractérisent la nouvelle danse.C’est là que se situe la parenté artistique que la troupe entretient avec les créateurs québécois.Ainsi, A valanche a déboulé à un train d’enfer malgré qu'on ait débuté avec retard et nervosité (un danseur s’est même retrouvé sur scène un peu déculotté).Le sol chez Desrosiers est utilisé comme une plaque énergétique d’où les danseurs rebondissent, gesticulent, tourbillonnent.Force est de constater que la dynamique reste fondamentalement la même malgré les métamorphoses.Desrosiers sait trop qu’on ne disserte pas sur son cas.On le subit comme un charme, particulièrement dans Concerto in Earth Major où il compose avec brio un individu tranché en deux personnalités : une face gauche sauvage, une face droite élégante en smoking et chapeau haut-de-forme.Il y a bien sûr Ultracity, une de ses pièces maîtresses.Les hommes portent des lustres étincelants sur leurs têtes et des ailes à leur dos tandis que deux « anges » dansent.C’est un bel exemple de son penchant baroque et l’occasion d’un moment d’accalmie (bien relative) où l’alchimie entre la danse et le théâtre que le Desrosiers Dance Theatre a été un des premiers à favoriser sur la scène canadienne se produit singulièrement.ABTS VISUELS Guy Nadeau et Ron Benner, de la matière à la substance Guy Nadeau Centre des Arts contemporains du Québec à Montréal, 4247 Saint-Dominique, du lundi au jeudi de 10 h à 18 h, vendredi de 10 h à 13 h, jusqu'au 21 mars Ron Benner Galerie Brenda Wallace, 372 ouest Sainte-Catherine, jusqu'au 16 mars.Claire Gravel DES FEUILLES épaisses d’acier s’élancent à 14 pieds dans les airs comme un geyser noir sous le coup d’une bombe.Le métal se déchire et ses tronçons retombent dans l’espace dans un puissant mouvement giratoire.Voilà la dernière oeuvre de Guy Nadeau, qui renoue avec la grande sculpture post-minimaliste qu’il pratiquait avant son installation à Montréal il y a 5 ans.Dans Iles en gamme exposées à la galerie Skol l’an dernier, Guy Nadeau était venu dessiner sur les matériaux, une pratique abandonnée ici : « Je cherche davantage une présence que des images » me dit-il.« L’art a besoin d’une stimulation plus physique.Après Chicoutimi, j’avais mis cela de coté.À présent, j’accepte que mes motivations soient moins soumises aux grilles purement conceptuelles ».« Car l’épaisseur de la matière me préoccupe davantage que sa surface.C’est la déchirure qui vient produire des effets de lignes, qui donnent les dimensions ».Lorsque cet Horizon chimérique explose le long du mur, Lointain muet occupe la totalité de l’espace central.On dirait un piano à queue, dont le banc, haussé au niveau que l’on retrouve dans chaque pièce (même les dessins), se transforme en observatoire.Le clavier, reproduit en métal lourd, est juché sur un chevalet : en jaillissent des bandes d’acier qui vont se rompre à l’horizontale en créant de saisissants effets liquides.« Il y a, malgré moi, beaucoup de petites analogies qui apparaissent, dans la formule mathématique du clavier, par exemple.Le clavier immobile prend la place de la toile blanche.J’essaie de représenter ce moment-là, avant de jouer, le silence », dit l’artiste.Lointain muet reprend un peu Contré en pique-nique du Symposium de Drummondville l’été dernier.Mais ici la problématique s’est resserrée : « Le clavier figure l’instrument de l’artiste, avecson pouvoir de transformation » dit Nadeau.« Le banc ramène la lecture de l’oeuvre à celle du point de vue privilégié».Lointain muet, de Guy Nadeau.Un point de vue qui ne décolle pas de la ligne d'horizon semble nous dire l’artiste et dont la matière, superbe, contenant en elle-même toutes les possibilités, n’a que faire.C’est le matériau qui est célébré ici, dans une esthétique qui n’est pas éloignée de celle du grand Serra.« Chaque plaque est déchirée et pliée sans aucune perte.Toutes les transformations laissent le matériau intègre.Je laisse mes gestes apparents.Ça ressemble à du papier déchiré, mais ça n’arrive qu’à travers un long travail artisanal et rude.Ce ne sont pas des morceaux de fer tordus et soudés.Il n’y a aucune soudure ».Cette force de la matière et celle du sculpteur qui la pousse à bout on les ressent devant ces oeuvres.Elles résonnent dans le silence du Lointain muet, dans les sérigraphies rehaussées de dessins qui reconstituent le travail de la sculpture : large trait sombre, déchirures, dessins aériens.Un coup de craie bleue ramène le tout à la ligne d’horizon.C’est la mer qui déverse ses flots bleus à travers les échancrures des plaques d’acier.Avec Horizon chimérique, Guy Nadeau a définitivement mis de côté les effets de trico- PHOTO JACQUES GRENIER tage soi disant conceptuels de la sculpture analogique pour atteindre une substance énergétique extraordinaire.Ce n’est pas le sculptural qui intéresse Ron Benner, cet Ontarien dans la quarantaine qui a fait des études d’ingénieur agronome et conduit des trains.Son oeuvre, depuis 15 ans, dénonce l’impérialisme blanc et elle ne s’embarrasse pas d’effets esthétiques, comme le montrait la Baie des cochons ex posée chez Brenda Wal lace en 89, où le sucre de canne débordait sur les photos comme du mastic.La galerie propose un choix d’oeuvres de 78 à maintenant; tout un mur est occupé par Capital remains (1986-1988) ou 9 grandes photos noir et blanc montrent des vestiges de l’ère du capitalisme dans les rues de la Havane.Les enseignes de compagnies et de banques depuis disparues, abîmées et vétustes, sont prolongées dans l’espace réel par de grands tuyaux rouillés, des clôtures et des débris par terre.C’est Beyrouth comme tout.Le capitalisme voit les traces de sa puissance passée assimilée à des déchets.And When Your Streets Are Empty (1978-1979) illustre les paroles de deux chefs indiens après les bris des traités par le gouvernement blanc.À travers des paysages de Southwold, autrefois habités par les Iroquois, Benner a couché des pattes de cerf.La dernière photographie est celle d’une ville la nuit.Les pat1 tes sont dressées, comme si elles pouvaient marcher dans la rue, esprits de toutes les victimes qui vieil nent hanter la mauvaise conscience de l’homme blanc.Les pattes réelles sur le sol de la galerie déplacent cette métaphore dans notre univers immédiat.Across The Line — In Memory Ot Ruth First (1984) est un hommage à la journaliste sud africaine qui s’est érigée contre l'apartheid et qui a été tuée en 1982.Une barrière de ciment hérissée de tessons de bouteilles coupe une immense photo en deux.D’un côté il y a un petit tas d'haricots blancs, de l’autre, une grande quaii tité de fèves noires et quelques blan ches, qu’une main, traversant la bar rière semble avoir déposées.L’oeuvre comporte plusieurs messages, dont celui d'un apartheid qui isole tellement les blancs qu’ils ne peu vent transgresser les interdits sans danger.L’oeuvre la plus récente est 'l'rans Mission (Drought Simulation) qui récrée un la bora*'«ne où l’on tente, avec des produits chimiques d’ob tenir une sécheresse simulée pour arriver à une grosseur voulue de pommes de terre.Au sol, 550 modèles de pommes de terre enveloppées de papier métal tique figurent cette aberration de l’industrie de la consommation en quête d’objets « parfaits ».« Par trans mission, me dit Benner, j’entend le mouvement d’une idée ou d’une maladie, de l’Europe aux colonies.Les scientifiques injectent de l’anti freeze pour simuler la sécheresse, c’est très dangereux.Au Pérou, il y a des milliers de sortes de pommes de terre.Ça ne marche pas là-bas, ce genre d’expérimentation, il n’y a pas de stratégie, de marketing pour ce que je considère être une farce ».Il n’est pas le seul : au centre, il a placé une photo d’un groupe de cultivateurs incas et au sol, leurs produits : des patates de formesdi verses.Au delà du labo qui ressemble à une prison, les Indiens ont l’air de se moquer gentiment de nous.Car, mine de rien, Benner nous a encore inscrits dans l’enclos du pou voir et du savoir : nous sommes pris à partie dans ses oeuvres qui ont la valeur d’un manifeste.Avec leur facture faussement brutale qui recouvre une relecture critique de l’histoire, les oeuvres de Benner déngii-cent, irritent et convainquent tout à la fois.CENTRE DE DESIGN DE L'UQAM: 200 ouest I Sherbrooke, Montréal (987-3395)— Exposition de design typographique TDC-36.réalisée par le Type Directors Club, du 7 mars au 7 avril, mer.au dim.de 12h à 18h.CENTRE D'EXPOSITION LA GARE: L'Annon-ciation— Art laurentien téminin, exposition multi-mê-dia.B Baxter, A.Burr, K.Bruneau, R.Charbonneau, ! J.Fabb, E Justmann, E.Lépme, G.Piché, W.Camp-[ bell, H.Langlois, C.Miliaire, du 22 lév.au 21 mars, .lun.au sam 13h.à 17h.CENTRE D'EXPOSITION DES GOUVERNEURS: 90 chemin des Patriotes, Sorel (746-7923)— Photographies de Denis Earley, jusqu'au 10 mars CENTRE D'EXPOSITION LÉON MARCOTTE: 222 rue Frontenac.Sherbrooke (819-563-2050)— Objet: A travers les branches, exposition itinérante produite par le Musée du Séminaire de Sherbrooke, du 25 |anv.au 5 avril CENTRE DES FEMMES DE L'UNIVERSITÉ CONCORDIA: 2020 Mackay.Montréal- Salle P-03: Oeuvres de Victoria Edgar et Andrea Hellield, ¦ du 6 au 27 mars CENTRE INTERNATIONAL D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL: 3575 ave du Parc.Montréal (288-0811 )— Oeuvres de D.Cisneros.J Durham, M.Nordman et G.Zorio— Boutique oeu-.vres de J.Golub, F.Leduc, J.Kosuth et S Tousi-gnant, |usqu'au 9 mars.lun.au sam.LA CHAMBRE BLANCHE: 185 estChristophe-; Colomb, Québec (418-529-2715)— Collectif de la Chambre Blanche, jusqu'au 17 mars CIRCA: 372 ouest Ste-Catherine.ste 444, Montréal (393-8248)— Oeuvres des sculpteurs-céramistes ; Francine Potvin et Jacques Lavigne, du 2 mars au 6 • avril, mer.au sam.COLLÈGE LIONEL-GROULX: 100 rue Duquel.Ste-Thérèse (434-7648)— Oeuvres récentes de Jocelyne Petit et Catherine Bouruet Aubertot, du 6 au * 28 mars COMPLEXE DU CANAL LACHINE: 4710 St-Ambroise.Montréal (935-1291)— Galerie Jaune Paul Germain— Galerie Rouge Jocelyne Prince-Galerie Bleue: Mark Vatnsdal— Galerie Verte Ma-rielle Couturier, du 7 lév.au 2 mars, tous les jours DAZIBAO: 4060 St-Laurent espace 104, Montréal (845-0063)— Oeuvres de Mark Lewis, du 6 lév au 10 mars, mer au dim.de 12h.à 17h.et sur rendez-vous ENCADREMENT IDÉE: 235 St-Paul O.Montréal (288-5820)— Oeuvres d'artistes canadiens et américains— Également alliches, encadrement, laminage ESPACE GLOBAL: 914 est Mont-Royal, Montréal 524-1534)— Porttolios des gagnants du concours de photo Belle Gueule Marc Tessier, Héléne Cyr, Robert Fréchette.Alain Gerbier, Jean-François Leblanc.Louise Rivard et Bernard Dubois, jusqu'au 10 mars, mer au dim EXPOTEC: Vieux-Port de Montréal, angle de La Commune et Sl-Laurent— Exposition interactive à caractère scientilique, technologique et culturel sur le thème des sports, du mer.au dim.de tOh à 22h, FUSION D'ART: 1387 Lafontaine.Montréal- Oeuvres d'Allen Patten, à compter du 5 tév GALERIE ACTION: 190 rue Laurier, St-Jean-sur-Richelieu (346-5372)— Oeuvres sur papier de Françoise Lavoie, du 7 lév au 7 mars— Sculptures de Guerino Ruba, du 7 au 29 mars GALERIE D'ART DE BOUGAINVILLE: 4511 St-Denis, Montréal (845-2400)— Artistes de la galerie et nouveaux artistes: M Bouchard, U Bruni, P.Sou-likias, JP Rlopelle et P.V.Beaulieu GALERIE D'ART DU COLLÈGE ÉDOUARD-MONTPETIT: 100 est de Gentilly, Longueuil (679-2630 poste 324)— Événement Montréal-Laval, atelier collectif avec André Clément, Pierre Desrosiers, Jacky Lalargue, Monique Mongeau, Monique Réglm-bald-Zeiber et Dominique Valade, du 12 lév au 8 mars GALERIE D'ART CONCORDIA: 1455 ouest de Maisonneuve, Montréal (848-4750)— Oeuvres de Regan O'Connor— Dessins tirés do la collection permanente— Oeuvres de Stan Dennlston, du 21 lév au 30 mars GALERIE L'ART FRANÇAIS: 1434 ouest Sher-brooke, Montréal (849-3637)— Oeuvres des artistes de la galerie GALERIE D'ART DU GRAND THÉÂTRE DE QUÉBEC: Québec— « Érotisme et humour • exposition de la collection Prêt d'oeuvres d'art du Musée du Québec, du 16 janv.au 15 avril, ouvert les soirs de spectacles GALERIE D'ART MONIQUE SALVAIL: 1916 chemin du Village, St-Adolphe d’Howard (819-327-2311)— .Estampes d'art contemporain .artistes de l'Atelier Circulaire, du 17 tév.au 3 mars, les sam.et dim.GALERIE D'ART STEWART: 176 Bord du Lac.Pointe-Claire (630-1254)— Bannières en soie de Diana Dabinett, du 2 mars au 7 avril— Foulards de soie/étoles, du 9 mars au 2 avril GALERIE D'ART SERGE TURGEON: 2080 Crescent, Montréal (287-7172)— Oeuvres de Jackson.Masson, Soulikias, Richard, Little et Surrey, mer au dim.GALERIE SIMON BLAIS: 4521 Clark, ste 100, Montréal (849-1165)— Exposition de la collection permanente d'estampes québécoises et européennes, jusqu'au 15 mars, mar.au sam.de 9h.30 à 17h 30 GALERIE BOUTIQUE D'ART MME ALONZO: 219 est Prince-Arthur, 1er étage.Montréal (987-1265)— Bronzes, dessins, bijoux, oeuvres récentes de R.Caplette.C.Dulresne, G.Fucito.T.Ghité, Gilot, Martial, M.Prent, M.Thouin Perreault et N.Wrangel, jusqu'au 31 mars, mar.au sam.et sur rendez-vous GALERIE DU CENTRE: 250 St-Laurent.St-Lam-bert (672-4772)— Oeuvres de Liliane Busby, sculp-leure et Margaret Thomas, graveure, du 13 tév.au 8 mars GALERIE CHRISTIANE CHASSAY: 20ouest Marie-Anne, Montréal (284-2631)- L’art de la galerie.oeuvres de Gilbert Boyer, du 16 tév.au 16 mars, mer.au sam.GALERIE CLARK: 1591 rue Clark, 2e étage, Montréal (288-4972)— Oeuvres de Anne Ashton et Marc Leduc, du 21 tév.au 10 mars, jeu.au dim GALERIE DARE-DARE: 4060 St-Laurent ste 211, Montréal (844-8327)— Gravures de Charlotte Fau-teux, Nicholas Pitre et Jacinthe Tétrault, du 20 lév.au 10 mars GALERIE L'EMBUSCADE: 1571 Badeaux, Trois-Rivières (819-375-7311 )— Peintures de Bertrand Tremblay, du 3 tév.au 3 mars— Oeuvres de Jean Dulresne, du 3 mars au 6 avril GALERIE L'EMPREINTE: 272 est St-Paul, Vieux-Montréal (861-4427)— Oeuvres récentes de Christine Simard, du 20 lév.au 11 mars, tous les jours de 11h.à 18h GALERIE ESPERANZA: 2144 Mackay, Montréal (933-6455)— Oeuvres récentes de Henry Saxe et Mark Prent.du 2 mars au 30 avril, mer.au sam.GALERIE ESTAMPE PLUS: 49 St-Pierre, Québec (418-694-1303)— Oeuvres récentes de Judith Bella-vance, Guaitan Lacroix.Nathalie Maranda et Pascale Poulin, du 10 lév.au 8 mars GALERIE DENISE GALLANT: 260 chemin Bice, sortie 118, Orlord (843-4367)— Artistes de la galerie, tous les médiums y sont représentés, jeu.ven.et dim.de 13h.à 18h.et sur rendez-vous GALERIE GRAFF: 963 est Rachel, Montréal (526-2616)— Salle 1.Oeuvres photographiques récentes de Marc Larochelle— Salle 2 Mario Côté, Gabrielle Schloesser, Diane Tremblay et Suzan Vachon, jusqu'au 7 mars, mar au sam GALERIE GRAVE: 53 est Notre-Dame.Victoriavil-le— Oeuvres de Annouchka Galouchko, du 22 tév au 29 mars, jeu.au dim GALERIE HAUT 3 IMPÉRIAL: 164 Cowie, Granby (372-7261 )— « Transparences erratiques • installations de Pierre Tardil, du 3 au 31 mars.mer.au dim.do 13h.à 17h, GALERIE H.E.C.: 5255 Decelles, Montréal- Estampes et dessins de Denise Lapointe, du 2 au 27 mars, tous les jours GALERIE HORACE: 906 King O.Sherbrooke (819-821-2326)— Salie 1: Synergie, installation de N.Dupuis, C.Gingras, M.Girard, C.Kotiesen, K.McKenna, M.Pouliot, M.H.Roy et L.St-Jacques— Salle 2: Oeuvres de Marie-Hélène Roy, du 1er au 24 mars GALERIE SAMUEL LALLOUZ: 372 ouest Ste-Catherine ste 528, Montréal (398-9806)— Installation de Claude Simard, du 16 lév.au 16 mars GALERIE FRANÇOIS LEMAI: 4524 De La Roche, Montréal (842-3639)— Estampes originales de maitres européens et japonais du 20e siècle GALERIE LIPPEL: 1324 ouest Sherbrooke, Montréal (842-6369)— Exposition spéciale de l'art africain du Zaïre, Côte d'ivoire et Mali, jusqu'au 30 mars, mar.au sam.de 13h.à 15h GALERIE MAXAM:611 Richelieu, Sl-Marc-Sur-Ri-chelieu (584-3377)— Oeuvres d'artistes contemporains et traditionnels, en permanence, du mer.au dim.de 12h.à 18h.GALERIE MICHEL-ANGE: 430 Bonsecours.Vieux-Montréal (875-8281)— Collection permanente, oeuvres de Ayotte, Barbeau.Bellefteur, Dallaire, Fortin.Gagnon, Lemieux.Richard.Riopelle, et autres GALERIE MONTCALM: 25 Laurier, Huit— Oeuvres de Luc Paris et Dominique Laquerre, jusqu'au 17 mars GALERIE DU MUSÉE: 24 bout.Champlain, Québec— * Sylvie, Reno, Joanne et les autres • exposition d'oeuvres photographiques de 7 artistes de Québec, du 24 janv.au 25 mai, mer.au dim.GALERIE OPUS 2:3981 St-Laurent, ste 210, Montréal (499-0235)— Oeuvres récentes de Evelyn Dufour, Hannibal Srouji et Yang Zheng-Xin, du mer.au dim.GALERIE FRÉDÉRIC PALARDY: 307 ouest Ste-Catherine ste 515, Montréal (844-4464)— > Raptus ¦ oeuvres de Laurence Cardinal, du 23 tév.au 16 mars, mar.au sam.GALERIE PINK: 1456 ouest Notre-Dame, Montréal (935-9851)— Oeuvres de Sara Day, du 27 tév.au 17 mars GALERIE 89: Collège John Abbott, Ste-Anne de Bellevue— Oeuvres de Victor Levant, du 5 au 22 mars GALERIE ROLLAND: 2350 Guy, Montréal (932-9739)— Estampes originales de maitres européens et québécois: Dussau, Ting, Pellan, Riopelle et autres.lun.au ven.10h.à 17h.30, sam.10h.à 17h.GALERIE LE SCEAU DU ROY: 21 rueSault-au-Matelot, Québec (418-694-1344)— Oeuvres de Sophie Paquet, jusqu'au 10 mars GALERIE SEKAI: 4281 A Notre-Dame ouest, Montréal (939-0561)— Concordances, travaux récents, du 19 tév.au 10 mars GALERIE LA SEIGNEURIE: 15 bout.Maple, Châ-teauguay (691 -4680)— • Rêves et réalités • oeuvres de Librex.artiste originaire de Cambrai, jusqu'au 3 mars GALERIE DU SERVICE DES ACTIVITÉS CULTURELLES DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL: 2332 boul.Édouard-Montpetit, 4e étage.Montréal— Huiles sur papier de Marie Gagnon, du 7 au 28 mars GALERIE BARBARA SILVERBERG: 2148 Mackay, Montréal (932-3987)— Travaux de 5 artistes québécois: Marcial Grenon, Denis Juneau, Francine Larivée, Denis Lessard et Louise Paille, du 5 lév.au 9 mars, mar, au sam.de 11h.à 17h.30 GALERIE SKOL: 4060 St-Laurent espace 107, Montréal (842-4021)— Travaux récents de Pierre Bourgault-Legros.du 2 au 24 mars GALERIE TROIS POINTS: 307 ouest Ste-Cathe-rine, ste 555, Montréal (845-5555)— Oeuvres de Lisette Lemieux, du 6 lév.au 2 mars GALERIE DE L'UQAM: Pavillon Judith-Jasmin, 1400 Berri, salle J-R120, Montréal— Exposition de 5 prolesseurs: Jean-Pierre Gilbert.Michelle Héon.Nicole Jolicoeur, Michel Martineau et Denis Rousseau, du 28 lév.au 24 mars— Oeuvres de Johanne Gagnon, du 28 lév.au 24 mars, mar.au dim.de 12h.à 18h GALERIE ELENA LEE VERRE D'ART: 1518 ouest Sherbrooke, Montréal (932-3896)— Rétrospective 90, du 5 au 26 mars GALERIE DU VIEUX-MONTRÉAL: 19 Cour Le Royer, ste 301, Montréal (842-9208)— Exposition permanente, oeuvres de Chagall et Riopelle, tous les jours de 11 h.à 13h GALERIE BRENDA WALLACE: 372 ouest Ste-Catherine, ste 508, Montréal (393-4066)— Installations de Ron Benner, du 16 lév au 16 mars GALERIE WESTMOUNT: 4912 ouest Sherbrooke.Montréal (484-1488)— Bronzes de Liardi et de Catherine Lorain, ainsi que tableaux d'artistes canadiens, jusqu'au 5 avril JARDIN DE LA SCULPTURE: Centre de la nature de Laval.901 ave du Parc, Laval— Sculptures monumentales réalisées dans le cadre du Symposium international de la sculpture Laval 1990, tous les jours de 9h.à 22h.LIEU HISTORIQUE NATIONAL DU FORT-CHAMBLY: Chambly— • Passion et souvenir ¦ 325e anniversaire, trois époques marquantes de la vocation muséale du lort, collections de Joseph-Octave Dion (1880), Marius Barbeau (1935) et du Service canadien des parcs (1981), jusqu'au 17 mars MAISON DES ARTS DE LAVAL: Salle Alfred-Pellan, 1395 ouest boul.de la Concorde, Laval (662-4442)— Peintures de Manon Oils et sculptures de l'Atelier 213, jusqu’au 17 mars MAISON D'ART ST-LAURENT: 742 boul Décarie, St-Laurent (744-6683)— Oeuvres de Francesco Alberti, Jean Laoureux, Gabriel Bonmati, Alain Richardson et Francine Gravel MAISON DU PRESSOIR: 10,865 rue du Pressoir (métro Henri-Bourassa) Montréal— Exposition sur Madame Bolduc, du 7 mars au 5 mai MAISON RADIO-CANADA: Salle Raymond-David, 1400 est boul.René-Lévesque, Montréal (597-5520)— Oeuvres de Pierre Leblanc-Sally, du 27 tév.au 7 mars, lun au ven.de 10h.à 18h MICHEL TÉTREAULT ART CONTEMPORAIN: 1192 Beaudry.Montréal (521-2141)— Sculptures de Jean-Pierre Morin, du 13 lév.au 16 mars— Oeuvres de Louis-Pierre Bougie, du 7 au 29 mars, mar.au sam.de 11 h à 18h.et sur rendez-vous OBORO: 3981 St-Laurent ste 499, Montréal (844-3250)— Traces, installation de Linda Covil.du 16 lév.au 17 mars, mer.au dim.12h.à 17h.OBSCURE: 729 Côte d'Abraham, Québec (418-529-3775)— Vidéo interactil de Luc Courchesne, en continu, du 20 lév.au 24 mars— Sculptures/installations de Claude Mongrain, du 28 lév.au 24 mars, mer.au dim.de 13h.à 17h.OCCURRENCE: 911 est Jean-Talon, Montréal (495-3353)— Peintures récentes de Nycol Beaulieu, du 27 lév.au 24 mars, mar.au dim PARC HISTORIQUE NATIONAL LE COM MERCE DE LA FOURRURE: 1255 boul St-Jo-seph, Lachine (637-7433)— Sources de nos plus belles légendes et des plus grands écrits d'aventures, histoire des activités économiques du début du 19e siècle, la traite des fourrures, ouvert tous les jours PAVILLON DES ARTS DE STE-ADÊLE: 1364 chemin Ste-Marguerite, sortie 69, autoroute des Lau-rentides (1-229-2586)— Oeuvres de Richard Lanctôt, jusqu'au 17 mars LA PETITE GALERIE: 6160 roule 335, St-Ca-lixte— Acryliques de Manon Cloutier, du 17 lév.au 17 mars.jeu.au dim de 12h.à I7h.RESTAURANT L'INVITÉ: 1270 rue Bernard, Montréal— Carrefour Art et Art, oeuvres de Luc Gué-rard, Bertrand Casaubon et Stéphan Lemay, du 13 tév.au 15 mai RIVERIN-ARLOGOS: 197 chemin du Lac d'Argent, Eastman (297-4646)— Photographies de Jean Pa-quin.du 9 mars au 3 avril SALLE WILFRID-PELLETIER: Hall d entrée PDA, Montréal (842-2112)— Contes, légendes et poésie du Québec, du 11 lév.au 17 mars VIEUX-PRESBYTÈRE DE ST-BRUNO: 15 rue des Peupliers, St-Bruno (653-7872)— Oeuvres de Francine Bonenlant.du 3 au 24 mars WADDINGTON AND GORCE INC: 1504 ouest Sherbrooke, Montréal (933-3653)— Oeuvres récentes de Laliberlé du 2 au 21 mars Musées MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN: Cité du Havre.Montréal (873-2878)— • The Lovers: la marche sur la grande muraille .du 24 tév.au 21 avril, ouvert du mar au dim.de 10h.à 18h.MUSÉE DES ARTS DÉCORATIFS (CHA TEAU DUFRESNE): Angle Pie 1X et Sherbrooke Montréal (259-2575)— Acquisitions récentes: mobi lier, textiles et design par Dorn Meier, Saarinen, Soft sass, Noguchi, Friedman, Sabattini, Venini, Vignelli, Liebes, Lockau, Kuntz et autres, du 15 tév au 17 mars, mer au dim.11h.à 17h.MUSÉE D'ART ST-LAURENT:615boul Ste-Croix, St-Laurent (747-7367)— • Arts anciens et traditions artisanales du Québec ¦ exposition permanente — La gravure dans tous ses états ou l'art de l'estampe au Québec, oeuvres de Ayot, Bougie, De-rouin, Dumouchel, Goodwin, Lacroix, Tousignant, du 25 |anv au 10 mars MUSÉE BAS SAINT-LAURENT: 300St-Pierre, Rivière-du-Loup (418-862-7547)— * Il était une lois l'entance » jusqu'en sept.91— Rétrospective des expositions à travers les alliches, les programmations et quelques pièces de la collection d'art et d'ethnologie— .Un connaisseur à découvrir » exposition jeu du Musée des Beaux-Arts de Montréal, à compter de ianv — Claude Millette.sculpteur, à compter de lév, du mar.au dim.MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL: 1379 ouest Sherbrooke.Montréal (285-1600)— Collection permanente du musée— Jasper Johns: symboles-impressions, du 14 déc au 8 mars MUSÉE PIERRE BOUCHER: 858 Laviolette, Trois-Rivières (819-376-4459)— Salle Gaston Petit: Exposition sur l'Art Ancien, du 14 janv.au 11 mars— Vu d'un autre oeil, réalisation du Musée de la Civilisation.du 3 mars au 15 avril, mar au dim.de 13h 30 à I6h 30 et de 19h à 21h.(MUSÉE)CENTRE CANADIEN D'ARCHITECTURE: 1920 rue Baile, Montréal (939-7000)— Musée consacré à l'art de l'architecture: 20,000 dessins et estampes de Maitres, 120,000 livres.45,000 photographies, ainsi que des tonds d'archives importants.mer et ven.de 11 h.à 18h , jeu.11 h.à 20h .sam.et dim.de 11 h.à 17h — L'Architecture en jeux: jeux de construction du CCA, du 28 nov.au 31 mars (MUSÉE)CENTRE COMMÉMORATIF DE L'HOLOCAUSTE: 5151 chemin Côte-Ste-Cathe-rine.Montréal (345-2605)— • Entants de l'holocauste • et salle commémorative, du dim.au jeu.de 10h.à 16h .visites guidées les dim.à 10h 30 MUSÉE CHATEAU RAMEZAY: 280 Notre-Dame est, Montréal (861-3708)— Montréal, de la capitulation tranquille à l'union mouvementée 1760/1849, du 16 nov.au 1er sept.1991, mar.au dim.de 10h à 16h.MUSÉE DE LA CIVILISATION: 85 Dalhousie, Québec (418-643-2158)— • Objets de civilisation.exposition permanente — .La barque à voile • exposition permanente — • Mémoires • exposition permanente— Messages, exposition sur les moyens de communication entre les individus et les sociétés, en permanence— Tunisie, terre de rencontre, jusqu'au 5 mars— Le Trident en coulisse, jusqu'au 28 avril— Autopsie d'un sac vert, jusqu'au 12 mai— Éphémère, jusqu'au 2 sept.— Jeux, jusqu'au 5 janv.92 MUSÉE MARC-AURÉLE FORTIN: 118 St- Pierre, Montréal (845-6108)— Oeuvres de Marc-Au-rèle Fortin en permanence— Temporairement, oeuvres inédites de Marc-Aurèle Fortin scènes religieuses et portraits— Sam et dim.à 14h 30.projection du lilm Marc-Aurèle Fortin, de André Gladu.le musée est ouvert du mar.au dim.de 11 h.à 17h.(visite commentée pour groupes sur réservations) MUSÉE D'HISTOIRE NATURELLE GEOR-GES-PRÊFONTAINE: 520chemin de la Côte-Ste-Catherine.Outremont (277-9864)— Exposition • Les animaux malades du Saint-Laurent • du 15 août au 31 mars 91, mer.au ven.de 9h.à 16h .dim de 10h.à 17h.MUSÉE DE LACHINE: 110 chemin LaSalle, Lachine (634-3471 poste 346)— mer.au dim.de 11 h.30 à 16h 30 MUSÉE DU LIVRE ANCIEN: 214 rue Principale Les Eboulements, Qué (418-635-2243)- Plus de 250 livres et 100 photos sont exposés et interprétés MUSÉE DE LA MONNAIE: 245 rue Sparks.Ottawa (613-782-8914)— ¦ Casse-Téte de Papier > exposition sur les techniques de production des billets de banque, du 5 déc au 10 mars, mar au sam 10h 30 a 17h , le dim.de 13h à 17h MUSÉE RÉGIONAL DE LA CÔTE-NORD: 500 boul Laure.Sept-lles (418-968-2070)— Oeuvres récentes de Chan Ky-Yut— Corridor d'exploration sur les Inuit du Nouveau-Québec, du 3 au 31 mars MUSÉE RÉGIONAL DU HAUT-RICHELIEU: 182 rue Jacques-Cartier nord, St-Jean-sur-RiChe-lieu— « L'érablière • exposition jusqu'au 14 avril MUSÉE RÉGIONAL DE RIMOUSKI: 35 St-Ger-mam ouest, Rimouski (418-724-2272)— Peintures et dessins de Marc Garneau, du 24 janv.au 10 manoeuvres de Russell T.Gordon, du 24 janv au 10 mars.mer.au dim.MUSÉE DU SÉMINAIRE DE QUÉBEC: 9rue de l'Université, Québec (692-2843)— Rez-de-chaussée Huit musées en un: des objets au service du savoir.jusqu'au 26 mai— 1er étage: Art du Québec, oeuvres du 19e siècle, jusqu'au 1er avril—Cabjnel des médailles— 2e étage: Peinture des écoles du Nord.Hollande et Flandres, jusqu'au 8 sept — < Les arpenteurs du ciel • exposition sur l'astronomie qui retrace l'enseignement de cette science au Séminaire de Québec durant le 19e siècle, jusqu 'au 6 janv.92— 3eétage: Les chels-d'oeuvre delà peinture religieuse européenne— Art Oriental— 4e étage Orfèvrerie MUSÉE UNIVERSEL DE LA CHASSE ET DE LA NATURE: Parc Mont-Royal, Camilien-Houde et chemin Remembrance.Montréal (843-6942)— « Histoire d'os » présentation de l'Ostéothèque de Montréal— Également collection de mammifères, d'oiseaux, d'insectes, d’armes, d'appelants etc.Maisons de la culture MAISON DE LA CULTURE CÔTE-DES-NEI- GES: 5290 chemin Côte-des-Neiges, Montréal— L'image à la carte, histoire de la carte postale au Québec, des origines à aujourd'hui, du 7 tév.au 3 mars— Pélégrimage, oeuvres de Dominique Sarra-zin, du 7 lév.au 3 mars— Oeuvres de Louise Van-dière, du 7 au 30 mars— Gravures de Louis-Pierre Bougie 1980-1990, du 7 au 27 mars MAISON DE LA CULTURE FRONTENAC: 2550 est Ontario, Montréal— A partir de l'oeuvre Le Jugement Dernier de Jérôme Bosch, 8 artistes ont réalisé un tableau: G.Audet, M.Boudreau, P.La-gacé, S.Levai, R.Prénovault, J.Prince, C.Savoie, D.Tremblay et A.Zwarts, du 7 au 30 mars— Hommage à Jean Goguen, 45 dessins de l’artiste, jusqu'au 24 mars MAISON DE LA CULTURE MARIE-UGUAY: 6052 boul.Monk, Montréal— L'art de la scène (1960-1985) exposition organisée par l'Association des professionnels des arts de la scène, jusqu'au 24 mars MAISON DE LA CULTURE MERCIER: 8105 Hochelaga, Montréal— L'histoire de la carte postale, production de Jacques Poitras, du 5 au 31 mars— Vues et Visées, événement-création de 8 femmes artistes.du 5 au 31 mars MAISON DE LA CULTURE NOTRE-DAME-DE-GRACE: 3755 Botrel, Montréal— L'art de la scène passé-présent 1940-1990, maquettes de costumes et décors, du 24 tév.au 24 mars MAISON DE LA CULTURE LA PETITE PATRIE: 6706 DeLorimier.Montréal— Thialy, peintre haitien, du 17 lév.au 17 mars MAISON DE LA CULTURE DU PLATEAU MONT-ROYAL: 465 est Mont-Royal, Montréal-Oeuvres photographiques de Michel Soucy, jr., du 5 au 30 mars— Les Paparazzi au théâtre: photos inédites, du 5 au 30 mars / I 9 C-10 ¦ Le Devoir, samedi 2 mars 1991 ARTS VISUELS Marina Abramovic, libérer le public PHOTO JACQUES GRENIER « Pendant une marche, j’ai reçu l’idée de transformer cette énergie des minéraux pour les gens.Les champs d’énergie du quartz et du cuivre sur le mur étaient au plus fort de l’expérience.» Marina Abramovic et Ulay The Lovers : la marche sur la Grande Muraille Musée d'art contemporain.Cité du Havre, jusqu'au 21 avril Claire Gravel MARINA ABRAMOVIC et Ulay ont formé pendant 12 ans le couple le plus célèbre de l’art contemporain.Leur oeuvre commune, des perfor mances et les vidéos, films et pola roîds qui les documentent, a électrisé le public du monde entier, de l’Australie aux Pays-Bas.Transcendant les limites de leurs corps pour libérer la peur, leurs performances, d’abord violentes, ont pris le caractère ascétique d’une quête spirituelle.En 1988, après avoir parcouru chacun une moitié de la Grande Mu raille de Chine, Marina Abramovic et Ulay se sont dit adieu.Cette dernière performance, qui a duré 90 jours, ac complie ensemble mais déjà sépa rés, est l’objet d'une exposition magnifique organisée par le Stedelijk Museum d'Amsterdam et sa conservatrice Donne Mignot.Dans la femme radieuse et expansive, je ne reconnaissais plus celle qui accompagnait en silence Ulay.Et pourtant, le moteur du couple, c’était bien elle.« J’étais peintre en Yougoslavie.En 1968, j’ai voulu casser la situation conventionnelle de l'art.Je travaillais avec le son.J'ai voulu mettre des hauts-parleurs sur un pont avec le son du pont qui explose, mais je n’ai pas reçu la permmission de le faire : avec les vibrations, le pont aurait pu être détruit » « En 1970, j’ai commencé à faire des performances.L’expérience a été tellement forte que je n’ai jamais pu retourner à la peinture.La peinture était devenue une chose morte, tandis qu’avec la performance, il y a un dialogue direct, un transfert di- rect d’énergie avec le public.J’ai voulu aller plus loin.De toutes les choses que j'avais le plus peur à ce moment-là il y avait surtout la mort.Ma première action, j’étais dans une étoile de bois de 5 mètres de diamètre avec des litres de pétrole qui brûlaient autour.Avec la fumée j’ai perdu connaissance.Quelqu’un m’a sauvé.J’ai alors décidé d’utiliser mon corps avec et sans conscience, comme cette performance avec des pilules, où devant le public j’ai eu comme une attaque d’épilepsie tout en étant parfaitement consciente.» À ce moment-là Ulay faisait des photos de lui en travesti, à la manière d’Urs Luthi.Dans nombre de commentaires sur leur oeuvre, on les compare à des desperados qui se seraient trouvés, pour se noyer dans une relation où ils perdaient toute identité.« Les gens sont libres d’écrire ce qu’ils pensent, répond Marina Abra- movic.Moi je ne vois pas les choses comme ça.L’ego n’est pas dans notre travail.Ce n’est pas lui, ce n’est pas moi, c’est quelque chose qui s’appelle That Self, la troisième qualité, uand deux personnes se projettent ans une troisième, qui a une vie indépendante, et notre travail était entièrement centré sur cette troisième qualité.» « Quand nous nous sommes rencontrés, nous avons parlé de travailler ensemble.Les problèmes d’ego, l’idée de l’un ou de l’autre, c’était très fort.Pendant cinq ans, nous avons voyagé, nous nous sommes libérés de notre vie habituelle, nous avons reconstruit notre existence, et je ne pense pas que nous étions désespérés.C’était la solution pour avancer, pour faire un travail qui soit vraiment complet, à la fois mâle et femelle.» « Nous étions tellement impressionnés par la culture ancienne, de tous ces rituels tibétains, australiens, africains.Nous nous demandions pourquoi les initiations sont toujours tellement dures pour les Indiens, qui passent par des tortures physiques, et pourquoi spécialement chez les aborigènes il y a cet épuisement dans la répétition.Ils font le même rituel depuis 5000 ans et ils ont une énergie énorme.Avec ces répétitions arrive un autre passage, dans un autre temps, et le public le sent.La répétition c’était un cadre.On a parlé de masochisme.Ce n’est pas cela : ça part de notre conviction de nous libérer de notre peur de la mort.C’est devenu une recherche spirituelle par la suite.» « C’est arrivé en Australie, dans le désert, cette recherche spirituelle.Dans l’immobilité, parce que dans cette chaleur, on ne peut pas bouger sans que le coeur nous débatte.Et nous avons compris que tous les mouvements des performances antérieures étaient nécessaires pour en arriver là.» Là, c’est la performance Night Sea Crossing, ou ils sont demeurés pendant sept longues heures assis sans bouger l’un en face de l'autre.« À la fin des années 70, tout le monde laissait les performances pour retourner à la peinture ou à la sculpture.Nous ne voulions pas répéter les mêmes expériences.Nous étions en pleine remise en question, et nous avons pensé que la seule réponse que nous pouvions trouver, c’était dans la nature.Et nous avons cherché la situation la plus pure : c’était le désert.» « Pendant trois mois, tout m’est revenu comme dans un film, les souvenirs, les crises avec ma mère.Trois mois de désert, ça sort toutes ces choses de ta tête.J'étais vidée complètement.Je commençais à comprendre ce que c’est ici et maintenant.Il n’y a pas de passé, ni futur.C’est un bonheur incroyable, venu de l’existence-même.Night Sea Crossing vient de là.Nous voulions donner au public cette expérience de l’ici et maintenant.Nous avons fait cette performance pendant cinq ans à travers le monde.En Australie il y avait un python que nous avons contrôlé par notre énergie mentale.» C’est dans le désert aussi que prend l’idée de la marche de la Grande Muraille, sur les lignes d’énergie de la planète, en communion avec le ciel et la terre.« Nous voulions nous marier au point de rencontre.Mais comme le projet s’est réalisé après huit ans, nous étions déjà à la fin de notre relation quand la Chine a donné son accord.Nous avons marché pendant trois mois.J’ai été découragée parfois.Cette marche, c’était comme l’amour, comme la vie, pleine de hauts et de bas.Avec les Chinois qui ne me comprenaient pas, c'était l’isolement complet.C’était le bonheur, avec cette nature incroyable.C’était le malheur aussi parce que j’aimais beaucoup Ulay.C’était très difficile d’aller le retrouver pour lui dire adieu.» « Pendant cette marche, j’ai reçu l’idée de transformer cette énergie des minéraux pour les gens.Les champs d’énergie du quartz et du cuivre sur le mur étaient au plus fort de l’expérience.Je déteste le mot sculpture.Pour moi ce sont des objets transitoires qui aident le public à recevoir l’énergie des minéraux ; ils n’existent pas sans lui.Les gardiens doivent dire aux gens de s’en aller à la fermeture du musée.Je suis très contente.Maintenant je sais que je peux continuer le travail seule.» « Le 15 mars je pars au Brésil, pour un nouveau travail sur les minéraux.Je pars six mois.Cette année, j’ai enseigné à l’École des beaux-arts de Paris et de Berlin.Mon cours s’appelle Cleaning the House.J’ai demandé à l’école de louer une maison dans la montagne.Avec les étudiants, on vient dans l’espace avec des sacs de couchage, on reste six jours sans parler, sans manger, sans rien, on boit de l’eau.« Je donne des instructions pour des exercices physiques et mentaux très difficiles pour nettoyer le corps, pour mieux faire un travail d’art.» « Je réveille les étudiants à 5 heures du matin, il fait -15" dehors, il faut aller pieds nus dans la neige comme les aborigènes, se jeter sur la terre en criant.Après on s’habille, on se bande les yeux et on marche pendant 20 km pour voir avec son corps.Parce que nous avons oublié ce que c’est l’intuition, la télépathie, on n’a plus d’énergie.L’artiste doit absolument retrouver ces possibilités.Après, on commence le travail d’art avec rien.Toujours, auparavant, en Chine ancienne, à la Renaissance, les artistes se préparaient à créer.Brancusi a dit cette chose très importante : « Ce qui est important, ce n’est pas ce que vous faites, mais dans quel état vous le faites.» Peindre, sculpter, grimper, faire des chaussures, le jardin, aucune importance, mais Petal d’esprit, ça c’est l’essentiel.Et la marche de la Grande Muraille, ce n’était pas une performance, mais un conditionnement qui m’a amenée vers ces objets transitoires.» « Depuis que j’ai quitté Ulay, conclut-elle avec les yeux pétillants d’intelligence, j’ai grandi.» Raymonde April, Geoffrey James, Laurence Cardinal Une imperceptible blessure au coeur du monde Raymonde April et Geoffrey James Galerie René Blouin : 372 rue Ste-Catherine ouest.Jusqu'au 16 mars Laurence Cardinal Galerie Frederic Palardy, 307 rue Ste-Catherine ouest Jusqu'au 16 mars Jean Dumont IL EST toujours étrange, dans le cours de la visite d’expositions dont on se sent facilement complice parce qu’elles vous laissent l’esprit vif et alerte et les sens satisfaits, d’avoir la vague impression de frôler un danger cache, de cheminer en compagnie d’un malaise indéfinissable.On a presqu’envie souvent de se retourner brusquement pour surprendre peut-être la trace fugitive d’un désordre .Si l’idée de beauté faisait partie de mon vocabulaire esthétique courant, mon inquiétude se serait dissipée plus vite.J'aurais été emprunter chez Leiris ou Baudelaire le souvenir de l’imperfection qui donne vie à cette beauté, ou de l’irruption du mal et du désordre qui, disent-ils, la fonde.Heureusement, il m’aura fallu regarder ailleurs, et je sais aujourd’hui que ce n’est pas dans les oeuvres qu’on aime qu’il faut aller chercher la fêlure, l’imperceptible blessure dont elles ne font en fait que cacher le reflet qui les atteint, mais bien au coeur du monde dont ces oeuvres témoignent.L’intuition de ce désordre infime, courante chez les artistes de la jeune génération, traverse aujourd’hui, invisible, comme une humeur noire, les oeuvres de nombre d’artistes de tous âges et de toutes venues.Raymonde April, qui expose actuellement chez René Blouin, nous MUSEE DES BEAUX ARTS DE MONTREAL JUSQU'AU VENDREDI 8 MARS JASPER JOHNS SYMBOLES I M P R E S S I 0 Ouvert du mardi au dimanche, de 10 h à 17 h (le samedi jusqu'à 20 h) Billets en vente au Musee jusqu'à 16 h 15 (le samedi jusqu’à 19 h 15) et aux comptoirs Admission (514) 522-1245 Visites commentées le mercredi a 11 h 30 et le dimanche a 13 h 30, a compter du 6 janvier 1991 Musée des beaux-arts de Montréal 1379, rue Sherbrooke ouest, Montréal (Québec) Métro Guy-Concordia ou autobus 24 Renseignements : (514) 285-1600 Celte exposition est commanditée par Petro Canada Elle bénéficie aussi du soutien financier de Johnson 8 Higgms et du National Endowment for the Arts © PETROCAMADA (KV.7JAM avait habitués depuis longtemps, dans ses photographies, aux jeux toujours renouvelés de la fiction autobiographique.Le décalage léger qui existait, dans les photos, entre les personnages et le décor dans lequel ils évoluaient ou entre les photos et les textes intercalés entre elles, rendaient évidente la fiction du quotidien mis en scène.Dans cet environnement, le moindre détail quelque peu incongru ou inattendu, la direction d’un regard, un élément vestimentaire, une pose curieuse, gardait à la surface de l’oeuvre le désordre infime qui la faisait vibrer.Il fallait être un connaisseur passionné de sa démarche pour pouvoir nommer, sous la faille mise en scène, la réalité de la fêlure intime qui fondait l’artiste.Aujourd’hui, à part dans un grand tnptyque intitulé : Homme écoutant battre son coeur, c’est la fiction qui se fait imperceptible dans ses photos.Nous ne pouvons donc plus reconstruire mentalement, la réalité jouée qui leur donnait naissance.Elles sont devenues opaques, l’esprit oscille continuellement entre le souvenir du lieu et le souvenir de l’instant.C’et vrai de : Les feuiles mortes, prise sur les quais de la Seine à Paris, et plus vrai encore de : La mangeuse de pont.Le détail est si infime, qui situe ces photos hors du reportage que c’est bien dans les lieux et les temps dont elles témoignent qu’il faut aller chercher la trace du malaise qui nous tenaille.Dans les deux photographies de Geoffrey James exposées dans la petite salle de la même galerie, une impression semblable naît de raisons totalement différentes.Les deux oeuvres font partie de la même série des extraordinaires parcs et jardins exposée ici même en avril 90.On sait que l’artiste se sert d’un viel appareil photo équipé d’un objectif grand angle.Les épreuves qu’il ramène de ses voyages ressemblent à des photographies panoramiques, et ceci a deux conséquences sur notre perception de son travail.L’une est que nous éprouvons devant elles une impression d’équilibre et de plénitude.L’oeil doit s’y promener, il ne peut les saisir, et doit donc les lire et mêler la réflexion à la perception.L’angle inhabituel restitue aux paysages leur caractère de rêve et de paradigme.Et, d’un autre côté, ce même aspect inhabituel leur confère un statut de totale irréalité : nous les percevons comme des paysages impossibles.C’est le plaisir pris à les lire qui, soudain, nous fait découvrir un détail vulgaire apparaissant dans le champ, et qui ramène ces paysages dans la réalité de notre époque, une époque dans laquelle ce détail symbolise la possibilité d’irruption du malheur.Chez Laurence Cardinal, une jeune artiste en fin de Maîtrise en Arts plastiques à l’Université de Montréal, et qui expose de grandes et intéressantes toiles à la Galerie MUSIQUE CLASSIQUE I CE SOIR.SAMEDI 2 MARS LA PETITE MUSIQUE DE NUIT DE CIEL MF PRÉSENTE À 22:00 • sinfonies di concerti grossi nos 4-5-6 (A.Scarlatti) • symphonie no 101, l'horloge (Haydn) • symphonie no 92 Oxford (Haydn) • concerti op.3 nos 2-3-7, extr.Estro Armonico (Vivaldi) DEMAIN SOIR, 22:00 • concerto pour piano no 8 (Mozart) • concerto pour violoncelle et cordes en ré (Tartini) • symphonies nos 1 et 3 (Golabek) • légendes op.59 (Dvorak) RENSEIGNEMENTS: 527-8321 PHOTO DIANE PARENT Laurence Cardinal dans son atelier.Frédéric Palardy, le malaise est à la fois plus lancinant et ses signes en sont plus dissimulés.Elle a déjà exposé plusieurs fois en solo, tant chez Lorraine Palardy qu’à la Galerie du 22 mars, et a participé également à un événement de peinture en direct et au Symposium international de la jeune peinture à Baie-Saint-Paul.Cela pour dire qu’il s’agit là d’un type d’itinéraire assez courant chez les représentants de la jeune peinture que l’on qualifie du terme de postmoderne, dont le sens s’amenuise comme peau de chagrin.Ce qui m’a en effet intéressé dans la peinture d’apparence expressionniste et intuitive de Laurence Cardinal, c’est d’y retrouver, de toile en toile, une structure d’une logique peut-être un peu plus multiple, un peup plus nomade que la logique qui l’a précédée dans le temps, mais en continuité directe avec elle.Ce qui a changé par contre radicalement dans cette peinture, ce sont les notions de réalité et de rêve auxquelles s’applique cette logique.Les tableaux de Laurence Cardinal, comme tous les véritables ta- bleaux du monde, sont construits sur le fond inépuisable de la mémoire des autres tableaux.Regardez d’abord attentivement Lanthafondia ( 1990), il est la clé de l’exposition.Comme les tableaux qui l’ont suivi, il est repris sans cesse et construit de couches successives, mais comme ceux qui l’ont précédé, il est peint de jus transparents qui n’occultent pas les vieilles mémoires.Plus tard, les couleurs deviendront plus vives et plus épaisses, les collages retiendront la matière, empêchant le spectateur d’avoir accès a l’ancienne mémoire du tableau.Les formes sans visage jouent à la surface de la toile une figuration et une perspective que nient les collages et les incertitudes du fond.Les histoires que nous racontent ces toiles ne sont pas de notre monde, mais d’un monde indéterminé, donc possible.Le malaise lancinant naît, pour nous, du doute soudain de l'identité et de la suprématie du nôtre.L’artiste, quant à elle, prend le risque du sens, celui de rêver ce monde possible de son intérieur même et, ce faisant, elle enrichit le nôtre.Nous serons peut-être un jour du voyage.NORMAN LAUBERTE OEUVRES RÉCENTES 2 au 21 mars 1991 RENCONTRE AVEC L’ARTISTE AUJOURD’HUI 15 - 17h WADDINGTON & GORCE INC.1504 ouest, rue Sherbrooke — 934-0413 — 933-3653 Fax 933-5577 Ouvert du lundi au samedi — Ferme le dimanche Henry Saxe, Mark Prent Vernissage samedi 2 mars 14h.à 17h.Les deux artistes seront présent Galerie Mercredi au samedi, midi à 17h 2144 Mackay, Montréal, P Q H3G 2J1 (514)933-6455 {
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