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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 1991-01-12, Collections de BAnQ.

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jgHjppsm /Mi & jrfr * 1 PM «T* « REINES de Normand Clianrcllc ELISE GUILBAULT • ANDREE LACHAPELLE POL PELLETIER • MICHELLE ROSSIGNOL LINDA SORDINI • MARTHE TURGEON ANDRE BRASSARD UwWtimv cl rvjuV; ( juiulc'lcnu’lui • IV» or.mMiono «•( «i« «t’"nirv Mcmn/ii/i Curiiii • ( omY/Minn do IVn Iiiimico Mu non (hninicrc Schizophrènes, les Miz montréalais?Nathalie Petrowski PHOTO JACQUES GRENIER Les Mix montréalais en répétition : les représentations commencent mercredi au Théâtre Saint-Denis.i SAINT-HENRI, dans le vaste ZX studio qui sert de salle de ré-¦L X.pétition à l’équipe de production des Misérables, un adjoint parmi tant d’autres s’est approché en douce de Pierre Tessier, un jeune zélé des relations publiques, prêté par l’agence Optimum, une filiale de fossette Communications.Tessier est l’attaché de presse officiel des Miz, celui qui pilote les journalistes dans le vaste complexe de Molliflex où une centaine de techniciens, costumiers et perruquiers travaillent pratiquement jour et nuit pour respecter les échéances et livrer la marchandise au Théâtre Saint-Denis (à compter de mercredi).L’adjoint, anglophone et probablement parachuté de Toronto, tient en main la liste des crédits de la production montrélaisedes Misérables.Il se penche vers Tessier et d’un doigt interrogateur lui demande si les anglophones de Montréal disent Théâtre Saint-Denis ou lui préfèrent le « more english Saint-Denis Thea- Cinq représentations en français chaque semaine et deux en anglais : comédiens et chanteurs craignent de se mêler dans leurs textes.ter ».Tessier semble à peine surpris.C’est probablement le genre de questions auquel il répond une bonne dizaine de fois par jour.Il assure l’adjoint de Toronto que les anglophones de Montréal connaissent de nom le Théâtre Saint-Denis et qu’ils ne l’ont jamais appelé autrement de leur vie.Ainsi va la diplomatie dans les coulisses des Misérables à MontréaL Et de la diplomatie il en faut pour que les clans, ceux de Londres, de New York, de Toronto et de MontréaL ne se fassent pas la guerre et ne se marchent pas trop sur les pieds.Voir page B-2 : Les Misérables PHOTO JACOUES GRENIER Jean-Alexandre Sarrazin, 15 ans, donnera à compter de la semaine prochaine une série de concerts dans plusieurs Maisons de la culture.Sauf lui évidemment, Jean-Alexandre Sarrazin, qui travaille résolument la Sonate en si mineur de Liszt, une pièce magistrale qu’un pianiste chevronné hésite à inscrire à son répertoire.« Mais moi je l’ai dans les mains, dans le coeur et dans l'âme », affirme-t-il en se décrivant comme un extra-terrestre ! Et de nous expliquer en long et en large que le compositeur importe peu pour un pianiste de la nouvelle vague comme lui : « Je m’applique davantage à faire ressortir la couleur, la chaleur et l’atmosphère d’une Voir page B-2 : Sarrazin Ne tirez pas sur ce jeune pianiste Marie Laurier CE JEUNE GARÇON a toute l’insolence de ses 15 ans même s’il en a le double en maturité et il nous dit sans sourciller « J’aime être remarqué.» Excusez du peu.Car au bout d’une heure et demie d’un entretien fort animé et entrecoupé par le va-et-vient de mes collègues dans le cagibi polyvalent du journal qui sert de fumoir où même les abstènes de la boucane doivent venir chercher leur café, Jean-Ale- « Rien ne me fait peur.Je sais que j'ai quelque chose à donner.» — Jean-Alexandre Sarrazin xandre Sarrazin trouvait le moyen d’attirer leur attention par les propos étonnants qu’il tenait.Il avait affronté le froid de canard de cette fin d’après-midi pour venir nous parler de lui et un peu beaucoup des autres, surtout de sa « carrière » de pianiste, nous tenant sous le charme de sa dialectique saupoudrée de philosophie, de citations de Freud, de réflexions profondes sur la critique, les compositeurs de la musique romantique.Et aussi du désert culturel du milieu — « Montréal est un trou et vous pouvez l’écrire! » dit-il — tout en décochant quelques flèches à Claudio Arrau, Louis Lortie et Marc-André Hamlin, le premier un égocentriste qui ne joue que pour lui, le second trop médiatique ( ! ), le troisième trop technicien.Pan et repan ! Et surprise, surprise, quelques bonnes notes dans la prestation verbale de mon jeune interlocuteur : Lazar Berman trouve grâce à ses yeux.« Ah! Berman, quel magnétisme ! et avec quelle densité il nous livre ses émotions.Pour moi c’est le plus grand.» Aussi Aldo Ciecolini avec qui il aimerait étudier.Et André Laplante, ce méconnu qui joue Liszt comme pas un.Itinéraire d’un enfant marqué Robert Lévesque IL EST des vies vécues comme filent certaines étoiles.Sans regard en arrière, sans savoir où ça s’arrêtera.Plus que des vies d’artiste, ce sont des vies d’enfants qui se prolongent, touchés par une grâce.Ils sont à la fois tristes et élus par une chance innommable qui les fauchera beau.Des itinéraires d’enfants « marqués ».La vie de Bernard-Marie Koltès, né à Metz en 1948 et mort à Paris en 1989, est de celle-là.Fulgurante.Une vie qui a filé 41 ans, sans sa vieillesse, arquée entre un décor de ville grise en Moselle et de la brousse d’Afrique, puis entre un lac du Guatemala et les docks de New York; une vie sur route, libre, fragile, inquiète et courte.Il est déjà mort et ici, au Québec, où il passa en 1968, sac au dos, il commence à peine à être connu ; puis il le sera beaucoup, plus tard.Son écriture extrême, lieu de combat sans merci dans le langage, est l’une des plus belles de cette fin de siècle.Au théâtre, il a continué Genet en rendant le monde des marges plus cruel et moins cérémoniel.Dans la littérature, il a croisé entre elles les illuminations de Rimbaud et les fureurs de Faulkner, comme le reconnaissait un autre écrivain majeur de notre époque, qui l’a traduit en allemand, Heiner Müller.Alice Ronfard, qui a été ébloui par ces rares textes de Koltès (cinq pièces, une traduction du Conte d’hiver, un court roman-monologue, des textes pour la radio), met en scène Dans la solitude des champs de coton, la troisième pièce, première à être créée à Montréal.On pourra entendre dans l’exiguïté de l’Espace Go, à compter du 15 janvier, la voix la plus fascinante du théâtre français actuel, la plus difficile à saisir mais la plus pregnante, la plus nouvelle.De Metz, Koltès fila vite vers Strasbourg.« À 18 ans, j’ai explosé.Ça a été très vite Strasbourg, très vite Paris, et très vite New York, raconta Koltès dans une interview à l’Événement du Jeudi en janvier 89.Et là, tout d’un coup, la vie m’a sauté à la gueule.Il n’y a donc pas eu d’étapes, je n’ai pas eu le temps de rêver de Paris, j’ai tout de suite rêvé de New York.Et New York en 68, c’était vraiment un autre monde».Dans les textes de Koltès, dont les titres sont tous ouvrés et poncés ( La nuit juste avant les forêts, Combat de nègre et de chiens, La fuite à cheval très loin dans la ville, Dans la solitude des champs de coton, Quai ouest, Le retour au désert, Roberto Zucco), on trouvera sans doute pour la première fois dans la littérature française (auteurs et époques confondus) la rencontre à ce point des cultures européennes et américaines, Rimbaud et Faulkner, la poésie et la rue, la langue la plus exacte et l’expérience des rencontres les plus furtives, la rigueur et l’art de l’atmosphère.Soixante feuillets sans paragraphes ont imposé Koltès en 1977.Ils commençaient par « Tu tournais le coin de la rue lorsque je t’ai vu, il pleut, cela ne met pas à son avantage quand il pleut sur les cheveux et les fringues, mais j’ai quand même osé.», monologue sans répit d’un individu qui tourne en rond, tente de retenir quelqu’un (le lecteur ?), piétine, presse un être invisible dans un lieu imprécis.C’était La Nuit juste avant les forêts, lu par un comédien dans le « off » d’Avignon.Tout Koltès était dans ce texte continu, haletant, où se déroule un combat dont le « Koltès a perçu que les confins du monde en devenaient le centre.» — Maria Casarès verbe sera l’arme unique.Jusqu’à ce jour d’été 1977, place Crillon dans la vieille cité des papes, le nom de Bernard-Marie Koltès n’était connu que de camarades, comédiens, gens de théâtre comme Hubert Gignoux qui dirigeait le Théâtre National de Strasbourg où Koltès, revenu d’errances, était apprenti-régisseur, Micheline et Lucien Attoun et leur « Théâtre Ouvert » qui mirent les premiers en lectures (en 1972) les textes de Koltès.Au Petit-Odéon sous l’égide de la Comédie-Française, en 1981, Jean-Luc Boutté mit en scène La Nuit juste avant les forêts (avec le comédien Richard Fontana), et ce fut la découverte d’une voix, d’un auteur, dans la France des théâtres où le renouveau textuel n’était pas bien fort, où la création était au point faible.Patrice Chéreau rencontra Koltès, et le metteur en scène trouva sa proie, et Combat de nègre et de chiens, Quai ouest, Dans la solitude des champs de coton, Le retour au désert virent le jour théâtral, c’est-à-dire les crépuscules du scénogra-Voir page B-2 : Koltès Ptioto ALTERNATIVES THÉÂTRALES Dans la solitude des champs de coton, la première pièce de Koltès à être créée à Montréal, sera présentée à l’Espace Go, à compter de mardi.LES DISQUES MIROIRS i/r litiynioiiil in rv(ti\ = MUSÉE D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Montréal, samedi 12 janvier 1991 B-2 ¦ Le Devoir, samedi 12 janvier 1991 le cahier du i • ameai Koltès phe Richard Peduzzi et les entredeux temps de Chéreau où le théâtre de Koltès s’est insinuer iusqu’à devenir, après Beckett, après Genet, le nouveau lieu des inquiétudes sur et entre les êtres humains.Le heu, même indéfini, est primordial dans le théâtre de Koltès.C’est lui qui touche les sens, influence l’action, forme les personnages.Ils sont seuls, à deux ou à trois, et dans l’espace qu’ils occupent ils installent et mènent la lutte qui se livrera, en monologue ou dialogue, comme un conflit constant où l’invective, sourde ou ouverte, sera la seule action.Comme un drame de Shakespeare sans actions extérieures.Dans Combat de nègre et de chiens, c’est la parole obsessionnelle des fatals rapports racistes dans un chantier africain (Koltès a séjourné au Nigéria, au Mali et au Sénégal).Dans Quai ouest c’est la survie des ombres et d'un trafic secret qui hantent un quai perdu de New York où le ferry ne vient plus.Dans Roberto Zucco, sa dernière pièce, créée après sa mort par Peter Stein à Berlin, c’est la beauté d'un criminel sans le sentimentalisme genettien, pur portrait d'un Pierre Rivière d’aujourd’hui, parricide sans morale qu’inspira à Koltès un fait divers.Dans la pièce qu’Alice Ronfard met en scène avec René Gagnon et David La Haye, Dans la solitude des champs de coton, c’est un coin de rue, un bout de trottoir où deux hommes qui ne se connaissent pas se rencontrent.« Si vous marchez dehors, à cette heure et en ce lieu, c’est que vous désirez quelque chose que vous n’avez pas, et cette chose, moi, je peux vous la fournir; », ainsi commence le dialogue-combat, la transaction métaphysique, entre le Dealer et le Client (René Gagnon sera le Dealer, David La Haye le Client), fantastique échange de rien d'autre que des paroles méfiantes et agressives, et tout ce que celles-ci portent lorsque la crainte et l’inconnu s'installent.Koltès, qui habitait à deux pas de la place Blanche, avait saisi ces personnages, cette conversation-la, à Barbés.Patrice Chéreau, qui l’a monté à Nanterre avec Isaac de Bankolé et Laurent Malet, puis l’a joué (le Dealer), soutenait que la conversation avait eu lieu réellement : « ces deux-là se sont épiés, in-¦ sultés avec une imperturbable logi-'que.Vous les avez croisés, au coin du boulevard de Clichy et de la rue des Martyrs, vous avez accéléré le •pas .et fait un détour rapide, de peur qu’ils ne vous abordent.Ils ¦avaient line tête à vous réclamer quelque chose».Le monde de Koltès, en particulier celui, urbain, de Dans la solitude des champs de coton, est celui des marges.Son grand apport, ce pour quoi son théâtre va s’imposer et demeurer, c’est qu’au proletariat de Brecht il propose le sous-prolétariat, le monde interlope, celui des marges où tout bouge.Maria Casarès, qui a joué Quai ouest, a dit : « Koltès a perçu que les confins du monde en devenaient le centre».Dans ses pièces il y a toujours un « autre côté », c’est l'Algérie dans Le retour au désert, la ville dans Quai ouest, la mort dans Roberto Zucco, et ce qui se trouve au centre est ce qui, chez les autres dramaturges, est habituellement « ailleurs », hors-scène.Il a fixé son regard là où les rencontres fortuites sont illusoires, là où la soütude est chez elle, dans le malentendu, dans le jamais vu.Ses thèmes sont ceux du troc, de la peur, de la méfiance, matière d’angoisse, insaississable.Mais Koltès, et c’est là son art, écrit cet insaississable avec une précision terrible.Dans un entretien accordé à Hervé Guibert, dans le Monde en 1983, il disait : « j’ai l’impression d’écrire des langages concrets, pas réalistes, mais concrets.et j’ai l’impression d’économiser le plus possible; je passe un temps énorme à couper.j’essaie de faire en sorte qu’il ne reste que des phrases utiles».Comme ceux de Marivaux ou Kleist, le théâtre de Koltès est « aussi » oeuvre littéraire, matière à saisir par l’acte de lecture, imaginaire où le lecteur devient metteur en scène.Ses personnages sont construits et développés entièrement à partir du langage.Dans la pièce que vous verrez à l'Espace Go, deux personnages se battent avec les mots, loin du vérisme, mais dans la vérité.Heiner Müller parlait, au sujet du Philoctète de Sophocle, de « la parole devenant meurtre ».C’est de cela qu’il s’agit chez Koltès.Chéreau, dans le programme de la création de Dans la solitude des champs de coton en 1987 aux Théâtre des Amandiers de Nanterre expliquait qu’il s’agissait à la fois d’un dia- logue philosophique à la manière du 18e siècle et d’une entrée ; entrée de clowns.C'est vrai.Mais l’on y sent une peur tout à fait actuelle, c’est-à-dire fondamentale.Koltès met face à face des personnages qui n’auraient pas dû se rencontrer et il observe et décrit le commerce de ces hommes entre eux.théâtre du nouveau monde HENRIK IBSEN GYITT Texte français de MARIE CARDINAL Mise en scène de JEAN-PIERRE RONFARD, Avec ALAIN ZOUV'l ROGER BLAY PIERRE COLLIN Ml'RIELLE DUTIL LINDA ROY JEAN-LOUIS ROUX et 18 autres comédiens Décor MICHEL CRETE Musique originale JEAN SALVAGEAU el CLODE HAMELIN Costumes DENIS DEN'bNCOl'RT, Éclairages MICHEL BEAULIEU Mardi au vendredi.20h Samedi: I 84.rue Ste-Cathcrine Ouest M Place des Arts Stationnement adjacent au théâtre RÉSERVATIONS: 861-0563 A 3 MOLSON (il) O'KEEFE Catch the Waif! (¦ Hi'Us^#54 h • * Miami Beach premiere tonight VIENNA PREMIERE TONIGHT Les Misérables Là le théâtre est puissant et fragile comme l’oeuvre de tout grand poète.Allez entendre Koltès du côté de l’Espace Go.Non pas qu’il y ait de rumeur de zizanie dans l’équipe mais la prudence est d’autant plus de mise que pour la première fois de leur histoire, Les Misérables alterneront pendant les mois à venir entre la langue de Molière (5 fois-semaine) et celle de Shakespeare (2 fois semaine).Même Vi-tor Hugo ne saurait plus où donner de la tête face à une telle confusion.J usqu’à présent la trentaine de comédiens et chanteurs québécois, tous majoritairement de langue française mais choisis pour leur bilinguisme, réel ou fabriqué, ne se plaignent pas.Leur seule crainte c’est de sombrer dans la plus profonde schizophrénie, de se meler dans leurs textes et leur culture, de se mettre à chanter en français dans la version anglaise et anglais dans la version française et finalement d’en perdre l'usage de la parole et de la voix.Leurs craintes sont partagés par le metteur en scène et producteur exécutif, Richard Jay Alexander, qui ne parle pas un traître mot de français mais qui a quand même imaginé un rituel pour les aider à mieux vivre leur dédoublement de personnaüté.Les soirs en anglais par exemple, le chef d’orchestre portera un noeud papillon d’une couleur précise.Dans îes coulisses, il sera interdit de proférer le moindre mot en français.Les habilleuses et maquilleuses devront exercer leur anglais même si elles le parlent comme un troupeau de vaches espagnoles.Idem pour les comédiens et chanteurs, bref le rêve de Pierre Elliott Trudeau, revue et corrigé par un producteur de Toronto.Voulant en savoir davantage, j’ai appelé un certain Brian Sewell, qui travaille sous l’égide de Ed et David Mirish, les associés canadiens du grand bonze britannique, Cameroun Mackintosh.Dans la hiérarchie des Miz, les hommes de Toronto sont responsables des détails comme ceux-là.Pourquoi diable cette schizophrénie ?ai-je demandé poliment.J’ai posé la question en même temps, je connaissais la réponse.Si les producteurs des Afizont opté pour cette version française ce n’est certainement pas pour nos beaux yeux ni ceux de Jacques Parizeau, mais bien parce que la comédie musicale prendra l’affiche à Paris en 1991 et qu’à Paris jusqu’à preuve du contraire, on parle encore français.La production de Montréal sera donc une sorte de répétition générale pour le parolier Alain Boublil et le musicien Claude-Michel Schoenberg qui pourront mesurer l’efficacité de leur oeuvre en français.David Sewell a immédiatement démenti le complot.« Nous n’étions absolument pas obligés de faire une version française à Montréal.La plupart des gens nous l’ont déconseillé.Quant aux Miz parisiens, ils n’étaient même pas dans le paysage quand on a commencé à monter le projet de Montréal.N’empêche que présenter les Miz seulement en anglais à Montréal nous apparaissait comme un manque évident de courage.Après tout, il s'agit d’un grand classique de la littérature française ! » Va pour le grand classique mais pourquoi alors se donner la peine de présenter une production anglaise quand on sait ce que cela coûte en répétitions et en heures supplémentaires.Pourquoi en plus astreindre les comédiens au supplice bilingue îTe quand ils montrent tellement de ferveur unilingue.« Parce qu’on voulait être juste avec les Anglais, répond ' iis Pour preuve, le producteur brandit les statistiques du passé, le fait que la comédie musicale Hair a été pré- 1991-L'année Mozart LES CHOIX D'AGNÈS • Ouverture: Die Zauberflôle - La Flûte enchantée.K.620 • Concerto pour clarinette, en la majeur.K 622 • Symphonie n" 39, en mi bémol majeur, K S43 Chef d'orchestre: Agnès Grossmann Soliste: James Campbell, clarinette mozart &4V ORCHESTRE METROPOLITAIN Ai.Nf SC.HOSSMANN Inc Invitation de ?QUEBECOR INC Lundi 21 janvier 1991, 20h a Hydro-Québec ÇjnOLSizs - journnl.montrent Théâtre Maisonneuve Placodes Arts Hi ".ci v.il ion', t 1 mu 111< ".Ii 14 842 2112 I i.iis de •.rn/K r Hedcv.mi r de I '.lit tout lllllel de plie, de / 't QUAT’SOUS 100.AV.DEB PINB EBT, MTL.Dès le 21 Janvier 1991 mise en scène de LORRAINE PINTAL RENE RICHARD CYR a, GILDOR ROY et tos concoptwja Claudne Parade Daiièle l*v«squ*.Richard lacrot».André Naud.Ftdlppe Ménard et Angéto Bonettl MICHEL TREMBLAY Mardi au samedi 20 h.- Dimanche 15 h.Réserve: dés maintenant: 845-7277 in vi su cou AUtolKKUîU Chicago.Her Kind of Town.Liberty Belle.Opened last night in the Windy City PHILADELPHIA PREMIERE TONIGHT sentée en 1970-71 dans les deux langues pour finir en anglais, faute de spectateurs de langue française; le faitque Cafsn’a connu l’année dernière à Montréal qu’un demi-succès auprès des Québécois.Ce qu’il veut dire dans le fond c’est qu’en matière de comédies musicales à l’américaine, le public anglophone est gagné d’avance alors que le francophone, est plus imprévisible et capricieux.Ce qu’il veut dire aussi c’est pourquoi se priver de quelques dollars supplémentaires quand on peut plaire a tout le monde et à son père.que le drapeau rouge qui surgit sur scène au milieu de la soirée, fut tro qué à la dernière minute pour un dra peau blanc pour faire plaisir au pu blic polonais.Si ce n’était de la schi zophrénie qui prévaut à MontreaL le drapeau rouge virerait probable ment ici au blanc et au bleu.Mais voilà, le Québec n’est pas la Polon gne et Lech Walesa n’est pas le petit frère de Jacques Parizeau.Quant à la pauvre Cosette, si elle continue à ce régime, c’est clair qu’elle va finir avec les têtes à Papineau.Là où les choses se compliquent pourtant c’est lorsqu’il est question de la fameuse Cosette, la jolie mascotte des Mizdonl le symbole a été repris à travers le monde entier, symbole qui selon les pays et les villes s’entiche d’accessoires rigolos ou alors de drapeaux nationaux comme ce fut le cas à Tel Aviv, à Budapest et au Japon.Qu’en sera-t-il de la Cosette à Montréal.Brandira-t-elle oui on non, le fleurdelysé ?David Sewell ne comprend p:.s où je veux en venir ni pourquoi un banal drapeau ferait l’ombre d’un problème.Je me vois dans l’obligation de lui rappeler le Lac Meech et plus récemment la Commission Bélanger-Campeau.Ne sait-il donc pas que le Québec songe certains soirs à se séparer ?« Écoutez, répond David Sewell, notre business ce n’est pas la politique, c’est les comédies musicales.À Montréal, la Cosette portera probablement le chandail des Canadiens ou alors la casquette des Expos, a vrai dire nous n’y avons pas encore pensé.» Pour ceux qui ne seraient pas au ep M.Sewell, parce que les Anglais représentent 20% de la population, qu'ils sont en moyens et que les Miz sont exactement le genre de produit qu'ils consomment fréquemment.Ce qui n’est pas tout à fait vrai puisque Pierre Tessier m’assure qu’un graphiste de Toronto travaille sur plusieurs hypothèses dont une mettant en scène la Cosette flanquée du profil de la ville et de la croix du Mont-Royal.« Il se peut aussi qu’elle ait en main un fleurdelisé, ajoute Tessier, mais il sera très petit.Il faut faire attention.• La prudence est de mise, vous dis-je, la prudence et la diplomatie.À Gdansk en Polonge, l’histoire veut courant, Les Misérables, une épopée musicale de trois heures 15 minutes, inspirée du roman de Victor Hogo, prendra l’affiche au Théâtre Saint Denis à compter du jeudi 17 janvier Les deux premières représentations seront en français, la suivante en anglais et ainsi de suite pour un total de huit représentations par semaine Les comédiens et chanteurs seront les mêmes dans les deux langues.Fait important à noter, c’est la première fois que la version française, adaptée de l’anglaise par le parolier Alain Boublil et le compositeur Claude-Michel Schoenberg, est présentée dans le monde.L’épopée des Miz a commencé au Palais des Sports à Paris en 1980 C’est là que le producteur britannique Cameron Mackintosh vit la comédie musicale pour la première fois.Il demanda aussitôt à Boublil et Schoenberg de retravailler le spectacle avec le parolier Herbert Kretz-mer et les metteurs en scène Trevor Nunn et John Caird en vue d’une version anglaise.Le spectacle des Mizie\ qu’on le connaît aujourd'hui a fait ses débuts à Londres à l’automne 85, puis en mars 87 à Broadway.Des productions ultérieures eurent lieu dans 11 autres villes à travers le monde.À Montréal, Les Miz resteront officiellement à l’affiche jusqu’au mois d'avril.Les comédiens et chanteurs ont néanmoins signé un contrat jus- 3u’à la fin juin, ce qui suppose déjà e nombreuses supplémentaires.Sarrazin partition, quelle qu’elle soit.Je l’interprète à partir de mes sentiments et de mes émotions, de la bâtir et de la structurer dans l’instant même.Je suis contre une perfection technique qui banalise et fige la musicalité.Ti top de pianistes préfèrent la virtuo-.'émotion.Mo sité à l’émotion.Moi je veux renverser la vapeur et laisser transparaître ma sensibilité.» Cette sensibilité, il la canalise dans l’interprétation d’auteurs de l’époque romantique ou post-romantique se donnant comme vocation de trouver la couleur et la densité qui conviennent à sa personnalité, rompant ainsi avec l’académisme traditionnel des artistes plus âgés de la confrérie pia-nlstique.Notre jeune Interlocuteur a commencé à pianoter sur le piano de sa soeur aînée à six ans, constatant que « cela lui apportait des choses », si bien qu’il décidait de se mettre sérieusement à l'étude de cet Instrument.Que de chemin parcouru depuis, raflant à 12 ans le premier prix au concours de musique du Canada, à 14 ans devenant le lauréat du Concours I Musicl des jeunes interprètes.Il a étudié la technique fondamentale avec Thérèse Gingras et « prolonge » sa formation avec Na- thalie Pépin, toutes deux de l’école t-cFl Vlneent-d’Indy, termine son secondaire à l’école Joseph-François Perreault et poursuivra ses études de musique à McGill en septembre prochain.Jean-Alexandre Sarrazin se défend farouchement d'être un « prodige », comme on l’a déjà laisse entendre : « Je n’al rien de prodigieux : je m'installe devant mon piano, je travaille huit à neuf heures par jour, si bien que le résultat est le fruit de 5 % de talent et de 95 % de travail.veux pas.Gela me laisse plus de souplesse dans mon interprétation puisque je parviens à éliminer les details négatifs.» Jean-Alexandre se sent fort à l’aise dans tous ses paradoxes et sès contradictions.« En somme, je suis un marginal et je me suis donné comme objectif la conquête de I’â bolltion des préjugés, prend-il soin de préciser.Il n’est pas vrai que l'on doive toujours interpréter Rachma ninov, Brahms ou Schumann comme la veille mais chaque fois différem ment, selon l’inspiration du moment.De la même façon que Glenn Gould a su imposer sa personnalité en ré volutionnant l'approche physique et psychologique de l’instrument, je veux déranger et faire en sorte que le public sorte changé, différent quand il vient m’entendre.» L’occasion nous sera donnée de vérifier si le jeune homme tient sa promesse de nous transformer puis qu'il entreprend dans quelques jours une tournée de récitals : le 15 jan vier, il sera à la Maison de la culture Côte-des-Neiges, le 19 janvier à l'église de Sainte-Sophie, le 18 février à la Maison de la culture Frontenac dans le cadre des Lundis d'Edgard Fruitier.Il Interprétera des oeuvres de Chopin dont la fameuse 4e Bal lade, les Varlations-Paganini de Brahms et du Liszt.Et Mozart ?Il se le réserve pour un peu plus tard : « À 40 ans peut-être bien, pour l’unique plaisir de me faire plaisir.» Gageons que d’ici ce temps il aura trouvé le moyen de nous « déranger » et de nous présen ter d’autres couleurs dans la n)u slaue du célèbre compositeur de Salzbourg.Décidément, Jean-Alexandre Sar razin est un musicien qui aime en ef fet se faire remarquer et en prenant congé il prend la peine d'ajouter: Un prodige est une personne qui n’a ill as besoin de travailler pour arriver bien jouer, alors que moi je sais « Rien ne me fait peur, parce que je ' quelqi exactement le son que je veux et je che m’efforce de chercher ce que je ne sais que j’ai quelque chose à don ner.» Il l’a fait récemment en allant jouer pour les prisonniers de Bordeaux.Une expérience qui l’a à son tour transformé.Violence féminine, phénomène méconnu À Nathalie Petrowski, félicitation pour votre article sur la violence (Le Devoir, 14 décembre).Je voudrais relever, par contre, deux passages qui me semblent contradictoires.Vous interviewez madame Sheila Hodgins, « spécialiste de la violence qu’elle a étudiée (.) elle a effectivement constaté, n’en déplaise à Roch Côté, qu’il y a plus d’hommes violents que de femmes violentes ».Et on admet que « la violence des femmes est encore un phé- nomène peu étudié (au Canada) et donc largement méconnu ».Dans les circonstances, qu’est-ce qui nous as sure que Roch Côté a entièrement tort ?La violence ne se mesure pas seu lement à la force physique des hom mes.La violence entre les hommes et les femmes et même entre les femmes peuvent être génératrices des formes de violence.Solange llolduc 4 4 Le Devoir, samedi 12 janvier 1991 ¦ B-3 le cahier du i • ameai CINEMA Captive du désert Une perle du nouveau cinéma allemand Un thé au Sahara Version française de The Sheltering Sky, de Bernardo Bertolucci, avec Debra Winger, John Malkovich, Campbell Scott, Jill Bennett, Timothy Spall, Eric Vu-An.Scénario: Mark People et Bernardo Bertolucci d'après le roman de Paul Bowles.Image : Vittorio Storaro.Musique : Ryuichi Sakamoto et Richard Horowitz.Grande-Bretagne, 1990.138 minutes.En version française au Complexe Desjardins et au Carrefour Laval.Francine Laurendeau LE GÉNÉRIQUE musicalement lancinant m’a tout de suite accrochée.New York de l’après-guerre en noir et blanc, trépidant, séduisant, stimulant.Factice aussi sans doute pour ces trois Américains qui l’ont quitté et dont le bateau accoste au Maroc.Us se retrouvent seuls sur le quai avec un monceau de bagages.« Nous sommes sans doute les premiers touristes à débarquer en Afrique du Nord depuis la guerre », dit Tunner (Campbell Scott), l’ami du couple.« Pardon, nous ne sommes pas des touristes, corrigent Kit (Debra Winger) et Port (John Malkovich).Nous sommes des voyageurs.» Le ton est donné.C’est l’immédiat après-guerre et il y a encore d’heu reux mortels assez fortunés pour faire de leur curiosité une occupation permanente.Port, surtout, leader naturel du trio, se veut sans préjugés, sans hâte, sans projets.Et sans obligations.Si lui et sa femme font chambre à part, c’est qu’il faut savoir séparer amour et sommeil Un couple fantoche (une vieille dame et son fils qui n’est plus jeune) se profile bientôt dans leur horizon.Comme les Lyle circulent en Mer-cédès, cela les rend intéressants, du moins le temps d’un parcours : en Afrique du Nord, la voiture est mille fois plus agréable que le car ou le train.C’est en train, justement, que Kit et Tunner feront plus ample connaissance et se plairont, le temps d’une nuit au champagne.Même si Port ne se prive pas d’incursions solitaires dans les quartiers arabes où, immanquablement, il se trouve toujours quelqu’un pour lui proposer une fille (qu’il ne dédaigne pas, ça fait partie du voyage), il ressent le besoin de se rapprocher de Kit qu'il a peut-être senti s’éloigner de lui.Alors c’est Tunner qu’on expédie, pour le circuit suivant, avec les Lyle.Debra Winger et John Malkovich partagent la vedette dans Thé au Sahara.Mais Port est souffrant.Tandis que tout le monde se plaint de la chaleur, il a froid.Bientôt, il grelotte de fièvre.Or, U n’y a dans ce bled ni médecin ni hôpital.Et Kit ne trouvera comme asile qu’un minuscule poste de la Légion Etrangère.Mais je ne vous dirai pas à la suite de quoi elle va être recueillie par une caravane de Touaregs ni par quel subterfuge le beau Belqassim l’enfermera chez lui.Là, Kit trouve le bonheur — ou en tout cas l’oubli — dans la soumission.Jusqu’au jour où les épouses de Belqassim profiteront d’une absence de leur seigneur et maître pour éventer la mèche.«Tu étais perdue, ma fille », constatera en guise de conclusion le vieil observateur interprété par nul autre que Paul Bowles.C’est en 1949 que paraissait aux États-Unis The Sheltering Sky, en français Un thé au Sahara (Gallimard, collection L’Imaginaire).Le titre français est tiré tout droit du roman.Lorsqu’un Arabe entraîne Port dans une tente pour lui faire rencontrer une prostituée, pour le mettre dans l’ambiance il commence par lui raconter la triste histoire de ces trois filles de la montagne qui rêvaient d’aller boire le thé dans le Sahara.La triste histoire n’est plus dans le scénario qui a choisi, plutôt qu’une adaptation inventive, de mettre d’abord en images de courts extraits du roman, quitte à s’attarder davantage aux derniers chapitres, ceux qui nous font plonger le plus profondément dans les mystères du Sahara : la maladie de Port et la captivité amoureuse de Kit.Tourné au Maroc, en Algérie et au Niger (avec, pour les avant-dernières séquences, de véritables Touaregs), utilisant sons et musiques appropriés, le film de Bernardo Bertolucci est d’une beauté à couper le souffle.Un très grand plaisir visuel conforté par une impression générale d’authenticité.Mais l’émotion n’est pas au rendez-vous.Pourquoi ?Les comédiens font de leur mieux, John Malkovich est excellent.Il est vrai que son personnage est celui qui franchit le mieux l’épreuve de l’adaptation.Je n’en dirai pas autant du personnage féminin qui ne m’a jamais totalement convaincue, meme dans le roman.Peut-être est-ce un roman qui date.Ce qui n’arrange en tout cas pas PHOTO WARNER BROS les choses, c’est le doublage français.Non qu’il soit plus mauvais qu’un autre.Mais il s’agit de trois Américains qui rencontrent épisodiquement deux Australiens (les Lyle).Entre eux, ils parlent anglais.La communication avec les gens du pays n'est pas toujours commode.Ils leur parlent surtout français, un peu espagnol, un peu arabe.Tandis qu’ici, tout est gommé : nos cinq anglophones parlent français, sans discontinuer, du soir au matin.Mais je n’en démords pas, c’est tout de meme furieusement beau.The Nasty Girl Un film de Michael Verhoeven, avec Lena Stolze, Monika Baumgartner.Michael Gahr, Fred Stillkrauth, Elizabeth Bertram, Robert Giggenbach.Images : Axel de Roche Musique : Mike Herting / Elmar Achloter / Billy Gorlt / Lidye Auvray.Allemagne 1990.95 min Au Rialto, v.o.allemande s.t.français.Odile Tremblay LE NOUVEAU CINÉMA allemand produit des étincelles celte année avec The Nasty Girl de Michael Verhoeven.Cette comédie grinçante remportait au dernier festival de Berlin et le prix du meilleur réalisateur et celui du meilleur film.À juste titre.Acide, brillant, techniquement ciselé, mené avec maestria, le film est un vrai bijou d'humour noir.L’encre allemande n’a pas fini de couler sur l’héritage nazi qui pèse lourd, très lourd sur les épaules des générations allemandes d’après guerre.Aujourd'hui encore, le thème névralgique refait surface, à partir d’un fait vécu cette fois : l’histoire d’Anja Elizabeth Rosmus.Dans sa petite ville de Passau en Bavière, cette jeune femme courageuse tenta au cours des années 80 d’établir la lumière sur le paské nazi de ses concitoyens, affronta leur silence, leur animosité, mais tint bon, extirpa la vérité (honteuse) de son puiLs, la pu blia.Son aventure a inspiré à Michael Verhoeven le film que voici : The Nasty G irise déroule dans la ville imaginaire de Pfilzing.Sonja (merveilleuse Lena Stolze) est issue d’une famille typique, presque modèle, de petits enseignants sans envergure.Dans de comiques « flashbacks » en noir et blanc, renaissent les premières années de la jeune femme : l’école corrompue où les religieuses graissent la patte des enfants de généreux donateurs, le père qui enseigne l’histoire de l’Allemagne en sautant la dernière guerre, le prof de physique dont toutes les élèves sont amoureuses, le superbe arbre couvert d’ex-voto à qui les petites filles confient leurs espoirs romantiques.Sonja est à la tete de sa classe.Dans le cadre d’un concours d'essais à travers l’Europe, elle remporte le premier prix pour l’Allemagne : un voyage à Paris.La voilà devenue une célébrité locale, jusqu'au jour où sa recherche sur « Ma ville durant le 3e Reich » la transforme en brebLs galeuse.Où étiez-vous de 39 à 45 ?La question est dynamitée lorsqu’elle s’adresse à d'anciens notables brûlant d’un seul désir : enterrer le passé.Les mémoires sont tout à coup bien défaillantes, les documents disparaissent des archives, les bibliothécaires opposent une fin de non recevoir.Mais Sonja s’acharne, poursuit la ville, tient tête à ses concitoyens, à sa famille, à son mari aussi (elle a épousé le prof de physique), consacre nuits et jours à sa recherche.Des néo-nazis la passent à tabac, posent des bombes chez-elle.Rien n’y fait.Sonja découvre le passé antisémite des habitants de Pfilzing, déterre le camp de concentration de la région, pointe du doigt, dénonce.Le thème aurait pu être traité sur un mode sombre de façon linéaire.Il n’en est rien.Sur un lit de sarcasme, avec des images parfois surréalistes où les acteurs deviennent des statues, où le salon de Sonja se transforme en péniche qui vague à travers la ville, Michael Verhoeven courtise les effets théâtraux pour mieux replonger ensuite dans le réalisme, varie sans cesse le ton.Le tout produit un film multiple, extrêmement vivant, dominé par le jeu expressif de Lena Stolze et baigné d’une musique forte et envoûtante.Vraiment, cette Nasty driest une perle du nouveau cinéma allemand.A voir.Séjour cauchemardesque dans l’Iran de l’Ayatollah Not without my daughter Un film de Brian Gilbert, avec Sally Field, Alfred Molina, Seila Rosenthal.Images : Perter Hannan.Musique : Jerry Goldsmith.En v.o.anglaise aux cinémas Place du Parc, Laval, Versailles, Dorval, Centre Eaton.116 min.États-Unis 1990.Odile Tremblay DÉCIDÉMENT, les histoires vécues ont la faveur des cinéastes par les temps qui courront.De plus en plus souvent, ils délaissent la fiction au profit d’une réalité qui la dépasse.À la source cette fois : le livre de Betty Mahmody, une Américaine qui témoigne d’un séjour cauchemardesque dans l'Iran de l’Ayatollah.Sur fond de choc des cultures, Brian Gilbert a gravé sa mésaventure sur pellicule, créant un suspense prenant, habile, efficace surtout qui tient en haleine jusqu’au mot fin.Comme tous les « thrillers » qui se respectent, celui-ci débute bien innocemment.Pleins feux sur les bords paisibles d'un petit lac du Michigan.Betty (Sally Field) et Moody (Alfred Molina) vivent en 84 un amour sans histoire auprès de leur fille Mahtob.Moody est un médecin d’origine iranienne.Depuis dix ans, il n’a pas vu sa famille et il s’ennuie, brûle de leur rendre visite.Mais le Shah est tombé et l’Iran appartient désormais aux intégristes.Betty a peur d’y séjourner, résiste, puis cra- que finalement devant les promesses et les suplications de son époux.« Deux semaines seulement, lui jure-t-il, une main sur le Coran.Ensuite, on rentre à la maison».Et voilà la petite famille à Téhéran : Loin, bien loin d’Alpena, Michigan.Tournée vers la Mecque, les musulmans se prosternent à heures fixes tandis que les hauts-parleurs déferlent les incantations des muezzins.Des soldaLs armés patrouillent les rues, des avions irakiens tirent des bombes ici et là, les femmes sont rivées au tchador, condamnées à l'obéissance, car pères, frères et époux ont sur elles pleins pouvoirs.Dans sa mère-patrie, Moody se révèle un musulman pur et dur.Plus question pour lui de retourner en Amérique.C’est décidé : Femme et enfant devront rester à ses côtés et devenir de dociles iraniennes.Betty nage dans l’horreur.Séquestrée dans la famille de son mari qui épie le moindre de ses faits et gestes, condamnée à déambuler voilée sous escorte, elle rumine son évasion.D’autant plus qu’autrefois si doux, Moody s’est métamorphosé en brute violente qui la bat, menace de la tuer, de la priver de son enfant.Not without my daughter est le récit d’une fuite.Celle d’une mère qui déploie des trésors de ruse et d’acharnement pour ramener sa fille au pays au mépris de leurs deux vies.Le rôle était taillé sur mesure pour Sally Field qui a tout de la madame tout le monde.Elle l’interprète avec la dose d’innocence, de ferveur patriotique et de détermination que le personnage réclamait.Quant à Alfred Molina, il compose un excellent Moody, lourd, bute et renfermé.Le film est parfois baigné de beaux décors, les bazars surtout qui surgissent dans la pénombre, mais Not without my daughter demeure une production à l’américaine courtisant l’action plutôt que la forme.Le sujet, lui, vient s’inscrire dans la lignée de Midnight Express, de Missing, de tous ces films dénonçant la barbarie étrangère et glorifiant « L’American way of life».Qui parmi nous voudrait être séquestré en Iran ?Personne.Comment ne pas compatir avec toutes les Betty du monde ?On ressent toutefois un agacement devant ces films qui s’enroulent dans le drapeau étoilé et respirent la propagande et l’ethnocentrisme.Not whitout my daughter est efficace oui, « thrillant » aussi, mais assez pernicieux tout compte fait.IFAMOUS PLAYERS r LES GRANDS CRUS DE LA PUB-CANNES1990 LES MEILLEURS 4 FILMS mmm DU MONDE l 9 9 0 Le PARISIEN © 4RO STE CATHERINE O 1 15-3 20-5 25 7 309 35 D'APRÈS LES SOUVENIRS D'ENFANCE DE fllw'C'C' VOICI LES DEUX GRANDS MOMENTS DE BONHEUR DU CINÉMA FRANÇAIS iA Gloire DE MON PjRJ / Pmnoo PRÉSENTEMENT À L’ AFFICHE VISA GENERAI 2:00-4:30-7:00-9:15 DESJARDINS COMPLEXE DESJARDINS m affiche JANVIER CINEMAS ClNEPLLX ODF.ON DEUX FILMS DE YVES ROBERT " Un jeu merveilleux.Un excellent Film.8 sur 10." •Wayne Clarkson, CANADA AM-CTV " Une excellente comédie américaine sur les classes sociales, l’argent et l’avidité.Bien joué, provocant et plein d'entrain." •Vincent Canby.THF.NEW-YORK TIMES " Fascinant.C'est la vie des gens riches et célèbres pour intellos." -Ja, Stoll, GLOBE & MAIL " Fascinant, intelligent et subtil.Un film ensorcelant qui vous tiendra en halène." •Peler Travers, ROLLING STONE GLENN CLOSE-JEREMY IRONS 5^ RONSILVER DEBRA- WINGER “Sensuel, élégant et sublime.Bertolucci est passé maître à l'évocation des émotions les plus dures à travers des images d'une beauté renversante." TIME MAGAZINE |0HN O 14 ANS " '"’//y// : ' VERSION FRANÇAIS! Di mm CINEMAS ClNEPLLX ODEON UN THE AUl MALKOVICH "Une magnifique réalisation! Le meilleur film de Bertolucci.” NKW1I0USE NEWSPAPER “Un exploit remarquable.Magnifique, provoquant et passionnant.” - Joanna Langfield MIS RADIO NETWORK le mm m mm® un film de BERNARDO BERTOLUCCI -CD ST DENIS» STE CXTMERINE miix»»»«i»»l A CARREFOUR LAVAL 2330, BOUL LE CARREFOUR VERSION FRANÇAISE DE SHELTERING SKY" Un voyage dangereux et érotique au-delà du réel.O NOMINATIONS AUX L GOLDEN GLOBE AWARDS Meilleur arrangement musical Meilleur directeur: BERNARDO BERTOLUCCI 1071.CHEMIN DU COTEAU SHERBROOKE MAISON DU CINÉMA 2330, BOUL LE CARREFOUR -LDLS DESJARDINS COMPLEXE DESJARDINS JB-4 Ri Le Devoir, samedi 12 janvier 1991 le cahier du j • ameai )u>! iw CINÉMA MUSIQUE ¦K-.ai,fH.^MuiarlMiih.U:UUUnnllC.i,U rmwwptiwww/; ^sjüwrnœr'-mmm " “»ru ~ .TteFHANTÜM oî tfeéOPERÀ ANDREW LLOYD WEBBER MA KOI, I) RKINCE cFb Théâtre Maisonneuve, Place des Arts, Montréal UNE PRÉSENTATION OE BELL CANADA PLANETE ISVISIECHIZ /il! Ulllr fc‘LO K (514)522-1245 1800 3614595 Charles Dutoit et l’OSM Debussy : La Mer, Jeux, Le Martyre de saint Sébastien, Préludes à l'après-midi d'un faune.London 430 240 2.Ernest Ansermet et l’Orchestre de la Suisse Romande Debussy : La Mer, Nocturnes, Prélude à l'après-midi d'un faune.London 414 040-2.Pierre Boulez et le New Philharmonia Orchestra Debussy : La Mer, Prélude à l'après-midi d'un faune.CBS WNYK 37261 Carlo Maria Giulini et le Philharmonia Orchestra Debussy : La Mer, Nocturnes.EMICDM 7 69184 2.Arturo Toscanini et le BBC Symphony Orchestra Debussy : La Mer; Elgar, Enigma Variations.EMI CDH 7 69784 2, enregistrement sur le vit, 1935.Carol Bergeron APRÈS UN PREMIER DISQUE Debussy consacré aux Images et aux Nocturnes (London 425 502-2), Charles Dutoit et l'Orchestre Symphonique de Montréal (OSM) en signent un second dont le généreux contenu (plus de 75 minutes) rassemble quatre partitions dont La Merci le cé-lébrissime Prélude à l’après-midi d’un faune.En y regardant de plus près, il apparaît cependant qu’à travers le PrC lude ( 1894), La Mer (1905) et Jeux œ, se trouvent illustrées les trois s essentielles de l’évolution du compositeur et de l’orchestrateur.C’est ce qu’avec les trois Nocturnes qu’il place à côté du Prélude, Pierre Boulez identifie comme un tryplique qui permet également d’observer « les constantes, frappantes, des idées musicales et instrumentales » de Claude de France.De la musique de scène pour solistes, choeur et orchestre destinée aux représentations du Martyre de saint Sebastien — un « mystère » de Gabriele d’Annunzio, écrit pour Ida Rubinstein, étoile des Ballets russes de Serge de Diaghilev —, Debussy tira, avec l’aide de son disciple André Caplet, une Suite de quatre fragments symphoniques.C’est cette Suite que Dutoit a retenue.Fort nombreuses, les versions dis cographiques de La Merci du Pré lude semblent dominées, d’après le catalogue Diapason, par celles de Charles Munch, Pierre Monteux et Roger Désormière.Mais pour être excellentes, ces versions ne sont, bien entendu, pas les seules.Celles qui font l’objet de cette recension me paraissent toutes, bien qu’à des degrés divers, dignes d'intérêL Prenons d’abord le séduisant Pré- lude à l’après-midi d'un faune que réprennent pour nous Dutoit, Boulez et AnsermeL Bien que la flûte émerge souvent en soliste, il n’est pas ici question d’une oeuvre concertante mais plutôt d’un Poème symphonique.Par sa frémissante sensualité, la lecture d’Ansermet s’oppose à la froideur analytique de celle de Boulez.Ce dernier veut tellement éviter le numéro de soliste, que la flûte manque de présence, comme si elle avait été reléguée au fond de l’orchestre.De loin le meilleur des trois flûtistes, Timotthy Hutchins donne à Dutoit leprétexte d’une superbe exécution.Ensemble, ils reconstituent une toile impressionniste d’une plasticité extraordinaire.Plus près de la Symphonie que de la narration du Poème symphonique, La Mer pose de nombreux problèmes à ses interprètes.Parmi ceux qui, malgré tout, tiennent à décrire les images évoquées à travers les trois mouvements (De l'aube à midi sur la mer, Jeux de vagues, Dialogue du vent et de la mer) on distingue Arturo Toscanini et Carlo Maria Giulini.À noter que la version de Toscanini provient d’un concert donné au Queen's Hall de Londres, le 12 juin 1935.Ce document trahit hélas son âge.De plus, ce qui n’arrange rien, le BBC Orchestra manque de transparence.Malgré tout, Toscanini aborde cette musique avec passion.C’est cette même passion qu’adopte Giulini.Les deux parties extremes de l’ouvrage en sont fiévreusement imprégnés.Malheureusement, le tableau central sonne totalement morcelé; comme si les musiciens n’avaient pas eu le temps d’aller au-delà d’une certaine mise en place des éléments.Objectifs dans leur lecture de l’ouvrage, les Dutoit, Ansermet et Boulez se distinguent plutôt dans la manière de traiter les détails du phrasé, du rythme, des nuances et de la couleur.Bien que rompu au répertoire français, l’Orchestre de la Suisse Romande toutefois manque de souplesse.La versatilité légendaire du New Philharmonia en fait un instrument plutôt neutre, ce qui a pour effet d’accentuer la cérébralité de la lecture de Boulez.L’OSM demeure l’instrument le plus souple, le plus transparent, le plus merveilleusement adaptable à la chimie « debussyste • des timbres.Jeux de vagues (le second mouve: ment) nous en apporte la plus éclatante illustration.Ici, dans ce second mouvement, le tandem Duloit/OSM parvient à donner un souffle irrésistible à ce Scherzo.C’est là que les musiciens montréalais atteignent les plus hauls som-meLs d'excellence.Ailleurs, bien que la pâte sonore soit toujours d’une superbe transparence, il n’y a plus cette urgence dans le déroulement : Dutoit reprend sa réserve hautaine et demeure d’une froide sensualité.ORCHESTRE DE CHAMBRE McGILL chef d’orchestre: ALEXANDER BROTT “MOSTLY MOZART” solistes: STAN NANCY ALLEN, harpe Concerto pour flûte no 2 K.314 .Concerto pour flûte et harpe K.299 .Concerto pour harpe op 4 no 6 Danse Sacrée et Profane.ANDREA GRIMINELLI, llûte Mozart .Mozart .Handel .Debussy LUNDI 28 JANVIER, 20h30 billets: $25.et $18.(TPS Incluse) en vente à la Place des Arts Les Misérables LA PLUS POPULAIRE DES COMÉDIES MUSICALES Théâtre Maisonneuve Place des Arts Réservations téléphoniques: 514 842 2112.Frais de service.Seulement trois mois du 12 NOVEMBRE 1991 au 20 FÉVRIER 1992 \\.ml premieres 12 et 13 novembre 1991 Gala d’ouverture: jeudi 1 1 riotombro.199! THÉÂTRE SAINT-DENIS RESERVEZ UNE SOIREE AVEC LE FANTOME (514) 790-2222 Billets en vente également au guichet de la Place des Arts et aux guichets TicketMaster (situés dans certains magasins de La Baie) GROUPES (20 personnes minimum) TÉLÉPHONEZ: (5141 874-9153.au Québec: (416) 925 7466.en dehors du Quebec.SOI s I I ICKKAISAÜI III Tous les spectacles sont présentés en anglais Un nouveau regard aur la Terre.Le lout dernier film IMAX.QRCA> CFCF600 CFQR9y.5 DES LE 17 JANVIER! BILLETS DISPONIBLES POUR LES PREMIÈRES REPRÉSENTATIONS : En français: 11.19,20.23.26 (mal.) et 27 janvier ainsi que les dimanches soirs En anglais: 18,19 (mat ), 22, 25 et 27 (mat ) janvier BILLETS MAINTENANT EN VENTE POUR TOUTES LES REPRÉSENTATIONS PRÉVUES JUSQU'AU 14 AVRIL En vente au guichet du Théâtre ainsi qu'aux comptoirs Ticketron LA GARE LA STAZIONE VO ilulienne over S T FRANÇAIS Réalité pot el over SERGIO RIJBINI îcxn Ici un à 19h30.21 h30/ D.m m pl,n à 13h30, 15li30, I Th30 Un véritable [G] petit bijou à découvrir pour se faire plaisir 4* StWAlUE l DERMIEBSSOHKKJ Bell JSam 3SÜ Wcftij) A propos de Debussy « Frissons garantis ! » O Ttwfiblay.Lù Devoir APPELLE TELETHON : (514) 288-2525 Plus que cinq jours.(ZHOnj ArfO'HIVtS Rachid Benhadj, poète du désert Une scène de Rose des sables, un film de Mohamed Rachid Benhadj.préfèrent balayer du revers de la main (avec l’optimisme que confère l’inconscience) les tristes réalités de la condition féminine dans les pays du Maghreb.Cette semi-confidence chuchotée en laisse entendre plus long que le plus exhaustif des réquisitoires.Et c’est bien à l’image de ce film, tout en retenue, en métaphores, en euphémismes.Ces gens pauvres et humiliés sont fiers et ne s'apitoient pas sur eux-mêmes.Moussa n’a pas de bras ?Cela ne l’empêche pas de se débrouiller parfaitement et tous le considèrent comme un homme normal.C’est étonnant tout ce qu’on peut faire avec un pied habile.Et il semble être le seul à avoir compris que celle qui l’aime ne saurait l’aimer.Il a son jardin secret : un buisson fragile qu’il arrose soigneusement et d’où naîtra peut-être un jour une fleur, une improbable rose des sables.Des comédiens étonnants de présence et d’authenticité.Et je vous passe la dextérité avec laquelle Bou-bakeur Belaroussi fait bouger son personnage, en particulier dans la séquence où il vaque à sa toilette ( fait bouillir l’eau, mousser le savon, se rase) est un véritable exploit.Je sais, nous ne sommes pas au cirque.On s’incline tout de même.Mais ce qui se détache au premier plan, ce qui restera longtemps dans le souvenir, c’est le désert, immuable, changeant, infini.Sa lumière dure ou douce, selon les heures.Ce paysage charmeur aux courbes sensuelles qui, en un instant, peut se transformer en ennemi, hostile, déchaînant sable et vent.Les voies de la distribution sont insondables.Présenté au Festival de Cannes il y a près de deux ans, voici que cet admirable film, alors qu’on ne l’espérait plus, atterrit sur les écrans du Ouimetoscope.En guise de conclusion, je citerai Jean-Pierre Garcia qui présentait ce premier long métrage à la Semaine de la Critique, édition 1989.« Rachid Benhadj est l’auteur que l’on attendait du cinéma algérien depuis de nombreuses années.Il dit poétiquement et symboliquement qu’un pays ne peut éternellement se taire et se voiler la face.Passent les années, tombent les alibis.Les événements violents d’octobre 1988 en Algérie (mais il y en a eu d’autres depuis) sont la réponse obligée des sans voix.Parfois cependant s’élève une musique, une image, magnifiques tel le Rai ou Rose des sables».Le cinéma IMAX au Vieux-Port de Montréal Renseignements 4fJ0-4G29 sance.Pour gagner leur vie, Zineb prend chaque matin une sorte de taxi collectif qui la conduit à la ville où elle empaquette des dattes destinées à l’exportation.Les noms des destinations Inscrits sur les caisses la font rêver.Rome, Paris.Pas otstl pour autant, Moussa, lui, s’attache aux pas du maître Tahar, un saint homme qui tente d’enseigner les traditions aux enfants du village.Son autre ami Rachid, toujours flanqué de son ânesse Mercédès, est secrètement amoureux de Zineb.Rachid est malheureux dans ce coin perdu qu’il accuse de son malheur.Il faut l’entendre invectiver le sable.Car ces êtres attachants vivent dans une minuscule oasis, très loin dans le désert, à 700 km d’Alger.Une société aux lois archaïques que nous devinons sans les bien comprendre.C’est sans doute à cause de ces lois redoutables que Rachid ne saurait épouser Zineb et que la belle Menem sera sacrifiée dans un mariage qui fera d’elle une esclave.Mais rien n’est dit.Une simple phrase échangée entre amies au bain rituel évoque un instant, ombre menaçante que les jeunes femmmes fl * Rose des sables De Mohamed Rachid Benhadj, avec Boubakeur Belaroussi, Dalila Helilou, •Atmane Ariquet, Boumedienne Serat, Nawal Zaatar, Karima Hadjar Scénario : Mohamed Rachid Benhadj d'après une idée originale de Maria Cristina Paterlini et M.R.Benhadj Image : Ismai Lakdhar Hamina el - Mustapha Belmihoub Musique: Maria ! Cristina Paterlini.Algérie, 1989.90 > minutes Version originale, sous-titres | français.Au Ouimetoscope i ¦ Francine Laurendeau I j DANS UNE HUMBLE MASURE J aux murs de torchis, une femme pré-i pare le thé matinal.Et va réveiller J l'homme qui dort profondément.Si j profondément que c'en est suspect : j serait-il malade, mort peut-etre ?J Non, c’était pour la taquiner.Dail- i leurs, n’y tenant plus, Moussa ( Bou-| bakeur Belaroussi) éclate de rire.Sa j soeur Zineb ( Dalila Helilou) boude.| Mais pas longtemps.Ces deux-là s'a-j dorent.Ils habitent seuls ensemble ! depuis que la guerre leur a pris leurs j parents.Moussa est handicapé de nais- Enregistrement par les *9 ARTISTES CANADIENS D’ORIGINE EN VENTE PARTOUT sur disque’ compact, cassette’, el microsillon de PolyGram ciném* 1! QUARTIER LATIN 858, est STE-CATHERINE » 849-0041 Le Devoir, samedi 12 janvier 1991 M B-5 MUSIQUE Matt Murphy et Art Blakey, de la fluidité aux clichés Les crooners rappliquent Matt Guitar Murphy Way Down South Antone's Records Art Blakey One For All A&M Records Serge Truffaut l À SAN ANTONIO, Texas, ils ont une excellente équipe de basketball qu’ils ont baptisée les Spurs.C’est au sein de ce club qu’évolue le centre Dave Robinson.Il est probable que c’est également dans cette ville que déambule présentement la « dame » de Matt Murphy.Si elle n’est pas dans cet endroit, c’est qu’elle est peut-être à Dallas.Une chose est certaine, Mme Murphy est au Texas.C’est du moins la certitude de Matt « Guitar » Murphy.Pendant longtemps ce gentilhomme a fait le guignol.Au sein des Blues Brothers, il a campé durant de nombreuses années le rôle du guitariste hilare aux côtés de Steve Crooper.Les deux avaient le don d’exécuter, dans tous les sens du terme, In The Midnight Hourel autres ritournelles de même acabit.C’est à cause de cela, de cette aptitude à la rigolade, que le nom de Murphy a circulé au-delà du cercle formé par les « blueseux ».Toujours est-il que, hier.Matt Murphy se bidonnait.Aujourd’hui il est tout tristounet.Et pourquoi notre bonhomme a le mouron ?Parce que sa reine du foyer a pris la poudre d'escampette.C’est du moins ce qu’il nous raconte dans un album que vient de publier la sympathique étiquette Antone’s Records.Antone’s, il faut vous le mentionner, est située à Austin.Texas ! À Austin, ils n’ont pas d’équipe de basketball, mais ils font de très bons « records ».Dans Low Down And Dirty, soit la huitième pièce de ce compact intitulé Matt Guitar Murphy, Way Down South, notre guitariste clame ceci : I woke up this morning, ça c’est une intro classique, I woke up this morning with a funny taste in my mouth/I got some news from my baby, she’s way down south/She may be in San Anton' or in Dallas.Et comme ce contre coup sentimental déprime notre brave «empaffé», que font ses compagnons ?Ils jouent « à la planche ».Ou, si on préfère, « à fond la caisse ».Reprenons au début de cette pièce.Le batteur, Tony Coleman, et le bassiste, Russell Jackson, imposent d’entrée un tempo lent.Du genre à titiller la texture de la peau.Bref, le seul genre qui sied aux blues lents.Puis Derek O’Brien, à la guitare rythmique, égrène de doux accords.Puis Matt commence à raconter son histoire.À la fin de chaque phrase, Chester King, un harmoniciste plein de compréhension, souffle de belles notes.Quand il se met en retrait, Mel Brown — Oui ! Mel Brown est là — arrive.Sur son piano, Brown plaque des nuances.À la fin de la strophe, soit au moment où Murphy se demande si sa belle est à San Antonio ou à Dallas, Chester King brosse un magnifique solo sur son instrument, pendant qu’en arrière les guitares de O’Brien de Matt et de son frère Floyd font de la suave correspondance sans jamais tomber, soyez sans crainte, dans le racolage.Aucun de ces messieurs n’est en effet un « m’as-tu-vu » de la six cordes.C’est superbe.D’autant plus que les autres pièces ne laissent pas à désirer.Du premier au dernier morceau, soit de Way Down South à Blue Walls en passant par Big Six, Buck's Boogie, Thump Tyme et autres Big City Takedown, pas un instant ori ne s'ennuie.Dans cet album, il n’y a pas une once de déchet.Et grâce à quoi ?Au style instrumental de Murphy.À la différence des superbes pieds-nickelés de la guitare-blues d’aujourd’hui, Murphy pri-viligie constamment le rythme aux dépens du solo.Il est toujours à l’affût de ce que jouent ses complices à côté de lui.Autrement dit, il se fond dans le paysage.Sa sonorité est claire.Son jeu est fluide.Il joue avec, et non contre ou devant, ses compagnons.Après des années dépensées à accompagner autrui, et notamment Howlin’ Wolf, il était temps que Matt Murphy enregistre pour lui.?Art Blakey est mort le 16 octobre Frank Sinatra The Capitol Years Capital Records C2-94777 Robert Palmer Don't Explain EMI E2 93935 Harry Connick jr We Are In Love Columbia 46146 Sylvain Cormier dernier.Simultanément à ce triste événement, l’étiquette hollandaise Timeless mettait sur le marché l’album intitulé Chippin’In.Il y a quelques semaines, la compagnie A&M s’est mise à distribuer One For AU.Et alors ?C’est pas le pied.Il y a du bon.Et il y a du méchant.Quand Blakey et sa jeune troupe « jousent » des standards, c’est bien.C’est même très bien.Mais lorsque le vieux Art et sa marmaille « jousent » des pièces originales, on s’enquiquine tellement il y a de clichés.C’est le moins que l’on puisse dire.Conclusion ?Cet album intéressera les « maniacos » de Blakey avant tout.?La dernière livraison du magazine Living Blues propose un document tout simplement extraordinaire.Le sujet?Robert Johnson.Celui qui nous a un jour musicalement conté qu’il avait « l’âme en peine ».À se procurer absolument.Ce numéro est un très grand numéro.LA SUCCURSALE québécoise des disques Capitol n’a reçu ni donné le moindre exemplaire promotionnel de Frank Sinatra : The Capitol Years.Il aura fallu profiter des largesses du père Noël pour que le bel objet nous parvienne enfin.De là à subodorer une consigne de Sinatra lui-même, il n’y a qu’un tout petit pas.Me promouvoir moi, comment osez-vous insinuer une chose pareille ! Publicisé ou pas, ce coffret estomaque nombre de ceux qui, depuis l’arrivée du rock’n’roll en 1955, ont considéré Sinatra comme le dernier vestige d’une époque révolue.De fait, pour toutes les générations gavées d’Elvis Presley, de Beatles, de Led Zeppelin, de Michael Jackson et de Vanilla Ice depuis le berceau, la musique des « crooners » a toujours semblé antédiluvienne, une musique aux enzymes qui lavait trop blanc, tout juste bonne pour les « cocktail lounges » et les mariages italiens.En 1990, alors que des « rockers » asthmatiques s’essoufflent à rattraper des « rappers » frais et dispos, les « crooners» refont surface.Harry Connick Jr, un blanc-bec de 22 ans, triomphe à Broadway avec un « big band », un swing et un sourire dévastateurs qui évoquent irrésistiblement Sinatra, auquel Connick voue d’ailleurs une admiration sans bornes.Entre les Jon Bon Jovi et les M.C.Hammer, trois albums consécutifs de Connick figurent, contre toutes attentes, au Top 100 annuel de la revue BiUboard.À l'émission d’Ar-senio Hall, baromètre actuel du succès aux États-Unis, on se pâme littéralement pour le beau Harry.Dans la foulée de Connick, Robert Parlmer, « crooner » dans l’âme depuis belle lurette, consacre le tiers de Don't Explain, son dernier disque, à des chansons dont les arrange- Anonymus FORTVNA D’mfrit k mmmmtcrit original da Carmma Burmna Direction artistique et musicale Claude Bernatchez Mise en scène Suzanne Lantagne Scénographie Nicole Catellier (v* â / Du 15 janvier au 3 février 1991, en la Chapelle historique du Bon-Pasteur, 100 Sherbrooke est, Montréal, il 20 h 00 du mardi au samedi et 115 h 00 le dimanche.BILLETS EN VENTE CHEZ mrnmm (514)522-1245 Également en venir i la porte une heure avant la représentation AnoojMHU est •ubventionné par (c mfaisctrr des Affaire* culturelles du Qufbrc, k Conseil des Art» dm Canada « le Bureau des Art» a de la Culture de b Mlle de Québec MUSIQUE CLASSIQUE T.P.S.et Disques Compacts Prix inchangés - T.P.S.incluse Au CLUB COMPACT CLASSIQUE 5173, Côle-dcs-Neiges, 2e étage.Tél.: (514) 737-9483 (JJ Côte-des-Neiges D'APRES PETER HANDKE MISE EN SCENE JEAN-LUC DENIS VÉCU PAR BENOÎT VERMEULEN ET SUZY MARINIER, HÉLÈNE MERCIER, LUC MORISSETTE, JEAN-STÉPHANE ROY PRODUCTION GROUPE MULTIDISCIPLINAIRE DE MONTREAL DÈS LE 9 JANVIER À 20H30 la nouvelle compagnie théâtrale 4353, Sle-Cotherine Est Montréal 514-253-8974 salle FredBarry ORCHESTRE SYMPHONIQUE DE MONTREAL Charles dutoit 14, 16 JANVIER 20H LES GRANDS CONCERTS CHARLES DUTOIT T.Hutchins, flûte—T.Buskin, hautbois E.Iacurto, clarinette—R.Hoenich, basson J.Zirbel, cor—J.Thompson, trompette P.Sullivan, trombone L.Charbonneau, timbales l’ROKOI-TEV: Symphonie no I -Classique -MARTIN: Concerto pour sept instruments à vent et timbales TCHAIKOVSKY : Symphonie no 5 COMMANDITAIRES: le 14.Xerox Canada Inc.le 16.La Prudentielle Compagnie d'Assurance Limitée cfb SALLE WILFRID-PELLETIER t N VI N 11 Al' X < 11 i Kl III S 1)1 I A l’I AUl 1)1 S\I(IN R( SI «VALIONS 1 1 I I PIIONIQIII S 842-2112 IRAIS DI SI R Vit T S RLUI VANCT DI IS sur roui un i i l Di pi us or ms BILLETS: 9,50$, 21,50$, 30.00$, 41,50$ 5e ANNIVERSAIRE musique ?SCOTT PARSIFAL de RICHARD WAGNER deuxième acte, version de concert avec JESSYE NORMAN SIEGFRIED JERUSALEM Parsifal OSKAR HILLEBRANDT Klingsor FRANZ-PAUL DECKER chef Choeur de l'OSM - Iwan Edwards Le 4 février à 19 h 30 Salle Wilfrid-Pelletier, Place des Arts Billets: 842-2112 -Prix: 20 $, 30 $, 50 $ Orchestre symphonique de Montréal en collaboration avec LE DEVOIR ments orchestraux auraient fait honneur à Nelson Riddle, le compositeur-arrangeur attitré de Sinatra.À l’entendre roucouler dans People Say We're In Love ou So Desirable, cet apparent changement de cap révèle un pur passage à l’acte.Palmer, de toute évidence, attendait Connick comme un enfant attend la permission d’aller jouer dans la neige.Il ne restait plus qu’à rendre à César ce qui appartient à Sinatra (ou est-ee le contraire ?).Ce qui est chose faite avec ce coffret qui résume magnifiquement les « années Capitol » (1953-1962) de ce fils d’immigré italien d’Hoboken, New Jersey.Coïncidant avec la célébration en décembre dernier du 75e anniver saire de Sinatra, cette réédition numérique de 75 chansons de la période majeure de sa carrière musicale ne pouvait survenir à un meilleur moment.Que cette compilation rejoigne Connick sur les palmarès est pleinement justifié.En pleine possession de ses moyens, le Sinatra des années cinquante proposait un swing léger, subtil, élégant, porté par les arrangements infiniment discrets et nuancés de Nelson Riddle.Il offrait des lectures maîtresses de classiques de Cole Porter (I Get A Kick Out Ot You, Night And Day et la version définitive d’I've Got You Under My Skin), Rogers & Hart ( The Lady Is A Tramp) et Gershwin (Someone To Watch Over Me).C’est l’époque des ballades qui balançent, de Young At Heart, de You Make Me Feel So Young el de Chicago qui nous faisait déjà le coup de New York, New York.Quatre heures à claquer des doigts.Vous en aurez mal aux jointures.Le coffret se présente comme un livre, les disques compacts incrustés dans la couverture intérieure, et le livret, farci d’essais, de photos super- PHOTO CAPITOL Le légendaire Frank Sinatra : photo tirée du coffret The Capitol Years.bes et d’une multitude de détails pertinents, comblera les fans les plus ardents d'OI’BIue Eyes tout en demeurant lisible pour le profane.Toutefois, cet emballage luxueux laisse les disques à nu pendant la lecture du livret, les exposant à toutes les souillures.Autrement, c’était parfait.Si Frank Sinatra : The Capitol Years s’écoute avec bonheur, il se manipule avec précaution.C’était prévisible.Quand il s’agit de Frank, il faut faire attention.Il a des relations partout.3 BALL P R E M MONTRÉ Chorégraphie: James Kudelka Musique: Serge Prokofiev • LES MARGINAUX • THE HEART OF THE MATTER • DÉSIR • 31 JANVIER, 1er ET2 FÉVRIER 1991, 20h Oerlikon Aerospace CERTIFICAT-PRIME DE RABAIS! Rabais accordé sur le prix courant des billets au parterre ou à la corbeille.Échangeable aux guichets de la PdA ou aux comptoirs ADMISSION.Ne s'applique qu'aux représentations de Kudelka/Prokofiev les 31 janvier, 1" et 2 février 1991.Un seul certificat-prime par billet.n Salle Wilfrid-Pelletier Ü U Place des Arts ACHATS • RÉSERVATIONS ADMISSION Place des Arts 522-1245 ou 1-800-361-4595 514 842-2112 ou à tous les comptoirs ADMISSION Redevance de 1 S sur tout billet de plus de 10 $.Frais de service B-6 ¦ Le Devoir, samedi 12 janvier 1991 • le plaisir des ivres Diane-Jocelyne Côté et Pascal Millet Vie, amour et drame de la Côte-Nord à Québec Æ\ Jean BASILE H Lettres 9m ?québécoises CETTE SEMAINE, deux romans.Le premier est d’un féminisme contrôlé et attrayant.Le second est d’un machisme répugnant.Ni l’un ni l’autre ne sont des chefs-d’oeuvre littéraires mais il y a de l’espoir.DIANE-JOCELYNE COTÉ a fait partie de la post-modernité de la nouvelle Barre du Jour.C’est dire qu’elle s’est toujours intéressée aux expériences littéraires les plus sottes.L’an dernier toutefois, elle avait tenté une percée du côté de la normalité avec un récit agréable.Lobe d’oreille.On vit qu’elle n’était pas sans finesse.Elle récidive avec Chameau et Cie, qui vient de paraître.Le truc de Diane-Jocelyne Côté est la photographie, autrement dit la littérature objective, ce qui est à peu près aussi moderne que Kodak.Chameau et Cie est donc une série d’instantanés qui portent des noms très jolis comme « Chaussettes », « Biscuits C.oglu » ou « Étoiles ».Le décor principal est une grande maison, près de Québec.Les personnages sont des jeunes adultes de deux sexes et des enfants.Que se passe-t-il ?On fait des biscuits, on s’embrasse, on se trompe de paire de chaussures, on cherche un gardienne, on court après les sous .C’est la vie de bohème comme on la vit au Québec de- puis qu’on ne se marie plus et que les arts font partie de l'éducation au détriment de la culture générale.Le tout ne constitue en rien un récit.C’est « un bestiaire civilisé par la métaphore », comme on le dit sur la couverture du livre, assez mystérieusement.Mais pourquoi s’en faire ?La littérature de Diane-Jocelyne Côté se veut allusive, légère.Elle travaille au second degré.Elle se refuse à dire l’intérieur des choses et ne pense pas que l’effet suit la cause.C’est un exercice de liberté pour le lecteur qui, ainsi, n’a pas à subir la dictature d’un auteur, à l’inverse de cette saleté de littérature patriarcale qui impose son point de vue par le dessin psychologique des personnages et par l’action.Que le lecteur choisisse ce qui lui plaît parmi les clichés que lui propose l’écrivaine.Ça suffira, croit-elle, car il lui restera toujours « un petit air dans la tête ».Diane-Jocelyne Côté réussit très bien.Quand on ferme son livre, il nous reste en effet « un petit air dans la tête ».Oh, il n’est pas tonitruant mais il existe et il perdure.D’abord, l’écrivain a un joli style, sans génie mais relativement soigné qui, avec un effort, pourrait devenir de très bonne qualité.Ses personnages, d’autre part, son attachants parce qu’ils sont inoffensifs, beaux, mignons et, surtout, dans la bonne norme contemporaine.Par exemple, Anne-Lou aime à appeler son amant par des noms de fille quand ils font l’amour, ce qui ne lui déplaît pas du tout.En général, tout le monde joue le rôle Diane-Jocelyne Côté Chameau et Cie Récit • l’Hexagone fxii'rtt] que la nature lui a dévolu mais avec une légèreté d’androgyne du plus charmant effet.Même les french kiss pleins de salive sont exquis, quand Diane-Jocelyne Côté, place son appareil photographique dans la gorge de Anne-Lou, juste à droite de la luette, au moment où Jérôme fson « co-loc ») l’embrasse avec dextérité sinon avec passion.Quel dommage que l’écrivain n’ait pas exploité cette veine jusqu’au bout! Cela nous aurait valu quelques gros plans plus inattendus que ceux d’une plante d'intérieur ou d’une robe, un peu trop abondants.Pourquoi toutes ces simagrées modernistes qui finissent par masquer ce talent sensible ?Pourquoi ce recul devant une simple narration ?Pourtant, on voit très bien d’où vient Diane-Jocelyne Côté.Ses ancêtres littéraires sont des gens comme Cocteau et Colette et ils ne sont pas les derniers.PASCAL MILLET publie son premier roman, Tropique nord.Cet écrivain, dans la vingtaine, est d'origine française.Il fait peut-être son portrait sous les traits, du « pauvre Pascal » justement, qui fait une apparition touchante dans son livre.« Arrivé un beau matin de janvier, la morsure du froid l’avait retenu ici et depuis, il jouait avec les visas, les jo-bines mal payées.Il cherchait une épouse pour obtenir le droit humanitaire de rester parmi nous; les frontières ne s’ouvraient pas facilement sur les réfugiés culturels ».Suit une scène assez révélatrice au cours de laquelle des Québécois de souche se plaignent des émigrants qui vident la caisse de leurs secours sociaux.À cause du mot « tropique », on devine que Pascal Millet a lu Miller.En effet, Michel, son héros n’a pas le pénis dans sa poche, si j’ose dire, et son seul talent apparent, à part l’inertie, est de savoir comment caresser un sein de femme, celui de Nina en particulier, sa maîtresse.Dans les moments de dépression, l’alcool est d’un grand secours pour lui mais là, nous sommes plutôt dans le monde beat auquel Pascal Millet semble emprunter son goût du vagabondage et son appétence pour les grossièretés JT"-Paecai~kiliet- I jTropiques Nord I ¦.?n> «n genre « chierie » ou « merde ».Il faut dire que l’élégant Michel aime passer son temps sur les tinettes.Nina, qui est infirmière, partira sur la Côte-nord car elle en a assez de Montréal.Michel, non sans hésitation, partira avec elle partiellement par amour, partiellement parce qu’elle le fait vivre et que son chômage est sur le point d’être coupé.Et ce sera la solitude car la Côte-nord ne vaut pas Montréal pour les divertissements.On se doute bien que Michel ne voit ni les aurores boréales ni les grands ours.Alors que sa petite amie travaille et tente d’aider de vieux autochtones à survivre, il se soûle la ' gueule et prêche pour l’euthanasie.D’ailleurs, il se plaint toujours, n’en fiche pas une rame, écrit de la poésie en écoutant du jazz, émet des opinions sur tout et semble persuadé que seul son tourment personnel et,, sa bite ont de l’importance.Tout cela est assez sordide.On se doute bieq ,, qu’il aura le dernier mot en tirant , des coups de carabine pour venger sa bien aimée qui n’en demandait, pas tant.Michel représente asse^ , bien l’hétéro épais dont on aimerait bien se débarrasser, en littérature , s’entend.Faisons la part des choses.Je , pense qu’il y a beaucoup d’incons- , cience et un soupçon de provocation dans ce livre.Pascal Millet emprunte un peu trop aux romans policiers de la série noire tout en voulant faire passer un message qui est celui du révolté le plus banal.Au fond, , Pascal Millet a juste assez d’inexpérience pour confondre ce que doit, être un héros puissant avec un con., (c’est son vocabulaire) insupporta-, , ble.Mais son style a beaucoup de vi-,, vacité et, chose extrêmement inté- , ressante, il acclimate magnifique-, ment des expressions locales, prou-, vant ainsi leur capacité de s’imposer.Ce roman est moralement repous-, sant mais le romancier ne manque ni de force ni de vélocité.?Chameau et Cie, Diane-Jocelyne Côté, récit, 124 pages, l’Hexagone, , Montréal, 1990.?Tropiques nord, Pascal Millet, roman, 180 pages, éditions VLB, Montréal, 1990.Guy Ferland OUTRAGE À CHEFS D’ÉTAT Lysander Spooner Les belles lettres coll.« Iconoclastes » 204 pages LE JURISTE américain Lysander Spooner, qui a vécu de 1808 à 1887, a commis un texte contestataire qui s’inscrit naturellement dans la collection « Iconoclastes » et qu’on publie pour la première fois en français.Dans ce texte, l'anarchiste affirme que tout gouvernement n’est qu’« une association secrète de voleurs et d’assassins ».L'Outrage à chefs d’état est suivi d’un deuxieme pamphlet intitulé Le droit naturel ou la science de la justice.Le sous-titre indique qu’il s’agit d’un « traité du Droit naturel, de la justice naturelle, des droits naturels, de la liberté naturelle et de la société naturelle, qui montre que toute législation quelle qu’elle soit est une absurdité, une usurpation et un crime ».Tout un programme DÉSIR DE RIEN Christiane Balasc Aubier coll.« Écrit sur parole » 138 pages PLAÇÉ sous l’aile protectrice de Roland Barthes qui écrivait que « la nourriture n’est jamais qu’une collection de fragments », cet essai sur l’anorexie et la boulimie analyse le lieu de passage des mots et des aliments.« La bouche, réceptacle de la nourriture, est aussi le lieu d’où jaillissent la langue et la parole, écrit l’auteur.La bouche, carrefour d'échanges entre le moi et le monde, est le théâtre de l’absorption et du rejet, du plaisir et de la douleur, de l’érotisme et de la cruauté.Elle peut aussi symboliser l’acceptation et la passivité, le refus et le repli.Elle devient le leurre d’une connaissance accomplie.» \NDRL l'ATRY - LES ANNÉES FOLLES À PARIS André Patry llumanitas-Nouvelle optique 92 pages EN COMPLÉMENT à la grande exposition que consacrera le Musée dés Beaux-Arts à quelques-uns des aspects les plus importants de l’art et de la société des Années Vingt, André Patry présente à grands traits la nâissance et l’esprit des Années Folles à Paris.Une présentation bibliographique et chronologique signalent lés oeuvres importantes de ces années dynamiques sur tous les plans.Dès déclarions et manifestes complètent le volume.CONVERTIR LES FILS DE CATN Alain Beaulieu Nuit Blanche éditeur 178 pages POUR SORTIR de l’ornière des stéréotypes qui enferment les Jésuites missionnaires du XVIIe siècle dans des rôles de saints martyrs prêts à tout pour convertir les « sauvages » considérés comme des païens sanguinaires, Alain Beaulieu analyse les stratégies mises au point par les Jésuites pour convertir les Montagnais et les Algonquins, entre 1632 et 1642, et examine les diverses manifestations de la résistance amérindienne.LE CANISSIMIUS Pierre Desrochers Québec/Amérique 222 pages CETTE ADAPTATION romanesque de la sixième version d’un film qui n’a encore jamais vu le jour touche aux manipulations génétiques et à leurs conséquences.Le Canissi-mius est un animal issu d’un croisement génétique entre un berger allemand et un chimpanzé.WKma' L'ANNEE POLITIQUE 1989 AU1990 QUEBEC DENIS MONIERE L'ANNÉE POLITIQUE 1989-1990 AU QUÉBEC Collectif sous la direction de Denis Monière LE DEVOIR et Québec/Amérique 290 pages « NOUS AVONS conçu L’année politique au Québec comme une revue où, d’année en année, le lecteur pourra retrouver les mêmes rubriques, écrit Denis Monière.Chaque article présente, en une vingtaine de pages, une description informée et rigoureuse des faits marquants dans chaque secteur de la vie politique, ce qui permet au lecteur d’avoir une vue d’ensemble des événements qui ont marqué Tannée.» Des séries de statistiques et une chronologie des principaux événements complètent l’ouvrage.L'OISEAU DE FEU 2A — Le recyclage d’Adakhan Jacques Brossard Leméac 534 pages CE DEUXIÈME TOME du roman chronique l.’oiseau de feu, qui comporte cinq volumes écrits entre 1975 et 1985, raconte les péripéties d’Adakhan Demuthsen qui s’efforce de percer les secrets du pouvoir et du savoir des dirigeants de la société obscurantiste et servile de Manokh-sor.Il est à noter que Jacques-Edmond Brassard se dit le troisième traducteur de ce roman, après Jus-sar de Borsacq et Jan Altman .L’automne à Biarritz Lisette MOmN A Le feuilleton EXTEMENDI Florence Delay PARIS, 1990, Gallimard, 160 pages.IL EST DES PHRASES qui font, comme ça, sans préparation, lever quelques flashes : « Sur Biarritz régnait cette radieuse vieillesse de Tété qu’est l’automne ».Pour l’ingénieur, d’origine basque mais Mexicain de nationalité, pour Etxemendi qui ne juge pas necessaire d’expliquer qu’il n’est pas d’Espagne mais d’Amérique et Américain du Mexique, le retour dans un pays qu’il connaît mal est, si Ton peut dire, accidentel, pour une question banale d’héritage.« Mais les choses anciennes, famille patrie, l’ennuyaient».Ce sont pourtant ces « choses » qui le retiendront et même lui feront retrouver son identité.De Florence Delay, je n’ai lu que Course d’amour pendant le deuil, un roman assez énigmatique, dominé par le fantôme d’une espèce de gourou, roman dont un échotier m’apprenait, tout récemment, qu’il était autobiographique.Physiquement, cette romancière est blonde et très belle.Dans une célèbre émission d’A-postrophes, intitulée, il m’en souvient, « père et fils », ce qui supposait aussi « mère et fille », elle accompagnait son père, le professeur Jean Delay.Difficile d’oublier cette émission puisque la fille, ce soir-là, se leva en catastrophe pour porter assistance à son père, victime d’un malaise (il devait mourir quelques mois plus tard).Michel Polac, comme d’habitude méchant comme de la gale, le reprocha d’ailleurs à Pivot qui, l’air absent, enchaîna froidement, comme au cirque.Que le spectacle continue.Laissons-là les flashes, les souvenirs anecdotiques pour rappeler, plus Florence Delay •< ‘s*t >* *¦* * «f L «./ * «jj*É*** «efe* ¦ in» u J.JLj.l'.> • ,v U.sérieusement, que Florence Delay est ce qu’il est convenu d’appeler une hispaniste distinguée.Dans Kxlre-mendi, sans doute plus facile à prononcer qu’à lire, c’est sa connaissance du pays frontalier, toujours en ébullition, qui retient le lecteur, autant sinon plus que l’intrigue, délibérément compliquée, et truffée de patronymes à l’orthographe difficile.L’auteur connaît fort bien cette région, ses villes, ses paysages et les gens qui l’habitent.Elle fait donc de son héros un « découvreur » de cette terre, pour lui inconnue, et lui en révèle les us et coutumes, sinon l’histoire tourmentée.Tout lui est prétexte à explication : « Pour expliquer qui était cet Arrieta, il fallait de nouveau remonter à la guerre d’Espagne mais cette fois elle était pratiquement finie.Répondant à l’appel de deux écrivains catholiques, Mauriac et Maritain, en faveur de l’adoption des enfants de républicains ( appel qu’Ibarnegaray avait refuse de signer), quelques familles basques s’étaient rendues au camp de Ours.» Histoire donc d’héritage, en guise de prétexte, et coup de foudre pour le personnage principal dont l’identité est difficile à cerner.Bien que l’auteur soit une véritable styliste, qu’elle possède à merveille sa langue seconde, l’espagnol, et ses dérivés comme le ou même les patois du Eays basque; qu’elle en connaît un out sur TETA, le mouvement insurrectionnel qu’elle décrit avec ferveur la campagne, les plages, tout l’environnement qu’Etxemendi découvre avec nous, je ne suis pas convaincue qu’il s’agit là d’un roman réussi.L’intention m’en paraît un peu trop didactique.Florence Delay a souvent de belles formules, plus symboliques que descriptives (« Il y avait beaucoup de monde mais personne », « C’était merveilleux ce léger poids implorant dans le dos » ; « Azurmendi versa du basque à l’espagnol quelques bribes du commentaire »).Mais .et c’est vraiment ici le mot qui convient puis-, que vers la fin du roman, « Etxei mendi s’endormit dans le mais.La belle conjonction qui introduit une idée contraire à celle qui vient d’être exprimée.» Autre travers un peu agaçant : la manie de l’explication.D’un autre de ses personnage, on apprend qu’elle a' étudié la médecine, « qu’elle avait travaillé dans une clinique psychiatrique avant de passer trois années en prison pour complicité avec ETA.: Elle l’avait raconté dans un livre car (et c’est moi qui souligne ici) « son affaire à elle c’était la littérature et- > la cause, la littérature engagée.» : De là à croire qu’indépendamment des fort belles pages qu’elle consacre, à ce couple amoureux que forment j Ramone Mondragon et l’ingénieur ; Etxemendi, le livre de Florence Delay est celui d’une femme fort éprise d’une cause : celle de la lutte d’un ¦ peuple pour sa liberté, et comme on dit au Québec, pour sa propre autonomie, il n'y a qu’un pas.Qu’auront' franchi, sans enthousiasme, les lec-, ‘ teurs qui croyaient lire un vrai roman.Charles Foster Kane contre Godzilla L’AFFREUSE TÉLÉVISION Michel Lemieux Guérin littérature, 194 pages.Robert Saletti DIX ANS après la mort de Marshall McLuhan, l’impact de la télévision sur nos vies quotidiennes reste sans doute la preuve la plus irréfutable que le médium est un message.Reste ouverte cependant la question de savoir s’il est le message, si on retire quelque chose d’autre de la Soirée du hockey que la sensation que le monde est un gros village.Quelles sont aujourd’hui les chances de voir nos cerveaux se transformer en écrans cathodiques et notre pensée ressembler à un monologue de Stéphane Richer ?Excellentes, nous dit le sociologue Michel Lemieux, si nous ne réduisons pas drastiquement nos heures d’écoute télévisuelle.Amateurs de sport, de vi-déoclipset de cinéma de fin soirée, l’aliénation vous guette.Soyez prévenus.l’our rendre justice à /’Affreuse télévision, disons tout de suite que l’essai de Lemieux se présente comme un pamphlet.Il s’agit d’un texte polémique dans lequel l’argumentation se résume à la confrontation de deux données statistiques.En effet, bien que venant tout de suite après le sommeil et le travail quant Si Ton s’entend avec Michel Lemieux pour dire que la télévision constitue la perversion de l’homme moderne, on aura plus de difficulté, par contre, à le suivre dans son imagerie moralisante.Car, pour l’auteur de l’Affreuse télévision, l’attachement inconscient au petit écran est une perversion biologique.Par son absence apparente de syntaxe, par la dissolution du sens au profit de Timage-spectacle — le vi-déoclip représentant ainsi la quintessence de l’esprit télévisuel —, la télévision s’opposerait à la santé comme le sucre et les calories vides s’opposent à une alimentation équilibrée.Aussi Lemieux en appelle-t-il, presque pathétiquement, a la vie et la nature.Dans la révolution qui doit marquer la chute de l’empire du non-sens, « bouger, nager, faire l’amour, lire, converser, fabriquer un objet [.]», toute action naturelle devient un moyen de lutte contre l’envahisseur.A la régression mentale il faut opposer « la réalité vécue » ( ! ), au spectacle il faut substituer la véritable information, à la parodie il faut préférer les «oeuvres fortes» comme Citizen Kane (rien de moins), et à la solitude captive il faut renoncer, au profit du partage, de l’amitié et de la famille, de « la vie pleine et déployée».Si l’objectif est louable et concrètement définissable — il faut réduire de 25 à 5 le nombre d’heures passées hebdomadairement devant TAP-PAR El L —, la manière de Lemieux ne convainc pas.Passe encore que les sources citées renvoient autant au courrier des lecteurs des quotidiens qu’à la théorie de la commune cation, après tout l’auteur veut provoquer des réactions.Mais la polé-mique manque ici d’esprit satirique, et l’insertion occasionnelle dans le texte de petites fictions illustratives n’y fait rien : on ne rit point.L’idée même qu’il faut faire avec la télévision ce qui a été fait avec la cigarette, soit circonscrire son usage, ne contentera que le plus fanatique des Cavaliers de l’Apocalypse.Définir le spectacle sportif comme une « absence totale de den sité mentale », ramener la publicité à l’expression primaire de l’instinct de survie, et prouver l’influence agressive de la télévision en faisant valoir que les criminels en écoutent plus d’une vingtaine d’heures par semaine, ne confirment en définitive qu’une chose, à savoir que l’essayiste lui-même confond médium et message.L’approche quantitative a ses limites.Mark Twain disait qu’il y a trois sortes de mensonges : les petits, les gros et les statistiques.Peut-être faudrait-il mettre l’écrivain américain au programme de nos cours de sociologie ?au nombre des heures que nous lui consacrons, le petit écran n’occupe que le 15e rang au chapitre des activités (sic ! ) génératrices de bonheur.Voilà la réalité inéluctable de la civilisation des loisirs : nous nous attachons facilement à ce qui nous opprime.Que celui qui n’a jamais regardé, une fois dans sa vie, Godzilla contre la chose, avec hébétude et délectation, lance la pierre à la psychanalyse .wu r.niD» MICHEL LEMIEUX L’AFFREUSE TÉLÉVISION Le Devoir, samedi 12 janvier 1991 M B-7 • le plaisir des ivres mmÊ£ Yves NAVARRE ?La vie dans l'âme Carnet 17 i RUE PRINCE-ARTHUR OUEST.Le Topaze de Greta.L’humour sans autour est meurtrier.Un jour je veux capituler, le lendemain je reprends tout en main.Cela dure depuis un mois.Comme par paradoxe, jours heureux et pleins, les jours d’aventures et de rires, je n’avais pas la force d’écrire une seule ligne alors que tout me tançait de dire mon privilège de fils unique, érrtigré d’Allemagne à l’âge de 13 mois, orphelin de père à l’âge de deux ans, élevé par ma mère Greta et par cette ville ancrée au bord d’un fleuve acharné.Sur la table de chevet de ma mère, de retour de l’hôpital Saint-Luc, j’ai trouvé un livre de Robert Walser avec, souligné de sa main, la phrase, das Lebon glich einer Fahrt in einem Kahn auf traümerischem Wasser, la vie ressemblait à un voyage en barque sur une eau de rêve.C’est en allemand que Greta, ma mutti, parlait seule à voix haute.Et à qui ?A Karl, mon père, dont elle eût souhaité également avoir une fille et que le premier hiver avait emporté la laissant seule, avec moi, petit couple qui deviendrait grand, vieux, et que la mort casserait comme une branche de bois sec.Grêla n’aimait pas les anglais.Pour elle, les Mountbatten n’étaient que des Battenberg.Aussi, en apprenant le français, me l’avait-elle enseigné, pour plus tard, seulement plus tard, me faire aimer Goethe, Novalis, Mann, dans le texte.J’ai donc reçu la langue allemande comme un retour de flammes, avec mon adolescence.Je n’ai jamais séjourné au pays de Greta, elle n’a jamais voulu y retourner.Mais il n’y avait pas de jour sans qu’elle m’en parlât et qu’elle le décrivit comme un parc où il était bon se perdre, s’interroger et s’émouvoir.Je n’en ai conçu que plus de fierté d’être Québécois, de parler une langue de combat et, disait Greta, « de détours, on croit parler d’amour ce n’est que de l’humour, et inversement ».Il y a un mois, on m’a appelé en milieu d’après-midi chez Burgess Import-Export, extension 2017, mon bureau, le même depuis 30 ans, néon, formica brun, skaï, rideaux à lattes, ventilateur plafonnier, armoires en métal, sol en balatum usé, corné comme vieux cuir, seul le téléphone a changé, blanc, à touches électroniques, Bell Canada à la longue les a offerts et a repris les modèles en bakélite qui se vendent désormais chez les brocanteurs.Il y a de l’amour dans ces détails, un amour qui vire à l’humour, d’une vie de célibataire, employé ponctuel et exemplaire, épris d’une mère qui en fait, demeurait en son parc intérieur, jeune fille, tout à l’exploit de ses premiers émois, seule fantaisie, la commande d’un chapeau, chaque printemps, chez Chapeaux Folies.Maudit téléphone, extension 2017, je croyais à un client mécontent, à un retard de livraison ou à une erreur de facturation puisque je règne sur le service des réclamations depuis 31 ans, j’ai même une médaille, je cotise pour la retraite, et le fleuve s’en contrelaque, il coule, derrière les entrepôts.Non, c’était ma mère, on l’avait transportée d’urgence, elle avait composé le 911, la porte de la maison avait été défoncée d’un coup de hache.Quand je suis arrivé à l’hôpital, j’espérais aller « dans les étages» or, on me conduisit au second sous-sol, service des soins intensifs, un long couloir, l’entrée d’une chapelle, une porte en verre fumé et au-dessus de la porte, une horloge, elle aussi électrique, hors de service, affichant une heure fixe 00:00.J’arrivais trop tard : dans une salle qui tenait du laboratoire et de l’aquarium, je la vis allongée, lit haut et étroit; d’étranges embouts dans le nez, dans la bouche; le bras gauche nu, le long du corps, relié à des tubes, eux-mêmes rattachés à des bocaux suspendus, véritable arsenal, et sur un écran de télévision, une ligne horizontale, comme une coupure.C’en était fini de Greta.Il y eut un absurde dialogue : un médecin me dit, « nous avons fait tout ce que nous avons pu.Devons-nous appeler un prêtre ?» J’ai répondu, « elle avait donné son corps a la science ».« Oh, à son âge ».« Elle avait de bons yeux ».« Même les yeux monsieur Labrecque».«Non, monsieur Lübeck ».J’ai appelé mon patron, « Il faut reprendre votre travail demain à neuf heures, il y a déjà sept réclamations ».Quand je revins dans la chambre des urgences, je ne vis ma mère qu’un instant, les yeux ouverts, le regard fixe et, eh la regardant, j’eus l’impression de l’humilier.Très vite il fallut libérer la chambre pour d’autres soins intensifs.Il n’y aurait pas de cérémonie, pas de possible veillée, ainsi va le monde, il ne veille plus, il se surveille et se saccage.On transporta ma mère à la morgue, je signai l’acte de décès et l’ordre d’incinération, selon le souhait de Greta, pour le ledemain six heures du matin.Quand je suis rentré vers onze heures du soir, petite maison de la rue Prince Arthur ouest, des ouvriers réparaient la porte, madame Gagnon, notre voisine, m’attendait dans le salon, « j’avais peur pour les voleurs, je suis venue avec mon chat, ça ne vous dérange pas ?Je vous ai fait à souper ».J’ai mangé avec appétit parce que j’avais de la fureur, parce que madame Gagnon s’était fiée à mon regard et ne m’avait pas posé la question de la mort, parce que Greta était allergique aux chats, parce que nous avions vécu tant d’années sans jamais imaginer que tout cela de nos confiances, égoïsmes et confidences pourrait avoir une fin.Madame Gagnon a fait la vaisselle.Puis elle est rentrée chez elle avec Batman, son minet, « votre mère n’aura donc jamais vu ma maison».J’ai passé la nuit dans le sous-sol, mon appartement.Je n’osais plus aller à l’étage de Greta, ni même revoir le salon et la photo de Karl me brandissant dans ses bras, sur la cheminée, instantané sur lequel on a l’impression qu’il veut me jeter dans le ciel.J’ai songé cette nuit-là à me supprimer.Comme cet ami de Greta, philosophe, qu’elle avait connu à Heidelberg, et qui quelques mois plus tôt s’était mis la tête dans un sac en plastique autour du cou.Il était mort asphyxié, lui qui avait bien parlé de la vie, de ses demandes, de ses renaissances.La presse avait donné tous les détails.Autre phrase, Greta m’avait dit alors, « lui aussi aurait pu devenir ton père ».L’autre solution était de me taillader les poignets dans la baignoire, non pas en travers comme dans les films, mais tout du long, dans le sens du bras, sur quelques centimètres, ça marche alors à coup sûr.Mais je voulais être présent au crématoire.La volonté a parfois le courage de la lâcheté.J’ai écouté de la musique, les derniers quatuors de Beethoven par 1’Alban Berg quartet et la Waldslein par Brendel, « eux jouent comme il faut jouer » disait Greta, « un oubli total de l’être au bénéfice de l’oeuvre ».Elle souriait quand elle portait ainsi des jugements, le sourire du parc, Goethe, « veux-tu puiser dans le Tout une vie nouvelle ?Vois alors le Tout dans la petite chose».Dès cinq heures du matin, je me suis habillé comme un premier communiant de 50 ans, costume des soirs où il nous arrivait d’aller au concert.Greta portait alors des bijoux dont elle seule connaissait les origines, idylles et aventures, ses secrets.Je n’ai pas apporté de fleurs.Je me tenais droit comme un soldat.Je suis parti directement pour le bureau et ses réclamations, avec l’urne.Le patron vint pour les condoléances, « nous ne compterons pas votre journée d’absence pour vos vacances ».Mes vacances ?Un mois plus tard, aujourd’hui, le silence de chacun et la clameur de tous, j’ai été réveillé un peu avant l’aube par une violente rage de gencives.Je me suis levé pour aller prendre une apirine.J’avais le comprimé dans la main, je faisais couler l’eau dans le lavabo et je me suis vu dans le miroir, sous le soupirail d’cù l’on entrevoit le petit jardin.Qui s’occuperait des roses au printemps ?Il fallait vendre cette maison.J’ai les yeux de ma mère.Je l’ai revue sur son lit.À nouveau j’ai senti que je t'humiliais, mais pourquoi donc ?, et brusquement j’ai compris que dès son arrivée à l’hôpital, pour placer l'embout dans sa bouche, on lui avait retiré des prothèses qu’elle m’avait scrupuleusement cachées pendant des années.C’était donc ça la vente du topaze auquel elle tenait tant et du collier d’algues-marines dont elle avait si joyeusement juré qu'elle ne s’en départirait jamais, « si tu savais.» Je ne sais toujours pas.Mais dans l’instant la violente douleur de gencives disparut.Je n'eus pas à prendre l’aspirine, l'eau coulait, Greta venait de me parler une dernière fois.Il est huit heures du matin, le silence de tous et la clameur de chacun, il me fallait ici écrire, noter, inscrire, chavirer en quelques mots, enfin, et dire la splendeur et l’enfermement, la captivité d'avec ma mère.J'ai confectionné une petite pancarte avec, à vendre, sans intermédiaire, visites sur place le samedi et le dimanche de 10 heures à 17 heures.Demain, après-demain, il y aura du monde chez nous.J'ai tout aujourd’hui pour m’informer du prix du pied carré dans le quartier.J'irai vivre un peu plus loin, dans le complexe de la Cité, tout en haut, je veux voir le fleuve, les ponts, les bateaux.Je me sens comme un blanchon sur la banquise le jour de la mouvée, le jour du plus grand danger.Une vie commence.Si j’écris à Nicole à Val d’Or ou à Danielle à Montebello, se souviendront-elles de moi ?Quand Greta les a rencontrées, « du thé, un sucre ou pas du tout ?, une larme de lait ?» elle leur a dit, « et quand quittez-vous Montréal ?» J’enterrerai l'urne dans le jardin, au pied des rosiers.II pleut sur la neige.( )n passera cette année directement de l'hiver à l’été.Et si Nicole ou Danielle « ont fait leur vie », je ferai le voyage à l’envers, j’irai à Heidelberg, j’irai à Fribourg, j’irai à Hambourg.II est l’heure d’aller au bureau.C’est ma vie.C’est de la vie.Y.N, Sournoises les fautes LE FRANÇAIS AU FIL DU TEMPS ET DES MOTS Claude Sauvage Montréal, Éditions Études Vivantes 1990, 364 pages.Marie-Éva de Villers OBSERVATEUR attentif du français du Québec, Claude Sauvage est un pédagogue amoureux de sa langue qui met toute son ardeur à la défendre, à expliquer ses subtilités, à souligner les emplois incorrects qui la dégradent.Sans prétention, avec compréhension et bienveillance, l’auteur du Français au fil du temps et des mots traque la faute sournoise, souvent inspirée de la syntaxe anglaise et l’explicite.Il se fait rassurant : « L’orthographe française est difficile ?Certes.mais elle n’est pas tout.Et, outre le fait qu’on peut — quoi qu’on en dise — l’apprendre logiquement dans la majorité des cas (le reste étant une affaire de mémoire), il suffit pour endiguer les autres fautes d’un soupçon d’attention, d’une mesure ou deux de bon sens, d’une pincée d’enthousiasme, de quelques cuillerées de mémoire et, à l’occasion, d’un brin d’indulgence .deux pour les exceptions».Quelques caricatures colorées de Girerd servent bien le propos et donnent le ton à cet ouvrage sérieux et souriant à la fois, bien documenté et pas guindé du tout.Dans une première partie, Claude Sauvage évoque l’histoire du fran çais qu’il présente sous forme de tableaux : sa synthèse originale part de l’Antiquité pour s’arrêter à la saga du lac Meech.C’est cependant son répertoire d’emplois incorrects qui mérite toute notre attention : l’auteur a soigneusement noté les nombreuses fautes qui émaillent les copies des élèves, les articles des journaux, les conversations de tous et chacun.Son expérience d’enseignant, son observation éclairée et efficace de la langue écrite et parlée du Québec lui ont permis de dresser la liste trop longue des erreurs qu’il a colligées au fil du temps.Deux mille fautes courantes sont répertoriées et accompagnées des formes correctes qui doivent les remplacer.Des remarques concises nous renseignent sur l’origine de ces erreurs, sur les constructions syntaxiques, sur la grammaire, la ponctuation, la prononciation, s’il y a lieu.À titre d’exemple, consultons l’ouvrage au mot finir (une lutte à .).L’auteur nous indique que nous devrions préférer à ce calque de l’anglais les expressions « sans pitié », « sans merci », « à mort » (familièrement).Et sa remarque précise : « C’est plus grave en France, où l’on parle de « lutte au finish ».Pour le mot « originer » qui ne figure pas dans les dictionnaires, Claude Sauvage propose plutôt « provenir », « prendre sa source », en précisant avec à-propos que ce néologisme — effectivement omniprésent dans les travaux des étudiants — n’est pas plus pertinent que « générer» Le français au fil du temps et des mots est un recueil fort bien conçu qui tire sa pertinence de l’observation directe du langage des Québécois.On y sent constamment la ferveur et la conviction d’un amoureux de la langue française.TRUFO A MISTO LA H IG 11 WA V 61 et la Highway 49 se croisent géographiquement en un seul endroit, dans la partie sud-est de Clarksdale, Coahoma County, Mississippi.Dans cette bourgade habitent aujourd’hui 21,137 personnes.Clarksdale mise à part, la Highway 61 et la Highway 49 se croisent en un seul lieu musical.Lequel ?Le Bluesèvi-demment ! Les arpenteurs qui, en leur temps, ont tracé le profil de cette rencontre toponymique avaient si bien travaillé, qu’ils obtinrent un angle parfait.Un angle qui, en fait, est une croix.Une de ses croix sur laquelle, il y a bien longtemps de cela, on a cloué un dénommé Jésus.Depuis cette lointaine époque, la croix est devenue un symbole qui pour bien d’innocents a des vertus salvatrices.Bien au fait de cela, Satan, un soir de 1936, se serait installé au milieu de cette croix toponymique pour y attendre quelqu'un.Son nom ?Robert Johnson.À celui-ci, Satan aurait proposé un marché dont on ne connaît pas la teneur, mais qui, sans aucun doute, ne pouvait être qu’un marché de dupes.Quoi qu’il en soit, en cette nuit de 1936, et au croisement de la 61 et de la 49, Robert Johnson, grand guitariste de blues devant l’éternel, a vendu son âme au diable.Au bas de la page 110 d’une Encyclopédie du Blues que viennent de publier les éditions Seghers, l’auteur, Gérard Herzhaft, commence ainsi l’article consacré à Robert Johnson : « S’il y a un chanteur de blues qui Jeu de l’ego NORMAN MAILLER Économie du machisme Thierry Marignac « Les infréquentables» Éditions du Rocher Paris, 1990, 136 pages.Jean-François Chassay ROMANCIER intéressant et efficace, auteur de quelques très bons livres ( Les nus et les morts.Le chant du bourreau), Norman Mailer est néanmoins un écrivain mineur, ou du moins dont la valeur est nettement moins importante que sa réputation.Contestataire véhément de la société américaine, commentateur intarissable de la vie sociale et littéraire — ses algarades avec Gore Vidal, notamment, sont épiques—, Norman Mailer a toujours su utiliser lés médias américains pour son usage personnel.Dans ce livre très court — dans tous les sens du terme —, Thierry Marignac rend d’abord compte de sa fascination pour le personnage.Comme l’indique le sous-titre, c’est d’abord le personnage du macho que Marignac cherche à éclairer pour montrer que le personnage de Mailer n’est pas aussi unidimensionnel qu’on se plaît à le dire parfois.Dans de très brèves séquences qui conduisent le lecteur de la naissance de l’auteur jusqu’à aujourd'hui, entrelardées de commentaires encore plus cursifs sur ses livres, Marignac amoncelle surtout les idées reçues.Mailer, « un grand clown, un faux dur, un vrai héros », un des « géants de la littérature outre-Atlantique », plus grand ego de l’Amérique, qui a un « psychisme gros comme le Ritz », ne sort pas grandi de l’aventure.L'admiration de Marignac ne le sert pas.Multipliant les comparaisons avec Hemingway, au point où on ne sait plus qui, de ce dernier ou de Mailer, intéresse le plus l’auteur de cet essai, se contentant d’accoler les différents mythes de l’écrivain à la sauce américaine — le mythe du Grand Roman, le mythe de l’automobile, le sexe, la drogue, l’alcool (l’auteur a oublié le rock'n’roll)—, Marignac dessine le portrait d'un macho un peu idiot, et ce d’autant plus qu’il tente au fond de montrer la grandeur du personnage (un livre publié aux États-Unis il y a quelques années s’intitulait Real Men don’t Eat Quiche : Mailer aurait pu le signer mais n’aurait pas vu l’ironie).Plutôt que de comparer Mailer à Rimbaud et Bataille ( ! ), Marignac aurait été mieux de le laisser s’exprimer.Les passages les plus intéressants sont ceux où Mailer est cité, défendant William Burroughs ou parlant des combats de boxe.C’est dans ces moments qu’on se rappelle que Mailer est quand même un écrivain d’envergure, malgré ses frasques souvent insignifiantes.Mais de la part d’un auteur à la prose ampoulée — « Le futur prisonnier du sexe portait déjà les couleurs de l’orgie sacrée » — dont la ponctuation n’est pas sans évoquer les mouvements browniens, il aurait peut-être été osé de demander plus que cette courte biographie déférente, où les critiques ressemblent à de l'admiration voilée.On sort de ce livre avec la nette impression que Mailer est un grand cliché.Diable de blues ENCYCLOPEDIE mérite le qualificatif de légendaire, c’est bien Robert Johnson ».Le propos est juste.Mais étrangement, pour un personnage légendaire friand de légende, il n’y a aucune allusion à la légende plus haut contée.Pourtant.Pourtant cette « alliance » avec le diable et la cohorte de remords qui l’a accompagnée sont au centre de l’oeuvre de Johnson.Satan en effet est l’acteur de bien des blues écrits par le sieur Johnson né le 8 mai 1911, et non 1914 comme l'indique notre encyclopédie, à Hazlehurst, Mississippi.Tenez, pour commencer écoutons le Me And The Devil Blues : Early this mornin ' when you knocked upon my door/Early this mornin', ooh when you knocked upon my doo-r/And I said, HELLO SATAN, I be- lieve it's time to go./Me and the Devil was walkin' side by side.El comment se termine ce blues ?You may bury my body, ooh down by the HIGHWAY side/So my old EVIL spirit can catch a Greyhound bus and ride.C’est pas fini.Écoutons maintenant le Kindhear-ted Woman Blues : I got a kindhear-ted mama do anything in this world forme/But these EVIL-HEARTED women man, they will not let me be.She's a kindhearted woman but she studies EVIL all the time/You well's to kill me, baby as to have it on your mind.C’est pas fini.Plus haut ou plus tôt, on a mentionné que Johnson avait vendu son âme au diable en plein milieu du croisement que forment la 61 et la 49.D’accord ?Alors écoutons l’un des blues les plus célèbres de Johnson, soit le Cross Road Blues : I went to the crossroad fell down on my knees/I went to the croosroads fell down on my knees/Asked the LORD above : Have mercy save poor Bob.if you please.You can run tell my friend-boy Willie Brown/Lord, that I’m slandin’at the crossroad, babe I believe I’m sinkin’ down.Si l’ami Johnson avait composé une centaine de blues, on aurait pu se dire que la lacune identifiée n’était pas bien grave.Mais.mais il se trouve que le père Johnson a écrit, au « max », une trentaine de blues.Et, sachez-le, on vous a fait grâce des autres ritournelles où il est question de Dieu et du Diable.Autre lacune, puisque cet ouvrage nous ait présenté comme une encyclopédie, il n’y a aucun article concernant John Mayall.C’est dommage.C’est triste.C’est même un Université de Montréal Faculté des arts et des sciences Département d’histoire de l'art Pour un tour d’horizon en histoire de l’art 2 cours télévisés LES GRANDS COURANTS DE L'ART 1.L'héritage occidental, de l'Antiquité à 1865 (3 crédits) Professeur: Jean-François Lhote 2.Introduction à la peinture moderne, de 1865 à nos jours (3 crédits) Professeur: François-Marc Gagnon Renseignements; Secrétariat des cours télévisés Tél.: 343-2162 10265) peu idiot, car combien de jeunes blancs-becs occidentaux, et surtout en Europe, entretiennent une relation plus de sympathie avec le blues à cause de ce qu’a accompli le vieux Mayall au cours des trente dernières années.Au fond, le problème de cette Encyclopédie du Blues c’est son manque de respect à l’égard du vieux Diderot et du père d’Alembert, ces chers encyclopédistes.Dans le dictionnaire, au mot encyclopédie il est écrit : « Ouvrage qui traite de toutes les matières d’une seule science, d’un seul art ».On l’aura compris, cette encyclopédie n’est pas une encyclopédie mais juste un dictionnaire.Un petit dictionnaire.PS : Avis aux intéressés, si on est avide de blues on se procurera le Chicago Blues.The city & The music par Mike Rowe aux éditions Da Capo et l'indispensable The Country Blues écrit par le poète et grand connaisseur de la chose blues qu’est Samuel B.Charters aux éditions Da Capo.estuaire estuaire •nrttnfcn UN#, lr !•»•» r« i>w N* I1 le plu s près possible Des poèmes de FRANÇOIS CHARRON LOUISE DESJARDINS ANNIE MOLIN VASSEUR PIERRE MONETTE ANDRÉ ROY Abonnement pour quatre (4) numéros Abonnement étudiant/écrivain I8SG Abonnement régulier 20 $ ?Abonnement pour institutions 30 $ ?Abonnement a l'étranger 35 $ ?Abonnement régulier pour 2 ans (pm spécial pour huit (8) numéros, au Canada seulement) 35 J ?Abonnement régulier pour trois ans (pm spécial pour douze ( I2) numéros, au Canada seulement 50 J ?On peut aussi se procurer la plupart des cinquante (50) premier numéros d’estuaire 5JD Nom.Adresse.Code.Veuillez m’abonner à partir du numéro.estuaire: C.P.337, suce.Outremont, Montréal H2V 4N l 0 ¦ Le Devoir, samedi 12 janvier 1991 le cahier du / • amedi pRSffli DANS LE CADRE DES FEUX DE LA DANSE BANQUE ROYALE ballet Une des plus brillantes compagnies de ballet d'Amérique du Nord pour la première fois à Montréal i i i i ! \ 50 DANSEURS SUR SCÈNE AVEC ORCHESTRE au programme GEORGE BALANCHINE, CHRISTOPHER BRUCE ET SIR KENNETH MacMILLAN une coprésentation de la Société de la Place des Arts et de SOGAM (Les Grands Classiques) les 24, 25 et 26 janvier 1991 à 20 heures Billets: 45$ 35$ 25$ 10$ Pour groupes, contacter le 844-1211 Salle Wilfrid-Pelletier Place des Arts Rf.’snrvcttions Iclcphnm» 111 * * * ; 514 842 2112.( fais eur glapissante et leur malheur reveche et déraisonnable sur la scène du Théâtre d’Aujourd’hui à partir du 18 janvier prochain.Selon Iago, et même s’il est, lui, du pays d’Hamlet et pas de Richard, ça va être une bien belle pièce.La sixième dans la carrière de Normand Chaurette.La première, publiée il y a dix ans, Rêve d'une nuit d'hôpital, s’inspirait, comme son nom l’indique, d’une poésie, et de la vie, d’Émile Nelligan.Un travail au temps du cégep, devenu texte radiophonique et lauréat du concours de textes dramatiques de Radio-Canada en 1976, avant de faire l’objet d’un atelier au Théâtre de Quat’Sous.« Dans le même temps, se souvient Normand Chaurette, j’écrivais Fêtes d’automne, qui a eu la chance d’être monté au Théâtre du Nouveau-Monde, et Provincetown Playhouse, juillet 1919, j’avais 19ans, avec quoi on a fermé le Café Nelligan en 1982.Je m’y essayais à un jeu un peu pi-randellien, rigoureux.Certains ont dit : théâtre injouable.Ca m’a bloqué, après.Je suis donc revenu au premier degré avec La Société de Métis (je n’ai jamais mis les pieds ni à Provincetown ni à Métis), pièce sur la peinture, les portraits, l’âme d’un lieu et d’une époque, que les gens n’ont pas prise au premier degré, et qui posait de gros problèmes de mise en scène.» Et puis, en 1988, le Quat’Sous présente Fragments d'une lettre d'adieu lu par des géologues, avec Jean-Louis Roux dans le rôle principal.Garran la verra, lui, au Sommet de la Francophonie.En deux ans, Fragments fera l’objet de huit productions, à Bruxelles, Winnipeg, Ottawa, Toronto, à l’Université de Montréal, à Paris.« Pour moi, c’est très énigmatique, comment j’ai essayé de me voir à travers ces géologues, corn ment je me suis jeté la-dedans comme dans l’océan, avec ce fragment mystique à la fin, sans mouvement d’acteur, avec ce discours de l’Asiatique exprimant sa culture millénaire .» Les Reines, elles, sont nées, indirectement, de la proposition faite na guère à l’auteur, par un metteur en scène pensant à un théâtre en voie d’agrandissement, d’établir une traduction libre de la pièce de Shakespeare, Richard III.Aucun rapport avec la traduction d’Antonine Maillet montée par André Brassard à l’automne 1989.Chaurette travaillait en fonction de cette commande, mais sans beaucoup de conviction.« Ou plutôt j’étais heureux, dit-il, quand je travaillais avec les femmes, sur le texte des quatre reines de la pièce, moins ailleurs, et j’accrochais sans rémission à l’acte IV, au moment où Elisabeth, devant la Tour de Londres, demande aux autres reines de supplier les pierres derrière lesquelles Richard a enfermé les deux enfants, qu’il fera exécuter.‘Pitié! Mon tourment affolé prend congé de vos murs à jamais .»’ J’accrochais, mais les reines me fascinaient.Alors j’ai abandonné l’idée mais j’ai gardé les reines, qui, je crois bien, ne doivent plus grand chose à Shakespeare.« J’en ai même deux de plus, qui ont au moins existé dans l’histoire : Anne d’Exter, qui est muette mais pas jusqu’à la fin et à qui j’ai inventé un vécu (c’est Pol Pelletier qui l'interprète), et Isabelle, une ambitieuse finie, soeur d’Anne, femme de Georges, duc de Clarence, que joue Élise Guilbault.» Les autres reines sont, bien sûr, mieux connues puisqu'elles sont dans Richard III : la duchesse d’York, la mère d’Edouard IV, qui a ici 99 ans, interprétée par Andrée Lachapelle; la reine Marguerite, « dépoussiérée, dit l’auteur, plus prophétesse mais déchue » (Michelle Rossignol); Elisabeth la tourmentée, reine d’Edouard IV (MartheTurgeon); Lady Anne enfin, veuve, dans Shakespeare, du fils d’Henri VI, irresponsable, criminelle, que l’auteur nous présente à 12 ans et qui est interprétée par Linda Sorgini.Et tout se passe un jeudi de 1483, avec la tempête de neige dehors et l’épouvante à l’intérieur, avec le poids sanglant de Richard III sur ces six destinées, avec l’annonce imminente de l’exécution des enfants, qui sont ici des bébés naissants de 24 heures.Un jeudi cependant comme les autres, où, explique l’auteur, « pour tromper la fadeur des jours », les reines se livrent à une sorte d’élévation hebdomadaire, sur des petits bancs, avec des parures.La dû-chesse d’York y viendra mourir, le jour même de ses 100 ans.» Normand Chaurette dit avoir beaucoup travaillé le langage de ses reines, la musique, la sonorité, les périphrases d’allure un peu archaïque.C’est, dit-il, une langue-exploration, un peu comme les géologues avaient leur langage technique.Shakespeare partout, avec Lepage et Le Songe, Roméo et Juliette, Alke Ronfard et La Tempête, Jean-Pierre f Ronfard et Falstaff.Avec ce As You Like It que Chaurette a traduit à partir d’un découpage de Hausvater, « histoire ésotérique proche de Ionesco, de ces personnages poétiques, funambulesques, qui deviennent fous dès qu’ils entrent dans la forêt.» Avec Antonine Maillet et André Brassard exprimant aussi, on le sait, « le sanglier » Richard III.Normand Chaurette pense que le hasard qui a présidé à sa rencontre avec Brassard, metteur en scène des Reines, a bien fait les choses.« Brassard a aidé le texte à se décaper comme il a aidé l’acteur à se trouver, à jouer selon ce qu’il est, lui, à nous surprendre.Intuitivement, Brassard ne va jamais contre celui que tu es, même comme acteur, et que toi, , quelquefois, tu connais mal.On veut corriger quelque chose.« Non, touche pas à ça, ça, c’est toi.Rencontre d’autant plus importante pour Normand Chaurette que c’est aussi Brassard qui va mettre en scène sa prochaine pièce, à dix personnages, comme une suite moderne des Reines, intitulée, celle-là, La Capture des cigales.« Brassard, dit Chaurette, m’aide à rendre tout ça très articulé au niveau de la structure, non tant par des changements au texte que parce que sa réflexion incite l’auteur à retravailler.Et ce fil fragile fortifie toüt'e la production.Tout ça respire, sans greffe, ça vit en se faisant, au contraire de quelque chose de publié déjà et de fini.Tout cela trouve son ton, ce qui n'est pas toujours aisé, car s’il y a des degrés de lectures pour les classiques, cela ne tient plus dans une création.» Normand Charette, on le voit, travaille beaucoup.Lui qui était, ces dernières années, directeur de production dans une maison d’édition, est heureux de dire aujourd’hui : «Je suis écrivain à plein temps.Il ajoute : C'est le chien qui est responsable.Il était obligé de passer toute la journée enfermé à m’attendre.» Le Devoir, samedi 12 janvier 1991 ¦ B-$ INEMA Toutes les informations à paraître dans cette page doivent parvenir par écrit au DEVOIR au plus tard le mardi de chaque semaine.Demandes d'insertion ou corrections doivent être adressées à l'attention de Christiane Vaillant.ASTHE I: (327-5001) — Awaktolng 7 h, 9 h 30.sam.dim.1 h 15, 4 h, 7 h, 9 h 30 ven.sam dei n.spec).11 h 4511: — Klndwgartan Cop 7 h, 9 h 15.sam.dim.1 h, 3 h 10, 5 h 20, 7 h 30 9 h 45—III: —Home Atone 7 h 15, 9 h 20.sam.dim.1 h, 3 h.5 h, 7 h, 9 h — IV: —Dlng êlDong la film 7 h 10, 9 h 20, sam.dim.1 h, 3 h, 5 h, 7 h 10, 9 h 20 d&HRI I: (288-2115) - 0/no et Dong b Hlm 1 h 30, 3 h 30, 5 h 30, 7 h 30, 9 h 30.11: - Le mystère Von Bulow 1 h 30, 4 h 15, 7 h, 9 h 1 bill: — Maman l'ai reté l'avion 1 h 15, 3h 15 5 h 15.7 h 15.9 h 151V: - Déalgn*poor mourir 1 h 30.4 h.7 h 15, 9 h 30V:- Fentfre fut Pacifique 1 h 30, 3 h 45.7 h 10.9 h 30 aONAVENTURE I: (861-2725) - Home Alone J h, 9 h, dim.3 h.5 h, 7 h.9 fi ll: -Havana a h.6 dim.1 h 30, 4 h 30, 8 h.SROSSARD I: (465-5906) - Déalgnt pour mourir 7 h 05, 9 h 20, sam.dim.2 h 15, 4 h 35, 7 h 05, 9 h 2011: Kindergarten Cop 7 h, 9 h 10, sam.dim.2 h, 4 h 30, 7 h, 9 h 10111: — Dlng et Dong le lllrn 7 h 20, 9 h 30, sam.dim.1 h, 3 h, 5 h, 7 h 20, 9 h 30 CARREFOUR LAVAL 1: (688-3684)- Home /Hone7 h 15, 9 h 20, sam.dim.1 h 05, 3 h 05,5h 10, 7 h 15,9h 202: — Un thé au Sahara 7 h, 9 h 45, sam.dim.1 h 15,4 h, 7 h, 9 h 453:— Le mystère Von Bulow 7 h 30, 9 h 45, sam.dim.12 h 45, 3 h, 5 h 15, 7 h 30,9 h 45—4: — Edward Sdaaorhanda 7 h 30, 9 h 30, sam.dim.1 h 30, 3 h 30, 5 h 30, 7 h 30, 9 h 305: —Le prince Caaae Nolwette sam.dim.12 h 30— Kindergarten Cop 7 h 05, 9 h 25, sam.dim.2 h, 4 h 15, 7 h 05, 9 h 256: - Désigné pour mourir 7 h 20.9 h 35, sam.dim.1 h, 3 h 10, 5 h 15, 7 h 20, 9 h 35 CENTRE EATON 1: Mil- Not Without my Daughter1 h, 3 h 30, 6 h 45, 9 h 20 sam.dern.spect.11 h 502: Coeur de lion 12 h 20, 2 h 35.4 h 50.7 h 1 S.9 h 40 sam.dern.spect.11 h 503:Bemard et Blanca en Aua-Iralle sam.dim.12 h 10, 2 h 30— Trola hommea et une Jeune demolaelle sem.12 h 20, 2 h 30, 4 h 50, 7 h, 9 h 15, sam.dim.4 h 50, 7 h, 9 h 15 sam.dern.spect.11 h , \ 54: Vincent et mo/sam.dim.12 h 05— Rocky Ssem.12 h 10.2 h 20, 4 h 40, 7 h 05, '9 h 20, sam.dim.2 h 20, 4 h 40, 7 h 05, 9 h -20 sam.dern.spect.11 h 205:Mon fantôme d'amour 1 h 10, 3 h 40, 6 h 20, 9 h 10 sam.dern.spect.11 h 35, mar.4 h, 6 h 20, 9 h \0t:Cyrano de Bergerac 12 h 35,3 h T5, 6 h 10, 9 h.CINÉMA ÉGYPTIEN 1: 1455 Peel, Mil- Awa-kenlnga 2 h.4 h 25.7 h.9 h 302:- Misery 12 h 45, 3 h, 5 h 10, 7 h 25, 9 h 403: - Mer-malda 12 h 45, 2 h 50, 5 h, 7 h 15, 9 h 30 CINÉMA JEAN-TALON: MD- The Godfather part 3 6 h 15, 9 h 30, sam.dim.12 h, 3 h .10, 6 h 15, 9 h 30 CINÉMA OMÉGA 1: — Bernard et Blanca en Auatralle sam.dim.1 h — Cyrano de Bergerac ven.7 h, 9 h 30, sam.dim.3 h 30, 7 h, 9 h 30, lun.au jeu.Bh.2: — Vincent et mol sam.dim.1 h, 3 h.— Rocky V 7 h 10, 9 h 20, sam.dim.5 h, 7 h 10, 9 h 20— 3: Coeur de lion 7 h 05, 9 h 10, sam.dim.1 h, 3 h, 5 h, 7 h 05, 9 h 10 - ?CINÉMA PARALLÈLE: 3682 boul St-laurent, Mil (843-6001) —La plainte de l'Impératrice 19 31, 21 h 15 (10 au 13 janv.) CINÉMA PARIS: MK (875-7284)- sam.Vertigo 2 h, 7 h — Avalon 4 h 30, 9 h 30— The Nine Uvea ol Fritz the Cat 24 h CINÉMA POINTE-CLAIRE 1:6361 Trans-Canada — Edward Sdaaorhanda 7 h, 9 h 15, ,sam dim.2 h, 4 h 15, 7 h, 9 h 15 2: - Kindergarten Cop 7 h 15, 9 h 25, sam.dim.12 h 45, 2 h 55, 5 h 05, 7 h 15, 9 h 253:-*»/-aery 7 h, 9h 15, 1 h 15, 4 h, 7 h, 9h 15— 4: - Awaken Inga 7 h, 9 h 25, sam.dim.2 h, 4 h .25.7 h, 9 h 255: - Home Alone 7 h, 9 h 10, sam dim.12 h 30, 2 h 40, 4 h 50, 7 h, 9 h 10 6: — Dancea with Wohrea 8 h 15, sam.dijn.1 h 30, 5h, 8h 15 CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE: (842-9768)— sam L'aveugle de Sorrente 18 h 35— Temps maximum 20 h 35— dim L'enfer dans la ville 15 h.— La cavalerie héroïque •18 h 35— Tarakanova 20 h 35 CINÉMA V - 1: 5560 Sherbrooke 0 (489-5559) -Russia House 6 h 30.9 h 10, sam.dim.1 Tl.3 h 45.6h 30.9 h 10 2: -Bonfire of the Vanilles 6 h 20, 9 h 15, sam dim.12 h 45, 3 ,'h 30, G h 20, 9 h 15 CINÉPLEX I: (849-4518) - Tatle Danielle 1 h '.'.20, 4 h 15, 7 h 10, 9 h 302: Mermaids 1 h, 3 h 10, 5 h 20, 7 h 30, 9 h 4CMII: — La recrue Th 15, 4 h, 7 h, 9 h 251V:- White Palace 1 h 05, 3 h 05, 5 h 05, 7 h 05, 9 h 05V: -Misery 1 h 05, 3 h 15, 5 h 25, 7 h 35, 9 h 45VI:- Eu-rôpa Europa 1 h 10, 3 h 45, 7 h.9 h 20VII: — Kindergarten Cop 1 h, 3 h 10, 5 h 20, 7 h 30, 9 h 40VIII:— Edward Sclssorhands 1 h, 3 h 10, 5 h 20, 7 h 30.9 h 40IX: — La fracture du myocarde 1 h 15, 4 h, 7 h 05, 9 h 15 COMPLEXE DESJARDINS I: (288-3141)— Un thé au Sahara 1 h 45.4 h 15.7 h.9 h 3511: — Il danse avec les loups 1 h 30, 5 h, 8 h 30111: — La gloire de mon père 2 h, 4 h 30, 7 h, 9 h 151V:— Les sirènes 1 h, 3 h 05, 5 h 10, 7 h 15, 9 h 25 ', N COMPLEXE GUY-FAVREAU/ O.N.F.: 200 .ouest Boul Dorchester, Mil (283-8229)— Hotel Chronicles 19 h.(8 au 13 janv ) CONSERVATOIRE D'ART CINEMATOGRAPHIQUE: (848-3878)- sam Far Removed from War 19 h— Black Snow 21 h.— dim.i Atomic Station 19 h.— Evening Bells 21 h CRÉMAZIE: (388-4210) - Ding et Dong le film t'7 h 15.9 h 20, sam dim.1 h, 3 h 15, 5 h ,.,20, 7 h 15, 9 h 20, mer 9 h 30 DAUPHIN I: (721-6060) — II danse avec lea loups 8 h.sam dim 1 h 30, 5 h, 8 h 3011: - White Palace 7 h, 9 h 30.sam.dim 2 h, 4 ti 30, 7 h, 9 h 30 CINEMA DÉCARIE 1: (341 3190) - Mermaids 7 h, 9 h 20.sam dim 2 h, 4 h 30, 7 h, 9 h 202: — Home Alone 7 h 30, 9 h 45, sam dim 1 h, 3 h 10, 5 h 20, 7 h 30, 9 h 45 DORVAL I: (631 8586) — Not Without my Daughter 6 h 30, 9 h 15, sam dim 1 h, 3 h 45, G h 30, 9 h 1511: — Look Who's Talking Too 7 h, 9 h, sam dim.1 h, 3 h, 5 h, 7 h, 9 ti III:— Lion Heart 7 h.9 h 30, sam dim 1 h IS, 4 h, 7 h, 9 h 301V: — Three Men and a Utile Lady 7 h 30.9 h 40.sam.dim.3 h, 7 h 3o, 9 h 40— Rescuers Down Under sam ‘dim 12 h 45, 5 h 15 DU PARC 1: (844 9470)— The Godfather part 3 ven 6 h 30, 9 h 45, sam dim 12 h, 3 h 15, G h 30, 9 h 45, lun au jeu 8 h 2: — Not Without my Daughter 6 h 45, 9 h 15.sam dim 1 h, 3 h 30, 6 h 45, 9 h 153: - Russia House 7 h.9 h 30, sam dim 1 h 30, 4 h, 7 h, " 9 h 30 bu PLATEAU 1: (521-7870)- Bernard et Rlanca en Australie sam dim 12 h 15.2 h 20.4 h 30— Cyrano de Bergerac 1 h, 3 h 50, 6 h 40.9 h 25, sam dim 6 h 40, 9 h 252.Rocky V12 h 45, 3 h, 5 h 05, 7 h 15, 9 h 35 F AIRVIEW I: (697-8095) - Llonheart 7 h 05, 9 h 15, sam dim 12 h 30, 2 h 40, 4 h 50, 7 h 05,9h 1511:— The Godfather part 3 ven 6 h 30, 9 h 45, sam.dim 12 h, 3 h 15, 6 h 30, 9 h 45, lun au jeu 8 h FAUBOURG STE-CATHERINE 1 : (932-2230)-Dancea with Wohrea 1 h 30.5 h, 8 ti 302: — Kindergarten Cop 1 h 15, 4 h, 7 h 10, 9 h 253: — Home Alone 1 h, 3 h 10, 5 h 10, 7 h .10, 9 h 204: - Havana 1 h, 3 h 45.6 h 30, 9 ,1),|5, mer 1 h, 3 h 45, 9 h 30 GOETHE-INSTITUT MONTRÉAL: (4990159)- QREENFIELD I: (671 6129) - The Godfather part 3 ven 6 h 30, 9 h 45, sam dim 12 h, 3 h 15, 6 h 30, 9 h 45.lun au jeu 8 h 2: —Llonheart 7 h, 9 h 20, sam dim 1 h.3 h 40, 7 h, 9 h 203: - Rocky V 7 h 10, 9 h 30.sam dim 12 h 55, 3 h 25, 7 h 10, 9 h 30 IMAX: Vieux-Port de Montréal— Planète bleue entre ciel et terre (Ir ) du mar.au ven .tOh .11 fi 45.13h 30, 19h , sam 13h 30, I7h , 19h, dim 11 h 45.13 h 30, 17 h, 19 h ven sam dern spect.22h.30— Blue Planet et To Fly mar au dim.15h.15, 20h 45 IMPERIAL: (288-7102) - The Godfather part 3 12 h, 3 h 15, 6 h 30, 9 h 45 LAVAL I: (688 7776) — The Godfather part 3 ven ü h 30, 9 h 45, sam dim 12 h, 3 h 15, 6 h 30, 9 h 45.lun au jeu 8 h II: — Vincent et mol sam.dim.12 h 20, 2 h 20— Rocky V 7 h 10, 9 h 30, sam.dim.4 h 30, 7 h 10, 9 h 30 sam.dern spect.11 h 503:Bernard et Blanca en Australie sam.dim 12 h 10.2 h 30— Look Who's Talking Too 7 h, 9 h sam.dim.4 h 50, 7 h, 9 h sam.dern.spect 11 h 304:Not Without my Daughter 7 h, 9 h 20, sam.dim.12 h 10, 2 h 20, 4 h 40, 7 h, 9 h 20 sam.dern spect 11 h 505: Coeur de lion 7 h 20, 9 h 40, sam.dim.12 h 20.2 h 40, 5 h, 7 h 20, 9 h 40 sam dern.spect.11 h 50 LAVAL 2000 1: (687-5207)- Dlng et Dong le film 7 h 30, 9 h 30, sam.dim 1 h 40, 3 h 35.5 h 30, 7 h 30, 9 h 302:- Maman l'ai raté l'avion 7 h, 9 h., sam.dim.1 h, 3 h, 5 h, 7 h, 9 h LOEWS 1(861-7437) - The Sheltering Sky 12 h 30, 3 h 20, 6 h 05, 9 h sam.dern spect.11 h 35II:— Bonfire of the Vanities 1 h 15.3 h 55.6 h 45, 9 h 25 sam.dern.spect.11 h 50111 .-Russia House 1 h.3 h 45.6 h 30.9 h 15 sam.dern.spect.11 h 451V:— Three Men and a Little Lady 1 h 30.4 h 05, 6 h 40, 9 h 10 sam.dern spect.11 h 30V:— Cyrano de Bergerac 12 h 45, 3 h 35.6 h 20, 9 h 05 sam.dern.spect.11 h 35 OUIMETOSCOPE:(525-8600) - sam Salle I La rose des sables 19 h — Nlklta 21 h — Salle 2: Rosalie fait ses courses 19 h 30— Jésus de Montréal 21 h 30— dim.Salle 1 : Les Jetson 14 h — Barry Lyndon 15 h 30— La rose des sables 19 h.— Rives 21 h — Salle 2: Un zoo la nul(14 h 15— Le diable au coeur 16 h 30— Jane S.19 h 30— Easy Rider 21 h 30 PALACE 1: - Llonheart 12 h 40.3 h, 5 h 10.7 h 25, 9 h 40 sam dern.spect.11 h 5511:— Look Who's Talking Too 1 h 20.3 h 05, 5 h, 7 h, 9 h.sam.dern.spect 11 h III:— Ghost 1 h 30, 4 h, 6 h 35, 9 h 05 sam dern spect.11 h 351V:— Rescuers Down Under sam.dim.1 h, 3 h 30— Goodfellas sem.12 h 05, 3 h, 6 h.9 h sam.dim 6 h, 9 h.V:-Almost an Angel 12h20,2h30,4h40,6h 50, 9 h.sam.dern spect 11 h 20VI:— The Rookie 1 h, 3 h 30, 6 h 15, 9 h.sam.dern.spect 11 h 35 PARADIS I: (354-3110)- Maman l'ai raté l'avion 7 h,9h10,sam.dim.1 h,3h,5h,7 h, 9 h 1011:—0/njj et Dong le Hlm 7 h 30, 9 h 40, sam.dim.1 h, 3 h 10, 5 h 20, 7 h 30, 9 h 40III:— Désigné pour mourir 7 h 10, 9 h 20, sam.dim.1 h 10, 3 h 20, 5 h 30, 7 h 40, 9 h 50 PARISIEN I: (866-3856)- Monsieur Hire 1 h, 3 h, 5 h, 7 h, 9 h.ll:— Mery pour toujours 1 h 15, 3 h 45, 6 h 30, 9 h 15111:- Une histoire Inventée 12 h 45, 2 h 50, 4 h 55, 7 h, 9 h 201V:— Le mari de la coiffeuse 1 h 05, 3 h 05, 5 h 05, 7 h 05, 9 h 05V:- Fantasia 1 h 30.4 h, 6 h 30.9 h.VI:- Rafales 12 h 50, 2 h 55, 5 h, 7 h 05, 9 h 107:— Les meilleurs moments des films publicitaires 1 h 15.3 h 20.5 h 25, 7 h 30, 9 h 35 PLACE ALEXIS NIHON t:(935-4246) - Edward Sclssorhands 2 h, 4 h 20, 7 h.9 h 1011:— Kindergarten Cop 2 h 15.4 h 40, 7 h 10.9 h 25111:— Prédator 2 2 h, 4 h 30.7 h, 9 h 15 PLACE LONGUEUIL 1: (679-7451) - Maman l'ai raté l'avion 7 h, 9 h 10, sam dim.1 h, 3 h 10, 5 h 15, 7 h, 9 h 102: Il danse avec les loups 8 h.sam dim.1 h 45, 5 h 10, 8 h 30 LE RIALTO: 5723 ave du Parc.Mil (274-3550)— sam.The Nasty G/r/7 h 15, 9 h 30— dim The Sound ol Music 2 h.— Reversal ol Fortune 5 h 15— The Nasty Girl 7 h 15, 9 h 30 QUARTIER LATIN: Mtl (840-0041)— La gare 7 h 30, 9 h 30.dim 1 h 30, 3 h 30.5 h 30, 7 h 30, 9 h 30 VERSAILLES l:(353-7880) - Coeur de lion 7 h 15, 9 h 30, sam dim.12 h 40, 2 h 50.5 h, 7 h 15, 9 h 30 sam.dern.spect.11 h 40II:— Not Without my Daughter 7 h 15.9 h 35.sam.dim 12 h 30, 2 h 45, 5 h, 7 h 15, 9 h 35 sam.dern.spect 11 h 50111:— Mon fantôme d'amour 6 h 30, 9 h sam dim 1 h 30, 4 h, 6 h 30, 9 h.sam.dern spect 11 h 301V:— Vincent et mol sam dim 1 h— Trois hommes et une Jeune demoiselle 7 h 35, 9 h 45, sam dim.3 h 15, 5 h 25, 7 h 35, 9 h 45 sam.dern spect.11 h 50V:— Rocky V7 h 35, 9 h 45, sam.dim.1 h 05, 3 h 15, 5 n 25, 7 h 35, 9 h 45 sam.dern spect.11 h 30VI-:—Bernard et Blanca en Australie sam dim.12 h 45, 3 h 05— Look Who’s Talking Too 7 h 20, 9 h 20, sam dim.5 h 20, 7 h 20, 9 h 20 sam.dern.spect.11 h 20.MUSIQUE Classique CONSERVATOIRE DE MUSIQUE DU QUÉBEC: 100 est Notre-Dame, Montréal— Salle Gabriel-Cusson Concert: série des prolesseurs Denis Broil, violoncelle, André-Sébastien Savoie, piano, Suzanne Blondin, piano, oeuvres de Bach.Ravel, Barber, Debussy, Beethoven, le 12 janv.à 20h ÉCOLE VINCENT DTNDY: 628 chemin Cote-Ste-Calherine, Montréal— Récital de Martin Caron, pianiste de l'APMQ, le 13 janv à 14h 30 ÉGLISE ST-JEAN-BAPTISTE: Angle Henri Julien el Rachel, Montréal— L'organiste Jacques Boucher sam à la messe de 17h , dim aux messes de 10h.el 11 h.— Le grand orgue est tenu par France Panneton, les 12-13 janv — Le Choeur de Blainville sous la dir.de Isabelle Guindon et Jacques Boucher, à lOh le 13 janv ÉGLISE ST-MARC DE ROSEMONT: 2602 est Beaubien, Montréal— Récital de Mireille Bégin-La-gacé, organiste, oeuvres de Bach.Lelendre, Motel, Schumann, Gigout et Widor, le 13 janv à 14h 30 MAISON DE LA CULTURE LA PETITE PATRIE: 6706 DeLorimier, Montréal— Musique de chambre, dir Robert Verebes, avec Noella el Solange Bouchard, violonistes, Isabelle Chouinard el Pierre Alain Bouvretle, violoncellistes, Marianne Pa-tenaude, pianiste, el l'artiste Laurent Patenaude, le 13 janv à 14h ORATOIRE ST-JOSEPH: 4300 Reine Marie, Montréal (733-8211)— Le dim Les Petits Chanteurs du Mont Royal, dir- Gilbert Patenaude, à la messe de 11h— À 15h 30, Raymond Daveluy à l’orgue EXPOSITIONS Ateliers et galeries ARTES GALERIE D’ART: 102 ouesl Laurier, Montréal (271-1211)— Oeuvres de Barrette, Chemia-kin.Dussau, Foreman, Icart Louis, Laperrière, Lemieux, Riopelle, Tapies, et sculptures de Barrett.Pott.Rehm et Spénard ARTICULE: 4060 St-Laurent ste 106, Montréal (842-9686)— Oeuvres de Mary Catherine Newcomb, du 12 janv au 10 fév ATELIER: 11715 Georges-Pichet.Montréal-Nord (327 0890)— Tableaux à l'huile, oeuvres de Clodète Piché.déc et janv , mer au dim 13h à 18h AXE NÉO-7: 205 rue Montcalm, Hull (819-771-2122)— Installation sonore de Paul Landon, et installation de Yves Champagne, du 9 janv au 2 fév BAR LA CERVOISE: 4457 Sl-Laurent, Montréal-Exposition de Jean-Claude Bouton, du 9 au 21 |anv BOURSE D’OEUVRES D’ART DE MONTRÉAL: 5487 Paré.Ville Mont-Royal (341-6333)— Grande salle d'exposition et de vente d'oeuvres d'art— Plusieurs artistes y exposent leurs oeuvres, du mar au dim lOh à 16h CENTRE DES ARTS CONTEMPORAINS: 4247 St-Domimque.Montréal (842-4300)— Oeuvres de Jacynthe Baribeau, du 15 janv au 14 fév CENTRE SAIDYE BRONFMAN: 5170 chemin Côto Ste-Catherme, Montréal (739-2301)— Oeuvres de Arnaud M photographies qui baitent de l'histoire el de l'incidence culturelle de l'architecture des banques, du 14 nov au 24 lév — L'Architecture en jeux: jeux de construction du CCA, du 28 nov au 31 mars (MUSÉE)CENTRE COMMÉMORATIF DE L'HOLOCAUSTE: 5151 chemin Côte-Ste-Cathe rine, Montréal (345-2605)— • Enlants de l'holocauste .et salle commémorative, du dim au |eu de 10h à I6h.visites guidées les dim à lOh 30 MUSÉE CHATEAU RAMEZAY: 280 Notre-Dame est.Montréal (861-3708)— Montréal, de la capitulation tranquille à l'union mouvementée 1760/1849.du 16 nov au 1er sept.1991, mar au dim de lOh à 16h MUSÉE DE LA CIVILISATION: 85 Dalhousie.Québec (4166462158)— • Objets de civilisation > exposition permanente — • La barque à voile • exposition permanente — ¦ Mémoires ¦ exposition permanente — Messages, exposition sur les moyens de communication enbe les individus el les sociétés, en permanence— Québec sur glace, sports et divertissements.lusqu au 17 lév — Tunisie, terre de rencontre.jusqu'au 5 mars— Le Trident en coulisse, jusqu'au 28 avril— Autopsie d'un sac vert, jusqu'au 12 mai— Éphémère, jusqu'au 2 sept — Jeux, jusqu'au 5 janv 92— La Suisse, lace à lace, du début de la Confédération en 1291 jusqu'au 20e siècle, jusqu'au 20 lév.91 MUSÉE MARC-AURÉLE FORTIN: 118 SI Pierre, Montréal (845-6108)— Oeuvres de Marc-Au-rèle Fortin en permanence— Visite commentée de l'exposition tous les dim à 14h 30, en semaine pour groupes sur réservations, le musée est ouvert du mar au dim.de 11 h.à 17h (Iermédu22déc au 7 janv ) MUSÉE D’HISTOIRE NATURELLE GEOR-GES-PRÉFONTAINE: 520 chemin de la Côle-Sle-Catherine, Outremont (277-9864)— Exposition < Les animaux malades du Saint-Laurent » du 15 août au 31 mars 91, mer au ven de9h à 16h .dim de lOh à 17h ; MUSÉE DE LACHINE: 110 chemin LaSalle.Li-j chine (6343471 poste 346)— mer au dim de 11h.30f à 16h 30 ; MUSÉE DU LIVRE ANCIEN: 214 rue Principale,; Les Eboulements.Qui (4166362243)— Plus de 250 livres et 100 photos sont exposés et interprélés.MUSÉE DE LA MONNAIE: 245 rue Sparks, Ottawa (616782-8914)— ¦ Casse-Tête de Papier • exposition sur les techniques de production des billets ; de banque, du 5 déc au 10 mars, mar au sam.' 10h 30 à 17h, le dim de 13h è !7h.MUSÉE PIERRE BOUCHER: 858 Laviolette, Trois-Rivières— L'art nail el l'art populaire, expose, bon du temps des tètes, du 4 déc au 14 janv.MUSEE RÉGIONAL DU HAUT-RICHELIEU: 182 rue Jacques-Cartier nord, SI-Jsan-sur-Riche-; lieu— IL érablière, exposition jusqu'au 14 avril MUSÉE RÉGIONAL3E RIMOUSKI: 35 Si-Germain ouest.Rimouski (416724-2272)— Parcours dessiné, hommage è Jack Shadbolt.exposition ré-' trospective 19661988, des dessins d'Irène F.Whlt-i tome— Les Grands Ballets Canadiens et les Ballets, Russes de Serge de Diaghilev, du 25 nov au 13 janv.• MUSÉE DU SÉMINAIRE DE QUÉBEC: 9 rue de l'Université.(Xiébec (692-2843)— Rez-de-chaussée Huit musées en un des ob|ets au service du savoir, jusqu'au 26 mai— 1er étage: Art du Québec,j oeuvres du 19e siècle, jusqu'au 1er avril— Cabine! des médailles— 2e étage Peinture des écoles du Nord Hollande el Flandres, jusqu'au 8 sept — « Les! arpenteurs du ciel • exposibon sur l’asbonomie qui1 retrace l'enseignement de celle science au Séminaire de Québec durant le 19e siècle, jusqu'au 6 |anv 92—3eélage Les chels-d'oeuvre de la peinture religieuse européenne— Art Oriental— 4e étage Orfèvrerie MUSEE DAVID M.STEWART: Vieux-Fort, Ile Ste-Hélène (861-6701)— .Armes anciennes • 200 pièces différentes de la succession Russell J.Barrel!.du 10 ocl au 14 |anv .tous les jours saut le mardi de lOh è 17h MUSÉE UNIVERSEL DE LA CHASSE ET OE LA NATURE: Parc Mont-Royal, Camlllen-Houde et chemin Remembrance, Monbéal (8466942)— « Histoire d'os .présentation de l'Ostéothèque de Montréal — Également collection de mammifères, d'oiseaux.d'insectes, d'armes, d'appelants etc Bibliothèques BIBLIOTHÈQUE MUNICIPALE DE KIRKLAND: 17100 boul Hymus.Kirkland (694-4100)— Exposition de la Guilde de tapisserie du Lakeshore, du 5 au 30 janv.Maisons de la culture j MAISON DE LA CULTURE C0TE-DE8-NEI- GES: 5290 chemin Côle-des-Neiges.Montréal-Chronique de lieu, photographies et textes sur le quartioi Côte des Neiges, par Maurice Amiel, du 11 déc au 3 lév — Lev Podolsky, peintre, du 11 janv.au 3 lév.MAISON DE LA CULTURE FRONTENAC: 2550 est Ontario.Monbéal— Sous le masque, la B.D.exposition de masques de théébe et de personnages de bandes dessinées, du 14 déc au 13 janv — Shaman Cosinusoidal, installation multi-média de Claude-Paul Gauthier el Pierre Dosbe, du 22 janv au 17 lév MAISON DE LA CULTURE MARIE-UGUAY: 6052 boul Monk.Montréal— Les beaux sapins, du 9 déc au 13 |anv — Dessins des enlants du monde, dt) 9 déc au 13 |anv — Les soldats de mon enlance, du 9déc au 13 |anv — Des machines el des hommes.70 ans de la vie indusbielle.documents provenant de l'usine Dominion de Lachine, du 18 janv au 24 lév — Oeuvres de Lorraine Simms, du 18 janv au 24 lév.MAISON DE LA CULTURE MERCIER: 8105 Hochelaga.Montréal— Photomontages de Pierre Guimond, du 15 janv au 3 mars MAISON DE LA CULTURE NOTRE-DAME- DE-GRACE: 3755 Botrel, Montréal- Art el Écologie.dessins d éniants sur des plantes et animaux qu'ils ont observés, du 19 au 31 janv MAISON DE LA CULTURE LA PETITE PATRIE: 6706 DeLorimier, Montréal— L'image è la carte, collection de cartes postales de Jacques Poliras, du 13 lanv au 3 lév MAISON DE LA CULTURE DU PLATEAU MONT-ROYAL: 465 est Mont-Royal, Monbéal-Art à louer, 45 oeuvres d'art contemporain de la collection Graphothek de Stuttgart en Allemagne, du 29 janv au 24 lév La télévision du samedi soir en un rlin d'ooil 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23h00 23h30 OOhOO CBFT (R.C.) Montréal Téléjoumal Virages Clémence — J’ai Show! Hockey / Les Capitals vs Le Canadien Le Télé-g journal Cinéma : La Passerelle—ft.87 Avec Pierre Arditi et Mathilda May g r-Tl WCAX (CBS) Burlington News News g Star Search You take g The Kids Lenny g Cinéma : Nick Knight—tun.89 Avec Richard Fancy et John Kapelos g News Night Court 21 Jump Street rël WPTZ(NBC) Plattsburgh News News g A Current Affair Extra Amen g The Faneili Boys g The Golden Girls g Bob Hope g News Saturday Night Live «s CBMT(CBC) •Êw Montréal News The Tommy Hunter Show Hockey / Les Capitals vs Le Canadien The National g Newswatch Night Music (23h45) «D EST’ Le TVA g Montréal Décompte vidéo star Au fil des jours Cinéma : Police fédérale LA.—Am.85 Avec Willem Dafoe et John Pankow Décompte vidéo star Le TVA g réseau Cinéma : Échec au roi Am, 84 —Avec R.Wagner CC\ CFCF(CTV) Montréal News g Dick Irvin’s DoogieÇ Howser.md My secret Identity g Katts and Dogg In g Session Equal Justice g Neon Rider g News g News Cinéma 12 fra TV5 (Télé Oïl Francophones Le temps de vivre L’Euromag (18li50) Le journal delaSSR Thalassa Sacrée soirée Jeune cinéma : Plusieurs tombent en amour—Can.80 Documentaire de G.Slmoneau Journal deTF1 (ÎTi CIVM (R.-Q.) UiJ Montréal Passe- Partout Omni g science C’est la vie Parler pour parler : g Spécial 'Séduction Cinéma : Le Moustachu—ft.87 Avec J.Rochefort et J.-C.Brialy g Cinéma: Toi et moi aussi—Ail.86 Avec Dani Levy el Jens Naumann m s?» Voxpop Musique vidéo Concert plus/Barney : Sentait & The Legendaqt Hearts TH^i WVNY (ABC) «=/ Burlington News g Super Force Star Trek: g The Next Generation The Young Riders g Under Cover g Twin Peaks g News g 23h15/Frlday the 13th /Tÿr) Much Music 18h30 / X-Tendamix Soul In the City X-Tendamix Spotlight / Loose Ends X-Tendamix rx9\ VERMONT ^ ETV(PBS) The Lawrence Welk Show Austin City Limits May to December Alter Henry Cinéma : Public Ennemi—km.31 Avec Jean Harlow et Eddie Woods Cinéma : Scarlace— Am.32 Avec Ann Dvorak et George Raft The 90 S /«ci A-SAISONS Montréal La roue chanceuse Coup de louare Cinéma : Crocodile Dundee— Aust.86 Avec Linda Kozlowski el Mark Blum Superpilotes China Beach Le Grand Journal g Sports Plus week-end Super Sexy fcyi WCFE (PBS) Austin City Limits The Editors MacLaughlIn Group The Best of National Geographic g Allô ! Allô ! Blackadder The Third Doctor Who Alive From 0ft Center Channel Crossings La télévision du dimanche soir en un clin «l'oeil 18h00 18h30 19h00 19h30 20h00 20h30 21h00 21h30 22h00 22h30 23M00 23h30 OOhOO n CBFT (R.C.) Montreal Le Téléjournal g 1 Bh10/Découverte Star d’un soir Histoire de chasse Jacques Normand Le Téléjournal g Scully rencontre Les sports Cinéma: Crime de M.Lange Fr.36 —Avec Jules Berry WCAX (CBS) Burlington News g The Golden Girls g 60 minutes g Cinéma : Witness —Am.85 g Avec Harrison Ford et Kelly McGillis Designing Women g Newsg 23h15/The Arsenlo Hall Show HTi WPTZ(NBC) Plattsburgh 16h00/ Cinéma Newsg Super Bloopers & g Practical Jokes Real Life g With Pauley Expose Dark Shadows g Sunday Scoreboard Reunion Cinéma CBMT(CBC) Montréal Magical World of g Disney Road to Avonlea g Cinéma : Where The Spirit Lives —Can.89 Avec Clayton Julian el Heather Hess Newsg Venture Newswatch The Streets ot San Francisco «b ra* Le TVA g Réseau Doctor Doogle Rira bien.Fernand Nadeau en direct Cinéma : Le lendemain du crime —Am.8( Avec Jane Fonda, Jefl Bridges Le TVA g réseau Aux frontières de la survie CU\ CFCF (CTV) «D Montreal Newsg Travel Travel wsg America's Funniest g America’s Funniest g Cinéma : Held Hostage: The Sis and Jerry Levin Story Am.91 —Avec Mario Thomas Newsg News Entertainment Tonight .m TVS (Télé Francophones L’école des fans L’Euromag (18h50) Le journal de RTBF 7 sur 7 Caractère : Étranges voyageurs 21h50/Clnérama 22h45/Sentiers du monde Le Journal deîF1 CIVM (R.-Q.) UXJ Montréal Passe- Partout A plein g temps Degrassl g Le Clap Cinéma : La pro messe—km.86 Avec James Garner el James Woods Cinéma : Croisière du Navigateur —Am.24 Avec Buster Keaton et Kathryn McGuire Tony Musique «6» Plus 16hOO/Muslque Vidéo Transit Spécial : Rock.Musique vidéo /R» WVNY (ABC) Burlington Newsg Memories Then.Lite goes on g America's Funniest g America's Funniest g Cinéma : Held Hostage: The Sis and Jerry Levin Story Am.91 —Avec Mario Thomas Newsg 23h15/Forum 22 7/VC3 Much Music 19h / Backtrax The best ol much Vldéodlps Spotlight / Killer Dwaiis Vldéocllps /«» VERMONT ETV(PBS) All Creatures Gréai and Small Wild g America A 3-2-1 Contact.Nature g Masterpiece Theatre : g 20th Anniversary Favorites: Upstairs.Downstairs Mystery I g /«ci 4-SAIS0NS Montréal Les carnets de L.-Josée : Inv.: Robert Marten Caméra 91 • Coupez 89 U Cinéma : Mère à tout prix—Am.87 Avec Valerie Harper et Wayne Rogers Le Grand Journal g Sports Plus week-end Passeport Floride (cyt WCFE (PBS) Nat King Cole Show America goes.Rosamond Bernier: On Stage Testament Masterpiece Theatre : g , 20th Anniversary Favorites: Upstairs, Downstairs Are you being.Aids at the Crossroads B-10 ¦ Le Devoir, samedi 12 janvier 1991 ARTS VISUELS Richard Deschênes et l’immensité de la peinture Huevo, acrylique et fusain sur papier de Richard Deschênes.t.m 'mm mMi,: Richard Deschênes Galerie Trois Points 307, ouest Saint-Catherine jusqu'au 2 février.Claire Gravel LES 17 PEINTURES récentes de Richard Deschênes, galerie Trois Points, montrent une inspiration riche, un incessant travail formel et coloré qui puise dans un symbolisme très personnel pour construire une oeuvre immense et très belle.Diplômé en arts plastiques de Concordia depuis à peine six ans, voici la seconde exposition solo de ce jeune artiste qui ne fait que peindre et voyager autour du monde, en quête de lumière nouvelle pour ses tableaux.Il y a deux ans, ceux-ci étaient sombres.Ils semblaient parler d’un univers souterrain parsemé de plages de couleurs brillantes.Sont dé-meurés certains motifs sacrés, empruntés à la mythologie mésopota-mienne qui a beaucoup marqué l’imaginaire de l’artiste pendant son adolescence, et cette manière d’assembler plusieurs peintures en diptyque ou triptyques jusqu’à produire des oeuvres de 21 pieds de long par 6 de hauteur, grouillantes de dessins cachés où chaque forme a été mo- delée au fusain, créant de saisissants effets de profondeur.Mais ce travail des dix derniers mois innove.L’oeuvre sort de terre.Et si elle donne à voir un lieu tout aussi conjectural, il est à présent à la surface du monde.La minéralité des tons a laissé la place à des teintes vertes et bleues plus aérées et liqui- des à la fois, fluides comme l’atmosphère.Dans ces oasis désertées surviennent des mirages : au-dessus des algues et des racines qui forment une jungle verdoyante, des pattes de lions dessinent de curieux nuages (Huevo II), les toits des palais s’envolent, des ossements se transfor- ment en tiges (Huevo I), des sabots en branches ( Loh), les vagues de la mer font surgir d’étranges volcans d’où jaillissent à leur tour des arbres (Egnis) et partout, des pierres arrondies s’enflent comme des montagnes.« Les roches ont remplacé les personnages » me dit Deschênes.Creusées comme des visages, elles se dressent comme une armée dans Egnis.Ces formes étonnantes dans leur foisonnement nous parlent avant tout de peinture.La matière picturale vibre de toutes sortes d’effets.L’acrylique diluée fait transparaître des tonalités très fines où l’artiste assourdit sa couleur.Cela confère aux tableaux un air archaique.« Je suis anti-expressionniste.On ne voit aucun coup de pinceau dans mes tableaux » dit Deschênes, qui craint le maniérisme quand il vient marquer sa surface de taches abstraites ou d’empreintes de ses mains.À peine lisibles dans l’étendue de ce qui est figuré avec tant de soin, ces éléments désirés pour marquer la bi-di-mensionalité de la surface, ressemblent à des accidents mineurs.Deschênes peint davantage sur toile ou sur panneau de bois qu’avant.Il insiste dans Cloh sur l'aspect sculptural, avec des grisailles transformant le taureau et les gardes en statues.Comme les formes qui peuplent ces oeuvres surréelles proviennent de recherches sur des objets trouvés ou des souvenirs, les titres, écrits dans la peinture sont issus d’un travail de déconstruction du mot.« Egnis, c’est singe à l’envers.Ça pourrait être le nom d’un arbre.Je veux faire avec le mot une peinture sonore.Ainsi Egnis a une résonnance plus haute que Loh qui vient de holy, saint; Oro est plus sombre.Les mots sont davantage des sons, des tonalités.» Et ces constructions, sonores et picturales, rayonnent d’un profond symbolisme religieux.Pour Deschênes, les formes du sacré sont les plus fortes.Et elles nous éblouissent.L’Être et le néon PHOTO PAUL LITHERLAND L'Être et le néon, exposition au métro Peel.'«if Station de métro Peel Sortie Stanley Jusqu'au 30 janvier 1991 Jean Dumont NOTRE MÉTRO de Montréal en dehors de ses indéniables et multiples qualités, fait partie de ces lieux énigmatiques qui semblent n’avoir d’autre existence propre que leur simple valeur d'usage.Négatif schématique des grands axe:' de la ville, il n’en dit, dans la litanie des stations, que la toponymie ponctuelle et abstraite.C’est le lieu de passage par excellence.Celui où l’énorme majorité d’entre nous se côtoient sans se rencontrer, comme nous y côtoyons d’ailleurs l’art public qui tente de l'habiter.Même les notes des gentils musiciens ambulants ne nous semblent pas une musique réelle, mais flottent simplement autour de nous, abandonnées dans la longueur interminable des couloirs.« Nulle ville ne peut se nommer de ce nom de communauté si elle ne plonge pas les pieds dans sa propre nécropole » (M.Serres).C’est peut-être pourquoi, dans certaines stations, on expose dans des vitrines des vestiges provenant de fouilles archéologiques effectuées en d’autres points de la ville.Hors de cela, le fondement de la cité n’est nulle part sensible dans ces tunnels qui ne font qu’en traverser les fondations.Les accès qui mènent à ces lieux tout à la fois étranges et familiers sont en général parfaitement neutres et anonymes.Comme si on avait voulu, sur quelques dizaines de mètres, ménager un sas entre la ville du dessus et les passages du dessous.C'est exactement dans cet entredeux mondes que quatre photographes montréalais ont décidé d’exposer leurs travaux.Mario Bélisle, P.K.Langshaw, Deborah Margo et Dévora Neumark y sont réunis là, à la sortie Stanley de la station Peel, sous la bannière éphémère de L’Être et le néon — La publicité avide, qui est aussi le titre de leur exposition, et dont les jeux de mots soulignent un aspect de leurs préoccupations.Le fait qu’à New York, Paris, Toronto ou Montréal, les événements tenus dans le métro gagnent en popularité a autant à voir avec le désir des artistes de toucher un nouveau type de public, qu’avec la rareté, de plus en plus grande pour eux, des lieux adéquats d’exposition.Viennent s’ajouter à cela dans le cas de cette manifestation, et à cause de remplacement très particulier qu’elle occupe, la curiosité, et le risque, de se mesurer, dans l’oeil de ce même public, à l’efficacité redoutable, bien que souvent sous-estimée, des techniques de la publicité commerciale.Il faut préciser que, dans l’arsenal de ces techniques, les artistes n’ont choisi de se mesurer, et c’est tout à leur honneur, qu’à ce qui en était pour eux l’aspect à la fois le plus risqué et le plus exigeant : le fonctionnement subliminal; le fait que certaines publicités agissent sur nous alors que nous pensons ne nous y être pas même arrêtés.Pour le reste, leurs oeuvres sont celles que nous pourrions voir dans n’importe quelle bonne galerie de la ville, spécialisée en photographie contemporaine.Mais, comme les placards publicitaires dont elles ont pris la place sur les murs du court vestibule et sur les trois ressauts qui marquent la voûte, au-dessus des escaliers mécaniques, nous avons bien peu de temps pour les voir.Dès l’entrée, l’attention est mobilisée pour éviter ceux qui émergent d’en bas, puis pour ne pas trébucher sur les premiers degrés de l’escalier .Quelques secondes de descente, le temps à peine pour que 7,8, 10 grandes photos inhabituelles vous sautent au regard, et déjà il est trop tard.Qu’avons-nous vu ?Et qu’avons-nous retenu, hors du sentiment vague qu’il faudra mieux regarder la prochaine fois, ou que quelque chose, peut-être, a changé, dans le monde du dessous, depuis la dernière fols.Si le couloir que nous avons cheminé cent fois nous semble aujourd’hui différent, ne serait-ce pas parce que, du coin de l’oeil, nous l’avons perçu autre dans les photos que Deborah Margo en a prises ?À la fois plus vaste, et dans son artificialité fonctionnelle, semblable à tous les autres.On comprend un peu, dans les photo-collages où elle a documenté les trajets des spectateurs dans les différents couloirs de cette même station Peel, pourquoi, au fond, nous nous arrêtons peu aux images : ce n’est pas tant que nous en sommes bombardés, c’est qu’en ces lieux c’est avant tout la fonctionnalité, propre et rutilante, qui nous est donnée à voir.P.K.Langshaw se tient très près des techniques de la publicité, mais, contrairement à cette dernière, elle ne craint pas d’afficher l’épaisseur de son propos au lieu de le dissimuler sous des dehors anodins.Elle est aussi, parmi les quatre artistes, celle qui critique avec le plus d’évidence et de verdeur nos habitudes de comportements et de consommation.Elle révèle, sous un bleu où sont dessinés des meubles de luxe, la désolation d’une maison détruite, et la misère qu’elle engendre.Ou, sous les couches superposées des signes de la communications, depuis l’alphabet des sourds-muets jusqu’à ceux des langues de la terre, en passant par ceux des diverses époques de l’histoire, nos ententes éphémères, nos timides tentatives de règlement, et le souvenir de nos échecs.La démarche de Dévora Neumark tendrait plutôt à arracher, métaphoriquement, les tuiles et les céramiques qui pavent les couloirs poui nous faire prendre conscience de la terre nue et des strates de l’histoire qui y sont inscrites.Ses couloirs ne traversent plus en aveugles les fondations de la ville, mais veulent en vivre le fondement.Il s’agit d’un rêve évidemment, puisque ses belles photos ont été prises dans d’antiques souterrains parisiens.C’est certainement les photos de Mario Bélisle qui sont les plus mystérieuses.Une tête de femme, toujours la même mais difficilement reconnaissable, émerge d’une couleur obscure, déformée par l’énormité du grain, voilée par un réseau de broches, ravinée par des avanies de surface.« Qu’est-ce donc que notre visage sinon une citation ?» écrivait Barthes.Oui.Et parfois bien difficile à lire.Mais les liens qu’entretient ce visage photographié par Mario Bélisle avec le lieu et le propos de l’exposition sont à la fois ténus et graves.Ce visage ne fait plus partie du monde de la surface.Il est celui d’une jeune femme décédée depuis 7 ou 8 ans ; il a été repiqué, sur acé | tate, dans les notices nécrologiques j d’un journal, et a été rephotographié j après avoir été posé sur une plaque de cuivre.Le vernissage officiel de cette intéressante initiative aura lieu cet après-midi, au 1465 rue Stanley.Vous vous rendrez compte du curieux at trait que ces photos qu’ils ont à peine eu le temps de voir exerce sur des passants habituellement indifférents.L’art n’a sans doute pas dit son der nier mot.NATIONAL GEOGRAPHIC du 7 décembre 1990 au 10 février 1991 Odyssée, L'art de la photographie au National Geographic Quatre générations de photographes du National Geographic ont fixé sur pellicule le monde dans ce qu'il avait de rare, d'insaisissable, d'ancien et de menacé au cours d'un siècle de photographies.Cette exposition est organisée par la Corcoran Gallery of Art, Washington, D.C.et rendue possible grâce à la Professional Photography Division, Eastman Kodak Company.MUSÉE DES ARTS DÉCORATIFS DE MONTRÉAL Entrée par le boulevard Pie IX ou 2929, avenue Jeanne d'Arc (514) 259-2575 Château Dufresne H s 5 i < ° T3 1 \2Ï CC s uj ; —J £ Si < 3 ARNAUD MAGGS IDENTIFICATION jusqu’au 31 janvier L’artiste donnera une causerie le 23 janvier à 19h30 Entrée libre Information: 739-2301 L ¥ le» ctntrtt communautéret " IuKiiM Mortrtil 5170 CHEM|N DJ L4.CÔTE STE CATHERINE.MONTRÉAL QUÉBEC DE El H LES FORMES DU REFLET Dazibao, de Mlichel Gaboury.Michel Gaboury, détournements photographiques Claire Gravel LES SUITES PHOTOGRAPHI-QU ES de Michel Gaboury se détournent de la réalité extérieure.Certaines parties ne représentent rien que la surface noircie du papier directement exposé à la lumière, écartant l’appareil et le rituel qui entoure généralement la « prise » photographique.« J’ai voulu faire une photo qui soit noire au même titre qu’une abstraction », me dit Gaboury en entrevue.« Avec la vitre, l’encadrement noir, cette impression directe fonctionne comme le dispositif de l’appareil photographique.Une image y apparaît, fantomatique, celle de la réflec-tion du spectateur.» Il y a aussi des photographies de nuages repiquées sur des illustrations de peintures de Constable ou de Turner ou sur d’autres photographies, celles de Stieglitz.À côté de l’abstraction « pure et dure » qui cite le fameux Carré noir (vers 1915) du peintre suprématiste russe Kasimir Malevitch, ces fragments de reproductions, démesurément agrandis, sont d’abord vus dans le lyrisme puissant de leur sujet, le nuage, merveille protéiforme et poreuse qui flotte sur des siècles de peinture.Gaboury, — lui-même un universitaire — connaît bien le livre de l’historien d’art Hubert Da-misch, Théorie du nuage.Pour une histoire do la peinture.« J’ai eu l’idée de combiner deux aspects de la modernité avec l’abstraction pure de Malévitch et le romantisme du nuage.La référence au nuage, c’est bien sûr Damisch, dit Gaboury, mais aussi Stieglitz pendant les dix dernières années de sa vie dans ses Équivalents, où les nuages équivalent de la musique, de l’émotion ».Or, ce ne sont pas des nuages que photographie Gaboury, mais des reproductions.S’il reprend la thèse de Damisch, c’est en photographie.À travers l’image, la trame de l’illustration est omniprésente.Le nuage alors, n’est plus le seul sujet.Déjà flou dans sa représentation picturale chez Constable ou Turner (l’autre as pect de la modernité), il se fait fantomatique, fragment errant, venant buter contre l’écran noir du monde sans objets de Malévitich.Au-delà du motif (le nuage) c’est le travail photographique qui est ici mis en abîme : Gaboury taille, agrandit, rend visible son processus, son papier non tendu gondole.La photographie se soustrait à son asservissement coutumier au réel et n’a aucune envie de se créer de nouvelles chaînes en élaborant un monde imaginaire, truqué.Tout cela serait d’une grande aridité sans les brides de textes de Malévitch, engagées en lettres blanches sur certaines surfaces noires.Les mots du rouge qui brûle, les formes du reflet, qui ronflent dans le ciel et surtout 1 impératif Voguez ! semblent entonner un hymne à la libération de la photographie.« Pour moi, explique Gaboury, le domaine de la culture, ce sont les mois, les images dans les livres.Cela suscite en moi des émotions plus for tes que le monde.Je pense que la réalité extérieure est en train de sombrer ».Beaucoup plus qu’un ren voi nostalgique aux utopies moder nistes, l’oeuvre de Gaboury, tournant le dos au chaos actuel, questionne l’essence même de la photographie.Annulation d’un stage en atelier d’art contemporain (PC) — Parce qu’une école new-yorkaise ne voulait plus qu’il choisisse les artistes bénéficiaires, le Conseil des arts du Canada a décidé d’annuler son programme de stage en atelier au Institute for Contemporary Art.Le nouveau conservateur de l’institution, financée par les secteurs privé et public, tenait à être responsable du jury qui choisit des artistes canadiens bénéficiant d’un espace de travail en arts visuels au Institute for Contemporary Art, situé dans le bas de Manhattan.Mais l’école new-yorkaise voulait en même temps que le CAC continue de payer le loyer des ateliers, ce qui aurait été inacceptable, a expliqué mercredi un porte parole du CAC à Ottawa.Les artistes canadiens Gary Pearson et Joyce Salloun vont néanmoins compléter leur stage, à la fin de l’été.Prix à Nattiez Le CAC a aussi annoncé le nom des lauréats de ses prix de 50 000$ chacun, qui récompensent des con tributions remarquables en arts et sciences humaines.Jean-Jacques Nattiez, professeur à la faculté de musique de l’Université de Montréal et auteur d’ouvrages spécialisés, est l’un des deux gagnants, l’autre est la romancière Alice Munro, de l’Ontario.Les prix sont financés par une dotation qu’avait faite la famille Molson en 1963. CARRIERES ET PROFESSIONS Le Devoir, samedi 12 janvier 1991 ¦ B-11 Les posies sont offerts également aux hommes et aux femmes.Service de PUBLICITE 842-9645 Le Conseil de la Peinture du Québec recherche un(e) COORDONNATEURfTRICE) Qualifications: • connaissances en administration et comptabilité • aptitudes à rédiger dans la langue française et anglaise • bonne expérience du milieu culturel • sens de la communication • esprit d'initiative Envoyer c.v.à l'adresse suivante avant le 21 janvier 1991 : Conseil de la Peinture du Québec 911, rue Jean-Talon Est Bureau 120 Montréal (Québec) H2R 1V5 Attention: Nicole Panneton ^Prière de ne pas téléphoner.Ç McGill Le Département de langue et littérature françaises de l'Université McGill sollicite des candidatures pour deux postes menant à la permanence, au rang de Professeur adjoint.Domaines d'enseignement: — La traduction anglais/français, pour le 1er poste (domaines connexes: critique et théorie littéraires, littérature moderne); — La littérature du XVIe siècle, pour le second (domaine connexe: théorie de la littérature).Exigences: doctorat, publications, expérience de renseignement Entrée en (onctions: le 1er septembre 1991 Les candidatures seront reçues jusqu'au 15 février Envoyer un curriculum vitae et le nom de trois répondants au: Directeur Département de langue et littérature françaises Université McGill 3460, rue McTavish MONTRÉAL, Québec H3A1X9 Conformément aux règlements de l'immigration, cette offre s'adresse aux citoyens canadiens et aux résidents permanents COMPAGNIE PROFESSIONNELLE DE THÉÂTRE JEUNE PUBLIC cherche UN(E) RESPONSABLE DES RELATIONS PUBLIQUES ET DE LA VENTE DE SPECTACLES (contractuel) Exigences: — posséder une expérience de la mise en marché et de la vente de produits culturels; — être familier avec le théâtre pour jeunes publics et le secteur culturel québécois; — connaître les marchés québécois, canadien et internationaux; — communiquer lacilement, en français et en anglais, par écrit et verbalement; — être disponible pour voyager Périodes de travail: — mai 1991 — août à décembre 1991 — prolongation à déterminer.Veuillez faire parvenir votre curriculum vitae avant le 25 janvier 1991 au: THÉÂTRE L'ARRIÈRE SCÈNE C.P.329 Beloell (Québec) J3G SS9 Prière de ne pas téléphoner.DIRECTEUR/DIRECTRICE GENERAL(E) FÉDÉRATION CANADIENNE DES ÉTUDES Le Directeur/La Directrice général(e) est l’administrateur principal de la Fédération canadienne des études humaines.À ce titre, il/elle est comptable à un Conseil d'administration élu et est responsable de la mise en oeuvre de l’objectif principal de la Fédération: la promotion de la recherche en études humaines au Canada.Fondé en 1943, le Conseil canadien de recherches sur les humanités est devenu la Fédération canadienne des études humaines en 1978.Organisme à but non lucratif, la Fédération regroupe 34 sociétés savantes, 70 institutions d’enseignement supérieur et quelque 10 000 universitaires.Siège social: Ottawa Qualifications: • un diplôme d'études supérieures, de préférence un doctorat, dans l'une des disciplines des études humaines; • une expérience d'administrateur chevronné, y inclus des qualités organisationnelles et inter-personnelles; • une connaissance approfondie du français et de l'anglais; • un degré d'initiative suffisant pour pouvoir proposer et mettre en oeuvre priorités, projets et programmes; • une bonne connaissance de la communauté universitaire, de ses agences subventionnaires, et des organismes gouvernementaux et non gouvernementaux.Salaire et bénéfices sociaux: Le salaire correspondra à l'expérience et aux qualités offertes.Les bénéfices sociaux sont excellents.Toute personne intéressée est invitée à soumettre son curriculum vitae, ainsi que les noms de trois répondants, d'ici le 15 février 1991, au: Président, Comité de sélection Fédération canadienne des études humaines 151, rue Slater, Bureau 407 Ottawa, Ontario K1P 5H3 CENTRE CANADIEN À D’ JURIDIQUE Le Centre canadien d'information juridique (CCIJ) est un organisme sans but lucratif financé par les gouvernements, les sociétés de droit, les fondations de droit, des éditeurs et d'autres organismes membres.Il a pour mandat de faciliter la recherche juridique et d'encourager une meilleure compréhension du droit grâce à un accès amélioré à l'information juridique par le public et la profession juridique.Le CCIJ a récemment entrepris un important processus de renouveau et il entreprend de nouvelles activités et des projets novateurs.Pour aider l'organisation à relever ces nouveaux défis, le CCIJ est à la recherche des services d'un: DIRECTEUR GÉNÉRAL Le directeur général est chargé de diriger un personnel de 30 employés, notamment des cadres supérieurs oeuvrant dans les domaines de l’élaboration des politiques et des programmes, de la levée de fonds et des relations publiques.Le directeur général travaille avec les membres bénévoles de groupes d'étude de tout le pays et relève d'un conseil d'administration dont les membres sont élus.Le candidat idéal sera une personne dynamique et innovatrice, un leader d’équipe ayant des connaissances des techniques de recherche et d'accès à l'information juridique ainsi que l'engagement à les améliorer; il s'agira d'une personne ayant une formation juridique, une connaissance du milieu juridique et des activités gouvernementales, d'une personne qui maîtrise les deux langues officielles du Canada et qui a de l'expérience à titre de cadre supérieur.Le titulaire du poste travaillera au bureau du CCIJ à Ottawa.Le salaire est négociable et sera proportionné aux qualifications.Une attrayante proposition d’avantages sociaux s'ajoute au salaire.Demandes Les demandes doivent être soumises d'ici le 8 février 1991 à: Comité de sélection Centre canadien d'information juridique 161 ouest, avenue Laurier, 5e étage Ottawa (Ontario) K1P5J2 La Ligue des Droits et Libertés La Ligue des Droits et Libertés, organisme communautaire voué, depuis 1963, à la défence et à la promotion des droits et libertés, recherche une personne pour assumer la responsabilité de: DIRECTION GÉNÉRALE Fonctions: Voir à la réalisation des grandes orientations et décisions prise par les instances de l’organisme en coordonnant une équipe de travailleurs(euses) salariées) et bénévoles; en assumant la responsabilité de la gestion générale des ressources et des dossiers en représentant l'organisme dans divers forums et dossiers.Qualifications requises: • Leadership intellectuel et professionnel.• Minimum de cinq années d'expérience dans la représentation d'organismes voués à la défense et à la promotion des droits sur la place publique.• Minimum de cinq années d'expérience dans la gestion de ressources humaines.• Connaissance des divers réseaux de la vie associative.• Très grande capacité de travail en équipe.• Très grande aisance dans la rédaction et la représentation publique.• Connaissances juridiques pouvant constituer un avantage.• Bilinguisme.Rémunération: 30 000.00 $ par année plus bénéfices marginaux.Faire parvenir votre curriculum vitae avant le 2 février 1991 à:
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