Le devoir, 15 décembre 1990, Cahier D
p NË P • le plaisir des ivres Le Pèse noëi SE FAIT LA MALLE.,.ET DÉMÉNAGE ni* IAWII H l;m A II «]«0 Hill SAINT III MS A Jianwism ^ , I lUHAUAH CMAUPIGNY MC OUVERT K SM 122M (1 *«< UH HUE SAINT OEMS.TOUS LES JOURS I üïT UON1REAIIOQHW2U MEME LEOWANCHE ll-^ “mmmi ici isui 844-2587 Montréal, samedi 1 5 décembre 1990 Robert Lévesque SIX ANS ET DEMI, sur les conseils de son grand-père, un ¦4 V petit garçon de la rue Le Goff, à Paris, écrivit à Georges Courteline qui venait de recevoir quelques palmes .la lettre est datée du 26 janvier 1912.« Cher monsieur Courteline, Grand-père m’a dit qu’on vous a donné une grande décoration cela me fai bien plaisir quart je rit bien en lisant Théodore et Panthéon Courcelle qui passe devant chez nous.J’ai aussi essayé de traduire Théodore avec ma bonne allemande mais ma pauvre nina ne comprenait pas le sence de la plaisanterie.Votre futur ami, Jean-Paul Sartre.» Votre futur ami.À six ans et demi ! Kt avec quatre grosses fautes de français (ce qui se comprend mal puisque le grand-papa de Sartre — orphelin de père — était lexicographe).Le jeune Sartre, qui n’était pas encore Sartre le jeune, n’avait déjà pas froid aux yeux.Courteline ne lui répondra pas.et plus tard, dans Les Mots, à 59 ans, le Sartre établi reviendra sur cette lettre naïve qui révèle surtout le désir d’être à intimité avec les écrivains : « Votre futur ami — ça me semblait naturel, j’avais pour familiers Corneille et Voltaire; comment un écrivain vivant eut-il refusé mon amitié ?» Y a-t-il encore des enfants comme Jean-Paul Sartre ?Des enfants qui, à six ans et demi, seraient « familiers » de Corneille et de Voltaire ?Sans doute, espérons-le, mais avouons que de telles précocités littéraires n’ont plus tellement cours et que les institutions pour les accueillir, ces petits monstres, ne seraient pas à la hauteur .Jean Paul Sartre, lui, dont les éditions Gallimard publient en cet automne finissant les Écrits de jeunesse, c’est-à-dire ses textes écrits entre 17 et 28 ans (de 1922 à 1933), était un enfant culturellement choyé qui deviendra vite un adolescent intellectuel et ambitieux dont les « serments de jeunesse » ressemblent à ceux des plus grands; à Victor Hugo, par exemple, qui voulait « être Chateaubriand ou rien », à Shelley qui jurait de consacrer sa vie à la beauté, ou, déjà philosophe le petit Sartre, à Sartre le jeune Nietzsche qui avait écrit : deviens ce que tu es.Cette phrase, l'adolescent strabique l’avait gravé sur un rocher à La Rochelle.Sartre sut très tôt qu’il voulait être écrivain, qu’il serait écrivain.Il en a parlé dans Les carnets de la drôle de guerre, dans Les Mots, dans des in terviews; Simone de Beauvoir aussi en a parlé souvent et a écrit là-des-sus des phrases protectrices et pres-que attendries.Sa finitude serait dans l’écrit.Aujourd’hui, la publication de ces écrits de jeunesse n’est pas qu’un autre de ces événements littéraro-pos-thumes dans le sillage de l’immense couple Sartre-de Beauvoir.Cette brique de 560 pages est un superbe et important pavé pour plusieurs : ceux qui ont gardé pour l’écrivain (surtout le romancier) une admiration; ceux qui voudraient ausculter ce jeune coeur d’auteur et jouer aux correspondances de l’apprenti au maître; ceux qui veulent lire des textes de jeunesse dans la perspective d’une oeuvre mature connue; ceux de la critique qui veulent un accès à la totalité de l’oeuvre.Tous les liseurs invétérés.Quoi qu’il en soit des approches et des intérêts, Gallimard se devait de publier ces textes que Sartre n’a jamais imaginé publier (sauf quelques-uns qui le furent dans La Revue sans litre fondée avec Nizan, ou un d’entre eux soumis à un éditeur et refusé).Ce n’est pas qu’il y ait là des oeuvres de petit génie; Sartre n’était pas Rimbaud, ce que souligne bien Michel Contât qui a orchestré cette publication.Sartre n’était pas non plus Raymond Radiguet dont Le diable au corps, publié au même moment en 1923, par sa perfection d’étoile filante, échappait au genre de l’« écrit de jeunesse» (Radiguet avait pourtant 20 ans).Ce qu’écrit Sartre le jeune dans les ! années 20, les années de la rue d’Ulm et de l’École Normale Supérieure, les années d’amitié étroite (et non particulière) avec son petit camarade Paul-Yves Nizan, ce sont des romans, des esquisses de romans, récits souvent inachevés, fragments sans suites, poésies, vers de mirliton, canulars et imitations, et aussi un essai philosophique, Er l’Arménien (le plus malhabile de ces écrits).Voir page D-4 : Sartre _ 'tm Æ « y: ^ ÿe-.J&SS—r • ¦-v, PHOTO JACQUES GRENIER Christian Mistral Christian Mistral Autour du Vautour Guy Ferland DKUX BOCKS s’il vous plaît ! Kt voilà, la tournée Christian Mistral est partie ! Le jeune écrivain, grand buveur et jouisseur devant l’éternel — en l’occurrence il s’est incarné en une douzaine de personnes attablées dans une taverne et buvant de la bière en fût —, paraît de prime abord taillé d’un seul bloc.Sa réputation d’auteur provocateur, depuis la parution de son premier roman en 1988, Vamp (Québec/Amérique), sa carrure imposante et ses manières débraillées projettent l’image d’un être démesuré.D’ailleurs, Mistral ne s’en cache pas et joue même le jeu en acceptant qu’on appose sur la couverture de son nouveau roman, Vautour (XYZ éditeur), un bandeau disant qu’il est magicien, mordant et mécréant.Ce dernier adjectif s’entend comme qualifiant un incroyant sans repentir.« On est tous, de toutes façons, le mécréant de quelqu’un », ajoute-t-il.Pourtant, le roman de Mistral ne parle en filigrane que de Dieu.« On ne peut pas y échapper.Tout ce qu’on dit s’y rapporte en dernière ! analyse.L’Église, c’est la plus grande entreprise de publicité au monde.La foi, c’est de croire en quelque chose qu’on a jamais vu.» Et qui ne croit pas en quelque chose ?Le jeune auteur de 26 ans, lui, croit en l’amitié et l’intégrité.Son roman s’articule autour d’une évocation-invocation d’un ami mort à 27 ans, qui se nommait justement Vautour.« Quand la mort te touche d’aussi près, tu sens la précarité de l’existence.Tu réalises encore plus subite- j ment que tu n’es pas éternel.Pour conjurer cette peur de la mort pro chaine, tu te souviens d’un être cher i que tu as perdu.Ét je sentais une dette envers Vautour sans savoir au juste ce que je lui devais.Il y avait une urgence de dire quelque chose sur sa vie et sa mort stupides.Je ne pouvais pas passer à côté sans que ça me perturbe.» Deux autres bocks s’il vous plaît ! Le défi consistait à émouvoir les lecteurs sans appuyer sur les effets et sans tomber dans le sentimentalisme.Il fallait également raconter une histoire banale, celle d’un paumé qui n’arrive à rien et à qui rien n’arrive.« Je lui ai fait un présent en don nant un sens à sa vie qui n’en avait pas.Comme on le constate dans la vie quotidienne, les événements se présentent dans un grand désordre.Le travail du romancier consiste à mettre un certain ordre là-dedans en regroupant des choses.Un ordre arrangé qui donne une saveur aux faits divers.Rn fait.Vautour, c’est une entreprise de désinformation.Je donne ma version des faits et je me laise emporter par l’écriture.Je ne distingue plus le vrai du faux.Ça n’a aucune importance.» Christian Mistral écrit par instinct et sans plan fixe.Bien sûr, il a une idée précise de ce qu’il veut trans- mettre au départ d’un texte.Mais en mettant le crayon sur le papier, il suit se tripes et ses notes.« Pour composer, je procède par épipha-nies.J’écris toujours toutes sortes de notes sur des bouts de papier qui me | servent comme relais littéraires.C’est ce que j’appelle dans le roman des flash.Après coup, j’organise le tout pour donner du rythme au texte.Mes livres sont très construits, I même sans plan.» Deux autres bocks s’il vous plaît ! Au contraire de Vamp, un tour de force qui mettait de l’avant les ; prouesses verbales de l’auteur, Christan Mistral ne sentait pas le be- 1 soin de faire son numéro avec Vau , tour.« Il ne s’agissait plus ici de faire de l’effet en jouant sur les collisions | lexiques et l’invention de mots, mais 1 de transformer un matériau singulier, brut et plat, en objet vivant qui bouleverserait les lecteurs.Vautour a eu une vie qui peut paraître plate, j banale, mais qui recelait un roman.Il fallait trouver le ton pour dévoiler ce qu’il y avait d’universel et de mythique dans son histoire.» Pour réussir ce tour d’adresse, Mistral a concentré ses forces sur la narration.Puisqu’il n’y avait pas d’action à raconter autre que la sordide histoire d’un gars qui meurt pla tement, il devait rendre la lecture intéressante en insufflant un rythme endiablé à l’écriture.« Un livre, c’est comme une batterie qu’on charge d’énergie en écrivant.Lorsque le lecteur ouvre le bouquin, il doit recevoir ; Voir page D-4 : Vautour Un voyage à l’envers SILSIE Marie Redonnet Gallimard _________ Alina Reyes TOUS CRUX qui ont lu ses précédents romans, Splendid llô tel.Forever Valley, Rose Mélie Rose, le savent : Marie Redonnet sait mieux que nul autre construire, avec des mots simples et des phrases anodines, des histoires étonnamment profondes, émouvantes.Sur un ton que l’on adopte et que l’on reconnaît immédiatement (quelque chose de très écrit qui semble fi gurer le langage de l’innocence ou de l’enfance, comme la langue de Céline figurait le langage oral), elle nous entraîne par des cheminements ri goureux dans des initiations cruelles, nourries des thèmes du double, du passage, du sexe et de la mort.Dans les histoires de Marie Redonnet, les événements les plus cruels se produisent comme par inadvertance, ou comme par fatalité, comme si, en tout cas, ils échappaient à tout contrôle des personnages, engendrés par la logique incompréhensible qui gouverne le monde, comme les processus mentaux et les processus d’écriture.Dans cet univers, on va vers quelque chose d’inéluctable, par des voies inéluctables, parce que la vie le commande et parce qu’il n’y a pas d’autre moyen d’aller à la rencontre de soi-même.On ne sera donc pas surpris que la dernière fiction de Ma rie Redonnet soit sous-titrée « conte ».D’habitude, les contes commencent par une transgression, laquelle donne lieu à un parcours initiatique, au terme duquel le héros se retrouve passé d’un état à un autre : généra lenient de l’état d’enfant à celui d’adulte, pour résumer grossièrement le processus.Dans ce conte magnifique de Marie Redonnet, les trois étapes ont déjà été franchies, dès la première phrase du livre.Amie de la narra trice, et plus que son amie, son double (toutes les deux ont le même pré nom), Silsie est morte, arrivée au bout de son aventure.Rn quelque sorte, le livre débute à la fin de l’histoire, et il ne nous reste plus qu’à faire le chemin à l’envers, un peu comme, parvenue aux deux dernières cases d’une marelle, la petite fille se retourne et achève le trajet rituel en revenant sur ses pas.Silsie est morte il y a juste un an.Pourquoi ?Parce que Silsie a enfreint l'interdiction.Elle aimait désobéir au réglement La jeune fille s’est échappée du pensionnat pour aller dormir dans le vieux bateau rouillé où elle a connu ses premières expérience sexuelles.Silsie a Voir page D-4 : Voyage PHOTO JOHN FOLEY Marie Redonnet ¦ .1 ROBERT LAFFONT Des livres ouverts sur la vie Vous aimez le cinéma?Vous adorerez LE GUIDE DES FILMS • Plus de 10 ()()() films de tous les genres, de tous les pays, du muet à nos jours.• Comprend le générique, un résumé de l'histoire et un jugement critique.¦ AK 12 BOUQUINS 0-2 M Le Devoir, samedi 15 décembre 1990 le plaisir des La classe morte Robert LÉVESQUE Le ?Bloc-notes LES PENSIONNAIRES de Gilles Maheu qui hantent, dans Le Dortoir, ce lieu nocturne et magique, et dressent la représentation mémorielle de l’enfance de l’artiste, ils avaient (et je dis cela sans rien enlever au génie scénique de Maheu) des modèles, des ancêtres en somme, vieillards accompagnés de leurs fantômes, qui retrouvaient, eux, leurs bancs d’école.C’était La Classe morte, un spectacle fabuleux de Tadeusz Kantor qui a séduit le public du Festival d’automne, à Paris en 1977.Une procession d’ombres remontant vers des instants de leur enfance dans de la pure angoisse.Dans cette vision de Kantor, l’histoire du monde, cette perpétuelle recherche de l’enfance refoulée, était dramatiquement ramenée à de vieux corps errant dans un décor d’antan.l'adeusz Kantor, lui aussi, après Vite/, Dux, Duceppe, vient de mourir.Il avait 75 ans et travaillait encore d’arrache-pied à son théâtre d’images et de sens, la forme contemporaine du vieux métier de Shakespeare et de Molière.11 était Polonais, peintre, et parcourait l’Europe.Ta semaine dernière, il répétait avec sa PHOTO MARC ENGUERAND Tadeusz Kantor troupe de Cracovie un spectacle qu’il devait créer ces jours-ci à Paris, Aujourd'hui, c'est mon anniversaire.Samedi dernier, entre deux enchaînements, il est mort.Colette Godard, dans Le Monde de mardi, était inspirée : « Kantor s’en est allé retrouver la femme photographe qui fige pour l'éternité un instant de la vie des hommes, cette femme qui est la mort, omniprésente dans son théâtre comme un dérivé évident de la vie ».Elle a saisi aussi Pierre Dux, cette femme photographe, au moment où ! le vieil acteur était tenté de ne pas écouter son médecin pour partir en tournée; elle a photographié Duceppe, épuisé, lui qui rêvait en vain de revenir en scène.Elle avait fixé Antoine Vitez, il y a huit mois, Polaroid fatal qui surprit tout le monde.Jean-Pierre Léonardini, le critique théâtral de L’Humanité, esquisse dans un tout petit livre les « profils perdus d’Antoine Vitez».Kantor, Vitez, des êtres si différents et si dévoués au théâtre.Le Polonais était un pirate, le Français un citoyen.Kantor fuyait le rationalisme, Vitez le questionnait.Kantor appelait un théâtre anarchiste pour tous, et Vitez un théâtre « élitaire pour tous ».Tous les deux ne se rejoignaient que dans l’essentiel du théâtre en étant, à leurs manières, des grands-prêtres de l'éphémère.Jean-Pierre Léonardini, dans une plaquette qui ressemble à une lettre envoyée au-delà à un être cher (il dit : il n’existe pas de mot précis pour dire orphelin de frère), exprime tout à fait ce sentiment d’admiration et d’amour mêlés que ressentaient ceux qui ont connu ou côtoyé Vitez.11 avait hérité de son père, photographe libertaire, un oeil perçant et un instinct de dérision qui éblouissait ses vis-à-vis.Plusieurs fois, en Avignon, j’avais reçu son intelligence comme une lumière.Léonardini, qui est du parti communiste (à riluma on n’a sans doute pas le choix), reprend dans son livre une phrase-image audacieuse que Vitez accolait au théâtre : « Le théâtre est un art violemment polémique.Il ressemble à la guerre.La représentation est toujours le simulacre d’un conflit.Nous avons notre jour le plus long, quand le public débarque.Le théâtre met enjeu le rapport de l’homme à la mort et nous devons obéir à une infrastructure, une discipline, qui relèvent un peu de l’art militaire.L’acteur professionnel est tributaire d’une sorte de verrouillage absolu, proche du réflexe conditionné inculqué au soldat.On ne range pas n’importe comment les armes au râtelier.» Duceppe était un acteur naturel, un soldat prêt au combat.Pierre Dux avait livré toutes les batailles.Tadeusz Kantor était un anarcho-théo-ricien qui inventait de nouvelles formes d’attaques.Et Vitez, celui dont la représentation de la « totale » du Soulier de satin « marquera deux ou trois générations de spectateurs », comme l’écrit Léonardini, était un général pacificateur qui avait fait de l’alexandrin de Racine ou du souffle de Claudel des chevaux de bataille.Ah dieu, que la guerre est jolie ! ?Profils perdus d'Antoine Vitez, Jean-Pierre Léonardini, éditions Messidor, Paris, 1990.Guy Ferland La maison des écrivains DANS la dernière livaison du bulletin de l’Union des écrivains québécois, on présente le projet de rénovation de la maison des écrivains, sise au 3492 avenue Laval, où l’Uneq compte établir ses bureaux en juin.Dans un texte liminaire, on rappelle que « dès sa for mation en 1977, l’Union recherche une place qui soit un lieu de rencontre des écrivains et un centre d'information et de documentation ouvert au grand public ».L’Uneq à acquis la maison le 3 juillet dernier pour la somme de 335 000 $.On cherche des fonds pour défrayer les coûts de rénovation et d a ménagement.Rappelons que le nouveau conseil d’administration de I Union, élu le 17 novembre au Salon du livre de Montréal, est formé de : Bruno Roy, président; Hélène Pedneault, vice-présidente; André Roy, secrétaire-trésorier; Claudine Bertrand, Denise Boucher, Louise Desjardins, et Richard Giguère, administrateurs.Par ailleurs, l’Uneq gère deux programmes intéressants.Le premier consiste à soutenir financièrement des parrainages de jeunes auteurs par des écrivains-conseils.On paie ce dernier pour quatre mois de travail à raison de 1500 $ par mois.Le comité de sélection des candidats est formé par l’Uneq.L’autre programme concerne des échanges d’écrivains avec la France.Deux membres de l’Uneq peuvent entreprendre un voyage en France pour poursuivre | des recherches reliées à leur travail t d’écriture.La durée de la mission est d’une semaine.Pour tous renseignements, on s’adresse à I l’Uneqau : (514)526-6653.Nouveau prix littéraire LA RENCONTRE internationale ! i i U>ut»« Oc* Je Te cherche.loi que j’aime pli !Ùju: Lk«lK>ri\ Le/la lauréat/e reçoit une bourse de 2000$ des Terrasses Saint-Sulpice.• Origine Ce prix a été créé pour stimuler l’écriture poétique.Il soulignera dès la fin de janvier 1991 une oeuvre qui aura proposé en 1990 une approche différente de la poésie tant au niveau thématique qu’au niveau formel.Ce prix sera remis à la fin de janvier de chaque année.• Règlements Le/la candidate doit: I ) être de citoyenneté canadienne; 2) soumettre ou faire soumettre par son éditeur son recueil de poésie en trois exemplaires à l’adresse d’estuaire; 3) avoir publié ce recueil de poésie de langue française dans les douze mots précédant le 30 novembre 1990.• La remise du prix se fera le 30 janvier 1991 à 17lt aux Terrasses Saint-Sulpice.• Jury Le jury est formé par les membres du comité de rédaction de la revue estuaire.Un observateur désigné par l’UNLQ et un témoin délégué par les Terrasses Saint-Sulpice assistent aux délibérations.) / I Le Devoir, samedi 15 décembre 1990 M D-3 Éthier-Blais et Alain Roy Des nouvelles du front littéraire Jean BASILE Lettres J a québécoises AUTREFOIS, on commençait sa carrière littéraire avec des nouvelles.Puis, la mode s’en est perdu et les jeunes écrivains ont vise, tout de suite, la brique quand ce n’est pas le débordement.Est-ce le retour du balancier ?Toujours est-il que j’ai sur mon bureau au moins quatre recueils de textes courts, dont les deux qui suivent.Le premier est d’un merveilleux vieux routier, Jean Éthier-Blais.Le second d’un nouveau venu, Alain Roy.JEAN ÉTHIER-BLAIS a-t-il été à Brioude ?J’en douterais.C’est une petite ville de la Haute-Loire, en France, qui est célèbre pour sa cathédrale romane.Autrefois, les pèlerins du nord qui allaient en pèlerinage à Compostelle y passaient.Priaient-ils devant l’effigie d’un Christ lépreux et ce Christ lépreux a-t-il été sculpté par un certain Loret Lembron qui aurait pris pour modèle François Villon ?Ça, je ne le sais pas.Mais c’est ce qu’affirme Jean' Éthier-Blais, dans son recueil de nouvelles, Le Christ de Brioude, où il nous propose, en effet, cette version apocryphe de la vie du « pauvre écolier ».Et s’il n’y avait que Villon! Mais non ! Voilà Claudel et Romain Rolland, voilà une vieille dame qui a connu Nietzsche et, naturellement, quelques écrivains du passé québécois qu’affectionne Éthier-Blais.Enfin, voilà toutes sortes de gens qui sont le quotidien des amateurs de livres.D’apparence, ces nouvelles sont des histoires habiles, avec une intrigue et une chute, dans le goût de la nouvelle réaliste.En fait, (si on excepte les deux premiers récits Les Gens de Papatsidias et Les Illusionnistes, un peu incongrus dans le contexte), ce sont des fantasmagories littéraires.Empruntant à l’histoire de la littérature et à la fièvre de son imagination, Jean Éthier-Blais fait ainsi des collages de culture où le vrai et le faux se mêlent étroitement avec, je le pense, un certain goût pour la mystification.Chez n’importe qui d’autre, un tel assemblage paraîtrait forcé, prétentieux et hétéroclite.Pour Jean Éthier-Blais, qui a toujours vu la culture comme un dialogue entre les continents et les siècles et qui connaît la littérature comme sa poche, tout cela coule de source.On y croit en souriant.On se doute que les deux nouvelles dont les héros sont des écrivains québécois de la vieille génération sont exquises.Lavallière (dans L'Étau) et Bellieu (dans Le Divertissement) sont deux vieux garçons, moitié dandys, moitié grognons.Le premier est tout à fait méconnu et ressemble à François Hertel.L’autre a quelques admirateurs dont il se méfie et on ne jurerait pas que certains de ses traits ne sont pas empruntés à Paul Toupin.Personne ne sait reconstituer, comme le fait Jean Éthier-Blais, cette époque de notre littérature un peu grise mais dont les acteurs n’étaient pas n’importe qui.Il sent avec son coeur tout ce que leur dévotion aux Belles lettres leur causait d’avanies.C’est que Jean Éthier-Blais a découvert et a aimé le monde de la littérature avec eux.Ses souvenirs cordiaux les magnifient.PHOTO JACQUES GRENIER Jean-Éthier Blais La plus belle nouvelle de ce recueil est Le Dernier amour de Mal-wida, une vieille noble allemande qui a été en correspondance avec Nietzsche et dont la vie se termine à Rome.C’est là que Jean Éthier-Blais rend hommage à deux mondes de culture qu’il adore : l’Allemagne de Goethe et l’Asie.Le dernier amour de la vieille Malwida von Meysenbug est le jeune Paul Claudel, en poste à Fou-Tchéou.Elle vient de lire Tête d'or, ce qui lui rend son âme de jeune fille.Alors, dans un geste de confiance inouïe, elle lui envoie le manuscrit du seul livre qu’elle ait écrit et dont je ne donnerai le titre qu’en allemand pour ne pas dire tout : Der Seidene Schul1.« Heureusement qu’il n’y a pas la paire » disait un critique de l’époque.Bien entendu, il n’y aurait pas de Jean Éthier-Blais sans un carquois de nèches du Parthe.Le polémiste et le moraliste ne s’endorment jamais tout à fait en lui.Chacun sait qu’il méprise la politique.Il le montre, un peu lourdement, dans Les Illusionnistes dont les protagonistes sont des nains.Alors qu’on aurait tendance à voir en lui un pur classique, il préfère (dans Les Gens de Papatsidiasdont l’action se passe en Grèce et dans la colonie grecque de Montréal) une petite église orthodoxe de village, et son innocent patriarche, au temple d’Athéna Pacificatrice dont les fûts de marbre et de sagesse se sont écroulés depuis longtemps.Sophia, voilà donc ce que tu vaux! Sous la prose enjouée, sous l’humour, Le Christ de Brioude est, au fond, une méditation sur l’art et les artistes.C’est le côté sombre de ce recueil.Voici, en gros, ce que pense Jean Éthier-Blais de la littérature à travers son livre.La littérature rend solitaire et remplace tout.C’est sans doute pourquoi les écrivains qu’ai-ment Jean Éthier-Blais sont célibataires et vierges.Un livre est un produit rare et précieux.C’est un objet qui vit en soi.Il n’a n’a pas besoin de lecteurs pour exister, ce qui est une philosophie réaliste au Québec.L’artiste n’a pas de patrie qu’il soit riche ou pauvre, qu’il soit connu ou méconnu.Le trait qui est commun à tous les personnages de ce recueil est l’exil, « qui a pourtant son charme » précise Jean Éthier-Blais.Et c’est vrai que les artistes sont d’ailleurs.Surtout, il y a la lèpre qui apparaît non pas une fois mais deux dans le livre, ce qui fait d’elle un thème quasi obsessionnel.« L’air même que vous respirez est lépreux » affirme, d’ailleurs, Bellieu qui prétend citer un cantique de Corneille.La lèpre est évidemment une métaphore de l’anormalité de l’artiste au sein du corps social car « Les hommes mé- COURRIER La raison sous-jacente l’Al LU avec un certain intérêt pour ne pas dire un intérêt certain, dans l’édition du DEVOIR en date du 1er Jécembre, la critique du Manifeste d'un Salaud par Pierre Bourgault et Hélène Pedneault.La critique de cette dernière m’a particulièrement intrigué par sa virulence et surtout par le fait qu’elle s’en prenait plus à l’auteur qu'à son oeuvre.Je m’en suis donc procuré une copie afin d’en avoir le coeur net.L’investissement en valait la chandelle ! Mise à part la dissertation de l’auteur sur l'objectivité, qui m’a d’ailleurs semblé plutôt subjective (la philosophie, un sain exercice intellect uel dont les conclusions de- vraient être soumises à un processus de vérification expérimentale indépendant, m’a toujours laissé un tant soit peu méfiant), ses observations sur le peu de fondement des déclarations de démagogues de tout acabit et de ceux qui les reprennent font sourire, lorsqu’elles ne sont pas étroitement liées à des événements tragiques.Je crois cependant avoir élucidé la raison sous-jacente à la violence de l’article de Madame Pedneault.C’est qu’elle est citée dans l’ouvrage ! Notamment en rapport avec un commentaire de celle-ci sur la façon dont les hommes s’asseoient dans le métro.— L.Poulin LIBRAIRIE HERMÈS 1120, av.laurier ouest outremont, monlréal H2V 2L4 tél.: 274-3669 de 9h.à 23h30 362 jours par année priseront toujours les artistes et seront toujours près de leurs sous » dit l’auteur.Jean Éthier-Blais est un écrivain trop civilisé pour imposer son pessimisme fondamental avec des lamentations bibliques.C’est pourquoi ses nouvelles sont pleines d'élégance et d'allant, comme une partie de cricket.Mais s’il n’était pas là, sous-jacent avec ses notes graves, les vocalises du style de Jean Éthier-Blais ne résonneraient pas aussi bien.Il leur faut ce fond d’ombre.ALAIN ROY est un jeune écrivain de 25 ans.Il fait partie de la génération d’auteurs qui apprennent à écrire en français à l’université et, dans le cas présent, McGill.Eh oui! Dans cet environnement austère, on ne peut pas s’attendre à ce que naissent des oeuvres folles.Aussi, Quoi mettre dans sa valise, la première publication d’Alain Roy — ce sont des nouvelles — a toutes les qualités du travail sérieux, bien fait et qui peut figurer partout sans faire honte.On sent qu’un professeur a veillé ten-drepient au berceau de cet écrivain naissant.Mais on n’arrête pas le talent et Alain Roy en a beaucoup.Il a la magie du discours et le génie (un peu castrateur) de la litote.Des riens lut servent.On se dispute au lit en de- PHOTO YVES MÉDAM Alain Roy mies teintes.On se fait des déclarations d'amour allusives.On boit du chocolat chaud ou de l’Orangina en méditant sur l’insignifiance de la vie.On se quitte sur la pointe des pieds.Les personnages sont des jeunes gens, aux prises avec leurs sentiments dans la mesquinerie d’un monde où tout transite dans un halo : les êtres, les choses, l’amour.Ou alors vient la solitude, comme dans Le chat et l'oiseau (un jeune homme tombe et essaie de battre des ailes pour ne pas s’écraser sur la chaussée).Clic! C'est comme un album de photographies en noir et blanc où l’on reconnaît, irrésistiblement, les silhouettes passagères de la jeunesse angoissée et tendre.Le recueil est un peu long, compte tenu de çe qu’il a à dire.Pour un premier livre, dont on aurait souhaité qu'il fût plus innocent, il y a un peu trop de trucs, comme la façon de conduire les dialogues en supprimant une partie de la négation, sans doute pour faire moderne et américain.De fait, on ne peut pas s’empêcher de penser à Salinger dont Alain Roy n'a pas, hélas, le côté zen, si ce n’est dans quelques nouvelles.C’est alors qu'il rompt, par bonheur, avec le monde un peu exclusif et lassant des amours de jeunes adultes qui s’aiment beaucoup.Citons, dans ce genre-là, plus vaste et plus ouvert sur la souffrance du monde, Le Cordonnier (un vieux Grec qui fait des chaussures à hauts talons pour dix dollars), Question de quantité (après une rupture, un jeune homme va chez le barbier et redécouvre le plaisir célibataire de la tondeuse à cheveux), où se trouve sans doute le plus profond de ce talent nouveau, incontestable et, PURE AVENTURE & VI 1 'b “— X».—“ LA VRAIE CAMPAGNE ’ .3 Ji • m J ' r«v«*a '5* m JE JOUE DU SAXOPHONE m ^ m % Collection Madeleine Michel Aubin / Hélène Desputeaux JE JOUE DU SAXOPHONE Michel Aubin Hélène Desputeaux LA VRAIE CAMPAGNE 2 albums illustrés en couleurs 24 pages, 7,95$ chacun Dans la même collection Le Code secret Mon petit frère Bertrand Trottinette et crème glacée Bonne Fête Madeleine ! Collection Boréal Junior Marc-André Paré LE MYSTÈRE DES BORGS AUX OREILLES VERTES 160 pages - 7,95$ Philippe Chauveau UNE ARAIGNÉE SUR LE NEZ 128 pages - 7,95$ François Gravel ZAMBONI 96 pages - 7,95$ ZAMBOHl Dans la même collection Corneilles Robots et Robots inc.La Dompteuse de perruche Simon-les-nuages Collection Boréal Inter Roger Poupart PREMIER BUT 160 pages - 8,95$ Gilberto Flores Patino traduction: Ginette Hardy LE PÉGASE DE CRISTAL 160 pages - 8,95$ Gérald Gagnon L’OURS DE VAL-DAVID 160 pages - 8,95$ Dans la même collection Le Raisin devient banane La Chimie entre nous Viens-t-en, Jeff! Trafic Boréal somme toute, exceptionnel dans une littérature où le débraillé a décidé mont un pou trop de place.Le Christ do Brioude, Jean Éthier-Blais, nouvelles, 200 pages, Léméac, Montréal, 1990.Quoi mettre dans sa valise, Alain Roy, nouvelles, 160 pages, Boréal, Montréal, 1990.LOGIQUES LA VIE MODERNE m cn o O 4 r- 1 il .“j s/3 i [f 0 : 2 • r __ w , ^ "J -SA *co ch © © c/> ^ "S.® g m (D * (O n r wi SL ^t> SL -i"0 150 p.reliure spirale 19,95$ ,r -¦¦"¦“‘I C-r IlljLL ¦¦lïg frll sB l_j il _1 (/) —« —A esclaves?Apprenez-le dans cet ouvrage, le premier à traiter de l'esclavage au Canada français.hurtubise hmh chemin pêle-mêle et réapparaissent au fil des histoires : poissons rouges, chats, TV, bière, fusil, métro, clowns, sexe, rues, maisons, géraniums, bouteilles, rêves et vieux journaux.Mais cet inventaire est loin d’être complet.11 faut lire Yves Martin pour apprendre que « la mort est méconnaissable » et se reconnaître soi-même au bout du chemin.LA CRITIQUE EST UNANIME! BABEL, PRISE DEUX ou NOUS AVONS TOUS DÉCOUVERT L’AMÉRIQUE Un roman qui nous plonge à nouveau dans l’univers romanesque si original de Francine Noël, avec ses personnages attachants, ses êtres à mi-chemin entre la caricature et la réalité la plus loufoque.Un roman d’une grande lucidité face aux événements sociaux qui nous questionnent.Par l’auteure des best-sellers Maryse et Myriam première.« Réflexions, fantasmes et anecdotes sur la quarantaine, l’amitié, la famille, la langue, l’identité, le couple, les vieilles peurs et la lucidité toute neuve, sur la folie de l’amour.» Elle-Québec.«Un autre roman réaliste où chacun reconnaîtra sa propre société en mutation et ses propres questionnements parfois teintés d’anxiété.» Lucie Laurin, Nouvelles CSN « C ’est un livre fascinant, drôle, émouvant, profond.Le résultat, très réussi, est une succession de textes pleins de vie au rythme rapide, enlevé, aux images nettes et saisissantes.» Lucie Côté.La Presse.« F rancine Noël possède ce don précieux de créer des univers, des atmosphères et d’en envelopper le lecteur dans une prose luxuriante, pourquoi ne pas s’y abandonner!’’ Marie-Éve Pelletier, Le Droit.« l a ruse, le talent et le génie de Francine Noël dans Babel.c’est de faire éclater le miroir en faisant zoom sur Fatima pour nous révéler le Montréal-mes-amours.C’est ce qu’il y a de plus beau dans le travail de Francine Noël, une morale pour un grand siècle.» Jean-Roch Boivin, Voir.« Francine Noël a une grande qualité de romancière: ses personnages attirent immédiatement la sympathie.C’est qu’ils sont intelligents sans être compliqués.» Jean Basile.Le Devoir.« Voyez comme j’ai embarqué au premier degré.Voyez la force d’évocation de ce livre-là.C’est pour ça que je vous dis, lisez-le.Vous qui n’avez pas mes haines à gratter.Vous saignerez moins que moi.» Pierre Foglia, La Presse.« C’est le meilleur de ses trois romans.J’ai beaucoup aimé ça.» Nathalie Pétrowski, Radio-Canada.« C’est très intelligemment écrit.» René Homier-Roy, Radio-Canada.« Quand j’aborde les romans de Francine Noël, j’ai les papilles qui salivent.Ma gourmandise me fait aimer ça.C’est très bien écrit, ça coule, c’est une romancière très talentueuse.» Marie-France Bazzo, Radio-Canada.« Elle écrit des romans qui s’insèrent dans un vaste projet où le pays est présent pas seulement comme décor; elle revendique un espace, le Québec, et plus précisément Montréal, avec son tissu social traversé de différentes ethnies.» Monique Roy, Châtelaine.« Il est impossible, quand on lit Francine Noël, de ne pas penser à l’oeuvre de Tremblay.C’est drôle et entraînant.» Anne-Marie Voisard, Le Soleil.•Vv vlb éditeur DE LA grande littérature ) 1 l I D-12 ¦ Le Devoir, samedi 15 décembre 1990 le plaisir des ivres Un flic et un saxo i* m Charles Willeford TRUFO ?MISTO EN 1987, Charles Willeford était un vieil homme.C’est probablement à cause de cela, de cet état, qu’il avait, à ce moment-là, l’humour sobre et clair.Parcimonieux mais efficace.Il est encore peu connu.Pourtant, Willeford a beaucoup et fort bien écrit.Comparativement à Willeford, Alain Tercinet est encore un jeune homme.De son métier, Tercinet est maquettiste.Pendant des années, et parallèlement à son métier, U fut journaliste à Jazz Ilot.L’histoire du jazz, plus précisément du jazz « blanc », il la maîtrise aussi bien que Stan Getz maîtrise son saxophone ténor.Au cours des années 80, les flics, dans les romans s’entend, ont repris du poil de la bête aux dépens des privés.Il y a eu les sergents navajos de Tony Hillerman, les drôles de sergents de James Ellroy, le paternel Mario Balzic de K.C.Constantine, et Hoke Moseley de Willeford.Le lucide, socialement parlant, Hoke Moseley.Moseley, il travaille au sein de la police de Miami.Sa dernière aventure s’intitule Dérapages.Rivages-/Thriller, la maison dirigée par François Guénf, l’a édité.Au miüeu des années 80, Alain Tercinet a écrit West Coast Jazz.Le meilleur livre jamais écrit sur le jazz dit californien.À cette occasion, Tercinet, bien évidemment, aborda le cas Stan Getz.à ce musicien, il vient de consacrer un bouquin.Intitulé tout simplement Stan Getz.ce livre a été publié par Les éditions du Limon.Dans Dérapages, et dès les premières pages, on découvre un Moseley fatigué.Charles Willeford : « La réaction de Hoke devant l'humour vaseux de Henderson était un nouveau symptôme, mais Hoke ne l’avait pas remarqué, pas plus que Bill Henderson.cela faisait plus d’une semaine que Hoke n’avait pas souri et rien ne l’avait fait rire depuis plus d’un mois».Ouais ! L'ami Moseley est fatigué.Très fatigué.Au point d’ailleurs qu’il ne supporte plus de prendre son pe-tit-dejeuner en compagnie de ses deux filles et d’Ellita Sanchez, une compagne de travail qui partage avec lui, pour des raisons monétaires et non affectives, la même maison depuis que Hoke s’est séparé de Patti.Sa petite famille, Hoke l’aime bien.Son problème n’est donc pas émotionnel.Son problème, il est alimentaire.Hoke en effet n’apprécie pas la façon dont Ellita, Sue Ellen et Aileen engouffrent les jaunes des oeufs que chaque matin Edita, policière d’origine cubaine qui attend un bébé, prépare.Alors un beau matin, Moseley démissionne de la vie.Il fait silence.Il ne dit plus un mot.Il prend congé de la police.Il veut simplifier sa vie.Il se retrouve chez son paternel.Mais la seconde épouse de son paternel ne veut pas que Hoke s’installe de manière définitive chez eux.Alors son paternel, en bon paternel, lui refile un emploi.Un simple emploi consistant à garder un immeuble que le paternel en question possède sur Singer Island, à quelques encablures de Miami.Paradèlement, Stanley Sinkiewick fait la connaissance de 1Toy Louden dans la prison du comté.Stanley est un retraité de Ford qui, en tant que tel, trouve anti-patriotique le fait qu’on achète des « chars importés ».Troy Louden est un voyou pas un gangster.La nuance est importante.Il est bizarre.Il est LE bizarre de Dérapages.Il va s’acoquiner avec une ex-danseuse de cabaret complètement défigurée et un jeune peintre sans aucun talent.Il va préparer le cambriolage d’un grand magasin d’alimentation situé dans un centre d’a chat.La beauté du travail effectué par Willeford n’est pas dans l’histoire, dans la trame du livre ou dans sa structure.Ce n’est pas en effet This- ANDREE MAILLET PRIX DAVID 1990 « Première romancière de notre modernité, Andrée Maillet figure parmi nos grands auteurs québécois et loge à l’enseigne des écrivains accomplis.» Jury du Prix Athanase-David • L’écriture d’Andrée Maillet est toujours précise et naturelle, d’une finesse exquise.Elle est, dans la littérature québécoise contemporaine, en équilibre et presque unique.» Jean Basile • Une oeuvre singulière, exceptionnelle, annonciatrice des courants modernes.» Jean Royer • Ses nombreux ouvrages comptent parmi nos grands classiques québécois.» Jean-Éthier Blais OEUVRES DISPONIBLES EN LIBRAIRIE Profil de l’orignal, roman 218 p.16,95$ Les remparts de Québec, roman, 244 p.16,95$ Lettres au Surhomme, roman, 232 p.16,95$ Le miroir de Salomé, (Lettres au Surhomme II), roman, 244 p.16,95$ Élémentaires, poésie, 64 p.9,95$ Le chant de l'Iroquoise, poésie, 80 p.10,95$ Les Montréalais (coll.Typo), nouvelles, 352 p.8,95$ OEUVRES À PARAITRE EN 1991 Le doux mal (coll.Typo), roman A la mémoire d'un héros (coll.Typo), roman Les princes de sang (inédit), roman (Lettres au Surhomme III) • l’Hexagone PHOTO DAVID POLLER toire qui séduit, mais bien la vérité des personnages et les détails.Ces mille et un petits détails qui singularisent le quotidien de Hoke de celui de Ellita, Sue Ellen, Stanley ou Troy.Un comptable aura certainement remarque que la dimension strictement policière de Dérapages ne fait guère plus de 100 pages sur les 300 qui composent ce roman excellent.Le Stan Getz de Tercinet est un modèle du genre.Il y a toutes les informations nécessaires.Il y a les faits.Il y a l’analyse.Et il y a cette phrase : « Au-delà de l'équilibre, de l’originalité et de la dimension intemporelle de son jeu, la grandeur de Stan Getz pourrait bien se trouver dans ces impalpables et indéfinissables petits suppléments d’âme.Ils appartiennent au dernier des grands romantiques ».C’est bien dit.Tout Getz est dans cette phrase.PSnol : La mort n 'oublie personne est un roman écrit par Didier Dae-ninck.Il s’agit d’une enquête à rebours.D’un retour sur les lieux du crime.Ceux de la résistance et de la république gaullienne.Ce roman est palpitant, passionnant.Ce roman vient de paraître chez Folio.C’est une bonne idée.C’est une excellente nouvelle.PS no2 : Folies douces est un roman écrit par Richard Matas.Deux bon-hommes enregistrent des confidences sur des cassettes.Il s’agit d’un retour sur les lieux d’une mort.Ce roman de 154 pages est insignifiant malgré l’originalité de la structure.Tout simplement une perte de temps.Pourtant, ce roman est publié par Actes Sud.Ce ne fut pas une bonne idée.Dérapages, Charles Willeford, collection Thriller chez Rivages.Stan Getz, Alain Tercinet, Les éditions du Limon.La mort n’oublie personne, Didier Daeninek, Folio.Folies douces, Richard Matas, Actes Sud.CRIMINOLOGIE ANATOMIE DE LA PRISON maintenant disponible Pour dépasser les images stéréotypées Après quinze ans d’expérience en milieu pénitencier, Guy Lemire répond à vos questions : • Comment la prison imprime-t-elle sa marque sur le prisonnier?• De quoi est lait ce fameux « code du détenu » ?• Comment saisir le lien subtil qui unit gardiens et gardés ?195 p - 20$ LES PRESSES DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL Kailtan morin éditeur Tfl :
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