Le devoir, 15 septembre 1990, Cahier B
LA VIE ECONOMIQUE CAHIER Montréal, samedi 15 septembre 1990 L'inflation chute à son plus bas niveau en 20 mois OTTAWA (PC) — Le taux annuel d'inflation a atteint 4,1 % au mois d'août, son plus bas niveau depuis décembre 1988, a annoncé Statistique Canada, hier matin.L’agence fédérale précise qu’il s’agit d’une baisse d’un dixième de point de pourcentage par rapport au mois de juillet, mouvement attribuable surtout à la baisse des prix dans l’alimentation et à l’arrivée des produits locaux sur le marché.Par contre, les coûts de l’habitation demeurent élevés à cause surtout des taux d’intérêt.L’indice d’ensemble des prix à la consommation (IPC) pour le Canada est demeuré inchangé entre juillet et août à 119,8 (1986-100), alors qu’il avait progressé de 0,5% en juillet.Cinq des sept principales composantes présentent des augmentations comprises entre 0,2% et 0,9%.Celles-ci sont toutefois neutralisées par des baisses de 1,1 % et de 0,1 % des indices des aliments et des transports.L’effet d’entrainement à la hausse s’explique en grande partie par des majorations de 0,3 % de l’indice de l’habitation et de 0,9 % de l’indice de l’mdice d’ensemble désaison-nalisé.L’indice des aliments a enregistré une baisse de 1,1 % en août après avoir augmenté de 0,7 % en juillet.Le repli s'explique entièrement par l'indice des aüments achetés au magasin, qui a diminué de 1,6 %; l'indice des aliments achetés au restaurant quant à lui a progressé de 0,2%.La principale cause de la baisse de l’indice des aliments achetés au magasin est la diminution de 14,9 % de l’indice des légumes frais.On observe aussi une diminution des prix des fruits frais, de la viande et des produits de boulangerie.Variations, d une année à l autre de l inc*ce des pnx à ta consommation en pourcentage Saint-Jean, T N 3 5 Charlottetown 4 3 Halifax Ea 4.2 Saint-Jean, N B 3 2 Québec 3-7 Montréal 3 3 Ottawa m 4 3 Toronto 4 2 Thunder Bay 3 7 Winnipeg Ea 3 8 Régina 3.7 Saskatoon 3.7 Edmonton BPI 4.8 Calgary m 5.4 Vancouver 5 3 Victoria 5 2 Source Statistiques Canada (PC) boursier Montréal-XXM 1698.67 - 7.84 Or (New York-USS) 385.10 + 2.20 TSE-300 Dow Jones Dollar canadien (US Cents) 2564.11 3253.68 - 10.71 - 18.56 85.85 Au cours de la période de 12 mois allant d'août 1989 a août 1990, l'indice des aliments a progressé de 3.4 % Sur une base mensuelle, l’indice d’ensemble sans les aliments a augmenté de 0,2 % en août, soit moins que le mois précédent (0,4%).Les principaux facteurs expliquant cette dernière hausse sont les progressions de 0,3 % de l’indice de l’habitation et de 0,9 % de l’indice de l’habillement.L’indice des transports, qui a diminué de 0,1 %, a exercé un effet légèrement modérateur.L’indice de l’habitation a progressé de 0,3 % les hausses du loyer et du coût de l’intérêt hypothécaire étant en partie neutralisées par les diminutions du pnx des maisons neuves et des primes d'assurance de propriétaire.L’indice du loyer a augmentée de 0,7 %, principalement à cause de la majoration annuelle normale enregistrée au Québec.L’indice du coût de l’intérêt hypothécaire a progressé de 1,3 %.Ces hausses sont compensées par une baisse de 0,8 % du prix des maisons neuves, surtout en Ontario, à Calgary et à Victoria, et une diminution de 0,7 % des primes d’assurance de propriétaire.La légère diminution de l’indice des transports est attribuable à une baisse de 0,5 % du prix des véhicules automobiles qui s’explique par une hausse des rabais des fabricants sur certains modèles.La diminution du prix des voitures a été en partie neutralisée par une augmentation de 0,4 % de l’indice de l’essence.Les hausses de 0,2 % de l’indice des loisirs, de la lecture et de la formation, de 0,3 % de l’indice des produits du tabac et des boissons alcoolisées et de 0,2 % de l’indice de la santé et des soins personnels a légèrement contribué à la récente augmentation de l’indice d’ensemble sans les aliments.La progression du premier indice s’explique par les majorations du prix du materiel de loisirs et de celui des magazines et journaux.L’augmentation de l’indice des produits du tabac et des boissons alcoolisées est attribuable à la majoration du prix des boissons alcoolisées servies dans des débits de boisson, surtout au Québec, en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique.La progressionde l’indice de la santé et des soins personnels traduit la hausse du prix des services de coiffure.Un consortium codirigé par SNC rafle le contrat d'ingénierie de Hibernia ?e Truffaut LE GROUPE SNC et Monenco.chefs de file d’un consortium d'ingé nierie regroupant cinq firmes, ont obtenu un contrat d’une valeur de 360 millions $ dans le cadre du projet Hi berma auquel le ministre fédéral de l’Énergie .lake Epp a donné le coup d’envoi officiel hier à Saint-Jean, Terre-Neuve Hibernia coûtera 5,2 milliards $ Accompagnés du ministre fédéral de l’Industrie et de la technologie, M Benoit Bouchard, du président du Conseil du Trésor, M Robert de Co tret, et de M.William Cosgrove, vice président au développement des af faires de Monenco.M Guy Saint Pierre, président et chef de ia direc tion du Groupe SNC.a détaillé hier en conférence de presse le mandat alloué par l’entité responsable du projet, soit Hibernia Management commandée par Mobil Oïl Canada, tout en soulignant que le contrat en question créera pas moins de 600 em plois dans la région montréalaise.Selon les informations fournies hier, SNC, Monenco et leurs associés, soient BEL Consultants, de Terre Neuve, Brown & Root Marine, de Grande-Bretagne, et Aker Knginee ring, de Norvège, devront réaliser les « travaux d’ingénierie et d’appro visionnement des superstructures pour les installations en mer, coin posées de cinq modules d’usines et d’équipements », en plus d’assurer les services inhérents à la gestion du projet.Le deuxième volet du mandat, soit la gestion du projet, fournira de l’emploi à quelques 200 personnes basées à Saint-Jean et ailleurs au Canada.Cette partie du mandat devra être terminée d’ici 1996.Alors que les travaux d’ingénierie et d’approvisionnement se poursuivront au cours des 30 prochains mois.Baptisée Les entrepreneurs offshore de Terre-Neuve, la propriété de cette co-entreprise se ventile comme suit : SNC et Monenco détiennent chacun 40 % des parts, la différence, soit 20%, étant partagée à parts égales entre les trois autres partenaires.Deux compagnies basées à Mont réal, Atlas et Janin, ont obtenu une part de ce gâteau.Atlas et Janin par ticiperont aux travaux de construe tion placés sous la responsabilité de Un dessin de la plate-forme Hibernia et de ses superstructures.la société Nodeco, de Terre-Neuve, qui a été choisie pour édifier, au coût de 1,6 milliard $, la base de ciment sur lequel sera érigé la plate forme Lors de la conférence de presse te nue hier à Montréal, il a également été question, et comme chacun s’y attendait, du Groupe Mil, En effet, après avoir mentionné qu’Ottawa et Québec étaient en phase de négociation finale quant aux frégates, le mi nistre Bouchard s’est dit convaincu que Mil, obtiendra des contrats pro venant de Hibernia.Interrogé à cet égard, Mme Lilian Eigl, porte-parole de MIL, a indiqué qu’une « première évaluation des m formations concernant le projet lit berma nous permet de dire que nous serons en mesure de présenter des soumissions sur toutes les parties du projet ».Si l’on se fie au détail des exper Uses dont dispose MIL, celle-ci sera en mesure de participer aux appels d’offres qui seront faits pour « la construction de plates formes de fo rage, de réparation et d'entretien des plates formes mobiles ainsi qu'en construction de pétroliers navettes et de navires ravitailleurs » De plus, cette compagnie se dit en mesure d'offrir « ses services d’installation et de mise en service, d’ingénierie, d’inspection et d'essais» Mme Eigl a spécifié que ¦ Mil, souhaite s’associer avec des parte naires terre neuviens pour la fabri cation des modules et pour l’assem blage de la partie supérieure de la plate forme » Toutes les soummis sions seront préparées et défendues par MIL Offshore, une filiale du groupe que préside M Steven May En tout, M Bouchard a estimé que le contenu canadien devrait être équi valent à 2 millions d’heures travail lées D’après les calculs du consortium Hibernia, qui, outre Mobil, rassemble l’etro Canada, Gulf Canada et (’he vron Canada, les entreprises eana (tiennes récupéreront entre 55 el 60 % des 5,2 milliards $, soit entre 2,8 et 3,1 milliards $ Pour ce qui est des coûts d’exploitation, ils atteindront 10 milliards $ alors que les immobi hsations entraîneront des dépenses de 3,3 milliards $ Sur les 2,7 milliards $ qu’Ottawa versera en argent comptant el en ga raidies sur prêts, un peu plus de 1 milliard $ sera versé au consortium immédiatement Plus précisément, le fédéral « se porte garant des prêts contractés par les membres du cou sortium.dans line proportion de 40 % de leur part des frais de démarrage jusqu'à concurrence de 1.6 milliard f pour l’ensemble du consortium.Ces prêts sont garantis entièrement par ie gouvernement du Canada, les membres du consortium étant à l'a lu i de tout recoin s l.a sûreté repose sur la participation de chaque pro priétaire à l'actif et aux fonds auto générés du projet » Dans le cadre des négociations fi iiatieièresdu projet, et dans l'éveil tualité d'une réduction du prix du pé troll* en dessous de 25 $ le baril, le consortium Hibernia Management a obtenu le protection suivante •• le gouvernement du Canada avancera des prêts satis intérêt à chaque membre du consortium pour lui per mettre de i embourser jusqu'à cou eut reuce de 50 % des intérêts échus sur dos prêts i éels ou possibles ga raidis par le mécanisme de garantie principale » En vertu de la clause dite de « mé caïusme de garantie principale les sommes que versera le gouverne ment ne pourra pas excéder les 300 millions $ Cela dit, « le rembourse ment des avances faites dans le ea dre de ce mécanisme commence! a lorsque le prêt effectué eu fonction du mécanisme de garantie princi pale sera entièrement remboui sé Les réserves pétrolières ideali * fiées dans le région dite Hibernia at teignent de 525 à 650 millions de lia nls Une fois opérationnelle en 1998, la plate forme sera en mesure de produire 110 000 barils de pétrole lé gor par jour l1 n volume qui dès l’an 2000 représentera 12 % de toute la production canadienne de pétrole lé ger 1*1 n fin, ainsi que le rapporte la l’resse Canadienne, l'ancien premier ministre de Terre Neuve, M Joe\ Smallwood, a eu di oit à une ovation debout de la part des représentants présents lors du coup d’envoi de II i berma par le ministre de l’Énergie, M Jake Epp PUBLICITE /M ARKETING La grande publicité se porte mal par les temps qui courent llgijh-Pierre Nicaise ¦ Collaboration spéciale LA PUBLICITÉ, la grande publicité, la publicité d'image se porte mal par les temps qui courent.Inquiet, frileux, morose, le monde du marketing se replie vers l’annonce, la promotion, accompagné dans cette démarche terre à terre par les médias, qui connaissent pour leur part d’importantes baisses de revenus.Pis : les actuelles campagnes d’annonces abandonnent meme toute velléité de qualité et l’on revoit surgir, de ci, de la, les pires exemples du redoutable conformisme nord-américain, sauce frisette.Ah ! Ne nous l’a-t-on pas assez seriné qu’il fallait vendre à Kansas City comme à Drummondville, (ce qui n’est pas faux) et point s’occuper des yuppies de New York, pour ne rien dire des intellectuels montréalais.Eh bien, à Kansas City, où d’ailleurs je n’ai jamais mis les pieds, nous y voilà ! Polir preuve, s’il en est besoin, le consternant spectacle publicitaire que donne à voir la télévision au moment du prime time pour cette rentrée.Ah oui, une belle collection d’automne Quelques flashs.Le discobole en plâtre montant dans sa Toyota ; « Au bout ».On n’a pas osé aller jusqu’au boutte.Mais on souligne bien fort.Le résultat de 20 ans de progrès ! Tout de même, il faut le dire.Et puis, que penser de se « lance escompte » pour les sports Rousseau.Ou encore « Le petit numéro » pour Passeport.4,9 % d’intérêts pour l’achat d’une voiture, cela paraît bien peu.J’ai été y voir : un vendeur m'explique que le modèle vendu avec un crédit à 6,9 % est bien plus intéressant ! Et en faisant mes calculs, c’est encore plus avantageux de passer à la caisse Pop ou à la banque pour un prêt conventionnel.Eh oui.Plusieurs facteurs expliquent le phénomène actuel, qui certes revient tous les ans, mais cette année avec une amplitude particulière.D’abord, le marketing adopte en ce moment un style de gestion qui s’apparente à celui de 1982.Ce n’est pas tant, m’explique-t-on, que les gens d’affaires soient particulièrement inquiets, mais plutôt qu’ils font montre d’un optimisme prudent ! De nombreuses firmes arrivent également en fin de budget publicitaire et effectuent des déplacemenLs, vers l’annonce ou la promotion.Bref : de la rationalisation.La publicité d’image n’est pas abandonnée, elle reprendra tout simplement plus tard.Quand au secteur particulier de l’automobile, il faut faire place aux nouveaux modèles.J,a fameuse TPS brouille également le discours publicitaire, et ce dans une notable proportion.Manifestement, le marketing ne sait trop quoi faire devant l’indécision réelle ou supposée des consommateurs.Faut-il acheter maintenant ?Faut il attendre ?Jamais un impôt n’a été aussi mal expliqué, publicisé que cette TPS, et il semble probable que le centre téléphonique d’information que vient de mettre en place le gouvernement fédéral n’apportera aucune amélioration.Bref, le spectacle publicitaire de nos ondes reflète bien l’indécision des consommateurs et les difficultés de l'époque.Nous est proposé bruyamment de petits avantages, pas’toujours certains.Et l’on comprend bien que qui arrive avec de l’argent comptant peut réaliser de véritables affaires, pratiquement dans tous les secteurs.Quant aux Ville d'Anjou ne manquera pas de pétrole ! Esso y installe son siège social et nous offre le dernier exemple de la tendance actuelle à la promotion et à l’annonce.grandes firmes, comme on l’a vu la semaine dernière, elles laissent pas ser l’orage en faisant de la promo tion.ESSO s’installe à Ville d'Anjou Dernier exemple, cette semaine, de promotion — interne comme ex terne — de maillage avec le milieu et .de gestion prudente : l'annonce de l’installation du nouveau siège so cial québécois d’Esso à Ville d’Anjou.Pour le maire M Richard Quinon, c'est une bien bonne affaire que cet édifice de 12 étages qui sera construit au coût de 25 millions $ Le maire espère bien que la venue d'Esso aura des effets d’entraîne ment [mur son Centre d'affaires Esso, qui a promené en cortège ses camions dans les rues de la ville, profite de cette annonce pour mous ser son image avec la Société des timbres de Pâques, la Fête des nei ges, Centraide, la Fédération du sport étudiant, l'Orchestre sympho nique de Montréal Et bien entendu l’émission Super sans plomb Des personnalités de chacun de ces or ganismes participaient à la parade Histoire de rappeler nue Esso, comme les autres pétrolières d'ail leurs, est bien implantée dans son milieu et fort actif dans les oeuvres communautaires.Sans compter que les gens d’An jou, à voir tous ces camions, peuvent se dire que crise ou pas, ils ne man queront pas de pétrole ! Le Groupe Everest à Toronto Le Groupe montréalais Everest développe ses activités et vient de planter son piolet à Toronto en ouvrant un bureau dirigé par Freeman McLartyet Barry Milavsky Le pre rrner a oeuvré au Japon durant 12 ans, le second à New York et en Amérique du Sud.Départ modeste Everest To ronto vise une facturation de 3 mil lions $ la première année mais compte s’imposer sur le marché to rontois d’ici trois ans Un premier client, en béton le groupe Ferma con (PC) !— | Se pie mbre 1990 ! ! 2 3 4 v/ (¦> XXr / 8 i - ! 9 10 n n 13 14 \ x ~.y ! 1.6 YL .1.8 19 20 21 MX» U3 l 24 )2?29 27 28 29 i : m Dès le 24 septembre, LE DEVOIR fait ce qu’il doit: il change et reste lui-même.Qui l’aime le précède! Et s’abonne.Région 514:844-5738 extérieur 1-800: 361-6059 Région 418:845-2080 extérieur.1-800:463-4747 Régions 819 et 613: 1-800: 361-5699 > i TKT>'tiii mmm w*.
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.