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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier 2
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  • Journaux
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quotidien
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Références

Le devoir, 1990-01-09, Collections de BAnQ.

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Vol.LXXXI — No 6 ?Nuageux.Max : 2.Demain: giboulée Détail page 11.Montréal, mardi 9 janvier 1 990 SOLDE D’HIVER (/) /St&S tf>M Q pour hommes et femmes A compter du 10 janvier 1990 3525.chemin Queen Mary QJ Tel 739-4451 72141 50 CENTS Côte-Nord.Gaspesie.Nouveau-Brunswick 60 cents.Toronto 80 cents AUJOURD’HUI Éditorial Des amis tardifs tentent de laver l’honneur des partis politiques qui ont renié leur parole au sujet des accords du lac Meech.Un éditorial de Paul-André Comeau.Page 6 Idées Deux textes majeurs : le premier fait ressortir que les années 80 laissent 15 millions de réfugiés sur la conscience humaine ; le second pose la question du « bilan » des morts de la rébellion roumaine.Page 7 Incendie à McGill: origine criminelle ?L'incendie qui a lourdement endommagé, dimanche, un édifice historique abritant le Centre de bio-éthique, de médecine et de droit de l'université McGill serait d'origine criminelle, selon les enquêteurs du Service de prévention des incendies.Page 3 Winnie Mandela Nelson Mandela libéré sous peu Le chef historique du Congrès national africain, Nelson Mandela, 71 ans, met à profit le 78e anniversaire de ce mouvement nationaliste noir pour annoncer depuis sa prison, par l'intermédiaire de son épouse, qu'il serait libéré dans les prochaines semaines.Page 5 Les taux US baissent à 10 % Pendant que Statistique Canada publiait des données qui confirmeront le gouverneur de la Banque du Canada dans sa croisade anti-inflationniste, les taux d’intérêt aux États-Unis ont continué leur lente baisse.Page 9 Campeau Corp.tremble encore Le cours des actions de Campeau Corp.dégringole de 70 cents pour atteindre 2,60 $, leur niveau le plus bas en un an.Page 9 Marie Tlfo, Julie Vincent, Gaston Lepage et Robert Lalonde.Reprise de la saison théâtrale La nouvelle saison théâtrale repart en lion avec un Ducharme, deux adaptations du Roi Lear, un Jeanne-Mance Delisle, etc.Robert Lévesque fait le point.Page 16 Combien de morts en Roumanie ?Des Roumains de Bucarest passent devant l’effigie fracassée du dictateur Nicolae Ceausescu.Hier, le gouvernement a annoncé que la révolution avait causé la mort de 10 000 personnes, mais certains observateurs français contestent ce bilan et le ramènent à environ 1000 victimes .Pages 5 et 7 PHOTO AP Manifestations monstres en RD A Non au PC; oui à la réunification d'après AFP et AP LEIPZIG — « à bas le SEI) », « Le SED fait mal », « Allemagne, patrie unie », « Pas de nouvelle STASI » (sécurité d’État), « Modrow (le premier ministre), Gysi (président du PC rénové SED-PDS) doivent s’en aller », ont scandé, hier soir, entre 100 000 et 160 000 manifestants, pour cette première marche traditionnelle du lundi après une interruption de trois semaines à Leipzig, berceau de la contestation en R DA.Dans cinq autres villes des milliers de personnes opt clamé les mêmes slogans.Cette manifestation s’est déroulée de manière ordonnée sur un ton nationaliste homogène, sous les couleurs noir, rouge et or des drapeaux allemands.Les nouveaux groupes et partis d'opposition comme Nouveau forum ou Renouveau démocratique n'avaient pas appelé à manifester, sans pour autant en dissuader leurs militants.Ils voulaient éviter d'être associés à des débordements nationalistes.Leur présence a été très discrète.Seul le nouveau mouvement social démocrate SDP s’est présenté avec des emblèmes frappés à son nom.Dès avant le début de la manifestation, une assemblée compacte arborant des drapeaux sans le compas et le marteau, emblèmes de la RDA, s’était réunie devant l’ancien opéra de Leipzig.C’est cette même foule, grossie jusqu’à plus de 100000 personnes, qui défilait peu après en disant non au retour du « système du SED », ancien Parti communiste est-allemand, et un oui massif à la réunification.à plusieurs reprises, des groupuscules ultra nationalistes se sont manifestés, mais de manière limitée.L'un d'eux, jusque-là inconnu, Deutsche Volkspartei, faisait de la propagande, quelques tracts du parti d’extrême-droite ouest-allemand des républicains étaient distribués, des pancartes se prononçaient pour la fusion totale des deux Allemagnes le 8 mai 1995, et une autre affichait la couleur : « Plutôt de droite que rouge » sur une carte de l'ancien Reich de 1937.La majorité des pancartes et ban- Voir page 8: Manifestations L’exécuté par euthanasie ne souffrait pas du cancer i-V.Dufresne U N RAPPORT d’autopsie sur la dépouille de M.Frank Guzzo, quinquagénaire tué par balles à sa demande par une amie vendredi dernier, au domicile du moribond, à Côte-Saint-Luc, écarte l’hypothèse d’abord soulevée d’un cancer en phase terminale.M.Guzzo souffrait plutôt du diabète depuis plusieurs années, et c’est pour mettre fin à ses jours, par compassion, comme il l’implorait, craignant de raté son suicide, que Mme Micheline Poulos, âgée 36 ans, l’a achevé de six projectiles à la tête.Cadre dans une banque montréalaise, sans aucun antécédent judiciaire, Mme Pilos fut accusée samedi à Montréal de meurtre au premier degré.L’autopsie pratiquée par le Dr Jean Mould révèle également un début de gangrène aux pieds.Certains indices font aussi soupçonner une forme de sclérose en plaques.Mais le médecin-légiste attend l’examen de prélèvements sanguins avant de conclure définitivement sur l’état du patient avant son décès.Mme Pilos s’occupait activement du malade depuis plus d’un an, révèlent les enquêteurs de la Sûreté.Elle avait d’ailleurs quitté son emploi, le mois dernier, pour rester à son chevet.L’enquête révèle que M.Guzzo n’aurait jamais reçu de soins médicaux professionnels.Il espérait, croit la police, vaincre son mal par le recours à des médecines douces.Les agents appelés sur les lieux de l’homicide ont en effet trouvé une quan-Volr page 8: L'exécuté Le Canada accueillera les enfants des grévistes de la faim Paul Cauchon LE MINISTÈRE fédéral de l’Immigration a envoyé hier 18 télex à ses ambassades et consulats à l’étranger afin d’inviter les agents du ministère des Affaires extérieures à retracer les enfants et conjoints des grévistes de la faim latino-américains de la semaine dernière.À la suite de la grève, le ministère de l’Immigration s’est engagé à émettre un « permis de ministre » qui, théoriquement, faciliterait la venue au Canada des enfants et conjoints abandonnés.Mais cette procédure en laisse plusieurs perplexes.Dans les milieux d’aide aux réfugiés l’unanimité ne se fait pas autour de la grève de la faim.Ainsi des responsables de groupes d’aide au réfugiés de Montréal ont confié au DEVOIR qu’à leur avis les Latino-Américains n’avaient pas gagné grand-chose puisqu’il existait déjà une procédure permettant d’accélérer, en cas d’urgence, les dossiers des demandeurs de refuge accumulés.L’automne dernier la section immigration du Barreau canadien avait en effet conclu une entente avec le ministère pour traiter des cas de membres de la famille de requérants demeurés à l’étranger et considérés comme en danger.Ce traitement prioritaire voulait accorder plus rapidement le refuge aux requérants.C’est là une différence essentielle avec la cause des grévistes latino-américains, puisque ceux-ci ne demandaient pas d’obtenir le refuge plus vite que les autres.On voulait tout simplement faire venir la famille au pays, et suivre en famille le déroulement « normal » des demandes.L’entente avec le ministère de l’Immigration a permis aux trois avocats en question d’identifier 38 demandes prioritaires qui ont permis l’obtention du refuge en deux ou trois mois.Autre malaise : on peut douter de la procédure permettant de retracer les enfants à l’étranger.On signale, par exemple, que ces enfants peu- vent être cachés chez des amis ou des membres de la famille en campagne, qu’il leur faudrait un accompagnateur pour se rendre au consulat en plus d’un encadrement pour les amener à l’aéroport, tout cela dans un contexte où, dans certains pays, la police ou l’armée sont aux trousses de la famille du requérant exilé au Canada.Au ministère de l’Immigration on ne possède pas encore toutes les réponses à ces questions.« Selon l’entente survenue avec nous, explique Mme Wiseman-Turgeon, le revendicateur doit indiquer où l’ont peut contacter sa famille, et il doit la contacter pour aider les agents du ministère des Affaires extérieures à retracer enfants et conjoints.Dans un pays comme le Salvador, nous comptons sur les organismes humanitaires non gouvernementaux qui travaillent sur le terrain pour nous aider et pour s’occuper du bien-être des enfanLs jusqu’à la sortie du pays.Est-ce que ça marchera ?Nous en sommes aux hypothèses».Les grévistes ont également obtenu du cabinet de la ministre l’élargissement du critère d’« enfant en danger » qui, dans leur cas, peut s'appliquer plus largement aux « enfanLs abandonnés ».Et à compter de demain on écoutera les demandes de 32 autres res-sortissanLs dans la même situation, à raison d’une dizaine d’entrevues par jour.Voir page 8: Le Canada Plus de 400 enfants boudent l’école promise aux Anglais ifeai-Plerre Proulx LES PARENTS de plus de 400 des 700 élèves de l’école Sainte-Claire, à Brossard, ont gardé leurs enfants à la maison, hier, pour protester contre la décision des commissaires d’en faire une école anglaise l’an prochain.Les parents protestent contre la décision des commissaires en novembre dernier de relocaliser la population étudiante et de loger en septembre prochain les quelque 470 élevés étudiant en anglais à l’école Sainte-Claire.La décision aura pour effet de déloger la plus grande partie de la clientèle qui y étudie présentement en français.De plus, à compter de 1993-94, l’école Sainte-Claire passera exclusivement à la clientèle etudiant en anglais.Réunis en assemblée générale mercredi soir dernier, les parents de l’école Sainte-Claire, a précisé M.Reauchemin, ont décidé de garder leurs enfants à la maison jusqu’à ce que le ministre de l'Éducation, M.Claude Ryan, nomme un enquêteur pour analyser la situation.Une rencontre avait lieu hier soir avec le ministre et le comité d’école pour débattre de la question.Le retour en classe, a dit M.Beauchemin, va dépendre de la conclusion de cette rencontre.Si M.Ryan accepte de nommer l’enquêteur que les parents réclament, ce sera la troisième fois qu’on aura recours à cette solution pour régler un problème apparemment sans solution : la commission scolaire possède assez de places pour loger tous ses élèves, mais pas assez pour loger les deux communautés linguis-Volr page 8: École Les infirmières devront payer un déficit de plusieurs millions Suzanne Dansereau de la Presse Canadienne QUÉBEC — La Fédération des infirmières et infirmiers du Québec (FIIQ) se retrouve devant un important trou budgétaire à cause de la loi 160 et elle fait appel à la solidarité de ses membres pour l’aider à passer à travers cette année qui s’annonce difficile et déterminante pour l’avenir du syndicat.La solidarité devra aussi être de mise en ce qui a trait aux pertes d’ancienneté qui divisent les infirmières.Telle est la situation qu’a exposée hier la présidente de la FIIQ, Diane Lavallée, à l’ouverture du deuxième congrès de cette jeune organisation syndicale regroupant près de 40 000 infirmières et infirmiers.Pour lutter contre les difficultés financières qui s’annoncent, les quelque 1000 délégués syndicaux se prononceront pendant ce congrès sur un plan d’intervention que leur propose l’exécutif.Le plan comprend : ¦ la récupération des cotisations syndicales, perdues pour 21 mois à cause de la loi 160; ¦ la hausse des cotisations syndicales; ¦ la répartition équitable des amendes encourues par les infirmières qui ont été pénalisées pour la grève; ¦ une campagne de financement auprès d’organismes favorables à la FIIQ; ¦ et, pour ce qui est de la perte d’ancienneté, un engagement moral à s’en tenir aux vieilles listes d’ancienneté lors de promotions ou de congés.La loi 160, adoptée à la suite du débrayage illégal effectué l’automne dernier, a fait mal à la FIIQ.« Rien, dans l’histoire ré- cente du mouvement syndical, ne laissait présager une application si rigoureuse de la loi 160 », disait hier Mme Lavallée dans son discours d’ouverture.Le syndicat a perdu le droit de récolter les cotisations syndicales à la source.Ces cotisations totalisent 8 millions $ sur une base annuelle.Depuis cet automne, l’organisation syndicale a recueilli à la mitaine 55 % des cotisations.Elle mettra toutes les énergies nécessaires pour recueillir les 45 % manquants d’ici juillet, a indique hier en conférence de presse la présidente de la FIIQ.La loi 160 a également imposé des amendes allant de 25 $ à 100 $ pour chaque jour de grève aux infirmières qui se sont trouvées en grève illégale.Cette situation est non seulement injuste aux yeux des syndiqués, mais aussi injuste Voir page 8: Les Infirmières + L'ANNEE POLITIQUE^ QUEBEC ' " 1988-1989 Ce livre s'adresse à tous ceux et celles qu'intéresse la politique québécoise?Personnes politiques, fonctionnaires, journalistes, leaders d'opinion et étudiants y trouveront des analyses concises et documentées de l'actualité et des tendances qui ont caractérisé l'année écoulée?QUEBEC/AMERIQUE - LE DEVOIR a € NOUVEAU VIENT DE PARAITRE - 316 PAGES - 59,95$ 4 A+5B 2 ¦ Le Devoir, mardi 9 janvier 1990 La GRC devra mieux payer ses policiers bilingues d'après Canadian Press LA GENDARMERIE royale du Canada devra verser à ses policiers bilingues la même prime que le gouvernement verse à ses employés parlant les deux langues officielles.Ainsi vient d’en décider la Cour fédérale du Canada.La décision du juge montréalais Jean-Eudes Dubé décrète qu’il y a discrimination et violation de la loi dans le fait, pour la G RC, de verser la prime au bilinguisme à ses employés de bureau, tout en la refusant à ses policiers.Yvon Gingras, un ancien employé de la G RC et du Service canadien de renseignement et de sécurité (SCRS), a donc gagné sa cause.M.Gin-gras, qui avait intenté plusieurs poursuites contre la G RC et le SCRS depuis le début des années 80, aura donc droit à 7200 $ en primes rétroactives, a déclaré hier l’avocat Julius Grey.Les avocats de l’organisme fédéral étudiaient toujours, hier, le jugement Dubé, et la décision n’a pas été prise sur un éventuel appel.Le juge Dubé n’a pas retenu l’accusation de « discrimination contre les francophones » avancée par la poursuite, s’en tenant plutôt à quelques principes du droit administratif, et faisant valoir que la Gendarmerie royale violait l'esprit du bilinguisme fédéral.La Gendarmerie royale se basait sur le fait que les autres corps policiers au Canada ne payent pas de telles primes et qu’une telle pratique provoquerait de la jalousie et des divisions entre unilingues et bilingues.Le juge a rejeté ces arguments, déclarant que la G RC ne pouvait être comparée aux corps de police inférieurs, et que la prime au bilinguisme n'est pas différente des autres primes au mérite.Ne pas verser la prime au bilinguisme contrecarre l’objectif d'offrir des services policiers dans les deux langues officielles, a conclu le juge.Quelque 3000 des 15 000 policiers de la GRC sont bilingues, a estimé hier un porte-parole de l’organisme.Paradis se trompe de cible quand il critique EN BREF.ses fonctionnaires, soutient Denis Lazure Bernard Descôteaux .de notre bureau de Québec LE MINISTRE de l’Environnement, Pierre Paradis, se trompe de cible lorsqu’il s’en prend à la compétence de ses fonctionnaires pour justifier les problèmes de fonctionnement de son ministère.C’est ce qu’a soutenu hier le critique du Parti québécois en matière d’environnement, Denis Lazure, qui, pointant du doigt l’absence de leadership du ministre et le manque de conviction environnementale du gouvernement, a invité M.Paradis à faire un examen de conscience avant de faire des reproches aux fonctionnaires.Le député péquiste, qui commentait pour LE DEVOIR des déclarations répétées du ministre à l’encontre des fonctionnaires de son ministère, ajoutait ainsi sa voix à celle de l’Association des cadres supérieurs du gouvernement du Québec.Celle-ci a vivement condamné la semaine dernière les propos « intolérables et inacceptables » de M.Paradis à l’endroit des fonctionnaires.Ces propos, le ministre les avait tenus tout d’abord à la mi-décembre alors qu’il accusait ses fonctionnaires de se traîner les pieds dans la préparation d’un projet de loi visant a mettre en force le principe « pollueur-payeur ».Dans des entrevues publiées après Noël, il revenait à la charge, s’en prenant à l’absence de culture environnementale des fonctionnaires et au manque d’expérience des avocats du ministère.« La réaction du ministre est excessive.J’espère qu’il la regrette », a dit hier M.Lazure qui a qualifié M.Paradis de « ministre très frustré ».Homme colérique, violent et impétueux, celui-ci a voulu exprimer sa renant ses fonction-ioucs émissaires, a-t- frustration en naires comme il ajouté.Que le ministre de l’Environnement soit frustré est compréhensible, croit M.Lazure qui rappelle que ses prédécesseurs, Clifford Lincoln et Lise Bacon, ont aussi, à un moment, exprimé leur frustration.Pour M.Lincoln, c’était la faute au PQ si tout allait mal alors que pour Mme Bacon c’était la faute à M.Lincoln.La frustration de M.Paradis comme celle de ses prédécesseurs est réelle, mais il faut chercher ailleurs la cause véritable, a fait valoir M.Lazure qui pointe du doigt l’absence de conviction environnementale au sein du gouvernement Bou-rassa.Depuis 1985, aucun ministre de l’Environnement n’a eu l’appui du gouvernement.Depuis sa nomination, M.Paradis n’a gagné aucune cause, constate le député qui note que celui-ci n’a pu choisir son sous-ministre ni gagner sa bataille pour la nomination du président du BAPE, ni obtenir les augmentations de budget promises.Face à ses fonctionnaires, M.Paradis apparaît comme un ministre sans leadership, ce qui n’est pas fait pour stimuler les troupes, constate-t-il.Chez le ministre Paradis, on observait hier un silence prudent devant les réactions provoquées par les déclarations en question.On prenait connaissance de la position adoptée par l’Association des cadres supérieurs à qui on avait l’intention de répondre plus tard cette semaine.Cette position est particuluière-ment importante puisque c’est exceptionnellement que cette association intervient dans un débat politique alors qu’elle représente les gestionnaires gouvernementaux.Autobus Laval accuse le ministre Séguin de menaces indues lors d’un conflit de travail de notre bureau de Québec LE MINISTRE Yves Séguin s’est défendu hier d’avoir utilise ses doubles fonctions de ministre du Travail et de ministre du Revenu et d’avoir menacé une entreprise de « vérification fiscale » pour obtenir le règlement d’un conflit de travail dans son comté de Montmorency.« C’est tout à fait ’irrelevant’.Je nie ça catégoriquement », a clamé le ministre qui a dit entendre ne pas se laisser impressionner par les affirmations faites en ce sens par l’entreprise Autobus Laval.Dans une requête en annulation de la nomination d’un arbitre de griefs présentée hier en Cour supérieure à Québec, Autobus Laval a soutenu que dans le conflit de travail qui l’a- vait opposé en 1988 à ses employés, M.Séguin s’était impliqué personnellement à plusieurs reprises dans le conflit.Dans les allégués de cette action en annulation, Autobus Laval soutient que le 8 septembre 88, M.Séguin avait alors convoqué les représentants de la partie patronale.À cette rencontre, il aurait exigé des concessions importantes et « menacé les représentants de la demanderesse de faire effectuer par ses fonctionnaires du ministère du Revenu une vérification fiscale».On soutient aussi dans les allégués que le syndicat nouvellement formé et affilié à la CSD avait été organisé par un permanent de la CSD qui est aussi collaborateur politique du ministre.Ce permanent de la CSD a été un travailleur bénévole lors de la campagne électorale, a reconnu hier le ministre qui a refusé de le voir comme un « organisateur » le moindrement près de lui.Toutes les autres allégations ne sont pas fondées, a-t-il insisté, en n’écartant pas une réaction judiciaire à des « allusions aussi inacceptables» Toutes ces allégations, même si elles sortent de l’ordinaire, ne visent probablement qu’à tenter d’influencer le ministre du Travail à changer une décision quant à la nomination d’un arbitre de griefs.« Si on a voulu m’influencer, je ne le ferai pas.Ça ne m’émeut pas », a dit M.Séguin.PHOTO CP Yves Séguin Amnistie s’inquiète des brutalités en Autriche PARIS (AFP) — Amnistie internationale s'inquiète de la fréquence des mauvais traitements subis par des personnes placées en garde à vue en Autriche et estime « inadéquates » les garanties contre la torture et les mauvais traitements dans ce pays.Dans un rapport publié par sa sec- EADH) CITE MO* Radio Québec LE DEVOIR JV4 MALOFItM DISTRIBUTION invitent 400 personnes à la première du film mettant en vedette Fanny Ardant et Jeremy Irons Mercredi, le 17 janvier 1990, à 19 h30 au cinéma Complexe Desjardins Pour participer: Complétez le coupon publié dans Le Devoir du 30 décembre 1989 au 6 janvier 1990 inclusivement, et retournez-le à l’adresse indiquée.La valeur totale des prix est de 2360 S.Le tirage aura lieu à midi, le 9 janvier 1990, et 200 gagnants recevront par la poste un laissez-passer valable pour deux personnes.' Le texte des règlements relatifs à ce concours est disponible chez Malotilm Distribution Inc.Code postal: CONCOURS AUSTRALIA a/s Malotilm Distribution Inc.1207 rue Saint-André, 4e étage Montréal (Québec) H2L 3S8 Lion française et intitulé Autriche: torture et mauvais traitements, l’organisation internationale de défense des droits fait état d’informations « inquiétantes » selon lesquelles des personnes placées en garde à vue seraient « fréquemment maltraitées par la police ».L’organisation précise que les accusations font état « de coups à la tête, de quasi-asphyxie et de brûlures de cigarette ».Elle estime que « les garanties actuelles contre la torture et les mauvais traitements sont inadéquates, ainsi que la procédure permettant de porter plainte contre la police ».Précisant que ses informations se fondent sur des témoignages de victimes et de leurs avocats, ainsi que des rapports d’expertise médicale et des dossiers de justice, Amnistie indique avoir eu connaissance depuis 1984 de 128 affaires différentes dans lesquelles 201 personnes se sont plaintes de mauvais traitements.En outre, selon Amnistie, les victimes demandent souvent aux médecins de ne pas faire état de leurs blessures de peur d’être accusées de « diffamation » par la police.La charge de la preuve incombe en effet à la victime et il n’est pas rare que les seuls témoins de ces violences soient des policiers, ajoute l’organi-sation internationale.Québec étudie la portée du jugement invalidant la fusion de Rouyn et Noranda Delisle de la Presse Canadienne QUÉBEC — Le gouvernement québécois est encore sous le coup de la surprise à la suite du jugement, vendredi, de la Cour d’appel qui a invalidé la fusion, en 1986, des villes abitibiennes de Rouyn et de Noranda.« Les avocats du ministère de la Justice et ceux du ministère des Affaires municipales ont encore des discussions sur la portée du jugement.On doit faire le point dans toute l’affaire», a expliqué hier Pierre Lacoursière, un adjoint du ministre des Affaires municipales Yvon Picotte.Dans un jugement-surprise émis vendredi dernier, la Cour d’appel du Québec a statué que la fusion des deux villes, décrétée en 1986, était invalide parce que le décret en question n’avait été publié qu’en langue française.Le gouvernement n’avait pas encore décidé s’il portera le jugement en appel devant la Cour suprême ou s’il adoptera un décret réparant l’erreur technique de façon rétroactive.D’ailleurs, le ministre des Affaires municipales responsable du dossier, Yvon Picotte, était en vacances hors ALCAN PRODUCTIQUE: LA STRATÉGIE DES ANNÉES '90 a Hydro-Québec Le congrès national de la Société Canadienne de Génie Industriel (S.C.G.I.) constitue maintenant une tradition dont la réputation n’est plus à refaire.Le chapitre étudiant de l’École Polytechnique de Montréal présentera la 10ème édition de ce congrès les 25, 26 et 27 janvier prochains.Ce congrès, qui se déroulera à l’hôtel Delta, aura pour thème: « Productique, la stratégie des années '90 ».Il s’agit d’un domaine du génie industriel dont la popularité est sans cesse croissante et pour cause.Il s'intéresse à l'intégration de nouvelles technologies dans des systèmes de production déjà existants.Cette nouvelle discipline traite entre autres du concept de cellules de production, des techniques de « Just-in-time », d'automation et de robotisation.Tôt ou tard, afin d'obtenir sa part dans le marché hautement compétitif des années '90, l'entreprise devra recourir à cette démarche systématique qu'est la productique.Différentes activités sauront faire apprécier la productique et ses différentes retombées aux nombreux congressistes.Des visites industrielles, des conférences prononcées par des conférenciers nord-américains et européens de grande renommée, des kiosques, un salon robotisé, une présentation de projets étudiants.voilà autant de média dignes de promouvoir efficacement la productique.Un total de 550 personnes viendront des quatre coins du Canada, des États-Unis et d'Europe pour assister à cette activité.Il va sans dire que le succès d'une telle entreprise ne saurait être réalisé sans l'appui de compagnies importantes.C'est ainsi qu'ALCAN et HYDRO-QUÉBEC ont bien voulu s'associer au Congrès National de la S.C.G.I.en tant que COMMANDITAIRES OFFICIELS, témoignant ainsi leur grande confiance dans cette initiative.Le comité organisateur tient également à remercier les compagnies suivantes pour leur généreuse contribution sans quoi pareille activité demeurerait impensable.Asea Brown Boveri Canada Packers Forces Armées Canadiennes Johnson & Johnson Les Meubles Norbec Le Journal Les Affaires Le Devoir Le mensuel de l'O.I.Q.: Le Plan Noranda Northern Telecom Provigo Shell Canada Télémécanique Il est toujours possible de se joindre à cette activité soit par une contibution financière, soit par une participation à titre de congressiste.Il va sans dire que le 10ème congrès de la Société Canadienne de Génie Industriel sera l'endroit par excellence pour parfaire ses connaissances sur cette branche prometteuse du Génie Industriel.Il ne tient qu'à vous d'en faire partie et de tirer le maximum de cette expérience unique.Des renseignements pourront vous être donnés à l'adresse et au numéro de téléphone cl-après.Le comité organisateur.Comité Congrès '90 École Polytechnique de Montréal Département de Génie Industriel Case postale 6079, Succursale A Montréal, Québec H3C 3A7 Téléphone: (514) 340-4164 du Québec hier et n’est pas attendu à ses bureaux avant la mi-janvier.En 1981, à la suite du jugement de la Cour suprême sur la loi 101, le gouvernement québécois avait dû revalider a posteriori toutes les lois adoptées entre 1977 et 1981.Ces lois avaient été déclarées invalides parce que seule la version française avait été soumise à l’assentiment de l’Assemblée nationale.Pour sa part, le porte-parole de l’opposition péquiste, le député de Jonquière Francis Dufour, a parlé de « négligence grave » du gouvernement dans ce dossier.« Le gouvernement devra agir rapidement pour rétablir la situation afin qu’aucun tort ne soit causé aux citoyens de Rouyn-Noranda », a suggéré M.Dufour.Il a également émis le voeu que les autorités gouvernementales vérifient si la même erreur avait été commise dans d’autres décisions impliquant depuis 1986 des municipalités du Québec : par exemple la récente fusion des villes de Levis et de Lauzon sur la rive sud de Québec ou même la séparation de la municipalité de Cantley de la ville de Gatineau dont elle faisait auparavant partie.Lome Nystrom à son procès OTTAWA (PC) — C’est aujourd’hui que le député néo-démocrate Lome Nystrom, 43 ans, doit subir son procès sous une accusation de vol à l’étalage de 7,79 $.Le délit comporte une peine maximale de six mois de prison et de 2000 $ d’amende.Au lendemain de son arrestation, M.Nystrom n’a pas hésité à se proclamer « totalement, absolument et complètement innocent ».La publicité entourant cette affaire, a-t-il soutenu, fait partie du « cirque des médias, qui est l’un des périls de la vie publique ».Le député de Yorktown-Melville a été détenu à une succursale du Shoppers Drug Mart d’Ottawa après avoir été trouvé en possession d’une trousse d’entretien de lentilles cornéennes.Paris aide sept pays francophones PARIS (AFP) - La Caisse centrale de cooperation économique française (CCCE) a annoncé hier avoir alloué pour 1,150 milliard FF (près de 195 millions $ US) à sept pays d’Afrique francophone.Premier bénéficiaire, le Congo a reçu 530 millions FF (près de 90 millions $ US) pour le financement partiel du programme d’ajustement économique et financier et la restructuration de sa dette à l’égard de la France.Des coccinelles de Hongrie nettoient les Prairies WINNIPEG (AFP)-Accidentellement importée d’Europe centrale, une mauvaise herbe envahissante coûtait aux fermiers des Prairies des millions de dollars jusqu’à ce qu’on importe son « prédateur » naturel, des coccinelles hongroises, qui font merveille depuis quelques mois.Depuis un siècle, cette mauvaise herbe de soixante centimètres de haut proliférait jusqu’à couvrir actuellement près de 50 000 hectares dans la seule province du Manitoba, parce que les insectes nord-américains ne l’ont jamais appréciée, a expliqué un spécialiste du ministère de l’Agriculture du Manitoba, Allan Sturko.« Il fallait retrouver son lieu d’origine et identifier son prédateur naturel », a-t-il ajouté.L’enquête a été menée avec d’autant plus de diligence que l’euphorbe, atteignant les pâturages, provoquait des brûlures dans la gueule des vaches, voire des dermatites, par la substance âcre et laiteuse qu’elle contient.Après plusieurs essais, une « bête à bon Dieu » hongroise, petit coléoptère doré pas plus gros qu’une tête d’épingle, a créé le miracle attendu : la coccinelle nettoie à 94 % les champs infestés.C’est la proportion idéale pour qu’il reste de quoi survivre à la coccinelle hongroise, qui s’est bien acclimatée aux Prairies, disent les spécialistes.Constitution et téléphones sans fil WASHINGTON (AFP)-L’utilisation de téléphones sans fil, de plus en plus fréquente, ne bénéficie pas de la même protection constitutionnelle au regard du caractère privé des conversations que les appareils classiques, selon un décision rendue hier par la Cour suprême des États-Unis.La Cour a confirmé hier la décision d’un juge fédéral estimant que des policiers n’avaient pas agi illégalement, quand, sans mandat, ils avaient mis sur écoute les conversations d’une famille de l’Iowa utilisant un téléphone sans fil.Le juge a noté que la technologie de ce type de téléphone rendait les conversations davantage susceptibles d’être interceptées et partant qu’on ne pouvait donc s’attendre à en préserver le caratère privé.Il a estimé que la comportement de la police, qui soupçonnait un trafic de drogue, n’allait pas à l’encontre du 4e amendement de la Constitution qui interdit la mise sur écoute sans autorisation judiciaire.CARTES D’AFFAIRES ROBIC, ROBIC & ASSOCIÉS Fondée en 1892 Agents de brevets d'invention et de marques de commerce 1514, Docteur Penlleld.Montréal.Canada, H3G 1X5 Fax (514) 934-1246 Télex: 05-268656 Tél (514)934-0272 SWABEY OGILVY RENAULT Intégrant le bureau SWABEY, MITCHELL, HOULE, MARCOUX & SHER AGENTS DE BREVETS ET DE MARQUES DE COMMERCE 1001, bout de Maisonneuve ouest Montréal, Canada H3A 3C8 (514) 845-7126, Télex: 05-24355 Facsimilé (514) 288-8389 MONTRÉAL OTTAWA Le Devoir, mardi 9 janvier 1990 ¦ 3 Une main criminelle a mis le feu à l’université McGill |B|§tin Pelchat L INCENDIE qui a lourdement endommagé dimanche un édifice historique abritant le centre d’éthique en médecine et en droit de l’université McGill serait d’origine criminelle.Telle est la conclusion à laquelle en sont venus les enquêteurs de la section Recherche des causes d’incendies du Service de prévention des incendies de Montréal.On évalue sommairement les dommages à plus d’un million de dollars.Selon les renseignements obtenus par LE DEVOIR, des agents de sécurité appelés sur les lieux de l’in- L’Hôtel-Dieu aura son unité de soins palliatifs Renée Rowan * A L’INSTAR de l’hôpital Notre-Dame et de l’hôpital Royal Victoria, l’Hôtel-Dieu de Montréal veut se doter d'une unité de soins palliatifs qui serait complémentaire a son service d’hématologie-oncologie.Le directeur du Centre d’oncologie de l’Hôtel-Dieu, le Dr Jean Latreille, espère que la nouvelle unité pourra accueillir ses premiers malades au début de l’automne.Approuvé par le Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens de l’hôpital, le projet n’en est encore qu’au stade de la faisabilité.« Jusqu’à maintenant, constate le Dr Latreille, l’Hôtel-Dieu a refusé d’avoir une unité de soins palliatifs : on ne voulait pas d’un ghetto ou d’un mouroir.On croyait que si l’on avait une équipe d’oncologie, peu importe où se donnaient les soins, on pourrait s’occuper adéquatement' des personnes en phase terminale.Les années passant, on a dû se rendre à l’évidence que ce n’était souvent pas le cas et qu’il y aurait avantage, pour certains malades, leur famille ainsi que l’équipe soignante, à avoir une unité de soins palliatifs ».Le Dr Latreille s’intéresse au « mourant » depuis plusieurs années.Attaché au service d’hématologie-oncologie de l’Hôtel-Dieu depuis dix ans, il a fait un séjour d’étude de trois ans au M.D.Anderson (Houston, Texas), un des plus grands centres d’oncologie aux États-Unis.Le Dr Latreille a, en outre, participé à des ateliers du Dr Elisabeth Kubler-Ross sur le respect de la personne mourante et l’aide qu’on peut lui apporter.Le printemps dernier, il a visité en compagnie d’autres membres de son équipe les unités de soins palliatifs qui existent ici au Québec.« Nous en sommes venus à la conclusion qu’il était nécessaire dans un hôpital comme le nôtre, où il y a beaucoup de personnes atteintes du cancer, d’avoir une telle unité complémentaire au service d’hématologie-oncologie ».Chaque année, environ 200 patients de l’Hôtel-Dieu de Montréal meurent de cancer.« Cela ne veut pas dire que tous ces patients passeront par l’unité de soins palliatifs, mais nous croyons que disposant d’un endroit précis, bien identifié, où ces malades seront regroupés, nous serons mieux en mesure de leur offrir des soins de qualité ».Il n’est pas question d’une nouvelle construction, mais plutôt d’une réorganisation des lits à l’intérieur même de l’hôpital de façon à regrouper dans un endroit bien identifié les patients en phase terminale.Les étudiants en médecine, les internes et résidents ne reçoivent à peu près pas de formation en soins palliatifs, note le directeur du Centre d’oncologie.La nouvelle unité aura donc un but d’enseignement.« Un cardiologue doit être capable de s’occuper de ses patients qui vont mourir autant qu’un chirurgien », estime le Dr Latreille.Un autre but de l’unité de soins palliatifs est de s’assurer qu’à travers tout l’hôpital il y ait une qualité de soins uniforme.« Actuellement, un patient peut ne recevoir qu’une aspirine pour une douleur atroce alors que dans une autre unité, il reçoit de la morphine.Chacun a le droit d’être soulagé, chacun a droit à une bonne mort», dit-il.« La création d’une unité de soins palliatifs, poursuit le médecin, permettrait d’apporter du soutien au médecin traitant ainsi qu’à l’infirmière, du soutien non seulement sur le plan médical, mais également sur le plan psychologique».D’autre part, dit-il, dans une unité de soins palliatif, on prend le temps de parler, d’écouter le malade et sa famille, de respecter le processus de la mort : « Le mourant veut une mort digne et paisible et les gens qui l’accompagnent doivent l’aider à y parvenir ».Enfin, le Dr Latreille aborde toute la question de l’euthanasie qui prend une dimension toute particulière au lendemain de l’acte posé par Mme Micheline Poulos qui a abattu un malade à sa demande.Cet acte remet dans l’actualité tout le problème de l’euthanasie et il est important, dit le directeur du Centre d’oncologie, que l’Hôtel-Dieu participe à la réflexion commune et au débat de société que cela va susciter au cours des prochaines semaines.590 PRÉSIDENT KENNEDY 843-6240 ST-JIAN: 1 PLACE DU MARCHE EXXA DUVET cendie ont constaté qu’une fenêtre avait été brisée à l’arrière du pavillon Lady Meredith.Quand ces agents ont ouvert la porte donnant sur le sous-sol de l’édifice du Mille carré doré, ils ont trouvé des volumes et des feuilles de papier éparpillés sur le sol près de l’entrée.L’incendie aurait justement pris naissance au sous-sol.Classé « incendie volontaire », le dossier a donc été transmis hier à la section des incendies criminels du service de police de la CU M, qui fera enquête.On ignore encore si un vol a été commis.Par ailleurs, la dizaine de chercheurs à temps plein rattachés au Centre ainsi que les scientifiques travaillant au laboratoire de pneumo- logie du rez-de-chaussée ont constaté hier les dommages souvent irréparables causés par l’incendie.L’ex-premier ministre du Québec Pierre-Marc Johnson, qui oeuvre au centre d’éthique sur des questions reliées à l’environnement, a notamment déploré la perte des données informatiques et de la documentation conservées au troisième étage.« Le centre a perdu l’essentiel de ses livres, disait-il.Le centre de documentation était très important.C’est une perte dramatique».Les chercheurs y avaient constitué une impressionnante banque de données statistiques sur le sida et les aspects éthiques soulevés par cette maladie.Mme Kathy Glass, une Ainéri- Ul Élb.S"5W-.L’apprentissage de l’attente PHOTO JACQUES GRENIER MÊME SI quelques usagers, grands ou petits, ont eu à endurer de nouveaux retards hier, le retour des vacances des Fêtes aura été moins ardu que prévu à la STCUM.Il manquait hier 147 autobus, comparativement à 257 véhicules au plus fort du mouvement de contestation des employés d’entretien à propos de l’implantation de nouveaux horaires dans les garages.La direction de la STCUM parlait d’une « amélioration sensible » et de « quelques retards tout au plus » et suggérait que « les mesures prises pour contrer le mouvement de rébellion des employés d’entretien -notamment le recours à la sous-traitance et le dépôt d’une requête en réparation devant le Conseil des services essentiels — auront donc fait leur chemin chez les membres du Syndicat du transport de Montréal ».Le Conseil des services essentiels poursuivait d’ailleurs hier son étude de la requête de la STCUM et on s’attendait à une décision aujourd’hui.caine, craint pour sa part que se soient envolées en fumée plus de trois années de recherches dans le cadre de son doctorat.Le recteur et les doyens des facultés de Droit et de Médecine ont visité les lieux hier.Ils ont assuré les chercheurs qu’on tenterait de les relocaliser le plus tôt possible.Pour l’instant, ces derniers pourront travailler dans un bâtiment situé en face du pavillon incendié.Enfin, plusieurs voix ont appelé hier à la préservation de l’édifice.La présidente d’Héritage Montréal, Mme Anick Germain, a pour sa part indiqué que son organisme surveillerait de près le sort qu’on lui réservera.La démolition, dit-elle, ne doit être envisagée qu’en dernière instance.« Il reste à Montréal si peu d’édifices des époques intéressantes », explique Mme Germain.Cette dernière ne cache cependant pas un certain pessimisme.D’une part parce qu’il y a peu de restaurations majeures quand les édifices ont subi des de dommages importants et d’autre part parce que le gouvernement n’a que peu de fonds à allouer à une telle entreprise.Mme Germain avance l’exemple de l’église unitarienne de la rue Sherbrooke, incendiée il y a quelques années.Un projet contesté prône la restauration d’une partie du bâtiment, assortie toutefois de la construction de condos sur ses ruines.« Nous nous inquiétons beaucoup si le moyen de restaurer un édifice est de construire au-dessus 18 étages de condos de luxe », dit la présidente d’Héritage Montréal.L’incendie du pavillon Lady Meredith a été rapporté aux pompiers vers 5 h 30 dimanche.Il était maîtrisé vers 9 h 30.Il a fallu cinq alertes, soit quelque 125 pompiers, pour en venu- à bout.La Lady Meredith House, située au 1110 Avenue des Pins ouest, a été construite en sept étapes à partir de 1894.Conçue par Edward Maxwell, la résidence était connue au début du siècle sous le nom de Ardvarna.Elle appartenait à Mme Isabella Brenda Allan, dont l’époux, Henry Vincent Meredith, pris en 1910 la présidence de la Banque de Montréal.L’hôpital Royal Victoria en fut propriétaire de 1941 à 1975 et en fit une résidence pour ses infirmières.Abandon de trois accusations contre le chercheur Naessens SHERBROOKE (PC) - La poursuite a abandonné, hier, les trois dernières accusations pénales pesant encore contre le biologiste et chercheur Gaston Naessens qui, le 1er décembre dernier, a été acquitté par un jury d’autres inculpations d’ordre criminelle, dont négligence criminelle ayant causé la mort.Le procureur-chef de la Couronne, Me Michel Pinard, a lui-même informé le tribunal de l’arrêt des procédures contre le chercheur âgé de 65 ans.M.Naessens a été libéré aussitôt par le juge Gérald Desmarais, de la Cour du Québec, au Palais de justice de Sherbrooke.Sa libération complète de toutes accusations a été accueillie par les applaudissements de ses partisans qui le supportent depuis le début des procédures.M.Naessens avait été poursuivi pour fraude au sujet de l’état de santé de trois personnes, dont deux enquêteuses de la Corporation professionnelle des médecins du Québec.Il avait été arrêté, le 30 mai dernier, à son domicile de Rock Forest, non loin de Sherbrooke, devant la presse et les caméras de télévision.Hier, son avocat, Me Conrad Chap-delaine, a émis l’opinion que le ministère public a pris cette décision après avoir réévalué sa preuve à la suite de l’acquittement de M.Naes- sens par un jury.« C’est une position sage de la Couronne, a dit Me Chapdelaine, et j’espère que le président de la Corporation des médecins du Québec en prendra une aussi sage d’ici au mois de juin».M.Naessens doit répondre, en effet, d’ici au 13 juin de 82 chefs de pratique illégale’de la médecine contrairement à la loi médicale; cette pratique aurait été commise entre le 9 janvier 1984 et le 28 novembre 1989.Sur le rôle des causes inscrites au Palais de justice, le procureur de la Corporation des médecins du Québec, Me Roland Veilleux, a fait réserver pour cette cause les dates des 13, 14, 20 et 21 juin.Controverse autour d’une usine de ciment à Ville Saint-Laurent VILLE SAINT-LAURENT aura peut-être à se prononcer par voie de référendum sur le maintien ou le rejet d’un projet d’usine de ciment préparé.D’après le porte-parole de la Coalition verte, Alan L.De Sousa, l’emplacement d’une telle usine n’est pas approprié « à l’entrée du parc régional du Bois-de-Liesse ».M.De Sousa invite tous ses concitoyens, aujourd’hui, de 9 h à 19 h, à se rendre à l’hôtel de ville pour y signer une requête afin que le conseil de ville retire son règlement adopté le 9 décembre et qui amende le zonage de telle manière que Ciments Lafarge Canada pourra aller de l’avant avec son projet d’usine.Il faut un minimum de 939 signatures pour forcer le conseil municipal à reconsidérer son règlement 878-33, que les opposants jugent nuisible à l’équilibre écologique.Si 939 contribuables, ou davantage, réclament le retrait du règlement contesté, Ville Saint-Laurent aura, selon ce qu’expliquait hier l’assistante secrétaire-trésorière, Me Lucie Laforce, deux choix : ou le conseil, lors d’une prochaine séance, retire ce règlement, ou il enclenche un processus de référendum qui, d’après la Loi sur les élections et les référendums, devra se dérouler un dimanche, dans les 90 jours suivant l’adoption dudit règlement.Tous les dimanches, d’ici au 4 mars, seraient alors propices à une telle consultation à laquelle seraient conviés environ 35 000 contribuables.Ville Saint-Laurent a une population de 67 000 habitants.Les opposants au projet de cimenterie — une quarantaine d’associations dont trois recrutent leurs membres exclusivement à Ville Saint-Laurent — soulignent que de 1972 à 1989 le conseil de Ville Saint-Laurent, de concert avec les groupes environnementaux et les experts-consultants, avait adopté la position ferme de conserver comme « secteur vert » la partie sud du Bois-de-Liesse sise dans Ville Saint-Laurent ; ils n’acceptent pas la volte-face que constitue le geste posé le 9 décembre dernier.Les réticences au projet de Lafarge ont fusé dès le 11 décembre, lors d’une séance de consultation qui a duré plus de deux heures mais a laquelle n’assistait pas le maire Marcel Laurin.Ce dernier a, ces jours-ci, traité de « démagogues » les opposants audit règlement.M.DeSousa dit ne pas être opposé au projet d’usine comme tel, il offre de chercher un autre emplacement avec les responsables de Lafarge, si tel est le voeu de la compagnie : « Nous avons pris le pouls de la population, l’environnement est très important pour les citoyens et il y a lieu d’empecher qu’un parc régional soit flanqué d’une usine qui entraînera forcément de la pollution par le bruit ainsi qu’un trafic important de camions », même si l’on dit que Lafarge disposera d’une « technologie de pointe».3791, chemin Queen Mary Montréal, H3V 1A8 739-3371 Début des examens: 13h30 Durée des examens: 3 heures Frais: 25$ 1 § î S-ft?.-'- ?» Les Mohawks à la défense de leurs policiers LE CONSEIL de bande des Mohawks de Kahnawake s’est porté hier à la défense du service de police de la réserve, les Peacekeepers, pris à partie jeudi dernier par la Sûreté du Québec en rapport avec une enquête pour voies de fait subies en août par un citoyen de Saint-Chry-sostome.Le Conseil a qualifié de geste « irresponsable » et de « tentative de discréditer les Peacekeepers l’attitude de la SQ, qui a émis six mandats contre des Mohawks relativement à cette affaire.La SQ mentionnait dans un communiqué avoir agi après que l’enquête des Peacekeepers n’eut point abouti.Le travail des Peacekeepers n’a pu commencer que le 15 décembre parce que la victime avait reporté cinq entrevues avec les policiers, affirme le Conseil, ajoutant que cette enquête se poursuit.L’armée pouvait censurer son rapport sur l’affaire Lortie Pierre April 1 .- de la Presse Canadienne OTTAWA — La Commission d’enquête militaire chargée de faire la lumière sur les circonstances entourant le vol d’armes par le caporal Denis Lortie en mai 1984 dans une base de la région de la capitale était en droit, pour des raisons de sécurité nationale, d’expurger de certains mots et passages la copie de leur rapport remise aux procureurs de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST).Conformément à son mandat, à la suite de l’incident du 8 mai 1984 à l’Assemblée nationale, la CSST a indemnisé les neuf victimes blessées et les personnes à charge des trois victimes de la fusillade.Elle a ensuite réclamé le remboursement des indemnisations aux Forces armées.La CSST a fondé sa réclamation sur des allégations de négligence de la part des Forces armées pour son manque de contrôle dans la garde des armes et munitions entreposées à Carp et plus particulièrement sur le manque de surveillance du caporal Lortie.Le juge de la Cour fédérale, M.George Addy, a été appelé à déterminer si la CSST était en droit de réclamer une copie du rapport de la Commission d’enquête non expurgé de certains passages, malgré les prétentions des Forces armées concernant la défense et la sécurité nationale.Conformément à la loi de la preuve, lorsqu’un ministre « ou toute autre personne intéressée » s’oppose à la divulgation de renseignements devant un tribunal pour des raisons d’intérêt public, de défense ou de sécurité nationale il appartient à un juge de la Cour fédérale de déterminer si les arguments sont valables.Le Juge Addy a pris connaissance du rapport intégral de la Commission d’enquête afin de déterminer si l’intérêt public était touché par l’argumentation utilisée par les Forces armées et si « la défense nationale l’emportait sur l’intérêt-public ».Après avoir entendu les arguments sur la pertinence des divers extraits du rapport expurgé, de la part des procureurs des deux parties, et les représentations additionnelles des procureurs des Forces armées sur la portée et l’importance des mots retranchés, le juge Addy a conclu que les objections à la divulgation étaient bien fondées « sur une probabilité profonde d’un véritable danger de compromettre la défense nationale, si les mots ou expressions expurgés étaient connus du public ».Les passages retirés du rapport remis a la CSST se rapportaient soit aux systèmes de sécurité en vigueur, leurs emplacements et les modes d’opération, les codes et les équipements pour contrôler l’accès, les ressources en place pour la défense de la base militaire ou le nombre et la nature des armes et munitions utili- sées.• « Dans les circonstances, a décidé le juge Addy, je dois conclure que l’intérêt public de la non-divulgation est prépondérant et jouit d’une plus grande importance que l’intérêt public dans la divulgation ».La base militaire de Carp près d’(ittawa sert tie poste de contrôle de communications pour les forces navales, aériennes et terrestres du Canada et servirait, en cas de guerre nucléaire, de refuge pour les membres du cabinet, le commandement de la Défense nationale et d’où Radio-Canada pourrait transmettre des instructions d’urgence à la population.Le caporal Denis Lortie était affecté au détachement de quartier maître de la base de Carp pour l’entreposage et le maintien des armes et munitions.À ce titre, il se trouvait parmi les quatre personnes jouissant de l’accès à la voûte où les armes et munitions étaient cachées.Cours secondaire complet Pensionnat - Externat Garçons et filles sous la direction des Frères de Sainte-Croix Lis candidats se présentent sans rendez-vous et doivent avoir en leur possession une photocopie du bulletin de juin 1989 et de celui de Cannée en cours.Les samedis 13 et 20 janvier 1990.pour tous les candidats.L’ÉDUCATION DES ADULTES AU CÉGEP Renseignez-vous au cégep de votre région ou à CÉGÉPHONE (514) 271-1124 du lundi au vendredi jusqu’à 21 h.nous acceptons les frais d’interurbain 4 ¦ Le Devoir, mardi 9 janvier 1990 L’ACTUALITE INTERNATIONALE Medvedev dénonce la position du PC lituanien MOSCOU (Reuter) - Vadim Medvedev, membre du Politburo soviétique arrivé hier en Lituanie pour préparer la visite du président Mik-haîl Gorbatchev, a réitéré les critiques du PCUS à l’encontre du Parti communiste lituanien, qui a décidé de rompre avec Moscou, rapporte l’agence Tass.Cette condamnation du PC lituanien, accusé de mettre en danger les réformes lancées en URSS, contraste avec les gestes conciliants que les dirigeants soviétiques ont multipliés ces dernières semaines à l’adresse du PC lituanien.La décision de créer un parti indépendant prise le mois dernier par la majorité des communistes lituaniens « constitue un coup porté à l’unité interethnique du Parti communiste soviétique, à la construction d’une fédération réformée, un coup à l’ensemble de la perestroïka », a déclaré Medvedev dans un discours PHOTO AF- Des manifestants azéris du Front du peuple d’AzerbaTd|an ont brûlé, dimanche, des palissades de bols servant de frontières entre l'Iran et l'Union soviétique.LE MONDE EN BREF L’OTAN rejette les propositions de Berlin-Est BRUXELLES (AFP) - Le porte-parole de l’OTAN a rejeté hier la proposition du Parti communiste est-allemand de réduire de moitié les forces armées des deux États allemands et de dénucléariser leurs territoires.« Nous cherchons des solutions globales aux problèmes de sécurité et de stabilité en Europe, et non la création de zones spéciales », a affirmé le porte-parole de l'Alliance atlantique, interrogé sur le sujet.Le président du Parti communiste est-allemand, M.Gregor Gysi, a suggéré une demilitarisation partielle et une dénucléarisation des deux Etats allemands, en présentant ce week end son « modèle pour la sécurité 2000 ».Le porte-parole de l’OTAN a estimé que le seul cadre pour parler du désarmement conventionnel était celui des négociations sur le désarmement conventionnel en Europe, qui se tiennent à Vienne entre les seize pays membres de l’OTAN et les sept membres du Pacte de Varsovie.« Si des propositions doivent être faites, Vienne est l’endroit où en discuter », a affirmé le porte-parole, en exprimant son espoir d’un accord CFE au cours de l’année.Démissions en Tchécoslovaquie PRAGUE (Reuter) — Deux ministres ont démissionné hier du PC tchécoslovaque et les communistes sont désormais nettement minoritaires au sein du gouvernement de consensus national.Les deux démissionnaires sont Valtr Komarek, l’économiste du gouvernement et premier vice-premier ministre, et Vladimir Douhy, président du comité d’État pour la planification et vice-premier ministre.Les communistes ne détiennent plus que huit portefeuilles sur un total de 21.Lors de la table ronde entre le PC et le Forum civique de Vaclav Havel, élu depujs président, les communistes avaient obtenu 10 sièges.Un porte-parole du cabinet du premier ministre a confirmé les démissions et annoncé qu’il n’y aurait pas de remaniement ministériel.Union soviétique Ville soudanaise aux mains des rebelles prononcé dans une usine de machines-outils de Vilnius.Cette décision « ne peut être considérée que comme l’expression d’un manque de confiance envers le Parti communiste soviétique et sa position concernant la perestroïka », a ajouté Medvedev, arrivé à la tête d’une délégation d’une quarantaine de personnes.Dans un premier temps, Gorbatchev a dénoncé la création d’un Parti indépendant mais, la plupart des Lituaniens approuvant cette décision, il a depuis adopté un ton plus conciliant.La semaine dernière, il a reçu à Moscou une délégation des partisans de la scission ainsi qu’une délégation des communistes lituaniens, minoritaires, qui entendent rester attachés au PCUS, et il a laissé entendre qu’il était prêt à accepter les deux.En Lituanie, des journalistes ont indiqué que la visite de trois jours de Gorbatchev débuterait jeudi, un jour plus tard que prévu, mais un porte-parole soviétique a démenti que le programme ait été modifié.Gorbatchev fera part de ses con elusions ce mois-ci à une réunion du Comité central qui devra décider de la réponse à apporter à l’initiative du PC lituanien.Le mouvement de masse Sajoudis, qui milite pour l’autonomie, a accepté samedi dernier d’accueillir amicalement le chef de l’État soviétique avec des slogans tels que « Liberté pour la Lituanie », a déclaré Al-gis Cekuolis, l’un de ses responsables.Mais la Ligue de libération de la Lituanie, un mouvement plus radical qui réclame l’indépendance totale et immédiate, envisage de clamer « Gorbie go home ».Les leaders de Transcaucasie tentent de calmer les troubles ethniques MOSCOU (Reuter) — Les dirigeants de la turbulente Transcaucasie soviétique ont promis de se pencher sur les problèmes à l’origine des émeutes de ces derniers jours de la frontière iranienne aux montagnes de l’Ossétie du Sud.Le chef du Parti communiste pour la République de Géorgie a solennellement lancé un appel au calme dimanche, de retour d’une tournée d’inspection dans la région autonome d’Ossétie du Sud, dernier foyer d’agitation en date à la périphérie de l’Union soviétique.Ces nouveaux troubles ethniques surviennent alors que Mikhaïl Gorbatchev est attendu demain en Lituanie, l’une des trois Républiques baltes tentées par le séparatisme, où le Parti communiste local a rompu avec Moscou.Dans une allocution télévisée, Givi G umbaridze a promis qu’une commission d’enquete gouvernementale rechercherait les responsables de la mort d’un bébé géorgien de neuf mois, à l'origine de la nouvelle flambée de violences entre les communautés ossète et géorgienne.Selon des journalistes géorgiens locaux, le bébé a été tué par balle au cours de l’un des « pogroms répétés » organisés par les Ossètes.En représailles, des Géorgiens ont bloqué tous les accès à Tskhinvali, la capitale régionale.Des milliers de Géorgiens leur ont exprimé leur soutien en manifestant dimanche à Tbilissi, selon les autorités locales.Des renforts de troupes soviétiques ont été déployés en Ossétie du Sud, où les affrontements interethniques ont fait des dizaines de blessés depuis novembre dernier.Dans la république voisine d’Azerbaïdjan, des responsables du gouvernement régional doivent rencontrer cette semaine des représentants du Front populaire, un mouvement de masse qui milite pour une autonomie accrue vis-à-vis de Moscou, pour tenter là aussi de calmer les passions au Nakhitchevan.Des dizaines de kilomètres de barbelés ont été détruits la semaine dernière à la frontière avec l’Iran dans cette république autonome qui relève de l’Azerbaïdjan.Les émeutiers, pour la plupart des paysans azéris musulmans du rite chiite, réclamaient davantage de terres cultivables et un assouplissement du régime des visites à leurs parents iraniens d’origine azérie, qui vivent de l’autre coté de la frontière.Selon des journalistes locaux, les dirigeants azéris et le Front populaire vont se concerter pour tenter de faciliter l’obtention des visas et réduire la zone frontalière, établie sur des terrains fertiles.Deux manifestations ont eu lieu dimanche, d’après des témoins, au bord du fleuve Araxe, qui marque la frontière de l’URSS avec l’Iran à l’Est et la Turquie à l’Ouest.Selon l’agence iranienne IRNA, re- IM§ M/MMi'll Veuillez faire votre chèque à l'ordre de : Fonds de Secours Roumanie et l'envoyer à l'une des adresses suivantes : Église Orthodoxe Roumaine de l'Annonciation 8080 Christophe Colomb Montréal, Québec H2R 2S9 Société Canadienne de la Croix Rouge Div.Québec 2170 boul.René Lévesque ouest Montréal, Québec H3H 1R6 Tous vos dons seront envoyés à la Croix Rouge Internationale qui les fera parvenir en totalité aux victimes de la Roumanie.Vous recevrez un reçu pour fins d'impôt.çue à Nicosie, quelque 300 Azéris soviétiques ont bravé le froid pour manifester dimanche pendant quatre heures au bord de l’Araxe.Sous le regard des gardes-frontière soviétiques qui ne sont pas intervenus, ils ont exprimé leur solidarité avec leurs parents iraniens et ont scandé des slogans islamiques tels que « Allah Akbar !» ou « Le sang de Dieu coule dans nos veines ! » La seconde manifestation, à la frontière turque, a été plus mouvementée, selon un journaliste des Iz-vestia présent sur place.Les manifestants ont menacé de traverser le fleuve, qui fait office de frontière, a-t-il écrit.« La situation est devenue explosive et les gardes-frontière ont décidé de rester à l’écart pour éviter un bain de sang.Une minute après, les 250 mètres de palissades avaient été arrachés».Par ailleurs, le Front populaire azéri devait publier hier un nouveau programme politique et élire de nouveaux dirigeants.NAIROBI (AFP) - L’Armée populaire de libération du Soudan (SPLA) a annoncé avoir, par une attaque foudroyante, pris le contrôle samedi de la ville stratégique de Kajo Kaji (sud du Soudan), dans un communiqué diffusé hier par la radio rebelle captée à Nairobi.La radio avait affirmé samedi avoir remporté « l’une des plus grandes batailles de la guerre » contre le pouvoir de Khartoum en détruisant, après six jours de combats, une brigade de plus de 3000 soldats près de la garnison de Kajo Kaji, importante base militaire de la province de l’Equatoria Est (bien Est), proche de la frontière ougandaise.Le SPLA avait lancé samedi un ultimatum aux forces gouvernementales, leur donnant 34 heures pour évacuer la garnison de Kajo Kaji.Hier, la radio du SPLA a menacé d’attaquer d’autres garnisons dans l’Equatoria Est, conseillant aux troupes basées dans ce secteur d’engager des négociations avec la SPLA.Le mouvement rebelle affirme avoir saisi d’importants documents à Kajo Kaji, démontrant que le chef de la junte soudanaise, le général Omar Hassan el-Béchir, avait l’intention de dissoudre l’armée soudanaise pour la remplacer par une milice.Une proposition de Pyongyang écartée TOKYO (AFP) — Les États-Unis ont rejeté l’idée de négociations tripartites avec les deux Corée présentée par Pyongyang lors d’une réunion à Pékin, le 5 janvier dernier, selon un porte-parole du ministère nord-coréen des Affaires étrangères cité hier par 1 agence officielle KCNA captée à Tokyo.Pyongyang proposait des négociations tripartites États-Unis—Corée du Nord—Corée du Sud visant à « transformer la péninsule coréenne en zone dénucléarisée », a précisé KCNA.« La partie américaine a déclaré ne pas être prête à de telles négociations » au cours d’une réunion entre des conseillers nord-coréens et des membres de l’ambassade des États-Unis à Pékin, tenue à l’initiative américaine, a précisé ce porte-parole.Selon l’agence, le côté américain a soulevé la question d’un accord de sauvegarde dans la cadre du traité de non-prolifération nucléaire, la partie nord-coréenne considérant qu’un tel accord était une affaire entre Pyongyang et l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA).Honasan prépare un autre coup d’État aux Philippines MANILLE (AFP) — L’ex-colonel Gregorio Honasan, l’instigateur présumé du putsch manqué de début décembre contre la présidente Corazon Aquino, a déclaré n’avoir « d’autre choix que de lancer » la deuxième phase de son plan pour renverser le gouvernement, dans une lettre ouverte publiée hier par la presse philippine.Dans ce texte quelque peu sibyllin, le leader présumé des deux dernières rébellions militaires contre Mme Aquino déclare que son groupe n’a pas « d’autre choix que de lancer » la deuxième phase de l’insurrection.La tentative de coup d’Etat du 1er au 9 décembre derniers avait fait 119 morts et plus de 500 blessés.Plus de 1000 soldats, sur les 3000 qui auraient participé à la mutinerie, sont toujours en fuite, selon des statistiques militaires.L’ex-colonel qui est actuellement en fuite affirme que le « sauvetage démocratique » s’effectuera « sans violence et sans affrontements».« Les soldats à l’intérieur et à l’extérieur des camps ne tireront aucune balle », a-t-il affirmé sans d’autres précisions.Déjà dans une autre lettre publiée le 14 décembre par le journal News-day, il avait affirmé qu’une nouvelle tentative de coup serait lancée prochainement.« Lorsque les soldats réformistes-nationalistes lanceront finalement la phase II du mouvement, dans un futur proche, la bourgeoisie enragée devra craindre l’appel au pouvoir populaire mais le peuple jubilera car il sera libéré », avait déclaré l’ancien colonel, qui a été rayé des cadres de l’armée à la suite de la tentative de coup d’État d’août 1987.GRILLE DE PARUTION Les cahiers spéciaux du ¦ //s/////// y/A Série Services au?c entreprises v//> Les communications de l’entreprise Parution: 19 janvier Tombée: 12 janvier Éducation Parution: 26 janvier Tombée: 19 janvier Camps d’été Parution: 3 février Tombée: 26 janvier Carrières et formation technique Parution: 16 février Tombée: 9 février Pour information ou réservation: (514) 343-9645 ou 1-800-363-0305 L’ACTUALITE INTERNATIONALE Le Devoir, mardi 9 janvier 1990 ¦ 5 Nelson Mandela sera bientôt libéré Le chef de l’ANC dit qu’il quittera sa prison dans quelques semaines PAARL (AFP) — Le chef historique du Congrès national africain (ANC), Nelson Mandela, 71 ans, a mis à profit hier le 78e anniversaire de ce mouvement nationaliste noir (interdit en Afrique du sud depuis 1960) pour annoncer depuis sa prison, par l'intermédiaire de son épouse, qu’il serait libéré dans les prochaines semaines.« Ce n’est plus une affaire de mois.Sa libération surviendra plus tôt que cela », a déclaré, rayonnante, Winnie Mandela à l’issue d’un entretien d’environ trois heures et demie qu’elle a eu hier matin avec son mari, à la demande de ce dernier, dans la villa que le chef nationaliste noir occupe depuis décembre 1988 à la prison Victor Verster de Paarl (50 km à l’est du Cap).Un porte-parole de Mme Mandela, le dirigeant anti-apartheid Dullah Omar, a ensuite indiqué à la presse que Nelson Mandela avait fait venir son épouse pour discuter avec elle des « arrangements préalables concernant sa libération».Jusqu'à maintenant, après chacune de ses visites à son mari, Mme Mandela s'était toujours montrée pessimiste, assurant ne pas croire aux rumeurs de remise en liberté du chef historique de l’ANC qui circulent depuis des années.« C’est la première fois qu’il me fait venir pour discuter des préparatifs à sa libération », a-t-elle commenté, radieuse.Interrogé par l’AFP au sujet des propos de Mme Mandela, le ministre du Développement et de la planifi cation constitutionnelle, Gerrit Vil-joen, chargé par le président Fre-derik W.de Klerk des négociations avec les dirigeants de la majorité noire, a fait savoir qu’il n’avait aucun commentaire à faire.La libération de M.Mandela est l’une des principales conditions mises par l’ANC à l’ouverture de négociations avec le régime blanc.Un document élaboré par l’ANC et adopté en août dernier à Harare par l’Organisation de l’unité africaine (OUA) dresse la liste de ces exigences, que le gouvernement sud-africain a qualifié d’obstacles sur la voie des négociations.Au nombre de cinq, ces obstacles sont : la libération des prisonniers politiques (au premier rang desquels M.Mandela, le plus célèbre d’entre eux), la légalisation des organisations interdites (essentiellement l’ANC et le Congrès panafricain, un mouvement nationaliste noir rival), la levée de l’état d’urgence, le départ des forces de sécurité des townships et la fin de tous les procès et exécutions considérés comme politiques.De ces cinq gestes que l’ANC exige du pouvoir avant de s’asseoir à la table de négociations, la libération de M.Mandela est celui qui, de loin, aurait l’impact le plus spectaculaire sur la communauté internationale, comme en témoignent les appels répétés en ce sens de tous les gouvernements du monde.« Nous allons nous en occuper (des obstacles).Vite et bientôt », avait lancé vendredi dernier le ministre sud-africain des Affaires étrangères, Pik Botha, confirmant que le gouvernement avait d’ores et déjà décidé de relâcher prochainement M.Mandela.Certains observateurs estiment que F.W.de Klerk, qui a reçu M.Mandela à Tuynhuys, sa résidence du Cap, le mois dernier, pourrait mettre à profit son discours d’inauguration de la session parlementaire, le 2 février, pour annoncer officiellement la libération du prisonnier.Mais les propos d’hier de Mme Mandela incitent à penser que les choses pourraient aller encore plus vite et qu’il pourrait fort bien être relâché avant la fin du mots.Pour sa part, dans une déclaration publiée dimanche à Harare à l’occasion de son anniversaire, l’ANC a réaffirmé qu’il était de « l’urgente responsabilité » de Pretoria de créer les conditions permettant l’ouverture de négociations, mais a, dans l’immédiat, prôné une « intensification » de ses actions de guérilla.Sur le terrain, celles-ci ont pratiquement cessé depuis des mois.Tuerie au Salvador Un prêtre demande une enquête complète d'après AP el AFP SAN SALVADOR — Le recteur de l’Université centraméricaine au Salvador, Francisco Estrada, a déclaré que les aveux du président Alfredo Cristiani sur la responsabilité de certains militaires salvadoriens dans le meurtre de six jésuites n’étaient pas suffisants.« Il a seulement confirmé ce que nous avons dit depuis le début : nous demandons quelque chose de plus complet », a déclaré le révérend Es-trada.« Ce n’est pas suffisant de mettre de l’avant un sergent.La question est de savoir qui a ordonné au sergent de commettre ces actes » a-t-il dit.Le président salvadorien Alfredo Cristiani a reconnu dimanche soir la participation de membres des forces armées à l’assassinat de six jésuites et de deux employées de l’Université de San Salvador, le 16 novembre dernier dans la capitale.S’adressant au pays à travers la radio et la télévision, le président Cristiani a déclaré que « certains éléments des forces armées ont été mêlés » à l’assassinat des religieux.Il n’a toutefois pas révélé l’identité des militaires impliqués.Quelques heures auparavant une radio salvadorienne avait annoncé que plusieurs individus, parmi lesquels des membres de l’armée salvadorienne, venaient d'être arrêtés pour leur participation à l’assassinat.Les six jésuites assassinés, cinq Fspagnols et un Salvadorien, ont été abattus le 16 novembre dans l’enceinte de l’UCA (Université Centraméricaine de San Salvador).Parmi eux se trouvaient le recteur de l’Université Ignacio Ellacuria et son vice-recteur Martin Baro.Ces deux hommes avaient été accusés à plusieurs reprises par des hauts responsables militaires d'être les idéologues de la guérilla.L’assassinat, qui, selon des témoins, a été commis par un groupe d’une trentaine d’hommes vêtus en civil, a eu lieu au sixième jour de l’offensive déclenchée par la guérilla du Front Farabundo Marti pour la Libération nationale (FMLN), la plus importante depuis dix ans.Le président Cristiani a justifié le silence gardé sur l’identité des militaires impliqués en se soulignant la nécessité de ne pas gêner l’enquête et de ne pas donner lieu à des spécu-lations sur cette affaire extrêmement délicate.Le chef de l’État salvadorien a ajouté qu’« une commission spéciale d’honneur composée d’officiers supérieurs et d’avocats civils a été créée afin de déterminer le circonstances exactes de l’assassinat et faire éclater la vérité dans toute son étendue, en raison du fait que l’armée ne permettra à aucun de ses membres d’entacher son professionnalisme et son moral ».Union soviétique Journaliste MOSCOU (AFP) — Le journaliste indépendant soviétique Sergueî Kouz-netsov, qui avait été condamné à trois ans de camp de travail en novembre pour avoir notamment « calomnié » des responsables locaux du KGB, a été libéré, hier soir, à Sverdlovsk (Oural), a annoncé l'un de ses proches, M.Andreï Mironov.Lors d'un appel téléphonique à l'AFP, M.Mironov, un défenseur des droits de l'homme, a précisé que le tribunal de Sverdlovsk n’avait finalement retenu à l’encontre de M.Kouznetsov que le motif d’accusation d’« outrage à une personne », passible d’un maximum de six mois de prison.Le journaliste ayant déjà passé dix mois en prison, il se trouve désormais libre, toujours selon M.Mironov, qui précisait tenir ces infor- PHOTO AP mm # pÉSif ; SS Le Canada occupe son siège à l’OÉA Le Canada est devenu officiellement hier le 33e membre de l’Organisation des États américains (OÉA), au sein de laquelle il siégeait depuis 1972 comme observateur permanent.Le nouvel ambassadeur canadien, M.Jean-Paul Hubert, a présenté à cette occasion ses lettres de créances.L’ancien diplomate accrédité près l’OÉA, M.Richard Gorham (à gauche), a signé, hier après-midi, la charte de l’organisation en compagnie de son secrétaire général, Joao Clemente Soares, à droite.Le ministre des Affaires étrangères de Colombie menace de démissionner BOGOTA (AFP) — Le ministre colombien des Affaires étrangères, Julio Londono, serait sur le point de démissionner, a annoncé hier la radio privée Caracol, citant une « haute source gouvernementale ».Selon des informations circulant dans les milieux politiques, M.Londono était en désaccord avec l’attitude de l’exécutif colombien à props de l'intervention militaire américaine au Panama, car il était partisan d’une condamnation plus explicite.La rumeur d’une démission de M.Londono circulait dans les mêmes milieux depuis la semaine dernière.Après l’intervention américaine, le gouvernement colombien avait exprimé dans un communiqué sa « profonde préoccupation », tout en soulignant que l’homme fort du Panama, le général Manuel Antonio Noriega, avait créé « une ambiance de perturbation » dans le continent.Mais 24 heures après la publication de cette position officielle, M.Londono, dans une énergique déclaration publique, avait réclamé le retrait immédiat des troupes américaines du Panama.Il était ensuite parti en vacances dans Plie colombienne de San Andres, dans la mer des Caraïbes, où il se trouvait encore hier.D’après Radio Caracol, M.Londono devrait être remplacé par l’ambassadeur de Colombie à Washington, Victor Mosquera Chaux, ou par l’ambassadeur à Paris, Fernando Rey.Confrontés à des protestations du libéré mations de l’avocat de M.Kouznetsov, Me Sergueî Kotov.L’acte d’accusation de « calomnie (de responsables du KGB) et de résistance à la milice », retenu à l’origine contre M.Kouznetsov, a été levé, selon M.Mironov.M.Kouznetsov, collaborateur à Svredlovsk des bulletins dissidents Glasnosl et Express-Khronika, avait été arrêté il y a un an.Il avait été relâché en août puis à nouveau arrêté en octobre et condamné le mois suivant.Des proches du journaliste avaient annoncé à plusieurs reprises des grèves de la faim du journaliste, dont l’état de santé, selon M.Mironov, est actuellement fragile.L’incarcération de M.Kouznetsov avait suscité de nombreuses protestations dans les pays occidentaux.gouvernement colombien, les États-U nis tentaient hier de calmer le jeu en minimisant la portée des informations selon lesquelles ils envisagent un blocus anti-drogue des côtes colombiennes avec un porte-avions et un croiseur.Les deux navires, le porte-avions John Kennedy et le croiseur Virginia, ont quitté leur base de Norfolk (Virginie) jeudi soir.Sans toutefois les confirmer, l’US Navy n’avait à l’origine rien fait pour démentir les rumeurs insistantes concernant le rôle de ces deux navires dans les efforts anti-drogue américains.Il apparaissait hier que l’irritation de la Colombie — dont la presse avait évoqué l’éventualité d’un blocus américain — incitait Washington à tenter de minimiser l’affaire.La Maison-Blanche a ainsi souligné qu’aucun accord concernant l’entrée en jeu des deux bâtiments dans la lutte anti-drogue n’avait été conclu avec le gouvernement colombien.La présidence américaine a également réaffirmé qu’aucune décision de déploiement ne serait prise sans l’agrément du gouvernement de M.Virgilio Barco.Elle a en outre fait l’éloge de la Colombie pour sa coopération dans la guerre contre les trafiquants, dans un effort évident pour ne pas heurter de front les pays latino-américains, principalement les trois pays andins (Colombie, Pérou et Bolivie), déjà irrités par l’intervention au Panama, et qui doivent participer à un sommet anti-drogue avec le président George Bush le 15 février à Cartha-gène (Colombie).Ce sommet avait été remis en question par le Pérou, en protestation de l’intervention au Panama mais depuis, Lima est revenu sur sa décision de boycottage.Au Pentagone, on se bornait par ailleurs à indiquer que les deux bâtiments étaient actuellement en « manoeuvres de routine » dans l’Atlantique, en rappelant que FUS Navy ne fournissait pas d’informations sur les mouvements de ses navires.Il faudra de toutes façons plusieurs jours au Kennedy et au Virginia pour atteindre les eaux internationales au large de la Colombie, soulignent les observateurs.Selon des responsables américains ayant requis l’anonymat cités par le Washington Post hier, le plan original consistait « à informer la Colombie avant que la nouvelle ne devienne publique » mais les radios colombiennes, premières à évoquer ce blocus, ont fait échouer cette stratégie.« Nous nous sommes faits prendre au dépourvu », a indiqué l’un de ces responsables au Washington Post.LE DEVOIR Renseignements.(514) 844-3361 l£S ^ Administration.(514) 844-3361 VERédaction.PU) 842-9628 DÉ 9HOO A16^ Annonces classées.(514) 286-1200 Publicité.(514) 842-9645 numéro sans frais.1-600-363-0305 Abonnements Les numéros de téléphone suivants sont valables pour le service de livraison par camelot.Pour les abonnements postaux, contactez le (SU) 844-7457 Montréal.(514) 332-3891 ou (5141844-5738 Québac.(4 II) 845-2080 Extérieur- Indécattl 514.1-800-36!-60S9 Indicatif 418.1-800-463-4747 Indicatif 819.1-800-361-5699 Indicattt 613.1-800-381-5699 10 000 personnes ont péri durant la révolution roumaine d'après AFP et Reuter BUCAREST — Le nombre total de morts durant la révolution roumaine ne dépasse pas 10 000, a déclaré hier dans une interview à l’AFP M.Silviu Brucan, membre du bureau exécutif du Conseil du Front de Salut National (CFSN).Pendant ce temps, le premier procès d'un « terroriste » de la Securi-tate — un commandant de police qui avait tiré sur des officiers de l'armée à Sibiu le jour de la chute de Ceau-sescu — se concluait par une condamnation à neuf ans de prison.Au sujet du « génocide de 60 000 victimes » reproché à Nicolae Ceaucescu el à son épouse Elena, M.Brucan a précisé qu’il correspondait à toutes les exécutions opérées en Roumanie durant les 25 ans de pou voir des Ceausescu, ainsi qu’aux victimes de la révolution.Interrogé sur le CFSN, M.Brucan a répondu que le Front était une « organisation politique sans idéologie définie ».« Le seul élément idéologique que l'on peut appliquer au Front, a-t-il dit, est qu’il se situe à gauche, dans un sens très large ».« C’est pourquoi, a dit M.Brucan, nous avons estimé que pour continuer l’oeuvre commencée pendant la révolution, le Front devait se présenter aux élections comme une organisation politique pluraliste ouverte à toutes les forces politiques avec des idées et des conceptions, des philosophies différentes, à la seule condition qu’elles soient d’accord sur les quelques points qui ont été définis comme prioritaires par le Front».« Le Front, a ajouté M.Brucan, va présenter ses propres candidats — parfois plusieurs par secteur électoral — pour se battre contre les partis politiques d’opposition.Je veux préciser que ces partis d'opposition ont l’embarras du choix : ils peuvent participer aux élections à l’intérieur du Front ou à l’extérieur».À propos du libre accès à la radio et à la télévision pour les partis d'opposition, M.Brucan a répondu que le Front avait l’intention d’« organiser une table ronde avec tous les partis politiques pour discuter en détail de ces problèmes, y compris la date des élections ».« On travaille actuellement à une nouvelle loi électorale, a encore dit M.Brucan, que nous espérons présenter la semaine prochaine a la presse, à la radio et à la télévision pour un large débat public.Le projet ne sera finalisé qu’après ce débat ».Par ailleurs, un commandant de ta la police roumaine a été condamné hier à neuf ans de prison pour tentative de meurtre à Sibiu, dans le nord du pays, au cours du premier procès public d’un des « terroristes » partisans de Nicolae Ceausescu.Le commandant Ion Bundea avait ouvert le feu sur un groupe de cinq officiers de l’armée le 22 décembre, jour de la chute de Ceausescu.La télévision roumaine a diffusé des extraits de son procès au cours de son journal télévisé de fin de soirée.L’homme, âgé de 49 ans et cantonné à Brasov, avait été envoyé à Sibiu pour y aider la police à écraser l’insurrection contre les anciens maîtres du pays.Il avait essayé de fermer un central téléphonique militaire, afin d'empêcher les communications entre les unités de l’armée en rébellion contre Ceausescu.À son entrée dans l’immeuble, il avait tiré sur un groupe de cinq officiers et avait touché 1 un d’eux avant d’être maîtrisé.« Je ne voulais pas tirer sur qui que ce soit », a-t-il déclaré les larmes aux yeux au tribunal.« En 110 ans de service, je n’ai jamais tiré sur personne ».Le CFSN a promulgué dimanche un décret instaurant des tribunaux militaires d’exception pour juger les « terroristes ».Bulgarie Des discussions s’ouvrent sur les problèmes ethniques SOFIA (Reuter) — Les nationalistes bulgares ont suspendu hier grèves et manifestations contre le rétablissement des droits religieux et culturels des musulmans en attendant l’issue de discussions d’une commission parlementaire constituée pour examiner les problèmes ethniques du pays.La création d’un Conseil national a été annoncée dimanche par l’Assemblée nationale après une semaine de manifestations contre l’arrêt de la politique d'assimilation des 1,5 million de Bulgares de souche turque, en vigueur sous l’ancien numéro un To-dor Jivkov, mis à l’écart le 10 novembre.Le Conseil s’est réuni pour la première fois hier et a rassemblé, aux côtés d’Andrei Loukanov, membre du bureau politique du PC bulgare et représentant du gouvernement, des dirigeants de l’opposition ainsi que des représentants des nationalistes et des Turcs de souche.Petar Beron, membre du mouvement écologiste d’opposition Eco-Glasnost, a déclaré que la réunion d’une heure avait permis de fixer le déroulement d’une autre rencontre prévue pour aujourd’hui.« Je pense qu’ils parviendront à résoudre la question », a-t-il dit sans autre précision.Des milliers de nationalistes bulgares s'étaient à nouveau réunis dimanche à Sofia pour réitérer leur demande d’organisation d’un référendum national sur les droits des Turcs de souche.L’opposition, qui reconnaît avoir perdu de sa popularité en apportant son soutien aux Turcs, a accusé des éléments conservateurs du Parti communiste d’avoir encouragé les manifestations pour saboter le processus démocratique en cours depuis la mise à l’écart de Jivkov.Une table ronde sur les réformes démocratiques doit s’ouvrir la semaine prochaine entre le gouvernement et l’opposition mais Constantin Trentehev, président du syndicat non officiel Podkrepa, a dé duré que ce dialogue risquait d'être repoussé si le problème ethnique n’était pas réglé d’ici là.INSCRIPTION AUX ACTIVITÉS SPORTIVES* Mardi 9 janvier Programmes aquatique et de conditionnement physique Mercredi 10 janvier Programme éducatif Jeudi 11 janvier Tous les programmes incluant le Programme périnatal Lundi 22 janvier tous les programmes De 19:00 à 20:00 Au CEPSUM, complexe sportif de l'Université de Montréal INFORMA TION: 3a3-6150 Université de Montreal Service* aux etudiants Service des sports ©Accessible directement par métro Station Édouard-Montpetit 6 ¦ Le Devoir, mardi 9 janvier 1990 Fondé par Henri Bourassa le 10 janvier 1910 Directeur: Benoit Lauzière Rédacteur en chef: Paul-André Comeau Directeur des services administratifs: Christian Charron FAIS CE QUE DOIS Rédacteurs en chef adjoints: Directeur de l’information: Jean Francoeur, Jacques Chabot Albert Juneau, Directeurs adjoints: Michel Letèvre Guy Deshaies, Pierre Cayouette Les Amis du lac Meech Un effort courageux pour corriger la duplicité partisane LE SÉNATEUR Lowell Murray a repris hier son bâton de pèlerin.Le patron de la « diplomatie tranquille » a rencontré le Premier mi-nistre du Nouveau-Brunswick, M.Frank McKenna, dans l’espoir d’amener ce dernier à lever ses objections aux accords du lac Meech.Ce pèlerinage s’inscrit dans un contexte où s’entremêlent initiatives intéressantes et interventions saugrenues.Une démarche importante et significative : on a un peu trop facilement tendance à oublier le rôle majeur joué par M.McKenna dans la levée de boucliers contre le projet d’entente constitutionnelle.À peine élu à la tête d’une Chambre uni-partisane, le nouveau chef du gouvernement du Nouveau-Brunswick emboîtait le pas à la croisade lancée par l’ancien Premier ministre du Canada, M.Pierre Elliot Trudeau.Et cela, bien avant la crise au sujet de la loi 178, contrairement à ce qu’on voudrait laisser croire.Des dirigeants politiques se sont donc levés pour tenter de sauver les meubles dans une entreprise qui paraît de plus en plus désespérée et déespérante, tout à la fois ! La démarche est courageuse.Lancer les « Amis du lac Meech » à ce moment-ci, c’est s’inscrire à contre-courant au sein d’une population anglophone de plus en plus gagnée au rejet pur et simple des accords conclus au printemps 1987.L’entreprise vient tardivement, elle découle de la prise de conscience de l’impasse qui se dessine, des questions angoissantes que l’on commence enfin à formuler dans certains milieux.Les têtes d’affiche de ces « amis du lac Meech » ont malheureusement été incapables de situer leur entreprise dans une perspective d’unanimité partisane.Bien sûr, des Liberaux ont immédiatement joint les rangs de ce mouvement, mais on aurait préféré voir l’un d’eux partager la co-pré-sidence.À quelques mois du congrès â la direction du parti, c’était quasiment demander une forme d’héroïsme de la part de ces hommes et de ces femmes qui n’entendent pas « mettre leur tête sur le billot ».Une fois suffit, serait-on tenté de préciser.Peu importe l’issue définitive de cet épisode des relations entre le Québec et la fédération, ces militants politiques auront tout de même tenté de sauver l’honneur de leur formation.Car, l’attitude des néo-démocrates et des libéraux ne correspond pas exactement à l’image que l’on se fait de la loyauté.Le NPD et son leader sortant ont solennellement renié le vote enregistré à la Chambre des communes au moment de l’examen des accords Meech-Langevin.Les Libéraux se préparent à les imiter et à les rejoindre dans un geste que l’Histoire enregistera et jugera sévèrement.Trahir la parole donnée et invoquer la vertu, c’est s’engager dans une voie périlleuse.La démocratie n’en sort pas grandie.Personne n’a de quoi marcher la tête haute.Quelques heures avant la convocation des « Amis du lac Meech », Madame Jeanne Sauvé a versé son écot personnel.À la faveur de son message de fin d’année et à la veille de céder ses fonctions vice-royales à un unilingue « compétent », Mme Sauvé a incité tous les Canadiens à accepter le défi des accords du lac Meech.Vertu outragée, petite science constitutionnelle outrée, tout un beau monde s’est élevé contre cette intervention.Madame Sauvé aurait failli à ses obligations constitutionnelles en prenant fait et cause pour un projet pourtant déjà approuvé et entériné par le Parlement du Canada.La belle affaire, la triste hypocrisie ! Sans devoir invoquer les précédents établis par la Reine Élizabeth II, un principe élémentaire doit être rappelé à l’intention des esprits prudes.Un souverain a le droit et le devoir d’intervenir et de rappeler raison lorsque l’intégrité de son pays est menacée.Toute autre attitude relèverait de l’inconscience ou du je-m’en-foutisme.Encore une fois, on a fait un mauvais procès.L’Histoire retiendra plutôt le courage et la lucidité des propos de fin de mandat de Madame Sauvé.Enfin, dans cette chronique, faut-il vraiment relever la dernière trouvaille du Premier ministre de Terre-Neuve, M.Clyde Wells ?Ce dernier voudrait soumettre à référendum les accords du lac Meech.Facile de prévoir les résultats : on assisterait tout simplement à la répétition du « plébiscite » de 1942 oÛ les deux Canadas avaient voté l’un contre l’autre.Inutile d’épiloguer sur le sens et les conséquences vraisemblables de cette trouvaille d’un apôtre de la onzième heure.Pourquoi imposer aujourd’hui ce qui ne s’est pas avéré indispensable en 1982 ?Deux poids, deux mesures, selon que le résultat de l’entreprise s’inscrit ou pas dans une certaine vision de l’ordre fédéral.Du déjà vu ! — PAUL-ANDRÉ COMEAU La « guerre » contre la drogue L Invasion de Panama a réveillé les pays d’Amérique latine LES ÉTATS-UNIS, en envahissant Panama, auront peut-être torpillé un ambitieux plan de « guerre » de Washinton contre le trafic de la drogue d’Amérique latine.La Colombie vient de s’opposer publiquement à toute « manoeuvre » conjointe avec le Pentagone dans les Caraïbes.Plusieurs gouvernements, faut-il comprendre, avaient déjà donné leur accord, mais ils se sont réveillés en voyant Washington intervenir dans les affaires intérieures d’un pays voisin, aussi dominé par des narco-trafiquants.La Maison Blanche s’emploie ces jours-ci à rassurer les capitales latino-américaines.Mais le débat est désormais ouvert.Le plan des États-Unis est simple.Il s’agit de surveiller à partir d’installations d’écoute au sol, d’avions espions et de navires de guerre toute la circulation aérienne des Andes, d’y repérer les routes et les appareils empruntés par les trafiquants, et d’en abattre quelques-uns pour inciter les autres à ne plus voler.Ce plan tout militaire suppose que les États-Unis remplacent en pratique les forces armées nationales de ces pays dans la surveillance de leur propre territoire, ou s’y fassent une place « conjointe » mais qui leur donne néanmoins accès à toutes les informations, de manière à séparer les bons des méchants avions.Cette présence américaine, sans être aussi im- posante qu’au canal de Panama, ne va pas manquer d’inquiéter désormais les gouvernements de Lima, Quito, La Paz, Bogota et Caracas.Sous couvert de lutte contre la drogue, Washington serait en effet au coeur de l’appareil de renseignements le plus sensible.La drogue faisant partie de la vie sinon de la politique de ces pays, il y a de quoi faire réfléchir non seulement les narco-commer-çants, mais les politiciens les plus intègres.L’arrogance avec laquelle le Pentagone a maintenu l’envoie de son escadre en dit long sur le respect des autorités nationales dans ce « plan » qu’on a mis en marche sans plus de scrupules diplomatiques, et avant même que le sommet de février auquel M.George Bush doit participer avec les chefs d’État du sud, ait tiré ses conclusions.En discréditant ses « alliés », Washington ne va pas les aider dans la lutte, déjà très difficile, qu’ils doivent livrer aux armées de la drogue.La fringale des militaires nord-américains parait d’autant plus suspecte qu’aux États-Unis même les opérations « vigoureuses » annoncées contre la drogue tardent à se rendre jusque dans les villes du pays.Bref, la « guerre » à la drogue restera problématique aussi longtemps que les GI de l’Oncle Sam seront parachutés dans les rues de Panama City, mais pas dans celles de New York.— JEAN-CLAUDE LECLERC Cafouillage interministériel Manque de coordination entre la RAAQ et la police À PREMIÈRE VUE, l’attitude de la Sûreté du Québec — refusant d’appliquer un règlement découlant d’une loi de l’Assemblée nationale — est condamnable.Les policiers n’outrepassent-ils pas leurs prérogatives en décidant de surseoir à la vérification du port de la ceinture, à l’arrière comme à l’avant d’un véhicule ?En principe, oui.Mais il y a des circonstances atténuantes, dont la Régie de l’assurance automobile a d’ailleurs dû tenir compte sans délai.Adopté en décembre 1986, le Code de la sécurité routière accentuait les obligations à l’égard du port de la ceinture de sécurité et l’usage d'un dispositif de retenue pour les enfants de moins de cinq ans.Toutefois, les dispositions concernant les passagers prenant place sur le siège arrière d’un véhicule ne s’appliquaient qu’à la date fixée par le gouvernement.Trois ans plus tard, soit le 6 décembre dernier, le ministre des Transports a recommandé que ces mesures entrent en vigueur le 1er janvier.Ce qui fut adopté par un décret du conseil des ministres.Sans crier gare, sans avis, en pleine période des Fêtes ! Or, le ministre des Transports, qui est également responsable de la RAAQ, a négligé d’en informer cette dernière; ou alors,présumant oue nul n’est censé ignorer la loi, la Régie avait prévu une campagne publicitaire au début du printemps prochain ! Entretemps, la Sûreté du Québec devrait faire preuve de compréhension, voire de tolérance.Un beau cafouillage que la SQ a bien fait ressortir en faisant état des appels téléphoniques de nombreux citoyens s’enquérant de la loi.Le ministre bicéphale, M.Sam Elkas, a rouspété, rappelant que le port de la ceinture sur la banquette arrière est désormais obligatoire.Et « tous les corps policiers du Québec sont tenus d’appliquer ces nouvelles dispositions ».Fort bien, mais à la condition que les citoyens en soient dûment informés, qu’on ne les piège pas, et qu’il y ait concertation et coordination entre les organismes gouvernementaux.La situation était tellement ridicule que, tout en rappelant les policiers à leur devoir, le ministre annonçait en catastrophe une campagne publicitaire.D’i " côté, M.Elkas faisait mine de blâmer les polie, .s, de l’autre, il leur donnait raison.Heureuse faute, en quelque sorte, qui oblige la RAAQ à nous faire savoir que « la loi est très simple : il faut porter la ceinture, à l'arrière comme à l’avant ».Si simple, en fait, que bien peu de personnes se rappelaient des dispositions législatives de décembre 1986.Plus important encore, ce cafouillage intergouvememental permet de jeter un regard neuf sur les nécessaires mesures de sécurité routière.Des progrès importants ont été faits au cours des années récentes, mais il reste beaucoup de chemin à parcourir.Par exemple, n’est-il pas inquiétant d’apprendre que tous les véhicules ne sont pas encore munis de ceintures à l’arrière ?Et que plusieurs véhicules n’ont que deux ceintures sur la banquette arrière, alors que, étrangement, trois personnes peuvent y prendre place ?Il y a d’autres questions.Par exemple, pourquoi la simple ceinture ventrale est-elle tolérée si elle est moins efficace, comme on le prétend, que la ceinture avec baudrier ?Ou encore, qu’advient-il des recommandations d’experts concernant les coussins gonflables ?Le Conseil des affaires sociales a proposé en décembre 1988 que, d’ici deux ans, toute voiture soit équipée d’appuis-tête fixes, d’un coussin gonflable à l’avant et de ceintures à trois points d’ancrage à l’arrière.Déjà, la promotion de la ceinture de sécurité a permis de réduire les décès et, dans une moindre mesure, les blessures graves.La nécessité de mesures préventives n’est plus à faire.Il importe de mettre fin au cafouillage et d’aller plus loin.— GILLES LESAGE n- O ce M£SSA6é t\Eîé RerTShJü €T f*Y£ PAR la RAAQ / LETTRES AU DEVOIR Insensibles Lettre à M.Cilles Cloutier, recteur de l'Université de Montréal VOUS ME faites parvenir une invitation à participer à une cérémonie en l’honneur des lauréats de bourses d’excellence de l’U de M qui aura lieu le 11 janvier.Cette bourse de 500 $ que j’ai reçue en novembre, devait servir en premier lieu à payer mes frais de scolarité.À peine un mois plus tard, le ministre de l’Éducation annonçait une augmentation de 120 % de ces mêmes frais.Nous apprenions également que les recteurs avaient applaudi à la mesure, considérant qu’elle allait résoudre en partie le problème du sous-financement des universités.Ainsi, même s’ils sont plus près des étudiants et donc plus susceptibles de connaître et de comprendre leur situation, les recteurs restaient insensibles aux revendications estudiantines.Désormais, seuls ceux qui ont les moyens de le faire iront à l’université.Vous émettez le souhait de me compter au nombre des diplômés des 2e et 3e cycles de l’U de M.Après avoir pris connaissance de votre appui à une telle politique du gouvernement, je ne puis comprendre vos paroles.Si les frais augmentent à 1240 $ par an, je vais être obligée de réviser mes projets et, en particulier, de remettre en question d’éventuelles études de 2e et de 3e cycles.Mon cas n’est malheureusement pas une exception.Plusieurs, comme moi, devront mettre un terme à leurs études plus rapidement qu’ils ne le voulaient.Je ne participerai pas au défilé des boursiers et des boursières.— RENÉE-CLAUDE LORIMIER Montréal, le 3 janvier.Il devrait se taire AU lendemain de l’invasion de Panama, j’ai vu et entendu à la télévision M.Brian Mulroney déclarer, pour justifier le geste américain, que « les États-Unis n’avaient pas d’autre choix ! Noriega est un tueur et un drogué ! » Les experts en droit international, depuis, ont déclaré que l’agression américaine était injustifiable, malgré la déclaration de guerre du général Noriega.Quand donc les États-Unis et le Canada aussi, bien sûr, suivant le tout récent exemple de l’URSS, voudront-ils enfin se mêler de leurs strictes affaires ?Le Canada n’avait ni à cautionner ni à singer le geste américain d’agression, sans pour autant se trouver complice des activités fort répréhensibles que reproche à M.Noriega l’opinion publique.La neutralité n’est pas la complicité.Du reste, le Canada et la Grande-Bretagne se sont ensuite trouvés isolés, sur le plan international, à faire figure de « sui-veux » des Américains.Une règle bien connue des praticiens de la « Common Law », et M.Mulroney en est fort averti, veut que tout citoyen soit présumé innocent, jusqu’à preuve du contraire.De quel droit M.Mulroney a-t-il jugé le général Noriega, avant même sa comparution devant aucun tribunal quelconque ?Je trouve scandaleux ce propos de notre premier ministre et indigne du très haut rang de son auteur.L’annonce de la fuite de Ceau-sescu, aussitôt après, semble avoir offert à M.Mulroney une occasion de se prononcer plus judicieusement sur une question d’actualité.Là encore, il m’a paru se montrer inférieur à la situation.Il s’est réjoui, certes, de la chute d’un régime dictatorial depuis quelque temps sévèrement dénoncé par l’opinion internationale.Mais, après avoir mal assimilé une leçon que ses proches n’avaient pu s’empêcher de lui donner un jour précédent, il ajoutait aussitôt, faisant référence au despote en fuite avec son épouse : « J’espère qu’ils seront jugés ».Je vous avoue ma déception cette fois encore.Car, je me préoccupais bien davantage du sort d’un peuple opprimé depuis 25 ans, de ses hécatombes toutes récentes et des.luttes périlleuses qui l’attendent avant de retrouver la paix et la prospérité.Puisse M.Mulroney se taire quand il n’aura rien à dire, et se prononcer plus judicieusement quand il décidera de parler.— PAUL BOUCHARD Lac-Kénogami, le 30 décembre.Qui génère la violence ?L’EFFROYABLE tuerie à la Polytechnique m’a interpellé et je me suis arrêté à réfléchir sur les causes qui peuvent générer de la violence dans notre société.Or, j’en suis venu à me demander pourquoi il n’y avait pas encore plus de violence.Au Québec, par exemple, j’ai choisi au hasard deux nouvelles.L’une nous montre la photo à la mine réjouie de l’honorable Bour-beau, annonçant triomphalement une offensive majeure contre les assistés sociaux, qui dorénavant seront poursuivis par une équipe de fonctionnaires à qui il donnera des pouvoirs renforcis ! Le lendemain, les mêmes médias nous rapportaient le cas du président de Rexfort qui a réussi le tour de force d’obtenir de l’État un contrat à faire rêver tout entrepreneur privé.Dans un autre endroit, ce sera la spéculation qui permettra à des privilégiés de réaliser en quelques mois autant de bénéfices que la classe agricole en un an pour nous fournir, elle, pain, viande, fruits, légumes, et produits laitiers.À Montréal, le Stade olympique a déjà englouti l’équivalent d’une aluminerie sans compter les déficits d'opérations que nous devons payer chaque jour et l’artisan principal de cette bêtise est récompensé.Et notre BFD qui prête à coups de millions l’argent des contribuables à des clubs de danseuses.Son président déclare candidement qu’il n’était pas au courant.Quand on sait la paperasse qu’exige cette banque avant de consentir un prêt à une PME, il faudrait être bien naïf pour avaler une telle couleuvre.La même semaine, Le Point de Radio-Canada nous informe qu’à Montréal, deux à trois milles personnes couchent dehors.Pendant ce temps, au Québec, les statisti-ues disent que près d’un million e personnes, dont une fraction importante sont des jeunes, vivent sous le seuil de la pauvreté.Si j’avais 20 ans, je crois que je serais violent.— Thomas-Louis TREMBLAY Alma, le 17 décembre.¦ Avis de l’éditeur Les * Lettres au DEVOIR • doivent être signées.L’adresse et le numéro de téléphone sont requis également, mais seulement pour nos dossiers.Prière de s’en tenir à moins de deux pages, dactylographiées à double interligne, et de faire parvenir le texte à l’attention de Jean-Claude Leclerc.LE DEVOIR ne s’engage pas à publier toutes les lettres reçues et se réserve d’en réduire au besoin la longueur.Des produits alternatifs EN RÉPONSE à la lettre de M.Paul Roberge adressée à Brian Mulroney (3 janvier) où il était question des dépenses militaires (les munitions de Valcartier) versus les programmes d’aide aux pays en voie de développement, je crois qu’il y a certaines mises au point qui doivent être faites : — effectivement, le « climat de détente » au niveau international nous amène à réévaluer les budgets de la défense ; — la population en général n’appuie plus le haut niveau des dépenses dans ce secteur ; — les négociations Gorbatchev-Bush vont d’ailleurs dans le sens de la réduction des budgets ; — la volonté des peuples de briser les dictatures pour se diriger vers une plus grande démocratisation (Amérique latine) ; — démocratisation de l’Europe de l’Est.Mais comme travailleurs des Industries Valcartier, nous pouvons constater que, pour les trois prochaines années, les commandes en munitions ont été coupées de 25 %.Ce qui se traduit par la perte de 100 emplois.Déjà, depuis 1985, 400 emplois ont disparu.Il est donc clair qu’il y a une baisse des besoins militaires canadiens.C’est pourquoi les travailleurs font appel aux gouvernements provincial et fédéral (programme CAMO) pour le financement d’une étude de diversification portant sur des produits alternatifs civils.Ce qui permettrait aux travailleurs mis à pied (dont la majorité ont plus de 25 ans d’ancienneté à l’usine) de retrouver l’emploi qu’ils ont perdu.Pour tous ces travailleurs, il s’agit donc de la même question : « Du pain ou des armes ?» — MICHAEL GINGRAS vice-président Québec, le 4 janvier.LEDEVOIR LE DEVOIR est publié par l'Imprimerie Populaire Limitée, société à responsabilité limitée, dont te siège social est situé au numéro 211, rue du Saint-Sacrement, Montréal, H2Y 1X1.Il est composé et imprimé par Imprimerie Dumont, Division du Groupe Québécor Inc., dont les ateliers sont situés au 7743, rue Bourdeau, LaSalle.L'Agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les intormations publiées dans LE DEVOIR.LE DEVOIR est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., située au 775, boul.Le-beau, St-Laurent.Courrier de deuxième classe enregistrement numéro 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec (514) 844-3361 Abonnements (514) 844-5735 .LE DEVOIR .(USPS =003708) is published daily by L'Imprimerie Populaire.Limitée.211 rue St-Sacrement Montréal.Québec H2Y IXt Subscription rate per year is 5 439 00 USD Second Class Postage paid at Champlain, N Y U S POSTMASTER send address changes to Insa, PO Bo* 1518.Champlain.NY 129191518 Le Devoir, mardi 9 janvier 1990 ¦ 7 DES IDEES, DES EVENEMENTS Bilan d’une décennie de conflits Les années 80 laissent 15 millions de réfugiés sur la conscience de l’humanité DIEMU KALUNDA Le président de la Société québécoise de solidarité internationale résume le bilan fait à la fin 1989 par la SQSI et d'autres organismes, au sujet de la situation des réfugiés dans le monde.LES ANNÉES SO se sont achevées « dans la paix », mais en laissant à travers le monde près de 15 millions de réfugiés, en grande majorité des femmes et des enfants.La guerre civile fait encore rage au Salvador et au Nicaragua; et, quoi qu’on en dise, Haïti n’est pas pacifiée.Les morts se comptent par milliers au Sri Lanka.Des millions d’Afghans attendent désespérément le moment de regagner leur pays.L'Éthiopie reprend la « vedette »; on y meurt de faim encore, de maladies également, mais aussi de ces bombes que l’armée ne cesse de faire pleuvoir sur les civils.Un président sud-africain reçoit Nelson Mandela, en prison depuis 1963, mais ce n’est qu’en Europe de l’Est que les murs tombent et que les peuples descendent librement dans les rues.Ici et là en Asie Des boat people vietnamiens sont toujours en mer.Des pirates aussi, violeurs de femmes parfois payés pour guetter leurs victimes.Les pays d’accueil voisins, déjà aux prises avec d’énormes problèmes, n’en peuvent plus.Des Vietnamiens, qui avaient été accueillis à 1 long Kong, sont sommés de quitter le territoire, et même refoulés.Le Canada s’est joint à des nombreux pays qui protestent contre cette mesure inhumaine.Les Soviétiques ont quitté l’Afghanistan au début de 1989.Mais on dénombre toujours deux à trois millions de réfugiés afghans au Pakistan et en Iran.Dans ce dernier pays, ils sont confinés à l’intérieur de limites précises et il leur est interdit de travailler et surtout de se mêler à la population iranienne.Au Sri Lanka, l’année 1989 a été très douloureuse.On y dénombre plus de 1000 morts par mois.La présence des militaires indiens n’a rien _ une majorité des réfugiés installés au Québec, et où les armes, hélas, font toujours la loi.Il n’y a pas si longtemps, le Salvador n'offrait-il pas à nouveau un sinistre spectacle ?Des groupes para militaires, proches du gouvernement, ont diaboliquement perpétré des massacres, sous prétexte qu’il s’agit d’opposants armés par le Nicaragua.Pourtant, de nombreux témoignages, notamment des observateurs d’ici, donnent une version contraire.Entre-temps, des milliers de personnes sont déplacées à l’intérieur du pays et des milliers d’autres, réfugiées notamment au Honduras, tentent de revenir chez elles ou se préparent à le faire le plus tôt possible.Quant au Panama, il reste sévèrement désorganisé après l'intervention militaire des États-Unis.Malgré tout, plusieurs réfugiés panaméens ont entrepris de retourner chez eux.Alors qu’au Guatemala l’oppression perdure, en Haïti, la situation est inchangée depuis le départ de Duvalier.Le chaos, que font régner les militaires, leur permet d'user d’une répression qu’aucun gouvernement occidental n’ose dénoncer.Cette répression est exercée notamment contre des jeunes sans armes, des paysans qui réclament de meilleures politiques pour leur survie et aussi contre des leaders sociaux, soupçonnés d’ameuter les populations.Pendant ce temps, nos gouvernements font la sourde oreille allant jusqu’à prétendre que « ça va mieux en Haiti».En Europe de l’Est Jusqu’à tout récemment, les ressortissants des pays d’Europe de l’Est qui demandaient la possibilité d’immigrer bénéficiaient presque automatiquement de l’attention particulière des gouvernements occidentaux.On présumait qu’ils étaient persécutés.Depuis le vent de libéralisation qui souffle, les pays occidentaux sont invités à soutenir plutôt le développement économique de cette partie de l’Europe.Malheureureu-sement, les pays de l’Europe occidentale ferment en même temps leurs frontières aux exilés politiques venant des autres continents.Au Canada, depuis la mise en vi- apporté à la situation, plus que chaotique, qui prévaut dans ce pays depuis bientôt une décennie.Les souffrances des minorités dans tous les coins du continent asiatique ne font plus les manchettes tant elles sont nombreuses et diversifiées; elles sont devenues presque « normalisées ».Pensons aux Tibétains, à plusieurs groupes ethniques au Bangladesh, en Inde et dans les multiples îles qui forment l’Indonésie.En Afrique Après trois décennies de décolonisation, l’Afrique bouge toujours.En Angola comme au Mozambique, des factions rebelles refusent de déposer les armes.Dans l’un comme dans l’autre de ces pays, ces groupes armés sont soutenus par le gouver- nement de l’Afrique du Sud.Plusieurs centaines de milliers de Mozambicains sont passés au Botswana en 1989; ces populations étaient déjà affaiblies par la sécheresse des années précédentes.En Namibie, les institutions mises en place pour assurer la transition vers l'indépendance sont-elles suffisantes pour rendre possible le retour massif des milliers de Namibiens exilés en Angola ?Les élections tenues récemment le font espérer.Malgré le changement des acteurs au pouvoir et l’abolition de quelques interdits mineurs, la situation politique en Afrique du Sud demeure toujours tendue.Parmi les groupes qui fuient leur pays, il y aurait de plus en plus de Blancs, phénomène nouveau, qui se cherchent une terre d’asile en Australie, en Nouvelle-Zélande et.au Canada.Entre-temps, l’Éthiopie refait surface.Quelle stupeur ! Les images douloureuses de 1984 sont de nouveau projetées à l’écran; on prédit un désastre encore plus grand en 1990 ! Des femmes et surtout des enfants sont pourchassés par des blindés et des avions de chasse d’Addis Abeba.Le Soudan voit arriver ces cohortes humaines alors que, ironiquement, des dizaines de milliers de jeunes Soudanais fuient à leur tour la guerre civile qui persiste dans le sud du Soudan.Amérique centrale et Caraïbes La paix n’est pas non plus pour demain en Amérique centrale, région en ébullition d’où proviennent encore Deux des 1250 réfugiés vietnamiens qui ont été relocalisés à Hong Kong, au cours du mois de mai dernier, en raison de l'approche d’un typhon.gueur, en janvier 1989, de la nouvelle loi sur les réfugiés, le nombre de’de-mandeurs d'asile ne cesse de diminuer.Ce n’est pas que les conflits sont moins nombreux dans le monde; c’est que le Canada s'est fermé.Dans cette même année du libre-échange avec notre voisin américain, tout est fait pour rendre difficile, voire impossible, de se réfugier au Canada.Le Canada se referme Entre-temps, « l’accumulation des dossiers non réglés » (« backlog ») cause des drames humains et entraîne un gaspillage énorme de ressources, financières et autres.C’est pourquoi au départ de la décennie 90 il importe de replacer la question des réfugiés dans son contexte véritable.¦ Le Canada envisage d’augmenter dans les prochaines années le nombre des immigrants admis au pays.Mais qu’en est-il de notre responsabilité a l’égard des réfugiés ?Teut on laisser le gouvernement choisir seulement ceux qui feront de bons immigrants et laisser de côté des personnes en détresse ?¦ Le Québec, quant à lui, ne parait plus aussi fier qu’avant d’offrir une terre d’accueil aux gens en détresse.Le débat sur l’immigration va-t-il y repousser indéfiniment l’adoption d’une politique d’accueil envers les > réfugies ?¦ Certaines vagues de réfugiés sont causées par des conflits ethniques ou religieux.Mais d'autres sont provoquées par des crises politiuues et économiques liées au sous-déve-loppement du tiers monde.Avec la réduction de l'aide internationale et la priorité donnée maintenant à l’Europe de l’Est, ne risque-t-on pas d'aggraver les situations dans d'autres pays écrasés par l’endettement ou la misère et d’y relancer d’autres vagues de réfugiés ?Les années qui viennent vont connaître d’autres bouleversements.Désarmement et coopération économique vont prendre une importance accrue.Mais on ferait fausse route en ignorant le sort souvent catastrophique fait aux plus démunis de la planète et, tout particulièrement, aux personnes privées de leurs biens et de leur patrie et qui frappent à la porte de nos consciences.Les charniers de 4500 morts à Timisoara n’ont jamais existé MICHEL TIBON-CORNILLOT Chargé de cours à l'École des hautes études en sciences sociales (ÉHÉSS).Cet article est tiré du journal Le Monde du 5 janvier Dénombrer les morts, les blessés, c’est là une sinistre comptabilité ! Mais c’est aussi une des dimensions des événements, de leur violence, de leur impact meurtrier.La chute de Ceausescu n’échappe donc pas à cette recherche, d’autant plus que les chiffres des pertes, 60 000 officiellement, sont si considérables qu’ils ont en quelque sorte tétanisé l’opinion publique des pays occidentaux.Pour réussir un tel travail d’estimation, mieux vaut alors être sur place, mener son enquête auprès des témoins directs, des responsables des hôpitaux, des médecins.Ce travail mené par nous à Bucarest, les lundi 25 et mardi 26 décembre, a consisté à interroger les responsables des organisations humanitaires réunis pour la plupart à l’École française, de nombreux médecins roumains et les responsables de l’hôpital d’urgence de la ville.Pour Bucarest et ses environs, les chiffres avancés par les représentants de ces sources différentes convergent sur un point, moins de 500 morts.À partir du lundi, les quelques journalistes ayant mené une enquête serrée à Timisoara ont pu se faire entendre : les gigantesques char- niers de 4500 morts puis 7000 morts n’existaient pas.À Brasov, ville industrielle à 250 kilomètres au nord de la capitale, où l’on avait annoncé de terribles affrontements accompagnés de massacres dans les hôpitaux, rien de cela n’a eu lieu.Sans doute 17 morts, parmi lesquels il faut compter, comme partout ailleurs, les cadavres des « terroristes », les terribles partisans du couple Ceausescu.C’est en tout cas la première estimation fiable rapportée par une équipe de Médecins du monde à son retour, lundi 25, de Brasov.Les chiffres avancés par Bernard Kouchner, 766 morts pour tous les hôpitaux de Roumanie, 364 pour Bucarest, paraissent fiables.Admettons provisoirement que le chiffre de 1000 morts soit une estimation correcte du nombre total des victimes en Roumanie ! Ce sont là des pertes énormes ! Mille fois trop, car chaque vie est singulière, et c’est précisément pour préserver cette valeur qualitativement unique de chaque vie, de chaque mort, qu’il faut examiner avec attention les estimations avancées aussi bien par les médias à l’Ouest que par les organes de diffusion à l’Est, monopolisant l’information et se situant sans cesse dans ce comptage des morts.Comment faut-il alors interpréter ce décalage effarant entre les 60 000 victimes (on a même avancé le chiffre de 70 000), présentées aux yeux du monde entier, et le nombre de 1000, qui semble bien plus près de la réalité ?Chez Pauze depuis 18b2 Du mardi au vendredi de 11h30 à 14.H30 .HUÎTRES (1 douz ) 7,75* DÉJEUNER D'AFFAIRES 7,75* - 8,75* ' 1657.RUE STE-CATHERINE O.932 6118 — FERMÉ LE LUNDI STATIONNEMENT GRATUIT I1h30l GARAGE DU FAUBOURG (ENTREE RUE GUYI De telles distorsions sont en soi un événement imbriqué dans l’événement initial.Mais, de même que le trajet des rayons lumineux est déformé par la masse des étoiles mortes, invisibles à l’oeil et pourtant repérables par l’attraction qu’elles produisent, de même ces déformations des récits médiatiques révèlent la présence dans ces événements d’un ou de plusieurs pôles d’attraction exerçant une action sur leur déroulement, déformant massivement les discours.Ce premier constat permet d’admettre la réalité de ces structures non apparentes et d’en mesurer l’impact.Il implique aussi une analyse capable d’en repérer les contours principaux.Une distinction initiale semble s’imposer pour mener cette analyse.Elle suppose que l’on admette l’existence d’une première dynamique parfaitement involontaire, celle animant des structures imaginaires collectives.Ces circulations imaginaires s’organisent autour de deux centres; l’un, qui est propre aux dispositifs médiatiques occidentaux; l’au- La diffusion rapide d'informations erronées a joué un rôle tactique tre, à la dimension largement paranoïde de la société roumaine.Ces déformations médiatiques s’inscrivent aussi dans un contexte politique où elles jouent un rôle spécifique, soit, sans doute, en déplaçant le regard ou en orientant l’interprétation des événements dans le sens le plus profitable à telle ou telle force politique, soit en masquant les aspects les plus importants dans le déroulement de l’action.Ces circulations imaginaires collectives, bien énigmatiques pour plus d’un lecteur, on peut les comprendre de la manière suivante.L’une d’entre elles nous est familière, car elle est liée aux systèmes médiatiques des sociétés industrielles occidentales.Techniquement, les réseaux médiatiques sont déterminés par une logique spécifique, la montée interminable vers la diffusion absolue et universelle.Cet expansionnisme technique est lui-même lié aux lois économiques du marché.Chaque entreprise de presse, de télévision, doit résister à la concurrence, doit vendre ses produits et pour cela répondre aux attentes du public.La mise en place des réseaux planétaires d’images et de sons, la mise sur orbite terrestre des moyens techniques de diffusion, s’inscrivent dans ce mouvement indéfini d’expansion fondé sur les performances techniques.«LE DEVOIR» de Pierre-Philippe Gingras Un livre de 295 pages qui retrace l’histoire du DEVOIR depuis sa fondation en 1910 jusqu'à son 75ième anniversaire en 1985.Commande postale seulement.Allouez de 6 à 8 semaines pour la livraison.Découpez et retournez à: Le Devoir, 75 ans.211, St-Sacrement, Montréal, Québec H2Y 1X1 Je désire recevoir exemplaire(s) du livre “LE DEVOIR" J’inclus 19,95$ par exemplaire; (3 $ de Irais de port et de manutention inclus dans ce prix) NOM:.ADRESSE;.PROVINCE:.CODE POSTAL.MODE DE PAIEMENT ?Chèque ?American Express ?Master Card ?Visa No de carte de crédit.Expiration:.Mais cette démesure resterait incompréhensible si l’on n’évoquait les structures imaginaires qui en permettent la mise en place et que cette diffusion interminable des mêmes images et des mêmes sons suscite chez les spectateurs.L’effet d’exagération hystérique propre aux systèmes médiatiques ne peut être compensé que par un professionnalisme de haut niveau des acteurs-diffuseurs de l’information.Ce sont précisément ces régulateurs qui, a de rares exceptions près, n’ont pas fonctionné.L’une des raisons de ce qu il faut bien appeler une désinformation tient sans doute à l’autre structure imaginaire avec laquelle les dispositifs symboliques des médias sont entrés en collision : celle des fantasmes paranoïaques de la société roumaine marquée par des bureaucrates communistes unis autour du couple Ceausescu.Il faut garder en mémoire que la disparition soudaine des acteurs principaux de ces délires collectifs ne saurait entraîner la disparition simultanée des symptômes marquant la vie psychique de tout le peuple roumain.C’est la sans doute la source de toutes les rumeurs.Nous avons, pour notre compte, noté après quelques heures de présence l’invasion des régions ouest de la Roumanie par l’armée hongroise, l’attaque de l’aéroport de Bucarest par trente hélicoptères libyens depuis un porte-hélicoptères du même pays basé en mer Noire.Il faut noter l’attaque de l’Hôtel intercontinental par des parachutistes fidèles au tyran puis le sauvetage du même hôtel par les parachutistes russes.Que penser enfin des menaces d’enlèvement des femmes et des jeunes filles de l’ambassade de France par des Palestiniens, Syriens, Égyptiens, Iraniens, tous mercenaires du couple infâme ?L’interaction de ces deux structures imaginaires collectives, celle des médias occidentaux et celle du peuple roumain plongé dans les hallucinations paranoïaques, a produit un effet de résonance, faisant flamber le chiffre des victimes, déchaînant les mots : « génocide », « mas sacres», «charniers», «Hitler» « femmes enceintes éventrées », etc.— sans qu’il soit possible d’élaborer le moindre doute, de mener la moindre enquête.Tout observateur attentif des phénomènes sociaux sait que les événements historiques sont constitués au moins autant par le récit que par les faits objectifs.Les bouleversements en Roumanie n’échappent pas à cette loi, mais l’inflation galopante touchant les récits médiatiques oblige tout analyste sérieux à se poser des questions concernant cette première « révolution en direct » à la télévision.Il ne s’agit plus en effet de retransmettre en spectacle l’événement mais, franchissant une étape supplémentaire, de transformer l’événement de façon qu’il rentre dans le contexte de la scène, le dispositif médiatique, ceux qui l’alimentent, ceux qui le reçoivent.On ne saurait se contenter d’analyses relevant de la psychologie collective.La diffusion extrêmement rapide de ces informations erronées a certainement rempli un rôle tactique pour quelques acteurs politiques privilégiés au cours de ces évé- nements.11 est facile de comprendre que, pour les responsables hongrois, représentant un peuple dont le contentieux avec la Roumanie est important, l’ampleur de la répression soit plutôt considérée comme prévisible.C’est donc à Budapest que l’on annoncera 70 000 morts.Il est déjà plus hasardeux de lire dans la mise en place et la propagation de ces rumeurs la trace d’un dessein politique propre à certaines factions des dirigeants roumains au pouvoir maintenant.C’est pourtant dans le même numéro du journal U-berlalea que l’on annonce le procès et la mort du couple maudit, l’accusation de génocide fondée sur le chif- Les événements historiques sont constitués autant par le récit que par les .faits objectifs fre de 60 000 victimes et enfin la nomination des apparanchiks Ion Iliescu comme président du Conseil du Front de salut national et Petre Roman, fils du sérail, comme premier ministre du nouveau gouvernement.Comment ne pas voir l’effet éducatif que peut jouer sur la scène politique russe le récit de telles violen ces ?Il est bien difficile pourtant d’aller au-delà de ces quelques suggestions.On risquerait bien vite de sombrer à son tour dans le délire.Ces remarques n’ont pas pour but de minimiser l’importance des événements en Roumanie, ni les violen ces dont est responsable le régime communiste mené par le couple Ceausescu.Le lecteur a compris qu’il s’agissait d’évoquer à propos de ces bouleversements des étapes nouvelles franchies par les dispositifs médiatiques contemporains.Si l’on n’y prend garde, la condamnation des scandaleuses manipulations de l’information propres aux régimes tyranniques staliniens se fera par l’intermédiaire de réseaux d’informations confondant eux aussi les mots et les choses, les récits et le sens.Avis de l’éditeur Les « libres opinions • envoyées au DEVOIR pour la page Des Idées, des événements doivent être signées.L’adresse et le numéro de téléphone sont également requis, mais seulement pour fins d’identification dans nos dossiers.Prière de ne pas dépasser quatre pages et demi dactylographiées à double interligne, et de faire parvenir le texte à l’attention d’Albert Juneau.LE DEVOIR ne s'engage pas à publier tous les textes reçus et se réserve le droit d’en réduire la longueur au besoin.t 8 ¦ Le Devoir, mardi 9 janvier 1990 L’aide d’Ottawa aux pêcheurs ne sera qu’une première étape OTTAWA (PC) — L’aide financière aux pêcheurs et aux villages de la Côte-Est, annoncée par Ottawa au cours des dernières semaines, n’est que la première étape d’un programme d’aide gouvernementale, a déclaré hier le ministre du Commerce extérieur John Crosbie.Un comité ministériel spécial présidé par le secrétaire d'État aux Affaires extérieures Joe Clark a été mis sur pied l'an dernier afin de surveiller l’état de santé de l’industrie de la pêche sur la Côte-Kst et décider des meilleurs moyens à prendre pour lui venir en aide.On ignore pour l’instant la date prévue pour la fin des travaux et la publication des recommandations du comité, a dit son porte-parole Paul Benoit.Le ministre Crosbie annonçait vendredi dernier une aide fédérale de 130 millions $ aux pêcheurs et aux communautés touchés par les fermetures d'usines et les mises à pied effectuées par les deux grandes compagnies de transformation de poissons, National Sea Products et Fishery Products International.« Ces 130 millions $ constituent la première étape de la réaction du gouvernement fédéral aux éternels problèmes de l’industrie de la pêche atlantique et de l’économie de Terre- Neuve», a dit le ministre.Les gouvernements d’Ottawa et de Terre-Neuve étudient présentement les meilleurs moyens de diversifier l’économie de la province.L’annonce des fermetures d’usines et des mises à pied à Terre-Neuve et en Nouvelle-Écosse a poussé les élus de la région à demander l’aide promise par Ottawa.Cette annonce est venue après que le ministre des Pêches et Océans Torn Siddon eut annoncé une importante réduction des quotas de peche dans l’Atlantique.Ainsi, le quota pour la morue du Nord a été réduit de 16% cette année.ENQUÊTE À TORONTO La liposuccion aurait causé l’embolie pulmonaire fatale TORONTO (PC) - Le Dr Donald Ryder a attribué à une « embolie pulmonaire », hier, la mort de Mme Toni Sullivan, 44 ans, première victime au • Canada d'une intervention chirurgicale appelée liposuccion.Cette intervention consiste à retirer par succion les cellules adipeuses d’une partie du coips, un peu comme le ferait un aspirateur.Aux États-Unis, plusieurs personnes sont mortes après avoir subi une liposuccion.Dans le cas de Mme Sulivan, a expliqué le pathologiste à l’enquête, il s’est formé des caillots de sang dans les jambes à la suite de l’intervention, et ces caillots ont causé l’embolie.4 La liposuccion a été pratiquée par le Dr C.uillermo Castillo, un oto-rhino de Toronto qui pratique également la chirurgie esthétique.Son avocat, Me Tom Forbes, a fait préciser au Dr Ryder que la formation de caillots de sang représente un risque après toute opération, et non seulement après une liposuccion.Un interne de l’hôpital York Central, le Dr Bruce Brooks, a raconté que Mme Sullivan « manquait d’air » au moment de son arrivée, le 2 juillet dernier, deux jours après son opération.« Elle était presque incapable de parler», a-t-il souligné.On s’empressa de lui injecter un médicament pour dissoudre les caillots de sang, mais il était déjà trop tard.Son coeur cessa de battre et on ne put pas la ranimer.On la déclara morte 20 minutes après son admission à l’hôpital.Un autre témoin, Mme Marilyn Griffin, a déclaré que c’était elle qui avait recommandé le Dr Castillo à sa compagne de travail (Mme Sullivan), parce qu’elle avait elle-même subi la liposuccion de ses mains.Les Américains cernent la résidence de l'ambassadeur du Pérou à Panama PANAMA (AFP) — Des troupes américaines ont encerclé, hier, la ré sidence de l’ambasadeur du Pérou à Panama, où des collaborateurs du général Manuel Antonio Noriega sont réfugiés, ont annoncé des sour ces diplomatiques.Le ministre panaméen des Affaires étrangères, Julio Linares, avait annoncé hier que de hauts responsa blés de l’ancien régime avaient trouvé refuge au domicile de l’ambassadeur péruvien dans la capitale, mais qu’il n’avait reçu aucune corn munication officielle du gouvernement de M.Alan Garcia à ce sujet.Selon M.Linares, les personnes ré- fugiées sont l’ancien chef du Département national d’investigation panaméen, le chef du corps d’élite Macho Monte, ainsi que la principale conseillère particulière du général Noriega et le fils de cette dernière, appartenant aux anciennes Forces de défense du Panama.SUITES DE LA PREMIERE PAGE 4 Le Canada Les 18 télex envoyés hier concernaient les 14 grévistes qui avaient cessé leur action vendredi soir dernier après 24 jours de grève de la faim, ainsi que quatre autres grévistes qui avaient abandonné en cours de route, se retrouvant à l’hôpital à la suite de différents problèmes de santé.Ces grévistes agissaient au nom d’une trentaine d'autres requérants, identifiés par le Comité parents-réfugiés du pasteur Juan Itur-riaga, porte-parole des grévistes.Ces opérations sont dirigées par le service de Suppression de l'arriéré du centre Impiigration-Canada de Montréal, le service qui s’occupe, pour le Québec, de traiter les demandes des demandeurs de refuge accumulés entre 1986 et 1989.Des agents du ministère ont commencé à recueillir les informations des grévistes dès vendredi soir.Sur les 100 000 dossiers en attente au Canada, on en trouve environ 30 000 au Québec.Plus précisément, on recensait 25 300 demandeurs mas- 9 janvier par la PC et l'AP 1989; Johnny Bench et Cari Yastr-zemski soni admis au Temple de la Renommée du baseball 1988: en Gaspésie, la police se met à la recherche du corps d'Alfred O'Connor qui aurait jeté ses trois fils dans la Rivière-au-Renard avant de se suicider 1987: le président nicaraguayen Daniel Ortega signe une nouvenle constitution, qui garantit des libertés civiques étendues.1989: voyage-surprise du premier ministre britannique Margaret Thatcher dans l’archipel des Ma-louines, qui vient d'être repris aux Argentins.1975: un blizzard frappant les Prairies entraîne la fermeture de l'aéroport de Winnipeg pendant pres-qu'un jour et demi 1972: le paquebot "Queen Elizabeth", en cours de transformation en université flottante est ravagé par un incendie à Hong Kong 1968: « Surveyor 7 » se pose sur la Lune — c’est la fin du programme américain d'exploration de la lune par sonde inhabitée.1962: signature d'un pacte commercial entre Cuba et l'URSS.1948: un incendie détruit le dome du marché Bonsecours à Montréal.1927: l'incendie du cinéma Laurier Palace à Montréal cause la mort de 77 enfants.Ils sont nés un 9 janvier: Le pape Grégoire XV (1554-1623); l’écrivaine canadienne Félicité Angers (1845-1924), joan Bacz, chanteuse américaine (1941).culins et 12 800 femmes à la mi-décembre.Mais de ce nombre, selon Mme Wiseman-Turgeon, du centre Immigration-Canada, il faut retrancher 9000 personnes qui se sont déplacées vers d’autres régions du pays.Le chiffre officiel du mois de décembre s’établirait donc à 29 100 dossiers pour le Québec, mais ce chiffre se modifie sans cesse, au gré des déplacements des requérants.4 Les infirmières pour les pénalisées, estime la FIIQ, car les infirmières qui ont voté pour la grève mais qui se sont trouvées à assurer les services essentiels n’ont pas été pénalisées.L’exécutif recommande donc à ses membres que les amendes soient payées par l’ensemble des infirmières et non seulement par celles qui ont été pénalisées.À l’heure actuelle, on ne sait pas exactement combien d'infirmières ont reçu des amendes ou combien d’argent elles représentent en tout.Mme Lavallée a avancé hier le chiffre maximum de 13 millions?.La recommandation de l’exécutif demande aux infirmières d’approuver le principe du partage, quitte à savoir plus tard combien d'argent cela signifiera pour chaque syndiqué^).Il s’agit là d’un important test de solidarité, reconnaissait hier la présidente de la FIIQ.D’autre part, les infirmières sont invitées à faire preuve de solidarité en ce qui a trait à l’ancienneté.On sait que la loi 160 a fait perdre un an d’ancienneté pour chaque jour de grève illégale aux infirmières qui ont débrayé.Cette mesure, dévastatrice pour les grévistes identifiées, ne pénalise pas celles oui étaient soit en congé lors de la grève, soit assignées à leur poste pour assurer les services essentiels.L’exécutif de la FIIQ recommande donc aux membres, pour lutter contre les effets de la loi, de se fier aux anciennes listes d’ancienneté et de refuser toute promotion ou congé en priorité si elles n’y ont pas droit en vertu de l'ancienne liste.Mme Lavallée a expliqué que les infirmières seront appelées à signer un « engagement moral » qu’elles sou mettront à leur employeur.Elle a indiqué que cette formule est présentement en vigueur dans des établissements de la région de Québec et qu’elle a été bien respectée par les autorités concernées.Elle n'a pas divulgué le nom des établissements.Les déléguées accepteront elles ce sacrifice, témoignage ultime de leur solidarité, au détriment des intérêts personnels ?Telle est la question à laquelle elles répondront au terme du congrès.« Le gouvernement veut nous diviser.La loi 160 a pour but de nous di-viser.Il ne faut pas que les infirmières tombent dans ce guet-apens », a dit Mme Lavallée.Par ailleurs, Mme Lavallée a ré vélé que la FIIQ avait reçu 150 000 $ en dons et 600 000 ?de prêts sans intérêt de la part d'organismes qui lui sont favorables.Parmi la liste de ces organismes, on retrouve des mou vements syndicaux d’infirmières à travers le Canada, a signalé Mme Lavallée.La FIIQ a suffisamment d'argent jusqu’en février.Le déficit de 1,5 million $ de l’an dernier a été épongé, mais à partir de février, on comptera sur le recouvrement des cotisations syndicales et une hausse de 0,95 ?à 1,02 $ de la cotisation syndicale (pour le premier échelon salarial) pour survivre.« Ce n’est pas seulement la survie de la profession dont il est question, mais aussi la survie de la FIIQ », a commenté Mme Lavallée.Le congrès se poursuit aujourd’hui.4 École tiques dans des écoles distinctes.En 1987, M.Ryan avait demandé à un ancien fonctionnaire de son ministère, M.Pierre Parent, d’étudier le problème de la « carte scolaire » de Brossard dont on débattait depuis 1984.L'affaire a dégénéré en affrontement entre francophones et anglophones quand il fut question de faire de l’école Good Shepherd, jusque-là anglaise, une école française.Il fallait, pour se faire, déplacer les enfants de l’école Saint-Michel.Résultats : au mois d’avril 1987, les parents de Saint-Michel et de Good Shepherd ont gardé leurs enfants à la maison pendant une semaine.Le ministre est alors intervenu en nommant M.Parent.Celui-ci a alors proposé la cohabitation linguistique dans les deux écoles Saint Michel et Good Shepherd et le conflit s’est temporairement réglé de cette manière à la rentrée de septembre 1987 au grand déplaisir, surtout, des parents de Good Shepherd qui tenaient à l’unité de leur école.Le dossier a refait surface au printemps dernier, la commission se trouvant à nouveau dans l’obligation de refaire sa carte scolaire.Au surplus, constatait-on, la cohabitation linguistique avait donné lieu à des tensions certaines.Les autorités scolaires de Brossard ont proposé de construire une nouvelle école.Chargé d’étudier la demande, le sous-ministre, M.Pierre Gabriel, a recommandé en juillet dernier de ne pas en autoriser la construction.M.Gabriel a noté en outre « le climat d’agressivité et d’affrontement » entre les deux groupes linguistiques et a recommandé de mettre fin à la cohabitation.En mai dernier, les pa-renLs de l’école Bon-Pasteur, dont les enfants cohabitent avec ceux de l’école Good Shepherd, gardaient cette fois leurs enfants à la maison pour protester contre la décision appréhendée de les reloger ailleurs pour redonner l’école aux seuls anglophones.Mais M Gabriel ne recommandait pas non plus l'hypothèse de relocaliser les élèves anglophones à l’école Sainte-Claire, ce que la commission a néanmoins décidé de faire.En transmettant le rapport de son sous-ministre aux commissaires en août dernier, M.Ryan n’en a pas moins exprimé l'avis que, malgré les difficultés que soulève la formule de la cohabitation linguistique, celles-ci ne sont « pas insurmontables ».ità iggtmjnfe PHOTO AP Lancement retardé Le lancement de la navette Columbia qui devait se faire hier, vers 9 h, à Cap Canaveral (ci-haut), a été reporté de 24 heures au moins en raison du plafond nuageux qui s’est déplacé au dernier moment au-dessus de la zone de lancement.Une nouvelle tentative devrait être faite aujourd’hui entre 8 h35 et 9 h33.Les prévisions météo s’améliorent avec le passage du front nuageux au-dessus de la Floride et les probabilités favorables à un lancement aujourd’hui sont estimées à 70 %.L’étudiant canadien accusé de meurtre au Sénégal ne s’explique pas son geste REGINA (PC) — Le jeune Michael Jozsa, de Regina, présentement détenu au Sénégal sous l’accusation de meurtre, semble psychologiquement très ébranlé, mais en bonne condition physique, selon un prêtre catholique qui lui a rendu visite récemment.« Je lui ai parlé, mais je ne suis pas certain qu’il a tout compris », a dit l'abbé Jean Deslandes dans une entrevue téléphonique réalisée à partir du Séminaire de Zi-guichor, au Sénégal.« Ses yeux n’ont aucune expression.Je ne crois pas qu’il réalise ce qui s’est produit.Il est en état de choc».Jozsa a été accusé de meurtre après qu’un homme, dont l’identité n’a pas été dévoilée, a été poignardé à mort, la veille du Jour de l’An, dans le village de üussouye.Trois autres personnes ont été blessées dans la tragédie.Le vice-consul de l’ambassade canadienne au Sénégal, Olivier Ni-coloff, a précisé que deux des victimes — qui seraient les enfants de la personne décédée — n’ont pas été hospitalisées.La troisième, qui serait la mère du décédé, a quitté l’hôpital récemment.Jozsa et 21 autres étudiants canadiens participaient à un voyage d’échange de trois mois au Sénégal, organisé par l'organisme Jeunesse Canada Monde.Les jeunes reviendront au pays cette semaine, soit plusieurs semaines plus tôt que prévu, selon M.Nico-loff.M.Deslandes raconte que la victime, un professeur d’une tren- taine d’année, était l’hôte de Jozsa dans ce pays de l’ouest de l’Afrique — dont la population est d’environ 6,5 millions d’habitants.La tuerie aurait eu lieu au cours du souper de la veille du Jour de l’An, a dit M.Deslandes, qui s’est rendu sur place pour en savoir plus.Josza a quitté la table pour aller dans sa chambre.Un des enfants du décédé serait allé le voir, après l’avoir entendu se parler fort à lui-même.Il aurait tenté de le calmer.U ne lutte s’en serait suivie.Le père du garçon a tenté d’intervenir mais a été poignardé à mort.Les rumeurs disant que Jozsa était sous l’effet d’une drogue au moment de la bataille sont fausses, a affirmé le prêtre.4 L’exécuté L’accusée connaissait le malade et son épouse depuis une vingtaine d’années.Son père était un grand ami du défunt.L’enquête préliminaire dans cette affaire, qui va relancer tout le débat sur l’euthanasie, formellement interdite par le Code criminel, a été fixée au 22 janvier.au Palais de justice de Montréal.Si Mme Poulos était jugée coupable de propos délibéré, elle pourrait être passible de 25 ans de détention.Signalons que l’euthanasie « positive » constitue un homicide coupable.La législation canadienne ne reconnaît en effet aucun « droit à la mort », encore que la jurisprudence à l’appui de l’article 45 du Code criminel peut justifier l’abandon des traitements de survie artificielle par des médecins avec le consentement du patient s’ils ont l’assurance que ce dernier possède les capacités mentales de l’accorder.La Commission de réforme du droit du Canada s’est penchée sur cette notion, éminemment délicate, et recommandait en 1981 déjà que le gouvernement « procède à établir les critères de détermination de la mort par acte législatif ».Le Parlement n’a toujours pas donné suite aux recommandations de la Commission, que le raffinement des techniques de prolongement artificiel et le coût astronomique de la prolongation médicalement inutile de la vie rendent de plus en plus urgentes, de l’avis de la plupart des corps médicaux.À cet égard, une nouvelle discipline, la bio-éthioue, se consacre depuis plusieurs années déjà à cette question, à laquelle se confrontés quotidiennement médecins et personnel hospitalier.Certains États américains, la Californie notamment, reconnaissent déjà l’existence légale du « testament de vie » ou « testament biologique », un texte préparé à l’avance qui permet au patient de renoncer aux moyens dits « extraordinaires » sans que la responsabilité civile du médecin soit engagée, une disposition que désavoue quant à lui Me Jean-Louis Beaudoin, conseiller spé cial de la Commission de réforme du droit lorsque cet organisme publia ses recommandations en 1981.Une forme de tentative d’eutha nasie au Canada échappe cependant à la sanction pénale, le suicide raté, acte qui fut « décriminalisé » en 1972.Il s’agit d’ailleurs, rappelle Me Beau doin, d’un des * rares cas en droit pé nal où la loi punit celui qui est complice d’une infraction qui n’existe pas, puisque le Code continue de sanctionner cependant celui qui aide une autre personne à s’enlever la vie ».Par ailleurs, à Haaksbergen, aux Pays-Bas, le décès attendu d’une pa tiente de 47 ans, dans le coma depuis 15 ans, a relancé le débat sur l’euthanasie depuis que la clinique, à la requête du mari, a accepte de ne plus prolonger la vie de la patiente, victime d’une anesthésie lors d’un accouchement.La décision des médecins a suscité la réprobation de l’Association néerlandaise des patients qui menace de poursuivre la clinique en justice, si elle mourait.Aux Pays-Bas, l’euthanasie est assimilée à l’homicide volontaire.Les auteurs sont passibles de 12 ans de détention.Mais en pratique, signalait hier une dépêche de l’AFP, les médecins sont très rarement inculpés, bien que l’on recense environ 5000 cas d’euthanasie par année.4 Manifestations deroles s’en sont prises très vivement au SED-PDS, accusé de vouloir se maintenir au pouvoir par tous les moyens.« SED is out », clamait une pancarte, tandis qu’une autre avertissait : « Qui veut voter SED vote pour la guerre civile».« Attention, les têtes du dragon sont en train de repousser », affirmait encore une autre.Le SED se voyait reprocher de faire une campagne mensongère sur le danger néo-nazi et de vouloir recréer la STASI.Des arguments économiques étaient aussi avancés pour la réunification : « Deux cents marks par an, c’est trop peu, on pourrait gagner deux mille marks par mois, c’est pourquoi oui à l’Allemagne unie ».Des pancartes reflétant les préoccupations des nouveaux mouvements d’opposition sont apparues seulement en fin de cortège — Égalité des chances pour tous les partis, Unité de tous les nouveaux démocrates.Elles étaient brandies par des manifestants, en majorité silencieux.« Peut-être aurait-on dû être plus présent, a regretté un militant de Nouveau forum, car cette manifes- tation est de plus en plus le porte-voix des idées simplificatrices».Par ailleurs, l’agence ADN a fait part de manifestations similaires dans au moins cinq autres villes du pays.À Karl-Marx-Stadt, ils étaient environ 50 000 pour réclamer le droit de grève, des syndicats indépendants et la chute du SED.Dans le même temps, des milliers de manifestants défilaient également à Schwerin, Halle, Neubrandenburg et Cootbus.Par ailleurs, l’opposition démocratique a quitté la table des négociations avec le gouvernement est-allemand après avoir lancé hier un ultimatum au premier ministre Hans Modrow pour qu’il fasse un rapport d’ici 15 h GMT sur la dissolution de la police politique de la RDA décidée le mois dernier et sur l’état général actuel des forces de sécurité intérieure.Les délégués de l’opposition, qui ont quitté la table ronde ouverte le matin avec les partis gouvernementaux, menacent de rompre le dialogue institué en décembre après les manifestations de millions de personnes pour la démocratie si le premier ministre ne répond pas à leur demande.Un représentant du gouvernement a fait remarquer que M.Modrow devait quitter Berlin-Est hier après-midi pour une importante réunion du COMECON (le marché commun des ays socialistes) prévue aujourd’hui Sofia.Les chances d’une poursuite du dialogue paraissaient compromises et une épreuve de force se dessinait entre le gouvernement dirigé par les communistes et les représentants de l’opposition démocratique.moi.j'aide Envoyez vos dons à: 169, rue Saint-Paul Est Montréal, Québec H2V1G8 Numéro d’enregistrement comme organisme de charité autorisé à émettre des reçus pour fins d'impôt: 0419556-03-08 I
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