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Titre :
Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique
Hebdomadaire combatif de Jean-Charles Harvey qui porte haut et fort les principes du libéralisme et de la tolérance. Il se démarque par des pages culturelles de haute tenue qui accueillent des collaborations importantes. [...]

Lancé à Montréal le16 septembre 1937, Le Jour est un journal hebdomadaire. Il est fondé par l'auteur et journaliste Jean-Charles Harvey après son expulsion du quotidien Le Soleil survenue à la suite de l'interdiction de son roman Les demi-civilisés. Harvey demeure le directeur et principal propriétaire du journal jusqu'à sa fermeture en 1946.

Journal de combat et d'opinion, Le Jour porte les principes de l'idéologie libérale. Le programme de Harvey mise sur la promotion des progrès de la technologie et de l'économie modernes, visant la conquête des biens matériels et s'appuyant sur l'orthodoxie libérale de la compétition et de la libre entreprise plutôt que sur l'intervention étatique et les corporatismes professionnels et sociaux.

Libéralisme économique, donc, mais aussi social : soutien aux combats pour l'émancipation des femmes, fortes prises de position contre la xénophobie et surtout l'antisémitisme, rapprochement culturel avec les anglophones, défense des droits des travailleurs. Ces principes libéraux sont érigés face au corporatisme et au nationalisme traditionaliste canadien-français avec sa tête de proue, le très influent abbé Lionel Groulx. Au-delà des enjeux canadiens, Harvey démontre dans les pages du Jour un vif intérêt pour la politique internationale.

Le Jour combat vivement l'Union nationale de Duplessis, mais garde son indépendance vis-à-vis du Parti libéral du Québec. Son rédacteur se prononce pour le renforcement de l'unité canadienne, pour la laïcisation de la société et pour le déploiement d'un réseau d'éducation public, gratuit et obligatoire.

Jean-Charles Harvey se réclame de la tradition de farouche liberté de pensée d'Olivar Asselin et, avant lui, d'Arthur Buies. Il aborde des sujets sérieux mais sur un ton souvent légèrement humoristique en vue d'offrir une lecture agréable à un public informé et lettré qui souhaite aussi se divertir. Les arts et la culture tiennent d'ailleurs un espace important dans le journal : musique, peinture, lettres, cinéma, comptes rendus de concerts et d'expositions.

Jean-Charles Harvey est le principal rédacteur du Jour, que ce soit sous son nom ou celui d'un pseudonyme, comme Paul Riverin. Charles Hamel, André Bowman et Berthelot Brunet y sont aussi actifs.

Des textes littéraires trouvent régulièrement leur place dans Le Jour, qui publie

de nombreux textes, que ce soit d'auteurs de la relève comme Gabrielle Roy, Jean-Jules Richard, Gilles Hénault, Jean-Paul Lemieux, Yves Thériault, Andrée Maillet et Henri Tranquille, ou d'autres plus établis comme Jean Narrache, Jovette Bernier et Robert Choquette.

Louis Dantin y est aussi un contributeur important. En plus d'une chronique sur la littérature américaine qu'il tient pendant quelques années, il y signe une chronique sociopolitique d'esprit socialiste qui l'oppose parfois aux positions libérales de Harvey, mais les deux esprits se rejoignent dans la lutte aux idées conservatrices et passéistes de l'idéologie clérico-nationaliste dominante.

Le gouvernement libéral fédéral et de grandes entreprises fournissent un soutien financier au Jour, qui est tiré à 25 000 exemplaires en 1937, à 10 000 en 1940, et à seulement 3000 en 1946.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1985, vol. 7, p. 91-93.

GUIMONT, Pascale, « Le Jour, 1937-1946 », dans Idéologies au Canada français, 1930-1939, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1978, p.131-163.

TEBOUL, Victor, Le Jour : émergence du libéralisme moderne au Québec, Montréal, Hurtubise HMH, 1984, 436 p.



Éditeur :
  • Montréal :[Le jour],1937-1946
Contenu spécifique :
samedi 15 juin 1946
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
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Références

Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique, 1946-06-15, Collections de BAnQ.

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Blême ANNEE No 41 10 CENTS LE JOUR INDÉPENDANT POLITIQUE, LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE Directeur-Fondateur: Jean-Charles Ilarvty Administration et rédaction, 180 eet, rue Sainte-Catherine (suite 41), Moutréal Case postale 20, Station “ N” — Tri.M’I.atrau 8471 15 Juin 1946 A uxtii lotifilumng L’annonce ne Juin 1946 d'une balle de revolver dans la tête.En Palestine, les Arabes continuent de s'agiter contre l'immigration proposée de 10,000 Juifs, et le départ mystérieux de France du Grand Mufti de Jérusalem ne laisse présager rien de bon.Chez les Nations Unies, la question de l'Espagne franquiste continue de soulever des difficultés.Deux fois, le Conseil de sécurité a dû remettre la réunion à laquelle sera discuté le rapport du sous-comité qui a fait enquête en Espagne.Par contre, au Conseil économique et social, les choses se déroulent d'une façon plus satisfaisante, et le Canada y tient la vedette en se faisant le champion d’une Organisation internationale de la santé.De passage à Détroit, le secrétaire général de l’UNO, M.Trygve Lie, a fait preuve d’une confiance raisonnable.sans cependant montrer un optimisme débordant.11 a déclaré qu’une guerre n’était pas à craindre dans un avenir rapproché; mais, par contre, il a ajouté qu’il ne fallait jamais dire « jamais ».II ne faut pas oublier, non plus, pour ce qui est des choses locales, la conférence de l’aviation de l'Est canadien dont Montréal est le théâtre, peu de jours après avoir été choisi comme siège permanent de la PICAO.Notre ville peut i.e réclamer à bon droit du titre de capitale aérienne du Canada.Le congrès travailliste Au cours des bombardements de Londres, pendant la blitz aérienne des nazis, une bombe tomba sur l’immeuble qu’habitait M.Harold Laski.Celui-ci se trouvait à ce moment-là dans sa baignoire, au sixième étage.Le théoricien socialiste se retrouva, en moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, tout au fond de la cave, toujours dans sa baignoire.Il n’avait, malgré cette chute extraordinaire, aucune blessure : apparente.Mais il en a évidemment gardé quelque chose.Autrement, il est impossible d'expliquer les propos qu’il a tenus sur le compte du Canada, au début du congrès de Bournemouth.En blâmant notre pays au sujet des procès pour espionnage, le président du Comité exécutif du parti travailliste anglais a soulevé chez les Canadiens un mécontentement général.Outre que ce n'est pas l'affaire d'un étranger Me se mêler des questions canadiennes, il est lassez piquant de voir que M.Laski n'a pas un i mot de reproche pour ceux qui sont responsa-! blés des actes d’espionnage et ne s'en prend qu'à la justice canadienne de sévir comme il se doit contre les traîtres.Le fait que M.Laski soit appuyé, comme il la révélé ensuite, sur un article de M.Coldwell, ne servira guère la cause de la C.C.F.Mais cela ne change rien aux propos de M.Laski.Sans doute faut-il surtout voir dans cette : déclaration du doctrinaire socialiste une tentative d’amadouer la Russie, à laquelle il a adressé un touchant appel d’amitié.A entendre M.I Laski, il faudrait que les états socialistes — a Russie et la Grande-Bretagne (sa Grande-Bretagne telle qu'il la conçoit) — se liguer.*, j contre les états capitalistes — sans dou’e les j Etats-Unis, le Canada et la France.Le contraste est vif entre le point de vue de 1 M.Laski et celui de M.Bevin, en vérité 1 Bevin l'emporte Le secrétaire aux Affaires étrangères ne suit pas le président du Comité exécutif travailliste sur le terrain glissant où celui-ci aura:: voulu I entraîner.11 ne cherche pas à flatter la [Russie, li a appris, au cours des conférences a capitale de l'aviation — — Lueur d'espoir trois, à quatre et à cinq, et des grandes assemblées internationales, que l ours moscovite ne se laisse pas facilement apprivoiser.Si l'Union Soviétique veut faire cavalier seul, libre à elle le rétablissement de la paix, indispensable à la restauration de l'Europe, ne saurait attendre plus longtemps.M.Bevin le déclare sans ambages : t On m'a demandé si je signerais une paix séparée, contrairement aux décisions prises durant la guerre.Je ne sais pas quelles mesures nous prendrons pour conclure ces traités, mais je déclare qu aucune nation ne me tiendra perpétuellement en état de guerre avec d'autre-pays.Je ne m’engage envers aucune ijiéthodc.mais il faudra trouver un moyen.Nous ne pouvons continuer par la procédure actuelle, car elle est indéfendable ».En se ralliant ainsi vigoureusement au point de vue américain, M.Bevin compte peut-être influencer la Russie et la décider enfin à s'entendre avec les autres grandes puissances pour négocier, d accord, des traités de paix avec les anciennes puissances de l'Axe et leurs satellites en Europe.Il faut encore espérer que la Russie entendra raison et que la conclusion d'une paix générale sera possible.Mais, dans le cas contraire, il ne sera pas étonnant de voir les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, et vraisemblablement aussi la France, s'unir pour négocier les traités qui mettront fin à l'état de guerre en Europe.Les déclarations de M.Bevin sur l’Espagne et la Palestine sont moins satisfaisantes, Son refus à appliquer des sanctions contre Franco nuit grandement à l'effet moral de la condamnation exprimée par le rapport du sous-comité du Conseil de sécurité; cependant, M.Bevin tempère cela en affirmant son hostilité au régime de Franco et en exprimant le vœu que les Espagnols se débarrassent de leur gouvernement actuel sans être plongés dans les horreurs d'une nouvelle guerre civile.Sur la question de Palestine, M.Bevin n'apporte pas un appui bien vigoureux à la recommandation de la commission anglo - américaine pour l'admission de 10,000 immigrants juifs en Terre-Sainte.Vraisemblablement, les menaces du monde arabe pèsent plus lourd en ce moment, dans la balance politique, que les plaintes des Juifs sans patrie.Quoi qu'il en soit, la politique étrangère de M.Bevin, telle qu'il l'a exposée, a reçu un fort appui au congrès travailliste.Il semble assuré désormais que M.Bevin demeurera au I7oreign Office.malgré les efforts de l'aile gauche du ! parti pour l’en déloger.Signalons, enfin, que le congrès travailliste a rejeté, par une majorité écrasante, une résolution recommandant l'affiliation du parti communiste.Grand anniversaire pour M.King Samedi dernier, 8 juin, M.King comptait 6,938 jours d’exercice du pouvoir — un de plus que sir John Macdonald qui, jusqu’ici, était demeuré le plus longtemps premier ministre du Canada.Lundi, M.King avait accompli ses dix-neuf années à la tète du gouvernement | canadien et entrait dans sa vingtième année â ce poste.Voilà un fait remarquable, pour un homme qui a dû régulièrement faire renouveler son mandat par le peuple, à une époque particulièrement troublée et dans un pays très divisé encore, il faut malheureusement en convenir, sur une foule de questions.Elu du suffrage populaire en un pays démocratique, M.King conserve encore le pouvoir alors qu’il a vu s'écrouler tour à tour les dictateurs qui s'étaient imposés par la force dans les Etats totalitaires, Que M.King ne se hâte pas! trop de quitter la vie publique, et il verra tomber j aussi le petit Franco ! Sous les administrations successives de M King, le Canada n'a cessé d’avancer dans la voie du progrès.Notre pays a acquis une puissance sans précédent, développé des moyens industriels et une capacité de production dont! on l'aurait cru incapable; il a trouvé une complète autonomie au sein du Commonwealth britannique, une indépendance,, qui" vient de s’exprimer dans un bill de ia citoyenneté cana dienne dont nous devons tous nous réjouir.Le; Canada a pris place parmi les grandes nations1 du monde, dan1 l’ordre international; dans le domaine national, notre législation sociale es: l’une des plus avancées du monde; en économie, des mesures de contrôle assez souples pour permettre le libre fonctionnement de l’entreprise privée tout en protégeant les petits épargnants et les gens de revenus modestes, on: permis de combattre avec succès l’inflation e» nous pouvons, à cet égard, servir d’exemple à toutes les nations — même à nos puissants voisins américains ! De tels accomplissements .suffisent a faire la gloire de tout homme d'Etat.M.King, pari sa vaste contribution à cette réussite nationale, j a droit a toute notre arqfitud'' \es grèves et le drapeau M.King qui, d'Angleterre, comptait se, rendre en Europe afin de visiter les pays ou' des soldats canadiens ont combattu et sont, morts, a dû se rembarquer brusquement pour le Canada Diverses questions nationales qui posent de graves problèmes auraien* provoqué ce retour précipité Parmi ces questions, on, mentionne les grèves et le choix d’un drapeau canadien.Nous ne vo u Ion s nullement diminuer l'im- portance de la quest ion du drapeau.Ce dra- peau, qui sera l’ernl ileme d un pays libre et conscient de .sa jeun :cf.à e puissance, aura droit a tout notre respe tous nos sacrifices.Mais nous croyons qu il n est pas opportun de diviser le pays sur une queMon comme cel.e du choix d'un drapeau, quand toutes nos énergies do.- **:!!« a la paye 4 - l.o Uillrl tin Huron Propos d'un cynique l.ii I erre «/ Inimque est bénie des dieux, car Ies dieux sa si ml échappés dr criic terril morose qu ext l'.lneieu comment, i/iti est un ancien continent, pour venir se réfugier en tenu huronienne.Vit relit tit mil him fuit et mil montre i/it'nn /imitait elle iliell i et at'oir t/lie,i/lte uni sse./Itutsi les munies i/ui peuplent I' Imérique, même ipinml ils sont à plies /Miles et Ù manteau t Units, cmimusscnl le bonheur, un moins relatif.Ils mil île nombreux "repiésenlunts" îles dieux /mur les proprement diriger, ils mil raluitulnner, sans le suçoir; ils mit la paix, sans le saloir non plus, mais mal un) res ai anilines, ils /{émissent un peu trop souvent.te limit le Union, emii/ut-t issu ni éi ses heures, leur /larilonne, tur.ils ne surent pas.Ils ne surent pus, par exemple, les beautés et les ni nullifies incommensurables ilu cote, même "téléfirapliiaue", Us ne sa remit lit /mis compte, les pannes humains, ipt'ils peuvent coter, coter ii tour île brus, sans i/ue le si rulm chati/tu léellrment ipmi
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