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Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique
Hebdomadaire combatif de Jean-Charles Harvey qui porte haut et fort les principes du libéralisme et de la tolérance. Il se démarque par des pages culturelles de haute tenue qui accueillent des collaborations importantes. [...]

Lancé à Montréal le16 septembre 1937, Le Jour est un journal hebdomadaire. Il est fondé par l'auteur et journaliste Jean-Charles Harvey après son expulsion du quotidien Le Soleil survenue à la suite de l'interdiction de son roman Les demi-civilisés. Harvey demeure le directeur et principal propriétaire du journal jusqu'à sa fermeture en 1946.

Journal de combat et d'opinion, Le Jour porte les principes de l'idéologie libérale. Le programme de Harvey mise sur la promotion des progrès de la technologie et de l'économie modernes, visant la conquête des biens matériels et s'appuyant sur l'orthodoxie libérale de la compétition et de la libre entreprise plutôt que sur l'intervention étatique et les corporatismes professionnels et sociaux.

Libéralisme économique, donc, mais aussi social : soutien aux combats pour l'émancipation des femmes, fortes prises de position contre la xénophobie et surtout l'antisémitisme, rapprochement culturel avec les anglophones, défense des droits des travailleurs. Ces principes libéraux sont érigés face au corporatisme et au nationalisme traditionaliste canadien-français avec sa tête de proue, le très influent abbé Lionel Groulx. Au-delà des enjeux canadiens, Harvey démontre dans les pages du Jour un vif intérêt pour la politique internationale.

Le Jour combat vivement l'Union nationale de Duplessis, mais garde son indépendance vis-à-vis du Parti libéral du Québec. Son rédacteur se prononce pour le renforcement de l'unité canadienne, pour la laïcisation de la société et pour le déploiement d'un réseau d'éducation public, gratuit et obligatoire.

Jean-Charles Harvey se réclame de la tradition de farouche liberté de pensée d'Olivar Asselin et, avant lui, d'Arthur Buies. Il aborde des sujets sérieux mais sur un ton souvent légèrement humoristique en vue d'offrir une lecture agréable à un public informé et lettré qui souhaite aussi se divertir. Les arts et la culture tiennent d'ailleurs un espace important dans le journal : musique, peinture, lettres, cinéma, comptes rendus de concerts et d'expositions.

Jean-Charles Harvey est le principal rédacteur du Jour, que ce soit sous son nom ou celui d'un pseudonyme, comme Paul Riverin. Charles Hamel, André Bowman et Berthelot Brunet y sont aussi actifs.

Des textes littéraires trouvent régulièrement leur place dans Le Jour, qui publie

de nombreux textes, que ce soit d'auteurs de la relève comme Gabrielle Roy, Jean-Jules Richard, Gilles Hénault, Jean-Paul Lemieux, Yves Thériault, Andrée Maillet et Henri Tranquille, ou d'autres plus établis comme Jean Narrache, Jovette Bernier et Robert Choquette.

Louis Dantin y est aussi un contributeur important. En plus d'une chronique sur la littérature américaine qu'il tient pendant quelques années, il y signe une chronique sociopolitique d'esprit socialiste qui l'oppose parfois aux positions libérales de Harvey, mais les deux esprits se rejoignent dans la lutte aux idées conservatrices et passéistes de l'idéologie clérico-nationaliste dominante.

Le gouvernement libéral fédéral et de grandes entreprises fournissent un soutien financier au Jour, qui est tiré à 25 000 exemplaires en 1937, à 10 000 en 1940, et à seulement 3000 en 1946.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1985, vol. 7, p. 91-93.

GUIMONT, Pascale, « Le Jour, 1937-1946 », dans Idéologies au Canada français, 1930-1939, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1978, p.131-163.

TEBOUL, Victor, Le Jour : émergence du libéralisme moderne au Québec, Montréal, Hurtubise HMH, 1984, 436 p.



Éditeur :
  • Montréal :[Le jour],1937-1946
Contenu spécifique :
samedi 11 novembre 1944
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Références

Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique, 1944-11-11, Collections de BAnQ.

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8ième ANNEE No 10 5 CENTS Directeur- Fondateur : Jean-Charles Harvey LE JOUR INDÉPENDANT POLITIQUE, LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE Administration et redaction.180 est, rue Sainte-Catherine (suite 4t) Montréal Gase postale 20, Station “N” — Tel.•PLateau R471 11 novembre 1944 , I u uni Ion fi temps que les choses iront système tiquemon t nuit, je continuerai système ti q ucnt ont à dira qu elles ne vont pas bien — Henri ROCHEFORT Réducteur en chef: Emile-Charles Hamel CARDIN PANS LE CABINET KING?UN DÉBAT STÉRILE guerre, nos energies N’est-il pas étrange mi’après cinq années de guerre, à la veille du dernier acte de l’Iiorrildc drame où se joue la vie de millions d’Iionunes et où la liberté et la civilisation semblent Mirlir victorieuses de leur bain de sang, au milieu de< mille sacrifices acceptés en commun pour une cause commune, notre petit peuple se montre impuissant a réaliser l’union sacrée et se Ihre à des discussions Imunlines entre conscriptionnistes et auticonscriptionnistcs?A ce stage de la trouveraient mieux à s’employer ailleurs.L’avenir seul nous dira lequel des deux groupes eut tort ou raison.L’heure est venue d’être modestes dans nos opinions sur mi problème dont nous ne possédons pas toutes les données.Nous nous permettrons toutefois, de rappeler quelques faits pour y voir un peu plus clair.Nous croyons nécessaire de remonter assess loin dans l histoire de ces dernières années pour comprendre la crise politique qui vient d’aboutir à la démission d’un ministre fort important et à soif remplacement par l'ancien commandant en chef des armées canadiennes.La nomination du général .Mc.Naugbton comme successeur de M.Ralston, démissionnaire, au poste de ministre de la Défense, est un tour île force dont seul était capable, scmble-l-il, ce maître-tacticien qui s'appelle Mackenzie King.Celui-ci a fait là une trouvaille qui n’est peut-être pas une solution, mais sûrement un moyen de gagner du temps.Gagner du temps! Voit-on toute l'importance que cela peut avoir quand la guerre n’est plus qu’une question de mois, peut-être de semaines?l'as un • homme, dans la politique canadienne, n’apprécie autant que M.King la valeur politique du temps.C’est probablement ce qui explique nombre de ses succès.Et maintenant, un peu d’histoire: De 1917 à 1939, des hommes politiques de toute couleur avaient enseigné à la province de Québec que la conscription était le mal suprême et que le parti lesponsable du service par coercition, durant la première grande guerre, devait être à jamais écarté du pouvoir.En 1910, devant la population de cette province, que l’on savait hostile à toute mesure conseriptionniste, les chefs de tous les partis promirent que les volontaires seuls traverseraient les mers pour défendre nos foyers menacés.Le 27 avril 1942, -M.King, ému par nos défaites, peut-être aussi poussé par les unnjhrcux partisans de l’effort total, tint un plébiscite pour demander au peuple de relever son gouvernement de la promesse qu’il avait faite ife ne pas imposer la conscription pour service outre-mer.Huit provinces, dans la proportion de 80 pour cent, répondirent “oui’’, mais lu province de Québec répondit “non” dans la proportion de 73 pour cent.Ün mois plus tard, le gouvernement présenta une mesure qui l’autorisait à «inscrire les Canadiens, en cas d’urgence.Une première crise ministérielle s’ensuivit pur la démission de M.Cardin, l’un des principaux ministres de langue française dans le cabinet fédéral.C’était en mai 1942.Entre temps, on conscrivit les Canadiens aptes au service pour la défense territoriale.Plus tard, ces recrues prirent le nom de “zombies”, c’est-à-dire, les morts ambulants ou vampires nationaux, pensionnaires de l’Etat.Durant les trois années d’attente et d’entrainement des armées canadiennes en Angleterre, le volontariat semble donner des résultats satisfaisants, car il n’y a pas de pertes dans 1 infanterie.Les opérations secondaires, en Afrique et en Italie, ue nous prennent que fort peu d’hommes, en sorte que le succès parait assuré.Au reste, les recrues, dans l’aviation et la marine, tout fort nombreuses.Durant l’été de 1944, c’est le coup de théâtre du debarquement en Normandie.C’est l’épopée des troupes héroïques du Canada, de l’Angleterre et des Etats-Unis à travers les provinces françaises; c'est la France libérée en quelques semaines.Vers le milieu de septembre 1944, les succès des alliés sont rapides, si foudroyants, qu’on entrevoit la vicloiie pour 1 automne.La guerre allait finir, le volontariat seul avait suffi, et M.King connaissait l’un des plus grands triomphes de sa vie.Jusque-là, les événements avuient donné raison au gouvernement canadien.Comme je le disais la semaine dernière, si la guerre avait fini en 1944, on n’aurait pas eu trop de louanges à l’adresse de celui qui aurait montré assez de sagesse, de modération, de flair, pour gagner la victoire avec les seuls volontaires et épargner au Canada d’inextinguibles haines «le ‘‘races’’.Mais la guerre ne semble pas devoir finir en 1944, et cela change tout.Nos armées fondent à vue d’oeil sur les champs de bataille les plus sanglants de l’histoire.La bête traquée dans son dernier repaire, sc défend avec le fanatisme du désespoir.H faut compenser nos pertes.Par quel moyen?M.Ralston croit fermement, sincèrement, que les “zombies” doivent être conscrits pour outre-mer.Le volontariat ne saurait suffire.M.king et plusieurs de 6es ministres ne sont pas du même avis.M.Ralston démissionne.II est toutefois impossible de laisser disparaître l’armée canadienne du théâtre des hostilités.M.King a foi au volontariat quand même! Il lui faut un homme partageant la même foi: il appelle le général Mc.Naugbton à la rescousse.C’est un grand nom.Il n’v a pas si longtemps, les journaux ne parlaient que de 'ui: il était notre généralissime.McNaughton accepte l’offre du premier ministre et, quelques jours plus tard, prononce un discours dans lequel il exprime le ferme espoir qu'il suffira de ‘“'re appel au patriotisme des Canadiens, en ces heures d extrême tension, pour susciter des légions nouvelles de volontaires.L’ancien commandant de renforts outre-iner peuvent combler les vides pour un temps plutôt court: que seule recrudescence d’héroïsme volontaire peut redresser la La dernière crise ministérielle supprime la cause du désaccord entre l'ancien ministre sorelois et le premier ministre de nos armées admet que le besoin est urgent; que les réserves connues Nous apprenons, de source généralement bien informée, qu’à la suite de la dernière crise ministérielle, l'honorable M.Cardin, ancien collègue de M.King, ferait sa rentrée prochaine dans le cabinet fédéral.Le premier ministre serait disposé à faire des avances à ce politique remarquable, dont 1 appui, aux prochaines élections, pèserait fort dans la balance.On nous explique que la cause qui détermina le départ sensationnel de M.Cardin serait désormais disparue.En effet, après le plébiscite du 27 avril 1942, alors que huit provinces, dans la proportion de 80 pour cent des vote3, donnaient carte blanche au gouvernement pour établir la conscription en cas d’urgence et que la province de Québec, dans la proportion de 72 pour cent, optait pour le contraire, notre ministre sorelois sc trouva dans de telles circonstances qu'il jugea nécessaire d’abandonner son poste.Avec son éloquence habituelle, il avait soutenu la cause des “Oui", mais en donnant au peuple de cette province l’assurance que M.King ne se prévaudrait pas de ce vote pour établir la conscription totale.Or, au cours de la session fédérale qui se poursuivait alors, soit en avril 1942, le gouvernement, voulant sans doute apaiser la majorité des Canadiens qui avaient voté "Oui’’, s’empressa de proposer et de voter la loi qui l’autorisait à mettre en force, quand il le jugerait à propos, la conscription pour service outre-mer.M.Cardin crut que cette mesure, qu’il jugeait inutile, n’était qu’une provocation à l’opinion de la majorité de* électeurs de la province de Québec.Plutôt que de paraître violer sa promesse envers nos compatriotes de langue française, il démissionna.Voici maintenant que la dernière crise ministérielle manifeste de façon éclatante la ferme volonté du gouvernement King de ne pas recourir à .cette mesure "in extremis", quoi qu'il ndvienne.La cause du malentendu entre M.King et son principal lieutenant de langue française n’existe donc plus.C’est pourquoi se dessine, à l'heure présente, un mouvement sérieux pour la rentrée de notre compatriote dans le cabinet fédéral.L’acquisition, au ministère, du prestige du général McNaughton est considérée, à juste titre, comme une victoire diplomatique de M.King.La rentrée de M.Cardin serait plus importante encore au point de vue politique.J.-Ch.H.ROOSEVELT EN SELLE CETTE FOIS-CI, LA PAIX NE SERA PAS SABOTÉE Le président Roosevelt est réélu.En dépit d'une répugnance générale à l’idée d un quatrième terme, les Américains ont préféré maintenir au commandement suprême le chef qui a mené la guerre avec intelligence et énergie, pour mettre les Alliés sur le chemin de la victoire.Il va de soi que les élections américaines étaient l'affaire de nos voisins et que, quels qu’en fussent les résultats, nous n'avions qu'à nous incliner devant leur libre choix.Il est certain que la politique du Canada à l'égard des Etats-Unis doit en être une d’amitié et de collaboration.et que nous aurions poursuivi cette politique aussi bien si M.Dewey avait succédé à M.Roosevelt.Mais la grande figure du président a acquis un tel caractère international, elle nous apparaît si bien comme celle du champion de la cause sainte de la liberté, que nous ne pouvons ne pas applaudir à sa victoire comme à un succès mérité, en même temps qu'un triomphe du bon sens démocratique.En accordant son vote à M.Roosevelt, le peuple américain a prouvé qu’il acceptait les sacrifices imposés par la guerre et approuvait la politique de collaboration internationale prônée par le président.M.Roosevelt pourra maintenant rencontrer le premier ministre Churchill et le maréchal Staline: il a reçu un nouveau mandat, non équivoque, pour parler au nom de la nation américaine.Le grand trio de la victoire demeure intact, grâce à la décision de l'électorat américain.S’adressant mardi soir au peuple américain, par le truchement de la radio, avant que le résultat du scrutin ne fût encore connu.M.Dcwcy déclarait que.quel que dût être ce résultat, on devrait reconnaître que le parti républicain avait bien travaillé pour l’unité américaine.Nous le reconnaissons bien volontiers.L'attitude prise par ce parti sur la politique étrangère des Etats-Unis, grâce à l'attitude d’hommes comme le regretté Wendell Willkie et comme M.Dewey lui-même, qui a remarquablement évolué depuis Pearl-Harbor, a puissamment contribué à assurer l’influence internationale de ce pays.Les autres puissances n’avaient plus à craindre un brusque revirement de la politique étrangère américaine, comme cela s était produit après la défaite du président Wilson.MM.Willkie et Dewcy avaient l'un et l'autre endossé dans ses grandes lignes la politique étrangère du président Roosevelt; l’un et l'autre s’étaient prononcés sans équivoque en faveur de la collaboration internationale pour maintenir la paix.Cette unité nationale, source d’influence internationale, pourrait servir de leçon à bien d’autres pays .Il convient aussi de louer la modération remarquable avec laquelle a été menée la lutte électorale.L’absence de toute grossièreté, de toute attaque personnelle, qui a marqué cette élection de temps de guerre est tout à l'honneur de la démocratie.M.Roosevelt, terriblement pris par ses devoirs de commandant en chef de l’armée et de la marine américaines, a dû souvent oublier qu’ii était en même temps le leader d'un parti politique; ce n’est qu'au cours des dernières semaines qu’il s'est lancé dans la lutte électorale.Mais il l’a fait avec une vigueur et une adresse qui prouvent qu'il est demeuré le redoutable jouteur qui prenait le pouvoir en 1932.Sa campagne a été d'une habileté consommée, et - Suite d la jnrjtt t - Emile-Cbarlc» HAMEL M.L.H.P.renaîtrait Les rumeurs les plus diverses courent actuellement • au sujet de l’avenir de l’Hydro-Québec, entreprise d’Etat qui s’est substituée à la M.L.H.P.pour des raisons que l’on connaît.Le premier ministre Duplessis, fort embarrassé par les complications nées de l'étatisation, songerait sérieusement à reconstituer la M.L.H.P.sur de nouvelles bases et à la rendre à l'entreprise privée une ‘¦tuation.Ce fut un discours encourageant, non pas un discours j tout en gardant sur elle un certain contrôle, optimiste.Les partisans du groupe Ralston ont vite trouvé le tS3MC df* décI“ra,ions (lu célèbre militaire.Celui-ci j remboursés par le gouvernement qui .a JJn_ nue Ja conscription pour service outre-mer, en JM,.n t 1 nava|l servi de rien.Il fallut près d'une année pour former D- .exProPr,ee- nécessairement que premier contingent île ondii est lourde de douleur: “Et votre autre frère, où est-lll?— Il vient d'arriver en Angleterre Il est dans l'UOAK".Ee temps s'écoulait.Ee grand-père ne peimettait même pas à David de venir visiter Elisabeth pendant ara rares apparitions a Ottawa.Ne pouvant servir dan» l'armée à cause de »a santé, Davi I ¦'était trouvé une situation dans une université de l'ouest et essayait de populariser des découvcito» snlctlUliques qui s'appliqueraient à l'agriculture.Puis, un Jour, comme l'are-nn* ciel qui cliasse l'orage, un coup de sonnette h D porte du giarrê* père, et a la porte, un roux ca*r4 en uniforme, médaillé, qui demande Mademoiselle Elisabeth "Mademoiselle est malade", té» pond lu vléiiiàld futlcUx."Je viens chercher Mademoiselle", dit le soldat qui entra sans attendre U permission.Au haut de l'escalier, une ombre blanche."Tu descende, Elisabeth, le ’uxl attend", C'eal Henri.Chez .Mademoiselle un gros feu de bote, un poulet rôti, une salade, des petit* poli et des fruits Ica attendent, car Henri avait déjà prévenu l'hôtesse du mariage projeté pour le lendemain."Vous saviez qu'ElIzuhéth n l'Intention d'entrer au couvent?" lit demande Mademoiselle, "Quand Je suis là, elle oublia Dlr'a", lui iépond-11 avec aplomb.Point n'est besoin de plu» loin suivre l'histoire que v-onunencêrunt ce soir-là le Jeune vétéran do guerre et In pieuse Elisabeth, ni d* l'amour que leur porta Mademoiselle.Il y a quelques semaines, una jeune femme très distinguée mu demandé «1 Je n'écHralo pas un* suite à l'histoire du Jeune aviateur dont la femme avait été tuée dans un accident d'auto.Mnls comme je ti'nvals revu mon héros, et qua Je n'avals pus le talent d'écrire un roman, jn lui répondis non.Neanmoins, puisque cette jeune personne ne peut se décider entre le couvent et In nunhige, J'ospèie qu’elle trouvai a dans ce conte, également vrai, l'avis que J» n'n dar.t le.trou rooi» qui • !» ;.’>r»tL'.n.t> aprc* U lat'.Mi tanadenn», te.ut an- touiVdU t, t.o-nro» ou .1 » »ervl C 'atl» roer, ., .I'» pemloftnPa pc.nr m-tltdi-P.Jo'.*V'-,t de 1a pr/r'.tP C .r >* r.oml-att-cra dar r 1 »d-;r.rtfa‘i'n puhc.i'iue, .» c.nt , .r".ce pour »rop:.c,i .f le» for (e œ me.Xvfc« r»c ordoocP tU (WioenUa In» A.Mvifii*, APiv.tr» d*I affaires des anciens combattants *.v.I ' r.iiU i m Î$W m ' i-'ïSï i î]iM.*4 Wt fi Vï Page 6 LE JOUR Montréal, samedi 11 novembre 1944 POUR AIDER LA FRANCE Vv 4 I« rharmunlr Janine HETTO, qui Incarne de *1 émouvante façon le rôle do Fanny dan» la piece de Mar roi l*«fnl.“MA BIEN", tjue IT.qul|>r présentera le II novembre prochain, au Monument National.I* directeur de l'Equipe, M.Pierre Duçcnal» ver»era le cachet Intégral de ae* artiste* au total de* recette» de la Milrée, transmise* au Comité Canada*franco et à l'Assistance aux oeuvre» de guerre française, LA VIEILLE On tâchait île la retenir ilan» le» village*, on lui di»ait gentiment (durant ce* journée» cruelle», quand la haine éclatait comme un cataclysme, la coinpu«»ion devenait plu» puissante elle aussi) : •—Où que tu va», grand’mère?Ta» qu'à reater, qu’à te reposer un peu! Mui» file «ecouait lu tête cri «igné de dénégation — *a tête branlait constamment, et peut-être »etiihlait-il seulement qu’elle refusait — et »a bouche *an* lèvre», avec une drôle de touffe de poil blanc de chaque côté, marmonnait quelque cho»e d’incompréhcn»ible: le tempa de repos.' — Comment .C’e*t-i’ , .Ramasser le» enfant» .C’était line vieille de haute taille, pa» courbée du tout, maigre comme on ne saurait l’être davantage, avec un long cou couleur de terre.Il serait difficile de définir son âge; elle-même aurait certainement de la peine à le dire; cependant, elle paraissait tellement vieille que, retira «iir iâ pointe de» pied».Apre» avoir fait dan» le» hameaux où elle passait, les plus âges semblaient presque jeunes à côté d’elle.On lui demandait avec stupéfaction: — Ramasser .les enfants?Combien que t’en a» donc, grand’niêrc?Elle secouait la tête et répondait, en étouffant de rire: — Rappelle pu» .Est-ce une centaine?Rapelle nus! Alors le» gens, gênés, détournaient les yeux: une folle, voilà ce qu’elle devait être! Seulement, quand elle repartait, s’appuyant »ur un bâton, toute droite, uvec sa tête branlante, — dos bruits invraisemblables commençaient de surgir tout à coup.Dans une chaumière abandonnée, les Allemands s’éi dent empoisonnés avec de la nourriture qu’il» v avaient trouvée; dans une autre, tou* sans exception furent brûlés on ne savait qui avait mis le feu .Ou encore, dans un hameau où dix femmes furent enterrées vivantes, parce qu’elles hurlaient, égratignaient «nldats, ne voulaient pas enlever aux enfuit'» leurs dernières bardes pour les laisser envoyer chez ceux-là, dans leur pays .F.h bien! Celui qui avait donné l’ordre de les enterrer vivantes, s'est réveillé le matin, qu’on dit, sans pouvoir remuer bras ni jambes .— La vieille! — murmuraient les paysans.— Elle avait beau faire celle qui ne comprend rien .Quelquefois, des bruits de ce genre parvenaient des deux directions opposées — et il semblait déjà qu’il v avait deux vieilles, peut-être plu», que tout le pays en regorgeait .C’étaient des jours haletants d’événements inouïs, lorsque tous le» mot» se mirent à rendre un son nouveau, Le bois signifiait un abri ou un guet-apens, un nouveau-né, un soldat de demain contre l’ennemi de toujours; et comme le coeur battait fort lorsque les lèvres murmuraient: “Ils viennent”, "le pain’’ ou simplement "eux”! Vivre c’était ressentir le danger avec tout •on être, ne pas se laisser faire, lutter, se venger, maudire, souffrir et haïr.Ht aimer — comme on n’avait jamais aimé.Tout baiser n'était-il pas peut-être le dernier, brûlant par le souffle amer du bonheur et de la mort de demain?Même la terre sur laquelle on marche d'habitude sans la voir, devenait infiniment chère, particulièrement émouvante sous un ciel d’automne où se mouvait lentement la cavalerie lourde des nuages .Et les enfants, pâles, aux veux grand» ouvert», les enfants qui inventaient de» jeux nouveaux incompréhensibles, les enfants qui ne riaient plus, savaient aussi bien que les autre* pourquoi retentissent des coups de feu dan» le v illage voisin, ce que veut «lire, tout près, la fumée âcre et l’odeur «It- brûlé, comment les petits poings se serrent quand on xoit pendus ceux qui, hier encore .Et ils savaient aussi quel cadeau merveilleux c’est: chaque journée, encore vécue sur la terre! Us Allemands entendirent, eux aussi.parler de la vieille, commencèrent de la rechercher, promirent un prix à celui «jui la leur ferait avoir morte ou vivante.Mais il était difficile de la trouver.Personne ne savait où elle passait — à «on âge! — toutes ces longues ‘ *•' • - ''' Montréal, samedi 11 novembre 1944 LE JOUR Page 7 AU THEATRE ARCADE '* f .jasa«a»**® Page 8 LE JOUR Montréal, samedi 11 novembre 1944 ET C’EST COMME CA QUE TOUT L’PAYS L'A SU Par suite de» révélation» faite» par le "Jour” et par M.Bouchard, l’OJ.C.»e voit privé de ion arme favorite, le »ecret, et e»t déiormai» menacé dan» son existence.— Quelque» petite» révélation*.REVUE de la PRESSE ?L< p'ui rurjrt roup* que I on lit poriti * "Ordre de» ( *noo-l»rd» connu» «oui 'e nom dO !.( tonl venu» de» heureutei indix rt-(ioni de »ei /n»mbte».Depui- environ qii»tre an», non» tomme» su courant de presque loul re qui se p*»»e * u «pin rie telle maronne/if »U(>efn*lion*li»te.Il luffiiad de révéler le» cher» «errel» pour menacer de ruine loul l'édifice.I.a meilleure preuve que nom avon» fait à l'Ordre un mai considérable.c’e»l la haine qu’il nou» porte.Dan» le dernier numéro de l'Action iXationalc, sorte de »uc-fimale jocnte, vivant »ou» l'inspi* /ation durcie du rnailre jupiém» de la faune torn'lé «enéie, un de* membre» de l'O.J.C.noui couvre d'injure» et avoue, pour la première foi» dan» une publication destinée au grand public, i’exutence de cet Ordre.A propos du iccrel, mu» luon* dan» YEmerillon, organe officiel el ! confidentiel rie l’O.J.C.aoüt-*e|>-tfmbre 1944, ce» ligne» lignifies-tivr» : "Il semble qu'un article public I récemment (numéro d'avril de cette année ) et qui a eu l'honneur ( ! ) d’être reproduit in extenso, grâce à la discrétion ( )) de l'on sait qui, dans une feuille immonde de Montréal, n‘a pot été compris ou interprété comme il se devait.Il était question de la "Discrétion dans l'Ordre." "Certains se sont troublés, croyant que le CX changeait d'altitude quant au secret; d'autres se sont crus obligés de laite des rêvé talions el de tout dire ce qui se passe dans l'Ordre."Il n'en est pourtant rien.Nous n'avons fait qu’exprimer sur le papier la ligne de conduite en vigueur depuis les débuts en ce qui concerne le secret et la discrétion dans f Ordre, "L'article en question était bien flair, ce nous semble.Il traitait du secret au sujet de l'existence de l’Ordre entre un membre et son épouse et c’est uniquement de cela qu'il s'agissait."A la fin, l'auteur indiquait que celle existence même ne devait pas être révélée par l'époux à son épouse, si, au jugement de celui-là.celle-ci n'est point capable de garder un secret.(Avec la publicité donnée à notre Ordre dans les journaux, surtout ces derniers temps, on peut difficilement penser qu’il se trouve encore au pays beaucoup de gens ignorant l'existence de l'O.J.C.) Mais, encore une fois, chacun, dans son cas particulier, doit être seul juge el décider s'il lui est possible de déclarer à son épouse son appartenance à l'Or die ou s'il vaut mieux ne pas le faire."Quant à l’action de l'Ordre, l'épouse doit comprendre que son époux ne peut la faire connaître aux bi ofanes, puisqu'il est lié, non seu- lement par son serment, mais aura par la solidarité qui Y unit à »e» frères qu'il n'a pas le droit de compromettre et qu'il s'til engag.à prolifer en observant la discrétion la plus absolue."Les secrets de l'Oidie ne sont pai ceux des membres pris individuellement: ils appartiennent à l'organisation tout entière-; un particulier na donc pat le droit de les révéler à qui que ce soit."Voilà qui, sans doute, éclaiiui le principe posé dans l’article en question, à savoir que "l’époux na pas le droit rLavoir de seciet pour son épouie.pas plus que cette der-méie ne peut entretenir de secrets envers son époux" l.'époux na pas le droit d'avoir de secrets sut son appartenance à l'Ordre, soit (à moins que son experience ou des antécédents lui fassent juger que le contraire est préférable): il na pas le droit d'avoir de secret sur re qui se passe dans l'Ordre: certainement qu'il a ce droit, en vertu de son serment et en vertu de l'obligation prise de icspecter un seciet qui n'est pas seulement le sien, ruais celui d'une foule d’autres membres el dont dépend le succès de toute l'entreprise."Quant au teste,
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