Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique, 4 juillet 1942, samedi 4 juillet 1942
4 Juillet 1942 S CENTS les ennemis de la LIBERTÉ n ont pas droit à la LIBERTÉ! LE JOUR INDÉPENDANT POLITIQUE, LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE i Directeur-Fondateur: Jeau-Cliarles Harvey Administration et rédaction, 180 e*-f, rue Sainle-Catlicrinc (suite 44), Montréal Caêc postale 20, Station “N" — Tel.‘PLateau 8171 5lème ANNÉE No 43 Aussi longtemps que les choses iront sys lc mu Iiipi emenl mal, je continuerai svslÿmatiquenten l à dire qu'elles no vont pus hi en — Henri ROCHEFORT Itcriuctcur en chefs Kmilc-Cliurles Ifautel L’absurdité Moral et confort de l’attente U e„ ennemis du monde britannique et de l'iih'-al ilémoeraticjue ont formé, chez nous, la Ligue de la prétendue Défense.Une guerre défensive est une guerre perdue d’avance.Celui-là ne se battra pas ou se battra très mal qui attendra, pour lutter, que l’agresseur, après une longue marche victorieuse, oi il aura écrasé 6es victimes l’une après l’autre, soit rendu au seuil de sa demeure.Il faut une très forte dose de stupidité ou de traîtrise pour conseiller cette stratégie de la défaite.Ce qu’il nous faut, à nous d’abord; Canadiens de langue française, ensuite à tous nos alliée, c‘e*l une Ligue pour l'Offensive.Et celte offensive doit porter non seulement sur nos territoires respectifs, mais partout où il est possible d’atteindre le monstre et de 1 abattre.Il semble bien que les chefs des deux principales puissances alliées se sont rendu compte de la nécessité urgente de cette tactique d’agression et de surprise, puisque MM.Churchill et Roosevelt, après avoir conféré plusieurs jours ensemble, ont annoncé conjointement qu’il était d'ores et déjà décidé que les .Nations Unies allaient forcer l’Allemagne à dégarnir une partie de son front de Russie, afin d’alléger la pression actuelle des Nazis sur les troupes soviétiques.On comprend par là qu’un second fronj s’ouvrira bientôt en Europe .ou ailleurs.A quelle date, *ur quel point détermine?C’est là un secret militaire qu’il faudra garder jusqu’à la minute supreme.L'important est que l'on puisse lancer dans l’offensive, au moment psychologique, les quelques millions de soldats aguerris qui, depuis bientôt trois ans, attendent impatiemment l'ordre de se servir de leurs armes et de leur passion de revanche.L’un de mes amis dont j’admire l’ardeur combattive et les convictions libérales, me faisait les observations suivantes un jour avant la déclaration Churchill-Roosevelt: “Malgré la dure leçon de juin 1940, le complexe de la Ligne Maginot n’a j>as cessé d’inspirer nos alliés.Une foi aveugle en la défense! Une ignorance totale de l’efficacité de l’attaque! On semble s’être dit partout: “Attendons l’ennemi de pied ferme.Et pour avoir tant attendu, on a failli tout perdre.“Les Etats-Uni.» attendaient que le Japon les attaque.Résultat, Pearl Harbour et les Philippines.“Les Anglais attendaient à Singapour qu'on les attaque.Singapour est tombée en moins de trois jours.“Les impériaux attendaient qu’on les attaquât en Libye: Tobrouk est pris et l'Egypte est envahie.“Les memes attendaient en Birmanie qu’on les attaquât; ils l'ont été avec les résultats que l’on sait.“Quelques millions de soldats bien entraînés et armés jusqu'aux dents attendent en Angleterre qu’on les attaque.“Une armée passablement forte et organisée attend en Australie qu’on l'attaque.“Une autre, dans les Indes, attend qu’on l’attaque, alors u il serait peut-être possible pour elle d’aller rouvrir le chemin le la Birmanie aux Chinois.“De puissantes flottes américaines attendent, dans le Pacifique, qu’on les attaque.“Des divisions américaines et canadienne, en Alaska et dans la Colombie-Anglaise, attendent qu’on les attaque.“Pendant ce temps-là, l’ennemi satisfait d’être tant attendu, en profite largement pour frapper là où personne ne l’attend.” t Même en faisant la part de la boutade, en ces propos d’un arm, ceux-ci n’en contiennent pas moins une large part de vérité.Souhaitons que MM.Roosevelt et Churchill aient enfin donné le coup de grâce à la mystique de l’attente et préparé pour de bon les diverses offensives qui feront contre-poids aux multiples incursions des bandits internationaux sur la carte du monde.II esterai qu’au moment où éclata la guerre, nos ennemis avaient sur nous une avance de plusieurs années de préparatifs militaire*: mais nous avions vingt fois plus de ressources; plus hommes, plus de matières premières, jdus de technique, plus l^e mo>’en* do transport, sans compter la maîtrise absolue des mers.Nous avons déjà perdu plusieurs de ces avantages, pour avoir continué, même après la chute de la rance, à bâtir nos petites lignes Maginot et à imiter dans le mauvais rôle le combat des Horaces et des Coriaces.On n'a passu former ,dès le début des hostilités, le front uni de toutes ®* nations menacées, en vue d’offensives gigantesques et multiples.N" avait-on pas décidé que les forteresses des alliés riaient imprenable* et qu’il suffisait, pour vaincre, de s’y abriter tn J°uant sa partie de poker?Noue sommes maintenant à un tournant du conflit où il audrait bannir du dictionnaire le mot Défense, qui est devenu ononyme de sottise ou de trahison.Un homme public pour qui > JePr®uva* toujours une profonde sympathie et qui sera peut-être ' *PPe‘^ un jour à diriger les destinées de notre pavs — je veux E Suite à la page t pays — je Jean-Charles HARVEY Il est bien agréable au jour d'aujourd’hui d’être soldat.Ceux qui auront goûté aux menus de l’armée ne me contrediront pa*.Voici ce qu’a mangé l’armée, hier, jeudi: Au déjeuner — Compote de pruneaux, blé fendu, lait frais, bacon grillé et pain doré, confiture de pêches, café • cacao.Au dîner — Crème d’oignons, jambon au four, pommes de terre en robe de chambre, betteraves au beurre, tarte au chocolat, thé ou lait, pain et beurre, pomme fraîche.Au souper — Crème d’oignons, fèves étuvées Boston, salade de carottes au naturel, biscottes uu fromage, turte à la citrouille, thé ou café.Loin de ma pensée de trouver à y redire.Le soldat ne sera jamais trop bien traité, et nous voilà loin «lu menu de la bataille de Verdun que je me permets de rappeler: Au déjeuner — rien.Au dîner — un fromage de camembert pour quatre; cinq onces de pain sec.Au souper — une boîte de “singe" (conserve «le boeuf) pour quatre; cinq onces de pain sec.Boisson: une pinte d’eau par homme et par jour (pour se laver et *e «b’-saltcrer).Ce menu quotidien a duré pas mal de semaines, et ma foi, on s’en est contenté avec de surcroît la boue au-dessus des genoux, suns autre repos que celui pris adossé à la trunchéc ou couché à même le sol dans une excavation creusée en hâte avec pour compagnons les rats gros comme des lièvres qui s’en venaient vous mordre les doigts de pieds ou les oreilles.La solde quotidienne était de cinq sous français, c’est-à-dire beaucoup que cinq cents canadiens.Le farceur qui nous eût à l’épo«pic entretenu de jambon au four et de tnrte au chocolat se fut fait vertement rabroué.Le seul supplément au menu, on le trouvait «lans la boule de pain «pii contenait parfois, cuits dans sa pâte, une araignée dodue ou un sombre cafard.L’on a tenu quand même, contre l’Allemand quatre fois plus nombreux, quatre fois plus armé.Et l’on a tenu aussi à Ypres, sur la Somme, à Vimy, à Courcelctte; et l’on a tenu mieux que, cette fois-ci, à Parie, à Singapour ou à Matruh.Il y a donc quelque chose qui ne va pas.Quoi?— Sans doute le moral.L’on a fait du soldat une espece de fonctionnaire bien logé, bien nourri, bien payé, pour qui la guerre n’est plus que l’acceesdire, à éviter si possible, car cet accessoire est dangereux, pour «pii la discipline devient une sorte de contrainte.Encore une fois rien n’est trop bon pour un soldat, mais encore faut-il qu’il soit un soldat, Ias côté matériel a été surveillé, amélioré; qu’en est-il du moral?Les explications données relativement à la «b'faite de Libye, défaite qui semble tourner au «h'-sastre, sont en vérité bien pauvres.Voici des mois et des mois que le* Nations Unies, qui disposent de toutes les facilités, arment en Afrique «lu Nord.On nous a dit un jour que jamais Rommel ne reprendrait le terrain perdu.Il l’a repris, avec une jolie tranche supplémentaire, et menace de ne plus s’arrêter.On nous dit que de ce fait la guerre pourrait durer deux ou trois ans de plus.Si à chaque avance des Allemands les hostilité* doivent en être prolongées, nous voilà sur le chemin d’une nouvelle guerre de sept, de trente ou de cent ans.C’est ainsi qu’un général fran«;ais prétendait que !a paix était un état d’exception qui séparait deux guerres.On pourrait supprimer cet état d’exception, et rester en guerre à jamais.On nous dit qu’il n’y a pas de crainte à avoir ni pour Matruh, ni pour Alexandrie, ni pour Suez.L’encre qui reproduit ces beaux discours n’est pas sèche encore qu’ils se trouvent contredits par les faits, On nous dit que les Allemamls ont de meilleurs tanks, de meilleurs canons —$t qu’on l’ignorait.Mais, — on excusera dette redite — à Verdun, on n’avait ni tanks, ni canons, et on a tenu quand même, comme S«*bastopol aujourd’hui.Au reste s’il fallait une preuve «pi’il y a «juebjiie chose qui ne va pas ce serait le fait, qui parait indiscutable, de la supériorité numérique des Nutions Unies et aussi «le la supériorité («piantitative en tout cas) «le leurs armements en Afriijue du Nord.Nous reproduisons sans joie un commentaire, passé par la censure, adresse par uu correspondant de nresse en Libye à sou journal (James Aldridge: Standard.28 juin courant): “L’armée dr Ritchie (général anglais commandant en Libye) at'ait tout le matériel voulu pour battre les Allemands.En général sa stratégie et ses tactiques furent bonnes, cependant sans vitesse, sans acharnement, v: brutalité, sans virilité.Les troupes britanniques mamptent tie ces qualités .La mort est ce.tpi'iin soldat doit attendre, mais il n’aime /m à mourir sans savoir pourquoi .Or il manque d’un principe de direction solide, certain, absolu, au sujet do la guerre .” Autrement dit, le soldat ne sait pas pourquoi il se bat.Le patriotisme, le drapeau, la terre natale «pie l’on défend, où «me l’on se balte, tout cela est obscur, embrouillé ou encore inexistant.Ces notions ne sont pas même confuses, — elles ne sont pas.On m’excusera de toujours revenir en arrière, mais la guerre avait, en 1914 et, comme nous disions, une autre “gueule”.Lorstpi’ou demandait des volontaires, dans une compagnie, pour une mission dangereuse, toute la compagnie se présentait.Et mon capitaine «lisait: “Bravo, mes enfants, au moins vous, vous avez compris «pie le métier du soldat, c’est de se faire tuer.” Il aurait fallu beau voir qu’un régiment refusât de s'embarquer parce que le bateau était trop sale ou trop peu “confortable”.Vous souvenez-vous, amis vétérans, du “40 hommes, 8 chevaux (en long)"?("est ainsi que sont dénommés en France les wagons à bestiaux dans lesquels se font les transports de troupes.Un restait là de1.Adhémar KajnauJt, maire de Montréal.Au HUdlum, Is 13 Juillet, à I heures du voir.C«»t I« 13 Jullitt, à S heure* du soir, qu'aura lieu au Stadium de 1 avenu» D*lorim:»r.a .Montréal, le FESTIVAL, NATIONAL, organisé sou» auspices de !a Commission du IHe Centenaire et aou» la présidence de Son Honneur M.Adbé-rnxr Kaynault, mair* de Montréal.I.e programme de cell* manifestation populaire •« divise en trois partie» d'une heurs chacun*: parti* sportive, dite "l*e Jeux du Ille Centenaire"; parti* musicale, Intitulée, "J* ns* Souviens"; partie hlstoriqu*.dont 1* thème est ‘Trois siècles d'histoire et d* progrès”.PROGRAMME SPORTIF Balle-moll* (2 équipe* féminines, 2 équipe* masculines), basket-ball (Palestre National* v» E.8.8-Sta-nialas), volley-ball (équipes féminine* de la Palestre Nationale), concours de plongeons (écoliers, hommes, femmes), sauts en hauteur, boxe (12 combats elmjlts-nées), lutte (Yvon Robert, champion du monde v* Larry Moquin), •ouque-4-la-corde et lancement du Javelot (police de Montréal) parade de cycliste* (C.C.M.), gymnastique (écoliers de Verdun), gymnaitlque (filles de l’école Samt-Maro de Rosemont, Montréal).Distribution des prix.PROGRAMME MUSICAL - t Hymnes nationaux (choeur Lavallée-Smith).Allocution de M.le Maire.Folklore canadien et ukrainien, danees, chant (Paul-EmHe Corbell, Gustave Longt'n et autres vedettes , , .), Ecole de Musique Marraxza, orchestre, haut-parleurs, tableaux vivants, projections lumineuses.Grand défilé historique (costumas de l’époque).PROGRAMME HISTORIQUE Tableaux en couleurs de l'hlstol- re de Montréal pro.e^és «ur un écran de 40 pied* de hauteur.Portrait» de tou* les personnages qui ont illustré Montréal depuis aa fondation.Temples, monuments, prir.clp.jjc édifices .Narrateur* M.Jule» Massé, président du Eon Parler français.— Grand feu d'ar-tifice.Une partie du programme musical sera irradiée par le poil* CKAC de 8 heures et demie a 9.Toute la population de Montréal est conviée à ce grand spectacle du Hic Centenaire.La victorieuse carrière du V "La France éternelle n'a pas changé.Tout son peuple, dans la proportion de M pour cent (c'est le chiffre qu'un minietre de l'Information avouait à l'un de mes amis) pour la partie non-occupée.90 pour cent pour la tone occupée, 88 pour cent pour le Nord, la Somme, le Psis-de-Calals et la Bretagne, 98 pour cent pour l’Alsace et la Lorraine, est pour la résistance à l'oppresseur et contre la kollaborn-tlon (ainsi orthographlent-lls).Les autres, — à part quelques vendus, dont tout le monde connaît les r.oms et certains profltsurs, qui sont toujours du côté d'où affluent honneurs, prébendes et suheldes.— savent que le Jour de la délivrance et de la victoire viendra.Le V se Ut sur tous les trottoirs et sur tous les murs des cités, tandis que les femmes de Paris le tracent, avec leur béton de rouge à lèvres, sur le dos des officiers prussiens." — Le professeur Gustave Cohen, de la Sorbonne, dan* son livre Lettres aux Américains, l’Arbre, Montréal, mars 1942.LES SOLDATS Tout comme dans la fabrication de chars et de casons, la science aide l'armée en lui permettant de bien choisir ses hommes et de les diriger vers les métier* pour lesquels* lis sont 1* mieux doués.Un comité de psychologues dirige la sélection du personnel de l’armée au moyen d’épreuves scientifiques.Dès qu'un soldat s’enrôle pour le service actif, cette série d'épreuves orales et écrites, commence.Mais aucune de ces questions n’est conçue de façon à embarrasser ou à effrayer le candidat, quelle que soit son aversion pour les psychologues et leurs épreuves.Ces épreuves détermineront ses aptitudes, l’étendue de son Instruction, son expérience et ses goûts.Elles ont pour but de lui aider à s'orienter vers le travail où 11 pourra être Je plus utile dans l'armée.Il arrive parfois qu'à la suite de ces épreuves, on découvre qu'un soldat ou un officier d'infanterie servirait mieux dans l'artillerie ou dans une unité de chars.En l’occurrence, on prend les dispositions *n vue d’effectuer ce changement.Les armées britanniques et américaines utilisent ces méthodes pour choelr leur pereonnel.Grâce aux efforts du Général McNaugh-ton, lu méthodes de sélection canadiennes réunissent les meilleurs éléments de ces deux dernières, en plus d'idées nouvelles conçues par des spécialistes canadiens.- Qu’eat-ce qu’une taaae de thé ?Bien des gens posent cette question à la Commission des Pr.x et du commerce en temps ds guéri e depuis qu'elle a prescrit de réduire de moitié la consommation du thé, Et voici la réponse: une cuillerée rase de thé pour huit onces d'eau.Le pacte confédératif — Suite de la sremiér# page — Le* Allemand* n’auraient peut-être pas rendu un mauvais service à l'humanité en ne laissant nul vestige de ce passé souillé de trop de eang, alourdi de trop de souvenir* .Alors, r»n eut reconstruit sur du neuf .Mai* l’occa*ion passera, «ans que vraiaeinblablement on old» et de la vigueur.H» ac trouvent aujourd'hui rajeuni» et ru-dea comme rie» écolier».Leur agilité d’écureuil, ajoutée à leur mépris total du risque, le* rend omntpré-xenl» dans la gue;re simulée.De plus Us ont le sens de l'équipe et du jeu d'ensemble à un degré étonnant.A tort ou à raison, le» Canadien» français s'accusent volontiers de toujours re chicaner entre eux Cependant ce fait caractéristique (si ç'en est un véritablement ) n'existe pas chez nos soldat*.Il* s'entendent en tout et partout.Le Canada : français a tout a fait raison d’ètre j fier d’eux car iis lui font honneur.Nous profitons de cette occasion pour effacer une fausse Impression quant au genre de besogne qui est | confiée aux soidat» caro/l.er.s-fran-' çals.En certains milieux, nous ne j i’lgnorons fia», on semble croire que : le* nôtre» sont a peu près tous dan* i l’Infanterie.Rien de moins vrai.81 ; r,o» quatre principaux régiment* | outre-mer appartiennent à l'in fan., tcrle, nous sommes aussi en majo-I rité dans certaine* unité* d ambulance de campagne, dan* de* bat- N'OUBLIEZ PAS d’adresser tout* correspondance distinctement et | clairement N OUBLIEZ PAH d'inscrire l'adresse de 1 envoyeur N'OUBLIEZ PAS de présenter quelque reçu lorsque vous Inscrive* une réclamation N'ENVOYEZ PAS d'objet, fragile,.Un soldat apprécia un chandail et des chaussettes beaucoup plua qu'un verre d» confiture ou de marmelade.CADEAUX QUI PLAISENT Rien ne plaît davantage à un ooldat que les cadeaux qu'il reçoit do sa famille Mais cependant II convient de choisir oeux qui lut plaisent le plus Et vous serez assuré» que de» produits canadiens tels que du sirop d'érable, du miel, du fromage, de» biscuits et des gâteaux seront grandement appréciés.Un officier revenu d'Angleterre a compilé la liste suivante dos objet» que priernt no» soldats; 1~ cigarettes 2- enoore de* cigarettes 3— du savon (qui est rationné *n Angleterre) 4 du savon à barbe ô du chocolat ot de» bonbon» (qui sont très difficile* à obtenir en Angleterre 1^ préférence envoyez des tablettes de chocolat.Evitez d'emballer le chocolat av»« le savon ) 8 lames de rasoir (1* sorte qui convient à son rasoir) 7-conserves en boite» métalliques: soupe, fruits, poulet, viande» de choix, etc.(ne lui envoyez pas de bully-beef: Il en m«ng« déjà aseex.Evite* la* récipient» d» verre car Us ss briseront très probablement en cour» ds route.) 8 lait condensé, particulièrement le lait sucré (les troupe» en Angleterre reçoivent du lait en poudra et II leur fera plaisir de goûter parfois au lait condensé.) 9 du papier hyglénkjue 10- bas, foulards, chandails, etc.(en hiver plutôt qu'actuellement, N'oublie* pas de choisir la couleur d» l'arm# kaki pour l'armé», bleu pour l’aviation.) U—mouchoir» 12- briquets (N'envoyez pas d'allumette».Elles peuvent provoquer un Incendia dans I» listeau et mettre en danger In vis de» matelots.) 13- Envoyet-lul de» nouvelle» — de vou»-mêm« et de vos voisin», de ses frère» et de »e» soeur», de «a famille tt de tous ceux qu’il connaît.lorsque le courrier arrive, Il rat déçu il le caporal lui dit qu'il n'y • rien pour lui.14- Adressez votre lettr» ou votre coll» clairement «t correctement, Voiu éviterez ainsi des délais Inutiles.Is/om, plu» *¦» èlçiWJ nttUt knjuni pm I.t-Gén.A.-G.-L.McNAUGHTON, commandant *-n r hef de I"Armée canadienne outre-mer, expliquant au IJeub-nant PI.ACIDE LABELLE, officier de» Relation» Extérieure», comment U d« Va«emrer que les soldat» françal* du Québec aient de» officier» parlant leur langue en proportion de leur nombre dans l'armée.telles d'artillerie, dans plusieurs détachement* motorisé», le» Canadien» françal» sont tout simplement partout.On en trouve dans dt» régiment» de Toronto, de Vancouver, de Halifax, dan» toute» les unité* anglophones de la province de Québec.Au cour* d’une tournée récente, nous avons constaté que les Canadiens d’expresiion français* venaient de toute* 1rs réglons du pay*.Le» neuf province» du Dornb nlon *ont représentée» chez eux.Qu'on ne nous demande pas quelle est la proportion de» nôtres dans l’armée canadienne.Selon nous, cette proportion ne pourra être établie avec exactitude qu’au lendemain de la victoire.Ia raison principale en est que vous ne pouvez pas toujours déterminer l'identité ethnique d'un Canadian par so.i norn.Ce qui est vrai en temps de paix le reste en temps d* guerre.Tel soldat qui se nomme John Smith éprouve mille difficultés à s’exprimer convenablement en anglais eit vice-vers».Tel autre qui s'appelle Jo* Tremblay parvient tout Juste à baragouiner quelques rnr/ta de français.f>an» le* circonstance*.la proportion carndlenne-françaiae de l'armé* canadienne (ou encore de l'aviation et de Is marine) est difficile à établir nettement.Au reste, l'arrivée de renfort* en Angleteire et ie retour au Canada de nombre de volontaires qui étalent déjà outr*~m»r rend le calcul à peu prés Impossible.Il faudrait rétablir les proportions continuellement.Chose certaine, c>*t qu'ils nous arrive fréquemment d'entendre des soldat* de l'Ile du Prince-Edouard, de l'Ontario, de l'Alberta, ou de quelque au*re province anglo-canadienne converser en fiançais entre eux dans les unité* anglophone*.Ils ne constituent évidemment pas la majorité, mal* Ils sont tout de même assez nombreux parfois.Il faut dire qu’il* »on( traité* sur un pied d’égalité avec leur* camarades de langue anglaise et que jamais il ne leur vient à l’Idée de passer à un autre régiment.Iran» eur» unité», ils ont leur» ami», leur» compagnons d orme», et 1 idée de xe séparer d eux leur répugne-1 rait.Puis II y a toujours la fierté , régimentaire.Tout .soldat ext con- : vaincu que l'unité a laquelle 11 ap partient ex» celle qui gagnera :a j guerre, qu'eile vaut toutes les au-’ très A elle seule! Dans un régiment! ontar.en que nous avons visit* l'autre jour, nou» avons rencontré un .Car,a/lien français de Cornwall qui ! échangeait d*s leçons de français j avec un camarade anglophone i Nous avons par.* a ces deux jeune* j i gens et bien que ni l'un ni l’autre j r.* soit un puriste dan* sa propr* | langue, il la connaît suffisamment.1 pour qu» le* d«-ux tirent profit de ce troc linguistique j On doit ** demarder au Canada eu nos combattant» aiment l'Angle-! t*rr*.Noua allons nous efforcer de j répondre le plus justement poes,-j r/e a cette question.Comme fous I leurs camarade* du Canada, no* j compatriot** attendent avec une v.-j »ib!e impatience > jour de l'offer.-! »iv* aidée contre l'Ax» Ils r.* sa ' vent pas où Us Iront, mal* U* veu-! er.l à tout prix aller quelque part et s* battre II» nord actuellement j »n parfait état physique et moral fix connaixxer.r a fond leur mér er j de xc!dat et personne au monde.J coux en /.crmrr.es convaincus, n’est mieux préparé qu'aux k la guerre ultra-moderne.Cala revient à dlr» "qu’lia en ont marre" d’attendre, chaque fol» qu‘11 «e produit d« l'action, su cour» dee manoeuvres, Us y participent avec fougue, et disons le mot, avec férocité.81 nos soldats en ont contre In prolongement indéfini do leur séjour en Angleterre, II ne faut pas croire qu'ils ont un» dent contre |** gen» du pays.Bien au contraire.L'harmonie la plut parfaite règne entre eux et les Insulaire», au début les clloycn* d» certaines localités, éprouvèrent de l'in-qulétuds à voir les gars coriace* du Canada erivablr leur» cottage* «t leur» gazon».Mal» Ils se prirent bientôt d'amitié pour no» gens st cVst toujours avec regret qu’ils les volent partir parfois, quand no* unité» changent d» localité, Ia» commandants et le» aumônier» s'emploient à rendre I» plu» cordiale poosltile 1rs relation» de leur* homme* avec les citoyen» du voisinage et ceux-ci manifestent un louable empressement à s* rendre utile» de mille façon».No* soldats «ont accueillis dan* les foyer» anglais, écossais et.gallois avec un» hospitalité vraiment sincère, vraiment généreuse.Ia "home" anglais est devenu un second foyer pour les milliers d« Canadiens français.Plus souvent qu'autrern*nt, 1» soldat québécois en congé couche dan» le lit d'un Jeun» anglais qui i;e bat en Libye ou en Extrême-Orient M dont la mère est toute heureuse de retrouver en quelque sorte un second fils dan* sa maison.A ces fils adoptif», ]** patents anglais témoignent de* égard» et de* soin* franchement magnifiques, II* n'ignorent p.a» du resta que de» milliers de bambins anglais ont été accueillis de ia même façon dan» le* foyers canadien*.Cet aspect de la via du Canadien français en Grande-Bretagne ne saurait être trop souligné.Au risque de panser pour un "Jo* ConrsUssant" nous ajouterons que la nombre des Canadien* françal* dm» l'armé# permanent* de notre pays »*ra considérable une fois cette guerre terminée, 8'il est Jamais question d'agrandir les cadres de l'nrméc permanente, en temps de paix, nous somme* sûrs qu'un grand rit rnbre de (,'ana.dlen* français voudront garder l'uniforme.Il* nou* ie disent chaque jour.Il» ont pria goût à la vl* militaire qu',1» trouvent saine et vl-vlflonte.On trouve ce» candidats à la carrière militaire xuftout ch»z le* tout Jeune».eh*z ceux qui ont déjà manifesté de* apt.tude* particular»* et qui ont reçu de* promotion*.Et quoi de plu* naturel, poule» descendant* des xoldats-labou-reur» que d'aimer ie métier de» armes.Pour terminer, un* distinction : Quand nou* parlons de l'effort de : guerre car.adb n-fra.çaU, n'oublions (-as ks nôtre* qui habitent Je» pro-; vine** anglaise* 81 .a provunc* rie Québec fournit un effort magr.fl- 0 j< U ne faut pa» oublier que i-s ! Canadiens françah de l'Ontario, de* Maritime* e- de i'Ouest ne xe font pa* tlr*r l'oreille pour accomplir 1» h devoir.C'ait par groupe* compact» qu
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