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Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique
Hebdomadaire combatif de Jean-Charles Harvey qui porte haut et fort les principes du libéralisme et de la tolérance. Il se démarque par des pages culturelles de haute tenue qui accueillent des collaborations importantes. [...]

Lancé à Montréal le16 septembre 1937, Le Jour est un journal hebdomadaire. Il est fondé par l'auteur et journaliste Jean-Charles Harvey après son expulsion du quotidien Le Soleil survenue à la suite de l'interdiction de son roman Les demi-civilisés. Harvey demeure le directeur et principal propriétaire du journal jusqu'à sa fermeture en 1946.

Journal de combat et d'opinion, Le Jour porte les principes de l'idéologie libérale. Le programme de Harvey mise sur la promotion des progrès de la technologie et de l'économie modernes, visant la conquête des biens matériels et s'appuyant sur l'orthodoxie libérale de la compétition et de la libre entreprise plutôt que sur l'intervention étatique et les corporatismes professionnels et sociaux.

Libéralisme économique, donc, mais aussi social : soutien aux combats pour l'émancipation des femmes, fortes prises de position contre la xénophobie et surtout l'antisémitisme, rapprochement culturel avec les anglophones, défense des droits des travailleurs. Ces principes libéraux sont érigés face au corporatisme et au nationalisme traditionaliste canadien-français avec sa tête de proue, le très influent abbé Lionel Groulx. Au-delà des enjeux canadiens, Harvey démontre dans les pages du Jour un vif intérêt pour la politique internationale.

Le Jour combat vivement l'Union nationale de Duplessis, mais garde son indépendance vis-à-vis du Parti libéral du Québec. Son rédacteur se prononce pour le renforcement de l'unité canadienne, pour la laïcisation de la société et pour le déploiement d'un réseau d'éducation public, gratuit et obligatoire.

Jean-Charles Harvey se réclame de la tradition de farouche liberté de pensée d'Olivar Asselin et, avant lui, d'Arthur Buies. Il aborde des sujets sérieux mais sur un ton souvent légèrement humoristique en vue d'offrir une lecture agréable à un public informé et lettré qui souhaite aussi se divertir. Les arts et la culture tiennent d'ailleurs un espace important dans le journal : musique, peinture, lettres, cinéma, comptes rendus de concerts et d'expositions.

Jean-Charles Harvey est le principal rédacteur du Jour, que ce soit sous son nom ou celui d'un pseudonyme, comme Paul Riverin. Charles Hamel, André Bowman et Berthelot Brunet y sont aussi actifs.

Des textes littéraires trouvent régulièrement leur place dans Le Jour, qui publie

de nombreux textes, que ce soit d'auteurs de la relève comme Gabrielle Roy, Jean-Jules Richard, Gilles Hénault, Jean-Paul Lemieux, Yves Thériault, Andrée Maillet et Henri Tranquille, ou d'autres plus établis comme Jean Narrache, Jovette Bernier et Robert Choquette.

Louis Dantin y est aussi un contributeur important. En plus d'une chronique sur la littérature américaine qu'il tient pendant quelques années, il y signe une chronique sociopolitique d'esprit socialiste qui l'oppose parfois aux positions libérales de Harvey, mais les deux esprits se rejoignent dans la lutte aux idées conservatrices et passéistes de l'idéologie clérico-nationaliste dominante.

Le gouvernement libéral fédéral et de grandes entreprises fournissent un soutien financier au Jour, qui est tiré à 25 000 exemplaires en 1937, à 10 000 en 1940, et à seulement 3000 en 1946.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1985, vol. 7, p. 91-93.

GUIMONT, Pascale, « Le Jour, 1937-1946 », dans Idéologies au Canada français, 1930-1939, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1978, p.131-163.

TEBOUL, Victor, Le Jour : émergence du libéralisme moderne au Québec, Montréal, Hurtubise HMH, 1984, 436 p.



Éditeur :
  • Montréal :[Le jour],1937-1946
Contenu spécifique :
samedi 30 mai 1942
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Références

Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique, 1942-05-30, Collections de BAnQ.

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LE JOUR INDÉPENDANT POLITIQUE, LITTÉRAIRE ET ARTISTIQUE Directeur-Fondateur: Jean-Charles Harvey 5ième ANNEE no 38 5 CENTS Los ennemis de la LIBERTÉ n ont pus droit à la LIBERTÉ! Administration et reaction, 180 r»t, rue Sainte-Cathcrine (suite 44), Montréal Case postale 20, Station “.N” — Tel.*PLatcau JD71 30 mal 1942 Aussi longtemps 7no les choses iront s yslôrnali de sa table de façon que le duc put cueilli- |e l/' de son choix.' (Suite) Mais, aujourd'hui, avec les études, les connaissances acquise* par l'sxperienoe, 1 aide de la science, de la chimie, de» conditions, de» moyens, des ustensile*, instruments, etc, nous avons la possibilité de pouvoir manger de tout ou presque tout et en toutes les saisons sans crainte aucune de trouver de* rangées entières et représentant une somme de travail à 1a ménagère, moitiés, avariées, etc.Aujourd’hui, on fait des conserve* alimentaires plus efficacement, en quantité* plus grandes et pouvant durer de* années.Dan» certains ménages, encore aujourd'hui, le» fruits «ont encore conservé».A la campagne, lorsqu'il y a surabondance de légumes ou de fruits au Jardin, cette pratique «e fait encore.Les confitures et les gelées.— Nous conseillerons toujours aux ménagères de faire queUgues conserves de fruit* à la maison, surtout au moment où le* fruits abondent.Les confitures et les gelée* prlnclpolemfnt, trouvent leur place en hiver et celles faites à la maison sont toujours meilleures, Il y a en plus des connaissances pratiques que l'on peut acquérir, deux points sur lesquels nous ne saurions trop Insister.Les fruits doivent être de tout premier choix et arrivé» à leur Juste point de maturité.Le sucre doit être de bonne qualité; en écu-mant, Il y a moins de déchet, le sirop est plus limpide et la prétendue économie que l'on a faite en employant de* produits médiocres tourne au détriment de la qualité et de la conservation.Pour les conserver, vouloir lésiner sur la qualité des marchandises est du pur gaspillage; mieux vaut ne pas en faire.Le bon marché coûte toujours très cher.Les ustensiles employés: bassines, écumoires (toujours non étamées), terrines, tamis, pots et bouteilles doivent être d'une propreté parfaite.Ne pas oublier que les principes de préservation sont les suivants: La stérilisation s'obtient par l'eau bouillie, à la température de 212 degrés Fahrenheit; le fruit entier, stérilisé, une grande, quantité de sucre lui est ajoutée; préparer les fruits par un lavage minutieux et rejeter les fruit* malades; la peau de certain» produits, tels que la pèche, la prune, etc., peut se retirer en ébouillantant les fruits; une chaleur continue et tempérée est nécessaire; éviter l'ébullition rapide dea fruits; placer les bocaux ou bouteilles, à remplir, dans une bassine remplie d’un peu d'eau chaude; ne jamais tenir le bocal dans la main; se servir d’une louche pour le* confitures et d'un en tonnotr pour les gelées; placer les fruits entiers ou les moitiés, selon le cas, compacteront dans les bocaux stérilisés, en se servant d'une cuillère.Tout cela demande une tenir une véritable lutte et, comme il fallait un échange de lettres, pour régler chaque incident, Il en résulta de nouvelles causes de retard.* g « En outre, une question se pose.Il a fallu vouloir ajouter trois mots devant la référence "Royal Institute of International Affairs", p.IX de la Préface.Ii a fallu vouloir m'affirmer que des passages de Rauschning qui se trouvaient dans "The Voice of Destruction” n’y existaient pas.Il a fallu vouloir modifier le texte des citations de Wickham Steed et de "Life".Or ces diverses tentatives constituaient un effort supplémentaire, pour des employés, par ailleurs surchargés de travail, et qui n'avalent nullement à s'occuper du domaine réservé à l'auteur.A quelle cause attribuer ces volontés dont l'effet, si je n'&vais pas réussi à éviter les erreurs insidieusement présentées, eût été de tuer le livre dès sa publication?André CHERADAME certaine pratique que le* fiiéni.gérés attrappent très rapi^rr.*" Finalement, la confiture tu, *1, lorsque vous en la:4,eZ une goutte sur une ass:ette oU coupe, elle ne s'écoule pas k une pastille.Ceci dit, voyons maintenant niques bonnes recette* fiança.*** Gelée de groseilles.— dan» la bassine 2 kilos u livre» 6 onces) de groseilles rougê pillées, 1-2 kg.11 livre et une fL.once) de groseilles blanche, tour net sur le feu jusqu'à ce qu‘.fruit soit tiède, Jetez dans ün for torchon placé sur une terrine de J personnes le tordent.Mettez le tu, sur le feu avec un kilog (j et 3 once») de sucre par litre de Jus, remuez avec l’écumoire! écu-mez avec soin.La gelee est à pou,, si en élevant l'écumoire, les goutte» forment une nappe en restant a>.tachées à celle-ci, ce qui demandé al le feu est violent.6 à 8 mlnûteé d'ébullition.On ajoute parfois de la framboise; pour la quantité cl-dessus, Il en faudrait un demi g .log.ou 1 livre et une bonne once Ce n'est que cela, dites-vous?Et c’est ce qui fait dire tant de paroles et couler tant d'encre.Eh' oui, c« n'est que cela, mais cela c'est ur.e gelée limpide, onctueuse, fleurant bon la groseille qui tirera des «.clamatlons d'enthousiasme après que votre famille ou vos invités auront goûté à la gelée à la fiançai*.Point de mise en scène.Versez immédiatement, pendant que c>,t très chaud dans vos pots chaud» et lorsque la gelée est froide couvre! de paraffine.Conservez dans un endroit frais, sec et noir.Cerises en bouteilles.— Enleve» lea queues à de belles corise,, prj.férablement celles à courte queue», pas trop mûres, mettcz-lc, dans de, flacons à large goulot et stérillioé* et couvrez de sirop de sucre à 2( degrés Centigrades ou, lorsqu'un doigt étant trempé dedans et retiré aussitôt, vous l'approchez du pouce, Il se forme, en les séparant, un filet presque imperceptible qui *«1» à Jd\ Premier départ QUÉBEC le 31 vers mai Vbjila la façon la pluv confortable de ve rendre à Québec.Départv du quai Victoria a 7 h.(heure de Text) touv Itv j'rurv, vauf le samedi (juvqu’au 14 juin).Mange/, a Ix^rd et pavvc/ la pluv agréable des voiréev.hxcellcntc muvique de danve.Ajirév une nuit repovarut, vous vouv réveille/ a Québec le lendemain matin.Toutes lev cabintv d«>nncnt sur l'extérieur; tau courante chaude et froide.VOYAGE ALLER-RETOUR * * - * >10.15 (rtpat, (omhtlli cl utt eu plut) VOUS A URL/ BLSOIN | par hasard, de rr grand vj "Mudmol" *u vu)*-’ 'ie .’inva-tai* (pa« canadien) fie in™ rie» Américain» au Canada »n zue/re > ! > 1775-1776 , .Ce "Marvlemeir nou» !t • ri» von» a l'obligeance riu lj-Cokmei ri* balaberry II était accompagné d'une lettre dont no* lecteur* liront avec, intérêt 'r, extrait» ejui tuivenl J ai prt» !» irbe-rtr 'ie le» toupet de , , ., .„ v, , , pat la m'-nir dçjnrtion.(.tilt qua- dsm '.*n,r a' .Non» écrivons : tf/înmentairri personne;» et notre , , , , , ., , .t; i „ j/t/c de i tarif an.dont la plupail A tin:* heure» juste» pour pre eminent collaborateur rn en e*< user» _ .1 * »/ ••.ii,/- ij .t’a entre nom tomme» « fieu, peut- v*» .Nous ge suu heureui et f*t !^m' )ur ir 2*trm« Jour .la Juin.IVili.a 10 h.lu a.rn.Dama Dm* Waxner.de i* villa d Ouirrmont, diaitkt de Montréal, veuve de feu Mata Henilrl, d.«on Vivant rtu même beu, ptéaentera * un dea Itono-roblf» Jusra elétrriiit en la Ctair Supérieure.dl.leton dr Tratlque ihamtire J1.eu raine de Jolt,.* S Mor.’-al une Ha-qu'la afin da letttaa da vértltcatKvn vr>««tatant.ni ÿ.u le In Marti Bandai, da eon vivant da .a ville flOv-tremont, rtietrtct de Montréal, marchand, ret décédé an la ville de Montréal cane la province de Murbec Je tnéme Jour da mira, Hu.’.i b > O.i ara eeul* nert: ir r a » l’earhi-»vt>n de toutre aut.-ri personne», sont Dame Pma Bande!, Daine RrlU Uundrl et Moe Eandet.ihacun pour ttn tiers tel Que la dite Dame Dln» Bande), par Jt-iemml rtndi par la four Supérieure p» r ta district de Montréal le 13téme Jour de mare.19*3.était dament rom met tutrice aux mineure Relia Bande! et Mot Bande ri rn ce dite qualité de tutrice, était dûment autorisée a aicepter rte la part de cea dus mineure ta dite Hucceeetor* de feu MarK Bandel eou» bénéfice d’inventaire Montréal, té 3T mer».I#t2 GfttHNRLATT A OOUINSKT.Procurut» de la requ4tante TARIF DU PRINTEMPS POUR VOYAGE ALLER ET RETOUR A TOl’S LKS EN DOITS DE L’OUEST CANADIEN DCr.SRl>: 22 au 31 mai 1942 LiMITr III BTTOIR: 4» >«ir«.BILLET* VALABLES Prit R VOSSotR DANS VOIT IRE* ORDINAIRE* Dee but-ta valables dans aaxona-loarlatea.*eiocx-xal ,ii» cl vvaxona-lita peuvent an»! être o’tirntia sur palrnirnt d'un lec-r aupplémenl.en plu* du fa-if pair place ir a aeon-Mltov ou aip.it.ltu, BOITES — B'S:t(e valablra aner et ret par U même route r: ia même ligne rten* le» deux directK-nx.ARRETS EN ROUTE perr > S tou: e- !ro:t au Canada, au cour» de Palier r: du retour, ou dan» Je» deux caa.en dedans rf pn])t, r on tn appelle à la i ion's ce.aux l/adiliom fiattr,aiiet, a l'ey l'on pnmeltia a un I tant,an cent pour rent d élever ta faible vmi Evidemment, je ne potttde point let meules de t féru que cite le tj-Colonel de Salaberiÿ.Ces gens, qui te font les "déferueun" du C anada sont des haïrais que la b tance a reiuéi: des déserteurs.Comment, notant pas eu le coulage de défendre leur piopie patrie auraient-ils celui de prendre les armes rn faveur de leur pays d'a-doption ) Ayant fui de France par peut et par lâcheté, installés dans des postes de tout repos, dans des administrations ou dam des journaux, il leur est loisible d'exhaler leur bile à cuvettes pleines.La délivrance, la libération de la France leur importe assez peu.Passibles du Conseil de guerre, ayant oublie leurs attaches, renié leur pays, ils n'ont plus d'idéal à défendre, mais se soucient plus prosaïquement de leur beefsteak quotidien qu'ils veulent épais et bien garni Le mal du pays ne les possède point et puisque le retour leur en est interdit à jamais — ils savent mieux que quiconque le mépris dans lequel sont tenus en b rance les déserteurs — ils lui feront tout le tort possible.Au Lt-Colonel de Salabary il manque celte excellente référence: dcseilctir.Il a fait la grande guerre, et comme lui a fait, j’ai lait.Ne f ai-je pas déjà dit?Engagé volontaire en 1914, engagé volontaire en 1939, cité, blessé, gazé, décote plus d'une douzaine de fois, je n’ai évidemment pas l'impudeur de mes compatriotes plus adroits que moi qui, du temps où je me battais, péroraient ou écrivaient déjà au Canada, et de quelle malfaisante façon.Il m'est permis, je pense, de les rappeler à un minimum de décence et de leur dire qu'ils devraient être heureux de f occasion magnifique qui leur est offerte de défendre les armes à la main la nation qui non seulement les a mis à l'abri des justes poursuites de l'autorité militaire française, mais encore leur a permis de se créer une situation et un foyer Mais leurs propos défaitistes et paniquards, les entraves qu'ils apportent à l'oeuvre de guerre néces-sait e, constituent la preuve qu'il n'est point de réforme possible de leur caractère.Déserteurs de leur pairie, ils sont restes déserteurs de tout idéal.Le Lt-Colonel de Salaberry continue parlant toujours de ce même Français: Serait-il cet individu sans cervelle qui, un jour, rue Rideau, dans un lieu où coule plus de bière que de »ang.injuria brutalement l’em-jure britannique et ses alliés et affirma qu’il aimerait mieux ses fils morts qu'au service, dans no« armées.On dit que la Gendarmerie Royale lui ferma le bec ; qu’une enquête s’ensuivit et que par certaines influenc-i l’affaire fut classée.Pourquoi))) Lst-ce bien ce même monsieur qui, sous le manteau de la piété et de la religion cache sa hame féroce de tout ce qui est anglais et son fanatisme de sectaire) Si c’est lui.pourquoi C.G.n’est-il pas interné))) Pour bâillonner ces néfastes journaux nationalistes, tous ces colon-nards en soutane, en coüei» blancs ou en salopettes, attendra-t-on que la contagion soit générale, que la jeunesse soit pervertie et tous les esprits empoisonnés par le virus de la déloyauté et de la trahison, — enfin, que pour maintenir l’ordre, il faille des mitrailleuses ) Alors, comme toujours, ce seront les pauvres ignorants, les innocents qui recevront les coups et les balles! Prenons-y garde! L’incident d’Asbestos indique combien les esprits sont montés.C’est un signe certain de la gravité des conditions.Que les autontés.par une propagande intelligente adéquate, par des châtiments exemplaires réagis-seyt rapidement, énergiquement.Il faut à tout prix reprendre le temps, le terrain perdus par notre mollesse, notre lenteur et notre manque d’habileté.Alors — tout de suite — Demain, il sera peut-être trop tard.Il est un point où la faiblesse devient une folie — un crime! Lt-Colonel de SALABERRY Hull, 21 mai.1942.Commentaire de M H.F.a Conducteur.blUt LES PERMIS DE FAIRE COMMERCE Les exploitants du taxi, dans toutes ies regions du pays, sont tenus de se procurer Je permis de taire commerce en tempe de guerre, dé-1 veau vo* Etrençers dans la Cité : i.vre par ia commission de» prix, i SPEAKER — Président, et non .ittirmr : “ma robe tait juste” pour xgriilirr que sa robe est étroite ou trop serrée, mais elle déeJare aussi que sa robe “fait juste 1 pour laisser entendre qu elle est parfaitement ajustée.Qui ne pourrait multiplier ce* exemples ?Notons bien qu’outre ie» sens de “qui jiije et agit selon la justice": un roi iuste: de “conforme à la justice, au dtoir, à la raison” : sentence juin : de “fondé, légitime”: éprouver une juste fierté; de "qui ajiprécie bien’ : eoup d otil juste; de “qui a le caractère de la justesse et du bon sens” : pensée luste.l’adjectif tuile ne signifie qu’“exact”, ou "étroit", ou "qui a la mesure requise" : balance juste, habit juste, poids juste, et qu’il ne faut pas le confondre avec l’adverbe juite qui, lui, ne veut dire qu “avec justesse” : chanter juste, viser juste, deviner juste (r.e„ comme il faut).On évitera donc les "a était juste au coin quand a â timbé”.La locution adverbiale "au juste" signifie "exactement": dites-moi au juste combien cela me roulera.On trouve le mot juste dans une autre locution adverbiale: "comme de juste", familière celle-là, qui veut dire "comme cela se doit": ma fille ayant désobéi, je lui ai.comme de juste, flanqué une gifle.Enfin, pour "avec justice” et "précisément”, on emploiera l’adverbe justement : régler justement ce différend, c’cst justement ce que je te conseille.Et si toutes ces nuances rffrayrnt qurlque lecteur juvénile et timoré, qu’il remplace, je cas échéant, ce vocable périlleux — "juste" — par les adjectifs exact ou précis, qui, à mon avis, te présentent plus naturellement à l’esprit dans leur juste sens.* « « //.T., Montréal — "Quel est le pronom relatif à employer en parlant d'une société, d'un groupement f Dois-je dire, par exemple, la compagnie pour qui, ou pour laquelle, je travaille f les associations avec qui, ou avec lesquelles, je suit en pourparlers f J'ai cherché une règle éi ce sujet et je n'ai rien trouvé, ni dans les grammaires ni dans mes dictionnaires." La règle est là.Vous n’avez pas cherché assez loin.Posons, d’abord, que qui relatif, employé comme sujet ou comme complément direct, sc dit des personnes rt des choses : l’enfant qui pleure, la pierre qui roule.Deuxièmement, qui relatif, employé comme complément indirect, ne se dit que des êtres animés ou personnifiés; pour les choses, on emploie dont, lequel, duquel, auquel : George à qui succéda Edouard — un chien à qui on a coupé la queue — "Rochers à qui je me plain»" (Fénelon, en se plaignant à ces rochers inanimés, leur attribue les sentiments d’une personne, mais on dira “les rochers auxquels ce pont est suspendu") — l’affaire dont ie vous parle — le meurtre pour lequel i! fut condamné.Vous ne travaillez pas pour une chose, mais jxiur une personne ou un être personnifié; vous n’avez pas engagé des j»our-parlcrs ascc des choses, mais avec des peryinnes ou des êtres personnifiés.Conséquemment, dites : "la compagnie pour qui je travaille, les sociétés avec qui j’ai engagé des pourparlers”.D’autre part, avec l’effarante élasticité qui lui donne son charme singulier, la syntaxe permet d’employer lequel rt dont pour ies êtres animés ou personnifiés : C’est un homme duquel je vous réponds.Enfin, qui sc dit aussi des choses en poésie et dans le style soutenu, pour lequel qui est moins vif : "un faix sous qui Rome succombe”.Item, il faut employer lequel quand il y aurait équivoque avec qui : un homme s'est levé au milieu de l'assemblée, lequel a parlé d’une manière extravagante (qui pourrait se rapporter à l'assemblée).Item, ctj style de pratique et d'administration, qui peut être fort beau si l'on écrit avec réflexion, lequel s'emploie aussi comme sujet : on a entendu trois témoin», lesquels ont dit.Au reste, je ne fais que citer la grammaire de l’Académie et celle du P.Sender, s.;.# ¥ * Mademoiselle Marie - Jeanne X-de Québec, qui veut abso- lument que je m'appelle Léopold, n'est pas encore ll.xée sur le mot speaker et me demande “où je suis exacte quand j’écris.et lüctera".Où ie suis exacte ! Ne me tenez pis r.gueur, mon cher Lorrain, s: j'ouvre de nou- oratrur, (de la Chambre des corn fnurie») ; deputy ip'aker, vice président ”, * * * Z Shelter Bay — "Je \oiji a entendu dne a la radio (han être â peu près dans memimise juiaoit.), ‘rharroyer, notre verb* national’.Qu’entende/ vous par là ?Ici, à Shelter Hay, nous faisons l'exploitation du bo;s à pire et.naturellement, nous avons souvent a nous servir de ce mot.On m'a fréquemment demandé si charria était préférable à charroyer.J'ai toujours répondu que l’un valait l’aitre et, d après mon dictionnaire, j'aurai» parfaitement raison, etc.” J’avais dit ehcneytr (châreyé, selon l’écriture phonétique de Gil-liéron rt Rousselet j.Et ri j’ai ajouté : "notie verbe national", c'est que j’estime, â tort ou à rai-vu,i.que nous abusons de charreyer, charreyage, charriages, charrie-ment, charrieux (voir le Glossaire du parler français au Canada), outre que ces vocables, agrémentés d'un a fermé, ou long, choquent l’oreille.Toujours amusants, les lexicographes le sont plus qu’à l’accoutumée quand ils traitent de charrier et de charroytr.Je lis dans le Petit Larousse, à CHARRIER : Transporter dans un char ou une charrette : charrier des pierres.Enifiortfr dans son cours: le fleuve charrie du sable.Et, absolument, porter des plaçons : la rivière charrie.Plus loin, à CHARROYER : Transporter sur des chariots, de* charrettes, des tombereaux, etc.Fort bien.Mais ouvrez un /.âme et Fleury à CHARRIER ; Transporter dans une charrette.— Fi.Fig.Charrier droit, se bien conduire.Puis, à CHARROYI R : "Charroyer est à charrier comme ployer est à plier Vit?, voyons PLOYER : "Nulle différence d'emploi entre ployer et plier." A ce compte, et si l’on ne savait que charroyer ne se prend jamais au figuré, on pourrait dire ; la rivière charroie, le fleuve charroie du sable, il a ployé bagage, rt l'ennemi ploya.On a écrit que la synonymie parfaite n’existe pas.Ce n'est pas tout à fait exact, mais les seuls synonymes réels sont ceux (en français du moins) qui, tout en ayant une signification identique, proviennent de sources étymologiques différentes, exemple ; amphibologie (gr.) et équivoque ( lat.) ; hypothèse (gr.) et supposition (lat.); périphérie (gr.) et circonférence (lat.).Or, plier et ployer, tout comme charrier et charroyer, ne sont pas de ceux-là.Ix-s deux premiers viennent également de plicarc (lat.) qui, à son tour, vient de pic ko (gr.).et les deux derniers de carrus, mot gaulois dérivé du latin rurrus.A propos de ployer, on conjuguait autrefois "je plie, vous ployez, etc.”; à la fin du moyen âge la forme plier resta seule, et ployer prit le sens spécial de "courber rn forme d’arc ce qui offre une résistance, rapprocher les deux bouts d’une chose”.Tout cela n’est pas conforme à l’ukase de MM.Larive et Fleury .et j’évoque affectueusement le Quicherat de mon enfance, où, chaque jour, je lisais avec une joie nouvelle : ZONA, voyez zoster, et ZOSTER, voyez zona.* * * DOCUMENTS SECRETS (et historiques) de notre dou(l)ce province, section des thérapeutes."Rimouski, Que.(Canada) 5 février 1929 Mr le Maréchal Ecrd (rif) Foch, Paris Je prends la liberté de vous soumettre mes considérations suivantes, tout petit canadien que je suis.Par U ci-jointe pr!*e dans.(cens .ré par Le J'.ur) de Montréal, je trois comprendre que votre état de lamé n’est pas dan» la meilleure condition.Vous me paraissez le même cas que su Majesté le roi George» (tie) V en décembre dern.er.En erfer, \er» le 8 décembre dernier d après les journaux, le roi était alors dans une condition désesjx-rante, malgré les traitements des quatre ou cinq médecin» appelés à le soigner.Malgré les soins empressés de c*i dernier», je m'aventurai, quoique non médecin moi-même, it écrire à notre Gouverneur Général Lord Wdlingfon (sic) à lui soumettre ma manière de voir, espérant qur par le télégraphe il la communiquerait a la famille Royale, et cela sous mon amonime, r.a.d.sous mes initiales seulement.Je suggérai d’essayer le régime suivant : ter jour, le jus de trois, citrons, un à la fois, à chaque trois heures ensuite lui faire prendre une moyenne carotte, de la grosseur et longueur île son pouce et palme, chaque jour, cuite et mitigée par de la patate (ou pomme dr terre) jusqu’à guérison.Quinze jours environ après cette lettre, j’appris dans 1rs journaux que le malade semblait revivre et mime qu'il prenait du mieux.Je ne dis pas que ma suggestion y est pour quelque cho»r.Je ne raffo//t’ pas du tout de lout ce qui est anglais (.) je ne dis pas que c’est mon remède qui a gneri le roi, mais tout de même le» circonstances sc rencontrent curieusement.J’ai l'honneur d'être, Monsieur le Maréchal, votre bien humble et tout dc\oué, X Y.Z.P.S.S.V.P.qu'il n’y ait pas de publicité de la présente communication.J’avais écrit à l/ml Wil-Iing/011 (re sic) en anglais.J'ai une soeur âgée à Montréal, 000 rue St-D.Est”.Ce qui m'intrigue le plus vivement dans ce poulet, fort touchant du reste, c'est l’emploi du mot palme ("une moyenne carotte de la longueur et grosseur de son pouce et p.tlme”).Est-ce simple anglicisme (the palm of the hand)f I* Glossaire du parler français au Canada ne classe pas ce vocable parmi ceux de notre langue populaire.Se peut-il que notre epistolier lui ait, simplement et sans y songer à deux fois, donné sa très ancienne signification de “mesure vulgaire égale à la longueur d’une main” (exemple : Prend de la chair grant pleine palme et plus.— Roland, CCLXXX1II; Xle siècle) ?Ça serait tout bonnement merveilleux.I>es rapports d'étymologie des mots paume, palme, palmipède, palmier, palmrttc, etc., sont extrêmement intéressante et j en recommande l'étude aux chercheurs.?* « Errata (no du 16 mai): ter paragraphe, lire Hélas ! je dois et non llélns I Je dois.3e paragraphe, lire risme et non cismes; no paragraphe, lire sept ou huit ans et non sept ou 8 ans.Séparer par les trois astériques reglementaires l'alinéa 15 de l’alinéa 16.2c colonne, 9c paragraphe, ligne 7.lire au travers en italique et non “au travers” en romain.Toujours Hans ce numéro du 16 mai, je me demande pourquoi l'on a supprime la notule que j'avais annexée à la traduction du mot railwayman: cheminot.Je la crois pourtant utile, car —- sauf les vieux fervents de Sophaletta Ros-topchine, dont je suis — on semble ne pas différencier, chez nous (sans trait d'union, MM.les régionalistes .), entre le cheminot, employé de chemin de ter, et le chemineau, ouvrier qui parcourt Un* He no» lectrices.Mme N M.Pecx a eu la grande dou- On nous écrit Agents provocateur» leur de perdre deux fils, morts au champ d honneur, l'un dans la R.A.F., l'autre dans la Marine canadienne.Nous pourrion» tirer «le cette douleur de» arguments, hélas ! Dans I* dernier numéro du JOUR voua dues aux Ontarien» de s, pas enven.mer les chose», notre coté, r.ou* devons ç»,„r d’ètre de» agents provocateuri ' Dans i>n comté du bas 8t-I*,Jren, on rapporte qu'un inspecteur Frisson «-no us une autre Croisade.' Le .Val Ancien se lève encor.Saint Louis même vous aidera (tarder la Foi, combattre le Tort, t Dieu le vèult > A nous.’ Oh grand du Guesclin! Le gardien fier des faibles, Oui donniez votre liberté Pour rançonner les pauvres.* Dieu le veult » Pucelle! G aidez-nous encore En casque et cuirasse argentés,— Des roturs droits le soutien sur— Livrer les nations enchaînées.* Dieu le veult > Bayard! Fleur de Gentillesse! Donnez-nous votre accolade, Malgré milliers d'ennemis .Vous tenons ferme les barricades.« Dieu le veult » Légionnaires de France, Debout! Finis, sont vos oraisons, L'Heure de l’Attaque est bien venue Fermez 1 ns rangs! Marchons! « Dieu le veult * S.M.P.(*) Alouette.Montréal, 23 maJ 1942.UN FARDEAU INUTILE En temps de guerre, tout fardeau inutile doit être évité aux services d'utilité publique, déjà lourdement surchargés.Par exemple, les usagers du téléphone â Montréal appellent à 1'“Information'* quelque 60,000 fois par jour.Dans au moins 80 pour cent dea cas, cca appels sont Inutiles, car 11 s'agit de demandes au sujet de numéros déjà inscrits dans l'annuaire du téléphone.En d'autres termes, certaine» personne» ne mettent pas tout le soin voulu à chercher les numéros désiré», ou bien Us estiment plus facile de signaler à I' "Information" que de regarder eux-mêmes dans l'annuaire pour y trouver le numéro désiré.Cela Impose un fardeau inutile au service téléphonique, alors que deux appels sont nécessaires là où un seul eût suffi; et l’on donne ainsi un surcroît de travail bien inutile aux appareils du bureau central, déjà débordés.Tout particulièrement en ce temps de guerre, chacun doit prendre toutes les précautions désirables afin de ne pas accabler d'une tâche Inutile les services d’utilité publique, qui ont tant à faire, et dont le rôle est indispensable dans notre effort de guerre.• , , - - — -I me- nace meme les institutrice» g, rt pas iej accorder leur boni t: r >, 1 enseignent.Dans plusieurs magasins d» bec.on ne veut plus repondr., , anglais dans leur langue ptqu#.est un de ceux-là.Ils doivent ser la parole plusieurs fol» avant qu'on leur réponde, même a .Montreal.Saves-vous que.dan» i„ *C0M de la provinca de Quebec on entendu pour enseigner qu»'qu»j mots d'anglais dans la Sième ann»« et voici ce qui arrive: eu* r„ pro gtanime, on doit se servir du !ivr« publié par les frères de» Eeoli» Chrétiennes J'ai essayé d'ob'enir ce livre pour ma famille.On mt dit candidement qu'il n'y «n a pu est-ce assez de sabotage?n y |n aura l'an prochain mais le prix ser* de W-45 au lieu de $0 40.Un tel montant pour un petit livre quelques feuilles, tandis qu» 1, "Sadler" coûtait J0.10.Je suis de passage à Montrés' niais je vous saurais grc de venir faire une enquête sur ce déplorahl, état de choses à Gaspé.Dani un, seule paroisse où il y ft (lin.giais.leurs ancêtres, ayant ab»n.donné leur religion pour la nôtre n’ont même pas le privilège, aujourd'hui, d'avoir des petits-enfants qui savent un mot d'anglais.Une amie de Québec me fait par-venir votre journal et je le pa,.cours toujours avec plaisir.Onésime Gagnon ne veut pas d anglais dans les campagne».Par contre, ses enfants savent trè» bien cette langue si utile.Aurons-nous jamais l'école obligatoire pour mettre fin à cet état de choses?j.j M Lutter pour vivre "On nous demande de faire des sacrifices, c’est vTai.Nous somme» obligés de nous priver d* certain! objets de luxe, c'cst vrai encor».Mais que sont ces sacrifice* à côté de ceux des peuples de l’Europe?Avons-nous connu la faim?Avons-nous connu une sanglante Invasion comme celle de la Pologne?ies nuits sans sommeil entrecoupée! des appels de la sirène, du bruit du obus qui éclatent, qui tombent it qui tuent?Avons-nous perdu notr» forme de gouvernement constitutionnel?Nos représentants ne sont-ils pas libres d'exprimer hautement leurs opinions et de critiquer ouvertement les chefs de la nation lorsqu'ils le jugent â propos?(.) Ici au Canada nous pouvons rester fidèles également à notre langue et aux traditions que nous ont léguées nos ancêtres.(.) N'oublions pm que c'est la lutte qui trempe les caractères et fait les nations forte» Un peuple qui ne sait pas lutter ne mérite pas de vivre, et puisque nous voulons vivre, il nous faut gagner la guerre présente.Nous savons que si l'ennemi est vainqueur toutes no* garanties constitutionnelles seront effacée» de nos statut».” — Le major l'abbé Charte» Beaudln, aumônier du Mont Paint-Louis.Montréal, 12 février 1942.Tn vente dans les bureaux de poste les chemins à la recherche Hc travail, et, pi u* particulièrement, mendiant vagabond.Ah ! que vous êtes loin, jouis paradisiaques où je suivais fiévreusement les aléas lacrymogènes de Diloy le Chemineau .! Aujourd'hui, hélas ! on ne rencontre que de» CasteL.ts.Paul MORIN BANQUES • BUREAUX OE POSTE MAGASINS A RAYONS • PHARMACIES ÉPICERIES • OEBITS DE TABAC LIBRAIRIES ET AUTRES OETAIllANIS, LA BIÈRE QUE VOTRE ARRIÈRE-GRAND-PÈRE BUVAIT POOR MO f -TOUJOURS ffOGO/F Montréal, samedi 30 mai 1942 Après le plébiscite Voici le texte d’un discours récemment prononcé à W.R.U.L par M.Adjutor Savard.LE JOUR Page 5 Cher» amis d* Fiance.II y a quelque» semainea à peine, jétai» en Angleterre, si anxieux, mai» pi es d« vou».Du Canada, d où J* voua P*r,e aujourd'hui, je ne me sens guère plus éloigne, eroyei le b'en.1' y a si longtemps que nou» pensons a vous, Ici.que vous été» devenus comme une pié-*ence.Et jamais aussi réelle, ni aussi dolents qu'à l'heure actuelle.La radio qui nou» rapproche vou» dit tout cela.Vous noua entendez, mai*- hélas ! nous ne vous entendons pas.Rien dan» ce qui nous parvient qui ait le sor familier d# votre voix ou de votre âme.Nous souffrons de ce silence, ma s nous 1 interprétons mieux que.„ d autres tl i; nous arrive.d'ailleum.de clarifier l'atmosphère si rtout quand des rumeurs surgissent comme autant de nuages sinistre» provenant, non de che* vous, mais sans doute de la forêt roirc.Vous ferez de mime à loccasion, s'il s'agit de nous, car vou» savez que nous ne sommes pas différents de ce que nou» étions.En dépit de votre silence, nous savons aussi que voua êtes les mêmes.Combien de fois, Pn Angleterre, tel avion qui revenait en ligne droite semblait rapporter un peu de .vos pensées car vous l'aviez suivi de l’oeil.Et nous étions exaltés et ému».Combien de pilote» apparurent tout joyeux et souriant» parce que voua leur aviez fait signe de la main et que cela éta>t pour eux de bon augure ! Quelques-uns sont revenus par voie détourné», grâce à vous, qui racontaient de merveilleuses histoires.Ils durent le* répéter à satiété, surtout parce que nous voulions entendre parler de vous.Et nous étions heureux, et fiers, et reconnaissants.Un aviateur canadien, — petit bout d'homme débrouillard dont le nom bien aonnant rime précisément avec cette épithète si française, — ramena comme en se Jouant tout un groupe d'aviateurs britanniques après une odyssée qui sera l’une des plus belles histoires de la guerre.C'est le frère de Gavroche.Un ami, à qui je le présentai», lui dit tout bonnement “Quel malheur que vous n'ayez pas su 1 adresse de ma mère en France." — “Donnez-la moi, cette adresse" fit tout simplement le jeune pilote.Qui sait?J'y retourneiai peut-être et vous rapporterai des nouvelles." J étais avec lui qiand il reçut sa décoration, l’une des plus enviables, des mains du Roi à Buckingham Palace.Le Jeune aviateur canadlen-françal», tout glorieux, pensait à vous ce jour-là car, sans vous, il n'aurait pas été là.J'aJ rapporte l'Insigne de sa decoration à sa mère et lui al raconté l'aventure incroyable de son fils.La maman, elle au&ti.pleurait de Joie et bénissait la France.Le jeune héros et sa maman, et ses petits frères et ses petites soeurs s'apparentent à tant d autres qui se distinguent dans l'aviation, — les plus hautes décorations l’attestent, — et dont les noms trahissent l'origine française.La nécrologie quotidienne comporte à leur endroit un témoignage non moins gloiieux et éclatant.Et ils sont des milliers et des dizaines de millier» de même iacc qui servent en Angleterre ou ailleurs dans l'armée.Ne reconnaitrlez-vous pas les noms de certaines de leurs unité»?.,.Le Royal 22e, qui eut Koch pour colonel honoraire et dont les exploits nu cour» de la dernière guerre forment un chapitre de légende Ce régiment continue la tradition, comme il se doit.Et le régiment de Chaudière, nom d'une rivière qui est la soeur sereine et gracieuse de votre Loire; les Fusiliers Mont-Royal, au nom prostlgicux, le régiment de Maisonneuve, le premier régiment à compléter son effectif au début de cette guerre.Outre ces unités formées dans la province de Québec, et amplement munie» de réserves et de renforts, il n'est probablement pas une seule formation provenant des diverses partie» du pays qui ne contienne une proportion de soldats de langue française.J'ai vu, un dimanche matin, en Angleterre, la moitié d'un régiment écossais sortant d'une église catholique.C'était peut-être des Ecossais du temps de Mary Stuart car ils parlaient français.D'autres encore servent dans la marine où l’héroïsme cet la routine quotidienne.Et ils partagent avec leurs compatriotes de langue anglaise les honneurs et » «si les sacrifice».Tout cela sans compter l'armée nombreuse et aguerrie qui a été levée pour la défense de notre immense C-~uda qui s'étend d'un océan * l'»uU"\ et qui maintînt,,., se trouve menacé sur le Pacifique et sur l'Atlantique.Pas n’est besoin de dire que tou» les Canadiens participent à la défense du pays.Et ceux de langue française, qui ont déjà sauvé ce pays deux fols de l'invasion lans ,e passé, seront dignes de leurs pères.Le Canada, vous le savez, n'avait P®* avant cette guerre le service militaire obligatoire.I) fut institué et voté d emblée, — il y a deux ans et demi, — mais sti .clement pour la défense du Canada.Cela coïncida d'ailleurs avec la mobilisation générale.Pour le reste, le gouvernement s'engagea solennellement, — vis-à-vis la province de Québec, notamment.— à ne recourir qu'au volontariat pour service outre-mer.Il va de soi que 1 aviation ne recherche que des volontaires, et r en srra toujours airai.Le plan d entrainement aérien, qui a germé et s'eet développé exclusivement au Canada, a forgé une arme formi-dabie qui hâtera notre victoire et la rend désormais certaine.D'ores **- déjà il s'avère que c'est l'une des choses les plu» grandioses que le morde ait vue.Le développement de ia marine royale canadienne, qui n'existait Pas avant la guerre, n'es*, pas moins ^mirabie et se fit aussi exclusivement à l'aide d'engagés volontaires.A cela rien ne sera changé.Quant à 1 armée, les résultat* ne sont pas moins probants.Le Canada possède maintenant er.Anglv-erre une armée moderne k corn-p etc qui ne le cède er.r.en à l ar-allemande.On le verra dès je Premier choc.Et nous ainons toujours.comme avantage, les quall-!*' d'alUnt et d'attaque qui firent '* réputation des soldats canadiens cours de l'autre g*, erre- Sanr compte: que les notre* sont entraine* a l'extrême de façon scientifique et audacieuse, et que rien ne I les arrêtera quand vierdrm le ai-.ïm*I 'ant at'en lu Ils seront le» premiers a vous mit raster au jour prochain d* la 'IÜi\TAtOf, et vous les reeonnaitiex vite d autant que la moitié d'entre eux perlent fiança ia.Ceci dit, — et que voua devez savoir.vous savez maintenant a quoi vous m tenir sur 1 attitude du Canada, et notamment de la province de Québec, en ce qui cou-cerne la guerre C'est l’effort total des compléments une production sans égale, à tel point que nous alimentons même la production des Etats-Unis pour l'a der à se mettre a pied d’oeuvre de gigantesque façon.Un événement se»t produit récemment, toutefois, de nature strictement politique, que l'on tente d'Intei prêter à notre détriment à l'extérieur.Ne vou» laissez pas tromper par la propagande ennemie.Par suite de son engagement formel de ne pas Imposer la conscription pour service outre-mer, le gouvernement se trouva souda-n embarrassé en égard a certaines pressions d'ordre irtûrieur et politique.II s'avère aussi que dès, que le Canada s'en tei ait au système du volontariat pour seivice outre-mer, en dépit des résultats acquis, il pourrait y avoir méprise chez les nations unie».Pour éviter tout malentendu, le gouvernement en toute honnêteté demanda à la population canadienne de le libérer de ses engagements parues.Ce qui ae fit par voie de pl< I irrite.La réponse fut affirmative et transcendante, sauf dan» la province de Québec.La conscription répugne à la province de Québec, non pas tant en soi mais ]>arce qu’elle servit naguère.en 1917, d'instrument pollü-que nettement dirigé contre elle.Ce fut Is.constatation Indéniable d’une commission royale qui fit enquête sur !e fonctionnement difficile du fédéralisme et dont le rapport, déposé a la Chambre des communes en mai 1940 — après plusieurs mois de guerre, — récite les "graves et exaspérantes erreur» commises durant l'autre guerre par lee directeurs du recrr tentent, faute principalement de reconnaître, avec sympathie, la fierté qu'inspirait à un peuple sevcible son caractère distinctif".C’est précisément cette fierté, peut-être, qui port» les Canadiens de langue français* à tejter l'Idée de coercition quand il s'agit de sacrifice et de devoir.Parce qu’ils n'ont pas les attaches sentimentales de leurs concitoyens de langue anglaise, c'est volontairement et de leur plein gié qu'ils se flattent de servir.Veut-on leur crCcver cette suprême satisfaction ?Il faudrait encore expliquer que la conscription fut le "leit-motiv" de toutes nos luttes politiques depuis vingt-cinq ans.Ctn.ment pou-vait-on, dans l'espace de quelques jours, changer une mentalité soigneusement entretenue depuis vingt-cinq an» ?Il n'en reste pas moins que dans la ville de Montréal, la seconde ville française du monde si l'on tient ccmpte de ae population, le vote fut également réparti.Maie plus important que tout, on ne saurait se nieprerdre sur Is signification du plébiscite.C'est une expression d'opinion do tout le pays.En démocratie, Ea majorité l'emporte.C'est ainsi que la province de Québec l'entend.Sir Wilfrid Laurier donnait le ton en 1917 quand il réclamait un référendum sur la même question, “Nous ne croyons pas quo la conscription soit nécessaire à notre effort de guerre, disait le grand homme d'état.Mais no is formons partie du Canada, et si la majorité du pays croit ©t déclare que la conscription est nécessaire, alors nous, comme Canadien», nou» soumettrons loyalement a ce verdict".Ia province de Québec ayant marqué son opposition, de façon Indubitable et avec calme et dignité — il n'y eut pas d'émeutes, quoi, qu'on vous ait dit; il n'y eut même pas de manifestation aptes le vote car le sujet était trop grave, — chacun se remet a la tâche pour assurer la victoire.“Le résultat du plébiscite n'est pas nécessairement la conscription, comme je dit un journal de langue anglaise de Toronto, mai* la conscription si elle devient nécessaire".“L'Action Catholique", qui fit preuve de mesure et de jugement au cours de la campagne, précise avec autorité que les "Canadiens français, tout comme près d'un demi million de Canadien» anglais, n'ont pas voté contre l'effort de guerre.Ils ont voté “non'' parce qu'ils ont foi dans le volontariat.Us l’ont prouvé par le nombre, de recrues données à 1 armée; ils l'ont prouvé par leur vote.Si le Québec avait pensé qu'une ré|»onse affirmative pouvait être néceeeaire pour assurer l’efficacité de notre effort de guerre, 11 l'airait donnée; >1 aurait ajouté a tant dautrea sacrifices consentis jusqu'ici celui de son ant.conscrlptlonnlsme '.Pour qu'il n'y ait pas de doute, voici la déclaration explicite du premier ministre M.Godbout, qui parle au nom de sa province ; 'Les citoyens de la province de Québec, qui ont différé d'opinion avec leur» compatriotes des autres provinces, sur les moyens a prendre, veulent tous gagner la guerre.Et, à ce*te fin.ils sont prêts, comme ils l'or.t déjà prouvé, a tous les sacrifices ", Qu'il me soit permis avec tou’e mon âme, d'ajouter qu'en voulant éperdument la victoire, nous pensons à vous, à la France.RETOUR À LA VIE par Ignace LEGRAND J» viens d être malade Un peu , physiquement; surtout et beaucoup j dame.J * ne valais rien.Ia vie ! s étau retirée de moi.pas assez cependant pour m'epargner la dise» polr, l'effroi, la honte de sa haïsse soudaine.Ia vie.c'est a dire la Jeunes»», l'amour de notre “coeur innombrable".En un mot, j'étai» immensément fatigué.C'e*t, me ditci-vou».un petit malheur qui arrive à tout le monde, surtout à partir d un certain âge.et en particulier pendant le» changement» de saison».Ia phénomène e»t bien connu.De même que certain» yeux malade» volent confusément et double, on pense double, on sent double, toute tentative d'activité, a peine ébauchée, se décompose, on commence chacun de ses gestes et on n’en termine aucun; dan» la jour-née, on ne peut même pas ne reposer, dormir.Certe».Mal» cet Hitler, ce Mussolini, ce» Japonais, ravis de couvrir leur atroce barbarie naturelle avec des drapeaux européen», avalent enfin réussi a m'étouffer, à m'assassiner d'indignation et de dégoût.Et ce Vichy avec son grouillement de crétins, d'avides, de présomptueux Ignares, de prostitué» arrogants qui veulent à tout prix falro accomplir à notre France des acte» hora-natuie, sans penser un seul instant que tout l'univers la regarde, qu'aucun pays, de nos Jouis, n'est seul.Et quel Insurmontable, quel Incessant chagrin! No» mèies, nos soeurs, nos filles en sabots, et qui meurent de froid cl de faim, et qui sont soumises a toutes les privations, à toute» le» souffrances, à toute» les humiliation», à toutes les offenses! Et ce ventre qui se réjouissait malgré moi de la nourriture que je lui donnais, et la chaleur de me» membre»! Mais II suffit, Pui» ma vie nocturne a eu pitié de mol.Elle m'a envoyé un bon ange; un rêve.Aussitôt 11 m'a rendu le» défit de nia vraie nature, sans laquelle, toute ma vie, Je n’ai été que faible*»e et éparpillement, un vieillard précoce, aigri, à demi aveugle et sourd, une Intelligence critique exaspérée, me menant dans toute» les direction», me meurtrissant à tous les obstacles, uns troups d'enfants hurleurs, »e chamaillant, se battant, se disputant un beau jouet, et finalement le mettant en pièces.Ah! l'amour, me suis-je dit, l’amour sans lequel on n’a plus qu'à suivre la grande et très chère Virginia Woolf! L'amour sans lequel toute vie s’écroule! Et la perte de l'amour qui fait de nous des Invertébrées, des refroidis, des sans fol, des passif», prêts à accepter n'im-porte quells servitude! Et je me suis penché sur tout» notre France d'avant cette guerre — et j’ai cru comprendre.Elle était aussi fatiguée que Je viens de l'être! me suis-je dit.Elle avait vraiment trop oublié ce que c'est que la vie, l'amour.Elle ne s'aimait même plus elle-même; elle ne se ranimait que dans la haine de ses divisions politiques.C'est cela qui a eu finalement rnlaon de »a force vitale déjà bien réduite par le» terribles saignées de l'autre guerre, et tou» le* désenchantements, les inquiétude», les douleur» qui l'ont suivie.Et Hitler, certe» il est bien difficile de dire qu'il ne vit pas, qu'il n'est pas un perpétuel gey»er de lialne, mal» aussi dVmour pour tut et — du moins le crolt-ll — pour *on peuple.Il vit tellement qu'il est prêt à sacrifier le monde entier au monstrueux rêve de son ambition.Aussi, si demain il mourrait.J’ai songé à Jeanne d'Arc: eile aimait tellement ses voix, elle était tellement habitée, possédée, par elles, que, vierge, elle a réussi a enfanter la France.J'ai pensé au jeune David, avec sa fronde, devant l'énorme Goliath, croulant d’armes, à cet avorton qu'était encore Hitler quand 11 a envahi ia Rhénanie.Nou» n’avons même pas eu les lumières naturelles d’un enfant de quinze ans, courageux et fier, le geste instinctif d'un brave homme de paysan qui se hâte d'écraser aous son talon un nid d» vipères.“Nous étions trop Intelligents." Plaisanterie amère! Nous étions trop de* cérébraux.Ah! cela, oui.A quoi sert la plus belle Intelligence quand la force vitale, c'est-à-dire l'amour et le caractère, la fol, l’enrichissement perpétuel qu'ils donnent, viennent à manquer?A flotter à la dérive, a finasser, à s'accommoder de solutions provisoires, a imiter l'autruche, a trembler pour ce qui nous reste de peau, à vivoter misérablement au jour 1* jour, a jouer toujours, et ai faiblement, »i mal, »ur plujieur» corde» Le jeune Da\ld, Jeanne d'Arc, Shake*peste, Beethoven, Hugo, ont-il» »ongt a i>* demander »'ll* étalent Inlelll-gent»?Il leur suffisait d» sentir bouillonner en eux le* source* Chaude» de leur foi ce, de leur genie, de leur plu* giand amour; commandes par elle», de leur obéir.Et, ma pensée m'entraînant, je me auta plongé dan» le p*»»é; j ai revu plusieurs de me» «ml*, et tant de mes connaisswc.» épié meres tous des Intellectuels enrages, de» peintre», de» sculpteur*, de» musicien», de* poètes, de» lomsnclers, de* critique», et tout la boui donnant essaim de ee» snob* et de ce* snobinettes, plutôt faisande», qui escortent toute gloire nouvelle, Tous, tou», Ils voulaient etre «1 intelligent»' Même les peintre», même les sculpteurs qui d'ordinaire ne le sont guère."A bis le* Impressionnistes!" criaient le» peintres.Ils ont tiop aimé à peindre, le» mille jeux de la lumière et de» couleur»; lia ont trop sacrifié à l'émotion, a la spontanéité impure, a ia joie de vivre et d'avoir des yeux! Des femmes! Nous, nou» somme» de» dépouillés.de» sec», de» nusteies, de» pur*.Oui, c'e»t dan» la pure lumière de mon cerveau que je peins, monsieur.Je peins en géomètre.J’airéte, j’emprisonne la couleur dan* de* lignes droites et épaisse*, dan» de» cubes; je l’étc-lns, la dessèche, l'unifie, la momifie, »ou» une construction bien apparente.J'ai retrouvé le style, c'cst-n-dlrc, oui, la construction géométrique, toujours cubique, qu'on ne rencontre jamais à l'état pur dan» la nature, et ainsi je m'élève à la Synthèse et à l’Unlversel.Je peins Le Compotier, Ia Verre, La Pomme, Us Pipe, Ia Mandoline.Ia Raisin, L-i Femme, ou tout cela ensemble, superposé.agité en tous sens, et soudainement Immobilisé, "tel qu'en lui-mème enfin l'éternité le change".“A vous d'avoir l'esprit a*»ez bien fait pour le comprendre.” Ia* sculpteurs criaient: "A has Rodin! Vive l'art negre!" Rodin était un sensuel, vous cxpllqualent-ils gravement; il avtfj de* yeux et des doigt» de sensuel barbare.Dans .«« coupable folle, son inqualifiable Ignorance, 11 avait eu la prétention de vouloir éterniser la vie avec de la matière.L'art nègre, seul était sain, grand, put ; seul, Il atteignait à l'Absolu; c'étnlt un art de véritables Intellectuels, géométrique, cubique! Eux, Ils voulaient Interpréter, dégager avant tout l'essence de l’homme, de In femme, de l'enfant, de l'ange.Toujours grâce à la lumière toute pure d» leurs car-veaux.A force de méditation», de réflexions austères, de renoncement», de dépouillement».Ia modèle, Ils ne le faisaient venir que leur oeuvre déjà terminée: une touto petite Indication à propos d'un bras, d'une cuisse.Les musiciens se fâchaient tout rouge aux seuls noms de Beethoven, de Wagner; Ils verdissaient et se renfrognaient quand on parlait devant eux de Debussy, de Ravel, de .Stravinsky même; et 11* s’empressaient autour d'Erik Halle, faux Sonata à lorgnons «t en redingote, comme s'il eut été un pur sang, le gagnant du Grand Prix.L’intelligence leur travaillait tout autant les méninge» l/i musique toute pure, la musique complètement simplifiée, dépouillée, et construite de toutes pièces dans la lumière tout aussi pure de leur» cerveaux cristallins.Ia musique fondue dan» l’Unlver-»©!.El le métier, la technique, Et le» délassement* que Fs hommes le» plus éthélés s'accordent.De petite» plaisanterie» d'une demi-minute.De grosses chnige».De cl de là, au milieu de leurs aridité» voulues, du vacarme assourdissant, des multiple» acrobaties instrumentales, de l'hystérie déchaînée de» jazz* de leur» chers confrères nègres, de la plus pure poésie française, du plu» pur esprit français.Les maîtres de danse tuaient de fatigue leur* élèves a force de leur interdire “toute grâce animale", tout élan spontané et Joyeux, a force de vouloir les transformer en contorsions, en déhanchements purement géométrique», en angles aigus, en arc» de cercle», en parallèles, en hexagones.L’altier metteur en scène, réformateur de l'art théâtral, envoyait a tcus les diables le plus petit bout de décor, »ous prétexte qu'il aurait étouffe ia beauté du texte, quitte a nous laisser seuls a seuls avec ses acteurs, devenus d’insupportable» ca- bots.Is poét» «mois tout ému.tout rougissant d» sa gloire neuve, vernit d'io»jgur*i *on Annexe du Pavillon Mallarmé.< Exploiution (le «e» produits \>r« et prose \ — “Est-il vrsl que vou# a>e* étudie pendant plu» d* vingt ans la geo métrte, maître?lui demandait I* dame archi peinturlure* Hé oui, madame, répondait humblement le poète — Alors vous ave* renonce a jamais à I» srnilblllte.à l'tmo-linn?(Geste offusque du poet* en cor* plu» louge, tout petit ) Oh' quel bonhnir.maître' Mol qui n'si toujour* aimé que la r*!»on pure"* Ia grand critique prenait amicalement à part le Jeune romancier »en»ib' et nerve-x, tou' frémleeant de vie: “Ob' surtout plu» de pathos sentimental! Aucune trivialité d’érrltui*' Non.aucune émotion par trop humaine.Aucun détail par trop réaliste l“*»t attenter eu goût à la raison; c'est entrei avec de gio» sabots dans une ég!l»* Et nou» somme» tous aujourd'hui si évolué», al Intelligent»! Et soyes a l'avenir plus concis.Kaltce court, classique, cleselque Et n'ouhllez P«* de me rappeler au »ouv«nlr d* votre charmante femme'" Ia directeur do ('"Action Française”, front minuscule, long nez plat, barbiche grise, et eourd comme un pot, et plut classique à lui tout «oui que tou» les classique» du présent et du passé réuni*, était de plu* en plu» persuadé que la France c'etnlt la monarchie, et telle qu’il se la représentait, lui, telle qu'il la distillait Inlassablement, goutta à goutte, à U lumière également *1 puie d* ton cerveau glacé.Il continuait à eoutenlr, et pour cause, et avec ta mauvaise fol habituelle, que les mot» sont tou Jour» une algèbre, Incapable de ré-fléler la moindre réalité concrète, vivante.Ia sang, la vl», c'était pour lui l’encre de gon encrier Inépuisable, le vieux cuir fléchleeant d'un petit coin de banquette d* café a moitié plongé dans l'obscurité, l'odeur méphitique de »a chers imprimerie, dan» un eous-sol.Il affirmait que Mistral dépassait UoefTU, que pour une stsncs do Moréas II eût donné tout "l'insupportable fa tr»»" de Hugo, et que J.Il Rousseau et Moudart de U Motte étaient des maîtres, des poètes Inégalables Et, comme toujours.U affirmait encoie qu’avec de l'Ordre, de l'Au torilé.elnon du Dcspotlimc, Il se faisait fort de faire remonter un fleuve à sa eource.L’Illustre romancier Mal* H ma faut m'arrêter, faut de place.Des moribonds ou dss morts, me suis-J» bientôt dit.De» vivants et de» passionnés seulement par la cervelle.Et avant la guerre tous, du moins presque tou», peintres, sculpteurs, muilcler», écrivains, etc, lie «valent sombré dans l'art académique la plus plat, le plus offensant.Effarés, Ils contemplaient tristement Fui» oeuvres, et Us commençaient a avoir de» remords devant leur* victimes, le* vraiment vivants, le» fléveux, les habité», qu’il» avalent réussi à écœurer d» Inn* effort», ou à rendre tout pareils k eux.(Pauvre Stravinsky!) Devant leur» victimes et devsnt F Public, Indifférent, peu a peu tellement tombé en léthargie que lois que, par hasard, on lui montrait line oeuvre d'art enfin réellement vivante, réellement neuve, Imitée de personne, || *- demandait ce que cela pouvait bien vouloir dire Ah' ce n’n«t pas Impunément qu'on enterre les plu» grand», qu'on souffle sur toute» Isa flammes divine», et qu'on vit s rebrousse.poil, à contre-nature, et qu’on »c châtre, qu’on ce prive, qu’on »e dépouille volontairement de sa seve, de sa force vitale, surtout dan» un p*y» d'intellectuel», de raisonneurs, de logl-rFn», de mathématicien» comme le nôtre, où eHlo-cl, sauf de raie* e! magnifiques exception», même sans guerte et aprèi-guerre, a toujours été faible.Un psy» ou.a cause de cela même, les vieillard» vivent bien trop longtemps' Ia passion seulement dans la cervelle, la cervelle abandonnée ft elle seule, nous somme* trop payés aujourd'hui pour savoir ce que csla produit, dan* tou* les domaine* et où cela mène Voila, très simplifié, tout ce qui m'a traversé la tète, «pré* éric nubltemer.t revenu , a la vie, u l'amour, à moi-même.Lt tout a fait réveillé, stimulé, me disant qu'aimer c'est vivre, et aussi connaître, et aussi agir, citer, J'ai vu lumineusement l'élémentaire tâche et l'impérieux devoir qui nou* attend devant tant de "sépulcres blanchis ", frie P H A NC E) Le loyer des chambres L'obligation de donner trois mois d'avis a un locataire ne s'applique pas aux maisons de chambres ou aux pension*.L'administrateur des loyers, M.Owen Lobley, a tenu a b:e*i éclaircir ee point lors de son récent passage a Montréal.Seulement.ajouta-t-il, aucun logeur n'a le droit d élever le prix de ses chambre» ou de se* repas, au-delà du maximum, ni de retrancher un service qu'il donnait entre le 15 septembre et 1* 11 octobre 1541.qu'U change ou non de locataire- NOUVEAUTÉ “NUIT NUPTIALE”, par Max du Vcuzit.Editions Tallandier, Pari» 1941.Distributeur pour lt Canada: Librairie Pony, 554 est, rue Sainte-Catherine, MontréaJ "Sur une route de Franc*, un» gitane, par hasard, prédit à un* Jeune fille, belle mai* malheureuse, le plus grand amour dan* un extraordinaire mariage.Des mois passent Nou» somme» à New York.Au cours d'une nuit un peu folle — la nuit nuptiaie — ia prédiction aaccomplit.C’eet 1»; mariage, ie plu» inattendu, en effet, mais sera-ce l'amour?Ia coeur de Geneva de Rouvaux s est donné dès le début de l'aventure insensée qui fit dei>.«ans qu'elle le soit cependant, la femme de Geoffroy Seymour, aident et beau autant qu'elle est belle et douce, mai» que lorguei! empêche de s»; plier aux conséquence* de l'exquise folie d'une heure Et c'est la séparation, Londres, la vieille Ecose*.Pour Geneva a solitude aussi, et ses tentation*.Aime-t-eile vraiment lord Seymour ou n'eat-ce que l'amour qu'elle aime | en lui?Et ce mari lointain et froid, distant et soupçonneux qui revient | enfin eera-t-i! contjuis par F charme et la beauté de oeiie qui porte son nom?Ce sera long, douloureux | même, mais l’amour unit un jour, i ardemmer.' le» deux être* dent a {nuit nuptiale fut s; follement irn-; prévue " Un volume de 320 pâges, format \ brtuxuieque.La production de guerre Ottawa, Ia rnsin-d oeuvre syndiquée au Canada prend aujourd'hui le» devant» en Initiât,'.! par la voie du cinéma, les membres j de* syndicat» ouvrier* a l'histoire cornplè'* de la production de guer-i re cansuiienn».Sou» le* auspices conjoints du' Congrès de» Métier* et du Travail! et du Congre* canadien de» Tra- i vailleurs, quatre théâtre* ambu- ! lants, qui utilisent d** film» sono- ¦ re* de seize millimètres, ont été fondés à cette intention.L'exec i- ! tion du projet a été confié a la Soc.'-'t canadienne d Enseignement aux Travailleur», ainsi qu'a l'Off.ce ; national du Film et su directeur : du Service de l’Information; m! une bonne partie des déper"'.* par les barbares fsj»< ,*te* Ia tombe du grand écrivain a été violé* par i envahisseur Ia* Irremplaçables re.ique» qui av»;*r.t été lit»» a l'oeuvre tolstolenns.tou» e , manuscrits, ses livres et ses tableaux ont été voF.» par des soldats allemands ou jetés ou détruits.Un membre du personne! du musée Toistoi Implora un officie- al.e-rr.ar.d du nom de Schwarz de cesser de chauffer l'immeuble avec ,»• mo b, .er personnel et ie» livres du grand écrivain et lui demanda de *e *er/.r â la place de bois de chauffage.fFhwarzrépondit: “Nous paa de bois de chauffage et nous détruirons Uni r* qui *» rapports au nom d» votre Tolstoï"." - De ¦>.r,o,f: de M Molotoff aux gouvernement» de» pays en relations diplomatiques avec i U.R.S.H., 1 décembre KM! ChezWOODHOUSE MOBILIERS dechambreàcoucher 3 ARTICLES D'UN BEAU FINI ÉRABLE ' Un beau «I robuste mobilier aux grnerri proportions Lump rend sps pieux b u rrau, l'biffounirr à 4 tiroirs r.l choix d’un lit *1 ** l* ou (l’un h1 .75 ! VOITURETTES à THÉ DESSUS EN NOYER MASSIF Lnr réelle occasion qui devrait vous attirer au magasin d* bonne heure demain malin.Très bel!#- voiturcllc à ihé, tle/MU* en noyer /naseif, deux tablettes, abaltanl* el lifoir » coutellerie.re* nei’e voiiureue a in $12-95 W00DH0USE & OIE LIMITÉE 105, rue Sainte-Catherine Ouest, Montréal Affilié |t»e kt DrlfliH lié»**#- 1 orniakêrn «#f I ondork", Uglrlrrr*.b-J* dîï .mal.D’&utiM vàx ma 1e une date rner.sueile pour i es s iéan-1 Q rt'd r.| SJ, ni, «» t* khAttini|in x^ix! Jef.'a lUrireJfVl I Mor nréal, ont demandé d *t r.en o, e nouriugifoct terc la nt i j î-m - m ijm dana U diitributU t?plu* ! ! toute l'année p.-ocha.r.r- A : lamie ' OaiRfflM | laprr» fu» »?t, - r g « | • MTïl M i nstM At tôt pOMib;* Ls-.i ciolrti déiifCUX ôf' vwr et* | j filma fournissent a.aadie t'.fate*.linifr^M Mil* Ht i r k * Kj»s on & aszieté durant a scirta. Page 6 LE JOUR POÈTES ET ICONOCLASTES par Pierre MONTAL Chronique des Livres François Mauriac-La Pharisienne I vol, (réédition canadienne) L'abi» ia gr&c?Ml» X Y *Ufl exp q ie i *4: tant part* provint.-* fiUU t}ne Ut f A ! N Tmr.jt U pré tse, Il*udL».;r* f les portes l.: point d* mourir.< pas encore un *qu*->t Je»** n'ÿftt collé h Ecartons en conréq .*r de comparaison avec ts et du Ma.dc prévoyant laquelle il mon front toute Idée j cygne, au j moment où aon existence, aenvo.e.J* ne recommande pas la lecture (1m yfa.dotfjr aux espiits réalixtes et précis qui ne savent pris soulever i* voile d«- la conscience.Ils auraient l'impression que l'on a en arrivant sur le haut d'un phare quand i’ouragan soudain soufflette '-t saisit.On n’a pas le temps de corn pi endre.I«» respiration rnariq nu Un s'agrlp-t«* a i* balustrade mai» quand on eut redescendu chez le* homme» on j est pour longtemps ébloui.Lautréamont commence ou Rimbaud finit, Le.* chants du .Maldoror, comme "les Illuminations,” ou “Une saison en enfer,” sont écrit» dans une prose a laquelle tout le monde donne aujourd'hui uns hc»!ter le nom de poésie, Voilà de quoi infirmer la théorie ai chère a Valéry, qui ne la conçoit que dana le» chaînes.Isi simultanéité de l'oeuvre valé-rlenne et de celle de no* Iconoclaste* montre que nou» sommes à une époque critique de notre histoire littéraire.Peu Importe que Valéry soit le dernier en date, puisque c’est a la même époque que les oeuvres de ces trois écrivains se sont répandue*.L’ordre chronologique est Lautréamont, H I m b a u our lu magistrale façon dont ï! traite ‘Tallo-eutlon de Saneho Paneu h son âne." Ii reçut en outre au collège le prix d'excellence, le 1er prix de discours latin, de discours français, de »er-slon grecque, etc .1 (de FRANCE) -au'">up de vague» â.lame»; le «iirde-mamter des vendredis — lên note de la gamme — Mit la selle.T.—Cénfral américain — IlSpar-tement forme- de parties de l'Orléanais, de la Normandie et de l'Ile-de-France.8—Ne Jamuls mourir de faim — Nom de deux détroits.9.—Chef-lieu de canton f Ailler) — Oxyde d'uranium — Synipole chimique du caesium, P>—Hrut — Pronom personnel (le per».1 — Ville d'Bspngne tprov.de Tarragonei — tiros perroquet.11.—Se dit de la neige qui tombe — Prêtait *a coliaboratlon A.Jï.—Jtoval — Instrument p.ur en fon.er les pavés — Conjonction né gatlve.vient de faire une irruption dans cette Province, moins dans l'espérance de s’y pouvoir soutenir que dans la vue de vous entraîner dans leur révolte, ou au moins de vous engager à ne Ims vous opposer à leur pernicieux dessein.La bonté singulière et la douceur avec laquelle nou» avon* été gouverné» de la part de Sa Très Gracieuse Majesté le Roi (Jeorge III, depuis que, [Mr le sort des armes, nous avons été soumis à son empire; les faveurs récentes dont il vient de nous combler, eu nous rendant l'usage de no* loi», le libre exercice de notre Religion, et rn nous faisant [MrticifX'r à tous les privilèges et avantages des sujets britanniques, suffiraient sans doute jwur exciter votre reconnaissance et votre zèle à soutenir les intérêts de la Couronne de la Grande-Bretagne.Mais des motifs encore plus pressants doivent [Mrler à votre coeur dans le moment présent.I os serments, votre religion, vous im[>osent une obligation SOLUTION DU PROBLEME No 213 Paru dan* le JOUR, 23 mal I9t2 Plus de gens découvrent chaque jour que Dow est la .plus délicieuse des bières .i indisi)cnsnble de défendre de cinquante an».Lrv < .aiiailieii* tie ‘ langue française, livré-* à eux- I mêmes, n'auraient jamais pu réaliser le* développements de Shawinican, de Grand-Mère, de j Trois-Rivières, de l’Internatio- j nal Paper, de l'Anglo-Pulp.de 'la Consolidated Paper (ce* trois | i dernière* corporations nommées par M.Glialoult lui-même >.de la Baie t'omeau.(lu C.P.R.du j G.N.R., de la l .auada ''team- isliip.de Plmperial Oil, de tant | •L A P|I|D|A;iR|E|H F |L| A| I R| 0 D 0|R|A11 ;H| AlG|R E A j B 1 L El le o|l|b;i N|a 1V o|u E | S 11' 0 N| |A R JI1 A 1 S IHIRIA 11 S mm oit E| |T £|c|hih!b;a l|n|e A | î | R1 E | S | |A|R(EI1|R|A|S|E|E1H RI0ICU31 13.—Homme qui doit être un là avant d’être un peu la* — ?au moyen de bosse» Lue -* clartés (ou IOri).1 i.—Ville d Bapagno ' pr (iulpuzcoa) — F.»pace occupe n-corps — Ecrivain grec Ou siècle.15.—Chaume restant sur après la moisson — y.riv.in tique latin, nê vers 350 VKIITH AI.I'-MEVr J._t,*s plus coûteux des von — i-nnstipatinn pécuniaire grande vertu aux yeux de* lien un présent que le pas-'.' >¦> l'avenir.2.— De» brus qui manqu-' têt* — instruit flatté d*- • '• n 1 2.—Equerre — Exclamât!"' miration — Nom de I r-st-estonien — Parcourue d‘‘s 4.—Sollpêde — Qui ont un- -rude et désagréable — Qui coup de grains.3.—Engourdie par le froid lée de l'Argolide.6.—Machine à circuler 'A-, la diffusion ralentit d- plus la circulation — Qu> I"ut réitéré.7.—Conjonction négative -Même note d- la gamut" d» la gamme ordinaire fille qu'on viole encor- \ 8.—Des b*—heur charlent — Arid- 9.—Facile à P'1 Crie, en parlait' 1 — Suinta.10—Jeu d-Jouant av'ec u’ ; piquet (ou R"' L'art modern-H.—Epoque — U'orfêverte »'t : l’hostie cotisa'' i’aute' Quand t ous êtes à TORONTO Descendez à HÔTEL ST.RÉGIS 392.RUE S1IERBOURNE RA.4133 en face de l’église du Sacré-Cceur.ia seule église catholique de langue française à Toronto.e au __n i GAGNANT DU CONCOURS DE LA SEMAINE DERNIERE L.L.Reaucht-sne, 3341 Ste-Famil|e, Montréal, T.Q
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