Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique, 27 août 1938, samedi 27 août 1938
Kit Italic, on j> répété la même bête accusa* tion qu'on avait lancé lorn du précédent discour» de M.Hull, il y a quelque» moi» : que le» Américain* ont assez à faire de leurs propre» gangsters, qu'en nul pay», la moralité n'est aussi basse qu'aux Etats-Unis — livré» au crime et au ban- que ce »oit l'Italie qui »e livre Chez quelle .nationalité »e re-upart le* racketeer* et le» gangs-l’Amérique ?Al Capone est-il a» pour cent ?Kt chez nou», race étaient les bandit* qui ont les les plus révoltants., rnqnté irpuisables, I Italie fasciste rat en ce, pauvre, épuisée d'or et de sang e politique de conquête qui ne lui sinon des haines.Iresse contre les Ktats-Unis ?Ridi- la lutte du pot de terre contre II n’est pas un Italien, d'ailleurs, rait vivre en Amérique, s'il avait la République américaine a fermé l’immigration, et avec iai»on.l.e* it cas, qui vivent aux Ktats-Unis — même ceux-là qui affichent le la paix avec les domaines, le* Ktats-Unis dédas* Commerce, industrie, agriculture, t.A l'Italie, il ne reste que le» passé dont le présent est le renie-trique est riche de possibilités im-cuir lui appartient.Alors que Ro-égime d'intolcrance, chasse un i un ii eussent fait sa grandeur, les Etats-eut de toutes les parties du monde lui préparent des homme» capable» t américain de demain.J/C» meil-tus italiens vivent aujourd'hui à u à Philadelphie, Et c’eut en vain ii dépense des millions pour créer c la Méditerranée une industrie du Ktats-Unis qui apprennent à vain-s pays en leurs sphères respective* uns sur leur propre terrain.Quand que l’esprit d’aller chercher ailleurs onstatent l’absence chez eux, ce se- ive encore des gens pour admirer en administrateur.Ou parle de sa rcor-Ic l’Italie, au point de vue économise* par trop élogieux.Ce que Musso-tout chef d’industrie américain l’eût et en moins de temps.Même I aise-i marais Ponfins n’a rien qui justifie Avec le Sourire 1ère ANNEE No 50 LE JOUR 5 CENTS 27 août 1938 JH* ; ‘ \ Oh allons noust par Jean-Charles IIARYEY 1 ou» est-il arrive d écouter, dan» un restaurant, certaines conversations qui ge tiennent autour de vous?Je voug corneille ccttc légitime indiscrétion: gi vous n’y apprenez pag grand’clioée, vous vous am userez beaucoup.Je déjeunais, samedi dernier, dans une petite ville où, étant peu connu, je pouvais pagger inaperçu.A la table voisine, deux hommes, entre dessert et café, discutaient.J, un d eux avait le physique de l'homir arrivé : solide tête, fortes épaules, maintien câline, mise fort simple.Aucune parolo inutile ne sortait de sa boucjic.Il écoutait surtout, et, de temps à autre, lançait deux ou trois mots polis, presque gentils, qui tombaient comme des glaçons enrubannés sur I enthousiasme de l'autre convive.Celui-ci inc semblait être le type achevé du chevalier d’industrie: il faisait-à son invité (je suppose que ccst lui qui avait invité à déjeuner un homme d’affaires apparemment bien coté auprès des ministres provinciaux) une pro-position d'intérêt “national”.Les gros chiffres sortaient aussi facilement de sa bouche que la fumée de sa cigarette.Il allait de 1500,000 à *10,000,000.’ — Il faut, disait-il, qu’on fasse quelque chose dans la province de Québec ! Sinon.j(et il frappait la table du poing).Pui* des noms de ministres défilèrent : Maurice, Johnny, Bilodeau et autres.C’était grave.A la fin, je crus comprendre que cet apôtre d’une grande cause, qui invoquait, à l’appui de son projet, un économiste comme M.Esdras MinviHc, voulait exiger du gouvernement Duplessis un crédit industriel sur le modèle du crédit agricole.Je faillis tomber à la renverse.Mais l’homme d’affaires, à la fin, laissa tomber ce dernier mot : “Merveilleux, votre projet, mon ami ! Mais je vous conseillerais de faire tout votre rossiblc pour empêcher le gouvernement d’être la Providence de tout le monde.Et puis, je consens bien à présenter vos papiers au ministre : il ne les lira même pas.» » « Un crédit industriel ! Il ne nous manquerait que ça.Nous avons déjà un crédit agricole qui nous engouffrera une cinquantaine de millions sans espoir de retour.I/excusc de cette générosité, c’est que la terre est toujours là, éternel lenient présente et féconde, et qu’elle représente, après le sein maternel, Je premier et dernier recours de l’homme.Allez donc maintenant distribuer les millions aux mille et un organisateurs d’industries, réelles ou fantomatiques, qui haitraient comme champignons, sous l’engrais des dollars de l’Etat et qui mourraient, la plupart, sous la dernière pelletée de capital fourni par la princesse ! Sans compter la pléthore des parasites et racketeers, qui profiteraient de l’aubaine comme des mouches à fumier profitent du dernier tas tombé d’une vache à lait.Trop de souteneurs politiques ou financiers comptent aujourd’hui sur l’Etat-Provi-dence.Sans cette race de frelons, pcut-clro les contribuables canadiens craindraient-ils moins la banqueroute.Si je ne me trompe, nous avons le pays le moins peuplé du monde.C’est aussi le plus lourdement taxé.Onze millions d’êtres humains, y compris les enfants à la mamelle et les vieillards à moitié morts, supportent une dette (fédérale, provinciale et municipale) de près de $8,000,-000,000.A cela s’ajoutent les dettes privées et semi-privées, les obligations de mille corporations, les contributions au culte et autres organisations sociales.Onze millions pour supporter ce fardeau -écrasant ! Et sur ces onze millions, 2,800,000 seulement travaillent ou produisent.C’est dire que tout le poids de la dette publique retombe sur moins de trois millions de salariés.On trouve que ce n’est pas assez.Au lieu «le pousser les gouvernants à économiser par tous les moyens et à insister sur le perfectionnement de l’individu, sur l’initiative personnelle et sur la nécessité de produire de façon pratique et profitable, on demande •ans cesse à cette Providence de donner davantage et d’accélérer la marche de la nation vers une effroyable banqueroute.Chaque contribuable est aux prises avec les dettes etjcs taxes qui s’échelonnent en pyramides : il débourse au fédéral, il débourse au provincial, il débourse au municipal, il déBoursc à la fabrique, il débourse à l’école.Mais les impôts formidables qu il firocurc à quatre ou cinq administrations a a fois, pour payer des intérêts et des travaux entrepris parfois sans ordre et «ans économie, ne suffisent pas a combler les vides du budget insondable.Un renouvelle tous les'emprunts et on en crée d’autres in-cessanient.On emprunte même pour payer les intérêts, et bientôt, pour payer 1 intérêt de l’intérêt.Le service de la dette publique,-au Canada, n’est probablement pas loin de *300,000,000 par année.En dix ans, on aura payé, de la sorte, environ $3,000,000,0M en intérêts seulement.Qui paye?Une population de onze millions, répétons-le, dont moins de trois millions gagnent de l’argent.Nous marchons à l’envers du bon sen-.Nous avons quelques centaines de gouvernements coûteux, un tas de petites administration» qui réclament leur autonomie à grands cris et qui veulent dépenser à leur goût; nous avons des services qui font double •tnploi, au fédéral et au provincial' nous •von» deux chemin» de fer qui se mangent ta l’autre, à la grande satisfaction des poli- Indépendant politique, littéraire et artistique Directeur: Jean*Charles Harvey Administration et rédaction, 180, rue Ste-Cutlierfpc est (suite 44), Montréal — Tel.!*‘I*L.8171 LES GANGSTERS PEUYENT VENIR! MON AMI Baptist* Canayen se sent à présent plus brave BILLET Le don de plaire "Aristas est lie au comme un dieu, spirituel comme un démon, intelligent comme un singe.uCe diable d’homme a toutes les veines.Comment sc fait-il que la nature soit si prodigue pour les uns et si avare pour les autres ?” Ainsi parlait Barthos.Dans un coin du salon où nous causions, une petite femme effacée lança: “Il n'est pas aimé des femmes, votre bel Aristos.” "Ni des hommes !" ajouta un intellectuel chauve et sympathique.Et l'on pensait: "Comment sc fait-il qu'un homme si parfait ne soit pas aimé ?” Le chauve sympathique reprit : Baudelaire raconte quelque part que les fées, réunies, décidèrent d’adjuger aux hommes de leur choix leurs dons merveilleux.Elles distribuèrent qui le don d’attirer la fortune, qui l’amour du beau et la puissance poétique, qui l’intelligence, qui la force, qui la volonté.Quand elles crurent leur tâche finie, elles commencèrent à s’en aller.Un pauvre petit commerçant qui n avait rien eu s’accrocha à la robe de la fée la plus /troche et la supplia: "Eh ! madame ! Il y a encore mon petit ! Fous l’oubliez.Je ne veux jms être venu pour rien.” Elle était fort embarrassée, la bonne fée: il ne restait plus rien à donner.Elle voulut tout de même être agréable au [muvrn bougre et lui jeta: "Je donne à Ion fils.je lui donne.le Don de plaire !” “Mais plaire.?Comment ?Pourquoi ?demanda opiniâtrement le petit boutiquier."Parce que ! Parce que !” répliqua la fée courroucée en lui tournant le dos.El rejoignant le cortège de ses çompagnes, clic leur disait: "Voyez-vous ce petit Français vaniteux, qui veut tout comprendre et qui, ayant obtenu pour son fils le meilleur des lots, ose encore interroger et ergoter ?” Vous savez maintenant ce qui manque à A ristos.J.-Ch.IL ticicn»; bref, nou» sommes de* imbécile*, et nous faisons du sentiment «ur no* traditions anti-économiques, que nous trouvons admirable*.Quel beau peuple, que celui qui eon-serve ainsi m* tradition» mortelle», *es tradition» qui l'écra*cnt ! , Allez-v, économiste à la manque .Allez-y .Vous aurez rémwi à faire, de re pas- plein de ressources, le paradis des misérables Jean-Charles HARV Lï Canada et U.S.A.Le discours prononcé le.semaine dernière à Kingston par le president Roosevelt marque certainement le début d’une ère nouvelle dans les relations déjà cordiales que nous entretenions avec notre puissant voisin.Alors qu’entre voisins, on semble ne savoir que se haïr, en Europe aussi bien qu’en Asie, l exemple que donnent le Canada et les Etats est à suivre.Bien que faite avec moins d’apparat, la visite au Canada de M.Roosevelt prend autant de signification que la récente visite en France des souverains britanniques.On lira avec intérêt, en page 5.l’article de notre «ollaborateur Jacques Gadbois sur le discours du président américain.Hôpital français Aux gens qui doutent encore (s il sen trouve) des services précieux que rendra aux Canadiens français la filiale de Stanislas récemment établie à Montréal, je propose la visite d'un modeste hôpital tenu par des Religieuses française, Içs RR.SS.de 1 Espérance.Ils verront là un aspect fort intéressant du beau visage de la France.Je suis persuadé que la tenue irréprochable de l’établissement les impressionnera favorablement: surtout que l’accueil des religieuses les charmera.En effet, cet accueil est d'un raffinement exquis.Les patients qui reçoivent les soins de personnes aussi douces, souriantes et zélées doivent, scmble-t-d, éprouver un allègement de leurs maux.On dit que le soleil accomplit des cures tenant du miracle.A quoi comparer la fine bonté, la délicatesse enjouée des RR SS.de l'Espérance sinon à un rayon de soleil?Une personne qui m’est très chère est actuellement en traitement à l'hôpital de Saint-Laurent.Elle souffre d’une légère neurasthénie.La solitude l'accable, aggrave son état.Les Religieuses ne la laissent presque jamais seule.Du lever au coucher, clics se relèguent à son chevet.Avec une bonne grâce charmar.*;, elles lui servent de dames de compagnie.Tantôt, elles lui parlent de leur pays natal, tantôt elles lui font la lecture: parfois, une vieille religieuse vient poursuivre silencieusement dans la chambre, un subtil travail de broderie: elle ne parle pas: elle sait tout le prix d’une présence humaine pour qui souffre de l'isolement.La chère malade qui par dessus tout, craignait l’ennui durant son séjour à J'hôpital.avoue que, depuis trod semaines.elle ne Ko pas connu.Les Religieuse* dépensent des trésors d’ingéniosité et de dévouement joyeux pour distraire et égayer leurs patients.Le visage de la France est multiple.Mais chaque aspect en est rv radieux, devrait nous être si cher! Severe COUTURE PORTRAIT Edouard-Charles Ptédalue Aussi longtemps que les choses iront sys té mat i q u em en t mal, je continuerai systématiquement à dire qu'elles ne vont /Hts bien — Henri ROCHEFORT Petit et grand Gangstérisme fuir Emile-Charles HAMEL Comme il fallait »'y attendre, le discours du secrétaire d’Etat américain Cordell Hull, accueilli avec enthousiasme par les démocratie», provoqué chez les nations totalitaire» les tions le* plus malveillante».On a accusé, en Allemagne, les Etats-Unis de vouloir sermonner sans toutefois «’engager personnellement.Il est vrai qu’à ce sujet, le* paio* le* que le président Roosevelt prononçait peu après à Kingston constituent la meilleure de» réponses.Nous commentons ailleurs le discours du piésident.Im taille haute, la silhouette- d’une tournure élégante, la démarche tranquille sans aucune affectation, le geste sobre, la tête bien posée sur de solides cr avec un Mussolini, un Hitler, un Goering.non plu* qii'avr' 1rs honoixblrs membre* de l’honorable dan mclitariste japonais.!/•* plus sinistre» racketeers américains sont de bien petite* gens, auprès de MM.les dictateur*.Tout le gangstérisme américain, d'ailleurs grossièrement exagéré par une presse jaune, friande de saute et de sen* union* pour névropathe», n’est que jeu auprè» du banditisme organisé, économique et politique, de Mussolini et de Hitler, probablement le» plu* cyniques maîtres chanteurs que notre triste humanité ait enfanté*.petit* criminel* italien* htaU-L'nii travaillent sur une échelle bien moindre que leur modèle à tou».Bemto l'Africain. Montréal, samedi 27 août 1938 LE JOUR Inspiration maritime Que d'écrivains grand* et petit* ont fini»»- .au fon«l «i
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