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Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique
Hebdomadaire combatif de Jean-Charles Harvey qui porte haut et fort les principes du libéralisme et de la tolérance. Il se démarque par des pages culturelles de haute tenue qui accueillent des collaborations importantes. [...]

Lancé à Montréal le16 septembre 1937, Le Jour est un journal hebdomadaire. Il est fondé par l'auteur et journaliste Jean-Charles Harvey après son expulsion du quotidien Le Soleil survenue à la suite de l'interdiction de son roman Les demi-civilisés. Harvey demeure le directeur et principal propriétaire du journal jusqu'à sa fermeture en 1946.

Journal de combat et d'opinion, Le Jour porte les principes de l'idéologie libérale. Le programme de Harvey mise sur la promotion des progrès de la technologie et de l'économie modernes, visant la conquête des biens matériels et s'appuyant sur l'orthodoxie libérale de la compétition et de la libre entreprise plutôt que sur l'intervention étatique et les corporatismes professionnels et sociaux.

Libéralisme économique, donc, mais aussi social : soutien aux combats pour l'émancipation des femmes, fortes prises de position contre la xénophobie et surtout l'antisémitisme, rapprochement culturel avec les anglophones, défense des droits des travailleurs. Ces principes libéraux sont érigés face au corporatisme et au nationalisme traditionaliste canadien-français avec sa tête de proue, le très influent abbé Lionel Groulx. Au-delà des enjeux canadiens, Harvey démontre dans les pages du Jour un vif intérêt pour la politique internationale.

Le Jour combat vivement l'Union nationale de Duplessis, mais garde son indépendance vis-à-vis du Parti libéral du Québec. Son rédacteur se prononce pour le renforcement de l'unité canadienne, pour la laïcisation de la société et pour le déploiement d'un réseau d'éducation public, gratuit et obligatoire.

Jean-Charles Harvey se réclame de la tradition de farouche liberté de pensée d'Olivar Asselin et, avant lui, d'Arthur Buies. Il aborde des sujets sérieux mais sur un ton souvent légèrement humoristique en vue d'offrir une lecture agréable à un public informé et lettré qui souhaite aussi se divertir. Les arts et la culture tiennent d'ailleurs un espace important dans le journal : musique, peinture, lettres, cinéma, comptes rendus de concerts et d'expositions.

Jean-Charles Harvey est le principal rédacteur du Jour, que ce soit sous son nom ou celui d'un pseudonyme, comme Paul Riverin. Charles Hamel, André Bowman et Berthelot Brunet y sont aussi actifs.

Des textes littéraires trouvent régulièrement leur place dans Le Jour, qui publie

de nombreux textes, que ce soit d'auteurs de la relève comme Gabrielle Roy, Jean-Jules Richard, Gilles Hénault, Jean-Paul Lemieux, Yves Thériault, Andrée Maillet et Henri Tranquille, ou d'autres plus établis comme Jean Narrache, Jovette Bernier et Robert Choquette.

Louis Dantin y est aussi un contributeur important. En plus d'une chronique sur la littérature américaine qu'il tient pendant quelques années, il y signe une chronique sociopolitique d'esprit socialiste qui l'oppose parfois aux positions libérales de Harvey, mais les deux esprits se rejoignent dans la lutte aux idées conservatrices et passéistes de l'idéologie clérico-nationaliste dominante.

Le gouvernement libéral fédéral et de grandes entreprises fournissent un soutien financier au Jour, qui est tiré à 25 000 exemplaires en 1937, à 10 000 en 1940, et à seulement 3000 en 1946.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1985, vol. 7, p. 91-93.

GUIMONT, Pascale, « Le Jour, 1937-1946 », dans Idéologies au Canada français, 1930-1939, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1978, p.131-163.

TEBOUL, Victor, Le Jour : émergence du libéralisme moderne au Québec, Montréal, Hurtubise HMH, 1984, 436 p.



Éditeur :
  • Montréal :[Le jour],1937-1946
Contenu spécifique :
samedi 25 juin 1938
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Références

Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique, 1938-06-25, Collections de BAnQ.

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avarié, l'Allemagne avait mil port loyaliste; mai* le* avion* tout à leur aise prendre pour ançais ou l'Union Jack.le* éikx représente Gibraltar pour ite la gravité de la situa' tr% baiei rinrf rares navires unnnz WWW* a' j.— RM .1ère ANNEE No 41 JOUR S CENTS 25 juin 1938 SOYEZ FORTS! POUR LE 24 JUIN 1938, JOUR DE ÎA SAINT-JEAN-BAPTISTE, FETE NATIONALE DES CANADIENS FRANÇAIS Quami je vois passer, dans la procession national*; notre Jean-Baptiste à moitié nu, image de pauvreté voulue, et notre agneau savonné, passé au bleu, galonné et pomponné, je ne saurais m’empêcher d'interpréter ainsi le symbole: “.Soyez pauvres! Soyez doux! Soyez faiblej! Soyez résignés! Sovez soumis!” Nos gens sont en effet pauvres, doux, faibles.soumis, résignés et obéissants.Ce sont de belles qualités que l’on cultive chez eux depuis une couple de siècles et qui font des Canadiens français le peuple le plué affable et le plus hospitalier de la terre.Certes, il faut savoir gré à no* ancêtres de ti'avoir pas choisi pour emblème national un inc, un singe ou un porc, animaux qui re- Iirésenteraient plutôt la sottise, la manie de 'imitation et la goinfrerie.Le mouton vaut mieux.Mais il doit y avoir, parmi les bêtes de la création, des être* qui expriment la force, le talent de la conquête et l'amour de la vie.C’est un de ceux-là que je voudrais voir parader à côté du timide agnelet.Il est temp* de dire aux nôtres, surtout aux jeûna*: “Soyez forts!” Seule la force est une garantie de victoire et de survie, dans la lutte sans répit que doivent se livrer entre eux les hommes.Nous «avons que nombre de nos jeunes gens, depuis quelques année*, •ont à la recherche d’une force: les uns la cherchent dans la politique, les autres dans les diverses théories sociales qui troublent ou bouleversent aujourd’hui le monde, les an tre*, dans les parades, les uniformes, les exercices militaires, les discours graudilo quente ou le* radotages du nationalisme.Ce •ont là pure* billevesées: la force n’est pas là.Le jeune homme doit savoir ceci: quel que soit le *ystèmc politique ou social sous lequel nous vivions, la force ne se trouve qu en lui-même.Le talent servi par le travail et la persévérance, tout est là.Celui qui •’avisera de penser qu’on peut se passer de valeur personnelle pour réussir et rendre •ervice aux siens, celui-là se trompe grandement et devient aisément un être dangereux, sinon malfaisant et qrapuieux.C’est de cette espèce d’arriviste* — médiocres désireux de détrôner le mérite personnel par une tactique et des roueries de petite nature — que proviennent tous les malheurs de l'humanité.Les fabricants de régimes nouveaux, les petit* révolutionnaires braillards ou tonitruants, les calomniateurs de profession, les porteurs de panacées, tous animés par la jalousie, l’envie et souvent la paresse, «ont invariablement des ratés qui veulent faire payer cher à la société de n’avoir pas monté •ur le pavois leur incurable nullité.On a trop perdu, dans le désordre qui gangrène la société, le sentiment du travail, la nécessité de la lutte, la beauté du perfectionnement individuel.Car, malgré toutes les théorie* contraires, c’est l’individu qui compte, c’est lui qui fait tous les progrès, c’est lui qui empêche les sociétés de se précipiter dans l’abîme de la sauvagerie.Tous les régimes qiÿ tendent à substituer la notion de l’Etat à la notion de l’individu «ont des régime* néfastes.Ces régimes-là empêchent les fortes individualité* de se développer dans la liberté, et, peu à peu, ils acheminent les hommes vers l'abêtissement intégra], qui marque la décadence des civilisations.N’as-*istonj-nou« pas, aujourd’hui, dans une partie du monde blanc, à ce phénomène d’une politique qui ramène les hommes à l’état grégaire et qui, si on n’v met de« entraves sérieuse*, finira par des résultats pires que ceux de l’invasion des barbares dans l’empire tomain.Pourquoi ce désordre?Parce que la jeunesse a probablement perdu la notion de son devoir, qui est de se perfectionner et de valoir quelque chose avant de prendre des airs de supériorité offensée et de vouloir détruire pour monter plus vite.' Less luttes entreprises contre l'idée de liberté et contre la saine démocratie ont été conduites presque invariablement par des propres à rien et des laissés pour compte, d'une part, et par des fanatiques, des sectaires ou des illu* minés d’autre part.Qu’on étudie bien le problème: on verra jusqu'à quel point cette affirmation est profondément vraie.En ce jour de la Saint-Jean, qu’on me permette donc de dire: “Soyez d’abord des individus forts: le reste vous viendra par surcroît.Etudiez, prenez de la peine et faites moins de tapage! Par ce moyen, vous parviendrez.Que si quelques-uns d'entre vous tombent en route, c'est qu'il* portaient en eux de* faiblesses irrémédiable*.Il faut les secourir sans vouloir en faire de* fort*: re •erait inutile.C'est une loi de la vie, une loi inéluctable: jusqu'à la fin du monde, le* hommes seront divisé* en faibles et en fort*, et jamais, entendez-vou*.jamais, le* faible* ne domineront longtemps les forts.” Si le» jeune* veulent puiser dans le pae*é nuflqnes leçon* d'énergie, eh! bien, qu’il* n acordent pas leur admiration à de* enfantillages et qu'il* sachent que la tradition est naauvaise conseillère quand elle nous cri» •allise dans le passé.Laisson* le* morts ensevelir 1rs morts: seul le présent et l'avenir importent.Et ici.je ne «aurai* mieux faire que de répéter ici ce que j'écrivais il v a troi, ans: Que «est-il passé de si grave dan* l'âme •Sfladieune pour qu'elle soit si apathique, si Indépendant politique, littéraire et artistique Directeur: Jean*Charles Harvey Administration et rédaction, 180, rue Ste-Catlierine est (suite 44).Montréal — Tel.*1*1.8171 ON VEUT EN FAIRE UN LION.Plue en y travaille, moins II lui reste de laine : Avec le Sourire L’influence indue Tous les journaux ont répandu la nouvelle qu’Adolf Hitler détenait un membre de la famille Rothschild et que.pour le relâcher, il exigeait une rançon des siens.Ce n’est pas que ces gens soient des plus sympathiques.mais il est édifiant de voir un chef d’Etat recourir à des tactiques de chef de bande.Le Reichsführcr ne fait pas mieux que les gansters américains qui enlèvent des enfants pour extorquer ensuite l’argent des parents.Voici maintenant une histoire moins connue qui donne à réfléchir sur les "insondables profondeurs" de la politique internationale : L’Anschluss a livré à Hitler, en même temps que le rejeton des Rothschild, un certain nombre d Israélites riches ou influents.Parmi ceux qui sont tombés entre les mains du dictateur se trouvait un certain Frank-further dont le fils, Felix Frankfurther.professeur de droit à Harvard, est un "backbone" du parti démocrate.(On m'a même affirmé qu’il ‘pourrait être nommé juge quand il le voudrait, mais préférait son professorat).Felix fit tout pour faire libérer son père.Sans qu il fut fait de démarche officielle au nom de la République américaine, des personnages des plus importants firent pression sur Hitler, mais sans résultat.Finalement, quelqu'un suggéra au professeur de faire intervenir Nancy Astor.On se mit immédiatement en communication avec la lady, qui voulut bien se charger de l’affaire.Vingt-quatre heures plus tard, le vieux Frankfurther était libre.Qui expliquera cette influence qu'exerce sur le chef d'Etat nazi Ja grand'dame britannique ?aveugle et «i timorée?Pourquoi a»on*-noiw tant de ce* homme* ’ fossilisés dan* des formules anciennes”, «elon l'expreséion d’un écrivain français,*“qui entrent dans l'histoire à reculons et prétendent construire l’avenir en lui tournant Je dos et en «e rejetant résolument vers le pawé.” Une éducation incomplète a fait perdre aux nôtres le .sens fies réalités pré«enle*.Et on n'aime pa* assez la vie pour la conquérir dans «a beauté et sa plénitude.On a laissé aux autres, à ceux qui aimaient le monde, et que, pour cette raison, on non* avait appris à mépriser, les biens de ce monde.Et quand, pour avoir méprisé la vie, pour nous être laissé dé-poniller par notre faute, nous avons eenti dan* notre ventre les tenaille* de la faim, nous nous somme* mis à crier le* vertus de la “race” et à damner les amants de la vie réelle, que nou* rendions responsables de nos impuissance*.Là est notre erreur, là est toute la vanité de la jeanbapti*tcrie nationale.Allons! Ne couvrons pas les quatre pans du ciel du ridicule de nos lamentations: Apprenons plutôt à devenir fort*.La force vaut mieux qu'un cri d’enfant ou qu’un aboiement de chien peureux.Jean-Charles HARVEY Business is business Ce slogan est vrai dans les Etats totalitaires comme chez les nations démocratiques.En voici une preuve que nous fournit aujourd'hui un de nos informateurs politiques : Aux dernières nouvelles.Hitler aurai; mis ce marché en mains à la France et ,i l’Angleterre : Qu'on lui verse cent cinquante millions de livres sterling, et il f.la paix à la Tchécoslovaquie.Le sort des Sudètes, il s’en bat le coquillard.Tout ce qu’il veut, c’est du fric.Comme h son ordinaire, il pratique le chantage.S'il a ses millions, les Tchèques pourront faire subir aux Allemands des Sudètes le sort qu'ils voudront.l’Allemagne n'interviendra pas.— Tout comme elle n'intervient pas dans le Tyrol italien, où les Allemands sont molestés autant qu’il est possible de l'être.— Mais, si Paris et Londres refusent de lui verser la somme exigée, en dépit de la sollicitude que Prague a toujours montrée à scs sujets de langue allemande (qui ont leurs universités, leurs fonctionnaires, le libre exercice de leur langue et la pratique de leurs coutumes nationales), Hitler criera que Benes et HoJ-za sont(des tyrans, et les troupes du Reich se dirigeront, au pas d'oie accéléré, vers la frontière tchécoslovaque.O beautés de la diplomatie fasciste! ?Ar Les voleurs nazistes Après avoir raté momentanément le coup Tchéco-Slovaquie.Hitler, soucieux d'occuper l'opinion allemande par quelque coup d'Etat, fait recommencer en Allemagne la persécution contre les juifs.Les théologiens du parti des persécuteur1.Goebbels en tête, cherchent à justifier leurs confiscations, bannissements et mauvais traitements par des considérations d'ordre raci-çjue et moral.Mais les observateurs impartiaux ne s’y laissent pas prendre: ce qu’on veut surtout, c'est 1’arqent des Juif*.Le nazisme se rend coupable d'une série de vols officiels, qui n'en est pas moins un vol pour être officiel.Nous avons dit souv-n» que les dicta* res actuelles étaient sur une sorte de gansfér:- me.Rien de plus vrai que cette opinion quand on sait jusqu'à quel point, en Autriche comme.en Allemagne, on cherche avant tout a enlever leur argent et leurs place*.Nous vivons en 1938.Il y a quelque* années.on croyait les nations civilisées capable* d'enterrer les vieux préjugés raciqucs et de vivre suivant l’humanité et la juc':ce.Par malheur, i! a * \’i d'un dictateur a -.oi-tié fou pour ressusciter les vieux levain* de la haine de races.BILLET vl qui peignaient avec un peigne d'or leurs On ment nur foules et on ment mit en-fonts.On smt bien que ni les foules ni les enfants n’aimeront qu'on 1rs promène dans le monde réel.I,es galons des uniformes, les dorures des bannières, les rlinr/iinnts des dérorations, les cadences des parades, les fastes des mascarades: rhers mensonges! l.e roi Console notait pas la recette: “J'aime la vérité’ nue!" disait-il.Te nu est crucifié.L'artiste tit aussi de mensonges; mais c'est lui qui se ment à lui-même et qui choisit ses mensonges.Et il les fait plus grands, plus beaux, plus bienfaisants que la réalité.Seul peut-être, il n'est ru dupeur ni dupe.On l'aime comme on aime tous ceux qui racontent des histoires.J-Ch.H.Pour la Confédération Le 1er juillet prochain, le* membre* de [Ordre des Canadiens de naissance iront déposer des fleurs au pied des monuments de Cartier et de MacDonald.L idée de cette manifestation est d’affirmer la foi des Canadiens de Naissance en l'oeuvre de la Confédérition canadienne.On veut montre: con opposition aux mouvements séparatistes, aux luttes radques, aux ridicules projets d'une Laurentie.Et c'est fort b;en.Ausut longtemps (fuv les choses iront sys t ém a tiq u emen t mal, je continuerai systématiffuenien t à dire qu ’elles ne vont /his bien — Henri ROCHEFORT Beaux mensonges Oscar Wilde racontait ét André.Gide: Il y avait, un jour, un homme que, dans son village, on aimait, jxirce qu’il racontait des histoires.Tous les matins, il sortait de son village, et quand, le soir, il rentrait, les gens s'assemblaient autour tie lui et disaient: — Allons! Raconte: Qu'est-ce que tu as vu aujourd’hui?J'ai vu, dans la forêt, un faune qui faisait danser une ronde de jmtits sylvains.— Raconte encore: Qu'as-tu vu?disaient les hommes.— Quand je suis arrivé sur le bord rie la mer, j’ai vu trois sirènes nu bord des vagues, et qui peignait cheveux verts.Et les hommes l'aimaient parce qu'il racontait des histoires.Un matin, il quitta, comme tous les matins, son village — mais quand il arriva sur le boni de la mer, voici qu'il aperçut trois sirènes, trois si rimes au bord îles vagues, et qui peignaient avec un /teigne d'or leurs cheveux verts.Et comme il continuait sa promenade, il vit, arrivant près du bois, lin jaune qui jouait de la flûte éi une ronde rie sylvains.Un soir-là, quanil il rentra dans ton village et qu'on lui demanda comme 1rs autres soirs: "Allons! Raconte: Qu'as-tu vu?", il répondit: — Je n’ai rien vu.DE LA SALIVE OU DU SANG?I andu que se poursuit l'avxassinat en masie du peuple espagnol par les soudards italien» ou hoches et par les Maures pouilleux de Franco-ben Mussn, Neville Chamberlain se prépare tranquillement à laiie rapjwut à la Chambre de* Communes de ses négociation* avec l'Italie »ur ce conflit et sur le pacte d'amitié anglo-italien.le comité de non intervention convient, pour contrôler la guerre d'Espagne, d'un nouveau plan qui diffère assez peu d'un plan ancien qu’on avait rejeté parce qu'inefficace.et ce bon gros Daladier — de “ I autfau de Vaucluse.” devenu boeuf — s'efforce d'aveulir assez le» Français pour qu'il» suivent sans trop rnusjtéter la politique espagnole (anti-espagnole conviendrait mieux à mon gré) de son ami Neville., Pour un navire à feu et à sang un port franquiitcs ont pu tout à leui cible le drapeau français ou représailles sont encore du domaine des possibilités.Le* avions italo-allemands crachent la mort ; les diplomates franco-britanniques présentent des protestation» polie», dont il» ne sont pas assez hétrs pour attendre quelques résultat»,.On élabore à Londres un plan pour l'évacuation de» “volontaires”,., on y projette un armistice — qu’il faudrait ensuite faire accepter de» deux factions ennemies.on y prépare ceci,., on y discute cela.Il en est de même à Paris.Dan* les deux capitale», il coule passablement de salive.Tout cela pendant que Rome et Berlin organisent le massacre.Devons-nou* pour cela mépriser le» démocraties coupable» de faiblesse ?Non 1 Le» hommes d’Etat anglais ou français se dépensent en pourparlers stériles alors que les dictateurs tuent sans relâche; soit! Mais il vaut encore mieux répandre sa salive que verser le sang de femmes et d’enfants.ir 6 é On ne saurait qu'applaudir la Grande-Bieta-gne d'éviter toute action »u»ceptible d’entraîner la guerre.Mais on ne peut quand même pa* approuver sa politique dans l'affaire espagnole, 11 y a des concession» nécessaires, tous le comprennent; la prudence exige de» gestes qui plaisent parfois assez peu., et cola aussi, on l'admettrait.Mais il y a de» aplatissement* et de» reculade» qui ne s’expliquent pas, et la diplomatie de Chamberlain est parfois problématique.Qu’on juge du ravage apporté dans la de la stratégie impériale britannique par tique de non-intervention à ce seul fait La autorité/ navales et militaires appropriées ont discuté très sérieusement de l'opportunité d'abandonner Gibraltar rn cas de guerre dans la Méditerranée I Quand on sait ce que les Anglais, on sent toute lion, Depuis que l’existence de batterie* allemande» et italienne» à Tarifa, Algeciras, San Roque et La Liiica et, face au Roc, sur la côte du Maroc espagnol fut révélée, au début du conflit, de» agents britanniques ont diligemment fait enquête sur place.Récemment, un rapport très explicite de leur* découverte» et de leur» conclusion» parvenu à I/rtidrc».Ce rapport, accompagné de cartes géograjihiqiirs détaillant l'exacte position, le nombre et le calibre des canons allemand», confirme les pire» soupçon*.Très brièvement, il déclare que, dan* nion des’auteurs : » Gibraltar deviendrait rapidement intenable en ras de conflit majeur dans la Méditerranée ; que la proposition dr faire paner la flotte britannique devant Ici baltena /demandes sous la protection d’un irran de fumée ni aussi fantaitiqne qu'impraticable; et qu'il était d’urgente nécessité de lotahier une nouvelle base et d'rn commencer les travaux, au Portugal dr préférence, ?-k ?M.Chamberlain s’est présenté à la chambre.A l'issue du débat, le» députés lui votèrent confiance par 278 voix comrr 148.C’était à prévoir.La majorité conservatrice s'accroche.L'opposition s'indigne, elle, et il e»t amusant de noter certains discours.Ain»i, le vieux Lloyd George qui déclare que la Grande-Bretagne traite avec Franco aver autant d inquiétude que le ferait une vieille fille qui serait tombée aux maim de flubuitiers, C est assez juste.Mais nous cessons de prendre au *èneux l’ancien 1er ministre quand il ajoute que 11 / 'liait lut dirigeait tes dritmérs du pays, d aurait ordonné a la Royal Au borer daller aériennes que l'Italie possède aux Un et dont elle te sert pour s'attaquer aux anglais.Des mots, tout ça.de la salive ! Da'.id Lloyd George ne prendrait pas sur lui, pas plus que ne le fait aujourd’hui Neville Chamberlain, d'envoyer l'aviation britannique effrrtu'r un bombardement.Clement Attlee ne le ferait pis davantage s'il rtad au pouvoir.Ce jirocédr extrémiste es?la négation même de la politique anglaise, une e?indivisible, immuable et continue.Plus sen-ee ps?ret!e proposition de sir Arch,-bald Sinclair : Mussolini devrait être averti que, la prochaine fou qu un earqo anglais sera bombardé en Espagne, le parle anglo-italien, signé à Pâques, sera dé/htrr.I 1 " serait au**: pi U* praticable.pf vans doute donnera r elie quelque résultat, car le* Italiens tiennent à 1 ai cord avec Lon-dre» dans la mesure où ils ont besoin du capital britannique.et ce bevi.rf est grand.?Il import de jeter un regard sur la politique française, actuellement si liée a la politique anglais*.On n’a que peu parlé jri du congres du parti socialiste français à Ko;, an, I! peut pour- L.-Ch.HAMEL I(Suite à la page 2) 7 Page 2 LE JOUR Montréal, samedi 25 juin 193Q Notes sur Jacques Rivière(i) Peu nombreux, l’oeuvre «je Jacques Ri\,*re «fuirait précieuse entre beaucoup d'autre» pli.» considérable* Rr.ère r>.t mort depui» trei/e an» (en 1925.je crois).11 et» mort jeune n'aunt pu livrer que le» prenne» intellectuelle» dun esprit singulièrement pénétrant, d’un coeur particulièrement tourmenté, d’un caractère d une inflexible droiture.Il fonda la "Nouvelle Revue Franc,ai»e", il fut l'ami d'Ala.n Fournier et de Paul Claudel.Sa correspondance avec Alain Fournier compte quatre volume».On a publié un volume de »a correspondance avec Claudel.Le» ouvrage» ! < 'm - f* »?!« mUit- nie ili fameux orcheetre NORMANDIE ROOF ?hotel Mon*.Koval TH PUteau 7777 631897 Page 4 JOUR Montréal, samedi 25 juin 1933 POLÉMIQUE En marge du prix Jean Lallemand Les arguments de M» Guido J» r>« «ai* *1 l«* nouv argument» lit M- Guldo, préeentés da/.JOUR du tâ Juin, «ont d* M Guldo iut-mème ou d» quelqu'un qui vient à m re»eouM«.Cela lmr-ort* peu.II» révèlent un grand fond d* naiveU, de cette naïveté enfantine qui port* à eourln Je vau, al me* lecteur* le veulent bien, procéder per analogie Que dirait M Guldo lui même *1 un étranger, a* basant eur le* affirmation* de certain» de no* écrivain», affirmait, par exemple, que "le* Canadien» français n'ont pu de littérature ', ou bien que "le ¦yitérne d enseignement de* Canadien* français *»t absolument nul dan* tou* •e* degré*", ou bien que "les université* canedlennee-françaiee» sont sans valeur aucune et que l'enseignement que l'on nous donne ne forme que de pitoyables aujeta", ou bien que "le* Canadien* français ne sont apte* qu‘* faire de* débardeur» ou de* porteur» d'eau", etc, etc.M Guldo ne ae acandellaeralt-U pas un peu de ce que cet étranger aurait pria k la lettre toute» c*a assertion» et lea aurait cru »ur parole?Toute* cea citation» que M- Guldo a pulsée» dana le Aiercure de France, Lee Etude* ou Le Uni» sont absolument de la même valeur que celle» qu* tout étranger pourrait porter *ur notre compte en puisant dana quetques-una de noa Journaux et certaine* de noa revues.M Guldo doit savoir qu'il n'y a pas de pays au monde qui, comme la France, rencontre plus de détracteurs que parmi ses propres enfants.Bous es rapport.nous sommes bien français, Il faut l’admettre; puissions-nous l'être ausel dans tous les autres domaines.Est-ce à dire que les sol-disaat détracteurs sont de mauvaise fol?Pas du tout.Pans la plupart des cas Ils exagèrent le mal pour qu'on le vola mieux, et que, le voyant mieux, nous cherchions les mell-leura moyens de le combattre, sinon de le guérir.Ceet ainal que Je comprende lee critiquée acerbea que l’on fait de notre fpetème d’oneelgnement, et e’eet alnel que j'admet* la bonne fol et la etncérlté de «te critiques.Quand Baudelaire écrtvit sa lettre à Wagner, tout le peuple françele était *n-eore probablement eoue l'effet de l'indl-gnation que Wagner avait auscitée en affirmant que "lee Françele sont un peuple 4e singea”.On ne peut pu demander de U grandeur d’âme à tout un peuple, cette grandeur d'âme qui eonelete dana le par-4on dee Injure».Et puis, U faut l'admettre, à cette époque surtout, la musique de Wagner n'allaJt pas au tempérament français.•1 M.Guldo avait eommeneé par penaer comme 11 pense au début de see "nouveaux argumente", peveonne n'aurait eu rien â dire, et Je aula certain que lul-méme n'aurait pu écrit son premier article.Puisque les goûts ne se discutent pu, pourquoi U.Guldo vient-ll noue dire qu'il n'y a qu’une musique et que seuls Iss Al-Ismands qu'il a cités peuvent être considérés comme grands muslcltns?Si les fdûtn ne ss discutent pu, pourquoi appui-t-ll ses prétentions sur les écrits de gens qui n'alment que la musique allemande et qui exagéreront leur amour à ce point qu'ils déclareront que seul le peuple allemand a de la valeur sou* ce rapport?Quant à l'axpreeeton musicale, Il on est d'elle comme de l'expression dans tous lea domaines artistique».L'art seul ut stable, mais son exprutlon est pusagère.Elle ne peut pu m restreindre en un moule qui servirait à perpétuité.L'artlete doit vlvro dana l'avenir car le présent est la stagnation et le passé est la mort De-bi|asy, Ravel, ces grande artistes qui ont brisé avec le passé, à la reclferche d'une •xpraaelon nouvelle, auront fait beaucoup pour l'art et l'avenir de l'expression mu- «Icale l*ur '!*vr* beaucoup.II ne faut donc pi* le* Juger avec no* cerveaux moderne* nul n’ait capable de Juger d'un précur»eur; laissons donc à no* pettts-rnfanU le aoln de porter le Jugement.Piualeur* se sont icandallaé* du fait que M Guldo a gardé l'anonymat.Ja erol» qu'l!» ont tort.L'anonymat n'eat une lâcheté que dana l’injure.Ivwaqu'U t'agit d une opinion ou d’un enseigne ment, peu importe le nom au baa de l’article.e'est l’opinion ou l'enseignement que noua devona prendra ou rejeter.Peut-on reprocher à l'auteur de l’Imitation de n'avoir pas tlgné ce que l’on con «idère comme le plut beau livre écrit de la main de l’homme?Il y a plut: aeul celui qui écrit l'article connatt lea res ponaabilltéa qu'il peut encourir.Dan* des lutte* faites en faveur de la réforme scolaire — il y a bien trente an» d» cela — j’avala pria un pseudonyme parc» que, étant alora secrétaire-général de la Société des Artisan*, Je ne voulais pas faire retomber *ur la société la reaponaablllté des article» que l'écrivais.Etalt-ce une lâcheté?Laissons donc i chacun le aoin de Juger de ses acte* et ne noua Immisçons pa» dana la conscience dea autre*.Germain BEAULIEU * OPINION D’UN LECTEUR DE LANGUE ANGLAISE The Editor, Dear Sir, I feel Impelled to write a few words In answer to Guido’s dlssertton on music, as he tees It.I feel strongly that her* Is a dangerous apostle for the "uncultured" masses of French Canadians to follow 'being still at the baby teeth atage, they could be easily Influenced).How can one claiming to culture make such a virtue of absolutism In art?When la art ever static?81nce everything has Mien dlscov-ered must we sit beck and forever listen to the old music without ever wishing to venture along new path», alone, to, perhaps, new dlacoverlea?No one denies the genius of the three B’s but might It not be In the progressive order of thing* to with for new forms, new way* of expression In this beautiful art?Let us always bear deep In mind (that comforting reminder for those who are not afraid of artistic revolution) that the three B’a In their day were considered outré, outrageous.Please tell me, I want to know when does art cease to be a field for Individual experiment?It Is obvious that Guldo is prejudiced, having none of the tolerance of the truly cultured, hla very uncouthneaa being a sad example of what he call* the lack of culture among hla race.It is to be wondered whether anywhere elae In the world (outside Germany) one could have dared to expresa such opinion* without fear of ridicule.Guldo dit not algn, nor have to, but X am not a personality and must.John SMITH St.Urbain de Charlevoix La bibliothèque des Hautes Études Voici quelques-uns des 900 périodique* que la bibliothèque reçoit chaque mois et dont on catalogue les articles avec aoln: Le Commerce, Paris; The Journal of Accountancy, New-York; La Vie économique et toclale, Anvers; Bulletin dee Renseignements commerciaux, Ottawa; Education for Commerce, Londres; VActualité économique, Montréal; Financial News A Mercantile Review, Vancouver; Hardware A Metal, Toronto; Nouvelle,s de la Chimie, Parie; Tobacco World, Londres.On trouve en outre h la bibliothèque un grand nombre d’annuaires, d’èncyclopé-dlea et de guides commerciaux.où EST jos ?ft A PRENDRE une V BIERE OlDSTOCK PARCE QUE- c'est un breuvage PUR ET VIVIFIANT CHARLES MAURRAS À L’ACADÉMIE I! faut l’entendre : ce poète, te fut d'abord et turtout un poète qui gagnait son quot;d;en de pain dam la critique littéraire, une critique furibonde, qui ne reiiemblait quand même pas aux autre» entiquej et qui avait du nombre et de l’harmonie, et presque un mètre comme un quatrain.Et une critique furibonde, je l'ai dit, qui ne ressemblait ni aux autre» critique» furibonde», encore mom», aux critique» allamande» quant au style et qui défendaient notre langue française, dan» un charabia», qui s’apparente au pire galimatias de Jules Romain», ce qui n’e»t point peu dire ( i ) ; Vous deviner que j'iminue le nom de Pierre Lasserre, dont le libéralisme me parait au surplus excellent et le roman »ur Adélard assez savoureux, si sa thèse ami-romantique est bête comme les pieds du plus bête de no» critiques.Des vers d’abord, Maurras fit partie d'.l’Ecole romane, il fut le sourd compagnon du noetanbulisme de Jean Moréas, qu’il chantait dans des vers assez sourds, que nous firent oublier le contrepoint et la musique de Paul Valéry, petit (2) poète, si l’on veut, je l’affir mai moi-même, mais savant comme pas un et riche en sonorités, riche en images qui sont tellement métaphorique» qu’elle» ne sont plu» de» images, ou quasi plus.Et puis ce fut la prose.N'oublions pas quand même que Charles Maurras, à l’instar des Grecs, de ses maîtres Platon et Aristote (il avait l’esprit d’Athènes à ce point qu’il pagauisa presque saint Thomas d’Aquin, ce qui lui valut l’excommunication, souvenez-vous-en, me» frères du Royalisme : j’aime Maurras, il m’a appris de mépriser toute idolâtrie.Souvenez-vous-en, mes frères, et, surtout, si d’aventure, il vous chaut d’écouter sa leçon.Maurras mit d’abord un pied fort prudent dans ies sentiers de 1a politique, ceux-là même qui passent par la Grèce parnassienne : de la poésie, il passait à la prose, à la politique : or sa prose, or sa politique, c’était encore une »orte de poésie.Voire même dans ses enquêtes, dan» *on oeuvre de journaliste.Il en reste encore quelque chose, il en reste beaucoup de choses, beaucoup plus qu’un vain peuple de suiveur» ne le pense.les condamnations vinrent à propos, non sur l’oeuvre proprement littéraire, sur l’oeuvre théorique : Pie XI condamna Maurras à juste titre, c’est clair comme le jour.Que Maurras raille Madame de Noailles en vertu d’un féminisme qui sent son gynécée à pleine* narines, c’est là son affaire : il raillerait de même la Vierge Marie, et entre telle ou telle page de Charles Maurras et les délicieuses Noces corinthiennes de notre maître Anatole France, il reste toujours mon maître, et Renan de même et Bremond, n’en déplaise aux cagots, quelle différence y a-t-il, je vous le demande ?De grâce, répondez-moi, massisisants imbéciles (j’ai dit : imbéciles : ils ont l’esprit faible, (3) et ne sont pas plus mâles que Léon Bloy).Ceci n’est qu’un préambule, des prolégomènes.Je me propose d’en écrire aussi long que Jean-Charles Harvey me le permettra et sur le propos de ce père de l’Eglise excommunié Charles Maurras et l’autre Docteur Léon Daudet, non moins excommunié.J’estime qu’ils ne manquent pas de talent, et, pour Maurras, prafois, de génie : il faut dire quand même ce qui est.Et j’avertis tout de suite les saintes âme» qui voulaient me pourfendre pour le bien de mon âme, lors de mon dernier article, sur Blois, que je me suis muni de toutes le» permissions ecclésiastiques ordinaires et extraordinaire».Maurras, d’abord, un poète barnum de Moréas, métèque de grand talent, étranger quand même, introducteur extraordinaire ensuite de la scolastique près le grand public français.Somme toute, un amateur, et bien moins important quant à l’influence que Georges Sorel, par exemple ou Pierre Lasserre en 1900-5.Pendant que Barrés avait l’audience des jeunesses patriotes accompagné de ce fol, le géant De'roulède, qui ne réussissait de coups d’Etat que sa propre arrestation.Epoque ridicule que Paul Morand à peinte à merveille dans 1900 : Morand écrivit trop tard, Maurras avait calomnié tout le monde, tout le monde avait sa petite vérole, à lui, Léon Daudet, et Charles Maurras, avait réussi, avec une plume non pareille, dirigée par un cerveau nonpareil aussi (vous choisirez le sens) à véroler à son tour pour son bien ou son mal (je préfère Jacques Bainville) la Jeunesse de France.Berthelot BRUNET Spectacles — Concerts — Expositions ENTRE DEUX SAISONS (1) Jules Romain» e»t écrivain de talent qui écrit souvent mal.(2) Malherbe, du Bellay.Musset, en ce sens sont petits poètes: entendons-nous encore une fols.(3) Imbécile, synonyme de faible, cf.Larousse.La aaieon artistique est maintenant terminée depuis assez longtemps pour que noua en puissions parler on» que certaines susceptibilités »'émeuvent outre-mesure.On est à préparer la prochaine.Le» organisateurs de spectacles, impresarii, lee directeurs de troupe» sont tou* débordants de projets et de promesses.C’c*t sans doute le meilleur moment de parler musique ou théâtre.II convient assez de toucher également un mot de peinture.De plusieurs année*, la saison qui terminait en beauté avec le Festival de Saint-Laurent est sans nul doute la plu» brillante.Notre orchestre symphonique a fait merveille.Dans un autre domaine, nous avons assisté, grâce â l’initiative de M.Mario Du-liani, directeur de la section française du M.R.T., à la création d’au moins six pièce* d’auteur» canadiens, ce qui est une réussite remarquable.Lea troupes de ballets sont venue* plue nombreuses que jamais noua visiter.Nous avons été à même de voir et d’entendre plusieurs vedette» étrangère».Noue étions sur l'itiné.On nous écrit M.J.C.Harvey, Dee tempe les plus reculée de l'histoire humaine, les peuple* ont vécu le* horreur» de la révolution qui ont apporté peut-être quelque liberté au genre humain, maie dont le prix a toujours été le eang ver»é.De no» Jour» encore, chez le* peuple* ou la civilisation aurait dû apporter la paix et le bonheur de vivre fraternellement, nous voyons de ces chef* qui, par leur ambition politique, voués aux puissances financière* et n’ayant aucun égard pour le capital humain, ne craignent pas d’avoir recours aux perturbateurs de l'ordre.On n'hésite pa* devant l’emploi de* idée* subversive* ou tout autre moyen pour lancer le» frire* ou le* pères contre les fils d&n* une révolution aussi barbare que stérile.Il nous faut donc espérer que les peuples qui ont réellement à coeur la paix universelle comprendront la futilité de tels moyens et sauront prendre les moyens nécessaires pour détruire tous ces germes de révolution qui auraient tendance à se propager parmi eux.en réalisant d'un# manière pacifique lea réformes nécessaires au bien-être de leur population.La crise économique qui sévit actuellement est une cause de mécontentement et de misère pour la classe ouvrière qui gagne à peine de quoi subvenir è ses besoins et dans bien des cas ne la peut pas.C’est chez ces pauvres gens qu’on aura soin de semer toutes ces idées subversives.Dans cette province, la crise aussi fait ses ravages et produit une vague de mécontentement ; aussi ne voyons-nous pu des gens saisir l'occasion pour lanoer un mouvement racial en prêchant à notre peuple canadlen-français que leur commerce leur a été enlevé et qu’ils sont le jouet d'autree nationalités.Il est vrai que nous n'occupons pu la place que nous devrions avoir.Mais est-ce bien par la force brutale que noue réussirons à reprendre le terrain perdu ?Je ne le crois pu.Ne serait-il pas plus logique de jeter un regard sur le passé et de rechercher les causes véritables de cette déchéance ?Il est vrai que ces Idée* n'ont pu encore accaparé l’esprit de la muse et que le danger n’est pas dncore Immédiat.Néanmoins, Je crois qu'il serait temps de réagir.Voyons maintenant quels auront pu être lea causes qui ont amené au sein de notre peuple ce degré d’infériorité.Ne serait-ce pu par huard cette Jalousie et ce manque d'initiative qui règne parmi nous, les Canadiens français, à un tel degré que nous pouvons les qualifier de défauts nationaux.Naturellement, nous pouvons compter quelques exceptions et 11 nous est très facile de reconnaître les gens qui ont su faire leur chemin.Us ont compris que de tels principes étalent contraires à l’avancement d’un peuple et ont su conquérir une place enviable dans tous lea domaines qu'ils ont osé affronter.L'on essaie de rejeter le blâme sur les races étrangères qui commandent notre commerce, mais est-ce bien là la véritable raison d'un recul subit par les nôtres dans ce domaine ?Avant de lancer le cri de race il serait préférable de faire un examen du passé.Nous avons laissé aux autres la route libre ; Us ont atteint leur but.Pouvons-nous les blâmer quand nous sommes restés les bras croisés témoins de leur succès ?Nous nous bornons à les Jalouser.Combien de nos concitoyens auraient pu réussir et se créer une position enviable.Ils possédaient toutes les qualités requises à cet effet et atteindre le sommet.Mais ils ont été écrasés par .ceux qui poussés par cette jalousie n'ont pas craint de semer sur leur chemin l'ivraie de ce vice.Ceux qui se sont servi de telles armes ont anéantis toutes ces belles espérances au détriment de leur propre race.Tout homme bien pensant admettra que si nous pouvions faire disparaître de notre peuple ces deux défauts nationaux nous serons peut-être moins portés à blâmer les autres de notre Insuccès et un grand pas sera fait dans la vole du rétablissement social et commercial de notre peuple.Comment parviendrons-nous à détruire ces défauts.Ce n'est pas en prêchant la haine ou la révolution.II me parait plus logique de suivre le mouvement lancé par le Journal Le JOUR dans le but de refaire l'éducation de notre peuple et de lui Infuser une nouvelle mentalité.Si nous regardons quelque peu dans le passé, nous y voyons que nos pères ont vécu des heures heureuses au temps où te pratiquait cette fraternité qui consistait à s'aider les uns et les autres sans distinction de race ou de croyance.Car la vrai Fraternité vécue sincèrement doit être universelle.On me dira peut-être que ces idées sont des utopies.Avec un effort de volonté sincère nous pourrions réaliser ces grandes choses.J.M.RENSEIGNEMENT TRÈS UTILE.Pharmacies ouvertes nuit et jour ! Pharmacie J.A.Gauthier 520 rue Beaubien Est CR.1155 Pharmacie Montréal 916 rue S.-Catherine Est HA.7251 j Pharmacie Sarrazin & Choquette 921 rue S.-Catherine Est PL 9622 ! Pharmacie J.E.Tremble 1354 rue S.-Catherine Ouest MA.2264 | Livraison dans toute la ville raire de l’orcheetre de Philadelphie.Pour ce qui est de la peinture, lee amateur» ont as*Uté en plus grand nombre que par lee années pasete» toute* le* expositions.Les critique* ont donné lieu à de» contre-critique» et â des critique* dee critiques qui ne manquaient parfois pas de piquant.Quand on se paaeionne pour la chose artistique, c’eet bon «igné.De toute» façon», notre public, qu’on a toujours accusé d'apathie à réagi cette année de la plu» belle manière.11 est permis, pour lee prochaine» «aieone, d’espérer beaucoup.Cependant, tout n’était pas parfait, dans cette saison 1937*38.Mais, alots que tou* ceux qui ont fait de cette saison un euccèe étaient en pleine ac* tion, la critique aurait été mal venue de faire dea réserve* de nature à décourager les effort», dee reproche* que ceux qui devaient é’aetreindre à un dur travail auraient sans doute assez mal accueillis.11 a bien fallu, par ci par là, souligner un défaut trop apparent.On doit à l'intelligence ne point prendre pour un génie le premier cocp venu.II te trouvera toujours quelque pédant ou quelque fillette pour s’offusquer de la remarque la mieux intentionnée.Quand même, la critique a été i la coule, dana preeque tou* le* cas; et noc en* trepreneurs en spectacle», concert* et expositions conviendront qu’il* en ont reçu une excellente collaboration.¥ ¥ ¥ Pour faire de la aaieon qui commencera quand *e raffraichiront le» soir» un succès plut grand encore 3ne de la précédente, pour travailler an» le «en* du perfectionnement, il convient de combler certaine* lacunes, de remédier à certains défaut*, d’acquérir certaines qualité».Le* cri- tique» ne désirent rien tant qull(j„ de leur» euggettion» tou* ceux quj >1» glü m&m üilüLlIai BEBaBaTiQÜ Page 8 LE JOUR Montréal, samedi 25 juin 1930 A QUELQUES ITALIENS ZELES ET SUSCEPTIBLES Un journaliste italien manque de respecta l'art italien - A propos de fresques politiques substituées aux fresques religieuses.— Réponse à une attaque.Pour avoir exprimé notre étonnement de re qu'une f revoit e d'une égliee ranado*il.ilienne «Je .Montréal représentât, à côté de la divinité, de* «vint» et de* dignitaire» cwJérfaiti-que*, certain* pereonnage» politique* parfaitement reeonnai**able«, te!» Muevolini à cheval, H al ho, Fladoglio et autre», quelque* Italien* w «ont indigné*.L'un d'eux, qui a la bravoure de •igner du pseudonyme d'At hot.éctiî ,'Ordu de* fi * apr> cle que M.Harvey a donné au Jour ¦11**1' > i« î' i • - » - —— — dans L’Ordine, organe officiel de l'Ordre de* fil» de l’Italie ait * Canada: “Non* apprécions beaucoup Parti- et nous ron#eillon* à ret honorable camarade: •*].— De laiv*er la critique d’Art, particulièrement de Part italien, à d'autres, parce qu’il n'y comprend rient “2.— Si M.Harvey c»t réellement un bon catholique et est scandalisé de voir le* portraits de Mussolini et de Balbo dans une allégorie décorative d’église, qu’il en confère avec le* autorités ecclésiastiques et demande que l’on substitue à ce* portraits ceux de Lcnine et de Staline; “3.— M.Harvey a bien do.la veine «Je n'étre pa« connu de* Canado-Ita-liens de cette ville, car s’il Pétait, nous «omrnes certains que son zèle moscovite (*ic) serait déjà récom-pensé par une sensible paire de fres- 3ue* au fond de von pantalon (Que ’«•prit! Que d'esprit!).” Je dirai d’abord à ce» petit* fasciale*, plu* apte* à *c cacher «ou* un pseudonyme qu’à être spirituels, que je puis m’en prendre au fascisme et à *c* chef* sans injurier le peuple italien.Que de* Italiens attaquent M.Duplessis, ou M.Taschereau, ou M.Lapointe ou M.King, je m'en moque bien: je ne croirai pas la patrie en danger pour cela.J'ai connu de* Italiens fort bien, et ils étaient de* gentilshommes.Ceci dit, je m’adreeee maintenant à cet obscur Athos ou plutôt Pathos.I.— J’aime Part Italien, surtout ce-lui de l'époque de la Renaissance, qui a donné au monde quelques-uns «Je scs plus merveilleux ehcfa-d'ocu-vre.Maie c’cst fâire injure à Ra- KhaSl, à Michel-Atifle, à Fra Ange-co, & Danatello et à toute une pléiade d’artistes, que d’oser appeler “art italien” cette frasque grotesque de l'église montréalaise, où le* intention* politiques sont par trop évidente* et où le* personnages sont comme plaqués et aan* vie.Patbo* avouera avec moi que la fresque en question est bien mauvaise et que mon pantalon serait tout à fait désolé que d’en porter de pareilles.2.— (%* petits fasciste* ont le truc ordinaire, qui consiste à vouloir faire passer pour dos disciples de Lenine ou de Staline tous ceux qui ¦e «’agenouillent pas devant Musso- lini et qui rappellent le» blasphème de sa jeune»»e ardente.Non, mon cher Patlio*, je ne demenderai pa* de fresque de Staline ou de lénine.Je me f.de tou* ee« ”i*mr*” importé» d’une Europe en décadence.L'un des principaux article* de notre programme eon*i*te à rombatlre vigoureusement, au norn de la dignité de l'homme et rie l’initiative individuelle, le* régime» qui établiraient le* -E^vU-Jatalitaire*, absorberaient le» individus, Tueraient )è tàterii et l’effort de l’individu et retarderaient le progrès humain.De* lors, cher confrère, soyez tranquille.3.— N’ayant donc aucun zèle moscovite (j’ignore tout de la Moscovie ), je vous prierais de garder vos fresque* pour vous.Seulement, je vous ferai rema’rqner que la façon de discuter du fa*ei»mc diffère de la nôtre.M.Mussolini lui-même a déclaré qu'il méprisait la raison humaine.Dès lors, on ne discute pa*: on veut régler les problème* à coups de pied.Si c’e*t ça votre idéal, en! bien, cela n’augure rien de bon pour l'avenir du fascisme au Canada.Dans tous le* cas, aucun journaliste démocrate de chez nous ne «’offre d'argumenter, comme vous le faites, avec «es pied*.Et puis, laiwez-moi vous dire que vous ne représentez pas l'opinion de la colonie italienne de Montréal, qui est mieux éduquée qu’Athos.* * * On sait que les divers consultât* de l'Allemagne et de l’Italie, à travers le inonde, sont devenus, en grand nombre, des repaires de propagande.C’est là un fait nouveau dans les relations diplomatiques entre peuples.Autrefois, la plupart des représentant* d'un pays étranger se gardaient bien de s’immiscer en quoi que ce soit dans la politique du pm« qui les accueillait.Ils ne violaient pas les lois de l'hospitalité.Aujourd'hui, cette tradition de courtoisie et de paix sociale semble disparaître, grâce aux ambitions démesurées de quelques potentats européens, Durant un siècle au moins, les diverses nationalités qui accouraient au Nouveau Monde, laissaient à la porte leurs coutumes vieilîotcs,leurs traditions pleines de moisissures, leur sot orgueil national: ils venaient chercher ici la paix, le repos dans lé travail, la liberté.C’est ce qui explique qu'on ait jtu faire en si peu de temps, en Amérique du Nord, l’une de* nations les plu* fortes et les plus progressives du monde, en attendant qu’elle devienne la plus civilisée.Nous n’avons donc pas besoin que les sottes théories d’un monde en décomposition viennent s'implanter chez nous.Nous avons joui de la liberté, du bien-être, du progrès.La démocratie a été notre arme favorite.Le peuple a su se conduire assez ROYAL TYPEWRITER COMPANY, LIMITED fabrique et Sallts dt Ventes: 731-735.RUE BOURGET.MONTREAL TELEPHONE; Vt.7153’ LOCATION - REPARATIONS - ACCESSOIRES bien pour élire de* hommes convenable», dan* l’ensemble, et aller de l'avant.Tout ce qui s'est fait de grand, de bon, d’audacieux, d’admirable, en Amérique du Nord, *’e»t fiit par de» homme* vraiment remarquables, à qui la démocratie la plus raine du globe donnait toute liberté d‘agir et de créer.Il existe plusieurs pays de l’Europe qui n’ont jamais connu la démocratie.L’Italie en est un.Car on ne •aurait appeler démocratie une courte période au cours de laquelle on ne «’est pas réellement préparé à user de* bienfaits de la démocratie.Il faut, pour cela, une école prolongée.1.'Italie n'eut jamais cette eeole.Il est vrai qup les démocraties du nord but leurc défauts et que le peuple n’y sait pa* toujours s'en servir: il faut en mettre la faute sur la faiblesse de toutes les institutions humaine».Et puis, l’avenir «e charge de perfectionner ce régime, qui n’est que dan» l’enfance, et qui a besoin d'une multitude de perfectionnements.* C’est tout ce que j’avais à vous dire, cher Pathos.J’ignore si vous êtes l'un de ces instruments de propagande dont on nous signale la pretence un peu partout.Cela ne m’intéresse guère.Je n’offre même pas de fresques à votre pantalon.j.-ai.h.Pourquoi entraver La circulation de l’argent L’utilité d’un projet d’irrigation concilie, comme le sait n’importe quel cultivateur.à transporter l’eau aux racine» de» plante» afin de le» aider à pous»er.Il ne console pa» à enlever l’eau pour faire périr ce» plantes faute d’humidité.L'utilité de» dépense» de» gouvernement* canadien» devrait conmter à aider le peuple du Dominion à accroître »on chiffre d’affaire*, à augmenter son revenu, à vivre plu» largement.Mai» le niveau atteint aujourd’hui par no» dépense» publique» produit l'effet contraire.L’argent que no» gouvernement» viennent actuellement chercher dan» no» poche» atteint une somme annuelle »i forte que l'effet en est de détourner le cour» de montant» fabuleux dont nous aurions besoin ailleurs pour les fin» ordinaire» de l'industrie et de la vie quotidienne.Le» taxe» — et nous le savons fort bien — doivent *e payer à mesure, à même les revenu» du peuple.Ceci diminue le» somme» disponible* pour le» individu», le» familles et le» «ociété».Quand le» gouvernement* dépensent plu* qu’il» noient taxer, ils empruntent la différence, et les CURIEUX DIPTIQUE De Pltilippe-Aubert de Gaspé à R.Brien A quelque trois quarts de siècle d'intervalle.Montréal en tant que métropole et Québec en tant que province ont célébré avec ampleur, pour ne pas dire avec sottise, le décostage d'une écrivain de chez-nou*.celui d’il J) a 75 ans pour 1‘Assomplion, F autre pour l’Europe.L’ancien répondait au nom de Philippe-Aubert de Caspé, l’auteur de ses Mémoire» et du roman du Anciens Canadien».Sous une même poussée nationale, le nouveau à se mettre en route est un poète profus et verhaerenien, nous avons nommé Roger Brien, auteur de Fau»t aux Enfer».Brien est un jeune et de nos jours.Il parlait pour le vieux continent.Le vieillard de Caspé se contentait de l’Assomption, vingt-cinq milles de Montréal par bateau.A ceux qui se scandaliseront du manque d’équilibre dans les proportions avouées du milage, nom rappellerons que le vingt-cinq milles par bateau d’il y a 75 ans environ, et sur un fleuve à peine bdlisé, comportait une audace pareille à la traversée de nos jours en Europe, fût-elle accomplie, et ce fut le cas, à bord d’un cargo italien.( I ) Pour observer l’ordre de la préséance, reportons-nous d’abord vers 68, au départ du bateau pour l'Assomption, quai Victoria aujourd'hui.?* * Pourquoi plusieurs gardes paroissiales sont-elles disposées, selon le code militaire, au garde-à-vous, et leur fanfare respective, groupée musicalement, les cuivres nus et à la bouche ?Pourquoi la foule, malgré la pluie battante comme des tambours, abaisse-l-elle le parapluie ?pour ne rien perdre du spectacle.Pourquoi les clochers de la ville rivalisent-ils avec les sonneries maritimes et les sirènes des océaniques ?Pourquoi ceux-ci portent-iis grand pavoi international et pourquoi le bateau de l'Assomption s’est-il rallié à tous ces peuples.Disons ici que le bateau des eaux intérieures faisait grand hommage au Vatican.Aux couleurs du code maritime, son capitaine doré sur boutons pour la circonstance avait ajouté, et en grand nombre, les drapeaux et les banderoles du Pape.On ne voyait plus la cheminée du bateau, ni les haubans et les treuils.Philippe-Aubert de Caspé, le vieil auteur à 76 ans des Ancien» Canadiens, s’embarquait cette fois-là pour l’Assomption.Le soir meme, sur la scène du collège de l'Assomption devait se jouer, en quatre actes, par des élèves choisis, le roman mis au théâtre des Anciens Canadiens.Lorsque le gris haut-de-forme du vénérable parut du côté de la rue Berri, »on gros ne: et ses favoris blancs de neige, le tintamarre maritime, fluvial et métropolitain cessa.Les gardes présentèrent les armes et les fanfares exercées entonnèrent le chant national.Sur la passerelle, toujours malgré Fa-verse, le maire sous le collier vint serrer la main du Voyageur, tandis que le capitaine saluait du bridge.Au moment où la municipalité présentait une lunette marine au vieil auteur, le soleil sortit des nuages.C’était un soleil historique.La /ou/c applaudit et ses rayons et le grand écrivain, puis le balancier du bateau fit ses premières plongées.On eut dit qu'il saluait d'avant et d'arrière.Tous les mcmbies valides et en âge suffisant de la famille de Caspé étaient à bord.Le vieux manoir de Saint-Jean-Port-Joli, qui avait assisté aux inspirations de l'écrivain cl à plusieurs des scènes du rman, se trouvait en ce moment aux mains des servantes.Sur le haut du bridge.tête nue et appuyé sur sa canne, on eut dit certain ministre de la marine à bord du Lady Grey, le grand-père auteur songcait-il à sa fenêtre inspirai/ice et mansardée, à la vision de FIle-au-Cou-d/es.à la table historique, don de Lady Dorchester, ce meuble de la famille royale sur lequel avait reposé scs mains augustes et surannées ?La pensée intime des grands hommes nest pas toujours connue de l'historien.Les journalistes, venus meme de Québec et de Rimouski, et qui accompagnaient par courtoisie et gratuitement le titulaire, ne le disent pas dans leurs feuilles.Le soleil dura jusqu'à l Assomption, fl avait gardé sous son empire la décoration des villages riverains.Sur le passage des voyageurs, tous les mousquets d'époque faisaient feu et leurs petites fumées blanches dépassaient le faîte des arbres comme autant d'ovations.Philippe de Caspé fit le voyage à la proue.Il pleura sur le parcours.Ce fut le plus beau jour de sa vie.* * * Les promoteurs de la Soirée Brien ont plagié, trois quarts de siècle plus tard, le Voyage de l’Assomption.Voyonj ensemble le masque dont ils ont revêtu la cérémonie d’adieu.Notre jeune poète, avant qu’il s’embarquât de nuit sur un cargo italien obscur (il décosta de nuit) s’est donné pour passerelle la scène d'un auditorium, l’Ecole du Plateau.De Caspé avait le fleuve comme décor, au lointain Saint-Lambert et Lon-gucuil, les monts Saint-Hilaire et Bruno.Roger Brien, lui, une foule mondaine cl mouvante comme des flots parfumes ; au-dehors de l’Auditorium, le Parc Lafontaine comme presence et lointain : son étang comme présage d’un océan ; le monument Dollar sous la bruine froide comme on en voif sur le faite des montagnes.Nous ne parlerons pas ici du monument élevé à Dante, toujours au Parc Lafontaine.(Autre présage d'Italie cl de ses essais de théâtre, comme au collège de l'Assomption.) De Caspc avait trouvé, disions-nous, scs digressions de moeurs canadiennes dans le manoir déserté de Saint-Jean-Port-Joli.Brien s’était fait accompagner, au Plateau, de son estimable pcrc, sa plus belle inspiration, assure le poète, et de son critique nationale, celui qui a proclamé son génie.Ce jeune blond, le critique, trop ému pour s’approcher dc\ hâtes d’honneur, jouait au loin, dans la foule, le râle de Flle-aux-Coudrcs en face du manoir.Ici, également, la famille se montrait au complet.Naturellement pas à bord toute la durée du voyage, à cause du manque de proportion dans le milage.Mais elle était là et, comme le proclamait une admiratrice du poète, debout, tant le nombre fauteuils était inférieur à celui des assistants.On a compté, sur les doigts de trois mains, autant de liseuses tout haut des vers Brien, qui se firent entendre, alternativement, sur la scène, qu’il y avail de gardes paroissiales sur les quais du Voyage de l’Assomption.Ici, les fanfares réunies furent remplacées par un sketch appelé le Poète et la Poésie : le don municipal d'une lunette marine, aussi remplacé par la présentation d’un cachet provincial afin que le poète put voir aussi plus loin.Brien, quand vint son tour de sortir des coulisses, versa comme des larmes à une proue des vers à la France.Après avoir signé des dédicaces monotones, comme l’on donne des reçus pour livres vendus et passé ainsi, séance tenante, ses fonds d'édition, le poète s'achemina m-brepticement vers le port, confiant à son père la tâche des poignées de main cl des accolades.Le vaisseau, de nuit, quitta les puais de Montréal.A l’aube, les villes de la rive curent bien leur dose de soleil, mais comment vouliez-vous qu'il fût historique dans une époque, la nôtre, ojr les mousaucts sont aux musées et dans les combla ?Le port du armes est d'ailleurs lcrdil.Jean-Aubert LORANGER m- ( 1 ) Philippe-Aubert de Gaspé est l’arnère-grand-père de l’auteur de ce diptique.Roger Brien, bien que poète, l’huissier du même auteur de ce diptique.C’est ici affaire de famille et notre collaborateur s’en prévaut pour traiter, dans ces pages, de la Petite Histoire.intérêts sur ces emprunt», à leur tour, doivent être converties plus tard en taxes.Où en *omme»-nou» rendu» dan» ce Dominion par suite d'une divertion sy«-lématique de l’argent du peuple vers de: entrepris»» publique» — dont plusieurs nuisent à la patrie au beu de 1 aider ?Le» dette* publique» du Canada — fédérale», provinciale» et municipales — se chiffraient en 1935 au total incroyable de $7.393,317,000.Les taux d’intérêts seuls pour la même année ont Lbsorbé $341.000.000! Jetons un coup d’oeil »ur le revenu et les dépenses nationaux pendant 1935 — dernière année dont nous possédons le» statistique».Le» salaire» payé» aux employés réunis de toute» les industries du pays, se chiffraient à $533,594,635.Mais dans la même année le gouvernement fédéral (les provinces et les municipalités ne figurent pas dans ce calcul) a perçu $324.471.271, et H a dépeas* $457,-968,585! Combien longtemps allons-nous endurer qu’un seul parmi les innombrables gouvernement» du pays dépense un montant prcsqu’égal aux salaires combinés de tous les employé» industriels?Quand nos gouvernants, et ceux qui les élisent, s’arrêternnt-il» h réfléchir que tout cet argent pourrait mieux servir à l'achat de meuble», de vivre», de loyer, de chaussure», de vêtements, d'éducation, de frais de voyage et d'autres besoins sans nombre par les hommes et les femmes qui en premier lieu gagnent cet argent?On peut se dire, si on veut être sot.que ce sont les riches qui paient les taxes, que les petit» s’en tirent à bon compte.Ce n'est pas mi.Chaque fois qu'on arrache à me compagnie, ou à un individu riche, cent mille dollar» en taxe3, celui-ci est forcé à employer moins de main d’oeuvre ou à acheter moin» de matériel, dor, ; produit aurait créé des positions « salaire».Quand à nous autres, nous » ne voyou pas -sortir de no» poche» toute.If, que nous avons à payer, mai- c'est te-! de même notre argent qui »’en »a ' ia taxe de vente fédérale de r » cent qui touche a peu près chaque artir, de commerce dan» le Dominion \„ elle est cachée, et nous n’en entendon.rJ! parier chaque foi» que nous achetorv mai» nous ne la payons pa» moin».\5u fournissons chaque fois que nou» (jiL son» un dollar: de l'accise, de* impôt»é-douane absorbés dans le prix de d»|; de* article?importé?ou de?article» cart.dien» dan» la production desquels |1?.rent de» parties importée», des taxe» ix> rectes de toute sorte, etc.Cet état de choses ne peut pa» durer.Le» politicien», qui semblent avoir I'*]» pui du public en proportion dt i’ar|ut qu'ils gaspillent plutôt qu’à raison de « qu’ils pognaient économiser, ne comme, ceront jamais à diminuer nos budget» p4.blics écrasants tant que nous, le peup|.n’aurons pas insisté que non» vou|on, nous-mêmes dépenser notre propre argent I pour les choses dont nous avons réélit, ment besoin, et qu’il fact que le» g0Wtt, ^ cessent de le dépenser Edouard Le DORET nements nous.«LE JOUR» est pour l’homme d’affaires un intermédiaire idéal pour U sollicitation de certaine clientèle.Le JOUR est édité par la compagnie d* Jour Limitée, 180 est, rue Ste-Catherin*, (suite 44), Montréal, tél.: *PI ateau &4;'l Jean-Charlea Harvey, directeur Imprlir.» par la Cie de Publication La Patn^ Limitée, Montréal.Faites-vous adresser “LE JOUR1* A LA CAMPAGNE TENEZ-VOUS AU COURANT DES DERNIERES OPINIONS MONDIALES Prix spécial pour les mois d'été $1 oo •T-ËToijr" ISO Est, rue Sainte-Catherine, Montréal.Ci-inclus.pour l’abonnement durant l'été NOU .ADRESSE .Les Mots Croisés du Jour par TITTL1T 1 î ?Q 3 4 S 6 7 8 9 10 11 12 13 14 TTETEOL-Œr t& TWXKQJLUBJ C TTTT1 rWMTTW 1TTTOI rnriTM: ~n TTTM QZTLMQ- 1 1 i znmz UBLLMIJ.B I I muet: LEMTOL m K- JŒMXJLJ ¦jul I nxn wm ?METTE JHDX m i ?MLETE 1 J LHJ ¦ Q TET J JJW"L« U LL *» .zrntr ?¦ TD n.T MU "T! ¦nu ?BLEMI m J ?B_ ht m T L HORIZONTALEMENT 1—Une de g conquêtes de ‘'l'amour-propre' — Brume Je cerveau.2.—Symbole chimique d- l'aluminium — •'Paresi-eux" — Ville de Turquie, dans la Mésopotamie — Excité.3.—Achève* — Massif montagneux , du Maroc espagnol — Post-scriptum (abrév.) 4.—Négoce, commerce d* marchandises.— Supprimé, annulé, anéanti — l’sagee.5.—Apprêta avec de l'empota.— Faux à manche court — Compagnie (abrév.) S.—Miette» — Article contracté — Préfixe Indiquant dunltcation — Charpente.7 —En le» — Prison — Eus A la main.S.—Future blague.— Grosse moulure ronde — Ec.jrce du chêne 9.—Terrain d'entente universel.— Roi d'I»rae!.— Fleuve d'Irlande 10.—Lettre russe.— Tout contre — Sens du toucher.SOLUTION DU PROBLEME NO 40 paru dans L* .Jour du 25 juin | B j I | B | L 110 T H | E IMS m B A R |¥j¥|¥|¥ ¦i’r |Xj EM Hic "ôl U EJ L° |R|DIMlN I| M | B Tilfôl u I R JU fi C 101 ï 1E LJ E | E ¦fpfül s S I I |E|N!Ü|E L N | E KlO T E M V I IMJ [1 A IBB S I E ISIR | 0 | U E m B E T|U|I i E S T iKlNflN L DQQUEIL’JElil G I £ IHi T I 11 G | R | Efsiai E1 LIOIBiBITIEIB 11B I ÔTRIÔTN 111 A|U1D|A|C1E| G10 ||L | 0 E§| A ! K |K IL—langue et étroite pièce d< Etui de mêlai.— Morceau de nie llgieuse vocale 12.—Un des cinq grands lacs —Conjonction négative — Ancien monétaire chinoise.13.—L'amour sans phrase — heureux quand II est dan.- le p-'-' 14.—Fleuve de Sibérie — N ¦' d'un singe américain — mflatnm synoviales du poignet — Fit tu- 15.—fléant Interrompu — M'1-chambre.VBRTICA LEMEST 1.—La première des douche, nous réserve — Ultime res» -un risson* qui ne savent plus A q vouer.2.— Le héraut du pire — I sous le Vent (Antilles néerUnd 3—Lime t violent — Qui a rapp.Ç 11.—L'origine de ou» ne?— Art du niéc.r - 12.—Interjection: trwrv goût.— Ornement «avert 13—Chemin de ha!»* méfiances et un notair-du peuple.14 —La panne de F»n= — chimique de Pét rin 15.—Possédasse -propre.Tira 11 te unit* | Homtr uilgajf’ I 1 on d* < | i'.rr.tr* fort’J
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