Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique
Hebdomadaire combatif de Jean-Charles Harvey qui porte haut et fort les principes du libéralisme et de la tolérance. Il se démarque par des pages culturelles de haute tenue qui accueillent des collaborations importantes. [...]

Lancé à Montréal le16 septembre 1937, Le Jour est un journal hebdomadaire. Il est fondé par l'auteur et journaliste Jean-Charles Harvey après son expulsion du quotidien Le Soleil survenue à la suite de l'interdiction de son roman Les demi-civilisés. Harvey demeure le directeur et principal propriétaire du journal jusqu'à sa fermeture en 1946.

Journal de combat et d'opinion, Le Jour porte les principes de l'idéologie libérale. Le programme de Harvey mise sur la promotion des progrès de la technologie et de l'économie modernes, visant la conquête des biens matériels et s'appuyant sur l'orthodoxie libérale de la compétition et de la libre entreprise plutôt que sur l'intervention étatique et les corporatismes professionnels et sociaux.

Libéralisme économique, donc, mais aussi social : soutien aux combats pour l'émancipation des femmes, fortes prises de position contre la xénophobie et surtout l'antisémitisme, rapprochement culturel avec les anglophones, défense des droits des travailleurs. Ces principes libéraux sont érigés face au corporatisme et au nationalisme traditionaliste canadien-français avec sa tête de proue, le très influent abbé Lionel Groulx. Au-delà des enjeux canadiens, Harvey démontre dans les pages du Jour un vif intérêt pour la politique internationale.

Le Jour combat vivement l'Union nationale de Duplessis, mais garde son indépendance vis-à-vis du Parti libéral du Québec. Son rédacteur se prononce pour le renforcement de l'unité canadienne, pour la laïcisation de la société et pour le déploiement d'un réseau d'éducation public, gratuit et obligatoire.

Jean-Charles Harvey se réclame de la tradition de farouche liberté de pensée d'Olivar Asselin et, avant lui, d'Arthur Buies. Il aborde des sujets sérieux mais sur un ton souvent légèrement humoristique en vue d'offrir une lecture agréable à un public informé et lettré qui souhaite aussi se divertir. Les arts et la culture tiennent d'ailleurs un espace important dans le journal : musique, peinture, lettres, cinéma, comptes rendus de concerts et d'expositions.

Jean-Charles Harvey est le principal rédacteur du Jour, que ce soit sous son nom ou celui d'un pseudonyme, comme Paul Riverin. Charles Hamel, André Bowman et Berthelot Brunet y sont aussi actifs.

Des textes littéraires trouvent régulièrement leur place dans Le Jour, qui publie

de nombreux textes, que ce soit d'auteurs de la relève comme Gabrielle Roy, Jean-Jules Richard, Gilles Hénault, Jean-Paul Lemieux, Yves Thériault, Andrée Maillet et Henri Tranquille, ou d'autres plus établis comme Jean Narrache, Jovette Bernier et Robert Choquette.

Louis Dantin y est aussi un contributeur important. En plus d'une chronique sur la littérature américaine qu'il tient pendant quelques années, il y signe une chronique sociopolitique d'esprit socialiste qui l'oppose parfois aux positions libérales de Harvey, mais les deux esprits se rejoignent dans la lutte aux idées conservatrices et passéistes de l'idéologie clérico-nationaliste dominante.

Le gouvernement libéral fédéral et de grandes entreprises fournissent un soutien financier au Jour, qui est tiré à 25 000 exemplaires en 1937, à 10 000 en 1940, et à seulement 3000 en 1946.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1985, vol. 7, p. 91-93.

GUIMONT, Pascale, « Le Jour, 1937-1946 », dans Idéologies au Canada français, 1930-1939, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1978, p.131-163.

TEBOUL, Victor, Le Jour : émergence du libéralisme moderne au Québec, Montréal, Hurtubise HMH, 1984, 436 p.



Éditeur :
  • Montréal :[Le jour],1937-1946
Contenu spécifique :
samedi 11 juin 1938
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichier (1)

Références

Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique, 1938-06-11, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
1ère ANNÉE No 39 5 CENTS 11 juin 1938 Le messie libéral —•— À la veille du congrès Du congre* qui se tient aujourd’hui, à Ouébec, pour élire un chef au parti libéral, dépend’ Tavenir politique de la province de Ouébec.Une erreur risquerait de diviser pour longtemps les forces oppositionnistes ,t de consolider pour quinze ou vingt ans Je pouvoir du gouvernement actuel.Je suis de plus en plus convaincu qu’on Be saurait choisir un membre de l’ancienne ^ministration sans détruire tout espoir de réconciliation de» factions libérales.Si on a manoeuvré pour en arriver là, eh bien! tint pi*! On aura condamné le parti à la pénitence prolongée, qu’il aura d’ailleurs méritée par son manque de flair.Sans doute, on ne saurait approuver M.Paul Couin d’accabler de son mépris, en usant (t abusant des termes grossiers de “vieille clique” et “vieille gang”, tous ceux qui ont continué, en l’améliorant, l’oeuvre de son propre père; mais il faut tenir compte de l'opinion publique, à moins d’avoir la force de la dominer et de la changer.Plusieurs des anciens ministres et des anciens députés, que j'ai connu* mieux que bien d’autres, pour avoir vécu au milieu d’eux des années durant, furent des hommes estimables et de haute valeur.Il» avaient des idées progrès* lires, un esprit droit, une belle intelligence et un réel aévouement à la chose publique.Milheujeusement, on a tellement empoisonné l’opinion par des campagnes de dénigrement qu’il n'existe pas, aujourd’hui, d’assez fort balai pour déblayer l’ordure accumulée* iur les réputations par la calomnie des menteurs public».La jeune génération n’a pas prit luffisamment contact avec le passé: elle reste empoisonnée.H faut donc un homme nouveau.Les libéraux qui ont combattu depuis toujours pour le parti, qui ont pris tous les risques et n’ont cessé d’être loyaux, comprendront l’importance de la tactique dans un mouvement de ce genre.Us accepteront un sacrifice temporaire.Nous déplorons pour eux l'injustice du sort.U leur faut se conformer lux fait*.Rien ne peut détruire la puissance d’un fait, et ce fait, c’est qu’il est plus facile ds cimenter les groupes dissidents avec du sang nouveau qu’avec du vieux sang.Il ne leur serait permis de se choisir un leader dans leur» propres rangs qu’à une condition, i savoir qu’il» pourraient se passer des dissident* dans une élection.Or, ils ne le peuvent pu.Et ils perdront invariablement 1a partie s'ils restent désunis.?M.Paul Gouin annonçait, la semaine dernière, que l’Action libérale nationale tiendrait une convention en juillet prochain.Lue chose sautait aux yeux, dans son discours: pas une seule fois il ne se réclamait du titre de libéral.Cela me confirme dans l'opinion que j’avais, à savoir que le leader de l’A.LN.ne tient aucunement aux pria-ripes du libéralisme.C’est son affaire.Mais je me demande pourquoi il fait appel, à la fin, à toutes les factions d’opposition, y compris le» factions libérales.Il devrait savoir que les libéraux n’iront qu’au chef qui se dira libéral.C’est l’enfance de l’art.Que M.Gouin ne se fasse pas illusion au point de croire qu'il puisse avoir quelque •accès en divisant davantage les éléments dissidents.J’ai l’impression que la convention goui-•liste n’aurait pas lieu si les libéraux, cette •«maine, présentaient un homme nouveau.On enlèverait à l’“ancien destructeur du parti” un prétexte à de nouvelles palabres qui n’auraient d’autre résultat que d’assurer une seconde fois la victoire de M.Duplessis.On a déjà fait le jeu de ce dernier dans des circonstance» pareilles.Veut-on renouveler «« drôle d’exploit?i ?Quant à nous, la réorganisation des libéraux et leurs succès ne nous importeraient tellement si l’on n’orientait pas le parti vers d’énergique» et courageuses réformes.Si! faut que l’on ait un chef qui remplace les principe» par la tactique; qui tremble devant rertaines puissances au point de cultiver en-fore le crétinisme général sur lequel repose 1« pouvoir québécois: qui ait, comme nos devancier», la lâcheté de ne jamais toucher à 1* question d’éducation sous prétexte que Wte question eet du domaine céleste; qui, Pour plaire aux préjugés racistes et à un Htrdide chauvinisme, accentue la désunion nationale et l’affaiblissement du lien fédéral; Tui ne mette pas tous ses talents, son influence et eon travail à détruire 1 étroitesse desprit, la naïveté et la mentalité enfantine de deux millions de Canadiens français, ce thef-là.nous le couvrirons de tout notre mépris, dut-il s’affubler du nom de libéral.Il wra toujours qu’un pitre.C'est pour rester libre de juger à mon abe d** résultats de ce congrès que je ne m y tends pa».Plug lihéral d’idées que de parti, •irais-je eu droit d’v paraître?Mais, outre ï°e ma présence aurait effrayé certain» élé-etent» dominés par une sotte hantise cléri-.e; Jc préfère garder à notre journal — ln*titution nécessaire à la vérité, au milieu * lant de journaux qui n’ont aucun coups* intellectuel — l'impartialité dont il a besoin pour faire son oeuvre.j aurai toujours une sympathie par- enjière pour les libéraux, à cause du nom jPjd* portent.Je n'ignore r • ‘que.depuis touJ0urs, lç« esprits libres, les penseurs, les JOUR Indépendant politique, littéraire et artistique Directeur: Jean*Charies Harvey Administration et rédaction, 180, rue Ste-Catherine est (suite 44), Montréal — Tel.*PL.8471 Aussi longtemps que les choses iront sys ténia ti quemen t mal, je continuerai sys ténia t i quemen t à dire qu *elles ne vont pas bien — Henri ROCHEFORT “CANADIAN LOVE CALL" BIENVENU* * QUCftCr siwlBSr-’ vc ImwMtwimnr au tourttma 3»Mfjb-u BILLET La dernière nymphe Celait une rivière où l'eau bleue, tous les aulnes, portuit des insectes dores, des papillons, des libellules que dévoraient des poissons jaunes, une rivière où le soleil faisait des plaques blondes.L'air était saturé d'un parfum balsamique.Dans le sous-bois, où la lumière, pénétrant à travers les feuilles, faisait des dessins de peaux de léopards, s'étalaient des trilles veinées de sang, des grelots de bluets, des sabots de la vierge, d'une rose pudique, de faux muguets.Près d'un rustique pont fait de troncs et de branches, un étang ramassait, entre ses rives vertes, où se mirait, tel un Narcisse, un tremble nain, la beauté du ciel clair et la fraîcheur du sol.Et févoquais les calmes jours des temps antiques, alors que les fontaines, peuplées de leurs déesses aux flancs d'ivoire, montraient souvent aux hommes les pures formes de la vie et de la joie.Toutes les immortelles engendrées par les dieux couraient dans les bosquets, se baignaient dans les criques, surprenaient parfois le sommeil de l'artiste cl posaient sur sa lèvre le baiser du génie.J'évoquais ce mystère hellénique, quand, près du pont, l’eau fit un remous d’or, et je vis sourdre doucement, du fond de l'étang, une nymphe aux yeux verts, dont les longs cheveux roux mouillaient l’épaule ruisselante.A mon cri d’admiration, la nymphe répondit: "Voici devant tes yeux la beauté de l'Hellade! Faible enfant des barbares cl d'un siècle sans art, me voici revenu du fond de trois mille ans, pour que tu puisses voir ce qu'a perdu ton monde! "Les dieux de nos poèmes, vous en riez souvent, mais ils portaient la vie dans chaque goutte (Peau, et quoi que vous disiez, vous autres, amants du réel et du laid, le souvenir de nos divinités persiste en vous et malgré vous.Vous vous mourez de nostalgie! Regarde-moi, barbare affamé d'idéal! Je suis le paradis perdu!" Si belle était cette créature des âges révolus, si chantante et si jeune sa voix, si chaud le cuivre rouge de ses cheveux, si doux et si profonds ses yeux couleur de mer, que je tendis les bras pour retenir son ombre.Dans un geste qui fit briller ses ongles roses, elle ouvrit les eaux bleus, qui la prirent à jamais.Et je me sertis tomber dans l'éternelle inquiétude du “dieu tombé qui se souvient”.J.-Ch.H.progre-^if».se sont invariablement rangés'du côté lihéral.Mais le jour n’est pas loin où les cadres mêmes du parti libéral sembleront trop étroits à nombre de Canadien* français évolué*.qui croiront le temps venu de se délivrer de certaine» gangues et de lutter avec (Je nouvelle» armes nour faire rentrer leur peuple dans le concert des civilisé».Jeau-Charle» HAR\E\ Avec le Sourire Gare à ces fumistes! On nous rapporte que des individus et même certaines organisations auraient l’intention de se servir de mon nom ou du nom du Jour pour solliciter des fonds auprès de nos amis.Nous regrettons qu’il se trouve toujours des chevaliers d’industrie oui se collent à des entreprises honnêtes avec le désir de les mêler à leurs desseins louches.En conséquence, nous prions le public d’éconduire sans remords tous ceux qui, sans posséder une lettre officielle et signée par moi-même, se prévaudraient de notre nom pour faire de la sollicitation.Nous avons assez de nous occuper de nos affaires sans nous mêler d’aider des mouvements ou des individus qui n'ont rien de commun avec nous.J.-Ch.H.?Cessons d’être ridicules! ' On a décidé, dit-on, de construire une rande maison pour les Dionne de Callander, apa et maman Dionne pourront enfin vivre sous le même toit.Le paternel jubile.C’est, dit-il, la première satisfaction qu on lui donne (hum!).Tous nos imbéciles ont critiqué la prétendue injustice que l’on faisait au parents en les séparant de leurs quintuplées.Que n‘a-t-on pas rabâché dç ridicule à ce sujet.On faisait entrer dans le débat des questions d’ordre moral et sentimental, de la théologie, de la philosophie, quoi encore ! Dieu que Je monde est sot! J’ai, par exemple, sous les yeux, cette prose d’une feuille de choux: Les parents ont le droit et même le devoir d’élever tours enfants.L’éducation eet le complément indispensable de la génération.Male dans le cas exceptionnel où cinq enfants arrivent d’un coup dans un foyer, l'Etat ne doit-il pus intervenir! Il intervint sons la forme d’une Commission formée d’un ministre du gouvernement de l’Ontario, d’un juge de Callander et d’un médecin du même endroit, qui s’est constituée tutrice des jumelles.Ces personnalités ont sans aucun doute droit ri notre respect, à notre considération.Peuvent-elles, ainsi que les infirmières, l’institutrice et ta matrone de l’hépital, suppléer aux caresses et nue soins maternels t Tout homme de coeur, qui garde jusqu’au soir ae In vie le souvenir de ce que fut pour lui sa mf-re, me dira non.Quand la maman les visite, celles que je considère comme de petites recluses font des crises de larmes â son départ, me disait la marraine d’Yvonne.Et leur langue maternelle ! Et leur avenir t Les qulntuptettes ne savent que quelques mots de français actuellement: A l’dge de pris de trois ans, le retard me semble sérieux.En outre, le cinéma, à leur insu, les guette et les prépare comme fatalement à un état de vie qui n’est pas l’idéal, n’est-il pas vrai ! Par bonheur, ces sottises ne reflètent pas la majorité de l’opinion canadienne-française.C’est uniquement grâce au docteur Dafoe et â l’intervention du gouvernement ontarien que les quintuplettes Dionne vivent encore Si on les avait laissées dans leur milieu, trois ou quatre d’entre elles seraient mortes, peut-être toutes.Il était nécessaire que l’Etat intervint.Et nous disons: Bravo! Trois fois bravo! Que le papa Dionne soit content.Sans la sollicitude de la commission ’ spéciale, il serait encore le plus obscur et le plus pauvre des hommes, avec son interminable smala.Et le bilinguisme?Un de nos petits sottisiers nationaux qui écrit dans la millionnième édition du “Cri de Race” (titre qui convient à un tas de petits hebdomadaires spécialisés en niaiserie nationaliste), avait cru découvrir que les fautes d'orthographe des petits diplômés de nos écoles provenaient de l’étude de l'anglais.Pour nous démontrer' sa thèse, il avait annoncé, dans un journal, “une demande d’emploi’’.Il reçut nombre de réponses, presque toutes fort mal rédigées en français.11 en concluait ceci: “Si ces jeunes gens ne savent pas mieux leur langue, c’est qu’ils ont étudié l'anglais trop tôt.” Cela était aussi logique que la conclusion de Molière: “Et voilà pourquoi votre fille est muette!” Notre conclusion était toute autre.Si les enfants de nos écoles, disions-nous, ne sâ-vent pas mieux leur langue, c’est que nos écoles sont mauvaises.C est la seule vérité qui ressort de la volumineuse correspondance en question.Le sottisier national nous répond par une longue “engueulade” dans laquelle aucun argument n'existe.Il trouve fort spirituel de m’appeler Haro-vitch (tout le monde se demande pourquoi) et de clamer que c'est moi qui manque de logique.Pour confondre ce pauvre petit, j’ai été bien tenté de publier en regard l’un de l'autre mon article et le sien: le public aurait jugé.Quoi qu'il en soit, je répète et répéterai sans cesse que des milliers de nos petits Canadiens français qui n'ont jamais su l'anglais font des fautes d’orthographe à chaque mot.Dira-t-on que le bilinguisme les a gâtés?Et même si tel était le cas — ce que je nie énergiquement — il n’en reste pas mojns que la connaissance de la langue anglaise est vitale pour les Canadiens français.Il nous faut en prendre notre parti.Si nous ne nous rendons pas à cette nécessité économique, nous mourrons sur le fumier de job J.-Ch.H.?Un nouvel organisateur Les journaux de la semaine rapportaient la rumeur de la nomination prochaine de M.Léonard Tremblay, député de Dorchester, au poste d'organisateur du parti libéral pour la province de Québec.Ce n'était pas une primeur pour nous, puisque nous avions annoncé cette nouvelle il y a environ un mois Notre information était sérieuse.Nous sommes heureux qu elle ait eu son écho dans la presse quotidienne Nous connaissons le député de Dorchester pour un combatif, un homme pratique, courtois et fort en tactique.Il n en faut pas plus pour réussir.On cherche depuis longtemps un successeur à papa Paradis (c’est ainsi qu’on l'appelait) qui fut l'un des plus formidables tacticiens de 1 histoire politique de Québec.Qui sait si le sympathique Léonard ne sera pas celui-la ?Fin de la politique .d’isolement L’extrême tension de la situation internationale, la crainte partout répandue d’une guerre imminente confèrent au récent discount du secrétaire d’Etat américain Cordell Hull uu caractère presque solennel.On sait en (juris ternie» il a averti le peuple de» Ktuts-l'nis du danger qu’il y aurait pour lui a vouloir s’isoler, se désintéresser île» affaires du monde: ce n’ost pu» cette politique, non plus que la seule bonne volonté, quo rien ne supporterait, qui garderont le pays hors de tout conflit.“Le plu» important problème auourl l’humanité doive faire face,* dit M.Hull, est celui d'établir de j»ar le monde un ferme régime d'ordre et de loi.” Que le lieutenant du jiréeident Rooievelt préconise IVlnbli«»emcut d’un tel régime indique clairement l'intention du gouvernement américain d’y collaborer.Nous ne «aurions trop nous en réjouir.La puissance des Etats-Unis, leur influence sur l'ojiinion mondiale ne sauraient aisément se mesurer.La population dense, de ce.pays, sa formidable mécanisation, sa fortune immense et ses jiresque inépuisables ressources naturelle* le rendent redoutable au point d’assurer pratiquement à l'avance la victoire du clan dans lequel il «e rangera.Si bien que le gouvernement américain faisant preuve de détermination et prenant place san* hésiter aux côtés des puissance» démocratiques d'Europe, tout danger de guerre est pratiquement conjuré, Mai» les homme» d'Ktut américains «auront-ils être à la hauteur de la situation?Le Congrès et le Sénat conseutirnnt-il» à appuyer, le cm échéant, une politique vigoureuse qui serait le moyen le meilleur, le seul, d'éviter 1s catastrophe?Il est toujours à craindre que l’esprit étroitement nationaliste d'un groupe de représentants venus de quelques troua de province compromette l'action de chef» éclairé»,.Qu’importe! Le discours du aecrétaire Hull jette une lueur d'aqmir.C'est un encouragement aux Etat* qui luttent pour la sauvegarde de la paix; aux nation* de proie, ce devrait être un avertissement non négligeable.11 était temps de toute façon qtie le colosee américain sorte de «on apathie.M.Cordell Hull est digue de félicitations pour •on discours intelligent cl précis.• • • On a eu un exemple du respect que commande, dans le monde entier, la jtuissaiice américaine, lorsqu’un navire battant le pavillon étoilé fut bombardé et coulé uu début des hostilités sino-japonuiscs.Alors que les Ni|>pons recevaient froidement les remontrance» britannique» — justifiées par des attaques réoéléo» contre la marine anglaise et l’attentat perjiétré sur In personne de l’ambassadeur de Londres en Chine — le Mikado lui-même s'humilia devant l’Oncle Sam courroucé.Mais la politique molle et flottante du gouvernement conservateur qui préside aux destinées de la Grande-Bretagne n’est pas faite pour raffermir l’autorité de ce pays sur les autres nations, ni pour lui gagner le respect universel.Baldwin était uu pleutre.Mais Neville Chamberlain est de taille h nous faire regretter le vieux Stanley.Si l'élément tory doit longtemps encore se cramponner au pouvoir, il devrait au moins avoir à sa tête scs leaders le* (tins hardis, les mieux estimé» — Winston Churchill, par exemple.Avec ce hull-dog û Downing Street, les affaires d'Europe seraient en meilleure voie.Mais la situation en Angleterre est bien telle que Lloyd George (misse avec raison rabrouer le gouvernement et exprimer sou chagrin de voir sa patrie dénuée d'influence, au point que.Franco dédaigne le» avis «le Londres, Ce vieux politicien u est pa» de» plus estimable*.C'cit probablement I un des (dus néfastes qu’ait connu le pcttplo anglais.1,0 pnrti libéral d’Angleterre lui doit sou anéanlissemeqt à jieu près total.Mais quand le diable a raison, ou ne saurait lui donner tort.Tous les atermoiement* auxquels s’est tlu Chamberlain n’étaient pas dicte* par a seule prudence, et il s'en faut que tou» aient servi la cause de la paix.Avec le» Etats-Unis, la Grande-Bretagne est le pays peut-être sur lequel on compte davantage pour a»*urer le maintien de cette paix sacrée.Ses chefs porteront devant I histoire une lourde responsabilité «il précipitent.par leur maladresse ou leur faiblesse le conflit qu’il» ont pour mission d empêcher.« 9 • Au discours du secrétaire d Flat Cordell Hull, le* journaux italiens ont répondu e; conseillant aux Américain* de s occuper d’abord de faire cesser le* enlèvements qui «e pommellent chez eux avant de *e mêler de dicter aux autres pays la conduite qu il» doivent tenir.Il est certain que le* enlèvement* qui terrorisent tous le- parents aux Efats-Lnis, et qui ont â date fait de si nombreuses victime* constituent un atroce fléau, contre lequel |e gouvernement américain ne «aurait lutter a»ce trop d'énergie.Mais que!» que soient les problèmes qu’une nation doive résoudre à l'intérieur de w» frontière», elle serait criminelle de *e de»intcres*er des difficulté* extérieure*.L’Espagne, déchirée, ensanglantée par l'ambition de* tvran* moderne*, n'a pas pour cela ce-eé «le collaborer, dans toute la mesure où elle en ett capable, a la paix «Iu monde.(Suite n In page 2) Emile-Charles HAMEL 'la peinture anglaise Dè* fju'oti pen**- aux brillants portraitiste» tla* l'école anplaue, fie Gainsborough à I.aw-Tence, In souvenir «le Van Dyck «’éveille impérieusement.Dos qu’on pen»e à »e» pav*a-gi*tc« «le John t.rome à (.ortetahle, ce sont le» tableaux de Ruysdaèi et d’Hobhema qui »e rappellent à nous.Ainsi la peinture an« plaiM; parait avoir prû» rarine en pa)« étranger»; et même un Reynold* va jusqu'à Veni«e cueillir un peu île l’orangé litîa> neMjue.Et pourtant, nulle école n’c*t plu* particulière.Nulle n’r»t mieux marquée de signe* distinctif*.L’air imulaire e»t »i vif qu’il rnoilifie jusqu'au «ang de* étranger* venu* à tendre*; et à regarder Vau Uyck d’une certaine manière on pourrait presque dire que c’e»t lui qui «'eat fait Anglaia.Cependant re thème sur lequel on a «ou-vent brodé n'enferme pa* toute la vérité.La vie eut toujour* intimement plfi* complexe que le* formule».Précüément, au déimt du X Vil le «iècle apparait un homme qui va être Anglais cent pour cent, qui va ouvrir le chemin à tout le monde, aux phy-aionomiitei, aux peintre» de moeurs, aux caricalurutea; un manieur de brosae étourdissant, ce qui auffityiit à absorber toute 1’activilé d'un arti*te et qui cependant ae double d'un moraliste, d'un satiriste, d'un frère prêcheur: William Hogarth.Regarder sa célèbre Marchande, du crevettes; toutes le* qualité* de l’école sont là réunie*: le côté fleuri dea chairs, la subtile harmonie de* étoffes, la décision étourdissante du travail, une déri*ion telle que l'auteur rendrait pre*«|ue de* points à Franz liais, que Fragonard n'ira jamais plu* loin dans l'audace.C'est le chef-d’œuvre de Hogarth, et peut-être celui de la peinture anglaise.Croyez bien que Hogarth ne s'en tient pas là, On sait comment il a imaginé de représenter en moraliste les «cène* du Mariage à la Mode; et l'on voit au Louvre deux épisodes qui montrent combien le peintre » en sept endroit» différent».Conduite par courroie absolument renfermée, aucune partie exposée: la courroie en V ab»orbera le choc momentané d’une surcharge donnant aln»l une plu* longue durée au moteur.Approuvée par la Commission llydro-Klectrique.SPECIAL Comptant ou (.ré/lit AUGl \ DEPOT 24 mensualités de $2.90 Pas tTintérêt ni supplément.WOODHOUSE & co.limited 105 rue Ste-Catherine Ouest, Montréal Londres Birmingham Liverpool Manchester Nottingham Butt Southampton Cardiff Edimbourg Glasgow Belfast Dublin Heu-York Toronto Québec: 65, rue de la lourona» l Page 6 LE JOUR Montréal, samedi 11 juin 1938 Le mensonge économique Nazi Encore de la "réadaptation" profeuionnelle.• La pertlet recommence * *»vir lourdement d»n# l'industrie t * tt11 e saxonne ; le» employeur» prétextent U disette de matières première.» On conseille eu* ouvrier» «le quitter le* entre prise*, surtout quand 11» ont travaillé a horaire plein durant une période prolongée On leur déclare meme qu'il* doivent à leur tour *e contenter une fol» des allocation*.Dan» le* Office* de placement on fait entendre aux chômeur* qu'il» doivent accepter du travail dan» l'Industrie de la pierre ou l’agriculture Ceux qui ne »e font pas Inscrire dan* ce but, sont l’objet d'une enquête spéciale Ce» ouvrier» du textile subissent un apprentissage de six semaine» dan» le* carrières de granit de Lausltz ; durant celta période Ils reçoivent une Indemnité de un mark p*r jour Ensuit* II* doivent travailler à la tâche, le gain est dérisoire.Pour de» ouvriers du textile, ce travail est excessivement pénible et II leur sera plu* que vraisemblablement impossible de travailler encore plus tard aux machines textiles : c’est de la main-d’œuvre perdue pour leur profession.Ceux qui se sont fait inscrire pour une occupation agricole sont envoyés chez un paysan o (ills gagnent si peu qu'il* ne paysan» ob Us gagnent si peu qu'ils ne Au bout de quelque temps on leur donne à comprendre qu’il* doivent se faire rejoindre par leur famille et s’installer complètement k la campagne.* De» autres chômeurs sont, autant que possible, occupés k la construction des autoat rades.* * * Pu de [dace dont l'Etat [tour Ici par eue ux! Dans une fabrique de textile de Eulen-gebirge, les taux aux pièces furent diminué* de 18 pour cent.Le personnel protesta auprès du conseil de confiance •t demanda une Intervention.L’homme d« confiance se rendit su Front du Travail, où II fit entsndre les doléances du ptrsonne! ; msls le Front du Travail sa refusa à des pourparlers avec l'employeur.Le personnel qui comprend environ 1U personnes, cessa le travail.Le chef d'entreprlaa ordonna brutalement au personnel de reprendre son travail sur le champ- Le personnel se déclara d'accord pour le faire si la diminution était abrogée.La patron appela la Gestapo.Quelques minutés plus tard 14 fonctionnaires de la Oeatapo surgirent et usèrent de brutalité I certains ouvriers furent conduits de force à leur poste de travel).La reprise du travail ne s'effectuant néanmoins pas, on tint une assemblée du personnel et promit d'examiner si la réduction de salaire ae justifiait.Au cours de l'asemblée quelques ouvriers expliquèrent que leur salaire ne leur permettait pas de subvenir à leurs besoins et k oeux de leur famille ; Ils critiquèrent les trop nombreuses déductions opérées sur les salaires et déclarèrent que personne ae pouvait vivre avec une somme de 18 à 18 marks par semaine.Ils demandèrent •e qu'on faisait des contributions exceptionnelles constamment prélevées.Cea réclamations déclenchèrent une aouvelle Intervention de la Gestapo, dont un des agents cria : "Pas de ptace dans l'Etat pour les fainéants!", "Ceux qui •'obéissent pas aux ordres prendront le chemin du camp de concentration".Iss courageuse attitude du personnel aut tout de même pour effet qu'en dépit de toutes 1m menaces la diminution de 18 pour cent n'eut pas lieu.Parmi le personnel l'aversion à l'égard du régime hitlérien est plus forte que jamais et l'esprit de solidarité s'eat singulièrement renforcé.* * * Effervescence parmi Ici ouvricri v errien Le trouble persists dans l'Industrie verrière de Silésie.A la suite de la diminution continuelle des taux de travail à la tâche (80 pour cent des travaux sont rémunéré* «le cette façon ).les ouvriers refusèrent de participer encore aux collecte* M*me le» contremaîtres suivirent le mouvement pour ne pss entrer en conflit avec leurs propre.» intérêt*.L'n industriel ayant déclaré «Un» une assemblée ' Maintenant noua* avons de nouveau la trique à la main ' un effarant tumulte se déchaîna.11 semble que dans ces districts la Gestapo ne æ hasarde plu* k intervenir ouvertement.* * * Im iliiri/dine au travail s'obtient au moyen tramende» Avant l'avènement d’Hitler, chaque ouvrier ou employé pouvait, sans excuse préalable, s'absenter de son travsil pour un temps relativement court si de* raison* Impérieuses l'y obligeaient.Ce droit, qui svatt trouvé une base légsle, était piéclse par des jugement* de prud’hommes Les ouvrier* des mines avalent encore la possibilité de prendre un congé dans certains Intervalles pour régler de* affaires petsonnelle* urgentes.Etant donné l'accélération continuelle du travail dans l'industrie des armements et dan* les mines, et vu qu'on exige toujours plu* d’heures supplémcn-talies et de travail du dimanche, ce droit su congé était, pour la plupmt des ouvriers.la seule possibilité de eBserver un peu de liberté individuelle.Male ce dr • vient d'étre repris aux ouvriers par u:i décret du "Curateur au travail’'.Une de* plué grande* entreprises de construction et d’exploitation minière de Haute-Silésie fit une déclaration à ses ouvriers, dans laquelle elle disait entra autres : "J'adresse un appel au personnel pour qu'il remplisse, fidèlement les devoirs résultant de lu "communauté d'entreprise", spécialement en raison des exigences résultant du plan de quatre ans.Je comprends aussi, par cela, une discipline volontaire au travail afin que lea absence* sans excuse valable ne se reproduisent plu*.Le chef d'entreprise ou son représentant peuvent rappeler, d'une manière légalement permise, leurs devoirs aux ouvriers qui ne remplissent pas leurs obligations vis-à-vl* de la communauté d'entreprise et agissent contrairement à la véritable camaraderie.Pour garantir la discipline au travail et l'accomplissement du devoir commun par tout le personnel, nous décrétons dès maintenant ce qui suit : Sera redevable d'une amende de 1 RM celui qui s'absenta de son travail une fols par mois; Sera redevable dsf-we amende de 2 RM celui qui s'absente de son travail deux fol* par mois; Sera redevable d'une amende de 4 RM celui qui s'absente de son travail trois fois par mois; Sera redevable d'une amende de 8 RM celui qui s'absente de son travail quatre fols par mois.Pour ceux qui s’absentent le Jour de la pale et des avances ou le lendemain, j'amende sera augmentée de 50JL Pour cea jours-là, des excuses seront valables seulement si l'ouvrier peut prouver qu'il lui était absolument Impossible d’étre présent.Les autres prétextes ne suffisent pas.Lss amendes cl-dasaua mentionnées seront déduites du salaire sans aucune considération.Que les ouvriers négligent* en soient convaincus !" ' Cette déclaration est signée par l'entrepreneur et par le soi-disant "homme de confiance”.Cet homme de confiance veut probablement prouver par sa signature (c'est ce que nous dit un ouvrier) qu'il possède la confiance absolue du personnel qui ne l'a même pas élu.Rien n'est d’allleura dit de ce que de viennent ces amendes et qui les adml nlstre.Le curateur su travail a ainsi aboli, d'un seul trait de plume, des droits qui, en partie, étalent accordés déjà dans l'époquo d'avant-guerre.OÙ EST JOS ?A PRENDRE une BIERE OLD STOCK PARCE QUE c'est un breuvage RAFRAÎCHISSANT ET STIMULANT APRÈS UNE PARTIE DE TENNI5- 111 ENCORE UNE LUEUR D'ESPOIR.L’enfant égaré rarlandra*t*H a la gala ?|»«,lit «•ul«-l>] ?.VsVé.' ?VéléîV a vingt ant et plut, les développements formidables et rapides de la circulation moderne.Mime aux Etats-Unis, où l’on a fait des chemim splendides, on est forcé aujourd’hui, de “casser” de grandes chaussées de ciment, pour satisfaire aux besoins nouveaux.C’est dire que la science des routes est encore dans fenfance.On a fait, dam le passé, ce qu'on pouvait, avec la meilleure volonté du monde.A ce point de vue, notre correspondant a raison.Quant aux "roules de villages", je reste d'avis qu’il faut en éviter un très grand nombre.Autrement, il sera impossible de donner satisfaction à au moins 80 pour cent des usagers, qui tiennent à la rapidité, c'est-à-dire à la ligne droite.Il suffira que le ministre de la voirie raccorde les villages avec la roula principales.Enfin, s’il est vrai que le ministre actuel a suivi les plans tracés depuis plusieurs années, c'est tout à son honneur.Il faut le louer d'avoir pris ce qu’il J) avait de bon — et il ji en avait beaucoup — sous l'ancien gouvernement.Il j; a là la marque d’un bon esprit.’ J.-Ch.H.Ateliers fermés et salaires raisonnables M.Maurice Duplessis fait preuve de courage, de sagesse et de compréhension quand il dit qu’il ne tolérera pas l’ate lier fermé dans la province de Québec, pas plus qu’il ne tolérera la dictature du patron sur l'employé.Parce que nous croyons fermement en l«" démocratie et en la nécessité impérieuse de traduire en législation les désirs légitimes du peuple en général, comme nous insistons que seul le peuple a le droit de décider définitivement quels sont »es désirs légitimes, nous sommes porté» à croire que l’atelier fermé pourrait imposer aux employés dans l’industrie une dictature de la part des chefs ouvriers aussi nuisible, peut-être, que la politique du C.I.O.aux Etats-Unis.Si les ouvriers dirigeaient eux-mêmes leurs affaires, on ne peut pas douter qu'ils sauraient bien défendre leurs intérêts.Malheureusement nous avons une nouvelle classe de la société, une profession presqu'aussi exclusive que celle du droit ou de la médecine, qu’on appelle "organisateurs ouvriers”.Ce sont très souvent des hommes qui n’ont pas travaillé cux-mcmes depuis des années, qui se servent de leurs unions pour La Marque de CIMENT sur lequel on peut compter Fabriqué dans la Prorince de Québec Le* travaux d'amélioration en béton fait a»'ec le (.iment National ont beaucoup contribué à rendre le» ferme» plu» moderne» et plu» profitable».Ce ciment de haute qualité uniforme e»t fabriqué dans la province de Québec, par de* ouvriers et avec de» matières premières du Québec.II c*t beaucoup employé pour le* plancher* d’etablc* et d’écurie*, pour le* fondatiqn», Je* /o**e» à fumier, le* poulailler* et nombre d’autre* travaux généralement exécuté* avec le béton.H.E.SA> OIE, Gérant (BtSasfâ faire de la politique, et qui songent beaucoup plus à perpétuer leur situation privilégiée qu’à rendre service à leurs commettants.C'est l’ambition personnelle ou politique de tels chefs travaillistes aux Etats-Unis qui a amené les désordre» du “sit-down" et la violence dan» les rues.Quand une classe exclusive, même parmi les ouvriers, a le droit de se perpétuer pendant des années, inévitablement on développe les mêmes abus qu’un parti politique qui reste trop longtemps au pouvoir, La dictature d’un petit groupe de chefs perpétuels dans les organisations ouvrières, si elle a derrière elle la puissance contrôlée de l’atelier fermé, peqt avoir des conséquences fatales pour la vie industrielle et sociale de la province de Québec.M.Duplessis a prévu ceci, et il a eu raison d’en craindre les résultats possibles.Nous nous permettrons cependant, tout en applaudissant à la décision du premier ministre de bannir l’atelier fermé, de lui signaler un danger tout aussi grave qui se renferme dans son Office des Salaires Raisonnables et dans ses Ordonnances.Tous ceux qui ont participé à la rédaction de contrats collectifs savent la difficulté de trouver, même dans une seule usine et avec la bonne volonté de patrons et employés qui désirent l’ordre, l’entente et la prospérité dans leur industrie, une solution juste.Le patron éclairé, quoiqu'il ne s’occupe que de son propre intérêt, cherchera nécessairement à contenter ses employés.Les travailleurs, de leur côté, quand même ils ne songent qu’à leur propre bien-être, ne feront certainement pas mourir l'industrie qui les fait vivre pour arracher de* augmentations temporaires de salaire à un patron qui ne peut pas les payer.Quel comité public pourra trouver le secret des bonnes relations dans chaque industrie sans faire enquête personnellement et directement dans chaque usine de la province, sans, enfin, entreprendre par lui-même le travail de tous les comités paritaires qui devraient être érigés dans toutes les communautés industrielles de Québec ?L’Office des Salaires Raisonnables, en somme, entreprend une tâche aussi désespérée, en essayant de dicter les salaires et les conditions de travail à travers toute une province, que si leur but était de déterminer le rendement de nos régions agricoles et de fixer le prix des produits Je nos terres.Quoiqu'on pensent ceux qui ne connaissent pas les problèmes de l’industrie, le patron ayant entre les mains une industrie qui représente des capitaux importants.cherchera toujours les meilleurs employés, et tâchera toujours ' de les garder avec lui.dans la limite de ses moyens.Son succès dépend d’un person- Sur le front paroissial Lettre d'un paroissien de St-Exaspéré Monsieur l’administrateur, Jt prends In liberté de vous adresser quelques lignes à l’effet de vous laisser assavoir quay ant rnis derme rement la main sur une couple de numéros du JOUR, j’ai été bien surpris de voir la façon dont vous parlez de notre paroisse dans votre journal.On peut Pas vous blâmer, parce que vous ne savez pas mieux.Saint-Exas-pire est si peu connu des gens du grand Montréal.Mass si j’étais vous, je me fierais pas comme ça à ce Philorum-Abondius Letendre, votre correspondant.Ici, ça passe pour une tète chaude.C’est Pas que je veuille lui nuire, mais moi.je l’ai toujours cru pas mal catholique à gros grains.Puis tout le monde dans la place vous le dira, c'est un révolutionnaire, un exalté, Depuis son voyage à Québec, il est pas reconnaissable.Il s’est laissé pousser une petite moustache en dessous du nez, puis ça y donne l’air assez drôle ! A part de ça, dimanche dernier, il a rnis des petites culottes courtes (des shorts, qu’ils disent, Monique puis lui) pour jouer au tennis dans le terrain de chez, la soeur à Monique.Les petites filles qui s’en allaient aux vêpres ont été scandalisées en voyant ses grosses jambes poilues.Mais tous ces changements là, c’est rien auprès du revirement qui s’est fait dans ses idées puis dans ses discours.Pour moi, c’est Monique qui l’a rendu de même.Ça, c’est une belle petite ! Après avoir mis la tête de Philorum à l’envers, la voilà qui est en train de re-virer toute la paroisse à /'envers.C’est correct, elle est pas laide; mais quoi c’cst que c’est, la beauté sans la vertu, comme disait mon défunt oncle qui avait commencé ses études pour faire un frère t Y a pas une mademoiselle dans la paroisse qui aurait osé faire comme elle fait.Cette Monique se sert de tes charmes pour faire le mal puis pour pousser les autres à le faire.Sa pauvre soeur qui était une personne si à sa place avant quelle arrive,.Elle est plus la même, Monique lui a fait couper les cheveux; puis élit lui a montré à fumer.C’est bien effrayant l Puis le beau-frère de Moniqui fai laisse faire tout ça sans rien dire.Le pauvre homme ! Comme je' le plaindrais / Mais je peux pas : Il m’a flanqué dehors quand j’ai été y dire que sa petite belle-soeur, c’était une tête folle, puis qu’il ferait mieux de voir à sa femme plus qu’il y voit.J’y en veux depuis ci temps là, puis je le salue pas quand je le rencontre sur la rue.C’est vrai qu’il me regarde pas lui non plus.Ce salon de massage ! A-t-on idée de ça en plein St-Exaspêré ?Le jour, il y va pas un chat.Mais à la brunante, on voit des formes louches y pénétrer.Ça puis le salon de coiffure de sa soeur, c’est à espérer que ça ne fera pas vieux os.Comme me disait l’autre soir Mlle Mouchardente, la doyenne des enfants de Marie ; — "On avait pas de ces affaires là avant, puis on est pas plus mortes pour tout ça." Cette bonne mademoiselle Mouchardente est bien scandalisée par la conduite de Monique ; puis ça y fait bien de la peine pour Philorum-Abondius : — "Ce pauvre jeune homme, quelle dit, lui qui avait l’air si fin puis si pur au matin de sa première communion, alors qu'il était dans la fleur de ses seize ans.Jamais on aurait pensé qu’il retournerait comme ça.puis qu’il ferait tant de peine à sa famille !" Elle parle bien, mademoiselle Mouchardente ; elle a déjà fait les lavages pour le maître d’école, qui était un homme bien instruit.Puis cette histoire de "ballets", aus- ncl habile et satisfait.S’il ne cherche pas à donner justice à ses employés, et à leur offrir un espoir d’avancement, il sait très bien que son affaire finira par aller mal.Nous n’avons qu'à faire l'étude des systèmes d’apprentissage qui existent dans plusieurs de nos grandes industries pour nous rendre compte que, dans la plupart des cas, le patron progressif cherche constamment à assurer l'avancement et le bien-être de ses travailleurs.Il ne faut pas oublier que si l'employé a certains droits, le patron lui aussi devrait pouvoir compter sur la coopération et la compréhension de la part de ceux à qui il offre de l’emploi.On n’a pas raison de demander à l’industriel des choses qu'il ne pourra pas faire sans ruiner son commerce, pas plus qu’on a le droit de demander au travailleur d’accomplir des tâches impossibles pour des salaires de famine.II nous semble que si l’Office des Salaires Raisonnables se bornait à siéger comme cour d'appel pour régler les différends que les comités paritaires ne peuvent pas résoudre, il accomplirait une tâche beaucoup plus utile qu'en cherchant à faire, grosso modo, les ajustements si nécessaires mais si délicats qu’exigent les conditions économiques d’aujourd’hui.Nous souhaitons que le premier ministre voudra bien apporter à cette dernière question le courage et l'intelligence dont il a fait preuve dans ses déclarations au sujet de l'atelier fermé.Edouard Le DÜRET ».Ma mère qui est une bonne personne, et intelligente avec ça — je suit son fits, c’est tout due — prétend quen fait de balais, on avait bien assez de connaître ceux pour balayer la cuisine.Tant qu’à elle, elle n’a pas voulu en voir d autre sorte, puis elle a pas été leur porter trente sous quand ils sont venus dans la paroisse.Moi, j’étais placier, fl m’a bien fallu regarder se débattre les danseuses venues de Québeç.Jt vous assure que Philorum, il leurs y regardait les jambes,,, les yeux y en sortaient de la tête.Tellement que Monique, qui était assise à côté de lui l’a pincé sur la cuisse par en dessous de la chaise.Pendant que j’y suis, je vous dirai quelques mots d’Yvette Scome et de Mlle Madeleine, Je dirai pas de mal de la première, parce quelle a parlé pour nous autre pour que son cousin Micro vienne jouer de l’orgue à moitié prix au mariage de mon grand frère Philias-Anselme.C’est vrai quelle fait bien bavas se r un peu les, mauvaises langues.Y en a tellement qui aiment à manger la laine sur le dos de leur prochain.Moi, je suis pas de cette sorte de monde.Je sais bien qu Yvette a pas froid aux yeux, mais c’est ça qu’il faut, au jour-d liui, avec des personnes comme Monique dans le rang.Tant qu’à Mlle Madeleine, c’est une bien bonne fille; puis elle a des bien beaux yeux, aussi.Y a des menteurs pour prétendre l’avoir déjà vue ici ou là, mais comme je la trouve de mon goût, j'ai jamais voulu les croire.C'tst si laid de dire du mal des autres.Oui, Madeleine, c’est du bien bon inonde, du beau monde itou; mais j’ai bien peur quelle en perde au contact d’un gars comme Philorum-Abondius Letendre, cette tête folle, cet excité.Il serait com- muniste que j’en serais pat surpris.f; peut s’attendre à tout avec lut.,/ pas dommage de voir une belle j./ f tomme Mlle Madeleine amatuhéc f cette affaire là ! A part de ça, je veux vous faire voir que pour le lycée, Letendre ,'y, vanté.A l’entendre parler, on croire,t que c'est lui qui a tout fait.C'est des inenteries, M.le notaire reçoit It JOUR a toutes les semaines, puis on peut y voir déplier pour le lire en se rendant du bureau de poste à son bureau.lui qui a tiré dans le collier pour 1U( les choses se fassent, M.l’abbé ,lU„i qui parle souvent d’un Monseigneur fronçait, qui est bien sympathique à n lui aussi.Si vous voulez savoir ff 7„{ j'en pense, moi, je pense que Philoru,n s'est embarqué dans cette affaire là met des gens parmi les gros de la place riea que pour se donner de l'importance.Quoi c'est que ça peut bien y faire ,j lui, qu'y ait un lycée ou qu’y en ait pas • Y a été rien qu'à la petite école.pul) encore, y fallait que sa mère le chtcant puis que son père y chauffe tes fesses pour l'empêcher de foxer.Il était ton.jours à la queue.Je le sais, on était voisins, moi puis lui.Enfin, je vous en dirais bien encore plus long, mais ça sera tout pour soir, parce que ma plume commence ,) baver, et puis que j'en ai pas d'autre, t puis qu’il est trop tard pour aller m chercher au magasin.Ce sera pour la prochaine fois.Encore une fois, soy,t "uisc".,.Pour moi, Philorum-Abondius, ’c’est pas un gars fiable.Je ferais pet paraître comme ça dans votre journal tout ce qu'il vous envoie.Si vous vou.lez vous renseigner, éertvet-moi à moi, Je sais tout ce qui se passe dans la paroisse.Puis bien d’autres choses itou.J’ai bien l'honneur de vous saluer, puis je demeure pour toujours votre tout dévoué serviteur Pencrace-Austère LENGOURDl Faites.vous adresser “LE JOUR” A LA CAMPAGNE TENEZ-VOUS AU COURANT DES DERNIERES OPINIONS MONDIALES Prix spécial pour les mois d'été $1.00 “LE JOUR” ISO Est, rue Sulnte-Cathertne, Montréal, Ci-inclus.pour l’abonnement durant l’été HOU ___.ADRESSE Les Mots Croisés du Jour par T1TTLIT 1 I 1 « s mm 1 T 8 » 10 11 13 1 TTT1JI 3 14 15 "T TU n T 1 Tl L UL :t :~nr \ m I 1 11 JJ J JL - jlmjuül Tl 1 JET TU JJ JL jj mjjjb.11 mm JLLÜ LLL1 1 I ¦ M M M wn ?TIM 1 1 M 1 1 l » I JlMJL 1 LU i LJ — LL i OJJUUBJUBJULJUL AM N U 1 ! M ¦ 1 1.- HOHIF.O\T.%l,K.»IK.\T Des bras qui manquent de tête.— Poème en verre.2 —Poil long et rude, au cou de certains animaux.— lionne chère.— Pièce de fer qui pitSBe dans le moyeu des roues.3.—Papier reçu par un minis!re et envoyé directement au cabinet.4.—Longue ceinture en soie de* Japonais.— ''Patesseux' — Etoile de cinéma.5.—Mot arabe signifiant: '•fils".— Un bon gros qui joue uu cerceau et qui sc laisse rouler.fi.—Charrue II deux soc*.— Médecin et chimiste françal* né fi Mahon (Mluorque).7.—Juif de la tribu de Nephtali.— Grand fleuve du (Nord-Ouest) de l'HIndoustau.S.— Ito.d'Israël.— Coups de baguettes.— Possédé.— Administration publique chargée du transport des lettres.9.—lîrut.— ''Autocar'' (cbiêv.!.— Oiseau coureur au-trall-r )
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.