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Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique
Hebdomadaire combatif de Jean-Charles Harvey qui porte haut et fort les principes du libéralisme et de la tolérance. Il se démarque par des pages culturelles de haute tenue qui accueillent des collaborations importantes. [...]

Lancé à Montréal le16 septembre 1937, Le Jour est un journal hebdomadaire. Il est fondé par l'auteur et journaliste Jean-Charles Harvey après son expulsion du quotidien Le Soleil survenue à la suite de l'interdiction de son roman Les demi-civilisés. Harvey demeure le directeur et principal propriétaire du journal jusqu'à sa fermeture en 1946.

Journal de combat et d'opinion, Le Jour porte les principes de l'idéologie libérale. Le programme de Harvey mise sur la promotion des progrès de la technologie et de l'économie modernes, visant la conquête des biens matériels et s'appuyant sur l'orthodoxie libérale de la compétition et de la libre entreprise plutôt que sur l'intervention étatique et les corporatismes professionnels et sociaux.

Libéralisme économique, donc, mais aussi social : soutien aux combats pour l'émancipation des femmes, fortes prises de position contre la xénophobie et surtout l'antisémitisme, rapprochement culturel avec les anglophones, défense des droits des travailleurs. Ces principes libéraux sont érigés face au corporatisme et au nationalisme traditionaliste canadien-français avec sa tête de proue, le très influent abbé Lionel Groulx. Au-delà des enjeux canadiens, Harvey démontre dans les pages du Jour un vif intérêt pour la politique internationale.

Le Jour combat vivement l'Union nationale de Duplessis, mais garde son indépendance vis-à-vis du Parti libéral du Québec. Son rédacteur se prononce pour le renforcement de l'unité canadienne, pour la laïcisation de la société et pour le déploiement d'un réseau d'éducation public, gratuit et obligatoire.

Jean-Charles Harvey se réclame de la tradition de farouche liberté de pensée d'Olivar Asselin et, avant lui, d'Arthur Buies. Il aborde des sujets sérieux mais sur un ton souvent légèrement humoristique en vue d'offrir une lecture agréable à un public informé et lettré qui souhaite aussi se divertir. Les arts et la culture tiennent d'ailleurs un espace important dans le journal : musique, peinture, lettres, cinéma, comptes rendus de concerts et d'expositions.

Jean-Charles Harvey est le principal rédacteur du Jour, que ce soit sous son nom ou celui d'un pseudonyme, comme Paul Riverin. Charles Hamel, André Bowman et Berthelot Brunet y sont aussi actifs.

Des textes littéraires trouvent régulièrement leur place dans Le Jour, qui publie

de nombreux textes, que ce soit d'auteurs de la relève comme Gabrielle Roy, Jean-Jules Richard, Gilles Hénault, Jean-Paul Lemieux, Yves Thériault, Andrée Maillet et Henri Tranquille, ou d'autres plus établis comme Jean Narrache, Jovette Bernier et Robert Choquette.

Louis Dantin y est aussi un contributeur important. En plus d'une chronique sur la littérature américaine qu'il tient pendant quelques années, il y signe une chronique sociopolitique d'esprit socialiste qui l'oppose parfois aux positions libérales de Harvey, mais les deux esprits se rejoignent dans la lutte aux idées conservatrices et passéistes de l'idéologie clérico-nationaliste dominante.

Le gouvernement libéral fédéral et de grandes entreprises fournissent un soutien financier au Jour, qui est tiré à 25 000 exemplaires en 1937, à 10 000 en 1940, et à seulement 3000 en 1946.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1985, vol. 7, p. 91-93.

GUIMONT, Pascale, « Le Jour, 1937-1946 », dans Idéologies au Canada français, 1930-1939, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1978, p.131-163.

TEBOUL, Victor, Le Jour : émergence du libéralisme moderne au Québec, Montréal, Hurtubise HMH, 1984, 436 p.



Éditeur :
  • Montréal :[Le jour],1937-1946
Contenu spécifique :
samedi 28 mai 1938
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
Notice détaillée :
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Références

Le jour : indépendant politique, littéraire et artistique, 1938-05-28, Collections de BAnQ.

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1ère ANNEE No 37 JOUR S CENTS 28 mai 1938 « Indépendant politique, littéraire et artistique Directeur: Jean*Charles Harvey Administration et rédaction, 180, rue Ste-Cutherine est (suite 11), Montréal — Tel.*PL.8171 Aussi longtemps (pi las choses iront 8yslcnui 11 quanta n t mal, ja continuerai 8ystâmn t i quanta n t à dira qu *allas ne vont /Hts bien — Henri ROCHEFORT Des salaires raisonnables?Qu’il faille des lois pour amoindrir Pcx-plantation de l'homme par l'homme, rien n’est plus certain.Nous connaissons trop de tas révoltants, où des êtres humains n’ont pas même l’étable confortable et la ration quotidienne des chevaux de trait et des vaches à lait pour ne pas désirer ardemment l’intervention énergique des législateurs.Prenons garde pourtant qu’il y ait loin de la théorie à lu pratique.Et c’est ici qu'on touche du doigt l’extrême difficulté des lois sociales.Louable en principe, la Loi (1rs Hilaires raisonnables, fera du bien à quelques-uns et du mal à plusieurs.Une foule d’entreprises déficitaires seront forcées, à cause d’elle, de jeter dans la rue des centaines, peut-être des milliers d’employés dont clics n’ont pas un besoin absolu.Aucune loi ne peut empêcher les patrons, à moins de supprimer d’un trait l’initiative privée, de pratiquer chez eux lc„ économies qu’ils jugent nécessaires.En outre, les salaires d’une foule, d’employés, plus fortement rémunérés que d’autres, pour leurs états de service et leurs capacités, seront diminués par le jeu des compensations: ce sera une gifle à 1a compétence et un mauvais frein à de légitimes ambitions.En résumé, dans l'état actuel des choses, il est impossible d’appliquer, sans amendements multiples et fréquents, une loi générale des salaires raisonnables.Il n’y a, dans ce domaine, que des cas particuliers, et le.législateur se verra forcé de les traiter comme tels.L'avenir se chargera de démontrer que j’ai raison.J’ai actuellement sous les yeux le texte de celte loi.Ce texte illustre d’un éclat lamentable certaines hontes de notre régime.J'y lis entre autres que les instituteurs et institutrices recevront les minima suivants, dans toute la province de Québec: $300 par année avec logement gratuit; $400 sans logement.Vous avez bien lu: $300 et $400 par ah pour préparer “l’avenir de la race,”.(1) En regard de cette pitance, les employés de garages recevront, au taux de la même ordonnance, de $700 à $1,250 par année, suivant les zones.Les garçons ou filles de table, valets ou filles de chambre, serviteurs des buvettes ou cabarets, conducteurs d’ascenseurs recevront $15,5 à $560 dans les zones I et IL I,os cuisiniers auront de $700 à $040: les garçons qui versent à boire, tous les larbins, $700; les marmitons (peleurs de pommes de terre) $310 à $700; les employés de bureaux, sténos, copistes, teneurs de livres, etc., auront de $420 à $700.Maintenant, tenez-vous bien! Le cireur de hpttcs des zones J11 et IV recevra un minimum de $310, soit $10 de plus que la maîtresse d’école logée.Le petit chasseur d'hôtel, le gilet rouge minuscule, qui crie votre nom à tout vent, quand votre petite amie vous appelle au téléphone, aura juste $20 de moins que l’institutrice.Tous ces minima sont peu élevés.Plusieurs sont même si bas qu ils ne permettraient pas à un rat de vivre gras.Mais ce qu’il y a d’absurde, pour ne pas dire immoral, en tout ceci, c’est que la catégorie de travailleurs la moins payée soit justement celle sur laquelle repose tout l’avenir d un peuple; c’est que le diplômé de l’école normale reçoive moins que le cireur de bottes.Je n’invente pas ces chiffres: je les prends dans l’ordonnance officielle.Une seule conclusion s'impose, et no.v législateurs le savent fort bien, eux qui n ont pas le courage de leurs opinions et.qui violeraient toutes les lois de la conscience humaine plutôt que de risquer de perdre tin avantage électoral: il faut un ministère de l’Instruction publique et 1 école gratuite et obligatoire.Quoi qu’on dise et quoi qu on fasse, on en viendra là par la force des choses.Quand le peuple aura subi assez d'épreuves et qu'il ouvrira les yeux avec épouvante sur sos erreurs passées, c est bu qui exigera la réforme.En résumé, la Loi des salaires raisonnables >st excellente dans son principe et impossible Ions une foule, de.cas.Elle souffre trop l’exceptions.Le gouvernement sen e-t exempté lui-même.Les employés de fermes l’y sont pas soumis: c’était, dit-on, trop lifficile.Mais c!est non moins difficile au-eurs.Il existe, sur certaines fermes, du Lap rourmente à l’Outaouais, des Cantons de éfVt à Percé, des conditions qui exigeraient ni moins une enquête sommaire.La serait l'utilité de l’Office des salaires: la recherche constante des cas particuliers où I Etat pourrait intervenir afin de supprimer des abus.En somme, les deux meilleures lois * 11 travail qui soient sorties du Parlement de Québec sont: la loi de competition de-accidents et celle des conventions collective-.Les conventions collectives, qui permettent aux patrons et employes de » entendre, quant aux salaires, pour un temps déterminé, et les comités paritaires, dans lesquels dis- LES SALAIRES RAISONNABLES J ' PEUX VOUS SNOW** P'TITE MAITRESSE D'ÉcoU: «Vgagne $ 10-00 DE,WUS VOUS PAR ANNEE.' Il /., fwl .-I — *.(>•«• SH/tu 11 ' Une leçon de choree toi* *344 Htï (Il—Ceci ne ‘•’adresse pas au gouvernement aetuel, car la question des salaire1 du lersonnel des écoles se pose depuis toujour?- BILLET Un peu de joie 0 le doux soir, le soir léger, le bleu profond, piqué d'étoiles jaunes! On boit une liqueur infecte de cola, et l’on croit que c'est du champagne, Car c’est de l'air qu'on boit, l'air capiteux qui saoule les érables! Les enfants de la rue, [seau rousscléc, mains sales et gilets troués, Me regardent de leurs yeux cupides et mutins: "Eh! daddy, tu nous paya /tas la traite!" Oui, chers petits morveux qui voulez vivre, saccageurs de vergers, voleurs de pommes vertes et de fleurs parfumées, Buvez à ma santé, à la santé du soir de mai, à la santé de l’amour qui vous a faits par une belle nuit! Rôdeurs des rues étroites et gibiers de potence, pauvres produitsde la misère et des vices involontaires, Cruels, sensibles, généreux, braves; et querelleurs, bois dont on fera peut-être des génies ou des gangsters, Soyez heureux une minute! Pour quelqu'un qui veut l'être, soyéz-le crânement, Et dites-vous que rien au monde, entendez-vous, rien ne rend si fier qu'un geste de bonté! Les gamins boivent comme, des hommes une liqueur inoffensive que je leur ai donnée."Tu es un prince, dit l'un d'eux.Donne-moi ton adresse!" Et C autre tout en clignant de l'oeil: “C'est jtour qu’on te [sorte des beaux lilas.Line grande brassée!" Il a pensé à ça.le petit aux yeux bleus, celui qui me semblait le plus “roffe ' de la gang- Sous la guenille sale qui cache ta poitrine, il y a quelque chose qui bouge et qui te saucera, petit: le sentiment de la beauté.Une.fleur qui sent bon! in troisième me souffle à l'oreille, tout bas: "Les fleurs, on ira les voler [tour toi!" 1 n quatrième: "On sait comment traiter le gros chien policier.Et plus tard dans l'été, c’est des /sommes que l’auras!" j.-gi.h.Avec le Sourire entent ensemble les représentants du capital et du travail, sont des institutions indwpen-sJiles et presque parfaites.Elle* dépassent de beaucoup en efficacité et en garantie de paix sociale ia loi des salaires déraison- liable*.L’expérience nous enseigne que I intervention trop fréquente de l’Etat dans les relations entre le capital et le travail est une cause de désordre et de mécontentement général.Jeau-Charles HARNEÏ La petite purge d Adrien Le nazisme montréalais est en danger.Le führer Adrien Arcand.célèbre Rose-Croix et non moins célèbre croix swastica, a posé son premier acte dictatorial en expulsant d: sa sacro-sainte corporation swasticaine le pesant docteur Lambert et quelques-uns de scs lieutenants les plus précieux.lis n étaient que quelques centaines d'adhérents actifs ( en dépit de la ridiculz vantardise marseillaise des 80,000) et voilà que la chicane divise la petite famille.Le führer montréalais, dont le portrait, paru dans des journaux canadiens et américains donne l’illusion de la folie avancée, ne sait peut-être tout ce qu'il perd en perdant son volumineux médecin.Par là lui venait une certaine finance.Lambert a des amis chez des bourgeois qui gobaient ses théories.Les amis casquaient pour des sommes plus ou moins rondielettcs.Iis ne casqueront probablement plus.A moins que Lambert ne forme l’aile gauche du nazisme montréalais.Le médecin naziste a de la vie, c'est sur.Son don de paraître, de gueuler haut et ferme, de faire du cabotinage un peu partout pouvait entraîner certains éléments.Arcand n‘a rien de ces dons.Il n’a ni éloquence, ni magnétisme, ni apparence.Il n'a que son grain de folie et sa manie des grandeurs.Ht cela ne suffit pas.Vraiment, c'est un rude coup que reçoit là le nazisme montréalais.Nos dictateurs en "draft" ont la purge facile.A peine sont-ils quatre ou cinq dans une affaire, qu'ils songent à faire maison nette.A Québec, il y avait un parti fasciste, non pas hitlérien, non pas adrien ou aryen mais mousselinien.Le chef était un petit homme — les dictateurs ont la taille petite et ont souvent la manie des grandeurs et de la persécution — autoritaire comme un coq de village et vaniteux comme un paon.A un moment donné, il est froissé dans son autorité et "sacre" à la porte les deux seuls de ses collaborateurs qui avaient du talcn*.Morale: il ne faut pas avoir de talent, quand on loge à l’enseigne fasciste.Depuis, le petit fessiste québécois court de ridicule en ridicule.Il est jaloux de tous ceux qui réussissent et se promet bien de se venger, une fois que ses troupes d'assaut (composées dune dizaine de solda1* bien exercés) lui auront donné le pouvoir.?Pauvres livres! La bibliothèque Samt-Sulpice n'c x i s t c plus.Elle était passablement morne et oubliée.depuis sa fermeture, mais elle donnai?encore asile a un certains nombre de pa- ion-nés du livre.Des initiés y trouvaient parfois un refuge et un enseignement.C'est le sort de notre province de n'avoir pas le culte des livres.Les statistiques nous révèlent que notre population lit beaucoup moins que celle des autres parties du pays-Et nos bibliothèque1 disparaissent les unes après les autres.Louis Dantin et Léon Bloy La campagne commencée par Bertbclot Brunet contre le "culte" de Léon Bloy me paraît si opportune et si nécessaire que je viens d’envoyer à l'Avenir du Nord une lettre d'adhésion à ce démolissage.Je trouve que les Canadiens sont bien assez crédules et fanatiques sans qu'on leur monte la tête de nouvelles hallucinations.Léon Bloy est lin phénomène certainement très curieux, et pour qui j'ai moi-même une admiration esthétique très vive: mais ce n’est pas ici une question d'art: ce sont des idées impossibles qu’on glorifie: c'est un caractère veule qu'on exalte et pose en modèle: cela avec un luxe d'affirmations en l'air, d’insultes pour contradicteurs, qui vraiment appellent des protestations résolues.Je résiste à Léon Bloy, prophète et guide des temps nouveaux, comme je résisterai! au grand chrétien Verlaine, et à tout autre clan de bohèmes pour qui la “conversion" n'est qu’un prétexte à lyrisme, même s’ils l’imaginent bien sincère.J'aime leur lyrisme pour lui-même, non pour ce qu'il nous veut: il ne sait pas lui-même ce qu’il veut.Si Berthclot Brunet voulait m'en croire, il s'en tiendrait surtout à ce point de vue et ne s'attaquerait pas trop fort à l'écrivain, au polémiste, au poète, à tous les côtés littéraires du personnage et de son oeuvre.On peut trouver, n'est-cc pas, que Louis Veuillot écrit comme pas un, et lui trouver une tète très étroite?Que I-éon Daudet sait le français, bien que ce soit un pitre?Et de même Léon Bloy, ivrogne visionnaire, peut avoir écrit des pages rares et peut-être uniques.Pourvu qu'on ne le mette pas sur l'autel, on peut lui laisser au musée une assez bonne place.Louis DANTIN ?Qu en pensent nos fascistes?Nos petits hitlériens en herbe et nos admirateurs locaux de Benito I Africain ont assez coutume dé poser ici aux défenseurs de la foi.Ils aiment nous présenter leurs deux surhommes, comme les protecteurs de la religion et peu s en faut qu ils fassent des saints de ces sanglantes crapules.Ce serait tordant si ce n'était sinistre.Voyons comment saint Adolf sc comporte a l’égard de nos coreligionnaires.Je ne reviendrai pas auiourd hui sur les vexations sans nombre qui leur ont été infligées avant LAnschluss, ni sur celles qu'ont connues les catholiques autrichiens depuis I absorption brutale de leur patrie.Je ne veux que relever cette nouvelle preuve de haine : Le gouvernement allemand a formellement interdit aux catholiques (allemands et (Suite à la page 2) Regard sur l'Europe Les pièce» sont ainsi disposées aujourd’hui *ur l’échiquier européen qu’on ne saurait dire vingt-quatre heures à l’avance »i demain nous apportera quelque crainte nouvelle ou bien une raison d’espérer.Les yeux du monde sont à présent tournés vers la 1 chécoslovaquic.On en,oublie pour un moment le conflit lino-japonais, l'invasion italo-allemande de l'Espagne, la rupture des pourparlers de paix entre Paris et Rome.C’est qu’on s'attend à ce que se produise eu ce petit pay» île l'Europe centrale l'évènement dont dépendra la paix immédiate de l'Europe et, partant, du monde.Selon l'adresse et le doigté avec lesquels sera exécuté la prochaine manoeuvre, la tension internationale s'apaisera ou le feu prendra aux poudres.L'admîraWe décision dont a fait preuve le gouvernement tchèque à l'égard des réclamation» de Berlin montre a»ez que Prague ne sera pal une seconde Vienne.Ea fermeté de la Frince, l'intervention — plus opportune qu’on eût «•-péré — de la Grande-Bretagne et la solide »mi« tic russe constituent autant de facteurs de succè* pour 1a réussite de la Tchécoslovaquie a »auve-garder son intégrité territoriale et son autonomit politique.Le leader des Sudètes, Konrad lien-lein, s'est même plaint de ce que l’attitude énergique du gouvernement de Prague lui ait fait perdre de ion prestige auprès de ses propres partisans.Berlin a pris prétexte de l'incident de frontière où deux Allemands des Sudètes ont perdu la vie pour menacer la Tchécoslovaquie, l'accuser de provocation ; mais il est probable que l'appui franco-russe — et probablement anglais dont se prévaut le petit Etat retiendra Hitler d'envahir le territoire tchécoslovaque, ainsi que de toute attaque directe.Ce qui est plus à craindre, c’est qu'à la faveur des entretiens de Hen-lein avre le premier ministre Milan Ilodza, le» nazis ne préparent une rebellion armée.On »uu-re en certains milieux tant français que tchèques que le gouvernement de Prague tient ia preuvt que la minorité allemande de la Tchécoilovaqui* emmagasine du matériel de guerre qui lui vient d’Allemagne.Mai* il est permis de croire qu’en cette occasion, l’Angleterre travaillera avec la Frinct dans le sens de la paix, et que les deux puiiaancn ne souffriront pas d'ingérence étrangère en Tchécoslovaquie dans le but de faire de ce pay* une nouvelle Espagne, ?A ?Les résultats de» élections municipales de dimanche n’ont pas apporté de surprise.On pouvait les déduire à l'avance.La minorité allemande, ses sentiments rarique» exaspéré» par une propagande chauffée à blanc, intimidée aussi par la perspective d'une intervention du Reich qui 1rs rattacherait au grand "paradis'' national-io-rialiste rt tenant rn ce cas à se mémger à l'avance les sympathies du Führer, a voté en bloc pour le nazisme.La vaste majorité du peuple tchèque a donné son vote au grand parti national tchécoslovaque socialiste (qu'il ne faut pa» c onfondre avec le parti national -socialiste hitlérien.auquel il est bien antérieur).Enfin, on note une large proportion de votes communistes.Cela n'indique aucunement que les braves bourgeoi» ou ie» paisibles ouvriers qui les ont accordés se préparent à faire la révolution ou désirent rétablissement chez eux du marxisme.Ce n'est pal en faveur du communisme qu’ont voté les Tchèques, mais bien pour l'appui de la Russie.U n’est que naturel que le petit peuple slave, entouré de nations germaniques hostiles, se tourne vers le géant slave et se place sous sa protection.Passé le danger, on verra les Tchèques revenir aux sentiments modérés dont ils ont toujoun donné la preuve.?Pour ce qui est drs réclamations de la minorité allemande drs Sudètes, elles sont exagérées.On voudrait tout simplement que Prague se laissât dicter sa politique extérieure par Berlin.C’est inadmissible.Pour ce qui est de la façon dont jusqu’ici on a traite en Tchécoslovaquie cette minorité, elle était satisfaisante au point que les Tyroliens allemands ont toujours envie la liberté que la.ssait Prague aux Allemands del Sudètes.Voici quelques extraits d'une lettre écrite par un Tyrolien allemand, aujourd’hui vins le régime fasciste, qui ne manquent pas d'éloquence : ''Nous entendons pnr In T.S.T’.nazie, et nous liions dnm In presse nazie, bien des diatribes sur les injustices que les Tchèques commettent, dit-on, sur les Allemands drs Sudètes.Pourquoi parle-t-on tant det Allemands drs Sudcles et jamais de nous ?"Autrefois.nous avions "[00 écoles allemandes au Tyrol.fJr, depuis que Mussolini cil au pouvoir, toutes les écoles allemandes du Tyrol ont été brutalement supprimées.En Tchécoslovaquie par contre, il y a des milliers d écotes communales allemandes, drs écolrs secondaires et professionnelles allemandes, plus deux Ecoles poty-techniques aile mandes et une Université allemande.Parmi toutes les minorités nationales de T Europe, la minorité allemande rn Tchécoslovaquie rit In irulc qui dispoit d noies secondaires ois l'enseignement et! donne dans sa propre langur.La population allemande dr la democratic tchécoslovaque est a mime de maintenir le germanisme parmi 1rs jeunes.Sous, sujets de l'Italie fasciste, ne le pouvons pas."Btrit gué, au Tyrol, la population de langue allemande conitilur la majorité écrasante de prts- Charles HAMEL (Suite a la /sage 2) t Page 2 Le festival Les dieux nous parlent Le fe»ti»jl île Sainl-laurent aura lieu la aemaine prochaine.A partir a».C'eit auiei nt pat aimer ion tort Et h vouloir changer pour de Vor.Ceit envier h bonheur d’autrui Et le tuer t'il tend A porter det fruité.Cut garder Sana eon eoeur dei rancune» Avec un» »otide exeuee peur chacune.Ceit vouloir tout tramformer en piaitrei Afin d'on temer partout «ur «•« traçai.Ceet vouloir posséder et pouédir tout, Mail «n contenant çe qu'on 4 lurtout.Ceit avoir peur de ccuffrir Et pai asset peut-être de mourir, + ?+ ON PARLE DE MOURIR Mourir I Celt ctiier d'étre Important.C’est donner la main 4 l’Oubli Et en finir avec le Tempt.Cut voguer verg l'Infini, Et peut-être voguer longtemps.Cut perdre d’un seul coup son influence, Son argent, eu maltre»ies et tei ami* ; C’oet rendre, par aa définitive absence, Le bonheur uientiel à su ennemie.Le» uns 4i»«nf ; c’en affreux t Lu autres crient : breve / Et soyez heureux,.Si c’est leur dernier mot.a ¥ ¥ OS PARLE DES ARMEMESTS Cut ta coquetterie d'un gouvernement Et ee n'ut pas ta seule assurément.0% construit de grandi bateaux qui boivent 14e t’huilo, Maie dans votre budget, i le arrivent [un peu comma »M tait».Ou ormemenle, eo n’ut pas pour faire In guerre.Cut peur montrer que voue étu dangereux [•N cottro.Cut aueei peur faire preuve d’une force active, Car la guerre ut toujoun charmante perspective.Lu gouvememente, è ee eu jet, 10 nt {comme ta» femme» coquettes ifui ne veulent gai avouer leur âge A !«ur amant.Mllu ont en main» la preuve exacte de leurs Ireesttu : Acousu-les d’avoir oinquante ans et elles (vou« font un on/ani.Dttes au gouvernement qu'il n’y a pas [de danger pour les fils d'Albion, Et il vous transformera son budget en (autant de mille «t'avlon».* * * OS PARLE DE LA DICTA TURE C'est l'art de faire gober è tout un peuple asurvi Ce qu'un être intelligent tout seul ne (pourrait paa y o ber.Cut vouloir de eu sujets — quand [ils sont bien «oumi» — Leur faire admettre qu’Us vous doivent [encore d’exister.Cut te prévaloir d’un droit qu’on a trop (abîment usurpé Et s’en «ervir pour s’emparer de leurs potagers.C’est craindre sans cesse qu'on pourrait (voua duper It se prémunir contre lu plus petits dangers.C’est fnire ereire A loua qu'on na cache (pas de faiblesse Paru que Pen est — dit-on — l'dmiaeair» (mime de Dieu, Que aan point faible est précisément sa I force maîtresse, Dont la source serait dans la force secrète [des deux.C'est être tout août au centre du mondu Etre grand par lu autres et petit par eol-mlm».C'est croire qu’on dicta «ta quatre volontla (au monde- Alors qu’on craint le monde au fond de eoi-mlme.C'est une avanture qui doil avoir un* fin certain* Quoique l'heure de la fin soit enoor# incertain*.Bref, c’est être le bon génie d’un peuple [et le mauvais génie du monde.¥ ¥ ¥ ÉPILOGUE finir — quand on eii tout seul — par (avoir le dernier mot, En prenant bien garde qu'U ne soit pa» de trop.Voua voyez que les ohosu dont an parle le plus Ne valent pa» celles dont on ne parle plus.Jtan-Loul» De VARRO Montréal, 33 mal.Extrait d’une causerie musicale Si la musique peut être comparée à un temple, j’imagine que Bach en est I Architecte.celui qui a conçu la magnifique ordonnance le tout l'édifice; Mozart, Schubert.Chopin.Franck y ont peint et sculpté les visions de leur génie.Dans cette imposante enceinte, il me semble entendre la voix immortelle du grand prophète prêchant les dogmes musicaux de l’avenir, symboles des vérités morales, philosophiques et religieuses: j’ai nommé Beethoven!.Si cela dépendait de moi, j'instituerais des fêtes que j'appellerais les Fêtes d .génies! Eh bien! Oui.je réformerais le calendrier, fallut-il pour cela m'adresser au gouvernement.Encore le gouvernement, direz-vous?Sans doute, et c’est toujours comme cela quand on veut quelque chose."Si j’étais gouvernement” disait un enfznt "je mangerais des confitures"! Donc, je décréterais la fête des génies.Je ferais en sorte qu’on connut, qu'on honorât les penseurs, les savants, les artistes.A côté, en marge, si l'on veut, du calendrier ordinaire où figurent les St-Louis, les Ste-Thérèse, les St-jean-Baptiste, les Ste-Elizabeth, je ferais briller vos noms ô Dante — Mozart — Raphaël et tant d'autres qui comme vous ont fait à l’humanité un nimbe de leur pensée! Et c'est ainsi qu'on mettrait dans la mémoire des races humaines le souvenir des lutteurs illustres qui les ont si vaillamment servies.Alors, l'admiration, la reconnaissance aidant vous verriez à côté des églises, des temples, des synagogues et des monuments élevés à toutes les croyances, surgir, dédiées au culte du Beau, les sales de concert et d'étude, les musées, les bibliothèques, etc.Oui.vraiment, révisons un peu le calendrier et notre horizon s'agrandira et le baromètre individuel et social marquera plus souvent: beau et serein.J'entends qu'on demande : Et ceux qui ne sont pas encore morts qu'en feriej-vous?Ce que j’en ferais?Eh bien! je leur donnerais une petite chance de vivre leur vje et de figurer le plus longtemps possible sur la liste des vivants, en attendant le palmarès des Immortels! Ecoutez cette anecdote charmante: Le prince Estherhaiy — assez bon prince (quand il ne s'agiaaait paa des musiciens) était à l'égard de ceux-ci et notamment de son Maître de Chapelle Haydn, d'une parcimonie qui confinait à la manie.Il payait peu, il exigeait beaucoup, et il se croyait le droit d'adresser des observations au Maître.Il s’avisa un soir de reprocher à celui-ci le trop grand développement de ses morceaux, en prétextant les frais que cela occasionnait.Haydn se tût respectueusement.Mais nu concert suivant, il apporta une nouvelle symphonie assez courte cette, fois et les musiciens ayant reçu le mot d’ordre, on vit dans le cours du final; le flûtiste éteindre sa chandelle et déguerpir; le hautboïste mettre l'éteignoir sur son lumignon et quitter l'estrade; le clarinettiste tordre une mèche et s’esquiver: le bassoniste couper ras le coton à l’aide d’une paire de mouchettes et filer clandestinement: les deux cornettistes vider l'orchestre non sans avoir fait d'abord la nuit à leur pupitre; les joueurs d'inatruments à cordes souffler sur bobèches respectives et s'évanouir l’un après l’autre, et le contrebassiste, reste seul pour exécuter les mesures finales, déposer A son tour, son énorme instrument.glisser l'archet entre les cordes et le manche, donner un coup de pouce à la dernière lumière et disparaître dans l'obscurité.Et les assistants de rire, et le prince, ô mirâde! de comprendre la leçon, et le malin Havdn, de triompher modestement.C’est délicieux, n’est-çe pas, cette idée de "souffler les bougies" pour "faire entrer les lumières dans les cerveaux"! Mais vous ne savez peut-être pas que de nos jours l'aventure se renouvelle en sens inverse.Eh bien! oui, en certains endroits, les églises entr’autres, au lieu d’économifcr sur le luminaire, on prodigue l'électricité en mille gerbes, quitte, en revanche à jouer tout bonnement de l’éteignoir sur la musique et les musiciens!.,.Mais revenons à notre sujet.Nous parlions de l’art, de l’art, de la musique en particulier et de ceux qui à des titres et à des pour la part de lumière, de force et de*' * qu'ils ont mise dans le patrimoine conun Je me suis souvent posé cette que«tS* Comment se fait-il qu'il y ait des per sou (même parmi les plus intelligentes) à o musique ne dit rien, qui l'ont même en abo mination.Pour m'expliquer la chose à moi-même \ i essayé (en me basant à la fois sur h pû?chologie et la physiologie de me Suj: ‘ d'examen) d'établir une classification d» divers degrés de la vie musicale chez iî' individus pris à n’importe quel rang de'1' société.4 I.-D'abord.en partant de zéro abiolj (comme disent les physiciens) je Dlar».i au bas degré de l'échelle "/'inconsS musicale", autrement dit les gens affW5 soit de naissance, soit par parti-pris, de cen» surdité spéciale qui consiste à ne pas savei, faire la différence entre deux notes, ou de cette absence complète de sens musical gui leur fait déclarer la musique une chose abo-lument antipathique et désagréable., IL —Un peu moins à ras de terre, je j^u trai l'ignorance muticale.c.a.d., le cas dé ceux qui entendent et ne comprennent pu mais «ans mauvais vouloir et seulement fimt, d’avoir été initiés.A la bonne heure, cej derniers ne sont pas des incurables.III.—' A mi-hauteur, je trouve la dtmi-lucidité musicale, c.a.d., la classe nombre^ des distraits, des inattentifs, qui entemient sans écouter, des "à moitié connaisseurs des "démolisseurs quand même" qui jugent à tort et à travers, sans se donner la peine d» réfléchir.* Il me revient à la mémoire un mot qu« Madame de Staël, si ce n’est Madame de Sévigné, applique à l’Esther de Racine et qui pourrait s'appliquer à toutes choses vrai, ment belles: "La mesure de l'approbatioit qu'on y donne est celle de l'attention et du goût qu’on y apporte.Bonne leçon pour ceux qui ne savent pas admirer et qui se vengent par le pic de ne savoir manier ni U plume, ni le pinceau.IV—Mais je continue.En montrant tou-jours, nous arrivons à l'intelligence musicale dans les trois formes supérieures des mani-festations de la vie normale artistique: Le talent d'audition; le génie d’inletprèu.f/on; et le génie créateur.Ceux-ci sont les amateurs les dilettantes, les fervents servi, teurs de l'art, les courageux, les énamouré* qui n'ont pas hésité à gravir la montée abrupte pour atteindre les sommets, ou ceux que l'enthousiasme et le génie ont emporté irrésistiblement vers les hautes cimes.A ces privilégiés seulement, comme aux trois élus du Mont-Tabor, les splendeurs divines et transfiguratrices, pour eux l ivres, se sacrée, ces émotions indicibles sous la pression desquelles le coeur s'emplit et déborde d'extase.Pourquoi toujours rester dans la plaine, pourquoi s'enliser quand tout au sommet de U montagne l’air est pur, l’horizon vaste et imposant, et les choses d'en bas vues de ce ta hauteur se dégagent dans un ensemble si harmonieux! Pourquoi en un mot traîner sa vie quand on pourrait si bien la planer.Parce qu'on oublie peut-être qu’on a des ailes, ces ailes précieuses que j’appellerai dans le sens artistique.le don d'Enthousiasme.Oui cultivons le sens pratique, le sen* combatif même, cela est nécessaire puis* qu'aussi bien il faut se sustenter et se dé.fendre ici-bas, mais par pitié pour nous» même, ne laissons pas nos ailes s'engourdir, Faisons plutôt comme l'aigle.Victoria CARTIER Définitions (suite) TYRAN.— Faible femme.URNE.- Le TROU DU CUUe électoral» VACHE.— Boeuf à pis.VAGABOND.— Touriste involontaire.VASE.— Confident qui n'a qu’une oreills et, parfois, un oeil.VENTRE.— Première aalle d'attente.VIN.— Poènte en verre.“X”.— Le plu* célèbre des inconnu».YACHT.- Le plu» coûteux de» vomitif* ZIZANIE.—.Esprit de famille.Michel C'eit un petit homme de troii am et quelque* moi*.11 a le teint légèrement bruni parce qu’il vit au grand air de la campagne : un teint qui reapire la unté.11 n'est ni maigre ni gras.Sa musculature un peu délicate joint la solidité à lAioupIeue.Se* yeux, très bruns, ont une lingu-liére vivacité.Se* cheveux châtains bouclaient joliment «ur sa nuque.On vient de les lui couper ;et j'avoue que je le préfère ainsi ; ce n’est pas d'une fillette qu’il s’agit mais d’un petit homme.Sa grand’mère qui l'élève et qui veille tttt lui avec un soin jaloux, avait évidemment un faible, pour une forme d'éducation, à mon goût trop féminine.Une certaine tendre*sc, si elle ejt touchante, ne risque pas moins de fausser la formation.Michel a du tempérament.11 est vivant, turbulent même, quelque peu frondeur, voire effronté.La prompte obéiisance n’est pas sa vertu dominante.Sa grand’mère déplore parfois qu'il ne soit' paa "un enfant sage".Qu’entend-elle au juste par cette expression ?Je crains qu'elle fasse "lage" synonyme de "lymphatique".Un enfant de trois ans peut-il être “posé" s’il ne manque pas d'ardeur, de feu ?Michel "ne tient pas en place".Meme lorsqu'il pleut, il déteste demeurer dans la maison.Dehors, il rencontre d’autres enfants.Il partage leurs jeux et il ne perd jamais une txcasion de les rosser, A son tour, il lui arrive d’être rossé.Il pleur?un peu mais il ne remplit pas le village de hurlements d’égorgé.Autre trait de caractère que j'estime : Michel ne porte pas de coups sournois pour ensuite se mettre à l’abri en cherchant refuge sous la jupe de sa grand'mèrr.11 fait face à l'adversaire et il n’eu point mauvais perdant.Première et humble manifestation du courage, de ce courage très précieux parce qu’il départage les hommes des loques humaines.Michel, je loue le Ciel que tu ne sois paa un enfant sage; ni, d'ailleurs, un enfant lâche ou fourbe.Lorsqu’il joue dam le salon, Michel casse fréquemment une potiche, un bibelot.Je ne saurais l'en féJiciter.Toutefois, c’est sa réaction devant l’objet brisé qui m’intéresse et qui m’enchante : il ne pleurniche pas, il n’essaye pas de dissimuler sa faute ni d’éviter le châtiment.Il rit ! Il nou* appelle pour nous montrer les résultat» de son bon coup.Sa grand’mère lève les bras au ciel en gémissant.Moi, je décide de le punir.Mais, alors, elle s’interpose farouchement : il ne faut pas punir Michel I Au contraire, il faut lui imposer une correction.Elle et moi, nous discutons vivement.Elle me traite de sans coeur et de barbare.Je n’en punis pas moins le petit.Et pourtant, de sa grand’mère et de moi, c’est moi que Michel aime mieux.Il y a de la fierté dans cet enfant et un sens inné bien qu'inconscient de la responsabilité de ses actes.Il reconnaît confusément que les coups qu’il donne lui en vaillent d’autres en retour et que les fautes qu’il commet méritent une p-me.Pour rien au monde il ne faudrait ga ' ir cette rectitude initiale de 1a conscience.?Michel n’est pas capricieux.11 est têtu.Sa grand'nière s'applique à satisfaire ses moindres désirs, elle s’ingénie à les devancer.Je m'applique.moi.à les contrarier.11 importe de lui inculquer, «lès 1 age le plus tendre, l’idée que nou* n'obtenons pas facilement, que nous n’obtenons pas toujours tout ce que nous désirons.Il n’est pas très reconnaissant à sa grand’mère de l'empressement qu'elle met à combler ses désirs.Par contre, si je lui refuse quelque chose, il fait une brève colère, puis, il n’y pense plus et il redevint mon excellent ami- Comme tous , les enfants, il a de brusques et violent* déiirs.Mais il n'aime pas vraiment les choses d’une aç-mtisition trop facile.Plus tard, il est possible — c'est là une simple hypothèse — qu’il dédaigne les tâches médiocres pour se colleter à des obstacles dignes d’un homme.?Michel n’a rien de l'enfant prodige, du génie précoce, du phénomène éblouissant.Sur le piano poussiéreux qui dort dans un angle du salon, il n'a pas composé de sonate; il n'a pas écrit de roman.Je ne lui ai entendu dire aucun mot remarquable, aucun de ces "mots d’enfant" que les grandes personnes se donnent généralement tant de mal à forger.Aucune perturbation, aucun signe dans le ciel n'ont marqué sa naissance; sa conduite ne laisse présager aucune carrière singulière.Rien n’indique qu’il sera un météore ou un fléau de l’humanité.C’est un enfant comme il y en a des milliers et des milliers d’autres : un enfant sain.Et cela suffit ! ?.Il existe des pères, paraît-il, qui n’ont qu’un rêve et qu’un désir s que leur enfant leur ressemble, qu’il marche sur leurs traces, qu'il les continue.Voilà des hommes très satisfaits d'eux ! Contents de leur personne au point de ne pas concevoir qu'une autre personne puisse différer de la leur.Quels fats ! Quels détestables égoïstes ! Entre plusieurs autres carrières possibles, j’ai choisi, moi, la carrière littéraire.Ou mieux, je devrais dire : la carrière littéraire m’a choisi.Je ne m'en plains pas.En effet, j’y ai trouvé le salut.Je n'ai point demandé ni la folle imagination ni la sensibilité maladive ni les cruelles passions que j’ai trouvé en moi.J’ai dû m’en accommoder, vivre avec ces monstres et les apprivoiser afin qu'il» ne me dévorent pas.La littérature m’a seni de dérivatif.Ecrire m’apaise et me permet de mener une vie à peu près convenable.Si je n’écrivais pas, je ne sais quels actes horribles je commettrais.La sagesse de Sc-vcre Couture n'est qu’une folie jugulée, organisée de façon à n’aboutir jamais à l’action.J’aime donc passionnément ce métier d’écrivain qui me sauve chaque jour.J’honore la littérature parce qu'elle est ma gardienne et ma protectrice.Je ne lui garde rancune d’être, de toutes les carrières, la moins lucrative, la plus dangereuse.J’accepte tous le* risques, y compris celui “de crever de faim.Et je travaille en vue du chef-d’oeuvre que je veux réussir, que je réussirai ou que je ne réussirai pas, je n’en sais rien.Qu’importe ! Ce qui importe souverainement, c’est de travailler, de n'être jamais satisfait, d’avancer de livre en livre jusqu'à ce dernier livre (lequel ?) qui sera, au sommet de l’oeuvre, comme une couronne de feu- Michel aura-t-il cette imagination sans frein ?Cette sensibilité aiguë ?Ces passions torturantes ?Je ne les lui souhaite pas.S’il les trouve dans son héritage, puisse-t-il comme moi découvrir un exutoire dans l’Art : littérature, peinture ou sculpture.Sinon ! Je tremble pour lui ! ?Non.Michel, je ne désire pas que tu ressembles à l’homme que je suis, que tu marches sur mes traces, que tu me continues.Si le feu intérieur qui me consume ne t'embrase pas, cherche ta voie et ton bonheur ailleurs que dans l’Art ! Nous portons le même nom.Ce nom, j’ai l'espoir de lui donner quelque éclat grâce à la littérature.Si je parviens à faire que le titre de grand écrivain s'attache au nom de Couture qu’ajouterais-tu.au point de vue littéraire, à notre nom de famille ?Je connais des fils que la gloire du nom paternel écrase et paralyse.Si l'on parle de Barrés, il ne s'agit jamais de Philippe, le fils, mais du père, Maurice.Pourtant, Philippe Barrés n'est pas un écrivain dénué de valeur.Mais le père a confisqué le nom.En littérature, il ne peut y avoir qu'un seul Barres.Quelle que soit ta vocation, Michel, je ne II contrarierai pas.Quelles que soient tes aptitudes et tes inclinations, je les respecterai.Certes, je ne souhaite pas que toc» démons te tourmentent! Cependant, s’ils s'acharnent contre toi, je t'enseignerai que l’Art peut être un moyen de délivrance, la forme la moins périlleuse de libération.?Une forme tragique, pourtant ! Michel, petit être innocent, je te regarda jouer, j'observe(ton exubérance vitale, je devin» le feu qui couve en toi.Et en toi je suis bien forcé de reconnaître avec frayeur l'enfant que je fus, il y a une trentaine d’années.11 te faudrait donc traverser mon enfer, pauvre petit I Vivre ces heures atroces de solitude, éprouver, sous la lumière d'une implacable lucidité, en sentiments affreux, traverser ces jours de dégoût et de mépris de soi-même ?Il te faudrait connaître la sécheresse, le vide, la tentation du criinl et du suicide ?Avant d’atteindre, à force de raison et de courage, au port où une dernier* lame nous dépose, fourbu, l'âme boueuse, le coeur broyé, les nerfs détendus, la chair saignante ?Quelle sombre folie m'a donc pousae * 18 donner la vie ?Tu l'as, mou pauvre Michel l il faudrai que tu la supportes, que tu I* domines et la vainques, cette marâtre maudite.Et quand tu l’auras dominée et vaincue, Michel, elle ta paraîtra belle, tu l’aimeras, tu la chériras • ht tu seras quelqu’un de grand ! Tu ne seras pu un homme mériocre parmi les hommes médiocres.^ Michel, il n’y a qu'une chose que je tienne a t apprendre : la maîtrise de soi.C est tout* l'éducation que je désire te donner.Quand J* t’aurai appris à dompter tes fauves, je «f*1 tranquille sur ta destinée.Sévère COUTURE Montréal, samedi 28 mai 1938 LE JOUR Page 3 THEATRES, LETTRES ET ARTS '»V/V»V,V//,V,V LA SCENE et L ÉCRAN -rou[ \Jcn and a Prayer (tU PALACE) Voilà un mélodrame qui combine er.-»rmble l'aventure, le mystère, une histoire de meurtre et une touche de comédie; il ne saurait manquer de plaire a ceux qui aiment l’action.Le film retient d’un bout à l’autre l’attention du spectateur; ce qui est dit a la sympathie que l’on éprouve pour le héros (Richard Greene) et ses trois frères, dont le désir de réhabiliter le nom de leur père les entraine dans bien des aventures.En plusieurs occasions, l'action est allégée par le jeu amusant de David Niven, l’un des fils, qui provoque le rire sans charger son rôle.La note romanesque est apportée par Loretta Young, dont l'amour pour Greene la pousse à le suivre en son hasardeuse équipée.C.Aubrey Smith, George Sanders et William Henry font aussi partie de la distribution.* * * "Cocoanut Grove" (AU CAriTOL) Voilà une comédie musicale vivante, Interprétée par des artistes de talent, et remplie de chansons à succès.Fred MacMurray joue le rôle d’un chef de fanfare qui voudrait bien se rendre de Chicago en Californie avec ses hommes, afin d'y donner une audition au fameux Cocoanut Grove.Harriet Hilliard entre dans la vie de MacMurray lorsqu’il l’engage pour faire l'éducatic/i de son fils adoptif Billy Lee.Nos musiciens partent dans «ne remorque gagnée par l'un d'eux dans ur.concours de puzzle.Mais le moteur vient à leur manquer.Ils persuadent alors Rufe Davis, un autre musicien, de les prendre à la remorque, en lui promettant une position avec eux s'ils réussissent.Harriet découvre alors que Harry Owens a produit quelques grandes compositions, et MacMurray lui découvre une jolie voix comme elle accompagne Harry.Notre chef de fanfare constate alors qu'il a un bel atout avec les chants de Harry et la voix de Harriet.Malheureusement, un fâcheux quiproquo gâte tout lorsqu'ils donnent leur audition au Cocoanut Grove, une autre fanfare recevant le crédit à leur place.Mais l’erreur est enfin découverte, au dernier moment, et la fin vient en tourbillon, comme ils participent au spectacle du Grove.Comme second film, on verra; "Hunted Man" * * * "Swiss Miss" (AU PRINCESS) Plus court, ce film eut été parfait.L'intrigue n'était pas assez substantielle pour un film de cette longueur, et l’on a dû avoir ça et là recours au remplissage.Néanmoins, la présence de Stan Laurel et d'Oliver Hardy assure le succès de cette comédie.Le passage où ils doivent transporter un piano sur un pont branlant est tout ce qu’il y a de plus tordant.Deux autres endroits amusants ¦ont ceux où Laurel obtient de l'cau-de-vie d’un chien St-Bernard en appelant au secours, et où Hardy verse de l'eau dans une orgue à tuyaux, dont il s'échappe des bulles lorsque Walter Woolf King se met au clavier.King et Della Lind (une nouvelle venue au cinéma) s'acquittent très bien de la partie musicale du film.La Suisse fournit un décors naturel de toute beauté.Aussi à l'affiche: "Midnight Intruder”.* 9 * "Goodbye Broadway" (AU LOEWS) L'histoire de "Goodbye Broadway" tourne autour des Malloy, autrefois vedettes du Broadway, qui s’en vont dans la petite ville de Hamilton, Connecticut, pour y présenter leur acte.Quand un commis d'hôtel prétentieux insulte Pat Malloy, ce dernier achète l’hôtel seulement pour se donner la satisfaction de congédier le commis.Cela laisse la famille sans le sou.Mais quand les factures commencent à s’accumuler et que tous leurs vieux copains du veaudeville commencent à affluer à l'hôtel, le plaisir commence! Alice Brady et Charles Winninger tiennent la tête de la d'.stri bution.On verra encore à l’écran: "Prison Nurse" avec Henry Wilscoxon et Marian Marsh.Sur la sccne, Rae Moore et Jeanne Mignolct sont en vedette avec l'orchestre d’Eddie Sanborn.* * * "Le mensonge de Nina Petrovna" (AU SAINT-DENIS) Voici une belle aventure amoureuse qii bous transporte du Saint-Pétersbourg d'autrefois à la Vienne d’autrefois.L’époque a été magnifiquement reconstituée, et le décor est souvent aéré par de beaux paysages du Tyrol.Voici le scénnrio: Le baron Enger.i, de passage à Saint-Pétersbourg, s'éprend de la célèbre couttisanc Nina Petrovna qui, de son côté, se lie avec Franz, l'aide de camp du baron.Engcrn provoque Franz en duel.Ce que voyant, Nina promet à Engern de lui revenir s'il épargne Franz.Il y aura explication de rupture entre Nina et Franz.C'est ici qu’c.'ie mentira.C’est Isa Miranda, la nouvelle grand* Vedette française qui tient le rôle de Nina.Franz, c’est Fernand Gravey.i£n- Le Vrai CHEZ-SOI SERVICE IRREPROCHABLE HÔTEL ST.RÉGIS 392, rue SI1ERBOURNE RA.11.13 TORONTO MIMEOGRAPHIE Nous reproduisons tous genres de travaux tels que : Lettres circulaires, listes de prix, formules, etc.Spécialité: Musique, transposition et arrangement CHARLES E.ROV ’47| Mrf.lll rnllejtr — IIA.4SU) »cm, c est Aimé Clariond Comme attraction supplémentaire, on verra: "Le champion de ces dames" * * * Nostalgie" (AU CINEMA DE PARIS) Nostalgie”, le film que le Cinéma de Paris garde à l'affiche, est l'adaptation de la célèbre pièce de Pouchknine, “la» Maître de Pos’e”.C’est Harry Baur qui incarne l'hôte'dicr que les circonstances forcent à aller quérir sa fille à Saint-Pétersbourg, où elle a suivi un bel officier.La douleur du père, l'inquiétude du chef de famille, la responsabilité du maitro, l'orgueil et la fierté de l'homme, voilà autant de sentiments et d’états d âme qu'Harry Baur exprime comme seul il peut le faire.C'est un grand rôle, et Harry Baur en fait quelque chose de magnifique.C'est Georgcd Rigaud qui partage la vedette avec Harry Baur.Très populaire auprès du public féminin, Rigaud est l'un des artistes français les plus étonnants.Le rôle de l’officier russe lui sied à ravir, et il nous donne une composition tout-à-tour ironique, sympathique et charmante.Jeannine Crispin tient le rôle de Double- Sa grâce, son charme subtil trouvent l'occasion de ac montrer sous un Jour sympathique.Charles Dechamps et une Imposante figuration secondent ces vedettes de premier plan."Nostalgic” est un grand film d'amour oui pose le problème de toutes les jeunes filles, et qui le résoud de la façon la plus heureuse et la plus franche.Ecoles participantes et chansons clinisiea, au 6e concours scolaire •le la section Cônic-Chcrrier Les derniers préparatifs pour le £c concours scolaire de chansons canadiennes et françaises, de la section Côme-Chorricr, de la Société Saint-Jean-Baptiste, sont terminés, et à part quelques écoles encore indécises, nous publions aujourd'hui la liatc des écoles de garçons et de filles qui y participeront.Ecoles de garçons: Meilleur, De Lévis, Olier, Saint-Stanislas, Saint-Louis, Jac-ques-Vigcr, Sou art, Salnt-Barthelemy, Lambert-Closse, Louis Hébert.Ecoles de filles: Jacques-Vlger, Viel, Cherrier et Marchand.La date du 1er juin et la permission de la ville de Montréal pour l'usage du kiosque de la musique des Jardins La Fontaine, le soir en question, sont confirmées par Me Honoré Parent, directeur des Services Municipaux.Les Garçons chanteront la chanson-type: "Je n’al pas de barbe au menton", et les Filles celle de: "En filant ma quenouille".A part ces deux chansons-types, chaque école devra chanter une des chansons suivantes, allouées par le sort: "Cadet Rousselle”, "Karabo", “Quand j'étais chez mon père”, "Et mol je m’eh fouiyais", ‘'Va, va, va p’tlt bonnet", "Le joli tambour”, "J'ai tant dansé", “C’est la belle Françoise”, “C’est l’vent frlvo-ient", "V'ià l’bon vent", "Nous étions trois capitaines”, "Dans les cantons de la Volette”, "Nous n’irons plus au bois”, qui devront être chantées à l'unisson.Ces chansons tirées de notre album musical sont connues et ont été consacrées par le temps.C’est le but de ces concours de la chanson française organisés par la section Côme-Cherrier d'en assurer la, perpétuité, d'autant plus qu’elles ne sont plus chantées dans nos villes, jamais ou presque jamais dans nos foyers, et que le meilleur moyen était bien de les faire apprendre par une jeune génération, qui espérons-le sera moins apathique que celle qui s’en va.Comme par les années passées, à part des drapeaux qui seront distribués aux gagnants, la ville ayant généreusement encouragé, cette année, ces concours, i! y aura pour les participants, abondance de bonnes choses.Dans un communiqué de dernière heure, l'heure de la radiodiffusion ainsi que les noms des Juges seront donnés.Portrait MARTHE LAPOINTE /Hir Paul BARETl'E Un soir, il y aura bientôt quatre ans, Je la présentai à Edward Johnson.Notre Illustre compatriote, sans doute l'un des plus parfaits ai tistes de sa génération, dormait ce soir-là, bien à son insu, son récital d'adieu à Montréal, en compagnie de trois de ses camarades du Metropolitan Opera, Richard Bonclli, Grace Moore et Rose Bompton.Moins d'un an après, Il remplaçait Herbert Witherspoon à la direction générale de la grande scène lyrique new-yorkaise.Trois heures avant le début du concert, le ténor Edward Johneon m'accordait, pour le compte d'un quotidien du matin d'expression anglaise, ce qui fût, sauf erreur, sa dernière entrevue au Canada, avant que le rideau final ne tombât sur sa carrière de chanteur.Deux ans plus tard, je devais avoir l'honneur d'assister, dans la loge directoriale, à une représen-tation de “Tannhauser".Surpris, l'admirable Interprète de "Pél-lésa", fixa Marthe Lapointe de ce téré-brant regard que n’oublient plue ceux qui l’ont une fols senti.Puis, soudain, enjoué, s'écria : “Mais c'est Yvonne Printemps!" Cette singulière ressemblance avec la gr&cieuse actrice française, beaucoup d'autres qu'Edward Johnson l'ont notée.Peut-être est-ce là l'une des raisons du succès de Marthe Lapointe.Il en est d'autres, beaucoup d'autres.Et elles n'ont rien à voir avec un heureux hasard.“Mon secret ?Aucun.Js travaille".Telle fût la laconique réponse de Giovanni Martlneill, le successeur de Caruso au Metropolitan, à un collaborateur du New York Times, qui lui demandait, l'hiver dernier, à l'occasion de la célébration de son jubilé d'argent à l'opéra, la recette magique pour conserver sa voix aussi merveilleusement fraîche, jeûne et robuste, en dépit de ses cinquante-deux ans révolus.A quiconque lui demanderait pourquoi elle a réussi, Marthe Lapointe répondrait d'une façon identique.C'eat qu’elle a travaillé, travaillé, travaillé, cette mignonne petite femme, guère moins menue que Lily Pons.Probe au possible, abhorrant tout ce qui fait amateur et cabotin, elle croit dur comme fer que la valeur artistique, la vraie, se gagne, ne a'achète pas; s'impose è force de persévérance et de mérites, ne H'escamotte pas par la truchement de quelque talisman.SI jamais quelqu'un eut été Justifié d'escompter atteindre au but en filant par un chemin de raccourci, ce fut bien elle.La nature lui a prodigué ses dons ; mémoire tenace et étendue, grâce naturelle, beauté, jolie voix, grand talent musical.Mais cette facilité congénitale ne suffisait pas à une personne de sa trempe.Excellente chanteuse, elle amhltionne d'être musicienne accomplie.Elle étudie le violon et pratique la théorie musicale.Son métier d’actrice, elle l'apprend à la meilleure école qui soit : sur les planches, nu cours d'innombrables tournées en pro vince avec des troupes d'opérette et de comédie.Adepte de la sévère critique Introspective, Marthe Lapointe a su s'immuniser contre ie redoutable virus du moindre effort, fatal même aux mieux doués.Sa carrière accuse une progression constante.Telle Kirsten Flagstead, elle débuté dans "Les Cloches de Cornevllle".Puis viennent ses premières armes avec la troupe de ta défunte Société d’Opérette.Aux Variétés lyriques, dont elle est sans conteste la vedette féminine, elle élargit son champ d'action, st Justifie de surcroît les espérances prometteuses d» ses débuts.Si, entre plusieurs rotes, tous rendus avec un art consommé, je devais en monter un en épingle, J'opterais pour son in- terprétation de la naive petite "Ml" dans "L< pays du sourire”.D'abord au répertoire de la Société d'Opérette.cette attachante comédie musicale de Lehar marqua le point de départ des Variété*, en septembre 1936.Au lendemain de la reprise, Jean Béraud, à mon humble avis, le prince de nos critique* dramatiquee.écrivait, au sujet de la part de Marthe Lapointe dans ie succès de la pièce : "Les principaux élément* de réussite dans cette oeuvre nous ont paru être d abord Mlle Marthe l^apolnte, fine et délicate; admirable petite chanteuse et diseuse, certes la vedette d'opérette la plus accomplie, la seule parfaite Ingénue qui se soit jamais révélée chez nous." Notre vedette d'opérelt* ta plui accomplie.C'eat juste, ou plutôt c'était exact.Maintenant, Il y a mieux encore.Deux années se sont écoulées.Marthe Lapointe a continué de travailler dans la Joie.Bon art s’est apuré, fortifié.De nouveaux triomphes ont récompensé tant de courage, de constance, de fol tenace.Il y a quelques semaines, elle s'est attaquée à un rôle d'opéra, considéré, à tort ou à raison, comme un genre exigeant plus de ses Interprètes que l'opérette ou la comédie musicale.Ce fut une révélation.Jamaia sa voix n'avait paru si chaude, si sympathique; jamais son Jeu ne s'était montré plus au point.Aussi, un critique a-t-il pu écrire qu'elle "débordait par Instants les cadres étroits de son rôle".On ne pouvait lui décerner compliment plus flatteur et mieux mérité.On l'a dit tant de fols, c'est devenu un truisme, Il n'existe pas de petits et de moyens rôles pour les Interprètes de race.Cette faculté de mettre en valeur les personnages épisodiques, c’est la pierre de touche des talents scéniques de grande envergure.J'estime que, sous le rapport du Jeu, Marthe Lapotntc ae classe d’emblée au premier rang de nos artistes de la scèna lyrique.C'est un| opinion personnelle.Ella vaut ce qu'elle vaut.La femme ne mérite pas moins d'admiration qus l'artiste, Grand dommage que ta discrétion doive retenir mon stylo et m'interdire certaines révélations.Un mot de la camarade.Elle est la loyauté et la gentillesse même; l’amie indéfectible des mauvais comme des bons Jours, Au sombre firmament de nos carences cl de nos défaillances collectives, un observateur perspicace ne saurait manquer de discerner les réchauffant* rayons de l’eepolr ravivé.Nos Jeunes artistes travaillent avec plus d'ardeur, de fol depuis quelque temps.La confiance renaît dans .bien des coeurs.C'est un signe avant-coureur d'un renouveau gros de fécondes réalisations.La jeune compatriote, dont Je viens d'esquisser la silhouette, offre à tous un admirable exemple de probité artistique, d'amour passionné du métier, d'intelligent ut persévérant labeur.LES SPECTACLES MONTREAL Capitol; "Cocoanut Grove", "Hunted Men".Impérial; " Snow While and the Seven Dwarf»".Lotw'i: "Goodbye Broadway", “Prison Nur»e".Orphean: "The Adventure» of Marco Polo’ 2ième temaine.Palace : "hour Men and a Prayer".Priacess: "Swiu Mi»»"."Midnight Intruder", Ciaéna de Paria : "Nostalgie", 2iémr semaine, Saint-Déni» : "Le Mensonge de Nina Petrovna", "Le Champion de ce» Dame»".Beaubien: "Ignace”, "Promeoie»".Elactra: "High Flyer»", "Muung Girl»", "Show Boat".9 9 9 QUEBEC Ciaéna de Paris: "Le Ch* ntcur de Minuit", "Le Secret de la Mer Rouge"; JEAN CLEMENT »ur U scène.L’“Orphée" de Gluck l/e lendemain de la représentation d'"Orphée", donnée l’an dernier aou* la direction de M.Victor Hrauli, M.Jean Béraud, critique dramatique, écrivait : "La représentation de l'"Orphéo" de Gluck qu’il a dirigée hier soir est excellente comme démonstration, comme travail de démonstration.Il faudrait qu’elle fut répétée pluileura soir» de suite, afin qu’un plus nombreux public pût se familiariser avec une oeuvre aussi haute d’inspiration — la salle était, du reste, déjà remplie hier soir — et, afin aussi que ses Interprètes aient la chance d'approfondir davantage leur compréhension des rôles, de fortifier leur Jeu et leur chant", C’eat pour répondre à cette critique et à la demande générale qu'une représentation d"Orphée", sera donnée au Victoria Hall, le vendredi aolr 10 Juin.La distribution sera celle-là même qui nous valut une si (relie Interprétation à la "première", c'eat-à-dlre: Mme* (,'édla Hrauli, GAbrielle Perrot et Gertrude Dussault.Il y a bien d'autres chose qui plairont à l’auditoire; lea décors simples et de bon goût de M.Izoula Mulligan; le» costumes; les mouvement* scéniques bien discipliné, pour l’accompagnement d’orchestre; le coi*pa de ballet dirigé par Norma Darling.I/e groupe d'opéra qui Interprétera l’osuvre de Cluck est associé à la Hoci-été de l'Opéra Français de New-York, et c'est sous cette égide qu'il se présente devant le public qui, sans doute, lui fera le meilleur accueil.Le* places sont à prix populaire*.On peut s'adresser chez M.Victor Brault, ?046, rue Tiippcr, Woarnount.ATTENTION! ATTENTION ! • Désirez-vous gagner un gros salaire durant le temps de.vos vacances?• Vous n’avez qu'à vous rendre chez notre représentant L’AGENCE DE JOURNAUX ENRG., dont le propriétaire est M.Arthur Williams, H, rue Racine, Chicoutimi, et le numéro de, téléphone, 96.3.® Une campagne, de recrutement île nouveaux ahonnét sera entreprise dans les comtés Chicoutimi, Lac Saint-Jean et Charlevoix.RONDIN ET ENCENSOIR Ê CHRONIQUE RADIOPHONIQUE Il parait que l’esprit d’humilité d’un Mauriac ou d’un Rops ont pour effet rie faire réfléchir les vaniteux.Il parait aussi qu’un plissage d Parta peut servir d’antidote à un nmrisme trop accentué.9 • • Quel dommage ! Paris est »i loin.et notre petit monde radiophonique en aurait tant besoin.• • • i Si vous avec, mesdames, In curiosité de voir réunis tous vos annonceurs favoris, ne manques pas de passer au Petit Versailles ! • « • Roy (accent slang) Malouin, la semaine dernière pour annoncer une marque d’essence, chantait : "Qui a peur du gros méchant trust".Ron, mais sans blagues, CKAC serait-il devenu "antltrustard” f 9 9 9 "M.Dulianl s’est fait le père nourricier de nos jeunes comédiens et dramaturges.” Mon cher Jean Béraud, vous êtes méchant, votre cruauté pour la modestie de Mario est sans borne.• • S A sa place, j'eus plutôt dit : "Heureux, les nourrissons-dramaturges qui ont été conviés à In mamelle littéraire de MaHo !" • • • C’était prévu.Après un grand succès radiophonique, "Les Mains Rouges" couvrent la Province, (pas la definite de Paul/ ramassent de beaux "trente-sous", font la joie des bien-pensants, l'admiration des bedeaux et la béatitude des consulats d’Allemagne et d’Italie.• • « • Comme c'est beau, travailler pour Sédman, Purgosnn et sa Patrie ! SIS Et tout cela, sous l'oell bienveillant, sympathique, je dirais même approbateur du d’Artagnan de nos jeunes lettres.0 0 0 A moi Valdombre ! 0 9 9 Les membres du "Ladies' Morying Musical Club" ainsi que tous les critiques montréalais n'ont pas hésité à souligner les extraordinaires talents de Mme Laurence Duricux-Lavoie.Elle chanta à la radio, et puis après, crac ’ .plus rien.0 9 9 I/jrqngtte f Pharyngite V ou bien boycottage f • • • J'aime ta comédie mr le plateau., je la déteste dans le parterre Robert, A RCHONTE-naux donc une belle histoire M fi.VOICI LA DEUXIEME LETTRE GAGNANTE DE NOTRE RADIO-CONCOIJ RB Mon cher Micro Kcome, SI j'avais la privilège d’accorder mon suffrage h uns émission qui eut lieu, Il y a quelques années, je n’héiltcrals pas une fraction de seconde a donner mon vote aux "Légendes du Bt-Laurent” présentées autrefois h CKAC par M.Robeit Choquette.Il est Intéressant de constater, dan* nos maigres annales de la radio, que qptte émission suggérait déjà les particularité* du théâtre radiophonique de l'avenir, l’on pourrait même ajouter, sans crainte d’exagérer que "Les I/gendefi du Bt-Laurent” indiquaient, de façon précises l'orientation que doit prendre la littérature de la radio.I/a légende; n'est-ce pas là tout un monde d imagination entièrement libéré des contingences matérielles, où le surnaturel côtoie facilement le naturel, oii le temps et l'espace ne viennent pas limiter la marche d'uri récit ?N'est-ce pas là la route large où peuL évoluer librement l’imagination de.l'auteur et où l'auditeur se laisse volontiers entraîner avec lui ?Je ne serais pas étonné le moins du monde si M.Choquette lul-rnémr m'avouait que ce ne fut qu'apres coup qu'il s'aperçut qu'il venait de découvrir l’un des plus beaux aspects du théâtre radiophonique .ce théâtre de rêve dont il nous a déjà parlé.Dan* son "Curé de Village'' pour lequel je vote 'rte pouvant le faire pour le* "Légendes ") on retrouve cette aisance, celte clarté dans le lécit, on reconnaît de* personnages brossés de ce même pinceau, toujours «usai délicat, mais dans des cadres plu* resserrés parce que nous rsvolla dans une forme moins radiophonique que l'autre Il serait à souhaiter que de* commanditai.-»» Intelligents et éclairés, sur ce aujet, laissent une latitude assez grande pour teriouveler sa magnifique expérience d il y a quelques années.Cela, vaudrait tellement mieux que des adaptations de romans ou de comédies, si bien faite» soient-elles.Pour en revenir au "Curé de Village”, la meilleure émission à rnon avis, je ne puis qu’ajouter ma faible voix aux nombreux témoignage* qui se sont fait entendre avant le mien.J'ai été heureux d’appre.ndre qu’un écrivain comme André Maurois ait reconnu dans cette oeuvre une valeur littéraire vraiment digne d'intérêt.Je vols la un hommagt rarement rendu a des plumes canadiennes Espérons que M.Choquette saura vaincre tou* les obstacles qui retardent chez nous la réalisation d’un théâtre purement radiophonique.Après de tels exemples, il n'y a pas de raisons qu* d autres jeune*, emboîtent le pa*.»t sorter,' notre radio d* ces deux ornières : le folk'.or» «t l'adaptation Bertrand BLANCHET.iUé, rue Adam Montréal.Première mention: “ARSENE LUPIN” (CBF), Paul L'Anglais, réalisateur Deuxieme mention "LE (.'A ft RO U B EL DE LA GAIETE” Troisième mention “LE CURE DE VILLAGE", (CKAC», Robert Choquette, auteur K.'KACi, Gratlen Oéllna* "M.irage* "Lu Deux , "L* Canadien: Gos»r»".Victoria: "L* Dam* de Pique" Griffe du Hasard".*00 SHERBROOKE Cinéma de Paris; "La Grande lllu- *ion"."Moniieur Bégonia".0 0 0 TROIS-RIVIERES Cinéma de Paris : 'T.'Appel de I* Vie", "Les Dégourdi» de I» llième".9 9 9 ST-HYACINTHE Corons: "Gigolette", "La Caserne M Folie".9 0 0 ST JEROME Rei: "Iji Citadelle du Silence", C019 de Rouge".0 9 9 THEATRES ET CONCERTS Collège St-Liurent: 3ième Feitival Mmical, 30 mai, 1-3 juin.SâHn du Plateau: Matinée symphonique, 28 mai.HOTELS Windsor RHi-Cnrlton Mont-Royal Qumii Pennsylvanie De La Sade Fard 0 0 0 A QUEBEC Ktrfcnln Clarendon Lt Chilean Frontenac MAtel St-Lnni* H4tel St-Roch HMtl Montcalm 9 0 0 A TROIS-PISTOLES Hètel Victoria * * 4 RESTAURANTS Chai Men, 503 ait, rua Dorchaetar, Chai Plana, 1263, rua Labalta.Cbea Email, 1500, rua Drummond.Café Marfm, 1521, rua MuMURRtf jroCQAWüT L Grove Muraum n* non sa tec, »• u «t un iutf nul ».S fAlfWiir N'OUBLIEZ PAS LE GRAND FESTIVAL DE SAINT LAURENT ! Page 4 LE JOUR Montréal, samedi 28 mai 193g LÉS BOURSES D’EUROPE ET M.MAILLARD J» n'si p*i l’intention Br critiquer.ri, le directeur de l'Lcole de» Be»u*-Art» Il • soulevé, sutour de» bourwr» d'Lu-rope, un petit débit auquel il me plsit de prendre part.Il » exprimé Km point de vue, jutte per endroit», conte»lab!e'.par d'autre*.Il «riait bon de tenter de nouvelle» mue* au point.Dan» une lettre adre»»ée aux journaux en réponve à de» toenmentaire» de M Léem Lortie »ur certaine» déclaration» précédente».M.Maillard a cru devoir précuer qu’il n’était pa» opposé à ! octroi de bourtet d’étude» en Lu rope pour certain» groupe» d’étudiant».Dan» le» Kien-ce», dit-il en »ubxtance, l’étudiant trouvera là-bai la clinique, le* laboratoire» et la milieu qui le perfectionneront ou lui permettront une haute »pe* *0 - .irait "Cuidado!" et soulevait prcvement les branches au-dessus de nos fetes.I n autre avait acheté une orange pour la Trohrecita”.C'était moi.J’acceptai et nous nous mîmes à causer.Personne ne connaissait le français et mot très peu 1 espagnol.Mais un soldat avait vécu cinq ans à Chicago et parlait 1 anglais avec un superbe accent j-nkee.11 traduisait nos paroles : De quel pays venez-vous ?— De Belgique.• — Pourquoi ?Par sympathie pour votre cause.Ah ! dit 1 un des soldats, si jamais la Belgique est assaillie par des rebelles, nous irons, nous irons tous nous battre a vos cotes.Nous sommes si reconnaissants à la Belgique de nous aider aujourd'hui ! Nous longions un roc imprégné d’ombres violettes et personne 11c remarqua que je rougissais.L’autobus, protégé des précipices par des kilomètres de murs crénelés,, gravissait péniblement des lacets en épingle à cheveu.La masse dure et noire de l’immense montagne n’offrait aucune surface oblique : partout des escaliers, des terrasses, même dans le lit rocailleux des torrents et la moindre anfractuosité, bourrée de bonne terre rouge, nourrissait des arbres qui nourriraient des hommes.— Voyez, me disaient mes compagnons.dans le temps, la terre n’appar-trnaient qu’à quelques hommes ! Ils en avaient trop.Les fruits pourrissaient aux arbres.Maintenant nous soignons les arbres, nous récoltons les fruits.Le fermier était descendu et le milicien assis sur son sac de fèves me demanda d’une voix grave : — Croyez-vous que nous serons victorieux ?Au même moment, un météore traça dans le vide bleuté un fulgurant arc de cercle.Je n’avais jamais vu de météore.La bouche ouverte, je restai silencieuse.J’avais le.coeur serré.Nous traversions en plein ciel un col dont les roches gardaient encore la couleur ropsse du jour mourant.La plaine, lassée des travaux humains reposait déjà, allongée dans la nuit et.sur sou étroite terrasse, au flanc du roc, un olivier frissonnait de solitude.\ Plus de chants, plus de rires.Bientôt au pied des monts, je descendrais.Eux, les miliciens, ils continueraient.Us allaient là-bas vers le soleil disparu, rêvant prut-ctre à un enfant malade.aux abricotiers en fleurs.interrogeant l'avenir.Un obus traverserait peut-être le beau ciel d’Espagne et leur question resterait à tout jamais sans réponse.Marguerite RHEAUME Réponse à la Poutre Monsieur le Rédacteur : Bloy eut ses torts, Berthclot Brunet pittoresquement dixit.Il se peut, mais ce dit Berthclot ne semble guère avoir compris celui qu’il critique de façon si arbitraire et surprenante.Arbitraire, parce que Bloy visait birn au-dessus du vil métal où on veut le confiner.Surprenante, parce que Berthclot déjà s’est, m’a-t-011 dit, prétendu "petit cousin spirituel du grand Bloy." L'argent qu’on peut recevoir ne doit pas empêcher d'exprimer son opinion personnelle, que je sache, à moins d'être franchement un VENDU.Je veux dire que Bloy pouvait médire — ou plutôt "juger" selon lui — mais que Bloy m’apparaît trop sincère dans ses vociférations de désespéré sublime pour que j’admette qu’on le range comme ça dans l'armée des vipères, dans le clan de la racaille et du mensonge.Je juge bon de rappeler que Bloy prend souvent aux entrailles ^uand il parle de l'artiste et des libertés necessaires à l’homme dit libre pour produire de la substance durable.Dans “Le Désespéré" Bloy souffre rie son entourage faquin, nul et stupide.Et Bloy souffre en idéaliste de l’avilissement obligatoire à quiconque (surtout dans le monde des idées) veut gagner son pain.L’idéaliste Bloy se cadre devant la réalité brutale qui lui conseille, "pour le bien de son ventre" (l’argument bourgeois) de ravaler le noble Art jusqu'à l’industrie et jusqu'à la goujaterie impertinente qui justement tient la poche- dorée — qualificatif qui met tout particulièrement en lumière l'une des plus déplorables ambiguités usées dans l’estimation des valeurs humaines.Je considère ceci comme une simple mise au point sans aucun mérite pour moi puisqu'elle est élémentaire à donner le vertige pour quiconque a bien lu "Le Désespéré", désormais immortel Bloy fut peut-être aussi un énergumè-11e, mais — du moins dans “Le Désespéré" — ce ne fut jamais un hugolien rhéteur : certains accents ne peuvent tromper.UN LECTEUR RENSEIGNEMENT I TRÈS UTILE.* ——I i Pharmacies ouvertes nuit et jour I Pharmacie J.A.Gauthier 520 rue Beaubien Est CR.1133 Pharmacie Montréal 916 rucS.-Catlierine Est HA.7231 Pharmacie Sarrazin & Choquette 921 rue ^.-Catherine Est 1 L Ht— Pharmacie J.E.Tremble 1354 rue S.-Catherine Ouest MA.2264 Livraison dans toute la ville bs™.g 1.~ ~ i ~~ LC JOUR REVUE i PRESSE CONTRE I.INTIMIDATION Le gouvernement Roosevelt c*l à étudier une vieille loi en vue de l'appliquer dans le cas du maire Hague, de Jersey City, qui a empêché Norman Thomas, chef modéré du parti socialiste américain, d'adresser la parole à des réunions dans la municipalité.Cette loi prévoit que lorsque deux personnes ou plus "se con/urent pour blesser, opprimer, me-nacer ou intimider tout citoyen dans le libre exercice de la fou issu ace" de quelque droit constitutionnel, les conspirateurs, la preuve faite, doivent payer une amende pouvant aller Jusqu'il *5000, passer Jusqu'à un an en prison et ne pouvant par la suite tenir aucun hurcati ni aucun monopole créé constitutionnellement.Le gouvernement est avancé dans son étude.Si on s'était plus tôt rapporté à cette loi, les autorités de Jersey City n’auraient pas agi comme elles le font aujourd'hui, Elles ont prétendu Justifier leur oppression en prétextant un regain d'intimidation et de violence de la gaiichc.(The Omette, Montréal) * ?L'EXEMPLE DE SIR CHARLES LIN DS AV L’attribution du "Distinguished Service Award of the City Improvement League" à Sir Charles Lindsay pour son travail en accord avec les campagnca menées à Montréal en faveur du nettoyage et de l'assainissement peut être ou ne pas être un honneur grandement recherché ; mais c'en est certainement un dont U faut le féliciter, et qui est bien propre ft accentuer la valeur des efforts concertée en cc sens.81 plue do noe cltoyene montraient l'esprit civique de ülr Charles Lindsay fi manifestaient un tel dévouement désintéressé au bien-être de Montréal nous aurions davantage sujet à être fiers de notre ville, et il s'y trouverait moins de traits qui nous sont des objets d*' repioche.(The 8tar, Montréal) * * * 1.(URL A LA FASCISTE La nouvelle constitution du parti fasciste d'Italie inclut cette clause : "Seule, h yuerre porte rt la tension maximum toutes les énergies tiumaturj et pose le sceau de la noblesse sur les peuples qui oui le rauraye d'y /aire face." C'est une réaffirmation directe des theories nationales de Mussolini.Et tant que les chefs d'Etats auront de telles conceptions, il n'y nura pas do paix possible.(The Gazelle, Montréal) * * * LEÇON OBJECTIVE DE PAIX En face de la haine et de* dangers de guerre qui troublent tant l'Europe, on peut se demander s'il ne serait pas à propos de mentionner plus fréquemment la longue période de paix entre ces deux nations voisines, le Canada et le» Eta ta-l’nls.Enfin, l'idée des négociations amicales des différends entre nations, comme l'illustrent si bien les relations canado-américaincs, devrait prévaloir dans les pays où l'on est si porté à brandir le poing ou a mettre sabre au clair dès qu'il se produit quelque petite difficulté.(The Rcijina Leader Post) Le traité de Rush-Bagot est uno preuve irréfutable du pouvoir du hon-voulolr et de la bonne camaraderie sur la méfiance et l'isolement, lp pouvoir des négociations amicales sur mille coûteux canons.(The Winnipey Free Press) FRANCO N’EST PAS ENCORE VAINQUEUR Page S Chez W00DH0USE COMPLETS SPORT ¦•A*.¦ I*41 -2 PANTALONS - POUR ADOLESCENT hlégant* complet* à devant droit ou à devant croisé, do* pincé, plissé nu Bi-Swing.Tissu* tweeds île laine uni* et île fantaisie, (’.nulcurit gris, brun, fauve.Tail-e* • 31 A 37.Pour 13 k 19 an*./.J/6.95 *12-” Aucun dépôt.10 mensualité* de $1.30 Livraison ou premier versement.l'as d'intérêt, l’as de supplément, COMPLETS SPORT - 3 ARTICLES - POUR GARÇONS Joli* complet* k do» «port dan» toute* le* nouvelle* uunnrc* de l'été.TiMU» tout laine .s, tacheté*, ton* uni* et de fantauuc en brun, grl», fauve et bleu poudre.Taille* : 211 à 33, pour 10 A 15 nu*.Aucun dépôt.10 nien»ualité* de $1.00 Livraison au premier versement.Pas d'intérêt, Va s de supplément, Hég.f 12.95 -II- Nous avons commencé la semaine dernière la publication d'une lettre adteaaée à la revue New Statesman, de Londres, par Louis Fischer, et datée de Barcelone.Le remarquable journalisto américain déduit des observations qu'il est à même de faire dans la pénlnsulo Ibérique que les loyalistes peuvent tenir longtemps encore, et il est loin de désespérer do leur victoire finale.Voici d'ailleurs la fin de son intéressant.article : Très tard et après d'amères et coûteuses expériences, la République commence à travailler de toutes scs forces.Il faut un effort gigantesque pour diriger cetto tâche tltanlque.Tout d'abord, il faut maintenir Intacta les fronta en dépit de la supériorité de l'ennemi eu cc qui concerne les armements.Aujourd'hui, la ligne la plus faible semble être la ligne entre le coin poussant sa pointe vers la Méditerranée, de l'Ebre vers le Sud Jusqu'à Vlnaroz — que l’on pourrait qualifier de "couloir italien" -~ et Castellon.SI Franco peut percer cc front et atteindre Valence, un tel succès constituerait, une grande victoire.Il dispose d'une grande liberté de mouvements et de plusieurs centaines d'avions nouveaux, et II pourrait très facilement déclencher une attaque aussi sur d'autres points, Uno percée sur un large front rendrait évidemment la situation militaire cnroïc plus difficile, mais elle ne gérait tout de même pas décisive.Néanmoins, Barcelone so rend compte de ces responsabilités et de ces préoccupations avec beaucoup de courage.Lea difficultés économiques de la République espagnole ne sont pas moins graves.En temps do paix, la population de la Catalogne s'élevait à trois millions d'habitants.I! faut y ajouter, à l'heure actuelle, un million et demi de réfugié* qui ne veulent plus vivre dans les régions occupées par Franco.J’ai vu ces malheureux logés dan* les églises de Barcelone, vivant d'haricots et d'une soupe de pain, campant par millier* dans les bols d’oliviers et encombrant les routes, entre I'Ebre et Barcelone, avec leurs charettes tirées par des mulets, chargées de matelas, de moutons, de poulets en cage, de sacs de farine, surmontées d'une vieille grand'mèrc nu d'un bébé incapables, comme le reste de la famille d'ai'.leurs, de se traîner littéralement derrière leur cha-rette pour couvrir des distances de plusieurs centaines de kilomètres.On n'a La circulation d'été sur nos routes et la sécurité —•— Le problème de la sécurité sur nos grandes routes nationales va devenir de plua en plu* pressant, à mesure que la saison va avancer, que le temps va se faire plus beau et que plus d’automobilistes parcouront ces routes.Seula, l’éducation des chauffeur*, par la propagation continue et toujours plus largement répandue de la pratique de la prudence, parviendra à remédier a la situation.Les organisations qui ont à leur service une véritable fiotille de voitures automobiles et qui font systématiquement l'éducation de leurs conducteurs, en leur Inculquant des méthodes prudentes et sûres pour conduire, font certainement beaucoup pour la protection de la vie humaine.La Bel! Telephone Company est au tout premier rang de ceux qui ont pris l'initiative de cette éducation de la sécurité, au cours des récentes années.L'an dernier, quelque six cent quatre-vingt* conducteurs de ces autos et camions verts si familiers de la Beil Telephone ont reçu des récompenses attribuées pour conduite prudente par lé-association* de sécurité.Avec les chauffeurs de la Bell Telephone, “1 autre personne a toujours droit de passage".De plus, au delà de quatre-vingt-quinze pour cent de la totalité des employés du téléphone travaillant à l'extérieur son' entraînés à donner le* premier» soin* aux blessé», ce qui les rend aptes a rendre des services appréciables aux victime* d'accidents, non «eulement sur ta route, mal* en tout autre occasion 0(1 ils ont à n porter au secours d accidentés.qu'à regarder les yeux des gens qui vous entourent lorsque, sur la route, vous prenez.un repas hâtif composé du denrées Importées, pour comprendre que ne pays a faim.Lorsque l'autre Jour, Je fis halte à Viiln Frnncu pour faire réparer ma voiture, je finis par réunir autour d» mol la presque totalité dns garçons et de* petite* filin* du village en distribuant des petit» morceaux de chocolat.Le» enfant» qui, depuis deux ans, n'ont plu» touché i\ aucune douceur, sc léchaient les lèvres.Après la disette, le manque d'élcctrl-cilé rauBP beaucoup de soucis nu gouvernement.Mais il faut constater qu'une fumée épaisse empanache encore le quartier de Barcelone où se trouvent les grandes usines.M.Juan Comorcra, le ministre catalan de l'Economie nationale, tjio déclarait que toutes les fabriques de munitions travaillent à plein rendement, en jirodulsant la force électrique nécessaire au moyen de leurs Dlnssels, ou bien par du charbon ou moyen du courant fourni par les stations hydro-électriques qui sont encore entre les mains des gouvernementaux.La moitié de l'Industrie exportatrice travaille encore normalement; on espère faire reprendre le travail dans un grand nombre d’autres usines su moyen du chnibon Importé d'Angleterre et d'autres pays Mais le courant pour la lumière dans les maisons et pour les transports municipaux est rationné.Tout de même, à Harcelons, on vient de mettre en service de nombreux autobu* remplaçant le» tramways et le métro dont les services avalent été arrêtés.Les Industries travaillant pour la conaommntion privée se trouvent être sérieusement entravées, 8e trouver placé devant des problèmes d’une telle envergure et combattre, en même temps, contre deux grandes puissances alliées aux généraux espagnol» rebelles, cela demande de grandes réserves d'esprit et de bien forte» convictions.Ijft République Espagnole dispose do ce» ressource».C'est la substance même de la Catalogne qui est rnlBe à l'épreuve par cette guerre, «t les Catalans sont une race audacieuse et tenace a la fol*, La Catalogne est la région la plu* riche de l'Espagne.La semaine dernière, Je restai en panne avec ma voiture h Vendrell, grand village situé à environ 30 kilomètres au sud de Barcelone, Je disposai de trois heures pour visiter la petite agglomération.Elle a de nombreux magasin* privé» qui vendaient des chemise*, des bérets, du papier hygiénique, du savon, de* lampe* électriques de poche, des radios, dis textiles, de* Jouets, de* *ac*, de* chaussure* simple* et de fantaisie, des stylos, des montre* et de» bijoux, de la papeterie, do l’encre, de» tableaux, de» lainages, de* étoffes, des corsets, des appareil» électriques, de* machine.* à coudre, etc.Los habitant* étalent bien habillé* et le* femmes parfumée*.Il y avait beaucoup de monde dans les cafés et dans les restaurants Une communication télé-' phonique, avec Barcelone, était établie en quarante seconde* Tout cela démontre que la Catalogne dispose de considérables réserves matérielle* et que la vie y est normalement organisée, malgré une guerre qui dure depuis vingt-et-un mois.En d'autre» terme» : cela prouve que la Catalogne dispose de riche* ressources qui lui permettront de résister encore longtemps.Mais évidemment, les rebelles peuvent anéantir Vendrell par de» raids d'avion* comme i!» ont déjà fait disparaître Tortos'i.fil le gouvernement espagnol est en mesure d'acheter un nombre suffisant d'avions, il peut battre ie» rebelle» et affaiblir ainsi le* agresseur* totalitaires en Europe (Ainsi, la Chine "fixant" en même temps 1* Japon, la paix pourrait être sauvegardée > Le monde en bénéficierait et l'Espagne paierait.Louis FISCHER P.8 — Les yens qui continueraient d douter de la nature démocratique de la pspubliyue espagnol voudront bien prendre acte des /alts wants le (/entrai A*senslo, ancien commandant en chef de l'armer du Centre et, plus tard, ministre rtc la Guerre du cabine* Ça italic * 0, a r/c nrrftd et accure de trahison II a écrit, en prison, un here destiné Zr Justifier ta conduits de la guer c.Le tiers a etc pu-blit et est tendu dons toutes tes librairies de Parerions Ac.cn.tlo a pu dédicacée •on lèvre et Tenvoye - à plusieurs membres du gouierntment.COMPLETS DE SPORT, H TWEED, nu nmiNi L'économie dont voua profite» no réside p»* simplement duns In h«* prix do ces complets — Il est Important do tenir compta des différente* façons quo vous pouvow utiliser cm très élégant* complet*, Vous seres toujours Impeccablement vêtu s| vous porte* le veeton «veo un 1 ton talon de flnnelln crème ou encore avec un pantalon de couleur formant un gracieux contraste.— Ce* complet* sont confectionné* de nouveaux tweeds frais qui voit* assureront tout le confort dé*lré cet été el l'été prochain.Dessins et couleur* Identique* à ceux de* vêtement* de prix élevé*.Trè* élégsnl» el irè* rhlo modèles sport.Taille* • 34 à 44.Ordinnlri'mrttt $25.00 s-jy.95 S 1.00 DE DÉPÔT 40 ver*cnienl* hrbdomndiiire* de, 43c, ou 10 meruualilé* tic $1,70.Vus d’intérêt.Pas f/o supplément.WOODHOUSE & co.limited 105 rue Ste-Catherine Ouest, Montréal f/mdres Birmingham Lue¦ pool itanehes’er Nottingham Huit /Southampton Cardiff Edimbourg GUj-qm Belfast Dublin L eu -York Toronto Québec: 65, rue de !» Couronn* LESSIVEUSES ÉLECTRIQUES Munie «l'un moteur rv> monté sur caoutehouc cl lubrifié pour loute lu vie, alieoliimenl garanti pour un an.Guvfl en émail vitreux d'une capacité de 6 drap», essoreuse d'un nouveau de«»iti exclusif, vibration réduite nu minimum par l'emploi de coureincU de ca o u tel 10 uc *c i c n I i fi tj u cote n I di*po-é» en sept endroit* different*.Conduite par courroie absolument renfermée, aucune partie exposée ; la courroie en V absorbera le choc momentané d'une surcharge donnant ain*i une [du* longue durée nu moteur.Approuvée par la Commission Hydro-Klectrique, SPECIAL f OMPTAST ou CH EDIT AUCUN DEPOT 24 mensualités de $2.90 — l’a* d intérêt m supplément.7691 Page 6 LE JOUR Bravo, les démocrates! Un .100, la Colomble-brltannlque 12.3 p.100, le Manitoba et la Saskatchewan 5.6 p.100.Nombre d’autres mines d'or ont commencé à produire pendant l'année et les travaux de mines en valeur et de conetruc-tlor.font dea progrèa trèa rapldea en di-vera endroit* de noa zonea aurifères.Un fait digne de remarqua c’est qu'en 1937 entre 15 p.100 et 20 p.100 de l'or produit provenait do mines qui sont d'abord productrices de métaux non précieux.On n atteint un nouveau record dan» fa production du cuivre : 531,041,878 livres d’une valeur de $69,049,734, soit une hausse de 26 p.100 dans la quantité et de 75 p.100 dans la valeur.La production du nickel, évaluée à $59,507,176, a dépassé de 32 p.100 lo total de 1936; celles du plomb et du zinc, valant respectivement $21.013,404 et $18,157,894, constituaient un nouveau maximum.La production de l'argent a atteint un total de 22,683,032 onces de fin valant $10,180,371, soit un relèvement de 23.7 p.100 quant h la quantité et de 23 p.100 dana la valeur.Les platlnides ont fourni un rendement d'une valeur de $9,933,709, contre $7,803,806, en 1936.La production houillère s'est chiffrée à 15,775,432 tonnes, comparativement à 15,229,182 tonnes en 1936; le rendement du pétrole, 2,978,268 barils, était le double d» l'année précédente tandis que la production de gaz naturel, 29,599,198,000 pieds cubes, représentait une avance de 5.1 p.100.La production des minéraux non métalliques autres que lea comhuatiblea, a atteint une valeur de $22,482,620, un relèvement de 31 p.100.Le rendement d amiante a été de 410,026 tonnes, contre 301,287 l'année précédente; Il y a eu un gain de 25 p.100 dans la production du gypse qui s'est chiffrée à 1,042,239 tonnes, soit une augmentation de 25 p.100.On a produit 459,027 tonnes de sel contre un total de 391,316 tonnes en 1936.D'autres minéraux Importants à l'Industrie comprenaient le feldspath, la syénlte à nephé-linc, le graphite, le mica, la dolomie ma-gnésitique, le sulfate de sodium, les oxydes de fer, les minéraux llthinlfères.le talc et la steatite.!a laine minérale, le soufre, le quartz, la dlatomite et la brique de silice.La production des matériaux de construction.tels que la brique, la chaux, le ciment et la pierre, s'évaluèrent à $34,-401.669 contre $25,770.741 en 1936, ce qui indique une amélioration dans l'industrie de la construction.(Communiqué du Mlnirtère des Mines et des Ressources.) Le touriime et l'industrie pétrolière au Canada —+— Peu de gens soupçonnent l’Importance et les avantages matériels qui découlent du tourisme américain pour notre économie nationale.Ceux qui vivent de cette Industrie sont légion au Canada et nos entreprise» pétrolières en dérivent chaque année une part très substantielle de cet afflux considérable de revenus.On ne se douterait pas que Ifi00,ont) autos de provenance américaine ont franchi la frontière en 1937, soit un demi million de plu» que l'année précédente, et pourtant ccs chiffres sont exacts.Ces touristes au nombre de 18,248,000 ont laissé la rondelette somme de tint),000,000 au Canada en 1937, dont une bonne partie a été dépensée en gazoline et autres essences.' Dan» le même ordro d'idées on constate que le nombre de voitures portant licence canadienne t atteint approximativement l,\oo,ooo véhicules en circulation et cet effectif augmente dans la proportion de 100,000 voitures par année, flous le rapport du revenu, la taxe provinciale sur l'essence rapporte à elle seule environ 40 millions de dollars au trésor des province» canadiennes.Le Québec, pour sa part, avec son contingent de 200,400 voitures a retiré probablement $13,000,000 l’année dernière provenant de la taxe sur la gazoline «t l'en-rcelstrcment des voitures.Cette source Importante de revenu s’accroît au rythme de $1,000,000 par année, ce qui porterait ce montant à $14,000,000 en 1938 ! En somme, bon an mal an, la consommation de gazoline et de pétrole escalade de nouveaux sommet» et ceci explique la régularité avec laquelle $76,000,000 sont distribués en dividendes, annuellement par cet Important groupe, qui se classe en second, après les mine» canadienne», pour le montant le plu* élevé de dividendes distribué» par nos Industries.Il est donc évident que comme placement cette catégorie de valeurs est dans une place privilégiée.Les huiles de l'Alberta à l'honneur —•— De» développement» qui tranchent de l'ordinaire et qui peuvent amener un mouvement de reprise accentué dans le compartiment des huiles, sc déroulent, en ce moment, dans les champs de pétrole do l'Alberta.Tout d’abord, le débit do la Valléo' Turner, malgré certaines restrictions a avancé prodigieusement.De 700 barils par Jour qu’il était il y a à peine deux ans, il a atteint 32,000 barils, soit l'équivalent de 1,000,000 par année.Avec l'extension en cours des conduites de pétrole de la Vallée Turner à Cal-gary on s’attend à ce que la restriction soit relâchée du taux minime de 42 pour cent pour le porter à 60 pour cent, ce qui élèverait le débit annuel à plus de fi millions de barils Enfin à 100 pour cent de capacité un objectif do 11,500.000 sciait réalisable, d'où une amélioration substantielle dans 1rs recettes de» compagnies de pétrole de l'ouest.Comme 35 puits son* présentement forés, une éclosion nouvelle de sources de pétrole est dans l'ordre normal des choses.Pour le moment le nord, le sud et l'ouest du district de la Vallée Turner sont l'objet de travaux fiévreux d’exploration, travaux conduits sur une grande echelle et les résultats déjà obtenus en disent long.(Extrait des Nouvelles financières de Racine et Cie — J.R.Rousso — Service de la Statistique.) L’ECONOMIE permet à toute personne sérieuse de se créer une réserve liquide susceptible de parer aux situations imprévues et de traverser victorieusement des périodes difficiles.• » Economisez donc et ouvrez un Compte d Epargne a LA BANQUE PROVINCIALE DU CANADA De Pierre-le-Grand à Gaston Pilon On raconte de Pierre le Grand, ce touverain énergique qui jeta le» baie» de la grandeur de la Ruriie d’avant 1917, une légende qui vaut la peine d’etre répétée.On »e rappellera que le plu» remarquable des Isar» se promenait à travers l’Europe, étudiant la civilisation de tous le» pays, afin d’apprendre commenl moderniser la plus arriérée des nations, la sienne.Voici ce qu'on rapporte dans la pelile histoire de l’époque : “I-orsque le tsar fut descendu à Leipzig, il déclara que la salve de canons en »on honneur n’était pas assez bruyante.“Alors le gouverneur, cherchant à tout prix à satisfaire la majesté impériale, transporta au marché public douze de ses plus gros canons et ordonna de faire feu depuis quatre heures de l’après-midi jusqu'à minuit.I ouïes les fenêtre» du marché éclatèrent, mais le tsar fut content.“Le compliment semble avoir été goûté de sa majesté, car Pierre le Grand, en signe que sa reconnaissance valait mieux que des phrases sonores, daigna s'enivrer impérialement afin de laisser voir sa haute satisfaction.” On ne peut pas en douter : ceux qui font de grandes choses dans ce monde sont généralement des individus qui ont des traits gargantuans.Le génie qui osait créer Pantagruel, dominer du haut d’une petite forteresse à Kingston les Iroquois féroces, prendre une Première République qui s'écroulait et la rebâtir pour en faire le Premier Empire, ou ériger St-Pierre à Rome, n’est pas un cerveau qu’on peut juger selon les règles de la mignardise.Sir John Macdonald n'aurait pat été grand’chose comme marguillier d’église, cependant il a fait le Canada, Les créateurs de nos chemins de fer ne se battaient pas avec des gants bourrés, mais ils ont contribué à faire de ce Dorinion une unité qui vient de surmonter des épreuves terribles et qui a des chances de durer quelques années encore, malgré les tentatives forcenées de certains politiciens de le déchirer en morceaüx.Pouvez-vous vous figurer Sir William Van Home employé à se lisser les cheveux à la brillantine, ou Sir Donald Mann suçant par une paille une menue bouteille de lait de beurre > On peut amener l'être humain à la contrition ou aux larmes en lui énonçant des grands principes et des belles théories.Si on raisonne avec lui, on peut le faire réfléchir.Mais il n'agira effectivement que quand il se verra dirigé par une personnalité tellement sûre d’elle-même qu’elle pourra prendra dans ses dents les convenances et les préjugés des petits et les secouer comme des rats.Les hommes ne se font pas tuer pour des principes, ils se font tuer pour des chefs.Et avant d’être chef, il faut qu on se respecte plus qu’on respecte les lois et les manière» dictées, codifiées et bavées par des êtres de rien.Un grand nombre de Canadiens — et je dois admettre que j’en suis un — ont parfois prêté l’oreille, pendant ces dernières années, aux théories alléchantes des individus et des groupes de tendance socialiste.Mais le socialisme nie l’instinct humain de révérence pour l’homme qui sait réussir.Le socialisme n’admet que les petits, avec leurs petites aspirations indistinctes.Il encourage, non pas l’action mais une sorte de mécontentement pleurnichant.Ce qui est vrai du socialisme est vrai de tout autre “isme” qui cherche à comprimer les variétés incalculables du tempérament humain dans une matrice “lita-nique’’ propre seulement aux craintifs et aux paresseux.Au fond du coeur, même quand la raison nous assure que l’Utopie serait bien belle si elle pouvait fonctionner, nous sommes portés à respecter 1 individu dominateur et viril qui sait nous commander à sa guise et nous offrir comme cause à suivre s’il le faut jusqu’à la mort, quelque chose de plus substantiel et de plus stimulant que des théories filandreuses.Pourquoi l’humanité, oubliant l'expérience de la race et les leçons accumulées de l'histoire, cherche-t-elle toujours à réduire la vie à deux ou troi* "règles et règlements” ?Pourquoi no» esprits ne peuvent-ils pas non seulement comprendre mais accueillir le fait frappant que l’Intelligence qui a formé l'univers l’a formé robuste et varié, mon pas ridige et maigrelet ?Les anciens Juifs qui représentaient leur Dieu comme une Voix rugissante, faisant tonner du haut du Ciel la colère et la destruction, connaissaient mieux la réalité que ces Chrétiens modernes qui Le dépeignent à peu prés comme un petit poulet qui vient d'éclore et qui gazouille dans une basse-cour désolée, La plupart des chefs d'aujourd’hui semblent conduire mais ne font que suivre.Et c’cst pourquoi il y a stagnation dans ce vaste, jeune et riche Dominion, qui pourrait avancer à grands pas.Edouard LeDORET TRIBUNE DÜ LECTEUR Pourquoi cette défranchisation?On veut faire des élections de» eom-mlssaires d’écoles, en juillet prochain une affaire de famille.Par une décision du gouvernement provincial «culs se» propriétaires qui ne doivent pa» do taxes scolaires auront droit de vote.Cest dire que près de 75% des proprietaires ne pourront pas voter.las propriétaire d’un terrain vacant ou iruno propriété évaluée à $1.000 ou $1.500 aura plus à dire dans le choix des commissaires que celui qui en a pour $100.000.On a demandé aux petits propriétaires de se montrer humain et ne pas craindre de louer leurs maisons aux chômeurs.I-o résultat est que, dans certains cas.des propriétaires ont vu partir des locataire qui leur devaient de $200 à $30).Dans d’autres cas, des propriétaires qui louaient leurs logements à $25 et $30, par moi» avant 1a crise ont dû se contenter, pour se montrer humains et généreux, des loyers de $10 par mois.On leur faisait entendre que la ville te» traiterait bien.Leur générosité a uté cause, dans la plupart des cas, d'accumulation des arrérages de taxes, y compris In taxe scolaire.Pour récompenser ccs propriétaires le gouvernement provincial vient de décider qu'en juillet prochain, lors des élection» de commissaires d’éce les, seuls ceux qui ne doivent aucun arrérages de taxes scolaires pourront voter.En d’autres ter-mes.cette décision veut dire que près de 75% des propriétaires se verront privés de leur droit de vote.1.800 corporations scolaires se trouvent affectées par cette décision du gouvernement provincial.II y a 4 ou 5 ans, le gouvernement Taschereau, qui avait compris la situation, par ce temps de crise, adopta une loi spéciale qui permettait aux proprietaires qui avaient des ' arrérages Je taxes scolaires, non seulement de voter, mais même de se porter candidats à la commission.Cette décision du gouvernement pro vincia! de laisser voter que ceux lui n'ont aucun arrérage de taxes scolaires veut dire que le petit propriétaire d'un terrain vacant ou d'une propriété évaluée à $1.500.ou $2.000, payant que quelques piastres de taxes par année, aura plus à dire dans le choix des commissaires d’écoles, en juillet prochain.cAj’ le gros propriétaire don* les propriétés sont évaluées à plus de $100.000, car celui-ci a des centaines de piastres de taxes scolaires à payer et c'est beaucoup plus difficile.Je dit plus haut que cette élection sera une affaire de famille.Voici ce qui arrive.Si un candidat de la bonne cause.a un ami appartenant lut aussi à la bonne cause, qui ne peut pas voter, pa!-ce qu'l! doit des arrérages de taxes scolaires, le candidat l'emmène au bureau du secrélaire-trésorier, qui lui aussi esc ur> autre représentant de la bonne cause.S'il ne l'était pas.il n'occuperait pas position passé trois heures de l'après-midi, et le propriétaire qui a des arrérages, afin de pouvoir voter, donne son cheque et il vote.Le lendemain matin, dans certain cas, ce propriétaire qui a donné son chèque la journée précédente, afin de pouvoir voter, passera par le bureau du secrétaire reprendre son chèque avant l'ouverture de la banque, car il sait- fort bien que !e chèque qu'il a donne n'a aucune valeur.Dans d'autres cas. L'ACTIVISME.Une partie du camp allemand ne Uni.par cependant à constater la vanité d cette attitude d'opposition négatjvuu,* Lea agrariens allemands, le» chrétien’ sociaux, puis les sociaux démocrate! constituèrent peu à peu ie "FRONT nù TRAVAIL" qui s’opposa au “i'Rov» NATIONAL" des nationalistes et de» rZ tlonaux socialistes allemands.U» suivirent; désormais, la politique "acm viste” Jusqu’à la collaboration »u Ml| du gouvernement.Il semblait alors, *elc! les déclarations du Président MASA.RYCK, que les Allemands "obtiendraient tout ce dont ils avaient besoin, poj.leur développement culturel et économi.que, si le peuple tchéco-slovaque échap.paît aux idéologies passagère» qU| £ rapprochent pas, mais qui éloignent." 3o LA CONTAGION DE LA "VOLKS.GEMEINSCHAFT” (Idée de commis nauté nationale).Mais le national-socialisme triomphant rajeunissait déjà le mythe de 1& rac, supérieure et proclamait à nouveau l’à vanglle de la Volksgcmeinschaft.A un premier dogré la Voljgemem.schaft est uno aspiration spirituelle.C’est la Patrie idéale de tou3 ceux qui parlent la langue allemande C'est la communauté culturelle qu’entrevoit déjà Fichte, dana son treizième discours à i» Nation allemande.A un deuxième degré, la Volksgcmen» schaft prend un contenu radical.Tou» les Allemands doivent se grouper d»c» la fol commune en la vertu incomparable du sang allemand.A un troisième degré, ce patriotism* culturel et racial, si différent du patrio.tisme géographique français, se précis* autour de l'idée de ‘Tunité de.la nation allemande”.Le { I du programme nazi de ijjij déclare déjà : "Nous fondant sur le droit des peuples à disposer d'eux-mèmes, nous exigeons la réunion de tous les Allemand» dans une grande Allemagne '.A aon tour, Othmar SPANN, l'un dn théoriciens du racisme, proclame que "I» Volksgemclnschaft prime l'Etat".En juin 1935, le Docteur STEINACHER pré.else que la parenté du sang de la rac» et de la langue constituent le germanisme mieux que la nationalité politique.Dans son livre "Volk und Volker" Voit LOE8CH écrit enfin : "L’idée d’union nationale a été en sol, et jusqu’à présent, spirituelle, avant tout.Elle esquisse un sentiment unique qui doit être le signal du rassemblement al.lem&nd.Il s’affirmera un four nimi sont la forme politique’’.En effet, depuis l'avènement du national socialisme triomphant, l’Office des minorités allemandes à l'Etranger transforme progressivement le contenu de I» Volksgemelnschaft.C'est maintenant, avant tout, un puissant mouvement populaire de protestation et de revendication, d’un front allemand contre le "non allemand”, contre le rationalisme et ie libéralisme des démocraties.C’est ainsi qu'à un quatrième degré la Volksgemeinschaft peut entrer e» conflit avec le gouvernement de la Nation à laquelle s'incorpore la minorité ail» mande.fa suivre) SOUMISSIONS POU II DRAGAGE M DUS soumissions cachetée.’, adressés* aq soussigné et portunl en suscriptlon If» mot*: "Soumission pour dragage, è-r*1.P.Q.", seront reçues jusqu'à midi iHeur» avancée), le Jei.dl 2 Juin ilfiW.On ne tiendra compte que des fournissions faite» sur le* formule» fournie, pit le Ministère et conformément aux conditions mentionnées don» lesdlte» formule», On peut *e procurer le» devis *t familles de soumission combinés en n'adressant au soussigné, ainsi qu'au bureau d* l'Ingénieur régional, satlon postale "H", Montréal, PQ.1^» soumissions devront comprendre 1» remorquage de la drague et ses accer-soires, aller et retour.Les dragues et autre outillage ou'on i» propose d'employer pour ces travaux devront avoir été dûment enregistrés au Canada le ou avant le (rente cl unième Jour do décembre 1929, ou hvo:t été construit» et enregistrés au Canada depuis l«dit* date.On devra Joindre à la soumission u» chèque égal à 5 p.100 du montant de U soumission, paynble A l'ordre de l'honorable mlnlstro des Travaux publics et vu» pur une banque à charte au Canada."J des ho., - au porteur du Dominion du Canada ou de la Compagnie des chemin» d» fer Nationaux du Canada et de se» compagnie» constituantes, garantis f ins condition par le Dominion du Canada, quart nu capital et à l'Intf-rèt, ou les bons «uf dits et, s'il y n lieu, un chèque visé ptuf compléter le montant.En nul cas la »»• rantle ne devra être moins de $590.00.Par ordre, J.M.SOMERVILLE.Secrétsir».Ministère des Travaux publics.Ottawa, le 23 mais 193*.«mam ft'! JOUI I.lurvcllliace directe de jOHN de KUyPfcR ft SON, Dittiliitcun, Rotterdis, HolUodc* MA1S0S FOSDÙ £>’ 1695 ¦flneMoJlem&U: -&L meiKeute, EI4EVA GENEVA ctsrvx flacon ÉCONOMIQUE ¦TScON POUR maison SlACON JrSONNEL 1>fu& 1rtûfciûU£& 10 onces 26 onces 40 onces gj,.$|9p £65 Le vroi goût de Hollande a toujours distingué ce vieux gin bienfaiscnt et les vrais Canadiens l’ont toujours préféré depuis plus de cent ans ! Montréal, samedi 28 mal 1938 LE JOUR Page 7 i< MELCHERS DISTILLERIES LIMITED, Monlûil «I B.,»M«r,ül.Les Mots Croisés du Jour par TITTLIT 1 î 3 4 « 6 7 8 9 10 11 12 13 11 13 T l£D*l r T II Tl ÆUZ ?: ¦L 1 i 1 1 JŒM 1 1 m H 1 TWX car lj(_ Tl \ TT rmrjra JBLJL M i ¦j ?n ri DG ¦XMJJLU m n HOItl7.()\TAI,EMi:.\T 1.—Un monsieur «nie le* malades font vivre et qui ne fuit pus toujours vivre les malades.— Lit de repos des »ff,-lires urgentes.2.—Chemin bordé do maisons.•— Erudit Italien appelé r'Arétiu" — Distinct différent.3.—Tire* A toi, — Faire des vibrations.4.—3.H16.— Conjonction négative — Historien économiste et philosophe anglais — Adj.possessif.5.—Article espagnol — Roses qui parfois prennent deux -*'• — Ibidem
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