Le Prix courant : journal du commerce, 23 mai 1902, vendredi 23 mai 1902
Bibliothèque et Archives nationales Québec Le Prix Courant Page(s) manquante(s) Commerce jfinance Industrie Vol.XXXIII VENDREDI 23 MAI 1902 No 21 1 LE PRIX COURANT REVUE HEBDOMADAIRE Publié par La Compagnie de Publications Commerciales ( The Trades Publishing Co.), au • No 25 rue St-Gabriel, Montréal.Téléphone Bell - Main 2547 Boite de Poste - - - 917 PRIX DE L'ABONNEMENT : Montréal et BanUeue > $2.00 Canada et Etats-Unis - 1.50 Union Postale - - frs.16.00 Il n’est pas accepté d’abonnement pour moins qu’une année complète.L’abonnement est considéré comme renouvelé si le souscripteur ne nous donne pas avis contraire au moins quinze jours avant l’expiration, et cet avis ne peut être donné que par écrit directement 4-nos -bureaux, nos agents n’étant pas autorisés à recevoir tels.avis.Une année commencée est dûe en entier, et il ne sera pas donné suite à un ordre de discontinuer tant que les arrérages ne sont pas payés.Nous n’accepterons de chèques en paiement d’abonnement, qu’en autant que le montant est fait payable au pair à Montréal.Tous chèques, mandats, bons de poste, doivent être faits payables à l’ordre de “ Le Prix Courant.” Nous nous ferons un plaisir de répondre à toutes demandes de renseignements.Adresser toutes communications simplement comme suit ; Le Prix Courant, Montréal.1 UNE GRAVE AFP AIRE Une double arrestation opérée la semaine dernière à Québec par la police de Montréal fait beaucoup de bruit.Plus de bruit qu’il ne conviendrait pour le respect de la justice.L’arrestation s’est faite avec un grand déploiement de mise en scène, avec un éclat tel que le public a pu croire un moment qu’il s’agissait non d’arrestation, mais d’enlèvement.On connaît les détails de cette fuite en remorqueur de Québec à Montréal.Ce n’est pas tant l’arrestation en elle-même qui nous occupe ici, mais plutôt les faits qui l’ont suivie; néanmoins il n’est pas inutile de faire remarquer qu’elle a eu lieu dans des conditions telles que toute l’affaire d’un bout à l’autre prête matière à maints commentaires dans le public.Deux Américains, officiers dans l'armée des Etats-Unis, sont accusés de conspiration et de concussion.Le gouvernement américain met la police sur leurs traces qui les trouve réfugiés à Québec et présente à Montréal une pétition en extradition.Un juge de Montréal dûment qualifié pour instruire des cas d’extradition reçoit la demande et émet, selon son droit et son devoir, un mandat d’arrestation contre les deux officiers qui ont mis la frontière entre eux et la justice de leur pays.L’arrestation se fait, un peu brutalement peut-être, mais à coup sûr de façon peu imposante, bien qu’on ait, pour la circonstance, nolisé spécialement un rapide remorqueur qui file à toute vapeur vers Montréal.Pendant que la police et les deux prisonniers fuyaient de Québec et avant qu’ils fussent même bien loin un bref d’habeas corpus signé par un juge de Québec tendait à faire ramener les prisonniers à Québec.C’est-à-dire que le policier qui avait opéré la double arrestation était sommé d’avoir à produire en même temps ses prisonniers à Montréal, en vertu du mandat d’arrestation signé du juge Lafontaine, et à Québec, en vertu d’un bref d’hàbeas corpus émané du juge Andrews.Le chef des détectives Carpenter, car c'est lui qui avait procédé à l’arrestation du colonel Gaynor et du capitaine Qreene se trouvait dans une délicate posture, mieux que qui que ce soit il sait qu’il ne faut pas badiner avec dame justice que représentent les juges.Qu’y avalt-il au fond de cet apparent conflit de deux autorités judiciaires ?Malentendu, question de clocher, jeux d'avocats retors, affaire de picotin.?Nul ne saurait le dire, mais à lire les journaux à nouvelles, d’apres les comptes-rendus des reporters et les télégrammes de Québec, c’est que, dans toute cette affaire, on ne voit rien de ce qui aide tant au respect de la justice: le décorum.Pour le public, il y a des avocats qui se disputent la possession d’hommes riches à défendre pour les profits à en retirer et des avocats mieux placés, plus favorisés, mieux apparentés que d’autres pour les fins qu’ils ont en vue.Le public a peut-être tort, mais les apparences sont qu’il n’a pas tort.N’est-il pas en droit de se demander comment il se fait qu’un juge parfaitement qualifié, nous le répétons, pour procéder en matière d^extradition soit mis dans l’impossiLu.iié de conserver ceux qu’il a donné ordre d’arrêter.Il se demande quelles influences ont pu faire jouer les avocats de ces prisonniers pour les dérober au juge qui a reçu la plainte formulée contre eux et les a sommés de comparaître devant lui.Cette affaire préoccupe l’opinion à des titres divers.Il y a d’abord le point de vue du conflit dont nous venons de parler avec toutes les circonstances qui l’entourent.Il y a également la crainte que nos voisins les Américains aient une piètre idée de la justice au Canada, et qu’ils soulèvent quelque sérieuse objection à la façon dont la demande en extradition formulée à Montréal a été traitée dans cette province.• Cette crainte ne serait pas absolument chimérique, la présence à Ottawa d’un haut fonctionnaire du gouvernement des Etats-Unis, depuis les derniers événements de la cause semblerait le prouver, ver.On peut être assuré que le gouvernement américain qui veut absolument les Le^papier but lequel est imprimé “Le Prix Courant” eet fabriqué par la Canada Paper Oo.( Montréal 4 deux prisonniers pour leur faire subir leur procès, ne négligera rien pour assurer leur extradition.On prétend même avec quelque insistance que Downing Street ne tardera pas, s’il ne l’a tait à l’heure où nous écrivons, à trancher le noeud gardien de la question Gaynor et Greene.Le gouvernement impérial toujours très aimable pour les Américains, au moins depuis quelque temps, demandera certainement une enquête pour établir les responsabilités dans toute cette affaire qui n’est claire pour personne.» Un peu de lumière, beaucoup de lumière même, est à souhaiter dans l’intérêt de cette vertu qu’on nomme la justice, quand bien même et surtout si quelques-uns, ceux chargés d'appliquer la justice ou de veiller à son exécution devaient être mis au pilori.- DE L’AROME DES BEURRES Durant ces dernières années, on s’est livré d’une façon particulière, en Amérique et au Danemark, à l’étude de l’influence exercée sur l’arome des beurres par les cultures pures de bactéries ensemencées dans la crème en vue de provoquer sa maturation.A ce sujet et à l’occasion d’un voyage d’enquête entrepris au Danemark par des membres de la commission instituée en Angleterre, concernant l’usage des préservatifs chimiques utilisés pour la conservation du lait et du beurre, ces derniers ont consigné dans leur rapport les observations suivantes: D’abord, ils signalent que, d'une manière générale, la fabrication du beurre au moyen de la crème pasteurisée, c’est-à-dire stérilisée par le chauffage et additionnée ultérieurement de cultures pures, tend à se propager de plus en plus au Danemark.Mais ils ajoutent, d’après les expérimentateurs, que, pour être efficace, l'opération de la pasteurisation doit être secondée par une extrême propreté chez le personnel ainsi que dans le matériel et les ustensiles.En adoptant le système de la pasteurisation, les Danois ont eu pour objet de détruire d’abord ce qui peut être appelé 1’ “ inconnu ” de la flore bactérienne et de lui substituer ensuite le “ connu ” par l’emploi de cultures pures de bactéries sélectionnées.A défaut de ces précautions, ils estiment que l’obtention de l’a-rome qui caractérise certaines marques de beurres devient essentiellement chanceuse et que, pour assurer le succès de la fabrication, il est absolument nécessaire de provoquer la maturation de la crème par l’ensemencement des dites cultures, après sa pasteurisation préalable.A la faveur de ces procédés, les Danois auraient pu, en outre, exporter dans de bonnes conditions, et sans avoir recours à l’emploi de préservatifs, leurs beurres en Grande-Bretagne.Enfin, plusieurs essais leur ont permis de constater, d’autre part, que la qualité du beurre produit est d'autant plus satisfaisante que la crème a été portée, dans l’acte de la pasteurisation, à une plus haute température, toutes limites étant gardées, naturellement.Les rapporteurs, à cette occasion, remarquent 'que si la pratique de la pasteurisation s’est rapidement répandue au Danemark, la cause en est due, en partie il est vrai, à la promulgation de la loi du 2G mars 1898, qui a rendu obligatoire la pasteurisation du lait consacré à la nour-îiture du bétail, mais aussi surtout aux améliorations qui ont été introduites dans les diverses branches de l’industrie laitière, par l’application du système pasteurien.Comme, en même temps, il résulte du fait de cette opération qu’une grande partie des germes pathogènes qui peuvent être contenus dans le lait se trouve détruite, il y a lieu de souhaiter que la méthode danoise, qui, ainsi qu’on l’a vu plus haut, utilise la pasteurisation dans la fabrication du beurre, se généralisé de jour en jour à mesure que s’affirmeront ses avantages.La salaison du beurre a un triple but: 1.Les gouttelettes d’eau et de lait s’agglomèrent et s’écoulent ainsi du beurre; 2.Le sel à la conservation du beurre; 3.Enfin, il lui donne du goût et de l'arôme.La quantité de sel à employer varie d’après les goûts des clients; tel aime un beurre salé, tel autre demande un beurre très doux.Enfin, la manière dont on sale le beurre a uqe_ grande influencé sur la quantité de sel à employer: sale-t-on du beurre incomplètement délaité, beaucoup de sel se dissout dans l’eau et le lait qui s’écoulent ; sale-t-on, au contraire, du beurre parfaitement délaité, on doit en employer de moindres quantités.Le sel à employer ne doit pas être en gros grains ni èn grains très fins.Le sel doit se dissoudre facilement et complètement dans l’eau; s’il se dissout lentement, s’il laisse un résidu, on doit le rejeter.Les sels très hygroscopiques, c’est-à-dire qui absorbent rapidement l’humidité de l’air, qui s’agglomèrent, qui se mouillent vite, comme le disent les cultivateurs, ne conviennent pas.Ils contiennent du chlorure de calcium et surtout de magnésium, qui donnent un mauvais goût au beurre; ils le rendent amer.Tous les sels contiennent une faible quantité de chlorure de magnésium et sont un peu hygroscopiques, nantis s’ils en contiennent une quantité un peu appréciable, ils doivent être rejetés absolument.En moyenne, on emploie 2 pour cent de sel pour le beurre qui est consommé immeuiatement, et de 3 à 5 pour cent pour le beurre de conserve.UN DETAILLEUR INGENIEUX Le “ Grocer’s Review ” rapporte qu'm: détailleur de New-York dont les clients demandent un café nouvellement rôti, encore chaud, a trouvé un moyen ingénieux de le fournir sans avoir le trouble de rôtir tout le café qu’il a dans son magasin Il se sert d’un petit brûloir à échantillon, tel qu’en emploient les courtiers, et dans lequel il rôtit une livre de café à la fois Au lieu de refroiuir cette livre de cal" à la fois.Au lieu de refroidir cette livre de café dans un tamis, il la met dans plusieurs livres de même café rôti refroidi, et, en mélangeant les deux ensemble, il obtient le degré de chaleur uqiforme pour le tout.Le brûloir à échantillon répand une odeur suffisante pour que le magasin ait la réputation d’être un établissement où on rôtit le café, et il ne cause ni potis sière ni ennui.EXPOSITION AU JAPON Une Exposition industrielle sera ouverte à Osaka, Japon, du 1er mars au 31 juillet 1903, et une place y sera affectée aux spécimens de l'industrie étrangère.ces objets bénéficieront, pour leur transport à Osaka, ainsi que pour leur réexpédition, de réductions de tarifs à déterminer ultérieurement.Ils seront, d’autre part, exempts du paiement des droits de douane, sous conditions d’être ré-exportés dans les deux mois qui suivront la clôture de l’Exposition.Les demandes de participation doivent être adressées au bureau du Commissai re général de l’Exposition d’Osaka, au Ministère de l’Agriculture et du Commer- e de Tokio, jusqu’au 30 juin 1902.La participation des.industriels étrangers ne sera admise qu’à titre privé.le commerce des oeufs aux ETATS-UNIS On a parlé d’une tentative (l'accapare menL des oeufs qui se serait produite à New^York, en janvier dernier.D’après M.Ed.Bruwaert, consul général de France à New-York, il a été, en effet, question, à cette époque, d'un "corner” des oeufs, suivant le nom technique adopté aux Etats-Unis pour désigner cette sorte de main-mise sur une denrée quelconque; le corner n’était pas, toutefois, organisé à New-York, mais à Chicago, et on comptait avec complaisance les énormes profits que la maison Armour, de cette ville, avait dû réaliser après avoir acheté, en juin, 30 millions de
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