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Titre :
La nouvelle relève
Éditeur :
  • Montréal :[La nouvelle relève],1941-1948
Contenu spécifique :
Janvier
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
inconnu
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La nouvelle relève, 1945-01, Collections de BAnQ.

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/J7'’ lilllUOTHEQUE "¦( LA NOUVELLE^ RELÈVE Directeurs : Robert Charbonneau et Qaude Hurtubise JEAN WAHL La philosophie française en 1939 RAISSA MARITAIN Deus Excelsus Terribilis • AUGUSTE VIATTE La faillite de bourgeoisie DF.L'ACFAS l "T T)r Janvier Volume III, No 10 MONTRÉAL 1 945 st r>3 LA NOUVELLE RELÈVE Fondée en 1934 Directeurs : Robert Charbonneau Claude Hurtubise JEAN WAHL.La philosophie française en 1939 577 RAISSA MARITAIN.Deus Excelsus Tembilis 586 ROBERT CHARBONNEAU .Fontüe (IV) 592 CHRONIQUES La politique AUGUSTE VIATTE : Faillite de la bourqeolsle française Jeune poésie LOUIS GADBOIS : Au bord du canal — CLAUDE LAFRANCE : Les dernières cartouches Les livres MARIE-JOSEPH DANJOU : Un philosophe poète parmi nous — AUGUSTE VIATTE : Entretiens sur Descartes par Alexandre Koyré — JACQUES MATHIEU : La civilisation en Nouvelle-France et D'Iberville le conquérant par Guy Frégault — JACQUES MATHIEU : Mission à Moscou par Joseph E.Davies — Bataille d'Amiens par J.-P.Petges — Madones canadiennes par Rina Lasnier — BERTHELOT BRUNET : La Littérature de conseil Les médecins malgré nous — Livres de femmes — Quand le sermon prend de la bouteille.L'abonnement à 10 numéros: Canada.$2.00: étranger, $2.25.Payable par mandat ou chèque au pair à MontréaL négociable sans frais.60 ouest, rue Saint-Jacques, Montréal.HAjrbour 3924.Imprimé par l'Imprimerie du Sacré-Cœur, La Prairie.Janvier 1945, Vol.III — Numéro 10 Le numéro : 25 cents LA NOUVELLE RELEVE Janvier 1945 VoL O — Numéro 10 LA PHILOSOPHIE FRANÇAISE EN 19391 Il est peut-être temps de le dire : il y a en France un mouvement philosophique qui se forme, alors que partout ailleurs (sauf en Amérique, où les revues philosophiques font toujours preuve de beaucoup d’activité, et en Angleterre, — car en Allemagne, je ne vois guère (pie Nicolai Hartmann qui ait ces dernières années produit des oeuvres importantes) la philosophie se meurt ou vit assez misérablement.(Cependant il arrive de Hollande, de Pologne, de bons travaux d’histoire de la philosophie sur Platon, sur Aristote.Et même en Italie, malgré le régime et la néfaste influence de Gentile, de jeunes philosophes trouvent encore en eux le courage de réfléchir.) Je voudrais d’abord mentionner les études de R.Ruyer, sa thèse qui a été critiquée, mais qui contient des observations fortes et qu’il a continuée par des travaux où il expose une philosophie qui rejoint Aristote, un Aristote encore jeune et déjà chercheur, nullement l’Aristote du thomisme classique.Dans un ordre différent, un article de lui sur la guerre paru dans la Revue Philosophique est bien remarquable.Si, au lieu de philosopher en langue française, il s’était exprimé en anglais, nul doute (ou peu de doute) que ses œuvres eussent pris place dans le mouvement réaliste, auprès de celles d’Alexander, comme une tentative plus limitée, mais précieuse.Nogué, dans ses deux thèses, a d’une façon très curieuse et ap- (1) Depuis quo cos lignes ont été écrites, combien d’événements se sont passés dans lo monde philosopliiquu de Franco : mort de Bergson, mort de Brunschvicg, mort de Nogué, mort de Politzer dont le livre vigoureux avait soulevé tant de discussions; thèses de Gandillac et do Brice Parain; nouveaux livres de Jankelevitch, de Koyré (sur Descartes, complétant ainsi ses Etudes llaliléenncs), do Bachelard, de Ourvitch, d’Aron, de Sartre, de Bataille, de Caillois, de Itougcmont, de Grenier, do Berdineff.Et si je pense aux thèses qui so préparaient, d’Alquié, (1e l’abbé Gernet, do Duron, de Chastaing, de Boutang et d’Etienne Borne qui se rattache à la fois à Jacques Maritain et il Gabriel Marcel.J’ai voulu laisser l’article tel qu’il ôtait en 19.19.Je n’y ai rien changé.Il était destiné à la Nouvelle Revue Française, et je suis heureux qu’il paraisse dans la Nouvelle Relive. 578 I.A NOUVK1.LE KKI.KVi: profondie, présente line conception riche et nuancée de la vie mentale et exposé la genèse des idées d’espace et de temps.Il rejoint, bien que parti de philosophies comme celles de Pradines, certaines conclusions du beau livre du docteur Minhowski sur le temps vécu.Le récent livre d’Etienne Souriau sur VInstauration Philosophique contient des observations remarquables; et une fois que le lecteur s'est habitué à un certain vocabulaire, il le suit avec ce haut plaisir que l’on prend aux choses assez difficiles.Aucun livre n’est plus stimulant que ceux de Bachelard.Que ce soit sur la psychanalyse de l’esprit scientifique ou sur la psychanalyse du feu, ou sur les nouvelles conceptions philosophiques, il nous offre toujours des idées originales.Peut-être un peu surpris parfois de se?trouvailles qu’il a un peu cherchées.Mais le lecteur est surpris lui aussi et sympathise avec cet auteur qui parle précisément de la physique la plus récente, des alchimistes, ou de Lautréamont.( Puisse-t-il être un modèle pour les polygraphes moins poly — techniciens.) Georges Gurvitch, dans ses travaux sur la sociologie et la morale, continue sa vaste tentative de compréhension du monde et des relations sociales, et il reste, il sait que pour moi ce n’est nullement une critique, le métaphysicien qu’il était dans ses premières œuvres, tout en assimilant à un vaste système de supra-rationalisme, les faits et les résultats des enquêtes sociologiques.Jankelevitch a donné sans doute son meilleur livre en publiant Y Alternative, et peut-être la philosophie reprendra-t-elle à la musique cet auteur qui unit à un ton parfois tranchant une profonde modestie et fait preuve de tant de souplesse et de pénétration.Il est inutile que je parle ici des livres de Raymond Aron, sauf pour dire (pie, si remarquables qu’ils soient, ils laissent peut-être un léger sentiment de déception.C’est que, comme Aron le reconnaîtrait, c’est au delà d’eux, c’est une fois le terrain déblayé par eux, que l’auteur se montrera le mieux lui-même, avec cette grande maîtrise que ceux qui l’ont entendu lui connaissent, avec cette franchise qui ne recule devant rien.Et il serait inutile que je signale les belles thèses de Dalbiez, si ce n’était pour dire, ce que je crois être la vérité, que malgré les critiques, en général peu pertinentes, faites par les spécialistes, elles constituent un monument, un chef-d’œuvre de réflexion, important peut-être pour l’avenir même de la psychanalyse.Jamais, ni en France, ni même ailleurs, celle-ci n’a été exposée d’une façon plus profondément philosophique, n’a été appréciée avec autant de sympathique pénétration, ni critiquée sur certains points essentiels, avec une force aussi probante. LA PHILOSOPHIE FRANÇAISE EN 1939 579 Puisque je parle de psychanalyse, il faut mentionner les travaux du docteur Pichon qui après avoir étudié l’éducation des enfants, la linguistique, la psychanalyse, a consacré dans les Recherches l’hiloso-phiques un article à l’exposé de ses résultats d’ensemhle, — et la thèse importante du docteur Lacan.Est-il besoin qu’ici je mentionne Sartre ?Les lecteurs connaissent la Nausée, le Mur, ses jugements sur Faulkner et Dos Passos.La Nausée à elle seule demanderait une étude.11 convient en tout cas de dire toute sa portée.Et le fragment de livre sur 1 Imaginaire que la Revue de Métaphysique a donné, laisse prévoir la valeur de l’ouvrage.Inutile aussi que je m’étende longuement sur le Collège de Sociologie, entreprise un peu ambiguë, souvent passionnante.Mais peut-on essayer de constituer le « sacré )), et tenter en même temps de l’étudier ?Dès la naissance de ce « Collège », l’objection venait à l’esprit, comme elle vient à l’esprit devant l’œuvre de Durkheim auquel tout à coup les jeunes ont voulu se rattacher.Collège de psychologie, plutôt, où l’on apprend à connaître Bataille, Caillois, Leiris, malades-médecins dont chacun nous a donné de belles choses, et dont le second, avec le Mythe et l'Homme, a écrit un ouvrage philosophique de valeur, aride comme il veut, et fécond en même temps.De Rougemont, avec P Amour et l’Occident, comme avec ses livres précédents, nous présente des idées qui appellent la discussion sans doute, mais qui sont toujours d’un vif intérêt.Jean Grenier avec l’Esprit des Orthodoxies, et surtout avec le livre de philosophie qu’il prépare et dont j’ai été assez heureux pour voir quelques fragments, nous apprend à nous méfier de bien des choses qu’on nous a enseignées pour retrouver un sens primitif et délicat de communion avec la nature.C’est ce même sens, primitif aussi et plus violent, que l’on trouve chez Sinding dans un article publié en une des dernières années des Rech e relies P h ilosophiq ues.Klossovski, dans ses remarquables études sur le marquis de Sade, également publiées dans les Recherches, qui s’achèvent dans Esprit, paradoxalement, par un bel article plein de foi chrétienne, sur l’idée de Prochain, manifeste une pensée qui sûrement cherche encore, meme si elle croit maintenant avoir trouvé.Mentionnons l’influence sur les jeunes philosophes, du Journal Métaphysique, et des autres livres de Gabriel Marcel.Et certes, il est parmi les philosophes de la génération précédente, celui qui fit preuve de la plus grande vigueur métaphysique.Il convient de considérer enfin comme appartenant d’ores et dé- 580 LA NOUVELLE RELÈVE jà à la philosophie qui se développe sur le sol de France les travaux de Landsbcrg qui de Scheler est remonté à saint Augustin.Et sans doute, cette phénoménologie et cet existentialisme français 1 sont-ils un peu contrecarrés dans leur essor, chez lui, comme chez Berdiaeff, comme chez Marcel, dans ses dernières œuvres, par la facilité de certaines réponses religieuses; mais il faut dire aussi que l’appel religieux a été un moteur puissant de leur réflexion et que Landsbcrg exprime avec force des idées importantes.Tandis que Landsberg et Gurvitch se rattachent à la philosophie de Scheler, et la continuent et sur certains points la précisent et l’approfondissent, chacun de façon personnelle, Lévinas, qui a donné de Husserl une étude approfondie, et madame Rachel Bespaloff, dont l'ouvrage Cheminements et Carrefours est un très beau livre, sont sortis de l’école de Heidegger.Sortis est !e mot; car je ne crois pas qu’ils veuillent y rentrer.Enfin c’est à l'influence de Jaspers qu’il faut rattacher les travaux de Pollnov et de mademoiselle Hersch, génevoise, auteur d’un livre qui prend place parmi les œuvres de philosophie française.Ainsi nous voyons la vitalité de la pensée française.Encore n avons-nous pas fait leurs places aux recherches Iogico-mathémati-ques d’un Cavaillès et d’un Lautmann, aux réflexions de Chevalley et d’Ulmo.Pour le moment je voudrais, sans oublier ceux qui sont déjà connus, Bachelard, Souriau, citer surtout un Ruyer, un Dalbiez, qui sont des maîtres, Nogué, Grenier, dont la pensée est forte et vive, Sartre et Aron.Et je pense à tous ces étrangers d’origine, dont je n’ai cité que quelques-uns, et dont les maisons font partie maintenant de la maison de France.Jean Wahl (1) Signalons aussi l’intérêt soulevé |>ur l'œuvre tic Kierkegaard, les traductions de ses livres par Jean Gâteau, par Tisseau qui a entrepris un travail considérable et à qui nous devons tant, pnr Henri Petit qui n enfin donné au public français la traduction de l’œuvre philosophique la plus importante, le Post-Scriptum.Puisque nous parlons de traduction, il faut aussi mentionner la belle traduction de la Phénoménologie de llegel par Ilyppolite. DEUS EXCELSUS TERRIBILIS I Quand nous avons reçu votre Parole Dans la douceur du premier don La force et la joie du cœur neuf Vous nous gardiez dans votre Paix Vous mesuriez à la mesure humaine Notre part du calice amer.Nous avons souffert il est vrai Dans le corps et dans l’âme — les sens et l’esprit Et nous avons connu l’angoisse Mais toujours nous avons pu situer notre souffrance Et connaître qu’ailleurs le bonheur existait.Toujours nous avons pu trouver quelque réponse De la terre ou du ciel L’apaisement que répand la lumière Le rafraîchissement des larmes — la prière Le souvenir au moins de l’espérance Et l’amitié égale à la douleur.Tout cela est aboli Tout cela qui fut avant, Nous cheminons parmi les morts Et pleurons amèrement.Le Dieu de notre foi nous a abandonnés Il nous laisse à nous-mêmes. ’ - •• 582 l.A NOUVKM.l.Kl'.l.KVi: II Tout cela est englouti dans 1 éternel passé Tout cela qui fut avant.Avant que Dieu se soit entouré de terreurs Avant qu'il ait laissé aller son bras pesant Et qu'il ait fait paraître sa Justice Au noir soleil de ses décrets mystérieux.Avant le martyre des Nations, La France — en croix entre ses larrons — La Pologne et leurs soeurs de misère.Avant le massacre innombrable des Juifs, La pitié d’Israël immolé par des esclaves, Salus ex Judacis ! Avant que Dieu ait voilé son visage De ce voile de sang, Avant qu'il se soit détourné de l'innocence.Si nous crions Abba ! Pater ! Vous n’accueillez pas notre cri Il nous revient comme une flèche Qui a frappé la cible impénétrable, Vous nous replongez dans la nuit.C’est comme si nous avions perdu Notre Père Qui est aux Cicux Un abîme s’est ouvert entre la Miséricorde et la Misère Et vous ne voulez pas le franchir.La Sagesse nous a délaissés Nous avons perdu ses traces Les grâces de la joie et de la vie nous ont quittés Toute fraîcheur a disparu, toute fleur.Toute la terre féconde des calmes prairies du bonheur. meus KXCEI-SUS TERRI RII.IS IV Mon Dieu habitez-vous un ciel inaccessible Méprisez-vous le cœur de vos enfants ?Dans l’infernal tourment — ce désert sans limites Il est comme un roc ravagé par les vents.Le roc desséché peut-il fleurir Le cœur pétrifié peut-il prier ?En votre oubli peut-il se réjouir Consumé d’horresr [>eut-il pleurer ?Sans prière et sans joie et sans larmes Un cœur humain peut-il vivre ?Aux arides régions des silences du ciel Le cœur humain peut-il subsister ?V Nous n’oublierons jamais notre agonie Nous nous en souviendrons dans la vie éternelle.Ce que l’âme ne peut soutenir Ce qui ne peut ni s'imaginer ni se dire, Ce que nous souffrons, ce que nous aurons souffert, Nous en garderons éternellement le souvenir.La France brisée, souillée, ravagée, La famine, là-bas, qui amenuise les corps, Les enfants qui ne grandiront pas, Les adolescents qui sont en esclavage, En prison en captivité Les jeunes Français; Les femmes aux travaux forcés Et les otages de la haine Mis à mort par milliers.Ce qui ne peut se dire Ce que l’esprit se refuse à porter. 584 LA NOUVELLE RELÈVE VI Quatre millions de Juifs — et davantage — ont subi la mort sans consolation, Ceux qui restent sont promis au carnage.C'est Votre lignée — Seigneur — que l’on extermine ! Et les puissances meurtries et blasées Oublieront de les venger, Comme elles ont oublié de les secourir.Au-dessus de ce peuple né pour le sacrifice Flotte la nuée immatérielle du martyre Car ils sont vos Témoins ô mon Dieu ! Ces héritiers de l’Ancien Testament, Et il en coûte aussi cher de témoigner pour la Lettre Que pour l’Esprit de votre enseignement, Souverain Auteur de l'Ecriture.Israël a été conduit à la boucherie, Troupeau sans pasteur sans bergerie.Il a été traqué comme du gibier Dans les rues des villes et des villages, Les Jardins de la France.Des femmes se sont jetées par les fenêtres Avec leurs enfants pour ne pas les livrer Et d’autres se sont donné la mort pour fuir l’ignominie.Des vieillards ont abrégé leurs jours Parce qu’ils ont vu leur espérance condamnée.Et partout, Allemagne, où ton armée a passé.L’armée de tes bourreaux est venue avec elle Pour égorger tout être vivant, Détruire par le feu le refuge des pauvres Et la beauté des siècles dans les villes.Nous n’oublierons jamais ton infamie, Nous nous en souviendrons sur la terre Et dans la vie éternelle.Car nous avons été marqués du caractère De souffrance infinie. DEUS EXCELSUS TI-.KRI III LIS VII Le monde est tout entier posé dans le mal L’innocence de l’enfant dure peu d’années Et le bonheur de la jeunesse moins encore Les guerres sont venues et viendront après les guerres Et les révolutions après révolutions Et toujours l'homicide la bêtise et le mensonge Se partageront la terre Et il n’y aura pas d'acquittement pour les nations Mais seulement pour les âmes une à une.La sainteté a créé des oasis de Dieu Le désert a reçu des mendiants affamés de paix Et les ermitages sont devenus des monastères.Il n’y a rien de plus à inventer dans ce sens Et les cités de Dieu elles-mêmes Le peuple qui les habite est tributaire du péché.Il n’v a rien de parfait sous le soleil Les bons n’ont pas été séparés des méchants Ni le bien décanté du mal Mais il aura été donné à notre temps De voir régner les Princes de l’Enfer.VIII Dieu d’Abraham d’Isaac et de Jacob, Dieu de vérité d’amour et de bonté, Envoyez-nous une parole d’intelligence Montrez-nous le sens divin de nos souffrances démesurée La raison de l’homme ne suffit pas si elle n’est incluse Dans le rayon de votre lumière.Laissez-moi donc parler selon la folie qui saisit mon âme.Nos jours sont mauvais, infestés par l’enfer, Le désespoir tend ses pièges.Nul ne sera sauvé si vous n’abrégez les jours Livrés au Prince de ce monde.La foi nous assure que tout est bien de votre côté, Vous qui gouvernez l’Univers par la Sagesse.Mais nous portons notre foi dans des ténèbres de sang Parce que la cruauté et la haine ont inondé la terre 586 LA N OU V EM-K RELÈVE De leurs torrents irréprimés, Parce que la pitié est morte Et qu’ils ont peur ceux qui ont l’autorité et la force, Chiens sourds aux cris de la justice — chiens muets.C’est parce que Vous-même notre Dieu Vous nous avez abandonnés.Et l’Ange de la Vérité se tait Miroir de votre indifférence, Parce que vous nous avez abandonnés à nous-mêmes.IX Il en est temps, réveillez-vous Seigneur Jésus, venez ! O Vous qui avez pris un cœur semblable au nôtre Pour compatir à nos souffrances.Envoyez-nous une parole de lumière et de paix Donnez-nous de comprendre selon votre sagesse De parler selon votre intelligence De consoler selon votre miséricorde.Faites cesser les crimes.Souvenez-vous de l’innocence.Ayez pitié de votre peuple, Le peuple de la misère et de la peine Des humiliés et des opprimés de toutes les Nations, Et des Juifs, les opprimés du monde.Envoyez les Apôtres qui enchanteront notre douleur Selon l’efficacité de votre amour Et la douceur du Saint-Esprit, Comme jadis vous avez suscité vos psalmistes, Et donné l'enthousiasme et la connaissance Aux Prophètes Pour notre salut.Raïssa Maritain FONTILE1 L’amitié n’a souvent rien à voir avec rattachement intermittent qu’on peut ressentir pour un être.Qu’est-ce donc que l'amitié?Si j’avais eu un ami, c’était Georges Lescaut.Lui, et pas un autre.Et pourtant je n’avais ressenti aucun besoin de l’entendre parler de sa vie ou des siens.Lui avais-je dit une seule fois combien il m'était cher et jusqu'à quel point j’avais compté sur lui ?Il sentait plus cruellement que moi mes échecs; je n’avais pas à m’excuser devant lui de mes succès.Un jour, ayant appris la fausse nouvelle de la mort d’un camarade de collège que je croyais aimer, le voyant tous les jours, j’avais été surpris de ne pas le regretter plus qu’un indifférent.Je ne me rendis même pas à sa demeure où je l’aurais trouvé convalescent, car au dernier moment il avait été sauvé.Le premier choc passé, je m’étais aperçu que la pensée de ne plus le revoir ne m’affligeait pas.Il n’avait point fait partie de ces êtres dont le départ détruit le charme d’une promenade qu’on faisait ensemble et nous rend jténible de passer une soirée dans une maison où l'on était assuré de le rencontrer.De ce jour, je me mis à le fuir.Son besoin avait disparu avec la conscience que j’avais prise de la place qu'il usurpait dans ma pensée.Les amitiés de l’adolescence, rien ne peut en effacer complètement la trace dans notre cœur.Ce que nous avons de meilleur, nous le devons à la pureté et à la grandeur des sentiments qu’elles nous ont fait éprouver.Par contre, les amitiés formées au cours de la jeunesse ne tiennent pas autant.Il entre plus d’égoïsme dans les rapports des jeunes gens, moins de liberté et moins de générosité.Il y subsiste toujours un sentiment d’inégalité qui va grandir avec les années, causer des frictions, des divisions, même la haine.Les défauts qu'on se pardonne à quinze ans sont insupportables à trente, la franchise aussi.(1) Los trois premières parties sont parues dans les Nos d’octobre (No 7, vol.tir), novembre (No 8, vol.III) et décembre (No !>, vol.III). 588 I.A N0UVEI.1.E KKI.KVK On quitte des amis, sans cesser de les aimer, parce que, par certains côtés, ils vous sont devenus insupportables.Le besoin de sincérité, à l’égard du travail et des défauts d’autrui, coïncide à quinze ans avec le besoin d’absolu; dans la lutte pour la vie, ce besoin nous paraît contaminé au contact de mobiles moins nobles.Depuis quelque temps, Bonneville ne manquait aucune occasion de faire devant moi des comparaisons humiliantes.Il avait une certaine façon de laisser tomber une de mes questions, comme s’il ne l’avait pas entendue, qui me faisait sentir tout le ridicule de l’avoir posée.Je m’étais trop attaché «à lui, à sa manière de penser, pour ne pas en souffrir cruellement.11 tranchait dans l’absolu, où je ne voulais ni ne pouvais le suivre.Je reconnais que j’avais moi-même passé par cette phase.Mes échecs m'avaient appris que toute littérature ne pouvait remplacer une amitié., Je constatai que Bonneville ne me recherchait aucunement et que c’était moi qui accourais tous les jours à son bureau.Je restai quelque temps sans revenir, espérant une invitation ou une demande d’explication qui ne vint pas.Ce que j’ignorais c’est qu’Armande l’avait congédié sous un prétexte absurde et qu’il m’imputait sa disgrâce.Quelque temps après la mort de mon grand-père, mon père m’avait donné quelques obligations et le contrôle des actions d’une compagnie J'assistais avec lui aux réunions du conseil de direction et commençais à m’initier aux affaires.Mais mon cœur n’y était pas.Par nature, je suis incapable de continuité.Devenu malgré moi homme d’affaires, je ne rêvais que de distractions.Le matin, j'écrivais.La poésie, parce qu’elle impose des règles rigides, me paraissait un excellent exercice d’assouplissement.Les difficultés m'attiraient.Installé à ma table, que j'avais fait transporter dans l'ancienne chambre de mon grand-père, débarrassée de ses meubles, je ne voyais pas passer les heures.Midi sonnait toujours trop tôt.Une telle exaltation au travail enchantait ma belle-mère.Pour lui faire plaisir, je m’étais abonné à plusieurs revues d’économie politique et je faisais venir de tous les coins de la terre d’indigestes bouquins qui dormaient sur les rayons ou au fond des tiroirs.Le fouillis qui régnait dans cette pièce faisait le désespoir des bonnes.Pour se venger, en époussetant, elles jetaient un cadre par terre.Je ne me mettais même pas en colère.Ma belle-mère se félicitait des prodiges ojxirés par l’amour et le travail.Je voyais souvent Armande.Je souffrais beaucoup de ce côté, partagé entre la crainte de la perdre et celle d’être dupe.Bien qu’il n’y eût entre nous aucun échange de promesse, ni même la moindre allusion au mariage, elle modelait sa pensée sur la mienne, pliait la FO N Tl LIC 589 ligne de sa vie pour que je ne fus pas dérangé.Scs parents m’invitaient à dîner le dimanche.Dès que nous étions seuls nous nous embrassions.Armande ne souffrait pas quand, indécis ou ayant des velléités de rupture, je demeurais parfois plus d’une semaine sans donner signe de vie.Ma belle-mère ou ses amies la renseignaient sur mes sorties.Mais je ne pouvais longtemps chasser de ma tète les images d’Armande.Je retournais chez les Aquinault.Les mois d’hiver furent particulièrement pénibles.Bonneville ne paraissait pas souffrir de mon éloignement.La crise économique sévissait cruellement à Fontiie.On blâmait les chômeurs, on se moquait d’eux, on commençait un peu à les redouter.Depuis quelque temps, ils tenaient de fréquentes assemblées, où des orateurs parlaient de dignité humaine, d’égalité, de partage des richesses.Je n’osais me rendre à ces assemblées, mais je comptais beaucoup d'amis parmi les ouvriers.On se disputait dans certains quartiers l’honneur de me choisir comme parrain.J'avais une douzaine de filleuls.Il va sans dire que dans ces cas je me chargeais de tous les frais.On le savait.Cela flattait mon amour-propre et mon besoin de dévouement.Notorius Vaillant, le chef incontesté de la révolte sourde qui se préparait, affectait d'appeler mon père «Hector» et de me donner des conseils.11 m’amenait les miséreux, que mes dehors de pasteur protestant tenaient en respect.Je me rendis à la demeure de Vaillant pour m’enquérir des développements qui ne tarderaient pas à se produire, car, par suite de manœuvres politiques et de querelles de prestige, aucune entente n’avait été conclue avec le Gouvernement au sujet des secours et les marchands, l’un après l’autre, refusaient tout crédit aux chômeurs.Une femme blondasse, à la mine débraillée, vint ouvrir et me salua avec une légère affectation.Le coup de sonnette l’avait probablement surprise dans la cuisine, où les enfants mangeaient.Sa gorge copieuse ballottait dans une robe trop ample.Le teint, sans profondeur, à reflets bleuâtres, trahissait la maladie.Il y avait dans son sourire, dans l'intonation de sa voix, une soumission ancillaire.Elle m’introduisit dans un cabinet, large de deux verges à peine sur trois de longueur et donnant par une étroite fenêtre sur une place entourée de hautes maisons.Un meuble bas, à porte vitrée obstruée par un papier translucide, occupait un petit espace au fond de la pièce.La table, encombrée d’agendas, de brochures, avait été tournée obliquement devant la fenêtre.Pour atteindre son fauteuil, derrière la 590 I.A NOUVELLE KEI.ÈVE table, Vaillant devait enjamber un coffre et un tabouret.Deux sièges faisaient face à la table.Je pris place sur l’un d’eux.Vaillant nie rejoignit bientôt.Deux vieilles femmes, avaient à leur tour, fait accourir la femme blondasse, et attendaient dans la salle à manger.Vaillant, de taille haute, appartenait à cette catégorie d’hommes blonds, prématurément vieillis.Quand il souriait, on entrevoyait une rangée de courtes pointes blanches.Abattus par la fatigue et les soucis, les yeux dépigmentés, hésitaient entre le bleu déteint et le gris bleuté.Il présentait tous les signes extérieurs de l’épuisement précoce.Il avait l’élocution lente, l’allure penchée, le teint terreux des hommes à qui il reste tout au plus la force de prolonger une existence devenue problématique.Mais ce n’était là que des apparences.Car, sous ce front morbide, brillait une vitalité mystérieuse, alimentée aux sources d’une ambition démesurée.La vie de Vaillant, dont les parents a-vaient été à l’aise, fut une suite ininterrompue d’épreuves, noblement acceptées, d’échecs publics, de faillites plus ou moins bien replâtrées.Il vivait maintenant de maigres suppléances.Il trompait ses auditeurs par son air désabusé et paraissait par surcroît peu maître de lui.Les mots tombaient en cascades de ses lèvres décolorées.Dès la première rencontre, il parlait de tout et longuement, se souciant peu de l’impression produite.Cela ne plaisait pas toujours.Il avait fondé plusieurs clubs politiques dont il perdait la direction à la première élection.Il s’en désintéressait alors complètement et en fondait un autre.On aurait pu, à l’aide de tous les calepins qu’il cachait dans son armoire, suivre tous les mouvements de cet homme depuis l’âge de seize ans.Sans instruction, il accordait à tout ce qu'il pouvait écrire une importance extraordinaire.On ne le voyait jamais sans son calepin.Il notait les conversations, les discours, les racontars et en général tout ce cpii traversait son esprit.Il avait couvert des tonnes de papier.Le calepin terminé était enveloppé d’une couverture noire, étiqueté, catalogué et rangé dans une armoire dont il fermait religieusement la porte à double tour.J’avais souvent assisté à la scène suivante.— Sont-ce là ses paroles exactes, demandait Vaillant en sortant son calepin.— Nous ne sommes pas en Cour, répondait l’interlocuteur intimidé à la pensée que ses paroles allaient être transcrites.— Non, mais tu pourrais bien être conduit en Cour, si tu 11e dis pas la vérité. I'ONTII.K 591 — Eh bien ! vous ne saurez rien.— Je t’ai entendu la première fois.Il y avait quelques variantes.Ajoutons à cela que Vaillant avait la manie de la persécution.Il notait des choses compromettantes pour ses amis, craignant d’avoir à s’en servir.En me voyant, il se plaignit d’être toujours dérangé.— Mais vous n’avez qu’à faire répondre que vous êtes absent.— Et le téléphone ?— C’est encore plus facile.— On m’appelle la nuit.Si encore c’était pour des affaires importantes.Quand je suis éveillé, je ne puis me rendormir.II laissa tomber la fin de sa phrase et inclina la tête sans violence.Selon Vaillant, il ne se passerait rien cette fois encore.Mais le jxmple se lasse.11 comptait peu sur une émeute dans Fontile.Le mouvement viendrait, pensait-il, des grandes villes.A Fontile, on ne comprenait pas, du moins parmi les ouvriers, le mot capitaliste.Il y avait les Berthomieu, les Pollender, etc.On les côtoyait dans la rue, à pied le plus souvent, moins bien vêtus que certains de leurs employés.Aucune femme de fonctionnaire n’aurait troqué ses parures pour celles de Madame Berthomieu et les chapeaux de ma belle-mère ne faisaient même pas envie aux ouvrières.Le docteur Desartois mangait dans la cuisine des maisons qu’il visitait.Chez nous, le capitalisme était une couleur politique.Ce fut Bonneville qui, sans le vouloir, déclancha la crise.Son article, tourné dans le ton badin, de loin le plus sarcastique qu’il eût rédigé depuis son entrée au journal, décrivait une conversation imaginaire entre le magistrat municipal et le député, chacun refusant de céder devant l’autre et prêts tous les deux à rester sur leurs positions jusqu’à l’extinction de la population de Fontile.L’article parut dans l’édition du midi mais fut supprimé dans celle du soir.A cinq heures, les bureaux furent envahis par les gens qui en avaient eu des échos et qui, ne le trouvant pas dans leur édition venaient le lire sur les filières.Je me rendis aussi au journal.Parmi les plus pondérés, on jugeait cette plaisanterie pour le moins déplacée et de nature à soulever la population.En rentrant à son bureau, après le dîner, Bonneville y trouva un homme qu’il ne reconnut pas tout d’abord, car il était resté dans l’ombre, mais dont la voix familière révéla aussitôt l’identité.M.le député n’appréciait pas la plaisanterie.C’était un homme sérieux, dont la voix grave, le regard austère, la démarche altière proclamait trop haut l’intégrité et la bonne foi.Quand il rendait 592 LA NOUVKLLK UKI.LVK compte de son mandat, il répondait point par point à toutes les critiques de son adversaire, si peu convaincantes fussent-elles.Il n’avait rien à cacher.Ses agents, plus habiles, le défendaient toujours personnellement.«C’est un homme intègre, mais il est mal entouré.)) Pouvait-on lui reprocher de compter parmi scs organisateurs des êtres sans aveu ?— C’est vous, Bonneville, qui avez écrit cet article folichon ?Il tenait à la main le journal et du doigt il désignait l’article irrespectueux.Bonneville lui tournait le dos, occupé à tirer la cordelette du plafonnier.Il eut un petit rire, qui voulait être sardonique, mais qu’il écourta en voyant la mine du personnage qui se tenait devant lui — Vous ne me direz pas qu’on ne vous l’a pas inspiré.— J'en suis seul responsable.— Allons, n’essayez pas de jouer au plus fin avec moi.(C’était une phrase du vicaire).Vous savez bien que ça ne prend pas.(Celle-là aussi.Il se mordit la lèvre.) Dans son malheur, il ne trouvait que des phrases toutes faites, comme dans ses discours.Lui-même en avait un arrière-goût désagréable de ressassé.Il cherchait une occasion de dire une brutalité qui changeât l'atmosphère et le vengeât en même temps.Bonneville la lui donna.Le journaliste voulait lui expliquer que le maire avait été amusé par son article.— Le maire.commença-t-il.Le député avec cette habitude qu’il avait des répliques à l’emporte-pièce l’interrompit triomphalement : — Si vous travaillez pour le maire, allez vous faire payer à l’hôtel de ville, dit-il, feignant de croire à une impossible collaboration.Cette phrase n’avait aucun sens, mais elle le vengeait.Sans attendre la réponse, il sortit dignement et referma non moins dignement la porte extérieure.Trop tard cependant pour ne pas entendre l’éclat de rire formidable qui secouait Bonneville.Car si le journaliste avait risqué ce coup, c’était après avoir adressé sa démission au directeur.Le lendemain soir, quand on apprit de la bouche du président que les allocations étaient supprimées, ce fut la panique.Presque en même temps, des groupes se formèrent dans les quartiers.Personne n’eût songé à donner le nom de manifestation à ces mouvements surgis spontanément et qui d’un commun accord convergèrent sur l’hôtel de ville.A l’aqueduc, des groupes venus du nord rencontrèrent des éléments partis de l’est et, pendant quelques minutes, il y eut des cris, un commencement de chahut.On ne voulait pas paraître ma- . FONTILE 593 nifestcr moins de zèle d’un côté que de l’autre.Puis des meneurs prirent la tête de la foule qui se rua dans la petite rue du Marché en direction de l’hôtel de ville.Dans les jardins municipaux, la foule était compacte.Le greffier, un jeune fonctionnaire sérieux, sortit à la fenêtre du bureau du maire et déclara que le magistrat était absent de la ville.Son discours fut interrompu par des rires.Dans la rue du Dépôt, où les paroles de l’orateur ne portaient point, quelqu’un entonna une chanson grivoise.La foule était gaie.Bientôt, le greffier disparut et le mot d’ordre fut donné de se rendre à la maison du député.Une autre déception attendait la foule à cet endroit.Le député était dans la capitale et, Astries, son beau-frère vint prier les manifestants de se retirer car l'épouse du député était malade.Il ajouta que le député faisait tout en son pouvoir pour obtenir des crédits.— Il est mieux de réussir, cria quelqu’un.Mais la foule ne bougea pas.Un chuchotement de mauvais augure montait comme un orage sur le point d’éclater.Astries, distinguait des visages patibulaires, que, la nuit tombante dans cette petite rue, rendait presque sinistres.11 ne reconnaissait personne.Il avait peine à croire que tant de gens fussent intéressés par cette question de secours.La nuit venait rapidement.Beaucoup de ceux qui étaient là, s’étant vu refuser des crédits chez, les marchands, n’avaient pas mangé depuis le matin.L’éclat d’une vitre brisée fut suivi presque aussitôt par le cri strident des sirènes de la police.La femme du député, affolée, avait appelé la force publique à la rescousse.Le directeur de la sûreté traversa la foule qui s’écarta devant sa voiture.Bien que très jeune, il avait suffisamment l’expérience des foules pour savoir qu’il n’arrivait pas trop tard.Ceux qui étaient en arrière croyaient à l’arrivée du député.On le réclamait à grands cris.Un jeune avocat, de ceux qui étaient dans la faveur du gouvernement, voulut prendre la parole mais il ne put dominer le tumulte.Son intervention ne fit qu’envenimer les esprits.On pouvait s’attendre à un mauvais coup.Le directeur de la sûreté apportait un message.Il venait annoncer que tout le monde allait manger.Pendant que la foule se rendait à l’hôtel de ville puis à la demeure du député, l’adversaire politique de celui-ci n’avait pas perdu son temps.Il avait établi une cantine dans le soubassement de l’église et il invita tout le monde à s’v approvisionner en attendant le règlement de ce malentendu.La foule se porta devant Saint-Romuald, où l’on centralisait les 594 LA NOUVELLE RELÈVE dons de toutes espèces.Le fond de la salle disparaissait derrière des piles de pains, toutes les tables qu’on avait pu trouver débordaient sous la charcuterie.On demanda alors aux gens de se retirer.Les boîtes, remplies en tenant compte du nombre de personnes inscrites par famille, seraient livrées à domicile.Le premier camion fut pris d’assaut et les policiers de faction culbutés.Ce que voyant, je sortis à la porte, invitai tout le monde à entrer.L’émeute était évitée.La distribution se poursuivit, au milieu d’un désordre indescriptible, jusqu’au matin.J’avais pris la charge d’un comptoir de charcuterie, mais c’était un poste de spectateur.Les gens se servaient eux-mêmes, s’arrachaient les morceaux des mains.Parfois une femme ou une fillette, plus timides, me présentaient, à bout de bras, un vieux sac.J y jetais un morceau de viande et des saucissons.Les provisions continuaient d’arriver en grandes quantités.Il fallut cacher une vingtaine de gâteaux envoyés par une Anglaise et accompagnés de sa carte.Quelques-uns, ignorant les besoins, apportaient des piles de vêtements.Nous ne savions comment en disposer.Vers quatre heures, il ne restait plus dans la salle que des vieillards et des enfants.Nous leur partageâmes généreusement les restes.Depuis quelques minutes, le Curé était descendu.D’un œil judicieux, il évaluait les dommages.Ceux-ci n’étaient pas considérables : quelques chaises écrasées ; la rampe du petit escalier de la scène avait cédé et gisait dans un coin.Le parquet était couvert de boue, de victuailles souillées, de débris de toutes sortes.Un remugle de boucherie mêlé aux odeurs humaines régnait dans la place.Quelques jeunes gens, qui détestaient l’ancien candidat et ne voulaient rien lui devoir, s’emparèrent de moi à la porte aux cris de «Vive Julien Pollender».C’était ridicule.J’essayai de leur montrer leur erreur, mais ils ne voulaient pas entendre raison.Avec des chants et des vivats, ils me reconduisirent jusqu’à ma porte.Puis il fallut leur faire un discours pour les disperser.— Julien Pollender à l’hôtel de ville ! Vive Julien Pollender ! criaient-ils.Les voisins se montraient aux fenêtres.L’arrivée de mon père mit fin à la manifestation.Je montai à ma chambre, fit machinalement les gestes de me mettre au lit.Mais je ne pouvais dormir.Je retournai à la fenêtre.Le démon de la politique s’était glissé dans ma chambre.Je me voyais député.Qu’était la gloire littéraire auprès de ce triomphe ?pensai-je.Dès midi, je courus acheter un journal.Pas un mot de la mani- FONTILE 595 festation de la veille.Et pourtant j’avais reconnu dans le groupe mon ami Bonneville.Mon nom n’était pas mentionné.Je tournai et retournai le journal, ne pouvant croire à cet oubli de Bonneville.Au bureau de poste, je croisai le journaliste.Il me parla de ses ennuis, de sa lettre de démission.— Vous n’auriez pas dû l’envoyer sans m’en parler, lui dis-je, car je continuais de l’aimer et de vouloir lui être utile.— Le député lui-mcme.— Mais il n’a aucune influence au journal.C’est un acteur qui se prend au sérieux.Après les élections, il ne pourra même plus habiter Fontilc.— Si j’avais su.— Je retirerai votre lettre.— Si vous êtes capable.Ils ont tant de choses contre moi.Et à propos, vous avez remarqué que je n’ai pas dit un mot de votre (( triomphe )) d’hier.Je ne voulais pas vous rendre ridicule.En parlant, il avait détourné les yeux et je crus qu’il rougissait.J’intercale ici une lettre de mon ami Bonneville à sa sœur Louise.Je ne l’ai lue que beaucoup plus tard et dans des circonstances que ce récit m’amènera à raconter.Elle permettra au lecteur de me regarder à travers les yeux du journaliste.Si je rapporte ici ces lignes, c’est qu'elles éclairent ce qui va suivre.« Chère Louise «Tu seras sans doute étonnée de recevoir de mes nouvelles.Je suis un mauvais frère comme j’ai été un mauvais fils.Depuis la mort de papa, je n’ai pas eu le courage de vous écrire.Tu ne sauras jamais quel enfer j’ai traversé depuis le jour où je vous ai quittés.Il me suffira de te dire que j’ai appris le décès plusieurs jours après l’enterrement au milieu de malheurs indicibles.J’avais été expulsé de ma ehambre, que je ne pouvais plus payer, et j’errais toute la nuit dans les rues, dormant sur des bancs ou dans l’encoignure de bâtisses abandonnées.Je ne mangeais à peu près rien.Je ne fais pas de littérature en te disant que j’ai souvent eu la tentation de voler.Mais passons.Je dois vous apparaître comme un fantôme à Lucie et à toi, j’allais écrire comme un revenant qui ne revient pas.Mais que veux-tu, elle a été brisée si jeune ma vie.« Ma vie auprès de ma mère, qui sait pardonner, et auprès de toi qui sais aimer, j’ai pensé la faire renaître, mais il est trop tard.Dans tout ceci, il y a du châtiment mais tous les tôrts ne sont pas de mon 596 LA NOUVELLE RELÈVE côté.Je sais que tu tue comprends assez pour deviner ce que je ne dis pas., .« Mais je ne t’écris pas pour me plaindre, au contraire.J’ai ici une situation lucrative.C’est tout ce que je puis dire.Je travaille d’arrache-pied dans un milieu hostile.« En souvenir des mauvais jours, j’ai à peu près recueilli un pauvre type qui m'encombre mais auquel je suis très attaché.Nous sommes tous les deux étrangers dans cette ville et cela nous a valu des inimitiés tenaces.J’ai aussi un ami dont je te parlerai à la fin de ma lettre.Mais je veux te décrire un peu cette petite ville, tu comprendras pourquoi plus tard.J espère que cette terre d endorme-ment ne sera pour moi qu’un intermède que j’emploie de mon mieux à compléter mon éducation.La couleur politique de mon journal est celle des corps déshydratés.Toute nouvelle assez insignifiante pour 11e pas être (( tabou )) est passée avant la publication à travers le tamis de l’ennui le plus morne.((On fait beaucoup de discours ici, il y a même une école pour adulte où l’on enseigne non pas à penser mais à parler sans avoir réfléchi.On est diplômé quand ou a maîtrisé l'art de dérouler des phrases creuses pendant soixante minutes sur un sujet dont on ignore le premier mot.Pour empêcher les gens de se préparer au moment où l’orateur se lève on tire les sujets d’une boite, remplie de papiers préparés à l’avance.Celui-ci enfile un certain nombre de phrases stéréotypées sur la distinction de l’assemblée, l’importance du sujet, puis il développe le thème choisi en trois points.Tu croiras que personne n’écoute de pareilles balivernes.Au contraire.Tous les élèves sont attentifs.Quelques-uns prennent même la chose très au sérieux.Pour se donner le temps de trouver des mots, certains allongent indéfiniment la dernière syllabe ou promènent sur l’assemblée un regard électrique, d’autres toussotent à la fin de chaque phrase, enfin, en dernier ressort, il y a toujours le traditionnel verre d’eau.Quand I’élève-orateur ou conférencier possède son diplôme, il verse aussitôt sa contribution au Club du Tigre empaillé, de la Girafe commerciale ou du Hibou professionnel selon qu’il appartient de son état aux métiers, au commerce ou à une profession libérale.Moyennant une contribution plutôt minime et le prix de son déjeuner hebdomadaire, il peut, devant un faisceau de drapeaux, dérouler des stupidités sur toutes les questions de son ressort : politique internationale, éducation, droits de la femme, etc.Il est écouté religieusement, rarement interrompu par les applaudissements durant son élucubration mais on lui fait une ovation à la fin.11 s’asseoit alors ayant réglé pour les hommes d’Etat les plus angoissants problèmes de l’heure et nulle- KONTJI.E 507 ment inquiet de l’avenir car la semaine suivante les même problèmes sont de nouveaux réglés par un de ses anciens condisciples de 1 école oratoire et avec le même succès.Comme il y a six clubs, je suis assuré de six déjeuners sur sept.Le matin, quand il n'y a ni mariage ni funérailles, je me rends au Palais.Un vieux juge désabusé et ironique entend les causes, contrc-interroge les témoins, mène le bal.Le ne sont pas les avocats qui manquent à I1 ontile, car chaque famille distinguée, et même quelques autres comptent un de leurs membres au Barreau.Mais la plupart répugnent à perdre leur temps à la Cour.Ils jouent au golf ou visitent des parents en été, font la chasse, la j)êche en saison, et du ski l’hiver.Il y a ici une belle société, mais elle est plus compartimentée que clans les romans les plus snobs.Dans une ville américaine, les écrivains dont le traitement est de soixante mille ou plus par année ne regardent pas ceux dont le talent est coté entre vingt-cinq jnillp et soixante et de même ceux-ci méjugent tous ceux qui s’échelonnent en-dessous de leur minimum.Fon-tile ressemble en tout point à cette ville à cette différence qu’au lieu de traitement on parle ici de revenu.Mais il serait oiseux de t’entretenir plus longtemps de ces détails.« Je me suis lié d’amitié avec le fils d’une de ces familles qui est reçu dans les salons les plus fermés, Julien Pollender.Sa famille compte des magistrats et contrôle les actions de plusieurs grosses industries et la banque locale.Mais Hector Pollender est un joueur.Le jeu l’a lié avec Charnel, le surintendant de l’immeuble du journal, à qui il fournit de l’argent à la condition .qu’il le perde.Quand le malheureux est favorisé, il l’abreuve d’injures.Hector Pollender a cependant doté sa fille et généreusement, je crois.Il tient Charnel, lui-même fils dégénéré d’une bonne famille, par quelque promesse d’avantages qui ne viennent jamais — sauf dans le cas de sa fille • mais qui l’attachent.Jamais deux amis n’ont été aussi différents.Charnel, je l’ai éprouvé par ses persécutions, est capable de mesquineries de concierge; c’est un ivrogne et un paillard.M.Pollender ne boit pas.Il a le génie des affaires.Il pourrait jouer avec ses égaux mais il préfère la compagnie de Charnel et les rencontres d occasion dans des chambres d’hôtel.Il y a là un mystère qu il ne ferait peut-être pas bon pour moi d’élucider si je tiens à rester dans Fontile, car de par sa position à la banque, il est l’homme le plus puissant de la ville . (> livre témoigne de la fécondité du mouvement de pensée dont la première grande manifestation a été l’ouvrage de J.Maritain Les degrés du Savoir.On y reconnaîtra les qualités de profondeur et de précision que de's lecteurs de plus en plus nombreux ont appréciées dans les précédentes publications d’Yves Simon.Ce technicien de la recherche philosophique se moque des philosophes-ès-lettrcs, mais sait décrire avec une force émouvante les mystères de la vie de l’esprit.Fait assez rare parmi les travaux de ce genre, Prévoir et Savoir est écrit dans une forme parfaitement adaptée à l’expression de l’enthousiasme studieux et de la joie de connaître.Prix : S 1.25; par la poste : S f.3.r> LE PLUS IMPORTANT OUVRAGE PUBLIE EN AMERIQUE DEPUIS 1939 J.-T.DELOS LE PROBLEME DE LA CIVILISATION LA NATION I Sociologie de la nation il Le Nationalisme et l’ordre de droit 2 uolumet : S .3.00 Jta psiemielo 'edition, vendue en 2 moil ROGER LEMELIN AU PIED DE LA PENTE DOUCE roman « Voici un roman qui sera beaucoup lu, fera beaucoup parler et fera rire davantage; mais, ce qui importe par-dessus tout, il ouvrira des yeux, fera germer le sens de la responsabilité sociale, suscitera des initiatives chez notre jeunesse tellement disponible, l’incitera à se souvenir que l’esprit chrétien ne consiste pas à crier «Seigneur, Seigneur», mais à «donner à manger à ceux qui ont faim et à vêtir ceux qui sont nus».« Ecrit à l’occasion d’un milieu et d’un cas particuliers, ce roman atteint cependant par la signification profonde de ses peintures et de ses réflexions, par la qualité des images, par (’agencement de ses foyers d’intérêt, par la stylisation de ses caricatures, par la finesse aiguë de l’écriture, à l’universalité du grand roman.» Jacques Themdlay llclationi Prix : $1.50 YVES THERIAULT CONTES POUR UN HOMME SEUL Thériault a créé un mond unique, irréel et puissant.On songe en le lisant h Ramuz, mais ce n'est pas cela.Ce n’est pas non plus du Jouhandeau, mais une oeuvre où l’on retrouve ce qui fait la grandeur de ces deux maîtres.Prix : f 1.25 COLLECTION PROBLEMES ACTUELS JACQUES MARITAIN LE CREPUSCULE DE LA CIVILISATION o.GO M.-A.COUTURIER ART ET CATHOLICISME en réimpression COMTE SEORZA LES ITALIENS TELS QU’ILS SONT 1.25 YVES SIMON LA GRANDE CRISE DE LA REPUBLIQUE FRANÇAISE 1-25 UN DIRIGEANT FRANÇAIS TÉMOIGNAGE SUR LA SITUATION ACTUELLE EN FRANCE, Preface de Jacques Maritain 0.75 AUGUSTE VIATTE L’EXTRÊME-ORIENT ET NOUS 0.05 GUSTAVE COHEN LETTRES AUX AMÉRICAINS 125 DON LUIGI STURZO LES GUERRES MODERNES ET LA PENSÉE CATHOLIQUE 1-25 COMTE SFORZA DEMAIN IL FAUDRA FAIRE GRAND 0.35 G.-A.RORGESE LA MARCHE DU FASCISME sous presse Tùte nouveauté de ‘Partit LA FEMME ET SA MISSION par Maurice Donnay, R.P.BenoIt Lavaud Du Pierre Merle, Yvonne Estiennb Pierre Henri-Simon, Daniel-Roi>s et autres Paru chew Plon dans la collection < Présences », en 1041 Aucun livre ne traite de la femme comme cette œuvre rédigée en collaboration par des prêtres, des médecins, des psychologues et des sociologues distingués.Tous les problèmes que rencontre la femme sont étudiés dans ce livre sous les angles les plus divers.11 n’est pas jusqu’à la prostitution qui n’ait retenu l’attention des auteurs.Ce livre analyse les avantages que la femme moderne, les nouveaux devoirs que lui incombent, les nouvelles responsabilités qui viennent s’ajouter poirr elle à celles de l’amour, des professions, de la maternité.Tous les hommes devraient lire ce livre; toutes les femmes aussi.Car il s’adresse aussi bien à l’homme pour lui faire comprendre sa compagne qu’à celle-ci pour lui montrer les infinies virtualités de sa vie.Prix: il.50 Problèmes de la sexualité Problèmes de la sexualité groupe plusieurs écrivains et spécialistes de grand renom, notamment Jacques de Lacretclle, de l’Académie française, le R.P.Benoît Lavaud, o.p., le chanoine Monchanin, le docteur René Biot, Pierre-Henri Simon, Peter Wust, Daniel-Rops et autres.l.e premier livre vraiment complet en celte matière délicate.Paru ehes Plan, dans la collection “Présences’’, Distribué par les Editions de l’Arbre, Prix: S 1.25; par la poata : S 1.35 PIERRE BENOIT LE SENTIER COUVERT roman Une reconstitution presque hallucinante de la vie de la petite bourgeoisie à Montréal il y a cent ans.Sous presse ROBERT LAFRANCE L’IRREELLE roman EXTRAIT DE PRESSE "Le roman de M.Robert I.afrance aura sans doute grand succès.Il parle aux âmes sensibles”.‘‘Il faut en recommander la lecture — pour leur plaisir, s’entend, — aux personnes qui ne détesteraient pas de voir Maurice Dekobra prendre de temps à autre le style de Delly." Henri Giiiard, Le Canada Prix: tl.50 THÉRÈSE TARDIF Désespoir de vieille fille Aucune femme n’avait trouvé des accents aussi déchirants pour peindre les abîmes du cœur féminin.Un ouvrage d’une qualité, d’une résonnance pathétiques.Edition numérotée sur Japon : $ 2.50,- sur vergé : $ 1 oO Prix : $ 0.60; par la poste ; $ 0.65 Paru : JACQUES MARITAIN HUMANISME INTEGRAL Le livre qui répond aux questions que se posent tous les hommes de bonne volonté sur les relations humaines dans les sociétés d’nprès-gucrrc.$ 1.50 L'Hôtel Windsor possède une atmosphère de distinction très recherchée et est visité par des voyageurs de renom venant de toutes les parties du monde.Il est renommé pour ses chambres ultra-modernes et confortables, son excellente cuisine et son service aussi irréprochable que courtois.?H Ct T E.1— inôsor CARRE DOMINION Pg/iuA, dtanl la COLLECTION DES Classiques de l’Arbre dirigée par le professeur Auguste Viatte VIGIY Introduction et notes pur Fernand Baldensperger 1 volume de 200 pages : $ 1.25 Introduction et notes par George Racders 2 volumes de 300 pages : $ 3.00 SOUS PRESSE RABELAIS.Auguste Viatte, Université Laval BALZAC.Fernand Baldensperger, Université de Californie HISTORIENS ROMANTIQUES.Roger Picard, Université de Paris BEAUMARCHAIS.Jacques Schérer SUIVRONT LES ROMANCIERS REGION ALI STES.Pierre Brodin, Lycée français de A’ru1 York et Henri Brugmans, Cornell University LA FONTAINE.René de Messières, Ecole Libre des Hautes Etudes, RACINE.A.F.B.Clark, Université de Colombie britannique VOLTAIRE.Fernand Vial, Fordham University VILLON.Marcel Raymond, Montréal.MUSSET, Georges Raedcrs, Lycée français, Rio de Janeiro LAMARTINE.Louis Allard, Harvard University LA BRUYERE.Léon Wencélius, Sivarthmore College CHATEAUBRIAND, J.-M.Carrière, Université de Virginie LES CONTEURS.Luc Lacourcière.Université Laval BAUDELAIRE.Jean Le Moyne, Montréal.BOILEAU, René Gautheron, Université Dalhousie Sont fLG/uU TOME I TOME VI TOME II TOME III TOME IV TOME V Histoire «lu Canada par F.-X.GARNEAU La nouvelle édition de l'Histoire du Canada de F.-X.Gar-neau, soigneusement revue par le petit-fils de l’auteur, M.Hector Garneau, se distingue de toute façon des éditions publiées à Paris.Le texte adopté est celui de la quatrième édition de 1882.Il comporte non seulement la suppression des passages périmés, mais encore des additions qui font suite au récit, certains redressements qui s’imposaient.D’autre part, les notes et les appendices sont remplacés par de brèves références et une bibliographie mise à jour, où figurent avec avantage les meilleurs livres des historiens et des érudits canadiens.Cette réédition s’adresse au grand public à la fois et aux élèves de nos maisons d’enseignement secondaire et supérieur.EDITION EN NEUF VOLUMES FORMAT BIBLIOTHEQUE On peut souscrire dès maintenant à la série chez son libraire ou chez Tiditeur Les 7e et 8e volumes sont sous presse.Le 9e volume qui contiendra l’index analytique paraîtra en mars.
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