Focus : Saguenay Lac St-Jean, 1 janvier 1981, Octobre
iÜiMisæï&is OCTOBRE 1981 NO 45 ¦ PER F-195 EX.2 1 Saguenay-Lac-Saint-Jean ¦ DESBIENS: ON FERME?PORTRAIT DU CANCER DANS LA RÉGION UNE ECOLE ALTERNATIVE AU SAGUENAY RETOUR DU PROFESSEUR LENTILLE NOS OBJECTIFS Les buts et objectifs de la revue Focus, sont les suivants: 1.Assurer une qualité de l'information en intervenant sur les sujets d'ordre social, culturel, politique et économique de telle façon qu'ils correspondent aux enjeux collectifs, ce que ne fait pas la presse traditionnelle dû.à sa structure et/ou ses intérêts économiques.2.Etre un outil d'intervention afin de provoquer des débats dans la population et plus particulièrement sur les points suivants, ce qui ne signifie pas pour autant que nous limitons notre intervention à ces seuls pôles: - la qualité de l'information; - la lutte anti-sexiste; - les conditions de la vie des travailleurs et non-travailleurs; - le développement culturel; - la qualité de l'environnement; - encourager les luttes pour arriver à une plus grande autonomie régionale (économique, culturelle, etc.).3.Favoriser le processus d'ouverture sur le milieu en ayant des liens plus étroits avec les groupements culturels, populaires et ouvriers afin de représenter les principaux débats qui se posent au Saguenay et au Lac Saint-Jean et de se concerter lors d'événements spéciaux.4.Viser l'autofinancement afin d'assurer la pérennité d'un médium qui permet à la population d'exprimer sa façon de penser, parler et vivre en favorisant l'expression des idées novatrices, dans la mesure où ça n'entre pas en contradiction avec nos buts et objectifs.NOTRE FONCTIONNEMENT: Organisation à but non lucratif, la revue Focus fonctionne avec une assemblée générale, un conseil d'administration de permanents (es) et différents comités.- L'assemblée générale: Les membres actifs, lecteurs (trices) et toutes les personnes concernées par Focus sont les bienvenus (es).Mais les membres actifs seulement ont droit de vote.Pour devenir membre actif, il suffit d'adhérer aux objectifs de la revue et de débourser $5.00 par année.A ce sujet, vous écrivez à Focus.- Le conseil d'administration est formé de six personnes élues à l'A.G.et d'un (e) représentant (e) des permanents (es).Son rôle consiste surtout à s'assurer que les objectifs de la revue sont respectés.Il travaille en étroite relation avec le collectif des permanent (es).- Le collectif des permanents (es) voit à faire fonctionner Focus quotidiennement.- Autour de ces instances se greffent de nombreux (ses) collaborateurs (trices) indispensables au fonctionnement.On les retrouve dans différents comités dont le comité de planification qui est ouvert à toutes les personnes collaborateurs (trices) y compris, intéressées à faire des suggestions, des critiques, etc.Votre présence à ce comité ne vous engage bien entendu à aucune collaboration.AVIS AUX INTERESSES : Nous reproduisons en page 60 les recommandations et les re-marques du jury qui a eu à statuer sur 1a demande de subvention que nous avions logée au ministère des Communications du Québec, En page suivante, le conseil d'administration et les permanents réagissent à cet autre refus de nous subventionner.Bans ce contexte, nous aurons besoin de toute l'énergie disponible dans la région pour maintenir sur pied une presse alternative et communautaire, Au plaisir de vous voir.Têl,: 547-3245 ou 542-7807, La revue Focus 234 rue Saint-Dominique, C,P, 10, Jonquière, Il COLLECTIF DE FOCUS: Carmen Desgagné, Jean-Guy Girard, Jules Ross et Andrée Savard.Sommaire COLLABORATEURS (TRICES) A LA REDACTION: Louis Briand, Pierre Demers, Christiane Gagnon, Denis Fortin, Sylvie Gagnon, Christine Martel, Jocelyn Pagé, Ginette Péloquin, Serge Santerre, Céline Sénéchal et Denis Trottier.COLLABORATEURS A LA PHOTO: Cari Brubacher, Alain Corneau, Michel Gauthier, Alain Guérette, Gervais L’Heureux Marcel Cloutier et Claude Martel.REMERCIEMENTS: Le Comité de survie de l’école Notre-Dame du Lac, Jocelyne Néron, Claire Rose, Gaston Bourget et le Comité d'information sur les prisonniers politiques pour les extraits du “Dossier Paul Rose", l’école Ressources de Sainte-Foy et son directeur, M.André Roy, les frères Maristes pour leurs photos d’archives, Cari Brubacher, Alain Corneau et Michel Lemieux.GRAPHISME: Claude Martel.PUBLICITE: François Martin.Tél.: 545-1972.542-7807.COMPOSITION: L’Imprimerie du Réveil.IMPRESSION: L’Imprimerie d’Arthabaska.EDITEUR: Les productions Carouges Inc.234, rue Saint-Dominique, Jonquière.Tél.: 547-3245 et 542-7807.ABONNEMENT: La revue Focus, C.P.10, Jonquière, G7X 6K8 Régulier: $10 Institution: $15’ De soutien: $25 DEPOT LEGAL:.¦4Wbn6t>ièqùe nationale, 17KJ, rue Saint-Denis, Montréal Bibliothèque nationale, Ottawa COURRIER DE DEUXIEME CLASSE: Enregistrement no 4204 Port de retour garanti: La revue Focus, C.P.10, Jonquière, G7X 6K8 Les articles du magazine peuvent être reproduits sans autorisation écrite dans toute publication non vendue et à but non lucratif Dans ce but précis, la rédaction du magazine apprécierait recevoir un exemplaire de la publication où est reproduit un ou des articles de la revue Focus.Dans tous les autres cas, une autorisation écrite est requise.L’autorisation expliquée plus haut exclut la reproduction des photos.Tout genre de publication doit demander l’autorisation du photographe concerné.La revue Focus est membre de l’Association des éditeurs de périodiques culturels québécois et de l’Association des médias écrits communautaires du Québec.i Desbiens: on ferme?.15 “On est tous des prisonniers politiques” .19 Des cinéastes en colère .26 Bretagne: la perception du Québec au hasard des rencontres.28 Spécial cinéma .31 Une école alternative au Saguenay .51 Pourquoi le cancer tue-t-il plus ici qu’ailleurs?.55 Propos d’un prof.57 Réactions émotives: Le pamec ne nous subventionne pas .60 A propos.d’une fête, d’un train.7 Alimentation: En période de grossesse.62 Ecrits: Le Matou d’Yves Beauchemin.64 Cinéma: Bu complexe .65 Environnement: L’eau potable à Aima .66 Média: Vous lisez toujours Croc?.67 Le professeur Lentille est de retour.68 Livres, bouquins, paroles d’ici et d’ailleurs.70 Calendrier octobre-novembre 1981.72 Les vacances sont finies et Focus est toujours sur ses rails; vous vous en rendrez compte en lisant l’A propos.Et, en ce mois de septembre, oh! pardon! octobre, Focus s’en retourne à l’école; à Desbiens d’abord où il est question de la fermeture de l’école de la place, et au Saguenay ensuite où il y a un projet d’école alternative.Et pour compléter son retour à l’école, Focus nous rapporte les propos d’un prof.sur l’école.(Juste un mois d’école de manquer.Malgré nous.Comme vous le lirez ailleurs, nous étions prêts pour la rentrée, comme tout le monde, en septembre, sauf que la subvention tant attendue n’est pas venue (du Programme d’’’aide" aux médias communautaires, voir la recommandation du jury et notre première réaction en p.), qu’une autre n’est pas encore arrivée et qu’on n’a pas réussi à trouver l’argent ailleurs.La crise économique, les coupures de budget, vous savez.) Comme devoir à la maison, Focus nous ramène aux réalités politiques avec une entrevue avec Claire Rose et Gaston Bourget sur la situation des prisonniers politiques et celle de Paul Rose plus particulièrement, ainsi qu’un manifeste des cinéastes québécois présenté lors du dernier Festival des films du monde de Montrés.Même si elle n’est pas d’envergure internationale, la Semaine du cinéma québécois et saguenéen donne un prix "spécial cinéma" aux amoureux-euses du cinéma québécois.Malheureusement, il y a une grosse rature dans notre dictée.Dans le numéro de juillet-août, les deux auteurs de "Un mille à pied” ça use.” nous avaient annoncé pour ce numéro, le bilan d’un terrain de jeux, réalisé par les enfants eux-mêmes.L’entrevue a bel et bien été faite avec la participation d’une trentaine de petits gars et de petites filles (un gros merci) mais dans un brouhaha que le cassettophone a aussi enregistré, ce qui rendait le tout plus ou moins audible.Morale: il aurait mieux valu faire l’entrevue avec cinq ou six enfants.Les deux auteurs le sauront pour la prochaine fois.Malheureusement aussi, le père d’un élève est mort d’un cancer du poumon il y a trois jours.Le cancer frappe dur dans la région.Pourquoi?Pourquoi?Pourquoi?Les enfants se posent beaucoup de questions, les grands aussi quelquefois.Focus octobre 81 3 PRET-A-PORTER QUEBECOIS IMPORTATION CONFECTION 343, Racine est, Chicoutimi En haut de l'escalier Tél.: 549-9785 Cation Canon JUSTIN MALTAIS inc.M Les spécialistes ^en photographie 28 est, rue Racine, Chicoutimi 549-7991 954 RTE 170 JONQUIERE 548-8265 Le Temps Fou de i été informe, questionne et analyse d'un œil différent des sujets comme l’agriculture au Québec, le cinéma d’animation, la révolution au Guatémala, le Bendectin, un médicament pour les femmes enceintes.Aussi pour vos vacances, une fiction, une chronique de livres, de mots croisés et de suggestions pour un été au vert.Ne partez pas sans elle (la revue bien sûr') disponible en kiosque et dans les bonnes librairies qu’une revue,s III restaurant II Vichelicu CLINIQUE OPTOMETRIQUE SAGUENAY 73, King-George, C.P.415, Jonquière {secteur Kénogami) Dr.Paul Ruel, O.D.Dr.Damien Laberge, O.D.Examen de la vue Verres de contact Rééducation visuelle Tél.: 542-6226 542-7235 260 Rivarin Chicoutimi Tél.: (418) 543-3178 Bougresse RESTAURANT DE FINE CUISINE "DÉJÀ 4ANS" "MAINTENANT 45 PLACES" • MENU DU JOUR - TABLE D’HÔTE TOUS LES SOIRS - SOUPERS GASTRONOMIQUES - TERRASSE - RÉSERVATIONS Dans notre prochain numéro Pourquoi le cancer tue-t-il plus ici qu'ailleurs?Question que nous abordons dans ce numéro (p.35) et aussi dans le prochain.Nous aurons à ce sujet deux entrevues: avec M.Lévy Desgagné, président de la Fédération des syndicats du secteur aluminium (F.S.S.A.), et M.Jean-Pierre Thouez, géographe de la santé et coauteur d'une recherche sur la répartition géographique du taux de cancer au Québec.Un des rares sociologues qui s'intéresse à l'art, Guy Durand, vous fera un bilan des pratiques artistiques au Saguenay-Lac-Saint-Jean depuis quelques années: ''Vers une rupture du moule”.Pour le reste, on vous réserve des suprises, pas parce que la planification n'est pas notre fort mais au cas où octobre ne paraîtrait pas (comme c'est arrivé avec septembre: le numéro était prêt à partir pour l'imprimerie mais sans le chèque indispensable pour y entrer, on vous refile donc la plus grosse partie de septembre en octobre), on vous reliferait le gros du contenu en novembre.De toute façon, si c'est le cas, vous ne pourrez pas lire ces lignes.Et si vous êtes en train de les lire, c'est bon signe: octobre est paru.Et de toute façon aussi, si vous avez donné 1 $ pour vous le procurer, vous avez dû remarquer quel numéro c'était.A moins que vous soyez des consommateur-trice-s insouciant-e-s, non averti-e-s, distrait-e-s, et que vous achetiez des revues qui traînent sur les comptoirs depuis quelques mois."Il me sennble que j'ai déjà vu cette page couverture-là?!!!” A.S.Os /acte#' XWX;X; 'mmmm VVXÿ* vww V/.VAV?LA SEMAINE DU CINÉMA QUÉBÉCOIS ET RÉGIONAL EN OCTOBRE Si les astres sont favorables et l'Institut québécois du cinéma assez généreux, il devrait y avoir, en octobre prochain, une modeste semaine du cinéma québécois et régional, à la salle François Brassard du cégep de Jon-quière.Depuis près de deux ans, cette manifestation a suspendu ses activités.La dernière semaine du cinéma québécois qui s'est \ tenue à Montréal n'a pas sollicité la participation des organisations régionales.Dans un bilan de la semaine de 1979, celles-ci avaient souhaité prendre en charge l'entière administration de cette manifestation et se détacher du noyau montréalais.Jusqu'ici une seule organisation régionale -celle de l'Abitibi - a réussi à monter, à deux reprises, "sa" semaine du cinéma selon un modèle qui lui est propre en présentant entre autres, des rétrospectives des films tournés dans cette région et des nouvelles productions.Au Saguenay, certains organisateurs - dont nous devons taire les noms pour le moment - ont entrepris des démarches auprès de l'Institut québécois du cinéma pour faire revivre cette manifestation.Sur une période de cinq soirs, on y présenterait, avec la participation des cinéastes, certains films québécois récents impossibles à voir dans le circuit commercial et aussi quelques films produits dans la région, ces dernières années.Quand la programmation sera fixée et la manifestation assurée, nous essayerons de vous tenir au courant.En attendant on se croise les doigts.et non les bras.P.D.SAISON REMARQUABLE A LA PLACE NIKITOUTAGAN On retiendra de cette saison d'été 81, à la place Nikitoutagan, un nombre impressionnant de spectacles, de concerts et de rencontres exceptionnels.Compte tenu de notre position géographique (Jonquière c'est pas le festival d'été de Québec et encore moins la grande Virée de Lachute), on pourrait courir davantage pour voir les quelques comédiens, musiciens, artistes québécois actuels qui vibrent à la bonne vitesse.Les responsables de cette salle de spectacles ont su composer avec leur budget et les goûts du public d'ici (en ne négligeant pas les enfants, chose assez rare dans les autres salles de la région) pour monter une série de shows régionaux et québécois (de Montréal et d'ailleurs) souvent surprenants d'actualité.Parmi les nombreuses soirées plus réussies que les autres, je retiens de cette saison 81 les deux shows, de la troupe "Montréal transport limitée", "Transport mental", et l'étonnante performance de la comédienne Chatouille, grande "clowne" devant l'éternelle et "sa sainte folie inachevée".Pour ces seuls deux spectacles, il faudrait remercier les animateurs de la place Nikitoutagan de nous avoir branchés sur ce qu'il y a de plus stimulant dans le monde récent du showbizz québécois.A eux seuls, ces deux Spectacles valaient qu'on tienne bien tendue cette tente aux bords de la Rivière aux Sables."Transport mental"’, c'est le courant musical et américain emprunté par les jeunes comédiens montréalais hantés par le modèle du théâtre et du show conformes aux normes et aux règles.~//Jl 7^ 10 masm mm «Xv, mm ;X;.v.mm îïffl mm 9 ' .if//.’:’: sV Ce qu'ils veulent, c'est d'abord renouveler le spectacle québécois à leur façon, en misant sur la spontanéité et les illusions de leur génération.Le monde du showbizz traditionnel, de la télé, de la politique, et de la profession les purge.Ils règlent leur compte et proposent d'autres musiques, d'autres modèles.Les ressources théâtrales les plus diverses (tours de magie, musique rock, déguisements punk et hobô, chansons militantes, trips de gang) leur permettent de mieux suivre une logique du show-spectacle, ouverte à toutes leurs tendances.Comédiens, mimes, musiciens, monologuistes, jongleurs, travestis, ces acteurs et actrices d'une génération, montréalaise branchés sur les Etats par la musique et le style de vie (leur show pourrait se nommer ''Montreal graffiti") ont l'avenir devant eux: c'est-à-dire le cinéma, le disque, la radio et la télé.Quant à Chatouille, véritable femme-orchestre qui peut tout faire et sait tout faire avec sa grande bouche pleine de rires et de farces et les yeux aux milles clins d'oeil, c'est véritablement le meilleur show de la saison 81 à la place Nikitoutagan.Elle sait tout faire pour réagir et provoquer le rire, même les chips des spec- tateurs, le train qui passe au loin, les enfants qui savent faire la différence entre un bébé naissant et une grosse baloune, les craques de la scène, etc.Son show féministe s'il en est un (dans la veine des performances de Francine Tougas - "histoires de fantômes", de Louisette Dussault - "Môman" - et de Jocelyne Goyette - "ma t'te vache a mal aux pattes") étonne par.son rythme, ses trouvailles visuelles, ses détournements d'accessoires - la marque professionnelle.des clows et des mimes - et son sans-gêne.On ne sait plus où se cache l'improvisation dans son show.Son délire fou, richement féminin, atteint les hauts sommets de l'absurde et du non-sens dans la veine des burlesques muets et des Olivier Gui-mond.On pense aussi aux techniques de provocation sonore du rire des Mimes Electriques dans des séquences comme la Poule, la domestique n.oire, le bébé.Il faudrait tout citer son show.Une comédienne exceptionnelle.Il ne manque qu'une chose à la place Nikitoutagan: les soirs de pleine lune chaude de juillet, la possibilité de plonger, tout nu dans la Rivière aux tables sans risquer d'attraper des boutons de pollution ou des pi-tounes plantées dans le fond.Un jour ça viendra, peut- être.On se souviendra de cette saison remarquable de la place Nikitoutagan, et surtout de Chatouille.Que ceux qui ont des fleurs à ramasser partent avec le bouquet.P.D.UN NOUVEAU CENTRE PLEIN-AIR Les trois maisons d'hébergement de Jonquière, vous connaissez?Elles accueillent des personnes vivant des problèmes de drogue ou d'alcoolisme et visent leur "réhabilitation".Voulant un jour s'autofinancer, elles ont mis sur pied.un centre plein-air.Il fonctionne depuis trois mois et offre des activités en équitation, promenade à cheval, sentiers de randonnée, de ski de fond, raquette, promenade en traîneau et des services de locaux et cafétéria pour réunions ou rencontres de groupes.Le Centre plefn-air de La Paix et le ranch des Erables sont situés sur le chemin des Erables, au Lac Kéno-gami, à 12 km de Jonquière.» Pour informations, téléphoner à 547-5678.A.S.L'ALCAN CHEZ LES PLOUFFE Encore une fois notre chère multinationale de l'aluminium ne recule devant rien pour redorer son image, comme si elle prévoyait déjà des coups durs pour le futur (réductions de jobs, coupures budgétaires diverses, etc.).Voilà qu'elle se met à lancer ses sous (déductibles d'impôt bien sûr) sur les courts de tennis et les plateaux de tournage de super-productions cinématographiques québécoises.r.'-v •Jfa SS'**.“/ ïtSHTstfe?*.r * La dernière trouvaille: se payer des spots publicitaires dans la série télévisée des "Plouffe".Et pour que son nom reste dans la mémoire des générations de "Plouffe", elle y met le paquet.Focus octobre 81 11 Xv.v.v Iv.v.; ?«8» Films publicitaires de prestige dispendieux à souhait, fignolés par un cinéaste québécois de réputation (Jean-Claude L.brecque) o,ui ne crache pas sur les dollars d'aluminium.Les media régionaux embarquent dans le bateau publicitaire et semblent partager la fierté des relationnistes de l'Alcan.Tout est bien et roule comme dans le meilleur des mondes possibles.L'Alcan qui investit dans le sportif et le culturel.C'est touchant.On a les larmes aux yeux.On n'ose y croire.même "Le Lingot" participe.Des travailleurs de la compagnie, au pied de l'échelle -c'est-à-dire dans les salles de cuve à 130 degrés - vont nous persuader des largesses de "leur" compagnie qui investit sans compter pour améliorer la qualité de l'environnement, de l'économie et de la santé de "ses" travailleurs.C'est ti beau, ça?Les travailleurs vont se voir à la télé, à côté des Guillaume, des Ovide, des Napoléon Plouffe.Leur famille va être fière d'eux.Et leur compagnie encore plus.Vraiment rien mieux que le mélodr.des "Plouffe" pour nous faire oublier le contrôle absolu de l'Alcan sur les rivières de la région, sur son économie et sur sa santé physique et mentale.Le plus haut taux de cancer du Québec?Connais pas.Le plus haut taux de maladies pulmonaires?Connais pas.Le plus haut taux de mercure dans lé Saguenay?Connais pas."Les Plouffe" changent le mal de place.L'Alcan a compris ça très vite.Le cinéma québécois (et deux de ses bons cinéastes, Carie et Labrecque) au service des intérêts privés d'une multinationale au-dessus de tout soupçon comme tous les membres des "Plouffe", moutons naïfs et dociles devant l'ordre établi.Vive le cinéma-Alcan au lieu du théâtre-Alcan.P.D.TOUT VA BIEN.SAUF QU'IL PLEUT Les lecteurs et lectrices assidus de Focus se souviendront sans doute des trois chroniques Environnement qui avaient traité du très important problème des pluies acides (mars, avril et mai 81 ).Question de plus en plus d'actualité.A ce sujet, deux représentants de la "Société pour vaincre la pollution'' (S.V.P.) ont rendu visite en août à une trentaine de groupes et' d'individus de la région pouvant être affectés particulièrement par les pluies acides, syndicats, groupes de pression comme les Afeas, associations de chasse et pêche, hor.mes politiques, etc., pour informer et sensibiliser ceux qui ne l'étaient pas déjà.Leur moyen: la présentation d'un diaporama et beaucoup de discussions.Pour en arriver si possible cet automne à la formation d'un front commun contre les pluies acides.En attendant, le moyen d'action proposé: une lettre de pétition.Vous pouvez la fabriquer vous-même ou vous en procurer une déjà toute faite à S.V.P.Vous l'envoyez ensuite à: M.Marcel Léger, ministre de l'Environnement, 12085 est, boul.Dorchester, bureau 203, Pointe-aux-Trembles, Québec H1B 5L7 et M.John Roberts, ministre de l'Environnement, Pièce 101 S, Chambre des communes, Ottawa K1A 0A6.Huit personnes en tout visitent les régions du Québec.Le projet est subventionné par Environnement-Canada, organisme gouverne- mental fédéral, et parrainé par S.V.P., qui regroupe une quinzaine de membres actifs.Le groupe S.V.P.travaille actuellement sur les dossiers suivants: le projet Archipel, la gestion des déchets toxiques au Québec, le front commun pour un débat public sur l'énergie, les pluies acides.En plus d'informer, le projet a aussi pour but d'identifier les régions qui seraient les plus affectées par les pluies acides d'après les études existantes, après bien entendu les avoir répertoriées.Cette recherche ainsi qu'une bibliographie de ce qui existe sur le sujet seront disponibles vers décembre 81 à S.V.P.Pour plus d'informations: Jacques Voyer ou Daniel Vanier, S.V.P.445, rue Saint-François-Xavier, Montréal (à côté du métro Place d'Armes) 844-5477.A.S.Etats-Uni* Régions où les lacs sont les plus acides 12 L'Environnement, vol.6 no 5 ïÿSSSfSSï: S&SS?: MM •X'X'XX?LE RAPPORT KENT ET LE QUOTIDIEN Le rapport Kent vient de le confirmer: Le Quotidien est le meilleur quotidien régional du pays, celui dont le pourcentage du budget versé à la rédaction est le plus élevé.Tous les autres journaux l'ont écrit le lendemain de la publication du rapport, même "Le Soleil" de Québec, qui, lui, reste le meilleur quotidien d'après-midi.Mais on ne nous fournit pas plus de chiffres qu'il le faut.Tout reste sous le sceau de la confidentialité sauf les pourcentages.Croyons-les sur parole.Et voici reprise, une autre fois, la ronde des félicitations.C'est à vous faire pleurer de ridicule.Car c'est quoi au juste le budget rédactionnel spécial du "Quotidien" mis à part les frais de voyages des éditorialistes et du rédacteur en chef?Il faut bien sûr calculer en plus les frais de téléphones des cadres du cher quotidien qui ne publient pas une ligne de travers sans consulter leur papa Francoeur qui voyage entre "Le Soleil" et "Dimanche-matin".Mais je ne vois vraiment pas ce que fait ce journal pour dépenser autant en "rédaction".Les coûts des services de la Presse canadienne (service francophone minable que le rédacteur du "Quotidien" trouve satisfaisant.) sont les mêmes pour lui que pour les, autres.Non je ne vois pas ce qui peut coûter plus cher là qu'ailleurs.Le format tabloïd lui a permis de faire des économies sur le papier.On y fait sauter les journalistes culturels aux six mois sans les remplacer.On y utilise 3 et 4 fois les mêmes caricatures, les mêmes photos que le "Progrès-dimanche" et "Allo-police", les mêmes éditoriaux qu'on nous repasse pour des commentaires, les mêmes vieux reportages sur les festivals du Lac (en insistant sur celui de Dolbeau, le gros, le western pour des raisons sentimentales sans doute), les mêmes chroniqueurs sportifs professionnels radotteux et séniles, et même les anciennes pages publicitaires de Steinberg en y augmentant les prix des aliments, bien sûr.Le journal continue à faire ses manchettes avec les gros faits divers sans conséquence et c'est tout."Le Quotidien" c'est le meilleur quotidien régionaliste et chauvin publié par les éditions du Progrès, pas plus.Faut pas charrier, tout de même.Ou bien montrez-nous vos chiffres d'affaires et publiez votre politique d'information sans téléphoner à Francoeur avant; et on ne parle pas bien sûr de l'automonie de son rédacteur en chef, pour ne pas indisposer personne.le meilleur quotidien régional au pays.qui copie honteusement les recettes de Péladeau avec un sans-gêne.P.D.0)'f“ L'O.N.F.EN BROCHURES Depuis quelques temps, on trouve dans les bureaux régionaux de l'Office national du film, des documents imprimés de grande utilité.Il s'agit d'une série de brochures consacrées à certains sujets précis et qui regroupent les productions cinématographiques de l'O.N.F.Pour mieux faire connaître les films de cette institution - et ceux de Radio-Canada et de quelques producteurs privés diffusés également par,l'O.N.F.- on présente les films selon des thèmes tels l'enfance, les sports, un genre cinématographique tel l'animation, les pays tel la Chine, la ville, les arts, la géographie, les sciences, l'histoire, etc.Cette formule nous permet de découvrir certains nouveaux films de l'O.N.F.qui passent trop souvent inaperçus dans le tumulte de la diffusion courante et de redécouvrir des anciennes productions de l'Office toujours aussi intéressantes à revoir.Et puis ces brochures peuvent également Servir de précieux guides au catalogue des films de l'O.N.F.rédigé par un ordinateur qui déteste les photos et les illustrations de ¦ tous genres.P.D.VAL-JALBERT REVISITÉ PAR MARIE LABERGE La pièce que Marie Laberge a écrite sur Val-Jalbert "Ils étaient venus pour.'' et qu'on a présentée, cet été, au théâtre du Bois de Coulonge, n'est pas touristique et encore moins régionaliste.C'est une pièce que n'importe qui peut saisir du premier coup parce que l'auteur a évité ce que les dramaturges et cinéastes régionaux n'ont pu encore abandonner: le piège du pit- Focus octobre 81 13 toresque et du chauvinisme plus ou moins militant.Marie Laberge part de la situation historique de l'ouverture et de la fermeture du village de Val-Jalbert pour camper des personnages forts, qui se tiennent debout, seuls, sans l'aide de trucages ou de concessions.Sa pièce nous propose des portraits de femmes (les personnages forts de son drame) et d'hommes qui vivent au jour le jour leur époque.Une époque sans pardon pour les travailleurs et travailleuses exploités par les capitalistes (vous savez les propriétaires qui achètent les faillites comme Alfred Dubuc), les politiciens et les curés.A ce sujet la pièce est claire mais ne prêche pas outre mesure pour la cause.En vivant leur drame individuel, les personnages de Marie Laberge s'imposent et nous persuadent des forces en présence et de.luttes souvent' inutiles qu'on devait mener, en ce temps-là.Sa pièce composée de tableaux nous livre des con-versations et des monologues sur des thèmes essentiels: la mort, l'amour, la communication des parents avec leurs enfants, le chômage, l'espoir du lendemain, la pauvreté, etc.La mise en ëcène est d'une grande efficacité et tient beaucoup à l'utilisation d'une scène ouverte sur 3 côtés et sur des décors per- manents qui marquent le lieu et l'époque: la forêt et la roue du moulin qui tourne et s'arrête au gré des saisons et des dépressions.L'annonce de la fermeture de l'usine signalée par une immense toile sur laquelle on peut lire le papier officiel signé par les entreprises Dubuc est particulièrement révélatrice du style direct de l'auteur-metteur en scène.Mais au-delà du drame historique et de l'évocation régionale bien traduite par le niveau de langage, certaines expressions "typiquement" régionales, et une bonne documentation de base consultée par Marie Laberge à la Société historique du Saguenay, je retiens de cette pièce les rôles féminins très forts.Cette pièce m'apparait comme une très belle et poétique revendication féministe du rôle courageux des femmes d'autrefois qui ne comptaient pas leurs heures et leurs labeurs pour tenir la maison avec des salaires de famine, élever et soigner les, enfants qui crevaient comme des mouches et soutenir les hommes sur-explo'tAs par les propriétaires des moulins et les conditions de travail épuisantes.C'est d'abord une pièce féministe qu'a signée là Marie Laberge et son utilisation de’ certains éléments de notre histoire régionale ne contribue qu'à mieux servir cette thèse excessivement bien défendue.Et au-delà de cette argumentation, il faut reconnaître chez Marie Laberge un talent d'écrivain sûr.Son texte du début à la fin étonne par sa vigueur, son humour et sa clarté.Les créateurs dramatiques de la région devraient au moins tirer cette leçon de la pièce de Marie Laberge: le texte d'abord, les allusions historiques et régionales par la suite.En somme, un véritable texte dramatique et une bonne mise en scène (servis bien sûr par des comédiens professionnels - ils sont toutes et tous bons dans cette pièce avec Marie Tifo et Raymond Bouchard - les gros canons) font foi de n'importe lequel travail théâtral militant qui revendique ce titre.P.D.COMMUNIQUE Le Comité des chômeurs et chômeuses du Saguenay (C.C.C.S.) vous informe qu'une permanence sera maintenant assumée les lundi, mercredi et jeudi en après-midi.De plus, des sessions d'information pour les nouveaux (velles) chômeurs (euses) auront également lieu; il y sera question de l'admissibilité aux prestations d'assurance-chômage, de l'entrevue avec le fonctionnaire de la Commission de l'emploi et de l'immigration (C.E.I.), des recherches d'emplois, etc.Pour plus d'information, communiquer avec le C.C.C.S Toute personne qui a des problèmes avec l'assuran-ce-chômage ou qui a simplement besoin d'explications est donc fortement invitée à se rendre au local du Comité soit les lundi, mercredi ou jeudi de 13h30 à 16h30 au 73, Arthur-Hamel à Rivière-du-Moulin, local 100, sinon à communiquer par téléphone à 545-8228.Le Comité des chômeurs et chômeuses du Saguenay.SI LA PHOTO TE TENTE.Il existe à Jonquière un organisme ayant 38 ans d'expérience dans le domaine et qui veut rejoindre les amateurs de photographie.Il s'agit du Club de photo JAK.La préoccupation du club est de bâtir un programme d'activités sur mesure pour sa clientèle.' Il est privilégié car il possède, parmi ses anciens membres, un trésor de personnes-ressources qui seront là pour seconder et encourager ceux et celles intéressés à explorer les mystères de la photographie.Son programme a de quoi satisfaire autant les débutants que les plus avancés.Il vous suggère des ateliers de photo couleur, noir et blanc 1 et 11, des trucs pour les minimontages de diapositives et d'autres ateliers plus spécialisés.Le club accueille aussi, tout au long de la saison, des conférenciers pouvant apporter plus de précisions sur des sujets particuliers qui intéressent ses membres.Des sorties sont organisées et l'année se termine habituellement par un salon de la photo (amateur).Toutes les suggestions sont les bienvenues.Les intéressés doivent posséder un appareil 35 mm ou un appareil 2 1/4.Pour plus de renseignements, veuillez communiquer à 547-0636 (jour) ou 542-7668 (soir).Sylvie Gagnon 14 Tentative de décodage de l’embrouillamini Notre-Dame du lac.ntt M fl » * » * j i i * t * *,» * ?« * a f « 'f/îlf ï f î ELAINE A DIX ANS, ELLE COMMENCE SA CINQUIEME SES JOURS-CI A L'ECOLE PRIMAIRE SAINT-GERARD DE DESBIENS.ELLE A.ENTENDU PARLER DE LA FERMETURE EVENTUELLE DE L'ECOLE NOTRE-DAME DU LAC A DESBIENS, SA MERE EST ALLEE A QUELQUES REUNIONS ORAGEUSES DURANT LES DEUX DERNIERES ANNEES, LE TOUT A TRANSPIRE AU SOUPER.SA MERE ALLAIT PROTESTER CONTRE, LA VOLONTE PUIS LA DECISION DE LA COMMISSION SCOLAIRE LAC SAINT-JEAN (C.S.L.S.J.) DE FERMER EN JUIN '83 L'ECOLE SECONDAIRE DE DESBIENS.ELAINE NE SAIT CEPENDANT PAS (SES 22 CAMARADES DE CLASSE NON PLUS) QUE CETTE DECISION, SI ELLE EST MAINTENUE, BOULEVERSERA SON QUOTIDIEN PENDANT PRES DE CINQ ANS.ELLE LUI OCCASIONNERA QUELQUES 50,000 KILOMETRES DE DEPLACEMENT EN AUTOBUS SCOLAIRE, QUELQUE 900 REPAS DE CAFETERIA OU LA BOITE A LUNCH, ETC.Focus octobre 81 15 Source: Archives des frères Maristes Le plan d'affectation des clientèles de 81 à 86, tel qu'accepté par une majorité de commissaires, prévoit en effet un regroupement de tous les étudiants des Sec.1, 2 et 3, du secteur sud (Saint-Bruno, Hébertville-Station, Hébertville, Lac-à-la-Croix, Métabetchouan, Desbiens) à l'école Curé-Hébert d'Hébertville.Les étudiants des secondaires 4 et 5 de toute la régionale (Desbiens à Sainte-Monique) se retrouvent tous et toutes à Alma (le secteur centre, comme vous le savez ou l'aurez deviné).Il y aura donc 1,700 étudiants au pavillon Wil-brod-Dufour, la polyvalente du coin, malgré la baisse de natalité "dramatique" dont nous reparlerons tout à l'heure.Les écoles Notre-Dame du Lac de Desbiens et Garnier de Deslisle qui comptent respectivement 373 et 185 étudiants en ce début d'année devront donc fermer leurs portes à la lumière de ce scénario.En '79, l'annonce de l'éventuelle fermeture du collège Garnier de Delisle ne suscite presqu'aucune réaction dans la population concernée, par contre la fermeture de Notre-Dame du Lac sonne le début d'un branle-bas de combat qui n'a à peu près pas connu de temps mort depuis ce temps.Tous les éléments actifs de la population se mettent à contribution.Même si le noeud de la contestation émane de la ville même de Desbiens, de nombreux groupes ou individus de Métabetchouan ou Saint-Gédéon dont les enfants fréquentent aussi l'école se solidarisent pour garder leur école de secteur ouverte.«saassajk ~*i i~r La dernière rentrée ,,.Baisse de natalité, coupure budgétaire, fermeture.Première chose qui frappe, en abordant ce dossier, c'est que les deux parties pourtant si opposées quant aux moyens, partagent et défendent le même objectif; maintien de la qualité de l'enseignement.Jean-Claude Lindsay, directeur de la C.S.L.S.J., largement critiqué par les parents de Desbiens pour son attitude dans ce dossier, explique les choix de la commission scolaire par la nécessité de regrouper les services.Une forte baisse de natalité a fait passer la clientèle de 8,609 en 72-73 à 5,580 en 80-81, clientèle qui chuterait à 3,734 en 85-86 d'après les projections de la commission.Ajouter à cela un contexte économique difficile qui se matérialise par les coupures budgétaires que le ministère de l'Education impose aux commissions scolaires, tout le monde comprend que celles-ci doivent faire des choix.Celle du Lac Saint-Jean est partie du postulat qu'il serait rentable "pédagogiquement" que les enfants d'un groupe d'âge donné se retrouvent dans un même lieu physique.Une fois ces quelques cartes sur la table, il ne reste plus qu'à y ajouter quelques colonnes de chiffres et le sort de l'école Notre-Dame-du-Lac est joué.La baisse de natalité a eu des effets dramatiques dans les effectifs des écoles moyennes.Chaque matin déjà, les autobus jaunes transportent vers Alma les étudiants du professionnel (métier) et du secondaire 5.Ces écoles moyennes peuvent encore fonctionner, c'est difficile, mais tous les intervenants acceptent de mettre un peu d'eau dans leur vin.Les professeurs sont moins tatillons sur la convention, les administrateurs aussi, les étudiants n'ont peut-être pas tous les choix qui leur seraient offerts dans des immenses polyvalentes, mais enfin.Le regroupement d'âges proposé par la commission scofçire signifie que dorénavant on retrouvera aussi dans les autobus scolaires en partance pour Alma, les étudiants du secondaire 4.C'est la ponction qui vide le vase, il n'y a plus de place dans le secteur sud que pour une seule école et ce sera Curé-Hébert.Cette école est plus récente, elle appartient à une autre commission scolaire (primaire) qui est disposée à la vendre, sa situation géographique permet des gains en terme de transport scolaire pour la majorité des étudiants du secteur, lorsqu'on la compare à l'école de Desbiens.Les jeux sont faits.ou presque Devant la raison, il n'y a plus qu'à s'incliner.Mais voilà, si on retourne à nos bonnes vieilles notions de géométrie, pour que le tout se tienne, il faut d'abord accepter le postulat de base.Celui de la commission scolaire n'a pas fait l'unanimité, surtout pas à Desbiens.Ce postulat n'est pas appliqué par la grande majorité des commissions scolaires à travers le Québec, celles-ci ont préféré travailler avec le patrimoine bâti (école, pour les intimes) à leur disposition et conserver la bonne vieille séparation, primaire et secondaire.C'est aussi cette division que prônait un des vingt-sept mémoires présentés lors de la consultation organisée par la commission scolaire."Une présence, un besoin, un droit", préparé par le personnel enseignant de l'école Notre-Dame-du-Lac, émet l'hypothèse de rapatrier le secondaire 5 de tout le secteur sud à Desbiens.Ils font état de tous les actifs de l'école; sa situation dans un site enchanteur, ses laboratoires bien équipés, son coût de location des plus abordables, sa dimension qui reste à l'échelle humaine, etc.Le document tend à démontrer que l'on peut offrir un secondaire 5 de qualité même s'il y manque quelques options.A l'appui, on cite les exemples de commissions scolaires où on dispense le secondaire 5 avec un nombre encore plus restreint d'élèves.Dans ce mémoire, comme dans plusieurs autres, on fait largement mention du nouvel énoncé de politique du ministère qui désire qu'on revienne à des écoles plus près de leur milieu, dans lesquelles le parent peut s'impliquer.Ils dénoncent par le fait même et quelquefois avec virulence la volonté de la commission scolaire de fermer deux écoles pour emplir le pavillon Wilbrod-Dufour qui possède tous les attributs d'une "grosse" polyvalente.16 "LA DECISION FINALE APPARTIENT A L'AUTORITE POLITIQUE" Cette citation est de Jean-Claude Lindsay, comme il y a impossibilité d'en venir à un consensus, ce seront les commissaires qui trancheront le dilemne à la majorité des voix.La commission scolaire est une entité administrative dont les membres sont élus au suffrage universel.Faîtes-vous partie des 10 à 20% de la population qui se sont déplacés pour aller élire celui de votre quartier?Ils sont très souvent élus par acclamation, faute d'opposition.Il arrive cependant quelques exceptions, à Montréal par exemple, lorsqu'on sait que les commissaires auront à prendre position sur la confes-sionnalité dans les écoles, sur la pertinence des cours de sexualité, etc.Il y a un peu plus d'achalandage aux boîtes de scrutin, chacun des groupes en présence fai- sant sa petite cabale.La décision de la fermeture de l'école Notre-Dame-du-Lac et l'acceptation du plan d'affectation générale de la clientèle s'est donc prise à cette instance.Sur les trente-six commissaires, 11 ont voté contre.Un bloc presque monolithique des commissaires directement concernés par la fermeture (Saint-Gédéon, Métabet-chouan.Desbiens).Une commissaire du secteur-centre m'a cependant avoué avoir voté contre, considérant que les arguments des parents n'avaient pas suffisamment été soupesés pour qu'elle puisse prendre une décision éclairée.Comment expliquer que des personnes élues par la population puissent aller à l'encontre de la volonté si clairement exprimée par celle-ci?Les observateurs et les personnes directement impliquées dans cette affaire laissent souvent échapper en cours de conversation le bon vieux dicton: "Diviser pour régner".Les commissaires du secteur d'Hébertville et des environs immédiats défendaient des intérêts bien "particuliers", au détriment de la solidarité du secteur.La fermeture de Notre-Dame-du-Lac confirme l’école Curé-Hébert dans un rôle d'école de secteur.Celle-ci sous-tend des investissements importants pour améliorer son infrastructure et la rendre conforme à sa nouvelle vocation.Au début on parlait de la construction d'une piscine, de nouveaux gymnases, etc.On est plus moderne maintenant, plusieurs doutent même en cette période de coupures budgétaires que même quelques améliorations soient apportées.En ces années de vaches maigres on se précipite sur la moindre portion de butin.Dans le nord, on s'est peut-être dit: "On ferme une de nos écoles, pourquoi ne pas fermer une des leurs".Ceux du secteur centre pouvaient-ils espérer un plan d'affectation plus avantageux pour leur secteur?Oui, mais il aurait fallu fermer les deux dernières écoles qui resteront "encore" dans les secteurs périphériques! La lutte que continue la population de Desbiens réussira-t-elle à faire changer la décision avant que le couperet ne tombe.Nicol Tremblay, un commissaire du secteur centre, avoue que des gains financiers plus importants que ceux auxquels on s'attend avec la fermeture de Notre-Dame-du-Lac, seraient réalisables.Un regroupement des trois commissions scolaires primaires et de la commission scolaire du Lac-Saint-Jean qui opèrent dans le même secteur diminuerait considérablement les frais, on ne m'a cependant pas quantifié ces gains.Une tentative de regroupement a abouti à un échec, il y a quelques années.Il semble beaucoup plus facile de fermer une école secondaire que de sabrer dans le nombre de commissaires et dans les postes administratifs.Je parle ici du mémoire des professeurs mais ce n'est pas eux qui se sont le plus impliqués dans la bataille, ce sont surtout des femmes, de mères de famille, des ménagères qui en ont fait leur principale préoccupation.Et on ne peut qu'êtfe surpris par l'ardeur et l'énergie qu'elles y ont investies et par les résultats qu'elles ont obtenus.Qu'on imagine seulement toute l'organisation que dissimule la présence de deux cents personnes à une réunion de commission scolaire et ce, quelle que soit la motivation des participants.Quatre d'entre elles me font part, par une belle soirée d'août des documents qu'elles ont dû étudier, de ceux qu'elles ont dû rédiger, de la crainte des média qu'elles ont dû surmonter, de leurs classeurs qui débordent, de leurs tâches quotidiennes qu'elles ont quelquefois négligées, etc.Si c'était à recommencer, elles recommenceraient bien entendu.De toutes façons, elles n'ont pas l'intention d'arrêter tant qu'il sera question de la fermeture de l'école Notre-Dame-du-Lac.Leurs recherches et leurs actions n'ont que confirmé leur conviction première.Lorsqu'on leur demande si les nombreuses luttes que les gens de Desbiens ont eu à livrer pour maintenir le moulin ouvert pourraient expliquer la rapidité avec laquelle la population s'est mobilisée, elles hésitent, puis: "C'est vrai qu'on a toujours été obligé de se battre pour garder le peu qu'on a".Dans le cas de l'école, c'est que l'argumentation de la commission scolaire ne tient pas.Pour l'argumentation pédagogique, comment fait-on pour expliquer le très fort pourcentage d'étudiants du secteur sud qui quittent l'école durant l'année ou ils sont transférés à Alma?Les gens de Desbiens et des environs demandent depuis longtemps qu'on leur démontre (chiffres à l'appui) les gains financiers que permettrait la fermeture de leur école.La direction de la commission scolaire assure qu'il y a des gains certains, qualitatifs en regroupant les ressources éducatives et para-éducatives.Elle fait ici référence à la nécessité, lorsqu'il y a des petites écoles, de répartir la tâche d'un professeur ou d'une personne-ressource entre deux ou plusieurs écoles, ce qui enlèverait beaucoup à la cohésion des équipes.On peut cependant se demander, comme les gens de Desbiens, s'il n'est pas préférable que quelques personnes se déplacent quelques fois par semaine plutôt que de déplacer chaque jour, un quart ou plus de la population étudiante.Les principaux intéressés C'est au nom de leur bien que les différentes parties sont intervenues dans le débat.Mais eux qu'en pensent-ils?Ils sont difficiles à rejoindre, surtout en période de vacances.J'en ai accosté quelques-unes par hasard sur le bord de la rue, ne parlons donc pas d’échantillonnage scientifique.Je m'y attendais un peu, un étudiant qui vient de passer quelques années à l'intérieur d'une école n'a de plus grande hâte que de la quitter.D'autant plus qu'il sait ce qu'il quitte et qu'il ne sait pas ce qu'il va trouver.On critique surtout la discipline."A Alma on va pouvoir brûler des cours, on pourra fumer en paix, ici c'est une véritable prison".Comme vous pouvez vous en rendre compte, je ne suis pas tombé sur les étudiants les plus studieux et comme ils étaient en "gagne", ils en ont peut-être mis un peu.J'ai tout de Focus octobre 81 17 LE POUVOIR DE L'INFORMATION Si les jeux de coulisse ont été particulièrement importants dans la décision de fermeture de l'école Notre-Da-me-du-Lac, elle s'est néanmoins abondamment discutée sur la place publique.En plus d'un an, il est difficile de retrouver une semaine où il n'était pas question de réaffectation scolaire dans les pages du journal le Lac-Saint-Jean ou dans celles du Quotidien par le biais d'articles, d'éditoriaux ou de lettres du lecteur.Qui y a-t-il de plus louable à ce que nos médias (même Focus) traitent de ce qui préoccupe la population qu'ils desservent?Mais l'information n'est pas neutre, elle a un poids non négligeable dans les prises de décision, c'est un peu le miroir, dans lequel se regarde le pouvoir.Claude Garon dans l'éditorial du 11 février 81 du Lac Saint-Jean nous explique comment il est peut-être devenu sans s'en rendre compte "le porte-voix du pouvoir"."Depuis un an environ, la commission scolaire régionale a en quelque sorte institutionnalisé les conférences de presse du mardi matin".Le mardi c'est le jour de tombée (dead line) pour les hebdos locaux qui sortent le mercredi, un espace est habituellement réservé en pages deux et trois pour l'actualité de dernières minutes.Cette espace, il faut le remplir qu'il y ait ou non matière.Claude Garon continue: "Etant des humains comme les autres, les journalistes finissent automatiquement, inconsciemment par accorder plus de crédit aux opinions des gens qu'ils côtoient régulièrement et avec qui ils en viennent à entretenir des relations, sinon d'amitié, tout au moins, de familiarité".Une enquête commandée par le cercle de presse, il y a quelques années, nous apprenait qu'à peine 21% de la population régionale disait connaître ou côtoyer un ou des journalistes.Cet éditorial de Claude Garon faisait suite à un autre dans lequel il qualifiait l'argumentation des gens de Desbiens de rétrograde et ceux-ci de personnes refusant d'accepter le changement.Une fois que la population du secteur concerné se soit mobilisée, organisée, ils ont eu droit à une meilleure couverture de la part des médias.Ils n'ont cependant pas convoqué une conférence de presse par semaine et on peut se demander s'il n'était pas déjà un peu tard, en regard de la décision qu'allaient prendre les commissaires quelques semaines plus tard.Décision de fermer.Dans ce débat, un des grands pamphlétaires qu'ait connu le Québec a même déterré sa plume de guerre.Le Frère Untel (Jean-Paul Desbiens) directement impliqué parce qu'il demeure à Desbiens dans l'école Notre-Dame-du-Lac qui appartient aux Frères maristes, a fus-tigié les technocrates.Curieux retour des choses, un des foyers d'où a émané la remise en question de l'école au début des années 60 risque de disparaître à cause des réformes qu'elle a initiées.- mîM Ou iront-ils \ — .• - : ¦ ¦ ¦ ¦ même tenté de glaner quelques informations supplémentaires au hasard de rencontres avec les gens du secteur.Quelques-unes ont repris en partie les critiques des étudiants; une école peu novatrice, une discipline rigide, peu de place laissée à l'autonomie de l'étudiant, etc.Mais tous étaient d'accord que ce n'est pas en la fermant qu'on réglerait ces problèmes.Une de ces personnes est même allée jusqu'à dire: "Je pense que c'est pire à Curé-Hébert".Je me suis embarqué sur un terrain glissant, je le sais.Je crois que l'apprentissage de l'autonomie est beaucoup plus facile à l'intérieur d'une petite école, proche de la communauté.Il y a beaucoup de travail à faire et les structures ne semblent pas adéquates.Si la commission scolaire maintient sa décision, Elaine et ses camarades commenceront leur long périple en autobus scolaire.Bien sûr, de nombreux enfants le commencent dès leur première année ou même à la maternelle.Mais il y a une école secondaire à Desbiens qui fonctionne depuis des années et qui pourrait encore fonctionner pendant des années, un peu de peinture et quelques aménagements ne lui feraient pas de torts.Qu'est-ce qu'Elaine trouvera de plus à Hébertville, que ce qu'elle aurait trouvé à Desbiens?Une école plus récente mais qui demande, elle aussi, des aménagements.On parlait de deux gymnases, une piscine, etc.On parle beaucoup moins fort maintenant.On se doute bien qu'avec les coupures budgétaires, on aura de la difficulté à faire payer le ministère de l'Education.Jamais on aurait fait accepter aussi facilement à la population d'Hébertville de se départir de son secondaire quatre, il aura fallu lui faire miroiter les possibilités d'investissements importants pour faire renaître le bon vieil esprit de clocher.Elaine ne comprend pas très bien les chicanes des grands, ça lui passe dix pieds pas-dessus la tête.Jean-Guy Girarti 18 RAUL ROSE \ W> ' ON EST TOUS DES PRISONNIERS POLITIQUES" Dernière nouvelle: La Commission des libérations conditionnelles a récemment rendu la décision suivante: Paul Rose pourra profiter de trois congés sans escorte à tous les trois mois.Mais ce n'est pas la libération à laquelle il a droit depuis le 1er janvier 1981 ROSE ET LES AUTRES, UN PEU PLUS : .entrevue avec CLAIRE ROSE et GASTON BOURGET N.D.L.R.:' Cette entrevue a été réalisée avec deux membres du Comité d'information sur les prisonniers politiques.Leur visite fait partie d'une tournée effectuée récemment dans la région et un peu partout à travers le Québec 'pour informer sur la situation des prisonniers politiques et souligner la parution d'un nouveau document édité par le C.I.P.P, Dossier Paul Rose" dont nous présentons aussi quelques extraits -w- ¦ «*¦ , - .S .- .:V T ¦mm Le Dossier Paui Rose est en vente dans les librairies.Focus octobre 81 19 FOCUS: Le Comité Paul Rose a été formé en février 1981.Pourquoi un comité spécifiquement sur la situation de Paul Rose?J'aimerais ensuite que vous nous parliez du rôle de ce comité.CLAIRE ROSE: Paul Rose est dans des prisons fédérales depuis dix ans.Les seules libérations qu'il a eues, c'est à la mort de notre père, huit heures, et à la mort de notre mère, douze heures.Et ça fait depuis 1977 qu'il est éligible à la libération de jour.Il pourrait donc passer normalement dans une maison de transition de jour, c'est-à-dire travailler le jour et rester dans une maison de transition le soir.En décembre 1980, il était totalement éligible à une libération totale, il a eu un refus le 1er janvier 1981.Et il n'y a rien qui s'est passé depuis.GASTON BOURGET: Ce refus, en janvier 81, reportait sa libération à dans deux ans.C'est de l'abus de pouvoir de la part de la Commission des libérations conditionnelles.Le C.I.P.P.(Comité d'information sur les prisonniers politiques), s'est réuni et a décidé d'organiser la formation du Comité Paul Rose dans le but de donner de l'information sur son cas un peu partout à travers le Québec et de faire des pressions.On est allé chercher des personnalités, des représentants de syndicats, des professionnels, des gens bien cotés dans la société qui dirigent diverses associations ou organismes de droit.Ça se trouvait que parmi ces personnes-là, il y en avait de tendance conservatrice mais qui tenaient à dénoncer l'abus de pouvoir de la Commission des libérations conditionnelles.Le Comité de libération Paul Rose est alors créé.C.R.: L'an passé, nous avions formé un comité Pierre-Paul Geoffroy parce qu'on trouvait que sa situation n'avançait pas assez vite.On a alors donné une information .spéciale sur Pierre-Paul, mais le C.I.P.P.a continué d'exister quand même et de donner de l'information sur les autres prisonniers.F.: J'aimerais que vous me parliez de la situation des autres prisonniers politiques.C.R.: Les autres prisonniers politiques sont Francis Simard, Robert Hudon, Jacques Lanctôt et Pierre-Paul Geoffroy qui est dans une maison de transition.Mais nous on considère que c'est encore de la prison parce qu'il n'a pas le droit de faire partie d'un syndicat, ni d'un groupe politique.G.B.: Pas de droit de parole non plus.C.R.: Il a droit de participer à des réunions publiques mais pas de prendre la parole, ni non plus de'rencontrer des gens qui ont des dossiers judiciaires.Robert Hudon est présentement à la prison de Leclerc et attend lui aussi une libération conditionnelle.C'est plus compliqué pour lui: il est déjà sorti, un soir, il ne s'est pas représenté à la maison de transition parce qu'il était parti avec des chums, pour ça ils l'ont rentré en-dedans.Il a aussi un problème à la colonne vertébrale, le C.I.P.P.lui a envoyé des médecins mais il a besoin d'une opération.Dans les cellules où les détenus couchent, c'est souvent humide et pas tellement bon pour leur santé, Robert refuse de se faire opérer dans le contexte de la prison.C'est normal.Il faudrait qu'il sorte de l'hôpital le soir même ou quelques jours après et retourne tout de suite en prison.G.B.: Ça, c' est une autre chose, la prison, le système carcéral, le taux d'humidité, des soins médicaux inadéquats, sans spécialiste.Paul Rose, après avoir passé deux ans et demi dans le trou, 23 heures sur 24, en perd ses cheveux et a des problèmes de dents.Ça fait dix ans qu'il n'a pas vu un dentiste et qu'il n'a pas passé un examen médical.C'est le traitement qu'on donne aux prisonniers politiques mais il y a aussi les autres prisonniers qui, lorsqu'ils font le moindrement à leur tête, passent par là eux aussi.C.R.: Il y a encore Francis Simard.Ça fait deux ans au'ils le traînent.Il est au P-16 à Montréal, l'institution à côté de Saint-Vincent-de-Paul.Normalement, quand un détenu est au P-16, c'est rare qu'il y passe plus qu'un an.Ça fait maintenant deux ans qu'ils détiennent Francis au P-16.Ils le font travailler dans un hôpital avec des vieillards, il sort de temps en temps mais il est toujours au P-16.Jacques Lanctôt: il a été ici un an avant d'avoir un procès, il a travaillé chez Victor-Lévy Beaulieu pendant cette période, il avait un salaire et voyait à ses affaires.Lors de son procès, il a fait un plaidoyer de non-regret, en disant que les événements d'octobre avaient été nécessaires.Finalement, Jacques a eu trois ans de peine, ce qui n'est pas la même situation pour les Cossette-Trudel qui ont eu deux ans parce qu'ils ont regretté leur geste.Ils sont déjà dehors.Jacques Lanctôt a, lui, des problèmes de libération, même si le juge; qui lui a donné sa sentence, l'a assuré qu'on s'occuperait de lui pour qu'il ait vraiment sa sortie dans les premiers temps de sa libération.Il devrait être en maison de transition depuis longtemps.Mais il est encore en-dedans, il sort de temps en temps mais c'est tout de même encore la prison.F.: J'aimerais que vous nous parliez du Comité d'information sur les prisonniers politiques.Qui peut en faire partie?Quels sont les buts de ce comité?C.B.: Le Comité a été créé en 1976 par Rose Rose, Yvon Deschamps, Robert Lemieux, Andrée Lachapelle et Armand Vaillancourt.A eux se sont rattachés des gens que la cause des prisonniers politiques intéresse.Nous avons une réunion à toutes les semaines.Les buts du comité, c'est de dénoncer la situation des prisonniers politiques au Québec; dans un deuxième temps, dénoncer la situation dans les institutions carcérales.C.R.: On a des avocats bénévoles qui vont voir les prisonniers politiques, qui passent des après-midi avec eux.Ils nous apportent de l'information parce qu'on n'a pas le droit de les voir.G.B.: L'implication qu'ils ont dans le comité est bénévole.Le C.I.P.P.est un organisme à but non lucratif.Pour payer le loyer, pour fonctionner, on vend des posters, des macarons, on fait des spectacles-bénéfices.Il n'y a pas de hiérarchie, pas de président, etc.Nous fonctionnons par sous-comité, administration, publicité, stratégie, actions, etc.De ce temps-ci, une vingtaine de membres sont actifs, c'est-à-dire qu'ils viennent à toutes les semaines.A eux se rattachent beaucoup de membres qui sont non actifs mais qui viennent prêter main forte pour un travail quelconque, une manifestation par exemple.Ce sont des militants solidaires à la cause des prisonniers politiques.20 AU NOM DE LA JUSTICE ET DE L’HISTOIRE P.P.Geoffroy Robert Hudon Jacques Lanctôt Paul Rose Francis Simard Nous soussignés, exigeons la libération immédiate et sans conditions de tous les prisonniers politiques québécois et réclamons l’amnistie générale pour ceux-là même, encore en prison, en liberté surveillée, accablés d'un dossier ou sous caution, ainsi que pour les exilés.NOM ADRESSE OCCUPATION Retournez au: Comité d'information sur les Prisonniers Politiques 1015 Est Ste-Catherine, Chambre 203 Montréal, P.Q.Tél.(514) 849-4620 Focus octobre 81 21 Pétition Source: Dossier Paul Rose Le Comité d’information sur les Prisonniers Politiques présente H MEMOIRE D’OCTOBRE* Un vidéogramme de * JEAN PIERRE BOYER D 'V'.- : Il GROt ;FH 'fcttVf N ’ Ce document vidéo d'une durée de 58 minutes, est présentement disponible au Groupe d'intervention vidéo, 3963 rue St-Denis, Montréal, au tél.(514) 849-4044 et au Vidéographe, 4550 rue Garnier, Montréal, au tél.521-2116 Le vidéo "On est tous des prisonniers politiques", réalisé lors des spectacles-bénéfices des 14 et 16 avril 1980, à Montréal et à Québec, par des gens du Vidéographe-et du C LP,P,, est aussi disponible aux memes endroits que "Mémoire d'octobre". Focus octobre 81 DES OTAGES DE CHAIR ET DE SANG Ils uni tout essayé pour vous briser pour tpie l'espoir coule ailleurs qu 'en vos veux supérieurs tpi en vos veines ouvertes je tourne en rontl dans vos cours froides et tout autour il v a îles ombres, des hommes en armes Saint-I incent-de -l'aul.Archambault, Cowansville je rêve d'être noir et d'avoir une histoire tlans un an peut-être deux ou trois on vous verra quelques instants tlans nos rues tl'est prendre le jiouls de la liberté dis l’nul tpianil viendras-tu en Gaspéiie voir nos soleils se coucher sur Percé et les pêcheurs appâter leurs filets Y il v a îles hommes en armes, îles uniformes noirs partout et vos chairs sans défense ne sont plus qu'hémorragie lente les justiciers médiocres ont allongé vos nuits raccourci vos jours et l’ombre îles quartiers à sécurité maximum ressemble à un annul échafaud me voici dans vos salles d’attente et j'ai froid à l'ombre tics tourelles dis h rancis raconte-moi l'histoire d'Alcxis-lc-lrottcur et de nos coureurs tics bois la rape bat sous ma peau, je vomis à chaque pas ties uniformes noirs /tar la fenêtre grillagée je vois monter les fumées ties campagnes îles aariles bien tontlus le ventre plein tie bière se grattent le cul en riant de quelque obscénité dis l'ierre-l'aul reviendra-t-il le temps où tu rêvais autrement qu’en uniforme ii nos insolites forêts, au nord déridant, aux chaumières fumantes?des bruits s'abattent sur moi partout tics portes mécaniques me truquent et mes veux butent à chaque barreau fétléral à chaque guérite érectile ma bouche est sèche et je veux chanter c'est tlans le mois de mai que les filles sont belles muis J eiiienus mai autour les uniformes hurler avec les loups j'habite un cimetière d’espoirs mort-nés et tourmentés dis Robert te souviens-tu des filles et des gars et des odeurs de bière coin Cartier et Ontario Oh racontez-moi haut et fort vos luttes vos humiliations vos jouirs empêchés n'atlentlons [tas les libérations posthumes ni In vingt-cinquième liei je suis seul j'ai des yeux d'anarchie îles mains d'idéaliste et mon corps ne connaît fins le fling flung ties vies tie chéiteau pourvu que tout cela soit tlétruil un jour et que tlans nos blessures puisse s'éjianouir la foule ivre pétroleuses et pétroleurs que rien ne vous émeuve je pense à l.ouis Michel et au boulevard de la Commune je pense à vos corps ligotés en ces prisons-charniers des ombres funèbres vont et viennent ti chaque tournent mais je suis nombreux ti penser amnistie et le temps ties otages lire à sa fin mais (/i/i vous laisse mourir en rontl et scier vos chairs"f ths l'aul et toi l'ierre-l'aul et toi Francis et toi Robert et tous les autres quanti verra-t-on ces murraiUes de chine s'écrouler'¦ elle va venir la ville humaine justpi Vi vous et les campagnes et les villages tie pêcheurs vont faire la fête et le [>ays aura un nom.Poème d’un exilé Jacques Lanctôt m F.: Quelles relations avez-vous avec les media de façon générale?Est-ce difficile ou trouvez-vous que les media transmettent bien ce que vous voulez dire?G.B.: En général, les media ont une façon très intéressée de transmettre l'information.Dépendamment de la-teneur de la nouvelle: si c'est un gros flash, tous les journaux vont en parler, sinon:.Ils sont très manipulateurs.On ne sent pas vraiment une bonne volonté d'informer les gens.C.R.: Ce qui nous est donné dans les media, c'est qu'on a foncé en maudit pour l'avoir.On a fait beaucoup d'information à Montréal, pas assez dans les régions, ça a été une grosse erreur.On aurait dû à chaque fois s'organiser pour que de l'information sorte partout dans le Québec mais on était bénévole et on manquait de temps pour tout organiser.C'est sûr que de plus en plus, il faut vraiment s'orienter vers les radios communautaires, les télévisions communautaires, les media parallèles, parce que ce qui nous est offert ailleurs, ça fait vraiment dur.F.: A propos de vos relations avec le système de la justice, vous avez beaucoup parlé entre autres de la Commission des libérations conditionnelles.Quelles sont les relations que vous entretenez avec eux?C.R.: Maintenant que le Comité Paul Rose est formé, c'est ce comité qui rencontre la C.N.L.C.(Commission nationale des libérations conditionnelles).En 1977, le C.I.P.P.a fait une manifestation à Montréal, on a ramassé 42,000 signatures pour une pétition pour la libération de François Schirm.On est allé la porter à la C.N.L.C.Ils ne foulaient pas nous recevoir.On a fait des pressions.Finalement, ils ont accepté.Mme Rose, Armand Vaillancourt et un avocat du C.I.P.P.y sont allés, Jean-Paul Gilbert de la Commission, ancien chef de police de la ville de Montréal de 64 à 69, a dit qu'il les prendrait en considération mais on en a jamais réentendu parler.A chaque fois qu'un prisonnier politique avait droit à sa libération conditionnelle, il ne l'a jamais eue à temps.Les prisonniers politiques ont toujours fait plus de maximum que normalement un détenu peut en faire.Ils ont toujours été manipulés par des transferts fantômes, à la dernière minute.Avant les jeux olympiques, ils les ont transférés d'une boîte à l'autre.Au début, le C.I.P.P.contestait la Commission des libérations conditionnelles mais on ne savait pas précisément qui en était membre.On s'est mis à chercher: ce sont des anciens chefs de police, directeurs de prison, administrateurs.On s'est posé des questions sur la valeur de ces gens-là, qui ont le pouvoir de juger, les détenus.Dans le comité Paul Rose, il y a des sociologues, des criminologues, des gens qui ont étudié en criminologie avec Jean-Paul Gilbert, qui après analyse du dossier de Paul Rose, n'arrivent pas aux mêmes conclusions que la Commission des libérations conditionnelles.Jean-Paul Gilbert doit se sentir mal à l'aise.Dernièrement, un des agents de libération qui s'occupait du dossier de Paul, André Dupont, a été muté à Rimouski.Il avait fait un rapport de 15 pages disant qu'il favorisait la libération totale de Paul Rose.Nous n'avons pas accès à ce rapport.Robert Lemieux a fait une requête en cours pour y avoir accès et s'en servir comme preuve mais ça a été refusé.Paul se ramasse avec un autre agent de libération qui ne connaît pas le dossier et parce qu'il ne connaît pas le "sujet", - ils mar- chent par sujet et non par individu - une réponse favorable à sa libération est encore remise à six mois.F.: Les réactions de la Commission sont-elles les mêmes pour les prisonniers de droit commun ou est-ce particulier aux prisonniers politiques?G.B.: Moi, je pense que c'est particulier aux prisonniers politiques.Les membres de la Commission, des exdéputés, un ex-chef de police/trois ex-directeurs de pénitencier, n'ont pas intérêt à leur donner leur libération tout de suite parce que les prisonniers politiques sont des gens qui se sont soulevés contre leur patrie, contre le pouvoir et ses représentants, les membres de la Commission des libérations conditionnelles par exemple.Quand on pense que c'est Jean-Paul Gilbert, maître la Commission, qui a arrêté Pierre-Paul Geoffroy et qui a convoqué une conférence de presse à 7 h du matin pour annoncer que le chef du F.L.Q.1 avait été arrêté ce matin-là.C'est devant ce même Jean-Paul Gilbert que Pierre-Paul Geoffroy a dû passer pour avoir sa libération conditionnelle.C'est sûr qu'ils n'ont pas intérêt à libérer ceux qui se sont soulevés en 70 et avant.—*—H**" C.R.: Mais ils l'ont dit publiquement qu'ils ne voulaient plus faire d'actions violentes, qu'on n'était plus dans une conjoncture politique pour le faire.Aujourd'hui, il se passe autre chose, on se parle, on se sert d'autres moyens.Mais c'est tout de même moins dangereux pour la société s'ils restent en dedans, ils peuvent moins parler.F.: On entend moins parler des détenus politiques autres que Pierre-Paul et Paul.Est-ce qu'ils sont encore solidaires des actions du F.L.Q.?Prennent-ils la même position que celle de Paul et Pierre-Paul, une position de solidarité (cf exemple, l'entrevue réalisée avec Paul Rose pour J'émission Télémag du 30 septembre 1980)?C.R.: Ils sont solidaires mais ils ne sont pas prêts à ce qu'on fasse de la publicité autour d'eux comme on le fait avec Paul et Pierre-Paul.Ils sont cependant prêts à ce que le C.I.P.P.parle d'eux, en tant que prisonniers politiques.Ils ont aussi accepté de participer par des lettres et des messages aux derniers spectacles-bénéfices organisés par le C.I.P.P.Ils ont l'impression que si trop de publicité est faite autour d'eux, ils vont avoir plus de problèmes pour sortir.Ils tiennent cette position-là mais ils continuent à penser que les événements d'octobre devaient avoir lieu.Nous, on respecte ça.24 Source: Dossier Paul Rose F.: Comment sont les relations entre les prisonniers de droit commun et les prisonniers politiques?C.R.: Très bien, Paul a déjà fait partie d'un comité de détenus, il était président.C'était tellement intéressant que les autorités pénitenciaires ont refusé qu'il continue d'être président, parce qu'il avait probablement trop d'idées et d'organisation.Il avait monté une radio et donnait de l'information sur les droits des détenus.Ils ont coupé tout ça et ont envoyé une lettre disant qu'ils refusaient sa candidature comme président du comité des détenus.G.B.: Si on prend l'exemple des fêtes de la Saint-Jean à Cowansville cette année: Paul n'a pas pu faire partie de l'organisation des fêtes.On connaît ses talents d'organisation, on veut que les prisonniers aient des fêtes mais pas trop fort.Les prisonniers avaient droit à 40 visiteurs (artistes, ami(e)s, parents) par jour mais quand tu sais que pour avoir droit d'aller dans une prison, ça prend tout un curriculum vitae, le poids,'la grandeur, la couleur des yeux, des cheveux, le numéro d'assurance sociale, etc.40 visiteurs par jour pendant 10 jours, ça fait 400 visiteurs, beaucoup d'ouvrage.C.R.: Le Comité des détenus a eu une petite subvention du Conseil des arts plus $1000 du pénitencier.Des artistes sont venus, bien maigrement payés, Vigneault, Claude Gauthier, etc.Il a fallu faire des téléphones pour rejoindre musiciens, musiciennes, etc.Les gars en-dedans avaient de la misère à faire des téléphones.Quand on sait que pour rejoindre des artistes, il faut faire plusieurs téléphones, laisser des messages.Les gars en-dedans ne peuvent pas se faire rappeler.Il fallait absolument qu'ils aient de l'aide de l’extérieur.Le C.I.P.P.a donné un coup de main là-dessus.1 ¦,'i G.B.: Pour apprendre que le jour où on devait remettre tous les curriculum vitae, il n'y avait plus un visiteur qui avait le droit de rentrer.Nouvel ordre de la direction.Ça fait partie des principes d'aliénation, pour essayer de casser les individus, les démoraliser.Un des organisateurs a fait deux jours de trou parce qu'il avait envoyé chier un gardien quand il l'a appris.C'est pas dans les places comme les institutions carcérales que les individus vont se faire "resocialiser" comme ils disent.Ça fait juste nourrir un esprit tyrannique, malsain.• Extraits de la Plaidoirie de Paul Rose devant la Cour du banc de la reine.Montréal, le 12 mars 1971.Paul Rose et Marc Laurendeau dans le cadre d’une entrevoie pour Tèlémag.5vi^ ?‘VJ "La violence, c'est un résultat; ce n'est pas qu'un moyen en soi.C'est deux forces qui s'affrontent, qui résultent en une violence.Le 24 juin (1968), quand Pierre-Elliott Trudeau est venu ici à Montréal, avant son élection, il y a eu la violence; mais c'est un affrontement de forces, à ce moment-là; (d'un côté) vous aviez les fiers-à-bras de la Police -*e Montréal; vous aviez aussi les gens du peuple qui t aient de l'autre côté.Et là, je ne veux pas viser d'une façon générale tous les policiers parce que je crois sincèrement qu'un policier qui entre dans la fonction.c'est parce qu'il a une certaine ouverture sociale, il a un certain désir d'aider ses semblables.Mais je dis qu'actuellement, l'Organisation de la Police, c'est une organisation qui brime les gens du peuple; c'est une organisation qui est là pour protéger les gens-qui-exploitent le peuple, mais cela ne met pas en cause le simple policier.- je le dis bien sincèrement: il y a des policiers qui sont encore plus prisonniers que les prisonniers dont ils on , la garde! Alors je vous dis ces choses pour essayer de vous expliquer le climat dans lequel nous étions, climat où nous avons pris nos responsabilités et climat où nous continuons à prendre nos responsabilités.On a un devoir envers ces gens qu'on place ici, sur ce territoire, et envers ces gens qui parlent français pour faire en sorte que l'individu, quelle que soit la région du Québec où U puisse naître, ait l'égalité de chances, puisse participer au pouvoir politique, puisse participer au pouvoir économique, puisse participer à ce que tous les autres pouvoirs lui soient accessibles.Y faut reprendre ce qui nous appartient ou ce qui ne nous a déjà appartenu.Nous devons reprendre ces choses; ces choses sont bien claires et précises: ce sont des richesses naturelles, ce sont des individus qui sont là, condamnés à rien faire, ce sont des individus qui chôment - Pensez-vous qu'ils le veulent?Pensez-vous qu'un chômeur est intéressé à /'assurance-chômage?Un moment donné, il peut devenir accroché à l'assurance-chômage, mais il n'y est pas intéressé, ce qu'il veut, c'est travailler, et selon ce qu'H est, selon son identité à lui; pas travailler pour imiter un autre.Travailler en tant que Québécois et travailler sur un territoire sien - et nous en avons les possibilités! H y en a qui disent que nous sommes un peuple qui a de la prospérité et tout ça ici! Alors je dis sincèrement: regardez ce que c'est que cette Prospérité: c'est une prospérité d’expropriation! On est en train de vider, ici au Québec, toutes les richesses nationales qu'on a et dans vingt ans, ici, quand tout sera vidé, U n 'y aura plus personne que des touristes!!.Focus octobre 87 25 Source: Dossier Paul Rose TEXTE APPUYANT LA MANIFESTATION SOLITAIRES-SOLIDAIRES.CONTRE LE FESTIVAL DES FILMS DU MONDE 81 A l'ombre des soleils immobiles Nous étions venus massivement en 1979 manifester notre profond désaccord avec le Festival des films du monde.Pourquoi y revenons-nous cette année?Ce n’est pas que nous aimons rendre visite à Gina Lollobrigida.Nous sommes tout simplement venus dire que le mur du silence qu’on a érigé entre nous, cinéastes, et le public, est de plus en plus infranchissable.Il suffira de lire les journaux et d’écouter les émissions de radio et télévision pendant cet événement mondain pour se rendre compte que notre point de vue n’est nullement représenté, ni avant, ni pendant, ni après.A ce grand sommet économique sur le 7ième art, on parlera de plus en plus de rentabilité, de productivité, de valeurs sûres, de piliers à consolider, de francs succès, de nouveaux records.Et avec cet éternel vocabulaire, on vous convaincra de la nécessité d’un plus gros festival pour l’an prochain, qui frisera le cap du million.C’est ça le cinéma avec un grand “C” et les organisateurs le savent bien, eux qui sont passés maîtres dans les sciences des vases communiquants: industrie et culture.Cette année la chasse aux subventions a rapporté au-delà de $500,000, dont $250,000 proviennent de ministères québécois (Affaires culturelles, Affaires inter- ouvernementales, Tourisme, hasse et Pêche) et de l’Institut québécois du cinéma.Nous n’acceptons pas l’effacement de la dette de $50,000 que le Festival des films du monde devait à l’I.Q.C.Pourquoi ce même Institut, connaissant le mécontentement du milieu cinématographique québé-cis, se permet-il dans sa philosophie de monopoly, de faire passer aussi facilement le F.F.M.à go et lui faire collecter $50,000 additionnels?Pour payer ses hôtels.Compte tenu de l’urgence de la situation et des très faibles moyens économiques dont nous disposons, nous croyons plus que jamais que cet argent devrait servir à développer notre jeune cinématographie, à accroître notre participation à des événements culturels et cinématographiques (ici et ailleurs), non compétitifs, basés sur l’existence des cinémas nationaux et à consolider les outils en place.Comment ce gouvernement peut-il dilapider autant d’argent dans un seul événement qui dure dix jours, alors qu’il ne fait rien pour régler les problèmes chroniques auxquels nous sommes confrontés à longueur d’année.Rappelons seulement l’envahissement des écrans à 90% par l’industrie hollywoodienne.A l’heure même où le prestigieux Festival de Cannes est remis en question par la presse internationale qui y voit de plus en plus le rendez-vous de commerçants et de représentants d’un cinéma avachi, on nous propose un deuxième Cannes, américain celui-là, qui fera bien plaisir à l’oncle Valenti qui n’aura même pas à payer la note, et ce, avec la bénédiction de nos bons gouvernements.Pour nous assujettir, nous dissoudre collectivement, on nous propose le grand rêve à l’échelle du monde.Devant cette menace de la planification des esprits par la pensée internationale, il faut réagir.C’est tout le collectif qui est menacé de disparaître devant ce rouleau compresseur.Comprendrons-nous enfin où nous mène cette pensée transcontinentale et comment cette propagande idéologique (lire financière) contribue à l’acculturation du public québécois et à la marginalisation de son cinéma, au profit de quelques individus?En tant que travailleurs culturels, nous nous opposons à cette culture de l'argent et refusons de faire danser vos dollars.Que restera-t-il pour le public après ce marathon-bouffe de dix jours?Le grand prix des Amerloc-ques' et son troupeau de petits frères.Que restera-t-il pour nous, cinéastes, après ce grand festin?Nous ne sommes pas des empêcheurs de danser en rond, mais lorsqu’on reçoit du monde chez nous, on aimerait leur faire entendre l’originalité de notre musique.Nous sommes pour une ouverture sur le monde mais nous ne cautionnerons pas par notre silence ancestral ou notre abject laisser-faire tous ces futurs festivals qui n’auront jamais aucun rapport avec notre réalité.Nous ne sommes pas à ce point insensibles au mépris, chers organisateurs, et veuillez croire que notre farouche volonté de créer sans vous et contre vous une authentique cinématographie se faufilera entre vos soleils im- mobiles.La démission devant le défi n'a jamais su qu'engendrer la soumission.Pour nous il s’agit de gagner ou de perdre.Voilà pourquoi nous proposons un frein à vos futurs sommets économiques et recommandons énergiquement l’interruption des subventions à un tel festival.Et s’il est vrai que le cinéma est gauchisant de par sa nature même, comme le dit Monsieur Losi-que (cf La Presse, 15/08/81), alors que vient faire ici Jack Valenti, président de la Motion Picture Association of America?Avant qu’il ne soit trop tard, sauve qui peut le cinéma.Des Cinéastes en colère 20 août 81 FÊ-nr^T • * •CINÉMA /////// Arrivée de Valenti au Festival des films du monde 26 PAS TOUT A FAIT SOLITAIRES En train de siroter une bière à une terrasse de la rue Saint-Denis, fraîchement débarquée à Montréal, les remords me rongent.Je viens de lire La Presse du jour: "A 20 h ce soir, au moment de l'ouverture officielle du 5e Festival des films du monde, une centaine de cinéastes et de gens de cinéma ont promis de manifester à leur façon devant la Place des arts contre ce qu'ils ont rebaptisé le Festival des films du "monstre".Ils ont l'intention de dénoncer le dirigisme de cet homme de fer qui a pour nom Serge Losique, celui par qui, disent-ils, le cinéma québécois rate une occasion unique de se mesurer avec celui venu d'ailleurs, celui par qui, ajoutent-ils le Festival de Montréal est devenu synonyme de mercantilisme et de gaspillage des fonds publics destinés au cinéma".(1).Je ne me rends pas à l'ouverture officielle mais j'apprends, le lendemain que la manifestation a bel et bien eu lieu, fête plus que manifestation/au son d'une fanfare.Les récriminations sont une fois de plus présentées par le biais d'un manifeste.Aucun média ne souffle mot du manifeste (cf page suivante).Je me rends au Parisien où se déroule le Festival (sauf l'ouverture et la fermeture).Aucune ligne de piquetage.L'argument que je me sers pour mieux me convaincre et refouler mes remords: c'est facile pour les cinéphiles de Montréal de boycotter.Mais pour moi qui vient du S.L.S.J., voir tout ce que je peux avoir et de qualité sera finalement ma devise.En trois jours, je verrai en tout une quinzaine de longs métrages: du très bon cinéma allemand de quatre réalisateurs et réalisatrices inconnus ici.Radu Gabrea, Christian Rischert, Jeanine Meerapfel et Flelma Sanders-Brahms, sensible; un film soviétique en compétition officielle qui représente une tendance importante du cinéma soviétique, le mélodramatique; de grands films comme "Les années lumière" d'Alain Tanner; des navets comme le seul film qui représente le Canada (Québec) (I), "Kings and Desperate Men" d'Alexis Kanner; un film étonnamment bien fait sur la lutte du peuple du Savaldor; "Petite confession filmée de Luis Bunuel" de Martine Le-fevre, passionnante;.En somme, un peu d'humour, beaucoup de drames, des navets, des films qu'on n'oublie pas.Finalement, pas trop de regrets mais aussi l'envie de dire que "le mépris n'aura qu'un temps".Diagnostic: mégalomanie à la Drapeau.Effet secondaire: Attitude de mépris pour le cinéma québécois et par conséquent pour ceux et celles qui le font.Les seuls longs métrages québécois présentés au Festival sont: "De jour en jour" de Robert Desrosiers et "Paroles du Québec" de Jean-Claude Labrec-que, tous deux produits par Radio-Québec et présentés dans la catégorie "Oeuvres récentes de la télévision"; "Les traces d'un homme" de Michel Moreau et "Des astres et désastres" d'Alain Sauvé dans "Cinéma d'aujourd'hui et de demain"; "Les Plouffe" dans les "Hommages" et bien entendu "Kings and Desperate Men", sans commentaire.Quelques autres films sont indiqués comme provenant du Canada (Québec) mais ont été tournés en anglais.Pourtant, même si le mot "crise" est sur toutes les-lèvres, il y a encore des longs métrages intelligents, qui se font au Québec et qui auraient sûrement pu figurer dignement en compétition officielle.("Les beaux souvenirs" de F.Mankievitch, les derniers d'André Forcier, Pierre Perrault, Jean-Guy Noël et quelques autres).En tout cas, on peut supposer que les organisateurs n'auraient pas perdu plus de crédibilité qu'ils en ont perdu avec "Kings." et la belle Margaret Trudeau.Mais distributeur oblige! Et ce cinéma ne rime pas avec dollars! Pourtant des films intéressants sont en compétition officielle et qui ne rapporteront pas nécessairement gros.Des films dans les catégories "Cinéma allemand d'aujourd'hui" et "Cinémas d'Amérique latine" ont des préoccupations qui nous ressemblent étrangement.Ou ces films sont présentés pour justifier l'aspect international du festival, ou ils sont jugés vraiment intéressants.Alors pourquoi pas aussi une juste représentation de ce qui se fait au Québec?Parce que l'argent est ailleurs?Depuis le temps (plusieurs années), l'organisation du Festival aurait pu changer son fusil d'épaule, ce qu'elle n'a pas fait.L'ouverture #ur le monde ne devrait pas vouloir dire l'effacement béat de notre production cinématographique.".lorsqu'on reçoit du monde chez nous, on aimerait leur faire entendre notre musique".Pas juste quelques notes.Les Québécois sont reconnus pour leur hospitalité mais il ne faudrait pas que quelques-uns les prennent pour des niaiseux.A.S., une cinéphile.en colère.lo loins CENTRE D'EPANOUISSEMENT DE L'ETRE 338, St-Gérard, Chicoutimi-Nord TEL.: 545-6190 Jacques et Jocelyne Denault, responsables du yoqa à l'UQAC, consultant M.E.Q.Le C E E., le Lotus est une association québécoise au service de la population depuis plus de 12 ans 1 a-Ru ara = Lia teher de rel ja-yoga = La connaissance de ' \ ' Hatha-yog\ = Le yoga corporel Focus octobre 81 27 LA BRETAGNE A LA CROISEE DES CHEM/N:ÿjjjll LUTTES, REVES REALITES N.D.L.R.: Cet article est le second d'une série sur la Bretagne.Le premier, paru en mai 81, portait sur l'histoire de la Bretagne jusqu'à la perte de son autonomie, après la révolution de 1789.Ce second article a pour trame un séjour qu'a fait l'auteur en février et mars 81.sfpif ëmmi jjMlJjSP; mÈm ffiwmm mm •a.v t,r. Impressions de voyage: la perception ou Quebec, au hasard des rencontres publics, cafés et bars, véritables in- d’ambiance (genre salon-bar ici), stitutions sociales, lieux de ren- C) Les cabarets ou clubs de nuit, contres et d’échanges où l’exiguité genre discothèque de luxe, où la favorise la communication (très sélection se fait par l’argent ou les peu d’établissements, en effet, relations, milieux plus fermés et sont du genre brasseries ou salles hors de portée du commun des d’hôtels).Mais les classes mortels (les prix peuvent être de sociales se mélangeant peu dans deux à cinq fois plus élevés les petites et moyennes villes de qu’ailleurs).province, il y a lieu de distinguer trois ou quatre catégories d’établissements.Prenons par exemple le cas de Dinard, près de Saint-Malo, petite ville de 10,000 habitants en hiver, où j’ai passé la plupart de mon temps.On peut y différencier nettement: A) Les cafés et bars “populaires”, à clientèle en majorité constituée de travailleurs (ouvriers d’usine ou autres), journaliers et petits commerçants, assez âgés en général.(Un peu comme la petite taverne d’antan ici.) B) Les bars qu’on peut qualifier de “bourgeois”, ou à la mode, fréquentés par une clientèle plus aisée socialement, avec aussi plus de jeunes et souvent une musique Vu de là-bas, en fin d’hiver, le Québec c’est loin, pas seulement géographiquement, mais aussi dans les têtes: très peu de nouvelles à la T.V., aux radios, dans les quotidiens régionaux et même nationaux.On n’est pas en période référendaire ou électorale au Québec, il n’y a pas non plus de visites officielles de personnalités fédérales ou provinciales, donc pas de déclarations plus ou moins fracassantes pour alimenter la chronique; en somme, la couverture du Québec et du Canada est réduite à son minimum.Compte-tenu de cette situation, c’est d’autant plus facile de susciter des réactions assez spontanées chez les gens ordinaires ou autres, quand on se présente ou qu’on est présente comme venant du Québec.De plus, on se trouve dans une période de l’année non touristique.Ce qui aide grandement dans les rapports humains.Et où donc recueillir ces diverses at parfois surprenantes réactions, sinon dans les nombreux endroits Dans la première catégorie (populaire), la spontanéité et l’ingénuité des réactions, la curiosité naïve face au fait québécois (ou'canadien), tiennent avant tout à une méconnaissance de l’information de base: ainsi le Québec est souvent confondu avec le Canada tout entier (puisqu’on ne voit que des canadiens francophones à la télévision!), sinon le Canada avec les U.S.A., d’où les confusions qu’on peut imaginer.On se voit automatiquement étiqueté de “Canadien” (“Monsieur est canadien”!) avec tout ce que cela comporte d’exotisme, sinon de sentiment d’étrangeté.Mais I Üi m, tSftrâl aëHHÜIÉ miip :;-,V WM, ‘IAvv‘.H y.U:‘:v Wmi rass PY3HDR n» DOSTOÏEVSKI récits de la maison des morts LABOR IT i; HOMME LA VILLE FOUR LA RENTREE, DEUX COLLECTIONS INDISPENSABLES COLLECTION GARNIER- FLAMMARION Format de poche, au prix d'un livre de poche.Volume simple $3.50, • Volume double $4.50, - Volume triple $5.50, - Volume quadruple $6.50, - Volume quintuple $7.50, Ouvrages de divertissement ou livres de réflexion, tous les textes font l’objet de la plus scrupuleuse édition.Ils sont accompagnés d’une chronologie, d’une bibliographie et d’une introduction, dues aux meilleurs spécialistes ou à de grands écrivains.De grands textes abordant les sujets majeurs de la réflexion contemporaine.Volume simple $5.25, - Volume double $6.75, - Volume triple $8.75, - Volume quadruple $9.95.En vente dans toute bonne librairie Les éditions Flammarion Itée COLLECTION CHAMPS 4938 QUÉBÉCOIS BT SAQUENÉEN U Ms* » W vr- SEMAINE du mm¦ g.',1 .z ijuc BRASSA®® oct.lW>hrs • « ssîœff**ss*R*lZa.I liffir .ENTREE **• ,,-^rtitutquebecou^.^^^, » coitoE0^**0^!— 4 rv* *• -• * • ,:.£,**¦ V^'-JMsSr*-'«***¥'! • '•*-rV'/ •.:>•• ¦«'
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.