Focus : Saguenay Lac St-Jean, 1 janvier 1979, Mars
MARS 1979 NUMÉRO 20 o Saguenay-Lac-St-Jean* Paroles et luttes de femmes NSgCAL 24 HO Un désir «U i ii‘ S La vie tell* Ç qu'on l’a choisie Masculin / Féminin : des moules à casser Le droit au travail et les femmes Le centre de planning, une lutte qui commence Vivre au masculin Port-folio : Darie Gaudreault AÏVS v.'V, GA G N dVaii i 9 O Notre page couverture: Photo: Gilles Sénéchal Montage: Marc Bilodeau Le collectif de Focus: Yves Caron, Jean-Guy Girard.Carole Langevin, Monique Major, Jocelyn Pagé Comité de rédaction: Pierre Demers.Jean-Guy Girard.Jacques Viens.Benoit Lanthier.Jocelyn Pagé et Monique Major Conception du numéro: Monique Major Publicité et promotion: Yves Caron Comptabilité et secrétariat: Carole Langevin Réalisation graphique: Marc Bilodeau Photographes: Marcel Cloutier, Michel Gauthier, Gilles Sénéchal Collaborateurs à la rédaction: Françoise Boudreault.Suzanne Biron.Monique Cloutier, Sylvie Chenard.Marielle Désy, Danielle Dubé, Charlotte Gervais, Micheline Lévesque, Sylvie Pilote.Rachel Poirier, Michèle Roy, Ginette Fournier Remerciements: Hélène Pedneault.Carmen Bernier, Charlotte Éditeur Les Productions Carouges inc.234 Saint-Dominique.Jonquière 547-3245 542-7807 Les articles du magazine peuvent être reproduits sans autorisation écrite dans toute publication non vendue et à but non-lucratif.Dans ce but précis, la rédaction du magazine apprécierait recevoir un exemplaire de la publication où est reproduit un ou des articles de la revue Focus.Dans tous les autres cas.une autorisation écrite est requise.Abonnement: La revue Focus.C.P.10.Jonquière.G7X 7V8 Régulier: $12.00 Soutien: $20.00 Dépôt légal: Bibliothèque nationale, 1700 rue Saint-Denis.Montréal Bibliothèque nationale.Ottawa Courrier de deuxième classe: Courrier de deuxième classe Enregistrement n° 4204 Port de retour garanti: La revue Focus, C.P.10.Jonquière.G7X 7V8 La revue Focus est membre de l’Association des éditeurs de périodiques culturels québécois.Focus dans un deuxième souffle: Ça dépend de vous! 4 Masculin/féminin: Des moules à casser 12 Le droit au travail et les femmes 15 Le centre de planning: Une lutte qui commence 20 Les femmes dans le syndicalisme: Une porte à ouvrir 23 Port-folio: Darie Gaudreault 27 Vivre au masculin 13 Un roman à l’eau de rose 38 En Corps” À vendre ou à louer.42 À propos .4 Oui fait quoi.5 Courrier.6 Arts .16 Cinéma .49 Consommation.50 Media .52 Musique.53 Livres, bouquins, paroles d'ici et d'ailleurs.54 Calendrier .56 1 Focus dons un deuxième souffle: CELA DEPEND DE VOUS! a l’affût d’un complot Diverses rumeurs courent depuis quelque temps déjà à l’effet que la revue Focus serait à bout de souffle, à l'agonie ou déjà morte.Nous tenons à vous rassurer de notre bonne santé, même si un certain monopole de presse, par l’une de ses nombreuses tentacules nommée Le Progrès du Saguenay Itée, aurait beaucoup de satisfaction à nous savoir disparu de la carte journalistique.À ce propos, le Conseil de presse du Québec statuera le 9 mars sur la plainte que nous avons portée contre Le Progrès du Saguenay Itée, plainte intitulée: "Entrave à la liberté de la presse".Pour ce qui est de notre santé actuelle, nous entrons dans une nouvelle façon de fonctionner.Cette nouvelle approche nous oriente vers un travail interne maintenant réellement plus coopératif (autogestion devenant plus qu’un désir à défendre et débattre, mais une réalité quotidienne) avec une ouverture à la collectivité qui saura, nous l’espérons, correspondre à une volonté populaire.Cela implique donc qu’il y aura d’ici peu de temps un changement de structure dans la composition de notre conseil d’administration.Ce nouveau conseil d’administration sera composé d’une partie des travailleurs de la revue et d’une autre partie composée de personnes élues à l’assemblée générale de mai 1979.Tout cela pour allier l’autogestion et la participation de tous ceux et celles qui appuient la revue et lui souhaitent une longue vie.Nous, nous appelons cela un nouveau souffle, et sur ce point nous avons choisi d’entamer l’expérience.Il ne s'agit pas seulement de souhaiter ou de parler d’un changement dans la société, ce qui nous est apparu trop facile, mais il faut également l'entamer et le vivre.Nous ne croyons pas utile de faire une revue pour faire une revue, mais bien plutôt d’amorcer une démarche qui peut apporter une nouvelle façon d’envisager l'information et la vie quotidienne.En ce qui concerne les conditions financières, la situation est ce qu'elle a toujours été depuis le début: difficile.Et c’est malheureusement le cas de presque tout ce qui se fait au niveau culturel au Québec.À moins de tomber dans la démagogie.Ceux qui seraient portés à croire, à la vue de la qualité du medium que nous utilisons, que nous vivons des années de vaches grasses se trompent.Nous croyons nécessaire d’entrer sur le marché habituel des périodiques et des mensuels pour garantir notre impact, une mauvaise qualité étant la meilleure façon de nous ensevelir sous les tablettes des tabagies.Nous avons besoin de vous! Pour ceux et celles qui sont vraiment intéressés à la vie de la revue Focus, nous vous demandons votre collaboration pour nous donner un coup de main.Ce coup de main, vous pouvez nous le donner de diverses façons, dont les suivantes: — en vous abonnant plutôt que de l'emprunter à vos voisins et amis ($0.25 PAR SEMAINE POUR UN MENSUEL RÉGIONAL, EST-CE TROP CHER?); — en participant à des recherches dans le but de monter des dossiers; — en devenant membre des “Amis de Focus"; — en vendant de la publicité; — en faisant un don à Focus; — en nous distribuant dans votre milieu; — en parlant de la revue à vos amis et amies; — en nous contactant pour nous proposer des articles (à éviter: nous proposer un article sur de nouvelles méthodes pédagogiques et nous amener un texte sur un voyage sexuel à Vancouver, ce qui est déjà arrivé!) Notre façon de procéder, maintenant, au niveau du travail, prend la forme qui suit: on devient d'abord membre auxiliaire et, suivant une période de temps maximum de trois mois (suivant l'intérêt et l'implication), puis membre actif avec tous les pouvoirs et droits que cela entraîne.On vous attend.P.S.Si vous avez tout particulièrement apprécié ce numéro, vous pouvez nous aider en nous envoyant quelques sous.Nous sommes toujours en-dessous de nos frais de production.C’est là que passe notre subvention du ministère des Affaires culturelles.On espère toujours une réponse positive du Conseil des arts du Canada qui répond par la négative depuis deux ans.P.P.S.Avis aux intéressés: la revue Focus ne se veut pas un instrument de promotion-publicité pour des individus ou organismes.Nous vous prions donc d'arrêter vos appels téléphoniques et vos récriminations publiques à ce sujet.Contactez donc le Progrès ou le Réveil.Merci! Le collectif de Focus 4 MESDAMES ET MESSIEURS: LEC.N.E.Le tant contesté Centre national d'exposition (c.f.FOCUS vol.1 n° 6, nov.'77) ouvrira ses portes le 8 avril 1979, lors du vernissage d'une exposition — qui durera jusqu'au 6 mai — faisant suite à un "concours d'expression artistique" expérimental.Ce concours visant à impliquer le C.N.E.dans l'animation culturelle régionale, divise les créateurs en 17 catégories: de la courtepointe au tissage, en passant par les émaux et la poterie, sans oublier la sculpture et l'expression de type pictural.Ce concours est, bien entendu, ouvert à tous; le formulaire d'inscription sera disponible dans les journaux régionaux les 5, 12 et 19 mars 1979; date limite pour la remise des oeuvres: le 27 mars 1979.Qui dit concours dit compétition; qui seront les participants?Oui seront les juges?Quels seront les critères de sélection?Les répercussions d'un tel événement se feront-elles sentir au niveau de l'expression artistique régionale ou influenceront-elles seulement les cotes déjà existantes sur le marché régional de l'art?Autre détail: les 17 gagnants se partageront équitablement $3,400 en prix.Le Centre national d'exposition sera ouvert au public à partir du 9 avril, de 1 Oh à 2 Oh sur semaine et de 13h à 19h le samedi et le dimanche.F.B.DIX JOURS À L’ARCHE AVEC DES FEMMES La journée du 8 mars sera aussi soulignée dans le domaine de l'expression visuelle.En effet, la Galerie de l'arche de Jonquière a demandé à une vingtaine de femmes de la région qui produisent en arts plastiques, de participer à une exposition qui aura lieu du 8 au 18 mars.Tenant compte de ce que peut impliquer le 8 mars et leur situation de femme/ femme-artiste, les participantes auront réalisé des travaux qui seront réunis dans une manifestation spéciale.Les 9, 10 et 11 mars, des vidéos provenant du Réseau vidéo de femmes seront présentés à la Galerie; des discussions et tables rondes suivront; l'Arche ne veut pas négliger le côté animation.Donc, avis aux intéressés: surveillez la publicité ou téléphonez à 547-6751 pour des informations.L'exposition des femmes débute le 8 mars à 20h30 et tout le monde est invité; il y aura de la place: un nouvel espace a été aménagé au troisième plancher de la maison.Le comité organisateur de cet événement espère évidemment qu'un précédent sera créé et que dans les années à venir, d'autres activités de ce genre seront organisées plus fréquemment.Venez nombreuses et nombreux au 85 de la rue Jean-Allard à Jonquière.L’ASSOCIATION POUR LE PLANNING DES NAISSANCES, SAGUENAY-LAC-SAINT-JEAN le du L'Association pour planning des naissances Saguenay-Lac-Saint-Jean est née à l'automne 1967 sous forme de comité.En 1973, l'association s'est affiliée à la Fédération du Québec pour le planning des naissances qui, elle, est subventionnée par la Fédération nationale pour le planning des naissances d'Ottawa.L'association régionale est composée de bénévoles qui s'intéressent particulièrement à tout ce qui touche de près à la sexualité.Pour l'association, le planning des naissances et la sexualité réfèrent à la liberté, responsabilité et prise de conscience: chaque individu doit avoir la possibilité d'acquérir et de développer un ensemble d'attitudes et de comportements visant à obtenir le nombre optimum d'enfants voulus, au moment choisi, compte tenu du projet individuel, conjugal et familial.Le planning des naissances n'est pas un livre de recettes anticonceptionnelles ni un ensemble de techniques.Le planning des naissances amène l'individu à utiliser une méthode ou une technique, mais l'utilisation de cette méthode est le geste concret qui résulte d'un cheminement plus long et plus engageant sur le plan de la personnalité.5 ~v L'association offre différents services.Présentement, nous sommes à la recherche de bénévoles qui seraient intéressés à travailler dans différents comités.Pour plus d'information, vous pouvez communiquer avec une responsable de l'association: Sylvie Brassard, 547-5143.o- -o- NOUVEAU DÉPART C'est un programme de "réorientation" pour les femmes entre 35 et 55 ans.Il comporte un double but: aider les participantes à trouver la voie la mieux adaptée à leurs besoins et aspirations en tenant compte de leurs capacités, de leurs limites et de leur situation familiale; leur faciliter un encadrement, assurer et offrir des informations nécessaires pour atteindre l'objectif visé, effectuer un choix entre les cinq options qu'on leur propose, se tracer un plan de développement personnel et avoir le courage de le réaliser.r V" Les cinq choix que les participantes de “Nouveau départ" explorent pendant la session sont: 1) le retour au travail à temps plein 2) le retour au travail à temps partiel 3) un travail de bénévole et d'action communautaire valorisant et valable 4) le retour aux études 5) un nouveau regard sur le rôle de la femme au foyer.Pour informations: Service d'éducation des adultes, Jonquière 547-2111 Thérèse Boissonneault, responsable.Centre de services éducatifs aux adultes, Chicoutimi 545-2873 Claudine Hudon A.LE 8 MARS À CHOC.La radio communautaire de Jonquière assume encore cette année une journée spéciale de radiodiffusion à l'occasion de la Journée internationale des femmes, le 8 mars.En plus de sa programmation différente, CHOC diffusera en direct et à compter de 7h, une soirée de femmes qui aura lieu au café de la maison communautaire.A cette soirée: l'exposition de "Femmes d'Afrique au pluriel" soulignera le caractère international de l'événement.De plus, un panel composé de femmes impliquées dans des luttes de femmes, suivra une soirée de "prise de la parole" où monologues, textes et chansons parleront de nous; et, pour finir la soirée, il y aura présentation d'un film.Tout ça le 8 mars, au café de la maison communautaire.Le 11 mars, préparez vos raquettes, vos skis de fond, vos tuques et vos mitaines; il y aura un rallye-neige au bénéfice de la radio communautaire.Chaque kilomètre parcouru rapporte des fonds à CHOC.Passez au 110 de la Fabrique, chercher des feuilles d'inscription.O O- o- "De tous les lieux d'organisation du discours d'où l'on exclue les femmes, l'Histoire est peut-être le plus scandaleux.L'Histoire consacre l'annulation de la parole des femmes, sa réduction au placotage, à l'insignifiance puisque l'objet de l'Histoire est de retenir à travers l'événementiel quotidien, ce qu'il y a de signifiant et quelle n'a rien retenu au sujet des femmes".MICHÉLE JEAN DANS LA REVUE “SORCIÈRES" N- 14 FOCUS FÊTERA BIENTÔT SON DEUXIÈME ANNIVERSAIRE Et hop la galère! Déjà plusieurs musiciens de la région ont accepté d’y participer.Nous avons aussi demandé la collaboration d’artistes "nationaux".Nous sommes à la recherche de lieux convenables pour nous exécuter.Nous recherchons aussi des bénévoles, disponibles et intéressés à participer à l’organisation/promotion d’une telle MANIFESTATION.En tait, nous sommes dans une phase de recherche intensive.ef si tout va bien, nous fêterons avec éclat le deuxième anniversaire de la revue Focus.Ce que nous souhaitons, c’est d'arriver, grâce à la collaboration des "Amis de Focus”, à produire un spectacle de haute qualité dont les recettes serviront à assurer la continuité de Focus sous sa forme actuelle.NOUS AVONS BESOIN DE VOTRE COLLABORATION! Tous ceux qui peuvent nous aider à organiser cette fête peuvent nous le faire savoir en communiquant avec nous.on ne vous mangera pas! 234, rue Saint-Dominique, Jonquière (547-3245) La fête aura lieu entre le 1er et le 19 mai, à Alma et à Jonquière.Y.C.-< LE FESTIVAL DE THÉÂTRE RÉGIONAL 1.EXPOSITIONS: du 11 au 18 mars 2.SPECTACLES: 3.COLLOQUE: 4.ATELIERS: Tableaux et costumes de théâtre *au 6ième étage du pavillon principal de l’UQAC du 12 au 17 mars Au programme: Talaboumdie, le T.P.A., Théâtram La Rubrique, L’Aut-Bord, les gens d’en bas, le Reflet, ainsi que les meilleures productions des étudiants en théâtre du cegep de Jonquière.*en soirée, au petit théâtre de l’UQAC vendredi le 16 mars *au Centre socio-culturel de Chicoutimi samedi et dimanche, 17 et 18 mars (Ouvert au public) *au Centre socio-cuiturel de Chicoutimi Pour plus d’informations, communiquez à 545-5502 Présenté par : Le service socio-culturel de l’LIQAC Il offre les moyens de faire du theatre: 2 productions annuelles et des cours de technique sous la direction de comédiens-metteurs en scène professionnels.*11 offre aussi l'occasion d'analyser la pratique théâtrale: théories contemporaines du théâtre, sémiologie, analyse de spectacle.CERTIFICAT EN THEATRE UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À CHICOUTIMI UN PROGRAMME QUI VISE A PROCURER UNE CONNAISSANCE DU THÉÂTRE COMME PHÉNOMÈNE GLOBALE PROGRAMME D'ETUDE A TEMPS PARTIEL OUVERT A TOUS CEUX QUE LE THÉÂTRE INTÉRESSE: AMATEURS, COMÉDIENS, ENSEIGNANTS, ANIMATEURS CULTURELS.POUR PLUS D’INFORMATIONS: 545-5260 7 BIÈRE ALE Labafi- une fameuse de bonne bière DISTRIBUTEURS: Evans Laberge Jean-Guy Bergeron Lac-Saint-Jean Saguenay r Éditions Parti Pris \ 947 est, rue Duluth Montréal, H2L 1B7 V y Dsrti y/°ul'UN EDITEUR AVEC UN PARTI PRIS POUR LES FEMMES" LO Ri >CO!\ LA MATERNITE CASTREE Flore Cocon, Suzanne Jacob 124 p.— $6.95 De tous les romans publiés au Québec en 1978, Flore Cocon est sans doute le plus fort et le plus original.Si Flore séduit, c'est beaucoup, je crois, parce quelle échappe aux définitions.Elle a une profonde aversion de la définition d'elle-même, et lorsqu'on croit être parvenu à la définir, elle utilise cette arme contre nous et contre elle-même pour expérimenter une nouvelle dimension d'elle-même et pour nous glisser des doigts.La maternité castrée, Francine Lemay 155 p.— $6.95 Dans cet essai, j'ai tenté de faire naître une parole nouvelle née des relations entre mon enfant et moi.Il est temps que nous accouchions enfin d'une maternité jouissante.Car elle existe cette maternité jouissante.Elle est là dans nos seins, dans nos utérus.Cette jouissance n'est point ésotérique ou mystique mais chamelle et magnifique.Marie-Ange ou Augustine, Marielle Brown-Désy 139 p.- $6.95 A Chicoutimi, de septembre 1909 à juin 1910, Marie-Ange travaille comme servante chez les Dubuc, propriétaires de la pulperie.Elle doit sacrifier jusqu'à son prénom pour plaire à sa patronne.Elle s'appellera donc désormais Augustine.Opprimée dans son travail, dans sa chair et ses aspirations, Marie-Ange ou Augustine préfigure le combat des femmes d’aujourd'hui.BIENTÔT DISPONIBLE \iüKjicffc Wron'iU' cfer Diffusion aux librairies: Les Messageries littéraires des éditeurs réunis (514) 279-8476 lASrfÇfcylHgTj mu smffiks-TJbFù 8 l'M'M'j LIVRES DE POCHE LIVRES DE BIBLIOTHEQUE MANUELS SCOLAIRES PAPETERIE Etc.PROGRAMME DE MAÎTRISE EN ÉTUDE DES SOCIÉTÉS RÉGIONALES L’étude des sociétés régionales abordée dans une perspective multidisciplinaire.OBJECTIFS DU PROGRAMME: Ce programme de maîtrise associe enseignement et recherche afin de promouvoir la réflexion théorique sur le concept de région et la formation scientifique d’agents de changement.Dans un cadre m, iitiHioriniinairp Ip nronrammfi offre une séauence planifiée I I I VJ I L I Va I U W I k/ l l » i va • i w j ' vr ^ .— * i • d’activités comprenant un tronc commun de formation, la spécialisa-recherche.X'X; xiv il CONDITIONS D’ADMISSION: Être titulaire d’un baccalauréat en sciences humaines, en sciences économiques ou l’équivalent, avec une moyenne cumulative d’au moins 2.8/4 ou l’équivalent.GRADE: Maître ès arts (M.A.) DEMANDE D’ADMISSION: Date limite: 1er mars 1979 LA LIBRAIRIE REGIONALE INC Directeur du programme de Maîtrise en étude des sociétés régionales Université du Québec à Chicoutimi 930 est, Jacques-Cartier Chicoutimi, Québec G7H 2B1 Téléphone: (418) 545-5604 461 EST RUE RACINE, PLACE DU SAGUENAY ET PLACE DU ROYAUME Université du Québec à Chicoutimi 1969-1979 Le réseau de l'Université du Québec: dix ans de réalisations CHICOUTIMI 6 \ MAGES POLYDORN0 2424 188 ENFIN DISPONIBLE DISTRIBUTION polygram 10 r \ donner son temps.avec intérêt! 150,000 Tel est le nombre sans cesse croissant de bénévoles en loisir au Québec.L'enthousiasme et souvent la passion font de leur travail une pierre angulaire de la vie sociale de leur communauté.83% Ce fort pourcentage est à l'image de leur importance dans l'organisation et l'animation des activités sportives, socio-culturelles et de plein air.Ils sont d'ailleurs de plus en plus nombreux à consacrer leurs loisirs.pour ceux des autres! Gouvernement du Québec Ministère de l’Éducation Haut-Commissariat à la jeunesse, aux loisirs et aux sports PaROUÇ^ et UUTTE s î>C femmes A S Focus & choisi de présenter ce mois-ci un numéro spécial consacré aux “Paroles et Luttes de femmes”.Si d’aucuns croient le sujet éculé et vidé de tout sens depuis l’année internationale de la femme, il nous a semblé au contraire, que le sujet revêtait une acuité particulière dans une région comme la nôtre.Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, l’infrastructure économique est telle que moins de 30% des femmes constituent la main-d’oeuvre active.Ce pourcentage se situe très en deçà de la moyenne nationale.Il s’avère hélas, que cet état de fait accompagne des conceptions particulièrement stéréotypées en ce qui concerne le rôle des femmes.En continuant d’énumérer à vol d’oiseau les différentes problèmatiques concernant les femmes, notons en passant l’absence de garderies (quasi totale), la mièvrerie et le conservatisme des opposants à la création d’un centre de planning aux centres hospitaliers de Jonquière et de Chicoutimi.Voilà en bref maints indices ayant amené la revue Focus à confier l’élaboration du numéro de mars à un collectif de femmes.Ainsi, des femmes vivant ici dans la région des aliénations spécifiques nous les décrivent et nous les racontent.Elles les dénoncent aussi, bien sûr! Elles parlent avec abondance.le sujet est si vaste ! Cependant, elles optent pour lever la tête, se réunir, s’organiser et lutter.Voilà pourquoi les paroles de femmes conscientes réunies en collectif débouchent forcément sur la lutte.Et de cette lutte des femmes on en parle aussi ! Faudrait quand même pas penser qu’une transformation totale est à prévoir pour bientôt.on part de si loin.La conscience collective et les tâches partagées représentent pourtant une garantie de départ prometteuse.La fabrication de ce numéro nous a aussi permis de vivre une expérience nouvelle, jamais vécue jusqu’à maintenant à Focus: un collectif provenant de différents éléments du milieu s’est formé et s’est attelé à la tâche pour nous offrir le produit que voici.Bien sûr, des tas de lacunes nous sont apparues au cours de la démarche.A titre d’exemple, soulignons l’absence totale de recherche scientifique sur les femmes dans le milieu.Pourtant l’U.Q.A.C.fête à tour de publicité son lOième anniversaire d’existence en insistant sur son implication dans le milieu.Le collectif-femmes de Focus a donc dû travailler sans outil scientifique réellement conçu pour la région Saguenay-Lac-Saint-Jean.Qu’à cela ne tienne, on a foncé envers et contre tous, et on a appliqué des données plus globales à des réalités davantage circonscrites.On pourrait peut-être affirmer que les textes manquent de rigueur scientifique, mais les tendances observées l’ont été quotidiennement dans le milieu.Nous aurions aimé pouvoir élaborer un reportage fignolé sur nos soeurs, les prostituées, mais les ressources et le temps nous ont cruellement fait défauts.On pourra toujours trouver quelques compensations dans les chroniques habituelles qui sont traitées à la lorgnette féministe.Comme notre lutte de femmes se vit dans un contexte d’exploitation capitaliste, et qu’un tel système basé sur la hiérarchie “dominant-dominé” ne peut qu’accentuer notre oppression spécifique, nous considérons certains hommes plus conscients, comme alliés dans notre démarche.Aussi, ne faudrait-il pas se surprendre de lire dans ce numéro une table ronde où des hommes expriment leur propre démarche de conscientisation féministe.Qu’une chronique ou l’autre soit exceptionnellement rédigée par un camarade, découle du même processus.Non.les problématiques féministes ne sont pas démodés.Les aliénations des Saguenéennes et des Jeannoises recouvrent une réalité bien campée.Voici donc ce numéro de mars : PLACE AUX “PAROLES ET LUTTES DE FEMMES”.Monique et Marielle pour le collectif des femmes du numéro de mars 11 L’étude des comportements humains révèle que l’homme et la femme réagissent différemment face à une même situation.En présence d’un problème quelconque ou d’une décision à prendre, leur attitude respective semble comme téléguidée, définie à l’avance.En fait, l’homme et la femme ont chacun un rôle bien déterminé dans la société.Ce rôle est reproduit par les structures sociales en place (famille, système d’éducation, marché du travail, couple, etc.).On cantonne les individus dans des modèles-types les caractérisant comme étant des vrais hommes et des vraies femmes.Ces rôles attribués à chaque sexe sont des stéréotypes, des clichés de l’idéal masculin et féminin.Le féminin étant synonyme de passivité, fragilité, maternité; le masculin s’alliant à l’actif, la force et la responsabilité.Ces stéréotypes aliènent les individus en les contraignant à se soumettre à des moules étroits.Tout ce qu’on défend à la fillette sous le couvert de la féminité annihile une bonne part de son potentiel initial.Déjà en très bas âge, la douceur, la non-agression lui sont rigoureusement inculquées.Et que dire de la soumission, cette image des plus restrictives entretenant confortablement l’inégalité des sexes.Enfin, des stéréotypes parfaits alimentent les rapports dominant-dominé dans une société d’exploitation.Les trois blocs, les trois piliers des stéréotypes sont le noyau familial, le système d’éducation et le marché du travail institutionnalisé de façon absolument sexiste.LES TROIS PILIERS DES STÉRÉOTYPES LE NOYAU FAMILIAL “Lorsqu’on donne une poupée ou un animal de caoutchouc ou de chiffon à une très petite fille, on ne se contente pas de la lui offrir simplement et de voir ce qu’elle va en faire, on lui montre aussi comment la tenir dans ses bras et comment la bercer; on ne fait pas à un petit garçon du même âge une telle démonstration de “comment les parents s’occupent des enfants”, car bercer des enfants ne fait pas partie du patrimoine gestuel des manifestations affectives chez les garçons”.(1) Les jouets sont les premiers objets de classification du sexe.Aux filles on présente une poupée, aux garçons tous les outils du parfait menuisier.Cette division des jouets accentue la division des sexes et oriente les individus vers des secteurs bien spécifiques.La famille est la première structure sociale qui impose aux enfants le carcan de la mère (en éduquant la fillette à son futur rôle de ménagère à travers des accessoires tels: table, balai, poêle et tous les instruments de cuisine.) et du père (aux garçons on offre des articles de sport favorisant le développement de son corps, des camions, des jeux de mécano, etc.).C’est dans cet entourage immédiat qu’on conditionne l’enfant à son rôle définitif de femme ou d’homme.Un peu plus tard, l’organisation familiale est reproduite dans le système d’éducation maternelle et primaire.Les professeurs, remplaçant les parents, surveillent si l’enfant possède bien son rôle et aident à implanter les stéréotypes à travers les manuels scolaires.LE SYSTÈME D’ÉDUCATION “Lili a la poupée, Léo a le voilier”.“Aline range le linge, Paul lave l’auto de papa”."Les gars, des soldats.Les filles, des guenilles.' 12 DES MOULES A CASSER fill! s -h “Léo a joué de la flûte et Lili a écouté!” (2) Les manuels scolaires des enfants sont remplis de mille et un clichés qui engagent les garçons et les filles dans des voies correspondantes à leur sexe.Dans les manuels scolaires, Lili ne côtoie que très rarement son père et s’applique aux tâches ménagères avec sa mère tandis que son frère exploite l’infini et si palpitant univers masculin.Ces tableaux sont conformes à la réalité familiale.On va même jusqu’à produire des documents différents dépendamment du sexe de l’enfant à qui on s’adresse.(3) L’arrivée aux études secondaires est marquée par l’orientation directe des garçons et des filles dans des secteurs d’intérêt très spécifiques.Aux garçons, on offre des programmes d’études en mécanique, menuiserie, foresterie ou on les dirige vers le secteur professionnel; aux filles, on fait miroiter les possibilités de la coiffure, du secrétariat et de la grande table! (Pour l’orienteur, elle est sûrement malade la fille qui s’intéresse à l’électronique ! ) Bien sûr, on retrouve actuellement beaucoup de filles aux études de niveau cegep ou universitaire mais encore là, elles sont contingentées dans des secteurs subalternes et de service.En fait, il y a très peu de changements.La fille deviendra infirmière, enseignante ou technicienne en laboratoire; le garçon: médecin, avocat, électronicien ou géographe ! LE MARCHÉ DU TRAVAIL Façonnés et instruits par ce système de valeurs qu’est l’éducation scolaire, tous les individus sont prêts à s’intégrer au troisième pilier des stéréotypes: le marché du travail.La femme occupe des emplois secondaires et féminins, l’homme, les postes de commande.Elle se retrouve donc assistante-dentaire et lui dentiste.Les stéréotypes provoquent les inégalités dans l’embauche et dans le salaire.On embauche plus facilement un nomme qu une femme pour la même tâche.Cette discrimination se répercute même dans le salaire, la plupart du temps inégal.De plus, sur le marché du travail, la femme conserve son statut de femelle.On refuse de voir en elle un individu avec une force de travail.En fait, il est presqu’im-possible pour la femme (et pour l’homme) de changer de rôle.Les mêmes restrictions que vivent les filles dans leur milieu familial et scolaire sont présentes sur le marché du travail.La famille, le système d’éducation et le marché du travail étouffent tellement nos intérêts premiers que les individus ne pensent même pas à changer de rôle.D’ailleurs, la majorité des femmes sont incapables de s’imaginer mécanicien, par exemple.Les stéréotypes inculqués et reproduits dans les structures sociales sont si profondément enracinés que, pour une femme, le refus de sa condition déterminée par la société amène des contradictions énormes.Si une femme réalise ses capacités et réfléchit sur sa situation réelle de subordonnée, elle peut se débarrasser d’une foule de stéréotypes dans son entourage immédiat.Ainsi, on peut ne plus vouloir être seulement belle, fine, douce et pleurnicheuse.Cependant, il demeure toujours des institutions traditionnelles pour remettre la femme “à sa place” à son état de dépendance et de soumission.Le moyen de sortir du moule stéréotypé est de changer les structures sociales et politiques.(Les changements tenant compte du fait que la femme est doublement opprimée par rapport à l’homme, c’est-à-dire qu’elle subit comme l’homme l’oppression sociale et politique mais aussi une oppression spécifique de l’homme sur elle.) La mode et la beauté sont la représentation brutale et agressive de notre oppression particulière à travers toute une publicité qui se veut le symbole de l’idéal féminin.On nous incite perpétuellement au marchandage de notre sexe: on nous installe sur une Mercury de l’année, on nous fait vendre des produits de beauté, on nous habille et déshabille sur les écrans, on se fout complètement de nous.A partir du moment où une femme dit non à ce type de répression, tout l’aspect esthétique de son corps prend une nouvelle forme.En plus, les relations qu’elle entretient avec les hommes et les femmes s’installent sur des bases absolument différentes du modèle orthodoxe qui se fonde sur la compétition et la rivalité envers les individus de son sexe et la nécessité de plaire à tout prix aux mâles.Une femme consciente des stéréotypes existants rejette une masse de valeurs sexistes.Elle se marginalise radicalement et éprouve de grosses difficultés à s’intégrer à tout cadre consacré par la tradition.La femme se lance à la recherche d’un milieu de travail plus' ouvert et moins restrictif pour elle.I 13 C’est tout de même une minorité de femmes qui sont conscientes que l’image qu’on veut qu’elles reflètent les aliène tous les jours davantage.Beaucoup de femmes ne se rendent pas compte que les stéréotypes enferment, masquent et contraignent leur quotidien.Les luttes individuelles menées par les femmes conscientes, même si elles sont d’une importance capitale, ne peuvent pas, à elles seules, changer les structures sociales et politiques.Tant et aussi longtemps que les institutions en place demeureront ce qu’elles sont, la femme conservera son statut de dominée.A toutes les fois qu’une lutte de femmes a été reconnue par le pouvoir officiel, il faut comprendre que cette lutte n’était pas dangereuse pour lui.Pour le gouvernement, acauiescer à certaines de nos revendications permet de redorer l’image de son cabinet sans pour autant remettre en cause le fondement sexiste de ses structures.y ïhr Ct'iiifilclc -fllt Ali nvimiil UDI TU /l>V" Iran /!/.7.77701'/\Vs 9lh SYMPHONY On nous accorde des victoires législatives douces-amères qui, dans la pratique, ne sont pas respectées.Souvent, des droits que l’on a cru acquis ont endormi certaines de nos revendications.Il n’y a qu’à penser aux belles promesses des gouvernements: “A travail égal, salaire égal” pour comprendre qu’en réalité on s’est fait“fourrer”.La famille, le système d’éducation et le marché du travail maintiennent les valeurs esclavagistes du système capitaliste.Les stéréotypes à travers cette société d’exploitation aveuglent les individus et les empêchent de réagir aux inégalités flagrantes.Tant que les femmes seront des “faiseuses de petits” inoffensives et les hommes, des protecteurs de reproductrices, tout le rouage social oppressif continuera de se perpétuer.MONIQUE CLOUTIER ET MICHELINE LÉVESQUE 11) Du côté des petites filles, Elena Gianini Belotti, Editions des femmes, p.112.(21 Analyse des stéréotypes masculins et féminins dans les manuels scolaires au Québec, Use Dunnigan, Conseil du statut de la femme.131 Même référence que la précédente: Entre autres exemples, un chapitre sur l'autorité s'intitule "Devant tes chefs" pour la version "garçons", et "Tes seigneurs et maîtres” dans la version "filles".e>oClL£.rwf •u'ire,.y: ÜHZZ ROCK mei uoso BEETHOVEN 9ième symphonie $21.95 VIVILDI KOFFMAN jazz/rock $27.95 DAVE BRUBECK quartet $37.95 LAURINDO ALMEIDA “virtuoso guitar” $27.95 Situes Situes Situes •Suaao utada /vv ' : * ar ¦ >?».y Mes photos sortent pour la première fois de ma boîte à lunch où je les entasse depuis quatre ans.Sans être cachées, elles n’ont jamais été exposées nulle part.La photo, techniquement je m’y arrête peu, je la fais comme je la sens, la prise de vue est plus près de ce que j’en pense : la joie de revoir les choses comme elles sont, quand tu prends le temps de t’y arrêter et de faire sentir comment tu les perçois.C’est le “feeling” d’un après-midi, que tu sois dans le fond d’un rang ou au cours de la ville, tout est prêt à capter, il suffit de te servir de ce petit oeil.Tout ce que nous voyons peut être propice à être photographié, ce sont parfois des petits détails qui frappent l’imagination; je n’en fais pas un métier, c’est comme ça vient, c’est un medium dont j’ai beaucoup à apprendre et à donner.C’est aussi pouvoir s’arrêter un moment où je me sens bien et le garder en mémoire longtemps.S’attarder au va et vient de chacun pour t’ouvrir aux réalités d’un peuple.Fascinant d’avoir un troisième oeil et de l’utiliser à son gré! DARIE GAUDREAULT Vivre Propos recueillis par: Jocelyn Pagé qu masculin Transcription: Hélène Desbiens UN VRAI HOMME: UNE GROSSE PAVE, UN GROS CHAR, UNE GROSSE BIÈREI Si, tel que l'indique Madeleine Gagnon, le féminisme n’est pas la lutte des sexes puisqu'il la termine, ce mouvement doit donc concerner également les hommes.Nous avons rencontré Michel Gauthier, Jean-Guy Girard, Pierre Demers et Richard Dubois pour comprendre un peu mieux comment s’effectuent pour les hommes, dans la vie quotidienne et dans les consciences, ces changements dans les rôles que réclament les luttes des femmes.Focus: De quelle façon s’est opérée votre prise de conscience au niveau des luttes des femmes?Jean-Guy: Pour moi, ce fut le livre “La femme Eunuque” de Germaine Greer qui m’est tombé sous la main.Ce fut aussi autour de moi, des femmes qui commençaient à en parler sérieusement.C’est par le biais de ce livre que j’ai pris conscience de ces luttes qui se menaient, et qu’il y avait de bonnes raisons pour qu’elles se mènent.Pierre : Ce fut en premier par un livre appelé “Le viol” et qui était le fruit d’une enquête journalistique américaine menée dans différents milieux radicalement masculins tel que l’armée entre autres (les cas de guerre, etc.).J’en ai été bouleversé, surtout lorsqu’on considère que la victime du viol finit toujours par être considérée comme coupable, de par sa condition.C’est un livre qui m’a rendu conscient que les hommes avaient peut-être quelque chose.L’autre évidence qui m’a sauté aux yeux, c’est la situation régionale des femmes vue à travers les media d’information, qu’ils soient écrits, électroniques et qui sont, sur ce point, ultra-réactionnaires.L’image est tellement stéréotypée qu’elle saute aux yeux.Je ne peux plus lire un journal ou écouter la télé sans tenir compte de cette dimension.Richard: Dans l’ensemble, c’est à peu près les mêmes raisons que les autres: lecture de livres et de journaux, ainsi qu’une participation à des activités communautaires dans la région.Mais ce qui m’a le plus frappé, c’est la condition des tabous sexuels, l’objet que plusieurs tentent à faire de la femme.C’est presque partout pareil, les bars salons, les journaux, les danseuses à gogo.Pour la majorité du monde, la femme c’est encore un objet que t’exploites: quand cela fait ton affaire, tu en profites.Dans mon cas précis, ma femme est pas mal éveillée sur ça et c’est ce qui m’a fait prendre conscience encore plus.En discutant et en vivant ensemble.J’ai toujours considéré ma femme comme égale à moi, mais il y avait des affaires que je n’avais pas remarqué, très souvent tu prends ça pour acquis, c’est ancré dans la personnalité de l’homme.Je pense au médecin qui suivait ma femme lorsqu’elle a eu son premier enfant, qui agissait comme si elle ne connaissait pas sa sexualité, qui lui disait de ne pas allaiter, sans prendre son avis.Focus: Tu parles d’acquis, c’est donc qu’on a été formé comme ça?Richard: C’est stéréotypé.On arrive et on ne sait pas trop où on s’en va.On se marie, on a un premier enfant.Si la femme n’en a jamais eu, c’est le médecin qui la dirige comme il l’entend, avec tous les tabous qui existent.Pour nous autres, l’allaitement a été une grande découverte.Les liens que cela crée entre la mère et l’enfant.Cela a été complètement oublié.Mais il a fallu qu’elle arrête de travailler, parce que travailler et allaiter, ça ne se voit pas aujourd’hui.C’est toute sorte de choses comme celles-là auxquelles il faut penser, sinon on se fait embarquer.Focus: Je voudrais en arriver à l’éducation qu’on a reçu en tant que gars.Est-ce qu’elle prépare à avoir des relations avec des femmes?Michel: Absolument pas.Pierre: Les rôles sont distribués une fois pour toutes.Dans notre société québécoise des années 70-80, les femmes sont obligées d’assumer certaines jobs toutes seules, comme celle d’aller se faire avorter à Montréal ou à New-York.Ce qui est pénible, ce qui est assez épouvantable, c’est que les gars pensent que c’est 1MB ¦H WBWBHMffi normal.Focus: Mais qu’est-ce qui fait que l’on peut penser que c’est normal?Jean-Guy : C’est toute notre éducation.Pierre: Mais il y a aussi beaucoup de femmes qui trouvent ça normal d’assumer ces situations-là toutes seules.Dans le cas d’avoir un enfant, beaucoup de femmes pensent que c’est à elles de tout assumer.Richard: Pour beaucoup d’hommes, c’est mettre une graine en terre et qu’après on laisse faire.Pourtant le travail de neuf (9) mois, il faut que ça se fasse à deux.Mais c’est pas comme ça que l’on a été élevé.Pierre: Il faut que ça change dans la tête des femmes et dans la tête des hommes aussi.J’ai deux enfants, un garçon de sept ans et une fille de trois ans.Je fais donc l’élevage de deux petits et j’essaie de le faire avec ma femme.C’est tout un travail.J’en ai juste deux et j’en ai plein les bras.Il y a pourtant des bonhommes qui pensent que c’est la femme qui doit s’occuper de ça toute seule.Michel: Si je pense à mon père qui arrivait de l’ouvrage à cinq heures et qui lisait son journal pendant que ma mère préparait son souper.Après le souper, il regardait la télévision, elle lavait la vaisselle.Pierre: Mon milieu familial ne m’a pas du tout amené à une prise de conscience de la condition des femmes.Cette prise de conscience date d’une couple d’années.Michel: Je pense que c’est quasiment en vivant avec une femme.Pierre: Tu ne viens pas au monde en prenant conscience de la condition des femmes.C’est en côtoyant les femmes et en vivant.des rôles de femme que tu t’en rends compte.J’ai l’impression que je m’en suis rendu compte en m’occupant des enfants, parce que des enfants ça change radicalement une vie de couple.Focus: Pensez-vous que cette situation soit différente aujourd’hui?Jean-Guy: Je ne pense pas que cela ait forcément changé, peut-être en apparence.Michel: On dirait que ça rempire.Jean-Guy: J’ai l’impression que cela a changé, mais c’est peut-être parce que je fréquente une certaine catégorie de personnes.Même moi et Guylaine on a tendance à retomber dans les “patterns”, justement parce qu’elle a arrêté de travailler neuf mois pour allaiter le petit.On reprend des moules.Michel: On a toujours tendance à retourner à cela.Si t’es le moindrement yfiyy -yyèii QUI PROFITE VRAIMENT DE LA DISTANCE QUI SÉPARE LES HOMMES DES FEMMES?fatigué, tu te laisses aller, tu vas t’asseoir pendant que la vaisselle se fait.Si la fille elle-même l’accepte, tu te laisses aller.Richard: Si elle-même, ta femme, ne te rappelle pas, tu ne le fais pas automatiquement.Jean-Guy: C’est incrusté.Richard: C’est un peu comme nos pères.Focus: Cela signifie donc que ce sont les femmes qui poussent dans le derrière des hommes pour que ça change?Richard: Si elle ne se plaint pas, tu prends ça pour de l’acquis.Pierre: Je trouve que c’est un peu les deux.C’est vrai que si elle ne le dit pas, tu peux retomber mais elle également.Elles aussi ont été élevées comme ça, leurs frères, leur père, etc.Souvent, elles vont être portées à tomber là-dedans aussi, à même pas se rebuter à faire le souper.Michel: C’est une foule de petits détails.Par exemple, juste le fait de pisser sur un bol de toilette, de ne pas le relever.C’est un détail, mais ça compte.C’est comme ça sur toute l’échelle.Quand tu vas au Progrès du Saguenay et que ce ne sont que des femmes qui font la correction, c’est pareil.Pierre: Au Cegep, ce que je vois, ce sont des secrétaires qui passent avec des plateaux de café.Les rôles n’ont pas changé, et elles sont obligées de le faire.Michel: La mode rétro, ça reprend tout ça.Richard: L’évolution s’est faite, il y a maintenant une minorité de gens qui en ont pris conscience.Pierre: Qui font plus de bruit qu’avant.Jean-Guy: Je pense qu’il y a beaucoup de couples qui éclatent sur des questions comme, celle de la division des tâches.Ça ne paraît pas toujours, mais souvent la femme va se sentir prisonnière de sa maison, et elle ne peut plus l’endurer.Michel: Déjà en partant, l’éducation de la femme ne la porte pas à s’affirmer pour s’en sortir.Pour les gars, c’est le contraire, on est éduqué pour prendre le contrôle.Tu peux réussir à réveiller une bombe qui explose dans la face de ceux qui la découvre.Jean-Guy: Si je pense à notre sexualité, elle est faite d’images.La première fois que j’ai fait connaissance avec une femme nue, c’est à travers “Playboy”.Je pense que les adolescents d’aujourd’hui vont faire cette connaissance eux aussi de la même façon.Michel: Ils sont plus amoureux de l’amour que de la femme avec laquelle ils sont.De l’image que ça peut projeter.Pierre: Il n’y a aucune éducation sexuelle qui se fait dans les écoles.Il n’y a pas d’apprentissage.It® f® msc f fui dan \ site pi moi.sti aprè epli (an pii piti après al il lü pii fa! 36 Focus : Comment voyez-vous le rôle de l’homme dans la contraception?Est-ce que vous le vivez comme un problème masculin?Richard: Nous ne voulons pas d’enfants tout de suite.La femme a le choix du stérilet ou de la pilule.Tu te sens et te vois en dehors de cela.Elle m’a dit que la contraception, c’était autant pour moi.Entre-temps, elle est devenue enceinte, ce qui a réglé le problème.Par après, on s’est mis d’accord sur un contraceptif pour homme, le condom.Pour nous, ça marche.Le problème existe pour ceux qui ont été circoncis à leur naissance, ce qui enlève de la sensibilité.Jean-Guy: Elle avait aussi les effets secondaires de la pilule et elle a décidé, après la naissance de notre enfant, d’utiliser le stérilet.Il y aurait peut-être une solution, celle que propose certaines féministes, dans l’absence de pénétration puisque les femmes n’auraient pas d’orgasme vaginal.Pierre: Mais on parle le plus souvent de solutions féminines.Michel: Pourquoi ce n’est pas à nous autres qu’ils nous font ça.Pourquoi pas un robinet avec une valve.Focus: Existe-t-il une sexualité masculine?Est-ce bien celle que l’on voit étaler un peu partout?Richard: Sexualité masculine, c’est souvent vu comme l’homme prend tout le plaisir et la femme s’arrange comme elle peut.Aujourd’hui, je pense que ça change.Juste le fait des contraceptifs, y penser aussi, ça te fait prendre conscience.Pierre: On est pris avec les superpénis, le rôle sexuel dominateur.Notre point de départ, c’est ça, changer les rôles sexuels, c’est difficile parce qu’il faut que la femme embarque aussi, et les femmes sont froncièrement guidées par le rôle passif, se voyant comme objet de séduction.Il faut une complicité pour changer les rôles sexuels.Richard: Faire évoluer leur rôle, mais le nôtre aussi.Michel: C’est plus facile pour un homme parce qu’il a le pouvoir.Je pense que le chemin doit être plus fait par l’homme.Pierre: Le rôle sexuel est déterminé parle rôle social.Michel : Déterminé par le pouvoir.Jean-Guy: Pour ma part, on a nous les hommes une sexualité à la base très magannée pour notre conditionnement.Richard: Il faut toujours que tu luttes.Tu fais toujours face à ton environnement et même si tu gardes ta cour propre, si ton environnement est pollué, tu finiras par te faire contaminer tôt ou tard.BAS-TOÊ SI T’ES UN HOMMEI PROPOSITION 1 POUR LA RÉVOLUTION Il s'agit de frapper fort et bien.Et juste.Dans l'imagination neuve.Ce que je propose: enlever, kidnapper.Un homme du gouvernement.Un orgueilleux.Le plus orgueilleux de tous.Le sublime fasciste.Un important qui bloque nos exigences urgentes de femme.Et de tous.Une cellule de femmes l’enlève.On ne lui fait jamais mal.On le nourrit bien.Plus qu'il le faut même.Et on demande comme rançon: un char de marde.Tu vois ça à la une des journaux et tu entends ça au téléjournal: Les femmes réclament pour X un char de marde.Toute la scatologie déferle dans les cuisines, bars, tavernes, bureaux et usines.On rit.Le Québec rit.Et il sait comment.Au bout de quatre jours, rançon ou pas, tu rends le bonhomme sur la place publique.Si on t'a donné le char de marde, le gars, c'est de la marde.Si on ne te l'a pas livré, le gars ne vaut pas d’ia marde.A tout coup, tu gagnes.EXTRAIT DU LIVRE “CYPRINE" DE DENISE BOUCHER wma/n à tenu, par Marielle-Brown-Désy de /màe Les mailles du passé, Festival étrange, Le portrait dérobé, En cette nuit de Nice, Un domino à Venise, voilà quelques titres, parmi tant d'autres aussi savoureux, que l'on peut retrouver dans les "stands" des tagagies et des librairies régionales.Il s'agit là bien sûr de romans de type sentimental, de romans à l’eau de rose comme on disait autrefois.Contrairement à ce que l'on serait tenté de croire, dans ces décennies où l'expression artistique réaliste et crue s'élargit, la vente du roman sentimental se maintient et, selon quelques libraires rencontrés, elle gagne même du terrain.1 L~J L'j c * Les origines de ce “genre littéraire” remontent à la fin du XIXième siècle, en espèce de prolongation de bas étage de l’époque romantique terminée depuis déjà quelques années.Ce type de roman, écrit le plus souvent par des femmes et lu pres-qu’exclusivement par des femmes, s’appuie sur des valeurs particulièrement conservatrices de même que sur une moralité à toute épreuve.Si les jupes des héroïnes remontent ou descendent au gré des modes, les scénarios à quelques variantes près demeurent inchangés, comme figés dans les règles immuables qui ont fait la fortune de tant d’éditeurs et de tant d’auteurs.A titre d’exemple, qu’il nous suffise de dire que Delly (un classique du genre) se vend à plus d’un million d’exemplaires par année et ce depuis plus de soixante ans.( 1 ) La trame ordinaire du roman sentimental Le roman sentimental se trame autour de la recherche consciente ou inconsciente de l’âme soeur, de l’époux idéal.Au cours des pages, on voit se dérouler l’histoire d’une jeune fille, orpheline une fois sur deux, pauvre, mais d’origine noble (si ce n’est à la première génération, c’est à la seconde ou, à défaut, on devine qu’il y a déjà eu de la fortune dans la famille).Un tas d’aventures, tout en permettant à l’auteur de laisser vagabonder son imagination, conduisent irrémédiablement la jeune fille vers le “maître” qu’elle appelait secrètement.Les qualités de l’héroïne se résument en la bonté, la pureté, la beauté avec quelquefois un brin d’indépendance que le héros saura vite mater.Celui-ci sera fort, intelligent, riche ou en passe de le devenir par héritage; règle fréquente, il sera dégoûté des femmes et la douceur reviendra en son coeur grâce à la seule présence de la vierge-héroïne qu’il aspire à protéger.Après s’être croisés, incompris, fuis et retrouvés, les héros connaissent une fin irrémédiablement heureuse.Ce sera normalement dans un baiser passionné, signe précurseur évident d’un mariage prochain (oui, oui, en 1979!).Les classes sociales dans le roman sentimental Il n’est pas besoin d’insister longuement pour expliquer combien ce type de roman s’inscrit en dehors de la réalité sociale concrète dans laquelle se débattent les hommes et les femmes d’aujourd’hui ! A l’exception près, les femmes, dans ces romans, évoluent en dehors du marché du travail et si elles exercent un emploi, ce n’est de toute évidence que pour un temps très court, en attendant le mari.Si elles ne sont pas exécutées par les domestiques, les tâches ménagères sont passées sous silence.Quant aux hommes, ils exercent des métiers de prestige (pilotes, cadres d’entreprise, médecins) à moins qu’ils ne soient propriétaires terriens dégagés de tout travail servile — ce dernier exemple se retrouve fréquemment et permet ainsi au héros de vivre à temps plein son idylle amoureuse —, En aucun cas, on ne pourra voir le héros se salir les mains dans la mécanique ou la chaîne de montage.La pauvreté est exclue des problématiques! Il y a bien sûr quelquefois l’héroïne passagèrement en difficultés financières, mais elle ne reçoit jamais de prestations de chômage ou d’aide sociale.Lorsqu’elle ne touche pas temporairement les héros, la pauvreté est une conséquence de la méchanceté et on l’interprète sans peine comme étant une juste punition du destin.La vie sexuelle et le roman sentimental Aussi impliqués soient-ils dans leur histoire amoureuse, on a vite l’impression que les héros du roman à l’eau de rose sont dépourvus des besoins sexuels normaux propres au commun des mortels.Tout se vit dans la tête et dans le coeur et la féminité comme la mâlitude se conçoivent au-delà de la ceinture.L’âme et ses appels nobles se substituent aux organes sexuels aux appels sordides.L’extase remplace l’orgasme.Si l’amour rime avec toujours, il survit grâce à la communion des esprits plutôt qu’à la communion des corps.Bref, on ne trouvera pas là de quoi éduquer les filles à leur future vie sexuelle et amoureuse! (focwncuÆe une odemt wmce Le destin vengeur ou le mal puni par le mal Les héros du roman sentimental sont intrinsèquement bons, on l’a déjà dit.C’est d’ailleurs pour cela qu’ils verront un dénouement heureux de leurs aventures.Il peut cependant arriver que des personnages secondaires soient vils et méchants.Il s’agit alors du mal dans toute sa laideur, c’est-à-dire de la méchanceté pure.Fort justement, ces exécutants du mal seront vite punis.La forme de punition s’avérera d’ailleurs impitoyable et pourra varier dans ses formes.A titre d’exemple, on peut citer la mort prématurée, le célibat à vie, ou encore, la pauvreté miteuse saura sceller le destin du traître! Qui lit les romans sentimentaux et pourquoi?Comme le roman de science-fiction ou le roman policier, le roman sentimental, en dehors de toute préoccupation littéraire ou esthétique, constitue une forme d’évasion à prix modique.Or, les femmes, ménagères plein temps, représentent sans aucun doute la catégorie sociale la plus susceptible de rechercher cette forme d’évasion.La routine grise des jours semblables, des tâches mille fois répétées, se trouve heureusement allégée grâce aux rêves.Et les romans sentimentaux nourrissant ces rêves, permettent à la ménagère de vivre un (ou des) roman(s) d’amour par héroïnes interposées.Les toutes jeunes filles aussi consomment cette production romanesque.A défaut de vivre une situation, on la rêve.Et le rêve est bien sûr monnaie plus courante chez les isolées que chez les filles et les femmes engagées et socialement actives.Il se trouve cependant que la forme d’évasion apportée par le roman sentimental ne favorise pas, on le conçoit facilement, un atterrissage facile dans la vie quotidienne! De là à conclure que les romans sentimentaux accentuent les frustrations des ménagères, il n’y a qu’un pas! Des frustrations stériles Répéter que les mois, les années de vie commune émoussent habituellement les sentiments tendres et l’ardeur de la passion amoureuse dans un couple, ce serait un lieu commun! Dire que l’intérêt pour les tâches ménagères accuse un coup dur après quelques années de sublimation pratiquée par la jeune femme et la jeune mère, ce serait dire une vérité de La Palice.Or, si la lecture habituelle des romans sentimentaux (ça vaut aussi pour les téléromans, les films d’amour et les chansonnettes sentimentales) permet une échappée de l’esprit et du coeur, le contenu même de la matière du rêve ne favorise aucune réflexion concrète sur le véritable vécu.Au contraire.Comme on l’a vu plus haut, les petits romans offrent une vision faussée et sclérosée de la vie.Même en n’étant pas dupes, les ménagères en ressortant de leurs heures de lecture trouvent leurs maisons plus laides, leurs maris plus terre-à-terre, leurs enfants plus bruyants ! Les romans sentimentaux sont une parmi tant de soupapes Au fond, dans une société hiérarchisée qui génère son lot d’insatisfaits et de victimes, les romans sentimentaux jouent un rôle nécessaire.Une sorte de correspondante féminine des tavernes réservées aux hommes.Pendant quelques heures, on vit la vie d’une autre, on oublie ses problèmes, ses misères.On en ressort les yeux clignotants en face d’un quotidien si terne qu’on a envie de s’en évader à nouveau, et encore! Ainsi, de moins en moins, on développe des attitudes positives et constructives qui permettent de se prendre en main, de bâtir des solutions concrètes pour s’en sortir.D’autant moins que le processus d’insatisfaction-compensation se vit dans l’isolement.On sait que pour se maintenir et solidifier un système économique et politique, les dirigeants doivent avoir main-mise sur les appareils idéologiques transmettant leurs valeurs.L’école et les mass-media sont des moyens sûrs pour véhiculer ces valeurs.Cependant, il faut d’autres moyens plus subtils, des soupapes qui retiendront les trop pleins d’insatisfactions des moins favorisés.A sa manière, le roman sentimental constitue l’une de ces soupapes.On se défrustre par compensation avant de se refrustrer pour se défrustrer sans danger aucun pour le maintien des valeurs établies.Rien de neuf sous le soleil, les empereurs romains y avaient pensé bien avant nous, eux qui prônaient pour le peuple “Du pain et des jeux”.(1) Loisirs Plus, décembre '77.DIMANCHE AU SOLEIL (RÉFLEXION) Cet après-midi, j'ai de nouveau observé une fille et deux gars sur le bord de l'eau.Je ne sais pourquoi les filles ont toujours à répondre de leur présence par des attitudes infantiles, des cris, de la peur, de l'insuffisance.Elles jouent aux toutes petites filles qui sortent des bras protecteurs de leurs parents.On dirait quelles ne vivent pas par elles-mêmes.Elles ont besoin de se faire expliquer, de se faire rassurer tout le temps, comme si elles étaient trop faibles pour vivre de par elles-mêmes.Quand tu seras grande seulement.Alors elles n'ont jamais fini de grandir puisqu'elles demeurent faibles.Jamais elles ne seront à l'abri du danger tant qu'il y aura des' gens pour les protéger, les limiter.Je n'aime pas ces attitudes d'enfants dépendants.Et les hommes se flattent la bédaine d'orgueil d'être des anges gardiens.FRANCIS 39 ET SI NOUS AVIONS LE DROIT DE CHOISIR .LE DROIT D'ACCOUCHER I COMME NOUS L'ENTENDONS En février, un groupe de femmes de Chicoutimi invitait d’autres femmes et hommes concernés à venir discuter en assemblée générale de cette question.QU’EST-CE QU’IL Y A DERRIÈRE CES CHIFFRES?DES ACTES MÉDICAUX JUSTIFIÉS, BIEN SÛR.MAIS AUSSI: avec sa mere.Se trouve-il encore des gens pour s’étonner que les femmes d’ici ne soient pas satisfaites de la façon dont elles accouchent?Si oui, pour ceux-là ce bref tour d’horizon de la situation permettra, nous l’espérons, de vous rendre solidaires de nos revendications.Pour les autres, ça vous rappellera de bons ou de mauvais souvenirs.— un nombre impressionnant d’accouchements provoqués (déclenchés artificiellement) parce que le médecin accouche.de jour seulement qu’il part en vacances ; ou Dès l’expulsion du bébé complétée, on s’empresse de couper le cordon.A peine né, il se retrouve balloté entre des mains inconnues jusqu’à l’incubateur et très vite à la pouponnière après une visite à ses parents revenus en salle de travail.un pourcentage de césariennes qui passe de 6,4% en 1972, à 10,9% en 1976, soit une augmentation de 4,5% ; Et si on rêvait un peu d’une naissance dans la joie.A l’hôpital de Chicoutimi, en 1978, il y a eu plus de 2,000 naissances.Sur ce nombre, 90% se sont probablement passées sans complication, sans risques particuliers.Naturellement.Et pourtant, 100% de ces accouchements se sont faits dans des conditions que nous disons “médicalisées” à outrance.QU’EST-CE QUE ÇA VEUT DIRE SURMÉDICALISER LA NAISSANCE?l’emploi de l’épisiotomie (incision permettant d’élargir l’ouverture du vagin et nécessitant des points de suture) pour l’immense majorité des accouchements parce que le médecin ne connaît pas et ne prend pas le temps d’appliquer les techniques de massage susceptibles de rendre le périné plus souple et plus élastique afin que le bébé passe sans risque de déchirure.Comme le démontre les chiffres officiels du ministère des Affaires sociales, le taux d’interventions médicales au moment d’accoucher augmente de plus en plus: en 1971, 538,6 interventions pour 1,000 patientes contre 638,8 en 1975.Comment l’enfant vit-il, lui, sa naissance?Actuellement, un bébé né à l’hôpital de Chicoutimi naît dans une atmosphère bruyante, survoltée.Il subit de multiples agressions sensorielles: lumière, bruit, découverte brutale de la gravité, température de la pièce, mais surtout perte de contact A l’accouchement, les choses se passent calmement, la lumière et les bruits sont réduits, le médecin suit le rythme de sa patiente, joue le rôle de support plutôt que celui de maître d’oeuvre.La femme peut s’installer plus confortablement, elle est libre de poser ses pieds hors des étriers jusqu’à la fin.A la naissance, le bébé est déposé délicatement sur le ventre de sa mère, le cordon ombélical est coupé quand il cesse de battre, pour que le bébé puisse apprendre à respirer de lui-même sans précipitation.Le nouveau-né peut rester avec ses parents tant que sa santé et celle de sa mère le permettent.Durant son séjour à l’hôpital, la maman peut voir son bébé régulièrement.Celles qui allaitent sont regroupées, une infirmière bien préparée les encourage et donne tous les renseignements nécessaires.Les autres qui 1 i SV{ sait fosL fk •s Pt 40 le veulent peuvent donner le biberon à leur enfant.Chaque mère peut rencontrer l’infirmière qui s’occupe de son enfant, assister et/ou participer au bain et apprendre comment prendre soin des petits bobos de l’enfant.Le fait d’avoir son enfant près d’elle souvent lui permet de l’observer, de commencer à connaître ses habitudes, ses particularités.Elle apprend à identifier les besoins propres à son enfant et se voit plus capable d’y répondre, assistée au besoin.— “En 1971, 71% des accouchements survenus au Québec étaient catalogués sous la rubrique “accouchements et soins post-partums” et remboursés au tarif de $70 alors que 5,5% seulement exigeaient des “soins obstétricaux complets” à $180.Trois ans plus tard, en 1974, les Québécoises ne faisaient plus leurs enfants de la même manière, puisque la proportion des accouchements ne réclamant que des “soins post-partums” avait dégringolé à 32,5% tandis que celle qui entraînait des soins complets était grimpée à 42,5% des cas.” (Yannick Villedieu, Demain la santé, p.187).Sans parler des femmes qui, toutes, ont droit au rasage systématique, sont pieds et mains liés pour mettre leur enfant au monde, se font souvent conseiller des calmants pendant le travail malgré les connaissances scientifiques qui recommandent d’en restreindre au maximum l’usage.Ces mêmes femmes à qui on enlèvera leur bébé à la naissance pour le leur rendre au départ de l’hôpital si elles ne sont pas parmi les “héroïques” qui veulent allaiter malgré les réticences d’une partie du personnel et leurs conseils souvent erronés.Bien sûr, on va nous accuser de charrier, d’exagérer ou de généraliser à partir de cas extrêmes.Il est vrai qu’il existe des femmes qui, même à Chicoutimi, ont pu accoucher un peu à leur goût.Mais il faudrait les écouter raconter comment elles ont dû se battre, demander, exiger pour obtenir ce qui devrait être possible pour toutes.Souvent rien de bien extraordinaire d’ailleurs.Ces femmes ne demandaient que de la souplesse.Pouvoir dire leur mot et participer activement à la naissance de leur enfant.Parce qu’actuellement le déroulement de l’accouchement se passe en dehors du contrôle des femmes, les règles sont déterminées à l’avance par le pouvoir médical et/ou la routine de l’hôpital.Bien sûr, nous parlons toujours des 90% d’accouchements normaux, sans problème particu- lier.Jamais aucune femme ne refusera le secours médical si elle a une grossesse à risques.Et nous ne contestons pas le rôle que la médecine a à jouer dans ces 10% d’accouchements.Mais, pour toutes les autres, si on laissait faire la nature, on arriverait aussi à la naissance d’un enfant, mais dans des conditions qui seraient beaucoup plus harmonieuses pour sa mère et lui.Le père peut être associé aux soins de l’enfant, il a plus le loisir de se familiariser avec ce nouveau membre de la famille.De sorte que le retour à la maison en est facilité pour tout le monde.Une des conséquences appréciables est que les parents sont beaucoup moins dépendants du personnel médical ou des pouponnières privées.Quel beau rêve diront certains.Mais, pour une fois, il faut que les rêves deviennent réalité.C’est en tout cas la volonté ferme du comité qui se réunissait en février.Si vous avez le goût d’embarquer, ou de supporter le comité, (le moyen le plus sûr de vous faire des amis!), vous pouvez rejoindre quelqu’un à 545-1575.LE COMITÉ MIEUX NAITRE PAR MICHÈLE ROY 41 ii En corps" à vendre $ Profession: Putain, tout simplement! Si vous avez l’occasion de jeter un coup d’oeil sur la littérature qui parle de la prostitution, vous vous rendrez vite compte de la diversité des théories qui l’animent.J’ai donc eu un plaisir jaune à lire d’humanistes et attendrissantes études sur ce délicat sujet.En passant du sensationnalisme des reportages journalistiques, aux enquêtes moralistes du célèbre sociologue monsieur “X”, ces ouvrages qui parlent de la prostitution ont très souvent une saveur de tragédie romancée.(.) “Par milliers, filles déchues, traînant derrière elle un misérable passé (.) Fatalité! Triste bilan.(.) Quand nous avons rencontré Solange, elle était sous la protection d’une agence sociale chargée de sa réhabilitation.Solange a accepté de nous livrer l’histoire de sa vie, en espérant vaguement, au fond de ses grands yeux bleus, qu’elle servira peut-être de leçon à d’autres filles malheureuses qui risquent de s’engager sur un chemin aussi dangeu-reux que fatal”.(1) La plupart de ces ouvrages sont englués d’un sentimentalisme ronflant qui nourrit nos concepts de la normalité contre celui de l’anormalité, de l’honnête femme contre la mauvaise femme, du bon modèle de vie contre celui de la délinquance.\o Outre ces lectures, il y a fort heureusement des bouquins qui nous offrent une analyse du sujet un peu plus pertinente.Simone de Beauvoir, par exemple, part d’un point de vue économique pour faire un parallèle entre la prostituée et la femme mariée.“Entre celles qui se vendent par la prostitution et celles qui se vendent par le mariage, la seule différence consiste dans le prix et la durée du contrat.Pour toutes deux l’acte sexuel est un service; la seconde est engagée à vie par un seul homme; la première a plusieurs clients qui la paient à la pièce.Celle-là est protégée par un mâle contre tous les autres, celle-ci est défendue par tous contre l’exclusive tyrannie de chacun”.(2) En ceci, Kate Millet et Simone de Beauvoir se rejoignent ; dans “La prostitution quatuor pour voix féminines”, l’auteur souligne aussi le rapport exclavagiste entre prostituée et femme mariée.Toutes deux signent et remplissent un contrat qui engage le don de leurs corps en échange de quoi, elles retirent certains bénéfices.Sauf que dans le cas de la prostituée l’exploitation financière, le rapport argent sexe, est cru, franc et clairement dit: “j’te vends mon sexe pour 15 minutes, toi tu me donnes $50.00, c’est tout! Tandis que pour la femme mariée ce rapport est dissimulé sous les clauses subtiles d’un contrat de mariage: le code civil impose à toutes les femmes l’accomplissement de ses “devoirs conjugaux”.“Encore bien des femmes mariées se soumettent sans contrepartie à la sexualité de leurs époux qui, loin de les satisfaire, évacuent en elles leur blême purée” ; (3) en échange de quoi elles sont assurées d’être nourri, logé et d’avoir une sécurité financière pour son entretien et celui de ses enfants.Notre contexte social nous confine à être des vagins, des trous (se référer à la publicité dans la rue, les journaux, les revues du type “Play Boy” et toute autre forme de pornographie).Et quand la prostituée vend de façon affichée son vagin elle se génitalise et nous rappelle que nous sommes aussi toutes génitalisées.“Dans Monique Major une culture sexuelle aussi malsaine que la nôtre, la façon de pratiquer l’acte sexuel dit et répète à la femme qu’elle est un objet charnel, une chose: un con.Tout se passe comme si le con était tenu pour l’opposé du moi, pour son antithèse, pour le pôle négatif de l’identité ou de l’esprit”.(4) La prostituée quand elle revendique que l’on décriminalise son métier, choque et reçoit l’anathème social justement parce qu’elle a accepté cette définition de la féminité.Depuis quelques années, et plus particulièrement en France, les prostituées luttent pour faire disparaître la prostitution du code criminel.Maintenant qu’elles ont presque mis fin au régime des “pimps”, elles ont à lutter contre la répression policière qui les accable , mais aussi pour que l’on reconnaisse leur droit au travail, celui qu’elles ont choisi.Celui-là même que l’Etat a toujours toléré et dont il s’est grassement enrichi .En effet, la prostitution joue un rôle économique et politique et l’Etat en retire des bénéfices fort alléchants : “en 1971, Robert Gemme avait estimé les revenus personnels de 2,000 filles à $66 millions.Leurs activités rapportaient dans le même temps $1.4 millions pour le logement consacré au travail et $4 millions en dépenses de taxi, contre des frais de répression de $500.00 (coûts de détention, système judiciaire, etc.)”.(5) Et si les principes moraux le permettaient, la légalisation de la prostitution rapporterait en impôt la jolie somme de $40 millions dans les coffres de nos gouvernements ! PROFESSION: PUTAIN, TOUT SIMPLEMENT! Il n’y a pas de beau ou de sot métier, il n’y a que des salaires plus ou moins décents.L’objectif de la lutte menée par les prostituées a peut-être été mal vu par les féministes, les démocrates ou les gauchis- 42 morvej 'AI .lOI ' I PI AÎMES TU tôiFUX ÇA PAR EM AVANT, LÉON, n» b*p rM ftPPiPPF?patrons et la prostitution claire, franche et si rentable, n’est guère encourageant.La prostitution est certainement l’image et le reflet le plus flagrant de l’oppression féminime.“Nos rapports avec les hommes sont entachés d’une valeur d’argent.Soumis à la pression d’un monde patriarcal, hommes et femmes sont enchaînés à la force du stéréotype sexuel”.(7) L’amour vénal nous rappelle brusquement que la sexualité féminine est sous la domination de celle de l’homme.L’amour vénal rappelle aux hommes leur infirmité à vivre leur sexualité autrement que concentrée autour de leur pénis.La prostitution est un des miroirs qui traduit la répression et la misère sexuelle de notre civilisation inscrite dans un syst ème patriarcal où le capital fait sa loi."Sans commentaire" tes : les prostituées combattent non pas la prostitution, mais ce qui lui fait obstacles, elles protestent de leur normalité et demandent que les gains de ce lucratif métier leur reviennent entièrement.En disant: vendre son sexe ce n’est rien, ce n’est pas une inf amie ni le comble de la détresse; elles s’attaquent à nos principes et troublent le fonctionnement social.En mêlant “corps de travail et corps d’amour” elles ne délogent pas nos sentiments de répugnance, elles mettent en péril la sacro-sainte enveloppe dans laquelle nous préservons la sexualité, ce précieux trésor que l’on cherche surtout à exclure du travail.En fait, nous obéissons au marché capitaliste qui sépare le corps en deux - le génital (la sexualité) qui se doit d’être privé, intouchable et tout ce qui ne l’est pas peut être absorbé en tant que force de travail.(3) “nous faisons un travail comme un autre, parce qu’il y a dans tout travail une forme de prostitution.Nous vendons notre corps, comme tout un chacun.Ce qui nous vaut la pitié des plus charitables, ce qui aux yeux de tous progressistes et rétrogrades, est le stigmate de notre profession, obéit rigoureusement à la logique du contrat de travail.Si péché il y a à vendre son corps, c’est le péché universel et nous ne méritons pas de lui devoir notre relégation.Ce métier nous le faisons pour la facilité avec laquelle nous pouvons nous en abstraire.travail”.(6) Rien d’impur, rien d’immonde, proclament-elles ; on ne peut pas soumettre à un classement moral les manières de vendre son corps.Et qu’est-ce donc une prostituée?Sinon la même chose qu’une ouvrière, qu’une guichetière ou qu’une employée de bureau - à cette nuance près : elle gagne mieux sa vie! “$1,500.par semaine pour écarter les cuisses 10 fois par jours ou $150.00 pour servir cent assiettes de spaghetti tous les jours.” (7) D’autant que la société dans laquelle nous vivons n’offre aux femmes qui n’ont pas de diplômes qu’une possibilité d’emplois aliénants et sous-payés.En f?it, avoir le choix entre le salaire minimum, les furtifs pinçages de fesses que se permettent souvent les Nous nous dédoublons, nous nous enfuyons de notre corps de travail.Ce n’est pas exactement joyeux, mais qui aujourd’hui est à l’abri de ce dédoublement?Quel ouvrier(re)?Quelle vendeuse?Comme eux, nous nous défendons contre l’assujettissement par la distraction.Seul l’absentéisme dans le travail peut rendre supportable la présence au Les femmes mariées se vendent à un seul homme.(1) La prostitution à Montréal.(2) Le deuxième sexe.(3) Le nouveau désordre amoureux.(4) La prostitution, Quatuor pour voix féminines.(5) Actualité, février 1978.(6) Une vie de putain.(7) Actualité, mars 1978.43 eans *i§l|l SF W&ÊMÊ, RUE SAINT-ANTOINE, JONQUIERE Les Caisses d'Entraide Économique effectuent dans tout le Québec des prêts dont le montant n'est pas limité.Voilà comment elles répondent d'une façon adéquate à la demande de prêt à long terme qui existe dans chacune des régions économiques.Car le premier objectif des Caisses d'Entraide Économique consiste à promouvoir la régionalisation des capitaux en vue d'un développement sectoriel par la coopération.Aujourd'hui, les Caisses d'Entraide Économique disposent de capitaux suffisants pour répondre aux besoins de l'industrie.Avec un actif de $700 millions, elles sont l’institution financière coopérative la plus dynamique au Québec.C'est ce qui nous fait dire que l’Entraide Économique est une véritable coopérative d'argent, d'idées et de développement.Les caisses d'entraide économique du Québec LES LAITERIES LAMONTAGNE & CANADIENNE LTEE 59.STE-JEANNE D'ARC JONQUI ÈRE TEL.: 547-5747 435.STE-ANNE CHICOUTIMI TEL.: 543-7786 BERNARD BERGERON, dir ventes & 339, Davis, Arvida.419, Racine, Chicoutimi.«J’ÉTAIS DÉJÀ MEMBRE DE L’ENTRAIDE!» “POÜR FAIRE FACE A LA CONCURRENCE, IL FALLAIT AMÉLIORER LA CHAÎNE DE PRODUCTION DE L’USINE.» []x, MQn^üE ouaiQŒE chdse üo$ ^mislRù .* Que^Ec leie^ce Au tarif de $17.00* (1 an / 12 numéros), je m'abonne pour .années au magazine QUÉBEC SCIENCE.?abonnement ?réabonnement COUPON D'ABONNEMENT là remplir en lettres MAJUSCULESI L 1 I I I I I 1 I I I I I I I I I I I II I I I I I I I I I I 31 nom 60 i i 1 1 1 1 1 i I I i i i i i i i i i i i 61 prénom 80 LBJ L1 7 I | 8 -L 1 1 J L i I I I i i Mill i i i 9 1 1 numéro L.1 1 rue 1 1 i i i i i i appartement 28 1 1 1 1 1 1 1 1 29 LL ville 111 .LJ i I I i i i Mill 48 1 1 1 49 province m i pays 68 ?Chèque ou mandat postal ci joint LL 1 1 1 1 | ?Veuillez me facturer 69 code postal 74 * Tarif en vigueur |usqu au 31 décembre 1978 Le magazine QUÉBEC SCIENCE, case postale 250, Sillery, Québec.G1T 2R1 Bienvenue chez Benoit 547-2014 559 ST DOMINIQUE - JONQUIERE 45 ï Langages de femmes en signes, formes et couleurs Tout de suite en commençant, je dois dire qu’il me fût difficile de trouver de la documentation écrite pour alimenter cet article: il n’existe pas encore de publication réservée exclusivement à l’art des femmes au Québec.Quant à des livres sur la femme dans l’histoire de l’art, j’ose espérer que je n’ai pas fouillé assez loin et qu’il y a sur le marché quelques bouquins disponibles en français qui traitent de ce sujet.Et pourtant, l’origine du mot art: ars, artis, est féminine ! Depuis que l’art existe, la femme y a le plus souvent fait figure de “sujet”.On lui a assigné le rôle de muse (dans les mythologies grecques et latines, les muses étaient les déesses des arts et des sciences); sa participation est toute passive et toute sentimentale: l’inspiration personnifiée est un objet immobile et esthétique.Dans l’association art-femme, cette dernière se situe comme un élément neutre et inerte intervenant rarement en tant que productrice d’oeuvres d’art.On nous a appris à considérer une femme artiste - surtout en arts plastiques - comme une exception.L’activité des femmes dans le domaine des arts plastiques ne s’est pas limitée à la production; il est fréquent que des postes d’animation et d’administration soient assumés par des femmes.Au Québec, en août 1948, sur 15 signataires du “Refus Global”, 7 étaient des femmes.“Connaissant l’impact culturel et politique de ce manifeste, il est révélateur que les femmes fussent si nombreuses à le signer”.(1) J’aimerais pouvoir vous dire que l’art des femmes au Québec se caractérise par un produit qui dénote un processus de manipulation très élaboré mais ce genre de constatation mène trop vite à la généralisation et, vu le manque d’information disponible - donc de points de comparaison, je m’en abstiendrai.L’orientation d’une recherche plastique est liée aux conditions et moyens de production; est-ce une question d’ordre individuel ou collectif?LES FEMMES: DIFFERENTS TYPES DE PRODUCTION Les métiers d’art et l’artisanat constituent une bonne partie de la production des femmes dans le domaine des arts visuels ; il y a aussi le graphisme, le dessin, etc., mais je me limiterai à ce qui touche les oeuvres de type pictural et spatial (au sens large des termes).Il y a l’art féminin.Je dis féminin parce qu’on retrouve souvent dans ce type de production des manières de faire ou des imageries véhiculant les stéréotypes habituels de la féminité.Les exemples, malheureusement, ne manquent pas dans la région; images de femmes rajeunies ou embellies comme calquées des pages du magazine “Seventeen” ou de photos de David Hamilton.Eléments de distraction; habileté technique illustrant un être réduit à plaire, à séduire et à “être aimé” (terme passif concernant autant le produit de consommation que le “contenu” -sic-).Ces images peuvent-elles amener le spectateur à une vision plus consciente de la femme dans la société où nous vivons?L’art féministe (par opposition au précédent) serait donc un art qui parlerait de la cause des femmes et de leurs luttes ; qui sans être réactionnaire aux mâles, s’affirmerait face à la collectivité.Parler de luttes de femmes (qui se situent dans un contexte social, politique et culturel) dans un langage adéquat et compréhensible implique nécessairement un contenu anecdotique utilisant des images, termes ou concepts se référant au langage utilisé quand il est question de la société, de la politique et de la culture.Cependant, il ne faut pas négliger une partie importante de la production des femmes en art.Quand on choisit d’entretenir avec l’art (comme avec l’écriture, les mathématiques ou la sociologie) une relation dialectique qui nous fait découvrir, comprendre et traduire subjectivement le monde dans lequel nous vivons, il ne faut pas nécessairement se limiter à un FRANÇOISE BOUDREAULT langage d’images.La recherche plastique a, entre autres buts, celui de confronter le spectateur à sa propre perception de phénomènes visuels.Un langage de signes, de formes et de couleurs permet cela et propose un registre important d’impressions et de sensations qui font souvent découvrir des aspects cachés de la vie de tous les jours, par exemple: présence et effet de certains éléments visuels dans notre environnement.Ce processus ne sera pas envisagé de la même façon par un homme que par une femme.“.l’intégration de l’art à la société fait apparaître la double difficulté pour les femmes d’y participer en tant que femmes d’abord, en tant qu’artistes ensuite.dans la notion d’art et de contestation, la mise en question d’une des fonctions de l’art, qui consiste à révéler les contradictions sociales touchant la femme et la société en général, est une des préoccupations majeures des femmes artistes.C’est pour cette raison que leur intégration dans l’art officiel est problématique”.(1) En général, les femmes ne sont pas avantagées par le système de diffusion de l’art, le marché de l’art étant lié à une demande dont leur production (plus ou moins cotée selon le cas) fait rarement partie.Dans le but d’améliorer la diffusion des productions des femmes, l’atelier Power House à Montréal, fonctionnant ainsi depuis plus de 5 ans, est la seule galerie qui réserve ses lieux d’exposition exclusivement aux femmes.L’ART FEMINISTE QUEBECOIS EXISTE-T-IL?Chose sûre: oui.mais encore une fois: pratiquement pas d’information qui circule.Quelques manifestations ont eu lieu à Montréal: en 1971, le Groupe Mauve entreprit diverses manifestations : la réalisation d’une vitrine chez Dupuis & Frères ou encore, au Musée des beaux-arts, un événement pendant lequel on vit entrer huit femmes vêtues en robes de mariées se mettant tout à coup à essuyer le plancher 46 de leurs voiles.Aussi, une création collective à l’atelier Power House: “Les guenilles des filles”, une exposition à l’occasion de la quinzaine des femmes au Conventum en novembre 1977.D’autres manifestations ont peut-être eu lieu, mes recherches ont été brèves.“La Chambre Nuptiale” de Francine Larrivée fait suite au film “J’me marie, j’me marie pas”.Cette manifestation se veut une critique du mariage; un environnement de 20 pieds de hauteur par 60 de longueur et 40 de largeur, une vaste aire d’animation divisée en 3 salles.Une première est habitée par 73 personnages décrit les gestes et comportements, fixations affectives et rapports traditionnels de dépendance qu’on retrouve dans le mariage.La deuxième salle, salle chapelle fait allusion à la vie de couple et à la libération de la femme qui ne se limite pas qu’à une simple inversion des rôles femme-homme.Dans la troisième salle, on projette un film sur l’autonomie et la conscience sociale des femmes en insistant bien, sur le fait que la répression des femmes à l’intérieur du mariage n’est pas un phénomène individuel mais bien un problème collectif.La production de cet environnement total a coûté au-delà de $200,000 et fut terminé en 1976.Exposée à Terre des hommes pendant 5 mois, 34,000 personnes ont vu “La Chambre Nuptiale”, présentement entreposée à Montréal, elle n’attend que les fonds nécessaires à son déplacement, pour circuler.Voilà tout ce que je peux dire après des investigations sommaires; il est évident que le terrain aurait grand besoin d’être exploré (j’insiste vraiment!).Beaucoup de femmes sont actives dans le domaine des ârts plastiques mais on en entend peu parler.Donc, lectrice(teur), qui que vous soyez, toutes informations supplémentaires seront les bienvenues: communiquez avec Focus.(1) extraits d’un article paru dans la revue “Vie des arts” du printemps 1975: “Le rôle des québécoises dans les arts plastiques depuis 30 ans” signé par Rosemarie Arbour et Suzanne Lemerise.Un article très explicite qu’il faut lire si on s’intéresse à l’art des femmes au Québec et du rôle qu’elles y jouent et on joué.On retrouve d’ailleurs dans ce numéro de Vie des arts, plusieurs articles concernant des femmes.Remerciements à Christine Balta, Suzanne Lemerise et Francine Larrivée pour les entrevues téléphoniques; aussi à Véronique Vézina pour l’entrevue et la photo de “Paroles cousues”.x:- ¦ Chû TÜOflBB /calvèr •-f*- a.% o.k.IRU (IXJAM LAIMA I I RU.(IXJAML AIMAI IRU AIMA.I boRUdXJAMLAlMAI WO RU.( I XJ AM 1.AIMA I no RU (IXJAM > AIMA I RU dXJAM).AIMA I ho RUE (IXJAM).AIMA I fcORU dXJAM) AIMA I b0 RU.(IXJAM), AIMA I IRU (IXJAML AIMA I ) RU-(IXJAM).AIMAI IRU (IXJAML AIMA I IRU (IXJAM).AIMA I IRUT.(IXJAM).AIMA I IRU.(IXJAM).AIMA I I RU (IX*AM >.AIMA I ) RUE CIXJAM).AIMA I I KU (IXJAM).AIMA I I RUAI XJ AME AIMA I ) RUE (IXJAM).AIMA I I RUE ( IXJAM ).AIMA I )RU (IXJAMï.AIMA I ) RU.(IXJAM).AIMA I IRU (IXJAM).AIMA I II XJ AM).AIMAI Il XJAM 1.I RUE (IXJAM).AIMA I IRU (IXJAM).ALMA I I RU'(I XJAM ).ALMA I I RU.(I XJ AMI.AIMAI I RU.(IXJAM).AIMA I IRU (IXJAM).AIMAI IRU (IXJAM).AIMAI I RU (I X JAM I.AIMAI IRU (IXJAM).AIMAI IRU (IXJAM).AIMA I 'WORU (IXJAML AIMA I o Les femmes de papier Jetez un coup d’oeil sur les (rôles) femmes qui traversent les bandes dessinées quotidiennes publiées dans les journaux.Toujours les mêmes images stéréotypées.Les femmes des “daily strips” les plus diffusées, comme “Blondie” de Chic Young et “Mutt and Jeff” d’Al Smith apparaissent comme des meubles encombrants qui bloquent la vie conjugale des héros mâles, des têtes folles sans intelligence.J’ai découpé ces deux bandes de “Mutt and Jeff” et de “Blondinette” dans des quotidiens québécois (“La Presse” et “Le Quotidien”) durant la semaine du 22 janvier.Et je suis tombé sur deux exemples flagrants de sexisme “par la bande” si l’on peut s’exprimer ainsi.Et comme l’on sait que des bandes dessinées comme celles-là paraissent dans plus de 2,000 journaux à travers le monde, elles entretiennent des images sexistes qui marquent, qui ne peuvent que faire des petits sexistes.Des petits gars qui continuent à faire des farces ayant pour thème la belle-mère, la femme-ménagère, la compagne-marâtre, le meuble d’intérieur encombrant, l’objet contre lequel l’homme, le beau mâle butte dans sa vie de tous les jours.Et toutes ces bandes quotidiennes que publient les journaux viennent presque toujours de l’imagination de dessinateurs mâles.Il y a parfois quelques exceptions heureuses, publiées en anglais, dans des journaux montréalais et torontois.Comme la bande de “Cathy” dessinée par Cathy Guisewite que j’ai retrouvée dans “The Gazette” et dans “The Globe and Mail”.Une bande dessinée sexiste bien faite qu’on devrait traduire dans nos journaux, si l’on prenait au sérieux ce moyen d’expression si populaire.Que les héroïnes de papier de nos journaux sont fragiles.Et même les dessinateurs de bandes dessinées quotidiennes considérés comme MUTT ET JEFF plus modernes, plus ouverts comme l’auteur de “Peanut”, Charles Schulz, n’échappe pas à certain sexisme qui se glisse, souvent malgré toute la bonne volonté, dans ses portraits psychologiques grandeur d’enfant.Que ce soient les colères de Lucie, ou les cheveux frisés de Frieda, les traits caractéristiques de ces petites bonnes femmes finissent toujours par trahir ces préjugés envers une catégorie de la population américaine considérée comme pleine de caprices, de complexes et de “problèmes”.PIERRE DEMERS SAUVAGEI \ SIMPLE IMPULSION, LA MERE! POURQUOI \ LA PORTE ETAIT OUVERTE.AS-TU l JE N'AI PU Y aiT ri?/\ RESISTER! , FAIT ÇA?/•« -ALfeMifM- JE SUIS DONC ENTRÉE DANS LA RAVISSANTE PETITE BOUTIQUE QUI EST A CÔTÉ.ET J'AI UTILISÉ L'ARGENT POUR UNE DÉLICIEUSE PETITE ROBE ! JE VOULAIS DÉPOSER DE L'ARGENT A'LA BANQUE.MAIS ELLE N' ÉTAIT PAS ENCORE OUVERTE ! SI TU TROUVESCA SI DRO LE, DIS-MOI DONC POURQUOI JE NE RIS PAS ! DAGOBERT, IL M'EST ARRI.>VÉ LA CHOSE LA PLUS AMUSANTE, AUJOURD'HUI ! ¦r > distribué par op^«.48 O /x Un choix de films de femmes d'ici .1 it i X It it a lit! £ Ce 11 E à La série “En tant que femmes” de l’ONF a peut-être fait débloquer un peu les choses.Depuis, les femmes-cinéastes québécoises font plus de films.Et les cinéastes-hommes ne tournent plus leur caméra vers les questions de femmes.Voici un choix de films québécois assez récents qui indiquent que le cinéma de femmes au Québec se porte de mieux en mieux de film en film.La plupart de ces films cités ici sont distribués par deux compagnies montréalaises de diffusion, “Cinéma libre” (2394 est, rue de Bienville, Montréal, tél.: 525-2539) et une petite entreprise d’animation, “Parlimage” (5702, rue Saint-Urbain, Montréal, tél.: 272-3611).Les autres films présentés ici sont disponibles aux bureaux régionaux de l’ONF.L’intérêt de ces films mentionnés, c’est qu’ils discutent du rôle des femmes d’ici.Luce Guilbeault a réalisé trois films importants pour la courte histoire des films de femmes au Québec.D’abord un court métrage de 30 minutes à l’ONF sur une comédienne qui travaille auprès des vieux et des vieilles, “Denise Benoît, comédienne”.Puis un documentaire en anglais sur des féministes de New-York toujours produit par l’ONF avec la collaboration de Nicole Brossard et enfin un film produit à son compte, “D’abord ménagères” sur le quotidien des femmes d’ici trop collées à leur vie de ménagère.Ce dernier film est distribué par “Cinéma Libre”.France Renaud a réalisé un court métrage à compte d’auteur, “Piquez sur la ligne brisée”, sur des femmes qui travaillent dans la plus parfaite monotonie et aliénation dans une usine de textile.Le film est distribué par “Les films du Crépuscule”.Denise Benoît, la comédienne du film de Luce Guilbeault, a signé un portrait attachant d’une jeune fille qui s’éveille au monde des adultes, “La crûe”, ce court métrage de 30 minutes est distribué par l’ACPAV (280 ouest, rue Sherbrooke, Montréal, tél.: 859-1381).Sylvie Groulx et Francine Allaire ont condensé deux attitudes de mâles sexistes québécois dans “Le grand remue-ménage”, long métrage distribué par “Cinéma Libre”.Victorien Pelletier et Normande Juneau ont filmé deux femmes qui bûchent dubois, sans complexes, dans les forêts de Lots Renversés, près de Rivilère-du-Loup dans un court métrage intitulé “Les bûcheronnes”, disponibles à “Cinéma Libre”.««¦U** « t m ?y-**' #r* «K- JS* « «A».» y H*11 7“* -VmiTOT *j * %.* ¦ Un collectif a fait parler et travailler une ménagère de famille riche de la Malbaie (lieu de prédilection pour les touristes fortunés) dans “Toute ma vie au service des riches”.Un documentaire distribué par “Les films du Crépuscule”.Diane Létourneau a filmé une paysanne débrouillarde de lTle d’Orléans, Geor-giana Audet, dans un film intitulé “Les oiseaux blancs de lTle d’Orléans”.Un magistral portrait de québécoise.Et on pourrait continuer comme ça, pendant quelques pages, à énumérer les nouveaux films québécois de femmes produits depuis la série onéfienne “En tant que femmes”.le cinéma de femmes au Québec se porte mieux que le cinéma de mâles.Vous vérifierez à la semaine du cinéma québécois, en avril prochain.PIERRE DEMERS (cf.“Cinéma-Québec” n° 58 et “Perspectives” du 14 au 27 janvier 79) L’ACHARNÉE Elle a pesé de toutes ses forces dessus.Elle a promené son pied dessus comme sur un mégot récalcitrant.Elle a bien gratté le trottoir.Ensuite, elle a pris une allumette neuve, l'a allumée d'un revers sec et a mis le feu à la poudre blanche.Elle a craché dessus et, plusieurs fois, elle a refait sa salive dans sa bouche, consciencieusement.Elle en a mis beaucoup.Ensuite elle a pris un morceau de son mouchoir en papier, elle l'a posé dessus et a regardé s'absorber le liquide visqueux.Ensuite, elle a vidé de l'essence à briquet sur le mouchoir, a allumé une autre allumette et a flambé le mouchoir.Elle a pris les cendres encore chaudes, les a mises dans une petite boîte en métal quelle avait toujours sur elle.Elle a scellé la boîte avec de la cire.Ensuite elle a contourné sa maison, a creusé un grand trou, a mis la boîte au fond avec une pierre dessus.Elle a refermé le trou avec de la terre.Elle a appelé un ouvrier, a fait poser une dalle en béton dessus, et sur la dalle, elle a fait poser des piquets de ter pour que personne ne s'y asseoit.Ensuite, elle a mis des barbelés autour, elle a couru dans sa maison, a pris ses bagages et a remis les clés au nouveau propriétaire.Elle s'est enfuie, on ne l'a plus revue.Loin, loin, loin de cette capsule de cyanure quelle avait tait fabriquer juste pour voir la mort de près.HÉLÈNE PEDNEAULT 49 Lq femme en tête de la surconsommation de médicaments CHARLOTTE GERVAIS Dans la société de consommation où les rôles et les valeurs changent à une vitesse vertigineuse, l’individu devient de plus en plus dépendant d’une série de béquilles technologiques pour se maintenir plus ou moins en état de fonctionnement et les médicaments n’y échappent pas.Nous vivons dans une société fondée sur une consommation: les médicaments, malgré le fait qu’ils soient des substances potentiellement dangereuses n’échappent pas à la règle.Les causes de ce problème sont multiples et profondément ancrées dans notre type d’organisation sociale, économique, culturelle et politique.Et que dire de notre inconscience à consommer des médicaments.Des exemples.en voici.Entre janvier et juin 1975, les Québécois ont englouti $30 millions dans leurs pharmacies pour leurs médicaments sans prescriptions.Les Canadiens consomment annuellement 1,000 tonnes d’aspirine (2 millions de livres) par année.Les médicaments en vente libre se présentent dans une gamme de quelques 2,000 étiquettes différentes.Sur le lot, on en compte qu’une trentaine qui soulagent de façon efficace.LES MEDICAMENTS DU SYSTEME NERVEUX CENTRAL [S.N.C.] 1 1 37% des médicaments payés par la Régie de l’assurance-maladie du Québec sont des médicaments du S.N.C.(calmants, pilules pour dormir, antidépresseurs) .66.2% des prescriptions ont été exécutées pour des femmes et 33.8% pour des hommes.Le bénéficiaire moyen de sexe féminin a consommé 10.2 prescriptions pendant l’année, comparativement à 5.9 chez les hommes.Cette différence est plus importante entre 15 et 45 ans où la consommation moyenne chez la femme est d’environ le double de l’homme.Les % des ordonnances de valium et de librium vont à des femmes, pour la plupart des ménagères à plein temps (1).POURQUOI LES MENAGERES I l Dans notre société capitaliste, la femme pouvant difficilement prendre part à la production sociale - surtour en temps de crise et de chômage - est reléguée à la production domestique, à l’entretien du mari et des enfants.Pas ou peu de garderies, peu de contacts avec l’extérieur.donc peu de chance d’apprendre à développer une solidarité, un esprit combatif.Le fait que le travail ménager soit fait isolément avec en plus des problèmes économiques vécus tout aussi isolément -un taux de sans travail d’environ 30% dans la région - ne fait qu’accentuer le problème.I LES TRAVAILLEUSES I Pour ce qui est de la femme au travail, elle doit généralement accomplir le travail ménager chez elle, en plus de subir très souvent la discrimination au travail (salaire, conditions de travail, etc.), ce qui ne la met certainement pas à l’abri de la surconsommation des médicaments.FINALEMENT QUI EST RESPONSABLE?, Les compagnies dont le seul intérêt est le profit.Ils investissent chaque année des millions pour nous convaincre que les pilules, c’est la façon de régler nos problèmes.Se soucient-elles vraiment de notre santé?La formation médicale a ses limites et les médecins n’ont pas toujours une formation adéquate pour régler les maladies du siècle : stress - anxiété - maladies psychosomatiques.Ils ont trop souvent recours à la médication car ils s’attardent aux symptômes de la maladie et non à leurs véritables causes.Le médecin n’a pas toujours une information complète sur les médicaments qu’il prescrit.Selon une enquête, 61% des médecins disent se fier aux renseignements qu’ils obtiennent des représentants pharmaceutiques.Ces représentants étant payés à la commission.^ vous d’en tirer les conclusions appropriées?Les pharmaciens qui isolément n’osent pas éliminer de leurs tablettes les produits inefficaces ou nocifs, les gadgets de toutes sortes, de crainte de réduire leur 50 marge de profit.Quand cesseront-ils d’être commerçants pour remplir efficacement leur rôle de professionnel de la santé?GouVep,N€MÇA)f 5 Les gouvernements, qui au courant du problème se refusent de prendre les mesures nécessaires qu’il faudrait.Ils se contentent de faire des lois mais interviennent de façon très timide, si on pense que plusieurs médicaments breveté ont été prouvés inefficaces et qu’on les retourne encore sur les tablettes des pharmacies.Si on pense aux normes de la publicité régies par les gouvernements.cette publicité qui nous incite par tous les moyens à consommer.Sollicités de toutes parts, on en vient à penser qu’il nous faut des pilules.On en exige du médecin, ou on se les procure nous-mêmes.C’est une béquille qui nous permet d’accepter notre sort face aux situations inacceptables de logement, de travail, de manque de revenu, de solitude, etc.REAGISSONS! LA SANTE, C’EST NOTRE CHOIX ! POUR EN SAVOIR PLUS — La Surconsommation des médicaments chez les femmes.Juin 1976, Centre des femmes, plateau Mont-Royal.— Demain la santé, par Yanick Villedieu, Les dossiers Québec Science 1976.— Les médicaments numéro spécial, C.L.S.C.santé, Vol.1, no.3, sept.77.À PARTIR D’UNE PEUR BLEUE.Ecrire comme on est menstruée Comme si c'était le cours normal de la vie Parce qu'on ne peut pas faire autrement Ecrire comme une odeur nous fait tourner la tête Comme un frisson nous passe à cause d'une main ou à cause d'une peur bleue Ecrire comme on répand un sperme rare Comme on vit, la tête en bas de l'escalier Ecrire comme une lettre qu'on devait écrire hier En pensant à rien En ne s'excusant pas du bruit que ça fait, écrire Ecrire sur le dos des autres parce qu'ils ressemblent tous au sien Ecrire jusqu'à l'os Ecrire parce qu'on n'a pas le temps de rien dire Parce que le papier ne cligne pas des yeux quand on l'abîme Ecrire contre le mot Ecrire comme on transpire, parce que l'air est lourd et que les fenêtres se font rares Ecrire parce qu'il le faut Parce qu'on a des amis Et qu'il faut en être Et rire.HÉLÈNE PEDNEAULT LE GROUPE GRAPHE inc.Conception, réalisation graphique et impression à la sérigraphie.443 Collard O Alma, Lac St Jean PQ G8B-1N1 (418) 668-8285 MAITRE PHOTOGRAPHE TEL.662-2797 ffiFESîl ô) /i\ [X ALMA, QUE.535, OUEST, COLLARD, mm 51 Au Conseil de la radio-télévision et des télécommunications canadiennes Il y a quelques mois, Focus recevait une lettre d’Esther Dufour, laquelle demandait à Rachel Poirier certaines explications concernant son départ du poste C.B.J.de Radio-Canada.Voici donc, tel que souhaité, la réponse de Rachel Poirier.Le point de vue soumis ici est le fruit d’une réflexion sur un fait que j’ai vécu il y a quelques mois lorsque la Société Radio-Canada, pour laquelle je travaillais depuis quatre ans et demi a décidé de ne pas renouveler un contrat que je signais à toutes les treize semaines.Parce que cet employeur demande aujourd’hui devant votre conseil la reconduction de son permis, je désire appuyer les revendications minimales des associations féminines qui visent l’abolition des stéréotypes sexistes à Radio-Canada.Mon intervention portera sur le rôle des femmes au poste de base d’une entreprise qui possède un outil majeur dans l’élaboration des destinées sociales et politiques d’une nation.La représentation féminine devant être jugée essentielle au départ, on se rend vite compte jusqu’à quel point elle peut être négligée en réalité.Les femmes qui détiennent des postes administratifs sont très peu nombreuses, et celles qui ont un droit de gérance (je veux dire par là droits de regard sur l’engagement du personnel et la programmation) ne le sont guère plus.Quant à la répartition des tâches, poste de base CBJ-Chicoutimi, il faut reconnaître un déséquilibre certain.— en information, salle des nouvelles et affaires publiques : onze (11) hommes une(l) femme, assistante à la réalisation — chez les annonceurs : cinq (5) hommes une ou deux (?ou 2) femme(s) “auxiliaires” — chez les réalisateurs : quatre (4) hommes aucune femme — travail à la pige: quatre ou cinq deux (2) collaboratrices, les fins de semaine.A une ou deux exceptions près, à CB J, les hommes ont tous leur permanence.On engagera une femme pour la période estivale, alors qu’en affaires publiques, par exemple, on a fait appel à une femme quelques jours après mon départ (?.) afin de remplacer pour un mois un pigiste en vacances.Ainsi, les “tapageuses” de la Fédération des femmes du Québec au Saguenay-Lac-Saint-Jean ne peuvent plus rien dire, l’été va passer et l’incident est clos.Avant la fin de mon contrat, les démarches “secrètes” pour me remplacer ont été faites auprès de quelques hommes jusqu’à ce que l’un d’entre eux accepte.Pourtant, des femmes expérimentées dans la tâche à combler auraient été prêtes à revenir dans leur région d’origine.En retour, depuis cet automne, on entend à CBJ des femmes lire les nouvelles et les annonces communautaires à l’occation; on a reconnu la nécessité d’une voix féminine.En réalité, il s’agit d’animatrices “auxiliaires” dont la dercription de tâches est assez différente de celle des annonceurs-maison, et qui plus est, loin d’être reliée à une permanence éventuelle.Je fais allusion aux questions soulevées dans deux lettres ouvertes par la section régionale de la F.F.Q.et un groupe d’auditeurs(trices) de CBJ, lettres transmises par les journaux régionaux une semaine avant la fin de mon contrat.Ces deux lettres sont incluses dans le dossier que la Fédération des femmes a présenté au C.R.T.C.à Ottawa.Quant à moi, puisque je tiens à vous faire part de ma vision personnelle de “l’incident” qui m’a conduit tout droit au “chômage”, je croyais à une alternative qui s’est révélée fausse par la suite.Forte d’un appui moral important dans mon milieu, je me suis néanmoins retrouvée entre l’arbre et l’écorce.Parallèlement à des explications verbales de non-renouvellement de contrat comme : — le manque de rigueur intellectuelle (assez paradoxal avec les idées exprimées dans les lettres ouvertes) — la mauvaise qualité du français (sur laquelle on aurait passé outre pendant 4 ans et demi?) Je réagissais de la façon suivante: Ou je criais à l’injustice devant le Conseil du statut de la femme, à la Commission des droits de la personne ou au comité qui surveille la discrimination de la femme à Radio-Canada-Montréal, ce qui limitait instantanément ma recherche d’un emploi.Ou bien j’avale la pilule amère avec dépit.Selon mon expérience, les moyens de pression actuels ne sont utilisables que par des groupes sensibilisés aux questions féminines, puisque ces moyens de pression que possèdent la collectivité féminine se transforment en casse-cou dès qu’une femme seule décide d’y faire appel.C’est pourquoi je considère que les correctifs demandés visant l’abolition de certains stéréotypes sexistes constituent une étape à franchir dans l’élargissement des conceptions individuelles et sociales déjà établies, lesquelles ne sont plus | nécessairement les mêmes pour une génération issue d’une remise en question sociale et politique.Rachel Poirie 1 rth tels al lit him iîtCI tana Him Mn et ïfesoi lie,ils'] faille w lira Sjl tor bier ' part «fut] fans® tel pli feus :Bl® iltCft jt„ , Une Se Si Sar '®ress “fclcs faune i Sri N- in La femme dans la chanson RACHEL POIRIER Voilà certainement un domaine où les stéréotypes fusent en abondance.Innombrables, incommensurables, ils décomposent l’identité féminine pour l’inventer et la réinventer à chaque fois.La Femme avec un grand “F”, la femme tout court.Trouver la meilleure marque de commerce, invoquer les plus beaux sentiments.Savoir différencier la chanson populaire de la chanson moins populaire, et que les mots soient parfois d’une légèreté incroyable, il s’agit néanmoins de la manifestation des valeurs individuelles et sociales.Qu’elles soient d’une beauté certaine ou incertaine, intérieure ou corporelle, sans grands attraits physiques ou “sex-symbol”, le choix se pose-t-il vraiment: chanter en étant soi-même ou paraître ce qu’on veut qu’elles soient.En tout cas, il ne faut pas sous-estimer ce médium de la chanson dans notre société actuelle, d’autant plus qu’il reste un domaine où les femmes sont peut-être d’égale quantité aux hommes, du moins en ce qui regarde la conception et la transmission du message.Une égalité vite restreinte, cependant, lorsque les cordes de la finance et du “show bizz” sont tirées par des hommes aux conceptions de marketting et de vedettariat.Dommage que les stéréotypes s’en ressentent: faire fructifier de l’argent avec le sexe, c’est très rentable, d’un côté comme de l’autre, et le marché du disque s’en porte à merveille.Cette femme, que l’on a trop généralement tendance à associer au sexe, plusieurs s’en font volontiers l’objet; et voici donc le Stéréotype des stéréotypes, celui de la femme-objet.Objet du désir, de convoitise, d’évasion, etc.Comme le monde de la chanson en est un d’amour, de romantisme, d’amitié, de bonheur, la femme se retrouve l’incarnation du bonheur, du malheur, de la joie, de la tristesse, sources de notre nature humaine.A partir de ces éléments, on réduit à nouveau le cadre de l’identité féminine à un autre modèle, celui de l’être tendre et fragile, dont il faut prendre soin et qui ne cherche qu’à se donner.Déduction: un don de soi qui ouvre toute grande la porte de la possession, alors qu’à son tour, cet amour possessif (je t’aime, je te veux, je t’appartiens, tu es à moi) se métamorphose pour faire sombrer des coeurs sous la domination: “Je suis si petite, prends-moi dans tes bras” “Je donnerais ma vie pour faire ton bonheur” “Je m’accrocherai à toi comme un lierre à un chêne” “Fait de moi ce que tu veux, mais laisse-moi t’aimer” On pourrait aller plus loin dans l’élaboration de ces stéréotypes, en voyant par exemple les effets de ces modèles sur notre style de vie: le phénomène disco, la mode rétro, la rentabilité commerciale et industrielle.Pour l’instant, regardons plutôt le revers de la médaille, car il y en a un.Beaucoup plus difficile à cerner cependant mais qui nous offre autre chose.C’est pour le moins significatif, souhaitable, voire essentiel.Il est permis de remettre en question ces images imposées: “Regardez moi aller, chu pu rien qu’une fille mêlée”.Certaines d’entre elles sont carrément rejetées, comme dans les chansons de Pauline Julien.La femme-objet passe à l’action: “voulez-vous coucher avec moi ce soir”.On véhicule de nouvelles conceptions, on revient à d’autres, on s’aperçoit que les stéréotypes sont issus de nouvelles composantes : les balades pour divorcés à la Joe Dassin n’auraient pas fait fureur il n’y a pas si longtemps.En conclusion, on peut prétendre que cet élargissement dans la conception des stéréotypes témoigne d’une transformation de la mentalité.Ces modèles sont un signe évident qu’on cherche à redéfinir les stéréotypes selon de nouvelles réalités.Un signe que quelque chose a changé, qu’il faut saisir la chance inouie de dire que ce que SONT les femmes, non plus CE QU’ON VEUT QU’ELLES SOIENT.TEl.662-2797 535, OUEST, COLLARD, ALMA, QUE.LE GROUPE Conception, réalisation f'-'D ADUC graphique et impression OKArrlL à la sérigraphie.inc.443 Collard O.Alma,Lac St Jean PQ G8B-1N1 (418) 668-8285 53 t ivres, bouquins, aroles d'ici et d'ailleurs Denise Boucher Cypriije essai-collude " • ~ir L'in une l'cinmc “CYPRINE”, essai-collage pour être une femme, par Denise Boucher, éditions de l’Aurore, 1978."La parole des femmes me délivre.Celle qui découvre que mon clitoris veut dire à sa racine grecque: clé du plaisir.Celle qui me raconte que le jus qui s’écoule de moi, qui suinte quand je fais l’amour, que ce jus s'appelle "cyprine”.Merveilleux.Il y avait aussi un mot pour ça.Personne ne nous l'avait dit.Surtout pas le petit Larousse.Ni son cousin Robert".Denise Boucher, écrivain-journaliste, tente dans "Cyprine" de redéfinir la femme sans les stéréotypes véhiculés par son éducation et sans les rôles préconçus qui lui sont assignés.Pour se faire, sur un ton intimiste, elle incite les femmes aux changements et insiste sur l’importance de parler de nous, de se raconter pour mieux se reconnaître et comme elle le dit si bien: "Il faut tout dire.Sans tricher.Au nom de l’information délivrée qui fera péter la cerise de tous les tabous".Les extraits d’articles de journaux, de pétitions, de chansons folkloriques et de diverses autres références viennent adroitement appuyer ses textes de poésie ou de prose.Ainsi, elle dénonce la condition des femmes et le sexisme qui sévit dans toutes les classes sociales et dans tous les domaines, tel le pouvoir médical qu'elle aborde en ces termes: "C'est en parlant entre elles de façon systématique que les femmes ont fini par dénoncer les gynécologues; leur ignorance du corps de la femme, leurs examens vulgaires, leurs paternalistes, leurs mystifications”.De plus, elle nous amène à repenser les relations à l’intérieur d’un couple qui devrait se composer d'individus autonomes, sensibles à leurs besoins et ceux de l'autre.Elle explique: "Le féminisme ne va pas-contre les hommes.Mais contre l'antique relation sadomasochiste, du maître et de l'esclave”.Des femmes comme Simone de Beauvoir, Jeanne Mance, Irma Levasseur et bien d'autres retracent notre histoire.Elles se racontent, elles nous racontent: “Je m’appelle du nom de chacune des huit millions de sorcières brûlées vives jusqu’en 1782.Je m'appelle du nom de chacune des héritières de ces sorcières et je viens de leur révolte masquée pour apparaître aujourd'hui au grand jour non moins sorcière, mais plus puissante pour nous toutes”.Bref, “Cyprine” de Denise Boucher est un amalgame d'information et d'imagination qui provoque certes, mais avec tendresse.SYLVIE CHENARD HISTOIRE DU FÉMINISME FRANÇAIS du Moyen-âge à nos jours.En 1977, les éditions "Des femmes” publiaient un important ouvrage de recherche sur le féminisme français.Ecrit conjointement par Maîté Albistur et Daniel Armogathe, "Histoire du féminisme français, du Moyen-âge à nos jours” est un volumineux document qui retrace quinze siècles d'histoire de la lutte des femmes.Dans l’avant-propos, les auteurs prennent soin de nous expliquer ce qu'ils entendent par féminisme, c'est-à-dire "toute analyse, toute action, tout geste posant comme conflictuels les rapports entre les deux sexes et visant à en comprendre la nature ou à en modifier les termes” et ceci afin que nous entreprenions la lecture de ce livre avec une même compréhension.Appuyé par une bibliographie imposante, ce livre se divise en quatre parties définies par quatre types de féminisme et nous propose un cheminement chronologique, du Vlième siècle à 1976.Plus qu’un simple recueil de faits historiques, ce livre a le souci de nous faire suivre l’évolution de la lutte des femmes par le biais de tout ce qui peut l’influencer directement et indirectement (les transformations sociales, les lois, la littérature, la religion, etc.).Bien que française, cette histoire du féminisme nous permet de découvrir des luttes menées par des femmes regroupées (la Commune de Paris constitue une défaite importante pour les femmes impliquées et dont les lendemains seront les jours les plus sombres de leur histoire) et des luttes menées par des femmes isolées, des luttes que nous connaissions déjà et surtout, d’autres qui étaient tombées dans l’oubli.La connaissance de ces luttes de femmes à travers l'histoire, parfois bouillonnantes et révolutionnaires ou parfois affaiblies et réprimées, nous aide à comprendre les inestimables conquêtes que nos aïeules nous ont laissées en héritage.L'Histoire du féminisme français du Moyen-âge à nos jours, un livre à avoir dans sa bibliothèque.Edition DES FEMMES, 1977, 508 pages, $14.95.SUZANNE BIRON “NOTRE CORPS, NOUS-MÊMES”, écrit par des femmes pour les femmes, par le collectif de Boston pour la santé des femmes, adaptation française, éditions Albin Michel, 1977."Notre corps, nous-mêmes”, écrit par le collectif de Boston, est une adaptation fran- 11 rhs I xm s:É: te I = HS it lu , hi ¦Si 7 lit hiat “Hit; -s:: il! h,l L::.: :;L:; * * i -s 3: fet hü; “in; ¦’S: ;i h’îi :"i'i L h J%lt S Niés >T4S’ N t-v.^Hll 54 çaise dont le titre original est "Our Bodies, Ourselves".Après avoir réalisé un atelier de travail sur les femmes et leurs corps, le collectif de Boston décidait d’organiser des conférences, d’offrir de la documentation photocopiée, d'élaborer des cours avec l'aide de spécialistes pour finalement en arriver à concevoir ce livre, traduit par un groupe de françaises qui y investirent deux années de travail.Cet ouvrage reflète donc la conception que les femmes ont de leurs corps et de la médecine.Il se orésente sous forme de recueil de textes dont les sujets gravitent autour des problèmes de santé: l’anatomie et la physiologie, la sexualité, l'alimentation, l'homosexualité, l'autodéfense, la contraception, l'avortement, la santé, etc.En fait, c’est l'approche qui a été faite jusqu'à maintenant, de sujets qui affectent ou concernent les femmes.Les auteurs ont adopté deux caractères typographiques distincts pour illustrer, d'une part, l'information objective et d'autre part les témoignages de femmes.Cette formule a l’avantage d'en faire un livre de références facile à consulter.L’information objective, en caractère régulier, est traitée très sérieusement avec beaucoup de précision et de réalisme.Par exemple; le chapitre sur le viol comporte des statistiques et des graphiques corroborant les propos des auteurs.Des illustrations viennent faciliter notre compréhension du corps, des étapes de la grossesse, de l'accouchement, etc.Cette information tente de répondre à toutes les questions que se posent les femmes et les incite à prendre conscience de leurs possibilités actuelles de regroupement pour avoir une action plus concertée, plus systématique dans leur quotidien.Le deuxième caractère typographique identifie les témoignages de femmes relatant leurs expériences, les problèmes qu'elles ont rencontrés ou leur opinion sur le thème développé par le collectif de Boston.Ces témoignages ne sont pas exclusivement unanimes, mais sont aussi contradictoires, soit comment une personne a vécu un viol et comment une autre l'a perçu.Cette autre partie est plus près de la réalité des femmes, plus pratique et démontre bien comment, aujourd'hui, les femmes vivent ces problèmes.Tout au long des chapitres, le collectif de Boston propose des moyens pratiques d'action pour améliorer une situation, en changer le cours ou tout simplement, ce qui est leur principal objectif, rendre la vie des femmes plus facile ou plus agréable.A la fin du livre des pages blanches à couvrir d'une expérience personnelle ou d'un commentaire, nous invitent à poursuivre cette oeuvre ouverte, en cours de réalisation par toutes les femmes.SYLVIE CHENARD LES PASSAGES DE LA VIE On m'a demandé d'écrire un article sur un auteur ou un livre qui a pu m'apporter quelque chose en tant que femme.Je ne voudrais pas m’arrêter sur un auteur en particulier qui a écrit pour les femmes, car le choix serait assez difficile.Je parle entre autres de Germaine Greer, Shere Hite, Marie Cardinale, Annie Leclerc, les soeurs Groulx et tant d’autres.Ces écrivains ont fait un travail énorme tantôt en se révélant aux lectrices, tantôt en publiant des résultats d'enquêtes, analyses, rapports qui font que les femmes retrouvent tout à coup sur papier leurs pensées les plus intimes, jamais verbalisées et projetées dans une normalité tout à fait contraire à des traditions préétablies.Les femmes, ne se sentant plus seules, se parlent de plus en plus et commencent à agir.Le travail est long et ardu et déjà on ne parle plus d'amorce, mais de grand départ qui prend la forme d’organismes ou mouvements qui revendiquent des droits justifiés.Loin de nier la part considérable de ces femmes dans nos sociétés, il est un auteur cependant qui retient particulièrement l'attention et qui s'adresse aux hommes comme aux femmes: Les passages de la vie, par Gail Sheehy, éditions Select.A ma connaissance, c’est la première fois dans l’histoire du livre qu’on parle des crises de l’âge adulte (ou des étapes) sur une même base que celles de l'enfance.Je relie beaucoup ce livre aux autres plus haut mentionnés en ce sens, par exemple, comme l’auteur l'explique, qu'à 20 ans la femme en général façonne sa vie en fonction d'un rôle sexuel: être mère (but ultime à atteindre).Pour l’homme, c'est sa carrière qui oriente sa façon de penser et d’agir.“Devenir père, c'est parallèle”.A 30 ans, la femme prend conscience des divers talents qu'elle possède tandis que l'homme est déjà "installé” dans une carrière (ou routine) qu'il se croit obligé de maintenir pour différentes raisons: responsabilités familiales, standing social, etc.Qu'arrive-t-il donc à quarante ans pour ces deux individus qui vivent ensemble?L'être humain qui naît femme est défavorisé dès sa naissance.A vingt ans, comme on peut le constater, les résultats se passent de commentaires.Mais lorsque les femmes se réveillent à un moment donné de leur vie, on est porté à croire que l'énergie accumulée depuis la naissance se manifeste enfin.Gail Sheehy fait une analyse en profondeur des passages de la vie et accompagne cette analyse de nombreux témoignages d'hommes et de femmes.Ils sont soit décontenancés, soit ragaillardis devant une remise en question de leur vie ou de leurs aspirations.On y retrouvera ici aussi, noir sur blanc, des pensées secrètes jusque là enfouies au fond de nous-mêmes.C'est un livre qui concerne tout le monde, en ce sens qu’il nous aide à comprendre pourquoi on agit de telle ou telle façon.Ce qui est important aussi, il nous aide à comprendre les attitudes ou les changements de notre partenaire, de nos amis, de nos parents, etc.A partir de ce merveilleux livre, un dialogue s’établit à l’intérieur de nous-mêmes, à l’intérieur du couple, entre amis et pourquoi pas au grand jour.La ligne toute tracée d'avance depuis des générations, c'est pour qui maintenant?GINETTE FOURNIER “LE BULLETIN DU CSF”, mensuel, distribué gratuitement (le Service d’information du Conseil du statut de la femme, 700 est, boul.Saint-Cyrille, 16ième étage, Québec, G1R5A9).Ce bulletin d’information du Conseil du statut de la femme prend, à sa manière, le pouls du féminisme québécois.Il s'intéresse surtout, par la force des choses, aux luttes des Québécoises sur le terrain législatif et politique.Régulièrement, on y diffuse les actions collectives féministes de toutes les régions du Québec.On se fait aussi un devoir de dénoncer régulièrement la publicité, l'information et la société sexiste qui nous entourent.Le numéro spécial du Bulletin sur la politique d’ensemble du CSF (vol.5, n° 5, octobre 1978), "Québécoises: égalité et indépendance” est particulièrement bien fait et indispensable.PIERRE DEMERS MARS 1979 Jeudi, 1er mars Chicoutimi AUDITORIUM DUFOUR: présente le groupe Maneige à 21 h.TÉÂTRAM: présente au petit théâtre de l'UOAC, "Histoire d'une fleur", Ire partie, à 20h30.Samedi, 3 mars Jonquière SALLE FRANÇOIS-BRASSARD: présente les Farandoles (groupe folklorique) à 20h30.Dimanche, 4 mars Saint-Félicien TÉÂTRAM: présente à la Polyvalente de Saint-Félicien "Histoire d'une fleur", à 20h30.Lundi, 5 mars Chicoutimi CINÉ-CLUB de l'Auditorium Dufour: "Nous nous sommes tant aimés", comédie dramatique réalisée par Ettore Scola (Italie, 1975, 136 m) et "Parade", spectacle de variétés réalisé par Jacques Tati (Franco-suédois, 1974, 85 m).CINÉ-MIDI au petit théâtre de l'UOAC, "La voie de l'Amérique ancienne" et "Les grands medium" de lean Martinet (23m 18s).Mardi, 6 mars Chicoutimi AUDITORIUM DUFOUR: présente le groupe les Carcasses, à 20h.CINÉ-MIDI à l'amphithéâtre de physique de l'UOAC, local 2-0-871, "La voie de l'Amérique ancienne" et "Les grands medium" de Jean Martinet (23m 18s).Mercredi, 7 mars Alma CINÉ-TOURELLE présente "Le fantôme du paradis", drame musical écrit et réalisé par Brian de Palma, à 20h (film en anglais).Jonquière SALLE FRANÇOIS-BRASSARD présente le groupe les Carcasses, à '20h30.Jeudi, 8 mars Alma AUDITORIUM D'ALMA présente le groupe les Carcasses, à 21 h 15.CINÉ-TOURELLE présente "Le fantôme du paradis", drame musical écrit et réalisé par Brian de Palma, à 13h (Film en anglais).Jonquière CHOC MF: diffusion spéciale autour de la Journée internationale des luttes des femmes.Toujours dans le cadre de la Journée internationale des luttes des femmes, Choc MF vous invite à une soirée des femmes à 19h, jusqu'aux p'tites heures (voir qui fait quoi).GALERIE DE L'ARCHE présente, jusqu'au 18 mars, une exposition d'oeuvres de femmes qui ont réfléchi sur la condition féminine.Vendredi, 9 mars Jonquière GALERIE DE L'ARCHE présente des vidéos sur les femmes, jusqu'au 11 mars.Samedi, 10 mars Alma AUDITORIUM D'ALMA présente les Farandoles, à 20h30.Dimanche, 11 mars Chicoutimi UQAC, centre socio-culturel: Inauguration de théâtre en jeu par l’exposition de costumes de théâtre (tableaux, mannequins, etc.).Jonquière CHOC MF vous invite à son rallye-neige bénéfice qui se tiendra à SEPAL, à 13h30.Pour informations et formules: 542-2265.TÉÂTRAM présente, à la Salle François-Brassard, "Histoire d'une fleur", 2ième partie, à 20h30.Lundi, 12 mars Chicoutimi CINÉ-MIDI au petit théâtre de l'UOAC, "Matin sur la Liève" de David Barstow (13m 5s) et "Une rivière en danger" de Graham Parker (27m, 17s).UQAC, dans le cadre de Théâtre en jeu, présente au petit théâtre une série de spectacles (2 par soir), à 20h30, jusqu'au 17 mars.Mardi, 13 mars Chicoutimi CINÉ-MIDI à l'amphithéâtre de physique de l'UOAC, local 2-0-871, "Matin sur la Liève" de David Bairstow ( 13m 5s) et "Une rivière en danger" de Graham Parker (27m 17s).Mercredi, 14 mars Alma CINÉ-TOURELLE présente "Le retour de la panthère rose", un film de Blake Edwards avec Peter Sellers, à 20h.Jeudi, 15 mars Alma CINÉ-TOURELLE présente "Le retour de la panthère rose", un film de Blake Edwards avec Peter Sellers, à 13h.toed ikâ Chicoutimi THÉÂTRE POP.DE QUÉBEC présente, à l'Auditorium Dufour, "Cei animal étrange" de Gabriel Arroub à 21 h.Vendredi, 16 mars Chicoutimi UQAC, centre socio-culturel, colloque sur le théâtre régional (dans le cadre de Théâtre en jeu).Jonquière THÉÂTRE POP.DE QUÉBEC pré-j sente, à la Salle François-Brassard, "Cet animal étrange" de Gabriel Arrout, à 21 h.Üaiil: JUSTIN MALTAIS INCl 28 EST, RACINE, CHICOUTIMI 549-7991 Tout pour la photographie Samedi, 17 mars Alma THÉÂTRE POP, DE QUÉBEC présente, à l'Auditorium d’Alma, "Cet animal étrange" de Gabriel Arrout.Chicoutimi UQAC, centre socio-culturel, ateliers ouverts de théâtre (initiation et perfectionnement).Dimanche, 18 mars Chicoutimi UQAC, centre socio-culturel, ateliers ouverts de théâtre (initiation et perfectionnement) Lundi, 19 mars Chicoutimi i CINÉ-CLUB de l'Auditorium Dufour présente “L'arbre de Guernica" (Franco-italien, 1975, 100m), drame écrit et réalisé par Fernando Arrabal, et "Charmes discrets de la bourgeoisie" (France, 1972, 100m), comédie satirique réalisée par Luis Bunnel.CINÉ-MIDI au petit théâtre de l'UQAC, "Terre d’occasion”, de Claude Grenier (58m 3s).Mardi, 20 mars Chicoutimi CINÉ-MIDI à l'amphithéâtre de physique de l'UQAC, local 2-0-871, 'Terre d’occasion" de Claude Grenier (58m 3s).Mercredi, 21 mars Alma CINÉ-TOURELLE présente "Cris et chuchotements", gagnant du prix de la critique new-yorkaise, un film d'Ingmar Bergman.Jonquière SALLE FRANÇOIS-BRASSARD présente le ballet Entre six, à 20h30.Jeudi, 22 mars Alma AUDITORIUM D'ALMA présente le j ballet Entre six, à 21 h 15.jCINÉ-TOURELLE présente "Cris et (chuchotements", gagnant du prix de la critique new-yorkaise, un film d'Ingmar Bergman.Vendredi, 23 mars Jonquière GALERIE DE L'ARCHE expose les photographies de Marcel Cloutier jusqu'au 8 avril.Lundi, 26 mars Chicoutimi CINÉ-MIDI présente au petit théâtre de l'UQAC, "Le chant du tracteur" réalisé par Filwest Associated Ltd.(25m 45s) et "Le Nahanni" de Donald Wilder ( 18m 24s).Mardi, 27 mars Alma AUDITORIUM D'ALMA présente les Grands explorateurs: "Iles grecques et pêcheurs d’éponges", à 20h30.Chicoutimi CINÉ-MIDI présente à l'amphithéâtre de physique, local 2-0-871, "Le chant du tracteur" réalisé par Filwest Associated Ltd.(25m 45s) et "Le Nahanni" de Donald Wilder (18m 24s).Jonquière SALLE FRANÇOIS-BRASSARD présente un concert de Radio-Canada (chant classique), à 20h30.Mercredi, 28 mars Alma CINÉ-TOURELLE présente “The Last Waltz", spectacle musical de Martin Scorsese (film en anglais).Jonquière SALLE FRANÇOIS-BRASSARD présente les Grands explorateurs: "Au coeur du Bengale", à 20h30.Jeudi, 29 mars Alma CINÉ-TOURELLE présente "The Last Waltz", spectacle musical de Martin Scorsese (film en anglais).Chicoutimi AUDITORIUM DUFOUR présente les Grands explorateurs: "Au coeur du Bengale", à 21 h.Vendredi, 30 mars Jonquière SALLE FRANÇOIS-BRASSARD présente Ginette Reno à 21 h.Samedi, 31 mars Chicoutimi AUDITORIUM DUFOUR présente Ginette Reno, à 20h.UQAC, centre social, folklothèque.À TOUS LES INTERVENANTS CULTURELS Focus met gratuitement à votre disposition un espace de ce calendrier.Faites-nous parvenir votre information un mois avant la parution de chaque numéro.Ecrivez-vous! C.P.10, Jonquière.Téléphonez-nous! 547-3245. ffcfESSS® %0\e lac Dr.Paul Ruel, O.D.Dr.Damien Laberge, O.D.OPTOMETRISTES Examen de la vue Verres de contact Rééducation visuelle CLINIQUE OPTOMETRIQUE SAGUENAY 73, King-George, C.P.415, Tel.: 542-6226 Jonquière (secteur Kénogami) 542-7235 954 RTE 170 JONQUIERE 548-8265 [IlRESTAURANT i|] Richelieu la tourell n Collège d'Alma 675.boul.Auger o.Alma Québec G8B 2B7 Id 14101 668 2381 TRUCHON ET GAUTHIER LA LIBRAIRIE SAGUENAY INC.375 AVE MONTCALM AVOCATS CONSEILLERS JURIDIQUES CHICOUTIMI,G7J 2V2 (À L'ENTREE DU PONT DUBUC) Tél.543-7744 TRUCHON ET GAUTHIER 247 EST.RUE RACINE.SUITE 107 T£L 543 0261 CHICOUTIMI.P.Q G7H 1S4 VENTE - LOCATION - SERVICE Le “Lac-St-Jean” fait partie de la famille régionale.Tous ont un lien de parenté avec lui parce qu’il fait le lien entre tous.Fidèle à la tradition, il nous visite une fois la semaine.Il en profite pour nous dire ce qui se passe autour de nous.Il analyse, il critique, il approuve.Le “Lac-St-Jean”, c’est une bonne poignée de main avec l’information! S:.'-'-®'; ' Nous avons tous été enfants, hommes et femmes.En cette année de l'enfant, apprendrons-nous à créer des moules d'apprentissage de la vie moins stéréotypés, moins sexistes?C'est d'aujourd'hui que nous fabriquons l'avenir.i!- Ü.f'jj Jc,: ¦y ,r r (-v' ÿ ; ’• ^ U Q ^ t „ .xv:; y* A 'æ£ A %, ' % > - .i I "r, # v ÈÈ4 rS"1 it -r - - i i m* ' ' Éfai ' * t ; *SC| jWÙv /.V'i4 .J» — ./ _ ¦* ' «Sim y,: v:- -\
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