Paris-Canada : organe international des intérêts canadiens et français, 1 septembre 1898, jeudi 1 septembre 1898
[" s4yî 16\u2018- ANNÉE Paris !\u2022r Septembre 1898 ,£ o£S INTÉRÊTS (ANAoiENS s Français Paraissant M's le 15 de chaque mois F K a n e K Abonnements : Un an.10 fr.I \u201cA Ann >nc**« ci It\u2022 l'I.'ünei s .rit ri-çuft ftu Hurcmu une statue a Champlain, notre vaillant s i d.qui, parti de Honfleur, alla il y a prés de ans c mqiierir ce pays qui pendant un 'iee .i la Nouvelle-France.Je voudi ; leurs voix pus-ent repondre aux sentiment-reeonnaissnnts, si profonds des Canadiens j savent unir a la fois le respect du au drapea qui abrite leurs libertés et l\u2019amour qu\u2019ils gardent à celui qui protégea leur berceau.Quelle belle leçon de colonisation nous trouvons au Canada, dont le gouverneur général et le commandant de la Milice, nommes par la reine d\u2019Angleterre sont les seuls fonctionnaires.Quel libéralisme dans l\u2019administration : la-bas, b-s deux drapeaux flottent l\u2019un auprès de ! autre dans les fêtes publiques et on y prononce les discours en anglais et en français.A Québec, un monument a étééleveaux deux généraux, Montcalm combattant pour la I* rance et Wolf luttant pour l\u2019Angleterre; tous deux sont représentés unis dans le môme souvenir, 4 PARIS-CANADA .) au moment où tous deux sont frappés i généreuse.Aussi je suis touché, profon- dément touche, [tins que je no saurais l\u2019exprimer, de votre bonté ; et je garderai de cette journée un souvenir ému et reconnnaissant.( A pp/a udissements).Vous avez indiqué, Monsieur le Président, l\u2019œuvre de votre Société.Je savais déjà avec quel soin jaloux vous remuez la pou-sière de vos archives pour reconstituer, non seulement, toutes les gl ùresdu passé, mais encoresuivantle langage de l\u2019un des vôtres, « pour relever toutes les fleurs de votre originalité nationale : cette délicatesse, cette élégance, cette distinction, cette saveur de naïveté, cette séduction de courtoisie, cette vivacité spirituelle qui furent pendant des siècles les modèles enviés du monde civili-é > (lirarosK Evocateurs des gloires du passé, amants passionnés de tout ce qui peut faire connaître et aimer la France d\u2019autrefois, vous n'avez pas voulu rester étrangers à l\u2019apothéose que le Canada prépare au fondateur de Quebec, à l\u2019illustre Champlain.Vous avez voulu vous associer à cette fête française, je dirai a cette fête de famille française, de toute la famille française, de la branche aînée restée ici comine de la branche cadette qui, sur un autre continent et sous un autre drapeau, cherche à faire 1 revivre le caractère et les traditions de sa patrie I d'origine.La fête que Québec se prépare à célébrer dans quelques jours est véritablement, franco-canadienne : elle est vôtre, puisque Champlain venait des rives de France; elle est mare, puisque le vaillant marin a été le fondateur du Canada et que se\" cendre\" reposent près de notre grand fleuve.Oui, Messieurs, nous lui élèverons dans quelques jours sur le rocher de Quebec, en face du majestueux Saint-Laurent, un monument digne de sa mémoire.Il est du ciseau d'un Jirti>te français et, pour bien en indiquer le caractère, le granit qui lui sert de base comme les matériaux qui ont servi a l'édifier sont de provenance française.Comme je voudrais posséder cette maîtrise de votre langue pour exprimer ce que nous, vos frères d'Amérique, ressentirons en ce jour; mais je sais que je puis compter sur votre indulgence et que vous vous rappelier / que pendant plus de deux siècles et demi nous avons vécu isoles, abandonnés à nos propres forces, p rdus au milieu de l\u2019émigration étrangère, sans point de contact avec la France et du lumineux rayonnement de son foyer intellectuel, ( Vifs applaudissements).Et, Messieurs, votre participation a cette fête du s ni venir, vous avez voulu nous la donner ici près de la mer,sur la côte normande.Vous savez combien Ronfleur nous était cher.C\u2019est ici que Champlain s\u2019est embarqué tant de fois pour ses courses aventureuses au Nouveau-Monde.C'est ici qu\u2019ont pris passage la plupart des familles qui ont fait souche au Canada.Son aspect même, la dispositions de ses rue\", le nom de ses habitants, tout rappelle au Canadien l\u2019identité de race, la communauté d\u2019origine.{/ira vos).Un autre souvenir s'v rattache.C\u2019est à quelques [»as d\u2019ici, a l\u2019embouchure de la Dive, que Guillaume-lô-Conquérant, suivi de ses barons, partit pour faire la conquête de l\u2019Angleterre.Cette page d\u2019histoire nous remplit d\u2019un légitime orgueil, nous, les Normands du Canada, car enfin, si nous avons été défaits par l'Angleterre en Ï760, nous n\u2019en sommes pas moins les descendants d\u2019une race qui a vaincu ses vainqueurs.Me permettrez-vous a ce >ujot un souvenir très personnel.Lors de mon depart du G P\\MS-rable M.Duffy, un Anglais protestant, ministre »i»*s Travaux publies dans le gouvernement de la province de Québec, disait aux applaudissements de tous, ces paroles que je vous demande la permission de citer: «Assure/ \\os compatriotes de nos ardentes sympathies.Nous ne pou\\ us oublier que l'Angleterre est issu»* d\u2019en double sang; c\u2019est l\u2019alliance du Saxon »'t du Normand qui a formé la puisante nation anglais *.Nous vous devons plus que l'existence \\ hys: jue : «\u2022«* sont vos pères qui ont c iiquis sur la féodalité toute-puissante les pr« miers germes il.* la liberté politique ».Personne n ignore en effet, \u2014 Augustin l\u2019hierrx l\u2019a consigné dans son Histoire de lu Conquête \u2014 que les barons qui ont forcé le roi Jean-sans-Terre a signer la Grande Charte, ce palladium de toutes les libertés anglaises, p >rtaieut des noms normands.Desorte que, Messieurs, lor- ju\u2019en 17v9.v, as faisiez \\ »* premiers essais de regime parlementaire, vous n\u2019empruntiez rien a vos v i-ins, mais vous re- j preniez une partie de l\u2019héritage paternel vous continuiez sur le sol français ia tradition normande d'üuire-.Manehe ( Très :ien.tris bien).Je vous remercie donc, d\u2019avoir pensé à honorer la mémoire du f ndateur de Quebec et d\u2019avu.r choisi c mme théâtre d- cette manifestation.nm coin de ten*- si français et si cher à nos \u2022œurs cana lit-ns.Applaudissements prolonges).Quelle est l\u2019idée qui a pr sidé a l\u2019œuvre de Champlain '! Convertir à la foi les tribus indiennes de i\u2019Amérique du Nord et répandre l\u2019influence civilisatrice de la France.D'autre-peuples sont ailes a la recherche de continent-nouveaux, out bravé les périls de mers incon- ; nues, mais n\u2019ont laisse aux cœurs des peuplades sauvages que le souvenir d** leurs barbares atrocités.Comparez les conquêtes de l\u2019Espagne et du Portugal, aux conquêtes de la France en Amérique et puis, voyez ; les premières n ont eu qu\u2019un objet de lucre, de tirer des pays conquis tout l\u2019or qu\u2019ils recelaient en foulant aux pieds les indigènes; celles-ci, n\u2019étaient inspirées que par l'humanité, par le i sentiment de- devoirs supérieurs de l\u2019homme \\ envers son semblable.C'est ce sentiment que I nous retrouvons dans le langage deChamplain, j dans ses écrits, dans ses actes.Il a fait son \\ succès et il consacre sa gloire.Pendant ce temps les pèlerins de Plymouth laissaient les rives tyranniques de l\u2019Angleterre et venaient chercher ,sur les bords de lHudson, dans le> forêts vierges de l'Amérique, la liberté du culte et 1a tolérance religieuse.Ils devançai* nt leur temps en proclamant les droits inaliénables de la conscience que notre siècle seul a pleinement reconnus.Civilisation chrétienne, liberté de conscience, voilà le substratum des deux colonies que la France et l'Angleterre fondaient simultanément.Faut-il s\u2019étonner si l'Amérique du Nord a marche à pas de géant, si son présent est aussi serein et aussi radieuses ses pru-niesses d\u2019avenir\u2019 \\Iiraros).La carrière de Champlain enseigne une autre leçon.Pendant longtemps, il a été de bon ton d\u2019affirmer \u2014 et je ne puis dire qu\u2019on n\u2019y a complètement renoncé \u2014 que la France était inhabile aux œuvres de colonisation.Les adversaires de Champlain a la Cour ne tenaient pas un autre langage.Il leur répondit par le seul argument que l\u2019on ne réfute pas: lu succès.Du coup, il gagna sa cause devant Colbert et devant l\u2019opinion.Il n\u2019est pas inutile de rappeler c»*t enseignement a une époque ou la Franc»* cherche ;» reconstituer s ci »*mpir** colonial que b» p»)litique malheureuse du siècle dernier lui a fait perdre.Allez »'n avant, .M«*s*i»*ur*,continue/ la tradition française.Laissez l»*s autres peuples se précipiter en traticant* sur le- plages lointaines ; vous avez une autre mission, cell»* d»* les instruire {Applaudissements ».Champlain n\u2019y a pas failli; elle n\u2019y faillira pas non plus « la grande » t douce nation ou il fait bon de vivre «'t qui, quo» qu\u2019en di-ent *e* ennemis, ressemblera toujours a ces grands arbres où l»*s oiseaux il 11 ciel \\ ienn >*nt -\u2019abriter ( Applaudissements prolonges i.Im: art de la Tour).Les colons d»» la Nouvelle Fran \u2022*.-uis de colonisation avec »b - re ri- »!»\u2022 justice.Champlain, Richelieu, Colbert, en jug.rent autrement.Nos unct très fur -ntlou* de- boni unau caractère elevé, d\u2019une moralité irr» -procha-\u2019es] rit ardent,\tx l\u2019âme cette étincelle lumineuse qui a été l\u2019in-piratrice de tous 1 - grands mouvements il « * l'humanité vers le progrè-.Aujourd\u2019h i.nous traversons 1 Océan en quelqu- * jours >ur des palais flouants.Ave/.-\\ us réfléchi a .'audace, a l\u2019admirable folie de ceux qui, il y a tr»u-siècles, s\u2019aventuraient sur des mers inconnues dans de frèies coquilles d
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