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Titre :
Paris-Canada : organe international des intérêts canadiens et français
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Éditeur :
  • [Paris] :[Paris-Canada],1884-[1940?]
Contenu spécifique :
mercredi 25 mars 1885
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
chaque semaine
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Paris-Canada : organe international des intérêts canadiens et français, 1885-03, Collections de BAnQ.

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[" 2e ANNÉE.\u2014 N* 12.Paris, Mercredi 25 Mars 1885.PARIS-CANADA Organe International des Intérêts Canadiens & Français.FRANCE\t\tDirecteur : HECTOR FABRE\tCANADA\t Prix du Numéro:\t1\tAbonnements :\t\tPrix du Numéro:\t1\tAbonnements : 25 Centimes\t1 Un an, 12 fr.50\t\t5 Centius\t1 Un an , $ 2.50 Émile GIROUARD, administrateur\t\tBUREAUX, 30, Rue Larochefoucauld, Paris.\tS.MARCOTTE, agent générai., QUÉBEC\t Tous les mandats, demandes d\u2019abonnements, d\u2019insertions et de renseignements, doivent être adressés franco à M.Hector FABRE, directeur du PARIS-CANADA, 30, rue de Larochefoucauld, Paris.SOMMAIRE Les conférences de M.Fabre dans le Nord de la France.\u2014 Notes diverses.\u2014 Lettres des colons du Nord-Ouest.\u2014 Les mines de charbon de la Nouvelle-Ecosse.\u2014 Informations.\u2014 Les Industries Canadiennes: le Rapport des Commissaires.\u2014 Commerce et Finance: Notes.\u2014 Bulletin financier et commercial.LES CONFERENCES UE N.EH DANS LE NORD DE LA FRANCE M.Hector Fabre vient de faire une seconde tournée de conférences dans le nord de la France, et de môme qu\u2019au cours de son premier voyage, il a reçu partout le meilleur accueil.\u2014 Comme nous l\u2019aviuns annoncé, il a visité cette fois Béthune, Douai, Saint-Omer, Dunkerque, Boulogne-sur-Mer, Arras et Sedan.Les journaux de ces diverses villes publient des comptes rendus fort sympathiques de la conférence.\u2014 Nous pensons être agréables à nos lecteurs en leur donnant ceux qui nous sont déjà parvenus.A DOUAI L'Ami du Peuple de Douai, dans son numéro du 13mars, dit: Le Canada est-il Français ou Anglais ?M.Fabre nous a prouvé hier soir que le Canadien avait gardé les qualités françaises pour y associer les qualités anglaises.Sa spirituelle et humouristique conférence est la preuve la plus probante qu\u2019il pût donner de l\u2019alliance de ce qu\u2019il y a de meilleur dans les deux races.Un Canadien parlant de son pays est une bonne fortune ; mieux que le voyageur qui n\u2019aurait fait que traverser la contrée, il est à meme de peindre par des scènes de détail les traits caractéristiques de la nation et du sol et surtout de les relier de façon à en faire un tableau qui se grave dans la mémoire de l\u2019auditeur.M.Fabre excelle à indiquer le trait saillant et à généraliser ensuite.La situation du Canada, la position res- pective de ses principales villes, de ses provinces, les phases par lesquelles il a passé pour arriver a l'état politique actuel, ont été largement exposées.Il est question de Québec, la vieille ville, la ville fortifiée.C\u2019est là que réside une garnison de i5o hommes.Le budget de la guerre ne doit pas être écrasant.Mais au moins s'il n\u2019y a pas d\u2019armée, car la milice n\u2019existe que sur le papier, il doit y avoir de la police, des gendarmes.Il n\u2019en est guère et encore dans les villes seulement ; si par hasard il se commettait un vol dans les campagnes, le coupable en verserait le produit entre les mains du maire pour qu\u2019il en fasse don à quelque société de bienfaisance.Ceci ne ressemble que de bien loin aux mœurs de nos pays civilisés.Il est vrai que tout n\u2019est pas aussi dissemblable.Les Canadiens jouissent du divorce, tout comme nous, mais depuis bien plus longtemps.Seulement il n\u2019y a pas eu depuis longues années de divorce de Canadien français.De loin en loin, il est bien question du divorce d\u2019un Canadien anglais, mais les demandes qui sont portées devant les sénateurs dans ce pays, sont si rares qu\u2019elles ont grand'peine à venir jeter une diversion dans les graves occupations de ce corps.A quoi cela tient-il ?Il n\u2019y a peut-être là qu\u2019une coïncidence; mais au Canada il ne se fait que des mariages d\u2019inclination.La dot y est inconnue.Il serait d\u2019ailleurs difficile de doter les enfants, tant sont nombreuses les familles.C\u2019est grâce à cette fécondité, car l\u2019immigration est presque nulle, que les Canadiens français sont aujourd\u2019hui si nombreux qu\u2019ils priment presque partout l\u2019élément anglais.Montréal est plus peuplée que Québec, elle est aussi française et un voyageur ne craint pas de comparer cette ville à Paris pour les agréments que l\u2019on y trouve.Si le français est la seule langue usitée dans les provinces françaises du Canada, il est loin d\u2019être banni des autres.Un Canadien français élu dans une province anglaise a tenu à ne s\u2019exprimer devant l\u2019assemblée qu\u2019en français, dût-il n\u2019êtrc pas compris de la plupart de ses collègues.Lorsque le gouverneur actuel du Canada est venu prendre possession de ses fonctions, il n\u2019a répondu qu\u2019en français au double discours en anglais et en français, par lequel on lui a souhaité la bienvenue.Est-il au moins facile de se rendre au Canada?Certes, puisque des Canadiens viennent quelquefois en France plusieurs fois par an.Le trajet sera encore plus abrégé sous peu : le chemin de fer allant de l\u2019Atlantique au Pacifique, que les savants anglais de la Société pour l\u2019avancement des sciences ont trouvé arrêté aux Montagnes Rocheuses lors de la session qu\u2019ils ont tenue récemment au Canada, est sur le point d\u2019être terminé, et une traversée de neuf jours nous permettra de nous rendre dans les Etats de l\u2019ouest.Mais le climat du Canada est froid puisqu\u2019on peut construire un palais de glace sur le Saint-Laurent et y établir même une voie ferrée pour la traversée du fleuve.Il est vrai : toutefois, le froid par le ciel pur dont on jouit l\u2019hiver, n\u2019a rien de désagréable.Des personnes vont même jusqu\u2019à préférer se rendre en villégiature à la campagne l\u2019hiver, plutôt que l\u2019été.Et puis le patinage n\u2019est-il pas une compensation suffisante ! tout dégénère sans doute ; pourtant il est question de patineurs qui franchissent sur leurs lames d\u2019acier les soixante lieues qui séparent Montréal de Québec.Cette rigueur du climat ne prive d\u2019ailleurs pas le Canada des productions que nous prisons en France.Les fruits notamment y sont savoureux et abondants.Ajoutons qu\u2019il y a des provinces où la température est plus douce.La côte ouest est infiniment moins froide.Et les Indiens ?Les Indiens ont presque complètement disparu, le chemin de fer les poursuit et d\u2019ailleurs ils ne sont nullement à redouter.Dans les districts où il en reste, ils forment parfois un contraste curieux, voilà tout.Ainsi en se promenant le soir auprèsd\u2019une ville,éclairée par la lumière élec trique, on peut se trouver auprès d\u2019un de.leurs campements et lorsque l\u2019heure de rentrer est venue, il suffit de prendre le tramway pour revenir chez soi.Voilà donc un pays intéressant, où nous nous trouverions au milieu de compatriotes, d'un accès facile, où nos produits sont au 2 PARIS-CANADA point de vue douanier sur le même pied que les produits anglais, ne serait-il pas tentant d'aller v faire un tour et de parcourir cette route de la Chine que Jacques Cartier avait devinée ; M.Fabre, par la verve avec laquelle il nous a décrit son pays et ses mœurs, pourrait bien avoir fait naître dans l\u2019esprit de quelques-uns de ses auditeurs le désir de réaliser cette promenade.A DUNKERQUE On lit dans le Phare de Dunkerque, du 19 mors : La conférence de M.Hector Fabre, ancien sénateur du Canada, commissaire général de ce gouvernement à Paris, avait attiré, à la Bourse, un auditoire nombreux et choisi.La salle était comble et près de deux cents personnes ont dù écouter debout, pendant près d'une heure et demie, la parole claire, élégante et si française de l'éminent conférencier.Outre les membres du bureau de la Société de géographie et un grand nombre de sociétaires, nous avons remarqué la présence de MM.G.Lemaire, maire de Dunkerque; Delval et Dumont,adjoints; Yézien, conseiller d\u2019arrondissement; le Directeur des douanes, Montigny, Daigremont.le docteur Herbart, etc.; des officiers, des négociants, des capitaines de navires, que le sujet de la conférence et la qualité du conférencier avaient attirés.M.Berthelot, vice-président de la Société, en l'absence de M.Terquem, président, a présenté le conférencier à la nombreuse assistance, et, en quelques mots pleins d'à-propos et d'humour qui ont été très applaudis, lui a souhaité la bienvenue.M.H ector Fabre prend alors la parole.Il remercie M.Berthelot des paroles bienveillantes qu'il a prononcées, paroles qui s\u2019adressent, dit-il « beaucoup moins à sa personne qu'à un Français d'origine ».Des applaudissements chaleureux accueillent les premiers mots de l\u2019orateur qui a, dès lors, conquis son auditoire.Le public comprend qu'il se trouve en présence, non d\u2019un étranger indifférent à notre pays, mais d'un véritable compatriote, d\u2019un descendant des Cartier et des Champlain, d\u2019un Français enfin qui, après une longue séparation, est heureux de revoir et de saluer des Français.Nous n\u2019entreprendrons pas de résumer la conférence de M.Fabre.Une sèche analyse ne pourrait donner une idée exacte de cette étude où les traits d'esprit, les mots saillants, s\u2019allient heureusement à une description vivante du pays canadien, aux aperçus ingénieux et philosophiques sur les mœurs et le caractère de la population franco-canadienne.L\u2019orateur a vécu ce qu\u2019il raconte.Doué d\u2019une grande puissance d'observation, il a parfaitement saisi les tendances des populations qui habitent le Canada.Le Canadien n\u2019est ni tout à fait anglais, ni absolument français.Il participe du caractère des deux races par ses mœurs, ses habitudes, ses idées.Au point de vue social, sur presque tous les points, les deux populations sont d'accord.Ainsi, elles ne reconnaissent toutes deux que le mariage d\u2019inclination : point de dot, c\u2019est la règle chez les Anglais comme chez les Français.Le divorce existe, mais il est inouï qu\u2019un Canadien-Français ait divorcé.En littérature, en religion, en politique, les Canadiens ont respecté les traditions.La langue des habitants du pays est le français du dix-huitième siècle, et la littérature naturaliste est loin d\u2019être en honneur sur les bords du Saint-Laurent.Le curé, qui a été implanté au Canada par la France, dirige à lui seul le mouvement de colonisation : c\u2019est à lui, à son action incessante qu\u2019on doit de voir s\u2019élever chaque année de nouvelles paroisses, propager de plus en plus l\u2019esprit français; aussi son influence est-elle sou\\e-raine.Enfin, les Canadiens ont conservé intact le régime parlementaire : ils comprennent que l'art de gouverner est essentiellement difficile, et on les a vus parfois refuser des libertés qui leur étaient offertes par leurs gouvernants.Ces considérations élevées ont été présentées par l\u2019honorable M.Fabre dans une simplicité de langage qui les rendait accessibles à tout l\u2019auditoire, et agrémentées par lui d'anecdotes piquantes, de récits intéressants qui ont captivé l\u2019attention des quatre à cinq cents personnes qui se pressaient pour l\u2019écouter.En descendant de l\u2019estrade, l\u2019orateur a reçu les plus chaudes félicitations des membres du bureau de la Société de géographie et des magistrats municipaux présents, et c'est avec chaleur que l\u2019auditoire tout entier a applaudi aux paroles de remerciement que lui a adressées M.Y.Berthelot, vice-président de la Société.A BOULOGNE-SUR-MER Ou lit dans Y Express de Boulogne-sur-Mer, du 20 mars : Hier a eu lieu à la Société de Géographie la conférence annoncée sur le Canada.Un auditoire très attentif a écouté avec intérêt et souvent applaudi le conférencier M.Hector Fabre, commissaire du gouvernement canadien, dans la spirituelle description qu\u2019il a faite de son pays, demeuré, malgré une séparation d\u2019un siècle, français de langage, de coutume et surtout d'affection.En l\u2019écoutant, il était facile de reconnaître que nos compatriotes d\u2019outre-mer n\u2019ont rien perdu ni de la verve gauloise, ni des goûts délicats et de la pointe railleuse de nos aïeux du siècle dernier.Il est difficile de mieux esquisser, en si peu de temps, un si vaste tableau,et M.Fabre a fait œuvre de patriote en rappelant ce que le caractère français peut déployer de ressources et de courage, même quand il est laissé à lui-même aux prises avec les difficultés, abandonné même, il faut le dire, par la mère-patrie.On sait bien qu\u2019une cinquantaine de mille des nôtres étaient demeurés là-bas ; mais ce qu\u2019on ignore généralement, c'est qu\u2019ils sont aujourd\u2019hui près de deux millions, et que ce noyau est devenu une puissance toujours grandissante au point d\u2019absorber les éléments qui l\u2019en- tourent, qu'ils possèdent un parlement provincial, où l\u2019élément français est prépondérant, dans la province de Québec, en même temps que son inlluence est décisive dans le parlement fédéral d\u2019Ontario.Le Français qui va au Canada y retrouve une nouvelle patrie; il y trouve des journaux français, des orateurs qui s'expriment en français dans les deux parlements, où l\u2019on renverse moins fréquemment les ministères que chez nous, un gouvernement tolérant qui gouverne le moins possible, une liberté qui, pour ne pas être écrite sur les murs, est dans l\u2019air que l\u2019on respire, une force armée représentée par quelques centaines d\u2019hommes, et pas même par un gendarme, parce que les voleurs y sont inconnus.La religion y est vénérée et ses représentants entourés d\u2019égards ; le peuple est attaché à ses vieilles coutumes et ne change pas de lois parce qu\u2019il ne change pas de mœurs ; le divorce existe naturellement dans le code; mais le Canadien Français porte si haut les vertus domestiques qu'il se garde bien d\u2019y recourir.Il se contente d\u2019élever sa famille sur la base du respect et de la tradition.Ajoutons que, jouissant de la liberté testamentaire la plus absolue et n\u2019étant astreint ni au partage forcé, ni aux dotations à faire aux enfants, il peut offrir le spectacle de famille ayant en moyenne i a enfants, et atteignant parfois 25 et plus.Une terre qui produit d\u2019elle-même, un climat sain, des communications qui se perfectionnent tous les jours, une sécurité absolue, un accueil empressé, voilà ce qui attend le colon à son arrivée.Quant à la rigueur du climat, il a été vaincu comme les autres obstacles de la nature ; les glaces du Saint-Laurent servent de pont au chemin de fer pendant l\u2019hiver, et le fleuve est transformé en club de patineurs, où ils donnent des fêtes splendides sous des dômes de glace, étincelants comme des diamants sous les feux de la lumière électrique.Inutile de dire que, de tous les émigrants, ce sont les Français qui sont les mieux accueillis.Aussi, ce sont surtout ceux-ci qui sont désirés, c'est à eux que l\u2019on fait appel pour qu'ils apportent leurs bras et leurs capitaux et mettent en exploitation la vaste étendue de terre qui s\u2019offre à leur activité.C'est un appel de ce genre que M.Fabre vient faire en France au nom de ses compatriotes.Nous souhaitons que sa parole sympathique trouve un écho dans notre pays; car ceux qui voudront tenter les chances de la fortune au Canada sont sûrs de retrouver, avec le spectacle d\u2019un peuple fort et prospère, le souvenir de notre ancienne France, généreuse dans ses sentiments, respectable dans scs mœurs, libérale dans ses idées, féconde dans son expansion et son activité, et religieuse dans le plus profond de son cœur.Ce colon fortuné, qui répondra à cet appel, pourra voir ce que les révolutions nous ont fait gagner, et vers quelles destinées prospères nous conduisent le dédain du passé et des aspirations vagues vers un progrès indéfini. PARIS-CANADA 3 Assurément le conférencier a voulu ménager notre susceptibilité en éludant les rapprochements qui ne sont pas à notre gloire ; c\u2019est d\u2019une courtoisie toute naturelle.Il y aurait pourtant matière à de curieux développements dans cette marche divergente de deux nations de même origine.C\u2019est que, selon le mot d\u2019un publiciste ami des Canadiens, M.Rameau, les forces essentielles des sociétés se développent par l\u2019intervention continue de la conscience hu mainc, et que celle-ci n\u2019est elle-même active et féconde qu\u2019en se rattachant par ses réflexions, par ses idées, par ses réactions intérieures, à cette conscience suprême et générale d\u2019où dérive la vie, et sans laquelle toute existence s\u2019altère, languit et s\u2019éteint.O - - NOTES DIVERSES M.Hector Fabre est rentré avant-hier à Paris, après avoir fait, dans le nord de la France, la seconde tournée de conférences que nous avions annoncée.Il va maintenant se rendre à Nantes pour y donner, le 28 de ce mois, une conférence qui lui a été demandée par le président de la Société de géographie commerciale de l'importante cité bretonne.M.Wood, directeur de la Compagnie canadienne de navigation entre le Havre, Halifax et Québec, ayant terminé tous les arrangements pour la Compagnie en France, a quitté Paris mardi matin et s\u2019embarquera samedi à Liverpool à bord du steamer Umbria, pour retourner au Canada.Le curé Labelle et l\u2019abbé Roulx, après avoir passé un jour à Nemours avec M.Onésime Reclus, sont aujourd'hui à Adon chez M.Rameau.Ils rentreront à Paris vendredi, pour repartir le jour même pour Rome où ils se trouveront au moment de la semaine sainte.Notre compatriote, M.J.D.Chartrand, sous-lieutenant au 3e zouaves, est en ce moment en permission à Paris et descendu à l\u2019IIùtel de Bade.Le docteur Rudolph Meyer s\u2019embarquera par le steamer Allan du 2 avril pour le Canada.Ce savant éminent va établir au Nord-Ouest une colonie suisse.M.Schlesser, ancien élève de l\u2019Ecole des Arts-et-Métiersde Chàlous, vient de partir pour le Canada.\u2014 Ce jeune homme qui depuis quelque temps déjà s\u2019occupait d agriculture, va chercher à créer un établissement dans notre pays.Le dernier courrier du Canada nous a apporté le résultat des élections municipales qui ont eu lieu à Montréal, au commencement de ce mois.M.IL Beaugrand, dire cteur de la Patrie, un des journaux français les plus importants du pays, a été élu maire avec plus de 400 voix de majorité.Quelques jours auparavant, il avait fêté le tP anniversaire de la fondation de son journal et avait publié à cette occasion un numéro spécial illustré, fort remarquable, et dans lequel on peut voir une fois de plus combien les sentiments d\u2019affection pour la France sont restés vivaces au cœur des Canadiens-Français.Nous joignons nos félicitations à celles qu\u2019une bonne partie de la presse parisienne vient d\u2019adresser à notre confrère.VOYAGE D\u2019ESSAI DU STEAMER « DAMARA » Ce nouveau steamer sorti des chantiers de MM Alexis Stephen et fils, de Linthouse, vient d'ètre complètement terminé et équipé pour prendre rang dans la ligne de Québec et Halifax au Havre.La vitesse du navire a été de 12 nœuds sur le mille mesuré, ou 14 milles à l\u2019heure (22 1/2 kilom) sa forme générale est d\u2019une élégance remarquable et son grand salon, situé au centre du navire a commandé l\u2019admiration générale.Comme solidité, il n\u2019est surpassé par aucun steamer à Ilot aujourd\u2019hui, car il est divisé en sept compartiments étanches.Ses machines sont magnifiques et du type le plus perfectionné, sa force nominale est de 2(>U0 chevaux et la consommation du charbon n\u2019excède pas 17 tonnes par 24 heures.On espère que le navire fera la traversée d\u2019Halifax au Havre en neuf jours, donc moins de dix jours à Paris.Le passage de première classe coûtera 325 francs, deuxième 200.Les passagers d\u2019entre pont ne paieront pas plus que sur les autres ligues.Un nombre considérable d\u2019invités s\u2019étaient rendus à bord et les propriétaires leur ont servi un déjeuner superbe.Aussitôt que le navire eût débarqué ses invités.il a fait voile pour Swansea où il doit compléter sa cargaison pour Halifax et Baltimore.Il avait déjà à bord une quantité considérable de marchandises de printemps pour le Canada.Le haut commissaire du Canada vient d\u2019adresser une lettre aux différentes compagnies de steamers transatlantiques pour attirer leur attention sur la nécessité de choisir avec le plus grand soin les émigrants qui désirent être envoyés au Canada.Quant à présent on n\u2019accordera pas de passage réduit aux ouvriers, laboureurs et matelots.On consiate néanmoins que les domestiques, soit pour le service intérieur, soit pour le travail de la terre, sont en grande demande.On parle des avantages que les provinces déjà établies offrent aux émigrants possédant des capitaux, et on appuie beaucoup sur la nécessité d'envoyer au Canada des personnes habituées aux travaux de l\u2019agriculture.Une Compagnie de capitalistes hollandais a acheté 50.000 acres de terre de la Compagnie du Pacifique canadien, tout en achetant des actions de la Compagnie pour une somme considérable.La Compagnie offre maintenant ses terres en vente.Le Ministre de l\u2019agriculture du Canada disait dernièrement dans la Chambre des Communes (du Canada) que 9,000 blancs et 3000 Chinois sont allés s\u2019établir l\u2019année dernière dans la Colombie britannique; 1436 blancs dans la Nouvelle-Ecosse et 235 dans le Nouveau-Brunswick.Le comité de la Chambre des communes qui s\u2019occupe de l\u2019émigration et de la colonisation a repris ses travaux et a entendu plusieurs témoins.M.John Lowe, secrétaire du département de l\u2019agriculture, a fait rapport que 103,824 émigrants étaient arrivés dans le pays Tannée dernière pour s'y établir, et que 6 4,000 étaient passés par le Canada pour aller s\u2019établir dans les Etats-Unis.Les émigrants qui ont fait des entrées en douane se montaient a 35,000.Le caractère général de l\u2019émigration de 1884 était encore meilleur que celui de l\u2019année précédente.On n\u2019a reçu que 5,000 Irlandais l\u2019année dernière contre 16*000 en 1883.Grand nombre d\u2019Irlandais pauvres de Toronto sont allés au Nord-ouest et ont généralement réussi.3,451 Suédois et Norvégiens, 1,237 Allemands et 150 Belges sont allés y prendre des terres en 1884, et on attend cette année des émigrants de toutes les parties de l\u2019Europe.On prend les mesures nécessaires pour attirer surtout les agriculteurs.Le total des sommes apportées parles émigrants a dépassé quatre millions et demi en 1884.M.Clegg, un autre témoin entendu par le comité, a dit que la production du blé en 1884 représentait une moyenne de 33 minois à l\u2019acre (à peu près 28 hectolitres a l\u2019hectare), sans culture améliorée.Le docteur Barnardo, de Londres, fait actuellement les préparatifs nécessaires pour envoyer 420 jeunes gens et enfants au Canada cette année, 150 d\u2019entre eux doivent faire voile le 26 courant.LETTRES DES COLONS Dü NORD-OUEST De toutes les parties du Nord-Ouest viennent sans cesse des lettres de colons, anglais ou d\u2019autres nationalités, dans lesquelles on est unanime à exprimer le plus parfait contentement d\u2019être allé s\u2019établir sur ces merveilleuses terres.Un colon écrit au Leader de Régina, en date du 18 janvier : Je suis établi sur le long lac, dans un pays sans égal pour la culture mixte.J\u2019ai l\u2019eau et le foin en abondance et le sol de ma terre est très varié, mais toujours très riche, et je puis choisir le sol dont j\u2019ai besoin pour mes différentes récoltes.Presque toutes les terres ont un bouquet ou deux de peupliers qui protègent le bétail contre le soleil en été et le vent en hiver.L\u2019automne a été tout ce qu\u2019on pouvait désirer de plus magnifique, et nous.avons pu faire tous nos labours et tous nos préparatifs d\u2019hivernement.Dans un nouveau pays comme celui-ci on trouve toujours quelque chose à faire.Il faut renchausser les granges pour les tenir aussi chaudes que possible; il faut bien fermer les écuries, les étables, les bergeries, sans oublier la maison; il faut mettre les foins en meules, préparer les caveaux pour mettre les légumes à l\u2019abri de la gelée; se faire une provision de bois pour l\u2019hiver et nombre d\u2019autres choses auxquelles on n\u2019a pas à songer dans les vieux pays, mais qu il faut faire ici avant les froids.Mon blé m\u2019a rapporté 32 minots à l\u2019acre et mon orge et mon avoine sont de qualité exceptionnelle.Ce pays est merveilleusement fourni d\u2019eau.Partout un puits de io à 20 pieds de profondeur nous donne une eau magnifique, légère et bonne pour les besoins culinaires.Mon voisin a creusé dernièrement un puits de 10 pieds, et, dès le lendemain matin, il y trouvait 7 pieds d\u2019eau.Un fermier du Somersetshire écrit en novembre dernier : Nous sommes en parfaite santé et ne manquons de rien.Il a fallu travailler un peu dur en arrivant pour se mettre à couvert et cultiver en même temps, mais c\u2019a n\u2019a été qu\u2019une passée.Le travail ne nuit en rien à la gaieté générale, car nous profitons de tout ce que nous faisons, au lieu d\u2019en donner les trois quarts à des gens bien plus riches que nous.Le dimanche nous visitons la ferme pour étudier les meilleurs plans à suivre.Nous avons un climat vraiment splendide.L\u2019air est si vivifiant qu\u2019on marche à peu près autant que l\u2019on veut.Ma femme va souvent au bureau de poste et en revient en trois ou quatre heures, ayant fait une course de 12 milles (19 kilomètres) et ne se sent pas fatiguée.J\u2019aime beaucoup ce pays et pour rien au monde ne retournerais demeurer en Angleterre.Nous ne regrettons que nos amis.Nous chassons le lapin et les oiseaux qui sont en nombre illimité.J\u2019ai fait l\u2019autre 4 PARIS-CANADA jour à peu de distance de ma terre une superbe chasse au cert et en ai abattu un.Il est malheureux que les fermiers anglais ne soient pas mieux au fait des énormes avantages qu\u2019otfre ce pays-ci.S'ils venaient ici avec la moitié du capital qui leur est nécessaire là-bas pour tenir une ferme en bon état et suffisamment pourvue d'animaux, ils deviendraient riches en deux ou trois ans et absolument indépendants de qui que ce soit.Un dollar ici en vaut cinq en Angleterre.Tout homme habitué au travail manuel est sur de réussir largement ici.Nous avons semé en avril, récolté en août ; le battage des grains est fini de bonne heure en novembre, une partie de la récolte est vendue., faites-vous mieux que cela en Angleterre : Un autre colon écrit en Angleterre en décembre dernier: Voilà un été écoulé et une récolte engrangée depuis que je vous ait écrit, et je puis vous donner quelques détails de plus sur la vie que nous menons ici.D'abord notre santé est parfaite à tous, ma femme, mes enfants et moi.Nous ne regrettons absolument rien du vieux pays que nos amis.Je travaille fort, mais je travaille pour moi seul, et non aux trois quarts pour autrui.Et j\u2019avoue que j\u2019aime mieux travailler pour moi-même que d'être constamment à enseigner aux autres à travailler pour un autre.Les Indiens ne nous causent réellement aucun ennui.Nous en voyons très rarement.Nous en avons vu une fois une petite bande qui allait d'une de leurs réserves à une autre et qui a planté trois tentes prés de la maison.Ils y venaient à trois ou quatre deux ou trois fois par jour, se couchaient sur le plancher et s\u2019amusaient à regarder les parures pendues aux murs, et le peu de curiosités que nous avons.Nous leur donnions un peu de nourriture et quelquefois leur vendions un peu de thé et de farine qu'ils payaient en argent ou avec des poulets.Quand ils sont partis, leur vieux chef m\u2019a cordialement donné la main en faisant leur geste ordinaire de rcmerciment.De même que les éléphants, ils n'oublient jamais un acte de bienfaisance à leur égard, mais ils n\u2019oublient pas davantage un mauvais traitement ou un acte déloyal.La sau-vagesse est toujours la bête de somme de son mari qui la charge sans pitié de fardeaux, et marche à côté d\u2019elle en fumant sa pipe et ne portant que sa hache ou son fusil.J\u2019ai souvent rencontré un grand nombre d'indiens à la ville dTndian-Head, à 18 milles d\u2019ici, avec leurs couvertes de couleur, leurs longs châles, leurs énormes pendants d\u2019oreille et leurs bracelets, leurs figures peintes et leur chevelure huilée.A la ferme Bell on a trente Indiens employés aux travaux de la culture.Même à l\u2019ouvrage ils ôtent rarement leur couverte.Ils gagnent un dollar par jour.On les paie à la fin de la semaine et ils dépensent de suite tout ce qu\u2019ils ont reçu.La chose que le sauvage comprend le moins et pratique le moins, c\u2019est la prévoyance.Nous entendons souvent hurler autour de nous les loups des prairies (une espèce de chacal) et les voyons même quelquefois de loin, mais ils sont craintifs au delà de toute expression, et c\u2019est chose très difficile que d'approcher d\u2019eux à portée de fusil.Un jour j'étais monté sur un petit cheval du pays très vif et me mis à galoper vers l\u2019un d'eux qui était à une centaine de verges de moi, mais il partit à la course et je le perdis de vue en moins de rien.Quelques colons ont des moutons et n\u2019ont pas encore eu à se plaindre des loups.Je n\u2019ai pas encore battu mon blé, mais mes voisins l'ont fait et ont trouvé de 26 à 3o minots de blé à l\u2019acre.Le blé ne vaut qu\u2019un demi-dollar et l'orge et l\u2019avoine 40 cents.J'ai semé S minots de pommes de terre sur un tiers d\u2019acre et en ai récolté cent minots.Je me procure déjà sur ma terre tout ce dont j\u2019ai besoin : viande, farine, légumes, beurre, lait, veufs, bois de chauffage et ma réussite est certaine, car je n\u2019ai ni loyer, ni dîme, ni taxes à payer.Tout ce que je produis m\u2019appartient, et dans ces conditions on ne regarde pas autant au travail que quand vos sueurs profitent surtout aux oisifs de ce monde.Il y a une grande différence entre se sentir propriétaire et se voir fermier pour toute sa vie.Nous terminerons ces citations par une lettre qui donne d\u2019assez curieux détails sur le climat des territoires.M.G corgcs Motion, écrit le i5 janvier dernier : .Quant à l\u2019hiver que nous avons, je dois dire qu\u2019il est parfaitement agréable.Le thermomètre n\u2019est pas encore descendu plus bas ici que 3-2° au-dessous de zéro, et il est monté jusqu\u2019à io° au-dessus en décembre.J\u2019ai pourtant souvenir d\u2019une nuit qui n\u2019a pas été gaie.J\u2019allais à Regina, mes deux boeufs attelés à mon wagon, et j\u2019ai voyagé toute la nuit par un vent assez vif.Je ne puis pas dire que j'ai beaucoup souffert, mais il m\u2019a fallu m\u2019envelopper les pieds dans ma couverte car mes bottes étaient gelées dur.La veille de Noël il faisait 3qnà Regina.Aujourd\u2019hui même je suis allé couper du bois par 20° avec un vent assez vif et n\u2019ai aucunement souffert.Cela tient à la sécheresse de l\u2019atmosphère.L\u2019air est singulièrement vivifiant et à 12 ou i5° degrés nous ne songeons pas à mettre de pardessus.Ma femme souffre bien moins du froid ici qu\u2019en Angleterre.Les enfants jouent dehors par i5 et i8°sans en souffrir, et ils sont aussi forts et bien portants qu\u2019on peut le désirer.Sur le tout nous sommes contents, et avec un peu d\u2019expérience acquise, l\u2019hiver n\u2019est pas à beaucoup près aussi redoutable que les chiffres le font croire.Avec doubles fenêtres aux maisons, un tambour pour empêcher l\u2019air extérieur de s\u2019engouffrer par la porte, et une maison même en bois, pourvu que l\u2019on ferme bien les interstices, on ne manque pas du comfort nécessaire.Les doubles fenêtres ont en sus ce grand avantage qu\u2019elles empêchent le givre de se former sur les vitres et que vous pouvez toujours voir ce qui se passe au dehors.Il n\u2019y a qu\u2019une chose qui est très dure ici en hiver, ce sont les poudreries (1) contre lesquelles il est presqu\u2019impossiblc de se protéger.Mais elles durent rarement plus de deux jours.LES MINES DE CHARBON DE LA NOUVELLE-ECOSSE Parmi les industries qui ont bénéficié de la politique nationale, il faut certainement compter celle de l\u2019extraction du charbon.Les résultats obtenus dans cette industrie, depuis la mise en vigueur du nouveau tarif douanier, ont non seulement profité aux ca pitalistes, mais ont surtout donné de l\u2019ouvrage et assuré l\u2019existence de nombreuses familles.Dans sa revue annuelle, le Trades Journal estime, quoique au 12 janvier les rapports n\u2019aient pas encore été complétés, que les exportations de 1884 dépasseront de 25,oot),(>85\t68,843 Caledonia\t\t65,281 >\t5i,5d7 Lingan\t\t20,500\t12,918 Victoria\t\t10,000\t15o Old Bridgeport.\t3,000\t\u2014 La production totale pour l\u2019ensemble des mines de la Nouvelle-Ecosse a été, en 1884.de i,5oo,ooo tonnes; il y a eu, pendant la même année, 25,000 tonnes de coke fabriquées aux mines Albion, presque exclusivement pour la Steel Company of Canada.(1) Mot crée au Canada pour exprimer le soulèvement de la neige par un grand vent.I.'air est rem pli de particules fines de neige qui vous aveuglent et le mot exprime parfaitement la chose. PARIS-CANADA.5 INFORMATIONS Le dernier recensement qui vient d\u2019ètre publié de la population catholique du Canada, nous fournit les statistiques suivantes : Dans le diocèse de Trois-Rivières il y a environ 145,000 catholiques, répartis ainsi qu\u2019il suit : au nord, dans b* comté de Champlain, 26,602: Trois-Rivières, 8,s:tl ; comté de St-Maurice, 12,877 ; comté de Maskinotigé, 17,407; au sud, comté de Nieolet, 26,570; comté de Drummond et d'Arthabaska 35,708; comté d\u2019Yainaska.16,050.Dans la Province de Québec, il y en a 1.170,000; dans les Provinces-Maritiines ou province d\u2019Halifax, 100,000 Canadiens-Français sont catholiques sur un population totale de 265,000; dans le liant-Canada, province de Toronto, nous comptons environ 75,OttO Canadiens-Français catholiques sur une population totale de 280,000; dans la Province de Manitoba, 13,000 Canadiens-Français catholiques sur 27,000 habitants.Dans le New-Rrunswick, les Acadiens français forment la plus grande partie de la population car ils sont 56,635 sur un total de 100,001.Dans la Nouvelle-Ecosse, les catholiques français forment beaucoup plus du tiers de la population: 41,210 sur 117,487.I/ile du Prince-Edouard a une proportion de 10,751 Canadiens-Français sur une population catholique de 47,11 2.Le recensement de issi estimait à 1,170,718 la population catholique du Ras-Canada.Aujourd'hui, les totaux que nous venons de donner démontrent que les Canadiens-Français envahissent tout le Canada et s\u2019y trouvent au nombre de 1,620,000! La population catholique de Saint-Roniface, Manitoba, est de 2,136 âmes, répartie entre 336 familles dont 215 sont d\u2019origine française, Canadiens ou Métis.Le collège, le couvent et autres écoles comptent 4 48 élèves.Le rapport du ministre de la marine et des pêcheries renferme des chillres intéressants.Le nombre des employés du service extérieur a été de 1,363, et les dépenses se sont élevées à #1,257,728.L\u2019entretien des signaux d\u2019alarmes, îles bouées, îles phares des stations d\u2019approvisionnement a coûté, pour Ontario et Manitoba ,$'.10,788 ; pour Québec $117,248; la Nouvelle-Ecosse $161,007; l'Ile du Prince-Edouard $10,059; le Nouveau-Brunswick $86.670 ; lu Colombie anglaise $9,724.Le service des bateaux à vapeur du gouvernement s\u2019est soldé comme suit: le Newtield, $25,726; le Napoléon III, $26,334 ; le Druid, $16,634; le Sir James Douglas, $ 16,111 ; la Canadienne, $19,935; le Northern Light, $19,539; soit une dépense totale de $124,332.Les Irais de la police des ports de Montréal et de Québec sont cotés à $41,980.Dans les prévisions budgétaires, le gouvernement fédéral a placé une somme de cinq mille piastres pour la construction d\u2019un bâtiment destiné a recevoir, pendant leur court séjour à Lévis, les immigrants qui arrivent d\u2019Europe.Les travaux devront être commencés le plus tût possible afin que tout soit prêt pour l\u2019ouverture de la navigation.IÆ RAPPORT DES COMMISSAIRES T 11 I Sir Leonard Tilley, voulant connaître d\u2019une manière positive les résultats du tarif protecteur inauguré en 1X71), a chargé deux commissaires, MM.A.H.Brackeby et K.Willis, de prendre toutes les informations possibles sur l\u2019état des manufactures d Ontario et de Québec, en premier lieu, et de pousser ensuite leurs recherches dans les provinces maritimes.Lcsdeux commissaires se sont mis à l\u2019œuvre et ont préparé, sur la situation des industries canadiennes, un rap- port très complet, qui vient d\u2019etre soumis au Sénat et à la Chambre des Communes.Ce rapport renferme des données qui nous mettent en état de juger les heureux effets de la protection et qui réfutent victorieusement toutes les accusations portées par nos adversaires politiques contre le tarif protecteur et l\u2019administration conservatrice.En voyant l\u2019augmentation de la main-d\u2019œuvre, des gages payés aux employés, du capital en circulation, de la production, de l\u2019amélioration des machines ou de l\u2019habileté acquise par certains industriels, les plus sceptiques resteront convaincus que les électeurs ont bien fait de voter en faveur d'une politique qui a rendu le pays si prospère.Nous nous proposons de faire une longue analyse de ce travail ; car nos lecteurs doivent connaître à fond la situation industrielle de la Confédération canadienne, et cette étude nous en donne une parfaite idée.Le rapport renferme d\u2019abord le sommaire des informations prises par les deux commissaires sur les manufactures des provinces d\u2019Ontario, de Québec, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Ecosse et de 1 île du Prince-Edouard.Voici un tableau synoptique de leurs opérations : 1878.Nomb.d'employés.\t42.794 Sala ires a n- nuelS.$ 13.833.733 Cnpit engagé 37.819.931 Product, au\u2014 miellé.49 96'!.282 Industries visitées .1.501 188 4.77.3 46 $ 24.396.165 07.293.373 102.870 166 Augmtnlalitn.34.552 $ 10.562.432 29.473.4 42 52.903.884 2.135\t63 4 L\u2019augmentation se résume donc comme suit : Nombre d\u2019employés.\t80.74\tpour\tcent Salaires annuels.67.35\t« « Capital.77 96\t«\t« Production annuelle.105.90\t« « Les commissaires nous fournissent des renseignements très détaillés sur les provinces d\u2019Ontario et de Québec.Leur travail donne le résultat suivant : 1878.\t1884.Augnirnlaliou Nomb.d\u2019employés .\t27.869\t55.553\t27.664 Salaires annuels.$ 8.174.900 $16.911.800 $ 8.736 900 Capital.\t26.160.500\t48.425.400\t22.204.000 Product, annuelle.\t34.131.100\t77.267.100\t43.136.000 Industries visitées .467\t725\t258 Sur les ~i?établissements industriels visités l\u2019année dernière par les commissaires, on en compte 23N qui ont été ouverts depuis 1N7N, et dans ces nouvelles manufactures, le nombre d\u2019employés, en 1884, s\u2019élevait à i3,453 ; les salaires annuels, à $4,040,900; le capital engagé, à$ 1 1,777,700 ; la production annuelle, à $23,712,(100.Sur es 7 >5 établissements visités en 1884, il y en avait 4Ô7 qui existaient en 1878; le nombre d\u2019ouvriers dans les fabriques a augmenté de 14,211; les gages annuels de $|,r>
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