L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 septembre 1896, mardi 15 septembre 1896
18me Année 15 SEPTEMBRE 1896 Numéro 2 3L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE JOURNAL D’ÉDUCATION ET D’INSTRUCTION " rST ANSELME Dorchester « PARAISSANT LB 1" ET LESect.-trés.Com.d eco es^ LEg VACAN0Bg EXCEPTÉES J.-B.(CLOUTIER, Rédacteur-propriétaire C.-J.MAGNAN, Assistant-rédacteur Prix de l’abonnement : UN DOLLAR par an, invariablement payable d’avance Tonte correspondance, réclamation, etc., concernant la rédaction ou l’administration, devra êtr« adressée à J.-B.Cloutier, 148, rue Saint-Olivier, Québeo SOMMAIRE : Pédagogie : Aux lecteurs.— L’Enseignement primaire et la presse.—Conférence pédagogique.—Les travaux manuels à l’école.—Le fonds de pensions.—M.Lasfar-gues.—L’éducation des femmes dans la province de Québec.—Partie pratique: Langue française : grammaire, rédaction et récitation : Leçon IV, V, VI.— Mathématiques : Arithmétique et algèbre.Langue anglaise.— Divers ï Lectures en classe : Le retour au pays — Légende canadienne.— La “ Bibliothèque canadienne-française ”.-— Questions de grammaire.—Revue du mois.—Annonces.Aux lecteurs Prière de réclamer immédiatement les numéros de Y Enseignement primaire qui n’arrivent pas à leur destinataire.Les réclamations qui tarderont plus de deux mois resteront sans réponse.« IAEnseigueineut primaire ” et la presse A l’occasion de sa dix-huitième année, l’Enseignement 'primaire a été félicité par la Semaine commerciale et Y Evénement.Voici maintenant ce que dit la Vérité dans son numéro du 12 du courant: “ Avec le numéro du 1er septembre, Y Enseignement primaire est entré dans la dix-huitième année de son existence.C’est un normalien de belle allure, intelligent et plein de vigueur.Il fait de bonne besogne.Encou-rageons-le.” Merci à nos généreux confrères.C.-J.M.Couiéreiice pédagogique La cent quatorzième réunion des instituteurs catholiques de Québec aura lieu mardi, le 26 septembre prochain, à l’Ecole normale Laval.La séance commencera à 9J heures précices du matin.M.Maxime Côté donnera une conférence et le sujet suivant sera discuté : Au cours élémentaire, quelle marche doit-on suivre dans Venseignement du français, durant les premières semaines de Vannée scolaire ?Prière à tous les membres de l’Association des instituteurs catholiques d’assister à cette importante réunion.I .L(ieJ| , bâteallX| wA ne, e de ces9"1’ 1 ]épos*'eD1 lient 4 fluent* ,s H ls°' car?'®01* La rivière dont les bords m’offrent ces singuliers points de vue a aussi un caractère étrange.Elle n’est point assouplie et disciplinée comme nos vieilles rivières d'Europe ; elle a des élans fou- gueux, des mouvements bizarres ; elle bondit quelquefois comme le libre cheval de Pampas, et semble braver, par ses emportements sauvages, ceux qui songeraient à la subjuguer.Près de Bytown, elle tombe d’une élévation de soixante pieds, et forme une des plus magnifiques cascades que l’on jouisse voir en Amérique, après le Niagara, ce tonnerre des eaux, comme l’appellent les Indiens.Plus haut, par la brusque inclination de son lit, elle forme ces autres petites cascades qu’on apjoelle des rapides.En réalité, l’Ottawa n’est point une rivière selon le sens que nous donnons habituellement à ce mot, c’est plutôt une succession de rivières ou un enchaînement de nappes d’eau joaisibles, resserrées de distance en distance par des masses de rocs, ou roulant à flots bruyants sur une pente subitement abaissée.On a souvent comparé le cours de la vie à celui d’un ruisseau placide.Pour être jolus près de la vérité, c’est à une rivière accidentée et tourmentée comme l’Ottawa qu’il faudrait comjjarer la vie ; car quelle est l’existence humaine qui descend en calme continu, sans trouble et sans agitation, vers son Océan ?Au nord de la Finlande, sur le Muonio, il y a une cascade d’un quart de lieue de longueur, qu’on ajjpelle l’Eyanj)aïkka ; les bateliers les plus vigoureux j>euvent seuls la descendre -, et en voyant ses flots qui écument sur les pointes de rocs dont elle est hérissée, ils disent que ce sont des diables blancs.La plupart des rapides de la rivière canadienne ne sont point si dangereux ; mais on ne peut cependant ni les remonter ni les descendre.Il faut, comme on dit, en terme de marine, les doubler par terre.Toute la cargaison des bateaux est divisée jnar colis ; chaque batelier prend un de ces colis et le porte sur son dos, au moyen d’une courroie appliquée sur son front ; d’autres se chargent des canots.C’est ce qu’on nomme le portage.Il y a des portages qui ont plus d’une lieue de longueur.Quand on est arrivé à l’autre extrémité du rapide on remet les canots dans la rivière, on y replace les bagages, et les infatigables manœuvres, après s’être essuyé le front, reprennent gaîment leurs rames.Sur l’Ottawa, il y a des rapides qui ont l’empor-tement de la chute du Rhin à Schaffouse.On ne peut s’y aventurer que par une résolution déses-j)érée, et on ne peut en sortir que par un mh’acle.On raconte qu’un jour, des voyageurs Canadiens arrivaient près d’une de ces bruyantes cascades, avec leur canot chargé de fourrures, lorsque tout à coup ils virent apparaître sur les deux bords de la rivière, deux bandes d’indiens ennemis, armés de flèches et de tomakawks.Ils n’avaient qu’un moyen d’échapper à ces bandes féroces : c’était de se précipiter au bas de la cascade.S’ils devaient y périr, ils aimaient mieux encore être submergés dans les vagues que de tomber entre les mains de ceux qui leur feraient subir les plus cruelles tortures.Ils ôtèrent leurs chapeaux, joignirent leurs mains, invoquèrent pieusement sainte Anne, leur patronne et la Vierge protectrice des affligés, puis ils lancèrent leur bateau dans l’abîme et furent sauvés.Ils ont dit, en rentrant dans leur village, que lorsqu’ils descendaient la pente périlleuse, ils voyaient distinctement,dans le tourbillon d’écume élevé par les flots, l’image de la Vierge avec une couronne de diamants sur la tête, et vêtue d’une robe blanche, étendant la main vers eux pour diriger leur bateau.“ fLa Bibliothèque Canadienne- française ” •> Tel est le titre d’une petite revue littéraire et artistique, illustrée, que nous venous de fonder à Québec.La Bibliothèque Gana-dienne-française est publiée une fois le mois et contient seize pages de matières à lire et une jolie gravure.L’abonnement à cette revue n’e-st que de 25 cts par année, payable d’avance.Nous invitons cordialement nos confrères les instituteurs et les institutrices à répandre cette nouvelle publication autour d’eux.A ce sujet, voici ce que nous leur proposons : 1° Ceux qui nous feront parvenir le prix de cinq abonnements à la Bibliothèque Canadienne-française, soit $1.25, recevront gratuitement cette revue durant douze mois. 30 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 2° Ceux qui recueilleront des abonnements à la Bibliothèque recevront une commission de 20%, soit cinq centins par abonnement.Ainsi, ceux qui réussiront à obtenir 10 abon nements nous feront parvenir deux piastres et retiendront pour eux cinquante centins ; de plus, ces derniers recevront gratuitement la revue durant douze mois.Ceux qui désirent nous venir en aide devront nous demander au plus tôt un numéro specimen de la Bibliothèque Canadienne-française.Notre revue est publiée sous le distingue patronage de la Société Saint-Vincent de Paul du Canada.C.-J.Magnan.P.S.—Prière d’adresser toute demande comme suit : La Bibliothèque Canadienne-française, Boîte 6, B.P.Faubourg St-Jean, Québec.Question de grammaire “ Doit-on écrire : La plume que j’ai laissé tomber.ou : La plume que j’ai laissée tomber.Justifier l’orthographe du participe laissé dans le cas indiqué, et donner une règle pratique sur sa variabilité ou son invariabilité quand il est employé comme dans la phrase citée plus haut ”.Il s’agit donc, dans cette question, du participe laissé suivi immédiatement d’un infinitif.Le participe laissé, suivi immédatement d’un infinitif, suit la règle des autres participes employés dans le même cas.On reconnaît mécaniquement que le participe s’accorde avec le pronom qui précède, si l’on peut tourner l’infinitif par le participe présent ; si non, le participe reste invariable.Ex : Cette femme chante bien; je l’ai entendue chanter ; on peut dire : je l’ai entendue chantant.Cette romance est belle; je l’ai entendu chanter ; on ne peut pas dire : je l’ai entendu chantant.Toutefois plusieurs grammairiens, Condillac entre autres, ont vu dans le participe laissé suivi d’un infinitif un gallicisme semblable à celui que forme le verbe faire suivi d’un infinitif ; et de fait, la locution a souvent un sens différent de celui des deux verbes séparés ; le verbe laissé a le plus souvent perdu sa signification.Cette manière de concevoir la locution a été suivie par plusieurs écrivains.Exemples : Je l’ai (Junie) laissé passer dans son appartement.—Racine.Dix officiers qu’Annibal avait laissé sortir.—Rollin.Elles s’étaient laissé aller à la douceur de vivre.—D’Alembert.La règle de faire accorder le participe dans tous ces cas prévaut aujourd’hui.La phrase qui fait l’objet de cette question doit donc être écrite : La plume que j’ai laissée tomber.Mansard.Revue du mois Deux journaux de Montréal, la Minerve et la Patrie, recommandent à leurs lecteurs de parler f rançais dans les bureaux publics, dans les grands magasins, au téléphone, au télégraphe, etc.Très bien, confrères ! Le 30 du mois d’août dernier, il nous a été donné de voir une énorme baleine dans le fleuve Saint-Laurent, en face de la Malbaie, comté de Charlevoix.Le cétacé s’amusait à plonger, à replonger et à lancer dans l’espace d’énormes colonnes d’eau au grand plaisir des touristes et des gens de l’endroit.La province de Québec possède encore des milliers et des milliers d’acres de terre propres à la colonisation.Emparons-nous du sol ; augmentons le domaine national.Un grand congrès anti-maçonnique a actuellement lieu à Trente, en Autriche.Deux de nos compatriotes, M.le Dr.N.-E.Dionne et M.J.-P.Tardivel, directeur de la Vérité, de Québec, sont allés prendre part à ce congrès.S.G.Mgr L.-N.Bégin, archevêque de Cyrène, S.G.Mgr T.-M.Labrèque, de Chicoutimi, sont partis pour l’Europe.Mgr l’archevêque de Cyrène L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 31 "it su.IDS '011 iCciii ur iiiestioa iiBD, eux ver.5 s’en va à Reims, assister à la célébration du 14e centenaire du baptême de Clovis par Saint-Kemi.Mgr Labrèque se rend à Rome.Toutes les provinces de la Turquie d’Europe sont err ébulition.Il y a aussi révolte à Cuba et dans l’Équateur.— On vient d’élever, en France, un monument à Madame Desbordes-Valmore, la poétesse chrétienne dont les oeuvres charmantes sont connus de tous.Avis aux communautés religieuses k et la! de parier spuds etc.Il nous reste encore quelques exemplaires du Cours de pédagogie que nous avons publié il y a deux ans.Cet ouvrage peut rendre service à ceux qui se préparent aux examens du brevet d’enseignement.Prix : $3.00 la douzaine ou 30 cts l’imité.Envoi franco par la poste.S’adresser à C.-J.Magnan, Ecole normale Laval, ou 150, rue St-Olivier, Québec.« Manuel de droit civique 99 acore ' ¦s » Ceux qui désirent se procurer cet ouvrage doivent s’adresser à J.A.Langlais, libraire, rue Saint-Joseph, Québec.—$5.40 la dou-aine, 60cts l’unité, 65cts franc de port.AVIS Messieurs les libraires et les marchands qui vendent mes livres devront à l’avenir s’adresser à M.C.Darveau, imprimeur dans la Côte Lamontagne, pour s’en procurer.Je l’ai chargé de la vente de tous mes ouvrages et de la perception de l’argent.J.-B.Cloutier mW son* ieoons d’Anglais d’après la Métliode Naturelle 60 leçons avec un appendice contenant les principes généraux de la prononciation et des remarques sur les défauts les plus communs, par J.Ahern, professeur d’anglais à l’Ecole normale Laval.On peut se procurer cet ouvrage chez les principaux libraires, ou en s’adressant à J.Ahern, Ecole ormale Laval.Prix 50 cts.LIVRES CLASSIQUES, FOURNITURES D’ECOLES, Objets de Eiété, Etc., Etc.Nous espérons que, pendant la prochaine année scolaire vous voudrez bien continuer d’encourager notre établissement.Notre fonds, nous osons le dire, est des plus complets : il comprend en particulier :— Ouvrages sur l’éducation et l’instruction ; Livres de cla.sse ; Livres de prières ; le tout dans les deux langues ; Fournitures d’écoles ; Objets de piété en usage dans les séminaires, les collèges, les couvents, les écoles de la Puissance.Nous vous prions de nous transmettre vos commandes de bonne heure, afin que nous puissions les remplir avant la réouverture des classes, de manière à ne vous causer aucun retard.Nous nous chargerons aussi de vous procurer tout ouvrage qui ne se trouverait pas dans notre catalogue, à condition que vous nous en informiez à temps.Soyez assurés que nous donnerons à vos commandes la plus stricte attention.Encore une fois, nous espérons que vous continuerez à nous favoriser de votre patronage.Nous avons l’honneur de nous souscrire.Yos très dévoués serviteurs, 1).& J.SADL1ER Cie, Editeurs catholiques classiques et papetiers, MONTREAL, RUE NOTRE-DAME, 1669. 32 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE HE ^ -A.LANGLAIS & FIL LIBRAIRES-EDITEURS upm 1® (OâiBiÉ SUIU Nous avons l’assortiment le plus complet en librairie.Nous invitons Messieurs les Commissaires d’écoles et MM.les Instituteurs à correspondre avec nous avant de placer leurs commandes.CONDITIONS THES FACIEES J8@“ Demandez les prix de nos livres de récompense.!:• '• R Prlxd IWuorr DE Paie: jKiteitt C C!:!: ?gue SD! Poésie J.-B.CLOUTIER, Approuves par le Conseil de VInstruction publique : Grammaire française, Devoirs grammaticaux, Syllabaire cne cïaprès une méthode rationnelle, Recueil de leçons de choses illustré, Méthode de lecture rationnelle en dix tableaux.pfpr® team! peuis J MAISON FONDEE EN 1865.y jy MAISON FONDEE EN 1865.O RELIEUR C- A mon établissement nous exécutons toutes sortes d’ouvrages concer nant la Reliure, le Réglage et la Fabrication de livres blancs, et cartes# ca«8e \ montées sur toile et vernies.Nous nous occupons spécialement de la reliurepta à tranche dorée et de celle à tranche rouge sous or.Ip^ii Les livres destinés aux bibliothèques paroissiales sont reliés à des condi-' Ul; tions spéciales.G.-A.LAFRANCE, Relieur, téléphone 305.109, COTE LAMONTAGNE, QUEBECh hik ') UU |j] Imprimé par L.-J.DEMERS & FRERE, N° 30, rue de la Fabrique, Québec.
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