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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
lundi 15 septembre 1890
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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Références

L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1890-09, Collections de BAnQ.

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11 MK A N N K R 15 SEPTEMBRE 1890 Numéro 14 h n i JOURNAL D’EDUCATION ET D’INSTRUCTION PARAISSANT LE 1er ET LE 15 DE CHAQUE MOIS, LES VACANCES EXCEPTEES J.» IS.CLOU TI EU, Itédact «aar-propriétaire Prix de l’abonnement : UN DOLLAR par an, invariable Toute correspondance, réclamation, etc., concernant la redact! à l’école normale Laval ; celles concernant l’administrai no.30, rue de la Fabrique, Québec.51e d’avance j.-ts.Cloutikr, professeur .^.ks & Frère, imprimeurs-éditeurs.SOMMAIRE :—.A ct s officiels —Nominations de commissaires et de synmcs d’écoles.—Érections et délimitations de municipalités scolaires.— Procès verbaux du dernier congrès des inspecteurs d’écoles.— Pédagogie : L’Association des idées, par A.Antoine.— Aralyse littéraire.— I.’orage, par Barthélemy.—Version anglaise.— Nothing saved.— Divers.— L’idée française doit elle mourir?—Annonces.Actes officiels Département de l’Instr- ction publique 11 a plu à Son Honneur le LIEUTENAN I’ GOUVERNEUR, par un arrêté en date du 20 août oon-rant (1>S9»), de faire les nominations suivantes, savoir : Commissaires d'écoles Comté de Drummond, canton de Grantham — M.Raphaël Dumaine, en remplacement de lui-même.Comté de Mégantic, Sacré-Cœur de Marie.Le Rév.M.L.G.Auclair, prêtre, en remplacement de lui-même.Département de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT GOUVERNEUR, par un ordre en conseil, en date du 21 août courant (1890), de nommer le Révd Dr.MacVicar, commissaire d’écoles pour les écoles protestantes de Montréal, en remplacement de lui-même, sou te rne d’office étant expiré.Département de l’Instruction publique Il a plu à -bn Honneur le LIEU TEN A N T-GOUVERNEUR, par un ordre en Conseil, en date du 14 août courant ( 1890), de nommer M.François Lafond en remplacement de lui même ; M.Da-mase Pu-dalue, en remplacement de M.Elzéar Morin, et M.Alfred Cloutier, en remplacement de John Ryan, commissaires d'écoles, pour la paroisse de Saint-George de Henryville, comté d’Iberville.Département de l'Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT GOUVERNEUR* par un arrêté en date du 14 août courant (1890), de nommer Octave Lévesque, en remplacement de lui-même, et M.Alphée Lévesque, en remplacement de M.Jean-Baptiste Gagnon, commissaires d’écoles pour la municipalité de la “ Rivière Ouelle,” comté de Kamouraska.Département de l'Instruction publique Delimitatation de municipalité.Détacher de la municipalité d’Armagh, dans le comté de Bellechasse, le territoire borné comme suit ; au nord, par la ligne qui sépare le i euvième du dixième, rang d^ Saint-Cajétan ; à l’est, par la ligne seigneuriale ; au sud, par la même ligne sei.gneuriale qui sépare Saint-Cajétan de Notre-Dame ne Buckland, à l’ouest, par la ligne qui sépare le lot No.962 du lot 963, du onzième rang de Saint Damien, et le lot 883 du lot 884 du dixième rang de la seigneurie de Saint-Lazare, et l’annexer pour les fins scolaires à “ Saint-Damien de Buckland, ” dans le même comté. 210 L’ENSEIGN EM EN T PRIM AIRE Département de l’Instruction publique Délimitation de municipalités.Détacher de Ja municipalité de “ Saint-Edmond du Lac-au-Saumon, ” dans le comté de Rimouski, les lots suivants du “ township ” Lepage, savoir : — Nos.75, 76, 77, 78 et 79, et les lots Nos.48, 47, 46 et 45 du “ township ” Amqui, puis dans le même township ” d’Amqui, les lots 44, 43, 42, 41 et 40, jusqu’au Ruisseau Sauvage ; et les annexer pour les fins scolaires à la paroisse de “ Saïnt-Bencît Labre, ” dans le même comté.Département de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GQU-VERNEUR, par un ordre en Conseil, en date du 21 août courant (1890), d’ériger en municipalité tout le territoire depuis et y compris le lot No.269 jusqu’à et y compris le lot No.3 !0 du cadastre de la paroisse de Sainte-Geneviève, dans le comté de Jacques-Cartier, étant l’arrondissement No.1 de la Côte Saint-Rémi, dite paroisse, sous le nom de u Côte Saint Rémi de Sainte-Geneviève No.4.” Département de l’Instruotion publique Il a plu à Son Honneur le LIEU TEN ANT-GOU-VERNEUR, par un ordre en conseil, en date du 21 août courant (1890), d’ériger en municipalité scolaire la nouvelle paroisse de “ Sainte-Marie Salomé, ” dans le comté de Montcalm, avec les mêmes limites qui lui sont assignées par la proclamation d’érection, pour les fins civiles, du 27 décembre 1888.Département de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT GOUVERNEUR, par un ordre en Conseil, en date du 21 août cornant (1890), dériger la mnnicipalité scolaire de Cartîerville, qui comprendra toute cette partie de la paroisse Saint Laurent renfermant les terres connues et désignées sous les numéros suivants, aux plan officiel et livre de îenvoi pour la dite paroisse : les lots Nos.1 et 2, du lot No.4 au lot No.30 inclusivement, du lot No.13 au lot No.18 inclusivement, la partie nord-ouest du No.19 appartenant à Hornr'sdas Lagacé, du lot No.20 au lot No.41 inclusivement, du lot No.44 au lot No.70 inclusivement, les lots Nos.74, 75, 76, 80 et 86, et toute la partie nord ouest des lots Nos.73, 77, 78 et 82 ; bornée au sud-est par une ligne / droite partant de l’angle sud-est du lot No.70, et se terminant au milieu de la limite entre les lots Nos.82 et 83, et b rné comme suit, à savoir : vers le nord-ouest par la rivière des Prairies, vers le nord-est par les terres de la paroisse du Sault-au-Récollet, vers le sud est par la municipalité scolaire du village Saint Laurent ci-après d crite> et vers le sud-ouest parla municipalité scolaire du bas de la Côte Saint-Louis.Département de l’Instruction publique 11 a plu à Son Honneur le LIEU CENANT-GOU-VERNEUR, par un ordre en conseil, en date du 21 août courant (1890), d’ériger la municipalité scolaire de la Côte de Notre-Dame de Ve tu, qui comprendra toute cette partie de la paroisse de Saint-Laurent, renfermant les te res connues et design es sous les numéros suivants, au plan officiel et livre de renvoi pour la dite paroisse : les lot3 Nos.182, 183, 189, 190, 191, 192, 194, tou!e la partie sud est du lot No.195 jusqu’au trait-carré du lot No.197, les lots Nos.196, 201,203, toute la partie sud-est des lots Nos.205 et 2U6, jusqu’au trait-carré du lot No.204, toute la partie sud-est du lot No.210, jusqu’au trait-carré du lot No.214, les lots Nos 211, 212, 213, 217 et 218, le lot No.484, du lot No.486 au lot No.491 inclusivement, du lot No.494 au lot No.500 inclusivement, et des lots Nos.506 et 508, et borne comme suit, à savoir: vers le nord-ouest par les municipalités scolaires du bas et du haut de la Côte bt Louis ci après décrites, vers le nord-est par la municipalité scolaire du village St-Laurent ci après décrites, vers le sud-est par la municipalité scolaire de la Côte de Notre Dame de Liesse ci-après décrite, et vers le sud-ouest par la municipalité scolaire de la Côte St-Franço s, ci-après décrite.Département de l’instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, par un ordre en conseil en date du 21 août courant (1890;, d’ériger la municipalité scolaire du village Saint Laurent, qui comprendra toute cette partie de ia paroisse Saint-Laurent renfermant les terres connues et désignées sous les numéros suivants aux plan officiel et livre de renvoi pour la dite paroisse : les lots Nos.3, ll} 12,1a partie sud-est du lot No.19, appartenant aux représentants de Louis Cousineau, toute la partie sud-est du lot No.26 en arrière des parties du dit lot appartenant à MM.Cousineau et Pepin respectivement, les lots Nos.221, 222, 225, 226, RENSEIGNEMENT PRIMAIRE 211 2.30, 231, du lot No.233 au lot No.237 inclusivement, du lot No.239 au lot No.266 inclusivement les lots Nos.364 et 365, du lot No.367 au lot No.433 inclusivement, et du lot No.574 au lot No.618 inclusivement, et borné comme suit, à savoir: vers le nord-ouest partie par les municipalités scolaires du bas de la Côte Saint-Louis ci-après décrite et de Cartierville ci-dessus décrite, et partie par les terres de la paroisse du Sault-au-Kécollet, vers le nord-est par la municipalité scolaire delà Côte Saint Laurent ci dessous décrite, ver le sud est partie par les terres du village de la Côte des Neiges et partie par les terres de là Côte Saint-Luc, et vers le sud-ouest, par les municipalités scolaires de la Côte de Notre-Dame de Liesse ci-après décrite, et de la Côte Notre Dame de Vertu ci-dessus décrite.Département de l’Instruction publique Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, par un ordre en conseil, en date du 21 août courant (1890;, d’eriger la municipalité scolaire de la Côte Saint-François, qui comprendra toute cette partie de la paroisse Saint-Laurent, renfermant les terres connues eî désignées sous les numéros suivants aux plan officiel et livre de renvoi pour la dite paroisse du lot No.141 au lot No.181 inclusivement», et, les lots Nos.184, 188 et 193, et borné comme suit, à savoir : vers le nord ouest partie de a municipality scolaire du haut de la Côte Saint-Louis ciapiès décrite, et partie par les terres de la paroisse de la Pointe-Claire, vers le nord-est par la municipalité scolaire de la Côte de Notre-Dame de Vertu ci-dessus décrite, vers le sud est partie par la muni ipalité scolaire de la Côte de Notre-Dame de Li sse ci-après décrite, et partie par toutes les terres de la dite Côte de Liesse faisant partie de la paroisse «le Laehine, et vers le sud-ouest par les ter-es de la paroisse de la Pointe-Claire.Département de l'Instruction publ'Que Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, par un ordre en Ctnseil, en date du 21 août courant (1390), d’ériger la municipalité scolaire de ia Côte Saint-Laurent qui comp endra toute cette partie de la paroisse Saint-Laurent, renfermant les terres connues et désignées sous les numéros suivants aux plan officiel et livre de renvoi pour la dite paroisse du lot No 267 au lot No.366, inclusivement, et du lot No 620 au lot No.2630, inclusivement, et borné comme suit : vers le nord-ouest partie pa la municipalité scolaire du village Saint-Laurent ci-dessus décrite et partie par les terres de la paroisse du Sault au-Récollet, vers le nord-est, par les terres de la dite paroisse du Sault au-Récollet, vers le sud-est par les terres des villages de Saint-Louis du Mile-End, Outremorit, et de la < ôte des Neiges, et vers le sud-ouest par ladite municipalité du village Saint-Laurent < t dessus décrite.Il a plu 5 Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, par un or Ire en conseil, en date du 21 août courant (1890), d’ériger la municipalité scolaire du haut de la Côte Saint-Louis, qui com-prenûra toute cette partie de la paroisse Saint-Laurent, renfermant les terres connues et désignées sous les numéros suivants aux pian officiel etlhre ue renvoi pour la dite paroisse: le lot No.102, du lot No.101 au No.140 indu ivement, du lot numéro 185 au lot No.187, inclusivement, toute la parue nord-ouest du lot No.195, jusqu'au trait-carré du lot No.96, les lois Nos.195a, 195b, 195c, ' 97, 198, 199, 200,204, 207, toute la partie nord-ouest los lots Nos.205 et 206 jusqu’au trait-cairé du 1 t No.2t 4, et borné comme suit, à savoir : vers le nord-ouest, par la rivière des Pra ries, vers le nord-est par la municipalité scolaire du bas de la Côte Naint Louis ci-après décrite, vers le sud-est par les municipalités scolaires de la Côte de Notre-Dame de Vertu et de la Côte Saint-François ci-dessus décrites, et vers le sud-ouest par les terr-s de la poroisse de Sainte-Geneviève.Département de l’Instruction publique.Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, par un ordre en Conseil, en date du 21 août courant (1890), d’ériger ia municipalité scolaire de la Côte de Notre-Dame de Liesse, qui comprendra toute cette partie de la paroisse Saint-Laurent, renfermant les terres connues et désignées sous les numéros suivants, aux plan officiel et livre de renvoi pour la dite paroisse : les lots numéros 485, 492, 493, du lot No.501 au lot No.50 i, inclusivement, le lot No 507, du lot No.509 au lot No.515, inclusivement, du lot No.550 au lot 573, inclusivement, et borné comme suit, à savoir: vers le nord-ouest par les municipalités scolaires de la Côte de Notre-Dame de Vertu et de la» Côte Saint-Fiançois ci-dessus décrites, vers le nord-est par la municipalité scolaire du village Saint-Laurent ci.dessus décrite, vers le sud est par les terres de la Côte Saint-Luc, 212 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE et vers le sud-ouest par les terres de la Côte Notre-Dame de Liesse faisant partie de la paroisse de Lachine.Département de l’Instruction publique.Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, par un ordre en Conseil, en date du 21 août courant (1890), d’ériger la municipalité scolaire du bas de la Côte Saint-Louis, qui comprendra toute cette partie de la paioisse Saint-Laurent renfermant lés terres connues et désignées sous les numéros suivants, aux plan officiel et livre de renvoi pour la dite paroisse : les lots Nos.42, 43, 71 et 72, les parties sud est des lots Nos.73, 77, 78 et 82 du lot No.83 au lot No.101, les lots Nos.103, 208, 209, toute la partie nord-ouest du lot No.210 jusqu’au trait-carré des lots Nos.214,216 et 219, puis les lots Nos.214, 216, 219, 220, 223, 224, 227, 228, 229 et 232, et borné comme suit, à savoir : veis le nord-est parla municipalité scolaire de Cartieiville ci-dessus décrite, vers le sud-est par la municipalité scolaire du village Saint-Laurent ci dessus décrite et par la municipalité scolaire de la Côte de Notre'Dame de Vertu ci-dessus décrite, et vers le sud-ouest par la municipalité scolaire du haut de la Côte Saint-Louis, ci-dessus décrite.Département de l’Instruction publique.Délimitation de municipalités scolaires.Détacher de la paroisse de u Samt-Damase, dans le comté de Saint-Hyacinthe, les lots suivants du cadastre de la dite paroi-se, savoir : Nos.292, 293, 294, 295, 296, 297, 298, 299, 300, 301, 302, 340, 341, 342, 343 et 346, et les annexer pour les tins scolaires à la municipalité de “ Saint-Michel de Rougemont,” dans le comté de Rou-ville.Département de l’Instruction publique.Délimitation de municipal tés Détacher de la municipalité d’Armagb, dans le comté de Bellechasee, le territoire borné comme suit : au nord par la ligne qui sépare le neuvième du dixième rang de Saint Cajétan ; à l’est, par la ligne seigneuriale ; au sud, par la même ligne seigneuriale qui sépare Saint-Cajétan de Notre-Dame de Buckiand, à l’ouest ^par la ligne qui sépare le lot No.962 du lot 963, du onzième rang de Saint-Damien, et le lot 883 du lot 884 du dixième rang de la seigneurie de Saint-Lazare, et l’annexer pour les tins scolaires à “ Saint-Damien de Buckiand,” dans le même comté.1*1101 ÈS-VEïUSLlUX des séances du congrès des inspecteurs cVécoles tenu à Québec les 19 et 20 août 1890.19 août 1890.SÉANCE DU MATIN- Présents: — L’honorable Gédéon Ouimet, surintendant de l’Instruction publique, président; MM.Paul de Cazes et Elson I.Rexfoid, secrétaires du département de l’Instruction publique ; M.Harper, inspecteur des écoles supérieures protestantes ; MM.les inspecteurs Beauütu, Bégin, Belcourt, Bouchai d, Brault, Deniers, Dupuis, Fontaine, Grondin, Hubbard, Lefebvre, Lévesque, Lippens, Lucier, Lyster, M'grath, McGown, McGregor, O’Brien, Paiker, Picard Destroismaisons, Piémont, Roy, Ruel, Savard, Stenson, Tanguay, Taylor, Tétreault, Thompson, Tremblay (de Gaspé), Tremblay (de Charlevoix), Vien et J.-N.'Miller, secrétaire.Le Président ouvre la séance à dix heures du matin par quelques remarques aucoursdesqueÜes il parle du congrès des inspecteurs d’écoles qui eut lieu en 1873 et de ses conséquences, des réformes opérées dans l’inspection des écoles et de l’importance des fonctions des inspecteurs.Il passe en revue les principaux sujets qui seront soumis à la discussion et il exprime l’espoir que les travaux du congrès actuel auront d’heureux résultats.Le révérend M.Rexford répète en anglais les remarques de M.le Président, lequel donne ensuite lecture du règlement suivant : Reglement concernant U s congres des inspecteurs d’écoles.Le surintendant de l’Instruction publique est président d’office du congrès.En son absence, le congrès choisit un de ses membres comme président pro-tempore.Les secrétaires du département de l’Instruction publique assistent au congrès et prennent part aux délibérations.Le secrétaire du congrès est nommé par le surintendant, et doit être un employé du département de l’Instruction publique. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 213 Les notes, essais ou documents produits pendant les séances du congrès sont déposés aux archives du département de l’Instruction publique, et en font partie.Aucune motion ou proposition ne peut être reçue si elle n’est écrite et secondée.Chacun des membres du congrès ne pourra parler plus de dix minutes, ni plus d’une fois, sur chaque motion ou propos tion soumise au congrès, à mo ns d’en avoir obtenu la permission du congrès ; néanmoins toute question personnelle est dans l’ordre.Les questions d’ordre sont décidées par le prés'dent.Les votes sont pris par assis et levés ; le président, outre son vote ordinaire, a aussi le vote prépondérant, en cas d’égalité des votes.Les séances ne sont pas publiques, mais les membres de l’honorable Conseil exécutif de la province et les membres du Conseil de l’Instruction publique peuvent y assister et prendre part aux délibéiations du congrèc Une motion d’ajournement est toujours dans l’ordre.Le surintendant de l’Instruction publique con voque le congiès chaque année ou tous les deux ans.M.le Président fa t ensuite connaître l'ordre du jour qui se lit comme suit : 1.Introduction.—Adres e du Surintendant.2.Lectures de lettres et de communicat ions.3.Considérations relatives à l’inspection des écoles : a.Etendue des districts d’inspection, b.Nombre d’écoles et institutions sco- laires et leur inspection, c.Tiaitements et modes de paiements, d.Frais de voyages, e.Résidence des inspecteurs, J Règlements concernant l’inspection des écoles, g.Statistiques fournies par les inspecteurs d’écoles et les commissions Scolaires, 4.Bureaux d’examinateurs :—Leur nombre, leur organisation, les programmes d’examen actuels, l’âge des candidats, etc.5.Instituteurs et institutrices:—Enseigne- ment professionnel, conferences pédagogiques, traitements.6.Ecoles :—Des maisons d’école, du mobi- lier et des emplacements ; des causes qui retardent les progrès des élèves et des moyens d’améliorer les écoles en général.7.Fonds de pensions des fonctionnaires de l’enseignement primaire.' 8.Modifications à apporter aux lois scolaires.Lecture de lettres et de communications.Lecture des lettres de MM.les inspecteurs Béland et Gay exprimant leur regret de ne pouvoir assister au congrès pour cause de maladie, et d’un télégramme de M.Nantel par lequel il annonce qu’il ne pourra être présent à la première séance.Il est ausd donné lecture des lettres adressées au département de l’Instruction publique et aux inspecteurs par la compagnie du chemin de fer du Lac St-Jpan, offrant aux membres de la convention de faire une excursion au lac St-Jean, à prix réduit.M.le Président communique les notes de MM.les inspecteurs Béland, Lippens, Lefebvre, Lucier, McGregor, Stenson, Tétreault et Tremblay (de Gaspé), puis la question de l'étendue des districts d'inspection est alors mise à l’étude.MM.Lippens, Fontaine, McGregor, Stenson, BeaulLu, Vien, Demers, Belcourt, McGown, S ivard, Bégin, Dupuis, Tremblay (de Charlevoix), Brault et Hubbard font connaître leurs vues sur ce sujet, et il est finalement résolu, sur proposition de M.Stenson, appuyé par monsieur McGregor : “ Que, dans le but de faire connaître aux “ comités du Conseil de l’Instruction publique “ l’étendue des divers districts, chacun des “ inspecteurs devra compter la distance réelle et “indispensable parcourue par lui pour faire la “ visite de ses écoles et transmettre ce renseigne- 214 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE “ ment, aussitôt que possible, au département “ de l’Instruction publique.” La séance est ajournée à deux heures de l’après-midi.SÉANCE DE L’APRÈS-MIDI.Présents :—Les mêmes, plus M.l’inspecteur Nantel.Lecture et adoption du procès-verbal de la séance du matin.M.le Président donne communication du télégramme suivant qu’il vient de recevoir : “ Montréal, 19 août 1890.“ Je regrette infiniment de ne pouvoir assister “ à la convention des inspecteurs d’écoles.Je “ suis retenu ici par une réunion du Conseil des “ ministres.“ (Signé) J.E.Robidoux.” Le congrès procède ensuite à la discussion du sujet suivant : Nombre d'écoles et institutions scolaires, et leur inspection.M.Lippens propose, secondé par M.Dupuis : “ Que le comité catholique du Conseil de l’In-“ struction publique soit respectueusement prié “ de rescinder le règlement qui défend aux “ inspecteurs de visiter les écoles, si ce n’est six “ semaines après la rentrée des élèves.” M.Lippens donne les raisons qui doivent engager le comité catholique à permettre aux inspecteurs de commencer la visite de leurs écoles aussitôt que possible après la réouverture des classes, puis cette proposition est adoptée à l’unanimité, après avoir été appuyée par MM.les inspecteurs Vien et Tétreault.M.Stenson, appuyé par M.Ruel, propose et il est résolu : “ Que les comités du Conseil de l’Instruction publique soient priés de faire faire la redistri-“ bution des districts d’inspection, de manière “ que chaque inspecteur puisse faire deux visites “ par année à chaque école de son district.” M.Vien donne lecture d’un travail concernant le traitement des inspecteurs d’écoles, leurs frais de voyages, etc.Ce travail est déposé aux archives du département, ainsi que ceux que MM.Lippens et Stenson ont préparés sur ce sujet.Les révérends MM.Rexford et Taylor, MM.Beaulieu, Bégin, Demers, Hubbard, McGown, McGregor, Tremblay (de Charlevoix) discutent aussi le projet de M.Vien, puis il est proposé par M.McGregor, appuyé par le révérend M.E.-M.Taylor, et résolu : “ Que les traitements actuels des inspecteurs “ d’écoles soient augmentés annuellement de “ $50.00, jusqu’à ce qu’ils aient atteint la somme “ de $1,200.00 par année, et qu’il leur soit “ accordé, de plus, $2.50 par jour pour leurs “ dépenses de voyages lorsqu’ils visiteront deux “ ou plus de deux écoles ou départements “ d’école, et $1.25 par jour, lorsqu’ils ne visite-“ ront qu’une seule école.” La question de la résidence des inspecteurs dans leurs districts d’inspection est alors mise à l’étude.Après discussion par le révérend M.Taylor, MM.Thompson, Du mis.Stenson, Lévesque, Ruel, Lippens et Vien, il est unanimement résolu, sur proposition du révérend M.Taylor, appuyé par M.Hubbard : “ Que le Congrès recommande respectueuse-“ ment que chaque inspecteur rés:de dans les “ limites de son district d’inspection, à moins qu’il ne reçoive du département de l’Ins-“ truction publique la permission spéciale de “ résider ailleurs.” La séance est ajournée à sept heures et demie du soir.SÉANCE DU SOIR.Présents :—Les mêmes, moins M.Paul de Cazes, M.Harper, et MM.Magrath, O’Brien et Vien.Lecture et adoption du p.ocès-verbal de la dernière séance.Le congrès procède à l’examen des 7-églements concernant /’inspection des écoles.Ces règlements sont discutés article par article et approuvés après quelques remarques de la part des révérends MM.Rexford et Taylor, et de MM.Beau-lieu, Dupuis, Roy, Stenson, Demers, Nantel, Hubbard, Lippens, McGregor, Grondin et Bel-court. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 215 Il est proposé par M.Lippens, appuyé par M.Nantel, et résolu : “ Que le gouvernement soit prié d’ouvrir un “ concours pour la rédaction d’un traité d’agri-“ culture'et d’horticulture, destiné spécialement “ aux écoles élémentaires et aux écoles modèles “ de la province, approp.ié aux besoins du pays.” Le congrès s’occupe ensuite des statistiques fournies par les inspectent s d'écoles et les commissions scolaires, et M.Hubbard propose, appuyé par le révérend M.Taylor .“ Que les membres de cette convention prient “ respectueusement le département de l’Instruc-“ tien publique de faire préparer, pour l’usage “ des inspecteurs d’écob s, un registre ou cahier ‘‘ réglé d’une manière spéciale et avec des en-têtes imprimés, pour l’enregistrement des notes “ qu’ils doivent recueillir lors de leurs visites aux “ écoles et dont ils se serviront pour la prépara-“ tion de leurs grands tableaux statistiques “ annuels.” A dix heures, M.le Présid nt ajourne la séance au lendemain, à neuf heures du matin.20 août 1890.SÉANCE DU MATIN.Presents :—Les mêmes qu’à la séance précédente, plus M.Paul de Gazes, secrétaire du département, M.Harper inspecteur des écoles supérieures protestantes, et MM.Magrath, O’Brien et Vien.Lecture et adoption du procès-verbal de la dernière séance.Le congrès adopte ’a proposition que M.Hubbard a présentée à la fin de la séance précédente, puis les révérends MM.Rexford et Taylor, MM.Hubbard, McGregor, McGown, Stenson, Demers, Dupuis, Vien, Nantel, Belcourt, Lippens, Beaulieu, Bégin, Fontaine, Grondin, Prémont et Lefebvre parlent sur la question des statistiques et la convention approuve d’une manière générale les blancs de rapports.formules,tableaux, etc., préparés par le département de l’Instruction publique; mais elle suggère cependant qu’à l’avenir les bulletins d’inspection soient disposés de manière à co: respondre aussi exactement que possible avec le grand tableau statistique.On procède ensuite à la discussion de l’ordre du jour suivant : Bureaux d'examinateurs, leur nombre, leur organisation, les programmes d'examen actuels, l'â^e des candidats, etc.MM.Tremblay (de Charlevoix), Nantel, Fontaine, Bégin, Ruel, Belcourt et Tétreault discutent cette question, et il est résolu, sur proposition de M.Ruel, appuyé par M.Tétreault : “ Que le comité catholique du Conseil de “ l’Instruction publique soit respectueusement “ prié d’adopter un règlement par lequel l’inspec-“ teur d’écoles sera ipso /ado membre du bureau “ d’examinateurs qui se trouve dans les limites “ de son district d’inspection, avec tous les pou-voirs des autres membres.” M.Lefebvre ayant lu un travail au sujet de l’âge des aspirants aux brevets de capacité, le congrès déclare que la loi qui fixe à dix-huit ans l’âge des candidats pour l’admission à l’examen devant un bureau d’examinateurs doit être maintenue.Et la séance est ajournée à deux heures de l’après-midi.SÉANCE DE l’APRÈS MIDI.Présents Les mêmes qu’à la séance précédente.Lecture et adoption du procès-verbal de la dernière séance.La discussion se continue sur la question des bureaux d’examinateurs par le révérend M.Rtxford, MM.Stenson, Dupuis, Fontaine, et il est résolu, sur proposition de M.Nantel, appuyé par M.Vien : “ Que le congrès des inspecteurs est unanime “ à reconnaître l’utilité de la création d’un “ bureau central pour la préparation des examens des aspirants aux brevets d’instituteur.” L’ordre du jour suivant est ensuite soumis à l’étude : Instituteurs Enseignement professionnel., conjérences pédagogiques, traitements, etc.M.Stenson donne communication d’une étude importante sur ce sujet, et il propose, appuyé par MM.Tanguay et Magrath : “ Que les mspecteurs d’école^ de la province 216 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE “ de Québec sont convaincus qu’il est néces-“ saire d’établir des cours de pédagogie pour “ l’instruction des instituteurs et des institutrices “ qui n’ont pas été gradués à une école nor-“ male.” Adopté unanimement.MM.Bégin, Beaulieu, Fontaine, Vien et le révérend M.Rexford discutent la question des traitements, et il est résolu unanimement, sur proposition de M.Demers, appuyé par M.Lippens : “ Que le gouverne ment soit respectueusement “ prié d’augmenter la subvention aux écoles “ publiques, et que cette augmentation soit “ payable directement aux titulaires des diverses “ écoles, proportionnellement au degré de leurs “ brevets et aux résultats obtenus, suivant les “ rapports des inspecteurs.” MM.Demers et Lippens ajoutent quelques considérations sur ce sujet, et l’on passe à l’ordre du jour suivant : Ecoles :—Des maisons d'école, du mobilier et des emplacements ; des causes qui retardent les progrès des élèves et des moyens d'améliorer les écoles en général.Le révérend M.Lyster, MM.Hubbard, Dupuis, Nantel prennent part à cette discussion, et il est résolu, sur proposition de M.Grondin, appuyé par M.Bégin : “ Que l’article 2057 des Statuts refondus de Québec (art.260 du code de l’Instruction “ publique) soit amendé de manière à établir “ clairement le droit des commissaires d’écoles “ d’exproprier le terrain voisin d’un emplacement déjà bâti, mais dont les dimensions ne “ sont pas suffisantes, de manière à foi mer un “ emplacement de grandeur suffisante d’après “ l’opinion et la sanction du surintendant de “ l’Instruction publique.” Il est ensuite proposé par M.McGown, appuyé par M.Hubbard, et résolu : “ Que les inspecteurs d’écoles réunis en con-“ vention expriment leur haute estime de la valeur du congrès et leur reconnaissance au “ gouvernement qui a fourni les fonds néces-“ saires à son succès ; “ Que P°ur obtenir plus d’efficacité delà part " des écoles primaires de cette province, il est “ absolument nécessaire d’augmenter le fonds “ des écoles pub’iques, tel que demandé par une résolution précédente.” Le congrès recommande aux comités du Conseil de l’Instruction publique l’approbation du Nouveau cours de calligraphie canadienne (Edition anglaise) de M.J -A.Langlais, dans le but de l’introduire dans les écoles élémentaires et supérieures.La question du fonds de pensions des fonctionnaires de l'enseignement primaire est alors mise à l’étude.MM.Stenson, Brault et Dupuis ouvrent la discussion sur ce sujet.Et la séance est ajournée à sept heures et demie du soir.SÉANCE DU SOIR.Présents :—Les mêmes qu’à la séance de l’après-midi, moins M.Paul de Cazes, MM.Mag’ath, McGregor, O’Brien, Ruel, Thomps m et Vien.MM.Stenson et Lippens ajoutent quelques remarques sur la question du fonds de pensions, et il est proposé par M.Grondin, appuyé par M.Bégin, et résolu unanimement : “ Que les inspecteurs ne jugent pas à propos “ de suggérer maintenant que la loi actuelle du “ fonds de pensions des fonctionnaires de l’en-‘‘ seignement primaire soit amendée.” La question des modifications à apporter aux lois scolaires est présentée à la discussion à laquelle prennent part le révérend M.Rexford, MM.Lippens, Demers Hubbard et McGown.Divers projets d’amendements aux articles 2040, 2055, 2180, etc., des S.R.P.Q., sont présentés et laissés à l’étude, et le congrès attire l’attention sur l’injustice qui paraît résulter du fait que l’article 157 du code de l’Instruction publique (article 1996 des S.R.P.Q.) permet à un contribuable d’une municipalité dissidente de cesser d’appartenir à cette municipalité, sans cause raisonnable, pour se mettre sous le contrôle des commissaires d’écoles.L’ordre du jour étant épuisé, la proposition suivante de M.Stenson, appuyé par Hubbard, est présentée et adoptée unanimement : “ Que les inspecteurs d’écoles réunis en con- L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 217 “ vention, sur l'invitation de M.le surintendant “ de l’Instruction publique, déclarent donner leur “ entière approbation à l’établissement du con-“ grès, malgré le surcroît de travail qu’il impose “ à chacun d’eux ; “ Qu’ils sont persuadés que ces réunions d’ins-“ pecteurs produiront d’excellents résultats ; “ Qu’ils offrent de nouveau leurs plus sincères “ remerciemenis au gouvernement provincial et “ en particulier à l’honorable C.-A -E.Gagnon, “ ex-secrétaire de la province; pour la libéralité “ avec laquelle, à la demande du surintendant, “ il a pourvu aux frais de ce congrès.Le révérend M.Rexford ayant pr sle fauteuil, il est proposé par MM.Hubbard et Roy, appuyés par MM.Stenson et Lucier, et résolu unanimement : “ Que la cause de l’instruction populaire a “ toujours eu un ami puissant et zdé en la “ personne de l’honorable G.Ouimet, suriaten “ dant de l’Instruction publique ; “ Que les inspecteurs d’écoles réunis en con-“ vention lui doivent beaucoup de rv.com ais-“ sauce et le prient d’accepter leurs plus sin-“ cères remerciements pour la part qu’il a prise “ à l’organisation et à la réussite du congrès, et “ pour la manière admirable avec laquelle il a “ su présider à ses délibéiations, ainsi que pour “ la bonté et la considération avec lesquelles il “ a traité chacun des membres de la conven-“ tion.” M.le Président remercie les membres du congrès de la marque d’estime qu’ils viennent de lui témoigner et les félicite du travail important qu’ils ont fait pendant les deux jours qui viennent de s’écouler et qu’ils fmt ch ique jour dans leurs districts respectifs en faveur du développement de la bonne éducation.L’assemblée recommande qu’une indemnité de $50 soit accordée au secrUahe pour le travail supplémentaire qu’il a eu et qu’il aura à faire relativement au congrès, et à condition qu’il prépare en français et en ang!ais le procès-verbal de chaque séance.Ce procès-verbal est lu et adopté.Et le Président annonce que le congrès est terminé, L’ASSOCIATION DES IDÉES Les philosophes anciens et modernes ont beaucoup discuté la question du souvenir.Leurs théories, très souvent spécieuses, ne nous ont rien appris de bien nouveau sur la réformation des idées, sur la remémoration.Nous n’avons pas à voir ici jusqu’à quel point le système des “traces matérielles” dans le cerveau est, admissible.Nous ne parlerons pas nonplus de l’hypothèse des idées à “ l’état latent ” pas plus que de la r mémoration par “habitude”.Ces questions sortent du cadre de notre travail, et d‘ ailleurs,- nous avouons humblement décliner toute compétence en fait de psychologie expérimentale aussi bien qu’en psychophysique.Ne discutons donc pas, constatons simplement.Il est de fait que nous pouvons nous souvenir de ce qui est passé.La remémoration peut se faire en nous : qu’importe que la matière ou l’esprit en soit la source! Ce rappel de l’idée a lieu de deux façons différentes, soit volontairement, soit spontanément.Nous nous 1 appelons volontairement le pas.-é lorsque, par un effort libre de toute contrainte ou de toute excitation extérieure, nous cherchons à nous ressouvenir de tel fait auquel nous avons été associés ou de telle notion que nous avons connue.Le rappel de l’idée peut se faire spontanément, c’est-à-dire sans que nous cherchions à nous la rappeler.Que le souvenir soit volontaire ou spontané, il est soumis à une remarquable propriété de l’esprit : l’association des idies.C’est la propriété, dit M.Cirdols, par laquelle nos idées s’appellent l’une l’autre eu vertu des rapports qui existent entre elles.La définition que nous venons de citer nous | ermet de distinguer deux sortes d’associations ; l’association naturelle et l’association accidentelle.La première nous rend les idées par leurs rapports naturels, nécessaires : la seconde permet la remémoration à cause de certains rapports accidentels qui existent entre les idées, 218 L’ENSEI G N EM EN T PRIM A IRE A cette dernière sorte d’association se rattache un procédé artificiel que l’on appelle la mnémotechnie.Nous ne nous en occuperons presque pas: nous croyons qu’en général, il vaut mieux faire appel à la liaison logique des faits plutôt que de créer entre eux des rapports absolument arbitraires.Avant d’étudier l’importance de l’association des idées au point de vue éducatif, nous voudrions dire un mot du caractère subjectif de ce phénomène ; mais nous croyons qu’il est inutile de nous étendre plus longuement sur cette partie, car nous devons encore examiner les règles auxquelles est soumise la réflexion qui ramène nos idées.Nos idées s’associent par contiguïté et par ressemblance.La contiguïté peut exister dans le temps ou dans le lieu.Deux faits se sont pas-és en même temps dans un même endroit; un- détail m’est rappelé par la date ou par le lieu où le fait s’est produit ; mes idées s’associent par contiguïté.La vue d’une personne qui nous est étrangère mais qui a une certaine ressemblance avec une autre personne connue de nous, nous fera immédiatement penser à celle-ci : c’est l’association par ressemblance.Nous pourrions joindre à cette forme la dissemblance ou le contraste.Pour que la remémoration soit certaine, la réflexion qui ramène les idées à notre esprit doit se faire d’après certaines règles.Il est de fait que plus l’analogie ou le cou.traste est grand entre deux idées, plus facilement l’une nous fait retrouver l’autre.Il faut donc exciter chez l’enfant des idées analogues ou opposées afin d’en favoriser l’association.Il est également de fait que plus nous nous familiarisons avec tel objet, avec telle localité, plus les souvenirs qui se rattachent à cet objet, à cette localité, sont clairs et nets.Nous reviendrons donc plusieurs fois tur le même sujet afin de stimuler D mémoire.Lorsqu’il y a suite naturelle entre les idées, l’association est une chose facile par le fait même de leur liaison objective, Nous avons cru nécessaire d’entrer dans ces quelques considérations qui nous permettront de développer plus clairement le reste du sujet.Nous diviserons dès maintenant notre travail dans ses grandes lignes Nous étudierons l’importance de l’associati m des idées an point de vue : 1° de l’acquisition des connaissances; 2o de la culture des facultés intellectuelles; 3° de l’éducation morale.Nous verrons ensuite comment, par l’enseignement des différentes lu anches du programme, l'instituteur p ut faire naître et développer d’heureuses associations d’idées dans l’esprit des enfants.1° Acquisition des connaissances.L’association des idées permet de retenir sans trop d’efforts une grande somme de connaissances.Elle est comme une chaîne dont les idées seraient les anneaux.Grâce à elle, nous passons facilement de l’une à l’autre, puis que nous saisissons à l’instant les rapports qui existent entre elDs.Non seulement l’association des idées nous permet de nous rappeler les notions connues, mais elle nous est aussi d’un grand secours dans toutes nos études.C’est en elfet grâce, à cette propriété de l’esprit, que nous pouvons tirer parti des connaissances reçues pour arriver à connaître de nouvelles notions et parfois même à inventer, à c: éer C’est sur elle que reposent l’analyse et la synthèse, l’induction et la déduction, l’abstraction et la généralisation.Or, chacun sait que ces opérations de l’esprit sont avec rai.-on classées parmi les plus importantes au point de vue des études.L’association des idées nous permet d’avoir une conception meilleure des faits que nous éi udions.Cette dernière utilité n’est pas la moins grande,car ou lie sait bien que ce que l’on a bien compris.Les notions imparfaitement comprises se perdent au bout de peu de temps.Nous irons même plus lom : nous dirons L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 219 que ce phénomène remarquable est le principal levier des éludes.Sans liaison, sans suite, sans enchaînement, nos idées disparaîtraient à mesure de leur apparition, car nos connaissances ne formeraient plus qu'un inextricable chaos.Force nous est de nous arrêter là dans le développement du premier pmnt.Les details nous entraîneraient au-delà des b mites que nous nous sommes tracées.Voyons maintenant l’importance de ceito faculté au point de vue de la 2e Culture intellect utile.Cette seconde partie est întimeim nt liée à la première.Il est évident que la somme des connaissances acquises est en raison directe du développement de nos facultés intellectuelles.Développer ce second point, c’est donc compléter le précédent.Nous n’étudions que dans l’espoir de retenir.Or, il est de fait que sans le fil qui réunit les idées, il nous serait impossible de nous les rappeler.Supprimer l’association des idées, c’est donc supprimer la mémoire.Et que ferions-nous sans la mémoire?.On ne se le demande pas sans frissonner.Supprimer cette propriété, c’est même supprimer une des formes de l’imagination, car c’est grâce à elle que l’abstraction et la généralisation peuvent se faire.Pour associer des idées, ne faut-il pas être attentif, ne faut-il pas comparer, juger, r.i-sonner ?Poser la question, c’est la résoudre.Nous voyons donc que l’attention, la comparaison, le jugement, le raisonnement sont aussi basés sur l’association des idees.3° Education morale Nous avons vu que le rappel de l’idée peut se faire volontairement.Il est donc sous l’influence de la volonté.Pour étudier avec fruit, il faut vouloir avec force.Telle est la première influence de l’association des idées : elle contribue à fortifier la volonté.Elle nous conduit à la-vérité en mettant en évidence les erreurs et les sophismes.Elle nous conduit à l’excellente habitude de la réflexion, de l’attention, du raisonnement,et chacun sait que l’influence deshabi* tudes morales est aussi grande que celle des habitudes corporelles.Voilà étudiée aussi succinctement que possible l’importance générale de l’association des idées.Il nous reste à voir quels moyens nous devons employer pour faire naî're et déve-lopper d’heureuses associations d’idées dans 1 esprit des enfants.Nous serons bref dans cet exposé, cariions estimons qu’une indication générale suffit.Pour réussir dans notre tâche, nous ne commencerons nos leçons qu’après une étude sérieuse et raisonnée de tous les objets d’enseignement: nous préparerons minutieusement nos leçons, nous rattacherons toujours avec le plus grand soin les notions nouvelles aux connaissances anciennes.Nous nous attacherons à ne faire retenir à nos élèves que les idées en nous défiant avec soin des mots.Les détails, sans être négligés complètement, devront céder le pas aux choses principales.Les tableaux synoptiques permanents elles images bien faites nous seront d’un utile secours pour l’association des idées et les répétition-.Nos élèves posséderont un calepin où seront résumées toutes nos leçons.Ces calepins et nos tab'eaux permanents seront peut-être les meilleurs moyens de répétition.Les comptes rendus de lectures faites à domicile nous serviront également.Nous ne donnerons pas trop à la fois, nous nous rappelerons la devise de Jean-Jacques Non multa, sed multum.” Nous emploierons également différents procédés mécaniques, tels que l’ordre alphabétique, les différentes sortes d’écritures, les mots soulignés, les titres et les so is-titres, etc.A défaut, de moyens plus intelligents, nous aurons parfois recours à la mnémotechnie.Surtout, faisons raisonner nos élèves: met-lons-les en garde contre les charlatans de tout acabit qui exploitent la crédulité humaine au profit de leur bourse. 220 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE L’association des idées peut être employée dans toutes les branches.Nous croyons inutile de nous arrêter sur chacune d’elles.Nous dirons qu’en général il suffît de bien faire voir et comprendre.C’est à ce seul prix que nous arriverons au but que nous voulons atteindre.A Antoine.-c-o-o- * ANAL1SE LITTERAIRE l’orage L’horizon se chargeait au loin de vapeurs ardentes et sombres ; le soleil commençait à pâlir ; la surface des eaux, unie et sans mouvement, se couvrait de couleurs lugubres, dont les teintes variaient sans cesse, lié à le ciel, tendu et fermé de toutes parts, n’offrait à nos yeux qu’une voûte ténébreuse que la flamme pénétrait, et qui s’appesantissait sur la terre.Toute la nature était dans le silence, dans l’attente, dans un état d’inquiétude qui se communiquait jusqu’au fond de nos âmes.Nous cherchâmes un asile dans le vestibule du temple, et bientôt nous vîmes la foudre briser, à coups redoublés, cette barrière de ténèbres et de feu suspendue sur nos têtes ; des nuages épais » rouler par masses dans les airs et tomber en torrents sur la terre; les vents déchaînés fondre sur la mer et la bouleverser dans ses abîmes.Tout grondait, le tonnerre, les vents, les flots, les antres, les montagnes ; et de tous ces bruits réunis, il se formait un bruit épouvantable qui semblait annoncer la dissolution de l’univers.L’aquilon ayant redoublé ses efforts, 1 orage alla porter ses fureurs dans les climats brûlants de l’Afrique.Nous le suivîmes des yeux, nous l’entendîmes mugir dans le lointain; ie ciel brilla d’une clarté plus pure ; et cette mer, dont les vagues s’étaient élevées jusqu’aux deux, traînait à p ine ses flots jusque sur le rivage.Ce morceau est extrait de l’ouvrage de Barthélémy intitulé : Voyage du jeune ana-charsin.Dans cet ouvrage, à la fois amusant et instructif, l’auteur a su faire revivre en quelque sorte le siècle de Periclès.¦ But.Cette description, véritable modèle du genre, nous dépeint un orage au bord de la mer.Divis'on et vlan : I.Avant l’orage (signes précurseurs.) "Les vapeurs.Le soleil.L’état des eaux.La noirceur du ciel.Le calmé et l’inquictude de la nature.IL L’orage lui-même 'a) Ce que l’on voit La foudre.Les nuages.Les effets du vent.Les flots agités.b) Ce que l’on entend.III.Après l’orage Le vent chasse les nuages.Le bruit du tonnerre s’affaiblit.Le soleil repaiait.Les eaux se calment.Élocution.—S‘ chargeait.—Tume énergique; remplacez-le par couor Ut, et voyez la différence.Ardentes = très chaude-; les vapeurs sont ardentes parce qu’elles sont éch mffeés par le soleil.Sombres.—Le fond des vapeurs est noir.Voilà les deux caractères des vapeurs orageuses.Commencer à, commencer de.—Pour exprimer urie action qui aura du progrès, on emploie commencer à: Un enfant commence à parler.Dans les autres cas, on emploie à ou de : Un orateur commence à parler ou de parler.La surface des eaux est unie et sans mouvement p .rce que l’a tin isphère est calm i.Lugubre = qui porte à la tristesse.L -s teintes sont lugubres, parce que les eaux les reçoivent des vapeurs s mibres.Tendu.—Sens fig.: tapissé.Fermé — sombre, obscur dans son étendue.11 a le même sens que dans les expressions nuit cluse, nuit fermée, le moment ou l’ob cu-iité est devenue complète.Pénétrait.—Exprime la difficulté.Silence, attente, état d'inquiétude.— Gradation. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 221 Asile, svn refuge.—Asile = lieu inviolable où l’on se réfugiait, et, par extension, tout lieu où l’on est en sûreté contre une poursuite, contre un danger.Refuge = asile que l’on gagne par la fuite, par une course, précipitée.Il y a donc dans refuse l’idée d’un péril imminent qu’asile ne contient pas.Vestibule = la pièce d’entrée d’un édifice.Temple.—Temple en marbre blanc dédié à Minerve, et élevé au cap Sunium (aujourd’hui Colon na).Bairière.— Mot employé au sens figuré.Briser.—Synonymes: c iss ?\ rompre.—Idée commune : détruire dans un ohpd, la continuité.Casser, c’est détruire en un coup, en une fois.—Briser, c’est mettre en pièces.— Rompre, c’est détruire avec effort On se casse la jambe dans une chute.La mer rompt ses digues.On brise une glace, de la vaisselle.Router.—Ce terme nous dépeint la marche rapide des nuages.Torrents.— Hyperbole.Déchaînés.—Allusion à Éole,dieu des vents, qu les tenait enfermés.Fondre = se jeter avec violence de haut en bas.Abîme.— D’après son étymologie =sans fond.Se dit de toute cavité très profonde.Dans ses abîmes.—Exprime bien la violence des vents.Antre.Synonyme : caverne.grotte.— Caverne est le terme générique.La caverne est un lieu vide, concave, en forme de voûte — L'antre et la grotte sont des cavernes ; mais l'antre est une caverne obscure, profonde, La grotte est une caverne pittoresque arrangée par la main de l’homme.On dit : une caverne de voleurs ; l'antre du lion : la grotte de Calypso.Epouvantable.Terme propre.En effet,épouvantable signifie qui, est capable d’inspirer ou qui inspire l'épouvante.Or, l’épouvante est une peur qui saisit à la fois beaucoup de personnes, comme celle que produit le bruit de la tempête.L aquilon ayant redoublé ses efforts.— Cause qui chasse l’orage.L'orage alla porter ses fureurs—Personnification Les fureurs.—Se dit des emportements, des transports en tous genres.Nous le suivîme des yeux Détail naturel.Plus pure.—Les vapeurs qui remplissaient l’atmosphère ont disparu.La dernière phrase renferme une belle opposition : Les vagues qui s'étalent élevées jusqu' aux deux et traînait à peine ses flots.Jusqu'aux deux —Hyperbole.L’auteur nous a montré les eaux unies, immobiles avant l’orage, furieuses pendant, se calmant après.Flot.— Synonymes : vague, houle.L'- flot est l’eau de la mer soulevée, qu’il y ait tempête ou non.—La vague est le flot d’une mer agitée.—La In.ule est la vague qui continue à se soulever quand la tempête est calmée.Remarquons en finissant cette trop rapide étude, forcément écourtée, que l’auteur a su animer ce magnifique tableau en nous intéressant aux spectateurs de cette scène.Ajoutons que les détails sont tons riches, vrais, observés enfin.Cette description est un modèle qu’il serait bon de faire étudie?par cœur aux élèves.Elle se prête bien à un devoir d’imitation.L’élève qui aura suivi avec attention les explications du professeur ne sera nullement embarrassé pour développer un sujet tel que celui-ci : u Pendant un voyage à pied, un orage vous a assailli.” 11 lui suffira d’ajouter et de modifier quelques détails pour produire un bon travail.T.-o -0- o ——— NOTHING SAVED A little boy was walking with his father one day.As they trudged along, the father saw and old horseshoe lying in the road, an bade the hoy pick it up and take it along.d’he lad looked at the shoe carelessly and replied that it was not worth carrying, whereupon the father said nothing more, but quietly picked it up himself.He pretty soon sold the old iron for a penny at a road L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 222 fide smithy and invested the coin in cherries.The day was hot, and presently the man noticed that his son was beginning to cast longing eyes upon the box of cherries, but.did not offer any to his son.He made pretense of eating them, and dropped one to the ground as if by accident.The boy picked it up quickly and ate it with a relish.A little further on another dropped, and this, too, the lad lost no time in securing.So, one by one, all the cherries were dropped and picked up.“ Well” remarked the father, when the last one had been eaten, •• it did not pay to pick up that hot ses hoe perhaps, but if you had stooped once for that you wouldn’t have needed to bend twenty times for the cherries.” The moral of the story is and old one, but more geueiallv known than heeded : ( Traduction) Un petit garçon marchait un jour avec son père.Tout en cheminant, le père vit un vieux fer à cheval perdu sur la route, et dit à son fils de le ramasser et de l’emporter.L’enfant le îegarda avec indifférence et répondit qu’il ne valait, pas la peine d'être emporté Là-dessus, le père ne répliqua pas, mais le ramassa lui même.Bientôt il vendit le vieux fer un penny (deux centius) chez un forgeron qu’ii trouva sur sa route, et acheta avec cet argent une mesure de censes.La journée était chaude, et bientôt le père remarqua que son fils commençait à jeter des regards d’envie sur la boîte de cerises, mais il ne lui en offrit pas.U fit semblant d’en manger une, mais la laissa tomber à terre, comme par accident.L’enfant la ramassa promptement et la mangea avec délice.Un peu plus loin, une autre tomba et le gars la mangea aussitôt.Ainsi, une par une toutes ies cerises tombèrent et furent ramassées par le garçon.“ Bien, dit le père, quand la dernière fut mangée.” Tu ne trouvais pas que cela valût la peine de ramasser le fer à cheval, mais si tu t’étais baissé une fois pour ie ramasser, tu n’aurais pas été obligé de te baisser vingt fois pour ramasser les cerises.La morale de cette histoire est très ancienne, mais elle est généralement plus connue que pratiquée.L’IDÉE FRANÇAISE DOLT-ELI,E MOURIR ?Otte question importante a été posée dernièrement dans la presse canadienne Avec tons les vrais amis de notre nationalité nous répondons non, T idée française au Canada ne mourra jamais ! Et nous ne sommes pas seul de cet opinion : Mgr Laflèche disait à la grande convention de Montréal : “ 1ms Canadiens sont nn p mple greffé sur une plante étrangère, et c’est à cela qu’ils doivent eu partie leur conservation nationale.” Le regretté M.Chauveau disait dans une circonstance solennelle : “Ah! messieurs.lorsqu’on compare le passé et le présent, lorsqu’on vo t à la place des quelques pauvres écoles qui aidaient à nos deux séminaires et à nos quelques couvents à conserver les rudiments des ieitres humaines, lorsqu’on voit, dis-je, c >tte grande université, ces nombreux collèges, ces écoles de tous les degrés, depuis la simple école primaire jn-qu'à l’école normale et aux écoles spéciales, lorsqu’un voit ces nombreux ordres religieux parmi lesquels se trouvent Us successeurs des B.-é bœuf et.des Lallemand, les émules de Ravi.gnan et de Félix, et les enfants de saint D mimique, émules de Lacor-daire et de Munsabré ; lorsque notre commerce, notre industrie, yolre littérature attirent l’attention des autres pays, lorsque la p tile population qui se trouvait resserrée sur une étroite lisière aux bords du Saint-Laurent, tandis qu’on lui prédisait l’affaissement dans h ignorance, la dégénérescence dans l’immobilité, lorsque cette population a brisé tous les obstacles, a rompu toutes les digues en s’élevant rapidement dans toutes les cari ièresque la Providence a ouvertes au génie de f homme ; lorsqu’on la voit se multiplier si prodigieusement, se répandre au loin, s’y grouper et s’y maintenir; on se demande si c’est un rêve ou si c’est la réalité, si cela n’est pas trop beau pour pouvoir durer ! Mais cela durera parce que cela est dans l’ordre de la Providence, parce que nous avons une mission aujourd’hui reconnue de tous et qu’ainsi que nos devanciers, nous- L'ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 223 mêm< s et nos de cenliants, nous y serons fidèles.” Une autre voix éloquente M l’abbé Colin, supérieur du séminaire St-Sulpice de Montréal, s’est plu à prédire bien haut la vitalité i du peuple Cana lien-français : “ En cent ans, disait-il, les autres peuples ont à peine doublé quand encore ils n’ont pas déchu ; en cent ans le peuple canad.en s’est deux fois Jécuplé ! Et avec cette vitalité à l’intérieur, quelle expansion au dehors ! ” Un écrivain français distingué, M Claudio Jannet a dit en 1884 : “ i-a Providence réserve de hautes destinées au peuple canadien-frauçais, et il sera récompensé sûrement d’avoir pris cette belle devise : “ Aime Dieu et va ton chemin !” “Les hautes vertus de la famille canadienne, la solide base que vous donnez à votre constitution nationale, eu la liant indissolublement au Catholicisme, doivent assurer à votre race des succès définitifs.J’ai donc l’espérance que ce vingtième siècle, à l’aurore duquel un cet tain nombre d’entre nous assisteront, verra de grandes choses accomplies par la race française dans le Nouveau-Monde, et d’avance je salue la France Américaine des âges à venir.” L’un de nos plus grands poètes, L.H.Fréchette, terminait en ces termes une énergique harangue nationale : “ Nous sommes restés français, parce que nous sommes fiers d’être français.“On ne dénature pas un sentiment comme celui-là, messieurs.Toute la diplomatie de l’Angleterre, intéressée à faire de nous un peuple anglais, toute l’habileté, je dirai même l’astuce de ses hommes d’Etat les plus roués, se sont heurtés sur lui Ni les menaces, ni les persécutons, ni les échafauds, ci même les lécompenses n’ont pu l’ebranler.“Nul plus que moi n’a d’admiration pour le grand peuple dont le drapeau a porté la civilisation dans les parages les plus reculés du globe; nul plus que moi n’apprécie les libertés dont nous jouissons à l’ombre de la constitution britannique; j-1 remercie surtout mes compatriotes anglais, de ce que je puis si librement manifester ici mon attachement pour la France sans eveiller aucune sus: ep-tibilité de races.Mais sans cesser d’être loyaux sujets britanniques, nous resterons toujours les enfants dévoués de la France.Il serait imposable pour nous qu il en fût autre-m.' ut.” M.Mercier, le premier ministre actuel de la province de Québec, ne manque jamais l’occasion de proclamer avec force que nous sommes Français et catholiques, et que nous demeurerons français et catholiques.Voici un extrait du discours qu’il prononça à la Salle Jacques Cartier en 1888 : “Messieurs, la province de Québec est loyale, mais française ; voyo s dune tout ce quisbst passé depuis au delà d’un demi siècle ; chaque fois que 1 occasion s’est présentée nous l’avons prouvé.'• Que chacun -le vous se dise : ilfn.it 1 union des Canadiens-français pour maintenir notre nationalité et notre religion ; cette union n’est pas l’union fanatique d’une race contre une autre race, mais l’un on des frères pour la prospérité de la patrie commune, l’union de tous ceux qui aiment la patrie française, la province de Québec.” Feu le juge T.J.J.Loranger, parlant sur le même sujet, a dit : u La nationalité française ne s’éteindra pas en Amérique et l’histoire de son passé est une garantie pour l’avenir.” Le grand aeô re de la colonisation, Mgr.Labelle, a prononcé dernièrement en France, les paroles qui suivent : “ Soutenu par les trois puissants leviers de sa foi, de sa langue, de ses coutumes et de ses traditions vis-à-vis de la vieille patrie, le Canada constituera de plus en plus la France d’au-dMà de l’Atlantique, et je fonde cette certitude sur les ressources inépuisables des deux pays.” Je pourrais encore citer notre historien national Garneau, l’immortel poète Créma-zie, l’abbé il.R.Cisgrain, Rameau de St-Père, Ant.Gémi Lajoie, Parent, Suite et cent autres.Je m'arrête, cela suffit.Et quand ou me dira que c’e t une utopie que de croire au triomphe définitif de l’idée française au Canada, je répondrai : ,1e rêve eu bonne compagnie.C.-J.Magnan. 224 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE à Vusage des Écoles Primaires, Modèles et Académiques, des Colleges, Couvents, etc., etc , etc.¦%, fi 71 O Par J.B.O w LOU TIER, Professeur à l'école normale Laval et Réel icteur de “ /’ Enseignement primaire." Ce livre °st indispensable à tous les instituteurs et institutrices qui ont à cœur de se conformer au désir du Conseil de l’instruction publique au sujet des leçons de choses.En vente chez tous les libraires de Québec et chez MM.Cadieux et Derome J B.Rolland, Beauchemin et Valois, à Montréal.,1 O A ¥ E € S Y HT T Aï E Revue par J.B.CLOUTIER.PAR LE MÊME OU LE raiKïim Mwm ni iinifi PAR LE MÊME Tous ces livres ont été approuvés par le Conseil de l’Instruction publique.e( sont en vente chez tous les libraires de Québec et de Montréal.
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