L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1 mai 1885, vendredi 1 mai 1885
1er MAI 1885 numéro 9 5me ANNEE JOURNAL D’EDUCATION E\ ySTRUCTION PARAISSANT LE 1er ET LE 15 DE CHAQUE MO, ^ VACANCES EXCEPTÉES oF.-H» €’L©UTIEI5, ISêdactei ’opriétaii’e AIDÉ PAR UN COMITÉ DE COLL A’ ^ NON C5 Prix de l’abonnement : UN DOLLAR par an, invarit nt payable d’avance Toute correspondance, réclamation, etc., concernant la rédaction, devra être adressée à J.-B.Cloutier, professeur à l’école normale Laval ; celles concernant l’administration, à L.J.Demers & Frère, imprimeurs-éditeurs, no.30, rue de la Fabrique, Québec.SOMMAIRE______Actes officiels : Nominations de commissaiies et syndics d’écoles, etc.—Conférence d’instituteurs.—Circulaire de l’Hono-rable Gédéon Ouimet aux commissaires, aux syndics d’écoles et aux instituteurs.—Suite du rapport du surintendant de l’Instruction publique de la Province de Québec pour l’année 1883-84.— Pédagogie : Education intellectuelle, par F.Liénard.—Enseignement des sourds-muets.— Partie pratiqve : I, Dictée—Exercice sur les adjectifs_II, Dictée — L’attention—Leçon de choses—Le bœuf et la vache—Intérêts composés, par ,M.J.I.Dufresne, (suite.)—Divers : Fable à mettre en prose—Noël____Annonces.Actes Officiels Département de l’Instruction publique.Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR par un Ordre en Conseil en date du 21 avril courant (1885), de faire les nominations suivantes, savoir : Commissaires d'écoles.Comté de Richmond, Windsor Mills.—MM.Robert Connelly, John Sampson et W.H.|Moore.Syndics d'écoles.Comté d’Hochelaga, Saint-Louis du Mile-End.— MM.Henry Lambert et Thomas Wiseman.Dpartement dh l’Instruction publique.Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR par un ordre en Conseil, en date du II avril courant (1885), de faire les nominations suivantes, savoir : Commissaires d'écoles.Comté de Gaspé, New Port.—M.Raphaël Lagacé, en remplacement de M.John Fahey, que la maladie rend incapable de remplir la charge de commissaire.Comté d’Hochelaga, Ville Saint Jean-Baptiste.—M.Odilon Vannier, en remplacement de M.Joseph Robillard, qui a quitté définitivement la municipalité.-o-:CU-o- CONFÉRENCE D’INSTITUTEURS Messieurs les inspecteurs d’écoles et messieurs les instituteurs sont informés que la 84eme conférence de l’association des instituteurs de la circonscription de l’école normàle Laval se tiendra au lieu ordinaire, samedi le 30 mai courant, à 9J hrs.A.M.A cette réunion, MM.D.Frève et J.Magnan traiteront chacun un sujet.Le sujet suivant sera discuté : Quels sont les meilleurs moyens d'exciter l'émulation dans les écoles ?Par ordre, J.Letourneau, Secrétaire.Québec, 1er mai 1885.N.B.—A l’avenir, il ne sera plus envoyé de circulaires aux membres de T association, mais avis de convocation des réunions sera donné dans T Enseignement primaire. 102 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Département de l’instruction publique Circulaire aux Commissa ires aux Syndics d'écoles et aux instituteurs Québec, 20 Avril 1885' FETE DES ARBRES Monsieur, Par proclamation de Son Honneur le Lieutenant-Gouverneur, le cinq et le dix-neuf mai prochain doivent être observés comme jour de la Fête des arbres pour les parties Ouest et Est de la province, respectivement.Cette coutume de fixer un jour pour planter des arbres se généralise et devient chaque année de plus en plus, populaire dans les provinces du Canada.Toutes les classes de la société ont compris que T arboriculture est le seul moyen efficace de réagir contre la destruction rapide et complète de nos forêts .dans certaines localités, destruction qui aurait avant longtemps les conséquences les plus désastreuses pour notre pays.L’observance de la Fête des arbres est, de tous les moyens employés jusqu’ici pour atteindre cette fin, le plus efficace et le plus populaire.L’intérêt et la part que les élèves de nos institutions scolaires ont pris à la célébration de cette fête nationale ont considérablement contribué à la populariser.Il est important que la jeunesse de notre pays soit éclairée sur la valeur et l’utilité de nos forêts, qu’elle comprenne les avantages que notre pays devra retirer de la plantation des arbres et de l’entretien de nos bois.L’influence morale et intellectuelle qu’exerce sur les enfants l’enseignement de l’arboriculture est des plus favorables et mérite d’attirer l’attention de tous ceux qui s’intéressent à la cause de l’éducation.En conséquence, je recommande Instamment aux commissaires et syndics d’écoles, aux instituteurs, etc., etc., de faire tous leurs efforts pour rendre l’observance de la Fête [des arbres aussi intéressante et instructive que possible.Les jours fixés par la proclamation du Lieutenant-Gouverneur pour la Fête des arbres devront être observés dans toutes les écoles de la provincé,et j’invite les commissaires et les syndics d’écoles à faire tout en leur pouvoir pour qu’ils] soient célébrés avec autant d’éclat que possible dans leur municipalité.Les instituteurs devront préparer leurs élèves à la célébration de cette fête en leur donnant quelques notions sur la valeur et la beauté des arbres.Ils devront s’appliquer à leur faire comprendre que, tout en embellissant les terrains qui environnent l’école ou leurs maisons et le bord des chemins, les arbres absordent les émanations délétères qui s’exhalent du sol ou des habitations.Ils leur expliqueront l’influence que les arbres exercent sur le climat, le sol l’atmosphère ; comment ils contribuent, en régularisant le cours des ruisseaux et des rivières, à conserver l’approvisionnement de l’eau et a prévenir les inondations.Les élèves ainsi renseignés prendront part avec joie à la Fête des arbres et protégeront ensuite toute les jdantations qui auront été faites en cette occasion.Les instituteurs devront faire un choix judicieux des arbres, arbrisseaux ou fleurs qui devront être plantés, et veilleront à ce que ces plantations soient disposées de manière à rendre l’école aussi agréable à l’œil que la résidence la mieux entretenue.Les parents des élèves seront ainsi encouragés eux-mêmes à orner et à améliorer leurs propriétés, en y faisant des plantations, et comprendront la valeur qu’ils leur donnent et l’agrément qu’ils offriront aux voyageurs, pendant les grandes chaleurs de l’été, en plantant des arbres le long de la route.Le jour de la Fête des arbres sera ainsi un jour de fête publique pendant lequel parents et élèves rivaliseront d’efforts pour améliorer et et embellir les environs des maisons d’école et de leurs habitations.Je suis convaincu que tous ceux qui s’intéressent aux progrès de l’éducation se joindront aux personnes zélées qui, sous l’inspiration de VAssociation forestière de la province, font les plus louables efforts pour éclairer l’opinion publique sur l’importante question du reboisement de nos campagnes.Gédéon Ouimet, Surintendant de l’Instruction publique. L’ENSEIG-NEMENT PRIMAIRE 103 I Rapport du Surintendant de l’Instruction publique de la Province de Quebecjpour l’annee 1883-84 » pont Irat P (li de-ces tendre I Irietés.pi , 113 Département de l’Instruction publique, AGRICULTURE On aime à constater que T agriculture fait de grands progrès dans notre province lepuis quelques années.La routine fait place à des procédés raisonnés, les projets de ¦éformes sont mieux accueillis, on admet la nécessité d’une méthode pour enrichir le sol >u lui conserver sa fertilité primitive.Je crois que l’enseignement de cette matière dans es écoles n’est pas étrangère à ces progrès qui réjouissent tous les amis du pays.Notre 3etit Manuel, pour être bien modeste, ne laisse pas d’avoir son influence dans les familles les cultivateurs.L’enfant qui l’a appris par cœur ne peut faire autrement que de manifester de quelque manière son savoir devant ses parents; le père ne tarde pas à comprendre u’il y a certaines choses de son métier qui lui sont inconnues : de là au désir de connaître, i l’abonnement au journal, à l’étude sérieuse d’une exposition agricole, la voie est îaturelle, J a montée facile.J’ai dit que notre manuel est bien modeste.Peut-être l’est-il trop.Il contient ’essentiel, mais plusieurs instituteur» d’expérience croient que de plus amples explications le seraient point superflues.Aussi j’aimerais à être autorisé à donner cent ou deux cents riastres à l’auteur d’un nouveau manuel d’agriculture qui obtiendrait, de préférence à ont autre, les suffrages du Conseil de l’Instruction publique.De ce concours sortirait me œuvre plus complète.CONFÉRENCES D’INSTITUTEURS ii lü mis et le et s'jr j/à mie (oit jioJ J# if' Durant l’année dernière, les instituteurs protestants ont tenu, avec le concours des nspeeteurs, plusieurs conférences qui ont été couronnées de succès.Elles auraient encore mieux répondu à l’attente des promoteurs, si ces derniers avaient lu les moyens d’aider les instituteurs à se rendre au lieu de réunion.Les instituteurs ne ont pas riches ; peu d’entre eux ont des appointements tels qu’ils puissent faire des conomies suffisantes pour payer les frais d’un voyage.Ils demandent instamment que ’Etat leur vienne en aide.Je ne puis qu’appuyer leur requête, après avoir constaté l’utilité des conférences pédagogiques.Cette utilité est telle que je voudrais étendre l’œuvre des conférences.Je voudrais ue chaque inspecteur d’écoles fût mis en mesure de faire une sorte de cours de pédagogie au moyen de réunions plus ou moins fréquentes des instituteurs de son district.Que Jaudrait-il pour cela ?Une faible somme suffirait pour payer, en tout ou en partie, les jfrais de voyage et de pension ; je dirais deux mille piastres pour toute la province. 104 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Et cet argent serait bien employé, car ces conférences continueraient l’œuvre des écoles normales auprès des anciens élèves de ces écoles, et suppléeraient, dans une certaine mesure, au cours normal pour les instituteurs qui n’ont pas eu l’avantage dépasser par cette espèce de noviciat du professorat.LE TRAVAIL DE BUREAU La somme du travail imposé au Département de l’Instruction publique augmente chaque année.Les décisions à donner dans les matières contentieuses entre commissaires et contribuables ou instituteurs, les enquêtes à faire, les visites à recevoir, les plaintes à écouter, les rapports au Gouvernement et au Conseil, la statistique et le livre bleu annuel, la correspondance générale, tout cela constitue une forte besogne.A ce sujet, le tableau suivant de la correspondance du 1er juillet 1883 au 30 juin 1884 peut offrir quelque intérêt: 1883 Juillet.Août.Septembre Octobre .Novembre.Décembre,.1884 Janvier Février.Mars.Avril Mai.Juin.Total.Lettres Circulaires Reçues Expédiées Reçues Expédiées 2067 1179 51 242 1249 1166 197 172 976 995 161 232 987 613 111 216 982 '930 303 716 608 453 i 1343 964 116 1104 1062 67 1006 990 864 933 71 58 593 583 2498 651 477 145* 12538 10500 1463 3630 Sur ce nombre de lettres, 3478 ont été chargées (enrégistrées).FONDS DE RETRAITE La loi du fonds de retraite, dont j’ai parlé plus haut, a déjà, quoique incomplète, produit d’excellents résultats.On peut s’en faire une idée par le tableau suivant, Il n’est pas tenu compte dans cet état du crédit législatif de $1,900 par année. L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 105 Recettes du Fonds de Retraite et de Secours jusqu’au 30 juin 1884.1 p.100 sur la subvention des Ecoles com- munes .2 p.100 sur traitements des instituteurs .1 p.100 sur la subvention de l’éducation supérieure.2 p.100 sur traitements des instituteurs.2 p.100 sur traitements des Inspecteurs d’écoles.2 p, 100 sur traitements des professeurs de l’école normale Jacques-Cartier.2 p.100 sur traitements des professeurs de l’école normale McGill .2 p.100 sur traitements des professeurs de l’école normale Laval.Retenues payées par les instituteurs pour aimées antérieures à juillet 1880 .Total.188C-81 1881-82 1882-83 1883-84 Totaux.$ c.$ e.$ c.$ c.$ C; 775 00 1550 00 1550 00 1600 00 5475 00 4998 72 10379 79 10513 93 11037 70 36930 14 784 10 784 10 486 79 2054 99 447 95 39 44 63 46 550 85 267 25 510 45 531 25 555 42 1864 37 52 00 86 00 86 00 90 00 314 00 69 75 139 50 193 50 203 40 606 15 50 60 101 20 101 20 101 20 354 20 1808 18 4454 16 3093 74 1883 40 11239 48 8021 50 18453 15 16893 16 16021 37 59389 18 BUREAUX D’EXAMINATEURS Je crois qu’il y a lieu d’apporter certaines modifications à notre mede d’examen des aspirants au brevet d’instituteur.R y a assez d’instituteurs brevetés, mais pas assez de bons instituteurs, et cela est dû à la trop grande facilité avec laquelle on a jusqu’ici accordé des certificats de capacité.Il est temps de rendre les examens plus sévères, plus sérieux, et de donner ainsi aux brevets une plus grande valeur.Un des moyens d’arriver à ce résultat serait peut-être la création d’un seul et unique bureau d’examen, dont le siège serait à Québec, mais qui pourrait tenir ses séances ailleurs ou déléguer ses pouvoirs à un ou plusieurs de ses membres pour faire des examens dans l’une des villes de la province.Ce bureau serait divisé en deux sections, l’une catholique, l’autre protestante, et serait composé du surintendant de l’Instruction publique, des principaux des écoles normales, des inspecteurs d’écoles, etc.Ce n’est pas ici le lieu de discuter les détails d’une pareille organisation; je me1 contente d’en indiquer l’idée générale, persuadé qu’elle mérite l’attention du gouvernement et des amis de l’éducation.M.L’ABBÉ LAGACÉ « La mort de monsieur l’abbé Lagacé est une grande perte pour nous.En qualité de principal de l’école normale Laval, il a rendu des services dont on ne pourrait exagérer l’importance.Instituteur de premier ordre, il a formé des élèves qui dirigent aujourd’hui avec le plus grand succès des écoles modèles et des académies.Auteur d’un ouvrage remarquable sur l’art de la lecture, il n’a pas peu contribué à la réforme du langage et de la prononciation qui s’opère dans le pays depuis quelques années.Ses rapports annuels se distinguaient par la hauteur des idées en même temps que par le sens pratique des considérations pédagogiques.C’était un prêtre distingué, un homme de bien et un éducateur émérite.Je rends à sa mémoire l’hommage dû à ses talents et à ses vertus. 106 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE PÉDAGOGIE ÉDUCATION INTELLECTUELLE (Suite) 3° De la Mémoire D.—Qu’est-ce que la mémoire ?R.—C’est cette faculté à laquelle nous devons de conserver et de nous rappeler nos impressions, les images et toutes nos connaissances.D.—Quelles sont les qualités d’une bonne mémoire ?R.—Les qualités d’une bonne mémoire sont : 1° La facilité, et la promptitude à retenir et à les rappeler.2° L'étendue.3° La fidélité à conserver les choses apprises et à reproduire exactement les impressions, les images et les connaissances.D.— Combien distingue-t-on de sortes de mémoires ?Il y a deux sortes de mémoires : la mémoire des mots et la mémoire des choses, mais la première s’appuie sur la seconde et sans la seconde la première n’a aucune valeur.D.—Montrez combien il est important de développer cette faculté chez les enfants.R.—La mémoire orne l’esprit et sert l’imagination, le jugement et la raison.La raison et l’expérience prouvent que la mémoire est indispensable à tous, surtout aux étudiants.Afin que la mémoire acquière les précieuses qualités citées plus haut, elle doit être exercés lorsque l’enfant est encore jeune et plein de vie.Pour qu’elle conserve ces qualités, elle doit être soumise à un exercice continuel de tous les jours.D.—Quelles sont les règles à observer dans la culture de la mémoire 1 R.—I.Règle concernant le temps de cultiver la mémoire.Comme il a été déjà dit, la mémoire de l’enfant doit être exercée continuellement et le plus tôt possible.II.Règles qui concernent les exercices à donner pour développer la mémoire.Règle fondamentale : Habituer les enfants à associer des idées réelles, à retenir les mots comme expressions des choses, car la mémoire repose, en grande partie du moins, sur l’association des idées.De plus, afin de rendre cette faculté plus parfaite, faire retenir et réciter mot pour mot, faire aussi apprendre des chiffres.Donc: (Règles particulières 6 1° Que l’instituteur choisisse pour exercer la mémoire la compo-sition dont les idées s’associent naturellement.' Qu’il ne fasse rien apprendre qui ne soit clair par soi-même ou rendu tel par des explications.2° Exiger que les élèves retiennent et récitent mot pour mot des morceaux de littérature, les résumés d’histoire, qu’ils retiennent et récitent dans leur ordre une série de chiffres.3° Ici comme partout les exercices doivent être de plus en plus difficiles et toujours à la portée des;j 6Hlj enfants.4° Profiter autant que possible des leçons |: de lecture, d’arithmétique, etc.pour exercer cette faculté si utile.III.Règles qui donnent la | méthode à suivre pour bien apprendre et bien ; faire réciter les leçons de mémoire.1° Pour bien apprendre une leçon, l’enfant doit apprendre séparément et doit répéter les phrases les unes après les autres ; cela porte l’enfant à apprendre sa leçon machinalement ; pour obvier à cet inconvénient, l’instituteur doit habituer les enfants à ne pas toujours reproduire les choses dans le même ordre, en les interrogeant tantôt suivant un ordre, tantôt suivant un autre.2° Les leçons doivent être données pour une heure fixe et proportionnées au temps accordé pour les apprendre.3° L’instituteur doit les faire réciter lui-même, car le moniteur ne pourrait pas le plus souvent j uger si l’enfant comprend bien la leçon, s’il sent tout ce qu’elle renferme et ne pourrait suppléer ce qui manque à cette récitation ; il ne saurait non plus juger du motif pour lequel un élève ne sait pas sa leçon.4° Le mode individuel est préférable, car le maître peut ainsi mieux apprécier les dispositions et le degré d’application des élèves.Cependant le mode simultané doit être employé de temps en temps pour rompre la monotonie, pour enhardir un élève timide, corriger la lenteur ou le mauvais ton d’un autre, éveiller l’attention d’un troisième, etc.5° Pendant la récitition, l’instituteur doit se garder de toute contenance qui serait de nature à intimider les enfants.S’il est forcé de l’assister, il doit préférer le faire au moyen d’une petite interrogation.Fr s.Liénard, Instituteur.Napierville, (4 suivre.) ÏE L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 107 ENSEIGNEMENT DES SOURDS-MUETS II s’ouvrira à Paris, le 4 août 1885, un congrès national des sourds-muets, sous le patronage du ministre de l’intérieur.Il y aura deux séances par jour.Le lieu de réunion est l’Institution nationale (rue St-Jacques, n9 254).Ce congrès aura pour objet la discussion des questions suivantes : Des moyens à employer pour arriver à l’unité de méthode désirée, dans l’instruction et l’éducation des sourds-muets, sur la communication des sourds-muets avec les enfants parlants, les professions manuelles les plus avantageuses aux sourds-muets, etc.Le président du congrès est M.Adolphe Franck, de l’Institut, philosophe éminent ; les vice-présidents sont un ecclésiastique, M.le chanoine Bourset, et M.Claveau, inspecteur général des établissements de bienfaisance.Les membres du congrès paient une cotisation de 10 francs?’ Après ce qui précède, le rédacteur de VEducateur ajoute: “La Suisse restera-t-elle étrangère au mouvement.qui se produit en faveur des déshérités de la voix et de l’ouïe ?Comme on nous le fait observer, il y a actuellement dans la Suisse française plusieurs sourds-muets pauvres qui végètent dans l’ignorance la plus complète.Ne pourrait-on et ne devrait-on pas faire pour eux, par voie d’association, ce que les parents et les administrations ne font pas ?Car il est grand temps de se le dire ; il n'y a pas cle sourds-muets et il n’y en a jamais eu, puis-qu’ on peut leur apprendre à parler.On punit les parents des enfants qui entendent et parlent pour n’avoir pas envoyé leurs enfants à l’école, et on tolère que les sourds-muets n’apprennent pas à parler, quand la chose dépend de quelques sacrifices ?Il y a là une contradiction qui sera sentie, il faut l’espérer, et à laquelle il sera porté remède.Le corps enseignant devrait contribuer à ce relèvement du sourd-muet qui intéresse si fort l’humanité, et s’impose comme une œuvre philantropique de premier ordre.” - O_o-o- PARTIE PRATIQUE EXERCICE SUR LES ADJECTIFS I DICTÉE Grammaire : Accord de l’adjectif avec la nom.—Orthographe absolue : La terminaison indiquée par la dérivation.—Familles de mots.Leçon préalable du maître.—Dans une maison, le père, la mèr9 et les enfants forment une famille.—Presque toujours, il existe une ressemblance sensible entre le père et les filles, entre la mere et les fils, et cette ressemblance se fait remarquer dans le caractère aussi bien que dans le visage : on dit alors qu’il y a une ressemblaiice physique et une ressemblance morale ; la première s’applique au corps, la seconde à 17 A ame.Les mots dont nous nous servons pour parler, pour écrire, peuvent être rangés en un certain nombre de groupes, parmi lesquels vous constaterez une ressemblance d’orthographe ; voyez, par exemple : balle, ballon, ballot, ballotter, déballer, emballage; plomb, plomber, plombage, plombagine, aplomb, surplomber.Ces mots se ressemblent non seulement par l’orthograph^, mais encore par le sens : une balle est une petite masse de plomb ayant la forme d’une boule ; l’idée de boule, de corps sphérique ou simplement arrondi aux angles se retrouve dans ballon et ballot ; de même, plomber veut dire appliquer du plomh, sceller avec du plomb; le mot plombage marque l’action de plomber.Yons retiendrez donc que nos mots peuvent se grouper par familles et que ceux d’une même famille renferment un certain nombre de lettres communes, en même temps qu’ils expriment une idée semblable.Le mot qui a été le premier fait est un mot primitif, balle, plomb ; les autres sont des mots dérivés : ballon, ballot ; plomber, plombagine.On est quelquefois embarrassé pour savoir par 108 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE quelle lettre muette se termine un mot.Ainsi les mots fusil, gril, baril finissent par un l, que l’on n’entend guère par la prononciation ; vous pourriez fort "bien ne p as l’écrire, puisque votre oreille la distingue à peine.Dans ce cas, on cherche les dérivés.De fusil, gril, Proviennent les mots fusiller et fusillade, griller et grillade, barillet et barillon, qui indiquent la consonne finale l dans les mots primitifs fusil, gril, baril.A l’avenir, ayez soin de consulter les mots dérivés pour tenter de bien écrire les mots primitifs.I Mots de la même famille.—Blond, blonde, blondin; long, longue, longer, longueur, longitude, allonger, prolonger, prolongation, longanimité, longtemps ; -— amas, amasser, ramas» ramassis, pas, passer, passage, passager, passerelle, impasse, repassage, trépas, compas ; tas, tasser, tasseau, entasser ;—tamis, tamiser, tamisage, étamine ;—lourd, lourde, lourdeur, alourdir,balourdise ; — sourd, sourde, sourdement, sourdine, assourdir, surdité ;—travers, traverse, traverser, traversin.II Phrases.— Ma compagne Joséphine a les cheveux blonds.—Votre sœur cadette porte une robe longue.—Ta mère marche d’un pas rapide, —La girafe a le cou long.—Le bœuf marche d’un pas lourd.—Votre père a réuni un tas de cailloux.—Le chasseur marche à travers la campagne.—Ma sœur Louise a cousu longtemps.— Ton cousin Gustave mesura la longitude de Rome.—Ce petit blondin marchera longtemps.— Votre boulanger achète un tamis fin.—Ma mère traversa la passerelle.III Adjectifs terminés au masculin singulier par EUR, qui ont le féminin singulier en euse.— Brodeur, cardeur, gardeur, coiffeur, baigneur, fleur, voleur, tailleur, dormeur, parfumeur, chicaneur, glaneur, joueur, trompeur, coureur, pleureur, danseur, repasseur, causeur, acheteur, chanteur, quêteur, radoteur, solliciteur, buveur, laveur farceur, brocheur, écorcheur, éplucheur, marcheur, tricheur, sarcleur, boudeur, fondeur, frondeur, maraudeur, plaideur, rôdeur, chauffeur, siffleur, gaufreur, logeur, mangeur, nageur, ravageur, tapageur, voyageur, rogneur, rieur, mouleur, batailleur, émailleur, veilleur.IV Les quatre formes des adjectifs en EUR : eur, eurs ; euse, euses.—-Voilà quatre garçons dormeurs.—Votre petite cousine est querelleuse.— Les apparences sont souvent trompeuses.— Une toilette tapageuse provoque des critiques violentes.— Nos cousines sont des buveuses de limonade.Nos voisins sont coiffeurs et parfumeurs.—Ces petites filles sont boudeuses.—Un enfant maraudeur chagrine ses parents.—Les jeunes personnes tricheuses sont bientôt voleuses.—Une veuve plaideuse se rencontre rarement.— • Notre jardin renferme des saules pleureurs.— Une femme trop causeuse perd un temps précieux.—Un pigeon voyageur se repose sur notre toit., v Exercices sur toutes les règles étudiées : les quatre formes de l'adjectif '.-Ma sœur cadette étudie les coutumes anciennes.—Ta bonne mère cultive des salades hâtives,—Ernestine lavera ses robes bleues, ses mouchoirs blancs, ses cols violets et sa jupe nouvelle.—Notre ébéniste vernira mes bureaux anciens et mes chaises nouvelles.—Ma domestique soignera vos lapins domestiques.—Edmond calmera votre humeur querelleuse.—Ce brave cultivateur emploie des moissonneuses habiles.—Ecoute, sur la lisière des bois, les merles siffleurs.—-La fourmi diligente entasse des matériaux variés.Exercices, questions, explications.— I.— Suite de V explication des mots et des phrases, en recourant à des exemples.—Blond, d’une couleur entre jaune et brun (montrez des cheveux blonds ; ce sera plus clair, plus exact que toutes les définitions).—Longitude, distance en degrés entre un lieu et le premier méridien : montrer sur la carte les degrés de longitude ; dire si l’heure avance ou retarde de 4 minutes par degré de longitude ;—etc., etc.II.—Faire épeler les quatre formes des adjec- L’ENSEIGNKMENT PRIMAIRE 109 tifs de la dictée n° III : Brodeur, brodeurs ; brodeuse, brodeuses ; cardeur, cardeurs ; cardeuse ; cardeuses ; Faire composer des propositions : Les brodeuses habiles sont bien rétribuées ;—les cardeuses de matelas viendront chez nous demain, etc.III.—Demander compte de V orthographe des noms et des adjectifs dans les dictées nos IV et V.—Garçons, nom corn.masc.pl.; dormeurs doit être au masc.pl., parce qu’il se rapporte à garçons qui est au masc.pl.;—etc.-c-o-o- II DICTÉE l’attention Quand on parle d’attention à la jeunesse, l’idée qui se piésente à elle n’est pas séduisante.Elle imagine une sa)le de classe fort triste, dans laquelle l’attention est un devoir qu’on lui impose et qui la tient prisonnière sur des livres.Tous les hommes qui, dans la vie, se sont distingués, conprenaient autrement l’attention : j’en sais un exemple remarquable qui est d’un poëte.La Fontaine passait pour distrait ; il ne l’était pas ; mais au lieu de s’occuper de ses voisins, il se donnait tout entier à ce qu’il regardait.Enfant, il allait voir le duc de Bouillon ; il se promenait dans les jardins où il observait les choses de la nature, et dans les serres où il étudiait les moeurs des animaux.Un jour on le chercha, car il était perdu.La cloche du dîner sonna plusieurs fois : il ne l’entendit pas.On renonçait à trouver l’enfant, quand une femme de service fit remarquer qu’il avait l’habitude d’entrer dans la serre : on l’y trouva contemplant un paon qui se pavanait devant lui.Ne vous étonnez pas si La Fontaine fut un peintre si habile des animaux.EXERCICE ECRITS Relever les pronoms personnels ; les analyser (genre, nombre, fonction).= Conjuguer en alternant, à l’indicatif présent, au futur, au conditionnel, au subjonctif présent, les verbes conquérir, acquérir, requérir, s'enquérir.— Citer et employer comme tels, des pronoms personnels toujours sujets, toujours compléments, pouvant jouer les deux rôles.= Expliquer séduisante, imposer, se distinguer, passer pour, serres, se pavaner.-ooo- LEÇON DE CHOSES LE BŒUF ET LA VACHE M.Comment appelez-vous les animaux représentés sur cette gravure, E.—Un bœuf et une vache.M.—Examinez-les et dites-moi ce que vous remarquez chez ces animaux.E.—Ce sont de gros animaux quadrupèdes.M.—Et encore ?E.—Ils ont des cornes.M.—A quoi leur servent-elles ?E.-—A se défendre contre les autres animaux qui les attaquent.M.—Est-ce que le bœuf a les pieds faits comme le cheval 1 E.—Non, le cheval a le sabot d’une seule pièce et le bœuf l’a en deux.M.— Comment appelle-t-on les animaux qui ont le sabot fendu en deux 1 E.—On dit qu’ils sont bisulques, tels que le mouton, la chèvre, le porc.M.-De quoi se nourrit-il 1 E.—D’herbe et de grain.M.—Que pouvez-vous en dire alors ?E.—Que c’est un animal herbivore et granivore.M.—Que pouvez-vous dire au sujet de sa digestion ?E.—C’est un animal ruminant, à quatre estomacs, comme le chameau.M.—Comment appelle-t-on le cri du bœuf ?E.—Beuglement ; on dit que le bœuf ou la vache beugle.M.—Que pouvez-vous encore dire de cet animal ? 110 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE E.—C’est un animal domestique, parce qu’il vit sous les soins de l’homme et qu’il lui rend de grands services pendant sa vie, et même après sa mort.M.—-Quels services rend-il à l’homme ?E.—Il sert comme bête de somme pour labourer et charroyer les charges.M.—Oui, mes enfants, et pour certains travaux, il est préférable au cheval, parce qu’il est moins fougueux et son entretien coûte moins cher.—Que fait-on du bœuf après sa mort ?E.—Sa chair est une nourriture excellente ; avec sa peau, on fait du cuir très fort et très durable ; ses pieds fournissent une huile fort estimée pour assouplir les cuirs ; on se sert de son poil pour faire des matelas ; on en met aussi dans le mortier pour lui donner de la consistance, et avec les cornes de ses pieds et de sa tête, on fait des peignes, des manches de couteaux.etc.M.—Nous allons maintenant parler d’un autre animal qui est proche parent avec le bœuf, c’est la vache.Tout ce que nous venons de dire du bœuf convient également à la vache, excepté qu’elle ne sert pas comme bête de somme.—Pourquoi la garde-t-on 1 E.—Pour en avoir du lait.M.—N'y a-t-il pas d’autres animaux dont on peut faire usage du lait 1 E.—Oui, monsieur, la chèvre, i’ânesse, la chamelle ; mais comme notre climat ne convient pas à ces animaux, on ne fait usage que du lait de vache.M.—Comment appelle-t-on le petit de la vache ?E.—Un veau.M.—Connaissez-vous quelque passage dans l’Histoire-sainte où il est parlé de la vache ?E.—Oui, monsieur.Lorsque les Philistius eurent enlevé aux Israélites l’arche d’alliance, ils la placèrent dans le temple de Dagon leur idole, et leur pays fut ensuite accablé de toutes sortes de maux.Les principaux de la nation pensèrent que ce pouvait être cet objet du culte des Hébreux qui leur attirait tous ces malheurs, et décidèrent de le leur renvoyer.A cet effet, ils placèrent l’arche sur un chariot et y attelèrent deux vaches dont ils avaient enfermé les veaux, et.immédiatement, elles partirent, et se dirigèrent vers le pays d’Israël.M.—Pourquoi le3 Philistins avaient-ils enfermé les veaux ?E.—Parce que, disaient-ils, si l’arche n’est pas la cause de no3 malheurs, les vaches ne laisseront pas leurs petits, si elles les quittent, ce sera pour nous une preuve qu’il y a là quelque chose de surnaturel.M.—C’est bien, mes enfants, retenez bien ce que nous venons de dire de deux de nos plus utiles animaux domestiques, et pour la prochaine fois, vous me ferez un résumé écrit de la leçon.-o—O—o- INTÉRÊTS CONPOSÉS APPLICATION DES FORMULES DÉMONTRÉES DANS LE DERNIER NUMÉRO, A LA SOLUTION DE QUELQUES PROBLÈMES lere EXEMPLE A quelle somme s’élèverait actuellement $1 placée à 10% à intérêts composés depuis 300 ans ?a— 1, £=10°/o w=300, r=TW=0.10 formule (1) log A—log a + n log (1 +r) log a= 0,0000000 log (1+r)—log 1.10= =0.0413927 x n 300 12.4178100=72 log (n + r)=12.4178100 log A=12.4178100 .-.A=$2.617.037.951.810,72 Rép.2me EXEMPLE On voudrait savoir quel fut le capital placé à intérêts composés depuis 30 ans @ 6£% qui a produit $1000 ? L’ENSEIG-NÉMENT PRIMAIRE 111 A = 1000, t= 61 n = 30, r = f^ = 0.065 formule (2) log a = log A -n log (1 + r) log A = 3.0000CÇg log (1 + r) — log 1.065 = 0.0273496 x n 30 0.8204880 = n log (1 + r) = 0.8204880 log a — 2.1795120 .*.a = $151.18 Eép.3rae EXEMPLE On a retiré pour capital définitif $44.90 d’un placement de $25 @ 5% intérêts composés.Combien d’années le placement a-t-il duré ?A =$44.90, t = 5% a = 25.00, r = = 0.05 formule (3) n = loS A a log(l+r) log (1 +r) = log fi.05 log A = 1.6522463 5me EXEMPLE Que vaudront $500 placées à 3^ %, Intérêts composés, au bout do 5 ans 1 mois et 10 jours?n = 5 f = -h + m = A"„- = i d’annrt >- = T^ = T%7 = 0-03S a — $500 formule (5)iogA=log a + n log(l + r) + log(l +/r) log (1 -f- r) = log 1.035' log a — 2.6989700 = 0.0149403 x n 5 0.0747015 = n log (1+r) log (1 +fr) = log (1 0.0747015 log 1.003889 = 0.0016857 = 0.0211893 log a = 1.3979400 0.2543063 12 années Eép.0.2543063 | 0.0211893 424133 347 Petite fraction qui peut-être négligée.4me EXEMPLE A quel taux une somme /se doublera-t-elle placée à intérêts composés pendant 15 ans ?log A = 2.7753572 .-.A — $596.15 Eép.6me EXEMPLE Quel est la valeur présente de $5000 payables dans 10 ans 5 mois et 15 jours, le taux étant 5%?A =$5000 ' ÎOO w= 10 TOUT = °-05 / - 6 _i_ 1 _ 1 ] J —TV + V4 — -2 4 formule(6) log a=logA - n log(l-f-fi) - log(!-}-//•) log (1 +r)=log 1.05 log A—3.6989700 =0.0211893 x n 10 n log(l+r) = 0.2118930 .*.co log n (1 +r)=9.7881070 co log (1 -{-/?•) = co log (1 + = CO log 1.0229 = 9.9901668 A = 2 a — 1 formule (4) log (1 + r) = ’°g A - log a et n —15 log a=3.4772438 a=$3000.85 Eep 7rae EXEMPLE 0.3010300 I 15 130 100 I02 A =0.3010300 0.0200686 - lo sa = 0.0000000 A quel taux a-t-il fallu placer $5 00 à intérêts composés pour qu’au bout de 5 ans 1 mois et 10 jours l’on ait retiré $596.15 pour capital définitif?0.3010300 log (1 +r) = 0.0200686 .1+r = 1.0473 •.r x 100 = t = 4f près.Eép.n=9, A=$596.15 d’année, a= 500.00 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE Pour lcru approximation p , , ,, -, log A - log a formule [t ) log (i + r) — ° n + /—5i=^r 0.0763855 n+f log A = 2.7753555 log a = 2.6989700 0.0763855 0.6874695-r 46 = 0.0149450 = log (1+r) l+y= 1.035 t — 3J % Eép.Pour cet exemple, la lcre approximation suffit, car en substituant notre valeur trouvée .035 pour r' dans (7') on verrait que la valeur de r" égale aussi .035.(4 suivre.) J.I.Dufresne.D.T.S.— 0-0-0 POESIE A METTRE EN PROSE I NOEL FABLE Le ciel est noir, la terre est blanche.Cloches, carillonnez gaîment.Jésus est né : la Vierge penche Sur lui son visage charmant.Pas de courtines festonnées.Pour préserver l’enfant du froid : Rien que les toiles d’araignées, Qui pendent des poutres du toit.Il tremble sur la paille fraîche, Ce cher petit Enfant-Jésus ; Pour le réchauffer dans sa crèche, L’âne et le bœuf soufflent dessus.La neige au chaume coud ses franges, Mais sur le toit s’ouvre le Ciel.Et tout en blanc, le chœur des anges, Chante aux bergers : “ Noël ! Noël ! ” Th.Gauthier.Traduire cette fable en prose Le ciel est noir ; une épaisse couche de neige couvre la terre.De toutes parts, les cloches mêlent la voix de leurs joyeux carillons au choeur de la troupe angélique pour célébrer la naissance de l’Enfant-Dieu.Il eut là, le petit Jésus, couché dans une crèche sans feu, sans langes ; les toiles d’araignées qui pendent des poutres lui servent de rideaux.Ses membres délicats, transis de froid, tremblent sur la paille fraîche.Un bœuf et un âne, témoins d’une si grande merveille, et comme attendris d’unpareil dénûment, réchauffent de leur haleine le Créateur de l’univers.La neige, fouettée par l’aquilon pénètre par toutes les issues de la la pauvre cabane dont le toit laisse entrevoir dans les airs les phalanges séraphiques qui chantent aux bergers ; “ Noël ! Noël ! ” E I La méthode rationnelle de lecture est destinée aux commençants.Elle forme dix tableaux en tête desquels se trouvent des instructions pour le maître.L’usage de ces tableaux offre de grands avantages pédagogiques, surtout pour une classe nombreuse.Voici le moyen de s’en servir.Les élèves réunis en groupes devant un tableau tiennent en mains le Premier livre des enfants, calqué sur cette méthode.Le maître leur donne les explications nécessaires et indique avec la baguette les éléments de3 mots de la leçon.Les élèves lisent ensuite ces mêmes mots dans leur livre, et chaque fois qu’ils échouent, il les ramène aux éléments sur le tableau.Les tableaux sont imprimés en gros caractères afin que les élèves puissent les voir d’assez loin.jgêlf’Chaque école devrait être munie de cette excellente série.EN VENTE CHEZ M.I.P.DERY, libraire i RUE ST.PIERRE, NO.4c.PRIX DE LA SERIE, $1.00.LIVRES CLASSIQUES GRAMMAIRE DE LHOMOND AVEC SYNTAXE REVUlE PAR J.B.CLOUTIER
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.