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Titre :
L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction
Éditeur :
  • Québec :[L'enseignement primaire],1881-1956
Contenu spécifique :
lundi 3 novembre 1884
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
autre
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • École primaire (Lévis, Québec)
  • Successeur :
  • Instruction publique
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L'enseignement primaire : journal d'éducation et d'instruction, 1884-11, Collections de BAnQ.

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4me Année 3 NOVEMBRE 1884 JNuméro 17 JOURNAL D’EDUCATION ET D’INSTRUCTION PARAISSANT LE 1er ET LE 15 DE CHAQUE MOIS, LES VACANCES EXCEPTÉES tF.-ü».CliOUTIEB, Rédacteur-propriétaire Prix de l’abonnement : UN DOLLAR par an, invariablement payable d’avance Toute correspondance, réclamation, etc., concernant la rédaction devra être adressée à J.-B.Cloutier, professeur à l’école normale Laval ; celles concernant l’administration, à L.J.Demers & Frère, imprimeurs-éditeurs, no.30, rue de la Fabrique, Québec.SOMMAIRE.— Acte officiel : Nominations de commissaires d’école.—Pédagogie : De l’enseignement de l’économie domestique dans les écoles de filles—(suite).—Rapport de M.l’Inspecteur Prémont.—Bureau des examinateurs catholiques de Montréal.—Partie pratique : I, Dictée et exercice sur la distinction des noms et du genre.—II, Dictée—Un arbre —III,(Dictée—La neige.—Arithmétique—Problèmes.—Algèbre.—Devoirs d’élèves—La rose et le brin d’herbe.—Annonces.Actes Officiels Département de l’Instruction publique.Il a plu à Son Honneur le LIEUTENANT-GOUVERNEUR, par un ordre en conseil, en date du 9 octobre courant (1884), de nommer MM.Didace Tassé et Léon Lorrain, commissaires d’écoles pour la ville d’Iberville.-000- PÉDAGOGIE DE L’ENSEIGNEMENT DE L’ECONOMIE DOMESTIQUE DANS LES ECOLES DE FILLES {Suite.) Toutes les institutrices ont une maison à tenir et toutes la doivent tenir avec une simplicité pïopre et élégante : point de luxe, mais de l’ordre et du goût.—Eh bien ! est-ce que les jeunes filles de l’école ne peuvent pas à tour de rôle, et de temps en temps, y être très utilement employées ?Par exemple, aujourd’hui jeudi, par ce beau soleil, ce sont les appartements qu’on fait à fond : on sort les lits, les matelas, les traversins, les draps et les couvertures.La maîtresse saisit cette occasion pour faire à ses jeunes femmes de chambre une leçon d’hygiène.Tel autre jour, ce sont les casseroles, les bassines, les cafetières qui sont descendues de leurs étagères ; les lampes, les chandeliers qui sont enlevés de leur place ordinaire ; les chenets même, et les pelles et pincettes du foyer ; le tout pour être passé au tripoli et à la mine de plomb.C’est à qui frottera le plus fort, à qui fera le mieux reluire.Ou bien c’est un vêtement qui a été taché : une des plus adroites enlèvera cette tache.Un autre jour encore, l’institntrice fera préparer par ses élèves une lessive à la vapeur.Ne peut-elle aussi les réunir le jour où elle fait ses conserves de ménage, sa provision de beurre salé ou de beurre fondu 1 Je me souviens d’avoir dit un mercredi soir aux élèves de ma première division : “ Demain, mesdemoiselles, je ferai des confitures et du sirop : qui veut venir m’aider ?Le lendemain j’avais une douzaine d’aides pleines de bonne volonté, désireuses d’apprendre, qui, le soir, s’en retournèrent joyeuses, sachant à peu près faire des confitures, et de plus, s’en étant parfaitement régalées au petit goûter.Même, je ne vois pas pourquoi l’institutrice, à l’occasion, ne montrerait pas à ses élèves à 194 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 7 / faire un peu de cuisine.Rien ne s’oppose à ce qu’elle leur fasse, par exemple, soigner le pot-au-feu, préparer une soupe maigre, surveiller un rôti, éplucher des légumes, etc.J’ai eu plusieurs fois l’occasion d’émettre mes idées à ce sujet, et l’une des principales objections que j’ai rencontrées a été celle-ci : “ Mais “ les parents ?.Pensez-vous qu’ils verront d’un “ bon œil que vous occupiez leurs enfants à tous “ ces travaux que vous énumérez ?Pensez-vous “ qu’ils ne seront pas les premiers à dire qu’elles “ auront toujours le temps d’apprendre ces “ choses-là après leur sortie définitive de la “classe?Vous verrez qu’ils interpréteront mal “ vos intentions, et vous les entendrez dire que “ vous voulez faire de leurs filles vos domestiques.” Assurément cela peut arriver, je ne le nie pas.Mais en somme, l’erreur est trop grossière, pour ne pas être facile à détruire.La présence de la maîtresse, présidant elle-même à tous ces exercices, leur donnera le caractère d’une leçon tout aussi sérieuse que les autres, et en faveur de laquelle nos jeunes élèves y trouvant à la fois agrément et profit, seront les premières à témoigner hautement.Bientôt les mamans étonnées et charmées d’un savoir-faire que ces enfants se feront un plaisir d’appliquer à la maison, reviendront pleinement d’une injuste prévention.J’ajoute, en outre, que tous ces petits travaux, application nécessaire d’un enseignement reconnu indispensable, ne sauraient avoir lieu qu’à des-heures différentes de celles qu’il convient de consacrer à la classe proprement dite.Et en établissant cette réserve, je tiens à faire observer que ce n’est point parce que je considère la leçon pratique d’économie domestique comme de secondaire importance, que je ne veux pas la donner pendant les six heures de classe réglementaires.Mais bien parce que, cette leçon ne pouvant en réalité être suivie que par un nombre restreint d’élèves, et sous la surveillance directe de la maîtresse, il est impossible que cette dernière abandonne pour cela, même momentanément, ses autres élèves.Je la crois même si essentiellement utile, cette leçon pratique, qu’il me paraîtrait excellent que les municipalités y affectassent une certaine somme, à titre de rémunération, comme cela se fait, dans quelques communes, pour les leçons de gymnastique dans les écoles de garçons, et pour celles de couture dans les écoles de filles, lorsque des heures supplémentaires y sont spécialement consacrées.Les promenades scolaires, tant et si justement recommandées, seraient de nature, je le pense, à nous venir en aide sous ce rapport.En effet, est-ce que l’institutrice ne pourrait pas, tout aussi bien que l’instituteur le fait avec ses garçons, visiter avec ses élèves, je ne dirai pas une ferme modèle, car il ne s’en trouve pas partout, mais du moins une exploitation agricole bien tenue, comme il s’en rencontre dans presque tous les pays ?Est-ce que ces enfants ne trouveraient pas là d’utiles enseignements, et ne s’intéresseraient pas tout aussi bien que les jeunes gens à certains détails généraux, tels que la distribution des bâtiments, le nombre et l’espèce des instruments aratoires, etc., sur lesquels il suffirait d’appeler leur attention ?Est-ce que la basse-cour! surtout ne les émerveillerait pas, avec ses espèces] de volatiles si bruyantes et si variées ?Elles visi-ï teraient avec le même intérêt la laiterie et le jar-1 din, interrogeant volontiers la fermière etl’écou-i tant avec plaisir leur donner telle ou telle expli- J cation.Puis, leur Manuel en main, ou du moins! en mémoire, elles feraient leurs comparaisons et leurs réflexions.Je suis assurée qu’à la suite de semblables promenades, l’étude théorique paraîtrait aux jeunes filles de nos écoles infiniment plus attrayante, et surtout deviendrait plus fructueuse.Ajoutons que ces excursions à travers la campagne auraient encore l’avantage de faciliter à l’institutrice la dernière partie de sa tâche, celle de préparer ses élèves au rôle qui, dans la vie, plus souvent hélas ! semée de peines que de joies, incombe à toutes les femmes : celui de garde-malades, En effet, qu’est-ce qui les empêcherait de faire alors un peu de botanique élémentaire, de recueillir, par exemple, suivant la saison, telle ou telle plante médicinale, dont la maîtresse indiquerait les propriétés, ainsi que le mode de conservation et d’emploi?Et pourquoi même ne s’arrêterait-on pas au retour, s’il y a lieu, pour visiter un pauvre malade, un ouvrier blessé dans son travail?. L’ENSEIG-NEMENT PRIMAIRE 195 Il n’est pas d’école où, quelle que soit la surveillance, il n’arrive de temps à autre quelques petits accidents : c’est une chute, une coupure, une brûlure, une piqûre d’abeille, parfois une indisposition plus grave, un évanouissement.Eh bien ! faisons préparer une compresse, un cataplasme, un bain de pieds, un bol de tisane.Habituons nos élèves à voir de près toute espèce de mal ou de souffrance, pour qu’elles ne s’effraient pas du moindre bobo.Ron seulement il est utile qu’elles sachent ce qu’il convient de faire en telle ou telle circonstance, mais encore il faut qn’elles soient en état de Je faire.Les personnes trop nerveuses ne sont jamais réellement utiles : une femme doit écouter son cœur, non ses nerfs.Si je me suis étendue un peu longuement sur ce dernier point, si j’ai cru surtout devoir lui faire place dans cette Etude sur l’enseignement de l’économie domestique, c’est qu’à mon avis il se rattache étroitement à cette science du ménage, plus vaste et plus compliquée qu’on ne le croit généralement, qui tient en même temps de l’instruction et de l’éducation du cœur et de l’intelligence, et qui réclame à la fois de la femme : travail, adresse, savoir, propreté, bonté, courage ; toutes choses, grâce auxquelles elle sera véritablement la Providence de sa maison.Pauline Paulvé, Directrice de l’école communale de Champignelle (Yonne).-ooo- RAPPORT DE M.L’INSPECTEUR PREMONT RAPPORT DE M.L’INSPECTEUR PRÉMONT “ On a été longtemps sous la fausse impression qne la géographie ne pouvait être enseignée qu’aux élèves déjà avances dans leurs études.Ils devaient être doués, de plus, d’une grande mémoire, car il leur fallait apprendre par cœur de longues définitions remplies de mots difficiles à prononcer.C’est ce qui explique les appréhensions de certains parents, qui n’aimentpas encore que leurs enfants apprennent la géographie.Aujourd’hui on procède autrement, et la carte sert de livre à l’élève ; j’ai vu de tout jeunes enfants, sachant à peine lire couramment, passer un brillant examen sur la géographie Ils connaissaient parfaitement la mappemonde, m’indiquaient les points cardinaux dans l’espace, donnaient les bornes de l’école, de leur paroisse, etc.Ils me faisaient connaître les produits de leur localité, le principal commerce, etc.On ne peut enseigner l’histoire avec profit sans s’aider de la géographie, et pourtant en comparant le total des élèves qui apprennent l’histoire avec celui des élèves qui étudient la géographi 3, on constate une différence notable entre ces deux chiffres.On me dit encore quelquefois : j’enseigne l’histoire sainte à de tout jeunes enfants qui ne sont assurément pas capables d’apprendre la géographie.—Et pourquoi donc, s’il vous plaît ?Je soutiens au contraire que vous ne1 pouvez enseigner l’histoire d’une manière fructueuse à vos élèves sans leur parler en même temps de géographie.Voyons un peu.Quand vous racontez à vos élèves l’histoire de la sortie d’Egypte, n’avez-vous pas occasion de leur parler de l’Egypte tout d’abord, puis du Nil, de la Mer Rouge, du Désert, du Mont Sinaï, etc., etc., et n’est-ce pas faire déjà un peu de géographie que de leur expliquer chacun de ces mots ?Et quel secret possédez-vous donc, si vous pouvez parler de tous ces lieux d’une manière compréhensible sans vous aider d’une carte géographique ?Tenez, je suis convaincu d’une chose, c’est que vos élèves ne savent ! pas meme le premier mot de l’histoire sainte 1 qu’ils étudient, me dites-vous, depuis deux ans.Voyez plutôt.Et je pose quelques questions aux élèves, qui n’avaient pas la connaissance, il va sans dire, de mon dialogue avec leur instituteur.Dites-moi, mes enfants, vous avez entendu parler de Moïse, racontez-moi un peu de son histoire?—Sais pas.—Voyons, était-ce un homme, une ville?—Un pape.—Etait-ce un ! Canadien, un Irlandais?—Un Indien ? 196 L’ENSEIG-NEMENT PRIMAIRE La pauvre institutrice toute confuse, m’a Men promis de suivre mes avis à l’avenir.J’espère qu’avant longtemps la géographie marchera de pair avec l’histoire, et que le mot à mot du livre sera banni de toutes les écoles.” Voilà assurément une excellente note pédagogique au crédit de M.Prémont.Il a certainement raison de conseiller aux titulaires des écoles qu’il visite de faire marcher de pair l’enseignement de l’histoire avec celui de la géographie, et la manière dont il procède démontre à l’évidence qu’il n’est pas novice en cette matière.Oui, la géographie, comme l’histoire doit être enseignée à tous les enfants, même à ceux qui commencent.Il n’est pas besoin d'un matériel bien compliqué pour cela.On trouve aujourd’hui des cartes géographiques dans presque toutes nos écoles, mais s’il s’en trouvait quelques unes qui n’en eussent pas, il serait encore possible d’y donner des notions de géographie.Une pomme, une orange, une boule quelconque donnera une idée de la forme et des deux mouvements de la terre, une broche enfoncée dans la pomme fera comprendra comment la terre tourne sur son axe ; au.moyen de deux circonférences tracées sur le tableau, et dans lesquelles on tirera les différentes lignes conventionnelles de la sphère terrestre, on leur fera apprendre les points cardinaux, l’équateur, le méridien, les tropiques, les cercles polaires, les cinq zones, etc , et tout cela sans livre, ni carte.Espérons, avec M.l’inspecteur, qu’avant longtemps la géographie marchera de pair avec l’histoire, et que le mot à mot sera, non pas banni, mais mis à contribution d’une manière intelligente et dans de justes mesures.GRAMMAIRE “ On comprend mieux que jamais que l’art de parler fait grandement partie de l’enseignement de la grammaire, et on s’applique en conséquence dans les écoles bien tenues à faire parler correctement les élèves, en même temps qu’on leur apprend les règles de l’orthographe.Le maître, durant la classe ou les récréations, entre sur son calepin toutes les fautes de langage, les locutions vicieuses, les barbarismes qu’il a remarqués, puis le lendemain il fait corriger ces fautes au tableau noir.Ces exercices, répétés et mis en pratique dans toutes les écoles, contribueraient beaucoup à avancer les élèves dans leurs études orthographiques.On enseigne au tableau noir les notions préliminaires à de tout jeunes enfants, et j’en ai rencontré de 6 à 7 ans qui m’ont répondu parfaitement bien sur le nom, l’article, l’adjectif et le pronom sans s’aider des définitions du livre.L’épellation des mots par cœur et les dictées sont aussi fort usitées comme on peut le constater par nos statistiques.Il va sans dire que les élèves doivent bien comprendre le sujet qu’on leur dicte, et pour cela, il faut le leur expliquer d'avance.Tous les élèves qui apprennent la grammaire font comme de raison de l’analyse en même temps.STYLE ÉPISTOLAIRE Un bon nombre d’élèves apprennent l’art épistolaire, mais je ne suis pas encore satisfait.Il faudra à l’avenir faire plus et mieux.L’avantage d’écrire soi-même ses lettres d’affaires ou autres doit être considéré comme assez important par l’institutrice pour qu’elle ne néglige aucunement le devoir si rigoureux qu’elle a de rendre ses élèves capables de présider eux-mêmes à leur propre correspondance.Je connais des artisans, des cultivateurs que leurs parents avaient envoyés à l’école une année seulement, l’année de leur première communion.Us apprirent à écrire.Mais comment ?En écrivant 6 cahiers dans leur année, 2 fois les trois premiers numéros, c’est-à-dire, les numéros où l’on trace des lignes, des jambages, des boucles, etc., mais pas d’écriture courante.Je m’étonnais de ce que me racontait l’un d’eux à ce sujet et je disais: Gomment! on ne nous a pas même appris, dans une année, à signer votre nom !—Signer mon nom ! j’étais loin L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 19*7 pin 'DS és, 7 te ei on- ,?es ODS et ont st- ies ,i)ts pp?sti- vant icte, per alla m- ieuï.etîres -idéré .jirice i et lsj 0 ^ ' ate®5 ! l’écrire en fin, je ne faisais que des barres, 3t ma maîtresse me disait que pour apprendre à signer son nom, il fallait d’abord se rendre au No.6—à l’écriture en fin.Hé bien ! voilà le raisonnement que font les institutrices qui ne veulent enseigner le style épistolaire qu’à ceux de leurs élèves qui ont vu toutes les règles de la grammaire.Que l’on commence donc à faire composer les élèves aussitôt qu’ils sont en état d’écrire quelque peu couramment.Un enfant comprendra toujours bien ce que j’appelle la partie matérielle d’une lettre, c’est-à-dire la date, l’inscription, la signature, la superscription.Quant à la rédaction du corps de la lettre, il sera étonnant parfois de voir l’élève intelligent s’exprimer, non pas toujours correctement, mais de manière au moins, à se faire comprendre.Je sais bien que ce mode d’enseigner le style épistolaire n’est pas ce qu’il devrait être, ce qu’il serait si l’on avait affaire à des élèves qui doivent suivre un cours d’études; mais il s’agit ici de rendre un service important à des enfants qui n’iront à l’école que juste le temps d’apprendre le peu qu’ils auront à pratiquer dans l’exercice de leur état.” Ce que dit ici M.Prémont est assurément très vrai; cette partie de son rapport devrait être étudié avec soin, et les conseils qu’il y donne devrait être mis en pratique, surtout par les institutrices d’écoles élémentaires, d’où il est rare qu’un élève sorte sachant écrire convenablement une lettre.(A suivre.) -o-O-o- »ll!U Bureau ùi S ,, : U1’3 * ^ t des examinateurs catholiques de Montréal Séance du 2 août 1884.| A la demande de plusieurs de nos abonnés, lûfêh nous publions les épreuves écrites, soumises aux candidats qui se sont présentés devant le Bureau des examinateurs catholiques de Montréal, au mois d’août dernier, pour l’obtention d’un diplôme d’école élémentaire.Nous nous rendons volontiers à ce désir qu’on nous a manifesté, car; en effet, si les instituteurs qui préparent des sujets pour l’enseignement connaissent d’avance le degré de capacité auquel ceux-ci devront atteindre pour subir avec succès un examen de ce genre, ils prendront toutes les précautions nécessaires pour les préparer suffisamment, afin qu’ils n’aillent pas subir un échec devant le Bureau.Gomme l’espace nous manque pour reproduire en entier ces épreuves dans le présent numéro, nous publierons le reste dans notre prochaine livraison.ÉPREUVES ÉCRITES Ecole élémentaire DICTÉE FRANÇAISE Jérusalem Vue de la montagne des Oliviers, de l’autre côté de la vallée de Josaphat, Jérusalem présente un plan incliné vers le levant.Une muraille crénelée, que fortifient encore des tours enceint la ville tout entière, laissant toutefois au dehors une partie de la montagne de Sion, qu’elle embrassait jadis.Dans la région du couchant, et au centre de la ville, vers le Calvaire, les maisons qu’ont récemment élevées les habitants se serrent d’assez près; mais, au levant, le long de la vallée de Cédron, on n’aperçoit que des espaces vides, entre autres l’enceinte qui règne autour de la mosquée que les Turcs ont bâtie sur les débris du Temple, et le terrain presque abandonné où s’élevaient le château Antonia et le second palais d’Hérode.Entrez dans la ville, rien ne vous consolera de la tristesse que vous aura causée l’extérieur ; vous vous égarez dans un labyrinthe de petites rues non pavées, dont la plupart montent et descendent sur un sol inégal, et 198 L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE vous marchez dans des flots de poussière ou parmi des cailloux roulants.Des toiles jetées d’une maison à l’autre augmentent encore l’obscurité ; des bazars voûtés et infects achèvent d’ôter le peu de lumière qu’avait conservée la ville désolée ; quelques chétives boutiques n’étalent aux yeux que leur misère.Personne dans les rues, personne aux portes de la ville ; quelquefois seulement un paysan se glisse dans l’ombre, cachant sous son habit les fruits de son labeur.Dans un coin, à l’écart, le boucher arabe égorge quelque bête qu’il a suspendue par les pieds à un vieux mur en ruine : à l’air hagard et féroce de cet homme, à ses bms nus ensanglantés, vous croiriez qu’il vient plutôt de tuer sonsemblable que d’écorcher un agneau.DICTÉE ANGLAISE Flight into Egypt Herod was impatient for the sage’s return from Bethlehem, till finding they had slighted the charge he gave them, and were gone home another way, he wcs hurried into a transport of anger, which deluged the count! v with innocent blood.Bv an act, 1/ V the most inhuman that ever was done by the worst of tyrants, he has shown the world what his intention was, when he so carefully questioned the sages, and so stricly ordered they were inquest of.But God who laughs at man’s presum-tuous folly, silently defeated the tyrant’s malice, and made his bloody cruelty instrumental to the glory of the innocent.An angel in the night informed Joseph of the murderous design that Herod had upon the child’s life, and admonished him to save both him and the mother by a speedy flight into Egypt.Joseph in this instance is a perfect model of that promp obedience which every Christian owes to the commands of God.He was commanded to rise that moment, to leave his native country, and fly off with the child and his mother, not towards the sages, or to any friendly nation, but into Egypt, admidst the idolatrous and natural ennemies of the Jewish people.ARITHMÉTIQUE I.Trouvez la valeur de (10A- + 5§) - (8f — 5i).Réponse : 4fJ-|.Solution : m + 5§ — fû-rï + 5¥9t = 1 51 7 8f — ¦ h = m - - ùïï = qi ?O r» 3 / i 101 2639 15-fy: qi 7 — ./.2 1' 5 °Ts — 24 28 606 1ÜÜO II.Trouvez la valeur de (if u- 2i) + (5Û -f- 3*).Solution : If: U = Réponse : 2f-£.14 4 11 2 9n 20 88 — 7 ~ To H = 7 88 35 8 50 88 123 10 50 50 50 50 Ecole modèle - 923.^3 0 DICTÉE SYNTAXIQUE Des avantages de la société Quel est le spectacle qu’offre à nos regards une contrée anciennement civilisée, où les hommes ont exercé toute leur puissance, et qu'ils se sont appropriée de longue main ?Les campagnes sont défrichées et nettoyées, débarrassées des grands végétaux qui les ont couvertes originairement, purgées de plantes et d’animaux malfaisants, et disposées de tout point à recevoir les soins annuels que donne le cultivateur.Les marais sont desséchés, les eaux stagnantes qui y croupissaient ont cessé de remplir l’air de vapeurs pestilentielles ; des issues leur ont été ouvertes où leur étendue a été circonscrite, et les terrains qu’elles infectaient sont devenus d’abondants pâturages ou des réservoirs utiles.Le chaos des montagnes a été débrouillé ; leur base a été appropriée au L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 199 besoin de la culture ; leur partie la moins accessible jusqu’à la région des neiges éternelles, a été destinée à la nourriture de nombreux troupeaux.Les forets que l’on a laissées subsister, ne sont point restées impénétrables ; les bêtes féroces qui s’y retiraient ont été poursuivies et presque détruites ; les bois qu’elles pioduisent ont été extraits ou conservés ; on a même assujetti leur exploitation à la périodicité la plus favorable à leur reproduction et les soins qu’on leur a donnés presque partout équivalent à une espèce de culture et ont même été portés quelquefois jusqu’à la culture la plus recherchée.Les eaux courantes qui traversent tous ces terrains ne sont pas demeurées dans leur état primitif.Les grandes rivières ont été débarrassées de tous les obstacles qui s’opposaient à leur cours ; elles ont été contenues par des digues et des quais, lorsque cela a été nécessaire, et leurs rivages ont été disposés de manière à former des ports commodes dans les endroits convenables.(à suivre) -o-o-o- PARTIE PRATIQUE I DISTINCTION DU NOM ET DU GENRE On fera écrire sous dictée les petites phrases suivantes.L’élève écrira ensuite en colonnes tous les noms qui s’y trouvent ; les noms masculins à gauche, les noms féminins à droite.Le maître a récompensé son élève studieux.— Ma cousine reviendra demain.— Le médecin soigne ma mère malade.—L’enfant doit obéir à son père et à sa mère.— Le frère de Paul sera bientôt de retour.—Nous attendons le menuisier et le serrurier.—Soulageons le pauvre.Dieu est tout puissant.—Jésus-Christ est le fils .de Dieu fait homme.—L’instituteur réprimande ! son élève dissipé.—Ma sœur berce mon petit frère.—Mon camarade se promènera avec moi.— Nous irons ensemble chez mon oncle.— Mon : cousin est allé chez son tailleur.—Cet écolier est laborieux.Jacques sortira a l’instant avec son parrain.— Le boucher désire parler à votre neveu.—Notre jardinier est rentré.—-Antoine se réjouit de voir sa marraine.— Le fils de Paul est un ouvrier habile.— Le bon élève travaille assidûment.— Henri a perdu son livre.—Mon voisin est malade.(Donnez la signification de tons les mots ci-dessus.) -000- II DICTÉE UN ARBRE Pour peu qu’on examine un arbre, on y distingue trois parties essentielles : la racine, le tronc ou la tige, et les branches.Celles-ci se subdivisent en un nombre infini de rameaux qui portent les feuilles.Le tronc est la partie la plus grosse de l’arbre ; il part de la terre et va jusqu’aux premières branches.La racine entre dans le sol et se ramifie en une multitude de radicelles.C’est par le moyen de ces radicelles, qui sont comme autant de tuyaux, que l’arbre pompe les substances nourricières qui contribuent à son accroissement, et auxquelles la sève sert de véhicule.Les racines prennent différents noms, selon leur direction.Quand elles se dirigent dans la terre horizontalement, on les nomme racines traçantes et lorsqu’elles s’enfoncent verticalement, racines pivotantes.La vie des arbres est beacoup plus longue que celles des hommes.Les arbres se divisent en arbres fruitiers, arbres d’ornement et arbres forestiers.Les arbres fruitiers les plus communs dans nos jardins sont le pommier, le cerisier et le prunier.La culture des arbres s’appelle arboriculture.Elle a été longtemps négligée en ce pays, mais depuis quelques années on a commencé à planter des vergers, dont plusieurs donnent de bons revenus à leur propriétaire.Explications Pour peu qu'on examine: si on examine seulement un peu un arbre; si, môme sans s’y arrêter longtemps, on examine un arbre.— / 200 L’ENSEIG-NEMENT PRIMAIRE Essentielles, sans lesquelles l’arbre n’existerait pas, qui constituent l’essence même de l’arbre, ce qui le distingue des autres êtres que présente la nature.—Subdivisent : diviser, c’est séparer un tout en différentes parties : subdiviser, c’est séparer chacune de ces parties en parties plus petites.—Il part de la terre : il commence à la terre, au sol.—Se ramifie : rapprocher rameau : se partage en plusieurs radicelle, qui forment comme des rameaux souterrains.—Radicelle: le mot latin radix veut dire racine (d’où radical, radis) ; radicelle en est le diminutif : petite racine.— Nourricières : on qualifie de nourricier ce qui sert à la nourriture; nourris-seur, c’est celui qui donne la nourriture.— Véhicule : le mot latin veliere est un verbe qui se dit d’un cheval traînant un fardeau, un appareil de transport : d’où vectura, que nous avons traduit par voiture : de là on appelle véhicule tout ce qui sert à transporter.La sève est le liquide qui remplit les canaux auxquels le bois de l’arbre sert d’enveloppe, et elle circule dans ces canaux, de sorte qu’on a pu la comparer, à ce point de vue, au sang qui circule dans les veines de l’homme; entraînant avec elle, transportant, par conséquent dans les diverses parties de l’arbre, les subtances qui servent à le nourrir.-000- III DICTEE LA NEIGE 0 la belle neige blanche, douce comme le coton, légère comme la plume, fleur d’hiver aux pétales éblouissants ! Elle tombe depuis hier soir, drue, muette, infatigable.Elle tombe droite et calme, étendant sur le sol son épaisseur moelleuse où de petits creux s’espacent régulièrement : on dirait une nappe fine et damassée.D’où vient donc ce vol toujours épais, toujours renouvelé de grosses mouches silencieuses 1 Là haut, rien qu’un nuage, mais qui tient tout Ykoi '¦izon et qui s’émiette interminablement.Les flocons descendent, descendent, et, sur la pâleur du ciel, se détachent en gris foncé.Les uns semblent près d’arriver; ils se précipitent comme de petites flèches barbelées et boussulent ceux qu’ils rencontrent.Voilà les affairés, les ambitieux ! D’autres, gens posés, rassis, bons bourgeois à panse arrondie, cheminent avec gravité, dignité, majesté.Jamais aéronaute pourvu de son parachute ne s’est plus doucement rapproché de la terre.Il y a aussi les nonchalants, les flâneurs, qui vont de ci et de là, comme des poètes ou des oiseaux : ils se plaisent dans l’air, s’y balancent, s’y jouent en rondes enfantines : c’est visiblement à regret qu’ils quittent le pays des nuages, leur patrie.Il neige ; il semble qu’il n’y ait plus dans la nature que les teintes qui vont du blanc au noir > tout objet perd ses contours, et c’est à peine si, dans cette brume qui confond le ciel avec la terre, on aperçoit ça et là la forme indécise d’un arbre ou d’une maison.QUESTIONS ET EXPLICATIONS Pétales : chacune des parties de la corolle d’une fleur.Comment nomme-t-on celle-ci lorsqu’elle se compose de plusieurs pétales ?lorsqu’ils sont soudés?—He pas confondre avec pédales,—expliquer ce mot.=: Drue : serrée, abondante.= Infatigable : qui ne cesse pas, ne se fatigue pas de tomber.—Quelle remarque à faire à propos de l’altération du radical dans ce mot rl=Moelieuse : douce, molle comme de la moelle.—S' espacent : laissent entre eux un intervalle, un espace.—les mots de la famille ?faire remarquer spacieux.— Damassée : qui, comme ces étoffes qu’on fabriquait primitivement à Damas, porte des fleurs, des dessins en relief ou paraissant tels.=I7b vol : se dit d’un ensemble d’oiseaux qui volent; ici, par analogie, de la masse des flocons qui semblent voler.-=zS’émiette : se réduit en miettes, en frag" ruents,—émier qui a le même sens est peu usité.=Foncé : plus sombre, se rapprochant davantage du noir, de foncer donner un fond, probablement parce que les couleurs sombres forment le fond des tableaux, les derniers plans.^Affaires : ceux qui semblent se hâter, courir, comme les gens qui ont beaucoup d’affaires, cet adjectif et plusieurs autres qui suivent sont employés substantivement.—Rassis : au figuré, calmes, réfléchis.—Panse : le ventre qui témoigne par son ampleur de la vie facile qu’ils mènent.—G-ravité, dignité, L’ENSEIGNEMENT PRIMAIRE 201 etc.presque tous les substantifs en té sont du féminin et ont cette terminaison masculine, sauf ceux qui expriment une idée de contenance comme assiettée, nichée, cuillerée, et les participes employés substantivement qui ont les deux genres, marié, fiancé, Qic.—Aéronaute : absolument celui qui navigue dans l’air (de aér, ( ir et nautés, navigateur).—Nonchalants : ceux qui ne se soucient de rien, paraissent se laisser aller au gré du vent qui les pousse.=/?î
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