La presse, 7 septembre 1973, Pages corrigées
[" LE PLUS GRAND QUOTIDIEN FRANÇAIS D'AMÉRIQUE MONTREAL, VENDREDI 7 SEPTEMBRE 1973, 89e ANNEE, No 214, 50 PAGES, 4 CAHIERS MONTREAL-METRO.15c METEO Aujourd'hui : ciel variable, possibilité d'averses en après-midi.Demain : périodes nuageuses et frais.Maximum 70° Minimum 50° Détails à la page A 2 r*i Tollé contre les restrictions imposées au transport des écoliers L\u2019application par les commissions scolaires du règlement du ministère de l\u2019Education concernant le transport des écoliers continue de soulever de nombreuses protestations dans la région de Montréal.Hier matin, dans la ville de Lache- naie, plusieurs dizaines de parents, accompagnés de leurs enfants, ont bloqué durant plus de deux heures la Montée Masson (route 18), immobilisant autobus d\u2019écoliers automobiles et camions.Un des autobus se serait frayé un chemin en fonçant sur les manifestants, obligeant des femmes à se jeter sur le côté de la route pour ne pas être renversées.Finalement des policiers de la Sûreté du Québec sont intervenus pour libérer la route.Les manifestants se sont par la suite rendus dans un autobus d\u2019écoliers au siège de la Commission scolaire de Terrebonne pour faire valoir leurs griefs: le chemin que les écoliers doivent emprunter est dangereux, étroit, possède peu ou pas d\u2019accotement.Le règlement qui empêche le transport des écoliers qui demeurent à moins d\u2019un mille de l\u2019école oblige les enfants à faire quatre fois par jour une route que des adultes le moindrement prudent se refusent à emprunter.Le représentant de la commission scolaire, M.Blondin, n\u2019a pu que répondre que la sécurité des enfants ne prime pas le règlement du ministère que la commission scolaire doit appliquer.Hier soir, à LaSalle, des centaines Voir TOLLE, page A 6 AUJOURD'HUI La police et la délinquance routière \u2014 page A 5 3^*» \\ Engagés au plus fort de la lutte au championnat de la division Est de la ligue Nationale, les Expos, qui ont remporté une sixième victoire de suite, 5-3 aux dépens des Cubs de Chicago, hier, au parc Jarry, ont acheté le contrat du vétéran Felipe Al ou, des Yankees de New York, pour les aider dans la dernière partie de la saison.Suite à leur victoire d'hier, les Expos ont rejoint les Pirates de Pittsburgh, au deuxième rang, à trois matches des Cardinals de Saint-Louis.\u2014 page B 4 -flGDC/O \u2022\tMarv Levy n'a pas voulu se laisser interviewer par George Springate \u2022\tFerguson Jenkins ne songe plus au vedettariat \u2022\tRoland Hémond aurait tant aimé travailler pour les Expos \u2022\tLa semaine de vérité au hockey junior \u2022\tPour la LNF, Mark Herron est un cas différent de Lance Rentzel \u2014 cahier B us MAUX SULANGUE Jri PAR PIERRE BEAUDRY Icoitsborsiion spec **) Encore pour la galerie \u2014 page C 11 Bourassa se fait écrivain, se repose et réfléchit.\u2014\tpage A 6 Maladies héréditaires ou congénitales C'est vieux comme le monde mais ils essaient encore \u2014\tpage A 9 Les hausses de prix du pétrole coûteront $350 millions de plus au Québec en 1973-74 \u2014\tpage C T \tm\tS\t?:S^LOTO u PERFECTA J\t05\t1\t9 Course no: 23 Tous les participants qui avaient indiqué, sur leur billet, le numéro 10 sous la lettre A, 5 sous la lettre B, 4 sous la lettre C et 9 sous la lettre D gagnent dans l\u2019ordre, ce qui rapporte 2,314.00 dollars pour une mise de 1.00 dollar.Ceux qui avaient choisi les quatre mêmes numéros 10-5-4-9 mais dans un ordre différent, gagnent dans le désordre, ce qui leur mérite 81.90 dollars pour chaque mise de 1.00 dollar.273,053.30 dollars ont été partagés entre 59 prix dans l\u2019ordre et 1,667 prix dans le désordre.SOMMAIRE Arts et spectacles : B 8 à B 11 Bandes dessinées : C 4 Cinéma : B 10 Décès, naissances, etc.: D 11 \"Difes-moi, docteur\" : A 9 Economie : C 1 à C 3 Editorial : A 4 Horoscope : A 9 Informations étrangères : D 1 Jardins et maisons : D 8 Loisirs et Récréation : C 4 \"Mot-mystère\": D7 Mots croisés : D 5 Petites annonces: C5 à C 10, /D 2 à D 10 Radio et télévision : A 7 Sports : B 1 à B 7 SYBIL: D 3 Vivre aujourd'hui A 8, A 8 «SW amüUi ÜliN \u2022\t^ J mm ¦ ¦ V*.i WM O*?.- \u2022 SsMffc; sPW-rïÿîVVv - < ' 4 ¦\t¦ -T'.'¦ l.»! ¦ w- .-'W; ' T\u2018-.' pSl||p m&m.»\tv,-vv,.y ' \u2022t \u2022\t¦«>.\u2022 'vW' >imr S&SM- ii - photo Pierre Côté, LA PRESSE Environ 450 des 800 détaillants d'essence de Montréal ont répondu à l'appel de leur association, hier soir, pour trouver la solution magique qui leur permettrait de \"sauver leurs commerces\".Il semble qu'avec les marges de profits actuelles, 30% des leurs abandonnent le métier chaque année.Le prix du galion d'essence monte de VA cent à Montréal par Bernard TETRAULT Les automobilistes devraient subir dès aujourd\u2019hui, chez la plupart des détaillants de la région métropolitaine, une hausse moyenne du prix de l\u2019essence de l\u2019ordre d\u2019un cent et demi le gallon et la mesure pourrait s\u2019étendre, dans les jours qui suivent, à toute la province.C\u2019est ce qu\u2019ont décidé, hier soir, environ 450 détaillants d\u2019essence membres de l\u2019Association des services de l\u2019automobile, section de Montréal, réunis dans un restaurant de l\u2019est de la ville.Les détaillants, qui ont pris la décision de hausser le prix de l\u2019essence au nom des 600 membres actifs montréalais de l\u2019association et des 800 détaillants que compte, en tout, l\u2019île de Montréal, représentaient, aux dires des membres de l\u2019exécutif, à peu près 80 pour cent du volume des ventes de toute la région.Ils ont décidé, à l\u2019unanimité, comme le leur suggérait leur association, non pas de hausser le prix de l\u2019essence comme tel, mais plutôt d\u2019appliquer, à l\u2019avenir, une norme précise de marge de profit sur le prix qu\u2019ils doivent payer aux grandes compagnies pour l\u2019essence.Cela pour tenter de mettre fin à la guerre actuelle des prix et pour tenter d\u2019uniformiser, à travers la province, et leurs profits, et le prix au gallon vendu au consommateur.Plus ou moins cher Cette décision prise, hier à Montréal, imite le geste de la section Laval de l\u2019association, qui la semaine dernière, a haussé de quatre cents le prix du gallon.Si le mouvement est suivi par tous les détaillants membres de Montréal, et par la suite par les 1,800 pompistes de la province, le prix de l\u2019essence sera très facile à calculer.Les grandes compagnies vendent présentement le gallon d\u2019essence ordinaire 48.1 cents au détaillant.Lui le vend environ 58 cents au consommateur.Mais certains le vendent 56, 57 ou 59 cents, selon la concurrence.Or, en vertu de la nouvelle norme suggérée de 23.5 pour cent de marge de profit, tous le vendraient au prix uniforme de 59.4 cents, dès aujourd\u2019hui.L\u2019essence super, utilisée par 60 pour cent des Québécois, est vendue, elle, au détaillant 53.1 cents le gallon.Présentement, ces derniers l\u2019affichent à 61, 62 ou 63 cents.Or, à l\u2019avenir, en appliquant la norme uniforme suggé- rée, l\u2019automobiliste aurait à débourser, partout, 65.6 cents pour un gallon.Solution magique ?Les détaillants croient avoir trouvé en cette marge uniforme de profit de l\u2019ordre de 23.5 pour cent la solution magique à leurs problèmes parce qu\u2019elle sera appliquée, si elle est suivie, dès que les grandes entreprises leur feront subir une hausse de prix.Ainsi, si le prix du gros d\u2019un gallon passe à 49.1 cent, automatiquement, les détaillants majoreront aussi leur prix, toujours dans la mesure de 23.5 pour cent, à 60.6 cents le gallon au détail.Et ainsi de suite.Faisant subir directement au consommateur les décisions de l\u2019industrie pétrolière.Cette prise de position était apparemment très attendue, à travers la Voir ESSENCE, page A 6 De retour au Koweït, les fedayin restent menaçants KOWEÏT.(UPI, Reuter, AFP) -Les cinq Palestiniens qui détiennent un groupe d\u2019otages arabes à bord d\u2019un aérobus des lignes aériennes du Koweït ont obligé aujourd\u2019hui l\u2019avion à survoler l\u2019Arabie séoudite pendant trois heures et demie, puis sont subitement retournés au Koweit, dernière escale apparente d\u2019une aventure erratique qui a commencé à Paris il y a deux jours.Un porte-parole de l\u2019aéroport a dit que l\u2019avion avait atterri à Koweit à 5 h.45 ce matin, heure avancée de l\u2019Est.Il y avait décollé du même aéroport à 2 h.20 cette nuit, apparemment à la recherche d\u2019une capitale arabe qui permettrait aux terroristes d\u2019atterrir.Plus tôt, les terroristes avaient menacé de nouveau de tuer leurs otages à moins qu\u2019un militant palestinien détenu en Jordanie, Abou Daoud, ne soit libéré.Ils ont aussi menacé de se faire sauter avec l\u2019aérobus koweïtien et ses quatre membres d\u2019équipage si on ne se rendait pas à leur demande.Les guérilleros avaient fixé un délai de 12 heures en quittant le Koweit pour la première fois à destination de Riyad, la capitale de l\u2019Arabie séoudite.Ils ont averti la tour de contrôle de Koweit que pour chaque heure qui s\u2019écoulerait après l\u2019expiration du délai fixé, un otage serait assassiné.L\u2019équipage de l\u2019appareil était également considéré comme otage.L\u2019avion, un Boeing 707 des lignes aériennes du Koweit, est revenu dans cette ville après s\u2019être vu apparemment refuser la permission d\u2019atterrir à Riyad.Après avoir survolé l\u2019Arabie séoudite, l\u2019appareil se serait dirigé vers la capitale de la Jordanie, Amman, a-t-on appris.Mais les autorités de l\u2019aéroport d\u2019Amman ont refusé de préciser si les terroristes avaient demandé la permission d\u2019y atterrir.Cette dramatique aventure a commencé il y a deux jours à Paris quand le commando palestinien a occupé l\u2019ambassade d\u2019Arabie séoudite sous la menace des armes et s\u2019est emparé de plusieurs otages.Ils réclamèrent la libération d\u2019Abou Daoud, leader de la résistance palestinienne qui purge une peine d\u2019emprisonnement à vie en Jordanie.Us répétèrent leur exigence au Caire, ou l\u2019avion syrien mis à la disposition des terroristes à Paris a fait une escale hier soir après que les autorités françaises les eurent autorisés à partir avec leurs otages.Puis la Caravelle syrienne se dirigea vers l\u2019aéroport de Koweit, où les Palestiniens et leurs otages ont passé une partie de la nuit.Pendant les quelque huit heures passées au sol à Koweit, les fedayin n\u2019ont présenté que deux exigences aux autorités : la libération d\u2019Abou Daoud et le remplacement de leur app reil.Le transfert des otages et des fedayin d\u2019un avion à l\u2019autre s\u2019est effectué très rapidement.Les profits des chaînes de magasins responsables de la flambée des prix \u2014 Les producteurs agricoles par Michel ROESLER Les profits sans précédent des industries alimentaires et des magasins à chaîne sont les grands responsables de la flambée actuelle des prix des aliments.C\u2019est ce que soutient, dans un rapport préparé par son service d\u2019études et de recherches, l\u2019Union des producteurs agricoles.Ce rapport cite les chiffres suivants: \u2014\tau cours des mois d\u2019avril, mai et juin 1973, B.C.Packers a augmenté ses bénéfices de 212 pour cent, par rapport à la même période en 1972; \u2014 Dominion Dairies de 41.2 pour cent; \u2014\tG.Weston Ltd.de 82.6 pour cent; \u2014\tDominion Stores de 92 pour cent.\u2018\u2018Depuis bientôt un an, souligne le rapport, les prix des produits agricoles n\u2019ont cessé d\u2019augmenter à un rythme incontrôlable.On a fait porter la responsabilité de ces hausses de prix sur les agriculteurs, le mauvais temps, la pénurie mondiale et le contrôle des prix aux Etats-Unis.\u201cCependant, une des causes les plus importantes des augmentations de prix n\u2019a pas encore été analysée.Il s'agit de l\u2019augmentation sans précédent des profits des entreprises de transformation et de distribution des produits alimentaires.\u201d A titre d\u2019exemple, si on prend $1.00 dépensé pour l\u2019alimentation et qu\u2019on le partage entre le secteur agricole et les industries de transformation et de distribution, on s\u2019aperçoit que de 1951 à 1971, la part allant aux compagnies est passée de 40 cents à environ 60 cents.En se fondant sur des données plus récentes \u2014 la comparaison des rapports annuels de quelques magasins à succursales entre 1971 et 1972 \u2014 le rapport de l\u2019Upa montre que: \u2014 Loblavv a augmenté ses ventes de 0.4 pour cent, ses profits de 43.2 pour cent, tout en payant 6.8 pour cent d'impôts de moins que l\u2019année précédente; \u2014 Dominion Stores a augmenté ses ventes de 24.1 pour cent, ses profits de 188.2 pour cent et ses impôts de 184.2 pour cent; \u2014 Steinberg a augmenté ses ventes de 11.2 pour cent, ses profits de 58.2 pour cent et ses impôts de 17.9 pour cent; \u2014 M.Loeb a augmenté ses ventes de 2.8 pour cent, ses profits de 21.8 Voir MAGASINS, page A 6 arts et spectacles B 8 IA PRESSE, MONTREAL, VENDREDI 7 SEPTEMBRE 1973 -CINEMA/LA SEMAINE- Des cris et des chuchotements que Bergman Savait pas prévus Le grand cinéaste suédois Ingmar Bergman vient de déclencher sans le savoir une nouvelle querelle linguistique au Québec.En effet, depuis que son dernier film, \u201cCris et chuchotements\u201d, a pris l'affiche dans deux cinémas de Montréal dans sa version originale mais accompagnée uniquement de sous-titres anglais, la critique francophone a vivement protesté contre ce manque flagrant de respect aux droits d\u2019une collectivité.Hier, l\u2019Association des réalisateurs de film du Québec adressait au premier ministre du Québec de même qu\u2019au ministre des Affaires culturelles un télégramme dénonçant cette situation et exhortant le gouvernement à prendre ses responsabiliés dans ce domaine.Voici d\u2019ailleurs le texte intégral que l\u2019Association a fait remettre aux journaux : \u201cLa projection à Montréal du dernier film de Ingmar Bergman \"Cris et chuchotements\u201d en version originale suédoise avec sous-titres unilingues anglais, réaffirme la dépendance culturelle du peuple québécois vis-à-vis la pénétration de la.culture cinématographique étrangère.\u201cL\u2019Association des réalisateurs de film du Québec s\u2019insurge devant ce fait qui dure depuis trop longtemps et informe le gouvernement du Québec de sa volonté de voir cette situation se transformer dans les plus brefs délais.\u201cVoici la teneur du télégramme que l\u2019Association a fait parvenir au premier ministre et au ministre des Affaires culturelles du Québec: \u201cEn vertu des droits politiques, sociaux et culturels des Québécois francophones, l\u2019Association des réalisateurs de film du Québec demande aux autorités politiques du Québec d\u2019exiger par force de loi que tous les films projetés sur le territoire québécois dont la langue originale n\u2019est pas le français, soit nécessairement et simultanément accessibles en version sous-titrée ou doublée en français.\u201d Le président de la Société nouvelle de cinématographie, M.Michael Co-stom, de qui relèvent les deux cinémas qui présentent le film de Bergman s\u2019est dit pour sa part \u201ccent pour cent d\u2019accord\u201d avec la déclaration des cinéastes.\u201cEntre vous et moi.a-t-il confié au représentant de LA PRESSE, c\u2019est une situation qui est un peu dégoûtante.Les grandes maisons de distributions les \"majors\", sont toutes amé- ricaines et ne comprennent pas le problème.Elles achètent les droits de distribution des films étrangers et obtiennent gratis les droits pour le Canada, Québec y compris.Dans mes discussions avec les producteurs étrangers, je leur dis toujours: vendez tes droits pour le Canada anglais avec les droits américains, si vous voulez, mais pas les droits pour le Canada français.C\u2019est un autre pays !\u201d Dans le cas du film de Bergman, M.Costom tient à faire remarquer qu\u2019un contrat avait été signé entre sa propre compagnie et le distributeur américain, National Telefilm Associated Corporation.Dans ce contrat, le distributeur américain s\u2019engageait à livrer dans un premier temps deux copies en version originale du film de Bergman, l\u2019une avec des sous-titres français, l\u2019autre avec des sous-titres anglais.Plus tard, il devait livrer deux nouvelles copies, mais cette fois une version doublée en français et l\u2019autre en anglais.Or, les deux seules copies disponibles au moment où le film a pris l\u2019affiche, le 24 août, consistaient en deux versions originales avec sous-titres anglais.\u201cC\u2019est le distributeur.conclut M.Costom, qui n\u2019a pas respecté son contrat.\u201d Il a laissé entendre que la copie tant attendue devrait arriver d\u2019ici une dizaine de jours.\u201cDès qu\u2019elle sera arrivée, a-t-il ajouté, même si c\u2019est au milieu de la semaine, on va la mettre à l\u2019affiche immédiatement.\u201d Preminger : peu à dire Otto Preminger est venu à Montréal.Invité de Lise Payette et de Radio-Canada, le réalisateur américain d\u2019origine autrichienne a accepté après l\u2019enregistrement d\u2019 \u201cAppelez-moi Lise\u201d de bavarder amicalement avec les journalistes.Cet homme au crâne rasé mais au faciès moins célèbre que Hitchcock a néanmoins accumulé en près de 40 ans de métier plus de 35 films.A 66 ans, il s\u2019apprête à tourner deux nouveaux films, l\u2019un sur les époux Rosenberg (\u201cImplosion Conspiracy\u201d) et l\u2019autre sur le célèbre médecin canadien, Norman Bethune.En octobre, il fera la mise en scène de la seule pièce écrite par Eric-Maria Remarque.\"Full Circle\u201d.Entretien laborieux, à l\u2019image de celui qu\u2019il a accordé à Lise Payette, la rencontre de Preminger avec les journalistes a consisté en une succession de questions sans réponses ou de réponses trop squelettiques pour satisfaire l\u2019appétit de mes camarades.Il est vrai que le réalisateur américain s'exprime avec une certaine difficulté en français.Talonné pendant une heure par Lise Payette (qui ne le lâcha pas d\u2019une semelle pendant la conférence de presse), Preminger pouvait au moins énumérer les sujets sur lesquels il ne voulait pas parler.Il ne voulait pas parler de politique, il ne voulait pas parler de son oeuvre passée, il ne voulait pas parler de son style, de ses préoccupations, de ses collègues, de la continuité de son travail.En somme, il ne voulait pas parler.On a malgré tout réussi à lui arracher quelques déclarations.Aimerait-il faire un film sur l\u2019affaire Watergate?\u201cOn m\u2019a posé la question à la télévision londonienne, répond-il.Je considère être en mesure de le faire mais malheureusement l\u2019acteur principal ne sera pas disponible avant un certain temps!\u201d Que pense-t-il de John Ford (qui vient de mourir)?\u201cII était un grand metteur en scène.Il était amoureux de Nixon.Il était plus réactionnaire que lui !\u201d Il a tourné avec Marilyn Monroe (\u201cRiver of no return\u201d).Que pense-t-il de l\u2019actrice américaine?\u201cC\u2019était une personnalité du cinéma.Mais elle était une femme très malheureuse et ambitieuse.Elle a voulu devenir une-bonne actrice.C\u2019est tout.Nous avons fait ce film et après je ne l\u2019ai plus revue.\u201d Mais l\u2019intervention qui résume le mieux sa pensée pourrait être la suivante: \u201cJe ne me considère pas comme mon biographe.Je ne pense pas à ce que j\u2019ai fait.Je travaille.Je fais des films.Quelques-uns ont du succès, d\u2019autres pas du tout.Et je fais d\u2019autres films ou je monte d\u2019autres pièces.C\u2019est ma vie.Quand je serai mort, j\u2019espère que quelques étudiants du film vont étudier ma vie, mon travail et mes films.Mais je ne pense pas en ces termes.Quand je travaille à un film, je ne pense qu\u2019à ce film.Quand il est terminé, je l\u2019oublie immédiatement, je m\u2019en détache et je fais autre chose.C\u2019est la seule possibilité pour moi pour pouvoir continuer.Je ne peux pas continuer en pensant au passé.\u201d Comme dirait l\u2019autre: c\u2019t\u2019un genre! Luc PERREAULT OP* : Mr fN* V » s-' îhr.s '.*
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