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La presse
La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. L'influence des journalistes de La Presse s'étend aujourd'hui au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias. [...]

La Presse est un grand quotidien montréalais publié depuis 1884. Très rapidement, le journal se présente comme un quotidien d'information indépendant et abordable pour la population ouvrière. Il veut se démarquer des journaux d'opinion, organes de partis politiques, qui sont fort courants à l'époque.

Sa fondation résulte d'une rivalité entre deux factions du Parti conservateur fédéral. William Edmond Blumhart, secrétaire et gendre de l'important homme d'affaires Louis-Adélard Senécal, affilié au clan du conservateur Joseph-Adolphe Chapleau, lance La Presse pour concurrencer le journal Le Monde qui appuie le premier ministre John Alexander MacDonald.

Un quotidien nommé Le Nouveau Monde voit d'abord le jour à la mi-octobre 1884. Après la publication de quatre numéros, il change de nom pour La Presse. Le premier numéro du journal est publié le 20 octobre 1884.

Le succès de La Presse est rapide, mais le journal est un gouffre financier. Après quelques changements de mains, il est racheté en 1889 par Trefflé Berthiaume, typographe à La Minerve. La modernisation du journal, entre autres avec l'intégration d'illustrations aux faits divers et l'impression par linotypes, permet de rendre l'entreprise rentable.

Trefflé Berthiaume sera à la tête de La Presse de 1889 à 1904 et de 1906 à 1915, année de sa mort. Arthur Berthiaume, son fils, prend alors en charge le journal. Trefflé Berthiaume lui a légué la propriété du journal qui, selon une clause testamentaire, devra appartenir à ses descendants pendant plusieurs générations. Nombre de disputes familiales éclateront dans les décennies suivantes, jusqu'à l'achat de La Presse par Paul Desmarais en 1967.

En 1913, le tirage de La Presse atteint déjà 121 000 exemplaires. Il augmente jusqu'au début des années 1960, alors qu'il atteint près de 300 000 exemplaires.

Une grève des employés et des cadres du journal éclate en 1958. Jean-Louis Gagnon, alors journaliste fort réputé, est appelé pour réinstaurer un climat de confiance. Il introduit la signature des journalistes au bas des éditoriaux et au début des reportages, ce qui permet la reconnaissance et le vedettariat des journalistes.

À partir de cette époque charnière, les postes de responsabilité éditoriale sont attribués à des journalistes renommés dont Gérard Pelletier, Roger Champoux, Jean-Paul Desbiens, Roger Lemelin, Jean-Guy Dubuc, Vincent Prince, Alain Dubuc et André Pratte.

En 1964, une autre grève, qui dégénère en lock-out, bénéficie à Pierre Péladeau, qui profite des événements pour lancer le Journal de Montréal. En 1971 et 1972, La Presse connaît un long lock-out qui lui fait perdre des lecteurs au profit du Journal de Montréal et du Montréal-Matin. Le tirage de La Presse passe de 285 000 en 1962 à 203 000 en 1966, puis à 165 000 en 1975.

Le tirage du journal atteint toutefois de nouveau des chiffres impressionnants dans les années 1980 (plus de 300 000 pour l'édition du samedi), chiffres qui sont près de se maintenir au début du XXIe siècle.

La Presse s'est rapidement imposée par la qualité de ses illustrations. Quelques grands illustrateurs et caricaturistes y ont d'ailleurs fait carrière : Albert-Samuel Brodeur, Georges Latour, Albéric Bourgeois, Pierre Dorion, Roland Berthiaume (Berthio), Jean-Pierre Girerd et Serge Chapleau. Les photographies de Conrad Poirier et d'Antoine Desilets ont aussi illustré les pages de La Presse.

L'influence des journalistes de La Presse s'étend au-delà du lectorat du journal et plusieurs d'entre eux sont invités à commenter l'actualité dans d'autres médias.

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La Presse québécoise des origines à nos jours, Québec, Presses de l'Université Laval, 1977, vol. III, p. 112-118.

FELTEAU, Cyrille, Histoire de La Presse, Montréal, La Presse, 1983-1984, 2 vol.

Éditeur :
  • Montréal :[La presse],1884-2017
Contenu spécifique :
Perspectives
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseur :
  • Nouveau monde (1884)
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Références

La presse, 1973-08-04, Collections de BAnQ.

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QUE LES HOMMES POLITIQUES DONNES GAGNANTS SE MEFIENT; QUE LES AUTRES SE CONSOLENT I Illustration Louisa Nicol par Normand Bourdon Dans les jours qui suivirent la publication des résultats d'un sondage électoral par un grand qi otidien montréalais, les commentaires allaient bon train dans les-colonnes réservées aux lecteurs du même journal.Certains mettaient en doute le bien-fondé des questions posées par les intervieweurs, d'autres trouvaient insuffisant le nombre de personnes interrogées, d'autres enfin qualifiaient d'abusives les interprétations auxquelles s'étaient livrés chroniqueurs et éditorialistes de ce quotidien à partir des résultats que leur avait fourni une grande maison de sondage.Au cours des mêmes jours, le maire d'une grande ville du Québec, qui n'est pas la capitale, disait d'un sondage qui mettait en doute la popularité d'un de ses nouveaux projets que c'était un \"faux sondage\".On n'a qu'à se rappeler les dernières élections fédérales ou provinciales pour apprécier à leur juste mesure la violence des controverses et, très souvent, des passions que soulèvent les sondages électoraux et, de façon générale, les sondages d'opinion.On parle alors en divers milieux d'abus par les media d'une technique scientifique qui n'aurait en soi rien de repréhensible; certains chroniqueurs se laisseraient aller à la magie des chiffres qu'on peut manipuler et interpréter comme s'ils étaient irréfutables.Il est effectivement assez exaltant d'avoir l'impression qu'on sait à peu près exactement ce que pense la majorité \u2014 malgré son silence devenu légendaire \u2014 des grands problèmes de l'heure, des partis et des candidats qui s'opposent dans une élection.\t* Les inteqtrétations des sondages électoraux et les controverses qu'elles provoquent fatalement sont en voie de faire partie intégrante du folklore électoral de notre soc iété dont le développement technologique et l'évolution sociale ne permettent plus aux désormais regrettées assemblées contradictoires d'être le lieu privilégié des débats qui concernent les citoyens et les administrateurs de l'Etat.Signe des temps, on juge de plus en plus les partis politiques à leur capacité à gagner des points au jeu des sondages plutôt qu'au contenu de leurs programmes politiques! Dans cette pers- Suite page 4 4 août 1973 \u2014 5 pective, les hommes politiques sont peut-être complices d'un certain mythe qui entoure les sondages électoraux: lequel pourra se vanter de ne pas avoir succombé à la tentation de faire d'un sondage qui le favorise le signe indiscutable de la confiance sans bornes de l'électorat?Lequel de ces élus par sondage n'a pas insisté sur le caractère scientifique des sondages électoraux comme si les techniques scientifiques mises en oeuvre pour leur réalisation leur conféraient un caractère pratiquement surnaturel?On peut cependant compter sur nos hommes politiques pour ramener les sondages d'opinion à des proportions un peu plus humaines quand le concours de circonstances que forment une part de hasard et le moment choisi pour mener le sondage les donnent perdants! Mais alors, qui prêtera une oreille attentive à leurs plaintes?Dans un tel contexte, ceux qui réalisent les sondages d'opinion sont promus malgré eux au rang de vedettes-astrologues et les maisons auxquelles ils appartiennent verront leur nom paraître au générique des fables politiques des temps modernes.Ils auront beau nous dire, à l'instar d'Alcide Ouellet, qu'ils ne peuvent prédire plus de vingt-quatre heures à l'avance d'où soufflera le vent sur la colline parlementaire ou quel parti prendra une \"dégelée\" aux prochaines élections, on persistera à leur accorder des pouvoirs de divination d'autant plus grands qu'ils sont maladroits ou fort peu écoutés lorsqu'ils nous expliquent les limites inhérentes aux techniques de sondage.Pendant que les controverses sur les sondages d'opinion font rage et que les experts participent à des tables rondes à la télévision ou à la radio, le public assiste à un débat qui le concerne sans qu'il sache exactement de quoi il s'agit.\"Croyez-vous aux sondages?\" demandait récemment l'animateur d'une ligne ouverte à la radio d'Etat.Les auditeurs ont vite fait de s'apercevoir que le public ne fait pas toujours la distinction entre le montage publicitaire déguisé en sondage (\"Une Québécoise sur trois lave son linge avec.\"), les jeux parfois démagogiques de certains animateurs de lignes ouvertes (\"Etes-vous pour ou contre les anarchistes malpropres qui détruisent la société?\".) et le travail sérieux de maisons reconnues.On connaît très mal les activités des professionnels des sondages d'opinion sinon par la publication sporadique des résultats de quelques sondages électoraux.Qui sont-ils?Pourquoi réalise-t-on des sondages d'opinion?Qu'est-ce qu'un son- dage d'opinion scientifique?Et puis, tout d'abord, quelles sont les pricipales maisons de sondage?C.R.O.P.(Centre de recherche sur l'opinion publique) est sans doute une des maisons les plus connues et les plus respectées.Nous y avons rencontré M.Claude Gauthier pour qui \"les sondages d'opinion sont comme une photographie: ils nous donnent une image à peu près juste de certains aspects de l'opinion publique à un moment précis\".C.R.O.P.est surtout connu parce que c'est la maison qui voit le plus les résultats de ses sondages publiés par les media.Le Centre de sondage de l'université de Montréal, où nous a reçu M.Serge Carlos, publie également une bonne partie de ses recherches puisqu'il est tenu par ses règlements, soit de publier soit de mettre à la disposition des intéressés les données et les résultats de tous ses sondages.Certaines maisons comme Sondage d'opinion du Québec, où nous avons rencontré M.Gilles Demontigny, et Réalités canadiennes, où M.Michel Aubrée nous accueille dans son bureau de la rue Sherbrooke, ne réalisent presque jamais de sondages dont les résultats sont destinés à la publication.En tout, une dizaine de maisons de plus on moins grande envergure se disputent le marché montréalais et québécois de l'opinion publique, sans compter les consultants qui, travaillant seuls et à sous-contrats, grugent leur part des études qui sont commandées par les gouvernements, les partis politiques, les syndicats ou les compagnies.îytalgré cette abondance de ressources humaines et de talent, certains gouvernements font faire aux Etats-Unis des recherches dont les résultats engagent l'avenir du Québec et dont la réalisation crée de l'emploi.outre-frontière! On ne saurait parler des grandes maisons de sondage sans parler de Gallup et Harris, les géants américains des sondages d'opinion dont les filiales canadiennes réalisent des enquêtes d'envergure nationale.Ces maisons existent depuis fort longtemps et sont les principales responsables de la popularité des sondages en Amérique.Elles ont, au cours des années, monté de solides réseaux d'intervieweurs et sont en mesure de réaliser des sondages d'envergure dans les meilleurs délais.Les maisons de sondage ne réalisent en général que très peu de sondages électoraux mais beaucoup de recherches qui n'ont rien à voir avec l'opinion publique: elles travaillent fré- quemment auprès de groupes spécialisés ou restreints de la population: une association professionnelle veut connaître l'avis de ses membres sur un projet de loi qui les concerne et il est impossible, pour une raison ou pour une autre, de tous les consulter: on fera alors appel à une maison de sondage qui mettra en branle toute une équipe de spécialistes de diverses disciplines: psychologues, sociologues, statisticiens et informaticiens s'affaireront autour d'un questionnaire qui sera acheminé par une équipe d'intervieweurs entraînés spécialement à cette fin et qui sont très souvent des épouses ou des étudiants travaillant à temps partiel.Les maisons de sondage sont ainsi amenées à être impliquées dans toutes sortes de situations et à mener tous les types de sondages pour un marché qui ne leur permet pas de se confiner aux seuls sondages d'opinion.C'est ainsi qu'on les verra parfois réaliser des études de marché et des tests de produits: doit-on introduire une amélioration \"révolutionnaire\" à votre dentifrice ou modifier radicalement l'emballage?Un questionnaire fort habile est immédiatement rédigé et des dizaines de personnes s'occupent à résoudre ces questions cruciales pour l'avenir de l'humanité.On mène également des enquêtes qui seront publiées en annexe du rapport d'une Commission royale d'enquête ou qui dorment dans le tiroir d'un sous-ministre en attendant que le contenu en soit périmé! Bien que les sondages électoraux ne soient qu'une activité marginale et cyclique (selon le rythme de déclenchement des élections à chacun des niveaux) pour les maisons de sondage, c'est aussi celle qui porte le plus à controverse: la publication des résultats des sondages électoraux a-t-elle une influence sur le vote?Devrait-on imiter la Colombie britannique et interdire ou du moins limiter celle-ci en période électorale?Selon M.Serge Carlos, il n'existe aucune étude connue qui prouverait une influence systématique de la publication des résultats d'un sondage sur le vote.On entretient cependant des doutes singuliers à cet égard, d'autant plus que les risques sont considérables: s'il est vrai que les indécis ont plus souvent qu'autrement tendance à voter gagnants, les sondages électoraux ne peuvent être publiés sans favoriser un parti ou un candidat.On pourra toujours argumenter qu'il n'est pas certain que les indécis soient de fervents lecteurs de journaux et SONDAGES D\u2019OPINION encore moins de résultats de sondage Mais alors, que dire des partisans peu farouches de ceux que les sondages défavorisent?Seront-ils influencés par les sondages quand viendra le moment de déposer leurs bulletins de vote dans les urnes?Que dire encore des organisateurs et collaborateurs des candidats et des partis défavorisés ainsi, qui devront vivre les affres de la défaite deux ou trois fois durant la campagne électorale?\"Même si on ne connaît pas encore exactement leur effet sur l'opinion publique ni leur rôle dans le processus par lequel les gens choisissent un candidat ou un parti, j'entretiens de sérieuses réserves quant à la publication des résultats des sondages électoraux durant les campagnes électorales\", dit M.Carlos.Certains expriment cependant des opinions divergentes.Tout en reconnaissant que la publication des sondages puisse comporter certains dangers, M.Claude Gauthier, de C.R.O.P., se demande si les résultats de ces derniers ne sont pas des informations comme les autres et devraient, par conséquent, pouvoir être publiés.\"Les gens ont autant le droit de savoir, et ce, assez objectivement, où en est l'opinion publique à un moment donné d'une campagne électorale, dit-il, que de voir les chroniqueurs faire des appréciations de l'atmosphère d'une assemblée politique ou de la tournée d'un candidat.D'autant plus qu'à mon avis il est plus dangereux de voir ces informations rester aux mains de quelques individus qui peuvent s'en servir à leur gré que de les voir étalées sur la place publique.\" Comment alors concilier ces deux impératifs: d'une part, empêcher les sondages électoraux d'être des instruments politiques au même titre qu'une certaine publicité et, d'autre part, continuer d'informer le public aussi honnêtement que possible?Aucune solution à ce problème n'est simple.Il n'en demeure pas moins que les media sont saisis du problème et qu'une bonne part de celui-ci provient sans doute d'une certaine façon de traiter les sondages électoraux.Le sensationnel est le pire ennemi de ces derniers: les titres ronfleurs et par définition simplificateurs sont incompatibles avec les nuances et les conditions qu'il faudrait toujours associer aux résultats d'un sondage.Sans compter qu'ils entretiennent un mythe qui ne s'éteindra que lorsqu'il sera bien compris qu'entre les sondages électoraux et une certaine astrologie politique il n'y a rien de commun.\u2022 4\u20144 aoûl 1973 if** g -\u2022 fl\t¦: ¦ -' - .¦ ¦ b?\\T# BOUT FILTRE \u2022 BOUT UNI \u2022 MENTHOL AVIS: Le ministère de la Santé nationale et du Bien-être social considère que le danger pour la santé croît avec l'usage. talkies \u2014 et dans laquelle elle crut reconnaître les ¦ petits tarzans d'Hemmingford\", c'est ainsi que les vaches de la région surnomment les gardiens du Parc Safari africain qui s'est établi il y a quelque temps dans ces parages.Clotilde ignorait que, ce matin-là, on lâchait les fauves, ces dix-neuf superbes tigres de Sibérie de race pure dont le Parc venait de faire l'acquisition: de loin la plus belle collection du genre au monde! Depuis sauta la coulée et plongea au grand galop dans un petit bois de cèdres afin de s'y mettre à couvert.De sa cachette, Clotilde ne perdit rien de la suite du spectacle.A six heures du matin, ce frisquet vendredi du milieu de juin, d'autres tout terrain semblables au premier allaient et venaient le long du haut grillage d'où chaque nuit, depuis soixante jours, émanaient des rugissements si terribles qu'ils faisaient dresser le poil sur les bêtes des troupeaux des alentours.D'autres barbus en chemise kaki, fusil en bandoulière ou au poing, n'en finissaient pas de tourner autour des véhicules, petite armée que Clotilde entendait parler dans d'étranges boîtes noires \u2014 des walkie- Texte et photos Pedro Rodrigues Clotilde battait avec sa queue échevelée la mesure de son contentement et, le cou tendu sans aise à travers la rude clôture de perches, vautrée jusqu'aux oreilles dans le champ d'avoine grasse, mâchouillait, les yeux convulsés de bonheur, les verts délices du fruit défendu.Se ravisant soudain, elle jeta autour d'elle un coup d'oeil inquiet pour s'assurer que personne ne l'avait aperçue.Son sang de vache normande, d'ordinaire si placide, se glaça dans ses veines: à cent pas derrière une talle de marguerites, de l'autre côté de la petite route, un grand blond barbu en chemise kaki, juché sur le toit d'un véhicule tout terrain déguisé en zèbre, la couchant en joue, ajustait sur son auguste postérieur la mire télescopique d'une carabine de fort calibre.Sans prendre le temps de se demander ce que lui voulait ce triste hurluberlu, arrachant d'un coup de corne sec le bout de barbelé rouillé qu'elle avait si soigneusement contourné, claquant les sabots, elle soixante jours, ils étaient là, douze venus des grands jardins zoologiques d'Europe.d'Afrique du Nord et d Asie, sept de leur Tadjikistan natal, entassés dans un enclos exigu, et ce matin, la quarantaine enfin terminée, on allait leur rendre une liberté relative dans leur nouveau domaine de douze acres, leur petit bois et leurs deux étangs.Mais il faut savoir se limiter, et l'on ne savait pas trop si les tigres, eux, le sauraient.On se souvient que, le mois dernier, douze tigres, du Bengale ceux-là, se sont payé une petite excursion de santé dans les champs d'Hemmingford; or, le climat du Québec ressemble beaucoup à celui de la Sibérie, les dix-neuf nouveaux venus allaient-ils se sentir un peu trop chez eux?\tSuite page8 A HEMMINGFORD, ON TENTE DE RASSEMBLER DANS LE MÊME ENCLOS DES CENTAINES DE VISITEURS ET DIX-NEUF TIGRES DE SIBERIE SANS TROP MÊLER LES CARTES ; *3»ip tV-V;* mm igarcs rS-'X * .V .* o jv ., ¦v»> W- «T - ¦ m Wvr il >¦*! V m \\ r\\(r .¦>r On avail pris soin d'entourer leur domaine d'une solide clôture, plus précisément d'un double grillage métallique, haut de onze pieds à l'intérieur, de seize à l'extérieur, et laissant entre ses deux parois un \"terrain neutre\" de dix pieds de largeur.Toutefois, malgré ces précautions, les gardiens étaient sur les dents, car on a déjà vu des tigres de Sibérie sauter, presque sans élan, à une hauteur de plus de dix-huit pieds, ou d'un bond franchir un fossé large de quarante pieds, et qui sait s'il n'allait pas prendre à l'un d'entre eux le caprice de se délier ainsi les pattes en allant se payer un petit sprint du côté de la cidrerie?Surtout que, pour arranger les choses, une tornade, au début de la semaine, avait fauché quelque neuf cents pieds de clôture dans un autre coin du parc, et que la veille, une bonne dame du village, en revenant du bingo, avait trouvé un rhinocéros en goguette qui pataugeait joyeusement dans ses tulipes! Décidément, en tripotant nerveusement leurs cartouches de soporifique \"au cas où\", ces pauvres gardiens avaient de sérieuses raisons de s'inquiéter.Lentement, un ingénieux système d'ouverture électrique commence à soulever les trappes qui bloquent la sortie des cages, habile processus que hâte d'un coup de patte bien logé un gros mâle un peu pressé.En bloc, d'un même bond, surgissent une dizaine de tigres excités qui s'éparpillent aussitôt dans un premier enclos et qui, lorgnant avec suspicion du côté de la porte que l'on a laissée entrouverte à dessein, partent timidement à la découverte de leur nouveau territoire.Quelques badeaux, rassemblés à respectable distance, attendent en vain l'autre dizaine de tigres: ceux-là sont restés sagement dans leur cage, pas de plein gré, bien sûr, mais tout simplement parce que les gardiens n'ont lâché par prudence que la moitié de la ménagerie.C'est là un stratagème fort usité dans ce domaine: on libère d'abord la moitié du troupeau, pour une heure environ, puis on l'oblige à réintégrer sa cage.On mélange ensuite les fauves qui sont déjà sortis et ceux qui sont restés, puis on les libère enfin tous en même temps, sachant que les premiers guideront les seconds vers leur nouveau territoire sans trop de bousculade.De bousculade?je ne serais pas prêt à dire qu'il n'y en a pas eu: les cages se sont vidées comme des classes à l'heure de la récréation et jamais I on ne vit autant de tigres passer en même temps aussi vite par de si petits trous! Derrière la double clôture métallique, des doigts tremblaient sur des gâchettes humides, mais au bout d'une demi-heure, il fallut bien se rendre à l'évidence: les fauves étaient comblés et n'avaient, pour l'instant, aucune envie de faire l'école buissonnière.Peu à peu, les cols se détachèrent.Petit à petit, les tigres s'installaient.C'était bien beau, mais comment allaient-ils s'habituer à l'invasion de visiteurs qu'ils allaient devoir bientôt affronter?Dans un parc comme celui d'Hemmingford, où les animaux se promènent en toute liberté, ce sont les vi- devant un monceau de viande et se livraient à leur passe-temps préféré.Me prenant sans doute pour quelque supplément à leur ordinaire, un petit nombre de curieux s'approcha de la route.Je m'arrêtai pour les observer.Eux aussi.Nous nous sommes ainsi lorgnés l'espace de quelques minutes puis, quoi de plus naturel, ils m'ont goûté.ma voiture, s'entend! De toute évidence, ils m'ont trouvé de leur goût: ils devaient manquer de sel et moi, quelle aubaine, j'en avais; je revenais du bord de la mer et la poussière qui abondait sur ma carrosserie \u2014 enfin, celle de ma voiture \u2014 m'attirait de longs et consciencieux coups de langue, l'avais rarement vu lavage plus méticuleux! Il y a même un téméraire qui, le pauvre, a fait un drôle de saut quand il s'est mis en frais de lécher le tuyau d'échappement brûlant.Pous faire plus ample connaissance, quelques braves se sont levés sur leur pattes d'arrière afin d'écorni-fler par les fenêtres.J'avoue que je suis resté un peu drôle au début, car je regardais ailleurs et le petit bruit qui me fit tourner la tête était celui d'une jolie langue rose glissant sur la vitre où j'étais appuyé.J'ai eu un petit serrement de coeur en voyant un des gros chats sauter sur le capot.La raison est simple: c'est là que je remise mon pneu de secours et je savais, parce qu'on me l\u2019avait dit, que ces tigres-là aimaient beaucoup les pneus, pour y planter les dents.C'est ainsi qu'ils avaient crevé ceux du premier camion qu'on leur avait présenté, pour jouer, sans doute.Je regardais mon Michelin tout neuf et j'essayais d'imaginer la tête du vendeur lorsque j'irais lui demander si la garantie.C'est ainsi que, petit à petit, se lia entre dix-neuf tigres de Sibérie et moi une amitié que je ne tentai pas de sonder plus avant mais qui nous parut si solide dans ce statu quo que, durant les six heures que je restai à les observer, ils poussèrent la confiance jusqu'à me ronfler sous le nez, ce en quoi je fus un moment bien près de les imiter, tant leur sommeil est contagieux.Pour des raisons qu'après tout ce temps je ne pouvais plus guère retenir et qu'il eût été fort inconvenant, et ma foi dangereux, de leur exposer, je quittai mes nouveaux amis au regret de les réveiller, mais les affaires sont les affaires, et les miennes commençaient à urger.\u2022 C'est avec beaucoup de curiosité et un peu de circonspection que les fauves accueillent leurs premiers visiteurs.siteurs qui se mettent en cage, et leur cage, en l'occurrence, est justement leur automobile, dans laquelle ils circulent dans le parc.Comment donc ces dix-neuf tigres de Sibérie, reconnus à juste titre comme les plus grands et les plus féroces des fauves, allaient-ils réagir devant la procession de nourriture en conserve que l'on allait maintenant leur imposer?Depuis soixante jours qu'avait durés leur quarantaine, ils s'étaient lentement habitués à la présence de véhicules et en étaient peu à peu arrivés à considérer ceux-ci comme de grosses bêtes à vous couper l'appétit.Pour ce qu'il y a dedans, ben ma foi, à part se lécher les babines et regarder, quand on n'a pas d'ou-vre-boîte, il faut savoir se contenter.De toute leur vie, ces dix-neuf tigres de Sibérie, dont les plus gros mesurent près de treize pieds du museau au bout de la queue, n'avaient jamais vu de près que des véhicules tous terrains zébrés de blanc et de noir.Comment accueilleraient-ils leur première voiture d'une autre couleur?Au volant de ma Land-Rover bleue, j'eus l'insigne honneur de le vérifier.Lentement, la haute porte grillagée du sas électrique se referma derrière moi; à peine avais-je entendu le claquement sec du loquet se refermant que la seconde porte, semblable, commença à glisser sur son rail.Du haut de sa tour de vigie, le garde-barrière, d'un salut, m'indiqua que le chemin était libre.J'avançai et, à quelque distance, j'arrivai à une troisième clôture, simple, que fermait un haut portail.Embusqué dans une guérite, un barbu en chemise kaki m\u2019attendait: sans lâcher sa carabine, il poussa la porte, prenant garde de bien rester à l'extérieur, puis referma prestement après mon passage.J'étais enfin dans la fosse aux lions \u2014 pardon, dans le clos des tigres! Les locataires, eux, étaient rassemblés au fond de la cour attablés sans trop de manières lâchez fatras! \u2019H .\u20195^ r&\\ H \u2014 4 août 197.1 ?sr1* tss** > :Taà\u201d\u2019 iVK: Pi:A y %mri < ¦* sa m mm *.4; 1 \u2022\t\u2022 ?>vy-; w 'Mr: i» ^ 'V* i» \"\u2022***.t\t-.i | ÜBBBM 5
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