La presse, 11 mai 1973, B. Sport-hebdo
[" sport-hebdo MONTREAL, VENDREDI 11 MAI 1973 89e ANNEE - No 112 Dites aux gens que je suis heureux \u2014 Doug Harvey PAR FRANÇOIS FOREST Tout juste avant de bifurquer sur la Trans-Canadienne en route pour Toronto, Doug Harvey s\u2019excuse, stoppe sa voiture de location devant le parvis d\u2019une toute petite boutique, rue de la Côte-des-Nei-, ges: \u2014 J\u2019aimerais, si tu permets, arrêter ici quelques instants.Le temps seulement d\u2019emprunter à mon frère ses espadrilles de golf.: et je reviens.Sur la Côte-des-Neiges, lundi, le : ciel était clair et la brise était bonne, un vent de l\u2019ouest sans pollen, mais augure d\u2019une belle fin d\u2019après-midi.\u2014 Tu vois, j\u2019aime prendre la roule comme ça.Sans façon, Avec deux, trois bons cigares et de lon-: gués heures à l\u2019avant.Plus loin entre Rigaud et la très longue route droite, il demandera si je veux des prunelles.\u201cJe connais un heureux cultivateur.\u201d.Tl ralentit \u201callure, branche ses feux de signalisation, s\u2019apprête à quitter l\u2019autoroute pour une sortie de banlieue quand: \u201cMais bon sens, j\u2019y pense, c\u2019est pas la saison !\u201d C'était pas la saison, mais c\u2019était sa fête.Tout était prétexte.Moi qu\u2019il ne connaissait pas, la route qui s\u2019annonçait courtoise.\u2014 Pas avant juillet, certainement.Les carpelles n\u2019ont certes pas germé encore.Mais si tu y tiens, je peux te montrer les maisonnettes que j\u2019ai érigées pas bien loin d\u2019ici.Moi.je n'avais rien demandé.Mais il était comme le Vieux que.raconte Daudet.Heureux de me conduire, de renouer avec les jours passés.Le nez au vent, à la fenêtre de la portière, l\u2019oeil pas du tout à la prudence, il expliquait: \u201cLa fierté, c\u2019est tout ce qu\u2019il me reste.Ces maisons, je les ai élevées de mes mains.Comme ça.Non.elles ne m\u2019appartiennent pas.C\u2019est une autre chose que j\u2019ai abandonnée.\u201d Notre oreillard a beaucoup vieilli.Le nez est encore retroussé, mais les rides l\u2019ont envahi jusqu\u2019au bout des doigts.I! parle encore lentement, sa démarche est maintenant plus lourde.\u201cC\u2019est tout de même dommage.Si nous avions emprunté la route de Vaudreuil, nous aurions croisé la maison paternelle.C\u2019est une habitation bien sobre, mais c\u2019est encore moi qui l\u2019ai édifiée.Le père y a vécu 15 ans.Maman à peine dix ans.J\u2019ai bien fait tout de même, ! hein?\u201d Tout ce que dit notre homme est | sujet à approbation.Sa petite histoire, ses grands moments, son fils, Doug Jr, (20 ans), qui quitte le foyer pour une longue aventure en tacot sur la Côte du Pacifique: \u201cJe le suivrais demain si ma femme le voulait bien.\u201d UN COEUR GRAND COMME ÇA Doug Harvey s\u2019évade comme ça, dans ses souvenirs, \u201cmais pas sur le hockey\u201d.De son père, Ecossais, il a conservé la pantomime, le geste posé: \u201cJe me souviens.Nous étions tout petits.Mon père n\u2019était pas riche mais avait quelques sous et les donnait comme ça au gré de sa fantaisie aux pauvres gens du quartier.C\u2019était l\u2019époque de la dépression et les infortunés I s\u2019abreuvaient, se nourrissaient à la maison des Harvey.Il y avait là, tous les matins, un serpentin de mendiants.Le père ne tenta jamais de discerner le nécessiteux du robi-neux.Il donnait alors que d\u2019autres verrouillaient portes et auvents.C\u2019est tout ce qu\u2019il a légué: l\u2019indifférence de l\u2019argent.\u201d Si Harvey précise cet état de choses, c\u2019est qu\u2019il est conscient que les gens lui ont imputé une certaine faillite personnelle.\u201cDites-leur bien à ceux-là que je n\u2019ai gaspillé ni ma personne, ni ruiné mon nom et celui de ma famille.Je n\u2019ai pas non plus fait de choix lorsque j\u2019ai offert $2,000 à une institution de Côte-Saint-Luc, somme qui devait permettre l\u2019installation d\u2019un nouvel appareillage thérapeuthique.J\u2019ai versé quelque $20,000 en 15 saisons à divers organismes chargés du bien-être des handicapés.C\u2019est probablement cela que mon père voulait que nous poursuivions.La seule tare qui peut être attribuée fut celle de ne pas avoir été clairvoyant lorsque j\u2019ouvris un restaurant sur Crescent en 1969.J\u2019y ai perdu $60,000, et je paie ma dette à raison de $5,000 chaque année.Déclarer faillite aurait été trop facile.Aujourd\u2019hui je prive ma famille pour acquitter la confiance que j\u2019avais placée en deux amis.\u201d \u201cEt puis, c\u2019est finalement l\u2019histoire de toute ma carrière.Je n\u2019ai jamais fait de gros sous avec le ^ ill m m SSfegMiiP ËiÉfif ¦ ¦ ^ ffi* ¦ < D \u2022< wmi ¦ ligÉi PU mmm mm mm a .< x-'Wjï i «« fi?/\" : .mm «il» -fils#?P \"¦ w ¦¦% n HMi''- :r -vÿ« +\tf :.\\y->,y y.- * v:- 5 ; .; x ¦>\u2022»*«*$:»> j.41.v\ta :ar* < 'I; .\u2022 Éf î«i a* mm* mtHKm .VJ\t;;«* R \u2022\u2018r.\\ '\u2022 ¦'¦¦¦} mm PAR FRANÇOIS BÉLIVEAU \"Présentement, nous n'avons pas chez nous les équipements nécessaires pour aider au développement de nos athlètes.Quant à la valeur de nos représentants, je dis qu\u2019ils ont autant de potentiel que n\u2019importe qui au Québec, mais il leur manque des endroits pour se perfectionner et des instructeurs.\" Ce paragraphe, tiré de la chronique \"mongrain dans les sports\u201d de Claude \u201cPit\u201d Mongrain, le directeur des sports au quotidien Le Niuvo!lis*e à Trois-Rivières, a sonné le branle-bas en Mauricie, à la fin du mois d\u2019août dernier, et c\u2019est à cause de ces quelques lignes qu\u2019en 1975, les Jeux d\u2019été du Québec auront lieu à Trois-Rivières et au Cap-de-la-Madeleine.En lisant cette chronique, le matin du 16 août, le maire J.-Réai Desrosiers, du Cap-de-la-Madeleine.a pensé : \u201cLes Jeux du Québec ici ?L\u2019idée n\u2019est pas si bête au fond !\u201d Et il a reposé sa tasse de café pour se mettre en chasse afin de recueillir l\u2019unanimité autour de cette initiative.Donc, après la construction du Parc de l\u2019Exposition dans les an- nées \u201940, l\u2019inauguration du pont sur le Saint-Laurent et d'un hôtel de ville ultra-moderne en 1967, une autre poussée pour rattrapper le progrès était enfin entreprise à Trois-Rivières.PARCE QU'IL FAUT PLUS D'EQUIPEMENTS Quand le bilan des équipements sportifs fut complété, les membres du Comité provisoire ne furent pas réellement surpris de sa pauvreté.mais cela contribua beaucoup à raffermir leur conviction qu'il fallait absolument améliorer ia situation.Et pour y parvenir, quoi de mieux que les Jeux du Québec ?En effet, à Rivière-du-Loup, en I97l et à Chicoutimi l\u2019été dernier, les Jeux du Québec contribuèrent de manière frappante à augmenter la quantité et la valeur des équipements sportifs locaux, ce qui d'ailleurs fait partie intégrante des objectifs de ces Jeux annuels.A Rouyn-Noranda en 1973 et à Valley-field en 1974.les Jeux joueront également ce rôle de palliatif.Alors pourquoi pas Trois-Rivières ?En conséquence, on fit alors connaître à la population ce pressant besoin d\u2019équipements qui, pour p us de 110.000 âmes, se font ridiculement rares, et bientôt tout, le inonde en fit son affaire.L'appui sans bornes des Triflu-viens, chez qui on a profité de l\u2019occasion pour créer une mentalité sportive en vue des Jeux olympiques.toucha le rédacteur sportif (.la: je\txin direct au coeur, lui qui oeuvre depuis 25 ans dans le sport amateur.Je me rappelle ce soir-lâ.à Chicoutimi, pendant les derniers Jeux du Québec, lorsque je l\u2019ai rencontré dans une salle enfumée, attablé avec des organisateurs sportifs de Trois-Rivières.Mongrain, l\u2019àme du sport dans cette ville du coeur du Québec, commentait joyeusement les succès des Jeux de Chicoutimi et subitement, il s\u2019écria : \u201cPourquoi ne les organiserions-nous pas à Trois-Rivières en 1975, juste avant les Olympiques de Montréal ?\u201d Voilà, cette subite idée venait d\u2019être lancée.Mais ce n\u2019est qu\u2019à son retour chez lui qu\u2019il commença à la propager.Le \"hic\u201d dans cette histoire, c\u2019est que d\u2019autres villes les voulaient ces Jeux de 1975.Il y avait Lévis, Granby et surtout, des municipalités défavorisées qui jouaient très fort la même carte (le manque d\u2019équipements), soit Saint-Jérôme, Baie-Comeau et Thetford-Mi-nes.\"Je pense, dit le maire-avocat R.-Louis Gouin.de Trois-Rivières- Ouest, la plus petite des trois municipalités q u i présenteront les Jeux, que le fait d\u2019avoir été, avec Granby, l\u2019une des deux seules régions-candidates à posséder son propre quotidien a pesé lourd dans la balance.Un journal qui travaille avec les organisateurs peut presque garantir le succès de ce genre d\u2019af-faire.Nous avons aussi fait état du climat économique stagnant pour notre région qui.après Montréal ei Québec, est ia plus importante de la province avec ses 300,000 habitants dans un rayon de 50 milles.\" Le maire Gouin répète plusieurs fuis pendant notre entrevue \u201cqu\u2019en-fin sa région se réveille\u201d, me donnant presque le goût de lui demander si elle dormait.\"Avant, ne nous le cachons pas, il régnait ici un esprit de clocher.Mais maintenant on sent que ça veut bouger, qu\u2019on veut \u201cfaire du papier de tout bois\u201d et que la venue des Jeux du Québec, avec le réseau routier qui sera bientôt complété, nous permettront d'être \u201cenfin sur la niappe\" et entraîneront un développement economique intense.\" \"C\u2019EST A CAUSE DE DUPLESSIS .A ce sujet, maintenant qu'on esi sûr que Trois-Rivières présentera les Jeux, la réaction des gens est encourageante.On se prend même à accepter ici et là des propos peu flatteurs envers l\u2019ex-roi de Trois-Rivières comme celui-ci : \u201cC\u2019est à cause de Duplessis qu\u2019on aura les Jeux de 1975 parce qu\u2019il n\u2019a jamais rien voulu nous donner avant et que nous voilà extrêmement démunis d\u2019équipements.\u201d On serait porté a approuver quand on apprend que pour 300,000 personnes, la Mauricie ne compte qu\u2019une seule piscine semi-olympi-q u e intérieure (à Shawinigan), deux extérieures, et le Trois-Rivières métropolitain ne compte que deux patinoires intérieures dont la principale, le vieillot Colisée de Trois-Rivières, a moins de 3,009 places.Ijes Jeux devraient permettre la construction d\u2019une piscine semi-o'ympique au Ségep de Trois-Riviè res et un complexe de piste et pelouse sur les terrains de l'Université du Québec à Trois-Rivières dont le recteur est Gilles Boulai.aussi connu que le maire Jean Drapeau pour ses qualités de \u201cvendeur\u201d.\\ ce propos, la seule piste d\u2019athlétisme qui y existe actuellement a été aménagée il y a moins d\u2019un an par la ville de Trois-Rivières, à l\u2019intérieur de la bâtisse industrielle du Parc de l\u2019Exposition, à la suite des pressions des étudiants.Mais .\u2022lie ne possède pas les dimensions rég ementaires et.de plus, elle doit céder sa place aux exposants pendant l\u2019Exposition r é g i o n a 1 e annuelle.Soulignons qu\u2019en conséquence les jeunes athlètes de ia Mauricie sont habituellement très faibles aux Jeux du Québec en natation et en athlétisme.Ça n\u2019empéche pas que I\" coureur de réputation nationale Claude Montmigny et Anne Filion.deuxième du Canada pux sauts t hauteur, viennent de Trois-Rivières.ON PREVOIT MEME DES PROFITS Le plus étonnant de cette his-
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