La presse, 15 avril 1972, Perspectives
[" 15 avril 1972 Vol.14, No 16 **'¦}?» 'dw 111 ISCHEIIAE BERAADETTE\u201d IAACTÔT (A PABUIEUSE CARRIÈRE D\u2019AIBA Al pogeR IA GÉAIAIE POIIE PS GAUDI P :~H?jSS'i 5HB3 \"HH^ L-\u2019\" W'\" Mg»» ¦ 7\\ ^V^fWT* Ces illustr.itions sont tiréi*s 'le dépliants publiés d l'intention des immi^r.inls par le ministère de l'Immigration du ( Jiiébec 15 avril 1971 mmm mm Ara x* csW .iSL'iî c-l par Jacques Coulon le Québec 9 Itii® dlfflfflkjraliofi ou J (l\u2019éffli()fQtion?L'immigration va mal; et depuis un certain temps déjà.Le Canada, qui avait reçu 282 164 étrangers en 1957, n'en a probablement pas accueilli plus de 115 000 en 1971.Certains groupes, comme les Britanniques et les Italiens, par exemple, ont diminué de 50 p.c.en deux ans.Quant aux Français, ils restent toujours bons derniers mais leur nombre n'a jamais été aussi faible.Malgré les annonces publicitaires, les brochures officielles qui continuent de présenter le Canada comme \"un pays d'avenir plein de promesses\u201d, il semble que les étrangers y croient de moins en moins.Lors d'un sondage récent effectué dans un grand pays d'Europe, à peine une personne sur dix nomma le Canada en réponse à la question: \"Si vous aviez la possibilité d'émigrer, dans quel pays choisiriez-vous d'aller?\u201d Cette chute du nombre des nouveaux venus s'est répercutée dans les provinces où les immigrants ont coutume de s'installer, mais la baisse a particulièrement été ressentie au Québec.Cela joint à d'autres facteurs faisait dire récemment à un groupe de démographes de l'université de Montréal que le Québec actuel est sans doute plus un pays d'émigration que d'immigration.Tout cela, bien entendu, c\u2019est la version non officielle: celle que reflètent les départs d'immigrants, les enquêtes de journaux, les commentaires souvent négatifs des représentants des communautés ethniques.Car au ministère, qui vient tout juste de changer d'âme depuis le départ du Dr François Cloutier, le temps paraît être au beau fixe.D\u2019ailleurs, obtenir des renseignements précis du ministère de l'Immigration du Québec \u2014 ministère assez flou, élusif, sans politique bien définie\u2014 est probablement aussi compliqué que d'arracher des secrets d'Etat à la C.I.A.Il est bien évident que personne ne veut parler et attend que le ministre se mouille.M.Laurent Allard, directeur général de l'Etablissement, aiguille invariablement toute question vers le chargé de l'information, lean Desraspes qui, à son tour, alfecte d'en savoir le moins possible.\"Nous avons fait une enquête maison auprès de la communauté italienne \u2014 celle où il semble y avoir le plus de mécontentement au point qu'un journal de Toronto écri- vait que la moitié des Italiens venus en 1969 au pays sont rentrés en Italie\u2014, dit M.Desraspes.Il est sûr qu'il y en a qui retournent, mais rien de catastrophique.\" Sur les nouvelles politiques de recrutement à l'étranger.les critères de sélection, le changement d'orientation des activités des agents à l'étranger\u2014les candidats des pays riches d'Europe de l'Ouest étant de plus en plus difficiles à convaincre, il faut chercher ailleurs \u2014, tout le monde attend le ministre.Il est quand même possible de savoir que des agents ont été envoyés à Rome, Athènes, Beyrouth.Sans doute avec des directives nouvelles et précises.Là encore, personne ne sait rien.\"Ils viennent tout juste de partir, il est trop tôt pour en parler.\" Selon le démographe Hu-beVt Charbonneau, de l'université de Montréal, il est assez clair que le ministère de l'Immigration du Québec n'a pas de politique précise quant à ses activités à l'étranger.Et comment pourrait-il en être autrement tant qu'on ne saura pas avec précision quelles catégories de travailleurs l'économie québécoise peut intégrer; tant que la question du français langue officielle et langue de travail restera en suspens et qu'on n'aura pas réduit le taux de chômage, le plus élevé de tous les pays industrialisés occidentaux?L'ambiguïté de ce ministère repose sur le fait qu'il est, d'une part, une sorte d'antichambre du gouvernement fédéral \u2014c'est ce dernier, en fin de compte, qui accepte ou non l'immigrant, lui délivre un visa \u2014sans grands pouvoirs réels.De plus, dans la situation actuelle du Québec, il semble que le gouvernement fédéral soit une sorte de caution rassurante.Il faut comprendre que, pour beaucoup d'immigrants, le slogan de l'ex-ministre Cloutier \"Québécois d'abord, Canadiens ensuite\u201d est suspect et pas très emballant.L'envoi de fonctionnaires à Rome, Athènes et Beyrouth, voire éventuellement au Caire et à Tunis (il ne s'agit encore que d'une rumeur dans ces deux derniers cas) ne constitue pas en soi une nouvelle politique mais un indice certain qu'on s'efforce de recruter des candidats à l\u2019immigration ailleurs que dans les pays les plus riches qui, d'autre part, sont aussi rie grands pays d'immigration: Allemagne de l'Ouest, France, nord de l'Italie, Pays- Bas, Suisse, Belgique.Ce qui est curieux c'est qu'on va, de cette façon, grossir le groupe d'immigrants qui ont le plus de difficultés ici: les Grecs et les Italiens du sud.Si l'on en croit une opinion émise par Jean-Claude Lenormand, auteur de Québec-Immigration: Zéro, ce serait la continuation d'une démarche qui recherche avant lout la quantité d'immigrants assimilables.Cette optique irait à l'encontre de la politique restrictive et sélective du gouvernement fédéral, entièrement basée sur la qualification du candidat.Si tel est le cas, il faut bien avouer que les efforts du ministère de l'Immigration du Québec n'ont pas donné grands résultats puisque, depuis plusieurs années, le nom bre de nouveaux venus ne cesse de décroître: en 1967, la province avait accueilli 45 800 immigrants mais seulement 23 000 en 1970.Les spécialistes des mouvements migratoires prétendent que les variations de l'immigration sont cycliques, qu'elles changent d'une génération à l'autre, selon la conjoncture politique et économique.De plus, disent-ils, la prospérité actuelle des pays du Marché commun \u2014 qui furent traditionnellement la principale source de l'immigration canadienne\u2014 porte peu les gens à s'expatrier.Il faudrait donc chercher résolument dans d'autres régions du monde si Ton veut relancer l'immigration.Théoriquement du moins.Car reste à savoir si les Québécois et les Canadiens en général sont disposés à accueillir massivement des Congolais ou des Pakistanais.Mais il y a plus.Les fonctionnaires de l'immigration du Québec, comme ceux du gouvernement fédéral d'ailleurs, doivent à présent tenir compte du fait que l'aventure canadienne paraît moins séduisante qu'auparavant.Depuis dix ans surtout, trop de candidats à l'immigration et même de Néo-Canadiens établis depuis plusieurs années sont rentrés chez eux désenchantés, l'ont écrit ou l'ont raconté aux parents, aux amis.A tel point que lean-Claude Lenormand, toujours dans Québec-Immigration: Zéro se demande si les services d'immigration, dans certains pays d\u2019Europe, auront encore leur raison d'être dans deux ou trois ans.Conscient du malaise, de l'augmentation des mécontents qui rentrent au bercail, le mi-Suite page 4 75 avril L\u2019amiante: est-ce néfaste?Si vous le croyez, c\u2019est qu\u2019on vous a mal renseigné.mm L\u2019AMIANTE ET VOTRE ANTE Veuillez me faire parvenir gratuitement le livret qui traite de l'amiante et de la santé publique.Nom Adresse Postez à: L'Amiante, B.P.1643, Station B, Montréal 110, Qué perspectives est publié chaque semaine par Perspectives Inc 231 rue Saint Jacques.Montréal Président Jacques G Francoeur Vice président Aurèle Gratton Secrétaire Guy Gilbert Trésorier Jean-Guy Faucher Directeur de ta rédaction Pierre Gascon Président fondateur A F Mercier M Antonio Charette \"Ansooent procure à mes dentiers: fraîcheur et aspect naturel l action mousseuse et effervescente d'Ansodent debarrasse des taches, de l'odeur causée par les bactenes.Voue dernier renouvela son aspect naturel, tout en vous piocurant une agréable\t sensanon de fiaïcheur\tA (Le Ceux qui s'en servent\ts ^ te savent:\t9$ Ja Ansodent nettoie vraiment!\t Essayer le!\t \t nt Les pilules Dodds pour les reins procurent un soulagement rapide du mal de dos.JFjCrI le Québec, terre d\u2019immigration ou nistère fédéral de l'Immigration a confié à M.Edgar Ziegler, directeur de la recherche du programme spécial de développement, le soin de mener une enquête sur les réactions des immigrants après quelque temps de résidence et sur les raisons qui les poussent à repartir (le cas échéant).L'échantillonnage est encore trop faible pour tirer des conclusions, et des questionnaires plus complets ont été adressés à d'ex-immigrants rentrés en Allemagne, France, Italie, Grande-Bretagne et Etats-Unis.D'ores et déjà, on peut dire que la majeure partie des insatisfaits sont des gens qualifiés, ingénieurs, techniciens, spécialistes de toutes sortes d'autant plus désenchantés qu'ils ont quitté un pays où ils vivaient bien.C'est le cas, par exemple, des Hollandais, dont beaucoup sont des travailleurs de l'aéronautique, dont on connaît le marasme, au Canada.Chez la plupart de ces étrangers, \"l'esprit de pionnier\" n'existe pas.Pas question de commencer au bas de l'échelle, de peiner des années pour arriver à une situation qui, tout bien considéré, n'est pas meilleure que ce qu'ils auraient en Europe ou aux Etats-Unis.On comprend qu'il soit difficile de leur offrir les meilleures places alors que tant de Canadiens qualifiés chôment.L'ennui, c'est que c'est précisément ce type d'immigrants que le gouvernement fédéral cherche à attirer.En décembre 1971, des députés de l'opposition à la Chambre des communes demandèrent, sans obtenir de réponse, s'il était tellement souhaitable de faire venir des étrangers alors que tirés de 700 000 Canadiens sont en chômage et qu'un nombre élevé vivent d'assistances diverses.Comme il semble que, diplomatiquement parlant, l'image d'un pays largement ouvert à l'immigration est sympathique, rentable, on accusa les fonctionnaires en poste à l'étranger de faire plus de propagande que de travail d'information honnête.M.Otto Lang promit alors d'y voir de près, mais il fut muté de ministère Si le nombre des immigrants qui repartent a nettement augmenté depuis trois ans, rien n'est plus difficile que de le mesurer avec précision.L'Annuaire statistique du Québec signale qu'en 1970, 57 000 personnes ont quitté la provint e.On ne sait rien de t es gens mais on suppose qu'ils sont en majeure partie des anglophones et des Néo-Cana-diens.Ambassades et c onsulats ne tiennent compte que de leurs ressortissants résidant au pays, et encore il leur est bien diffic ile d'avoir des indications précises sur les mouvements de ceux-ci.D'autre part, il est mm bien visible qu'aucun consulat étranger ne cherche à relancer une polémique autour de l'immigration.Que ceux qui viennent ici se débrouillent, les déboires des immigrants n'étant pas le principal souci des services officiels étrangers au Canada.A Montréal, au consulat d'un grand pays d'Europe de l'Ouest, on admet que les plaintes reçues ne sont pas bien importantes, à cause du faible nombre de ressortissants qui se trouvent au Québec et de ceux qui y viennent chaque année.Mais, dit un haut fonc- tionnaire: \"Il y a certainement une augmentation nette des départs depuis le début de 1970 environ.Nous pouvons en juger par le nombre de nos ressortissants qui demandent un renouvellement de passeport et surtout, des papiers spéciaux leur permettant de rapatrier sans frais de douanes des meubles, des voitures.Il est probable que si nos lois nous permettaient de financer plus largement le rapatriement, plus de gens s'en prévaudraient.\" Les représentants d'Eglises ethniques, de communautés et d'associations étrangères sont également au courant d'une recrudescence des départs.Les agences de voyages fournissent parfois de bonnes indications.Ainsi, le directeur d'une des plus importantes agences italiennes de Montréal admet que les départs ont augmenté depuis un an ou deux.Il cite un exemple récent: sur un groupe de 138 personnes voyageant à destination de Rome, on comptait 12 familles soit environ 40 personnes qui déclaraient \"rentrer au pays\".Durant la première semaine de janvier, sur 60 billets d'avion vendus, 30 étaient des allers.De quoi donc se plaignent ceux qui partent?Il y a, bien sûr, la vieille impression-fondée ou non \u2014 que l'étranger n'est jamais totalement accepté, même après avoir passé un quart de siècle au Canada.Mais les mécontents affirment surtout avoir été mal renseignés.Personne ne leur a jamais parlé des dimensions wwm/m r~- ¦ réelles de l'affrontement entre les deux principaux groupes ethniques du pays .et pour cause! Personne ne leur a jamais parlé du chômage très élevé au Québec, du malaise social, de l'instabilité politique, voire d'une éventuelle sécession de la province.Les Suite page 6 4\u201415jn n/ 7972 »' «r'J üsMÉ îf2«&SS&».L^a^is! £&Mæfüt ¦
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